BOURLOTON. — Imprimeries réunies, À, rue Mignon, 2, Paris. BULLETIN SOCIÉTÉ BOTANIQUE D DE FRANCE FONDÉE LE 23 AVRIL 1854 ET RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT D'UTILITÉ PUBLIQUE PAR DÉCRET DU 17 AOÛT 1875 TOME TRENTE-DEUXIÈME (Deuxième série. — ToME VII‘) PARIS AU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ RUE DE GRENELLE, 84 1885 SOCIÈTÉ BOTANIQUE DE FRANCE SÉANCE DU 9 JANVIER ISS2. PRÉSIDENCE DE Me BESCHERELLE. M. Bescherelle, en prenant place au fauteuil, prononce l'alloeu- tion suivante : Messieurs, Depuis 1854, date de sa fondation, la Société botanique de France a presque toujours choisi ses présidents parmi les hommes haut placés dans la science, et qui avaient acquis une grande notoriété, soit par leur enseignement, soit par d'importants travaux d’organographie ou de bota- nique descriptive; et elle avait raison de mettre ainsi à sa tête ces grandes illustrations qui faisaient rejaillir sur elle l’éclat de leur célébrité. Vous avez cependant quelquefois, Messieurs, dérogé à cet usage, et, comme pour les encourager à persévérer dans leur voie, vous avez à plusieurs reprises porté vos suffrages sur des botanistes qui, plus spé- cialement attachés à l'étude de certaines classes de la cryptogamie, s’élaient fait une place à part dans la science. C’est ainsi que vous avez acclamé en 1872 et en 1877 deux mycologues, MM. Cordier et de Seynes ; en 1874, un lichénologue, M. Fée, et en 1882 un algologue, M. Bornet. Cette année, la Société a voulu encore manifester l'intérêt qu’elle porte à toutes les branches de la cryplogamie, en élevant à Ja présidence un bryologue, qui, s’il n’a pas la notoriété des botanistes que je viens de nommer, a du moins, depuis vingt ans, consacré le temps que lui laissaient ses occupations professionnelles à l'étude et à la des- cription des Mousses de nos colonies, et posé ainsi un jalon pour là rédaction de la flore coloniale de la France. T. XXXII (SÉANCES) 1 SÉANCE DU 9 JANVIER 1885. 19 Je vous prie, Messieurs, de vouloir bien agréer mes plus vifs remer- ciements pour l’honneur que je reçois de vous, et que je considère comme une haute récompense de mes modestes travaux. À défaut de la science de mon éminent prédécesseur, je vous apporte ma bonne volonté; je ferai tous mes efforts pour ne pas être au-dessous de la tâche qui m'est confiée, et je suis certain de pouvoir, à l’avance, compter sur le zèle éclairé de mes collègues du Bureau, et sur votre bienveillant concours, Messieurs, pour mw’en faciliter l’accomplissement. M. Mangin, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 26 décembre dernier, dont la rédaction est adoptée. M. le Président annonce cinq nouvelles présentations. Dons faits à la Société : E. Bucquoy, Étude de la famille des Cypéracées des Pyrénées-Orien- tales. Stanislas Meunier, Traité de Paléontologie pratique. Leiller, Note sur les Fougères du terrain houiller du nord de la France. De Ficalho et Daveau, Jndexr seminum horti botanici Scholæ poly- technice olyssiponensis, 1884. Report of the Commissioner of Agriculture for the year 1883 (Dépar- tement de l’agriculture de Washington). Journal and Proceedings of the Royal Society of New-South-Wales for 1883. De la part de M. Bescherelle : Brotherus, Études sur la distribution des Mousses au Caucase. S. 0. Lindberg, Historiska data rôrande var kännedom om Moss- sporens groniny. De la part de M. le Ministre de l’Instruction publique : MissiON SCIENTIFIQUE AU MEXIQUE ET DANS L’AMÉRIQUE CENTRALE. — Recherches zo0ologiques. 1 partie : Anthropologie du Mexique, par M. Hamy. {°° livraison. HERBIER FORESTIER DE LA FRANCE : Descriplion botanique, situation. culture, qualités, usages, par Eugène de Gayffier. 4 vol. relié in-folio. M. Malinvaud attire Pattention sur les belles photographies, au nombre de 85, représ entant avec une admirable fidélité les essences foreslières, qui donnent une grande valeur au livre de FRANCHET. — PLANTES DU YUN-NAN. 3 M. de Gayffier. — II ajoute que c’est grâce à une démarche person- nelle de M. Duchartre que la Société a obtenu pour sa bibliothèque la concession de ce précieux ouvrage depuis longtemps épuisé, et dont il ne restait qu’un exemplaire disponible dans les dépôts du Ministère. M. Bornet dépose sur le bureau, en l'offrant à la Société au nom de l’auteur, un ouvrage intitulé : Les Butrachospermes, organisu- lion, fonctions, développement, classification, par M. J. Sirodot, doyen de la Faculté des sciences de Rennes. M. Franchet fait à la Société la communication suivante : PLANTES DU YUN-NAN RÉCOLTÉES PAR M. L'ABBÉ DELAVAY, par M. A. FRANCHET. M. l'abbé Delavay, prêtre des Missions étrangères, a fait récemment parvenir au Muséum une petite collection de plantes recueillies par lui dans le nord du Yun-nan, où il réside depuis près de trois ans. Toutes ces plantes, et beaucoup d’autres qu’il n’a pu expédier à cause de la guerre, ont été récoltées dans les hautes montagnes, à des altitudes quelquefois supérieures à 3000 mètres, principalement dans le voisinage de la ville de Tali et du grand lac qui porte ce nom, situé par le 26° de latitude N., presque à l’une des extrémités de cette longue chaîne qui court du nord au sud, depuis le Yun-nan jusqu’à la pointe de l’Annan. La végétation du Yun-nan est à peu près inconnue. Le D' Anderson, attaché comme médecin et naturaliste à l’expédition du major Sladen, put réunir une collection d'environ 800 espèces, déposée aujourd’hui dans Pherbier de Calcutta et faite principalement dans les montagnes de Khasien, ou aux environs de Momien et de Hotha. Malheureusement beaucoup de ces plantes, récoltées sans fleurs ni fruits, ne sont pas dans des conditions qui permettent une détermination rigoureuse. Celles que M. S. Kurz a pu nommer, et qui font le sujet d’une note insérée dans le Journal of Botany (1873, p. 193), semblent indiquer une végétation participant à la fois de celle du Japon, de la Chine, du nord de l’Inde et aussi, pour une petite part, de celle de Java; le nombre des espèces autonomes est très restreint, peut-être parce qu’elles n’ont pu être reconnues, pour la plupart, à cause de l’imperfection des échantillons. Les plantes envoyées par M. l'abbé Delavay présentent une affinité beaucoup plus grande avec les formes himalayennes, en même temps que le nombre des espèces autonomes y est bien plus considérable, au moins dans certains genres (Gentiant, Primula); il s'élève à 45 pour 100 du 4 SÉANCE DU 9 JANVIER 1885. chiffre total des plantes reçues. Il est évident que, en raison du petit nombre des espèces connues de cette région, il serait prématuré de s'étendre plus longuement sur les relations géographiques de la flore du Yun-nan. Si les collections faites par M. Delavay, et dont le chiffre s'élève à plus de 1000 espèces pour la seule année 1883, parviennent heureu- sement au Muséum, j’espère pouvoir en entretenir la Société, ce sujet étant tout particulièrement intéressant pour les études de géographie botanique. Thalictrum alpinum L. — In montibus e viciniis Tali; jul. 1883; n° 47. ‘ Anemone obtusiloba Don. — In monte Hee-chan-men, supra Lan- kong ; 2 jun. 1884; n° 49. Anemone rupestris Don. — In monte Hee-chan-men, supra Lan- kong ; 16 oct. 1883 ; n° 2. Anemone polyanthes Don. -- In monte Hee-chan-men, supra Lan- kong ; 15 maj. 1884; n° 41. Anemone cœælestina, Sp. nov. (Anemonanthea). — Khizoma cras- sum. Folia plus minusve longe petiolata, e basi integrà cuneatà ovato-sub- triloba, lobis obtusis, intermedio inciso-crenato, lateralibus minoribus integris vel unà alterâve crenà auctis, supra dense puncticulata, sparse pilosa, subtus sericeo-villosa. Pedunculi villosi, erecti vel ascendentes. Involucrum trifoliatum, foliolis integris ovato-lanceolatis, acutis vel ob- tusis ; sepala 5, ovata, oblusa, exlus piloso-sericea, intense cærulea vel intus albida ; filamenta staminum complanata, lata, glabra. Ovaria dense rufo-sericea ; stylus brevis, apice uncinatus. Fructus . . . -— Folia polli- caria vel paulo longiora, in parte dilatatà 20-25 mili. lata ; pedunculi 1-2 decim. ; flores 15-20 mill. diam. | In monte Hee-chan-men, supra Lan-kong ; 2 jun. 1884; n°° 3 et 48. Belle espèce à fleur d'Hépatique. Elle est très voisine de l'A. trulli- folia Hook. et Thomps., dont elle n’est peut-être qu'une variété remar- quable ; elle en diffère par ses feuilles plus longuement cunéiformes à la base, couvertes en dessus de fines ponctualions et portées par un pétiole non dilaté inférieurement ; mais c'est surtout la coloration des fleurs qui permettra de distinguer sûrement les deux plantes : elles sont d’un Jaune d'or dans l’A. frullifolia. Ranunculus Cymbalariæ Pursh. — In paludibus ad fauces montis Koua-la-po, prope fo-kin ; 26 maj. 1884 ; n° 60. Ranunceulus pulchellus C. À. Mey. — [n paludibus ad fauces montis Koua-la-po, prope Ho-kin ; 26 maj. 1884; n° 61. F FRANCHET. — PLANTES DU YUN-NAN. D Ranuneulus yunnanensis, Sp. nov. — Rhizoma breve, ad collum fibrillis rigidis (petiolorum anni præteriti vestigiis) dense vestitum. Caulis gracilis, erectus, vix ultra digitalis, superne pubescens. Folia pallide viridia, triplinervia, margine albido crasso cincta, apice crenis vel denti- bus tribus erosa, radicalia longiter petiolata, petiolo basi membranaceà dilatato, limbo ovato, veletiam fere orbiculato ; caulina (1 vel 2) oblonga, superiora linearia integra. Sepala sub anthesi patentia, pilosa ; petala lutea, late obovata. Carpella in capitulum sphæricum congesta, ovata, inflata, dense et breviter hirtella, stylo elongato, gracili, obliquo, vix incurvato. — Folia 12-18 mill. longa; flores parvi, vix 1 cent. diam. ; carpella illis R. Cymbalariæ paulo majora. In monte Hee-chan-men, supra Lan-kong ; 11 jul. 1883; n° 4. La forme des feuilles rappelle assez bien celles du R. plantagini- folius ; mais le R. yunnanensis n’a pas de stolons et la forme des car- pelles est toute différente. C’est à côté du R. affinis R. Br. qu'il doit prendre place, Callianthemum eachemirianum Cambess. — In cacumine montis Koua-la-po, inter Tali et Ho-kin ; 26 maj. 1884; n° 38. Dentaria repens, Sp. nov. — E Dentariä tenuifoliä Ledeb. vx distinguenda nisi rhizomate elongato, tenui, horizontali, noduloso, ad nodulos radiculas emittenti ; in D. tenuifolià rhizoma valde abbrevia- tum, fibrillas filiformes producens, apice tuberculigeras. In faucibus Han-tchang-kiou, secus viam e Tali ad Ho-kin ducentem ; 27 maj. 1884; n° Go. Draba, species. — Affinis Drabæ elatæ Hook. et Arn., sed folia inte- gerrima, pilis stellatis dense vestita. In rupibus calcareis montis Koua-la-po ; 29 maj. 1884; n° 44. Viola Hookert Thomps. — In cacumine montis Hee-chan-men, supra Lan-kong ; 2 jun. 1884; n° 40. Le rhizome, un peu épaissi au collet, est très grêle, presque perpen- diculaire, et présente souvent des renflements noueux. Viola Patrinii DC. — In pratis siccis ad Mo-so-yun, prope Lan- kong ; 28 maj. 1884; n° 39. Polygala triphylia Hamilt. — In monte Yang-in-chan, supra Lan- kong ; 20 jul. 1883; n° 39 bis. Linum perenne L. — In lapidosis ad Mo-so-vun ; maj. 1883; n° 43. Guldenstaedtin Delavayi, Sp. nov. — Sericeo-pilosa. Petioli longe nudi, foliolis ovatis, obtusis, 4-6 jugis ; peduneuli folia subæquantes. Flo- res (4-6) umbellati; calvx dense et adpresse pilosus, dentibus lineari- lanceolatis, acutis; corolla purpureo-violacea, calyee duplo longior, 6 SÉANCE DU Ÿ JANVIER 1885. vexillo late ovato. Legumen parvum, 10-12 mill. longum, lineari-cylin- dricum, obtusum, pilis albis hispidum, valvis purpureo-maculatis. In pratis siccis ad Mo-so-yun, prope Lan-kong; 28 maj. 1884; n° 42. Voisin du G. pauciflora, mais assez distinct par ses fleurs plus nom- breuses et non pas réduites à 1-3, il s'éloigne du G. mirpourensis, sur- tout par ses fruits sensiblement plus courts. Poterium filiforme Hook. fil. — In paludibus ad transitum montis Koua-la-po, prope Ho-kin ; 26 maj. 1884; n° 63. Potentilla anserina L. — [n paludibus ad Kang-hay-tze, in monte Hee-chan-men, supra Lan-kong ; 2 jun. 1884; n° 51. Saxifraga Delavayi, Sp. nov. (Berchemia). — Rhizoma elongatum, digiti minoris crassitie. Stipulæ latæ, membranaceæ glaberrimæ. Folia utraque facie glabra, petiolo brevi; limbus e basi attenuatà late obova- tus, margine cartilagineo angustissimo cinctus, inferne setis raris ciliatus, cæterum præsertim apice subtilissime denticulatus ; pedunculus inferne pilis rufis sparsim pubescens, superne lanuginosus. Flores racemosi pauci (6-7), cernui ; pedicelli calyce longiores dense rufo-lanuginosi ; calyx late campanulatus, pilis rufis strigosis præsertim basi vestitus, ultra medium 5-lobatus, lobis apice rotundatis, margine anguste cartilagineis nec cilia- tis; corolla purpurea, late aperte campanulata, violaceo-purpurea, petalis late obovatis. apice leviter emarginatis, in unguem limbo breviorem atte- nuatis vel etiam contractis; stamina glabra; styli corollà breviores. — Folia 8-10 cent. longa (incluso petiolo 10-15 mill.); scapus vix ad 2 decim.; calyx circiter 10 mill. long., 8 mill. basi latus; petala 15-18 mill. longa. In monte Trong-chan, supra Tali; 4 jun. 1884; n° 30. Belle espèce à grandes fleurs d’un pourpre violacé largement ouvertes, campanulées, une fois plus grandes et plus larges que celles du S. pur- purascens ; ses feuilles présentent seulement quelques rares cils vers la base, etsont très obscurément dentées, surtout au sommet, caractères qui font du S. Delarayi un intermédiaire entre le S. purpurascens et le S. Stracheyi. H diffère de l’un et de l’autre par les dimensions de sa corolle et la forme élargie des pétales. Chrysosplenium Griffithii Hook. et Thomps. — In umbrosis supra transitum montis Koua-la-po, prope Ho-kin; 26 maj. 1884; n° 62. Chrysosplenium Davidianum Decne. — In umbrosis silvarum inter fauces Lan-kien-ho, prope Lan-kong; 26 april. 1884; n° 36. A la description insuffisante donnée par M. Maximowiez (Diagn. 1, p.162) on peutajouter : Perianthium membranaceum, in siceo badium, qua- drifidum, lobis rotundatis, concavis. Stamina 8, perianthium subæquan- FRANCHET. — PLANTES DU YUN-=-NAN. 1 tia, inter lobos disei tenuis perigyni alte inserta, antheris luteis. Ovarium semisuperum, profunde bifidum; semina ignota. —- Rhizoma gracile elongatum, hypogæum. Le C. Davidianum, placé avec doute par M. Maximowiez, qui n’en avait vu que des sommités incomplètes, dans le voisinage du C. alterni- folium, appartient en réalité au Dialysplenium, à cause de son ovaire semi-supère ; ou, pour mieux dire, il forme avec plusieurs autres espèces le passage entre les Gamosplenium à ovaire tont à fait infére, et les vrais Dialysplenium à ovaire presque complètement libre, et dont les éta- mines sont plus sensiblement périgynes. Les spécimens du Yun-nan dif- férent très peu de ceux de Mou-pin, par leurs feuilles radicales et florales plus grandes. Chrysosplenium yunnanense, Sp. nov. (Dialysplenium). — Humile, glabrum, e basi ramosissimum, ramis decumbentibus, fere usque ad api- cem florigerum radicantibus. Folia opposita crassiuscula, parvula (5-6 mill. longa, superiora duplo minora), limbo orbiculari, basi breviter attenuato vel emarginato, multicrenato. Flores subsessiles, perianthii Jobis orbiculatis; stamina 8, perianthio paulo breviora, juxta partem ovarii liberam inserta. Ovarium profunde bilobum, vix e tertià parte in- feriori immersum. Capsula matura oblonga, acuta, perianthium paulo vel e tertia parte superans. Semina ovata, lucida, levissima. In faucibus montis Lan-kien-ho, supra Lan-kong ad fontes; 26 apr 1884; n° 3. Port du C. nepalense, mais très différent par sa capsule brièvement infère, aiguë et non pas seulement semisupère et obtuse. La place du C. nepalense est à côté du C. macrocarpum. I s’en distingue facilement par ses petites dimensions, sa capsule plus courte et surlout par ses éta- mines incluses. C. Delavayi, Sp. nov. (Gamosplenium). — Humile, glabrum, flaccidum ; stolones epigæi, ad nodos sæpius radicantes præter rosulam terminalem folia tantum 2 opposita ad medium gerentes. Folia membranacea, longi- ter pedunculata, limbo orbiculari, basi truncato vel leviter emarginato, obscure multicrenato, crenis incumbentibus; caulis floriferus fere nudus, inferne tantum foliatus; folia floralia sensim minora. Flores breviter pedicellati; perianthii herbacei lobi rotundati; stamina 8, filamentis brevibus e crenis disei paulo exsertis, perianthio paulo brevioribus. Discus eximie epigynus, profunde crenatus, crenis 8, transverse quadratis. Ova- rium depressum, immersum, stylis sub anthesi brevissimis. Capsula ma- tura perianthio multo brevior, lobis parum distinctis. Semina ovata, 15-costata, inter costas leves dense transversim striolata. 8 SÉANCE DU 9 JANVIER 1885. In faucibus montis Lan-kien-ho, supra Lan-kong, in umbrosis silva- rum ; 26 april. 1884; n° 34. Diffère du C. baicalense Maxim., seule espèce avec laquelle il peut être comparé, par labsence de villosité confervoïde, par ses propor- tions beaucoup moindres, par ses graines ovales très obtuses et non aiguës, striées transversalement entre les côtes. Parnassia mysorensis Heyne. — In monte Hee-chan-men, alt. 3000"; supra Lan-kong; 15 aug. 1883; n° 33. Parnassia Wightiana Wall. — Secus rivulos ad Lan-kong, prope Tali; 14 jul. 1883; n° 32. Forme typique, à pétales frangés de longs cils dans leur partie inférieure. Parnassia Wightiana Wall, var. microblephara. — Petalorum un- guis breviter et parce ciliatus ; petala e basi longe attenuatà obovata, usque ad 2 cent. longa. Inter P. mysorensem et P. Wightianam quasi media, Ad fauces montis Koua-la-po, inter Tali et Ho-kin, alt. 2500" ; 24 jul. 1884; n° 31. Cireæa alpina L. — In monte Che-tcho-tse, supra Houeng-kia-pin, prope Tali; 23 aug. 1884; n°5. Nardostachys Jatamansi DC. —— In saxosis umbrosis montis Mao- kou-tchong, supra Ta-pin-ize, prope Tali ; 29 aug. 1883 ; n° 28. La forme envoyée du Yun-nan par M. l'abbé Delavay se rapporte tout à fait à la figure donnée du N. Jatamansi par De Candolle (Mém. sur les Valér. pl. 1); ses feuilles sont étroitement lancéolées, et les bractées oblongues; elle offre cette particularité que les racines sont inodores ou à peu prés. Morina betonicoides Benth. — In monte Tehong-chan, supra Tali; 2 jun. 1883; no 29, Morina Delavayl, Sp. nov. — Caulis semi-pedalis, puberulus. Folia parallele nervata, glabra, integra, margine ciliato-spinnlosa, dimorpha, foliis rosularum sterilium oblonga, caulinis paucis late ovatis, supre- mis amplexicaulibus. Flores dense capitulati, intense purpurei; bracteæ late ovatæ, integræ, spinulis secus margines præsertim basin versus fas- ciculatis; calyeis limbus campanulatus, apice oblique truncatns, inæqua- liter 9-dentatus, spinuloso-ciliatus ; corolla pilosa, tubo calycem longe superante, incurvo, limbo ampliata ; stamina didynama. | In monte Hee-chan-men, prope Lan-kong; 2 jun. 1884 ; n° 52. Voisin du M. betonicoides Banth., qui paraît caractérisé par ses FRANCHET., — PLANTES DU YUN-NAN. 9 feuilles toutes étroitement lancéolées, même les caulinaires, par sa corolle plus petite, par son calice à dents beaucoup plus grandes. Cyananthus barbatus, Sp. nov. — Caulis e basi fruticulosà ramosus, ramis decumbentibus, gracilibus, hirtellis, ad apicerm usque foliatis. Folia alterna, petiolata, limbo parvo, angulato-reniformi, supra glabro, sublus pilis albidis strigosis adpressis dense veslitis. Flores breviter pedicellati, ramos terminantes; calyx tubulosus, basi truncatus, intus sparse pilo- sus, extus ad nervos pilis albidishirtellus, c#terum glaber, quinqueden- tatus, dentibus lanceolatis, ciliatis, apice incrassatis et quasi extus cucul- latis, tubo brevioribus ; corolla intense cærulea, tubo cylindrico intus piloso, calyce subduplo longiori ad faucem pilis longis exsertis hirto ; limbus patens, lobis ovato-lanceolatis tubo paulo brevioribus. Ovarium lageniforme, pilis conspersum, triloculare ; stylus brevis, parte stigmati- ferà 5-partità, lobis demum incurvis. — Caules 12-20 cent. longi; folia 45 mill. Dnga et paulo latiora; flores subpollicares, calvee eirciter 8 mill. longo. In cacumine montis Hee-chan-men, supra Lan-kong, 3000 m. ; 16 aug. 1833; n° 7. Picris formosa D. Don. — In monte Hee-chan-men, supra Lan- kong; 15 maj.; n° 77. Rhododendron eapitatum Maxim. — In cacumine monti Koua-la-po, prope Ho-kin ; 26 maj. 1884; n° 58. Très voisin du R, parviflorum Adams, dont il n’est peut-être qu'une variété ; il en diffère seulement par son calice membraneux, à lobes sou- vent très inégaux, lancéolés, obtus, longuement fimbriés sur les bords. Dans le R. parviflorum le calice est épais, coriace, à lobes arrondis, très courts. Rhododendron cephalanthum, Sp. nov. — Pedale vel sesquipedale, ramosum, cortice ramorum anni præteriti cinereo, facile detersili, ramulis hornotinis breviter setuloso-glandulosis. Folia obovato-oblonga, in pe- tiolum 5-6 mill. longum attenuata, supra intense viridia, asperata, subtus dense lepidota, squamis elevatis, fuscis ; perulæ ovatæ, ciliolatæ, juvenilibus lepidotis. Flores 8-15 ad apicem ramorum dense congesti; calyx breviter pedicellatus, bracteolà lineari stipatus, membranaceus, lepidotus, campanulatus, ad medium vel paulo ultra 5-lobus, lobis inæ- qualibus margine ciliatis, nune apice rotundatis, nunc subacutis; corolla alba, glabra ; tubus cylindricus, calyce vix duplo longior (1 cent. circiter longus), intus dense villosus ; limbus explanatus tubo subduplô brevior, lobis rotundatis basi sese invicem obtegentibus; stamina 7-8, tubo bre- viora, filamentis sparse pilosis. Ovarium lepidotum. In cacumine montis Koua-la-po, prope Ho-kin ; 26 maj. 1884: n° 59. 10 SÉANCE DU 9 JANVIER 1885. Espèce intermédiaire entre le R. anthopogonoides Maxim. et le R. anthopogon Don. Elle diffère du premier par le tube de la corolle beaucoup plus court, et par ses feuilles atténuées à la base; du À. an- thopogon, par ses fleurs plus nombreuses, par ses filets staminaux poi- lus; elle s'éloigne de l’un et de l’autre par ses fleurs blanches, par les écailles de la face inférieure des feuilles, qui sont très saillantes. Rhododendron eampylogynum, Sp. n0V. — Pumilum, e basi ramo- sum. Ramuli hornotini scabri. Folia coriacea, oblonga vel ovato-oblongæ crasse mucronulata, in petiolum brevem attenuata, supra lucida, gla- berrima, subtus parce vel vix squamulosa, marginibus revolutis et serie squamulorum impressà notatis. Flores terminales, sæpius gemini, cernui; pedunculi elongati; calycis lobi glabri, sub anthesi fere orbiculares, corollà sextuplo breviores, demum accrescentes; corolla glaberrima, purpureo-violacea, perfecte campaniformis, ad quartam partem 5-loba, lobis rotundatis; stamina 8, tubi longitudine, filamentis basi dilatatis, infra medium breviter hispidis; stylus elongatus e medio sub angulo fere recto deorsum inflexus, inter lobos corollæ exsertus. Ovarium dense lepidotum. Capsula ovato-oblonga, obtusa. Fruticulus vix ultra semi- pedalis vel humilior ; folia 20-25 mill. longa, 12-15 mill. lata. In rupibus graniticis montis Tsang-chan supra Tali ; 14 juin 1884. Port du R. pumilum Hook. fil. Il s’en distingue surtout par &es feuilles glabres en dessus, peu ou pas écailleuses en dessous; par sa corolle glabre et uon pas pubescente en dehors, comme dans la plante de Hooker ; par son calice également glabre, et surtout par son style courbé à angle droit dans le milieu. Androsace rotundifolia Hardw. var. axillaris. — Cymæ umbelli- formes 2-3 superpositæ, scilicet 1-2 inferiores laterales, ad insertionem foliorum superiorum quasi axillares. Pro cæteris ut in formà tvpica. In monte Hee-chan-men, supra Lan-kong, alt. 3000 m.; 15 maj. 1883 ; n° 20. Androsnee rotundifolia, var. dissecta. — Folia fere ad basin usque tripartita, segmentis lateralibus profunde trifidis, lobis a basi cuneatà breviter trilobulata. In herbidis ad fauces montis Koua-la-po dictas, inter Tali et Ho-kin ; 26 maj. 1884; n° 55. Androsace strigillosa. — À. foliosa Klatt, in Linn. XXXII, P. 293 (non Duby); 4. sarmentosa Wallich, var. 2. grandifolia Hook. FL. of Br. Ind. TT, p. 498. Exsicc. Hook. et Thomps. Androsace, n° 10. — Tota, præter flores, pilis strigillosis patentibus (in peduneulis longioribus) plus minus dense vestita. Rhizoma elongatum pennæ anserinæ crassilie, VAN TIEGHEM. — CANAUX A GOMME DES STERCULJACÉES. 11 ad collum vestigiis foliorum anni præteriti obsitum, breviceps, rosulas plures sessiles emittens, pluribus sessilibus, altera florifera. Folia e basi longe attenuatà anguste oblonga vel obovata, obtusa val subacuta; brac- teæ ovatæ vel lanceolatæ, parvæ ; calyx obconicus, breviter 5-lobus, lobis ovatis; corolla purpureo-violacea, parva, lobis late obovatis, leviter emarginatis. a. mutica. — Folia oblonga vel late obovata, apice callosa; folia plus minus dense vestita. Flores pauci, nonnulli sub anthesi longe pedicellati. Sikkim, regione alp., alt. 13-14000 ped. (Hooker et Thomps. Andr. n° 10). B. spinulifera. — Planta dense vestita. Folia angusta (5-7 mill. lata), in apiculum spinulosum rigidum desinentia, foliis rosularum juveni- libus pungentibus. Flores numerosi, dense capitati, breviter pedicellati. In monte Hee-chan-men, supra Lan-kong; 2 jun. 1884; n° 53. Espèce paraissant bien distincte de l'A. sarmentosa par ses caractères végétatifs, la nature de son indument formé de poils strigilleux et non pas lanugineux, par l’absence de stolons, etc. M. Van Tieghem fait à la Société la communication suivante : SUR LES CANAUX A GOMME DES STERCULIACÉES, par M. Ph. VAN TIEGHEM. Les Malvacées (y compris les Bombactes), les Tiliacées et les Stercu- liacées (y compris les Buettnériées), possèdent en commun plusieurs caractères anatomiques importants, et cette communauté de structure, jointe à la conformité bien connue de l’organisation florale, vient à l'appui de l’opinion suivant laquelle ces trois groupes sont bien plutôt les trois tribus d’une seule et même famille que trois familles distinctes (1). Bornons-nous ici à citer deux de ces caractères communs. Partout la tige et la racine ont un liber secondaire stratifié, c’est-à- dire dans lequel des couches de fibres alternent régulièrement avec des couches de tubes criblés ; d’un faisceau à l’autre, ces libers secondaires sont séparés par des rayons de parenchyme progressivement élargis en dehors en forme d’éventail, et dont les cellules, fortement dilatées sui- vant la tangente, contiennent en grand nombre des macles d’oxalate de chaux. C’est l’organisation bien connue dans les Tilleuls, mais qui se retrouve dans les Mauves et les Bombax aussi bien que dans les Tilleuls, dans les Sterculia et les Buettneria aussi bien que dans les Mauves. On (1) Ph. Van Tieghem, Traile de botanique, 1883, p. 1440. 42 SÉANCE DU 9 JANVIER 1885. _ sait qu’elle se rencontre aussi chez les Diptérocarpées, qui, sous ce rapport, se rapprochent intimement des trois groupes dont il est ici question. Partout aussi il y a production plus ou moins abondante de gomme ou de mucilage ; mais cette propriété ne se manifeste pas de la même ma- nière dans les trois groupes. Chez les Malvacées et les Tiliacées, la gomme est sécrétée, comme on sait, dans de grandes cellules ordinairement 1so- lées, quelquefois rapprochées plusieurs eôte à côte, et qui penvent alors se confondre en résorbant les parois en contact (Althæa, Tilia, ete.). Dans les Sterculiacées, au contraire, tout au moins dans les tribus des Sterculiées, Hélictérées, Eriolénées et Dombéyées, la gomme se produit dans de larges canaux sécrétenrs, issus de dissociation. C’est sur ces canaux à gomme que je voudrais appeler un instant l’attention de la Société. Le plus souvent les cellules qui les bordent ne diffèrent en rien de celles du parenchyme ambiant, et peuvent comme celles-ci renfermer de l’amidon ou des macles d’oxalate de chaux. Quelquefois pourtant, comme dans les Dombeya, les Sterculia,ete., le canal se creuse dans un cordon de cellules plus petites que celles du parenchyme environnant, cellules qui lui font dans le jeune àge une bordure continue; plus tard ces petites cellules, incapables de s’accroître tangentiellement pour suivre la dilatation du canal, se dissocient, et on les retrouve çà et là à la péri- phérie de la lacune, isolées ou par groupes de deux ou trois; elles se rabattent même assez souvent de manière à devenir méconnaissables, et le canal se trouve désormais, sur tout son pourtour, bordé directement par les cellules du parenchyme ambiant. | Cherchons maintenant comment ces canaux à gomme sont distribués dans les principaux genres des Sterculiacées. Racine. — La racine ne renferme de canaux à gomme dans aucune de ses régions, ni dans sa période primaire, même quand elle possède alors une large moelle, comme dans le Sterculia mexicana par exemple, ni dans sa période secondaire. Ces canaux sont done exclusivement locali- sés dans Ja tige et dans la feuille. Tige. — Ts se développent ordinairement à la fois dans l'écorce et dans la moelle de la tige; les autres régions, notamment le liber et le bois, en sont toujours dépourvues. Ceux de l'écorce sont disposés en un cercle unique dans la zone moyenne: leur nombre peut s'élever à une vingtaine (Eriolæna Wallichii, etc.), une quarantaine (Pterospermum acerifolium, Cola acuminata, etc.), et même une soixantaine (Cola cordifolia, etc.). Ceux de la moelle sont rangés le plus souvent en un seul cercle dans la zone périphérique, toujours séparés pourtant du bois pri- maire des faisceaux par quelques rangées de cellules médullaires ; ils appartiennent donc bien à la moelle même, non au bois primaire, comme VAN TIEGHEM. — CANAUX A GOMME DES STERCULIACÉES. 13 les canaux oléifères des Diptérocarpées, Liquidambarées et Simarubées. Ce cercle en comprend tantôt une vinglaine (Pterospermum acerifo- lium, etc.), tantôt une dizaine seulement (Eriolæna Wallichi, etc.); quelquefois moins encore, huit (Cola acuminata), ou cinq (Tarrietia Argyrodendron). Quelquefois ils forment deux cercles concentriques, l’externe, par exemple, avec 10-12 canaux, l'interne avec 6-8 (Sterculia mexicana, Cola cordifolia, Tarrietia javanica). Les canaux médullaires du cercle unique, ou du cercle externe quand il y en a deux, sont disposés tantôt en alternance avec les pointes ligneuses des faisceaux (Eriolæna, Sterculia, etc.), tantôt en superposition avec elles (Tarrietia, etc.). Corticaux ou médullaires, les canaux sont quelquefois interrompus, entre- coupés de parenchyme, réduits par conséquent à des poches plus ou moins allongées (Helicteres 1sora, etc.), d’où une transition vers les Malvacées. Dans quelques autres genres, l'écorce est dépourvue de canaux, tandis que la moelle en possède comme à l'ordinaire (Dombeya, Heritiera, Melhania). Les canaux médullaires sont alors disposés soit en un seul cercle périphérique assez irrégulier, c’est-à-dire offrant des canaux plus externes et d'autres plus internes (Dombeya, Heritiera), soit en plusieurs cercles concentriques irréguliers de manière à paraître disséminés sans ordre (Melhania). Ici aussi les plus externes tantôt se -superposent aux faisceaux libéro-ligneux (Heritiera, Dombeya), tantôt alternent avec eux (Melhania). Feuille. — Dans le pétiole, les faisceaux libéro-ligneux se disposent quelquefois en une simple courbe fermée (Dombeya, Eriolæn«a, ete.) ; mais le plus souvent cette courbe fermée renferme d’autres faisceaux for- mant un arc ouvert en haut (Sterculia, Heriliera, Pterospermunmn, etc). Les genres qui possèdent des canaux en même temps dans l'écorce et la moelle de la tige en ont aussi à [a fois dans le parenchyme externe et dans le parenchyme interne du pétiole. Dans le Sferculia mexicana, par exemple, il y en a une soixantaine formant une courbe fermée dans le parenchyme externe, quatorze dans le parenchyme compris entre la courbe libéro-ligneuse fermée, et l'arc libéro-ligneux interne, deux seule- ment dans le parenchyme situé à l'intérieur de cet arc. Quand les canaux sont découpés en poches dans la tige, ils subissent la même modification dans Le pétiole ({elicteres Isora). Dans les genres où l'écorce n’a pas de canaux, le parenchyme externe du pétiole n’en renferme ordinairement pas non plus (Melhania, Dom- beya) ; cependant le Dombeya mollis, par exemple, développe dans le parenchyme externe de son pétiole de grandes cellules à gomme qui n'existent pas dans l'écorce de la tige. Quelquelois les choses vont plus loin, et le parenchyme externe du pétiole contient comme là moelle de véritables canaux à gomme ; ces canaux foliaires s'arrêtent alors dans la 414 SÉANCE DU % JANVIER 48385. tige au nœud même ou très près du nœud (Heritiera macrophylla). Les canaux du parenchyme interne affectent d’ailleurs, par rapport aux fais- ceaux libéro-ligneux, la même disposition que dansles canaux médullaires delatige de la même plante, ici superposés aux faisceaux (Heritiera, Pterospermum), là alternes avec eux (Dombeya, Sterculia, Erio- læna, ete.). Is peuvent se réduire à quatre (Eriolæna Wallichii), ou à trois (Melhania Hamiltoniana). Embryon. — Les gros cotylédons amylacés du Cola acuminata et de l'Heritiera littoralis sont entièrement dépourvus de canaux à gomme ; les faisceaux libéro-ligneux, notamment dans le Cola acuminata, y ont leurs vaisseaux complètement différenciés et épaissis. Ge caractère est sans doute en relation avec l’absence de canaux à gomme dans la racine et dans la tigelle. Quelques genres de Sterculiacées se sont montrés entièrement dé- pourvus de canaux à gomme, aussi bien dans la feuille que dans la tige. Ce sont les Hermannia (H. denudata), Mahernia (M. cordata, M. verticillata), Buettneria (B. herbacea, B. carthagenensis), Rulingia (R. pannosa), Lasiopetalum (L. solanaceum), Thomasia (Th. macro- carpa). 1 est vrai que les genres Hermannia et Mahernia se distinguent encore des autres Sterculiacées par leur liber secondaire très peu déve- loppé, privé de fibres, ou n’en renfermant qu’un petit nombre, et dépourvu de toute stratification. Mais les Rulingia, Lasiopetalum, Thomasia, ont le liber secondaire aussi bien développé a. aussi nettement stratifié que les autres Sterculiacées. Par la présence de ces canaux sécréteurs, notamment par les genres où ces canaux n'existent qu’à la périphérie de la moelle sans se montrer dans l’écorce (Dombeya, Heritiera), les Sterculiacées se rapprochent des Diptérocarpées plus que les Malvacées et les Tiliacées. Il faut con- venir pourtant que l’analogie qui résulte de ce caractère est plus appa- rente que réelle: car dans les Sterculiacées les canaux sont gommeux, contenus dans la moelle même et souvent dans l'écorce, localisés dans la tige et la feuille à l'exclusion de la racine; tandis que dans les Diptéro- carpées les canaux sont oléo-résineux, renfermés dans le bois et répandus aussi bien dans la racine que dans latige et la feuille. La famille des Diptérocarpées reste donc, malgré tout, bien distincte, quoique voisine de la vaste famille des Malvacées, qui comprend à la fois, comme grandes tribus, les Malvées, les Tiliées et les Sterculiées. M. Prillieux fait à la Société la communication suivante : PRILLIEUX. — FRUITS DE STIPA. 15 SUR LES FRUITS DE ST/PA QUI PERCENT LA PEAU DES MOUTONS RUSSES, par M. Éd. PRILLIEUX. Il vient sur le marché de la Villette un assez grand nombre de mou- tons russes (1) qui présententune assez singulière particularité, c’est qu'ils ont dans la peau et sous la peau des sortes d’épines qui causent aux garçons bouchers qui les dépouillent de douloureuses écorchures. Ces corps piquants sont des fruits de Stipa. Les fruits (caryopse) de Stipa sont vêtus, c’est-à-dire entourés, d’une balle qui les enveloppe très étroitement et ne s’en détache pas ; à sa partie supérieure la glumelle inférieure se termine par une très longue arête tordue à la base. Cette arête est hygroscopique : à la sécheresse, elle se tord; à l'humidité, elle se détord complètement. La base du fruit est ter- minée en une pointe très dure et très aiguë, au-dessus de laquelle se trouvent des poils raides et fort abondants, tous dirigés de bas en haut. La balle et l’arête portent aussi, en plus ou moins grande quantité selon les espèces, des poils aigus et raides dirigés dans le même sens. Il en résulte que, s’il est facile de faire glisser sur une feuille de papier un fruit de Stipa la base en avant, il n’est pas possible de le pousser en sens inverse, les petits poils s’agrippent au papier, et présentent une résis- tance extrême. Le fruit d’un Stipa ne peut done, à cause de la disposi- tion des poils qui le couvrent, cheminer que dans un sens, sa pointe acérée en avant. En arrière est l’arête tordue qui joue le rôle de propulseur actif. À l’humidité, elle s’allonge en se détordant. Si l’on met un échan- tillon sec d'herbier sur une plaque de verre et qu'on le mouille d’un peu d’eau, on voit très bien le fruit tourner sur lui-même d’un mouvement lent et régulier. Dansles essais que j'ai faits avecle Stipa tortilis, il met- tait environ une minute pour accomplir une révolution autour de son axe. À l'humidité, par suite de l'allongement de l’arête qui se détord, le fruit est donc poussé en avant ; à la sécheresse, les poils qui le couvrent l’'empêchent de retourner en arrière, et l’arête doit, en se retordant et se raccourcissant, s’avancer à la suite du grain. C’est par ce mécanisme que les fruits de Stipa engagés dans la toison des moutons descendent par une sorte de mouvement de vrille, jusqu’à piquer la peau de leur pointe aiguë. A la suite de l’irritation qu'ils leur causent, les moutons, en vou- lant se gratter, les enfoncent davantage, et, grâce aux poils qui dirigent toujours les mouvements des fruits dans le même sens, ils finissent par traverser la peau et s’enfoncer jusque dans les masses graisseuses et les museles, comme on le voit sur les animaux abattus à la Villette. (1) Amenés d’Odessa, d'Elisabethgrad, d'Iekaterinoslav, de Kiew, et quelquefois de Kicheneff en Bessarabie. 16 ADDITION À LA SÉANCE DU Â2 DÉCEMBRE 1884. Les fruits de Stipa engagés dans la peau ou la chair des moutons ne sont plus guère déterminables spécifiquement; mais on a reçu au Ministère del’Agriculture, du gouvernement russe, des échantillons complets de la plante d’où ils proviennent, et l’on ne peut hésiter à y reconnaitre une forme très grande et très robuste du Stipa capillata. M. Bureau dit qu’il existe dans les pâturages de la Nouvelle- Calédonie une espèce d’Andropogon dont les fruits, sans doute par un mécanisme analogue à celui que M. Prillieux a décrit pour les Stipa, traversent la peau des moutons de ce pays et pénètrent même dans les muscles sous-jacents. ADDITION A LA SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1884. ALGUES DE MADAGASCAR RÉCOLTÉES PAR M. CH. THIÉBAUT, par M. Éd. BORNET. Dans les premiers jours d'avril de cette année, notre regretté con: frère M. le capitaine de frégate Charles Thiébaut, qui venait de rentrer en France, épuisé par les fatigues d’une longue croisière dans l'océan Indien, m’envoya un pelit paquet d’Algues récoltées à Madagascar en 1883. Il se proposait d'en communiquer la liste à la Société botanique en lui demandant de l’insérer dans le Bulletin. La mort a empêché notre confrère de réaliser son projet. Qu'il me soit permis de le suppléer et de donner à sa place l’énumération des quarante-six espèces contenues dans le fascicule que j'ai reçu de lui. Toutes proviennent de Tamatave et de Majunga (1). «Il ya des «ul- » garités, m'écrivait M. Thiébaut, mais cela représente, au moins pour » Majunga, tout ce que j'ai lrouvé à la marée de septembre, non sans » grand dommage pour ma santé. J'ai essayé de draguer ; mais iln°v avait » rien à faire sur ces fonds rocheux où les ancres ne tiennent qu'à grand’ » peine... Les huit premiers numéros viennent de Tamatave, récif à » peu près mort, où quelques polypiers seuls donnent des preuves de » vitalité. Le reste vient de Majunga, sur une roche schisteuse mélan- » gée de calcaire qui forme la côte près du fort. En somme il y a peu d’Algues. » Y (1) Majunga est situé au N. 0. de Madagascar, sur le canal de Mozambique; Tama . Ü * LE] ° : « . € T tave fait face à l'île de la Réunion, sur la côte opposée. / ‘ 12. 13. 14. 15. 16. 17. BORNET. — ALGUES DE MADAGASCAR. 17 CHLOROPHYCÉES. CHLOROSPORÉES. Anadyomene stellata Lamouroux. — Récif de Tamatave. Enteromorpha compressa Greville, var. cæspitosa. — Majunga. Enteromorpha ereeta Hooker. — Majunga, sur le Laurencia diva- ricata. Bryopsis setacea Hering. — Tamatave. Codium tomentosum Agardh., — Majunga. Caulerpa clavifera Agardh. — Tamatave. . Caulerpa Chemnitzia Lamouroux. — Tamatave. MÉLANOPHYCÉES. PHÉOSPORÉES. Ectocarpus heterocarpus Crouan. — Tamatave. Colpomenia sinuosa Derbès et Solier. — Majunga. . Hydroclathrus cancellatus Bory. — Majunga. FUCACÉES. . Sargassum (Glandularia) poiyeystum Agardh. — Majunga, Sargassam (Acanthocarpa) einetum J. Agardh, var. — Majunga. DICTYOTÉES. Dictyota ciliata J. Agardh. — Majunga. La variélé désignée sous le nom de Beccarii(Zanardini) est mêlée au type. Stœchospermum marginatum Kützing. — Majunga. Spatoglossum Schræderi Kützing. — Majunga. Padina pavonia Gaillon. — Majunga. Dictyopteris acrostichoides J. Agardh? — Majunga. Cette Algue est remarquablepar sa ramification dichotome pennée, qui ressemble à celle du Fucus platycarpus. La fronde, dépourvue de veines latérales, est mince et membraneuse. La fructification n’est pas développée. 18. 19. FLORIDÉES. Erythrotrichia ceramicola Areschoug, — Majunga : sur la fronde de l’Acanthophora Thierii. à Goniotrichum elegans Zanardini. — Majunga ; sur le Stæchosper- num marqinatunr. T. XXXII. (SEANCES) 2 18 ADDITION À LA SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1884. 90. Chantransia virgatula l'huret. — Majunga ; sur le Stwchospermum marginatum. 21. Ceramium strictum Harvey. — Majunga; sur lAcanthophora Thierii. 22. Constantinea ? Thichauti, Sp. n0v. — Majunga. L’Algue que je rapporte avec doute au genre Conslantinea n’est représentée dans la collection que par un seul exemplaire. La fronde se présente sous la forme d’une lame charnue, d’un rouge foncé, longue de 7 centimètres, et large de 6 centimètres (quand elle est mouillée), portée sur un pied de 3 centimètres de long. Le point d'attache du pied manque. Tout à fait à la base, le pied est cylindrique ; au-dessus, il est canaliculé et bordé de deux crêtes inégales, qui semblent n’être que la base persistante de lames beaucoup plus larges qui auraient disparu. Au- FiG. 1. Fic. 2. En Le à SAS Constantinea ? Thiebauti, sp. nov. F16. 4. — Fronde de la même grandeur que l'échantillon desséché. F16. 2. — Coupe longitudinale d’un lobe de la fronde (grossissement de 160 diam.). dessus de ces crêtes, le pied, redevenu presque cylindrique, s’élargit brus- quement en une lame pinnatifide, subcordiforme à la base. Les lanières sont larges d’un centimètre, ondulées, crispées, subdichotomes, arrondies et un peu dilatées au sommet; leur bord est garni de dents aiguës. Les tétraspores, peu nombreux, sont épars dans le tissu cortical des lanié- res ; ils présentent la division zonée. La fronde est formée de trois couches. Au centre, se voient des cellules allongées, étroites, filiformes, entrelacées en un tissu lâche ; en dehors, elles se transforment en cellules courtes, ovales ou sphériques, beaucoup plus grosses, disposées en files rayonnantes obliques, et rapprochées en faux parenchyme ; enfin à la périphérie, se trouve la couche corlicale, qui est composée de courtes files de petites cellules colorées. Le pied présente la même structure ; toutefois les trois parties sont plus épaisses, BORNET. — ALGUES DE MADAGASCAR. 19 les cellules plus serrées ; enfin, sur un tiers environ de la circonférence, on remarque une couche corticale de formation secondaire. Vers le milieu de cette couche, on distingue trois assises superposées, indiquant autant d’arrêts et de reprises de la végétation de la fronde. — Cette structure est précisément celle des Constantine. Si l'attribution à ce genre que je fais de la plante récoltée par M. Thié- baut est exacte (et l’on ne peut en avoir la certitude aussi longtemps que le fruit cystocarpique sera inconnu), cette espèce serait intéressante au point de vue de la distribution géographique du genre. Il comprendrait quatre espèces, au lieu de trois actuellement connues. De celles-ci, deux (C. Rosa-marina et sitchensis) sont originaires des mers arctiques ; la troisième (C. reniformis) croît dans la Méditerranée ; la quatrième, dont il vient d'être question, habite les mers chaudes de l’océan Indien. . Meristotheca papulosa J. Agardh. — Majunga, Tamatave. . Rhodophyllis nitophylloides Harvey. — Majunga. Gracilaria cortieata J. Agardh, var. ramalinoïides. — Majunga. Gracilaria Wrightii Agardh. — Majunga. . Hypnea pannosa J. Agardh. — Tamatave. Hypnea seticulosa Agardh. — Majunga. Hypnea musciformis Lamouroux. — Majunga. 30. Gelidium erinale Lamouroux. — Majunga. 31. Laurencia perforata Montagne. — Tamatave. 32. Laurencia obtusa Lamouroux. — Tamatave. 33. Laurencia papillosa Greville. — Majunga. 94, Laurencia divaricata d. Agardh. — Majunga. 35. Chondria dasyphylla Agardh. — Majunga. 36. Acanthophora Thierii Lamouroux. — Majunga. 931. Amansia glomerata Agardh. — Majunga. 38. Amansia Dietrichiana Grunow. — Majunga. 39. Vidalia obtusiloba J. Agardh. — Majunga. 40. Neurymenia fraxinifolia J. Agardh. — Majunga. 1. Melobesia membranifolia Lamouroux. — Majunga ; sur les frondes de Vidalia et de Neurymenia. 42. Melobesia farinosa Lamouroux. — Majunga; avec le précédent. 43. Amphiroa gracilis Harvey. — Majunga. 44. Cheïilospermum cultratum Harvey. — Majunga. 5. Jania pacifiea Areschoug. — Majunga ; sur les frondes de Neury- Lo OU & C2 D 1O RO NO RO RO @ 1 © © menid. 46. Corallina pilifera Lamouroux., — Majunga. 20 SÉANCE DU 23 JANVIER 1885. SÉANCE DU 23 JANVIER 18895. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE. M. Mangin, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 9 janvier, dont la rédaction est adoptée. Par suite des présentations faites dans la séance précédente, M. le Président proclame membres de la Société : MM. DaGuiLLon, préparateur à l’École normale supérieure, rue d'Ulm, 45, à Paris, présenté par MM. Bonnier et Leclerc du Sablon. GALLÉ (Emile), industriel, avenue de la Garenne, 2, à Nancy, présenté par MM. Le Monnier et Mangin. Héraiz, maître de conférences à l’École supérieure de pharmacie de Paris, rue Corneille, 5, présenté par MM. Van Tieghem et Flahault. MarTiN (Henri), rue du Faubourg-Saint-Denis, 157, à Paris, présenté par MM. Henri et Maurice Vilmorin. MAscLEFr (l'abbé), professeur au petit séminaire d'Arras, présenté par MM. l'abbé Boulay et Bescherelle. M. le Président annonce ensuite quatre nouvelles présentations. M. le Président fait connaître à la Société les noms des membres désignés par le Conseil, dans sa séance du 16 janvier dernier, pour faire partie des commissions annuelles mentionnées par le Règle- ment (1). Ces commissions sont composées, pour l’année 1885, de la manière suivante :. 1° Commission de comptabilité : MM. E. Cosson, Ad. Larcher, E. Roze. 2° Commission des archives : MM. Mangin, Marès et À. Ramond. 3 Commission du Bulletin: MM. Bonnier, Bornet, Buffet, Bureau, Duchartre, Franchet, Leclerc du Sablon, Marès, Maugeret et Prillieux. & Comité consultatif, chargé de la détermination des plantes de France et d'Algérie soumises à l'examen de la Société : MM. Bainier, Cornu, E. Cosson, Franchet, Malinvaud, Petit, Poisson et Rouy. (1) Voy. art. 49 et suiv. du Règlement. D'après l’article 95, le Président et le Secré- taire général font partie de droit de toutes les commissions. ZEILLER, — AFFINITÉS DU GENRE LACCOPTERIS. 21 9° Commission chargée de formuler une proposition relative au siège et à l’époque de la Session extraordinaire: MM. G. Bonnier, Bornet, Cosson, Duchartre, Duval, Petit et J. Vallot, M. Zeiller fait à la Société la communication suivante : SUR LES AFFINITÉS DU GENRE LACCOPTERIS, par M. R. ZEILLER. Le genre Laccopteris a été créé par Presl, en 1838 (1), pour des pin- nules de Fougères des couches rhétiennes de Bamberg, en Franconie, portant des sores composés de cinq ou six sporanges rayonnant en étoile autour d’un point d’attache commun. On en compte aujourd’hui plusieurs espèces, échelonnées depuis l’étage rhétien jusqu'au terrain crétacé, et dont quelques-unes sont complètement connues, tant à l’état fertile qu’à l’état stérile, et à tous les degrés de développement. Ce sont : d’abord le Laccopteris elegans Pres], type du genre, puis le L. Gœpperti Schenk (L. Braunii et L. germinans Gœpp.), des mêmes couches, réuni par Schimper à l’espèce précédente, et le L. Münsteri Schenk, des couches rhétiennes de la Theta, près de Bayreuth. Ensuite viennent : L. cœæspitosa Phillips (sp.) (L. Phillipsi Zigno), de l’oolithe inférieure de Scarborough; L. rotzana Zigno, de l’oolithe de Rotzo dans le Vicentin; L. Daintreei Schenk, du jurassique de la Nou- velle-Galles du Sud; Z. Dunkeri Schenk, du wealdien du nord-ouest de l’Allemagne, et L. pulchella Heer, du néocomien d’Almargem en Portugal. M. Schimper a en outre rattaché à ce même genre, d’après son mode de nervation, le Pecopteris Atherstonei Tate, du jurassique de l'Afrique australe, série de Uitenhage; mais tant qu’on ne connaîtra ni la fructifi- cation, ni l’ensemble de la fronde de cette espèce, cette attribution doit être regardée comme purement hypothétique. Enfin, je citerai comme ayant aussi été rapporté au genre Laccopteris, l’'Alethopteris Gœpperti Ettingsh., du wealdien de l'Allemagne septen- trionale, séparé depuis lors par M. Schenk pour constituer le genre Matonidium. Les Laccopteris présentent tous des frondes stériles composées de pennes simplement pinnées ou pinnatifides, rayonnant du sommet d’un pétiole commun, ou plus exactement formant au sommet de ce pétiole comme deux cymes scorpioides opposées. Quelques-unes des figures pu- bliées par Gœppert sous les noms de L. Braunii et de L. germinans (2), (1) Presl, in Sternberg, Flora der Vorwelt, 11, fase. 7-8, p. 115. (2) Gœppert, Genres de plantes fossiles, livr. 1-2, pl. V, fig. 1 à 7,et pl. VI, fig. 1 à 12. 29 SÉANGE DU 23 JANVIER 1885. montrent aussi nettement que possible cette disposition caractéristique de la fronde, tant sur les plantes jeunes que sur les plantes adultes ; ces figures permettent de suivre loute la série des phases du développement de cette espèce, depuis les frondes les plus jeunes, à segments entiers, pré- sentant encore, à ce qu’il semble, des traces de prothalle à la base de leur pétiole, jusqu'aux frondes de grande taille, à pennes de 0",15 ou 0",20 de longueur. La fig. 3, pl. V, et les fig. 4, 5, et surtout 7, pl. VI, montrent de la façon la plus nette les pennes se détachant du rachis les unes à la suite des autres en cyme scorpioïde, plutôt que naissant d’un centre uni- que, comme on aurait pu le croire d’après quelques autres empreintes. Quant aux fructifications, elles forment sur chaque pinnule deux sé- ries parallèles, placées de part et d’autre de la nervure médiane; chaque sore est composé d’un petit nombre de gros sporanges, six à neuf, étalés sur le limbe, et rayonnant autour d’un réceptacle commun, comme les secteurs d’un cercle. Ïls paraissent avoir été nus, car on distingue presque toujours les traces de l’anneau élastique qui les entourait, et qui suit le contour extérieur de chacun d’eux. Gœppert a figuré cet anneau chez les L. Brau- nii (1) et germinans (2); mais les figures les meilleures et les plus carac- téristiques sont celles que M. Schenk a données des sores du L. Müns- teri (3), dans lesquels il a même réussi, à l’aide des réactifs oxydants, à découvrir des spores, dont il a pu reconnaître la forme tétraédrique (4). Je reproduis d’ailleurs plus bas (voy. fig. L et !) les figures de M. Schenk, montrant un sore grossi quarante fois, et des spores à un très fort gros- sissement. Presl, en publiant le genre Laccopteris, l'avait rangé parmi les Glei- chéniées, en faisant remarquer qu'il se rapprochait des Gleichenia par ses fructifications, et des Mertensia par la disposition de ses nervures, qui partent obliquement du rachis, et se divisent une ou deux fois par dichotomie. Gœppert à fait le même rapprochement, mais en faisant re- marquer qu'on ne pouvait voir «si l'anneau était excentrique, comme dans les Gleichëniées, ou s’il entourait exactement le bord, ainsi que dans la plupart des Fougères », bien que cette deuxième hypothèse lui ait paru la plus vraisemblable, À son tour, M. Schenk 2 rangé les Laccopteris parmi les Gleichéniées, et à signalé teur analogie avec les Mertensia, au point de vue de la ner- vation, ainsi qu'au point de vue de la taille, du nombre et de la disposi- tion des sporanges ; mais il a fait remarquer que, par le mode de division de leurs frondes, ils venaient se placer à côté des Matonia. (1) Gœppert, loc. cit. pl. V, fig. 6, 7. (2) Id. ibid. pl. VE, fig. 11, 42. (3) Schenk, Foss. Flora der Grenzschichten, pl. XXIV, fig. 8, 9. (4) Jbid. pl. XXIV, fig. 10. ZEILLER. — AFFINITÉS DU GENRE LACCOPTERIS. 23 Ce dernier genre a en effet des frondes composées de pennes simple- ment pinnées, disposées en deux cymes scorpioïdes, partant ensemble et parallèlement l’une à l’autre, du sommet du pétiole et allant en divergeant peu à peu. La figure qu’en a donnée Wallich (1), qui ne représente évi- demment qu’une moitié de fronde, montre nettement cette disposition, de même, du reste, que la figure publiée par Beddome (2) qui repré- sente une fronde de moindre dimension. La nervation du Matonia pecti- nata, la seule espèce du genre, à aussi une très grande ressemblance avec celle des Laccopteris, à cette différence près que, dans la partie inférieure des pinnules, qui se soudent entre elles à leur base, les nervures forment quelques anastomoses, et que notamment plusieurs d’entre elles viennent toujours converger au point d'insertion des sores, à la base du réceptacle, formant une grande aréole à peu près circulaire, divisée en six à dix sec- teurs. Lessores eux-mêmes sont composés de cinq à onze gros sporanges, généralement six à huit, rangés en étoile autour d’un réceptacle à peine saillant, longs de 0"*,5 environ, étalés sur le limbe, et étroitement re- couverts par un indusium membraneux. Cet indusium, pelté et attaché par son centre au réceptacle, recouvre le sorecomme une ombrelle, et vient se rattacher au-dessous de lui à la base du réceptacle ; à la maturité, il se déchire en cercle vers son équateur, et, son pédicelle se détachant, il dégage les sporanges, qui peuvent alors s'ouvrir pour émettre leurs spores. Les sporanges sont munis d’un large anneau oblique complet, absolument semblable à celui des Cyathea et des Alsophila ; quand on regarde en dessus les groupes de sporanges, on voit cet anneau suivre le contour externe et les bords latéraux de chaque sporange souvent pres- que jusqu’au point d'attache ; on ne l'aperçoit jamais en entier, car il passe en dessous, tout contre le point d’attache, pour se refermer. Sui- vant que les sporanges sont plus ou moins convexes, l'anneau se montre sur leur contour externe sur une portion moindre ou plus grande de sa largeur. Quelquefois, mais rarement, par suite d’une torsion des sporan- ges, on aperçoit l’anneau par sa tranche, partant du centre pour dispa- raître sur le bord externe. Dans leur disposition normale, ces sporanges, avec leur anneau sui- vant leur contour extérieur, présentent avec ceux des Laccopteris une ressemblance parfaite, qui complète la ressemblance déjà signalée dans la disposition générale de la fronde. J’en avais été frappé, tant en considé- rant la figure de Wallich (3) qu’en examinant les échantillons de Mato- nia pectinata qui se trouvent dans l’herbier du Muséum, et j'en avais fait mention incidemment dans mon étude sur la flore rhétienne du ({) Wallich, Plant. asiatic. rar. f, pl. 16. (2) Beddome, The Ferns of British India, I, pl. 186. (3) Wallich, loc. cit. pl. 16, fig. 6. 24 SÉANCE DU 23 JANVIER 1889. Tong-king (4). Ayant reçu récemment d’un ami, M. J. de Morgan, ingé- nieur civil des mines, de très beaux exemplaires de cette espèce, recueil- lis par lui dans la péninsule malaise, j'ai pu en étudier de plus près les organes de fructification, et je donne ici le dessin de deux groupes de sporanges de M. pectinata, lun incomplet M, l’autre intact M',au même grossissement de 40 diamètres que la figure L de M. Schenk, représen- tant un sore de Laccopteris Münsteri. On voit qu’il y a pour ainsi dire identité, lant au point de vue de la disposition des sporanges et de leur anneau, que de la taille même de ces organes. Quant aux spores, j'ai dessiné en m trois spores de Matonia, grossies 250 fois, et l’on peut voir que, par leur forme tétraédrique et par les légères crêtes saillantes dont elles sont munies sur les arêtes du tétraèdre, elles ressemblent aussi de tout point aux spores de Laccopteris observées par M. Schenk, et re- produites ci-dessus en /. J'ajouterai que j'ai retrouvé, sur un sore d'un échantillon fertile de L. Münsteri qui se trouve dans les collections du Muséum sous le n° 947, la disposition anormale que je signalais tout à l'heure chezle Matonia pectinata, c'est-à-dire que j'ai pu constater que, (1) Annales des Mines, 5° livraison, 1882 : Examen de 1 ] chlrbon du Tong-king, pe MT, e la flore fossile des couches de ZEILLER. — AFFINITÉS DU GENRE LACCOPTERIS. 95 sur quelques sporanges, l’anneau est vu par sa tranche, et se montre sur presque toute sa largeur. J’ajouterai que, sur cet échantillon, l'anneau occupe sur tous les sores une largeur sensiblement plus grande que dans la figure de M. Schenk, offrant ainsi un aspect absolument identique à celui de la figure M', ainsi qu’on en peut juger par la figure L, représen- tant un de ces sores également grossi 40 fois. Il est donc impossible de méconnaître l’étroite affinité qui lie les Laccopteris aux Matonia, si bien que je n’hésiterais pas à les considérer comme génériquement identiques, si l'absence d’indusium ne paraissait bien constatée chez tous les Laccopteris fossiles ; la nervation est en outre un peu différente, puisqu'on n’a jamais observé chez ceux-ci aucune anastomose, et que les sores paraissent occuper simplement les points de bifurcation des nervures. En tout cas, les Laccopteris représentent, aux époques géologiques, le genre actuel Matonia, et ce sont vraisem- blablement les premières de toutes les Cyathéacées. Quant au genre Matonidium, j'ai dit que M. Schenk l'avait créé pour l’Alethopteris Gæpperti Ettingsh., antérieurement rattaché par M. Schim- per aux Laccopteris ; comme ceux-ci, il présente des frondes entièrement semblables à celles des Matonia, mais il a des sores indusiés, et c’est en raison de ce caractère que M. Schenk a cru devoir le rapprocher plus étroitement du genre Matonia, et choisir un nom dérivé de ce dernier. D’après les figures et la description qu’il en a données (1), les sores, presque contigus et couvrant presque entièrement la face inférieure des pinnules, sont de forme oblongue, couverts d’un indusium déprimé au centre, et composés de sporanges munis d’un anneau‘oblique. Mais, d’une part, la forme oblongue des sores constitue déjà une différence avec les Matonia ; d'autre part, d’après la figure 3 de la pl. XXX, l’indusium, au lieu de se détacher tout entier, se déchirerait ivrégulièrement; enfin les sporanges paraissent infiniment plus nombreux que dans le genre vivant, au nombre peut-être de quinze à vingt dans chaque sore, autant qu'on peut en juger d’après le dessin. De plus, suivant les observations de Heer, l’indusium serait, non seulement déprimé, mais fendu au milieu (2). Il y a donc, entre le genre Matonidium et le genre Matonia, des diffé- rences assez importantes, et, sans contester aucunement les affinités qui paraissent exister entre eux, je crois qu’elles sont moindres que celles qui lient les Laccopteris aux Matonia; en tout cas, la place du genre Laccopteris me paraît maintenant ne plus pouvoir donner lieu à un doute. (1) Schenk, Beitrag zur Flora der Vorwelt. Palæontographica, t. XIX, p. 219, pl. XXVIIT, fig. 2a; pl. XXX, fig. 3. (2) O0. Heer, Contrib. à la flore fossile du Portugal, p. 16, pl. XV, fig. 1, 1 b. 26 SÉANCE DU 23 JANVIER 1885. M. Franchet fait à la Société la communication suivante : PLANTES DU YUN-NAN RÉCOLTÉES PAR M. L'ABBÉ DELAVAY, par M. 4. FRANCHET (1) [suite]. Gentiana rubieunda Franch. Bull. Soc. bot. de France, t. XXXI, p. 373. — In rupibus humidis montium altissimorum prope Tchend- fong-chan ; maj. 1882; n° 8. Gentiana primuliflora Franch. loc, cit. p. 375. — [n pratis, ad Mo- che-tchin, supra Ta-pin-tze, prope Tali; 3 oct. 1882; n°9. Gentiana fastiginta Franch. loc. cit. p. 373. — In monte Yung-in- chan, supra Lan-kong ; 30 jul. 1883; n° 10. Gentiana alsinoides Franch. loc. cit. p. 374. — In monte Yang-in- chan, supra Lan-kong ; 30 jul. 1883 ; n° 11. Gentiana lineolata Franch. loc. cit. p. 375. — In pratis montis Che-tz0-tze, supra Ta-pin-tze, prope Tai; 3 oct. 1883; n° 14. Gentiana aprica .Decne. — In paludibus, ad Ta-pin-tze, prope Tali ; 8 oct. 1883; n° 12. Gentiana papillosa Franch. loc. cit. p. 374. — In monte Mao-kou- chan, supra Ta-pin-tze, prope Tali; 923 april. 1883 ; n° 17. Gentiana Serra Franch. loc. cit. p. 376. — In sepibus, ad Lan-kong, prope Tali; 6 nov, 1883; n° 13. Gentiana yunnanensis Franch. loc. cit. p. 316. — In monte Hee- chan-men, supra Lan-kong ; 8 nov. 1883; n° 15. Gentiana Delavayi Franch. loc. cit. p. 311. — In monte Hee-chan- men, supra Lan-kong; 8 nov. 1883 ; n° 16. Gentiana ternifolia Franch. loc. cit. p. 371. — In cacumine montis Hee-chan-men, alt. 3000 mètres, supra Lan-kong, prope Tali; 5 nov. 1882; n° 18. Gentiana detonsa Fries. — Secus rivulos, ad Lan-kong, prope Tali ; nov. 1883 ; n° 19. Swertia chinensis Bunge. — [n monte Hee-chan-men, supra Lan- kong ; 8 nov. 1883 ; n° G. Mandragora eaulescens Clarke? — In monte Koua-la-po, inter Ho- kin et Tali, alt. 3000 mètres ; 26 maj. 1884; n° 54. C’est avec quelques doutes que Je rapporte la plante du Yun-nan au (1) Voyez le Bulletin, séance du 9 janvier 1885. FRANCHET. — PLANTES DU YUN-NAN. 27 M. caulescens, que M. Clarke à décrit d’après des individus en fruit, sans en connaître les fleurs. La description qu’il donne des organes de végétation convient très bien à la Mandragore envoyée par M. l'abbé Delavay, dont je ne crois pas inutile de décrire les fleurs, pour compléter la diagnose de M. Clarke, en admettant que les deux plantes appartien- nent à un même type spécifique : Flores ante anthesin cernui. Calyx late infundibuliformis, subcampanu- latus, ad tertiam partem quinquelobatus, lobis ovato-deltoideis, obtusis, subinæqualibus, tenuiter reticulatis; corolla poculiformis, sub anthesi calicem vix æquans, inæqualiter quinqueloba, lobis ovatis, obtusis. Sta- mina ad medium corollæ inserta, lobos subæquantia, antheris sagittatis. Ovarium globosum. Stigmata linearia, divaricata. — Planta pilis crusta- ceis plus minus vestita. Radix bi-tripartita, partitionibus fusiformibus. Caulis inferne laxe squamosus, squamis rufis. Folia juvenilia ovato- oblonga. Hemiphragma heterophyllum Wall. — In monte Koua-la-po, inter Ho-kin et Tali, alt, 3000 mètres ; 26 maj. 1884; n° 57. Les capsules de cette plante singulière paraissent être dimorphes, comme les feuilles: tous les auteurs les ont décrites comme devenant un peu charnues à la maturité; dans les spécimens du mont Koua-la-po, elles sont complètement sèches et une fois plus petites. Veronica serpyllifolia L. — In pratis humidis, ad San-tchang-kiou, supra Koua-la-po ; 27 maj. 1884; n° 64. Corylus Davidi Baill.; Ostryopsis Davidiana Deene ; var. cinerascens. À formà mongolicà typieà differt foliis latioribus, ovato-rotundatis, sub- tus pilis sericeis micantibus densius vestitis. Ramuli hornotini magis pilosi et glandulosi. Fruticulus vix bipedalis, ramulis debilibus, flexilibus. In collibus calcareis ad Mo-so-yun, prope Lan-kong; 1 jun. 1884; n° 317. Cypripedium plectrochilum, Sp. nov. — Caulis gracilis, palmaris præsertim inferne pube brevi densà vestitus. Folia 2-3 secus caulem alterna, ovalo-lanceolata, acuta vel breviter acuminata, margine et ad nervos pilis rigidis brevibus ciliata, florale (bractea) anguste lanceolatum flore brevius. Flores solitarii, pro genere parvi, circiter ad 2 cent. longi; sepala libera, glabra, superiore ovato-lanceolato, lateralia anguste lan- ceolato-linearia ; petala lateralia anguste linearia, sepalis longiora, la- bello paulo breviora ; labellum (in sicco) sordide purpureum, striolatum, præsertim ad os lineis fuscis brevibus notatum et pilis crustaceis lon- giusculis obsitum, ovatum, modice inflatum, apice non ut in congene- ribus rotundatum, sed paulo attenuatum, quasi obtuse rostratum, rostro 28 SÉANCE DU 23 JANVIER 1885. breviter conico, retrorso. Ovarium pubescens. Capsula matura oblonga, recta, scabra. In quercetis, ad Houang-li-pin, supra Ta-pin-tze ; 27 aug. 1883; n° 46. Species flore parvo tantum eum C. debili Rehb. comparanda, sed jam labelli indole diversissima; perianthium (in sicco) quoad colorem illo C. calceoli simile ; os labelli anguste apertum, margine quasi radiatim plicatum. Asplenium Iaciniatam Don. — In rupibus umbrosis montium aliis- simorum, v. g. montis Man-kou-tebang, supra Ta-pin-tze; 27 aug. 1883; n° 66. Asplenium yunnanense, Sp. nov. (Euasplenium). — Rhizoma de- mum breviter caulescens. Frondes cæspitantes ; petioli basi nigricantes, superne viridescentes, paleis setaceis plus minus obsiti; pinnæ utrinse- eus 20-28, superiores contiguæ, infimæ inter se valde distantes; lamina ambitu anguste lanceolata, e medio decrescens, pinnis anguslis, incisis vel etiam basi pinnatipartitis, lobis in lobulos 2-3 acutos fissis; pinnæ infimæ minimæ; venæ simpliciter furcatæ. Sori secus venas alternantes oblongi, indusio albido, firmulo, margine integro. — Frons cum petiolo brevi 45-25 cent. longa ; lamina ad medium ultra vix 2-3 cent. lata; pinnæ 12-18 mill. longæ, 4-5 mill. latæ, soriferæ inferne vix latiores. In monte Che-tcho-tze, supra Ta-pin-tze, prope Tali ; 23 aug. 1883; n° 72. Inter À. variantem et A. pekinensem quasi medium ; lamina potius A. pekinensis, sed pinnæ angustiores ; ab utroque differt pinnis etiam basi inciso-lobatis, nec usque bipinnatis. Pellæa nitidula Baker. — In rupibus humidis, ad Chouang-che-teou, supra Ta-pin-tze ; 19 aug. 1883 ; n° 73. Scolopendrium Delavayi, Sp. n0v. — Rhizoma breve, obliquum, ad collum paleis lanceolato-subulatis, nigricantibus vestitum. Petiolus fuscus vel nigricans ; glaber, nitidum, gracile, supra canaliculatus ; frons tenuis, integerrima, orbicularis, vel suborbicularis, basi cordata, sinu clauso vel aperto; venæ flabellatim repetito-dichotomæ, liberæ. Sori secus venas secundi vel tertit ordinis elongati, venarum apicem non attingentes ; indusium tenuiter membranaceum, diutius persistens. — Petioli 7-12 cent. longi; lamina 2-3 cent. diam., læte virens, pellucida. In montibus, ad Chouang-che-teou, supra Ta-pin-tze, prope Tali: 19 aug. 1883 ; n° 67. | Aspidium acanthophyllum, Sp. nov. (Polystichum). — Truncus brevis, erectus. Frondes plures, paleisfulvis densis veslitæ ; petiolus stra- mineus, angulatus, paleaceus, paleis fulvis concoloribus, dimorphis, aliis angustis, linearibus, aliis late ovatis, abrupte cuspidatis, parce fimbrio- FRANCHET. — PLANTES DU YUN-NAN. 29 latis ; lamina anguste lanceolata, acuminata, inferne parum decrescens ; rachis præsertim subtus paleacea, paleis fulvis vel decoloribus, lineari- setaceis; pinnæ præter inferiores confertæ, subsessiles, sese invicem ad medium usque obtegentes, quasi imbricatæ, coriaceæ, pallidæ, glabræ, ovato-lanceolatæ, basi pinnatilobatæ (lobis ovatis utrinque 2, secus rachim erectis), apice tantum lobulatæ; lobi margine incrassati, apice rigide spinescentes. Sori secus nervum primarium uniseriati ; indusium peltatum, orbiculare, margine leviter erosum. — Frons cum petiolo 8-10 cent. longo circiter 16-20 cent. alta, 25 mill. vix lata; pinnæ 7-8 mill. basi latæ. In rupibus calcareis, supra collum Koua-la-po inter Hokin et Tali; 26 maj. 1884; n° 56. Prope À. iicifolium Don collocandum, sed jam pinnis confertis, im- bricalis, formà diversis distinctum. Polypodium porosum Wall. — In montibus Yang-in-chan, supra Lan-kong, prope Tali; 7 april. 1883; n° 71. Polypodium lincare Thunb.— In montibus, cirea Tali ; 7 april. 1883 ; n° 74. Polypodium yunnanense, Sp. nov. (Goniophlebium). — Rhizoma repens, paleis fuscis lineari-subulatis dense vestitum. Petiolus stramineus, glaber; lamina ambita lanceolato-deltoidea, in utràque facie breviter et sparse pubescens, pinnatipartita, pinnis alà angustà secus rachim conjunc- tis; pinnæ lanceolato-lineares, acutæ vel subobtusæ, subtiliter crenatæ ; venæ et venulæ tenuiter impressæ. Sori biseriales ad costam approximati. — Frons cum petiolo tripollicari cireiter 25 cent. longa ; lamina 7-8 cent. inferne lata ; segmenta basi circiter 7 millim. lata. In rupibus umbrosis montium, ad Mao-kon-tchang, supra Ta-pin-tze ; 27 aug. 1883; n° 68. P. amæno Wall. affine, et quoad nervationem illo simillimum ; præ- sertim differt pubescentià brevi, laminam in utràque facie et rachim ves- tiente ; pinnæ obtusæ vel subacutæ, nec acutissimæ. Polypodium glaueopsis, Sp. nov. (Drynaria). — Rhizoma repens, paleis fuscis lanceolatis dense vestitum. Petiolus pallide fuseus, glaber ; lamina glaberrima, coriacea, glaucescens, ambitu deltoideo-ovata, pinnati- partita, pinnis alà angustà basi confluentibus, utrinque 2-5, oblongis, obtusis, nunc fere ovatis, margine crasse coriaceis, inæqualiter crenulatis, vel etiam præsertim apice minute serrulatis; segmenta jugi inferioris haud raro profunde lobata, lobis obtusis ; venæ et venulæ omnino P. tri- fidi. Sori secus costam approximati, uniseriati. — Petiolus 8-12 cent. ; lamina cireiter 8-10 cent. longa, 6-8 cent. basi lata. In monte Che-tcho-tze, supra Ta-pin-tze, prope Tali; 23 aug. 1883 ; 30 SÉANCE DU 923 JANVIER 1885. n° 70. — In monte Mao-ku-chong, supra Houang-kia-pin, prope Tali ; 7 jul. 1883 ; n° 69. | P. trifido haud dissimile ; egregie differtglaucetudine, texturà corlaceà, pinnis obtusis eximie crenatis vel etiam inferioribus inciso-lobatis. Spe- cimina juvenilia tantum trifida, lobis ovatis apice rotundatis. Botrychium Lunaria L.— In graminosis montis Hee-chan-men, supra Lan-kong ; 2 jun. 1884; n° 50. La liste des plantes qui viennent d’être énumérées est évidemment trop courte pour permettre un jugement précis sur les relations de la flore des hautes montagnes du nord du Yun-nan; cette liste présente _ pourtant un certain intérêt, en ce qu’elle donne comme les prémices de la géographie botanique de cette contrée. Ainsi on peut dire que sa plus grande somme d’affinités est avec l'Himalaya (37 esp.), et qu’elle n’a de commun avec la flore d'Europe que sept espèces, qui se retrouvent d’ailleurs dans presque toute la haute région montagneuse de l'Asie. Ses relations avec la Chine centrale et orientale sont dans les mêmes proportions, et vont en s’affaiblissant à mesure que l’on remonte dans le nord vers la Mongolie et la Sibérie (4 esp. seulement). Le Thibet oriental est trop peu connu pour que l’on puisse rien préjuger;, deux espèces du Yun-nan se retrouvent cependant dans la province de Moupin, Chryso- splenium Davidianum et Gentiana rubicunda. Quant au Kansu, dont M. Maximowicz a commencé à faire connaître la végétation d’après les récoltes de M. Prjewalski, je ne lui vois de commun avec la petite col- lection dont il est ici question que le Rhododendron capitatum ; il est aussi à remarquer que c’est dans ces deux régions seulement qu'on a signalé jusqu'ici des Gentianes annuelles dans le groupe des Pneumo- nanthe. D'autre part, ainsi que je l’ai dit en commençant cette note, la flore du nord du Yun-nan promet d’être fort riche en types spécifiques nou- veaux, puisque la moitié environ des plantes envoyées par M. Delavay se trouve être dans ce cas. M. Leclerc du Sablon fait à la Société la communication suivante SUR LE SPOROGONE DES HÉPATIQUES ET LE ROLE DES ÉLATÈRES, par M. LECLERC DU SABLON. Le fruit des Hépatiques, ou sporogone, se présente sous une forme sphérique ou ovale ; ses parois, très minces, se composent de deux assises de cellules, et dans son intérieur on trouve une grande quantité de spores mélangées à des cellules spéciales, allongées et spiralées, connues sous le nom d'élatères. À la maturité, la déhiscence s'opère par quatre valves LECLERC DU SABLON. — SPOROGONE DES HÉPATIQUES. 91 qui se recourbent sur l’extérieur, et laissent à découvert spores et élatères. Tantôt, comme chez les Frullania, les élatères restent adhérentes aux valves par une de leurs extrémités ; tantôt, comme chez les Pellia, elles sont complètement libres, et s’enchevêtrent avec les spores, comme les filaments de fibrine avec les globules du sang caillé. En étudiant la structure du sporogone et son mode de déhiscence, on est frappé des analogies que présente cet organe avec les anthères des Phanérogames. Comme chez la plupart des anthères, les parois se com- posent de deux assises de cellules : l’épiderme, formé de cellules à struc- ture relativement simple, et une assise sous-épidermique, présentant des épaississements ligneux sur une paroi mince et cellulosique. Enfin, c’est à la différence de contraction des ornements et de la partie non lignifiée de la paroi, que sont dus les mouvements des valves. Si nous prenons comme premier exemple le Pellia epiphylla, nous voyons que les cellules de l’assise sous-épidermique, irrégulièrement disposées, portent des ornements sur leurs parois interne et latérales. Sur la face interne, ces ornements sont parallèles entre eux dans une même cellule, mais leur direction varie d’une cellule à l’autre ; ils se prolongent dans les parois radiales, et se terminent au contact de la face externe, qui est elle-même dépourvue d’ornements. Pour ce qui concerne cette assise, l’action de la dessiccation est évidente; elle contractera la face externe plus que la face interne, et recourbera la valve sur l'extérieur. Quant à l’épiderme, son rôle, quoique moins net, est tout à fait comparable. Les cellules v sont plus grandes que dans l’assise sous-épidermique, et portent des ornements plus rares et moins lignifiés; de plus, les orne- ments, au lieu d’avoir la forme d’un U complet, subissent souvent des solutions de continuité sur la face interne, en sorte qu'il ne reste quel- quefois que les branches latérales. La différence de lignification entre les deux faces est donc moindre que pour l’assise sous-épidermique ; la diffé- rence de contraction sera donc aussi moindre, tout en restant dans le même sens. Les lignes de déhiscence, au nombre de quatre, sont disposées dans deux plans rectangulaires, et découpent les parois du sporogone en quatre portions égales. Leur position est invariable, et n’est marquée, avant la déhiseence, que par une adhérence moindre des cellules entre elles. La paroi mitoyenne des deux cellules se trouve en partie divisée par une fente, et une légère traction suffit pour rendre la séparation complète. Chez le Calypogeia Trichomanis, les choses se passent d’une façon analogue, mais cependant un peu différente. Le sporogone est oblong au lieu d’être sphérique, et les lignes de déhiscence sont des lignes spirales, allant d'un pôle à l’autre du sporogone, au lieu d'être de simples méri- diens. Les valves forment donc des bandes spirales qui se déroulent sous 32 SÉANCE DU 23 JANVIER 1885. l’action de la dessiccation, deviennent à peu près planes, et finalement forment une étoile régulière à quatre branches. Les cellules de l’assise sous-épidermique sont tout à fait comparables à celles du Pellia, mais elles sont allongées parallèlement aux lignes de déhiscence, et les orne- ments en U sont régulièrement disposés dans des plans perpendiculaires à la plus grande dimension des cellules. Si donc on considère la diffé- rence de contraction parallèlement à la direction de ces cellules, on voit que l’effet produit sera de dérouler la valve enroulée en spirale. Il arrive quelquefois, notamment chez le Jungermannia tersa, que l’épiderme a une structure en tout comparable à celle de l’assise sous- épidermique ; il joue par conséquent le même rôle qu’elle, et contribue au recourbement des valves. Le Frullania dilatata s’écarte un peu du type que je viens de décrire. L’assise sous-épidermique des parois du sporogone porte aussi des orne- ments sur ses faces interne et latérales, mais des ornements d’une forme spéciale : sur la face interne, les bandes d’épaississement forment un ré- seau irrégulier tout à fait comparable à celui qu’on peut étudier sur l’as- sise fibreuse de l’Erythræa Centaurium. Les ornements des faces radia- les sont, comme d'ordinaire, rectilignes et en rapport avec ceux de la face interne. Malgré ces quelques différences, la cause du recourbement des valves reste toujours la même, puisqu'on retrouve toujours le fait essen- tiel : la différence de lignification entre les parois interne et externe. Les cellules de l’épiderme, notablement plus grandes que celles de l’assise sous-épidermique, ne portent des ornements que sur les parois radiales ; il n’y aura donc pas de différence notable entre la contraction des deux faces. I y a lieu cependant de faire remarquer ici que l’analogie n’est pas complète entre l’épiderme des anthères et celui des sporogones. Les cellules de l’épiderme des anthères sont complètement dépourvues d’élé- ments lignifiés; au moment de la dessiccation, elles s’aplatissent contre la couche fibreuse, et ne jouent aucun rôle dans la déhiscence (1). Chez les Hépatiques au contraire, la présence d’ornements radiaux empêche l’aplatissement de l’épiderme, et, par conséquent, permet aux parois tangentielles composées de cellulose d’exercer sur la couche sous-jacente plus fortement lignifiée une action utile à la déhiscence. On sait que, après la déhiscence, les élatères restent fixées à l'extrémité des valves; elles sont de dimensions relativement considérables, et ne présentent qu'une seule spirale. On à souvent attribué à ces organes, dits hygroscopiques, un rôle dans la dissémination des spores. Pour voir ce que cette assertion a de fondé, il suffit d'étudier de près les changements de forme que subit une élatère sous l’action de la dessiceation. On (1) Voyez Comptes rendus Acad. des sc., séance du 25 août 1884. LECLERC DU SABLON. — SPOROGONE DES HÉPATIQUES. 33 voit que, à mesure qu'une élatère se dessèche, elle se raccourcit notable - ment, et que les tours de spire deviennent plus serrés ; l’humecte-t-on de nouveau, la spirale se détend, et l’on revient à la forme primitive. Cela tient à ce que l'intervalle compris entre deux tours de spire se contracte beaucoup plus que la spirale elle-même, qui est lignifiée. Le rôle de la bande d'épaississement est de donner une certaine solidité à l’élatère, tou! en lui permettant de se contracter très-fortement. Outre ces changements de forme, l’élatère subit des changements de position. Considérons en effet deux élatères, fixées sur les deux bords opposés de l'extrémité d’une valve: au moment de la déhiscence, la valve change de forme, se recourbe vers l'extérieur; les élatères qui suivent ces mouvements devront donc forcément changer de position lune par rapport à l’autre : avant la déhis- cence, elles sont parallèles entre elles ; après, elles sont divergentes. Grâce à ces différents mouvements, et surlout gràce au dernier qui a sa cause première dans la contraction des parois du sporogone, les spores sont en quelque sorte brassées, séparées les unes des autres, et leur dissémina- tion est facilitée d'autant. M. Duchartre demande à M. Leclerc du Sablon si l’épiderme du sporogone joue un rôle passif, et:s’il ne serait pas plus exact de supposer que la contraction des cellules molles a une influence sur la courbure des valves. M. Leclerc du Sablon répond que, dans le cas où les cellules de lépiderme présentent des ornements, elles peuvent jouer un rôle dans la déhiscence, comme cela a été expliqué dans sa communica- tion. Dans le cas où l’épiderme ne présente pas d'ornements, il y à tout lieu de supposer que les choses se passent comme dans les an- thères qui ont la même structure: Or on sait que, dans ce dernier cas, on peut enlever l’épiderme sans modifier les mouvements des valves; les cellules molles s’aplatissent en se desséchant, et leur con- sistance est trop faible pour qu’elles puissent exercer une contrac- tion appréciable. D'ailleurs, pour que la contraction de l’épiderme augmentàt la courbure de l’assise sous-épidermique, il faudrait que cette contraction füt plus grande que celle de la paroï externe de l’assise sous-épidermique, ce qui parait difficile, puisque cette paroi est généralement dépourvue d'ornements. M. Duchartre demande en outre à M. Leclere du Sablon si Les or- nements en forme d'U ne peuvent pas jouer un rèle actif imdépen- damment de la paroi externe des cellules, comme cela parait avoir T. XXXIL. (SÉANCES) 34 SÉANCE DU 23 JANVIER 1885. lieu pour les cellules de l’anneau des Fougères, dont la structure est d’ailleurs différente. M. Leclerc du Sablon répond que le mécanisme de la déhiscence du sporogone des Hépatiques est complètement différent de celui du sporange des Fougères, et que, dans l’un comme dans l’autre cas, les parties lignifiées considérées isolément ne peuvent, à son avis, jouer de rôle actif. Pour les Fougères, il l’a démontré dans une précédente communication faite à la Société (séance du 28 juin 1884). Pour le cas du sporogone des Hépatiques, en tout compara- ble à celui des anthères, les nombreuses dispositions d’ornements qu'il a étudiées lui ont toujours montré la déhiscence due à l’an- tagonisme des parties lignifiées et des parties non lignifiées ; de plus, la différence de contraction entre les ornements et les parties non lignifiées lui paraît avoir été démontrée expérimentalement (Comptes rendus, 25 août 1884), tandis que rien jusqu'ici n’est venu prouver l'existence de la propriété des ornements à laquelle M. Duchartre fait allusion. M. Rouy fait à la Société la communication suivante : DEUXIÈME NOTE SUR LE MELICA CILIATA L., par M. G. ROUY. En juillet 1881, M. Malinvaud, signalant la découverte au Puy du Melica transsilvanica Schur (M. ciliata Godr. non L.), disait avoir trouvé dans le département du Lot des intermédiaires entre les M. Ma- gnolii Gren. et Godr. et M. næbrodensis Parlat. Le 13 janvier 1882, ayant lu ce passage dans le fascicule de notre Bulletin distribué quelques jours auparavant, je crus intéressant de faire à la Société une courte communi- cation sur les espèces voisines du M. ciliata, dans laquelle j’énonçais notamment que le M. nebrodensis Parlat. était étranger à la flore de France, que le M. nebrodensis Gren. et Godr. n’était autre que la forme genuina du M. ciliata L., identique à la plante de la localité princeps, l'île d'Œland, de l’espèce linnéenne, et que le Y. Magnolii n’était en réalité qu'une variété du M. ciliata L., points importants pour la flore française. M. Malinvaud, présent à cette séance, ne répondit rien. Aussi fus-je quelque peu surpris, en avril 1884, plus de deux ans après, lorsque je lus, dans la première partie du compte rendu de la session d’Antibes, qne notre confrère était revenu sur cette question et avait discuté là-bas mes précédentes remarques, alors qu’il lui était si facile de le faire à Paris,ce qui m'eût permis, puisque j'assiste à presque toutes nos séances ROUY. — MELICA CILIATA. 35 ordinaires, de répondre immédiatement à ses assertions et de clore ainsi définitivement ce petit débat. De plus, la note lue à Antibes a été scin- dée de telle façon, dans l'impression du compte rendu de la session extraordinaire de 1883, que la presque totalité n’a paru que dans le fascicule 2, reçu seulement ces jours derniers. Cela explique, Messieurs, que je ne puisse répondre qu'aujourd'hui à une communication faite en mai 1883 à Antibes. Ma réponse sera brève d’ailleurs, car je n’entreprendrai pas derevenir sur les citations un peu écourtées que M. Malinvaud a bien voulu faire de certains passages de ma première note, ni discuter ses opinions ou celles de M. Hackel sur le sens qu’ils donner‘ à l’espèce, ni insister sur les variations qu’a subies, pour le cas présent, la manière de voir des deux botanistes auxquels j'ai l'honneur de répondre. Disons cependant que tous ceux qui s'occupent de botanique savent par expérience qu’il est matériellement impossible d’attribuer une égale valeur spécifique à toutes les espèces d’un genre, même en leur ratta- chant comme sous-espèces ou variétés des formes de moindre impor- tance ; les espèces linnéennes elles-mêmes ne’ supporteraient point cet examen. M. Malinvaud désirerait, dans la section des barbatæ Nym. du genre We- lica, ne détacher du M. ciliata L. que le M. Baubhini Al. Que ce botaniste veuille bien se reporter au Flora orientalis, il y verra que M. Boissier, que l’on ne saurait accuser d’appartenir à l’école multiplicatrice, admet déjà, seulement pour la flore orientale, trois espèces: M. ciliata L., M. Cupani Guss., M. penicillaris Boiss. et BL. Le M. ciliata y présente trois variétés, qui pour beaucoup constituent déjà des espèces ou des sous-espèces sérieuses, et auxquelles l’auteur rapporte dix synonymes. Le M. Cupani présente, comme formes orientales rattachées à lui par M. Boissier, huit variétés, avec quinze synonymes. Ajoutons-y les formes européennes occidentales non visées par M. Boissier dans le Flora orien- talis, telles que M. transsilvanica Schur, M. lobata Schur, M. ty- bhina Bor., etc., et l'on peut voir à quel chaos nous conduiraitla méthode préconisée par mon contradicteur, qui consisterait à englober toutes ces plantes dans une seule espèce, M. ciliata, en reculant de cent cinquante ans en arrière pour s’en tenir à la diagnose linnéenne : « flosculi infe- rioris petalo exteriore ciliato », si courte, si précise, si limpide, suivant * MMalinvaud, et qui me paraît tellement courte, à moi, qu’elle force à com- prendre dans le M. ciliata, tel que l’a caractérisé Linné, non seulement le M. Bauhini, quoi qu'en dise notre confrère, mais toutes les espèces européennes ou orientales de la section, voire même le 41. Caffrorum Schrad., de l'Afrique australe ! Cette diagnose avait donc besoin, je le répète, d’être « complétée », d’après la plante de la localité linnéenne 36 SÉANCE DU 23 JANVIER 1885. princeps, et e'est ce qu'ont fait d’ailleurs tous les auteurs qui ont suivi Linné, car on ne peut plus, au siècle actuel, admettre cette diagnose autrement qu'à titre de phrase servant à caractériser une section tout entière, comprenant plusieurs espèces appartenant à l'Europe, à l’Asie et à l'Afrique. La diagnose linnéenne n’a donc pu me paraître « sibylline »; encore moins me suis-je livré, en développant précédemment mes modestes con- clusions, à une « sorte d’exégèse par voie d'interprétation subjective »(!), ainsi que veut bien le supposer mon honorable confrère, Je n’insiste pas. Quant à me faire ranger au nombre des partisans de la multiplication indéfinie des espèces, je dois dire qu’on aura quelque peine à obtenir ce résultal, parce que tous les botanistes avec qui j'ai l'honneur d’être en relations savent que, loin de me rallier à l’école dialytique, j'ai tou- jours pour but principal de rattacher autant que possible à des types non controversés les formes élevées à tort au rang d’espèces; mais cela sans cependant tomber dans l’excès contraire, en acceptant, par exemple, le Melica ciliata tel que le comprend M. Malinvaud, ou en tenant comme fondées des déterminations erronées. Mes publications botaniques depuis huit ans suffisent à démontrer l'exactitude de ce qui précède. Dans sa note, notre confrère a été amené à reproduire comme conclu- sions presque exactement celles que j’avais émises plus d'un an aupara- vant sur nos plantes françaises, puisque j'avais formulé (voy. le Bulletin, t. XXIX, p. 89) que le M. Magnolii n’était qu’une variété (il dit forme ou sous-variété) du M. ciliata L.; que le M. ciliata Godr. était bien le M. transsilvanica Schur, mais non la forme genuina du M. ciliata L.; enfin que le M. nebrodensis Gren. et Godr. était, lui, cette forme genuina du M. ciliata, et non le vrai M. nebrodensis Parlat., que M. Malinvaud disait avoir vu dans le Lot. Malheureusement notre confrère termine ainsi sa communication : €... et nous devons ici prévenir M. Rouy qu’il est mal informé au sujet du M. nebrodensis Parlat., lorsqu'il suppose cette forme particulière à la Sicile ; Parlatore lui-même déclare qu'il l’a reçue provenant de localités françaises. » Je dois donc ajouter quelques mots. « Localités françaises » est très vague. . . . Le moindre renseignement sur une localité certaine, basée sur un échantillon authentique, ferait bien mieux l'affaire. Or je n’en connais pas encore, malgré la quantité très respectable d'exemplaires de M. ciliata provenant de nombreuses localités françaises que j'ai reçus ou vus, et il paraitrail que d’autres n’ont pas été plus heureux que moi, puisque M. Nyman, qui a consulté récem- ment les grands herbiers européens pour la publication de son Conspectus Flore europæw, ne le signale qu’en Sicile et en Istrie ; que MM. Cesati, Passerini et Gibelli (Compendio della Flora italiana) ne le mentionnent ROUY. — MELICA CILIATA, 37 qu’en Sicile, et M. Boissier (Flora orientalis), avec les synonymes de M. cretica et M. laxiflora, seulement en Crète et en Asie Mineure. I] semble dès lors que probablement Parlatore s’est aussi « laissé abuser par une observation hâtive et incomplète », pour reprendre les expres- sions de notre confrère parlant de Grenier et Godron, et qu’il convient d'attendre qu’on ait signalé une localité française récente et certaine pour le M. nebrodensis Parlat., plante méridionale orientale, jusqu'ici mentionnée en Sicile, en Algérie, et de l’Istrie à Ja Perse, mais qui n'a encore été rencontrée ni en Portugal, ni en Espagne, ni dans l'Italie occi- dentale, et que je n’ai, du reste, point dit être particulière à la Sicile, ainsi que Pa avancé M. Malinvaud. J’ajouterai que l'observation de Parlatore remonte à 1848, époque à laquelle les botanistes français prenaient le vrai M. ciliata L. pour le M. nebrodensis Parlat., ainsi que l'ont fait Grenier et Godron. En résumé, les deux points suivants que j'avais signalés à l'attention des botanistes français restent pleinement acquis : 1° Le M. nebrodensis G. et G. n’est point le M. nebrodensis Parlat., mais bien le vrai A. ciliata L., ce qu'a confirmé M. Hackel dans sa lettre à M. Malinvaud en mai 1883. 2° Le M. nebrodensis Parlat. n’est plus admis par les auteurs comme appartenant à la flore française, et ce n’est pas lui que M. Malinvaud à pu rencontrer dans le Lot, mais bien le M. nebrodensis G. et G. Nulle dissertation ou controverse ne pourra rien changer à ces asser- lions, qui sont du domaine des faits, etque j'ai énoncées dès janvier 1882. Je terminerai donc là, laissant M. Hackel établir dans le H. ciliata L. deux variétés principales (1): « Linnæi et 8 transsilvanica,et M. Malin- vaud vouloir créer encore une sous-espèce pour la première de ces variétés : Subspec. Linnœæi. Tout cela est affaire de pure appréciation personnelle, et ne peut servir qu’à embrouiller la syÿnonymie existante : reste à savoir si ces propositions nouvelles ont chance d’être agréées par les botanistes, qui peuvent, je crois, s’en tenir à la nomenclature très simple que j'ai adoptée dans ma première note pour nos espèces françaises, et que je reproduis ici : LM. ciziara L. +. genuina (M. nebrodensis Gren. et Godr., non Parlat.). Var. 8. intermedia (M. glauca F. Schultz) (2). Var. y. elata (M. Magnolii Gren.et Godr.). 2. M. rranssizvanica Schur (M. ciliata Godr. F1. de Fr. non L.). Soit, en tout, deux espèces et deux variétés ; rien de plus. (1) Pourquoi principales ?... (2) Je ne suis point d'accord avec M. Hackel sur l'identité des M. ciliala &. genuina et M. glauca. J'ai souvent trouvé en Espagne ce dernier croissant seul ou en compagnie 38 SÉANCE DU 23 JANVIER 1885. M. Malinvaud dit qu'il n’est pas disposé à revenir sur la question des Melica, qui lui semble épuisée ; il ne pourrait que reproduire à cet égard les conclusions qu'il croit avoir suffisamment déve- loppées et justifiées dans de précédentes communications (1). Se référant à celles-ci pour tout le reste, il se bornera à faire remar- quer que les renseignements fournis par Parlatore sur l'existence de son Melica nebrodensis dans les limites de la flore française ne sont pas aussi dépourvus de précision que parait le croire M. Rouv. L'auteur du Flora italiana déclare qu’il a reconnu sa plante sur des échantillons envoyés de France par M. de Franque- ville, et il ajoute la mention de la localité à celle du pays d’origine. M. Cosson dit qu’il a pu examiner le Melica nebrodensis Par. sur des échantillons venant de Parlatore lui-même, et par suite d’une authenticité certaine, et qu’il n’y voit qu’une simple forme du Melica ciliata L. M. Poisson fait à la Société la communication suivante : SUR LE GENRE NOUVEAU HENNECARTIA DE LA FAMILLE DES MONIMIACÉES, par M. J. POISSON. Peu de plantes présentent des caractères aussi variés dans leur androcée que celles de la famille des Monimiacées. Les étamines, en effet, ont les anthères les plus diverses, soit par la forme même de ces organes, soit par le mode de déhiscence de leurs loges. Indépendamment des appendices singuliers qui, le plus souvent, accom- pagnent chacune des étamines à forme normale, on voit dans d’autres genres des étamines qui prennent une configuration spéciale, et qui peut, dans la plupart des cas, servir à distinguer tel ou tel genre de cette famille, On sait qu’il n’en est pas de même pour la majorité des autres groupes de plantes, notamment ceux à sexes séparés, dont les représentants ne peuvent qu’exceptionnellement être caractérisés d’une facon suffisante avec le secours des fleurs mâles. du M. Magnolü; il est suffisamment reconnaissable par sa panicule allongée, inter- rompue comme dans le M. Magnolü, maïs bien plus grèle, et me paraît mériter d’être conservé comme variété du M. ciliata. (1) Voyez le Bulletin, t. XXVIIT (1881), pp. 241-243, et t. XXX (1883), session d’An- tibes, pp. XCVI et suiv. POISSON. — HENNECARTIA, GENRE NOUVEAU DE MONIMIACÉES. 39 Par la structure des étamines de certains genres, les Monimiacées accu- sent leur parenté avec les Laurinées, en ayant des anthères à loges s’ou- vrant par des panneaux, comme dans les Citrosma, Atherosperma et Doryphora. Si la déhiscence est longitudinale, comme on le constate dans les Ambora et Monimia, la forme même de l’anthère et celle de son connectif sort de l'ordinaire. Enfin les anthères peuvent, par une longue courbe passant d’une loge à l’autre et réunissant celles-ci par un sinus commun, prendre la forme d’une selle, par exemple, d’où Ephippiandra, ou d’un fer à cheval, ce qui se rencontre chez les Mollinedia, Mat- thœa, etc. Le genre Hennecartia est un nouvel exemple de la diversité des fleurs mâles dans cette famille, et c’est peut-être le trait le plus saillant de ce type intéressant. En effet, les étamines sont disposées sur un réceptacle discoïde, rappe- lant un peu le réceptacle d’inflorescence de quelques Dorstenia, ou plus exactement celui d’un Antiaris. Elles sont très nombreuses (60 à 80), dépourvues de tout appendice accessoire, et forment autant de petites demi-sphères rapprochées les unes des autres. Au moment de la déhiscence, chacune d’elles, en s’élevant par son point central ou connectif, déchire la loge circulairement, et les parois libres de l’anthère apparaissent comme un petit Champignon muni de son pédicule, tandis qu’à la base reste la portion qui n’a pas été soulevée, et qui forme une sorte de margelle adhérente au réceptacle. Chaque anthère semble avoir ainsi à sa base une petite cuvette réceptrice du pollen. La fleur femelle, quoique n'ayant pas une originalité égale à celle de la fleur mâle, n’est pas dépourvue d'intérêt. Dans un réceptacle en forme de bouteille, ce qui est le propre de beau- coup de Monimiacées, on remarque un ou, le plus souvent, deux ovaires ou carpelles. Ces ovaires sont fixés à la base du réceptacle, un peu à la manière de ceux des Rosiers, dont ce réceptacle rappelle assez la forme. La paroi interne est tapissée de poils simples et ascendants. Cependant il faut considérer comme étant spécial au genre Hennecartia la tuméfaction du bord du réceptacle femelle, qui produit un bourrelet saillant, épais, révoluté et légèrement festonné. Cet appareil simule un volumineux stigmate, crénelé à son pourtour et terminant un ovaire. Les carpelles sont accompagnés d’un style relativement court, attei- gnant à peine la gorge rétrécie du réceptacle, et surmontés d’un stigmate fort réduit. Chacun d’eux contient un ovule anatrope pendant du sommet de la loge, à micropyle supérieur et à raphé externe. Le fruit, unique dans le spécimen considéré, remplit complètement le réceptacle, lequel reste couronné des traces du bourrelet, si évident à l’époque de la floraison. Cependant cette enveloppe, sorte d’indusie du 40 SÉANCE DU 23 JANVIER 1885. réceptacle persistant, se rompt en quatre ou cinq lanières, et laisse échapper son contenu. L’achaine, qui est ainsi mis en liberté, est formé d’un péricarpe crus- tacé renfermant une graine à tégument mince et papilleux, puis est pourvu d’un raphé qui a la particularité de se séparer de la graine en un mince ruban, à reflet nacré sur l’échantillon sec. Ce caractère du raphé, au moins saillant, est figuré dans une des planches du beau mémoire de M. Tulasne sur les Monimiacées. Quelle place faut-il assigner à ce genre dans la famille qui@i donne asile ? Par le port, l’'Hennecartia rappelle, à s’y méprendre, une Artocarpée, et l’on serait tenté, de prime abord, de le placer dans le genre Sorocea, dont il a le feuillage. Cependant une grossière anatomie de la feuille l’en éloigne aussitôt. Dans ce dernier, la couche épidermique de la face supé- rieure des feuilles est composée d’un seul rang de cellules, tandis que les feuilles de l'Hennecartia ont un épiderme formé de deux rangs évidents de cellules superposées, incolores, de diamètre différent, il est vrai, mais qui n’en composent pas moins la couche épidermique de ces feuilles . | Sous le rapport de l’androcée, aucun genre de la famille ne peut lui être comparé. Cette forme particulière d’étamines ne se rencontre guère que dans le genre Brosimum, qui, par ce caractère d’avoir des étamines à anthères peltées, se distingue si facilement entre toutes les Artocarpées. Le gynécée est celui d’une Monimiacée à fleurs unisexuées, sauf le développement du bord du réceptacle et le nombre restreint des car- pelles. En résumé, on pourrait placer ce nouveau type près des genres Monimia et Mollinedia, mais l'Hennecartia serait la Monimiacée la plus pauci- ovulée qui soit connue. HENNECARTIA. Flores monœci (fortassis et diæci), in inflorescentias axillares ad apices ramorum juniorum congesti. Masculi pedicellati, perianthio destituti, e receptaculo discoideo sta- mina numerosa gerente constantes, antheris sessilibus peltiformibus rima circulari continua dehiscentibus. Fœminei pedicellati, perianthio nullo, aut e laciniis paucis minutis faucem receptaculi lageniformis cireumdentibus confecto; margine receptaculi incrassato aut tumefacto. Ovarium unicum aut binum, stylo gracili terminatum, stigmate acuto aut punctiformi; ovulo unico anatropo, ex apice loculi pendulo. POISSON. — HENNECARTIA, GENRE NOUVEAU DE MONIMIACÉES, Fructus siccus, involucro persistente involutus. Semen maturum albuminoso-carnosum, oleosum ; raphe a tegumento facile solubili. IT. OMPHALANDRA, Sp. nov. Arbuscula 3-4 metralis, ramis cylindricis striatis, ætate primaria pube- rulis, demum glabratis ; merithallis inæqualibus. Folia opposita suboppositave, nonnunquam in verticillum approximala aut in merithallis procerioribus alterna, lanceolata acuminata, 7-12 cent. longa, 2 1/2-3 lata, coriacea, lucida, e viridi glaucescentia, argute ser- rala, serraturis mucronulatis, 1-3 mill. longis, ab apice ad basim foli gradatim decrescentibus, in ipsa basi quasi nullis, pagina superiore cel- lularum tabula duplici instructa; nervis primariis in pagina inferiore prominentibus, secundariis pinnatim divisis, mox areuatis, extremis inter se anastomosantibus. Petioli breves, canaliculati, primo puberuli, demum glabrati, celloso-rimosi, 5-7 mill. longi. Flores masculi singulatim ex axilla bracteolæ brevis orti, oppositi aut suboppositi, raro verticillati, 4-6 in eodem ramulo congesti. Receptaculum dilatatum discoideum, margine nonnihil sinuatum, in tempore antheseos 1 cent. circiter latum, pedicello centrali puberulo 6-7 mill. longo, vix 4 mill. crasso suffultum, inferius leve, brunneum, superius stamina 60-80 gerente, antheris luteis peltiformibus puncto cen- trali brunneo notatis; connectivo depresso discoideo rima cireulari con- tinua apertis idcircoque formam agaricinam referentibus. Pollen subglo- bosum. Flores fœminei solitarii, ex axilla bracteæ caducæ in ramis junioribus singulatim nascentes, oppositi aut subverticillati vel etiam in eodem ramulo alterni ; pedicello viflosulo gracili,5-7 mill. longo. Receptaculum lageniforme villosum brunneum, 2-4 mill. crassum, exostomate quodam sligmatiformi carnoso fimbriato faucemque claudente superiusterminatum, cavitate interiore pilis simplicibus erectis instructa, fauce ipsa angusta, ligulis tenuibus vix perspicuis occupata. Ovaria bina (rarius unum) ad basim receptaculi inserta, stylo brevi gradatim attenuato et in stigma Minutum desinente superata. _ Ovulum unicum pendulum, anatropum, raphe exteriore prominula Signatum. Receptaculum fructiferum globosum 7-10 mill. diametro transversali meliens, ante maturitatem clausum, extus rugosum, in sicco flavescens, apice reliquis exostomatis coronatum; maturum in 4-5 lacinias intus brunneas, demum revolutas, irregulariter lacerum. _Fructus (achænium) e receptaculo sponte delabens, epicarpio tenui nigro lucido endocarpioque crustaceo lutescente involutus. 42 SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1885. Semen hilo superius notatum raphemque gerens prominulam facile a tegumento secedentem et chalazæ lata insertione applicitam ; tegumento papilloso, cinereo ; albumine copioso carnoso oleoso; embryone minuto prope hilum sito. America meridionali : « Paraguay. — Forêts situées à l’est de la Cor- dillière de Villa-Rica. » Legit Balansa, n° 2342. Genus D. Hennecart botanices fautori egregio dicatum. SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1885. PRÉSIDENCE DE M. CHATIN, 1° VICE-PRÉSIDENT. M. Costantin, vice-secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 23 janvier, dont la rédaction est adoptée. M. Malinvaud demande la parole à propos du procès-verbal et s'exprime en ces termes : Notre honorable collègue M. Rouy, dans la note, ou plutôt la mercu- riale qu’il m’a fait l’honneur de m'adresser à la fin de la dernière séance sur la question des Melica, a fait valoir divers griefs sans aucun rapport avec l’objet du débat, et auxquels je suis certain qu’on m’excusera de ne pas répondre. Un reproche plus sérieux, si j’en ai bien compris la portée au cours de la lecture un peu rapide de notre collègue, serait de n’avoir pas traduit avec une précision ou une clarté suffisante le passage du Flora italiana de Parlatore sur lequel je m'étais appuyé pour mettre hors de doute, me semblait-il, l'existence du Melica nebrodensis (étroi- tement ou largement compris, peu importe) dans les limites de la flore française. Désireux de faire droit à cette réclamation, je demande à lire ici le texte original que je m'étais borné à résumer. Parlatore (oc. cit. tome [, page 300) indique dans les termes suivants la distribution géo- graphique de son Melica nebrodensis : « Specie propria delle montagne delle Madonie in Sicilia, et dei Pirenei, donde l’ho » avuta comunicata dal sig. Franqueville, che l’ha raccolta a Saint-Sauveur in luoghi » sassosi aprici, à 983 metri di altezza. » SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1885. 43 Si notre confrère avait pris la peine de consulter lui-même l'ouvrage de Parlatore, il aurait sans doute renoncé à l’une de ses deux conclusions, à savoir, que le Melica nebrodensis (qualifié par lui de plante orientale) ne saurait plus être admis « comme appartenant à la flore française ». Quant à la seconde conclusion, relative à la disjonction spécifique des Melica nebrodensis et ciliata, je ferai simplement remarquer que je ne suis pas seul de l'avis contraire, qui est celui de spécialistes tels que M. Hackel et d'auteurs classiques, par exemple MM. Cosson, Boissier, ete. Notre honorable collègue me semble donc avoir affirmé un peu témé- rairement que ses deux assertions « sont du domaine des faits ». M. Rouy répond de la manière suivante : Puisque M. Malinvaud revient encore sur ce sujet, je suis aise que mon honorable collègue cite enfin, non point des localités françaises, comme ilest dit dans sa note lue à Antibes, mais la localité des Pyrénées centrales, seule mentionnée par Parlatore. Par une heureuse fortune, je me trouve avoir, entre plus de cinquante parts d’espèces ou formes de la section du Melica ciliata L., justement la plante de Saint-Sauveur, Gèdre, Luz, qui.a été distribuée par M. Bordère, le collecteur bien connu, et publiée par lui dans l’Herbarium europœum de M. Bæœnitz, en 1876 et 1882 ; je puis dès lors garantir à M. Malinvaud que l’assimilation entre la plante des Pyrénées centrales et celle de Sicile ne saurait être faite à bon droit, et que le Melica de Saint-Sauveur, par ses feuilles longues, enrou- lées, subulées au sommet, sa grappe du double plus allongée, sa taille relativement élancée, ses glumes plus courtes, presque égales, ne peut être séparé de la forme ordinaire (genuina) du M. ciliata L., notamment de mes exemplaires provenant de l'ile d’Œland, localité princeps de l'espèce linnéenne. — Pour le surplus, je m’en réfère simplement à ma note lue à la dernière séance. Donc, que l’on considère le M. nebrodensis Parlat. comme espèce, sous-espèce ou même variété, selor. l'appréciation que le botaniste se ‘forme du type spécifique, on ne saurait en aucune façon identifier la plante des Pyrénées à celle des monts Nébrodes, et le M. nebrodensis Parlat., bien reconnaissable, je le répète, à sa taille peu élevée, ses feuilles courtes, sa grappe spiciforme de moitié plus courte, peu fournie, lâche, ses fleurs allongées presque de moitié plus grandes, à glumes net- tement inégales, n’appartient pas jusqu'ici à la flore française. — Parla- tore, en rattachant en 1848 la plante des Pyrénées à son M. nebrodensis, a fait une assimilation trop hâtive, ce dont les meilleurs botanistes ne Sont pas exempts, sur laquelle il convient peu d’insister, alors qu’à juste litre les auteurs contemporains n’en tiennent plus compte. 44 SÉANCE DU A3 FÉVRIER 1885. M. Rouy ajoute qu’il présentera à la Société, dans une prochaine séance, les échantillons du Melica des Pyrénées qu'il a reçus de M. Bordère. M. Malinvaud dit qu’il lui semble difficile d'admettre à priori, et sans preuve matériellé à l'appui, un fait aussi invraisemblable que l'erreur de détermination attribuée à Parlatore au sujet d’une de ses espèces. M. Rouy répond que la preuve matérielle est la plante des Pyré- nées elle-même, que M. Malinvaud aurait pu étudier (puisqu'elle aété publiée dans des ewsiccala connus) avant d’en parler par oui-dire et d’après une assertion déjà ancienne. M. le Président proclame membres de la Société, par suite de présentations faites dans la dernière séance : MM. Giorpano (D' Joseph-Camille), professeur de sciences natu- relles à linstitut technique de Naples, présenté par MM. Jatta et Cornu. LEMoINE (Émile), licencié ès sciences naturelles, rue de l'Étang, à Nancy, présenté par MM. Lemonnier et Mangin. PÉNICAUD (Georges), rue Taitbout, 27, Paris, présenté par MM. Duchartre et Malinvaud. TASSEL (Raoul), rue de la Barrière, 58, à Elbeuf (Seine-In- férieure), présenté par MM. Legrelle et Larcher. M. le Président fait ensuite connaître une nouvelle présentation. M. le Secrétaire général donne lecture de lettres de MM. Piquot et Fliche, qui remercient la Société de les avoir admis au nombre de ses membres. Dons faits à la Société : Ch. Flahault, Récolte et préparation des Alques en | voyage. Gandoger, Flora Europe, t. UT et IV. Lebreton et Malbranche, Excursions cryptogamiques (Champignons). J, Em. Planchon, Catalogue des graines récoltées en 1884 au Jardin des plantes de Montpellier. B. Renault et R. Zeiller, Sur un Equisetum du terrain houiller supé- rieur de Commentry. — Sur l'existence d’Astérophyllites phanérogames. R. Zeiller, Cônes de fructification de Sigillaires. C. Roumeguère, Revue mycologique, n°° 21 à 95. PATOQUILLARD. — PISTILLARIA BULBOSA, SP. NOV. 45 Marie-Joseph Saint-Gal, Supplément à la Flore des environs de Grand- Jouan. Ed. Timbal-Lagrave, Note sur l’Alyssum montanum L. des Pyrénées. — Essai monographique sur les Bupleurunm (fin). C.-H. Delogne, Flore cryptogamique de la Belgique. Muscinées. Morren, Choix de graines rec. au Jardin botanique de l’université de Liége en 1884. Nylander, Addenda nova ad Lichenographiam europæam, n° 43. James M. Crombie, On the Algo-Lichen Hypothesis. Selwyn and Dawson, Descriptive Sketch of the physical Geography and Geology of the Dominion of Canada. F. Cohn, Beiträge zur Biologie der Pflanzen, t. IV, fase. 1. De la part de M. le Ministre de l’Instruction publique : Société des sciences naturelles de la Charente-Inférieure. — Annales de 1883. M. Bureau offre à la Société, de la part de l’auteur, un ouvrage intitulé : Organismes problématiques des anciennes mers, par M. le marquis de Saporta, et donne un aperçu des matières qu’il renferme. M. Patouillard fait à la Société la communication suivante : NOTE SUR LE PISTILLARIA BULBOSA, sp. nov., par M. N. PATOUILLARD. Au mois de septembre dernier, nous avons récolté dans le Jura, sur des tiges mortes d'Eupatorium cannabinum, un certain nombre de sclé- rotes bruns, de la grosseur d’une graine de Colza; ces sclérotes portaient pour la plupart des clavules d’un Pistillaria que nous n'avons pu examiner sur-le-champ au microscope, mais dont nous avons fait une ample provision. Au bout d’une quinzaine de jours, ces sclérotes à demi desséchés ont été placés avec leur support sur du sable humide, et bientôt ils ont donné de nouvelles clavules fructifères, dont voici les caractères : Plante entièrement blanche, de 4-5 millimètres de haut. Stipe pellu- cide, portant quelques poils unicellulaires, courts; base du stipe glabre, renflée en un bulbe hyalin. Clavule cylindrique, insensiblement atténuée au sommet en une pointe stérile; basides à 2, rarement à 4 stérigmates. 46 SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1885. ‘ Spores incolores, ovoïdes, un peu courbées et atténuées en pointe à une extrémité (6-7 X 2 p). En même temps que cette forme basidiosporée, les sclérotes ont donné naissance à de petites cupules blanches, sessiles, de 1-2 millimètres de diamètre, à surface d’abord concave, puis bientôt devenant convexe. L’exa- men microscopique de ces cupules montre qu’elles sont formées d’un tissu émanant du sclérote, et portant à sa partie supérieure une couche de bâtonnets qui se désarticulent en 3-4 articles cylindriques (8-10 X2p), incolores, qui sont des conidies. Ces conidies, placées dans un liquide nutritif, entrent immédiatement en germination, et montrent les phénomènes suivants. Il se produit d’abord trois ou quatre vacuoles dans le protoplasma, puis chaque extrémité de la conidie se dilate pour former une petite am- poule dans laquelle se condense une masse plasmique très réfringente ; bientôt un filament naît de chaque ampoule. Ce filament s’allonge beau- coup, se cloisonne, devient rameux, et ne tarde pas à s’anastomoser avec ceux qui proviennent des conidies voisines, de manière à former un réseau mycélien. Pendant ce temps, la cavité de la conidie se vide de son protoplasma, à l'exception des deux globules réfringents qui persistent dans les ampoules, et cette cavité se coupe en trois cellules, par la produc- tion de deux cloisons. Il arrive quelquefois que le filament naît sur le milieu de la longueur de la conidie: dans ce cas, la paroï commence par former une boursou- flure, dans laquelle se produit un noyau réfringent; puis un filament part de cette boursouflure, et les choses se passent comme dans le pre- mier cas. Nous avons ensemencé des feuilles d’Uva-ursi el de Graminées, avec ces conidies, et, au bout de peu de jours, nous avons obtenu des clavules basi- difères et des cupules à conidies, sans qu’il v ait eu formation préalable de sclérote. Parfois l’état basidié s’élève du centre de la masse conidifère. Enfin, nous avons observé également la production du selérote. Lors- que les cupules conidifères sont dépouillées de leurs spores, et que le substratum tend à se dessécher, le stroma s’accroit et cuticularise sa surface qui se colore en brun. La grande facilité avec laquelle se reproduit ce Champignon nous a permis de le cultiver pendant environ quatre mois. Le Pistillaria bulbosa est affine au P.diaphana et au P. sclerotioides, mais en diffère par sa pointe stérile et son stipe pubérulent,. M. J. Vallot fait à la Société la communication suivante : VALLOT. — PLANTES RARES OU CRITIQUES DE CAUTERETS. 47 PLANTES RARES OU CRITIQUES DE CAUTERETS (HAUTES-PYRÉNÉES), par M. J. VALLOT. Depuis quatre ans je passe, chaque été, cinq ou six semaines à Caute- rets, consacrant tout mon temps aux recherches botaniques. J'ai ren- contré dans mes herborisations un certain nombre d'espèces nouvelles pour le département, d’autres très rares dans les Pyrénées, et dont, par conséquent, il est intéressant d'indiquer des stations nouvelles. C’est l’énumération de ces plantes que je vais donner ici, en y joignant les observations que j’ai été amené à faire sur quelques espèces critiques. Thalictrum alpinum L.— Cette petite espèce n’est pas rare dans la ré- gion alpine, où on l’observe souvent avec une abondance extraordinaire ; ainsi, sur les pelouses des oulettes de Vignemale, elle croît par millions de pieds, et elle forme presque le quart de la végétation. Anemone narcissiflora L.— Il est rare qu’on en rencontre des indi- vidus de grande taille et à fleurs nombreuses, comme dans les Alpes; celte espèee est presque toujours petite et uniflore dans la région. Ranunculus platanifolius L. — Escale de la Pourtère, dans la vallée de Marcadau. — Cette espèce n’est pas indiquée dans la Flore du départe- ment des Hautes-Pyrénées de M. l’abbé Dulac, mais cependant je ne la crois pas nouvelle pour le département. L'auteur de cette Flore indi- quant à Cauterets Le R. aconitifolius L., que je n’y ai jamais rencontré, il est à supposer que, suivant l'opinion de Zetterstedt, il a réuni les deux espèces sous le nom de R. aconitifolius L. Ranunculus pyrenæus L. (R.pyrenœusL.et R.angustifolius L.).— Je n’ai rencontré dans la région que la variété petite et uniflore de ces deux formes. Le R. angustifolius L. serait nouveau pour le département, si c’était une bonne espèce; mais je suis persuadé que ce n’est qu’une forme pure- ment accidentelle du R. pyrenœus, qui ne mérite pas même le nom de variété. Le R. pyrenœus ayant souvent les feuilles tout à fait linéaires, le R. angustifolius n’en diffère que par son pédoncule glabre. Sur plu- sieurs séries d'échantillons recueillis dans la même localité, j'ai pu con- Slaler les variations suivantes : Pédoncule très laineux — hérissé — pubescent — pubescent en haut et glabre en bas — glabre ; le reste de la plante étant semblable dans les deux formes. Il est donc impossible d'admettre que le R. angustifolius soit autre chose qu’une forme glabre du R. pyrenœus. Ranunculus montanus Willd. (R. montanus Willd. et R. Gouani 18 SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1885. Willd.). — J'ai rencontré dans l'étude de ces formes les mêmes difficultés que Soyer-Willemet et Zetterstedt. Dans la région basse, le R. Gouani est très caractérisé ; il en est de même du R. montanus, dans les hautes régions : mais les échantillons recueillis dans la région moyenne sont toujours difficiles à rapporter à l’une ou à l’autre de ces espèces, et la confusion augmente avec le nombre d'échantillons recueillis, car on trouve des passages insensibles d’une forme à l’autre. Soyer- Willemet (Observations sur quelques plantes de France) divise le R. montanus en deux variétés, l’une renfermant le R. montanus et le R. Villarsii, autitre de variations, et l’autre constituée par le R. Gouani. C’est à peu près ainsi que je grouperai ces diverses formes, tout en fai- sant remarquer que, si je ne comprends pas le À. Villarsii dans ce grou- pement, c’est uniquement parce que je ne l'ai pas rencontré aux environs de Cauterets, sans nier sa présence dans d’autres localités des Pyrénées. Voici la nomenclature que j'adopterai pour les formes les plus saillantes que l’on rencontre à Cauterets, et qui sont réunies, ainsi que je l'ai dit, par de nombreux intermédiaires. R. monranus Willd. var. «. Lapeyrousii Soy.-Will. (R. montanus Lapeyr.). — Feuilles caulinaires digitées, à lobes linéaires entiers. Var. 5. Gouani Soy.-Will, (R. Gouani Willd.).— Feuilles caulinaires palmées, à lobes lancéolés dentés. f. hirsuta. — Plante grande, hérissée. f. subglabra. — Plante petite, presque glabre. Var. y. gracilis (R. gracilis Schleich.). — Plantes grêle; carpelles à bec court. Arabis ciliata Koch. — Route de la Raiïllère ; Péguère ; Castelabarque. — Cette espèce, très rare dans le département, où elle est indiquée seulement à Midau, à donné lieu à quelques confusions. Philippe ne l’in- dique qu'à Esquierry, sur la foi de Bentham, en déclarant qu’il n’a jamais pu l’ÿ découvrir, tandis que Zetterstedt assure l'y avoir rencontrée; ce dernier l'a aussi recueillie au pied du port de Venasque et à Super- bagnères. Draba pyrenaica L. (Petrocullis pyrenaica R. Br.). — Cette espèce n'est pas commune dans les Pyrénées, où elle paraît exiger des conditions de terrain toutes spéciales. Aux environs de Cauterets, je ne l'ai rencontrée qu'au sommet du Monné. Elle demande une grande altitude et-un ter- rain calcaire, conditions peu communes qui expliquent sa rareté. Elle a été signalée au pic du Midi de Bigorre, au Marboré et sur plusieurs sommets des environs de Pau, tous calcaires, tandis qu’on ne la trouve pas au J. VALLOT. — PLANTES RARES OU CRITIQUES DE CAUTERETS. 49 Néthou, au pic de Sauvegarde, au pic d’Ardiden, à la grande Fache, au pic du Midi d’Ossau, etc., sommets granitiques ou schisteux. Au Ba- laïtous, d’après M. le comtede Bouillé, elle est cantonnée sur les parties calcaires ; ayant fait l'ascension de ce pic par l’arête de l’est, qui est gra- nitique, je ne l’y ai pas rencontrée, pas plus qu’au pie voisin, la Fron- dellia. Cependant elle est indiquée au Néouvielle, dont la masse est gra- nitique; mais cette indication est bien vague, et aurait besoin d’être vérifiée au point de vue de la nature du sol. Je ne saurais dire si le Draba pyrenaica se trouve partout sur le cal- caire. MM. Unger et Stendner le signalent en Allemagne toujours sur le calcaire, mais M. Verlot l'indique dans les parties calcaires et granitiques du Dauphiné. Il ne se trouve pas dans le massif granitique du Mont-Blanc. Draba incana L. — Pic de Viscos. -— C’est une des espèces les plus rares des Pyrénées; elle croît en abondance au sommet même du Viscos. Grenier et Godron, dans la Flore de France, ne l’indiquent dans les Pyrénées que d’après de Candolle, Loiseleur et Bentham, qui ne la citaient eux-mêmes que sur la foi de Lapeyrouse. Ce dernier ne l'avait rencontrée que dans le département des Pyrénées-Orientales. La Flore des Pyrénées de Philippe en cite seulement trois localités, aux environs de Bagnères de Bigorre. Les nombreux échantillons du pic de Viscos sont très touffus et de haute taille (plus de 20 cent.). Helianthemum jitalicum Pers. var. glabratum (H. œlandicum DC.). — Péguère, rochers calcaires. — Espèce nouvelle pour le département, et qui n’est indiquée dans les Pyrénées centrales qu’à la peña Blanca. Polygala depressa Wend. — Péguère ; Peyraoute. — Espèce très rare dans les Pyrénées, qui n’est indiquée qu’à Pau et à Bagnères de Bigorre. Lychnis coronaria Lank. — Cette belle espèce, une des plus rares de la flore de France, n’est indiquée dans les Pyrénées qu'à Cazaril, près de Luchon. Je l'ai trouvée en abondance dans les bois, autour du hameau de Séquès, près de Cauterets, sur le versant occidental de la montagne de Peygrenègre. La plante y est cerlainement indigène, car elle croit par mil- liers de pieds, et a envahi des clairières entières. Les habitants de Cau- terets vont quelquefois en chercher pour en planter dans leurs jardins. Alsine cerastiifolia Fenzl. — Col de la Fache ; Mont-Perdu. — Cette rare espèce n’est signalée dans les Pyrénées centrales qu’au cirque de Troumouse et à la Maladetta. On la trouve aussi sur quelques lieux élevés des environs de Pau. Geranium nodosum L. — Promenade des Lacets. — Nouveau pour le département. On le trouve aussi à Luchon et dans les Pyrénées- Orientales. Te XXXIL. (SÉANCES) ! 50 SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1885. Hyperieum tetrapterum Fr. — Cette espèce, qui n’est indiquée dans le département qu’à la vallée d’Aure, est commune autour de Cauterets. On la distingue aisément, par ses sépales acuminés, de la suivante, qui a les sépales ohtus. Hypericum quadrangulum L. — Je n’ai pas rencontré dans ma région cette espèce, qui y est indiquée par M. l'abbé Dulac. N'y a-t-il pas eu confusion avec l'espèce précédente qui est commune à Cauterets, et n’y est pas signalée dansla Flore des Hautes-Pyrénées ? Cytisus decumbens Walp.— Pentes du Cabaliros. — Plante très rare dans les Pyrénées, où elle est indiquée seulement aux environs de Bai- gorry, au pic d'Anie et au Monné. Medicago minima Lamk.— Base de Peyrenègre. — Nouveau pour le département. Oxytropis montana DC. — Je possède en herbier un échantillon de cette plante, récolté au Monné par M. Lebel, mais je ne l’ai jamais ren- contrée dans les Pyrénées, où elle n’est pas indiquée par les auteurs. Potentilla minima Hall. — Oulettes de Vignemale ; Chabarrou; entre les deux premiers lacs d’Estom-Soubiran, où elle est abondante au com- mencement de la saison. — Cette espèce n’est indiquée dans les Pyrénées qu’à Troumouse, où elle a été récoltée par M. Bordère, au soum d’Aucupat etau Vignemale, où elle est indiquée par Philippe. Rosa pomifera Herm. — Promenades du Parc et des Lacets. — Cette ‘espèce est assez rare dans les Pyrénées. Poterium murieatum Spach. — Cette espèce, qui n’a pas encore été signalée dans les Pyrénées, est-elle réellement différente du P. dictyo- carpum Spach? Callitriche hamulata Kütz. — Je l’ai trouvé, en quantité et parfaite- ment fructifié, dans un ruisseau, près de la petite mare qu’on rencontre au-dessus de l’escarpement d’Estom, un peu avant d’arriver au premier lac d’Estom-Soubiran, à une altitude de 2200 mètres environ; ce qui pa- raît curieux lorsqu'on voit qu'il se trouve au bord de la mer, aux mares de Roquehaute, dans l'Hérault. La plante est naine, mais facilement reconnaissable à ses fruits sessiles et à ses feuilles linéaires. Cette espèce, nouvelle pour le département, n’a pas été indiquée dans la Flore des Pyrénées de Philippe. Zetterstedt l'indique entre Salles et Juset, en émettant un doute sur sa bonne détermination, et MM. Timbal- Lagrave et Jeanbernat la signalent au Laurenti. Saxifraga mixta Lap. (S. pubescens DC; S. Zratiana Schultz; S. groenlandica Lap.). — A l'exemple de M. Engler, je réunis le S. mixta Lap. au S. Zratiana Schultz. Je considère même le S. Jratiana comme J. VALLOT. — PLANTES RARES OU CRITIQUES DE CAUTERETS. D une simple forme du S. mixta, qui ne mérite peut-être pas le nom de variété. J’ai donné une attention toute particulière à l’observation de cette espèce sur le vivant; j'en ai étudié des centaines d'échantillons à l’état sec, et j'ai pu constater que peu de plantes de la région glaciale sont aussi polymorphes que celle dont je parle. Les pétales varient insensi- blement du simple au double; ils sont blancs ou pourvus de trois nervures purpurines. Les feuilles sont tantôt réunies en petites colonnes très ser- rées (S. [ratiana), tantôt en colonnes très làches (S. mixta), tantôt d’un vert noirâtre, tantôt d’un vert clair. On rencontre souvent toutes ces formes et leurs intermédiaires dans une même localité. Les diffé- rences sont causées par la nature du sol. La forme lâche se produit dans les éboulis, où la plante est obligée de s’allonger entre les pierres pour aller chercher la terre végétale, ou lorsqu'elle est protégée par les fissures des rochers, et croît à l'ombre. La forme serrée se trouve dans les terrains découverts, balayés par le vent et la neige, dans les creux de rochers peu profonds, où la plante ne trouve qu’une nourriture rare, qui ne peut suffire à un grand développement. J'ai souvent ren- contré les formes extrêmes à quelques pas l’une de l’autre, et je les ai même trouvées réunies sur un même pied. Torilis helvetica Gmel. — Mamelon vert; route de Pierrefitte. — Nouveau pour le département, assez rare dans les Pyrénées. Fœniculum officinale All. — Route de Pierrefitte. — Nouveau pour le département. Sambucus racemosa L.— Chaque fois qu'on exploite par une coupe à blanc un bois de Sapins, dans la région subalpine de Cauterets, on voit apparaître spontanément une grande quantité de Sureaux, qui forment bientôt une sorte de taillis, remplaçant la sapinière. Galium cometerrhizon Lap.—Picd’'Estom-Soubiran, vers 2700 mètres. — Cette rare espèce n’est indiquée, dans les Pyrénées françaises, qu'à la vallée d’Eynes, à Riou-Mayou, au port du Plan, au col de Nourry et au port de la Canau. Galium decolorans G. G. — Base de Peyrenègre, au bord du chemin du Cabaliros. — Cette plante, hybride des G. verum et Mollugo, est nou- velle pour la flore des Pyrénées. M. Timbal-Lagrave l’a trouvée aux envi- rons de Toulouse. Senecio pyrenaicus G. G. — Sommet du pic de Viscos. — On n’en Connaît que quelques localités, dispersées dans toute la chaîne des Pyré- nées. Il est indiqué dans le département à Lhéris. Artemisia Mutellina Vill. (A. Mutellina Vill. et À. Villarsii G. G.). — Cette spèce est commune dans les Pyrénées élevées, au-dessus de 52 . SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1885. 2500 mètres. L'examen d’un grand nombre de pieds m’a montré qu’elle a le réceptacle tantôt glabre, tantôt muni de quelques poils, tantôt couvert de poils nombreux. Dans le premier cas elle constitue A. Villarsüi, et dans le troisième l’A. Mutellina, la deuxième forme étant intermé- diaire. Comme on trouve dans une même localité, et souvent sur la même touffe, des fleurs présentant ces diverses variations, tous les autres caractères restant les mêmes, je ne puis croire que ces formes constituent des espèces distinctes, ni même des variétés. M. l’abbé Miégeville (1) est d'avis que, non seulement les formes des Pyrénées constituent deux espèces distinctes, mais aussi que ces espèces sont différentes des A. Mu- tellina et Villarsii des Alpes, et 1l donne des noms nouveaux aux formes pyrénéennes, À. racemosa correspondant à l’A. Villarsii, et A. oligan- tha correspondant à l'A. Mutellina; mais il avoue lui-même que PA. racemosa offre souvent des poils caducs sur le réceptacle. Je ne saurais être de son avis au point de vue spécifique, et je suis persuadé qu’il n’y a qu’une seule espèce dans les quatre formes considérées. Gnaphalium norvegieum Gunn. — Péguère. — Cette plante est assurément rare dans les Pyrénées, où Philippe ne l'indique qu’au pie du Midi et au port de Venasque. Toutefois je ne m'explique pas pourquoi cet auteur n’a pas mentionné les localités indiquées par Zetterstedt aux environs de Luchon. Cirsium rivulare Link. — Route de Pierrefitte ; Castelabarque. — Cette belle espèce atteint une hauteur de 2 mètres dans un pré des envi- rons de Cauterets. Cirsium glabrum DC. — Assezrare dans les Pyrénées. Je n’en connais qu’une localité aux environs de Cauterets: c’est dans la vallée des oulettes de Vignemale, au bord du chemin, un peu après la cascade de Splumous. Tolpis barbata Willd. — Route de Pierrefitte. — Nouveau pour le département, et rare dans les Pyrénées, où il n’est indiqué qu’à Perpignan et à Saint-Béat. Picris pyrenaica L. — Indique par Philippe comme très rare dans les Pyrénées, et seulement au Laurenti (d’après Gouan) et à la vallée de Lutour. Il est commun autour de Cauterets. Rumex Friesii G. G. (R. oblusifolius DC). — Espèce nouvelle pour le département, quoique commune autour de Cauterets. Rumex amplexicaulis Lap. — Péguère ; couloir de Bat-Houradade, dans le massif d’Ardiden. — Espèce nouvelle pour le département, une (1) Miégeville, Essai de revision des Armoises des Pyrénées françaises (voy. le Bul- letin, t. XVILL, p. 367). J. VALLOT. — PLANTES RARES OU CRITIQUES DE CAUTERETS. 99 des plus rares des Pyrénées. Elle est indiquée seulement au Laurenti, à Salvanaire (Lap.), à Luchon et au port de Bénasque (de Jouffroy). Je ne puis me prononcer sur la valeur de cette espèce, que je n'ai étudiée que sur le sec. Betula pubescens Ehrh.— Pic de Viscos; couloir de Bat-Houradade : Castelabarque. — Nouveau pour le département. Iln’est indiqué que dans les Pyrénées-Orientales. Allium fallax Don. — Promenade du Parc: route de Pierrefitte ; Péguère ; Castelabarque. — Cette espèce est indiquée comme très rare dans les Pyrénées. Luzula spadieea DC. — Assez commun dans la région alpine, comme l'indique Zetterstedt. Philippe et M. l'abbé Dulac l’indiquent comme très rare. Euzula pediformis DC. — Commun dans la région alpine, comme l'indique Zetterstedt, et contrairement à l'opinion de Philippe. Scirpus compressus Pers. — Eboulis morainiques dans la promenade des Lacets. — Espèce nouvelle pour la flore des Pyrénées. Carex Davalliana Sm. — Vallée des oulettes de Vignemale. — Très rare dans les Pyrénées. Carex rupestris All, — Très commun dans la région glaciale. Cette espèce n’est indiquée dans le département qu’à Héas. Zetterstedt la men- tionne dans plusieurs localités; je ne puis comprendre pourquoi Philippe l’a omise dans sa Flore des Pyrénées. Carex capillaris L.— Vallée des oulettes de Vignemale: lacs d’'Estom- Soubiran ; pic d’Ardiden. — Espèce très rare dans les Pyrénées. Trisetum agrostideum Fr. — Vallée des oulettes de Vignemale. — Plante de Laponie, découverte aux environs de Héas par M. l'abbé Mié- geville, qui l'avait fait déterminer par Gay. Plus tard M. l'abbé Miége- ville à cru pouvoir en faire une espèce nouvelle, sous le nom de T. bare- gense. C'est une des plantes les plus rares des Pyrénées. Poa eæsia Sm. — Col de la Haourade. — Très rare dans les Pyré- nées, où il n’est indiqué qu’au port de la Glère. Poa laxa Hænke. — Cette espèce, considérée comme rare, se trouve partout dans la région glaciale. Festuca pilosa Hall. — Castelabarque ; pic d’Ardiden. — Cette espèce, une des plus rares des Pyrénées, est indiquée au Canigou et à Cambredase par Grenier et Godron. Philippe et Zetterstedt ne la mentionnent pas dans leurs Flores, mais M. l’abbé Miégeville l’a rencontrée à Héas. Polypodium rhætieum L.— Escarpement d'Estom; Péguère.— Nou- 54 SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1885. veau pour le département. Il à peut être été confondu avec l’Asplenium Filix-fœmina. Equisetum variegatum Schleich. — Lac de Gaube et vallée des oulettes de Vignemale, où il est très abondant. — Nouveau pour le dépar- tement. Philippe indique l'E. hyemale comme très commun autour du lac de Gaube; il faut supprimer cette dernière espèce, qu'il a certainement confondue avec l’E. variegatum. M. Rouy dit qu’il partage l’opinion de M. J. Vallot, au sujet de la réunion en un même type spécifique des Ranunculus angustifo- lius DC., qui se présente cependant le plus souvent avec des feuilles caulinaires un peu amplexicaules, et R. pyrenœus L. Il ajoute que trois autres plantes viennent augmenter l'aire de variation du R. pyrenœus : les R. plantagineus AÏl., bupleurifolius Lapevyr. et alismoides Bory, ce dernier de la sierra Nevada. Ainsi compris (sensu latissimo), le R. pyrenœus comporte donc cinq variétés : . plantagineus DC. (R. plantagineus AI.), . bupleurifolius DC. (R. bupleurifolius Lap.), vulgaris, . angustifolius (R. angustifolius DC.), «. uniflorus Boiss. (R. alismoides Bory). dd À © & M. Rouy fait remarquer que l’Arabis ciliata R. Br. est une espèce particulière aux îles Britanniques, et que la plante appelée ainsi par Grenier et Godron est l'A. alpestris Schleich., qui existe, en France, dans les Pyrénées, le Jura, le Dauphiné, et s’étend de là jusqu’en Serbie. Au sujet de l'habitat élevé où croît dans les Hautes-Pyrénées le Callitriche hamulata Kütz., M. Rouy dit que cette plante ne craint nullement les localités froides : on l’a signalée dans les hautes montagnes, et elle existe aussi dans les régions septen- trionales de l’Europe (Suède centrale, etc.); il la même reçue récemment venant du Groenland. M. Bonnier a observé aux Grandes-Rousses, dans les Alpes, le Petrocallis pyrenaica dans un terrain qu’il a analysé et qui n’était certainement pas calcaire. [1 a également observé le Callitriche hamulata dans les lieux élevés. Il a aussi remarqué aux environs de Luz et de Gavarnie, et dans la vallée d’Aure, une série de passages entre le Ranunculus Gouani et le R. montanus. LECLERC DU SABLON. — CHUTE DES FEUILLES. 09 M. G. Bonnier demande à M. J. Vallot comment il distingue le Festuca pilosa du F. Eskia. M. J. Vallot répond que ces deux espèces ont le même port, et peu- vent être facilement confondues à première vue. Le Festuca pilosa a les glumelles mutiques, et l'ovaire glabre, tandis que le F. Eskia a les glumelles ordinairement aristées, et l'ovaire velu au sommet. Mais la meilleure manière de les distinguer réside dans l'examen d’une coupe transversale de la feuille. Les feuilles radicales des deux espèces sont pliées et pourvues sur la face intérieure d'un certain nombre de lobes semblables ; mais l'hypoderme est formé de petits groupes distincts à la face extérieure des feuilles du F. pilosa, tandis qu’il forme un revêtement épais et continu dans le F. Eskia, au-dessous de l’épiderme. L’inverse a lieu pour la face intérieure des feuilles, où les fibres hypodermiques ne forment que de petites masses au sommet des lobes du F, Eskia, tandis qu'elles bordent tout le contour des lobes chez le F. pilosa. De plus, le F. pilosa est pourvu de cellules bulliformes entre les lobes, tandis que le F. Eskia en est toujours dépourvu. Ces caractères anatomiques paraissent rapprocher le F. pilosa de la structure des Poa, ce qui ne surprendra pas, lorsqu’on saura que M. Hackel (Monogr. Festuc. europæar.), se fondant sur les caractères du fruit, a exclu cette espèce du genre Festuca, pour lui rendre son ancien nom de Poa violacea Bell. On voit par là les grands services que peut rendre l’anatomie pour la détermination de plantes dont la structure intérieure peut être très différente, malgré leur res- semblance superficielle. M. Duchartre signale à M. J. Vallot la présence du Cirsium gla- brum à la peña Blanca. M. Leclerc du Sablon fait à la Société la communication sui- vante : SUR UN CAS DE LA CHUTE DES FEUILLES, par M. LECLERC DU SABLON. Les feuilles du Laurier-cerise (Cerasus Lauro-Cerasus) sont persis- tantes ; elles restent vertes pendant tout l'hiver, et tombent d’une façon irrégulière à une époque mal définie. J'ai eu l’occasion, pendant le mois de septembre dernier, d'observer sur cet arbre un cas de la chute des feuilles tout à fait particulier. Un jeune plant, repiqué l'hiver précédent, avait eu à souffrir de la sécheresse de l’été, sa croissance avait été faible, 56 SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1885. et il commençait à s’étioler, lorsque les pluies de septembre vinrent lui donner une vigueur nouvelle. À ce moment, l'extrémité des feuilles était plus ou moins jaune, tandis que la partie la plus rapprochée du pétiole avait à peine changé d'aspect ; il y avait d’ailleurs toutes les tran- silions entre les couleurs de ces deux parties. Bientôt après, on put voir apparaître sur la feuille une ligne la divisant en deux régions. Tout ce qui était en deçà de cette ligne par rapport au pétiole est resté vert et vivant, tandis que tout ce qui était au-delà a continué à jaunir, et finale- ment s’est détaché du reste de la plante. Il s'est donc effectué ici une chute partielle de la feuille; la ligne de séparation entre la partie tom- bée et le reste de la plante, au lieu de se trouver comme d'ordinaire à la base du pétiole, partage ici le limbe d’une façon tout à fait irrégulière. On trouve même quelquefois deux lignes analogues complètement dis- tinctes sur la même feuille. La première sépare la partie terminale de la feuille, parcourant le limbe d’un bord à l’autre ; tandis que la seconde décrit un contour fermé dans la partie de la feuille restée vivante, et en détache ainsi un morceau comme à l’emporte-pièce. La partie de la feuille qui reste se trouve ainsi finalement perforée. Il m'a paru intéressant d'examiner si, au point de vue anatomique, ce phénomène s’opérait suivant les lois ordinaires de la chute des feuilles, ou si à ce cas exceptionnel dans la morphologie externe correspondait quelque chose de particulier dans la structure interne. En faisant une coupe perpendiculaire à la ligne de séparation dans une feuille où la chute est imminente, voici ce qu'on peut observer. La cuticule, très épaisse surtout à la face supérieure de la feuille, subit une solution de continuité ; les cellules de l’épiderme, ainsi que celles du tissu en pa- lissade, sont gonflées, arrondies et partiellement dissociées. La partie moyenne de la paroi mitoyenne de deux cellules s’est résorbée, les deux cellules sont ainsi devenues indépendantes l’une de l’autre, et se sont repoussées en s’arrondissant. Il y a de deux à quatre assises de cellules modifiées de cette façon. On voit qu'il y a là quelque chose de tout à fait comparable à ce qui a été décrit pour la chute normale des feuilles par MM. Van Tieghem et Guignard (1). Ces auteurs décrivent une couche génératrice dont le fonctionnement produit deux ou trois assises de cel- lules entre lesquelles doit se faire la séparation. Dans le cas actuel, je crois qu'il faut attribuer une moins grande importance à cette courbe génératrice, d’ailleurs si peu puissante dans le cas normal. C’est à peine s’il se produit un cloisonnement ou deux, je crois mème qu'il peut ne pas s’en produire. Il y a alors simplement mo- dification des cellules déjà existantes ; elles se sont séparées les anes des (1) Voyez le Bulletin, séance du 22 juillet 1882. U ROUY. — LEUCOIUM HERNANDEZII. 91 autres, ont augmenté de volume en s’arrondissant, et c’est ainsi quelles ont pu briser la cuticule et les vaisseaux des nervures. On peut apprécier approximativement le nombre des cellules nouvelles produites par l’é- cartement des deux parties de la cuticule qui ont été séparées. Sou- vent on voit que cet écartement peut s'expliquer par l'élargissement des cellules déjà existantes. Dans le parenchyme lacuneux, on peut observer les mêmes particularités, mais d’une façon bien moins nette. Dans les faisceaux des nervures, les choses paraissent se passer de la façon décrite par MM. Van Tieghem et Guignard pour le cas normal. En somme, qu’il y ait production de cellules nouvelles ou simplement gonflement des cellules déjà existantes, le mécanisme de la chute est le même dans ce cas pathologique que dans le cas normal. Le végétal em- ploie le même moyen pour amputer un membre malade que pour se sépa- rer d’une de ses parties dont l’évolution est achevée. M. Rouy fait à la Société la communication suivante : LE LEUCOIUM HERNANDEZII Camb. PLANTE FRANÇAISE, par M. G. ROUY. Ce Leucoium est voisin du L. æstivum L., dont nous le considérons seulement comme sous-espèce, mais duquel il diffère : par ses feuilles ordinairement d’un tiers plus étroites, parfois à peu près de la même largeur; par sa spathe à fleurs moins nombreuses (1-3, rarement 5), de moitié plus petites, à divisions périgonales plus étroites, maculées au sommet d'une tache verte très apparente : par ses capsules plus oblongues ; enfin par l’époque de sa floraison bien plus précoce (février- avril). Ses petites fleurs, caractéristiques, permettent de le distinguer à première vue de l'æstivum. Voici les renseignements utiles sur ce Leucoium : L. Hernandezii Camb. in Mém. du Muséum, XIV, 315; Herbert, Amaryllidacee, 333 ; Rœmer, Amaryllideæ (Synopses monographice, fase. IV, 1); Kunth, Enumeratio plantarum, V,473; Willkomm, Index Plant. vascul. insul. Balear.17; Cesati, Passerini e Gibelli, Compendio della flora italiana, 156; Marès, Catal. pl. vasc. Baléares, 215 ; Bar- celo, Flora Balear. 451. — Exsice. Willkomm, Baléares, 1873, n° 2; E. Reverchon, Plantes de Sardaigne, 1882, n° 272. France : VAR: prairies à Hyères (herbier Rouy, leg. et ded. de Coincy). — Corse : env. de Bastia (herb. Rouy, leg. Huon; communi- quée par M. Autheman sous le nom de L. æstivum L.). Aire géographique : BALÉARES : C. à Minorque, R. à Majorque. — SARDAIGNE (L. æstivum Moris, non L.). 58 SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1885. M. Duchartre fait à la Société la communication suivante : OBSERVATIONS SUR LE BEGONIA SOCOTRANA D. Hook., par M. P. DUCHARTRE. Le Begonia socotrana D. Hook. a été découvert, à la date de quatre ou cinq ans, par le docteur J.-B. Balfour, dans l’île de Socotora ou Socotra, qui se trouve à l'entrée du détroit de Bab el Mandeb, par 12 à 13 degrés de latitude boréale et 52 degrés de longitude orientale. Dansles serres du jardin de Kew, qui en avait reçu des pieds de ce botaniste, il a fleuri pour la première fois au mois de décembre 1880. Il à été nommé, caractérisé et figuré par M. J. D. Hooker, d’abord dans le Gardeners’ Chronicle du 1° janvier 1881 (p. 8, fig. 1, fig. noire), ensuite dans le Botanical Magazine (cahier d'avril 1881, pl. 6555). Un pied venu d’une bulbille, jeune, mais portant quatre fleurs, arraché mais bien entier, haut seulement de 14 à 15 centimètres, m’ayant été obligeamment donné par M. Thibaut, l’horticulteur bien connu de Sceaux, j'ai pu en faire l’objet de quelques observations qui m'ont révélé dans cette espèce des particularités d'organisation et de développement assez curieuses, assez spéciales pour mériter, ce me semble, d’être signalées. Le Begonia socotrana est une plante à végétation et floraison hiver- nales. Il commence à pousser en automne, et il montre dès le mois de décembre ses jolies fleurs roses, de grandeur moyenne pour le genre, qui se succèdent pendant environ trois mois. Toutes ses parties extérieures meurent et disparaissent après la fructification. Dans le grand genre auquel elle appartient, cette espèce est difficile à ranger dans l’une ou l’autre des 61 sections admises par M. Alphonse de Candolle (Prodr. XV, 1° partie, pages 278-394). « Quoiqu’elle ne rentre » exactement, dit sir J. D. Hooker (Gard. Chron. 1. c.), dans aucune des » 60 sections de ce genre qui ont été établies par Klotzsch et A. de Can- » dolle, elle doit, à mon avis, être placée dans la section africaine » Augustia ; toutefois elle présente, relativement aux caractères de cette » section, des différences dont les principales sont que ses fleurs mâles » ont un périanthe à quatre segments (et non à deux), les filaments plus » courts, les anthères arrondies au sommet, et que ses fleurs femelles » ont le périanthe à six lobes au lieu de cinq, et les bras du style non » enroulés, — caractères qui, sauf le dernier, se retrouvent dans le » B. geranioides Hook. (Bot. Mag. pl. 5583), de Natal, plante avec » laquelle le B. socotrana a sans contredit des relations étroites. » En outre, sir J. D. Hooker dit, dans la diagnose du B. socotrana, que la loge dorsale de l'ovaire est pourvue d’une aile. Je ferai observer, à ce propos, DUCHARTRE. — OBSERVATIONS SUR LE BEGONIA SOCOTRANA. 09 que les fleurs femelles que j'ai eues sous les yeux m'ont offert des bran- ches stylaires contournées sur elles-mêmes de manière à former environ un tour de spire. Quant à l’aile indiquée comme prolongeant l’un des trois angles de l'ovaire, l’existence n’en est pas constante : sur une demi- douzaine de fleurs femelles que j'ai vues, j'en ai rencontré trois dans lesquelles les trois angles étaient relevés chacun d’une côte peu saillante ; dans les autres l'aile existait, mais elle n’avait que 3 ou 4 millimètres de saillie, et ne s’étendait pas sur toute la longueur de l’ovaire. Le Begonia socotrana est donné par sir J. D. Hooker comme lubé- reux. € Les jardins royaux, dit ce savant, en doivent au docteur Balfour » des tuberecules. Il est facile à multiplier par ses tubercules. » Aussi ai-je été fort surpris, en examinant le pied de cette espèce qui m'avait été remis par M. Thibaut, de voir qu'il n'avait rien qu’on püt qualifier de tubereule. Voici, en effet, ce que j’ai vu dans cette plante. La portion souterraine de sa tige était courte, sa longueur totale ne dépassant pas un centimètre et demi. Sur une longueur de 0",012, à partir de son extrémité inférieure tronquée, cette tige souterraine était épaissie, mais si faiblement, que son plus grand diamètre ne dépassait pas 0",004. On peut regarder cette portion inférieure comme un rhizome obliquement ascendant, que les productions nombreuses dont il est chargé distinguent nettement de tout le reste de la tige, et qui constitue la partie à la fois la plus intéressante et la plus importante, au point de vue végétatif, de la plante entière. Les productions qu’elle donne sont de trois sortes : 1° Sa surface latérale porte, dans une longueur d'environ 0",002, tout autour et immédiatement au-dessus de sa troncature inférieure, de nom- breuses racines nécessairement toutes adventives en raison du mode de multiplication par lequel la plante a été obtenue. Il n’est pas douteux qu'il n’existe d’abord une radicule plus ou moins développée chez les individus venus de graine. Je n’ai pas eu possibilité de faire encore la moindre observation à ce sujet; mais je présume que cette radicule doit être peu durable, et que de bonne heure la plante doit être nourrie par des racines adventives nées à la partie inférieure de sa tige. 2° Cette même surface latérale est chargée d’un grand nombre d'or- ganes foliaires imparfaitement développés et réduits à l’état d’écailles oblongues, ayant seulement quelques millimètres de longueur. La consé- quence à déduire de ce fait, c’est que la courte portion rhizomateuse de la tige, malgré son faible allongement, comprend de nombreux entrenœuds très raccourcis. Sur le sujet que j'ai examiné, ces écailles se présentaient sous deux états différents : les unes étaient déjà mortes, desséchées et brunes, tandis que les autres étaient vivantes, de couleur claire et un peu épaisses. Rien ne se montrait à l’aisselle des premières; c’est à l’ais- 60 SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1885. selle des dernières que s’étaient développées les singulières bulbilles qui rendent fort remarquable l'espèce dont il s’agit ici, et qui lui fournissent son'"principal moyen de multiplication. 3 Les productions du B. socotrana auxquelles, pour plus de commo- dité, je conserve ici le nom de bulbilles, bien qu’elles diffèrent, sous presque tous les rapports, des corps qu’on désigne habituellement sous ce nom, sont très nombreuses sur la portion rhizomateuse de la tige de cette espèce. Sur le pied jeune et médiocrement vigoureux que j'ai examiné, j'en ai compté 20, serrées les unes contre les autres en un groupe compact qui avait environ 0,025 de largeur avec un peu moins de hauteur. Il y en avait même une de plus, encore jeune, née à l’aisselle d'une grande feuille, au bas du second entrenœud de la tige aérienne. Les plus volu- mineuses de celles que j'ai eues sous les yeux formaient un corps ovoïde, obtus, assez souvent un peu irrégulier, fréquemment renflé dans ses deux tiers inférieurs, de manière à devenir à peu près piriforme, long d'environ 1 centimètre, et mesurant 7 ou 8 millimètres dans sa portion la plus renflée. Ce ne sont pourtant pas là les plus fortes dimensions qu’elles puissent atteindre ; en effet, d’après les renseignements qui m'ont été donnés par MM. Thibaut et Kételeër, celles des pieds vigoureux obtenus, pendant l'hiver de 1883-1884, par ces habiles horticulteurs avaient des dimensions au moins doubles de celles que je viens d'indiquer. L’organi- sation intérieure de ces bulbilles est caractéristique, et celles d'aucune autre plante, du moins à ma connaissance, n’offrent quoi que ce soit de semblable. On sait, en effet, qu'une bulbille est une formation susceptible de se détacher d’une plante, et qui, grâce à la nourriture qui s’y trouve en réserve, peut, au contact du sol, émettre des racines, développer son bourgeon jusqu'alors plus ou moins rudimentaire, et donner ainsi un nou- veau pied. Les organes qui se modifient et se renflent pour les produire pouvant appartenir aux trois catégories d’organes végétatifs, on a été conduit à distinguer trois sortes de bulbilles (1): 4° celles dont la masse est formée en presque totalité d’un petit nombre de feuilles réduites en grandeur, mais, fortement épaissies : telles sont celles qui viennent à l’ais- selle des feuilles des Lilium ligrinum et bulbiferum, dans les inflores- cences des Allium vineale, oleraceum, ete., chez certains Gagea, le (1) Hermann Peter, Unlersuchungen über den Bau und die Entwickelungsges- chichte der Brutknospen Hameln, 1868, in-8°. — Alexander Braun, Polyembryonie und Keimung der Cœlebogyne. Berlin, 1860, in-4° (voyez p. 178 et suiv.). — A. W. Eichler, Ueber einige Inflorescensbulbitten (Jahrbuch der k. botan. Gartens und des botan. Museums zu Berlin, 1, 1881. pp. 171-177, pl. 1x) -— Thilo Irmisch, Zur Mor- phologie der monokotylischen Knollen- und Zwiebelgewächse. Berlin, 1850, in-8° (dif- férents passages). DUCHARTRE. — OBSERVATIONS SUR LE BEGONIA SOCOTRANA. 6 Dentaria bulbifera, ete.; 2 celles qui sont constituées essentiellement par un rameau épaissi et en réalité tubérisé, par exemple les Dioscorea Batatas, bulbifera, les Polygonum viviparum, bulbiferum, etc. ; 3 celles, beaucoup moins fréquentes, que forme une racine adventive fortement renflée, qui est surmontée d’un petit bourgeon. M. Eichler en cite comme exemple celles de forme ovoide ou globuleuse, qui se pro- duisent dans le bas de l’inflorescence des Globba, et qui ont été regardées à tort, dans le Botanical Magazine (pl. 6298), comme étant des ovaires imparfaits. Les bulbilles du Begonia socotrana ontune organisation différente et plus compliquée. En effet, tandis que dans les vraies bulbilles, quelle qu’en soit la nature, il y a toujours une abondante réserve de nourriture destinée à fournir le premier aliment pour leur développement en une plante nouvelle, ici la réserve est aussi faible que possible; tandis que dans les premières le bourgeon, caché entre les feuilles charnues ou qui surmonte l’axe renflé, est très peu développé et plus ou moins rudimeu- taire, dans la plante dont il s’agit ici, le Vourgeon, à l’intérieur de l’en- veloppe close qui l’abrite et le cache, s’est déjà développé en un véritable rameau chargé d’une quantité considérable de corps particuliers, épais et charnus, qui atteignent en moyenne 4 ou 5 millimètres de longueur, et qui sont évidemment tout autant de feuilles gemmaires réduites à une conformation et un état particuliers. Le petit rameau autour et sur le sommet duquel sont attachés ces corps est relativement épais, obtus à son extrémité libre. Comparativement au diamètre longitudinal de la bulbille, sa longueur semble diminuer ou du moins n’augmente pas à partir d’un àge assez peu avancé, ce qui prouve qu'il atteint promptemeut sa plus grande longueur; au contraire, à partir de ce même àge, 1] continue à gagner sensiblement en épaisseur. Ainsi, je lai vu long de 0",004 et épais de près de 0",001 dans une bulbille encore assez jeune qui mesurait 0",007 de longueur et-0,004 d'épaisseur, tandis que j’en ai trouvé un qui avait seulement 0",003 de longueur sur 0",0015 de largeur, dans une autre bulbille beaucoup plus grosse, dont les dimensions étaient de 0",010 sur 0",006. C’est seulement dans ce petit rameau que peut exister une réserve bien peu considérable de nourriture, car l'enveloppe de la bulbille est composée uniquement de deux larges feuilles-écailles fort minces, super- posées exactement l’une à l’autre, sauf dans le bas, et très largement em- brassantes, qui constituent pour cette formation entière une enceinte close. Ces deux feuilles-écailles sont insérées tout autour du petit rameau, l’une presque à sa base, l’autre à environ 0",001 plus haut. Les organes de nature foliaire qui sont attachés en ordre spiral sur le rameau intérieur ou axe de la bulbille forment d’abord chacun un petit corps oblong, sensiblement rétréci vers sa base, obtus et un peu plus 62 SÉANCE DU 13 FÉVRIER 1889. épais vers le sommet, c’est-à-dire à peu près cylindro-conique. À mesure que la bulbille grandit, non seulement ils s’allongent sensiblement, mais encore, et surtout à leur extrémité libre, ils s’élargissent et se développent pour la plupart en une sorte d’épatement le plus souvent demi-circulaire, dont le plan forme un angle droit avec le reste de leur longueur. Fina- lement ils ressemblent en petit, pour la plupart, à des Champignons dont le chapeau serait dimidié. Parfois aussi ils deviennent plus ou moins irréguliers par défaut d’espace pour se développer ou par pression réci- proque. Organisée comme on vient de le voir, une bulbille de Begonia soco- trana ne ressemble guère aux formations qu’on désigne habituellement sous ce nom. Elle se rapproche plutôt de certains bourgeons, tels notam- ment que ceux de l’Aristolochia Sipho A. Henry, dans lesquels l’enve- loppe générale ou pérule est réduite à une ou deux grandes écailles mem- braneuses (1), fermant complètement une cavité où est contenue l’ébauche de la pousse. Seulement je ne connais pas de bourgeon dans lequel l’axe ait pris un développement contparable à celui dont ce Bégonia nous offre l'exemple, et soit devenu comme ici un rameau chargé d’un nombre con- sidérable d'organes foliaires, ni dans lequel les feuilles ébauchées aient quelque analogie de forme ou de développement avec celles dont il vient d’être question. L'organisation des bulbilles du Begonia socotrana une fois connue, on s’explique les particularités qu'on remarque sur les pieds issus du développement de ces bulbilles. D’après les renseignements qu'a bien bien voulu me communiquer M. Kételeër, celles-ci, détachées du pied mère, restent endormies dans la terre pendant tout l'été, et c’est seule- ment au mois de septembre qu’elles se réveillent de leur torpeur. A cette époque elles émettent des racines, grâce sans doute à la faible quantité de matière nutritive qui était en réserve dans leur axe central. Bientôt cet axe lui-même, nourri par les racines qui viennent de naître, entre en végétation, et prend quelque allongement. C’est lui qui devient alors la courte portion souterraine et rhizomateuse de la tige. En même tempsles singuliers organes foliaires, qui s’inséraient sur lui en nombre que j'ai vu dépasser 60, se développent de leur côté, s’aplatissent et deviennent ainsi les nombreuses écailles que porte cette même portion rhizomateuse de la tige, dans la plante formée, écailles dont il ne serait guère possible de s'expliquer la multiplicité dans un si court espace, si l’on n’en connais- sait l’origine. En outre, ce même axe interne de la bulbille produit un bourgeon terminal duquel provient en peu de temps la tige aérienne. Enfin, parmi les écailles du rhizome, on a vu qu’il en est qui sont restées (1) Voyez A. Henry, Anospenbilder, 1° Abth., Dicotyl., pl. xx, fig. 11. DUCHARTRE. — OBSERVATIONS SUR LE BEGONIA SOCOTRANA. 63 fraiches et vivantes même sur la plante fleurie; à l’aisselle de plusieurs d’entre elles se produit un bourgeon ou bulbille qui acquiert l’organisa- tion ci-dessus décrite, pendant que le pied qui lui a donné naissance se développe, fleurit et fructifie. A la fin de la végétation annuelle, les bul- billes ainsi produites s’isoleront et, après leur période naturelle de repos, elles s’enracineront à leur tour, puis donneront chacune une nouvelle plante. En somme, le Begonia socotrana, outre la propagation naturelle par graines, possède un mode rapide de multiplication, grâce à l’abondance avec laquelle il produit, sur la partie inférieure et souterraine de sa tige, des bourgeons-bulbilles d’une organisation spéciale, qui se développent rapidement chacun, après une période de repos, en un nouveau pied flori- fère et bulbillifère. Il est même remarquable que, contrairement à ce qui a lieu dans beaucoup d'espèces, cette facilité de multiplication non sexuée ne nuise pas à l’accomplissement de la faculté reproductrice; mais il faut dire que d’autres Begonia sont encore plus favorisés que lui sous ces deux rapports. Tel est surtout le charmant B. gracilis Kunth, ver. Mar- tiana À. DC. (B. Martiana Link et Otto), qui non seulement produit une grande quantité de graines, mais encore donne à l’aisselle de chacune de ses feuilles un groupe nombreux de vraies bulbilles, toutes également susceptibles de devenir un nouveau pied. M. le Secrétaire général dépose sur le bureau deux communica- tions écrites : l’une de M. Guinier, sur les Phénomènes de soudure des couches ligneuses qui se rencontrent dans leur accroissement en sens inverse ; l’autre de M. Heckel, sur Quelques faits remar- quables dans la formation secondaire de l'écorce, et, en raison de l'heure avancée, la suite de l’ordre du jour est renvoyée à la prochaine séance. 64 SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. SÉANCE DU 27 FEVRIER 1885. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE. M. Costanlin, vice-secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 13 février, dont la rédaction est adoptée. M. Rouy demande la parole à propos du procès-verbal, et s’ex- prime en ces termes : A la dernière séance, pris de nouveau à partie au sujet de la présence du Melica nebrodensis Parlat. en France, j'ai promis de mettre sous les veux de la Société des exemplaires de Melica provenant des localités authentiques citées dans la discussion : Nébrodes, Pyrénées, île d'Œland ; les voici. — Je fais plus: j’apporte un document qui mettra certaine- ment fin à ce fastidieux débat. M. Maïinvaud s’appuyait, pour affirmer la présence en France du M. nebrodensis Parlat., sur la citation de Parlatore, créateur de l’espèce, mentionnant en 1848, dans son Flora italiana, cette plante dans les Pyrénées. J'avais beau assurer à mon honorable confrère que la plante des Pyrénées et celle de Sicile n’étaient nullement identiques, il décla- rait invraisemblable que Parlatore püt s’être trompé dans la détermina- tion d’une de ses propres espèces. Eh bien! le célèbre botaniste italien lui-même est arrivé à rejeter pour son espèce la localité pyrénéenne. Dans ses Études sur la géographie botanique de l’Italie, son dernier ouvrage, publié en 1878 par M. de Tchihatchef comme complément à sa traduction française de la Végétation du globe de Grisebach, il donne (pages 57 et 58) la liste des espèces des montagnes élevées de la Sicile, et, parmi les plantes qu'il y énumère comme spéciales à la Sicile, se trouve justement son M. nebrodensis. — Cela explique bien pourquoi depuis 1878 les auteurs ne mentionnent plus le M. nebrodensis Parlat. en France, pas plus dans les Pyrénées qu'aux environs de Paris par exemple (1). Je n'ai donc rien avancé de téméraire en énonçant que le M. nebro- densis Parlat. était une plante méridionale et orientale, non française jus- qu'ici; je dis même orientale seulement, parce que M. Boissier, dans le Flora orientalis, n’acceplant le M. nebrodensis que comme variété du M. ciliata L. (compris dans un sens très large), sous le nom de M. ciliata (1) Consultez : Nyman, Conspectus floræ europææ ; Edm. Bonnet, Petite flore pari- sienne ; Extraits de lettres publiées dans le Bulletin, confirmant mon assertion que M. nebrodensis G. et G. — M. ciliata L. (vera); ete. SÉANCE DU 271 FÉVRIER 1885. 65 var. nebrodensis Coss. Flore d'Algérie (car ce Melica méridional existe aussi en Algérie), lui a rattaché deux de ses créations personnelles, les M. laxiflora et cretica, d'Orient. Mon honorable contradicteur, qui, à la dernière séance, s’appuyait sur Parlatore pour certifier, sans autre preuve à l’appui, que le M. nebro- densis Parlat. était une plante tout au moins pyrénéenne, aurait pu, semble-t-il, nous épargner cette trop longue controverse, en consultant plus amplement les ouvrages du botaniste italien. M. Malinvaud dit qu'il se réserve d'examiner l'ouvrage apporté par M. Rouy. Il ajoute : Parlatore, dans le passage cité, ne revient pas sur sa précédente affir- mation relative à l’existence de son Melica nebrodensis dans les Pyré- nées. En admettant même (ce qui n’est pas démontré) qu'il ait varié dans sa manière de voir à ce sujet, il suflirait, pour être fixé sur un fait aussi simple que la détermination d’un Melica, de consulter les auteurs compétents qui ont eu à s’en occuper. Or aucun de ceux que nous con- naissons n’a mis en doute l'existence du Melica nebrodensis comme plante française. Après Grenier et Godron, qui l’ont reconnu dans une des formes répandues en France, M. Cosson, que nous avons entendu nous dire ici même (1) qu’il possédait des échantillons authentiques de l'espèce de Parlatore, la signale à Mantes, aux Andelys et sur d’autres points des environs de Paris (2). M. Boissier est exactement de l’avis de M. Cosson; pour lui, Melica ciliata var. nebrodensis Coss.— M. nebro- densis Parlat, (3), MM. Willkomm et Lange, dans leur Prodromus flore hispanicæ, distinguent spécifiquement les Melica Magnolii et nebro- densis, et disent de ce dernier : « Hab. in Gallia (4)... » Les agrosto- graphes les plus estimés, notamment Duval-Jouve et M. Hackel, ne sont pas moins affirmatifs sur ce point de fait. Cette unanimité de témoi- gnages ne permet vraiment pas d'élever une contestation sérieuse sur la présence du Melica nebrodensis dans la flore française. M. Rouy répond que, en ce qui concerne le Flora orientalis, ses remarques ci-dessus exposées répondent absolument à l’argumen- lation de M. Malinvaud, et que tous les autres ouvrages cités par son honorable confrère sont antérieurs à l'opinion exprimée par 1) Voyez plus haut, page 38. 2) Flore env. Paris, édit. 2, page 818. ) Flora orientalis, t. V, p. 589. ) Prodr. flor. hisp. t. 1, p. 85. T. XXXIL. (SÉANCES) 9 66 SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. Parlatore lui-mème en 1878. Le débat lui semble donc complète- ment clos. M. le Président proclame membre de la Société : M. de Coincy, au château de Courtoiseau, par Triguères (Loiret), présenté par MM. Petit et Rouy. M. le Président fait ensuite connaître deux nouvelles présenta- tions, et proclame membre à vie M. Tarrade, pharmacien à Limoges, qui a rempli les conditions exigées pour l'obtention de ce titre. M. le Secrétaire général donne lecture d’une lettre de M. Raoul Tassel, qui remercie la Société de l'avoir admis au nombre de ses membres. Dons faits à la Société. D. Cauvet, Cours élémentaire de Botanique. J. Chareyre, Valeur relative des caractères employés dans la classi- ficahion des Alques. — Nouvelles Recherches sur les cystolithes. J. Chatin, Recherches sur l'anguillule de l'oignon. Daveau, Le Palmier nain dans la péninsule de Sétubal. J. Dominique, Lichens du littoral de la baie de Bourgneuf (Loire- Inférieure). Fliche et Grandeau, Recherches chimiques et physiologiques sur la Bruyère commune. Michel Gandoger, Rubus nouveaux, avec un Essai sur la classifica- tion du genre. Fr. Gay, Sur les Conjuguées du midi de la France. W. G. Farlow, Notes on a Fungus parasitic. — On some Species of Gymnosporangium and Chrysomyxa of the United States. Asa Gray, Botanical Contributions, 1884-1885. — Memorial of George Benthaim. J. Arevalo Baca, Index seminum hort. bot. Universitatis valen- Line, 1885. | G. Licopoli, Anatomia e Fisiologia nell Anona reticulata e nell Asimina triloba. P. A. Saccardo, Sylloge Fungorum omnium hucusque cognitorum, vol. HT. — Journal ofthe New-York Microscopical Society, n° 2, De la part de M. le Ministre de l'instruction publique : J. VALLOT.-— PLANTES ANOMALES DE CAUTERETS. 67 Bulletin des bibliothèques et des archives, publié sous les auspices du Ministère de l'instruction publique. M. J. Vallot fait à la Société la communication suivante : N PLANTES ANOMALES DE CAUTERETS (HAUTES-PYRÉNÉES), par M. J. VALLOW®. J'ai rencontré, dans mes excursions autour de Cauterets, quelques anomalies dont la description intéressera peut-être les botanistes. Voici celles qui m'ont paru dignes d’être présentées à la Société. Ranunculus alpestris L. — Cette espèce, commune dans la région alpine, présente une anomalie assez curieuse. Sur l’escarpement de calcaire métamorphique qui sépare les deux premiers lacs d’Estom-Sou- biran, elle a toujours les pétales trilobés et rappelant la forme des seg- ments des feuilles. Ils sont souvent incisés jusqu’au milieu; quelque- fois ils ne sont que crénelés, et rarement ils sont entiers. Les fleurs sont beaucoup plus petites que chez la plante normale. Ranunculus montanus Willd. var. Gouani. — Un échantillon pro- venant de Peyraoute porte une feuille caulinaire monstrueuse. Au lieu d’être palmée, comme sont ordinairement les feuilles de la tige, elle est semblable dans son pourtour aux feuilles radicales, avec cette différence qu’elle est sessile. Le limbe de cette première feuille est traversé par un véritable pétiole, remplaçant sa nervure médiane, et donnant nais- sance plus haut à une deuxième feuille semblable aussi aux feuilles radicales. En d’autres termes, c’est une feuille pétiolée, soudée à une feuille sessile, la dernière présentant l'aspect de stipules soudées au pétiole de la première. Un autre échantillon provenant de Peguère présente le même phé- nomène, mais moins caractérisé : les feuilles sont mains découpées, et la feuille supérieure est réunie à l’inférieure par le limbe rétréci, bordant le pétiole, qui paraît ainsi largement ailé. Dans une autre feuille du même pied, le limbe n’est plus divisé en deux parties, il est seulement plus allongé et plus divisé que dans les feuilles normales; la feuille est oblongue et à sept divisions alteignant seulement le milieu du limbe. Ces trois échantillons renferment tous les passages entre la feuille mons- trueuse et la feuille normale. Cette monstruosité n’est pas rare, car Je l'ai déjà rencontrée dans Les Alpes sur le R. montanus. Ranunculus nemorosus DC. — Un échantillon recueilli sur la route du pont®d'Espagne présenteune anomalie de la surface des car- 68 SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. pelles : ils sont couverts de tubercules, donnant naissance chacun à un poil simple. Ranunculas nemorosus DC. — J'ai trouvé près du lac d'Estom, à unc altitude de 1700 mètres, et bien loin de toute habilation, une plante à fleurs doubles, ou plutôt à fleurs pleines. La fleur est très petite et hémisphérique. La conformation du calice est régulière, mais les éta- mines et les carpelles sont remplacés par des pétales, de plus en plus petits à mesure qu'ils se rapprochent du centre. Ces pétales sont très réduits el à demi roulés en cornet, de sorte que la fleur offre en petit l’aspect du Dahlia double. L'écaille de l'onglet présente la conformation normale. La plante est très réduite et n’a que 12 centimètres. Rosa pimpinellifolia L. var. adenophora G. G.(R. myriacantha DC.). — J'ai cru devoir rapporter à cette variété un petit Rosier que j'ai recueilli en 1881 au col de Riou, dans les rochers au-dessus de l'hôtellerie. C’est une forme naine, dont les tiges rabougries ne s'élèvent qu’à 5 à 10 cen- timètres. Les pousses de l’année sont munies de quelques aiguillons, ou inermes ; le vieux bois est toujours inerme. Les folioles sont presque orbiculaires et d’une petitesse remarquable (5 à 10 millimètres), à dents glanduleuses. Les pieds étaient nombreux sur un espace restreint, et, en les arrachant, il était facile de voir qu’ils étaient réunis les uns aux autres par des tiges souterraines souvent très longues. Tous ces pieds divers étaient certainement des rejets d’une seule plante qui se propa- geait ainsi souterrainement. Depuis lors je suis retourné chaque année au col de Riou à des époques différentes, espérant trouver des fleurs et des fruits, mais je n’ai plus trouvé aucune trace de la plante, qui a été probablement tuée par un hiver plus rigoureux. Le col de Riou est situé à 1943 mètres d'altitude. J'ai eu l'occasion de faire sur cette petite espèce des observations qui sont bien faites pour mettre en garde les botanistes contre une école nouvelle qui base souvent une espèce sur une petite différence dans le port de la plante ou la forme et la dimension des feuilles. Mon père, qui m’accom- paguait dans cette excursion, charmé par l'élégance de ce feuillage microscopique, en prit quelques rejets pour les planter. Ils furent mis en pot en septembre 1881, à Lodève (Hérault), et transportés ainsi à une altitude de 200 mètres, dans la région de l'Olivier. L'influence du climat ne tarda pas à se faire sentir, et en septembre 1882 les plantes avaient déjà notablement changé. Les pousses de l’année qui, au col de Riou, n’avaient que de 1 à 5 centimètres, avaient pris un développement de 15 à 20 centimètres, et s’étaient hérissées de nom- breuses épines. Les feuilles étaient beaucoup plus grandes, et les folioles J. VALLOT. — PLANTES ANOMALES DE CAUTERETS. 69 avaient pris un contour plus ovale. Les plantes furent alors mises en pleine terre, dans une pépinière. En septembre 1883, elles avaient pris un grand développement dans touies leurs parties. Elles avaient fleuri au printemps. Enfin, en septembre 1884, les tiges ont un mètre de haut, sont ra- meuses, couvertes d’aiguillons depuis le sol jusqu’en haut, et ont produit de nombreux rejets souterrains. Les folioles sont devenues ovales, apicu- lées, deux fois plus longues que larges, atteignant 25 millimètres de lon- gueur, mais elles ont conservé leurs dents 2landulenses. On voit combien l'influence du climat se fait sentir sur la forme exté- rieure des Rosiers. Il faut donc se défier des nombreuses espèces que lon a fondées, depuis quelques années, sur des différences souvent moins marquées que celles que j'indique sur des plantes provenant, des rejets d’un méme pied. Je suis convaincu que beaucoup d'espèces, prises dans d’autres familles, ne résisteraient pas à une expérience semblable. M. Mer demande à M. J. Vallot s’il a fait des coupes dans les feuilles du Rosa pimpinellifolia, dans le but d'étudier les varia- tions de l’assise en palissade. M. J. Vallot répond qu’il ne s’est pas occupé de cette question. Au sujet du Rosier dont vient de parler M. J. Vallot, et qui est à fleurs roses, M. Rouy dit que les feuilles de ce Rosier étant dou- blement dentées et glanduleuses en dessous, il doit être classé, comme l’a fait M. J. Vallot, non pas tout à fait à côté du R. pimpi- nellifolia type, mais dans le voisinage des R. Ripartii Dés., my- riacantha DC. et Malyi Kern., ce dernier constituant une forme curieuse, assez exactement intermédiaire entre les Pimpinellifoliæ et les Alpine. Quant aux variations successives qu'a subies ce Rosier, trans- planté hors de son habitat ordinaire, il y à là peut-être un fait à rapprocher de l'observation (1) que M. Rouy a présentée il y a deux ans environ, à propos d’une communication de M. V. Payot, au sujet des modifications qu'offre également le R. alpina, plante très variable dans la forme des feuilles et des fruits, et l’abondance des aiguillons. Un autre point à retenir, qui semble résulter jusqu'ici des cultures du Rosier que signale M. J. Vallot, c’est que la pré- sence des glandes à la face inférieure des folioles est sensiblement plus constante que la forme des folioles ou la taille de la plante, voire même la fréquence des aiguillons. (1) Voyez le Bulletin, t. XXX, p. 85 70 SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. M. Duchartre pense qu’il est bon de tenir compte des différences qui résultent de la variation d'altitude. La taille des plantes dimi- nue quand on arrive dans les localités froides : le Sulix herbacea est un véritable arbre souterrain. Il semble, dans le cas présent, que la variation d'altitude est la principale cause qui modifie le végétal. On sait que souvent la culture intervient pour transfor- merles plantes: c’est ainsi que la Primevère de Chine à feuilles normalement arrondies a été changée en une plante à feuilles allongées. M. J. Vallot répond qu'il n’invoque, dans le cas actuel, que la variation d'altitude comme cause modificatrice. En effet, il n°y a pas eu culture dans son expérience; les pieds du Rosa rapportés des Pyrénées ont été mis dans un coin de jardin et abandonnés à eux-mêmes sans culture : cette dernière influence n’a donc pu intervenir. M. Malinvaud à remarqué que les feuilles sont doublement dentées. Il sera intéressant de constater si ce caractère, auquel on accorde généralement une grande importance, n’est pas altéré par la culture. M. Vallot répond que les feuilles restent doublement dentées, les dents devenant plus grandes en même temps que la feuille. M. Zeiller fait à la Société la communication suivante : FOUGÈRES RECUEILLIES DANS LA PÉNINSULE MALAISE PAR M. DE MORGAN, par M. R. ZEILLER. J’ai reçu dernièrement d’un ami, M. J. de Morgan, ingénieur civil des mines, une série de Fougères qu’il a eu l’amabilité de récolter à mon intention pendant les mois de juillet et d'août 1884, dans une portion encore inexplorée de la péninsule Malaise. Plusieurs d’entre elles sont nou- velles pour la région, et lrois n'étaient pas encore connues, ainsi que me l’a confirmé M. J. G. Baker, le savant botaniste de Kew, qui a bien voulu me prèter le secours de sa parfaite connaissance des Fougères pour l’examen des quelques espèces qui m’avaient paru soit nouvelles, soit dou- teuses. Il a eu également l’obligeance de me donner son avis sur une Séla- ginelle qui me semblait constituer une nouvelle espèce, et qui en effet n'avait pas encore été décrite. Je suis heureux de lui adresser ici tous mes remerciements pour la bienveillante complaisance avec laquelle il a ZEILLER. — FOUGÈRES DE LA PÉNINSULE MALAISE. 71 répondu à mes demandes de renseignements, et m'a fourni comme termes de comparaison deux ou trois espèces que je n'avais pu trouver dans l’herbier du Muséum. Les Fougères que M.J.de Morgan m’a rapportées ont été récoltées par lui dans la région montagneuse du royaume de Perak, entre 4° 30’ e15 degrés de latitude N., sur le versant ouest de la grande chaîne de montagnes qui constitue l’axe de la péninsule Malaise, et à l’un des rameaux secon- daires de laquelle appartient le mont Ophir, près de Malacca, l'un des points les plus explorës par les botanistes. Les points d’où proviennent les espèces dont je vais donner la liste sont : les alentours de Klian Kin- din, dans le district d’Oulou Kinta, à 161 mètres d’altitude; la grotte de Boukit Tehôra, près d'Ipoh, à 100 mètres environ d'altitude; Tehangkat Simpahh, sur la rivière Krbou, à 206 mètres d’altitude ; la vallée du Sougni Liang, à 750 mètres environ d'altitude ; le Gounong Riam (1), dont le sommet, au voisinage duquel ont été faites les récoltes, atteint 1954 mètres d’alti- tude; le Gounong Krbou, aux alentours du sommet, lequel est à 2354 mètres d'altitude; Tchangkat Krbou, à 1214 mètres d’altitude; et le Gounong Sünoy, à 1800 mètres d'altitude environ. Toute cette région, hérissée de montagnes à pentes d’une raideur extrême, constituées par des granits ou des schistes anciens redressés, et coupée de profonds ravins, est habitée par les Sakayes, peuplade aborigène tout à fait sauvage, ignorant même le travail du fer, très distincte de la race malaise établie dans la région inférieure du pays, et appartenant à celle des Negritos Papouas. Outre les Fougères, M. J. de Morgan m'a rapporté aussi un certain nombre de plantes phanérogames, dont M. Franchet a bien voulu entre- prendre l’examen, et se propose de donner ultérieurement la liste à la Société. Je passe maintenant à l’énumération des Fougères, pour laquelle je sui- vrai l’ordre du Synopsis Filicum, et des quelques Lycopodiacées recueil- lies en même temps. GLEICHÉNIACÉES. Gleichenia vulennica Blume. — Gounong Krbou. — D'après les in- dications données par M. de Morgan, cette espèce remplace dans la mon- tagne le G. dichotoma, et y forme d'épais massifs sur les points où la jungle a été coupée; les échantillons qu’il en a recueillis sont identiques aux Spécimens authentiques de Blume que j'ai pu voir dans l’herbier du Mu- séum. Cette espèce n'avait pas encore été signalée dans la péninsule Malaise. (1) Boukit signifie colline; Tchangkat signifie colline, et, par extension, village sakaye ; Sougni signifie rivière, et Gounong montagne. 72 SÉANCE DU 271 FÉVRIER 1885. @.(Mertensia) &iehotoma Willd. — Klian Kindin. — Cette espèce, très commune dans toute la région inférieure de la presqu'île, forme également, avec ses grandes frondes à rachis indéfiniment ramifié, des massifs épais là où la jungle a été coupée; ses feuilles, souvent très raides, font, d'après les Malais, des coupures de mauvaise nature, très difficiles à guérir. CYATHÉACÉES. Cyathea Brunonis Wall. — Klian Kindin. — Les frondes de cette belle espèce atteignent jusqu'à 2,20 de longueur; ses pennes primaires ont souvent 0",30 et 0",35 de longueur. Alsophila Eakeri, D. Sp. Frondes tripinuatifides, pennes primaires ovales-lancéolées, mesurant (d’après les pennes rapportées par M. de Morgan) 0",30 à 0",35 de longueur; pennes secondaires (ou pinnules) étalées, longucs de 0,035 à 0,040 dans la partie moyenne de la penne primaire, diminuant graduellement de longueur vers la base comme vers le sommet de la penne qui sc termine en pointe aiguë, distantes de 0,010 à 0,012, sessiles ou brièvement pétivlées, divisées presque jusqu’au rachis en lobes obtus à contour obscu- rément crénelé Dans les portions stériles, res lobes mesurent de 4" à 5"" de lon- gueur sur ?"® de largeur; les lobes fertiles, fortement contractés et à bords légèrement recourbés en dessous, ne dépassent pas 2",5 de longueur. Les pennes primaires se montrent fertiles, tantôt presque jusqu'au sommet, tantôt sur les deux tiers inférieurs seulement de leur étendue. Rachis d'un brun foncé, couverts sur leur face supérieure de poils bruns courts et serrés, et sur les côtés d'écailles scarieuses brunes, lancéolées, frangées sur les bords, peu nombreuses. Nervure médiane des pennes secondaires légèrement flexueuse, cou- verte en dessous, mais seulement sur les pennes fertiles, ainsi que les nervures mé- dianes des lobes, de nombreuses écailles brunes, lancéolées, à bord frangé. Nervules presque toujours simples, au nombre de 8 à 10 par lobe. Réceptacle placé presque à la base de chaque nervule, très près de la nervure mé- diane du lobe, atteignant 0%",5 ou 0"",6 de hauteur, dilaté en massue au sommet, et légèrement incliné vers le contour extérieur du lobe. Sores très fournis, au nombre de 6 à 10 par lobe, eten couvrant presque complètement la face inféricure. Consistance coriace. Gounong Krbou. — M. de Morgan ne l’a rencontrée qu’une seule fois. Cette espèce se rapproche, d’une part de l’A. commutata Mett., d'autre part de l'A. latebrosa Hook. Elle ressemble à la première de ces deux espèces, dont M. Baker à bien voulu m'envoyer un fragment comme terme de comparaison, par sa consistance très coriace, ainsi que par la contrac- tion très accentuée de ses lobes fertiles, par l'élévation et la disposition des réceptacles sporangifères ; elle en diffère par ses pennes secondaires beaucoup plus profondément découpées, par ses sores plus nombreux, occupant presque toute la face inférieure des lobes. Ce dernier caractère la distingue également de VA. latebrosa, auquel elle ressemble par le mode de découpure de ses pennes stériles, mais qui se distingue par ses nervules bifurquées, par sa consistance plus molle, par ses pinuules fer- ZEILLER. — FOUGÈRES DE LA PÉNINSULE MALAISE. 13 tiles non contractées, par les écailles blanchâtres placées sur les nervures à la face inférieure des pennes. D’après les indications de M. J. G. Baker, à qui je suis heureux de pou- voir la dédier, cette espèce devrait prendre, dans le Synopsis Filicum, le ne 57°, à la suite de l’A. commutata. A. gigantea Wall. — Gounong Sônoy, dans un ravin. — Bien que M. Baker réunisse cette espèce à l'A. glabra, je conserve de préférence ici le nom de Wallich, l’échantillon rapporté par M. de Morgan différant un peu, notamment par ses pinnules pétiolées, des échantillons d’A. glabra que j'ai pu voir dans l’herbier du Muséum, et concordant au con- traire exactement avec ceux d'A. gigantea recueillis à Ceylan par Walker. Cette espèce n’était pas indiquée dans la péninsule Malaise. A. latebrosa Wall. — Klian Kindin. — Le tronc de cette Fougère atteint parfois 8 mètres de hauteur, avec des frondes de 3",50 de lon- gueur. Matonia pectinata Br.— Gounong Riam.— Cette remarquable espèce n'était signalée jusqu’à présent, même dans le Handbook récent de M. Beddome (1), qu’à Bornéo et au mont Ophir près de Malacca. Il est vraisemblable, puisque M. de Morgan l’a rencontrée au Gounong Riam, qu’elle doit exister toutlelongde la grande chaine de la péninsule. J’ajou- terai que l’herbier du Muséum en renferme deux échantillons, dont l'un aurait été récolté à Singapour par Walker, et l’autre à Poulo-Pinang. HYMÉNOPHYLLACÉES. Trichomanes obscurum Blume. — Tchangkat Simpahh, auprès d’une cascade. T. pluma Hook. — Gounong Riam.— J'ai constaté,en consultant l'herbier du Muséum, l'identité de cette espèce, créée en 1854 par Hooker (2), et signalée seulement à Bornéo, avec la Fougère de Nouvelle- Calédonie recueillie à Balade et à Ouagap par Vieillard, et à laquelle M. Van den Bosch a donné en 1861 le nom de T. lætum (3), lequel, étant postérieur au nom de Hooker, doit par conséquent disparaître. J'ajoute- rai que, sur les échantillons récoltés par M. de Morgan, la columelle est tantôt très longue, comme l'a indiqué Hooker, atteignant jusqu’à 6 millimètres, tantôt beaucoup plus courte, ne dépassant le bord de lurne que de 2 ou 3 millimètres. (1) Col. R. H. Beddome, Haadbook to the Ferns of British India, Ceylon and the Malay Peninsula. Calcutta, 1883, p. 19. (2) Icones plantarum, tome X, pl. 997. (3) Ann. des se. natur. 4° série, BOT. t. NY, p. 90, SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. a | CS POLYPODIACÉES. Davallia (Humata) angustata Wall. — Sougni Liang. D. (Humata) pedata Smith. — Tchangkat Krbou, sur les troncs d'arbres. D. (Prosaptia) Emersoni Hook. et Grev. — Sougni Liang, sur les arbres. — Cette espèce n'avait pas encore été signalée dans la péninsule Malaise. D. (Prosaptia) eontigua Swartz. — Tchangkat Simpahh. — Non encore indiqué dans la péninsule Malaise. D. bullata Wall. — Tchangkat Krbou, sur les troncs des arbres. Lindsaya eultrata Sw., var. minor Hook. — Sougni Liang, entre les fentes des rochers dans les ravins. Lindsaya (Synaphlebium) obtusa J. Sm. — Tchangkat Simpahh, sur les rochers; et au Gounong Riam une forme à pinnules presque entières, correspondant à la variété figurée par Hooker sous le nom de L. propinqua. —- Cette espèce n’est pas indiquée par M. Beddome dans la péninsule Malaise; elle a cependant été donnée par Hooker comme originaire de Malacca. Adiantum caudatam Linn. — Ipoh, grotte de Boukit Tchôra. Pteris (Campteria) hiaurita Linn. — Ipoh, grotte de Boukit Tchôüra. Blechnum Finlaysonianum Wall, — Klian Kindin, très commun dans tous les endroits frais de la forêt. Asplenium normale Don. — Sur les arbres : Tchangkat Simpahh, Tchangkat Krbou. — Cette espèce n’était pas encore indiquée dans la péninsule. A. tenerum Forst. — Tchangkat Krhou, dans les ravins. —- Non signalé encore dans la péninsule. A. elongatum SW. (4. productum Presl). — Sougni Liang. —- Ne diffère du précédent, auquel M. Baker et M. Beddome le réunissent, que par la forme de ses pinnules, arrondies et comme tronquées, au lieu d’être effilées au sommet. Signalé à Poulo-Pinang et à Singapour, mais non dans la péninsule Malaise. A. caudatum Forst. — Tchangkat Krbou, dans les ravins. A. (Darea) Belangeri Kunze. — Tchangkat Krbou, dans les ravins. A. (Athyrium) drepanophylium Baker (Athyrium falcatum Bedd.). —Tchangkat Simpahh.— N'avait pas encore été indiqué dans la péninsule Malaise. ZEILLER. — FOUGÈRES DE LA PÉNINSULE MALAISE. 75 A. (Diplazium) porrectum Wall. — Sougni Liang, près du Gounong Riam, au voisinage des ruisseaux. A. (Diplazium) decussatum Wall. — Gounong Sünoy. — Il me reste un léger doute au sujet de cette espèce, dont M. de Morgan n’a recueilli qu'un fragment de fronde; l’échantillon qu’il m’a rapporté est intermé- diaire entre l'A. Thwaitesii Br. et l’A. decussatum, tels que les figure M. Beddome (1), qui, du reste, les considère maintenant l’un et l’autre comme de simples formes de l’A. japonicum Thunb. (2). A. (Diplazium) speeiosum Blume. — Tchangkat Simpahh. A. (Diplazium) polypodioides Mett. — Sougni Liang. — Utilisé comme aliment par les Sakayes. Didymochlæna lunulata Desv. — Gounong Riam ; Tchangkat Krbou. — Le tronc de cette espèce atteint 1.mètre de hauteur, avec des frondes de 2 mètres de longueur. Aspidiom (Pleocnemia) membranaceum Hook. — Ipoh, grotte de Boukit Tchüra. — Non encore indiqué dans la péninsule Malaise. Nephrodium (Lastre&) gracileseens Hook. — Tchangkat Krbou. — Non signalé dans la péninsule Malaise. N. (Lastrea) eakearatum Hook. — Sougni Liang. — Non signalé dans la péninsule Malaise. N. (Lastrea) viseosum Baker. — Gounong Riam; Gounong Krbou. N. (Eunephrodium) sakayense, n. Sp. Frondes réunies en touffes serrées, d’un vert foncé, bipinnatifides, longues de 1" à 1,20, larges de 0",25 à 0",30, ovales-lancéolées, terminées au sommet en une longue pointe simplement pinnatifide. Rachis d’un rouge brun foncé, légèrement canaliculé sur lo face supérieure, et muni le long de ce sillon de poils écailleux et de quelques écailles plus grandes d’un brun très pâle. Pennes étalées-dressées, de consistance papyracée, alternes, distantes d’un même côté, de 0",025 à 0,030, longues de 0”,15 à 0,20, larges de 0",015 à 0,018, linéaires- lancéolées, atténuées au sommet en pointe aiguë, divisées jusqu’au tiers ou aux deux cinquièmes de leur hauteur, en partant du bord, en lobes obtusément aigus, très légè- rement arqués en faux, et obscurément crénelés au sommet. Rachis des pennes garni, à la face supérieure, de poils d’un brun très pâle ou blan châtres, qui se montrent également, mais beaucoup plus rares, sur la nervure médiane de chaque lobe, et sur les nervules qui s'en détachent; face inférieure du limbe fine- ment glanduleuse. Nervures médianes des lobes étalées-dressées, espacées de 3m à 4%, droites ou légèrement courbées en faux, émettant buit à dix paires de nervules simples, droites ou faiblement arquées : les deux nervules inférieures de deux lobes contigus s'unissent l’une à l’autre, en formant le long du rachis de la penne un triangle à sommet obtus, duquel part une nerville libre parallèle aux nervures médianes des (1) Beddome, The Ferns of British India, vol. IH, pl. 291, 292. 2) Beddome, Handb. to the Ferns of Brit. India, p. 180. 70 SÉANCE DU 21 FÉVRIER 1885. lobes, qui s'arrête à 3%" du rachis, un peu avant d'atteindre le sinus séparatif de ces lobes ; les deux nervules suivantes se recourbent brusquement vers le haut au mo- ment de s'unir, et suivent ensuite le contour extérieur de leurs lobes respectifs presque jusqu’au point où aboutit la troisième nervule, laissant entre elles une bande membra- neuse de 0,1 de largeur, qui se continue et prolonge la soudure des lobes jusqu'à l'extrémité de la quatrième nervule. Sores placés à la base même de chacune des quatre ou cinq nervules les plus basses, tout contre la nervure médiane du lobe, au nombre, par conséquent, de 4 à 5 paires par lobe, et de À à 3 paires seulement vers l'extrémité des pennes. Indusium très caduc. Sougni Liang, près duGounong Riam. — Cette espèce, dont je tire le nom de celui de la peuplade des Sakayes, ressemble à beaucoup d’égards, et notamment par sa forme générale, au Nephrodium truncatum Presl (Aspidium truncatum Gaud.); mais celui-ci, dont M. Baker a bien voulu m'envoyer un échantillon comme terme de comparaison, a les pennes plus développées en largeur comme en longueur, les lobes de celles-ci plus lar- ges, plus nettement tronqués et plus visiblement crénelés au sommet; sa consistance est plus coriace; les trois ou quatre nervules inférieures de chaque lobe s’unissent régulièrement à celles du lobe voisin. Enfin les sores, beaucoup plus nombreux, s’élevant jusqu'aux nervules supérieures de chaque lobe, sont placés seulement près de la base de celles-ci, à peu de distance de la nervure médiane, et non pas à leur base même tout contre la nervure. N. (Sagenia) eoadunatum Wall. — Ipoh, grotte de Boukit Tchüra. Nephrolepis ramosa Moore. — Sougni Liang, sur les troncs des arbres. Polypodium (Phegopteris) punetatum Thunb. — Ipoh, grotte de Boukit Tchôra. P. (Dictyopteris) aifforme Blume. — Klian Kindin, près des ruis- seaux. P. subpinnatifidum Blume. — Sur les rochers du Gounong Krbou. — Celte jolie espèce n’était pas encore signalée dans la péninsule Malaise. P.khasyanum Hook.— Tchangkat Krbou, dansles fentes des rochers. — Non encore indiqué dans la péninsule Malaise. P. obliquatum Blume. — Tehangkat Simpahh. — Non signalé jus- qu’à présent dans la péninsule Malaise. P. fuscatum Blume.— Gounong Krbou, sur les arbres. — Non encore indiqué dans la péninsule Malaise. P. (Phymatodes) stenophyllum, var. 5. Blume. — Tchangkat Krbou, sur les arbres. ZEILLER. — FOUGÈRES DE LA PÉNINSULE MALAISE, 77 P. (Phymatodes) superficiale Bl. — Tchangkat Krbou, sur les arbres. P. (Phymatodes) Morgani, n. sp. Rhizome traçant, recouvert d'un enduit cireux d'un blanc bleuâtre, et muni d'écailles brunes, lancéolées, aiguës, à bord entier, qui garnissent également la base du pétiole de chaque fronde. Frondes simples, entières, lancéolées, graduellement atténuées en pointe aiguë au sommet, atténuées de même vers le bas en un pétiole long de 0,06 à 0",10 ; limbe de 0",20 à 0",30 de longueur sur 0,020 à 0",035 de largeur. Frondes stériles et fertiles légèrement dimorphes : les frondes stériles plus courtes et plus larges, à limbe de 0,20 sur 0",055 ; les frondes fertiles plus longues et plus étroites, à limbe de 0,20 à 0°,50 sur 0",018 à 0,022 de largeur seulement, parfois obscurément crénelées vers le sommet. Consistance coriace ; faces inférieure et supérieure lisses et glabres. De la nervure médiane de la fronde partent des nervures secondaires principales nettement accentuées, étalées-dressées, distantes de 5" à 6"" les unes des autres, très légèrement flexueuses, qui se continuent presque jusqu'au bord du limbe ; elies compren- nent entre elles, dans le sens longitudinal, deux à trois séries d’aréoles irrégulières avec nervilles libres, et dans le sens transversal, entre la nervure médiane ctle bord du limbe, huit à dix séries d’aréoles sur les frondes stériles, et quatre à six sur les frondes fer- tiles. Nervation peu distincte, sauf les nervures principales, mais visible pourtant par transparence, du moins sur le sec. Sores arrondis, de 2"" de diamètre, formant une seule série de chaque côté de la ner- vure médiane, presque à égale distance entre celte nervure et le bord, un peu plus près cependant de celui-ci; un seul sore entre chaque deux nervures secondaires prin- cipales. Les sores sont nettement immergés, placés au fond d’une dépression tronco- nique un peu plus large à l'entrée qu'au fond, formant sur la face supérieure de la fronde une suillic très accusée. Les files de sores n'occupent que les deux tiers supérieurs du limbe, et encore à l'exception de la pointe extrême, qui reste stérile. Tchangkat Simpahbh, sur les troncs d'arbres dans les endroits humides. — D'après les indications qu'a bien voulu me donner M. Baker, celte espèce, que je me fais un plaisir de dédier à mon ami M. J. de Morgan, vient se placer à côté du P. simplicissimum F. Muller, de lAustralie, dont elle diffère par ses frondes moins étroites, et surlout par ses sores immergés. Elle prendrait dans le Synopsis Filicum le n° 330 **. P. (Dipteris) bipteris Blume. — Gounong Riam.— Cette magnifique Fougère, dont le pétiole dépasse 2 mètres de hauteur, forme en certains points, d’après les observations de M. de Morgan, de vraies forêts sous lesquelles rien ne pousse, et où l’on ne peut se frayer un passage que le Couteau à la main. P. (Phymatodes) macrochasmum Baker. —Gounong Krbou.— Cette espèce, récemment créée par M. Baker, à qui j'en dois la détermi- nation, n’a encore été signalée que sur un seul point, au mont Singalan, dans l'ile de Sumatra (1). (1) Baker, On a Collection of Ferns made by D° Beccart in Western Sumatra (Tri- nen’s Journ. of Botany, t. XNILT, 1880, p. 216). 18 SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. P. (Phymatodes) ineurvatum Blume.— Gounong Riam, sur les arbres P. (Phymatodes) paimatum Blume. — Gounong Sünoy. Gymnogramme (Selliquea) Feei Hook. var. vulcanica Blume (sp.). — Sougni Liang, sur les arbres. Antrophyum angustatum Brack. — Gounong Sünoy, sur les arbres. — Cette forme, qui se rattache à l'A. plantayineum Kaulf., ne parait pas avoir encore été signalée dans la péninsule Malaise. Tænitis blechnoides Sw. — Gounong Riam. MARATTIACÉES. Angiopteris evecta Hoffm. var. cuspidata Blume. — Sougni Liang Gounong Riam. — Les échantillons recueillis par M. de Morgan, à pin- nules de 0,012 environ de largeur, terminées en pointe dentelée, con- cordent exactement avec un échantillon de Blume, qui se trouve dans l'herbier du Muséum sous le nom que je viens d'indiquer; ils s'accordent du reste tout aussi bien avec l'A. Durvilleana de Vriese. LYCOPODIACÉES. Lycopodium cernuum Linn. — Gounong Riam. Selaginella (Stachygynandrum) atroviridis Spring. — Gounong Sünoy. S. (Stachygynandrum) Waïiehii Spring. — Sougni Liang, près du Gounong Riam. S. (Heterostachys) Morgani, n. sp. Tiges de 0",20 à 0,25 de longueur et de 2/3 de millimètre environ de diamètre, simples ou à peine ramifiées dans le quart ou le tiers inférieur, puis émettant sous des angles de 30° à 40° des rameaux alternes, plus ou moins ramifés, de 1/3 de millimètre de diamètre environ, distants, d’un même côté, de 0",015 à 0",020. Rameaux de la portion moyenne de la tige stériles, longs de 0",025 à 0,030, émettant un ou deux ramules dressés, simples ou ramifiés eux-mêmes une seule fois ; rameaux du tiers su- périeur fertiles, émettant chacun deux ou trois ramules alternes, simples ou divisés eux-mêmes une ou deux fois par dichotomie, et portant à leur extrémité les épis de fruc- tification, qui sont ainsi au nombre de six ou sept pour chaque rameau primaire ; rameaux du sommet plus courts et moins ramifiés, ne portant que un à trois épis. Feuilles dimorphes, d’un vert foncé en dessus, plus pâles en dessous, attachées sur les angles de la tige, espacées, sur une même file, de 2%" à 2% 5 sur la tige, et de 1" à 1"°,5 sur les rameaux. Feuilles antérieures étroitement appliquées, ovales-lancéolées, aiguës et mucronulées au sommet, finement denticulées sur les bords, munies sur le dos d'une carène rectiligne ou plus souvent arquée et convexe vers l'extérieur ; leur longueur atteint 1%%,25 ou 1%%,30 sur la tige, et est réduite à moitié sur les rameaux ; sur ceux-ci elles sont plus ou moins imbriquées. Feuilles postérieures étalées-dressées, ovales-lan- céolées, aiguës au sommet, finement denticulées, surtout le long du bord supérieur, et beaucoup pius obscurément sur le bord inférieur, nettement inéquilatères, largement arrondies à la base du côté supérieur, munies’ sur le dos d’une carène rectiligne plus ou - moins accusée ; sur la tige, elles mesurent environ 1%%,5 de longueur sur 1% à 4,25 ZEILLER. — FOUGÈRES DE LA PÉNINSULE MALAISE. 19 de largeur, et sur les rameaux 0"",75 à 1°" de longueur sur 0"",60 à ("",75 de largeur. Épis de 4"* à 5% de longueur, aplatis, à bractées dimorphes, résupinés. Brac- tées de la face antérieure étalées-dressées, imbriquées, d’un vert foncé, présentant à l'œil un contour ovale-lancéolé, à sommet oblusément aigu, inéquilatère, de 1"" de longueur sur 0"",5 à 0"*,6 de largeur, à bord supérieur finement denticulé, à bord inférieur entier. En réalité elles sont pliées en deux, et le contour inférieur apparent est formé par la carène très aiguë correspondant à ce pli; la moitié repliée en dessous est également finement denticulée sur le bord supérieur. Bractées de la face postérieure dressées, imbriquées, d’un vert plus pâle, ovales-lancéolées, de 0,75 de longueur, sur 0%»,5 à 0,6 de largeur, terminées au sommet en pointe très aiguë, denticulées sur les bords, symétriques, convexes et nettement carénées sur le dos. Macrosporanges orbiculaires-réniformes, de 0"",5 à 0"%,6 de diamètre, placés au nombre de { à 8 à la partie inférieure des épis, de couleur jaunâtre. Macrospores sphé- roïdales, légèrement déprimées, de 1/3 de millimètre de diamètre, bombées d'un côté, pyramidales de l'autre, à trois arêtes légèrement saillantes, de couleur blanche, à sur- face hérissée de pointes très fines Microsporanges à peine plus petits que les macro- sporanges. Microspores d’un rouge jaunâtre (couleur de bichromate de potasse). Gounong Riam et Gounong Krbou, au milieu des Mousses. — Cette espèce appartient au sous-genre Heterostachys de M. Baker, et, dans ce sous- genre, au groupe 4 des Suberosæ (1). Elle vient se ranger, dans a elasst- fication de Spring, parmi les Platystachyæ, dans le groupe du $. chryso- caulos, et ressemble beaucoup, d’après les indications de M. Baker, qui a bien voulu l’examiner, au S. glauca Spring; mais elle en diffère par ses bractées beaucoup plus nettement dimorphes, comme par la forme plus aiguë de ses grandes feuilles. J'ajouterai que, d’après Spring, le S. glauca a les macrospores rougetres, tandis que la présente espèce les a tout à fait blanches. Il ressort de l'énumération qui précède que, sur 4 espèces de Fougères récoltées par M. de Morgan, 3 sont lout à fait nouvelles et 17 n'avaient pas encore été observées dans la péninsule Malaise, Il est à noter que, comine on devait s’y attendre, c’est surtout de la région montagneuse que proviennent ces espèces, nouvelles soit par elles-mêmes, soit pour la région. En effet, sur 10 espèces recueillies autour de Klian Kindin el d’Ipoh, une seule n’était pas connue dans la péninsule, l'Aspidium membranaceum, signalé à Ceylan, à Java et aux Philippines. La propor- tion est beaucoup plus forte pour les espèces, au nombre de 44, recueil- lies au voisinage des sommets ou dans les ravins qui les séparent. Sur ce chiffre, 19, c’est-à-dire plus des deux cinquièmes, se sont trouvées nou- velles pour le pays, dont 3 non encore décrites, el 16, c'est-à-dire plus d’un tiers, observées seulement dans d'autres localités. De ces 16 espèces, (1) Baker, A Synopsis of the genus Selaginella (Trimen's Journal of Botany, t. XXI 1883, p. 5). 80 SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1889. deux étaient signalées tout près de la péninsule Malaise, le Davallia Emersoni à Poulo-Pinang et l'Asplenium elongatum à Poulo-Pinang et à Singapour. Les autres se trouvent pour la plupart dans les îles de la Sonde, à Sumatra, Java ou Bornéo; 3 seulement n'étaient connues que de régions plus lointaines, les Asplenium normale et drepanophyllum, indiqués seulement dans l’Inde, et le Polypodium khasyanum dans l'Himalaya. M. Duval, vice-secrétaire, donne lecture de la communication suivante : SUR LES PHÉNOMÈNES DE SOUDURE DES COUCHES LIGNEUSES QUI SE RENCONTRENT DANS LEUR ACCROISSEMENT EN SENS INVERSE, par M. E. GUINIER. Dans une communication insérée au Bulletin, séance du 11 juillet 1884, et relative à une anomalie des branches du Pin maritime, M. Van Tieghem constate la soudure, avec résorption de l'écorce, du corps ligneux appartenant à deux moitiés de branches, dont les surfaces de section se sont cicatrisées et recouvertes d’accroissements ligneux. M. Bonnier à cité à ce sujet l'exemple d'un Chèvrefeuille enroulé autour d'un Peuplier, la plante grimpante étant devenue tout à faitinterne, et la couche génératrice du Peuplier s'étant refermée autour d’elle, J'ai figuré dans la planche T, fig. 1 (réduction au 1/3), la coupe longi- tudinale passant par la moelle d’un tronçon d’une tige d’Aune recueillie dans la forêt de Prayols (Ariège), tige qui présente ce même phénomène. L'un des bourrelets À de cette coupe longitudinale est dessiné en gran- deur naturelle dans la figure 2, où l'on voit la disposition des couches ligneuses qui entourent la tige du Chèvrefeuille. Il s’est constitué d’abord, au-dessus et au-dessous de la ligne spirale suivant laquelle la plante grimpante a exercé sa constriction sur la tige d'Aune, des bourrelets ligneux qui ont grossi, en se recouvrant d’accrois- sements successifs, marchant pour ainsi dire à la rencontre les uns des autres. Quand ces accroissements sont arrivés à se toucher, l'écorce a disparu sur le plan de contact, et le sinus très aigu compris entre les bourrelets s’est comblé à laide d’une formation figneuse sans solution de continuité en ce point; mais il est resté au milieu du corps ligneux de l’Aune uu Jambeau d’écorce isolé, qui contourne d’abord la tige du Chèvre- feuille, et revêt ensuite les parois d’une fente placée entre les lèvres des bourrelets primitivement formés, fente qui disparaît en s’amincissant dans l'intérieur de la couche ligneuse, qui la première s’est refermée par la soudure de ses deux parties. GUINIER. — SOUDURES DES COUCHES LIGNEUSES. 81 Ce phénomène n'est pas différent de celui qu’on observe toutes les fois que, par une lésion profonde de l'écorce, par l’ablation d’une branche rez-tronc, etc., il y a eu solution de continuité de la zone génératrice, puis cicatrisation de la plaie par les accroissements ligneux successifs, et finalement soudure des parties en contact de la couche ligneuse qui est venue oblitérer complètementla cicatrice. C’est encore un phénomène semblable qu’on observe quand deux tiges, très voisines et s’élevant sur la même souche dans une direction presque parallèle, se soudent en un seul tronc par suite des progrès de leur crois- sance. Ce fait est très fréquent, mais il n’est pas apparent à l’extérieur : le débit des troncs le révèle, et l’on voit alors, sur la section perpendiculaire à l'axe, deux séries de couches concentriques formant un 8, séries dont l'ensemble est recouvert de couches ligneuses non discontinues eltendant à revenir à la forme circulaire dès qu’elles ont comblé les angles rentrants du 8. Ordinairement il reste, au point de tangence des deux boucles du 8, un lambcau d’écorce plus ou moins étendu, isolé et comme noyé au milieu de la masse ligneuse. Voici comment on peut concevoir ces phénomènes de soudure : Lorsque les bourrelets appartenant à une même couche ligneuse en voie de formation se rencontrent, il se produit, par la pression réciproque qu'ils exercent l’un sur l’autre, un amincissement des écorces. Cet amin- cissement s’observe très bien quand un bourrelet pareil vient buter contre un obstacle résistant, par exemple le chicot d’une branche sèche, ou bien, dans le cas suivant très remarquable : Une souche de Sapin, exploitée depuis un assez grand nombre d'années, et creuse à l’intérieur, avait continué à vivre et àse recouvrir d’accroissements ligneux (Gæppert); les bourrelets ligneux formés sur le bord extérieur, après avoir recouvert R surface de la troncature, s'étendaient à l'intérieur, et donnaient sur la Surface cylindrique intérieure des épanchements de matière ligneuse atténués par le bas en forme de lune, lesquels étaient séparés de la surface inerte du bois de la souche par une pellicule d’écorce excessivement mince. À la faveur de cet amincissement, l'écorce est pénétrée par le tissu ligneux, rejetée à droite et à gauche, et dès lors l’accroissement ligneux en voie de formation ferme la fente qui sépare les bourrelets, et isole pour toujours l'écorce qui tapisseles parois de cette fente. Pour que les choses pussent se passer autrement, il faudrait que l'accroissement du corps ligneux füt arrêté par les écorces en contact, el que, cessant de s'effectuer suivant ce plan de contact, il se continuât seu- lement sur lesdeux lèvres de la fissure, qui marquerait la limite de ces deux écorces, comme si cette limite était rendue infranchissable par une lame métallique mince qu'on supposerait fixée entre les bourrelets pri- mitifs. T. XXXIL (SÉANCES) 6 82 SÉANCE DU 21 FÉVRIER 18859. Mais le tissu de l'écorce jeune des bourrelets est toujours plus ou moins mou ; dès que cette écorce est soustraite au contact de l'air, il ne s’y forme probablement plus de tissus secs, liège ou péridèrme. Il faut remarquer aussi que, dans les conditions normales, l'écorce s’accroit dans le sens tangentiel plus que dans le sens de l’épasseur; la compression, opposant un obstacle à l'accroissement dans le sens de l’épaisseur, facilite encore l'écartement des éléments, fussent-ils doués d’une certaine résistance (liber). On comprend ainsi jusqu’à un certain point que les tissus les plus extérieurs de l’écorce disparaissent les premiers. Étant donnée d’ailleurs la force d'expansion propre au tissu ligneux en formation, la pénétration de l’écorce par ce tissu n’est plus difficile à concevoir. Quand deux corps ligneux, munis d’une écorce dure, épaisse et dont une partie notable n’est plus vivante, viennent à se rencontrer, comme dans le cas de la soudure de deux troncs, cette double écorce forme un plan de séparation impénétrable à toute formation ligneuse ; seulement il se développe de part et d’autre de ce plan des bourrelets qui, eux, pour- ront se souder comme nous l’avons vu plus haut. Dans les branches anormales de Pin maritime, la rencontre des corps ligneux se fait de la même manière, mais ces corps ligneux ne sont recou- verts que de l'écorce tendre et à tissus vivants qui est celle des jeunes branches de cette essence. Cette double écorce est donc susceptible de s’'amincir et de se laisser pénétrer par le tissu ligneux en formation, de manière à disparaître complètement à l’étranglement du 8 formé par les corps ligneux au moment de Jeur rencontre, et sans qu’il reste aucun lambeau d’écorce enclavé. La question de la soudure des couches ligneuses en voie de formation a été étudiée, mais succinctement, par Duhamel du Monceau (Physique des arbres, t. 1T, Viv. 1v, p. 83 à 84), qui signale des résultats analogues. Il est à remarquer que, dans une expérience ayant pour but de provo- quer, s’il était possible, l’union des deux écorces de deux jeunes Chènes assujettis lun contre l’autre, Duhamel reconnut qu'il y avait entre les deux morceaux de bois deux couches d’écorce brune non adhérente, mais que ces écorces étaient traversées par de « petites veines herbacées » qui commençaient à former une légère union ». Ce phénomène, s’il était vérifié, appellerait une étude anatomique dont Duhamel ne s’est pas préoccupé. M. Leclerc du Sablon fait observer, à propos de la communica- ion de M. Guinier, qu'il a observé plusieurs cas comparables à ceux signalés par notre confrère. En faisant l’anatomie de l’arbre qui sert de support à la plante grimpante au moment où les cou- COSTANTIN. — ÉPIDERME DES VÉGÉTAUX AQUATIQUES. 83 ches génératrices des deux bourrelets vont arriver au contact l’une de l'autre, on peut observer quelques modifications dans le produit de leur activité. Sur un Tremble, par exemple, le bois notamment se trouve modifié ; il est plus mince que le bois ordinaire, et contient des îlots de fibres comparables aux fibres libériennes. On observe aussi quelquefois une production de suber particu- lier. On peut remarquer de plus que la tige grimpante modifie, par la présence qu’elle exerce sur le support, la direction des vaisseaux du bois dans ce dernier. En effet, les vaisseaux qui se forment lorsque cette pression est déjà assez forte ne sont plus ver- ticaux ; ils longent la face inférieure de la tige grimpante, en sorte que la sève peut monter par ce chemin spiralé jusqu’à la partie supérieure de l’axe, sans jamais passer sous la plante grimpante. M. Costantin fait à la Société la communication suivante : OBSERVATIONS CRITIQUES SUR L'ÉPIDERME DES FEUILLES DES VÉGÉTAUX AQUATIQUES, par M. J. COSTANTIN. L’épiderme est une membrane dont l’étude a été souvent entreprise; cependant bien peu d’uniformité s’observe dans l’ensemble des résultats obtenus, bien des questions sont encore à résoudre. L’épiderme manque- til dans les plantes submergées? Le milieu a-t-il une influence sur sa structure? Je vais essayer d'aborder ces deux questions en groupant Îles faits établis par divers botanistes, et en m’efforçant de les subordonner d'après leur importance. L Présence ou absence d’épiderme.—Selon Brongniart et de Jussieu, l'épiderme manque dans les feuilles submergées. Ces deux botanistes pensaient ainsi parce que, dans ce cas, les deux caractères de l’épiderme des feuilles aériennes ne s’observent plus : la présence des stomates et l'absence de chlorophylle. Ces deux caractères peuvent-ils servir à définir l’épiderme ? C'est ce que je veux examiner d’abord. | 1 La chlorophylle peut-elle exister dans les cellules de l'épiderme ? C’est un fait établi depuis longtemps que la matière verte peut exister dans les cellules épidermiques en même temps que les stomates chez un certain nombre de plantes aquatiques (1). Mais, mème pour les feuilles atiques (Alisma Plantago, de la t. HE, (1) Chatin, Anatomie comparée des végétaux: Plantes aqu 1 A. rantinculoides Damasonium vulgare, ete.). — Ghatin, Note sur race Matière verte dans l'épiderme des feuilles aquatiques (Bull. Soc. bot. de France, P. 675) (Hippuris, vulgaris Peplis Portula, Trapa natans, etc.). 84 SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. acriennes, on sait aujourd’hui que la présence de la matière verte s’ob- serve très ordinairement dansles cellules externes des feuilles: c’est ainsi que M. Stoehr a constaté que sur 102 Dicotylédones, 94 présentent de la chlorophylle (1). Done, puisque la chlorophylle peut exister en même temps dans les cellules non stomatiques et dans les stomates, et. que la matière verte se rencontre très souvent dans les feuilles aériennes, on ne peut pas tenir compte de la présence ou de l’absence de chloro- phylle pour dire qu’il y a ou qu'il n’y a pas d’épiderme. L’existence de ce pigment en grande abondance dans l’assise externe des feuilles sub- mergées tient à l’action du milieu. L’anatomie comparée des végétaux aqualiques parait amener à ce résultat, que l'expérience confirme d’après M. Askenasy (2) et M. Lewakoffski (3). 2 Le caractère tiré de la présence des stomates est-il meilleur que le précédent? Cela pourrait ètre, si une même feuille ne présentait aucune variation dans la répartition des stomates. En est-il ainsi? Si lon démontre qu’une face d’une feuille peut présenter ou non des stomates quand le milieu varie, l’absence des stomates ne permettra pas de con- clure à l'absence d’épiderme. Je vais examiner si l’on connaît des exem- ples de telles variations. Il. Jiépartition des stomates sur les feuilles nageantes et submer- gées. — Afin de déterminer l'influence du milieu sur la répartition des stomates, trois méthodes ont été employées, l'observation isolée, l’étude du développement, et l'expérience. Ces trois méthodes, dont la valeur est très différente, ont guidé les botanistes qui se sont occupés de la question actuelle. L'observation simple ne donne pas l’état final, le développement est plus instructif, mais l’expérience seule est probante. Examinons et discutons les résultats obtenus par ces méthodes différentes. Observations isolées. — Les feuilles submergées n’ont pas de stomates, c'est en parliculier ce que Brongniart a constaté chez le Potamogeton lucens (4). Les deux faces des feuilles nageantes ont une organisation différente en rapport avec les deux milieux aérien et aquatique : « C’est le milieu, dit A. de Jussieu (5), où vit la plante qui détermine la présence ou l'absence d'épiderme; cela est tellement vrai, que, dans les feuilles qui nagent à plat sur l’eau, la face supérieure qui se trouve en rapport avec (1) Stoehr, Sitzungsberichte der Wiener Akademie, 1819, LXXIX, p. 17. (2) M. Askenasy à constaté, en submergeant une feuille aérienne de Ranunculus aqualilis, que l'action du nouveau milieu se manifeste immédiatement par l'apparition de matière verte en grande abondance dans l’épiderme. (Bot. Zeit. 1870, p. 192.) (3) Influence du milieu sur la forme des plantes (Mém. de l’Acad. de Kazan, 1873, n° 6). L'effet de l'action de l’eau sur le Æubus fruticosus est d’accumuler la chlorophylle dans les parties périphériques. (4) Annales sc. nat. 1° série, 189), & XXL. (5) Cours élémentaire de botanique, p. 43. COSTANTIN. — ÉPIDERME DES VÉGÉTAUX AQUATIQUES. DH] l'air est garnie de stomates; la face inférieure n’en a pas. » Ge résultat peut se comprendre quand on se rappelle que les stomates servent à mettre le parenchyme foliaire en rapport avec l'air atmosphérique, et jouent un rôle si important dans la transpiration. Les lois précédentes ne sont pas aussi générales qu’on pourrait le croire d'après les énoncés précédents. On a trouvé des stomates à la face infé- rieure des feuilles nageantes, on en a observé sur les feuilles submergécs. M. Duchartre (1) a le premier signalé l'existence de stomates à la face inférieure des feuilles nageantes du Limnocharis Ilumboldtii et de l'Hydrocharis Morsus-rane. Depuis cette observation, les exceptions se sont multipliées. M. Boro- din (2) a trouvé chez le Callitriche autumnalis un groupe de stomates au sommet des jeunes feuilles, bien que la plante vive sabmergée; chez le Callitriche verna, ce groupe est remplacé par un stomate largement ouvert, Le même auteur cite également l’existence d’un stomate à l’extré- mité de la nervure médiane de l’Hippuris vulgaris. D'autres observateurs ont faitles mêmes constatations : M. Askenasy (3) sur les feuilles cotylédo- paires du Ranunculus aquatilis, M. Braun (4) sur les feuilles primor- diales submergées des Marsilia, etc. Enfin j'ai observé également la présence de stomates sur les feuilles submergées des Villarsia ovata et Pontederia cordata croissant dans le bassin du Jardin botanique de Bordeaux. Les stomates peuvent donc exister sur les feuilles aquatiques. Cette observation permet-elle de conclure que le milieu n'empêche pas la for- mation des stomates ? C’est l'opinion qui a été formulée autrefois d'une manière nette par M. Weiss (5). Cet auteur, après avoir constaté l’extrème diversité qui se rencontre à l'égard de la répartition des stomates dans une même famille, dans un même genre, termine en disant que le milieu, la terre, l'air et l'eau, lobseurité et la lumière, n’ont aucune influence sur les stomates. Mais l'auteur ne donne pas la preuve des résultats qu'il avance. Devant une affirmation aussi catégorique, voyons ce que le développement et l'expé- rience nous apprennent. Développement. — L'observation isolée conduit à des contradictions que l'étude du développement servira peut-être à lever. Voici plusieurs faits qui permettront probablement de comprendre quelques-unes des anomalies enregistrées par les observateurs. (1). Buli. Soc. bot. de France, t. I, p. 675. un (2) Ueber den Bau der Blattspilze emiger Wasserpflanien (Bot. Ze. 1870, n 52). M. Reinhardt a constaté un fait analogue chez le Callitriche hamulata (Bot. Jahres- bericht, 1879, p. 30). (3) Bot. Zeitung, 1870, p. 192. . u (4) Monatsberichte der k. preuss. Akad. der Wiss. zu Berlin, 1870, p. 669. (5) Pringsheim's Jahrb. für wiss. Bot. t. IV, p. 189. 86 SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. 4 Le Sagittaria sagittifolia présente trois sortes de feuilles : les feuilles submergées rubanées, les feuilles nageantes en cœur, et les feuilles aériennes en flèche (1). On sait depuis longtemps que les pre- mières n’ont pas de stomates sur les deux faces, tandis que les troisièmes en ont au contraire des deux côtés (2). Les feuilles nageantes sont très intéressantes, et ont été étudiées il y a quelques années par M. Rein- hardt (3). Les premières feuilles nageantes qui apparaissent n’ont pas de stomates à la face inférieure. Entre ces premières feuilles et les feuilles véritablement aériennes, il y a une série de transitions, non seulement par la forme, mais par la structure; les feuilles nageantes suivantes ont un petit nombre de stomates à la face inférieure, et moins que précédemment à la face supérieure : ceci s'accorde peut-être avec une tendance à se soulever au-dessus de la surface de l’eau. % Un second fait est également établi dans le mémoire du précédent auteur (4), c’est que le développement des stomates dans les feuilles de l’'Hydrocharis Morsus-ranæ commence dans le bourgeon hibernal. Ces organes de transpiration sont déjà formés, le bourgeon étant encore com- plètement clos. Les stomates que l’on observe dans une feuille non encore arrivée à l’air peuvent donc souvent se former avant que la feuille soit au contact de l’eau. J'ai constaté un fait analogue en étudiant la face supérieure du Limno- charis IHumboldtii. La feuille était encore complètement convolutée, que l’'épiderme supérieur était couvert de stomates qui ne s’étaient pas formés au contact de l’eau (5). En somme, le développement montre que la question est complexe, et que, sile milieu peut avoir une influence, d’autres causes peuvent agir pour déterminer l'apparition des stomates. En effet, ces petits appareils peuvent exister sur une feuille aquatique parce qu’ils se sont formés dans le bourgeon. L'étude du développement conduit donc à rejeter les résultats dus à des observations simples. Cette seconde méthode n’est d’ailleurs pas plus décisive que la première, quant à ce qui regarde l’influence du milieu. Cette influence ne peut être établie que par l'expérience. (1) Reinsch, Ueber die dreierlei Arten der Blätter der Sagittaria sagittifolia L. (Flora, 1860, n° 47, p. 740). (2) Chatin, Analomie comparée des végétaux : Plantes aquatiques. — Reinsch, Loc. cit. (2) Quelques notes sur le développement des stomates chez les plantes, en russe Charkow, 1879 (voy. Bot. Jahresbericht, 1875, p. 31). (4) Reinhardt, loc. cit. (o) Les feuilles submergées et les feuilles nageantes jeunes du Limnocharis ne pos- sèdent pas de stomates sur la presque totalité de leur face inférieure, sauf sur une suce extrèmement réduite (1 ou 2 millimètres carrés), à l'extrémité de la nervure mediane, COSTANTIN. — ÉPIDERME DES VÉGÉTAUX AQUATIQUES. 87 Expériences. — La première expérience à citer est très nette, et en contradiction formelle avec l'affirmation de M. Weiss; elle est déjà ancienne et due à M. Hildebrand (1). Cet auteur a eu l’occasion d'étudier un Marsilia quadrifolia qui avait été submergé. Ce pied possède des feuilles nageantes n’ayant de stomates qu’à leur face supérieure ; les pieds terrestres voisins ont des feuilles aériennes qui ont des stomates sur les deux faces. Le même botaniste a pu faire les mêmes constatations avec le Marsilia pubescens et le Polygonum amphibium. Chez cette dernière espèce, les changements sont frappants. Un pied de Polygonum amphibium lat trouvé par M. Hildebrand loin d’un endroit aquatique; il était vraisemblablement adapté à la vie aérienne depuis longtemps. Il fut transporté dans l’eau ; les feuilles aériennes (qui avaient plus de stomates à leur face inférieure qu’à leur face supérieure) moururent, et il appa- rut des feuilles nageantes. Il est donc très curieux de voir, dans ces trois exemples, que les feuilles se modifient complètement par suite de leur séjour dans l’eau : dans les unes, il y a des stomates sur les deux faces et même plus à la face inférieure (Polygonum amphibium), comme dans [es feuilles aériennes ; dans les autres, il n’y en a qu’à la face supé- rieure, comme dans les feuilles nageantes de Nymphæa. Un second expérimentateur, M. Askenasy (2), conclut également dans le même sens. Il a fait germer sur la terre humide et dans l’eau des Ranunculus aquatilis, il a trouvé des stomates sur la forme terrestre seulement. M. Askenasy a également fait une expérience très instruc- tive, [la submergé un de ces pieds qui avait commencé à se déve- lopper à l'air. Les anciennes feuilles pourrissent, il s’en produit de nouvelles qui prennent peu à peu l'aspect extérieur des feuilles aquati- ques; les premières feuilles rappellent encore un peu les feuilles terres- tres, non seulement par leur aspect, mais par la présence des stomates, cependant les cellules se remplissent de chlorophylle. Bientôt le nombre des stomates diminue, et la base des laciniures n’a plus de stomates quand l’extrémité en a encore. Enfin M. Lewakoffski (3), chez un Rubus qu'il a submergé, et tout récemment M. Schenck, en étudiant un pied de Cardamine prutensis développé sous l’eau, ont trouvé que les stomates existaient sur les deux faces des feuilles aquatiques, mais en plus grande abondance à la face supérieure, tandis que l'inverse a lieu sur les feuilles aériennes. Conclusions. — I] résulte des faits précédents que : a. Le nombre des slomates peut varier dans une même plante pour. (1) Bot. Zeit. 1870. (2) Loc. cit. (3) Influence du milieu sur la forme des plantes (Mém. de l'Acad. de Kazan, 1873, 6). n° 83 SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. les feuilles identiques. Ce résultat ressort nettement des expériences de M. Hildebrand, etc. b. L'absence de chlorophylle et la présence de stomates ne peuvent servir à définir l'épiderme. C'est la conséquence du résultat précédent. M. Sicard était arrivé à ce résultat, mais pour d’autres raisons. c. Le milieu aquatique a une influence sur la formation des stomates. Les expériences qui permettent d'arriver à ce résultat sont trop peu nombreuses pour qu'on ait le droit de généraliser. Il est indispensable de les répéter et de les multiplier, pour pouvoir justifier d’une manière bien décisive ce dernier énoncé. A la suite de la communication précédente, M. Mer fait les obser- vations suivantes : Je rappelle à la Société qu'il résulte des nombreuses recherches que j'ai entreprises sur la question, et dont une partie a été publiée dans le Bulletin (1), que lhérédité exerce une influence prépondérante sur l'apparition des stomates, et qu’il y a souvent antagonisme entre cette influence et celle du milieu. J’ai fait connaître de nombreux cas qui témoi- gnent de cet antagonisme. Il suffira d’en rappeler quelques-uns : persis- tance des stomates sur les feuilles et les inflorescences de Subularia aquatica, dans les stations où cette plante est toujours submergée ; sur les feuilles de Potamogeton r'ufescens insérées à la partie supérieure de la tige, lors même qu’elles se tiennent à une assez grande distance au- dessous de la surface de l’eau ; sur les feuilles nageantes de Nuphar pu- milum, qui ont parfois à traverser une couche d’eau d’une épaisseur de plusieurs mètres, avant d'arriver à l'air, etc. Réciproquement, il existe des plantes qui, pendant les grandes séche- resses, se trouvant parfois émergées, développent des feuilles aériennes sur lesquelles on n’aperçoit jamais trace de stomates (Jsoetes lacus- tris). I'est probable que, si leur émersion était plus fréquente qu'elle ne l’est, les feuilles qui naissent hors de l’eau acquerraient une constitu- tion plus aérienne et se garniraient peu à peu de stomates. C’est ce qui arrive pour la Littorelle, sur les feuilles aériennes de laquelle ces organes s’observent en assez grand nombre, principalement dans le voisinage de la pointe. La présence des stomates à l'extrémité des feuilles immergées dans un grand nombre d'espèces (Ranunculus aquatilis, Myriophyllum alter- niflorum, etc.), de même que dans celles qui vivent immergées par la (4) Bull. Soc. bot. de France, t. XXVIT, p. 50, 194; t. XXVIIL, p. 87; t. XXIX, p. 81. — Comptes rendus Acad. des sc. t. LXE, p. 375; t. XCIV,p. 175; t. XCY p. 395. — Associal. franç. Paris, 1878, p. 715; Alger, 1881, p. 642. ! SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. 89 bâse, la partie supérieure à l’air (Typha, Carex ampullacea, ete.), est une preuve à invoquer en faveur de l'influence de l’hérédité. L'observation montre que, lorsqu'une plante peut vivre à l’air et sous l'eau, elle acquiert tout de suite, quand elle se développe dans l’un ou l’autre de ces milieux, et cela en vertu de l'hérédité, les caractères propres à chacun d'eux. Les feuilles de Callitriche qui se trouvent tour à tour submergées et émergées, suivant les variations de niveau, en présentent un remarquable exemple sur lequel j’ai insisté à plusieurs reprises. Hilde- brand, dont M. Costantin vient de parler, cite de son côté, à l'appui de la même thèse, les Marsilia quadrifolia, Sagittaria sagittifolia et Poly- gonum amphibium. Pendant longtemps a régné l’idée que les stomates sont complètement sous la dépendance du milieu, disparaissant ou apparaissant dès que celui-ci devient aquatique ou aérien. Les partisans des causes finales, voyant dans les stomates des organes destinés spécialement à la transpi- ration, trouvaient lout naturel d'admettre leur absence dès que leur fonc- tion devient inutile. Cette opinion était fondée sur des observations incomplètes ou inexactes. Il a été reconnu depuis que les stomales sont bien plus fréquents sur les feuilles aquatiques qu’on ne le croyait, qu’ils Sy perpétuent sans déformation apparente, et sans que leur présence nuise au fonctionnement de la plante, de même qu’ils peuvent faire défaut sur certaines feuilles aériennes, sans que ces dernières paraissent en souffrir. Des remarques précédentes, il ne faudrait cependant pas conelure que le milieu n’exerce aucune influence sur l'apparition des stomates. Bien que beaucoup de recherches restent à faire dans cette direction, on pos- sède un certain nombre de faits qui permettent d’entrevoir que la présence des stomates ne résulte pas uniquement du besoin qu’éprouve la feuille de transpirer à l'air, On est parvenu, dans quelques circonstances, à en faire naître sur des organes immergés qui d'ordinaire en sont dépour- vus (feuilles linéaires de Potamogeton natans), où bien à en augmenter la quantité en faisant varier les conditions d'éclairage et d'humidité. C’est ainsi que le nombre des stomates se réduit de plus en plus, à mesure que les formes deviennent plus étiolées. Dans les conditions naturelles, plu- sieurs faits semblables ont été signalés. La feuille insolée de Charme possède à la face inférieure plus de stomates que la feuille ombragée. Dans les feuilles de Lilas commun, les stomates de la face supérieure sont plus nombreux au soleil. Il en est de même pour la face inférieure des feuilles de Seringat. Enfin, dans le Lilas Varin, les feuilles situées à l'extérieur d'un massif possédaient des stomates à la face supérieure, tandis qu'on n'en rencontrait pas sur cette face dans les feuilles situées à l'intérieur de ce même massif. 90 SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. L'observation a montré que, dans certaines espèces, l’apparition des stomates est favorisée par la présence des galles (Vitis vinifera, Ribes nigrum, Populus fastigiata, divers Saliæ, etc.). Tous ces faits établissent une relation évidente entre la nutrition et l'apparition des stomates, relation qui précédemment avait déjà été établie pour les poils radicaux et caulinaires. [l'est à remarquer, du reste, que les conditions qui favorisent le développement des poils favorisent aussi celui des stomates. Aussi peut-on dire d’une manière générale que l’apparition de ces deux sortes d'organes est due à la présence d’un dépôt de matières nutritives, dépôt qui provient souvent d’un ralentisse- ment dans la croissance des tissus. M. Costantin répond en ces termes : Je ferai d'abord remarquer que j'ai cité des faits analogues à celui qu'offre le Subularia. M. Mer dit ensuite que les feuilles de Littorella, à l’air, se garnissent peu à peu de stomates; ce fait n'est-il pas en rapport avec l'influence du milieu ? Quant à la présence des stomates à l'extrémité des feuilles que M. Mer attribue à l’hérédité, il est à observer que le même auteur a autrefois regardé leur présence comme due à une autre cause. En effet, il a attribué leur formation à la nutrition (Bull. de la Soc. bot. de France, t. XXX, p. 121). Relativement aux plantes amphibies, le fait que signale M. Mer de la multiplication des stomates sur les pieds aériens plaide en faveur de l'influence du milieu. [l importe peu de savoir si c’est une force hérédi- taire qui renait; le point en question est qu’elle renaît quand la plante est plongée dans l’eau. D'ailleurs le fait précédent, relatif aux Calli- triche, a déjà été signalé par M. Reinhardt en 1879, chez le Callitriche hamulata. La question de Ja piqûre des galles, quoique intéressante, n'ayant qu'un rapport éloigné avec le sujet, je ne m’en occuperai pas ; je crois devoir également réserver le point relatif à la nutrition pour des recher- ches ultérieures, quand la matière sera müre pour la science. En somme, il est important de retenir actuellement que je ne me suis posé qu'une question à examiner : étant donnés deux pieds d’une même plante, le premier à l'air, le second dans l’eau, y a-t-il plus de stomates sur l’un que sur l'autre? M. Mer ne s’est pas posé nettement cette ques- tion et ne l’a pas résolue. Les expériences que j'ai citées la résolvent, si elles sont vérifiées et généralisées. D'ailleurs, si, comme le dit M. Mer en contradiction avec M. Weiss sur ce point, la lumière a une influence, SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. 91 comment veut-on que le milieu aquatique n’en ait point, puisqu'il déter- mine une modification profonde des rayons lumineux ? M. Duchartre dit qu'il ne comprend pas comment la nutrition peut être modifiée pour amener la formation d'appareils aussi dif- férenciés que les stomates, comme le veut M. Mer. M. Mer répond de la manière suivante : En physiologie, il faut bien distinguer l'établissement des faits, de théo- rics au moins exactes qui peuvent être émises pour les expliquer. L’ap- parition accidentelle de stomates, soit dans des organes à végétation ralentie, soit dans des tissus devenus, par suile de lésions particulières, le siège d’un dépôt anormal de matières plastiques, est un fait qui n'avait pas encore été signalé, et qui acquiert une grande importance, précisé- ment en ce qu’il témoigne de l’existence d’une relation entre ces organes et la nutrition. Lors même qu’on ne pourrait s’en rendre compte, on ne devrait pas moins la tenir pour suffisamment établie par les nombreux exemples cités à l'appui. Mais il est possible d’en donner une explica- tion au moins approchée. Les stomates sont généralement la conséquence d'une multiplication locale des cellules épidermiques, ce qu’attestent l'abondance et la configuration des cellules annexes qui leur font cortège. Or la division des cellules dans une région déterminée est l'indice d’une accumulation de matière plastique dans les environs de cette région, ce que confirme l'existence de poils, remarquables par leur nombre et leurs dimensions inusités. M. Duchartre croit qu’un fait ne s’accorde pas avec les faits signa- lés par M, Costantin, c’est l'expérience de la Jacinthe renversée, dont les feuilles s’accroissent dans l’eau, et présentent des stomates très nettement développés. M. Costantin demande à M. Duchartre s’il s’est assuré si les sto- Mates n’existaient pas déjà sur les teuilles du bulbe. M. Duchartre répond que la feuille de ces plantes se développe par la base, et que la suite du développement s'opère dans l’eau ; les slomates se forment sur la partie basilaire, qui, il est vrai, peut être au contact de l'air, mais les stomates persistent nettement dans l’eau avec leur forme, et tout à fait bien constitués. M. Bescherelle fait observer qu’il n’y a de stomates que sur les Capsules, pour les Mousses qui poussent sur les arbres, comme 99 SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. les Orthotrichum, ou sur les ronds de charbonniers, comme les Funaria. M. Hérail fait à la Société la commumication suivante : NOTE SUR L’ANATOMIE DE LA TIGE DES STRYCHNOS, par M. 3. HÉRAIL Les recherches que j'ai entreprises sur l’anatomie comparée de la tige des plantes dicotylédones m'ont fourni des résultats intéressants, qu trouveront leur place dans un mémoire spécial en cours de rédaction. Je désire seulement consigner ici les observations qu'il m’a été donné de faire sur la structure de la tige des Strychnos, et exposer les conclusions. que j'ai cru pouvoir tirer des faits observés. La tige des Strychnos présente, en elfet, une anomalie toute particulière, qui a été signalée pour la première fois par Fritz Müller (1) : cet auteur remarqua que l'anneau ligneux de ces tiges est parsemé de plages blan- châtres, tantôt régulièrement disposées en cercle, tantôt au contraire dis- séminées irrégulièrement dans la masse ligneuse ; des observations moins superficielles que celles de Müller ont montré que ces îlots sont formés par des tubes criblés, entourés de parenchyme libérien. On a cherché à se rendre compte de la formation de cette anomalie si singulière : M. de Bary (2) croit que, à un moment donné, l'assise libéro-ligneuse, qui avait produit pendant un certain temps du bois par sa face interne, engendre alors et sur divers points, mais toujours par la même face, un mélange de parenchyme libérien et de tubes criblés. Puis, après un laps de temps plus ou moins long, le fonctionnement de l’assise génératrice libéro-ligneuse deviendrait de nouveau normal, et toute sa face interne produirait exclusivement du bois sur tout son pourtour. Par suite, les îlots de liber dont le développement serait ainsi interrompu se trouve- raient de plus en plus profondément enclavés dans la masse ligneuse. La même opinion a été donnée, d’après M. de Bary, par M. Van Tieghem (3). D'après cette manière de voir, on a affaire à une assise génératrice qui, en certains points, et toujours du même côté par sa face interne, produit du bois, puis du liber, et de nouveau du bois ; ce mode de fonc- tionnement constituerait un cas bien exceptionnel. Les observations que j'ai faites sur un certain nombre de Sirychnos, dans le but de confirmer l’opinion de M. de Bary, m’ont donné des résul- tats différents de ceux que ce savant a obtenus, et me permettent d’expli- (1) Fritz Müller, Ueber das Holz einiger um Desterro wachsenden Kletterpflanten Bot. Zeitung, 1866, p. 65). (2) De Bary, Vergleichende Analomie. Leipzig, 1877, p. 594. (3) Van Tieghem, Traité de botanique. Paris, 1884, p. 796. HÉRAIL.— ANATOMIE DE LA TIGE DES STRYCHNOS. 93 quer d’une façon très simple ct très rationnelle la formation de l’anomalie dont il est question. J'ai étudié les Strychnos triplinerve, S. brasiliense et S. Nux-vomica. Si l'on fait une coupe transversale d’une tige âgée d’une année seule- ment, on trouve une structure normale. Le cambium produit à sa face interne un bois très dur, composé de quelques vaisseaux plongés au milieu d’une masse considérable de fibres. Quant à la production du liber sur la face externe, elle est peu considérable, ou, pour mieux dire, pres- que nulle. En dehors se trouve le péricycle formé de plusieurs assises de cellules: une ou deux assises internes restent parenchymateuses, mais celles qui sont situées à l’extérieur se sclérifient de bonne heure, sur tout le pourtour de la tige, el constituent ainsi un anneau de scléren- chyme, qui est connu depuis bien longtemps, et qui a été donné comme un caractère particulier des plantes de la famille des Loganiacées. Enfin, dans la moelle, à la partie interne du bois primaire, on voit d'énormes amas de liber, dont nous n’avons pas à tenir comple. Les faits qui nous occupent se manifestent au bout de deux ou trois ans. Si alors on observe une tige sur une coupe transversale, on remar- que que le contour extérieur du bois n’est plus régulier, et que la masse ligneuse présente un certain nombre d’anfractuosités plus ou moins pro- fondes. Une observation attentive permet de voir que ces anfractuosités sont remplies par des amas encore peu volumineux de tubes criblés, séparés du bois par du canibium. Ces petites masses libériennes devien- dront, dans la suite, les îlots de liber que l’on rencontre dans la masse ligneuse. Nous allons voir comment a lieu ce phénomène ; mais, avant tout, le fait important à retenir, c’est que l’assise génératrice reste tou- jours appliquée contre le bois, qu’elle en suit exactement toutes les sinuo- sités, qu’elle se trouve comme partout entre le bois et le liber, et que les masses libériennes dont nous venons de constater la présence sont pro- duites à la partie externe de cette assise, et nullement à sa partie interne, comme on l'avait cru jusqu’à aujourd’hui. Seulement, le cambium ne produisant pas du bois dans les points où il produit du liber, il s'ensuit que le bois formé sur toutes les autres parties déborde peu à peu de chaque côté du liber, et que celui-ci parait s’enfoncer de plus en plus dans la masse ligneuse. Il y a là, en somme, une anomalie dans le fonc- tionnement de l’assise libéro-ligneuse, qui rappelle, à très peu de chose près, ce que l’on a observé depuis longtemps déjà chez les Bignonia- cées ; mais ici l’anomalie persiste indéfiniment une fois produite. Dans les Strychnos, il n'en est pas de même ; car, en continuant de suivre le : développement, on ne larde pas à constater que le cambium, qui s’en- fonçait dans les anfraciuosités du bois, et qui donnait du liber, cesse de fonctionner de chaque côté, à partir des bords mêmes de ces anfrac- 94 SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. tuosités. Cet arrêt dans le fonctionnement de cette partie de l’assise génératrice se manifeste successivement, jusqu’au point le plus inférieur. Par suite, le liber augmente bien toujours un peu vers l’extérieur, mais en s’atténuant de la périphérie au centre, jusqu’au moment où le cam- bium cesse de fonctionner tout à fait. En même temps les deux bords de l’assise génératrice, ainsi interrompue, vont à la rencontre l’un de l'autre par des cloisonnements très actifs qui se produisent dans les cellules de la portion interne parenchymateuse du péricycle ; ces deux fragments, tout en progressant l’un vers l’autre, donnent du bois à leur partie interne, et entourent ainsi les masses libériennes au fur et à mesure qu’elles s’atténuent. Finalement, l’assise génératrice se trouve de nou- veau continue, et son fonctionnement redevient normal, puisqu'elle se met à produire du bois avec la même intensité sur tout son pourtour, et dès lors les îlots de liber dont je viens d’étudier la formation se trou- vent rejetés au milieu de la masse ligneuse. Au bout d’un certain temps, l’anomalie se reproduit, et l’on a une nouvelle formation d’îlots libériens. En dehors du développement lui-même, les masses libériennes pré- sentent un caractère tout particulier qui suffirait presque à lui seul pour en déceler la véritable origine, et pour permettre de dire qu’elles sont formées à la partie externe de l’assise génératrice. Si, en effet, on exa- mine avec attention un de ces îlots de liber, on verra que les éléments qui le constituent sont disposés irrégulièrement, sans ordre aucun, sauf à la partie interne où ils sont arrangés régulièrement en files radiales. Or on sait que les éléments quelconques formés par un cambium, soit bois, soit liber, soit liège, sont toujours disposés en files radiales au con- tact même du cambium : ce n’est qu’au fur et à mesure qu'ils s’éloignent du lieu de formation qu’ils prennent une disposition quelconque. Dans le cas particulier des Strychnos, les éléments du liber étant disposés en files radiales à la partie interne seulement, on peut dire que c’est bien là que se trouvait l’assise génératrice, et que, par suite, c’est par le fonc- tionnement de celte partie externe qu'ils ont été produits. De ces faits, nous pouvons conclure que les Sfrychnos rentrent bien: dans la loi générale, à savoir qu'un cambium ne peut donner qu’un seul tissu, bois ou Liber, sur une seule de ses faces. On avait jusqu'ici signalé comme faisant exception les Chénopodiacées et les Strychnos. En ce qui concerne les Chénopodiacées, M. Morot, dans un travail tout récent (1), a démontré que l’assise libéro-ligneuse surnuméraire produit en cer- tains points du liber à sa face externe, du bois à sa face interne, et du parenchyme sur ses deux faces, dans l'intervalle des faisceaux libéro- (1) Recherches sur le péricycle, oucouche périphérique du cylindre central, ches les Phanérogames (Ann. sc. nat. 6° série, 1885, t. XX, p. 283). HECKEL. — FORMATION SECONDAIRE DE L'ÉCORCE. 95 ligneux ainsi constitués. Les Chénopodiacées rentrent donc dans la loi générale. Mes observations me permettent d’en dire autant en ce qui con- cerne les Sérychnos ; elles montrent en outre que l’anomalie existant dans la tige de ces plantes doit être attribuée à un fonctionnement irré- gulier de l’assise libéro-ligneuse, et non, comme on l’a cru jusqu'ici, à la production de deux tissus différents sur la même face de cette assise. M. Costantin, vice-secrétaire, donne lecture de la communication suivante : SUR QUELQUES FAITS REMARQUABLES ET NOUVEAUX DANS LA FORMATION SECONDAIRE DE L'ÉCORCE, par M. Édouard HECKEL. Au cours de certaines recherches récentes de matière médicale con- cernant l'écorce apéritive, astringente et fébrifuge de Doundaké, dite Quinquina d'Afrique ou de Rio Nunez, j'ai été conduit, après avoir pu établir qu’elle est fournie par le Sarcocephalus esculentus Afzel. (Rubia- cée de la tribu des Nauclées), à rapprocher la manière d'être définitive de cette drogue, au point de vue histologique, de la condition propre à l'écorce primaire de la tige jeune, et aux jeunes rameaux. Les faits qui se sont présentés alors à mon observation m'ont paru tellement nouveaux, et s’écarter si nettement de ceux qui sont devenus classiques depuis les travaux de H. Mohl (1), Franz Hühnel (2), G. Van Wisselingh (3), Jos. Moeller (4) et Sanio (5) sur les formations corticales secondaires, et de M. Vesque sur l'anatomie comparée de l'écorce (6), que j'ai eru devoir les relater en détail pour servir de bases à des recherches à venir, et pour mettre les chercheurs sur la trace de phénomènes qui ne sont peut- être pas rares dans les végétaux arborescents de la zone chaude, à la- quelle appartient la plante dont il s’agit ici. Le Sarcocephalus esculen- tus est, en effet, très répandu sur la côte ouest de l'Afrique tropicale, et même un peu dans les terres; le genre lui-même est localisé dans les régions chaudes de l'Afrique, de l’Asie, du nord de l'Australie, et à Quensland. En pratiquant la coupe d’un rameau jeune (pl. Il, fig. 1), voici ce (1) Untersuchungen über die Entwicklung des Korkes….. Dissertatio….. 1836. (2) Ueber das Kork und verkorkte Gewebe überhaupt (Sitzungsber. der Kaiser. Akad. der Wissensch. zu Wien, 1871). | 802 Contribution à la connaissance du collenchyme (Archives néerlandaises, XIE, 1882). (4) Anatomie der Baumrinden. Berlin, 1882. | (5) Untersuchungen über den Bau und die Entwicklung des Korkes (Jahrb. für wis- sensch. Bot. 1, 1860. (6) Annales des sciences naturelles, Ge série, 1875, t. II, p. 82. 96 SÉANCE DU 27 FÉVRIER 1885. que l’on observe : 4 Un épiderme à une seule assise de cellules, pourvu de poils lymphatiques courts et coniques, peu nombreux (1 sur 100 cel- lules en surface). Cette couche protectrice recouvre immédiatement une zone collenchymatoïde à éléments pourvus d’enveloppes épaisses, riches en contenu protoplasmique, sans méats, et dont un grand nombre sont, en outre, colorés en jaune rougrätre. Composée de cellules ovales ou rondes, cette zone assez courte, formée de trois ou qualre assises cellu- laires seulement, passe à une sous-zone plus courte encore, formée de cellules à contenu semblable, mais de forme polygonale à la coupe. L’en- semble de ces deux sous-zones présente un intérêt considérable au point de vue physiologique, car, contrairement à ce qui se passe généralement dans les assises collenchymateuses qui sont fixes et définitives (et c’est ce qui me porte à adopter pour celles-ci le nom de collenchymatoïde), nous allons voir se produire, dans toute son étendue, des phénomènes inat- tendus de prolification et de multiplication cellulaire, qui seront le pré- lude de changements analogues dont les zones plus profondes devien- dront aussi ultérieurement le siège. Voici en quoi consiste ce premier phénomène. Si l’on pratique une coupe dans un rameau plus âgé, ou même dans des points différents et plus évolués d’un même rameau, on voit les cellules ovales du collenchyme à grand axe orienté radiale- ment se sectionner par des cloisons tangentielles (une ou deux dans la même cellule), et donner naissance (pl. If, fig. 2) à des cellules qui prennent place au-dessous de l’épiderme d’abord, ct se disposent en strates allongées. Ces cellules, en forme de (useau, allongées tangentielle- ment (fig. 2 et 3), sont remplies d’un contenu coloré en brun très foncé. Ce sont d'abord, dans l’ensemble du collenchymatoïde, les cellules rap- prochées de l’épiderme qui sont le lieu de ces multiplications, puis les cellules polygames de la même couche sont le siège d’un travail sem- blable, mais dont le résultat ect tout différent. Elles donnent, en effet, naissance par divisions successives à un parenchyme secondaire (fig. 3, ps) composé de cellules plus grandes, à parois sinueuses, sans contenu bien apparent, et sans méat entre elles. Plus privilégiée que sa congénère à éléments fusiformes, qui disparaitra complètement de bonne heure en même temps que l'épiderme dans l'écorce adulte parvenue à la période ultime de son développement, celte zone parenchymateuse deviendra plus tard prédominante à ce point, qu'après certaines modifications dont nous allons bientôt parler, elle formera en dernière analyse la presque totalité de l'écorce secondaire définitive. Cette couche, dont la fonction est très remarquable, est donc à jeu double. Nous réviendrons sur ce parenchyme ; qu'il nous soit permis mainte- nant de continuer l’énumération et l'examen des couches subséquentes dans la coupe de l'écorce primaire. HECKEL. — FORMATION SECONDAIRE DE L'ÉCORCE. 97 Au-dessous du collenchymatoïde se voit un parenchyme lacuneux, composé d'éléments sphériques à parois épaisses, présentant dans la moitié d'entre elles des cellules fortement colorées en jaune (principe actif résineux). Pourvue de méats et de lacunes intercellulaires, cette couche est, comme épaisseur, la plus importante de l’écorce primaire tout entière, et il n’en restera pas de trace dans l’écorce définitive. Après elle vient, en allant vers le centre, un parenchyme dense, qui ne diffère du précédent que par la forme polyédrique des cellules, et l'absence de méats intercellulaires. Le contenu en est le même, et l’on trouve de la matière colorante jaune dans un certain nombre de ses éléments (fig. 4, pd). Enfin vient une zone intermédiaire, très rapprochée du liber. On ne peut y voir qu’un parenchyme libérien composé de très petits éléments, interrompus par des cellules plus grosses, ovales, à grand diamètre radial, disposées en séries radiales, quoique diversement groupées, et remplies de matière colorante (fig. 1, zi). Un liber mou, semblable à toutes les for- mations connues sous ce nom, complète la série corticale (fig. 1, lm). Si nous examinons une écorce semi-adulte, voici ce que nous voyons (fig. 7), de l'extérieur à l’intérieur : une zone subéreuse s, qui, dans sa région externe s/, s’est déformée sous l’action des agents extérieurs, et a fini par ne plus présenter de cellules distinctes. Elle est engendrée par la zone phellogène zph, née dans le parenchyme cortical secondaire ps, dont nous avons vu ci-dessus (fig. 3) la singulière formation. Ce suber à rejeté extérieurement, et détruit par son développement, l’épiderme et la zone à éléments fusiformes. Au-dessous du suber est précisément ce parenchyme cortical secondaire ps, dans lequel se sont développés des éléments scléreux esc, d'origine tertiaire, ou isolément ou groupés par faisceaux plus ou moins compacts. Nous reviendrons sur leur organi- sation. Au milieu de ce parenchyme secondaire s’est formée une seconde couche phellogène zph', qui, par son développemert, va déterminer dans le parenchyme secondaire deux zones distinctes. Les cellules parenchy- mateuses situées en dehors de cette zone, séparées de la partie vivante de la tige, sont mortifiées ; leurs parois, par suite de la compression inté- rieure à laquelle elles sont soumises, sont devenues beaucoup plus minces, plus sinueuses, et ont perdu leur forme primitive, ainsi que leur contenu : elles forment un rhytidome annulaire. C’est seulement par la présence des éléments scléreux escl qu'on peut être assuré d’être en présence du même tissu parenchymateux secondaire. Celui-ci règne en maître, non déformé ni altéré, au-dessous de la seconde zone phellogène. Cette écorce semi-adulte ne présente plus, au-dessous de ces couches, ni parenchyme Jacuneux, ni zone intermédiaire, ni liber mou, zones qui existaient encore, après disparition du parenchyme dense, dans le second T. XXXI. (SÉANCES) 7 98 SÉANCE DU 271 FÉVRIER 1885. état de l'écorce primaire. Tout cela a disparu, par compression sans doute. Voyons maintenant le jeu de ces zones phellogènes, et nous nous expli- querons facilement, après cet examen détaillé de l'évolution des nou- velles couches et de la disparition des anciennes, la composition de l'écorce définitive. La formation du liège, telle que nous lavons vue se pro- duire (fig. 7), est alternative, et nous sommes en présence d’un véritable périderme. Ce suber se détruit extérieurement sous l'influence des agents ambiants et de la poussée intérieure, et il arrive un moment où, comme dans la figure 4 (qui répond à la constitution ultime de l'écorce), il n'existe plus au dehors qu’une couche de suber secondaire, et, en dedans, du parenchyme secondaire parsemé copieusement d'éléments seléreux. Cette condition, dont l’ensemble est donné fig. 4, et le détail fig. » et fig. 6, correspond au développement de la seconde zone phellogène zph', après disparition complète de toutes les couches placées au-dessus dans la figure 7, c’est-à-dire de la première zone du liège zph, el de la première couche de parenchyme secondaire altéré, à éléments scléreux. Si maintenant nous examinons à un grossissement suffisant ce paren- chyme secondaire et ces éléments scléreux, nous trouvons que le pre- mier est formé, comme à l’origine, de cellules à parois assez épaisses, sinueuses, incolores, et sans contenu autre que des granulations bril- lantes, de nature sans doute protéique (fig. 6, gp). Ge tissu est parsemé de cellules scléreuses, isolées ou groupées, en nombre très variable (1 à 14) et sans uniformité. Ces éléments sont de différentes grosseurs et ne ressemblent en rien aux fibres libériennes, avec lesquelles elles seraient certainement confondues, si l’on n’examinait tout d’abord que l'écorce adulte. Leurs parois sont épaisses et fortement colorées en jaune ; de dimensions très réduites, elles ne sont le plus souvent pas ter- minées en pointe à leurs deux extrémités (fig. 5, escl). En somme, nous voyons, dans les diverses phases d'évolution de l'écorce primitive vers l’état d’écorce secondaire définitive, toutes les couches initiales disparaître successivement, soit par compression, soit pour donner naissance, par division et prolifération cellulaire, à de nou- velles zones, dont deux seulement subsistent finalement. Nous voyons en- core une écorce, définitivement constituée par deux tissus de formation secondaire ou même tertiaire, être entièrement dépourvue de toute pro- duction libérienne (4). Certains éléments, devenus scléreux, en tiennent lieu physiologiquement, au point de vue de la constitution du squelette de l'écorce. (1) M. Vesque (Anatomie comparée de l'écorce, loc. cit.) indique, du reste, les Ru- biacées en général comme dépourvues de liber. Ce n’est done pas là une exception. LE GRAND. — LETTRE A M. MALINVAUD. 99 Cet ensemble de phénomènes singuliers est-il commun à d’autres vé- gétaux? Je l’ignore; mais en tout cas il méritait d’être signalé, autant à cause de son étrangeté que par sa nouveauté, à l'attention des anato- mistes. Aucun autre phénomène, connu jusqu'ici, ne peut être comparé à ceux qui viennent d’être exposés, si ce n’est toutefois quelques-uns de ceux qui ont fait l’objet du travail de M. Dutailly intitulé : Sur quelques phénomènes déterminés par l'apparition tardive d'éléments nouveaux dans les tiges et dans les racines des Dicotylédones (Paris, 1869, Doin). Encore, dans ce travail, l’auteur communique-t-il en réalité des faits très localisés, de véritables formations méristématiques anormales, tandis que, dans le cas actuel, il s’agit d’évolutions ayant envahi des zones entières et les intéressant dans leur totalité. Le caractère des faits que je viens de signaler est plus général et, pour la plupart, entièrement nouveau. M. Malinvaud donne lecture du passage suivant d’une lettre qu'il a reçue de M. Heckel, et qui se rapporte à la communication précédente : vos J'ai quelques raisons de croire, d’après de nouvelles observa- tions, que des phénomènes du même genre s’observent sur beaucoup de végétaux exotiques arborescents. C'est une évolution spéciale de l’écorce primaire en écorce définitive, et je viens de la retrouver dans son ensemble, sinon dans tous ses détails, sur les rameaux et tiges de Zanthoxylum caribœum Link, Z. Perrottetii DC. et Z. hermaphroditum Willd., toutes plantes des Antilles ou du continent américain tropical. Je pour- suis du reste activement ces nouvelles recherches... M. Malinvaud présente à la Société les échantillons mentionnés dans la lettre suivante, dont il donne lecture : LETTRE DE M. A. LE GRAND À M. MALINVAUD. Je vous adresse des spécimens de feuilles récoltées sur un Poirier cultivé dans mon jardin, en vous priant de vouloir bien les présenter à nos collègues de la Société. Elles accusent un dimorphisme assez remar- quable, vraisemblablement d’ailleurs déjà observé. Les unes, oblongues, deux fois au moins plus longues que larges, ont été cueillies sur les rameaux de la tige principale ; les autres, suborbiculaires, sont ou plus larges que longues où guère plus longues que larges, et ont été cueillies sur «les rejets partant de la racine. Cette diversité de formes sur un même piedn'est pas sans intérêt, 100 SÉANCE DU 13 MARS 1885. puisque quelques auteurs n’ont pas hésité à créer des espèces caractéri- sées surtout par la forme des feuilles ; et récemment encore un de nos zélés collègues, M. le D' Gillot, dans une étude sur quelques Puiriers de l’est de la France, émettait l’avis que « les caractères distinctifs tirés des » feuilles semblent plus tranchés, plus faciles à saisir, et se prêtent à une » classification plus commode des formes observées ». Il est vrai qu'il ne parlait que des Poiriers sauvages, et que celui-ci est cultivé. Quoi qu'il en soit, et alors que les botanistes d’une certaine école en sont arrivés à voir, même dans les formes cultivées, autant d'espèces dif- férentes, il semble que des variations aussi notables que celles-ci sur un seul pied offrent bien quelque intérêt, et tendent à amoindrir considé- rablement la valeur spécifique tirée de la forme de la feuille chez les Poiriers. M. Peuit fait observer que M. Le Grand ne dit pas si le sujet à été greffé; dans ce cas, il pourrait présenter la forme primitive jointe à la forme produite par la greffe. SÉANCE DU 13 MARS 1885. PRÉSIDENCE DE M. G. BONNIER, VICE-PRÉSIDENT. M. Costantin, vice-secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 27 février, dont la rédaction est adoptée. M. Costantin présente, à propos du procès-verbal, les observa- LIONS SUIVAanLes : M. Duchartre, dans une observation faite à la suite de ma commu- nication, a signalé la présence de stomates sur une feuille de Jacinthe renversée ct plongeant dans l’eau. J'avais pensé immédiatement que ces stomates existaient sur les feuilles du bulbe non ouvert. C'est en effet ce que J'ai constaté : non-seulement il existe des stomates sur les feuilles centrales du bulbe non ouvert, mais il en existe déjà sur les feuilles du centre du caïeu qui se développera l’année suivante. Ce n’est donc pas en opérant sur de telles plantes qu'on peutarriver à ré- soudre la véritable question de l’influence du milieu. GANDOGER.— MODIFICATIONS PRODUITES PAR LA CULTURE. 401 En vertu des présentations faites à la précédente séance, M. le Président proclame membres de la Société : MM. DELAMARRE (Ernest), médecin colonial à Miquelon (Amé- rique septentrionale), présenté par MM. Viaud-Grand- Marais et Malinvaud. RIBEIRO DE MENDONÇA, médecin à l'hôpital de Santa casa de Misericordia, à Rio de Janeiro (Brésil), présenté par MM. Malinvaud et J. Vallot. M. le Président proclame ensuite membres à vie MM. Leclerc du Sablon, Gandoger et Flahault, qui ont satisfait aux conditions exigées par les Statuts pour l'obtention de ce titre. M. le Secrétaire général donne lecture de lettres de MM. Gior- dano et de Coincy, qui remercient la Société de les avoir admis au nombre de ses membres. M. Gandoger fait à la Société la communication suivante : CE QU'IL FAUT PENSER DES MODIFICATIONS PRODUITES DANS LES PLANTES PAR LA CULTURE, par M. Michel GANDOGER. Dans la dernière séance de la Société, un de nos confrères, M. J. Vallot, a présenté toute une série d'échantillons d’un Rosa des Pyrénées, plus ou moins déformés par la culture, ou plutôt par la transplantation qui en a été faite de son lieu natal dans un terrain plus meuble. Des échan- tillons, en effet, du Rosa pyrenaica Gouan ont été cueillis à Cauterets par M.J. Vallot, vers 1900 mètres d’altitude, et plantés vivants dans un jardin des environs de Montpellier. La plante n’a pas tardé à présenter un facies tout à fait différent de celui qu'elle avait à l'état sauvage : les folioles ont plus que doublé de grandeur, l’arbrisseau a atteint plusieurs décimètres, les stipules se sont allongées, etc. Faut-il conclure de là que cette plante s’est modifiée dans ses carac- tères spécifiques ? Non. La chose est simple à prouver. J'ai comparé attentivement les échantillons cultivés aux échantillons sauvages : les aiguillons sont res- tés ce qu’ils étaient; les folioles, quoique démesurément grandies, ont conservé leur forme particulière, leur glandulosité infrafoliaire, leur mode de dentelure ; la fleur a gardé sa couleur rose ; le calice est demeuré le même. Cependant, je Le répète, tout le facies de la plante a été étran- sement modifié. Nous avons donc eu ici affaire à un phénomène de téra- tologie végétale, produit par une trop grande exubérance de nourriture donnée à ce Rosier. 102 SÉANCE DU 13 MARS 1885. Le phénomène que je viens de signaler peut se comparer à celui qui à lieu chez un sujet du règne animal soumis à un régime nutritif excessif. Ce sujet, replacé dans des conditions normales, reviendra ce qu’il était auparavant, tout comme le Rosa en question. C’est une expérience que j'ai tentée assez souvent sur les espèces du genre Rosa. Dans mon jardin, à Arnas, j'ai cultivé un grand nombre de Rosiers sauvages. Les individus prenaient ordinairement un aspect tout autre que celui qu'ils avaient dans la nature. Transplantés dans nos montagnes beaujolaises (ou j'ai introduit ainsi plusieurs espèces curieuses des régions lointaines), la plante reprenait ses premières allures. J'ai observé le même phénomène lorsque la plante, tout en restant dans le jardin, était mise dans des conditions biologiques semblables à celles qu'elle avait à l’état sauvage. En présence de ces modifications superficielles, certains observateurs peuvent croire que la fixité de l'espèce est atteinte. Il n’en est rien cependant, et telle plante qui semble toucher aux plus extrêmes limites d’affinité a conservé aussi bien ses caractères spécifiques que le type linnéen le plus large. Ses caractères pourront être voilés, obseurcis, dans certaines conditions anormales ; mais, aussitôt que la plante reprend son mode habituel d'existence, elle redevient absolument ce qu’elle était. C’est alors, et seulement alors, le moment de l’étudier et de la décrire, comme le pratiquent les disciples de l’école analytique. Je sais bien que ceci peut paraître un paradoxe aux yeux de ceux qui, de bonne foi ou de parti pris, nient l'existence des espèces affines. Mais, je sais aussi qu’on trouve plus commode de fermer les yeux sur des résul- tats acquis qui peuvent gêner plus ou moins des théories auxquelles on tient, parce qu'elles sont à la mode. Toutefois, aux fins de non-recevoir de nos contradicteurs, nous ne pouvons que répéter ce que nous avons déjà dit souvent, à savoir : qu’un système qui a fait ses preuves doit se suffire à lui-même. Et, pour cela, si nous avons le regret d’être en désaccord avec des collègues auxquels nous rendons un légitime tribut d’admiration et d'hommage, nous avons l'espoir d’être dans la vérité et d’aider à son triomphe. M. Rouy croit qu’assimiler au Rosa pyrenaica Gouan la plante dont M. J. Vallot a entretenu la Société à la dernière séance serait aller trop loin. Le Rosier signalé par M. J. Vallot, avec ses aiguillons très nombreux et inégaux, et ses feuilles glanduleuses à dentelure double, mais presque régulière, lui paraît appartenir à l’intéressant groupe des formes affines du À. gentilis Sternb. et R. Malyi Kern., qui établit si bien la transition entre les À. myriacantha DC. (et VAN TIEGUEM.— CELLULES ANNELÉES ET SPIRALÉES DES CACTÉES. 103 BR. Ripartii Déségl.), des Pimpinellifoliæ, et R. pyrenaica Gouan, des Alpinæ, qu’on pourrait établir les deux séries parallèles sui- vantes, selon que les feuilles sont petites et glanduleuses, ou plus grandes et non ou à peine glanduleuses, le nombre et la grandeur des aiguillons décroissant aussi proportionnellement : 1. R. pimpinellifolia L. (à fleurs roses). — R. rubella Sm. — R. alpina L. 2. R. myriacantha DC. — R. gentilis Sternb. et R. Malyi Kern. — R. pyrenaica Gouan. M. Van Tieghem fait à la Société la communication suivante : VALEUR MORPHOLOGIQUE DES CELLULES ANNELÉES ET SPIRALÉES DES CACTÉES, par ME. Ph. VAN TIEGHEM. Connues déjà de Meyen (1830) et de R. Brown (1839), les cellules annelées et spiralées qui entrent dans la composition du bois secondaire de certaines Cactées à tige globuleuse (Mamillaria, Echinocactus, Melo- cactus) ont été étudiées par Ad. Brongniart (1839), Schleiden (1839), Miquel (1842), M. Trécul (1854), et plus récemment par M. de Bary (1877). Pourtant on n’est pas encore fixé sur la nature morphologique de ces singuliers éléments. Brongniart, Schleiden et M. Trécul les distinguent avec soin des vaisseaux, et les regardent comme des fibres ligneuses. Meyen, Miquel, M. de Bary, les considèrent au contraire comme des vaisseaux ; pour M. de Bary, ils appartiennent à cette catégorie de vais- seaux à cloisons transverses permanentes que les auteurs allemands nomment des trachéides. L'objet de la présente petite Note est de montrer que ces éléments ne sont ni des fibres ligneuses, ni des vaisseaux, mais simplement une forme particulière de parenchyme. On arrive à ce résultat par deux méthodes différentes : 4° en recherchant les diverses localisations de ces cellules ; 2° en en étudiant la structure propre. Par la première méthode, on s'assure que ces éléments peuvent se rencontrer dans trois régions diffé- rentes de la tige, dont deux, inaperçues jusqu'ici, sont incompatibles avec l'existence de vaisseaux ou de fibres ligneuses. Par la seconde, on constate que la structure de ces éléments est, dans tous les eas, telle qu’il convient à des cellules vivantes de parenchyme, et non à des cellules mortes, comme celles qui constituent les fibres ligneuses ou qui composent les vaisseaux. FL. Etudions done d’abord la localisation des cellules annelées et spi- 104 SÉANCE DU 13 MARS 1885. ralées. Pour atteindre notre but, il nous suffira de passer en revue sous ce rapport les diverses espèces du genre Opuntia. Prenons pour premier exempie l'O. flavicans. Pendant sa période primaire, la tigelle de cette plante, considérée vers le milieu de sa longueur, possède dans son cylindre central quatre faisceaux libéro-ligneux étroits, séparés par de larges rayons, el entourant une petite moelle ; deux des intervalles compris entre ces faisceaux cor- respondent aux deux cotylédons. Le bois des faisceaux libéro-ligneux est dépourvu de cellules annelées et spiralées; mais la moelle et les rayons en ont un bon nombre, disséminées parmi les cellules ordinaires; par la forte saillie de leurs anneaux ou de leurs spires, elles se montrent iden- tiques de tout point aux éléments classiques du bois secondaire des Mamillaria. Plus tard, après la formation des lissus secondaires, les quatre faisceaux libéro-ligneux de la tigelle.se montrent toujours très étroits, mais fortement allongés radialement, et séparés par quatre larges rayons secondaires dilatés en éventail vers l'extérieur. Ces derniers sont exclusivement composés de cellules annelées et spiralées, Llandis que le bois secondaire est entièrement dépourvu de ces éléments. Dans la tige renflée située au-dessus des cotylédons, on trouve, chez l'O. flavicuns comme chez l'O. cylindrica et quelques autres espèces, les faisceaux libéro-ligneux exempts de cellules annelées et spiralées; mais contre le bord interne du bois, dans la moelle, on en aperçoit quelques-unes, et il en existe aussi sur Îles flancs du bois, dans les rayons médullaires, pri- maires ou secondaires. En résumé, dans ces espèces, le bois, primaire ou secondaire, est dé- pourvu d'éléments annelés ou spiralés ; ceux-ci se rencontrent au con- traire dans le tissu conjonctif primaire (moelle et rayons primaires) ou secondaire (rayons secondaires). Nul doute qu'ici ces cellules ne consti- tuent simplement un parenchyme annelé et spiralé. Dans lOpuntia tunicata, au contraire, elles sont localisées dans le bois, primaire et secondaire, des faisceaux libéro-ligneux, où elles se comportent, par rapport aux vaisseaux dont elles demeurent toujours dis- tinctes, comme le parenchyme ligneux ordinaire dans le cas précédent. Le tissu conjonctif (moelle et rayons) n’en possède pas. Les choses se passent ici comme dans les exemples classiques bien connus: Mamillaria, Echinocactus et Melocactus. Dans tous ces cas, ces éléments constituent un parenchyme ligneux accompagnant les vaisseaux. Les Opuntia pubescens, Salmiana et quelques autres espèces com- binent les deux dispositions précédentes. On y trouve, en effet, des cellules annelées et spiralées contre la pointe interne des faisceaux dans la moelle, et contre leurs flancs dans les rayons médullaires ; toutes ensemble, elles forment une gaine continue et plus ou moins épaisse VAN TIEGNEM. — CELLULES ANNELÉES ET SPIRALÉES DES CACTÉES. 105 autour du bois. Mais en outre, le bois lui-même, le bois primaire comme le secondaire, a de ces mêmes cellules mélangées à ses vaisseaux, dans les intervalles desquels elles constituent toutes ensemble un parenchyme ligneux. Enfin, dans l'Opuntia brasiliensis, comme dans l'O. Ficus-indica et la plupart des espèces à tige aplalie, on ne trouve de ces éléments, ni dans le tissu conjonctif, moelle et rayons, ni dans le bois des faisceaux libéro-ligneux. Ce dernier est composé de vaisseaux disposés, comme dans les espèces précédentes, au sein d’un parenchyme abondant, mais dont les membranes sont sans sculpture aucune. L'étude du genre Opuntia est donc particulièrement instructive dans la question qui nous occupe. On voit que les cellules annelées ou spira- lées, quand elles y existent, peuvent v oceuper trois positions différentes, appartenir tantôt à la moelle et aux rayons primaires, tantôt aux rayons secondaires, tantôt au bois primaire et secondaire. Les deux premières de ces dispositions, inaperçues jusqu'à présent, sont incompatibles avec la nature morphologique de vaisseaux ou de fibres ligneuses. La troisième, seule connue jusqu'ici, pouvait laisser place au doute; mais elle se con- cilie pourtant beaucoup mieux avec la nature parenchymateuse de ces éléments, qui constituent alors un parenchyme ligneux. Si le parenchyme ligneux avait été connu au temps de Schleiden et de Brongniart, nul doute que ces anatomistes, préoccupés qu'ils étaient à juste titre de ne pas confondre ces cellules avec les vaisseaux, ne leur eussent attribué aussitôt leur véritable valeur morphologique. IT. Cette nature parenchymateuse peut encore être démontrée, avons- nous dit en commençant, par l'étude de la structure propre de ces cellules. En effet, chacune d’elles contient, dans une membrane par- faiiement close, un corps protoplasmique clair et très aqueux, avec un noyau granuleux sombre, muni d’un nucléole. En un mot, c’est une cellule vivante et non un élément mort. Les cellules annelées et spiralées des Cactées constituent donc une variété remarquable de parenchyme, variété qui peut se manifester dans le tissu conjonctif du eylindre central, tout aussi bien que dans le bois des faisceaux libéro-ligneux, qui peut aussi, dans un même genre suivant les espèces, se rencontrer dans la première région, ou dans la seconde, ou dans toutes les deux à la fois, ou même ne pas se montrer du tout. Ce parenchyme doit être comparé au parenchyme annelé et spiralé de la tige des Nepenthes, de la feuille des Pleurothallis, de la tige et de la feuille des Sphagnum, de la racine de certaines Fougères, Conifères, Orchidées, etc. Dans ces divers eas, il n’est venu à l'esprit de personne d'assimiler les éléments de ce parenchyme à des fibres ligneuses ou 106 SÉANCE DU 13 MARS 1885. à des vaisseaux. Cette assimilation ne peut pas davantage être faite chez les Cactées. M. Mangin demande à M. Van Tieghem si le développement des cellules spiralées des Cactées rapproche ces formations des produc- tions analogues des Crinum ou des Nepenthes. M. Van Tieghem répond que, en comparant les cellules spiralées des Cactées à celles des Nepenthes, il a voulu indiquer la commu- nauté d’origine. D'ailleurs, par leurs dimensions, les cellules spi- ralées des Cactées ne diffèrent pas des cellules du parenchyme or- dinaire voisin, tandis que les cellules spiralées des Nepenthes sont très longues. L'égalité qui existe entre les dimensions des cellules spiralées des Cactées et celles des cellules du parenchyme confirme l’opinion de Schleiden, qui considère ces formations comme une modification du parenchyme. M. J. Valiot, secrétaire, donne lecture de la communication sui- vante : ORIGINE BOTANIQUE DES DOUNDAKÉS D'AFRIQUE (ÉCORCES DITES QUINQUINA AFRICAIN, QUINQUINA DE RIO NUNEZ), ‘ par M. Édouard HECKEL. Le Doundaké, usité sans doute de toute antiquité par les nègres africains, et dont je me suis occupé récemmenti comme d’un fébrifuge impor- tant (1), ne commença à être soupçonné dans sa véritable valeur par les Européens habitant la côte occidentale d'Afrique qu’il y a sept ou huit ans au plus. Jusque-là il fut dédaigné et considéré, sans doute, comme indigne de toute étude par les générations européennes qui se sont successivement éteintes prémalurément, victimes peut-être de leur dédain, au grand détriment des progrès de la civilisation, depuis les rives du Sénégal et de la Gambie, jusqu'aux bords du Niger et du Congo. “est en 1876, à peine, qu'il fut indiqué comme pouvant être utile à autre chose qu’à servir de talisman ou de fétiche aux nègres. M. Ven- turini, pharmacien de la marine, le signala à l'attention de ses collègues médecins. Jusque-là pas un mot de ses propriétés. Toutefois on doit dire que la description de la plante avait été ébauchée déjà, depuis 1824, par Afzelius, dans les Transactions of Horticultural Society of London (in (1) Du Doundake au point de vue botanique, chimique et thérapeutique. — Mémoire manuscrit déposé à l'Institut (Académie des sciences) Le 16 février 1885, en collabora- ion avec M. Schlagdenhauffen. HECKEL. — ORIGINE DES DOUNDAKÉS D'AFRIQUE. 107 Herb. Banks ex Sabine), qui créa le genre Sarcocephalus, en raison de l’état charnu de son fruit syncarpique, et du goût agréable de sa chair, propriété qui le fait rechercher par les indigènes africains. Il est nécessaire, pour en montrer toutes les imperfections et les lacunes, de rapporter ici la description d’Afzelius. Gette connaissance justifiera aux yeux des botanistes l'obligation dans laquelle je me trouve de refaire en entier cette description. Seule, une analyse récente de la plante, due à M. le docteur Corre (et dont je vais bientôt parler), est l’image fidèle des faits. Mais, outre qu’elle a reçu peu de publicité, elle est évidemment l’œuvre d’un observateur qui, quoique doué d’une forte intuition des caractères botaniques, et d’une grande conscience scien- tifique, n’en à pas moins accordé souvent trop d'importance et trop d’am- pleur à certains détails de constitution, aux dépens d’autres d’une valeur supérieure. Voici cette description d’Afzelius; j'en donne la tra- duction d’après l'original anglais lui-même : « C’est un grand fruit charnu, de la dimension d’une pêche bien déve- » loppée. Ce fruit est solitaire et pousse à l'extrémité des branches. La » surface en est brune et granuleuse. Le cœur est solide et un peu dur, » mais mangeable, rappelant beaucoup le centre d’un ananas comme » substance, et occupant dans ce fruit environ un quart du diamètre. La » chair environnante est un peu molle, pleine de petites graines, ayant » très sensiblement la consistance et l'odeur d’une fraise. L'arbre croit » abondamment dans les lieux bas de tout le pays, et atteint 15 pieds » de hauteur (3" à 4,50), portant de nombreux rameaux étendus et dicho- » tomes. D’un vert très foncé, les feuilles sont elliptiques et opposées ; » les fleurs sont petites, disposées en tête globuleuse sur un réceptacle » charnu qui, avec les ovaires confluents, devient plus tard le fruit. La » corolle est de couleur pale, pourvue de cinq divisions et de cinq éta- » mines : le pistil, très proéminent, est teinté de brun. » (Rien n’est indi- qué, ni sur l’état de l'ovaire, ni sur les ovules, ni sur les calices.) « Les spécimens rapportés par M. Don ont permis à M'° Cotton de » donner un dessin d’une branche en fleur et en fruit, dont une reproduc- » tion est faite ici. La coupe d’un petit fruit a été également représentée » en vue d’aider à la description ci-dessus, en donnant une idée plus par- » faite de son aspect (1). » € Des plants de Sarcocephalus esculentus ont été obtenus de graines » envoyées en Angleterre par M. Don : ils poussent vigoureusement en » serre chaude et ont été multipliés par boutures. » (1) Ces dessins ne donnent aucun détail sur la structure florale, base de la classifi- cation. C’est cette lacune importante que nous avons comblée en donnant ici, non le dessin de la plante (ce qui eût fait double emploi), mais l’analyse de la fleur et de toutes les parties qui la composent (voyez pl. IN). 108 SÉANCE DU 13 MARS 1885. « Le genre Sarcocephalus est très-voisin du Nauclea, et notre plante » fut nommée dans l’herbier de Banks par Afzelius. Il l’appela, dans » sa description, Fique du pays, nom sûrement mieux approprié que » celui de Pêche de nègres, que M. Don indique comme actuellement » répandu dans la colonie. Il semble n’être pas rare sur les rives du » Congo. » Cette description a été reproduite presque complètement par M. Oliver (Flora of tropical Africa, 1. I1,1877, p. 38). Ce dernier auteur, qui a signalé plusieurs des noms indigènes de la plante, tels que Doy (à Bassa) et Amelliky (à Sierra-Leone), n'indique pas la dénomination de Doun- daké, qui est cependant propre au dialecte sousou, et très répandue en Casamance, au Rio Nunez et à Dakar. C’est certainement le nom sous lequel ce précieux végétal est le plus connu. Nous en relevons cependant deux de plus, celui de Jadali, qui lui est donné par les Toucouleurs, et celui de Abasseh à Sierra-Leone. La première fois que le nom de Doundaké fut énoncé comme appartenant à l’écorce et à l’arbre qui nous occupe, ce fut dans un travail fort intéressant, plein d'indications très utiles concernant nos colonies de la côte africaine occidentale, et dù à M. le D' Corre, médecin de la marine (Flore et Faune du Rio Nunez, dans les Archives de médecine navule, t. XXNI, juillet 1876, p. 25). C’est là aussi que, pour la première fois, sous le nom sousou de Doundaké, fut donnée de la plante une description très exacte, capable d’en permettre la détermination par un botaniste, à simple lecture, en raison de la consciencieuse multiplicité des caractères relevés par l'observateur (1). Dans ce mémoire, l’auteur déclare reconnaître dans le Doundaké une Rubiacée, et il se demande si elle a été nommée en tant qu’espèce bota- (1) I'est remarquable de voir que Schweinfurth, qui, dans ses Voyages au cœur de l’A- frique, s’est appliqué à donner des détails si précis sur les produits végétaux de l'Afrique et sur leur emploi, après avoir indiqué dans la partie de l'E. équatorial de ce continent la présence du Doundaké sous le nom de Sarcocéphale, ne fasse aucune allusion aux propriétés de son écorce. Voici en effet le seul passage de son livre qui ait trait à notre végétal : « Le fruit du Sarcocéphale, type sauvage de l'espèce qu’on cultive en Guinée » dans les jardins, n'arrive ici qu'à la grosseur de la pêche. Pour la forme et pour la » couleur, on peut le comparer à une fraise; pour le goût, il ressemble à une pomme; » mangé en excès, il agit comme émétique, Cette Rubiacée a des fleurs blanches, qui » ont le parfum de celles de l'Oranger; elle est d’ailleurs de la tribu des Gardenias. » (Au cœur de l'Afrique, trad. franc. t. I, fp. 190. Hachette, 1875.) Il n’est pas douteux que si les indigènes de l'E. avaient, comme leurs congénères de l'O., appliqué cette écorce au traitement des fièvres auxquelles ils sont tout aussi exposés dans la région du Nil que sur la côte océanique, le D° Schweinfurth, qui, en sa qualité de médecin, a été si souvent consulté par ces peuplades indigènes pour leur donner des soins contre les maux innombrables qui assiègent leur nudité, et qui a pu pénétrer, à la faveur de son art, tous les secrets de leur thérapeutique grcssière, n'aurait pas manqué d'en faire mention dans ses relevés si bien remplis. Il faut donc admettre que ces propriétés leur sont inconnues. HECKEL. — ORIGINE DES DOUNDAKÉS D'AFRIQUE. 109 nique. Plus tard M. Corre (in litteris) crut y trouver un Morinda, et cette légère confusion sera pardonnée facilement par tous les botanistes de profession qui savent combien sont rapprochées les affinités de ces deux genres. Le second (Morinda) ne se distingue en réalité du premier (Sarcocephalus) que par ses ovules solitaires dans quatre loges ovariennes, tandis que le premier renferme des ovules nombreux et anatropes dans les deux loges de son organe femelle. En dehors de ce caractère important, même disposition des fleurs en capitules sphériques, mêmes formes voisines dans le calice et la corolle, enfin même état syncarpique du fruit. Depuis, MM. Bochefontaine, Féris et Marcus ont fait sur l’écorce de Doundaké une communication à l'Aca- démie des sciences (23 juillet 1883), mais tout se borne à des considéra- tions chimiques erronées sur la nature du principe actif, et à quelques données physiologiques d’une véritable importance, sans que rien ait été ajouté, sur la nature des végétaux qui peuvent produire le Doundaké, aux connaissances restreintes publiées par M. Corre. Avant pu, grâce à la bienveillance de M. Marguerie de Moutfort (de Gorée) et de MM. Besson et Combemale, médecins de la marine au Sénégal (Boké et Dakar), avoir des échantillons variés de fleurs, feuilles et rameaux conservés dans l'alcool, il m'a été permis de combler une lacune, en déter- minant cetle plante, et en en dessinant les parties les plus importantes. Je reproduis ces dessins pl. IIE. Je crois utile de refaire en détail une des- criplion qui empruntera quelque valeur à ces dessins d’abord, et ensuite à des échantillons bien authentiques. [l est, de plus, indispensable de re- prendre cette description pour en faire disparaitre quelques inexactitudes, échappées aux descripteurs même îes plus autorisés. Le genre Sarcocephalus (Afzelius ex Sabine, in Trans. Hort. Soc. 1824, t. V. p. 422, pl. 18. — Cephalina Thonn. in Schum. PI. Guin. (1827), pl. 105) dont nous ne reproduirons pas ici la diagnose, est placé par De Candolle (Prodromus, t. IX, p. 367) dans la section des Gardéniées, et dans la tribu des Sarcocéphalées, caractérisée par les fleurs rassem- blées en tête dépourvue de bractées et sessiles sur le réceptacle, el par des fruits soudés entre eux. Bentham et Hooker (Genera t. If, p. 29) le placent dans la première tribu des Nauclées. Enfin M. Oliver (loc. cit.), adoptant une division différente, partage les Rubiacées, en se plaçant au point de vue très philosophique de l’uniséminalité ou de la plurisémina- lité des fruits, en deux sections, la première comprenant les genres à ovules solitaires, et la seconde ceux à ovules indéfinis. Après avoir placé les Nauclées en tête du groupe à ovules indéfinis, il donne au genre Sar- cocephalus le premier rang des Nauclées, Cet auteur n'indique, pour l'Afrique, que deux espèces de Sarcocephalus : celle qui nous occupe, S. esculentus Afz., et S.Russeggeri Kotschy. La première, très rappro- 110 SÉANCE DU 43 MARS 1885. chée de la seconde par sa constitution, est presque exclusivement limitée au littoral de la côte occidentale, tandis que la seconde vit dans les terres du continent africain (pays des Monbouttous, Sennaar, bois de Madi, Djurland, pays des Niams-Niams). Il est fort probable, d’après la similitude très rapprochée de ces deux espèces, que tout ce que nous aurons à dire des propriétés fébrifuges du Doundaké s’appliquera aussi à son congénère de l’intérieur des terres. Toutefois quelques doutes nous sont inspirés sur ce point par un renseigne- ment dû à la compétence du D' Corre, et par le silence de G. Schweinfurth concernant cette espèce : «€ J'ai trouvé, dit le premier (in litteris), » un Doundaké dans la Nandouck des Woloffs, au milieu de la » forêt de M'hour, entre Joal et Portudal. C’est bien la même plante en » l’ensemble, mais l'écorce est blanche et sans amertume ; je n’ai pas vu » les fleurs. » Il est fort probable que c’est là le Sarcocephalus Russeq- geri. Quant à Schweinfurth, il se borne à signaler l’emploi du bois de cette espèce pour faire, dans le pays des Niams-Niams, des escabeaux divinatoires (1). Avant d’aller plus loin et de passer à la description botanique du Doun- daké, remarquons que, d’une façon générale, les espèces de Sarcoce- phalus,avec leurs divisions des Nauclea qui forment aujourd’hui les genres Adina Salisb., Mitragyne Korth., Uncaria Schreb., etc., reconnais- sent les mêmes propriétés fébrifuges, dues à un principe amer, ce qui à permis à M. Baiïllon de dire (2): « Peut-êtreest-ce le Nauclea orientalis » africain dont parle Mungo Park (ex Hiern, in Journal Linn.Soc.t. XVI, » p. 261) comme servant à pratiquer des fumigations qui coupent la » fièvre, et qu’on a rapporté aussi au Sarcocephalus esculentus (3). » I est probable que beaucoup d’autres Naucleasont dans les mêmes condi- ons, mais il faut rapprocher de cette uniformité de propriétés, dans une section botanique très homogène, et par cela même très tourmentée par les classificateurs, la même uniformité dans un groupe semblable, ayant avec le Sarcocephalusdes affinitésbotaniques que j'ai déjasignalées. Je veux parler des Morinda, distincts surtout des précédents par Les ovules solitaires, et qui, eux aussi, sont tous ou à peu près fébrifuges et pourvus (1) Au cœur de l'Afrique, trad. Loreau, t. I, chap. xvtt, p. 179. Paris, Hachette, 1875. (2) Histoire des plantes, t. VII, p. 376. (3) Ce Nauclea orientalis est probablementle Nauclea africana Wild., N. platanocarpa Planch., Platanocarpum africanum Hook. f., Stephegyne africana Walp.,Cephalanthus africanus Reich., etenfin Mitragyne africana Korth., que Bentham et Hooker (Genera plantarum, loc. cit.) placent dans la 2° section du genre Sarcocephalus. Celui-ci est en effet divisé en Eusarcocephalus, caractérisé par les dents du calice pourvues à l'extrémité d’appendices filiformes, et Platanocarpus, caractérisé par le limbe du calice cilié. La l'esection ne renferme que l'espèce qui nous occupe : le S. Russeggeri Kotschy prendrait place dans la 2 section. Ce Cephalanthus africanus Reich., vulgo Koss, est employé en décoction par les négresses, comme abortif et déterminant des contractions utérines. HECKEL. — ORIGINE DES DOUNDAKÉS D'AFRIQUE. it1 de matières colorantes (1). Ce dernier genre est plus ubiquiste, plus répandu que le premier, et ses espèces ont conservé cependant les mêmes propriétés sur toute la surface de la terre, dont elles occupent les points les plus différents. Après ce hors-d’œuvre, qu'on voudra bien me pardonner en raison de l’importance du sujet, j'arrive à la description de la plante qui donne un des Doundakés (le vrai), en me rapportant non pas aux diagnoses antérieures, mais aux seuls échantillons dans l'alcool qui ont été en ma possession. SARCOCEPHALUS ESCULENTUS Afz. — C’est un arbrisseau à tronc très court et noueux, robuste, tourmenté et ramassé comme nos petits Chênes bretons, mais avec des dimensions moindres, atteignant parfois la grosseur de la cuisse. Chez les jeunes sujets, les branches naissent de la souche; elles forment une touffe lâche, et atteignent une grande longueur sans présenter de ramification, ou ne présentent que des rameaux très faibles et comme avortés (Corre, loc. cit.). L’arbrisseau, glabre ou pubérulent se présente quelquefois sous l'aspect d’un buisson grimpant, de 3 à 7 mètres de hauteur. La tige est revêtue d’une écorce rugueuse inégale, fendillée, mais d'aspect fort différent suivant l’âge de la plante, et suivant aussi le lieu ou le végétal a vécu. A l’état adulte, les écorces pro- venant de Rio Nunez sont différentes d'aspect de celles qui viennent de Sierra- Leone. Les premières ont une apparence plus subéreuse, qui explique la déno- mination de Nauclea sambucina donnée par T. Winterbottom au végétal qui nous occupe. D’une façon générale, cette écorce est grise à l’état jeune, ou jau- nâtre plus tard, mais d’un jaune plus ou moins foncé. Les couches sous-jacentes, qui se détachent en minces lamelles sur toute la longueur de la tige, sont d’un jaune orangé plus ou moins accusé, mais le plus souvent assez vif. Les jeunes (1) I est impossible de passer devant de pareils faits sans en faire ressortir les ensei- gnements. J'ai dit, dans une étude sur l’Évolution comparée des végétaux el des ani- maux (Revue scientifique, août 1884), que non seulement dans leur ensemble, mais encore dans les termes divers d’une même série familiale, la gradation organique avait procédé de la même façon en allant de la simplicité vers la multiplicité d'abord, puis vers la simplification des parties réalisée par soudures ct avortements. Nous avons un exemple très remarquable de cette progression dans les deux genres Sarcocephalus et Morinda, qui semblent être, à tous égards, la reproduction l’un de l’autre, avec prédo- minance, dans le dernier genre, d’une condensation réalisée par réduction dans le nombre des fleurs, qui devient limité, et réduction des ovules à lunité dans chaque loge ovarienne. Par ailleurs, même forme des fleurs réunies en un syncarpe qui devient le fruit, Remarquons en passant que cet état syncarpique se montre dans tous les tcrmes élevés des divers embranchements végétaux : dans les Apétales (Urticées, Artocarpées), dans les Monocotylédones (Ananassinées), et enfin dans les Dicotylédones gamopétales (Rubiacées). Ge fait significatif, joint à bien d’autres, semblerait prouver que la nature, dans ses efforts de création, et dans l'immense variété de ses œuvres, s'est sans CeSse copiée elle-même, Cette famille des Rubiacées peut elle- même être rapprochée des Composées par la constitution de ses capitules floraux (dépourvus de bractées) (Morinda, Sarcocephalus) et par la condensation florale, comme dans les Cephelis et Richardsonia. C'est bien là 11 manière d’être des Composées ; mais la fleur y reste unité composante, l'intégration Morale n’y atteignant jamais la condition propre aux Composées. 112 SÉANCE DU 13 Mars 1885. branches ont une écorce mince, grisâtre, ridée longitudinalement, parsemée de petites élevures ou de petites macules brunâtres, et sont presque cylin- driques ou légèrement tétragones (pl. IT, fig. à). Feuilles opposées subco-: riaces, légèrement acuminées (fig. 4), obscurément rétrécies ou à peu près arrondies à la base, à limbe entier, lisse, glabre sur les deux faces, ovale aigu, régulier ou peu asymétrique, ondulé, pourvu de chaque côté de 7 ou 8 nervures fortes, se terminant en arc avant d'atteindre le bord foliaire; d’un vert luisant en dessous, d’un vert pâle en dessus, longues de 0,05 à 0",20; pétiole court, tordu, de couleur rose et mesurant de 0,005 à 0,020 (1). Stipules inter- médiaires aux feuilles, courtes, obtuses ou faiblement acuminées au sommet, légèrement ciliées, se soudant sur les bords, et de couleur brun pourpre (lig. 5, st). Têtes florales subglobuleuses, formées de fleurs très denses, très nombreuses et rapprochées en un tout terminal mesurant 0",05 de diamètre, et dépourvu de bractéoles (fig. 1). Tubes calicinaux cohérents dans le syncarpe; limbe calicinal à 4 ou à dents pourvues d’appenaices filamenteux claviformes de 0,002 de longueur, très caducs, et qui disparaissent rapidement par le développement de la corolle (ils ne sont pas indiqués dans la fig. 8 que nous donnons du calice, car ils n’existaient plus sur les échantillons à corolles épa- nouies qui ont élé entre nos mains, nous décrivons donc ces appendices non de visu, mais sur les indications de M Oliver ( Flora cf tropical Africa). La co- rolle, blanc pâle ou blanc jaunâtre, est en forme d’entonnoir, de 0,012 de long (fig. 3), très rétrécie à sa base, un peu charnue, découpée en 4, 5, 6 lobes à estivation imbriquée, rétrécis à la base, puis élargis et arrondis, obtus, un peu dissemblables (ce qui donne à la corolle un aspect légèrement irrégulier, lé- gèrement concave), et pourvus sur leurs bords d’un duvet très fin. Cette corolle est caduque et d’une odeur agréable de fleurs d’Oranger ou de Chèvrefeuille. Les étamines sont affixées (fig. 2) à la gorge de la corolle, pourvues d’un filet très court supportant des anthères allongées à deux loges égales, à déhis- cence longitudinale, avec proéminence légère au sommet du connectif, et au nombre de 4, 5 ou 6, qui atteignent jusqu’à l'ouverture du tube de la corolle, au niveau des incisions des lobes. Elles renferment dans leurs loges un pollen ovoïde, pourvu de trois bandes d’épaisisssement très accentuées (lig. 10). Disque nul et en tout cas inappréciable, s’il existe. Du sommet de l'ovaire se détache -un style de 0",016 de long, de couleur brune, grêle, dépassant beaucoup le tube de Ja corolle, et supportant un stigmate plus épais que le style, blanc de » neige, en forme de fuseau renfîlé à la base (fig. 6), de 0",003 de long, et terminé (1) I n'est pas inutile de donner ici la structure anatomique de là feuille. L'épiderme supérieur, composé de deux couches de cellules tabulaires, présente une cuticule striée (ig. 12 et 13); il est dépourvu de stomates. L’épiderme inférieur, par contre, formé d'une seule rangée de cellules également pourvues sur la paroi extérieure d’une cuticule striée, est pourvu de stomates très nombreux et orientés dans tous les sens (fig. 11). Le parenchyme bicentrique est formé de deux rangées de cellules en palissade placées sur l'épiderme inférieur (fig. 13). Cetle structure rend parfaitement compte de l'emploi que font les nègres de Dakar de cette feuille pour envelopper les graines de Kola et les maintenir à l'état frais, connaissance que nous devons à M. Gombemale, pharmacien de la marine (in litleris). L'épiderme supérieur très développé de cette feuille agit évidem- ment comme un enduit protecteur, capable d'empêcher l'évaporation de la graine. HECKEL. — ORIGINE DES DOUNDAKÉS D'AFRIQUE. 113 par un bec très obscurément divisé à son sommet. Ovaire enfoui dans le syn- carpe (fig. 7 et 9), à deux loges formées par des cloisons qui ne s'unissent jamais complètement (fig. 9, a), et dont une, même, peut avorter, par suite de compression sans doute (fig. 9, b). Chaque loge renferme un nombre considé- rable d’ovules anatropes, disposés en 2 masses sur deux placentas fixés à la cloison. Fruit syncarpique de 0,062 à 0",080 de diamètre, globuleux, à petites Joges pariétales séparées par des cloisons membraneuses, d’une couleur rouge noire, granulé de brun à maturité, creusé à la surface de vacuoles peu pro- fondes et limitées par des crêtes polygonales, à cœur édule, charnu, qui occupe un quart du diamètre total du fruit. Graines petites, blanches, ovoïdes, lisses, non ailées, à funicule spongieux; testa crustacé, granuleux ; albumen charnu, grand, en massue, à petits cotylédons oblongs (fig. 10). Ce végétal, sous les formes que nous venons de lui assigner, et qui ne paraissent pas varier sensiblement, si nous nous en rapportons à la con- stance des spécimens de diverse provenance que nous avons eus en main, croît dans divers points du littoral de l'Afrique orientale, continent auquel l'espèce est propre, alors que d’autres congénères se trouvent disséminés dans l'Asie tropicale, dans le nord de l’Australie et à Queensland (Nou- velle-Hollande). Le Sarcocephalus esculentus est largement répandu en Afrique, depuis le Sénégal jusqu’au Gabon, notamment en Sénégambie, Dakar, Casamance, Rio Nunez, îles de Loos, Rio Pungo, Rotombo, Sierra-Leone, Guinée supérieure, Monrovia et Niger, selon les rapports de nombreux observateurs. À Sierra-Leone, les indigènes appellent ce fruit péche ou fique du pays; à Dakar, il est vendu couramment sur les marchés, et il provient de Hann (localité voisine, distante de 8 kilomètres de Dakar, où le végétal pousse spontanément en abondance). L'arbre fleurit dans loutes ces loca- lités en mai, juin, juillet, et le fruit est mür en octobre. Ce végétal recherche particulièrement le voisinage de la mer, mais 1l vient aussi très bien dans les terres (région du Nil, d'après Schweinfurth). Nous avons déjà vu que, d'après ce dernier auteur, il est aussi cultivé dans les jardins de la Guinée septentrionale. Les écorces de cet arbre constituent le véritable Doundaké. Mais celle drogue nous arrive souvent mélangée de deux écorces étrangères fournies par des plantes ayant des propriétés similaires : 1° Morinda citrifolia L., qui est aussi abondant que le précédent sur la côte d'Afrique, depuis le Sénégal jasqu’à la Guinée inférieure, et qui est également signalé dans la région du Nil par Schweinfurth. Cette espèce est, du reste, absolument ubiquiste. Assez facile à distinguer extérieurement du vrai Doundaké, celte écorce doit avoir des propriétés bien voisines de celle-ci, sinon iden- tiques. D'après Barter (ex Oliver, Flora of tropical Africa), les indigènes l'emploient comme amère, tonique et bonne contre la dysenterie. T. XXXIL. (SÉANCES) 8 114 SÉANCE DU 13 MARS 1885. Si la distinction de ces deux écorces, par leur simple examen, offrait quelque difficulté, cette opération deviendrait très simple au moyen des procédés histologiques. La structure de l’écorce adulte des Morinda ne présente en effet aucune des particularités remarquables que j'ai indiquées dans celle du Doundaké vrai (voyez ci-dessus, p. 95), et sur lesquelles je ne crois pas devoir revenir ici. 2% Nous avons également à signaler le mélange à celle du Doundaké vrai d’une écorce provenant d’une espèce de Morinda moins commune que la précédente, que M. Oliver (Loc. cit.) désigne comme une variété pubé- rulente du Morinda longiflora G. Don, et que sa constance sur divers points du littoral africain (elle n’est pas spéciale à Fernando-Po, comme le dit cel auteur, mais existe aussi en Sénégambie, au Rio Nunez), permet d'élever au rang d’espèce. Nous lui donnerons volontiers dès lors le nom de Morinda Doundake, et nous renvoyons à une date ultérieure la des- cription de cette nouvelle espèce. I est probable, du reste, que le Morinda longiflora lui-même fournit un fort contingent d’écorce au Doundaké (1). 3° On trouve encore mêlées au Doundaké vrai, mais alors très faciles à reconnaître, des écorces n'ayant aucune ressemblance, ni avec celles du Sarcocephalus esculentus, ni avec celles des Morinda cités ci-dessus, et provenant du Cochlospermun tinctorium Richard, de la famille des Ternstræmiacées (2). Ces écorces, dures, résistantes, plates, cassantes, à fibres courtes, de couleur jaune rougeâtre plus foncée que celle du vrai Doundaké, sont moins astringentes et moins amères que celles de ces dernières espèces. (1) Les Morinda (écorces), combinés avec le bois de Sappan (Cæsalpinia sepiaria Roxb.), sont employés dans les Indes orientales pour donner des rouges très beaux et très solides. Les principales espèces usitées dans ce but sont: M. citrifolia, umbellata, macrophyllu, tinctoria, tomentosa, angustifolia (Catalogue des produits des colonies françaises, 1878, Exposition universelle). Je puis ajouter avoir constaté qu'en Nouvelle- Calédonie, les Canaques mêlent cette écorce à la chaux pour obtenir une teinture rouge- brun qui sert à teindre leurs tresses en poil de roussettes (Pleropus). (2) L’écorce du Cochlospermum tinctorium est employée en Mellacorée (Sénégambie), où le végétal pousse spontanément, pour la teinture jaune. La racine est usitée comme emménagogue. Dans l'Inde, les écorces de tiges et de racines de C. Gossypium DC. sont employées comme tannantes et tincloriales, pendant que les graines sont utilisées comme matières oléagineuses. D’autre part, les auteurs du Tentamen Floræ Seneg. indiquent sous le nom de Fayar l'emploi, dans le Cayor et le M'Boro (où elle pousse parfaitement), des racines de cette plonte par les indigènes. à titre de médisament contre l’aménorrhée. Cette propriété des racines semble donc générale dans le genre Cochlospermun. COSTANTIN ET DUFOUR. — TIGES DES LÉCYTHIDÉES. 115 M. Costantin fait à la Société la communication suivante : CONTRIBUTIONS A L'ÉTUDE DE LA TIGE DES LÉCYTHIDÉES par MM. J. COSTANTIN et Féon DUFOUR. , La famille des Myrtacées est divisée par Bentham et Hooker en Myrtées, Leptospermées, Chamælauciées et Lécythidées. M. Baillon multiplie beaucoup plus les divisions, car, selon lui, la même famille doit être décomposée en six séries qui se rattachent aux types suivants : 1° Myrtes, 2° Leptospermes, 3 Chameælaucium, 4 Barringtonia, 5° Napoleona, 6° Grenadiers. Ces deux modes de classification mettent toutes les sous- divisions sur le même rang, de façon qu'on ne se rend pas compte si quel- ques-unes ne possèdent pas plus d’affinités entre elles qu'elles n’en ont avec les autres. M. Van Tieghem a déjà attaché une certaine importance à un carac- tère connu depuis longtemps, la présence ou l’absence de nodules sécréteurs dans la tige et les feuilles. L’anatomie comparée montre que les variations dans les organes sécréleurs correspondent le plus souvent à de grandes différences dans tout le reste de la plante. Le précédent botaniste a donc cru devoir opposer nettement les Myrtacées à appareils oléifères à celles qui n’en ont pas. Ces dernières comprennent les Lécy- thidées (Barringtoniées et Napoléonées) et les Punicées. Nous avons cherché si quelque autre caractère anatomique ne coexiste- rait pas avec le précédent. Nous nous sommes convaincus que, tandis que le premier groupe de Myrtacées à glandes offre une structure d’une très remarquable uniformité dans sa tige, le second groupe offre des tiges très différentes, suivant qu’il s’agit des Lécythidées ou des Punicées. Examinons successivement ces trois organisations. - 1° Myrtacées glanduleuses. — Les Myrtacées glanduleuses se distin- guent par deux caractères principaux de leur tige, indiqués depuis long- emps : a. La présence de poches sécrétrices dans l'écorce. b. L'existence d’un liber interne. Les poches sécrétrices ont été signalées il y a déjà longtemps par M. J. Chatin (4) dans les tiges de plusieurs genres (Eucalyptus et Psi- dium) ; nous les avons retrouvées aussi bien chez les Myrtées (Pimenta, Myrtus, Psidium, Eugenia, ete.) que chez les Leptospermées (Lepto- (1) Étude sur les glandes foliaires intérieures (Annales des sc. nat. 6° série, t. Hl, p. 209 116 SÉANCE DU 13 MARS 1885. spermum, Bæckea, Melaleuca, Calothamnus, Tristania, Metrosideros, Eucalyptus, etc.), que chez les Chamælauciées (Thryptomene, etc.). La présence du liber interne a aussi été signalée. M. de Bary (1) l'in- dique dans quatre genres. M. Petersen (2) a étendu ce résultat à un grand nombre de genres de cette famille. Il est à remarquer que ces deux auteurs n'indiquent que des Myrtacécs glanduleuses parmi les genres qu'ils ont eu l’occasion d’étudier, et même leur examen n’a porté que sur des Myrtées et des Leptospermées. En reprenant celte étude, nous avons eu l’occasion de vérifier les faits annon- cés par les deux observateurs précédents dans les deux premières tribus. Ces recherches ont été faites, soit sur des espèces, soit sur des genres différents; le liber interne s’est toujours montré à nous avec la plus grande netteté. Nous avons de même étendu nos recherches aux.Chamæ- lauciées, et nous avons fait la même observation (Micromyrtus micro- phyllus, Thryptomene bæckeacea, Darwinia dismoides, Calythrix sca- bra, C. tetragona, Actinodium Cunninghami, Chamælaucium Drum- mona, Verticordia Fontanesii, Orleanthus limacis, ete.). Aux caractères précédents il vient s’en joindre d’autres qui n’ont pas la même valeur, mais qui offrent cependant une grande uniformité. c. Le péricycle se sclérifie à la partie périphérique, de façon à entourer le cylindre central d’un anneau fibreux. d. Des fibres analogues s’observent à la partie interne du liber inté- rieur, mais ce caraclère est bien moins constant. e. Enfin, le parenchyme cortical se trouve exfolié de très bonne heure par l’activité d'une couche génératrice subéreuse toujours interne, mais qui peut occuper deux positions en dedans ou en dehors des fibres péri- cycliques. Il est très intéressant de voir une structure si uniforme se maintenir à travers des plantes dont la morphologie externe révèle tant de différences. Ce premier point montre donc à la fois que les classificateurs ont été très habiles en groupant toutes ces plantes autour du Myrte, et que l'ana- tomie peut rendre de grands services, quand il s'agit de groupes dont la structure est aussi uniforme que celui dont nous parlons. 2 Lécythidées. —— La parfaite homogénéité de structure du groupe des Myrtacées glanduleuses est d'autant plus saisissante, que les Lécythidées présentent une structure tout à fait différente. On peut même presque dire que ces deux organisations n’ont rien de commun. En effet, non (1) Vergleichende Analomie, p. 352. (2) Ueber das Auftreten bicollateraler Gefüsbündel in verschiedenen Pflanzen- familien (Engler’s Botanische Jahrbüch”r für Systemalik, t. HI, 1882). COSTANTIN ET DUFOUR. — TIGES DES LÉCYTHIDÉES. 117 seulement, comme on sait, les Lécythidées n’ont pas de nodules sécré- teurs, mais en outre : a. Elles n’ont pas de liber interne. b. Elles ont des faisceaux corticaux. Le liber interne manque, et la moelle, en se lignifiant, se confond avec la pointe des faisceaux du bois, ainsi que cela se voit nettement chez les Napoleona imperialis, Lecythis lanceolata, L. ollaria, le Fœtidia bor- bonica, le F. mauritiana, le Bertholletia, le Couratari glabra, les Gustavia, Planchonia, etc. Les faisceaux corticaux, en second lieu, existent toujours ici. Ils n’existaient jamais chez les Myrtacées glanduleuses. La possibilité de ce fait se conçoit ici, car la couche subéreuse, quand elle se forme, appa- raît toujours dans la région externe du parenchyme cortical (Carreya), quelquefois même dans l’assise sous-épidermique (Lecythis ollaria). La présence de faisceaux corticaux très nombreux parcourant toute l'écorce n’est pas un fait très commun chez les Dicotylédones, aussi ce caractère donne-t-il une originalité très spéciale à la tige de ces plantes. Cette originalité est surtout frappante quand, comme chez les Bertholletia, ces faisceaux atteignent un très grand développement par la taille et le nombre ; elle est également digne de fixer l’attention quand, comme chez les Barringtonia, les faisceaux corticaux ont leur bois retourné, et rap- pellent les Calycanthus (1). L'étude des Lécythidées nous a conduit à deux premiers résultats par- ticuliers qu’il est important de noter. D'abord la structure de ce groupe est très homogène, et il n’y a pas lieu de séparer les Napoléonées des Barringtoniées, comme le fait M. Baillon. En outre, le genre Fætidia, que Bentham et Hooker regardent comme un genre douteux, a tout à fait la structure d’une Lécythidée, tandis que les Sonneratia en diffèrent profondément. Ce ne sont point là les seules conclusions que nous croyons pouvoir tirer de l'étude précédente ; il en est une plus importante qui résulte, selon nous, de nos recherches. Il nous semble quela présence ou l'absence d’un liber interne est un fait très important, car il existe dans presque toutes les familles que les auteurs s'accordent à rapprocher des Myrtacées. Le groupe des Myrtales de Bentham et Hooker comprend les Myrtacées, Mélastomacées, Rhizophoracées, Combrétacées, Lythrariées, Onagrariées. (1) Il est intéressant de rappeler que les Calycanthus, n'ayant pas de liber interne, ont une structure analogue à la précédente ; or on sait que Brongniart mettait les Caly- canthées dans les Myrtoïdées à côté des Lécythidées. M. Lignier avait déjà indiqué les affinités anatomiques des Guslavia et des Calycanthus (voyez le Bulletin, 1884, p. 198). 118 SÉANCE DU 13 MARS 1885. Toutes ces familles, sauf les Rhizophoracées (1), possèdent ce liber in- terne. Il est bien remarquable de constater un même caractère anatomique chez des familles que l’étude organographique seule conduit à rap- procher. Cette dernière remarque nous conduit à penser que les Lécythidées, qui offrent une structure si différente des Myrtacées glanduleuses, doivent en être séparées complètement, de manière à constituer une famille dis- tincte. Nous ne faisons d'ailleurs que revenir à une opinion ancienne, celle de Lindley et de Brongniart. En effet, l’organisation de l’appareil végétatif el celle de la fleur sont différentes dans les deux groupes. Les feuilles sont alternes chez toutes les Lécythidées (2); elles sont le plus souvent opposées chezles Myrtacées glanduleuses. L’androcée offre chez plusieurs Lécythidées une irrégularité qu’on n’observe pas chez les Myrtacées vraies. Les étamines, en nombre indéfini, sont soudées en une sorte d’urne courte d’un côté, mais se prolongeant de l’autre en une lame en forme de capuchon, portant un grand nombre d’étamines fertiles ou non. Enfin le fruit des Lécythidées est très souvent une pyxide ou un fruit indéhiscent ou charnu, tandis qu’il est différent chez les Myrtacées vraies. Lécythidées douteuses. — Quant aux genres douteux, nous n'avons pas pu nous les procurer tous. Le genre Petersia aurait été particulière- ment intéressant à étudier, car on le déerit comme Lécythidée glandu- leuse; ce genre est d’ailleurs très peu connu. Le Catostemma est égale- ment une Lécythidée très douteuse, dont le fruit est inconnu, et qui ne se rapproche, par la structure de sa tige, ni des Ternstræmiacées, ni des Lécythidées. Enfin le Cupheanthus, possédant du liber interne, n’est pas une Lécythidée : les feuilles n’étant pas glanduleuses, ce n’est pas une Myrtacée. 3° Punicées.— On sait, d'après M. Petersen, que le Grenadier offre un liber interne. Cette plante n’a donc pas d’affinité avec les Lécythidées; elle se distingue des autres Myrtacées par l'absence de glandes. Si les Lécy- thidées doivent former, d’après ce que nous avons dit plus haut, une fa- mille distincte, 1l n’y a plus de raisons d’ajouter aux Myrtacées, formant un groupe très homogène, une plante de structure différente. M. Baillon range d’ailleurs le Punica dans les Myrtacées avec un point de doute ; Bentham et Hooker le mettent dans les Lythrariées pour plusieurs rai- sons, Or la structure de la tige semble justifier ce rapprochement, ainsi que nous nous en sommes assurés en étudiant quelques genres (Cuphæa, Neswa, etc.). (1) Nous avons constaté l'absence de liber interne dans les Macarisia et les Aniso- phylla. (2) Elles sont opposées chez le Sonneraltia, qui n'offre pas la structure des Lecv- thidées, dont plusieurs auteurs le séparent, et dont la structure est différente. BORNET ET FLAHAULT. — GENRE AULOSIRA. 119 En résumé, nous pensons que l'étude anatomique des plantes pourra permettre de résoudre un certain nombre de problèmes que l’étude orga- nographique a laissés sans solution. Nous croyons même qu’elle permet- tra de relever de très fréquentes erreurs qui résultent, soit de ce que les matériaux d'étude ont été insuffisants, soit de ce que les affinités véri- tables n’ont pas été trouvées. M. Van Tieghem fait observer que M. Lignier, dans un travail sur les Calycanthées, signale chez une Lécythidée la présence de fais- ceaux corticaux analogues à ceux des Calycanthées. M. Dufour constate en effet que, dans le Barringtonia, les fais- - eaux sont distribués comme dans les Calycanthées. | M. Camus présente à la Société des échantillons de Scilla bifolia à fleurs polymorphes, qui varient à étamines longues ou courtes, et à anthères purpurines ou bleuâtres. M. Mangin, secrétaire, donne lecture de la communication sui- vante : NOTE SUR LE GENRE AULOSIRA, par MM. Ed. BORNET et Ch. FLAHAULT. Le genre Aulosira a été établi en 1878 par M. Kirchner (1) pour une Nostochinée filamenteuse dont les cellules végétatives, les hétérocystes et les spores sont disposés comme dans les Anabæna, mais qui se distingue de ce genre parce que le trichome est entouré d’une gaîne membraneuse, semblable à celle des Lyngbya ou des Tolypothrix (2). M. Kirchner n’a mentionné qu’une seule espèce, l’Aulosira laxa, originaire des environs de Breslau. M. Nordstedt nous en a communiqué une seconde espèce provenant des environs de Montevideo. Il est présumable que des recher- ches ultérieures augmenteront le nombre des espèces de ce genre encore peu connu, qu'aucune particularité extérieure ne signale à lattention, et dont les filaments, vus au microscope, ressemblent tellement à des fila- ments isolés et simples de Tolypothrix, qu’on pourrait aisément les con- fondre avec eux. Nous n’avons pas vu la plante de M. Kirchner. Elle nous est connue seulement par la description et par un dessin que l’auteur à bien voulu nous communiquer, en nous autorisant à le joindre aux figures dont cette (1) Kryptogamen-Flora von Schlesien, Algen, p. 238. Breslau, 1878. (2) Certains Nodularia et quelques Anabæna sont pourvus de gaîne. Celle-ci toute- fois n’est ni aussi ferme ni aussi membraneuse que dans les Aulosira; c’est une enve- loppe gélatineuse, qui disparaît souvent avec l’âge. (Bornet et Thuret, Votes algolo- giques, p. 125.) 120 SÉANCE DU 13 MARS 1885. note est accompagnée. D’après ces documents, il est évident que la plante de Montevideo et celle de Breslau sont très voisines. Elles différent pour- tant d’une manière bien nette, et par la grosseur des filaments, et par les proportions relatives des spores. Avant de donner la diagnose de l'espèce nouvelle que nous proposons, et pour réunir ici tout ce qu'on sait aujourd’hui sur les Aulosira, nous reproduisons, en la traduisant et en modifiant légèrement l’ordre des caractères, la description publiée par M. Kirchner dans ses Algues de Silésie. Aulosira Iaxa Kirchner loc. cit.; Die mikroskopische Pflanzenwelt des Suesswassers, p. 40, fig. 128. — Filis ærugineis, rectis vel parum curvatis, solitariis vel fasciculatis; vagina tenui, arcta hyalina: tricho- matibus 5-7 L crassis; cellulis vegetativis cylindrieis vel compressis ; heterocystis cylindricis 5-8 4 crassis, luteolis, vix ac ne vix cellulis vege- tativis crassioribus ; sporis cylindricis 5-7 a erassis, 20-24 4 longis. Hab. sparsim inter Algas in fossis, inter Sedlitz et Pirscham, prope Breslau (Kirchner). M. Kirchner cite avec doute, comme synonyme de son Aulosira laxa, l’'Anabæna laxa A. Braun, qui est décrit dans le Flora europæa Alga- rum de Rabenhorst (t. IT, p. 193) sous le nom de Sphærozyga laxa. Grâce à l’obligeance de M. Eichler, le savant directeur du Musée bota- nique de Berlin, nous avons eu communication d’un des deux échantillons d'Anabæna laxa conservés dans l'herbier d’AI. Braun, ainsi que d'un cro- quis de l’auteur joint à ces échantillons. Les filaments d’Anabæna laxa sont très peu abondants dans la préparation, et déjà avancés en âge. Nous en avons cependant trouvé quelques-uns dont la conformité avee le dessin de Braun était complète ; ils nous ont servi à ramener ce dessin à la mesure de celui de M. Kirchner. En comparant ces deux dessins (pl. IV, fig. 1 et 2), que nous réunissons sur la même planche, on voit que les plantes qu'ils représentent n’appartiennent ni à la même espèce ni au mème genre. Par l’aspect général des filaments, l'épaisseur et la consis- tance de la gaîne, la conformation et la disposition des cellules, l'Ana- bæna laxa se rapproche bien plus de l’Anabæna (Dolichospermum) Smithii Thwaites (in Ralfs, On the Nostochinew, p. 16, pl. IT, fig. 4) que des Aulosira (1). (1) Nous reproduisons ici les notes manuscrites qui accompagnent le dessin d’Al. Braun, d'après la traduction latine que M. Eichler a pris la peine de nous faire. Anabæna laxa Al. Braun.— In substantia fusca mucoso-filamentosa quæ Muscos (Hyp- num fluitans), Callitrichen et alias plantas aquaticas obducit. — Fila solitaria vel plura parallele consociata, luteo-viridia, fere 2/300 mm. crassa (præter vaginam). — Sporæ et heterocystæ paullo crassiores quam cellulæ steriles. Cellulæ steriles valde delicatæ, pallidæ, magis ærugineo-virides; fertiles membrana crassa instructæ, Cylindricæ, spar- siuscule granulosæ, pellucide luteo-virides. — Heterocystæ globosæ, a reliquis parum BORNET ET FLAHAULT. — GENRE AULOSIRA. 121 Aulosira implexa (pl. [V, fig. 4).— Filis ærugineis, 5-10 millimetris longis, rectis, sæpe fasciculatim agglutinatis, 7-14 4 (sæpius 12 ) crassis ; vagina tenui, membranacea, arcta, hyalina ; trichomatibus 8-9 crassis ; cellulis in filis sterilibus diametro duplo brevioribus vel æqualibus, in fertilibus fere duplo longioribus quam latis, ad genicula leviter contractis, granulosis, heterocystis luteolis, quadratis vel oblongis; sporis 4-32 se- rialis, 8-9 4 crassis, 16-34 » longis, e membrana luteo-fusea lævi, 2-3 4 crassa, massam grosse granulosam olivaceam involvente, constitutis (v. s.). Hab. in aquis stagnantibus in paludibus Americæ australis prope Mon- tevideo, mense marlio 1884 leg. J. Arechavaleta (nobiscum communicavit el. O. Nordstedt) ; ad Elephant point, Pegu, Asia, Kurz, n° 3130 (Herb. Grunow). L’Aulosira implexa forme des masses floconneuses entre les divisions des feuilles d’une espèce d’Utriculaire. Nous n'avons pu constater l’adhé- rence de ces filaments avec les feuilles. Les filaments sont isolés ou agglu- tinés en petites mèches. [ls sont de grosseur assez inégale, mais l’épais- seur de chacun d’eux est sensiblement la même dans toute la longueur. Les deux extrémités sont semblables. Les cellules qui constituent ces extrémités sont courtes, sphériques-comprimées, resserrées aux articu- lations ; la cellule terminale est un peu plus grosse et globuleuse. Toutes présentent un contenu faiblement granuleux et peu coloré. A quelque distance des extrémités, les cellules cessent de se diviser activement, elles s'allongent alors jusqu’à devenir deux fois aussi longues que larges. — Les hélérocystes sont souvent plus étroits que les cellules entre lesquelles ils sont interposés ; ils sont faiblement colorés et ne contiennent qu’une mince couche de matière solide. Ils adhèrent étroitement à la gaîne. Celle-ci est mince, lisse, non lamelleuse. Nous ne l'avons pas vue colorée, : même chez les exemplaires fructifiés. Les gaines sont souvent vides aux extrémités ; il est vraisemblable que cette particularité est due au déta- chement des hormogonies. — Les spores varient du simple au double sous le rapport de la longueur ; elles soni légèrement arrondies aux deux extrémités. Elles commencent à se développer vers le milieu de l'inter- valle compris entre les hétérocystes, de sorte que les plus jeunes sont les plus rapprochées de ces cellules ; souvent elles sont séparées des hétéro- definitæ. — Vagina mucosa (quæ sine dubio maturitatis demumn tempore explicalur) moilo angustior et magis appressa, modo amplior, granuloso-mucosa et quasi diffluens. Quarum vaginarum ope sæpe fila complura conglutinantur. Subgenus proprium formare debet quod Spermosiram et Cylindrospermum conjungit. Fortasse Cylindrospermum polyspermum Kützing huic subgeneri adseribendum, sed secundum Kützing multo tenuius est ac planta prior et ærugineo-viride. 122 SÉANCE DU 13 MARS 1885. cystes par une ou plusieurs cellules non transformées ; dans quelques cas, moins fréquents, elles les touchent immédiatement. Le genre Aubosira forme une exception remarquable dans le groupe d’Algues auquel il appartient. Tandis que chez les autres Nostocées (Anabæna, Nodularia, Cylindrospermum, Sphærozyga, Nostoc) les trichomes sont nus ou, lorsqu'ils sont entourés d’une gaîne, celle-ci est molle, gélatineuse et souvent diffluente, la gaîne des Aulosira est mince, membraneuse et sèche. Les observations de M. Wittrock (Wittrock et Nordstedt, Algeæ eæsic- catæ n° 496) ont montré que la situation relative des spores et des hétéro- cystes, sur laquelle est basée la distinction des genres Anabæna, Sphæro- zyga et Cylindrospermum, n’a pas la fixité qu'on avait cru reconnaitre. Il a constaté en effet, dans l’'Anabæna Hassallii, que les spores, habituel- lement séparées de l’hétérocyste par une à trois cellules végétatives, sont quelquefois en contact avec lui; il propose en conséquence de n’admettre qu’un seul genre, Anabæna Bory, et de considérer comme de simples sous-genres les divers groupes auxquels, depuis Ralfs, on avait accordé une valeur générique. L’Aulosira implexa et l’Anabænalaxa AÏ. Braun présentent les mêmes variations de rapport entre les hétérocysles et les spores que l’Anabæna Hassallii, Le plus souvent les spores sont sépa- rées de l’hétérocyste par quelques cellules végétatives, mais parfois elles le touchent immédiatement. Explication des figures de la planche IV. FiG. 1. — Deux filaments d’Aulosira laxa Kirchner, d’après un dessin com- muniqué par l’auteur. (Grossissement d’environ 600 diamètres.) FiG. 2. — Filaments d'Anabæna laxa Al. Braun, d’après un croquis de l’au- teur. (Grossissement de 600 diamètres.) FiG. 3. — Filaments de la même plante, d’après un échantillon authentique. (Grossissement de 330 diamètres.) FiG. 4. — Aulosira impleæa. Portions de filaments prises aux extrémités et à la partie moyenne de ceux-ci. La figure courbe représente une extrémité jeune dont le sommet n’a pas encore de gaîne distincte. Dans un autre filament, la gaine est en partie vide. À droite, se trouvent deux filaments fructifiés : dans l'un, les spores sont éloignées de l'hétérocyste; dans l’autre, elles sont en con- tact avec lui. (Grossissement de 600 diamètres.) M. Malinvaud, secrétaire général, donne lecture de la commu- nication suivante : CLOS. — ANAGALLIS PHŒNICEA ET CÆRULEFA. 193 D'UN NOUVEAU CARACTÈRE DISTINCTIF DES ANAGALLIS PHŒNICEA Lamk ET CÆRULEA Schreb., par M, D. CLOS. À partir de Gaspard Bauhin, la plupart des botanistes, notamment Haller, Schreber, Lamarck, de Candolle, et, plus près de nous, Lorey et Duret, Boreau, Kirschleger (mais ce dernier avec doute), Koch, Bras, MM. Loret et Barrandon, ont considéré les Mourons rouge et bleu comme 2 TT ZARONIE SC TH: CLOS DEL représentant deux espèces distinctes; tandis que Linné, et à sa suite d'assez nombreux phytographes, y compris Grenier et Godron, M. Cosson et Germain, n’ont voulu admettre qu’une espèce, Anagallis arvensis L., avec une variété cœrulea. Cependant Poiret déclarait dès l’an IV, que ces deux Mourons dif- fèrent par des caractères invariables, signalant chez le bleu une tige plus droite, avec des rameaux plus nombreux, des pédoncules plus 124 SÉANCE DU 13 MARS 1885. courts, le passage de la couleur bleue au blanc el jamais au rouge (in Dict. bot. de l'Encyc:. IV, 336). De Candolle distingue à son tour l’A. phænicea par des pétales (lobes de la corolle) plus élargis au sommet, plus grands, et à crénelures un peu plus glanduleuses, par des lanières calicinales plutôt lancéolées que subulées, jamais tachetées sur les bords de points bruns, et l’auteur ajoute que les caractères dislinelifs des deux sortes de Mourons se reproduisent par semis (F1. franc. III, 431-432). On a dit encore que le Mour oo bleu est d’un vert plus foncé, avec des feuilles à cinq nervures, celles du Mouron rouge n’en ayant que trois; que les sépales de l’un égalent ou dépassent la corolle, ceux de l’autre étant plus courts que celle-ci; que la capsule du premier est ovoïde et à 8-10 stries, et celle du second sphérique à cinq stries; que les feuilles des bourgeons terminaux sont étalées ou réfractées chez le bleu, dres- sées chez le rouge. Enfin M. Sachs énonce le fait qu'on n’a pu obtenir d’hybride entre les deux (Lehrb. der Bot. 4° édit. 889), assertion que reproduit M. Van Tieghem (Traité de Bot. 965). Darwin écrivait à ce propos, il y a près de vingt ans: « Si... l’assertion de Gærtner, que les formes à fleurs bleues et à fleurs rouges de l’Anagallis arvensis sont stériles lorsqu’on les croise, venait à être confirmée, je présume que lous les botanistes qui actuellement, par différents motifs, regardent ces deux formes comme des variétés flottantes, admettraient aussitôt leur spécifi- cité. » (De la variation des anim. et des pl. trad. fr. IT, 201.) Il est étrange que les auteurs anciens, généralement soucieux des caractères de la racine, n’aient pas noté chez les Mourons en question une différence tirée de cet organe, et qui m’a paru constante sur des pieds également forts et vigoureux, les uns et les autres très ramifiés (1), et croissant côte à côte dans les mêmes champs argilo-siliceux, à sa- voir : un pivot, ne portant que quelques grèles et courtes radicelles chez l'A. phænicea, et au contraire très ramifié chez l'A. cærulea, à partir presque de sa jonction avec la tige, jusqu’au delà du milieu de sa lon- gueur. C’est ce que montrent les quatre figures ci-jointes, dessinées d’après nature, dont la première et la deuxième représentent Ja racine du Mouron rouge, et la troisième et la quatrième celle du Mouron bleu. (1) La différence n'est oien accusée que sur les sujets ayant atteint un assez grand développement SÉANCE DU 21 MARS 1885. 125 SÉANCE DU 27 MARS 1885. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE. M. Mangin, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 13 mars, dont la rédaction est adoptée. Au sujet d’observalions de M. Rouy, mentionnées dans le procès- verbal, M. Gandoger dit que le Rosa dont il a été question dans les deux dernières séances de la Société est bien le Rosa pyrenaica Gouan (de latribu des Alpinées), et non le Rosa Malyi Kern., spécial aux Alpes Dinariques. Ce qu’on a pris en France et en Suisse pour le R. Malyi n’est que le Rosa alpina ou une de ses nombreuses formes. Quant à la plante en question, son facies, ses folioles glandulenses en dessous, la forme de ses stipules, de son inflo- rescence, elc., la rangent évidemment dans la section des Alpines et non à côté du R. Malyi, qui appartient aux Sabinées, ainsi que l’'edmettent tous les rhodographes. Du reste, M. Michel Gandoger a parcouru la région où a été trouvé ledit Rosa, il n°v a vu que le Rosa pyrenaica ; ce fait lui à été également confirmé par M. Bor- dère, de Gèdre, dont il a reçu des envois considérables de Rosa pyrénéens. M. Rouy dit qu’il n’a rien à changer à son appréciation sur le Rosa de M. J. Vallot, qu'il a étudié attentivement, et qui est bien à classer dans le groupe des R. gentilis Sternb. et R. Malyri Kern., mais non à assimiler au R. pyrenaica Gouan. M. J. Vallot dit que sa plante, qu'il a rencontrée ausät dans la vallée de Cauterets, mais beaucoup moins réduite, est entièrement différente du Rosa pyrenaica, qu'il a récolté au Monné et au pie de Viscos, dans le voisinage du col de Riou. Il serait fort étrange que la même espèce, recueillie dans deux localités aussi voisines, sur la même crête et dans des conditions identiques de terrain, d’alli- tude et d'exposition, présentât des formes aussi différentes. Quant aux lémoignages invoqués par M. Gandoger, les listes de plantes rares insérées récemment dans le Bulletin montrent suffisamment que M. J. Vallot a pu citer à Cauterets des plantes qui n'avaient pas été signalées dans la région par les observatenrs qui l'ont précédé. 126 SÉANCE DU 27 MARS 1885. M. le Président proclame l’admission comme membre à vie de M. le D° Labourdette, qui a rempli les conditions exigées par les Statuts pour l'obtention de ce titre. M. le Secrétaire général entretient l'assemblée des projets rela- üfs à la prochaine session extraordinaire. Le Conseil, sur le rapport de la Commission chargée d'examiner les avis reçus des départe- ments, a décidé de soumettre à l'approbation de la Société les pro- posilions suivantes : 1° La Société se réunira extraordinairement cette année dans le dépar- tement des Ardennes; 2 l’ouverture de cette session aura lieu à Charle- ville, le 45 juin prochain. Ces deux propositions, successivement mises aux voix, sont adoptées. M. Malinvaud donne lecture des passages suivants d’une lettre qu’il a reçue de M. Boissier : EXTRAITS D’UNE LETTRE DE M. Edm. BOISSIER À M. MALINVAUD. «...... Je ne crois pas que le Melica nebrodensis de Sicile soit une variété spéciale qui n’existerail pas dans la flore française. J’ai des échantillons des Pyrénées (Gèdre, Pierrefitte) qui me paraissent tout à fait identiques à ceux de Sicile; d’autres, de Grenoble et Besançon (Billot exsice. 1593 bis et ter), me semblent aussi appartenir à la même forme depauperata foliis angustis involutis, quoiqu’ils se rapprochent davan- tage du Melica ciliata type. Quant à la plante des environs de Paris, je ne l'ai pas. Enfin ce M. ciliata var. nebrodensis se retrouve très identique à celui de Sicile, en Catalogne ! en Crète! dans le Liban! et très certainement aussi en Algérie, d’où je ne possède cependant pas d'échantillons. » Vous me demandez encore si, dans le Flora Orientalis, j'ai pensé à différencier la variété nebrodensis Coss. Alg. de la variété nebrodensis Csss. FI. env. de Paris? Je n’y ai pas pensé, mais je ne doute pas que la forme du centre de la France, des Pyrénées, etc., n’appartienne, avec des nuances plus ou moins tranchées, au vrai M. nebrodensis de Sicile, qui lui-même, comme c’est aussi votre opinion, passe par des degrés insen- sibles aux formes luxuriantes du M. ciliata. Je suis donc en plein accord AVEC VOUS. + +» + + +) M. Malinvaud ajoute : HACKEL. — LETTRE A M. MALINVAUD. 127 Cette lettre, qui est une réponse obligeante à une demande d’éclaircis- sements, ne laissera aucun doute, pour tout esprit non prévenu, sur l’exis- tence du vrai Melica nebrodensis aussi bien dans la flore française qu’en Espagne, en un mot dans l’Europe occidentale, et elle redressera ainsi l'interprétation peu exacte dont un passage du Flora Orientalis avait été l’objet (1). Ceci me conduit à une seconde rectification. M. Rouy a présenté, au commencement de l’avant-dernière séance, un ouvrage posthume de Parlatore, et nous y a montré le Melica nebrodensis figurant dans une liste de plantes caractéristiques des hautes montagnes de la Sicile. Mais — et c’est un détail qu’il n’eût pas été inutile de faire connaître, car 1l modifie singulièrement la portée de la citation — la même liste renferme nombre d'espèces qu’on sait exister dans d’autres pays, particulièrement en France, par exemple : Thlaspi rotundifolium, Vale- rianella pumila, Adenostyles hybrida, Jurinea Bocconi, etc. Les Études sur la géographie botanique de l'Italie, ainsi que ce titre le fait pres- sentir, concernent spécialement la végétation italienne, dont l’auteur s'est proposé surtout de comparer entre elles les diverses régions, sans se préoccuper d'étendre les données de son travail aux autres contrées de l'Europe, qui ne sont mentionnées qu’incidemment. C’est ainsi encore qu’à la page 56 du même ouvrage on voil signalés, dans une énumération de plantes « propres aux Apennins », le Genista anglica, le Pimpi- nella Tragium, l'Echinops Ritro, etc., que nul ne s’avisera de con- sidérer comme des espèces exclusivement italiennes. M, Malinvaud donne ensuite lecture de la lettre suivante. que lui a écrite M. Hackel en réponse aux critiques dont sa classification des Melica avait été l’objet : EXTRAITS D'UNE LETTRE DE M. HACHEL À M. MALINVAUD €... .. J'accorde volontiers à M. Rouy le droit de se former telle idée qui peut lui convenir de l'espèce, mais non celui de fonder ses dis- tinctions spécifiques sur des interprétations poussée à l'extrême, ainsi qu'il l’a fait précisément à l’occasion du Melica nebrodensis. S'il veut bien soumettre au contrôle d’une mensuration exacte les caractères dis- tinctifs dont il fait usage, il verra en quelque sorte ceux-ci s’évanouir successivement, Dans sa première note (2), il dit: « Fleurs (cela veut dire » les épillets) du M. nebrodensis presque du double plus grandes, allon- (1) Voyez plus haut, pages 65 et 66. (2) Voyez le Bulletin, t. XXIX (1882), page 88. 128 SÉANCE DU 27 MARS 18859. p4 » gées, moins larges que celles du M. ciliata... » Aujourd’hui ïl les dit « presque de moitié plus grandes (1) ». C’est déjà beaucoup moins, et c’est encore beaucoup trop, car mes trois échantillons de #. nebrodensis, des Nébrodes (legg. Todaro, Lojacono, Strobl), mesurent 6"",5 (Todaro), 7m (Lojacono), 8"" (Strobl); ceux de Saint-Sauveur (leg. Bordère), Gm,5 à 7m! ceux du A1. ciliata d'Œland, 6" (les mesures sont prises sur la glume supérieure). Quant à l'inégalité des glumes, elle est au moins aussi sensible dans la plante d’'Œland (4"",5 à 6"") que dans celle des Nébrodes (5"",5 à 7, ou 6®",5 à 8""), En mesurant un grand nombre d’épillets, j'en trouve même, dans la plante des Nébrodes, pour lesquels la différence est inférieure à 1°". Quant au rapport de la largeur à la longueur de la glume inférieure, il est de 1 à 3,3, aussi bien dans la plante des Nébrodes que dans celle de Saint-Sauveur et d'Œland. La longueur de la grappe spiciforme est de 5 à 8 centimètres dans la plante d’'Œland, de 7 à 11 centim. dans celle de Saint-Sauveur, et de 4,5 à 8 centim. dans celle des Nébrodes (8 centim. sur l’échan- tillon de Todaro); il n'est donc pas exact de dire qu’elle est « de moitié plus courte dans celle-ci ». Quant à la taille, elle varie de 50 à 60 centim. dans les échantillons d'Œland, de 50 à 65 centim. dans ceux des Pyrénées, de 40 à 60 centim. dans ceux de Nébrodes. La longueur des feuilles (mesurée sur la deuxième d’en haut) est de 7 à 12 centim. dans la plante des Nébrodes, de 6 à 9 centim. dans les exemplaires des Pyrénées et d’Œland. Où sont donc « les feuilles courtes » pour la plante de Sicile (2)? Si l’on compte le nombre des épillets (très variable d’ailleurs dans les chaumes du même échantillon), le Melica des Nébrodes est sans doute pauciflore, mais on trouve aussi cet appauvrissement de l’inflorescence sur des échantillons provenant d’autres localités. En admettant que ceux de l’herbier de M. Rouy soient particu- lièrement grèles et munis d’un très petit nombre d’épillets, les mesures des épillets ne différeront pas de celles que j'ai indiquées ci-dessus. S'il existe donc une différence, infiniment peu sensible, entre la plante des Nébrodes et celles des Pyrénées, elle est dans tous les cas trop minime pour justifier le reproche adressé à Parlatore d’avoir fait une assimilation €trop hâtive » en rapportant le Melica de Saint-Sauveur à son M. nebro- densis. Les espèces jordaniennes elles-mêmes peuvent offrir des nuances de forme plus ou moins sensibles, et qui ne méritent pas de recevoir des appellations distinctes. (1) Voyez plus haut, page 43. (2) Voyez plus haut, p. 43 : « Le M. nebrodensis Parl., bien reconnaissable, dit » M. Rouy, à sa taille peu élevée, ses feuilles courtes, sa grappe spiciforme de moitié » plus courte, peu fournie, lâche, ses fleurs allongées presque de moitié plus grandes, » à glumes nettement inégales..... » HACKEL, — LETTRE À M. MALINVAUD. 129 » Comme beaucoup de botanistes, M. Rouy semble avoir un préjugé contre les espèces qui contiennent plus de deux ou trois variétés, et il nomme «chaos » (1) la nomenclature des sous-espèces et variétés en lesquelles se décomposerait le Melica ciliata compris dans votre sens. Il oublie que l'espèce est soumise aux mêmes lois que les autres degrés dans la hiérarchie systématique. Si beaucoup de genres ne comptent qu’une ou deux espèces, d’autres en renferment plusieurs centaines. La même remarque est applicable au nombre des genres d’une famille. L'espèce ne se distingue pas, sous ce rapport, des associations d’un rang supérieur, et doit être traitée de la même manière. » Je conçois fort b'en, comme une conséquence des vrais principes de la métho:le naturelle, la subdivision possible de certaines espèces en plus de cent variétés et sous-variétés, groupées par dix, vingt sous-espèces, etc. Ce n’est point là, à mon avis, un chaos, mais au contraire une coordina- tion en rapport étroit avec les faits. M. Rouy pourra consulter à cet égard la Monographie des Piloselloïdées européennes, par MM. Nägeli et Peter, ouvrage qui lui conviendra mieux sans doute que notre disposition des Melica, car il ytrouvera décrites cent soixante-huit espèces d’Hieracium du groupe des Piloselloïdées en Europe. Or une de ces espèces, H. Pilo- sella, ne compte pas moins de cent quatre sous-espèces, dont plusieurs sont divisées en quatre à huit variétés et sous-variétés. D’autres, H. collinum, H. florentinum, etc., comptent vingt à cinquante sous-espèces et va- riétés, etc. Voilà donc deux auteurs très consciencieux, qui, tout en con- cevant l’espèce dans un sens beaucoup plus restreint que vous et moi, la reconnaissent comme pouvant être constituée quelquefois par plus de cent groupes inférieurs, et cherchent ainsi à traduire dans la nomencla- ture la vraie hiérarchie des groupes naturels. » À propos de l’intéressant article de M. Prillieux sur l’action des fruits de certains Stipa (2), je signalerai une observation analogue de Mar- schall Bieberstein, dans son Flora taurico-caucasica [t. 1, p.76 (1808)], où il s'exprime ainsi à propos du Stipa capillata : « Semina ovium (i) Voyez plus haut, page 35. (2) Voyez, à ce sujet, ce que dit M. A. de Candolle dans la Phylographie, page 76 : » ..... La nécessité oblige à constituer le groupe appelé par Linné espèce, au moyen » de l'association de formes très voisines, et à classer ces formes, selon leur diversité et » leur degré de stabilité connu ou supposé, en variétés, et quelquefois en sous-espèces » (ou races), variétés et variations..... », et page 80 du même ouvrage : « Un jour » la science traitera les éléments de l’espèce comme les éléments des genres, comme » ceux de la famille, et tous ces groupes seront coordonnés les uns au-dessus des » autres d’une manière parfaitement uniforme. Déjà nous en avons des exemples » partiels... ... » M. de Candolle rappelle le Rosa rubiginosa subdivisé par Lindley en huit formes, le R. spinosissima en neuf formes, l'Aconitum Napellus en vingt-huit variétés par Seringe, puis les trente-deux formes, en deux sous-espèces, qu'il a recon- nues lui-même dans le Quercus Robur, etc. T. XXXII. (SÉANCES) 9 130 SÉANCE DU 27 Mars 1885. » velleri implicata, mucrone baseos obliquo demum cutem penetrantia » ulcera, morbos inflammatorios necemque causant. » Le mécanisme de la pénétration de ces fruits a été décrit par Francis Darwin (Transac- tions of the Linnean Society). » M. Rouy demande la parole, et répond comme il suit : Tout en m’étonnant de la persistance que met M. Malinvaud à éterniser notre débat sur le Melica nebrodensis, je ne puis laisser sans réponse ses allégations nouvelles. On n’excusera tout d’abord de ne pas ouvrir dans notre Bulletin une autre discussion avec M. Hackel, qui n’est point membre de notre Société, et que seul M. Malinvaud a fait intervenir dans cette contro- verse. Au sujet de sa longue lettre, dans laquelle, à propos de Melica, il trouve bon de parler de tout autre chose, et de discuter mes idées sur l'espèce, qui ont moins varié que les siennes, je me bornerai à exprimer le regret que M. Hackel, avant de se former une opinion, s’en tienne à des ouï-dire, et n'ait pas le soin de lire les ouvrages des auteurs qu'il prend à partie; je l’engagerai à prendre connaissance de mes articles sur les Diplotaxis humilis, D. Lagascana, Koniga maritima, Cen- taurea aspera, C. Seridis, Satureia cuneifolia, Sideritis leucantha, Linaria genistifolia, etc., ainsi que de mes Suites à la Flore de France : cette lecture lui permettra de s’édifier sur mon peu de goût pour les pelites espèces. Quant à la question spéciale des Melica, je me réfère simplement à mes assertions précédentes. Répétons pourtant que le M. nebrodensis Gr. et Godr. étant bien, selon M. Hackel, comme selon moi, le M. ciliata L. (genuina), 1 ne saurait donc être aussi le M. nebrodensis Parlat., puisque MM. Cosson et Boissier en font une variété de ce même M. ciliata L. — De même, la plante des environs de Paris n’est point le M. nebrodensis Parlat., mais le M. ciliata L. (cf. Petite Flore pari- sienne de M. Edm. Bonnet, 1883). En ce qui concerne la plante de Uèdre et Saint-Sauveur, je persiste à ne point l’assimiler à la plante de Sicile, et à ne point la distinguer du Y. ciliata L. de l'ile d'Œland et d’autres régions. En Espagne, pays que, depuis sept ans, je parcours un peu en tous sens, je n'ai jamais rencontré de Melica identique à mes échantillons des Nébrodes, mais seulement beaucoup de M. glauca F. Schultz, que nombre de botanistes prennent à tort pour le M. nebro- densis Parlat. — En resterôns-nous là sur cette question ?.… Maintenant M. Malinvaud a cru devoir, après avoir donné lecture de passages de lettres de MM. Boissier et Hackel, intervenir personnellement, en présentant des observations au sujet de l'ouvrage de Parlatore que je SÉANCE DU 27 MARS 1885. 131 lui ai signalé dans notre avant-dernière séance. Je regrette cette inspira- tion de notre confrère, car je me vois encore obligé de le réfuter par des renseignements qui seront peut-être entendus avec intérêt par la Société. La moindre lecture de l’ouvrage de Parlatore édité. par M. de Tchi- hatcheff comme complément à son édition française de la Végétation du Globe de Grisebach démontre, ce que chacun sait, que cet ouvrage a pour but, non de comparer exclusivement entre elles les régions bota- niques de l'Italie, mais de comparer surtout la flore italienne à celle des autres pays du nord (depuis le Spitzberg) et du centre de l’Europe (des Pyrénées [p. 17, 25, 52] aux Carpathes), en faisant également con- naître quelles sont les plantes particulières à l’Italie. Au sujet du témoignage posthume de Parlatore, qui est l’objet précis de ce débat, M. Malinvaud fait remarquer que ce qui importe, c’est le sens que l’auteur attachait lui-même aux expressions € plantes propres aux Apennins ou à la flore des hautes mon- » tagnes de la Sicile ». Or, la présence incontestable, parmi les plantes citées, de nombre d’espèces qui, d’après Parlalore (1), se retrouveraient dans d’autres contrées, montre très clairement qu'il avait en vue la comparaison des régions botaniques spéciales dont il s'occupe (2), et non pas un jugement applicable à l’ensemble de la flore européenne. M. Rouy dit qu’il maintient l’exactitude de son appréciation, et continue en ces termes : Dans la liste que j'ai signalée (p. 57 et 58), Parlatore a eu le soin d'indiquer par des signes particuliers les douze plantes qui se trouvent, soit en Orient, soit en Espagne, en Corse ou en Sardaigne ; puis il cite le Jurinæa Bocconi en France, et le Rosa Seraphini dans certaines régions différentes. On doit actuellement y ajouter l’'Ephedra nebrodensis, que nous savons maintenant être la même plante que l'E. Villarsii. M. Malinvaud prend sur lui d’y relever aussi comme plantes fran- çaises : Thlaspi rotundifolium H. du Pav., Valerianella gibbosa, Ade- nostyles hybrida, et, avec doute il est vrai, Androsace nana, ce qui n'est pas exact, car le Valerianella gibbosa DC. n’a jamais été signalé en France, et l'Androsace nana Horn. est une plante, voisine de l'A. elongata, particulière à la Sicile. (1) Loc. cit., p. 57 et 58. | (2) « La flore de la région du Hêtre particulière à l'Etna, etc..., comparée non seu lement à celle de la méme région dansles Alpes, mais aussi dans les Apennins. » (Par- latore, loc. cit. p. 57.) 132 SÉANCE DU 27 MARS 1885. Le Thlaspi rotundifolium sicilien n’est point, comme l’a sans doute cru M. Malinvaud, le Thlaspi rotundifolium Gaud., plante des plus alpines, mais bien le Thlaspi Tinei Nym., espèce récemment découverte en Algérie par M. Battandier et voisine du T. perfoliatum L. : L’Adenostyles hybrida de Sicile n’est point celui des Alpes. Tenore l'avait appelé macrophylla : mais comme Marschall v. Bieberstein avait déjà donné ce nom à une autre espèce, M. Nyman a nommé la plante si- cilienne À. australis : elle est à rapprocher de l’A. viridis, tandis que l'A. hybrida des Alpes (Cacalia hybrida Vill.) est une forme de l'A. can- didissima. Enfin, M. Malinvaud ayant cité le Genista anglica d'Italie, je ferai re- marquer que MM. Huter, Porta et Rigo, ayant centurié le Genista d’Aspro- monte, Parlatore, peu de temps avant sa mort, y avait reconnu, non plus le G anglica typique, de l’Europe occidentale, pour lequel le prenaient auparavant les botanistes italiens, y compris lui, mais une espèce nou- velle, G. brutia, nom sous lequel il a été distribué dans les exsiccata de ces collecteurs publiés en 1878, postérieurement aux Etudes sur la géo- graphie botanique de l'Italie. A propos du débat soulevé entre MM. Malinvaud et Rouy au sujet du Melica nebrodensis Parl., M. Michel Gandoger, d'accord en cela avec MM. Hackel, Boissier, Cosson, elc., fait observer que cette espèce a une dispersion géographique assez étendue. Il en donne les preuves suivantes : 4° L'herbier de M. Gandoger renferme des échantillons du Melica nebrodensis des Bouches-du-Rhône, de la Loire, du Doubs, de l’Eure, de la Sarthe, de la Suisse, de la Saxe, de l'Espagne méri- dionale, de la Navarre, de l'Algérie, etc. 2 Ces divers échantillons ont été déterminés sur la plante ty- pique distribuée par M. Todaro dans son Flora sicula exsiccata, n° 1359, et récoltée au mont Madonie (Nebrodes) en Sicile. Or chacun sait que c’est là la localité classique du Melica nebrodensis. 3° Le Melica nebrodensis vient certainement à Gèdre (Hautes- Pyrénées), comme l'indique Parlatore, car M. Gandoger a reçu celte plante de M. Bordère, mèlée aux M. ciliata L. et Magnolii Gren. et Godr. Bien plus, il a reçu de la même localité une forme intermédiaire entre le M. taurica Koch et le M. nebrodensis des environs d'Alger. [y a donc plusieurs espèces croissant pêle-mèle dans cette partie des Pyrénées. Sans doute, ajoute M. Gandoger, les échantillons récoltés dans J. VALLOT, — FLORE GLACIALE DES HAUTES-PYRÉNÉES. 133 ces divers pays offrent entre eux des diflérences qui permettront de les distinguer plus tard spécifiquement ; mais, au point de vue linnéen, sensu latiori, ils rentrent tous dans le groupe complexe et largement répandu du M. nebrodensis. Se refuser à le reconnaître, serait aller contre la pensée du créateur de l’espèce, et contre l’évi- dence des faits matériels. M. J. Vallot fait à la Société la communication suivante : FLORE GLACIALE DES HAUTES-PYRÉNÉES, par M. J. VALLOT. 1. Balaïtous (3146 mètres). Liste des plantes récoltées depuis la brèche Latour (3000 mètres), par laquelle on fait l’ascension du côté S., jusqu’au sommet. La roche est granitique. Cardamine reselifolia L. ! Artemisia Mutellina Vill. (et A. Villarsii Draba tomentosa Wahl. G.G.). Hutchinsia alpina R. Br. Leucanthemum alpinum Lamk. Silene acaulis L. Gentiana acaulis L. var. parvifolia. Cerastium alpinum L. Linaria alpina DC. Potentilla nivalis Lap. Thymus Chamædrys Fr. Saxifraga aspera DC. var. bryoides. Armeria alpina Wild. — mixta Lap. var. Jratiana. Oxyria digyna Campd. — moschata Wulf. (S. muscoides Wulf.). | Poa alpina L. — oppositifolia L. Polystichum spinulosum Aoch, var. dila- tatum. 2. Frondellia (3011 mètres). Liste des plantes récoltées entre 2800 mètres et le sommet, sur les rochers voisins de la brèche Latour, qui sépare la Frondellia du Balaï- tous. La roche est granitique. Ranunculus alpestris L. Saxifraga mixta Lap. var. Yratiana, Draba aizoides L. — moschata Wulf. (S. muscoides Wulf.). Butchinsia alpina R. Br. — oppositifolia L. Sibbaldia procumbens L. Erigeron uniflorus L. Potentilla nivalis Lap. Artemisia Mutellina Wäll. (et A. Villarsii — alpestris Hall. G.G.). Alchemilla vulgaris L. var. suhsericea (A. | Leucanthemum alpinum Lamk. montana Wülld.). Antennaria carpatica Bl. Fing. Sempervivum montanum L. Primula viscosa Vüill. 134 Primula integrifolia L. Gregoria Vitaliana Dub. Androsace pubescens DC. var. ciliata. Gentiana acaulis L. var. parvifolia. — verna L. Linaria alpina DC. Pedicularisrostrata L. Thymus Chamædrys Fr. SÉANCE DU 97 mars 1885. Armeria alpina Wild. Oxyria digyna Campd. Luzula spicata DC. Carex curvula All. Oreochloa disticha Link. Poa alpina L. Asplenium viride Huds. 3. Grande Fache (5006 mètres). Liste des plantes qui croissent sur l’arête N., depuis le col de la Fache (2738 mètres) jusqu’au sommet ; sur la face S., depuis 2600 mètres jusqu’au petit col du $. E.; sur l’arête S. E., depuis ce col . jusqu'à 100 mètres du sommet. Le pic est composé de granit, de schiste et de calcaire. Ranunculus glacialis L, Sisymbrium pinnatifidum DC. Cardamine resedifolia L. Draba tomentosa Wahl, Hutchinsia alpina R. Br. Silene rupestris L. — acaulis L. Alsine verna Bartl. Arenaria ciliata L. Cerastium alpinum L. Trifolium alpinum L. Oxytropis pyrenaica G.G. Potentilla nivalis Lap. Alchemilla alpina L. — vulgaris L. var. subsericea (A. tana Wäilld.). Epilobium alpinum L. Sedum atratum L. — brevifolium DC. — alpestre Vill. Sempervivum montanum Z. Saxifraga aspera DC. var. bryoides. — ajugifolia L. — mixta Lap. var. Iratiana. — moschata Wulf. (S. muscoides Wulf.). Saxifraga Aizoon Jacq. — oppositifolia L. Galium cæspitosum Ram. — pyrenaicum Gouan. Valeriana globulariifolia Ram. Erigeron uniflorus /.. Aster alpinus L. Senecio Tournefortii Lap. Artemisia Mutellina Vüill. (et A. Vilarsii G. G.). mon- Leucanthemum alpinum Lamk. Gnaphalium supinum L£. Antennaria carpatica BI. Fing. Leontodon pyrenaicus Gouan. Crepis pygmæa L. Phyteuma hemisphæricum Z. Vaccinium Myrtillus L. — uliginosum Z. Primula viscosa Vill. — integrifolia L. Gentiana acaulis L. var. parvifolia. Linaria alpina DC. Veronica Nummularia Gouan. — alpina L. Euphrasia nemorosa Pers. Pedicularis rostrata JL. Thymus Chamædrys Fr. Armeria alpina Wild. Oxyria digyna Campd. Luzula spicata DC. | Carex rupestris All. — curvula Al. — sempervirens Will. Alopecurus Gerardi Viil. Oreochloa disticha Link. Agrostis ruspestris All. Avena montana Vill. Poa alpina L. Festuca rubra L. — rubra var. pyrenaica(F.pyrenaica Gaud.). — varia Hœnk. var. Eskia. Aspidium Lonchitis Sw. Cystopteris fragilis Bernh. Asplenium viride Huds. Allosorus crispus Bernh. J, VALLOT. — FLORE GLACIALE DES HAUTES-PYRÉNÉES. 139 4. Chabarrou (2911 mètres). Liste des plantes récoltées depuis 2600 mètres iusqu’au sommet. Le pic est composé de granit, de schiste et de calcaire. Thalictrum alpinum L. Ranunculus glacialis L. — montanus var. Gouani f. subglabra (R. Gouani Willd.). Cardamine alpina Willd. — resedifolia Z. Draba aizoides L. — tomentosa Wakl. Hutchinsia alpina R. Br. Silene rupestris L. — acaulis Z. Arenaria ciliata L. — purpurascens Ram. Cerastium trigynum Vill. — alpinum L. Trifolium alpinum L. Oxytropis pyrenaica G. G. Geum montanum L. Potentilla nivalis Lap. — minima Hall. — aurea L. Alchemilla vulgaris L. Epilobium alpinum L. Sedum atratum L. — alpestre Vill. Sempervivum montanum /. Saxifraga stellaris L. — umbrosa L. — aspera DC. var. bryoides. — ajugifolia L. — mixta Lap. var. Iratiana. — moschata X mixta Engler. — moschata Wulf. (S. muscoides Wulf.). — Aizoon Jacq. — oppositifolia L. Meum athamanticum L. Galium cæspitosum Ram. — pyrenaicum Gouan. Homogyne alpina Cass. Érigeron uniflorus L. Aronicum scorpioides DC. Artemisia Mutellina Vill. (et A. Villars G. G.). Leucanthemum alpinum Lamk. Gnaphalium supinum L. Leontodon pyrenaicus Gouan. Taraxacum officinale Wigg. var. lævigatum Crepis pygnæa L. Jasione: perennis Lamk. var. pygmæa. Phyteuma hemisphæricum L. Campanula Scheuchzeri Vil. Vaccinium uliginosum Z. Primula viscosa Vill. — integrifolia L. Gentiana acaulis L. var. parviflora. — verna L. — nivalis L. Linaria alpina DC. Veronica alpina L. Pedicularis rostrata L. Thymus Chamædrys Fr. Plantago alpina L. f. incana. Armeria alpina Wilid. Oxyria digyna Camp. Luzula spicata DC. Carex decipiens Gay. — pyrenaica Wahl. — rupestris Al. — curvula All. — nigra All. Oreochloa disticha Link. Agrostis rupestris All. Avena montana Vill. Poa laxa Hœnk. Festuca rubra L. var. pyrenaica (F. naica Gaud.). Aspidium Lonchitis Sw. Cystopteris fragilis Bernh. Asplenium viride Huds. Allosorus crispus Pernh. pyre- 5. Hourquette d'Ossoue (2738 mètres). Col qui sépare le petit Vignemale du pic de la Sède. Liste des plantes recueillies entre 2700 et 2800 mètres environ, au col et sur l’escarpement qui conduit sur le glacier de Montferrat. Granit, schiste et calcaire. Thalictrum alpinum L. Ranuneulus alpestris L. — glacialis L. Draba aizoides L. L — tomentosa Wahl. var. frigida. Hutchinsia alpina R. Br. 136 Silene acaulis L. Alsine verna Bartl. — Cherleri Fenzl. Arenaria ciliata L. Cerastium alpinum L. Lotus corniculatus L. Oxytropis pyrenaica G. G. Potentilla nivalis Lap. — alpestris Hall. Alchemilla alpina L. Paronychia capitata Lamk var. serpylli- folia. Sedum atratum L. Sempervivum montanum L. Saxifraga mixta Lap. var. Jratiana.…. — moschata Wulf. (S. muscoides Wulf.). — Aizoon Jacq. — oppositifolia L. Galium pyrenaicum Gouan. Asperula hirta Ram. Erigeron alpinus L. — uniflorus L. Aster alpinus L. Arlemisia Mutellina Vill. (et A. Villarsii G. G.). Leucanthemum alpinum Lamk. SÉANCE DU 27 MARS 1885. Antennaria dioica Gærtn. Carduus carlinoides Gouan. Phyteuma hemisphæricum L. Primula viscosa Vill. — integrifolia L. Androsace pubescens DC. var. ciliata. — villosa L. Gentiana acaulis L. var. parvifolia. — verna L. Myosotis pyrenaica Pourr. Linaria alpina DC. Pedicularis rostrata L. Thymus Chamædrys Fr. Calamintha alpina Lamk. Armeria alpina Wild. Globularia cordifolia L. var. nana. Polygonum viviparum L. Salix reticulata L. — herbacea L. Luzula campestris DC. Carex rupestris All. — curvula All. Avena montana Vill. Poa alpina L. Festuca duriuscula L. On pourrait ajouter à cette liste les espèces suivantes, indiquées par Ramond entre la hourquette d’Ossoue et le sommet du petit Vignemale (3205 mètres) : Silene rupestris L. Arenaria purpurascens Ram. Geranium cinereum Cav. Saxifraga aspera DC. var. bryoides. Crepis pygmæa L. Campanula linifolia Lamk. — pusilla Hænck. Plantago alpina L. Festuca rubra L. var. pyrenaica. Aspidium Lonchitis Sw. 6. Vignemale (3290 mètres). Liste des plantes qui croissent sur le cône terminal du Vignemale, depuis le col de Cerbillona (3200 mètres environ) jusqu’à la cime, en y comprenant le sommet du Cerbillona (3246 mètres). Schistes, calcaires et filons granitoïdes. Draba aizoides L. — tomentosa Wahl. — tomentosa Wahl. var. frigida. Hutchinsia alpina R. Br. Silene acaulis L. Cerastium alpinum L. Saxifraga mixta Lap. var. Iratiana. — moschata Wulf. (S. muscoides Wulf.). Saxifraga oppositifolia L. Campanula pusilla Hœnk. Androsace pubescens DC. var. ciliata. Oxyria digyna Campd. Poa laxa Hænk. Festuca rubra L. var. pyrenaica (F. pyre- naica Gaud.). J. VALLOT, — FLORE GLACIALE DES HAUTES-PYRÉNÉES. 137 7. Col d’Estom-Soubiran (2674 mètres). Liste des plantes qui croissent au col même, sur les schistes. Cardamine resedifolia L. Draba tomentosa Wahl. var. frigida, sous- var. nivalis (D. Johannis Host.). Hutchinsia alpina R. Br. Alsine verna Bartl. Arenaria ciliata L. Cerastium alpinum L. Rhamnus pumila L. Potentilla nivalis Lap. — alpestris Hall. Sedum atratum L. Sempervivum montanum L. Saxifraga aspera DC. var. bryoides. — mixta Lap. var. Iratiana. — moschata Wulf. (S. muscoides Wulf.). —- opposititolia L. Erigeron uniflorus L. Artemisia Mutellina Vüll. G. G.). Leucanthemum alpinum Lamk. Antennaria carpatica BI. Fing. Campanula pusilla Hœnk. Primula viscosa Vill. Androsace pubescens DC. var. ciliata. Gentiana acaulis L. var. parvifolia. — verna L. Pedicularis rostrata L. Thymus Chamiædrys Fr. Armeria alpina Wild. Luzula spicata DC. Carex pyrenaica Wahl. — rupestris All. Oreochloa disticha Link. Poa alpina L. (et A. Villarsii 8. Pic d'Estom-Soubiran (2969 mètres). Liste des plantes récoltées depuis 2600 mètres jusqu’au sommet, en montant par la face N. O. et l’arête S. O. Roches schisteuses. Thalictrum alpinum L. Ranunculus alpestris L. Cardamine resedifolia L. Draba aizoides L. — tomentosa Wahl. Hutchinsia alpina R. Br. Silence rupestris L. — acaulis L. Arenaria ciliata L. Cerastium alpinum L. Trifolium alpinum L. Sibbaldia procumbens L. Potentilla nivalis Lap. Alchemilla alpina L. Scdum brevifolium DC. — alpestre Vill. Sempervivum montanum L. Saxifraga aspera DC. var. bryoides. ajugifolia L. mixta Lap. var. Iratiana. moschata X mixta Engler. moschata Wulf.(S. muscoides Wulf.). Aizoon Jacq. oppositifolia L. Galium cæspitosum Ram. pyrenaicum Gouan. cometerrhizon Lap. Érigeron uniflorus L. Aronicum scorpioides DC. Artemisia Mutellina Vil. G. G.j. Leucanthemum alpinum Lamk. Gnaphalium supinum L. Antennaria carpatica Pl. Fing. Leontodon pyrenaicus Gouan. Taraxacum officinale Wigg. var. læviga- tum. Crepis pygmæa L. Hieracium pumilum Lup. Phyteuma hemisphæricum L. Campanula pusilla Hænck. Vaccinium uliginosum L. Primula viscosa Vüill. — integrifolia L. Androsace pubescens DC. var. ciliata. Gentiana acaulis L. var. parvifolia. Linaria alpina DC. Veronica Nummularia Gouan. — alpina L. Pedicularis rostrata L. Thymus Chamædrys Fr. Armeria alpina Willd. Oxyria digyna Campd. Polygonum viviparum L. Salix reticulata L. — herbacea L. (et A. Villarsii 138 Luzula spicata DC. Carex curvula All. — nigra Al. Phleum alpinum L. Oreochloa disticha Link, Avena montana Vill. Poa alpina Z,. SÉANCE DU 27 MARS 1885. Festuca rubra L. var. pyrenaica (F. pyre- naica (Gaud.). — varia Hœnck. var. Eskia. Aspidium Lonchitis Sw. Cystopteris fragilis Bernh. Asplenium viride Huds. 9. Monné de Cauterets (2724 mètres). Liste des plantes qui croissent depuis 2600 mètres jusqu’au sommet. Schistes et calcaires. Les plantes marquées d’un (*) peuvent être récoltées dans les dix derniers mètres et sur la crête horizontale du sommet, quoique plusieurs se trouvent aussi plus bas. * Ranunculus alpestris L. Sinapis Cheiranthus Koch. var. montana. Arabis alpina L. * Draba pyrenaica L. * aizoides L. Iberis spathulata L. * Hutchinsia alpina R. Br. * Helianthemum canum Dun * Silene acaulis L. — rupestris L. Gypsophila repens L. Sagine Linnæi Presl. * Alsine verna Bartl. * Arenaria ciliata L. * — grandiflora All. * — purpurascens Ram. * Cerastium arvense L. Trifolium pratense L. — alpinum Z, * Lotus corniculatus L. * Oxytropis campestris DC. * — pyrenaica G. G. Vicia pyrenaica Pourr. * Hippocrepis comosa L. * Dryas octopetala JL. * Potentilla nivalis Lap. * — alpestris Hall. — alchémilloides Lap. Epilobium alpinum L. * Paronychia capitata Lamk var. serpylli- folia. ‘ Sedum atratum L. — annuum L. * — alpestre Vill. * Sempervivum montanum L. * — arachnoideum /. Saxifraga aizoides L. # — mixta Lap. var. Tratiana. # — exarata Vill. * — moschata X mixta Ængler. mosechata Waulf. (S. muscoides Wulf.). * Saxifraga Aizoon Jucq. * — oppositifolia L. * Bupleurum ranunculoides Z. Galium Lapeyrousianum Jord. — cæspitosum Ram. * — pyrenaicum Gouan. * Asperula hirta Ram. * Erigeron alpinus L. * — uniflorus Z. * Aster alpinus L. * Artemisia Mutellina Vill. (et A. Villarsii G. G.). Leucanthemum vulgare Lamk. * — alpinum Lamk. Gnaphalium supinum L. * Leontodon pyrenaicus Gouan. * Taraxacum officinale Wigg. vur. leviga- tum. Crepis pygmæa L. * Hieracium saxatile Vill. Jasione perennis Lamk var. pyrenæa. Phyteuma hemisphæricum Hænk. — Scheuchzeri Vill. * Campanula pusilla Hœnk. * Primula viscosa Vül. * — integrifolia L. * Androsace villosa L. — carnea L. Gentiana acaulis L. var. parvifolia. * — verna L. * Myosotis pyrenaica Pourr. * Linaria alpina DC. * — origanifolia DC. * Veronica aphylla L. *— Nummularia Gouan. — fruticulosa L. — alpina L. * Euphrasia nemorosa Pers. Rhinanthus major Ehrh. * Thymus Chamædrys Fr. Calamintha alpina L. J. VALLOT. — FLORE GLACIALE DES HAUTES-PYRÉNÉES. Scutellaria alpina L. Teucrium pyrenaicum L. * Armeria alpina Willd. * Globularia cordifolia L. var. nana. Thesium pratense Ehrh. * Polygonum viviparum /. * Passerina dioica Ram. * Luzula spicata DC. * Carex ruspestris All. * — curvula All. * — nigra Afl. * Phleum alpinum L. 139 * Sesleria cærulea Ard. * Avena montana Vil!. * Poa alpina L. * Festuca rubra L. * — rubra var. pyrenaica (F. pyrenaica Gaud.). — varia Aænk. var. flavescens. * __ varia var. Eskia. * Nardus stricta L. Aspidium Lonchitis Sw. Cystopteris fragilis Bernh. 10. Pic d'Estibaoude (2749 mètres). Plantes récoltées depuis la brèche qui s'ouvre au-dessus du lac (2700 mètres environ) jusqu’au sommet. Roche granitique. Anemone vernalis L. — narcissiflora ZL. Cardamine resedifolia L. Draba aizoides L. — tomentosa Wahl. var. frigida, <.-var. nivalis (D. Johannis Host.). Hutchinsia alpina R. Br. Silene rupestris L. — acaulis L. Alsine verna Bartl. Cerastium alpinum L. Lotus corniculatus L. Potentilla alpestris Hall. Alchemilla vulgaris L. var. subsericea (A. montana Willd.). Cotoneaster vulgaris Lindl. Sedum atratum L. Sempervivum montanum L. — arachnoideum L. Saxifraga aspera DC. var. bryoides. — mixta Lap. var. Iratiana. — moschata Wulf. (S. muscoides Wulf.). — Aizoon Jacq. Erigeron uniflorus Z. Artemisia Mutellina Vüll. (et A. Villarsii C. G.). Leucanthemum alpinum Lamk. Antennaria carpatica BI. Fing: Phyteuma hemisphæricum L. Vaccinium uliginosum L. Rhododendron ferrugineum L. Primula viscosa Vill. — integrifolia L. Androsace carnea L. Gentiana acaulis Z — acaulis L. var. parvifolia. — verna L. Linaria alpina DC. Veronica bellidioides L. Bartsia alpina L. Thymus Chamædrys Fr. Armeria alpina Willd. Luzula spicata DC. Carex rupestris All. —- nigra Alt. Poa alpina L. 41. Pic d'Ardiden (2988 mètres). Plantes qui croissent sur les faces N., O. et S., depuis 2600 mètres jusqu’au sommet. Roches granitiques. Anemone narcissiflora L. Ranunculus glacialis L. Aquilegia pyrenaica DC. Sinapis Cheiranthus Koch. — Cheiranthus Koch var. montana. Sisymbrium pinnatifidum DC. Cardamine alpina Willd. — resedifolia L. Hutchinsia alpina R. Br Silene rupestris L. Alsine verna Bartl. — Cherleri Fenzl. Arenaria ciliata L. Geranium cinereum Cav. Anthyllis Vulneraria L. Trifolium alpinum L. Sibbaldia procumbens L. Potentilla nivalis Lap. 140 Alchemilla alpina L. — vulharis L. var. subsericea (A. montana Walld.). Scdum alpestre Vill. Sempervivum montanum L. Saxifraga stellaris L. — aspera DC. var. bryoides. — mixta Lap. var. Iratiana. — moschata Wulf. (S. muscoides Wulf.). — Aizoon Jacq. — Cotyledon L. Meum athamanticum Jacq. Bupleurum angulosum L. Galium Lapeyrousianum Jord. — cæspilosum Ram. Homogyne alpina Cass. Erigeron uniflorus L. Senecio Tournefortii Lap. Leucanthemum vulgare Lamk. — alpinum Lamk. Gnaphalium supinum L. Antennaria carpatica BI. Fing. Leontodon pyrenaicus Gouan. — proteiformis Will. Taraxacum officinale Wigg. var. lævigatum. Jasione perennis Lamk var. pygmæa. Phyteuma hemisphæricum L. Campanula Scheuchzeri Vall. Vaccinium Myrtillus L. — uliginosum L. Calluna vulgaris Salisb. Rhododendron ferrugineum L. Primula integrifolia L. Androsace carnea L. 12. Marboré et mont SÉANCE DU 27 MARS 1885. Gentiana acaulis L. var. parvifolia. Linaria alpina DC. Veronica alpina L. Euphrasia nemorosa Pers. Pedicularis pyrenaica Gay. — rostrata L. Thymus Chamædrys Fr. Armeria alpina Willd. Oxyria digyna Campd. Empetrum nigrum L. Juniperus communis L. var. alpina. Juncus trifidus L. Luzula spadica DC. — spicata DC. — pediformis DC. Scirpus cæspitosus L. Carex pyrenaica Wahl. — curvula All. — capillaris L. — nigra All. — sempervirens Vill. Oreochloa disticha Link. Agrostis ruspestris All. Avena montana Vüill. Poa laxa Hœnk. — nemoralis L. — alpina L. Festuca rubra L. — varia Jænk. var. Eskia. — pilosa /Jaller. Aspidium Lonchitis Sw. Polystichum Filix-mas Roth Allosorus crispus Bernh. Lycopodium Selago L. Perdu (3392 mètres). Liste des plantes qui croissent au Marboré et au mont Perdu, au- dessus de 2600 mètres. Ces plantes ont été recueillies au plateau des Sarradets, à la brèche de Roland, sur la terrasse du Marboré, et en descendant du col de l’Astazou. J’y ai joint quelques espèces indiquées par Ramond à la brèche de Tuquerouye et au sommet du mont Perdu: ces espèces sont marquées d’un (*). Quelques espèces indiquées à la brèche de Roland par Zetterstedt ou M. l'abbé Dulac sont marquées de deux (*). *# Ranunculus parnassifolius L. — alpestris L. * — glacialis L. Thalictrum alpinum /. Draba aizoides L. *# — fladnizensis Wulf. Hutchinsia alpina R. Br. * Cerastium alpinum L. Alsine cerastiifolia Fenzl. * — Cherleri Fenzl. Silene acaulis L. * Viola biflora L. Oxytropis pyrenaica G. G. Potentilla nivalis Lap. — minima L. Alchemilla vulgaris L. var. subsericea. J. VALLOT. — FLORE GLACIALE DES HAUTES-PYRÉNÉES. Alchemilla alpiua L. Sedum atratum L. Saxifraga ajugifolia L. — mixta Lap. var. Iratiana. — moschata Wulf.(S. muscoides Wulf.). * — Aizoon Jacgq. — oppositifolia L. — androsacea L. Galium pyrenaicum Gouan. Erigeron uniflorus L. Artemisia Mutellina Vill. (et A. Villarsii G. G.). + — spicata DC. * Leontorodium alpinum Cass. Antennaria carpatica BI. Fing. Aronicum scorpioides DC. Carduus carlinoides. Leontodon pyrenaicus Gouan. Crepis pygmæa L. * Taraxacum officinale Wigg. 141 Linaria alpina DC. Veronica Nummularia Gouan. * Thymus Serpyllum L. Gentiana verna L. Primula integrifolia L. Androsace pubescens DC. var. ciliata. Oxyria digyna Campd. Polygonum viviparum L. Armeria alpina Wüilld. Salix herbacea L. — retusa L. — reticulata L. Carex nigra All. — curvula All. — rupestris All. Poa alpina L. — laxa Hœnk. * Festuca rubra L. var. pyrenaica. Avena montana Vill. Cystopteris fragilis Bernh. Les espèces indiquées par Ramond au sommet du mont Perdu sont les suivantes : Cerastium alpinum L. Saxifraga androsacea L. — oppositifolia L. — mixta Lap. var. lratiana. Artemisia spicata DC. Linaria alpina DC. Androsace pubescens DC. var. ciliata. 13. Pic de Sauvegarde (2136 mètres). Liste des plantes recueillies depuis 2600 mètres jusqu'au sommet. Roches schisteuses. Le pic de Sauvegarde s’élève au-dessus du port de Venasque. Sisymbrium pinnatifidum DC. Cardamine alpina Willd. — resedifolia L. Silene acaulis L. — rupestris L. Cerastium alpinum L. Trifolium alpinum L. Potentilla nivalis Lap. Alchemilla alpina L. Epilobium alpinum L. Sedum alpestre Vill. — brevifolium DC. Sempervivum montanum L. Saxifraga aspera L. var. bryoides. — exarata Will. Leucanthemum alpinum Lamk. Solidago Virga-aurea L. Erigeron uniflorus L. Gnaphalium supinum £. — norvegicum Gunn. Leontodon pyrenaicus Gouan. Jasione perennis Lamk var. pygmæa. Phyteuma hemisphæricum L. Vaccinium Myrtillus Z. Androsace carnea L. Gentiana acaulis L. var. parvilolia. Linaria alpina Hill. Veronica fruticulosa L. —:bellidioides L. Euphrasia nemorosa Pers. var. minima. Thymus Chamædrys Fr. Armeria alpina Willd. Juncus trifidus Z. Luzula spicata L. Agrostis rupestris Al. Poa laxa Hœnk. — alpina L. Festuca rubra L. — varia Hœnk. var. Eskia. 142 SÉANCE DU 27 MARS 1885. M. Mer fait à la Société une communication Sur le sommeil diurne des feuilles. I] fait ensuite la communication suivante : SUR UN SAPIN DE VINGT-CINQ ANS DÉPOURVU DE BRANCHES, par M. Émile MER. Il y a deux ans, en construisant une route dans la forêt domaniale de Gérardmer, on découvrit dans un massif un Sapin (Abies pectinata) complètement dépourvu de branches. J'ai l'honneur de soumettre à la Société la photographie de ce curieux végétal, prise sur place au mois de juin dernier. Ce Sapin a 88 centimètres de haut. Bien que son âge ne puisse être déterminé à l’aide des verticilles de rameaux, il est cependant possible de l’évaluer assez exactement d’une autre manière. On remarque en effet sur toute la longueur de la tige des renflements annulaires assez régulièrement espacés, indiquant la place où se trouvait le bourgeon terminal de chaque pousse. Dix-huit de ces renflements sont parfaite- ment visibles, mais à la base, sur une longueur de 10 centimètres, il n’en existe plus que des vestiges. J'ai évalué approximativement à sept le nombre de ces entre-nœuds mal déterminés. L'arbre en question a donc environ vingt-cinq ans. Les dimensions des entre-nœuds sont les suivantes, à partir du plus jeune : Numéros Longueur Numéros Longueur des entre-nœuds. des entre-nœuds. des entre-nœuds. des entre-nœuds. 1. 39 millim. 10. 49 millim. 2. 39 11. 49 8. 49 12. 29 4. 99 13. 49 5. 39 14. 34 6. 49 15. 21 7. 84 16. 21: 8. 39 17. 99 9. 49 18. 19 L'entre-nœud n° 16 porte encore quelques aiguilles, qui sont par con- séquent âgées de seize ans. Les aiguilles se trouvent disposées horizon- talement, ainsi qu'elles le sont d'ordinaire sur les flèches des Sapins. Les plus vieilles, toutefois, s’inclinent légèrement vers le bas. Toutes ces aiguilles ont de faibles dimensions. On sait que les jeunes plants d’A. pectinata restent parfois deux, trois et même quatre années sans se couvrir de branches. Mais je ne crois pas qu’on ait signalé des Sapins réduits à leur tige ayant l’âge de celui BATTANDIER. — AMARYLLIDÉES NOUVELLES POUR L'ALGÉRIE. 143 qui fait l’objet de cette note. MM. Fliche et Zeiller, nos confrères, m’ont dit cependant qu’il avait été trouvé, il y a quelques années, un individu analogue dans les Vosges. Il aurait été transplanté dans le parc de M. le sénateur Claude, à Saulxures, près de Remiremont, et une photo- graphie représentant cet arbre existerait dans les collections de l’École forestière. | Par les détails qui précèdent, on voit combien a été ralentie la végéta- tion du Sapin dont je parle. Il se trouvait, ainsi que je l’ai dit, complète- ment enfoui dans le massif. C’est sans doute à cette circonstance qu’il faut attribuer son faible accroissement. Maintenant qu'il est dégagé, il sera intéressant de voir si, sous l'influence du milieu plus favorable où il se trouve, des branches vont apparaître. Il ne semble pas cependant qu’il doive en être ainsi, car, la dernière fois que je l’ai vu, j'ai remarqué que son bourgeon terminal s’était desséché. Aussi, pendant l’été dernier, son accroissement en longueur a-t-il été nul. M. Malinvaud dit que le secrétariat de la Société avait reçu le mois dernier une lettre de M. Raphael de Noter, directeur de l’In- stitut agronomique de Tipaza (près de Marengo, Algérie), annon- cant la découverte d’une Amarvillidée nouvelle, dont l'examen avait été confié à M. Battandier. La communication suivante, dont M. le Secrétaire général donne lecture, fait connaître le nom de cette plante : SUR DEUX AMARYLLIDÉES NOUVELLES POUR LA FLORE DE L'ALGÉRIE, par M. A. BATTANDIER. 1° Carregnoa humilis J. Gay, Annal. scienc. nat. 1859, p. 99, et Bull. Soc. bot. de France, t. VI, p. 88. — Tapeinanthus humilis Herbert, Bentham et Hooker, Genera, t. [IT p. 119. — Tapeinægle hu- milis Herbert. — Carregnoa lutea Boissier, Voy. Esp. p. 605. — Ama- ryllis exigua Schousboe. — Sternbergia exiqua Gawl. — Oporanthus exiguus Herbert. Pied du Chenoua, entre Marengo et Tipaza, legit Raphaël de Noter. Un jeune botaniste, M. Raphaël de Noter, qui a créé près de Tipaza un établissement horticole et agricole qu'il dirige sous le nom d’Institut agronomique, et dans lequel il se propose de faire surtout des expé- riences de cullure, m’envoya, il y a quelque temps, une petite Amarylli- dée à fleurs jaunes qu’il avait recueillie cet hiver au pied du Chenoua, loin de tout lieu habité, et qui avait l'apparence d’une plante sauvage. Les deux localités habitées les plus voisines, Marengo et Tipaza, se trou- 144 SÉANCE DU 21 MARS 1889. vaient, la première à sept kilomètres, la deuxième à huit. Le jardinage est peu en honneur dans le pays, et d’ailleurs la plante était peu faite pour attirer l’attention des jardiniers. Ses petites fleurs jaunes, grandes comme les fleurs de Leucoium, portées sur une petite hampe nue, n’a- vaient rien de bien ornemental ; comme feuillage, une ou deux feuilles filiformes, ne paraissant qu'après les fleurs. Elle se trouvait au voisinage de broussailles, sur un sol qui avait été défriché cinq ans auparavant, et cette localité avait été indiquée depuis trois ans à M. de Noter par son frère. Comme il s’agit d’une plante bul- beuse abondante en ce point, il n’y a nul doute qu’elle n’y existât avant le défrichement. Je n’avais reçu de cette plante que trois bulbes en feuilles, et une fleur sèche très transparente ; aussi essayai-je d’en déterminer le genre sans la disséquer, pour conserver mon échantillon intact. N'ayant pas vu la couronne rudimentaire qui se trouve au sommet du tube de la fleur, j'arrivai, avec le Genera de Bentham et Hooker, à la section d’Amarylli- dées qui contient les genres Haylockia, Zephyranthes, etc.; mais il me fut impossible de trouver dans cette section une description qui convint à la plante du Chencua. Je me rappelai alors qu’il existait en Espagne et au Maroc une Amaryllidée qui m'était totalement inconnue, le Carregnoa humilis. Sa description cadrait bien avec ma plante, à la couronne près, que je u’avais pas encore aperçue. Par une rare bonne fortune, il se trou- vait que J. Gay avait, en 1859, consacré dans les Annales des sciences naturelles une description de cinq pages à cette plante. J’ouvris alors l’unique fleur que je possédais, et, à l’aide d’une bonne loupe, il ne me fut pas difficile d’apercevoir la petite couronne qui m’avait d’abord échappé. Suivant pas à pas la description si nette, si précise et si détaillée de J. Gay, je pus me convaincre que c'était bien cette curieuse plante dont M. de Noter avait eu la bonne fortune d’enrichir la flore de l’Algérie (1). 2° Narcissus elegans Spach var. intermedius J. Gay, Bull. Soc. bot. de France, t. VI, p. 18, et Annales des sciences naturelles, 1859, p. 91. — Hermione obsoleta Herbert, Amaryll. 1837, p. 328, pl. 41, fig. 28. — Narcissus serotinus Salzmann, Plant. Tingit. exsicc. non L. ex J. Gay, loc. cit. Rouiba, commun, novembre. — Cette plante n’était signalée qu'au Maroc. Elle est un peu plus tardive que le N. elegans, dont elle diffère par ses pétales, qui sont ceux du N. serotinus L., et par sa couronne, qui, au moins dans les exemplaires algériens, est plus développée que celle de ses deux congénères. (1) La comparaison de cette plante avec le Carregnoa dubia Per. Lara, figuré dans les Illustrationes floræ hispanicæ, pl. LXXIV, de M. Willkomm, a encore confirmé ma détermination. GANDOGER. — HYOSCYAMUS FALESLEZ ET GUIRAOA ARVENSIS. 145 M. Rouy croit utile de signaler qu’il existe en Europe une seconde espèce du genre Carregnoa, le C. dubia Perez, des envi- rons de Jerez de la Frontera (Andalousie). La diagnose à été pu- bliée par son auteur, M. Perez y Lara, ancien maire de Jerez, dans les Annales de la Société espagnole d'histoire naturelle, en 1882. M. Gandoger fait à la Société la communication suivante : SUR L'HYOSCYAMUS FALESLEZ Coss. ET LE GUIRAOA ARVENSIS Coss., par M. Michel GANDOGER. J'ai l’honneur de présenter à la Société les graines de deux plantes rares, qui m'ont été récemment envoyées. La première, l’Hyoscyamus Faleslez Coss., originaire de l’extrême sud de la Tunisie, m’a été communiquée par mon compatriote M. le docteur J. Robert, médecin militaire actuellement en exercice dans le nord de l’Afrique. Dans sa lettre, qu’accompagnait un très important envoi de plantes tunisiennes, M. le docteur Robert me disait : « Je vous envoie » quelques graines qui, je l'espère, vous feront plaisir. Ce sont celles de » l’Hyoscyamus Faleslez Coss., l’el Bethina des Arabes, le poison des » Touareg, qui a servi, comme vous savez, à l’extermination de la mission » Flatters. La plante ne remonte pas jusqu’à Gafsa; on commence à la » rencontrer à 50 kilomètres environ au sud de Nefta, qui est à 90 kilo- » mètres de Gafsa. Je dois ces graines à un officier du bureau arabe de » Tozeur, qui les tenait d’un caïd de Nefzaouan. Je n'ai pu avoir la plante » entière, mais j'espère qu'en semantles graines vous pourrez en obtenir » des individus vivants, ce que de mon côté je vais aussi tàcher de faire. » M. Bonnet a résumé dernièrement, dansle Bulletin de la Société bota- » nique de France (12 mai 1882), ce que l'on sait sur l’el Bethina. » En effet, notre confrère M. Bonnet a donné d’intéressants déiails sur ce poison énergique, et je n’y reviendrai pas. J’ajouterai que, lors de mon séjour en Algirie, je crois avoir vu l'Hyoscyamus Faleslez au sud de Laghouat et près de Metlili, points extrêmes de notre colonie africaine, en plein Sahara; la plante était alors défleurie, grillée par le soleil: je l'ai prise pour l'Hyoscyamus aureus, qui ne descend pas à une latitude aussi méridionale, je crois; car l’el Bethina est une plante presque tropicale, ne dépassant guère le 30° parallèle, confinée, par conséquent, dans cette partie de l'Afrique qui est peut-être la région la plus chaude du globe. Les graines de l'Hyoscyamus Faleslez, ainsi que celles de la plante sui- vante, ont été remises par moi au Muséum d’histoire naturelle de Paris, où elles seront dans des conditions de réussite aussi satisfaisantes que possible. T. XXXIL. (SÉANCES) 10 146 SÉANCE DU 27 MARS 1885. La seconde plante dont j'ai l'honneur de mettre des graines sous les yeux de mes confrères est le rare Guiraoa arvensis Coss., de la famille des Crucifères, tribu des Erucariées. Elle m’a été envoyée par un botaniste espagnol, M. A. Canada, qui depuis plusieurs années explore spécialement pour moi les provinces de Murcie, Carthagène et Orihuela, en Espagne. Les échantillons reçus ont été cueillis dans la sierra Pujal- bares (Murcie). C’est, si je ne me trompe, la seconde fois que cette inté- ressante Crucifère est récoltée, depuis qu’elle a été distribuée par Bour- geau, il y a trente ans, dans ses Plantes d'Espagne sous les n° 1071 et 2310. M. Cosson l’a parfaitement décrite dans ses Notes, p. 97-98. Je lai mentionnée dans mon Flora Europe, t. I, p. 216. J'espère que les graines remises au Jardin des plantes lèveront et per- mettront de répandre cette plante, qui n’est connue jusqu’à maintenant que d’un très petit nombre de botanistes. M. Rouy dit qu'ayant récolté le Guiraoa arvensis à Totana (prov. de Murcie), il croit bien reconnaître, dans les fruits excessivement mürs, présentés par M. Gandoger, les silicules de cette espèce rare. M. Mangin, secrétaire, donne lecture de la communication suivante : LE PENICILLIUM-FERMENT DANS LES EXTRAITS PHARMACEUTIQUES, par M. Edmond COCARDAS (|). On éprouve une certaine difficulté à suivre, dans les extraits pharma- ceutiques, tous les états végétatifs du Penicillium-ferment. En effet, les passages de l’état aquatique à l’état aérien demandent une observation d'autant plus attentive, que le milieu est plus coloré ; souvent même il arrive qu’on aperçoit les fructifications aériennes du Penicillium- ferment dans un extrait qu'on ne croyait pas altéré. Mais si le mycélium aquatique se distingue avec peine dans cette masse sombre, le mycélium aérien se voit au contraire aussitôt sa formation, sa couleur d’un blanc éclatant se détachant sur Le fond noir de l'extrait. N 1. Aspect à l'œil nu. — On distingue çà et là de petits amas, de la plus grande blancheur, formés de filaments excessivement fins, qui sem- à au . , ? 1 » blent rayonner autour d’un point central. Plus tard, lorsque ces filaments sont plus développés, ils se foncent, prenant à la masse sous-jacente de la matière colorante. (1) Nous croyons devoir rappeler que les opinions émises par les auteurs des commu- nications inséréès au Bulletin sont publiées sous leur responsabilité personnelle et n’en- gagent à aucun degré celle de la Société, (Note du Secrétariat.) COCARDAS. — LE PENICILLIUM-FERMENT 147 Alors ils perdent de leur éclat, et leur enchevêtrement forme à la sur- face de l'extrait une croûte grisâtre et sale. Sur cette croûte on voit se dresser par milliers de petites tiges renflées à leur extrémité. Ce sont les fructifications aériennes. $ 2. Aspect au microscope. — Dans les extraits, à moins que ces extraits ne soient assez liquides, les premiers états végétatifs du Penicil- lium-ferment passent, pour ainsi dire, inaperçus; je ne m’arrêterai donc pas ici à la description des états corpusculaire, bactéridien, zooglairien et filamenteux simple. Je l'ai, du reste, donné en détail dans des liquides où chacun peut suivre tous ces états à son aise. Je représente, planche V, le Penicillium-ferment au moment où, sor- tant de la masse de l'extrait dans laquelle restent plongés et vivent ces filaments bruns ; il émet son mycélium aérien blanc et soyeux, qui se dis- tingue aussitôt formé. De chaque article des filaments bruns hygrocrocidiens du Penicillium- ferment, on voit sortir de petits filaments incolores de 0"",605 de dia- mètre (extrait d’Aconit), d’abord non cloisonnés, puis montrant des cloi- sons très apparentes, d’autant plus éloignées les unes des autres, que le filament qu’elles divisent est plus jeune. Ces filaments, remplis d’un protoplasma granuleux très actif, donnent de tous côtés des bourgeons qui s’allongent et se dressent comme autant de petites tiges. Ce sont en effet ces tiges qui vont servir de support aux fructifications ; étranglées à la base au point où elles quittent le filament de mycélium aérien, elles sont renflées à leur extrémité en forme de massues: c’est dans cette extrémité renflée que le protoplasma s’accumule, se condense et s'organise. Dans la planche ci-jointe on peut suivre facilement les formes diverses que peuvent prendre les fructifications. Les fructifications 1, 2, 3, 4, sont les fructifications aériennes du Penti- cillium-ferment observées dans l'extrait d’Aconit, sur un même filament mycélien, aa. Les fructifications 5, 6, 7, 8, 9, 10, qui permettent de suivre la forma- tion progressive des cellules basilaires dans la forme aspergillée, sont les fructifications aériennes du Penicillium-ferment observées dans l'extrait d’Aconit, sur un même filament mycélien, bb. Les fructifications 11 (forme aspergillée), 12 (forme pénicillée), 13 (forme aspergillée), sont les fructifications du Penicillium-ferment ob- servées dans l'extrait de Digitale, sur un même filament de mycélium aérien, CC. Les fructifications 14 (forme aspergillée à maturité, dont les spores sont tombées, ne laissant adhérentes que les cellules basilaires et un rang 148 SÉANCE DU 27 MARS 1885. de jeunes spores), et 15 (forme aspergillée dans laquelle 11 ne reste plus que les cellules basilaires), sont les fructifications du Penicillium-fer- ment observées dans l'extrait de Stramoine, sur un même filament de my- célium aérien, dd. Les fructifications 16 (représentant la forme aspergillée irrégulière, moitié aspergillée, moitié pénicillée), et 17 (forme pénicillée plus pro- noncée encore) sont les fructifications du Penicillium-ferment observées dans l’extrait de Ciguë, sur un même filament mycélien, ce. Les fructifications 18, 19,20, 21, sont les fructifications du Penicillium- ferment observées dans l'extrait de Jusquiane, sur un même filament mycélien, hh. Les filaments renflés 22, 23, 24, sont des filanents fructifères en for- mation, observés daus l'extrait de Ciguë, sur le même filament mycé- lien, gg. Les formes curieuses que je représente dans la planche ci-jointe mon- tent bien qu'il n’y a pas, comme certains pourraient l’objecter, parasi- tisme d'une espèce distincte sur une espèce également distincte ; mais bien une évolution directe et incontestable d’un seul et même individu passant sous nos propres yeux d’une forme à une autre, et prouvant d’une façon indéniable des faits qui ont une importance d’autant plus grande qu'ils ont été plus conteslés alors qu'ils n'étaient qu'à l’état d'hypothèse. Ces formes, que j'ai dessinées avec le plus grand soin à la chambre claire, au grossissement de 330 diamètres, et dont j’ai suivi d’instant en instant les développements, prouveront mieux que tous les arguments les faits que j'ai avancés. J'ai étudié la végétation du Penicillium-ferment dans les extraits suivants : Absinthe, Fougère màle, Pavot blanc, Armoise, Fumeterre, Pissenlit, Aunée, Garou, Polygala, Bardane, Gaïiac, Quinquina, Belladone, Genièvre, Réglisse, Chicorée, Gentiane, Rhubarbe, Chiendent, Houblon, Rue, Ciguë, Ipéca, Sabine, Colchique, Jusquiame, Salsepareille, Colombo, Lactucarium, Saponaire, Coloquinte, Laitue, Stramoine, Cubèbe, Muguet, Trèfle d’eau, Digitale, Noix vomique, Valériane. Douce-amère, Opium, Dans tous ces extraits, elle se fait à peu près de la même manière. COCARDAS. — LE PENICILLIUM-FERMENT. 149 [l'est à remarquer cependant que les extraits s’altèrent d'autant moins qu'ils renferment moins d’eau. Aussi les observateurs auxquels ce fait n’a pas échappé, ont-ils cherché à absorber par des substances hygrométriques, telles que la chaux vive, l'excès d'humidité se trouvant dans l'extrait, et à dessécher l’air ambiant. Certains extraits sucrés dont la proportion de matière sucrée est con- sulérable, comme l'extrait de réglisse, se conservent très bien. Il en est de même des extraits éthérés. On pourrait dire, d’une façon générale, que le Penicillium-ferment fait subir aux extraits pharmaceutiques dans lesquels il se développe une altération comparable à celle qu’ils éprouvent sous l'influence de la cha- leur; c’est-à-dire que les principes médicamenteux qu'ils renferment absorbent de l'oxygène et dégagent de l'acide carbonique avec formation d’eau, comme le prouve le ramollissement de certains extraits. De sorte que, malgré une petite perte de carbone, l'extrait est plus carboné après la fermentation qu'auparavant. Mais, en réalité, les fermentations produites dans les extraits pharma- ceutiques par la végétation du Penicillium-ferment sont très complexes, et varient avec chaque extrait. Il faudrait, pour les bien connaître, savoir d’abord bien exactement la nature des éléments qui entrent dans la composition du protoplasma de chacune des substances servant à les préparer. Quoi qu’il en soit, ces fermentations ne tardent pas à dénaturer com- plétement les extraits. Si l’on ne veut pas être exposé à donner à des malades des médicaments incertains el sur l’action desquels on ne peut compter, il faut done à tout prix savoir prévenir à temps le développement du Penicillium-ferment, cause de toutes ces altérations. La connaissance des différentes formes sous lesquelles se montre cette Cryptogame dans les extraits, et que je représente ici, sera donc d’un grand secours en cette circonstance. 450 SÉANCE DU 10 AVRIL 1885. SÉANCE DU 10 AVRIL 1885. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE. M. J. Vallot, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 27 mars, dont la rédaction est adoptée. M. le Secrétaire général, retenu chez lui par une indisposition, se fait excuser de ne pouvoir assister à la séance. M. le Président annonce deux présentations. M. Rouy fait à la Société la communication suivante : UN MOT SUR TROIS LABIÉES DE LA FLORE FRANÇAISE, par M. &. ROUY. La première partie du VI° volume du Flora Italiana de Parlatore, dont M. Caruel a entrepris l’achèvement, vient d’être appréciée {dans le fascicule E de 1884 de la Revue bibliographique de notre Bulletin, et celui de nos collègues qui à fait ce compte rendu a eu l’idée d’y mentionner la comparaison entre les Labiées de la flore française et celles de l'Italie. Dans l'intérêt de la connaissance exacte de la géographie botanique européenne, je crois ulile de signaler trois modifications à apporter, à l’époque actuelle, aux conclusions de cet examen comparatif, fait d’après la Flore de France de Grenier et Godron. Ce sont les suivantes : 1° Le Sideritis montana L. est une plante française. —- Dès 1862, M. Derbès, publiant une seconde édition du ;Catalogue des plantes du département des Bouches-du-Rhône, de Castagne, mentionnait le Side- ritis montana à la Treille et dans les vallons à la Valentine (loc. cit. p. 124). Depuis lors cette espèce a été publiée par M. Reverchon, en 1874, d’une autre localité : Annot, dans les Basses-Alpes. 2 Le Phlomis fruticosa L. doit être également considéré comme plante française, si je m'en rapporte aux exemplaires que m'a adressés M. Tholin, professeur ecclésiastique à la Seyne, et qui proviennent des rocailles du Faron, près de Toulon (Var). 3° Le Lamium corsicum Gren. et Godr., admis comme espèce fran- çaise, non italienne, appartient cependant à la flore de |’ Italie, puisque M. Forsyth Major, bien connu par ses travaux de paléontologie des Ver- tébrés, et qui s’occupe également avec succès de botanique, l’a recueilli l’an dernier en Sardaigne, dans les éboulis du mont Oliena, d’où il me Va envoyé. Au sujet de cette dernière espèce, j'ajouterai que, connue D. CLOS. LETTRE AU PRÉSIDENT. 151 jusqu'ici sur un seul point de la Corse, au sommet du mont Cinto, elle paraît y être devenue très peu abondante; car M. Levier, de Florence, m'écrivait en octobre 1880, que toutes ses recherches pour l’y retrouver, en compagnie de M. Forsyth Major, avaient été infructueuses, bien qu'il y ait apporté la plus grande attention, en explorant cette région avec une minutie qu'expliquait aisément la valeur de la plante. — Un autre point qu'il est bon de signaler, c’est la synonymie de L. corsicum Gr. et Godr. avec L. longiflorum minus de Moris, qu'a mentionnée M. Major sur son étiquette, dont je reproduis ici l’annotation : « Species rara à formis omnibus Lamii longiflori Ten. (sæpe cum L. garganico Ten. im- merito confusi) distinctissima. Hucusque unico e cacumine montis Cinto Corsicæ nota, ubi Jul. 1880, socio D' Levier, assidue sed frustra quæsivi. » M. le Président donne lecture de la lettre suivante : LETTRE DE M. D. CLOS A M. LE PRÉSIDENT. M. l'abbé Hy, dans une thèse soutenue le 18 juillet dernier à la Faculté des sciences de Paris, Sur l’archégone et le développement du fruit des Muscinées, thèse analysée dans la Revue bibliographique du Bulletin de la Société (t. XXX, p. 64), arrive, entre autres résultats, à conelure que le mot archégone ne convient qu’au groupe des Muscinées (1); et tout en rappelant que j'établissais, il y a près de trente ans, la distinction entre l’archégone et le prétendu ovule de Bischoff (voy. ce Bulletin, t. IV, p. 139), ce botaniste néglige d’ajouter quel mot doit s’appliquer à l’or- gane femelle des Cryptogames supérieures. Il omet aussi de dire qu’à cette date je proposais, dans la même note, de désigner cet appareil par le mot de pseudovule (ibid. p. 139-740), et, deux ans après, d’appeler encore pseudembryon le corps qui en émane à la suite de la féconda- tion, et qu’on identifie, à tort à mes yeux, à l’embryon des Phanéro- games. Une de mes conclusions était que « dans les Lycopodiacées et les » Marsiliacées, il n’y a point d’embryon, et conséquemment pas de cotylé- » dons » (ibid.,t. VI, p. 213). Cette même année (1859), notre regretté confrère Duval-Jouve adoptait ce mot de pseudembryon pour les Équisé- tacées (ibid. t. VI, pp. 166-767); et je me suis cru autorisé à rappeler ce passé au moment où M. Duchartre, dans la dernière édition de ses Éléments de botanique, n'hésite pas à qualifier de pseudo-cotylédons les prétendus cotylédons des Sélaginelles (pp. 1071-1072). (1) « Les Muscinées sont les seules Cryptogames supérieures pourvues d’un arché- gone dans le sens strict et étymologique du mot » (loc. cit. p. 189). 152 SÉANCE DU 10 AVRIL 1885. Le mot fruit, conservé aussi par M. l’abbé Hy pour le résultat final des développements de l’archégone après la fécondation, devrait être abandonné et remplacé par les mots sporocarpe, pseudocarpe, car le fruit est défini dans les traités didactiques anciens et modernes : le pistil ou l’ovaire fécondé, aceru et müri. Veuillez agréer, etc. M. l'abbé Hy, présent à la séance, répond en ces termes : Je suis heureux de constater que le savant professeur de la Faculté de Toulouse, malgré ses réserves sur mon travail, reste parfaitement d’accord avec moi sur le fond même du sujet. Je n’insisterai pas sur une discussion de terminologie, mais je demande la permission de répondre quelques mots aux critiques qui me sont adressées, et qui, si j'ai bien compris, se réduisent à deux. 1° Le terme de fruit appliqué aux Muscinées devrait être remplacé par ceux de sporocarpe ou de pseudocarpe. Soit. Chaque botaniste sera libre d'opter pour l’un ou l’autre, jusqu’à ce que l’usage vienne fixer sur ce point la glossologie. Si j’ai conservé le mot de fruit, c’est parce qu’il est le plus ancien, d’un emploi journalier, et qu’il n’expose à aucune sorte de méprise. Du reste, je me suis fait une règle, pour des raisons que l’on comprendra sans peine, d’exclure de mon mémoire toute expres- sion peu connue, à moins qu’elle n’ait été appliquée par un spécialiste en matière bryologique, et qu’en outre son usage ne m’ait paru nécessaire pour éviter une confusion. Il en est ainsi, par exemple, pour le mot épigone, créé précédemment par Bischoff, et destiné, dans ma pensée, à corriger l'emploi vicieux de celui de coife, appliqué à l’organe protecteur du sporogone avant sa ruplure. Pour ce qui concerne le fruit, quelque nom qu’on lui donne, il importe avant tout de le distinguer du sporogone, que les ouvrages classiques confondent d’ordinaire avec lui. Le sporogone n'est qu'une partie du fruit. Issu de l’oosphère seule, il n’acquiert pas chez les Muscinées l’indi- vidualité qu’on lui a. souvent attribuée. Le fruit au contraire, compre- nant, comme celuides plantes supérieures, outre le nouvel organisme embryonnaire, des enveloppes diverses qui proviennent dela plante mère, possède, malgré cette diversité d’origine, une autonoinie naturelle des plus évidentes. | 2% M. Clos me reproche encore d'avoir négligé d'indiquer quel terme convient à l'organe’ femelle des Cryptogames vasculaires. Je dois dire que cette préoccupation ne m'était pas venue à l’esprit, étant un peu étran- gère à l’objet spécial de mes recherches, les Muscinées. Les termes FRANCHET. — LE SAXIFRAGA FORTUNEI. 153 d’ovule ou de pseudovule, suivant la conception qu’on s’en fera, convien- draient fort bien à les désigner. M. Duchartre dit qu’il ne comprend pas bien la distinction d'em- bryon et de pseudo-embryon indiquée par M. Clos. Tout embryon est d’abord une cellule ; cela est vrai pour les Cryptogames vascu- laires comme pour les Phanérogames. L'origine est la même dans les deux cas. En outre, le degré de complication est très variable dans ce dernier embranchement, car l'embryon est très réduit dans les Monotropa ou les Orchidées, où on le désigne cependant de la même manière. M. Franchet fait à la Société la communication suivante : SUR L'ORIGINE SPONTANÉE DU SAX/FRAGA FORTUNEI Hook., par M. A. FRANCHET. Les plus récents travaux concernant les Saxifraga de la section Di- ptera Borkh. n’attribuent aucune localité spontanée au S. Fortunei Hook. M. Maximowicz(Diagn. pl. nov. Japon. et Mandsh., decas XIT, p. 600), dit seulement, qu’au témoignage de Lemaire, la plante est probablement originaire de la Chine ou du Japon. M. Engler (Monographie der Gat- tung Saxifraga) n’a également connu la plante que par des échantillons cultivés, C'est en 1863 que M. Hooker à signalé le S. Fortunei comme une espèce récemment introduite par M. R. Fortune, etilen donne une bonne figure dans le Botanical Magazine, n° 916, tab. 2377. La plante y est considérée comme voisine du S. cortusæfolia Sieb. Zuce., du Japon, dont elle diffère seulement par ses pétales longs, qui sont fortement dentés, presque incisés dans leur moitié supérieure, et non pas tout à fait entiers sur les bords ; ainsi que la plante du Japon, elle manque d’ailleurs com- plétement de stolons, et ses fleurs, d’un blanc de lait, sont dépourvues de ponctuations purpurines, caractères qui ne permettent pas de les con- fondre l’une et l’autre avec le S. sarmentosa L. fil. | Le S. Fortunei Hook. est aujourd'hui assez fréquemment cultivé, et il est inutile d’en donner une description; toutefois il ne faut pas le con- fondre avec le S. Fortunei var. tricolor Lemaire, Illustr. hort. 1864, P. 368, qui n’est qu’une forme à feuilles panachées du S. sarmentosa L. fil., et comme lui présente de nombreux stolons. En étudiant les Saxifraga rapportés, par M. l’abbé David, du Thibet oriental, j'ai trouvé un certain nombre d'exemplaires de ce S. Fortunei, dont la patrie d’origine demeurait incertaine. La plante thibétaine n’est 154 SÉANCE DU 10 avriL 1885. pas aussi floribonde que le spécimen figuré par M. Hooker; mais en dehors de cette particularité, qu’on peut attribuer à la culture, il n’est pas possible de douter de son identité avec la Saxifrage introduite par Fortune: même absence de stolons et de ponctuations purpurines sur les pétales; mêmes grands pétales denticulés ou incisés, rien n’y manque; et comme ces caractères se retrouvent sur tous les spécimens, on peut affirmer que le S. Fortunei Hook. croît spontanément dans le Thibet chinois, où M. l’abbé David l’a rencontré sur les rochers humides des hautes vallées de la province de Moupin. M. Dickins m’a également envoyé cette Saxifrage il y a quelques années, il l’avait observée en assez grande abondance sur les rochers de Hachijo, petite ile volcanique dépendant de l'empire japonais et située à 200 kilo- mètres en mer, au S. E. de Nippon. La plante de Hachijo présente les mêmes caractères que celle de Moupin, elle est seulement un peu plus trapue et encore moins floribonde. Faut-il considérer le S. Fortunei comme une espèce distincte du S. cortusæfolia ? M. Hooker l’a pensé et M. Engler paraît partager cette opinion. Mais M. Maximowiez fait observer qu’il n’est en réalité diffé- rencié du S. cortusæfolia que par un seul caractère, celui d’avoir des pétales longs plus ou moins dentés, et il croit, sans toutefois se prononcer définitivement, qu'on doit le réunir, à titre de variété remarquable, à la plante de Siebold et Zuccarini. L'examen que j'ai pu faire de spécimens assez nombreux, spontanés et de provenances très éloignées, me porte à partager l'opinion de M. Maxi- mowicz. Le S. cortusæfolia est une plante extrêmement variable dans la forme de ses feuilles, ce qui a été constaté depuis longtemps, mais aussi dans celle de ses pétales longs, qui peuvent être linéaires ou largement lancéolés (mais toujours aigus aux deux extrémités), avec toutes les nuances intermédiaires; cette variabilité dans la forme des pétales s’ob- serve également chez le S. Fortunei. Ceux de la plante figurée par M. Hooker sont étroitement oblongs; ceux des spécimens de l’île de Hachijo sont un peu plus larges et nettement lancéolés; dans la Saxifrage de Moupin, ils passent de la forme largement ovale à la forme étroitement Jancéolée. Quant aux dents de ces mêmes pétales longs, je les vois tantôt pro- fondes, tantôt superficielles, tantôt réduites à des callosités ou à des cils écartés. Leur nombre varie de deux à six de chaque côté; quelquefois ces dents sont toutes du même côté; enfin, sur un spécimen récolté dans un jardin d’Yédo par le docteur Savatier, plusieurs fleurs, dans une même panicule, ont leurs pétales longs dentés ou incisés, tandis que d’autres les ont seulement bordés de quelques cils rares ou sont même tout à fait entiers sur les bords. SÉANCE DU 24 AvriL 1885. 1455 En présence de cette variabilité, on voit qu'il ne paraît pas possible de séparer spécifiquement le S. Fortunei du S. cortusæfolia. Mais si la plante semble perdre un peu d'intérêt au point de vue purement bota- nique, elle n’en reste pas moins une bonne acquisition pour l’horticulture; le S. Fortunei sera toujours recherché à cause de l'élégance de son inflo- rescence et de la forme bizarre de ses fleurs; sous ce rapport, il y aurait même intérêt à introduire la plante de Moupin, dont le large pétale pend à la manière du labelle de certaines Orchidées. M. l'abbé Hue fait à la Société une communication sur un Lichen nouveau, le Lecidea lamprospora Nyl. (1). SÉANCE DU 24 AVRIL 1885. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE. M. Mangin, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 10 avril, dont la rédaction est adoptée. M. le Président proclame membres de la Société, par suite des présentations faites dans la dernière séance : MM. Dumonr, professeur au lycée Corneille, rue Martainville, 58, à Rouen, présenté par MM. Van Tieghem et Mangin. Rocour (Charles), docteur ès sciences, rue Féroustrée, #42, à Liége (Belgique), présenté par MM. Morren et Malinvaud. M. le Président annonce ensuite quatre nouvelles présentations. Dons faits à la Société : Daveau, Euphorbiacées du Portugal. À. Franchet, Catalogue des plantes recueillies aux environs de Tché- fou par M. Fauvel. Vesque, Traité de botanique agricole et industrielle. Bernimoulin, Note sur la division des noyaux dans le Tradescantia virginica. Leo Errera, Sur le glycogène chez les Basidiomycètes. (1) M. l'abbé Hue a été autorisé par la Commission du Bulletin à retirer cette com- munication. (Note du Secrétariat.) 156 SÉANCE DU 24 AVRIL 1885. Gravis, Recherches anatomiques sur les organes végétalifs de l'Ur- tica dioica. John Ball, Contributions to the Flora of North Patagonia and the adjoining Territory. Sereno Watson, Contributions to American Botany, XI. F. Cohn, Heinrich Robert Güppert als Naturforscher. Fr. Thomas, Ueber einige neue deutsche Cecidien. — Synchytrium pilificum, n. sp. — Beitrag zur Kenntniss alpiner Phytoptocecidien. Kjellman, Ur polaräüxternas hf. M. Malinvaud présente les tomes I et II (1883-1884) du Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, organe d’une nouvelle Société de botanique fondée à Berlin en 1883, et avec laquelle la Société botanique de France est entrée récemment en relations d'échanges. M. Duchartre dépose sur le bureau, pour la bibliothèque de la Société, un exemplaire des deux ouvrages suivants : 1° Note sur le egonia socotrana D. Hook., par M. P. Duchartre ; ® Notizie 1n- torno à certe piante raccolle a Castelporziano, par M. N. Terrac- ciano. M. le Président annonce à la Société que l’un de ses anciens présidents, M. le D' Édouard Bornet, a été nommé chevalier de la Légion d'honneur lors de la distribution des récompenses qui a été faite le 11 avril, dans la séance de clôture du congrès annuel des Sociétés savantes réunies à la Sorbonne. M. le Président ajoute qu'il croit être l'interprète de tous ses collègues en adressant ses félicitations à M. le D’ Bornet, dont le dévouement à la science el les éminents travaux en algologie sont universellement appréciés. M. Duchartre fait à la Société la communication suivante : INFLUENCE DE LA SÉCHERESSE SUR LA VÉGÉTATION ET LA STRUCTURE DE L’'IGNAME DE CHINE (DIOSCOREA BATATAS Dene), par M. P. DUCHARTRE. L'eau est nécessaire aux plantes en voie de développement ; dans les conditions naturelles, la quantité qu’elles en prennent au sol est consi- dérable, comme l'ont prouvé un grand nombre d'expériences, et lorsque, par l’effet d’une cause quelconque, elles ne peuvent puiser à l’extérieur toute celle qu'exigerait leur croissance normale, elles poussent d’autant DUCHARTRE. — INFLUENCE DE LA SÉCHERESSE SUR LA VÉGÉTATION. 157 moins qu'elles éprouvent à cet égard une plus forte privation. Les expé- riences de M. Hellriegel (1) mellent en évidence le rapport qui s'établit, dans ce cas, entre la végétation et la quantité d'humidité du sol, tout en montrant aussi que, passé un certain degré, l’humectation étant excessive devient nuisible. L’une notamment de celles dont il a publié les résul- tats, a consisté à semer des grains de Blé, de Seigle et d’Avoine dans sept vases remplis avec la même terre, mais dans lesquels cette terre était maintenue à tout autant de degrés différents d'humidité. Ces degrés d'humectation étaient tels que la terre avait, relativement à la quantité maximum d’eau qu’elle pouvait retenir, 80 pour 100 dans le vase n° 1, 60 pour 100 dans le n° 2, 40 pour 100 dans le n° 3, 30 pour 100 dans le n° 4, 20 pour 100 dans le n° 5, 10 pour 100 dans le n° 6, 5 pour 100 dans le n° 7, La quantité de matière sèche contenue dans la récolte a été, en milligrammes, 19.693 pour le n° 1, 22.783 pour le n° 2, 21.760 pour le n° 3, 17.149 pour le n° 4, 14.620 pour le n° 5, 6.303 pour le n° 6, seule- ment 0.123 pour le n° 7. [l n’était pas possible d'aller plus loin dans des expériences de ce genre, ni d'obtenir des germinations dans une terre absolument sèche. Mais, tout instructives qu’elles sont, surtout relativement à la culture, ces expériences permettent uniquement de déterminer le rapport qui existe entre le développement des plantes et la quantité d’eau absorbée ; elles ne nous apprennent rien sur le développement relatif des différents organes d’un végétal fixé par ses racines dans un sol soit humide, soit sec, ni sur les tissus de ces organes qui peuvent être influencés par l'abondance ou Ja disette d’eau; enfin elles n’ont pu porter sur des plantes condamnées à vivre plus ou moins longtemps dans une privation com- plèle d’eau extérieure. Or ce sont là des points de vue auxquels il impor- terait de pouvoir envisager la végétation, et auxquels je ne sache pas que se soit encore placé aucun observateur. Non seulement l'eau est le dissol- vant grâce auquel différentes substances nutritives sont introduites dans l’organisme végétal, mais encore elle constitue elle-même un véritable aliment. Cet aliment a-t-il uniquement un emploi général, de sorte que, par son abondance ou sa rareté, il contribue à grandir ou à rapetisser toutes les parties de la plante dans des proportions analogues ? a-t-il au contraire un emploi assez spécial pour que certains organes et, dans : ces organes, certains tissus subissent plus directement que les autres l'in- fluence de la proportion selon laquelle s'opère la nutrition aqueuse? Ce sont là, si je ne me trompe, des questions d’une importance réelle pour la connaissance de Ja vie végétale, questions qui, à ma connaissance, n’ont pas été encore résolues, et pour la solution desquelles les obser- (1) Krockers Centralblatt, 1871. 158 SÉANCE DU 24 AVRIL 1885. vations et expériences dont je vais exposer les résultats me semblent fournir des données de quelque intérêt. Pour reconnaitre l’influence de la sécheresse sur le développement de l'organisme végétal, j'ai expérimenté sur une plante qui d’abord est restée entièrement à l’air, sur un support complètement sec, et n’a jamais été mouillée ; qui ensuite, lorsqu'elle a eu pris tout le développement dont elle était susceptible dans ces conditions exceptionnellement défavorables, a été mise en terre et arrosée. Les espèces qui pouvaient servir de sujets pour la première série de ces expériences étaient évidemment peu nom- breuses, car il fallait qu’il se trouvàt d'avance dans leur intérieur une réserve de nourriture capable de leur fournir les matériaux nécessaires à leur développement. J’ai choisi l’Igname de Chine (Dioscorea Batatas Decne), qui a bien répondu à ce que j'en espérais. I. Développement de l’Igname de Chine entièrement à sec. — I] im- porte avant tout de préciser les conditions de l'expérience. Les sujets en ont été des tubercules de Dioscorea Batatas Dene, venus de bulbilles, en un an, dans un sol médiocre, et dès lors assez peu développés pour que leur longueur moyenne dépassàt rarement 0",10. Ces tubercules ont été posés, après avoir été retirés de terre à l’automne, sur une grande dalle de pierre dans le fond d’une petite pièce inhabitée, construite au milieu d’un grand jardin, qui sert à conserver pendant l’hiver des plantes peu délicates, et dont la capacité est de 15 mètres cubes. Dans cette situa- ton ils n'ont pas reçu une seule goutte d’eau. Cette pièce est éclairée par deux fenêtres à châssis vitrés dormants, situées à 1",40 de hauteur, exposées l’une à l’est, l’autre au midi, et dont la surface vitrée est de 0",88 de largeur sur 0",51 de hauteur. En outre, à partir du mois de juillet, une porte placée à l’est et à un mètre de la dalle de pierre, est restée presque constamment ouverte et a dès lors mis les tubercules en plus vive lumière diffuse. Dans ces’conditions, et la porte fermée, des plantes feuillées, qu'on remise pendant l'hiver dans cette pièce, Azalea indica, Aralia Sieboldi, Aspidistra, ete., ne s’y étiolent pas le moins du monde, et d’autres (Fuchsia, Lilium, etc.) y donnent des pousses vertes. Là n'existe donc pas la cause essentielle de l’étiolement des végé- taux, l'obscurité. Cependant, dans ces conditions, les pousses émises par les tubercules du Dioscorea Batatas ont offert la configuration extérieure de pousses éliolées, en raison de la longueur de leurs entre-nœuds et des dimen- sions extrêmement réduites de leurs feuilles. Voici en effet comment étaient conformés, le 17 août 1834, deux pieds entre autres, développés dans cette expérience. Le premier était provenu d’un tubereule presque cylindrique, long seulement de 0",065 sur 0",015 de diamètre maximum. Sa pousse me- DUCHARTRE. — INFLUENCE DE LA SÉCHERESSE SUR LA VÉGÉTATION. 159 surait 0,823 de longueur totale, et comprenait la tige proprement dite, qui avait séché à son extrémité, au-dessus de son cinquième nœud, après avoir émis, à son quatrième nœud, une branche axillaire à peu près aussi longue qu’elle, même un peu plus forte, et terminée par un bourgeon en bon état. Cette tige était verte à sa base, rouge-brun dans le reste de son étendue. Ses entre-nœuds mesuraient en longueur, successivement de la base au sommet desséché, 0,022, 0,135, 0,256, 0,235, 0",165, le sixième ayant été réduit par le dessèchement à ne plus exister que dans 0",01 d’étendue ; son diamètre moyen était d'environ 0",002 et atteignait 0",003 dans le bas. Malgré son peu d'épaisseur, elle était d'une rigidité remarquable. Quant aux feuilles qu’elle portait, elles étaient tellement réduites, que la plus grande d’entre elles, attachée au quatrième nœud, ne dépassait pas 0",012, le limbe faisant un peu plus que la moitié de cette longueur totale. Presque nul dans linférieure de ces feuilles, le limbe devenait de plus en plus accusé aux nœuds suivants. Enfin du bas de la tige partaient huit racines variant en longueur de 0",003 à 0",042, et un corps ovoide, dirigé de haut en bas, long de 0",009, épais de 0",005, qui était certainement un tubercule naissant. Un autre pied provenait d’un tubereule long de 0”,115, formé aux 9/6 d’une portion à peu près cylindrique et épaisse d'environ 0",005, que terminait un renflement presque globuleux atteignant 0",015 de diamètre. Sa tige, haute de 0",51 et surmontée d’un bourgeon terminal encore en bon état, offrait dix entre-nœuds, dont les longueurs succes- sives, de la base au sommet de la plante, étaient 0",025, 0",076, 0,145, 0,096, 0,077, 0,067, 0",0145, 0",005, 0",002, 0",001. Comme dans la plante déjà décrite, la tige de ce pied était rectiligne et rigide, bien que son diamètre moyen füt à peine de 0",001. Quant aux feuilles attachées isolément à chaque nœud, elles étaient encore plus réduites que dans l’exemple précédent, et la plus grande d’entre elles atteignait au plus 0®,01 de longueur totale. Elles étaient vertes dans leur portion infé- rieure, rougeâtres vers leur sommet : la teinte rouge brunâtre occupait une surface d'autant plus grande qu’elles se trouvaient situées plus haut sur la plante, et que le limbe entier devenait de plus en plus étendu relativement au pétiole et à la portion vaginale. De la base de la tige partaient quelques courtes ébauches de racines sans indice de tubercule naissant. Ces deux exemples, auxquels il me semble inutile d'en joindre d'autres, qui n’offriraient avee ceux-ci que des différences insignifiantes, me semblent établir ce fait remarquable, que les pieds de Dioscorea Batatas produits par un tubereule avec ses seules matières de réserve et sans intervention d’eau étrangère offrent la conformation extérieure qui distingue la généralité des plantes étiolées, en raison de l'allongement de 160 SÉANCE DU 24 AVRIL 1885. leurs entre-nœuds, surtout de l’extrême réduction de leurs feuilles ; tou- tefois leur coloration, en partie verte, en partie rouge brunätre intense, montre déjà que les changements extérieurs déterminés par la séche- resse dans leur tige et leurs feuilles ne constituent pas un étiolement, et un examen plus approfondi de ces mêmes organes va nous y faire recon- naître une constitution qui contraste d’une manière frappante avec celle des plantes étiolées. On sait que, comme l’avait déjà vu de Candolle et comine l’ont reconnu ensuite avec plus de précision différents observateurs, notamment MM. Gr. Kraus, Batalin, Rauwenhoff, le caractère essentiel de l’étiolement consiste en ce que les parois des éléments anatomiques, tant du prosen- chyme que du parenchyme, n’acquièrent pas leur épaisseur ni leur fermeté normales ; souvent même, dans les plantes étiolées, le nombre des faisceaux diminue ; en un mot, tous les éléments de consolidation perdent plus ou moins complétement leur fermeté habituelle, et de là résultent le défaut de consistance ainsi que la flaccidité des plantes qui ont subi l'influence de l'obscurité. C’est tout le contraire qui à eu lieu dans les pieds de Dioscorea Batatas venus entièrement à sec. J'ai déjà dit que leur tige était très grêle, mais d’une remarquable rigidité. La cause en était dans une prédominance marquée de ses éléments de consolidation. En effet, bien que son diamètre fût beaucoup plus faible que celui des tiges venues dans les conditions normales, le nombre de ses faisceaux fibro-vaseulaires et leur constitution n'avaient pas subi d’altération, et, quoique plus étroites, leurs fibres avaient des parois épaisses avec une cavité rétrécie. Dans cette espèce, la périphérie du cylindre central présente une zone de fibres d’un calibre étroit et à parois très épaisses, qui vont se fondant graduellement avec le tissu con- jonetif : dans les tiges venues sans eau, cette zone avait sensiblement plus d'épaisseur et consistait en fibres plus étroites, dont les parois étaient encore plus fortement épaissies que dans les circonstances ordinaires. Enfin sous l’épiderme se trouve, dans ce Dioscorea, une couche de collen- chyme qui forme un gros faisceau à chaque angle longitudinal de la tige, et qui se réduit à une lame mince dans l'intervalle de ces angles. Ce col- lenchyme s’offrait dans des conditions au moins égales de développement et de solidité dans les tiges qui s'étaient produites sans intervention d'eau extérieure. En un mot, tous les éléments de consolidation étaient, dans ce dernier cas, aussi bien développés et avaient des parois autant ou même plus épaisses que dans les pieds venus dans de bonnes condi- lions de végétation; d'un autre côté, ces mêmes éléments de consolidation étaient en bien plus forte proportion dans les tiges venues à la séche- resse, par suite de la réduction considérable qu'avaient subie en elles les portions parenchymateuses. La comparaison entre une tige venue à DUCHARTRE. — INFLUENCE DE LA SÉCHERESSE SUR LA VÉGÉTATION. 161 sec et une simple branche prise sur une tige développée dans les condi- tions ordinaires a montré les rapports suivants. Au centre de la branche, le parenchyme médullaire circonscerit par les gros faisceaux offrait, sur Sa coupe transversale et dans la longueur de son diamètre, au moins une douzaine de grandes cellules, tandis qu’on n’en comptait que cinq ou six de notablement plus étroites, dans le même sens diamétral au centre d'une tige venue à sec. Le cylindre parenchymateux central était donc considérablement réduit dans cette tige ; or la branche avait été choisie aussi peu différente que possible en grosseur de la tige avec laquelle elle était comparée. Une réduction appréciable, mais moins prononcée, s'était produite aussi dans le parenchyme cortical de cette dernière tige: il avait généralement quatre assises cellulaires d'épaisseur, tandis que celui de la branche en comptait dans le même sens de six à huit. + Il résulte déjà de ces observations que la privation complète d’eau extérieure n’a nullement influé sur la formation ni sur le développement des éléments de consolidation ou éléments mécaniques de la tige, tandis qu'elle a puissamment agi au contraire sur le parenchyme, dans lequel elle a déterminé une forte réduction. 11 semble permis de conclure de là que l’eau, dans la marche normale de la végétation, est utilisée pour la formation du parenchyme plus particulièrement que pour celle des tissus résistants en général. Cette conclusion va trouver un nouvel appui dans les observations suivantes : Les feuilles des pieds d’Igname de Chine venus à sec avaient subi, comme on l’a vu, une très forte réduction ; mais tout remarquable qu'il était, cet amoindrissement des proportions qu'elles offrent dans l’état normal l'était bien moins encore que l’altération qui s'était produite dans le rapport entre leurs nervures et leur parenchyme: cette altération consistait en ce que les premières avaient pris une prédominance des plus marquées sur le dernier. Pour avoir une bonne idée du changement qui s'était opéré à cet égard, il suffira de comparer entre elles deux feuilles à fort peu près de même grandeur, prises l’une sur un pied venu àsec, l’autre sur un pied développé dans les conditions normales, celle-ci, que je désignerai par B pour abréger, nécessairement très jeune, celle-là, qui sera désignée par À, déjà parvenue à son maximum de développe- ment. Ces deux feuilles avaient l’une et l’autre 0",009 de longueur totale, le limbe formant, dans B le tiers, et dans À, un peu moins que le tiers de cette dimension ; mais la portion parenchymateuse de ce limbe interposée aux nervures était tellement réduite dans À, que les cinq ner- vures médianes se trouvaient presque en contact latéralement l’une avec l’autre, ne laissant entre deux adjacentes, à la face inférieure de la feuilie, qu'un étroit et profond sillon ; en B au contraire, malgré l'extrême jeunesse de l'organe et l’imperfection de sa constitution, qui en était la T. XXXII. (SÉANCES) 11 162 SÉANCE DU 24 AVRIL 1885. suite, les mêmes nervures étaient séparées l’une de l’autre par une lame parenchymateuse un peu plus large que leur propre épaisseur totale. La réduction du parenchyme sous l’influence du défaut d’eau était dès lors plus considérable et frappait bien plus immédiatement les yeux dans la feuille que dans la tige. J'ajoute que dans la feuille A l’étroite bande parenchymateuse qui était interposée à deux nervures était formée, entre deux épidermes composés l’un et l’autre de cellules à fort peu près isodia- métriques, de quatre assises cellulaires semblables entre elles et à celle de l’épiderme, ne laissant entre elles que de très petits méats, alternes d’une assise à l’autre, et parmi lesquelles celle qui était sous-jacente aux deux épidermes, tant supérieur qu’inférieur, renfermait de la chlorophylle; les deux médianes en étaient entièrement dépourvues. Il n’y avait donc là rien qui ressemblàt même de loin, ni à du tissu en palissade, ni à un parenchyme lacuneux. Or les feuilles du Dioscorea Batatas portées sur des pieds à végétation normale renferment, à l’état adulte, sous leur épiderme supérieur, une assise simple de cellules en palissade tellement longues, que j'ai vu leur diamètre longitudinal atteindre 0"",13, quand l’ensemble des quatre assises du parenchyme lacuneux n'avait pas 0"",11 d'épaisseur. J'ai inutilement cherché des stomates sur les feuilles réduites des pieds venus à sec; mais, comme par compensation, j'ai observé à leur face inférieure un grand nombre des sortes de poils en écusson ou en palette pluricellulaire et arrondie qui existent aussi, mais en bien moin- dre quantité, en dessous des feuilles jeunes de la même espèce de plante, dans les conditions normales. En résumé, il résulte de ce qui précède que la sécheresse absolue sous l'influence de laquelle les tubercules du Dioscorea Batalas ont déve- loppé une tige réduite, surtout en longueur, avec des feuilles encore plus réduites en dimensions, a eu pour effet essentiel de restreindre fortement la production du parenchyme, sans nuire à la formation des éléments de soutien, quelle qu’en fût la nature, et sans empêcher les parois de ceux-ci d'acquérir une épaisseur égale, parfois même supérieure à celle qui les distingue dans les pieds de la même plante qui ont végété sous l'empire des conditions normales. Cela acquis, une question se présente naturellement: Comment les tubercules soumis à une complète sécheresse ont-ils pu produire une tige conservant sans altération ses caractères anatomiques distinctifs, et qui, bien que fort réduite comparativement à celle que cette plante déve- loppe dans les conditions ordinaires, a atteint néanmoins, dans la plupart des cas, de 0,50 à 0",80 de longueur? La réponse à cette question est simple : c’est du tubercule lui-même que sont venues les matières et particulièrement l’eau qui étaient nécessaires pour ce déve- DUCHARTRE. —— INFLUENCE DE LA SÉCHERESSE SUR LA VÉGÉTATION. 163 loppement. Quand le tubercule a eu cédé à la pousse toute l’eau qu'il renfermait au moment où il est entré en végétation, tout développement a cessé ; cependant la réserve d’aliment n’était pas encore épuisée à beau- coup près, et l’amidon en particulier abondait encore dans les cellules de ce tubercule, qui était alors fortement ridé ; cette réserve ne pouvait plus dès cet instant être transportée dans les organes pour leur permettre de continuer leur croissance. IT. Développement des mêmes Ilynames de Chine dans un sol humide. — La conclusion que j'ai déduite des observations précédentes me semble légitime ; j'ai cru cependant qu'il pouvait être utile de l’ap- puyer sur des faits recueillis dans une autre voie, et, dans ce but, après avoir fait l'épreuve, j'ai essayé de faire la contre-épreuve. Pour cela, le 17 août 1884, j'ai rempli deux pots égaux, ayant environ 0",15 d’ou- verture et 0",30 de profondeur, l’un avec du sable de rivière, l’autre avec un compost de bonne terre de jardin additionnée d'environ un quart de terreau. Dans le pot rempli de sable j’ai planté deux tubercules qui avaient développé chacun une tige haute, pour l’un de 0",49, pour l’autre de 0",18 seulement. La tige de chacun d’eux a été fixée à un long tuteur. Comparativement, dans le pot rempli de compost j'ai planté deux autres tubercules ayant aussi produit chacun une tige longue de 0m,50 pour l’un, de 0",18 pour l’autre, et ces tiges ont été aussi fixées chacune à un long tuteur. Les deux pots ont été arrosés copieusement après la plantation, et ils ont été ensuite maintenus constamment humides. Ils ont été mis à la place qu’avaient occupée les tubercules laissés à sec, par conséquent dans les mêmes conditions d'éclairage et d'aération que ceux-ci. Plusieurs pieds venus’ à sec ont été laissés comme témoins à la place et dans l’état où ils se trouvaient; mais ils avaient évidemment consommé à ce moment l’eau du tubercule qui leur avait donné nais- sance, car la croissance en hauteur de leur tige était arrêtée, et dès lors elle n’a plus fait le moindre progrès. J'avais aussi disposé deux pieds de sorte que leur tubereule seul plongeât dans l’eau ; mais les précautions que j'ai prises n’ont pu empêcher celui-ci de pourrir, sans que la plante qui en était parvenue auparavant continuât de se développer. Les quatre pieds plantés dans les deux pots se sont comportés comme il n’était pas difficile de prévoir qu'ils le feraient. Après quelques jours, pendant lesquels ils sont tous restés absolument stationnaires quant à leurs parties extérieures, mais pendant lesquels ils devaient produire des racines dans le sol humide, ils ont commencé à croître. Presque subite- ment la portion nouvellement produite de leur tige s’est montrée nota- blement plus épaisse que celle qu’elle surmontait, non colorée comme celle-ci en brun rouge, mais bien verte et presque translucide dans ses couches superficielles. J'ai constaté que cette augmentation de diamètre 164 SÉANCE DU 24 AVRIL 1885. était due essentiellement à un développement considérable du tissu cellulaire central ou médullaire. Il est à peine besoin de dire que l’allon- gement de la portion de tige produite après la plantation des tubercules a été fort inégal pour les deux pieds plantés dans une bonne terre et pour les deux qui avaient été mis dans du sable. Ceux-ci, ne pouvant guère emprunter que de l’eau au sol dans lequel ils étaient plantés, se sont nourris presque exclusivement avec les matières nutritives qui restaient encore dans le tubercule; aussi se sont-ils faiblement allongés. Après deux mois presque entiers de végétation, le 14 octobre, leur hau- teur totale ne s'était augmentée que de 0",80 à 0",90. Au contraire, les deux pieds qui trouvaient dans une terre riche les éléments d’une bonne nutrition ont pris rapidement une grande croissance. Dès le 18 sep- tembre celui dont la tige était longue de 0",50 un mois auparavant, au moment de la plantation, s'était élevé à 2 mètres 50 centimètres de hau- teur, tandis que l’autre qui avait été planté en même temps, n’ayant qu'une tige de 0",18, était arrivé à 2 mètres de hauteur environ. Toutes les feuilles produites par les quatre picds mis en pots étaient bien vertes et constituées, quelles que fussent leurs dimensions, comme le sont celles du Dioscorea Batatas normal, par conséquent avec des nervures arquées longitudinales, largement séparées par du paren- chyme. La grande prédominance de ce parenchyme développé sous l’in- fluence des arrosements était frappante, mêine dans celles de ces feuilles qui étaient restées réduites à de faibles proportions. Il y avait donc bien loin de cet état à celui que j'ai décrit pour les feuilles produites par les pieds laissés à sec. Quant à la grandeur de ces organes sur les quatre pieds plantés, elle a différé fortement selon la nature du sol. Les feuilles des deux pieds plantés dans une bonne terre n’ont pas tardé à acquérir à peu près la moyenne des dimensions qu’on leur voit dans l’état normal; leur limbe avait en effet de 0",06 à 0",08 de longueur, sur 0",04 à 0",05 de largeur ; mais celles des deux pieds plantés dans du sable étaient incon- parablement moins développées, à ce point que leur limbe n’atteignait, en moyenne, guère plus de 0,01 de longueur avec une largeur propor- lionnée; toutefois, ces deux dernières plantes ayant développé chacune à sa base une branche vigoureuse, celle-ci a produit un petit nombre de feuilles notablement plus grandes. Quant à la structure des feuilles développées par les quatre pieds, elle a marché graduellement de l’homogénéité du parenchyme qui distinguait ces organes sur les tiges venues à sec vers l'hétérogénéité qui caractérise les feuilles normales de la même plante. Seulement les caractères du tissu en palissade et du tissu lacuneux n’y ont jamais été aussi prononcés que dans les feuilles normales et de fortes dimensions qui s’étaient déve- loppées à l’extérieur sur des pieds plantés en pleine terre. C’est là une DUCHARTRE. — INFLUENCE DE LA SÉCHERESSE SUR LA VÉGÉTATION. 165 conséquence nécessaire de ce fait que les quatre pieds plantés en pots ne recevaient qu’une lumière diffuse, insuffisante pour amener les deux parenchymes foliaires à la plénitude de leurs caractères distinetifs. Ainsi dans une de ces feuilles nouvelles et bien vertes, dont le limbe mesurait 0",0145 de longueur sur 0,007 de largeur maximum, le mésophylle était encore formé, entre deux épidermes composés de cellules à fort peu près semblables et isiodiamétriques, de quatre assises cellulaires alternes entre elles; dont les éléments étaient aussi semblables tant entre eux qu’à ceux de l’épiderme. Toutefois l’assise située sous l’épiderme supérieur conte- nait de la chlorophylle, tandis que celle qui était sous-jacente à l’épi- derme inférieur était remplie d’un liquide rouge-brunâtre clair. La structure était la même dans une feuille de dimensions un peu plus fortes (0",022 de longueur) venue à l’air libre et au grand jour, avec ces deux seules différences : 1° que, dans celle-ci, les cellules de l’épiderme supérieur y étaient environ deux fois plus longues et plus larges que celles du mésophylle et de l’épiderme inférieur ; 2° que les cellules adja- centes à l’épiderme inférieur ne renfermaient pas de suc coloré. D’un autre côté, dans une feuille prise sur l’un des pieds plantés dans le pot à compost, qui avait 0",076 de longueur sur 0",051 de plus grande lar- geur, les deux parenchymes du mésophylle étaient caractérisés en ce sens que les cellules du tissu en palissade étaient sensiblement allongées dans le sens perpendiculaire à la face supérieure de la feuille, tandis que celles du tissu inférieur avaient au contraire leur plus grand diamètre parallèle à la face inférieure de la feuille. Examinées comme terme de comparaison, deux feuilles de pieds venus en pleine terre, mais l’une recevant le soleil et l’autre s’étant développée à l’ombre, ont présenté, dans la longueur des cellules de leur couche supérieure ou en palis- sade, des différences en rapport avec l'intensité de la lumière qu’elles recevaient, Dans celle qui recevait le soleil et qui était longue de 0",079, par conséquent à fort peu près égale en dimensions à celle dont il vient d'être question, ces cellules étaient environ deux fois plus longues que larges, de sorte que leur couche faisait le tiers de l'épaisseur totale de la feuille ; au contraire, dans celle, longue de 0",072, qui s’était dévelop- pée à l’ombre, les cellules de la couche dont il s’agit étaient presque rigoureusement isodiamétriques, par conséquent moins caractérisées que celles du pied planté en pot et végétant à la lumière diffuse. Une particularité physiologique qui ne doit pas être passée sous silence consiste en ce que les tiges de l’Igname de Chine qui s’étaient dévelop- pées à sec avaient perdu non seulement toute volubilité, mais encore toute tendance à se diriger vers la lumière. Leur rigidité, conséquence directe de la prédominance de leurs éléments de svutien, peut expliquer, au moins dans une certaine mesure, leur défaut d’enroulement qui les 166 © SÉANCE DU 24 AVRIL 1885. faisait s’élever toutes droites; quant à l'absence constatée en elles de toute nutation, il semble difficile d’en deviner la cause. Toujours est-il que, selon la situation du tubercule qui leur avait donné naissance, elles se dirigeaient indifféremment dans tous les sens, même vers le fond de la pièce où elles se trouvaient, par conséquent du côté opposé au jour. La plantation et l’arrosement ont amené en elles la manifestation de ces deux facultés naturelles qui leur avaient fait défaut jusque-là, mais seule- ment après une période de transition pendant laquelle la nutation directe a commencé de se manifester avant la cireumnutation qui devait déter- miner leur enroulement autour du tuteur. Ainsi c’est le 17 août que la plantation avait été faite et les arrosements commencés. Quatorze jours plus tard, le 31 août, les tiges s'étaient allongées de 0",25 en moyenne, s'élevant droites le long du tuteur auquel elles avaient été attachées, sans manifester la moindre tendance à l’embrasser ; seule leur extrémité jeune s'était un peu arquée pour se porter vers le jour, en s’éloignant pour cela du tuteur, et en donnant ainsi un premier indice de nutation, mais faible. Trois jours plus tard, les deux pieds le mieux nourris avaient fait un tour entier autour de leur tuteur; les deux autres, quoique ayant subi un allon- gement un peu plus considérable (0,34, 0",37), avaient continué de s'élever en ligne droite le long du tuteur auquel ils étaient attachés, sans que, contrairement à la thécrie admise, ce contact déterminât en eux le moindre contournement; il leur a fallu quelques jours encore pour que leur extrémité commençât à s’enrouler. À partir de ce moment, les quatre plantes se sont comportées comme elles le font habituellement dans les conditions normales; elles ont même accusé une forte nutation, toutes leurs feuilles se plaçant alors de telle sorte que la lumière tombât perpendiculairement à leur face supérieure, et, pour cela, courbant leur pétiole pour disposer leur limbe verticalement, la face supérieure tour- née vers le jour. | Les productions souterraines des quatre pieds de Dioscorea Batatas ont été, on le conçoit d'avance, en rapport avec la nature du sol dans lequel ceux-ci avaient été plantés, c'est-à-dire avec l’aliment que ce sol leur fournissait. Les deux qui étaient plantés dans une terre nutritive ont développé, l'un des deux surtout, des racines nombreuses, longues et rameuses, ainsi qu’un tubercule qui, pour le pied le mieux enraciné, mesurait 0",118 de longueur sur environ 0",004 d'épaisseur moyenne. Ce même tubercule était gorgé de fécule à ce point que, après être resté plus de six mois dans la terre sèche, il n’était pas sensiblement ridé à sa surface. Le plus faible des deux pieds plantés dans cette même terre avait formé un nombre moindre de racines et un tubercule long de 0",07. Quant aux deux pieds plantés dans le sable, ils n’avaient que peu de racines courtes et à peine rameuses. L’un des deux surtout en était à peu G. BONNIER. — RHIZOMES D’ANEMONE NEMOROSA. 167 près dépourvu. Néanmoins chacun d’eux avait développé un tubercule qui atteignait même 0",10 de longueur pour l’un des deux, tandis qu'il ne dépassait pas 0,04 pour l’autre ; mais ces deux tubercules, le der- nier surtout, étaient fort peu riches en fécule ; aussi, récoltés à la:mème époque que les deux premiers, étaient-ils alors très fortement ridés dans toute leur étendue. En résumé, je crois pouvoir tirer de l’exposé qui précède cette conclu- sion générale que, du moins pour la plante sur laquelle j'ai expérimenté, l’eau, en tant qu’aliment, favorise essentiellement la formation du paren- chyme, sans agir à un degré appréciable sur les éléments anatomiques de consolidation. M. Bonnier fait à la Société la communication suivante : REMARQUES SUR LE DÉVELOPPEMENT ET LA STRUCTURE DES RHIZOMES D’'ANEMONE NEMOROSA, par M. Gaston BONNIER. La structure du rhizome d’Anemone nemorosa a été successivement étudiée par M. Vaupell (1), M. Costantin (2) et tout récemment par M. Marié (3). Ces auteurs ne sont pas d'accord dans leurs observations. M. Vaupell dit que l’Anemone nemorosa ne présente pas de formations secondaires. M. Costantin dit au contraire : « Il existe entre le bois et le liber une couche génératrice, mais l’activité de cette couche est très faible et augmente très peu ces deux tissus. » Enfin M. Marié s’exprime ainsi : «Malgré une recherche attentive pratiquée sur des exemplaires frais et secs provenant de diverses localités, il m'a été impossible de retrouver le développement secondaire considérable signalé par M, Costantin dans les faiseeaux du rhizome d’Anemone nemorosa. » On peut être surpris, en premier lieu, de voir que M. Marié attribue à l’auteur précédent une opinion qu’il n’a émise en aucun point de son travail; car M. Costantin, comme on vient de le voir, n’a signalé qu un début peu accentué des formations secondaires dans ce rhizome. M. Marié revient donc à l’opinion de M. Vaupell et ne trouve pas de formations secondaires ; mais ce qui est lle plus remarquable, c’est que c’est juste- ment l'opinion que M. Marié attribue, en l’exagérant, à M. Costantin, qui se trouve être exacte avec cette exagération même. Je demande à la Société la permission de lui exposer en quelques ù i i . Leipzig, 1855. (1) Vaupell, Untersuchungen über das peripherische Wachsthum | ®) Costantin, Tiges aériennes et souterraines des Dicotylédonées (Ann. sc. nat. 6° série, 1883,t . XVI, p. 1). ,e (3) Marié, Structure des Renonculacies (Ann. sc, nat. 6° série, 1884, t. XX, p. 1). 168 SÉANCE DU 24 AvriL 1885. mots quelles sont les causes d'erreur qui ont amené divers auteurs à des conclusions si différentes, non que l'exemple choisi présente un intérêt spécial, mais parce que cet exemple montre d'une manière évidente que, dans bien des cas, une étude attentive du développement est nécessaire pour les recherches anatomiques. En effet, ce ne sont pas des rhizomes comparables d’Anemone nemorosa qui ont été coupés par les auteurs cités plus haut, et c’est un rhizome très différent dont je présente quel- ques échantillons à la Société. Ceci, je le répète, pour être bien compris, exige une courte description du développement morphologique total de l’Anemone nemorosa. M. Warming, dans son récent et remarquable travail d'ensemble sur la morphologie extérieure du développement (1), a déerit en quelques lignes le développement de l'Anemone nemorosa, mais celle courte description est faite à un autre point de vue, et, pour le sujet que je traite actuelle- ment, doit être complétée sur plusieurs points. Lorsque l’Anemone nemorosa vient de germer, on voit au premier abord deux petites sphères, comme deux petits tubercules contigus : l’un d’eux est formé par la tige hypocotylée, renflée, qui se termine à sa base par le système normal des racines, peu développé ; l’autre se compose des deux cotylédons hémisphériques qu’on peut facilement éearter l’un de l'autre et entre lesquels s’aperçoit la gemmule où naît une première feuille végétative. Pendant la première année, cette feuille petite et palmatifide, à trois lobes dentés, est la seule partie de la plante que l’on puisse voir au-dessus du sol. A l’automne, la feuille tombe, et l’année suivante le système normal des racines disparaît, plusieurs racines adventives nées sur la tige, au-dessus des cotylédons, le remplacent; les cotylédons sont détachés, et au commencement de la seconde année on trouve ainsi sur la tige principale d’Anémone trois cicatrices: les deux cicatrices des eotylédons et la cicatrice de la feuille de la première année. Pendant la seconde saison, il se produit d’abord quelques écailles sur la tige, puis une feuille végétative qui est plus grande et à limbe plus profondément divisé que la feuille de la première année ; grâce à la nour- riture assimilée par cette feuille, la tige souterraine grossit et s’allonge un peu plus. A la fin de fa seconde année, de nouvelles racines se déve- loppent ; pendant la troisième saison, des écailles un peu plus nombreuses se produisent et une feuille plus grande surgit encore au-dessus du sol, et ainsi de suite. Les choses se passent de la même façon pendant un nombre d'années variable, suivant les cas, jusqu’à ce que la provision de nourriture accumulée dans le tubercule que forme la tige principale 1802 Om Studbygning, Overvintring og Foryngelse af Eug. Warming. Copenhague, G. BONNIER. — RHIZOMES D'ANFMONE NEMOROSA. 169 soit suffisante. Alors, et alors seulement, le bourgeon terminal se déve- loppe en une tige aérienne qui produit simplement l’involucre à trois feuilles et la fleur. C’est à partir de ce moment que l’évolution des or- ganes souterrains de la plante est spécialement intéressante au point de vue qui nous occupe. Suivons en effet l'Anemone nemorosa dans son développement, après qu’il a fleuri pour la première fois. On voit un bourgeon latéral remplacer le bourgeon terminal ; mais au lieu de fonc- tionner comme lui, ce bourgeon produit un rhizome qui est une branche du rhizome tubereuleux formé pour la tige principale. Cette branche sou- terraine porte de nombreuses écailles, puis porte l'année suivante une feuille végétative, et au bout de deux ans, en général, parfois trois ou même quatre, après les renforcements successifs de sa provision de ré- serve, elle donne à son tour un involucre de trois feuilles et une fleur. Cette branche produit un bourgeon latéral, une nouvelle pousse souter- raine, allongée, couverte d’écailles brunes engainantes, et désormais elle fleurit tous les ans, se détachant du rhizome-tubercule, perdant ses par- ties âgées de trois ou quatre ans, à mesure qu’elle s’avance horizontale- ment dans le sol; elle forme ainsi un sympode souterrain vivace à parties ‘aériennes annuelles. Nous venons de suivre une de ces branches en la supposant indivise ; mais elle donne aussi de temps à autre des bourgeons latéraux différents du bourgeon de remplacement qui se forme à la base de la tige aérienne ; de telle sorte que la branche souterraine peut se ramifier, les ramifica- lions s’isolent, et il se produit ainsi de nombreux pieds d’Anemone. D'ailleurs ce qui vient d’être dit pour une branche s'applique natu- rellement à d’autres branches latérales qui peuvent naître du rhizome- tubereule principal: car ce dernier persiste et produit encore des feuilles aériennes, ainsi que des ramifications souterraines. En somme, on voit qu’il existe chezl’Anemone nemorosa des rhizomes de deux sortes, morphologiquement différents: le rhizome-tubercule, formé par la tige principale qui ne cesse de s'accroître et de s'épanouir, et les rhizomes allongés, produits par les branches latérales ou leurs ramificalions, qui ne vivent que quelques années, se détruisant dans leur partie âgée pour se reformer à l'extrémité. C’est ainsi qu’on s’explique facilement comment une grande touffe arrondie formée par les tiges aériennes de cette espèce, dans les bois, peut n’appartenir qu'à un être et provenir, en définitive, d’une seule graine. Passons maintenant à l’examen rapide de la structure de ces organes. Un rhizome formé par une branche latérale est, comme nous l'avons vu, d’un âge toujours très récent (une ou deux années en général). Comme l'apparition des formations secondaires est tardive chez les plantes de la famille des Renonculacées, il s'ensuit que dans la partie terminale de ce 470 SÉANCE DU 24 AvRIL 1885. rhizome, celle qu’on arrache habituellement en recueillant un exemplaire d’Anémone, on ne trouve que les formations primaires, ainsi que l'ont indiqué MM. Vaupell et Marié, qui croyaient que cet organe était le seul rhizome de cette plante. En effet, en coupant transversalement l’un de ces rhizomes dans sa partie jeune, on trouve six à douze faisceaux entourés par un endoderme circulaire mou à plissements non distincts. Je n’ai pu observer l’endo- derme spécial à chaque faisceau dont parle M. Marié. La moelle et le tissu cortical sont très développés, gorgés d’amidon; le suber est peu accentué. C’est à M. Costantin que revient le mérite d’avoir su observer dans les parties les plus âgées et-les plus renflées le début des formations secon- daires ; mais ces formations n’ont pas le temps de se développer, car, comme nous l’avons vu, le rhizome allongé formé par une branche laté- rale dépérit assez rapidement dans ses portions les moins jeunes. Ce qui, à ma connaissance, n’a jamais été décrit, c'est la structure du rhizome-tubercule que n’ont pas aperçu les auteurs que je viens de citer. Ce rhizome, on l’a dit plus haut, persiste et s’épaissit. Une section trans- versale faite sur un rhizome âgé montre que l'écorce et l’endoderme sont complètement exfoliés ; le cylindre central possède une moelle rela- tivement bien moins développée que chez les rhizomes latéraux, et l'on peut compter jusqu’à douze couches et plus de formations secondaires du bois produites par une couche génératrice continue. C’est ce que l’on peut voir à l’œil nu sur ces échantillons que je présente à la Société. Au lieu des formations primaires de cetje tige principale qui renferme six faisceaux, on voit d’épaisses formations secondaires où le bois pos- sède des paquets de fibres épaisses superposées par couches aux six faisceaux primaires. Les vaisseaux du bois secondaire sont peu nom- breux et se montrent çà et là sur les couches successives entre les paquets de fibres. On voit donc qu'il n’y a rien de particulièrement extraordinaire au point de vue anatomique chez l'Anemone nemorosa. Les formations se- condaires y sont tardives comme chez toutes les Renonculacées, mais elles s’y produisent de la manière normale, peu développées dans les rhizomes latéraux, qui périssent rapidement, acquérant un développement considérable dans le rhizome principal. M. Patouillard fait à la Société la communication suivante : PATOUILLARD. — HELICOBASIDIUM. 171 NOTE SUR UN GENRE NOUVEAU D'HYMÉNOM\YCÈTES (HELICOBASIDIUM), par M. N. PATOUILLARD. Le 17 avril dernier, dans une excursion faite en compagnie de notre confrère M. le capitaine Parisot, au bois des Camaldules, près d’Yerres (Seine-et-Oise), j'ai récolté un assez grand nombre d'échantillons d’un Hyménomycète parasite sur l’Asarum europæum. Ce Champignon se présente sous l’aspeet d’une membrane épaisse de 2-3 millimètres qui entoure la base des pétioles, et qui de là s’étale sur les brindilles et les feuilles avoisinantes, à la manière du Sebacina incrus- tans Tul. Cette membrane est facilement séparable de son support ; elle est d’une texture fibreuse et coriace, d'une teinte rosée, puis pourpre foncé et alors couverte d’une pruine blanche très abondante. Au premier abord, notre plante paraît devoir se ranger dans le genre Corticium Fr.; mais sa constitution anatomique présente des caractères tellement spé- ciaux, que malgré la grande prudence qu’on doit apporter dans l’établisse- ment d’un genre nouveau, nous pensons qu’il est impossible de ne pas y voir un tvpe très nettement séparé de tous ses congénères. L'examen microscopique de ce Champignon montre qu'il est formé de deux couches superposées : l’inférieure colorée, et l’hyménium superfi- ciel, qui est incolore. Les parties profondes sont constituées par un feutrage peu serré d'hyphes bruns, rameux, septés, dépourvus de boucles aux cloisons et en relation directe avec la couche supérieure. L’hyménium n'offre pas de cystides ; les basides sont disposés comme dans le genre Corticium. Ils se présentent d’abord sous l'aspect d’une longue cellule cylindrique, droite, incolore, gorgée de protoplasma et séparée des hyphes sous-jacents par une cloison. Bientôt l’extrémité su- périeure de ce cylindre s’incurve, continue à s’allonger en suivant une direction circulaire, et arrive bientôt au contact de la partie dressée du cylindre : le baside est alors terminé en anneau et a l’aspect d’une crosse. À ce moment, il naît sur la partie la plus élevée de la courbure deux pe- tits mamelons d’abord obtus, mais qui s’allongent peu à peu en deux filaments qui atteignent une longueur égale ou supérieure à celle du corps du baside et qui ont alors leur extrémité effilée : ce sont deux stérigmates. Dans quelques cas nous avons observé une cloison dans la partie dressée du baside et une autre entre les deux points d'insertion des stérigmates; enfin on voit parfois une ramification latérale naître au niveau de la cloi- son inférieure du baside. A l'extrémité de chaque stérigmate se montre une spore lisse, hyaline, 172 SÉANCE DU 24 AVRIL 1885. incolore, d’abord sphérique, puis légèrement courbée et un peu allénuée au point d'insertion, celte spore offre vers son milieu une partie plus claire. Nous n'avons pu réussir à voir le mode de germination de ces spores, mais nous pensons qu'il doit être analogue à celui des spores de _Corticium, car, dans les Sebacina et genres voisins des Trémellinés, la germination se fait immédiatement. Cette forme si particulière du baside nous servira à caractériser le nouveau genre, que nous désignerons sous le nom de Helicobasidium et dont voici la diagnose : HELICOBASIDIUM Pat., nov. gen. Hyménomycèles membraneux, charnus, fibreux, résupinés, incrustants ou élalés. Hyménium lisse, placé immédialement sur le mycélium. SPOROPHORES CIRCINÉS à deux slérigmales. Spores incolores, réniformes. | H. PURPUREUM Pat., sp. nov. — Membrane charnue, fibreuse, mince, facilement séparable du support, brune en dedans, d’abord rosée en dehors, puis pourpre violacé et couverte d’une abon- dante pruine blanche. Spores lisses, hyalines, incolores, arquées ; long. 10-12 y, larg. 6-8 y. Entoure la base des pétioles de l’Asarum europæum. Bois des Camaldules près d’'Yerres (Seine-et-Oise). — Avril. Si nous cherchons quels sont les genres de Basidiomycètes dont les sporophores se rapprochent le plus de ceux de l’Helicobasidium, nous voyons que dans les genres Calocera et Guepiniopsis les basides nais- sent sous forme d’une cellule cylindrique allongée, comme dans l’Helico- basidium; mais, au lieu de s’incurver, cette cellule s’échancre au sommet et donne naissance à deux cornes qui portent chacune un stérigmate. Cette analogie de forme du baside entre les Calocera et les Guepiniopsis nous oblige à rapprocher ces deux genres et à éloigner ce dernier du genre Guepinia, qui a les basides globuleux et cloisonnés comme dans les Trémelles. M. Costantin fait à la Société, au nom de M. Morot et au sien, la communication suivante : COSTANTIN ET MOROT. — TIGE DES CYCADÉES. 173 SUR L'ORIGINE DES FAISCEAUX LIBÉRO-LIGNEUX SURNUMÉRAIRES DANS LA TIGE DES CYCADÉES, par MM. COSTANTIN et HOROT. Les Cycadées préoccupent depuis longtemps les botanistes. Leur posi- tion dans le règne végétal a beaucoup varié : tour à tour placés parmi les Fougères (Rumphius, A. L. de Jussieu, Desfontaines), parmi les Mono- cotylédones à cause de la ressemblance de leur port avec celui des Pal- miers (Rheede, Boerhaave, Adanson, A. Richard, etc.), parmi les Dicoty- lédones, dont ils présentent les formations secondaires (Brongniart), ces végétaux sont actuellement réunis aux Conifères pour former le sous- embranchement spécial des Gymnospermes intermédiaires aux Crypto- games vasculaires et aux Angiospermes. Leur structure anatomique n’est pas moins curieuse que leur port et la constitution de leur appareil re- producteur. On sait, grâce aux recherches de Brongniart (1), H. Mohl(2)}, Miquel (3), Mettenius (4) et Lestiboudois (5), que leur système libéro- ligneux est formé de couches concentriques qui apparaissent successive- ment, les plus internes étant les plus anciennes. Une question reste à résoudre : dans quelle région et aux dépens de quels tissus se forment ces couches libéro-ligneuses successives ? Lesti- boudois dit qu’ils se forment « dans la médulle corticale, au dehors des couches fibreuses de l’écorce ». M. de Bary n’est pas plus explicite dans son traité d'anatomie comparée. Pour résoudre cette question, commençons par examiner la structure anatomique de la tige en comparant les coupes successives faites à partir du sommet dans le Cycas siumensis. L'extrémité de cette tige se montre formée d’une masse parenchymateuse, traversée en tous sens par de nombreux faisceaux foliaires à course sinueuse. Cette région est consti- tuée simplement par les bases concrescentes des pétioles des plus jeunes feuilles ; on n’y voit pas encore de cylindre central. Un peu plus bas au contraire, celui-ci apparaît et se distingue facilement de l'écorce. L’endo- derme, il est vrai, si net dans la racine par ses cellules aplaties tangen- tiellement, ne diffère guère dans la tige du reste du tissu cortical. Mais (1) Brongniart, Remarques sur l’organisation de la lige des Cycatdées (Ann. des sc. nat. 1"° série, 1829, XVI). (2) H. Mohl, Ueber den Bau des Cycadeen-Stammes (Abhandl. d. k. b. Akademie zu Münschen, 1, 1882). (3) Miquel, Ueber den Bau eines erwachsenen Stammes von Cycas circinalis (Linnæa, XVII, 1844). (4) Mettenius, Beiträge zur Anatomie der Cycadeen (Abhandl. d. k. Saechs. Gesellsch. d. Wiss. VIT, 1880). (5) Lestiboudois, Mémoire sur la structure des Cycadées (Compt. rend. LI, 1860). — Structure des Hétérogenes (Gompt. rend. LXXV, 1872). 174 SÉANCE DU 24 AVRIL 1885. la limite externe du péricycle est bien apparente. Ge péricycle est moins épais que celui de la racine, où il comprend cinq à huit assises d'un pa- renchyme homogène ; toutefois on compte encore ici trois ou quatre ran- gées de cellules dont les plus externes au moins épaississent leurs parois et prennent un aspect collenchymateux qui les fait trancher nettement sur le tissu ambiant. Cette double différence de structure de l'endo- derme et du péricycle dans la tige et la racine est bien en rapport avec la différence des milieux où se développent ces deux régions de l’axe et avec Ja nature tuberculeuse de la tige : les plissements de l’endoderme disparaissent dans la portion aérienne, et les éléments collenchymateux du péricycle manquent dans la portion souterraine. A mesure qu’on s'éloigne du sommet, on voit la structure du péricycle se modifier notablement : la partie parenchymateuse interne se développe davantage, tandis que la partie collenchymateuse se réduit. En même temps que l'épaisseur de celte dernière couche diminue, ses cellules s’écrasent el ne forment plus à la périphérie du cylindre central qu’une sorte de membrane mince qui s'étend bien encore d’un faisceau à l’autre, mais qui, dans une région plus âgée, se fragmente, ne persistant plus qu’en dehors des faisceaux, et finit par devenir presque complétement indistincte. La constitution du péricycle et ses modifications étant ainsi établies, il est facile de répondre à la question que nous nous sommes proposé de résoudre. Quand le deuxième anneau libéro-ligneux commence à se montrer, on peut constater qu’il prend naissance dans la zone parenchy- mateuse du péricycle, entre les ares collenchymateux et les faisceaux libériens qui se distinguent nettement des tissus ambiants. Chacun de ces faisceaux, peu développé dans le sens tangentiel, présente dans:sa portion interne un grand nombre de fibres, tandis que sa portion externe, termi- née en pointe effilée, ne comprend que des éléments à parois minces, écrasés, aplatis et serrés les uns contre les autres. Alors même que, par suite des progrès de l’âge, la limite externe du péricycle a cessé d’être nette, la considération suivante montre que c’est toujours dans cette région, et non dans l’écorce, que se produisent les formations qui nous occupent. L’écorce de Ja tige des Cycas est, comme on sait, très riche en canaux gommeux, dont les plus profonds se mon- trent séparés des assises externes du péricyele par une zone de paren- chyme dont l'épaisseur ne diminue pas pendant la période qui précède et suit l'apparition des premiers faisceaux surnuméraires. Or, si l’on examine des tiges très âgées, dans lesquelles on compte au moins six couches libéro-ligneuses successives, on n’observe jamais de canaux sécréteurs interposés à ces différentes couches, et toujours ils restent situés à une distance sensiblement constante du liber le plus extérieur. BONNIER ET MANGIN. -— RESPIRATION DES PLANTES. 175 En résumé, les faisceaux libéro-ligneux surnuméraires de la tige des Cycadées sont d’origine péricyclique, comme le sont ceux des Chénopodia- cées, des Dracæna, etc. Les couches successives formées par ces fais- ceaux ne sont pas d’ailleurs indépendantes les unes des autres : la pre- mière est reliée au cercle libéro-ligneux normal par un certain nombre d’anastomoses, et les suivantes se relient également entre elles, de sorte que l’ensemble ainsi constitué se présente comme un réseau à mailles plus ou moins grandes. Ajoutons pour terminer que ces faisceaux, comme chez les Monocoty- lédones, sont en relation avec les racines adventives destinées à suppléer à l’insuffisance du développement du pivot. Aussi c’est tout d’abord à la base de la tige, et de bonne heure, qu’on voit apparaître ces faisceaux, et nous avons compté dans cette région, sur un pied de Cycas siamensis, jusqu’à sept couches concentriques, tandis que plus haut il n’en existait encore que deux ou trois. Nous avons également bien constaté cette ap- parition précoce des faisceaux à la base de la tige, ainsi que leur relation avec les racines adventives, sur des échantillons secs d’Encephalartos Alteinsteinii et de Ceratozamia mexicana de la collection du Muséum. M. Duchartre demande à M. Costantin s’il a observé le début de la formation des arcs libéro-ligneux secondaires. M. Costantin répond qu’il a vu la naissance de ces formations dans le péricycle. M. Mangin fait à la Société la communication suivante : SUR LA RESPIRATION DES PLANTES AUX DIFFÉRENTES SAISONS, par MM. Gaston BONNIER et Louis MANGIN. Dans plusieurs de nos communications à la Société botanique et dans les mémoires que nous avons publiés sur la respiration des végétaux, nous avons toujours fait remarquer que l'étude de cette fonction doit être faite à un même état du développement, si l’on veut obtenir des résultats comparables. C’est qu’en effet la nature du phénomène respiratoire n’est pas la même à tous les états du développement d’un végétal. M. Godlewski a mis ce fait en évidence pour la germination des graines oléagineuses et pour la formation de ces mêmes graines. Nous avons étendu ces résultats aux graines en général, ainsi qu'aux rhizomes, aux tubercules et aux bulbes pendant leur germination. Enfin, dans une note toute récente, présentée à l’Académie des sciences (1), nous avons montré que ces (1) Comptes rendus, 20 avril! 1880. 176 SÉANCE DU 24 AVRIL 1885. variations de la respiration se produisent pendant la saison d'hiver chez les arbres ou arbrisseaux, et en particulier chez ceux qui ont des feuilles persistantes. Le rapport du volume ce l’acide carbonique dégagé au volume de l'oxygène absorbé devient plus petit qne l'unité, et, comme pendant la germination, il y a assimilation d’oxygène par la respiration. Ainsi, si l’on suit une plante pendant toute l’année, on constate que le rap- 2 des volumes de gaz échangés à une valeur maxima qui persiste port 0 pendant la saison d’été, s’abaisse en automne, et passe par une valeur minima en hiver, puis s’élève, atteint souvent ou même dépasse l'unité. D'autre part nous avons établi, pour les organes verts à l’état adulte, CO* ee ar la constance du rapport D” quelles que soient les conditions extérieures, dans les limites où la vie de la plante n’est pas altérée (température, pression). Il était intéressant de vérifier aussi cette loi pour ces mêmes organes, et aux différents états du développement. Le procédé opératoire est toujours celui que nous avons déjà fait con- naître. Des branches garnies de feuilles ou des branches seules étaient placées, immédiatement après avoir été cueillies, dans une atmosphère confinée dont la composition pouvait être déterminée à divers instants. Les récipients se trouvaient dans une chambre dont on pouvait faire varier la température, ou dans une étuve. En opérant ainsi, grâce à des expériences de très courte durée, on obtient des résultats comparables relatifs à la température, car les expé- riences étaient réalisées avec les mêmes individus. Malheureusement, pour beaucoup d’organes, la respiration pendant l'hiver est très peu in- tense, et nous nous sommes vus parfois obligés d'augmenter la durée du séjour dans l’atmosphère confinée. Comme nous nous servions de plantes ou de fragments de plantes, nous n'avons pu employer d’un jour à l’autre des mêmes individus. Nous avons donc été obligés, dans un certain nombre de circonstances, de prendre des individus différents pour étudier l'influence des conditions extérieures sur la respiration. Dans ces conditions, en cherchant à opérer sur des individus différents aussi comparables que possible, nous avons rencontré quelques difficultés que nous allons brièvement faire connaitre, parce qu’elles permettent d'éliminer un certain nombre de causes d'erreurs qui pourraient fausser les résultats. Tout d’abord, en opérant sur des organes de végétaux en apparence aussi semblables que possible, pris sur le même individu et de poids BONNIER ET MANGIN. —— RESPIRATION DES PLANTES. 177 égaux, il ne faut pas croire qu’on obtienne des résultats identiques. L'in- fluence individuelle d’une branche par rapport à une autre branche ana- logue et de même poids est parfois très sensible. C’est ainsi que des poids égaux de branches de Lierre, aussi pareilles que possibles, mis dans des volumes d’air égaux, pendant le même temps et à la même température, ont fourni pour le premier une absorption de 5,46 pour 100 d'oxygène et un dégagement de 4,72 pour 100 d'acide carbonique ; tandis que pour les seconds, ils ont donné, dans les mêmes circonstances, une absorption de 7,90 pour 100 d'oxygène et un dégagement de 6,79 pour 100 d’acide carbonique (1* décembre 1884). Mais, comme on peut le voir pour les nombres que nous venons de citer, cette cause d'erreur n’a pas grande importance au point de vue des recherches qui nous occupent, parce que lorsque les branches sont bien au même état de développement, l'intensité seule du phénomène est différente ; sa nature reste la même. Le rapport CO? ve D” dans les expériences que nous venons de citer comme dans les autres expériences analogues, reste le même, quoique les quantités de gaz échangées avec l'atmosphère pour les branches semblables soient très différentes. Reste à savoir comment on peut définir cet état de développement qui doit être le même pour les sujets d'études choisis et qui ne doit pas varier pendant la durée des expériences ; c’est là que se trouvent, pour ces recherches, la plus grande difficulté. Il est bien évident que la saison ne peut pas servir d’une manière ab- solue à déterminer l’état de la végétation d’une partie donnée de la plante, et que la date de l'expérience ne peut en rien suffire pour cela. Les indi- vidus de la même espèce sont à des états de développement plus ou moins avancés au même moment dans des localités différentes, et aussi, comme on sait, dans la même localité. Bien plus, des branches de même ordre et prises à la même hauteur sur un arbuste peuvent se trouver à des états très divers. Quelques exemples montreront bien à quelles erreurs on s’expose en choisissant des sujets d'expérience différents. Ainsi des branches ana- logues de Genêt (Sarothamnus scoparius) ont été récoltées successive- ment: le 17 décembre, à Fontainebleau; le 24 février, à Marly-le-Roi; le 3 mars, à Chaville; le 11 mars, à Chaville. Or, en cherchant quelle est la valeur du rapport des gaz échangés pour ces branches diverses aux dates successives, on trouve : CO° 1° 17 décembre............ T — 0,64 . 20 24 février.......,........ — 0,82 30 3 Mars................ — 0,66 4° 11 mars....... tosssoe. — 0,87 T. XXXIL. (SÉANCES) 12 178 SÉANCE DU 24 AVRIL 1889. Mais l'examen de ces diverses branches, au moment où les expériences ont été faites, montrait clairement par l'aspect seul des bourgeons, que les Genèts recueillis le 24 février à Marly étaient beaucoup plus déve- loppés que ceux recueillis le 3 mars à Chaville, et les résultats obtenus s'expliquent par là même, car les différences observées dans Île phéno- mène respiratoire tiennent au développement de la plante et non à l'in- luence directe de la saison sur un organe donné. Enfin il faut encore se mettre en garde contre une erreur possible, lorsqu'on étudie sur les mêmes individus une influence déterminée, celle de la température par exemple, en prolongeant les expériences croisées. C’est qu’en elfet les individus mis en expérience peuvent se développer dans l'appareil où ils sont maintenus en bon état ; dès lors, au bout d'un certain temps, des modifications s’étant produites (développement d’une graine, ouverture ou grossissement des pousses feuillées, etc.), bien qu’on ait toujours les mêmes échantillons, on n’a plus affaire, pour ainsi dire, aux mêmes individus, au point de vue physiologique. On conçoit ainsi que des expériences très bien faites, mais trop prolongées, puissent donner des résultats discordants, lorsqu'on opère avec les mêmes plantes. À une série d'expériences qui serait entièrement faite avec les mêmes végétaux, il est donc nécessaire de joindre une expérience de contrôle, car le changement de développement pendant un temps donné est loin d'être le mème avec les dernières espèces et, pour une même espèce, à des différents àges. C'est ainsi que si l’on étudie la respiration des graines de Lepidium sativum pendant leur première période germinative, on peut voir leur aspect changer en quelques heures, tandis que si, au milieu de l’été, on soumet à la même épreuve la branche d’un arbre à feuilles adultes, on ne constatera aucun changement. En ce cas, le contrôle d’une pareille série d'expériences consiste à sou- mettre, dans une recherche finale, les mêmes plantes aux conditions ini- tiales ; si l’état du développement n’a pas été changé, on doit trouver le même résultat qu’au début de la série. Itésultats. — Les observations précédentes ayant établi les causes d'erreurs qu’on doit éviter lorsqu’on veut rechercher l'influence des con- ditions extérieures sur le phénomène respiratoire des plantes aux divers états du développement, nous citerons maintenant quelques-uns des résullats obtenus, concernant l'influence de la température et l'influence de la pression. 1° Influence de la température. En étudiant la respiration de diverses espèces aux différentes époques de l’année, mais en ayant soin que pour une même série l’état du déve- loppement soit le même, nous avons trouvé les nombres suivants : BONNIER ET MANGIN. -— RESPIRATION DES PLANTES. 179 Genêl (Surothamnus scoparius). CO? 16°... — — 0,85 Février... | 0 7 Lo \ 20°... érreessee — 0,84 Fusain du Japon (Evonymus japonicus). AD réécrire … CO 0,7 Novembre. | ©. 0,79 20°...,....,............. 0,79 CO? 19, — = 1 vil. | | o 01 | 159......., ....,........ = 0,97 21°................,..... — 1,00 Houx (lex Aquifolium). CO? 12%,............ uses . D = 0,67 Février... ! 46e... srrsuoorssee ... = 0,65 [ 9pe...................... — 0:66 PAP dauucer eee . CO? Mars..... o 0,16 19......,............... . = 0,76 Ces résultats, ainsi qu'un certain nombre d'autres, nous permettent de 9 généraliser la loi de la constance du rapport —— déjà établie par nous (9) pour les tissus sans chlorophylle et les organes verts à l’état adulte. A un état de développement donné, le rapport du volume de l'acide carbonique émis au volume de l'oxygène absorbé est constant, quelle que soit la température. 2% Influence de la pression. Nous avons aussi vérifié, à différentes dates et pour plusieurs espèces, que le rapport des gaz échangés ne varie pas lorsqu'on diminue la pres- sion de l’oxygène et qu’on augmente celle de l'acide carbonique. C'est ce que montrent, par exemple, les résultats suivants : Lierre (Hedera Helix). Novembre 1884 — Température : 159. Proportion d'acide carbonique : 180 SÉANCE DU 24 AVRIL 1885. CO? 2 \ …. —— — 0,86 3,82 pour 100..... so... 0 0 4,72 id........... sous. — 0,84 6,79 id........ sers = 0,85 2 — T — 0,8 — constante. Houx (lex Aquifolium). 11-12 février. — Température : 17. Proportion d’acide carbonique : CO? 1,31 pour 100............. D — 0,66 4,45 id..... sure reueres — 0,65 2 _ — 06 — constante. Nous pouvons donc conclure de ces expériences, et d’autres séries sem- blables, que pendant l'hiver comme pendant l’été : À un état de développement donné, le rapport du volume de l’acide carbonique émis au volume de l'oxygène absorbé reste constant avec la pression de l’oxygène ou de l'acide carbonique, pour des variations de pression inférieures à la pression normale. M. Costantin, vice-secrétaire, donne lecture des communications suivantes : SUR LE BARRINGTONIA INTERMEDIA Miers, par M. Édouard HECKEL. M. Contest-Lacour, agent des cultures en Nouvelle-Calédonie, actuel- lement à Marseille, a fait don au jardin botanique de cette ville, dont j'ai l'honneur d’être directeur, de quelques jeunes pieds d’une superbe Myrtacée, commune aux Nouvelles-Hébrides, qui a reçu de Miers le nom de Barringtonia intermedia, parce que ses caractères sont communs aux deux espèces racemosa Blume et speciosa L. (1)... Ce végétal nous à paru mériter quelque attention, d’abord parce que vraisemblablement c’est la première fois qu’il arrive en Europe, grâce aux soins de M. Contest-Lacour, et ensuite à cause de l’utilité que pour- rait présenter son introduction dans nos colonies françaises. (1) Cette introduction est d’autant plus méritoire pour M. Contest-Lavour, que ce botaniste distingué a contracté aux colonies une maladie dont il souffre encore aujour- d'hui et qui le retient depuis un an à l'hôpital militaire de Marseille, au grand regret de tous les amis de la science, qui savent rendre honneur à ces dévouements obscurs. HECKEL. — BARRINGTONIA INTERMEDIA. 181 Très commun aux Fidji, en Nouvelle-Calédonie et aux Nouvelles-Hé- brides, il ne paraît avoir été recueilli jusqu'ici qu'à l’état d'échantillons desséchés en vue des herbiers. D'après les renseignements fournis par M. Contest-Lacour, le Bar- ringtonia intermedia est un bel arbre, dont le tronc acquiert près d’un mètre de diamètre, croissant non loin de la mer et portant des fruits en si grande abondance, qu’un capitaine de navire du commerce a pu les apporter des Nouvelles-Hébrides à Nouméa à raison de 7 francs le sac de 100 kilogrammes. Là les Canaques néo-hébridais, qui viennent se gager en Nouvelle-Calédonie, les ont payés à raison de 25 centimes la douzaine au détail, prouvant ainsi qu'ils leur attribuent une grande valeur nutrilive. Ce fruit présente des parlies diversement utilisables. On y trouve un sarcocarpe jugé comestible par les Européens, qui lui reconnaissent à l’état vert, c’est-à-dire avant maturité, cuit ou cru, le goût de l’artichaut d'Europe. L’amande, agréable, est farineuse et oléagineuse tout à la fois, ce qui fait que les naturels des Nouvelles-Hébrides la recherchent pour s’en nourrir. M. Contest-Lacour, qui en a fait usage lui-même, n'hésite pas à croire que les graines pourraient être utilisées comme succédanées de la semence précieuse du Cacao (1). Dans la petite île de Paama ce fruit porte le nom indigène du Taboui. ; S'il était fait de grandes plantations de ce végétal (qui par ailleurs pourrait être utilisé pour son bois et pour sa beauté végétale) dans les régions tropicales, en vue de l'exportation de ses fruits, il serait probable- ment possible d’en obtenir un produit commercial important, les graines pouvant être employées comme succédané du cacao, et le sarcocarpe vert pouvant remplacer, pour les Européens des colonies tropicales, le fruit de l’artichaut qui vient mal ou pas du tout sous ces zones brülées par le soleil. Ce Barringtonia paraît appartenir, comme l'espèce speciosa L., à la section Butonica. Il n’y à donc rien d'extraordinaire à ce que ses (1) Ces graines ne sont pas les seules qui puissent recevoir cette utilisation, car on cite comme pouvant remplacer, de près ou de loin, la graine du Theobroma Cacao : 1° Les semences d'Œnocarpus Bacaba Mart., au sujet desquelles Aublet écrivait, en 1775, que les créoles de la Guyane estiment autant le chocolat de Comoa (nom indigène de ce végétal) que celui qu’on fabrique avec le cacao. — 2° Les graines de Dika fournies par l'arbre Olea de San-Thomé et du Gabon (/rvingia Barteri Hook.), et nommées par O’rorke chocolat des pauvres. Une espèce congénère, de la Cochinchine, a les mêmes propriétés alimentaires. — 3° Les graines de Sterculia fœtida L., qui, d'après le témoi- gnage de M. Contest-Lacour, seraient, après dépouillement de leur périsperme et broie- ment avec du sucre, transformées en un chocolat très agréable (expérience faite à Pondichéry). — 4 Les graines de Sterculia acuminata P. de Beauvois. — 5° Enfin des graines de sortes diverses (Cacao redondo ou quadrado), provenant de l'État de Saint- Martin, et que M. Ed. André, dans son Voyage en Amérique équinoxiale, soupçonne être produites par un Herrenia. 182 SÉANCE DU 24 AvRIL 1885. fruits soient comestibles, puisque ceux de cette espèce sont mangés par les Chinois. Si l’on recherche les données fournies par la géographie botanique sur le genre Barringtonia, on trouve que la plupart des espèces sont repré- sentées par de beaux arbres remarquables par leur beauté et l'ampleur de leurs fleurs, ce qui a portéle botaniste Loureiro à donner le nom caractéristique de Meteorus à une espèce qui croit en Cochinchine. La même espèce est citée pour l'emploi alimentaire de ses feuilles, dont M. Contest-Lacour a fait lui-même usage dans l’île de Phü-quôc. Une autre espèce assez répandue dans les jardins et les promenades publiques de nos colonies, le Barringtonia speciosa L., a des fruits en forme de bonnet de prêtre, qui sont mangés par les matelols chinois, et des semences oléagineuses employées à enivrer le poisson. Le bois, enfin, d’une espèce néo-calédonienne (B. neo-caledonica Vieïllard), est indi- qué comme bon pour la menuiserie et la petite charpente. Ce genre semble affectionner les lieux humides. Ainsi une espèce (B. racemosa Blume) vit dans l’étang de Bahours (près de Pondichéry), qui est annuellement inondé de 1 à 2 mètr. d’eau pendant trois à quatre mois de l’année. Le B. intermedia lui-même paraît être un peu lacustre, puisqu'il a été observé, sur le littoral, dans les endroits où les équipages des navires puisent de l’eau douce. S'il en est ainsi, on aurait, dans cette nouvelle essence très utile, un moyen de tirer parti de certains terrains marécageux, et peut-être celui de les assainir mécaniquement. Son aire de mise en culture paraît devoir s'étendre d’une ligne tropicale à l’autre, et même un peu en dehors vers le nord et le sud. LETTRE DE M. BROUSMICHE, pharmacien de la marine, À M. POISSON. Hanoï, 20 janvier 1885. Voilà près d’une année que j'ai quitté la France, et depuis mon arrivée au Tonkin je suis sans cesse en colonne. Je ne suis à Hanoï que depuis quelques jours, et, malgré mon désir de partir pour Lang-son, je crains d’être obligé de rester ici, car j'ai été très fatigué. Pendant plusieurs semaines nous avons eu le typhus à l'hôpital d’Haï-dzung, avec une installation déplorable, et quoique je n’aie pas eu le plus petit accès de fièvre, même dans le milieu palustre où j'habitais, j'ai besoin d’un peu de repos. Malgré mes occupations de service médical, je n’ai pas négligé la bota- eo 0 BROUSMICHE, — LETTRE A M. POISSON. 183 nique, et j'ai même amassé déjà de fortes récoltes, provenant des plaines du delta et des montagnes. La flore du delta, dans les régions que j'ai explorées, est monotone et uniforme. Sur le bord des fleuves et des arroyos, de même qu'autour des villages, il y a des buissons épais de Bambous dont j'ai déjà distingué sept ou huit espèces, présentant souvent des variétés suivant le milieu. De grands Gynerium et des Arundo, autour desquels quelques Ageratum, Matricaria, ete.; deux ou trois espèces de Labiées, souvent enlacées par des Cassyta, et des Graminées fourragères pour les buffles et les bœufs, voilà l’aspect de la végétation. Tout le pays est cultivé et le Riz occupe 90 pour 100 de la surface dans le bas delta, c’est-à-dire d'Haï-phong et d'Haï-dzung à Nam-dinh. En remontant, la végétation change; les Aréquiers, gigantesques dans les terrains où l’eau saumätre s’infiltre, deviennent plus petits, les grands arbres apparaissent. Les Ouatiers et plusieurs autres Bomba- cées, les Grenadiers, Artocurpus, elc., se montrent; au milieu de cultures de Riz qui s'étendent à perte de vue, on rencontre des champs de Müriers et de Ricins; sur les monticules poussent quelques Pins parasols. Mais à partir du canal des rapides, vers Bac-ninh, puis du côté de Phu- sang-thuong, ou à partir de Sontay, tout change, et dans les bois tout ‘ prend un aspect magnifique ; toutes les forêts sont d’une richesse inouïe en essences de premier ordre et en plantes médicinales, que les Anna- mites connaissent très bien et exploitent pour leur usage ou l’exportation en Chine. J’ai eu par les indigènes de très bons renseignements. Les familles qui me paraissent le mieux représentées sont les Lythra- riées, dont les genres Lawsonia et Lagerstræmia par plusieurs espèces ; les Clusiacées, Combrétacées, Myrtacées, etc. J'ai déjà 783 plantes en her- bier, et sous peu je vous les adresserai au Muséum. Dans les Myrtacées j'ai trouvé, sur les collines arides mais tourbeuses, un Melaleuca que je regarde comme complétement identique avec le M. viridiflora de la Nouvelle-Calédonie. Les Cryptogames, rares dans le delta (j'ai trouvé 8 Filicinées), sont abondantes dans les bois et dans les montagnes. I1y à des espèces de Fougères très délicates et fort belles pour l'ornementation, surtout dans les genres Pteris, Adiantum, Drynaria, Cheilanthes, Hymenophyllum. J'ai récolté aussi de nombreuses Mousses. Voilà, en peu de mots et à la hâte, l’état de mes captures botaniques. Par malheur, je ne suis pas secondé, et en colonne, pour herboriser, j'étais forcé d'aller à pied et d'employer mon cheval pour porter mon papier et mes cartables. J'ai quantité de graines de toutes sortes, plantes des plaines comme des montagnes. Sous peu j'espère pouvoir vous envoyer tout cela... 184 SÉANCE DU 24 AVRIL 1885. © M. Mangin, secrétaire, donne lecture de la communication sui- vante : PUCCINIA THLASPIDIS, sp. nov.; par M. P. VUILLEMIN. Le Thlaspi alpestre, répandu dans les Vosges méridionales à des alti- tudes variées, depuis la vallée de la Moselotte jusqu'au sommet du ballon de Guebwiller, est fréquemment couvert, dans ces diverses stations, d’une Urédinée du genre Puccinia, dont l’évolution, très simple et homoïque, contraste avec les métamorphoses et les migrations compliquées de la plupart de ses congénères. Dès le mois de mars, on voit, sur les jeunes pousses à peine sorties de la neige, les feuilles naissantes chargées de téleutospores. Elles nais- sent en coussinets hypodermiques, sans mélange d'Uredo, et à l’exclu- sion des formes œcidie et œcidiole ; bientôt elles déchirent l’épiderme et s’étalent au dehors. Elles se présentent avec les caractères suivants : - Spore bicellulaire; membrane épaisse, lisse, non mucronée ; étrangle- ment peu prononcé; pédicelle presque aussi long que la spore. "Les spores sont fortement adhérentes à la plante mère et germent sur. place. La germination est précédée d’une gélification de la membrane. Cette transformation est rapide au sommet, où elle s’accompagne d’un fort épaississement. Souvent les téleutospores, soudées les unes aux autres par leurs sommets gélifiés, restent unies par groupes de deux ou trois lorsqu'on les a arrachées de leur support. --Le corps protoplasmique de la cellule terminale envoie, soit latérale- ment, soit dans le prolongement de l’axe, une pointe qui s’insinue dans la masse gélifiée, et, la traversant de part en part, devient le filament- germe. Cette germination commence dans les premiers jours de mai. La cellule inférieure germe un peu plus tard. Ici la forme Puccinia n’a plus le rôle ni les propriétés histologiques d’une téleutospore. Ce n'est plus une spore hibernante, et la coque résistante que présentent d'habilude les organes du même type lui fait défaut. La plante est vivace par son mycélium. De cette Puccinie à téleutospores vernales et gélifiables on rappro- chera avec intérêt les Chrysomyxa, dont les spores, constamment géla- tineuses, ne sont pas non plus destinées à assurer la survivance de l'espèce à travers les périodes de la vie latente. Des deux rôles essentiels de la téleutospore, l’hibernation et la dissé- mination par sporidies, le premier n’est donc pas constant. Les Urédi- nées des hautes régions sont peut-être prédisposées, aussi bien que les VUILLEMIN. — PUCCINIA THLASPIDIS. 185 plantes supérieures, à devenir vivaces. Leur évolution cesserait d’être liée, dans un tel habitat, à un cycle défini de métamorphoses et de migra- tions, aussi bien qu’à une période de temps absolument déterminée. A propos de la remarque qui termine la communication précé- dente, M. Duchartre demande à M. Bonnier, qui a étudié la distri- bution des plantes dans les hautes régions montagneuses, s’il croit que les espèces annuelles de la plaine auraient une tendance à y devenir vivaces, ou si les conditions de la vie dans ces régions ne permettent pas aux plantes annuelles de s’y maintenir. M. Bonnier rappelle ses précédentes observations (1) sur des plantes annuelles ou bisannuelles qui deviennent vivaces aux alti- tudes élevées. M. Malinvaud dit qu’on a remarqué que, dans les prairies dont l’herbe est continuellement broutée par les troupeaux, les espèces annuelles ont une tendance à devenir vivaces ou tout au moins bisannuelles. M. Rouy a rencontré l’Anthyllis Vulneraria annuel ou vivace suivant l'altitude. - M. Malinvaud a reçu de M. l'abbé Magnen, curé de Caissargues, près de Nimes, une série intéressante de Narcisses, notamment le N. subalbidus Lois., et un hybride inédit des N. dubius et Juncifolius, découvert par M. Magnen, qui lui a imposé le nom de N. Garcisianus. M. Malinvaud se propose de revenir sur ces plantes dans une communication ultérieure ; elles ont été très exac- tement figurées par un membre de la Société, M. Gustave Camus, dont les dessins coloriés sont déposés sur le bureau. M. le professeur Flahault, de Montpellier, a fait à la Société un envoi de plantes vivantes provenant de sa dernière herborisation, et qui sont distribuées, suivant son désir, aux personnes présentes à la séance. — Parmi ces spécimens de la riche flore montpellié- raine, on remarque des Narcisses récoltés dans la localité bien connue de Lattes, le Leucoium æstivum, des Orchis, etc. (1) Voyez le Bulletin, tome XX XI, p. 381. 186 SÉANCE DU 8 MAI 1885. SÉANCE DU 8 MAI 1885. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE, M. L. Mangin, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 24 avril, dont la rédaction est adoptée. M. le Président, par suite des présentations faites dans la der- nière séance, proclame membres de la Société : MM. A. Besson, pharmacien de première classe, rue de la Vil- lette, 27, à Paris, présenté par MM. Franchet et Pa- touillard. W. JOHANNSEN, assistant au laboratoire de Carlsberg, près de Copenhague, présenté par MM. Bonnier et Mangin. Mouais, docteur en médecine, à Vitry-le-François (Marne), présenté par MM. Richon et Roze. LuiGr PaoLUGCI, professeur à l'institut royal technique d’ An- cône (Italie), présenté par MM. Gandoger et Malinvaud. M. Malinvaud donne lecture d’une lettre de M. Rocour, qui re- mercie la Société de l'avoir admis au nombre de ses membres. Le Secrétaire général rappelle à la Société qu’elle doit se réunir extraordinairement dans les Ardennes le 14 du mois prochain, et il ajoute qu’il a, à cette occasion, une bonne nouvelle à apprendre à ses collègues. Il vient d’être informé, par unelettre de M. F. Cré- pin, que la Société botanique de Bruxelles, acceptant l'invitation qu’on lui avait adressée, a décidé de prendre part à la session de Charleville. « Les botanistes français, dit M. Malinvaud, n'ont pas » oublié la façon si cordiale dont ils ont été reçus en 1873 par » leurs confrères de Belgique ; ils seront heureux de se rencontrer » avec eux dans les Ardennes et de leur faire les honneurs de ce » coin de la flore française. » L'assemblée accueille ces paroles par des marques unanimes d'approbation. Dons faits à la Société : Ch. Flahault, Sur le Lithoderma fontanum, Algue phéosporée d’eau douce. M. Gandoger, Flora Europæ, tome V. U LECLERC DU SABLON. -—— SPOROGONE DU FRULLANIA DILATATA. 187 De Lanessan, Jntroduction à la Botanique. Magnin, Les botanistes lyonnais : Claret de la Tourrette ; sa vie, ses travaux, ses recherches sur les Lichens du Lyonnais. Renault et Zeiller, Sur des Mousses de l’époque houillère. — Sur un nouveau type de Cordaïtée. Joh. Abromeit, Die Anatomie des Eichenholzes (don de M. Rob. de Caspary.) H. Kienast, Ueber die Entwicklung der Oelbehälter in den Blättern von Hypericum und Ruta. F. R. Suringar, Monstrositeiten von Cypripedium insigne. R. V. Uechtritz und P. Ascherson : Hypericum japonicum THun8. in Deutschland gefunden. Jac. Danielli, Studi sull” Agave americana Sociedade Broteriana — Boletim annual, XIE, fase. 1° (188 D. Boletim da Sociedade de geographia de Lisboa, 4 série, n° 10 et 11. Mémoires de la Société nationale d'agriculture, sciences et arts d'Angers, tome XX VI (1884). M. Édouard Bureau présente à la Société, au nom de MM. de Saporta et Marion, un ouvrage qui a pour titre : L'évolution du règne végétal : Phanérogames, et il donne un aperçu des matières qu'il renferme. M. Leclerc du Sablon fait à la Société la communication sui- vante : SUR LE DÉVELOPPEMENT DU SPOROGONE DU FRULLANIJA DILATATA, par M. LECLERC DU SABLON. Le développement des Hépatiques a déjà été l’objet de nombreux tra- vaux dont les principaux sont ceux de Hofmeister (1), de H. Leitgeb (2), de Kienitz-Gerloff (3), et tout récemment de M. l’abbé Hy (4). Mais la plu- part de ces auteurs ont surtout insisté sur les premiers développements de l’œuf, et passé rapidement sur les phénomènes subséquents, sur la différenciation des spores et des élatères aux dépens d’un parenchyme (1) Vergleichende Untersuchungen. Leipzig, 1851. , (2) Untersuchungen über die Lebermoose. Heft. 1-5. (3) Vergleichende Untersuchungen über die Entwickelungsgeschichte des Lebermoos- Sporangiums (Botanische Zeitung, 1874-1875). (4) Développement du fruit des Muscinées (Annales des sciences naturelles, BOTA- NIQUE, 6° série, t. XVIII). 188 SÉANCE DU 8 MAI 1885. primitivement homogène. Je me suis proposé de suivre la différencia- tion des tissus du sporogone, depuis le moment où ses différentes parties commencent à se dislinguer jusqu’à sa maturité. Dans cette note, je vais prendre pour exemple le Frullania dilatata. J'indiquerai plus tard comment les résultats obtenus avec cette plante doivent être modifiés pour devenir applicables aux autres espèces que j'ai étudiées et dont la plupart m’ont été procurées par M. l'abbé Hy, qui a eu l’obligeance de me les envoyer d'Angers. Les jeunes sporogones de Frullania sont assez faciles à trouver ; on est averti de leur présence par un bouquet très visible de feuilles modi- fiées qui termine chaque tige fructifiée. En écartant ces feuilles avec pré- caution, on peut apercevoir le sporogone, dont la couleur blanche tranche sur le fond brunâtre de la plante. Si l’on fait une coupe longitudinale dans un sporogone dont le diamètre ne dépasse guère un dixième de milli- mètre, voici ce qu’on peut voir. La plus grande partie de la coupe est formée de cellules à peu près carrées et rangées régulièrement suivant deux directions rectangulaires. A la partie supérieure, cette symétrie se modifie un peu : le sporogone se termine par une surface hémisphérique, les deux assises extérieures de cellules suivent cette surface, et c’est sous ces deux assises que se trouve la partie essentielle du sporogone. On y voit en effet, à cette période du développement, une file de huit cellules dont l’ensemble est sensiblement fusiforme. Ces cellules ne se distinguent pas seulement des autres par leur forme, mais aussi et sur- tout par leur contenu; leur protoplasma est beaucoup plus dense et se colore plus fortement par l’hématoxyline, et leur noyau est plus volumi- neux. C’est grâce à ces propriétés qu’on peut les suivre pendant tout le cours de leur développement, et constater que c’est bien d’elles, et d’elles seules, que proviennent les spores et les élatères. En faisant des coupes transversales, on peut constater que ces cellules s'étendent sur une surface affectant à peu près la forme d’un carré aux angles émoussés, chaque côté du carré comprenant huit cellules. Dans la partie inférieure de la section, les cellules deviennent plus irrégu- lières, s'allongent et s’enfoncent dans la plante mère pour y puiser les sucs nourriciers nécessaires au développement de la génération asexuée. L'état que nous venons de décrire est transitoire; on voit, en effet, les cellules qui se divisent dans toutes les parties du sporogone. Dans l’épi- derme et l’assise sous-épidermique, les divisions se font seulement radia- Jement; dans la masse parenchymateuse qui constitue le pied, elles s'opèrent suivant trois directions rectangulaires, surtout parallèlement à la section transversale. Mais c’est sur la façon dont se comportent les cellules à protoplasma dense qu’il faut fixer notre attention. Chaque cellule de cette assise se divise en quatre autres par deux cloi- LECLERC DU SABLON. — SPOROGONE DU FRULLANIA DILATATA. 189 sons verticales parallèles aux cloisons déjà existantes. Il en résulte qu’on a toujours une seule assise, mais formée d’un nombre quatre fois plus grand de cellules. Pendant ce temps les cellules de l’épiderme et de l’assise sous-épidermique se divisent d’une façon correspondante. A partir de ce moment, il ne se produira plus dans les cellules à protoplasma dense de divisions parallèlement à un plan vertical, tout le développe- ment se fera en longueur et les divisions ne s’opéreront que parallèle- ment à une section transversale. On voit les cellules déjà formées s’al- longer sans se diviser; pendant ce temps, les cloisons deviennent de plus en plus indistinctes et finissent par se dissoudre complétement ; les masses protoplasmiques ne sont plus alors séparées que par une traînée incolore formée par une sorte de mucilage. Bientôt, si l’on continue à étudier une coupe longitudinale, on voit les noyaux se diviser dans certaines cellules, mais pas dans toutes. C’est dans la région centrale où l’élongation a été la plus forte que cette divi- sion a lieu, et encore ne se prodüuit-elle que dans des cellules qui alter- nent régulièrement avec d’autres où elle ne se produit pas. Ainsi donc le noyau se divisera dans les cellules paires, par exemple, tandis qu'il ne se divisera pas dans les cellules impaires. En considérant l’ensemble des cellules à protoplasma dense, on verra que le même phénomène se pro- duit dans chaque rangée de seize cellules, mais de telle sorte que, dans une rangée, les cellules où le noyau se divise alternent régulièrement avec celles des rangées voisines où il ne se divise pas. Une section transversale présente donc à peu près l'aspect d’un damier, les cellules de la première sorte étant disposées par rapport à celles de la seconde comme les carrés blancs par rapport aux carrés noirs. Les cellules à protoplasma dense sont donc dès maintenant divisées en deux catégories : les unes s’allongent simplement sans se diviser, les autres s’allongeront de la même manière, mais en se divisant. Nous pouvons dire dès maintenant, pour fixer les idées, que les premières formeront les élatères, tandis que les autres donneront naissance aux cellules mères des spores. Cela posé, voyons ce que deviennent les cellules qui doivent donner des spores. Une fois la première bipartition du noyau opérée, les deux noyaux filles se séparent l’un de l’autre, de façon à se trouver à peu près au milieu de chaque moitié de la cellule; le protoplasma prend alors part à la bipartition, et se partage en deux masses à peu près égales. II ny a pas formation de cloison, les deux cellules filles sont seulement séparées par le mucilage qui séparait déjà la cellule mère de ses voi- sines. Cette division se reproduit de la même façon dans les deux nou- velles cellules, et ainsi de suite. Finalement, dans une coupe longitudinale, on verra alterner régulié- 190 SÉANCE DU 8 MAI 1885. rement de longues élatères à un seul noyau avec des files de cellules isodiamétriques. Le nombre des cellules de chaque file pourra atteindre 10 ou 12 dans la partie centrale du sporogone ; il sera bien moindre vers la périphérie. Nous verrons que chacune de ces cellules donnera nais- sance à quatre spores: nous pouvons donc dès maintenant les appeler cellules mères de spores. Il est intéressant de remarquer que chez le Frullania chaque élatère est l'équivalent, non pas d’une cellule mère de spores, mais d’une rangée de cellules mères. Dans une coupe transversale, on ne distingue pas encore les cellules à élatères des cellules à spores; les unes et les autres ontune section carrée qui n’est pas plus grande dans un cas que dans l’autre. On doit cepen- dant remarquer que toutes n’ont pas de noyau; il peut en effet très bien se faire que chez les élatères, qui sont très allongées, le noyau soit resté en dehors de la coupe; les cellules à spores, au contraire, étant d’une longueur comparable à l'épaisseur de la coupe, ont toutes un noyau. Plus tard Ja différence entre les deux sortes d’éléments va en s’accentuant de plus en plus. Lesélatères, en s’allongeant, ne s’accroissent nullement en diamètre, elles s’amincissent au contraire, tandis que les cellules mères de spores s’accroissent très rapidement ; dans une section transversale, 1l devient alors beaucoup plus difficile de les distinguer. La forme de cette section se modifie peu à peu, et finalement elle prend l'aspect d’un carre- lage formé d’octogones et de carrés, les carrés beaucoup plus petits que Jes octogones étant occupés par les élatères. Nous allons, pour un moment, laisser les élatères de côté pour ne nous occuper que des cellules mères, dont l’évolution est désormais plus com- pliquée. Le noyau situé dans la partie centrale ne se divisera que très tard ; c’est par le protoplasma que la division de la cellule en quatre spores commencera à s’accuser. On ne tarde pas à voir ce protoplasma se creuser de sillons disposés de façon à découper quatre mamelons sur la cellule. La disposition de ces mamelons est fort régulière ; ils sont disposés comme les sommets d’un tétraèdre dont les arêtes seraient parallèles deux à deux aux directionsdes files de cellules du sporogone. Les sillons, d’abord peu profonds, s’accentuent ensemble de plus en plus, et les mame- lons deviennent presque indépendants les uns des autres; ils ne sont plus reliés entre eux que par un mince filet protoplasmique. C’est au point de rencontre de ces quatre filets que se trouve le noyau disposé ainsi d’une façon symétrique par rapport aux quatre mamelons. Pendant ce temps le protoplasma s’entoure d’une membrane mince et transparente qui ne se cutinisera que plus tard lorsque les spores se se- ront séparées. [ faut signaler, à ce propos, une production spéciale qui supplée, dans une certaine mesure, au manque de résistance de la mem- brane des spores et des élatères. On peut remarquer en effet que la ma- GANDOGER. — GENRE ASTRAGALUS. 1491 tière gélatineuse qui séparait les différentes masses protoplasmiques s’est condensée et a pris une forme bien définie; elle entoure les cellules mères et les élatères comme si elle était leur membrane propre, et pénètre même dans les sillons formés à la surface des cellules mères. C'est à peu près vers ce moment que le noyau se divise en quatre autres noyaux, et que, presque immédiatement après, les spores se trouvent iso- lées. Tous les éléments qui doivent constituer les sporogones adultes sont alors différenciés et isolés. Pour arriver à la maturité, les spores n’au- ront plus qu’à s’entourer d’une épaisse membrane. Cette partie du déve- loppement ayant été dernièrement encore l’objet d'un travail spécial de la part de M. Leitgeb, je n’y reviendrai pas. Nous avons laissé les élatères au moment où elles formaient une coulée cylindrique de protoplasma renfermant un noyau en son milieu. En même temps que les spores, les élatères se sont entourées d’une mince mem- brane de cellulose. Mais, à partir de ce moment, l’évolution de la mem- brane est essentiellement différente chez les deux sortes d'éléments. Pendant que chez les spores le protoplasma se condense, se met en ré- serve, on voil le contenu des élatères diminuer, employé, partiellement au moins, à la formation de la spirale qui, on le sait, est un ornement interne de la membrane. La formation de cette spirale parait lout à fait semblable à celle qui a été décrite par M. Strasburger pour les vaisseaux spiralés. On voit en effet, à un certain moment, se former sur la membrane unetraînée mince, incolore, granuleuse, qui est le premier indice de la formation de la spirale. Peu à peu cette traînée s’épaissit, les contours deviennnent nets, et l’on voit apparaitre la spirale encore mince et incolore, mais avec sa forme définitive. Pendant ce temps le protoplasma intérieur diminue de volume et finit par disparaitre complètement. La spirale est alors complé- tement formée, et l’élatère, arrivée à son état définitif, se trouve réduite à l’état d'un squelette cellulaire dont le rèle ne saurait être désormais que d’un ordre purement mécanique. M. J. Valiot, secrétaire, donne lecture de la communication sui- vante adressée à la Société : NOTE SUR LE GENRE ASTRAGALUS, par M. Michel GANDOGER. Chacun sait que le genre Astragalus est l’un des plus difficiles et, à coup sür, l’un des plus riches en espèces de tout le règne végétal. Pal- las (1), le premier monographe du genre, en connaissait environ 150 es- (1) Pallas, Species Astragalorum descriptæ et iconibus coloratis ilustralæ. Lipsiæ. 1800. In-folio. 192 “SÉANCE DU 8 MAI 1885. pèces. Ce nombre fut presque doublé par A. P. De Candolle (1), et il a été sans cesse augmenté par les divers botanistes qui se sont occupés de la flore orientale et asiatique, la vraie patrie des Astragalus ; il suffit de citer Marschall von Bieberstein, Willdenow, Ledebour, etc. Puis une cinquantaine d'années s’écoulent sans qu'aucun monographe surgisse, si ce n’est Fischer (2), qui donna en 1853 un travail sur les Astragalus tragacanthoides ou épineux. | Mais M. Bunge (3) a publié en 1868 la plus importante monographie du genre qui ait jamais paru. Il est vrai qu'elle n’embrasse que les Astra- galus de l’ancien monde, dont il porte le nombre à un millier d’espèces, la plupart croissant en Orient, dans l’Asie centrale, orientale et en Sibérie, où ces plantes abondent. Au point de vue de l’exactitude des détails, des divisions, des subdivisions, de la clarté et de la disposition de l’ou- vrage, on ne saurait faire mieux. C'est là un modèle pour les futurs mono- graphes. . Enfin, en 1872, M. Edm. Poissier (4) a traité ce genre dans son Flora Orientalis en adoptant la marche suivie par M. A. Bunge, et en y ajoutant les descriptions de quelques espèces nouvelles qui avaient échappé à ce dernier : il atteint le chiffre de 757. Quant aux espèces américaines, très nombreuses aussi, elles ont été successivement étudiées par Pursh, Nuttall, Asa Gray, Torrey, etc., de sorte qu'en additionnant tous les Astragalus connus actuellement, on arrive, en se plaçant au point de vue linnéen, au chiffre énorme de 1500 espèces. , ; Cependant tout est loin d’être dit sur ce genre immense. Dans mon Flora Europæ (5), vol. VI, p. 25, j'ai subdivisé les Astragalus en 8 sous- genres pris parmi ceux établis par M. Bunge et adoptés par M. Boissier. Voici le tableau synoptique de ces huit sous-genres : À. EuasTrAGALUS Gdgr mss. (Astragalus glycyphyllos L., græcus Boiss., exscapus L., dasyanthus Pall., sulcatus L., depressus L. elc.). B. Cazycocysris Bge (4. vesicarius L., albicaulis DC., etc.). C. Cerciporricuis Bge (Astrag. asper Wulf., austriacus L., Onobry- chis L., physodes L., diffusus Willd., monspessulanus L., vir- gatus Pall., ete.). (t) A. P. De Candolle, Astragalogia, nempe Astragali, etc., historia iconibus illus- trata. Parisiis, 1802. In-folio. | (2) F. E. L. Fischer, Synopsis Astragalorum Tragacantharum. Mosquée, 1853. In-8°. (3) A. Bunge, Astragali gerontogæi. Petropol. 1868. In-4°. (4) E. Boissier. Flora Orientalis, t. 11, p. 205-498. (5) M. Gandoger, Flora Europe terrarumque adjacentium, sive Enumeratio planta- rum per Europam atque totam regionem Mediterraneam cum insulis atlanticis sponte crescentium, novo fundamento instauranda. Parisiis, Londini, Berolini, etc. 1883-1889, 6 vol. in-8° (en cours de publication). GANDOGER. — GENRE ASTRAGALUS. 493 D. Carycoraysa Bge (4. alopecuroides L., narbonensis Gou., physoca- lyx Fisch., etc.). E. TRaGacaNTHA Mill. (4. aristatus L'Hérit., siculus Biv., Echinus Lamk, crelicus Lamk, Tragacantha L., angustifolius Lamk, Pote- rium Vahl, etc.). F. HypocLorris Bge (A. hypoglottis L., Cicer). G. Trimeniæus Bge (A. hamosus L., beticus L., reticulatus MB., con- tortuplicatus L., pentaglottis L., Stella Gou., Glaux L., sesameus L., Haarbachii Sprun., castellanus Bge, etc.). H. EricLorris Bge (A. epiglottis L.). Les genres Phaca ei Oxytropis, bien distincts des Astragalus, sont décrits à part. Chacun des huit sous-genres énumérés ci-dessus renferme un plus ou moins grand nombre d'espèces ou formes nouvelles que je décris succes- sivement et dont l’ensemble atteint 700 à 800. Au moyen des tableaux dichotomiques, l’œil peut suivre facilement l’évolution de chaque type primaire, et l'esprit arrive à se former une idée de l’extension des espèces analysées. Les plus polymorphes sont les Calycocystis, les Cercidotrichis, les Tragacantha, qui renferment des formes très nettes et très curieuses. Il est certain qu’en étudiant les grands types de la Perse, de l’Asie occi- dentale, de la Sibérie, ou même de l'Afrique septentrionale, dont M. Cosson a décrit de très belles espèces, on arriverait à un chiffre de formes nouvelles beaucoup plus grand. Mais on trouvera dans mon Flora Europæ des matériaux suffisants. Quand on a acquis la certitude de se trouver dans la bonne voie, on doit la suivre résolument, sans se laisser émouvoir par les réclamations de ses contradicteurs. Dans ses immortels travaux, M. A. Jordan a mis entièrement hors de doute l’existence des plantes affines. Je me suis efforcé de marcher sur ses traces, en répétant ses expériences et en mul- tipliant ses observations. Le résultat n’a pas varié. De deux choses l'une : si la vérité est de notre côté, pourquoi la repousser ? si nous nous trom- pons, pourquoi nos contradicteurs ne reviennent-ils pas sur les mêmes expériences et les mêmes observations que nous ? Quand ils nous auront prouvé notre erreur, alors nous nous empresserons de nous ranger à leur avis. M. le Président donne lecture de la lettre suivante : T. XXXIL. (SÉANCES) 13 194 SÉANCE DU 8 MAI 1885. LETTRE DE M. R. de BOUILLÉ À M. LE PRÉSIDENT. Tlemcen, 2 mai 1885. Dans une communication de mon honoré collègue, M. J. Vallot, je lis le passage suivant sur le Draba pyrenaica L. (1) : « Au Balaïtous, » d’après M. le comte de Bouillé, elle (Draba pyrenaica) est cantonnée » sur les parties calcaires. Ayant fait l'ascension de ce pic par l’arête de » l’est, qui est granitique, je ne l’y ai pas rencontrée. » Que l’on gravisse le Bat-Laétouse par une orientation ou par une autre, on est presque toujours sur le granit, mais le sommet est calcaire pour tout le monde. La tour construite par les officiers géodésiens en 1825, les piquets de la tente (il en existait encore le 20 septembre 1881), reposent sur le calcaire, un marbre noir que j'ai fait déterminer par M. Des Cloizeaux, membre de l’Institut. Mais la question n’est pas là. D'après mes souvenirs, je suis presque absolument certain de n’avoir pas signalé le Draba pyrenaica au Bat-Laétouse. Vous pouvez vérifier le fait dans les communications que j'ai eu l’honneur d’adresser à la Société ? Si je ne me trompe pas, soyez assez bon, monsieur le Président, pour insérer mon observation dans le prochain numéro du Bulletin. Je n’ai jamais trouvé le Draba pyrenaica que sur les cimes entièrement cal- caires ! On me l’avait indiqué au pic du Midi d’Ossau. Je l’y ai cherché cinq fois, inutilement! Ce pic est une eurite, un porphyre vert, mais reposant en deux endroits sur des schistes. En surgissant, le pic est re- tombé sur eux. J'ai trouvé, au sommet, des cristaux calcaires. Mais en réalité la masse de ce pic est un porphyre, et, quant à moi, je n’y ai pas rencontré le Draba pyrenaica, pas plus qu’au Bat-Laétouse. Cette plante m'intéresse d'autant plus, qu’elle est si constante dans ses affections et même dans ses altitudes, qu'en excursion, lorsque je la rencontre elle me suffit, sans le secours d'aucun instrument, pour m'indiquer l'altitude moyenne (2600 mètres) et la nature du sol. Veuillez, etc. M. J. Vallot répond : Il est exact que M. le comte de Bouillé n’a pas indiqué le Draba pyre- naica au Balaïtous. J'avais été induit en erreur par un passage de son (4) Voyez plus haut, page 4). M. DE BOUILLÉ. — LETTRE AU PRÉSIDENT. 195 mémoire inséré au Bulletin. A la suite d’une assez longue note sur le Balaïtous et sa végétation, je trouve les lignes suivantes : €... ... Toutefois, sur aucun pic des Pyrénées, je n’ai vu une si » grande quantité d'Androsace ciliata qu’au Bat-Laétouse, sur sa cime » et sur son flanc ouest. » Le Draba pyrenaica est plus difficile pour ses stations; je ne l'ai » rencontré que dans le calcaire (1). . . . . . » Cette dernière phrase s'applique aux Pyrénées en général, et non au Balaïtous, comme je l'avais cru. Notre confrère paraît croire que je n'avais pas connaissance du cal- caire du sommet. Je ferai remarquer d’abord que ce calcaire est indiqué dans sa note même, et ensuite que je l’ai signalé dans un article inséré au Journal de Cauterets en 1883. On trouve sur la crête, non seulement le calcaire noir compacte dont parle M. de Bouillé, mais aussi une couche puissante d’un schiste calcaire gris, très fissile, qu’il n’a pas signalé. Je mets sous les yeux de la Société des échantillons de ces roches recueillis au sommet du Balaïtous. Si je n’ai indiqué aucune plante sur ce calcaire du sommet dans la liste d’herborisation que j'ai présentée dernièrement à la Société, c’est que, la saison n’étant pas assez avancée, les Phanérogames ne se mon- traient pas encore. Je n’y ai trouvé qu’une douzaine d'espèces de Lichens mentionnés dans le Catalogue de M. Lamy de la Chapelle inséré au Bul- letin l’année dernière, et dont plusieurs sont indiqués sur le calcaire, nouvelle preuve que j’y ai rencontré cette roche. M. Mangin donne lecture de la communication suivante : NOTE SUR LA ZONE D'ACCROISSEMENT DU CONVALLARIA MAÏJALIS, par M. le D' MOUGIN. Les travaux les plus récents sur la structure des rhizomes des Mono- cotylédones n’établissent pas avec précision la manière dont s’accroissent en épaisseur ces tiges souterraines. La naissance des radicelles est décrite différemment par les auteurs; la zone dont nous nous occupons plus spécialement aujourd’hui est appelée par M. Guillaud (2) propéri- méristème, par M. Mangin (3) couche dictyogène. Ces mots nouveaux, que l’on tente d’introduire dans la science, ne sont pas sans inconvénients. (1) Sur la végétation de quelques-uns des pics les plus élevés des Pyrenées françaises (voyez le Bulletin, t. XXVIIE, p. 327). (2) Annales des sciences naturelles, Bor., t. V (1878). (3) Ibid., t. XIV (1882). 196 SÉANCE DU 8 MAI 1885. Ils ne correspondent encore qu’à des idées personnelles, qui ont été et qui seront combattues. Un exemple concluant nous a été fourni par l'étude de la couche qui sépare l’écorce du cylindre central, dans le rhizome du Convallaria maïialis L. Pour en comprendre le rôle dans les phé- nomènes de la végétation, il n’est pas nécessaire de créer des expressions nouvelles. C’est tout simplement une zone d’accroissement donnant nais- sance, dans des endroits déterminés et pendant une période limitée, à tous les tissus qui doivent, dans le développement végétatif, naître ou s’accroitre en dedans et en dehors d’elle. Le rhizome du Convallaria maialis se divise naturellement en entre-nœuds ne donnant pas en général naissance à des racines, sans que cependant le fait d’en porter une isolée soit une exception rare fig. IT, 1); En petits nœuds donnant naissance à des racines (fig. [LE, 2) ; En petits nœuds donnant naissance à des écailles (fig. IT, 3) ; En gros nœuds servant ou ayant servi de base à des bourgeons aériens et d’où sortent des racines, des feuilles et des écailles (fig. HT, 4,5). Sur ce rhizome se trouvent deux sortes de bourgeons : les gros bourgeons reproducteurs qui sortent du sol au printemps et donneront la fleur (fig. IT, 6), et les bourgeons végétatifs plus ou moins horizontaux qui prolongeront la tige (fig. IT, 7). Qu'on fasse une coupe transversale au niveau d’un nœud de l’une ou de l’autre sorte ou au niveau d’un entre-nœud un peu jeune, c’est-à-dire dont la couche génératrice ne soit pas entièrement différenciée, on trou- vera une succession de tissus dont notre figure V est une image fidèle. C’est ainsi qu’au centre existe un corps central renfermant quelques faisceaux complets, c'est-à-dire composés de vaisseaux entourant le liber, et à la périphérie des faisceaux incomplets ouverts en dehors, quelques- uns étant en voie d'achèvement (fig. ID). Le demi-cerele de vaisseaux qui limitera plus tard les faisceaux externes devenus complets formera sou- vent une couche continue (fig. VIT). En dehors du liber des faisceaux périphériques, existe, limitée par ceux-ci d’un côté, par l’endoderme de l’autre, une zone de cellules plus pâles sur une coupe transversale mise seulement dans l’eau. Ces cellules à parois fines, à forme irrégulière, constituent une véri- table zone d’accroissement. Elles se différencient en vaisseaux (1), en tissu cellulaire, en racines, etc. Quelques-unes doubleront l’endoderme par places. (1) est facile, en faisant une coupe longitudinale et en la colorant par l'eat fuchsinée, de voir les cellules d'accroissement se différenciant en vaisseaux. Elles en ont déjà le ponctué et la forme ; elles ne se colorent pas encore. MOUGIN. — RHIZOME DU CONVALLARIA MAIALIS. 197 De cet endoderme, né lui-même au milieu de la couche génératrice, nous n'avons rien de spécial à dire. C'est l’endoderme classique (1). Cependant nous devons signaler que jamais nous ne l'avons trouvé aussi jaune que le peint M. Guillaud, et qu’il n’est constitué par un double rang de cellules que dans les vieux entre-nœuds, la seconde couche étant composée de cellules endoder- miques ayant une forme plus allongée que celles de la première. Lorsque apparaît l’endoderme, à quelques millimètres du point végétatif cette couche est à parois très minces. En dedans et en dehors d'elle, des cel- lules jeunes constituent la zone d’aceroissement du cylindre central et de l'écorce. L’endoderme devenant épais et plissé, cette zone tendra à dis- paraître. La couche externe cessera la première d'exister, puis celle du cylindre central. L'activité de ses cellules n'est détruite que par leur différenciation (VIT). Celles qui se trouvent entre l’endoderme et l’écorce se transforment en tissu cellulaire cortical après la naissance de la seconde couche d’endoderme. L'étude du développement, comme du reste l’a vu M. Mangin, infirme les idées de naissance d’un méristème spécial (M. Guillaud), parce qu'il n’est pas possible de trouver en aucun point une coupe transversale qui ne renferme cetle zone à partir du point végétatif. Dans une coupe faite à la limite où apparaît la base des feuilles dans un bourgeon végétatif, on la voit très bien, tranchant et par sa couleur et par la forme de ses cel- lules sur le tissu cellulaire central et cortical (VIT, 1). La dimension de ses cellules, la direction de leur grand axe, ne laissent aucun (doute. Dans les nœuds qui donnent naissance à des racines, la zone annu- laire d’accroissement ne forme nulle part un méristème spécial, une couche dictyogène, comme le dit M. Mangin. Les mamelons cellulaires, ébauchés, de jeunes racines, naissent par points isolés sur la zone d’ac- croissement. Il ne peut y avoir de confusion possible, et voici certaine- (4) Nous devrions appeler gaine limilante cette couche composée de cellules à plis- sements et à épaississements scléreux, que Caspary, qui l'a découverte, appelait gaine protectrice et que la majorité des auteurs français nomme maintenant endoderme. Cette expression peut amener une confusion avec la plus interne des deux couches du voile des Orchidées épiphytes, qui a reçu le même nom. Cependant c'est une expression bien française, bien connue, faite d’un seul nom; nous la conservons. Celui de gaine limitante aurait l'avantage de ne pas exprimer de rapports morpho- logiques comme ceux de Pleromscheide et de Strangscheide, ou celui plus récent de Ridenscheide, choisi par Falkenberg pour indiquer qu’elle se forme aux dépens de l’assise corticale interne, et encore de ne pas affirmer son rôle physiolozique comme celui de Schutzscheide. Quant ou nom de gaine fasciculaire (Guillaud), il serait bien plus dangereux de l'employer. [1 pourrait amener des confusions avec le tissu squelet- tique du pédoncule floral et de quelques rhizomes de beaucoup de Monocotylédones, véritable liber sclérifié accompagnant les faisceaux, et qui n’a rien de commun avec notre cndoderme. 198 SÉANCE DU 8 MAI 1889. ment ce qui a causé l’erreur que nous signalons. Lorsque dans un point limité plusieurs mamelons de radicelles naissent tellement rapprochés qu'ils se confondent, leur prolifération paraît former une couche spéciale. La zone d’accroissement différencie des radicelles, comme elle donne naissance à d’autres tissus. Et quand les racines sont définitivement constituées, leur naïssance sur les faisceaux périphériques ne forme pas non plus un « réseau radicifère, ou anneau peu épais occupant la circonférence du corps central ». Les courtes cellules vasculaires qui forment la base des faisceaux de racines naissant au contact des faisceaux périphériques s’épanouissent et rayon- nent en entonnoir (fig. IV). Les faisceaux périphériques eux-mêmes s’anastomosent plus ou moins, et alors 1l en est pour le réseau comme pour la couche dictyogène, on ne le trouve que lorsque la coupe examinée coupant plus ou moins régulièrement un grand nombre de ces entonnoirs radicaux, l’enchevêtrement des cellules vasculaires donne par places l'aspect d’un réseau. Dans les vieux entre-nœuds la couche d’accroissement n’a plus aucun rôle à remplir, elle n’y existe plus (fig. VIT); ainsi tombe le reproche fait à M. Guillaud de n’avoir pas distingué les nœuds des entre-nœuds. M. Mangin affirme en effet « qu’un peu d’attention aurait permis à l’au- teur de constater qu’au niveau de ces derniers le périméristème ne se forme jamais ». Ce périméristème, qui est notre zone d’accroissement, n’y existe plus; mais il a existé dans les entre-nœuds, notre figure V l’y montre bien clairement. Le rhizome du Convallaria maialis ne s’accroît en épaisseur que sur des points limités. La plupart de ses entre-nœuds atteignent rapidement leur dimension normale et la conservent. Dimension bien irrégulière, car il n’est pas rare d’en rencontrer dont le diamètre varie du simple au double, selon que la coupe est faite au niveau de la partie inférieure ou de la partie supérieure du même entre-nœud. L’accroissement du cylindre central est dû surtout à l’achèvement de formation des faisceaux, qui à leur extrémité inférieure peuvent ne consister qu’en quelques fibres de tissu libérien et quelquefois en un ou deux vaisseaux, el qui se complè- tent au fur et à mesure qu'ils se rapprochent du sommet végétatif, le liber augmentant d'épaisseur et les vaisseaux tendant de plus en plus à l’entourer entièrement. Le peu de longueur de la grande majorité des faisceaux, leur naissance dans les parties les plus jeunes et les plus rapprochées du point végétatif, produisent dans le Convallaria ce phénomène curieux, que la tige est plus grosse vers la partie supérieure, et qu’en résumé elle forme un cône à base supérieure (fig. 1). En 4 centimètres environ de longueur, le MOUGIN. —- RHIZOME DU CONVALLARIA MAIALIS. 199 rayon du cylindre central, qui était 1, est devenu 3, et celui de l’écorce, étant 1, est devenu 2. L'un a été multiplié par 3, l’autre par 2 seulement. L’accroissement du cylindre central est donc beaucoup plus grand que celui de l'écorce. Ainsi donc l'observation montre que la couche à laquelle nous don- nons le nom de zone d’accroissement n’est pas seulement une couche dictyogène, puisqu'elle différencie une ou deux couches d’endoderme, des cellules vasculaires pour les faisceaux périphériques et du tissu fon- damental. L’accroissement maximum qui lui est dù peut être rendu sen- sible pour l'écorce et le cylindre central réunis par notre coupe de la figure [, qui est de grandeur naturelle. Cette zone existe dans les entre-nœuds qui ne produisent pas de racine, dans les nœuds à écailles, et la naissance exceptionnelle d’une seule racine adventive sur un point de ces entre-nœuds n’en modifie pas la structure locale : nous nous en sommes assuré par une coupe dans le rhizome (fig. III, 1). Ce n’est pas non plus un méristème spécial méritant un nom parti- culier. C'est tout le long du rhizome la même couche en continuité avec le méristème primitif et restant active jusqu’à sa disparition, quand toutes ses cellules sont différenciées. Aussi nous croyons-nous autorisé à poser les conclusions suivantes : 4° Dans le rhizome du Convallaria maialis, il existe entre le corps central et l’écorce une zone d’accroissement, plus ou moins active selon la distance du point végétatif, qui donne naissance à du tissu cellulaire central et cortical, à des faisceaux, à l’endoderme et aux radicelles. 2 Les vaisseaux des radicelles naissent dans cette zone au contact des faisceaux périphériques par des cellules vasculaires de longueur crois- sante en direction centrifuge. 3° L’enchevêtrement de ces cellules vasculaires ne forme jamais un réseau. Ce travail sera bientôt complété. Nous avons choisi le rhizome du Convallaria parce que sa structure avait été vivement discutée; mais nous croyons dès aujourd'hui être en mesure d'étendre nos conclusions à un groupe très important de Monocotylédones, et de mesurer l'accrois- sement dans beaucoup de plantes dites à diamètre déterminé. Explication des figures de la planche VI de ce volume. FiG. I. — Coupe longitudinale d’un bourgeon reproducteur de grandeur naturelle. 1. Naissance d’une écaille. 2. — d'une racine 200 SÉANCE DU 8 Mal 1885. Fic. I. —- Coupe transversale d’un entre-nœud montrant la zone d’accroisse- ment entre l'endoderme et les faisceaux incomplets. Fic. HI. — État de la végétation du Convallaria maialis au printemps. 1. Racine naissant sur un entre-nœud. 9. Petit nœud à racines. 3. Petit nœud à écailles. 4, 5. Gros nœuds donnant naissance à des écailles, à des feuilles et à des racines. 6. Bourgeon reproducteur. 7. Bourgeon végétatif. FiG. IV. — Naissance de radicelle en entonnoir. Fic. V. — Coupe transversale d'un entre-nœud encore un peu jeune. 1. Zone d’accroissement. 9. Faisceau incomplet. 3. Faisceau complet. Fig. VI. — Naissance d’une racine sur les faisceaux. Fic. VII. — Coupe transversale d’un vieux rhizome. Il n’y a plus de zone d’accroissement. Fic. VIIL. — Coupe transversale d’un très jeune bourgeon végétatif. 1. Zone d’accroissement. 9. Vaisseaux. Au sujet de cette communication, M. Mangin fait remarquer que l’auteur désigne sous le nom de zone d’accroissement ou de couche génératrice, la région de la tige occupée par le reste du méristème primitif et située à la limite de séparation de l'écorce et du corps central. Elle ne représente nullement, comme le croit M. Mougin, la couche dictyogène. M. Maugin a désigné sous ce dernier nom seulement l’assise ou les assises périphériques du cylindre central, qui dans les tiges à racines président à la formation des racines adventives et du système conducteur qui les unit à la tige. M. Mangin signale en outre une contradiction entre les conclu- sions et la description de l'auteur. En effet, M. le D' Mougin affirme dans ses conclusions que « l’enchevêtrement des cellules vasculaires de la base de la racine ne forme jamais un réseau », tandis que plus haut il s'exprime ainsi: «..... on ne le trouve (le réseau) que lorsque la coupe examinée coupant plus ou moins régulièrement un grand nombre de ces enlonnoirs radicaux, l’enchevêtrement des cellules vasculaires donne par places l’aspect d’un réseau ». Or ce réseau, sur l'existence duquel l’auteur ne paraît pas fixé, M. Mangin l'a toujours observé facilement à la base des gros hour- ceons floraux à entre-nœuds raccourcis, SÉANCE DU 22 Mar 1885. 201 [Note communiquée par M. Mougin et ajoutée pendant l'impression. — M. Mougin répond que les assises périphériques du cylindre central, qui dans Jes tiges à racines président à la formation des racines adventives, ne méritent pas la création d’un mot nouveau. Ce ne sont que des cellules de la zone d’ac- croissement, ou, si M. Mangin le préfère, des restes du méristème primitif, — Quant au réseau à la base des entre-nœuds raccourcis, M. Mougin a voulu dire que certaines coupes pouvaient faire croire à son existence. Mais ce n’est là, à son avis, qu’une illusion.] M. Malinvaud a recu, pour être distribué aux personnes pré- sentes à la fin de la séance, un bouquet de plantes fraîches envoyées de Montpellier par M. Flahault. On y remarque les espèces sui- vantes : Pœonia peregrina, Alyssum spinosum, Iberis pinnata, Myagrum perfolialum, Linum campanulalum et narbonense, Orchis laxiflora, récoltées au Pic Saint-Loup (1), avec l'Eufragra lalifolia et les Ophrys lutea et Scolopax provenant des environs de Montpellier. SÉANCE DU 22 MAI 1885. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE. M. Mangin, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 8 mai, dont la rédaction est adoptée. M. le Président annonce à la Société que, par suite de la pro- chaine session de Charleville, dont l'ouverture est fixée au 14 juin, la séance qui devait avoir lieu à Paris le 12 juin est supprimée. M. le Secrétaire général donne lecture de lettres de MM. Ribeiro de Mendonça, Ernest Delamarre et Mougin, qui remercient la Société de les avoir admis au nombre de ses membres. (1) Nous extrayons de la lettre de M. Flahault qui accompagnait ect envoi le passage suivant : « Le Pic Saint-Loup, dont l'altitude est de 630 mètres, présente la physionomie d’un » causse descendant en pente douce vers la Méditerranée, mais il est brusquement » coupé, du côté du nord, par une falaise haute de 300 mètres environ, ce qui lui à » sans doute valu son nom. Les anciens botanistes,et surtout Boissier de Sauvages, ont » beaucoup herborisé au Pie Saint-Loup. On trouve plusieurs mentions, dans la » correspondance de Sauvages avec Linné, des plantes de cette localité que lillustre » Suédois recevait avec bonheur. Je n'ai pu mettre la main sur l'Erodium petræum, » qui y est commun, mais le plus souvent hors de portée....... » 202 SÉANCE DU 22 MAI 1885. M. W. Johannsen offre à la Société une brochure intitulée : Déve- loppement et constitution de l'endosperme de l’Orge ; il fait ensuite la communication suivante : DE L'INFLUENCE DE L’OXYGÈNE A HAUTE PRESSION SUR LA RESPIRATION DE QUELQUES PLANTES EN VOIE DE GERMINATION, par M. NY. JOHANNSEN (1). Les travaux de M. Paul Bert ont donné la solution générale de la ques- tion relative à l'influence de la pression sur la respiration des êtres vivants. Cependant il reste encore sur quelques points particuliers de ce sujet d'importantes études à faire. Pour les végétaux, M. Paul Bert a toujours fait des expériences de longue durée ; sa conclusion est que l’air comprimé suroxygéné diminue l'intensité de la respiration. J'ai repris ces expériences en opérant pendant un temps beaucoup plus courtet j'ai obtenu des résultats différents. La méthode que j'ai employée était une modification de celle de M. de Fauconpret, M. Pettenkofer, etc. Un courant de gaz comprimé (air plus ou moins riche en oxygène) passait sur les végétaux en expérience et traversait ensuite un tube contenant de l’eau de baryte, afin de doser l’acide carbonique par la méthode des liqueurs titrées. On se mettait à l’abri des erreurs provenant de l’absorp- tion physique des gaz, au moyen d’expériences de contrôle. Les expé- riences ont porté sur les Zea Mays, Helianthus annuus et Pisum sativum. Les principaux résultats obtenus sont les-suivants : 1° Changements brusques de pression. — La conclusion générale à laquelle est arrivé M. Paul Bert, à savoir que l'air comprimé n’agit sur les organismes que par l’augmentation de la tension de l'oxygène, est com- plétement confirmée par mes expériences. Les changements brusques de pression, du vide à 5 atmosphères, ne semblent avoir aucune influence nuisible sur les plantes. 2° Influence directe de la pression. — En augmentant la pression de l'oxygène jusqu'à 2 ou 6 atmosphères (correspondant à 10 ou 30 atmo- sphères de l’air ordinaire), j'ai trouvé pendant les premières heures de lexpérience une augmentation plus ou moins considérable du déga- gement de l'acide carbonique. En prolongeant l'expérience, ce dégäge- () Cette communication renferme les conclusions d’un travail plus étendu, rendant compte des recherches que j'ai faites en 1884 au laboratoire de M. Pfeffer, et qui pa- raîtra ultérieurement dans le Mittheilungen der Bot. Inst. Tübingen. JOHANNSEN. — RESPIRATION DES PLANTES. 203 ment diminue au contraire successivement, mais cela tient alors à ce que les plantes commencent à dépérir. On voit donc quelle est l’importance de la durée, pour de semblables expériences, puisqu’une expérience de courte durée, sans altération des végétaux, donne une augmentation de l'intensité respiratoire, résultat inverse de celui d’une expérience prolongée. Quant à l'oxygène absorbé, on peut dire que son absorption diminue aussi par une expérience prolongée; mais les recherches que j'ai com- mencées au laboratoire de l'École Normale Supérieure dirigé par M. G. Bonnier, sur le rapport des gaz échangés dans ces conditions, ne sont pas encore terminées. 3° Influence inductive de la pression. — J'ai cherché en outre si une haute pression n’exerce pas sur le phénomène respiratoire une influence inductive, c’est-à-dire si, en mettant de nouveaudans les conditions nor- males les plantes qui viennent de subir la pression, on ne trouve pas une différence dans l'intensité respiratoire. J'ai trouvé qu'après un séjour de quelques heures dans l'oxygène com- primé (après avoir fait le vide, etc.), les plantes, mises de nouveau dans les conditions normales initiales, ont exhalé une quantité beaucoup plus grande d’acide carbonique, plus grande même que la quantité exhalée sous l'influence directe de la pression. Il faut rappeler à ce sujet que plusieurs physiologistes (Pflüger, Lehmann, etc.) supposent que l'oxygène comprimé retarde ou même sup- prime les synthèses organiques, tandis que, comme on sait, les actions des ferments solubles ne sont pas altérées dans ces conditions. D'autre part, on considère comme vraisemblable qu'une augmentation de glucose exerce, en certains cas, une influence accélérante sur la respiration (Borodine, Müller-Thurgau, etc.). Je n'ai pas encore pu constater si celte augmentation inductive de la respiration peut être considérée comme liée à une accumulation de sucres ou de substances équivalentes dans les plantes. 4 Influence inductive de l’échauffement. — J'ai cherché de même si l’action d’une température élevée n’avait pas une influence indirecte sur la respiration, pour des plantes placées dans l’air ordinaire et à la pres- sion normale. Si l’on chauffe les plantes à 35 degrés pendant deux ou trois heures, puis si l’on ramène à la température initiale (48 degrés, par exemple), on trouve, pour cette même température, une augmentation du dégage- ment de l'acide carbonique. Cette induction doit être attribuée à l'accélé- ration très grande exercée pendant l’échauffement sur le développement des jeunes plantes. Mais si l’on chauffe à 43 ou 45 degrés, températures auxquelles aucune 204 SÉANCE DU 22 MAI 1885. croissance n’a lieu, bien que les plantes ne soient pas très sensiblement altérées, on constate au contraire une diminution de l'intensité respi- ratoire, lorsqu'on ramène les plantes à la température ordinaire initiale. Ces différents résultats ne sont pas en relation avec la quantité de sucre accumulé dans les tissus, car dans l’un et dans l’autre cas, surtout dans le dernier, j'ai constaté que la quantité de sucre accumulé est con- sidérablement augmentée. Cela montre bien que la respiration n’est pas simplement proportionnelle à la quantité de glucose mise en réserve. On voit par ces quelques résultats que l'étude des variations des con- ditions extérieures, en dehors des limites naturelles, influant sur les êtres vivants pendant une courte durée, doit avoir le plus grand intérêt pour la recherche d’une fonction séparée, tandis que les expériences prolongées sont utiles pour connaître les conditions générales de la vie. Beaucoup de résultats contradictoires en physiologie végétale peuvent sans doute s'expliquer de même, simplement par la différence de durée des expériences. M. G. Bonnier fait, au nom de M. Mangin et au sien, la commu- nicalion suivante : NOTE SUR L'ACTION CHLOROPHYLLIENNE, par MM. Gaston BONNIER et Louis MANGIN. Dans une note récemment présentée à l’Académie des sciences (1), nous avons fait connaître comment nous sommes arrivés, par trois mé- thodes, à séparer l’une de l’autre, à la lumière, les deux échanges in- verses qui se produisent simultanément entre la plante et l'atmosphère. Nous venons seulement ajouter à ce bref exposé quelques détails qui n'ont pu y trouver place, ainsi que le principe d’une quatrième méthode pour séparer l'action chlorophyllienne de la respiration. Rappelons d’abord quel est, à la lumière, le double échange gazeux qui se produit. Par la respiration, qui continue à se produire à la lumière comme à l’obscurité, la plante absorbe de l'oxygène et émet de l'acide carbonique. Par l’assimilation, qui n’a lieu que sous l'influence de la lumière, une certaine quantité d'acide carbonique est au contraire dé- composée et la plante cède de l'oxygène à l'atmosphère. Ainsi les échanges gazeux entre l'air et la plante, à la lumière, sont très complexes. L’atmos- phère introduit de l'oxygène dans la plante et en reçoit de la plante ; il en est le même pour l'acide carbonique. (1) Comptes rendus, 18 mai 1885. BONNIER ET MANGIN. — ACTION CHLOROPHYLLIENNE. 205 Suivant les conditions extérieures, l'intensité de l’éclairement par exemple, c'est tantôt la respiration qui l'emporte sur l'assimilation, tan- tôt l'inverse. Dans le premier cas, la plante perd du carbone; dans le second, elle en gagne. Nous sommes arrivés à isoler l’une de l’autre ces deux fonctions simul- tanées : 1° en opérant successivement avec la même plante à l'obscurité et à la lumière, et en tenant compte de l'influence de la lumière sur la respiration ; 2° en employant l’éther ou le chloroforme qui, à une certaine dose pour un état déterminé, supprime l’action chlorophyllienne sans altérer la respiration ; 3° en soustrayant par la baryte une partie de l'acide carbonique produit par la respiration, tandis que cette soustrac- tion n’est pas faite dans un appareil témoin. Aux méthodes précédentes nous pouvons ajouter une quatrième mé- thode dont les résultats, quoique peu nombreux encore, viennent con- firmer ceux que nous avaient donnés les expériences premières. On prend deux rameaux semblables, dont l’un, développé en pleine lumière, est richement pourvu de chlorophylle, tandis que l’autre, soumis à un éclairage peu intense, a la teinte vert jaunâtre des plantes à moi- tié étiolées. On peut aussi prendre deux rameaux d'une même espèce, à feuilles inégalement sèches en chlorophylle. On s'assure d’abord que ces deux rameaux sont identiques au point de vue de la respiration, en les laissant séjourner pendant le même temps dans des appareils sem- blables. Puis on les expose simultanément à la même lumière pendant le même temps : le rameau vert et le rameau vert jaunâtre décomposent inégalement l’acide carbonique de l'atmosphère ambiante, tout en restant identiques à eux-mêmes pour la respiration. L'analyse des gaz confinés autour de chaque rameau donnera donc pour le rameau vert un excès d'oxygène sur le rameau vert jaunâtre, et pour ce dernier un excès d'acide carbonique qui a échappé à la décomposition. Par suite, le rapport ME représente la relation qui relie dans l'action chlorophyllienne seule le volume de l’oxygène dégagé et le volume de l'acide carbonique décomposé. Voici quelques-uns des résultats déjà obtenus par ces diverses méthodes 2 pour des plantes et à une saison où le rapport D des gaz émis par la res- piration est plus petit que l'unité. Pour le Fusain du Japon (Evonymus japonicus), les valeurs du rap- 0 , ee port —— des gaz échangés par l’action chlorophyllienne seule, sont : CO? 206 SÉANCE DU 22 MAI 1885. Première méthode... ....sss.ssesssssssssesssuses 1,20 Deuxième méthode (baryte).......... consrree .... 1,10 Troisième méthode (anesthésique)........... sous. 4,10 Quatrième méthode (plantes inégalement vertes)... 1,25 Houx (Ilex Aquifolium). Première méthode......,,........ sors sosceeee 1,25 Deuxième méthode (baryte)..........,............ 1,20 Troisième méthode (éther)............ suressecesse 1,28 Genêt (Sarothamnus scoparius). Première méthode..................,..,.. soorese 1,15 Deuxième méthode (baryte)....................... 1,10 Troisième méthode (éther)..................... …. 1,14 On voit quelle est la suffisante concordance de ces premiers résultats, et, dans les divers cas où nous avons opéré, on peut déjà conclure que, lorsqu'il y a oxydation par la respiration, il y a au contraire, en général, désoxydation par l’action chlorophyllienne. Un bouquet de plantes fraîches, envoyées de Montpellier par notre collègue M. Flahault et provenant du bois Grammont ou de son voisinage immédiat, est mis à la disposition des personnes pré- sentes à la fin de la séance. Il renferme notamment (1) : Helian- themum hirlum, Silene nocturna, Goronilla scorpioides, Vicia pannonica, Valerianella echinata, Hedypnois cretica, Alkanna tinctoria, Osyris alba, Cytinus Hypocistis, Mercurialis tomentosa, Ophrys Scolopax et apifera, Avena barbata, Isoetes setacea, etc. M. le Président annonce que la session ordinaire est suspendue jusqu’au vendredi 26 juin, par suite de la prochaine session extra- ordinaire qui doit s'ouvrir à Charleville le dimanche 14 juin. (1) Cette localité est célèbre par les herborisations de Boissier de Sauvages, qui fai- sait part à Linné de ses récoltes, el par les recherches de Nathorst, élève de Linné. SÉANCE DU 26 JUIN 1885. 207 SÉANCE DU 926 JUIN 1885. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE. La session ordinaire est reprise à Paris, au local habituel de la Société. M. Mangin, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 22 mai, dont la rédaction est adoptée. M. le Président fait connaitre une nouvelle présentation. Il in- forme ensuite l’assemblée que M. le Ministre de l'instruction pu- blique a bien voulu accorder à la Société la somme de 1000 francs comme prix d'une souscriplion à vingt-cinq exemplaires de son Bulletin. M. le Président a écrit à M. le Ministre pour le remercier de cette libéralité. Dons faits à la Société : Ed. Bornet, Algues de Madagascar récoltées par Ch. Thiébault. — et Flahault, Note sur le genre Aulosira. Ch. Boudier, Sur la nature et la production de la miellée. — Nouvelle classification naturelle des Discomycètes charnus. Ch. Magnier, Scrinia floræ selectæ, fase. IV (1885). Louis Olivier, Les procédés opératoires en histologie végétale. J. Revel, Essai de la flore du sud-ouest de la France, 1° partie. J. G. Baker, Further Contributions to the Flora of Madagascar, 1° et 2° parties. Sereno Watson, Contributions to American Botany, XIT. J. Danielli, Osservazioni su certi organi della Gunnera scabra R. et Pav. Joaquim de Mariz, Subsidios para o estudo da flora portugueza : 1° Papilionaceæ, 2° Cruciferæ. Société dauphinoise pour l'échange des plantes. — 12° Bulleün, 1885. Bulletin de la Société Linnéenne de Paris, n° 2 à 7, 9 à 61. Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, 1882. De la part de M. le Ministre de l'instruction publique : Discours prononcé par M. Goblet, le 11 avril 1885, à la Sorbonne. Table générale de la Revue des Sociétés savantes publiée sous les 208 SÉANCE DU 26 JuiN 1885. auspices du Ministre de l'instruction publique. Sciences mathéma- tiques, physiques et naturelles. M. E. Cosson présente à la Société quelques-unes de ses récentes publications : 1° Rapport à M. le Ministre de l'instruction pu- blique et des Beaux-Arts sur la mission bolanique chargée, en 1883, de l'exploration du nord de la Tunisie. — 2 Forêls, bois el broussailles des principales localités du nord de la Tunisie explo- rées, en 1883, par la mission botanique. — 3° Le projet de créa- lion en Algérie et en Tunisie d'une mer dite intérieure devant le Congrès de Blois. — 4 Les huit premières bonnes feuilles du Compendium Floræ Atlanticæ, et le second fascicule des Zllustra- liones Floræ Atlanticæ. H fait ensuite à la Société deux communi- cations, l’une relative à une classification nouvelle de la famille des Crucifères, et la seconde sur les plantes de la Kroumirie, dont il a dressé le catalogue (1). M. Costantin, vice-secrétaire, donne lecture de la communication suivante adressée à la Société : SUR DEUX ALGUES NOUVELLES DES ENVIRONS DE PARIS, par M. GOMONT. Dans les herborisations faites pendant l'hiver de 1883-1884, avec M. Bornet et quelques autres de nos collègues, nous avons rencontré di- verses Algues intéressantes; je mentionnerai deux d’entre elles : l’une, peu connue, n'a pas encore été signalée en France; l’autre me parait devoir constituer une espèce nouvelle. La première est le Chætonema irregulare, Chlorosporée rameuse qui a été découverte, il ya moins de dix ans, par M. Novakowski dans la gelée de diverses Algues à téguments muqueux, telles que les Batracho- spermum, Tetraspora, Glæotrichia. L'auteur en a donné la descrip- tion dans un mémoire intitulé : Beitrag zur Kenntniss der Chytridia- ceen, inséré dans les Cohn's Beitræge zur Biologie der Pflanzen (t. IF, p. 79, en note). Cette description a été reproduite par M. 0. Kirchner dans son Flora von Schlesien, ALGEN (1878), p. 70. Enfin, on trouvera une figure de cette plante dans le tout récent ouvrage de MM. Kirchner et Blochmann, intitulé : Die microscopische Pflanzen und Thierwelt des Suesswassers, pl. I, fig. 14. (1) Ces deux communications, dont les manuscrits ont été déposés sur le bureau dans la seconde séance de juillet, sont publiées plus loin dans ce volume. (Vote du Secrétariat.) GOMONT. — DEUX ALGUES NOUVELLES. 209 C'est sur des Batrachospermum moniliforme provenant de l'étang de Grand-Moulin, aux Vaux de Cernay, que nous avons observé cette Algue. Ses filaments dépassent à peine les filaments périphériques du Batrachospermum entre lesquels ils se développent, de sorte qu'il est à peu près impossible de reconnaître sur place la présence du Chætonema. Au microscope, il s'aperçoit sans difficulté. Il présente l'aspect d’un buis- son rameux formé d'articles dont la longueur diminue de la base au sommet de la plante. Les rameaux primaires sont étalés, souvent même rampants contre l'axe principal du Batrachospermum. Les rameaux de différents ordres s’insèrent les uns sur les autres à angle droit, ou pres- que droit, en séries unilatérales. [ls présentent, soit à leur extrémité, soit sur le côté, de longs poils un peu renflés à la base, à insertion égale- ment unilatérale. La reproduction se fail par des zoospores issues du contenu de quelques articles terminaux ou médians qui se renflent pour former des zoosporanges. e La seconde plante sur laquelle je désire appeler l'attention est une Nostochinée filamenteuse appartenant au groupe des Scytonémées. Elle me paraît rentrer dans le genre Microchæte, de formation récente, et dont on ne connaît encore que deux espèces, l’une marine, l’autre d’eau douce. Cette dernière, qui a été trouvée dans un étang des environs d'Antibes par MM. Bornet et Thuret (1), ne paraît pas différer d’une Algue silésienne décrite par M. O0. Kirchner (2) sous le nom de Coleo- spermum Gœppertianum. M. Bornet a déjà mentionné la ressemblance des deux plantes (loc. cit.); mais, depuis qu’il écrivait, un document nouveau a paru, qui permet d’être plus affirmatif. M. Kirchner (3) à publié une figure de son Coleospermum, et, si on la compare avec celle des Notes algologiques, on verra qu’elle ne présente pas de différences appréciables. Du fait que MM. Bornet et Thuret n’ont pas observé de spores dans une Algue qu’ils n’ont rencontrée qu’une seule fois, on ne saurait conclure qu’elle en est toujours dépourvue, et hésiter à réunir, au moins provisoirement, deux plantes qui présentent, sous tous les autres rapports, une si complète ressemblance. L’Algue qui fait l’objet de la présente note a été rapportée de Lardy avec diverses autres espèces provenant des mares formées par les pluies sur les roches de grès. Elle avait passé inaperçue au moment de la récolte, et je n'ai constaté sa présence qu’au commencement de l'automne dernier. J'ai pu suivre son développement pendant tout l'hiver. L'aspect de la plante (fig. 1, 2, 3) est celui d'un Tolypothrix ou (1) Notes algologiques, page 129, pl. 30, fig. 5. (2) Aryptogamen Flora von Schlesien : ALGEN, p. 299. (3) Microse. Pflansen und Thierwelt, pl. IV, fig. 129. T. XXXII (SÉANCES) 14 210 SÉANCE DU 26 JuIN 1885. d’un Scytonema dépourvu de ramifications. Le trichome, dont le dia- mètre varie de 4 a à 6 p, se compose d’une rangée de cellules dont les inférieures sont doliiformes et plus longues que larges, tandis que les supérieures, de longueur égale au diamètre ou même plus courtes que celui-ci, sont à peine resserrées aux cloisons. L’ensemble du fila- ment offre, de la base au sommet, une légère atténuation qui peut aller jusqu’à 4/8° du diamètre à la base. Cette dernière, lorsque le trichome est entier, présente toujours un hétérocyste qui est de forme globuleuse, un peu déprimée vers Le point d’attache. Il peut en outre exister des hétéro- cystes intercalaires isolés ou réunis deux à deux (fig. 4), lesquels, for- més aux dépens de cellules déjà allongées, sont oblongs ou quadran- gulaires. Ces hétérocystes se reconnaissent à première vue, comme toutes les cellules de même nature, à leur enveloppe relativement épaisse, bleuissant par l’action du chloroiodure de zinc, ainsi qu’à leur contenu limpide et d’un jaune brillant, lequel contraste avec le plasma vert bleuâtre plus ou moins granuleux des autres cellules. ° L'ensemble du trichome est enveloppé par deux gaines concentriques de nature différente. La première, très nettement limitée et exactement cylindrique, est appliquée sur les cellules; la seconde, beaucoup plus large, de nature gélatineuse et limitée à l'extérieur d’une manière indé- cise, n’est signalée que par les corps étrangers qui s’arrêtent à sa surface, ou mieux par les réactifs colorants. Certains filaments présentent, au moins dans leur partie inférieure, deux gaînes minces concentriques, renfermées dans la gaîne muqueuse (fig. 5). Sous l’action du chloroiodure de zinc, les gaînes intérieures prennent la couleur bleue, mais seulement au bout d’un temps assez long et sur une hauteur de huit à dix diamètres à partir de la base. Ces diverses enveloppes ne sont jamais terminées par un poil et sont fermées à l’extré- mité dans le jeune âge. Elles s'ouvrent seulement au moment de la pro- ductiondes hormogonies. Ces dernières se forment à la partie supérieure du filament, dès que celui-ci a atteint une certaine longueur. Je n’en ai jamais vu sortir qu’une à la fois. En général elles sont séparées du reste des cellules par un disque de matière jaune et réfringente, qui paraît analogue à l'anneau décrit, à la page 9 des Notes algologiques, chez des plantes appartenant au même groupe; quelquefois elles se relient au reste du trichome par un tractus filamenteux. Le nombre des cellules qui constitue une hormogonie est très variable. J'en ai compté depuis trois jusqu’à vingt, ou même plus. En raison de leur formation aux dépens de la partie supérieure du trichome, ces cellules sont toujours courtes ou en voie de division active (fig. 6). | L’hormogonie, après s'être déplacée pendant quelque temps, devient immobile et s’entoure d'une enveloppe gélatineuse extrêmement ténue, GOMONT. — DEUX ALGUES NOUVELLES. 211 qui ne devient visible que par l’action des réactifs colorants; beaucoup d'entre elles forment aussi immédiatement une gaine mince. On voit alors se développer le premier hétérocyste, qui sera l’hétérocyste basilaire du futur filament. Formé aux dépens des courtes cellules de l’hormo- gonie, il est, comme nous l’avons déjà dit, sphérique ou à peu près. Dans mes cultures j'ai observé en grande abondance cette période de développement et je l’ai représentée dans la figure 7. Vers la fin de l'hiver, J'ai trouvé, soit à la base de certains trichomes, soit réunies en tronçons isolés, des cellules dont la longueur assez variable pouvait atteindre quatre fois le diamètre (fig. 8 et 9). Leur contenu, grossièrement granuleux, différait beaucoup de celui des autres articles, et leur aspect rappelait d’une manière frappante celui des spores en voie de formation chez diverses plantes de la famille des Nostochinées. Il est très vraisemblable qu'il s’agit en effet de véritables spores, bien qüe l’épreuve décisive de la germination n'ait pu être obtenue jusqu'ici, et que je n’aie pas constaté la présence d’une enveloppe ferme qui est le caractère général, mais non absolument constant, des organes de cette nature dans le groupe en question. Il arrive parfois que, dans les Lyngbya, les Calothrix et autres genres voisins, la sortie des hormogonies ne se faisant pas librement, celles-ci crèvent latéralement la gaine en donnant naissance à une fausse ramification. Quelquefois aussi le filament lui-même, en se développant, produit le même résultat. Le Microchæte m'a offert, bien que rarement, la même anomalie. Dans les cas observés, la fausse ramification s’est produite à la rencontre d’un hétérocyste, de façon à donner à l’ensemble l'aspect d’un Tolypothrix. En résumé, notre plante nous semble se distinguer bien nettement des espèces déjà décrites du genre Microchæte par son aspect général, par ses trichomes toruleux, de diamètre uniforme ou même légérement atténués de la base au sommet; enfin, et surtout, par [a présence de [a gaine muqueuse. Je la décrirai done sous le nom de Wicrochæte diplo- Siphon, sp. nov., avec la diagnose suivante : MICROCHÆTE. Bornet et Thuret, Notes algologiques, fase. 11, p. 123-129, pl. XXX, fig. 4-5. — Coleospermum Kirchner, Flora von Schlesien, ALGEN, p. 239; Kirchner et Blochmann, Wicroscopische Pflanzen und Thier- welt des Suesswassers, p. 40, Taf. IV, fig. 129. Trichomata simplicia, articulata, solitaria, vagina simpliei aut multi- plici inclusa in pilum ad apicem non producta, semper helerocysta basi- 212 SÉANCE DU 26 JuIN 1885. lari, nonnunquam heterocystis (1) intercalaribus prædita. Sporæ e cel- lulis inferioribus formatæ. MICROCHÆTE DIPLOSIPHON , Sp. nov. — Trichomata recta vel flexuosa a basi usque ad apicem sæpe leviter attenuata. Heterocystæ basilares et intercalares ; basilares depressæ vel sphæricæ, intercalares plus minusve elongatæ. Articuli inferiores ad genicula contracti, diametro longiores ; articuli superiores minus contracti, diametro æquales vel minores. Vagina duplex, achroa, apice primum clausa : exterior irregularis, mucosa, sæpe duplici diametro trichomatis fere æqualis ; interior tenuis, membranacea, exacte cylindrica, arcta, simplex vel lamellosa. Sporæ (?) seriatæ cylindricæ, articulos steriles crassitudine æquantes, usque ad quater diametro longiores. Diam. trichomatis....................... 4u,4 à 6u Diam. heterocystæ. ...................... Ou,4 à 8 Diam. vaginæ interioris.................. 4,1 à Gu,1 Diam. vaginæ exterioris usque ad......... 10% Habitat in Gallia, prope Lardy (Seine-et-Oise), in serobiculis rupium aqua pluviali repletis. Explication des figures de la planche VII. Fi. 1. — Microchete diplosiphon. — Plante entière, adulte (grossissement de 350 diamètres). F6. 2 et 3. — Partie inférieure et supérieure d’un même filament (grossisse- ment de 595 diamètres). FiG. 4. — Partie inférieure d’un filanient présentant un hétérocyste basilaire et deux hétérocystes intercalaires (grossissement de 595 diamètres). FiG. ©. — Partie inférieure d’un fHament âgé, offrant deux gaînes minces à l'intérieur de la gaîne muqueuse (grossissement de 595 diamètres). F6. 6. — Une hormogonie sortant du tube (grossissement de 595 diamètres). FiG. 7. — Hormogonies en germination (grossissement de 595 diamètres). Fi. 8 et 9. — Chapelets de spores (?) et spores (?) isolées (grossissement de 300 diamètres). FiG. 10. — Filament présentant par anomalie une ramification de Tolypothrit (grossissement de 350 diamètres). Nota. — Les figures ont été dessinées à la chambre claire par l’auteur. . (1) Le mot helerocyst créé par Allman a été traduit de différentes manières. M. Thuret écrivait helerocystus, nous préférons le mot heterocysta (du grec x35+n) au mot helero- cystis (du grec xI0 T4) employé par MM. Wittrock et Nordstedt; nous évitons ainsi l'emploi de l'ablatif heterocistidibus. CAMUS. — ORCHIS HYBRIDES. 213 M. Gustave Camus fait à la Société Ja communication sui- vante : NOTE SUR LES ORCHIS MILITARIS L., PURPUREA Huds., SIMIA Lamk, LEURS VARIÉTÉS ET LEURS HYBRIDES DANS LA FLORE PARISIENNE” par M. @. CAMUS. J'ai l'honneur de communiquer à la Société les résultats des recherches que j'ai faites pour classer les Orchidées des groupes de l'Orchis mili- taris L. var. à. de l'O. purpurea Huds. et de l'O. Simia Lamk (1). MM. Cosson et Germain de Saint-Pierre, dans la 2° édition de leur Flore des environs de Paris, déclarent avoir rencontré des formes dont la détermi. nation est presque impossible (p. 679); plus loin (p.680), ils ajoutent que, pour classer toutes les formes, il faut peut-être aller jusqu’à admettre des hybrides secondaires. C’est là en effet, je crois, que se trouve la solu- tion. S'il y a des formes que je n’oserais même qualifier de sous-variétés, il existe des hybrides, reconnaissables à leurs caractères de fixité, qu'il ne faut pas méconnaître et dont la détermination est singuliérement faci- litée par la comparaison d’ensemble de tous les types. Les éléments que l’on retrouve sont ceux de leurs parents présumés d’après les caractères morphologiques. Ii ne m’a pas été possible de donner des noms composés aux hybrides, le rôle des parents n’étant pas encore démontré par la culture. Quant aux hybrides secondaires, bien que je n’aie pas de doute sur les antécé- dents, je puis moins encore en présumer la filiation. Mes observations attentives se sont continuées pendant plusieurs an- nées, et j'ai heureusement pu les résumer en récoltant dans la même journée toutes ces plantes critiques. Il m'a été possible, en comparant les labelles et les casques (5 parties supérieures du périanthe, que j'avais détachées de la fleur et successivement fixées sur la même planche), d’avoir sous les yeux des éléments de détermination qui, joints aux caractères des plantes entières, m’ont donné des diagnoses sûres. J'ai créé ainsi avec tout le soin possible trois planches semblables (j'en destine une à la Société et une autre à l’herbier de l’École de pharmacie de Paris), et, afin de rendre plus facile l'étude complète de ce groupe intéressant, j'ai reproduit ces objets sur une planche à l’aquarelle qui accompagnera cet article. (1) Voyez plus loin, séance du 24 juillet, ma note complémentaire sur le même sujet. 914 SÉANCE DU 26 JUIN 1885. TABLEAU SYNOPTIQUE. 1° convergens | 2 spathulata. 3° amediastina. 4° incisiloba. | 5° parallela. Orchis purpurea.......... 10 formes! ! Go minima. 1° latiloba. 8° longidentata. 9 confusa. 40° albida. 1° spathulata. 2% parallela. 3° convergens. X ORCHIS JACQUINI. 2 formes (X du purpurea et du militaris). -XX Orchis dubia. l af 1° rotundiloba. (XX du Jacquini et du militaris). ÿ <1ormes 2 spathulata. Orchis militaris............................ 9 for 1° typica. formes 2 spathulata. ORCHIS SIMIO-MILITARIS. X Une seule forme. (du Simia et du militaris.) XX Orchis Chatini. DCX du Simia et du Simio-militaris À Une Seule forme. Orchis Simia,....:..... ................... Une seule forme. Orchis purpurea Huds.; Orchis fusca Jacq.; 0. purpurea var. «., Coss. et G. de S.-P. Flore des environs de Paris, 2° édit. page 678. Plante de 3 à 8 décimètres. Bulbes entiers ou subglobuleux. Feuilles luisantes, grandes, oblongues, lancéolées. Fleurs assez grandes, disposées en épi oblong. Périanthe veiné et ponctué de pourpre foncé, souvent lavé de vert à la base quand la fleur est jeune, à divisions toutes conniventes en casque ; les 3 divisions extérieures obtuses et soudées à la base, les 2 divisions intérieures de même longueur, mais beaucoup moins larges. Labelle blanc ou lavé de rose clair, parsemé de houppes pourpres, tri- partite, à lobes latéraux étroits, le lobe moyen s’élargissant insensible- ment à partir de sa base, bifide, les lobes secondaires séparés par une dent de longueur variable. Eperon courbe dirigé en bas, plus court que la moitié de la longueur de l'ovaire; bractée violacée, beaucoup plus courte que l'ovaire, à une seule nervure. Cette espèce est polymorphe. Je distingue 10 formes, dont 9 sont à l'fsle-Adam; la forme incisiloba a été trouvée à Bondy. 1° Forma convergens.— Lobes latéraux rétrécis à la base, médiastin petit (1); dent courte, lignes latérales des lobes secondaires convergentes. (1) Afin d’abréger, je propose de désigner sous le nom de médiastin la partie indivise du lobe moyen du labelle, en d’autres termes le segment de ce lobe compris entre sa base et la naissance des lobes secondaires. CAMUS. — ORCHIS HYBRIDES. 215 2° Forma spathulata. — Lohes latéraux longs, rétrécis à la base, médiastin moyen; dent courte, lobes secondaires arrondis en forme de spatule. 3° Forma amediastina. — Lobes latéraux non retrécis à la base, incomplète- ment formés; médiastin nul, dent courte, lobes secondaires spatulés. 4° incisiloba. — Lobes latéraux à peine incisés. Cette forme est figurée planche XXXIL, fig. 2, dans l’Atlas de MM. Cosson et Germain de Saint- Pierre. 5° Forma parallela. — Lobes latéraux rétrécis à la base, dent courte. Lignes latérales de lobes secondaires parallèles. 6° Forma minima. — Même labelle que dans la forme précédente, mais les fleurs sont très petites, ainsi que la plante, dont la hauteur atteint 2 déci- mètres. ° Forma latiloba. — Ressemble à la forme parallela, mais les lobes latéraux sont moins longs et presque une fois plus larges. 8 Forma longidentata.— Ressemble à la forme spathulata ; le médiastin est un peu plus court, la dent atteint presque le sommet de l’angle de sa bifidité du lobe médian. 9 Forma confusa. — Plante petite; labelle obscurément lobé, à lobes dis- semblables, présentant souvent à l’angle des lobes latéraux une petite dent analogue à celle qui sépare les lobes secondaires ; meédiastin nul. Dans cette forme il n’y a pas, sur la même plante, deux fleurs ayant une similitude réelle. 10° Forma albida. — Labelle complètement blanc. 1 Je n’ai jamais pu constater l’absence totale de la dent; elle peut être très réduite, presque incolore et visible alors seulement à la loupe. Orchis militaris L. Sp. 1333, excl. var. 8. y. à. ete.; Orchis galeata Poir. in Lamk. Plante de 3 à 6 décimètres, de même port que l'espèce précédente. Bulbes entiers ou subglobuleux. Périanthe rose ou gris cendré, veiné et ponctué de violet plus ou moins foncé, à divisions toutes conniventes en casque, les 3 divisions extérieures soudées à la base, les divisions laté- rales obtuses, la division médiane aiguë, les 2 divisions intérieures de même longueur et beaucoup moins larges. Labelle blanc ou lavé de rose clair parsemé de houppes pourpres, tripartite à lobes latéraux étroits, le lobe moyen plus long que les lobes latéraux, dilaté et formant au sommet deux lobes souvent réfléchis, séparés par une dent; médiastin aussi long que les lobes latéraux; lobes secondaires au moins trois fois plus larges que les lobes latéraux. Éperon courbé dirigé en bas, plus court que la moitié de la longueur de l'ovaire; bractée beaucoup plus courte que l'ovaire, à une seule nervure. Cette espèce comprend 2 formes : 1° Forma typica. — Lobes secondaires tronqués au sommet; 2% — spathulata. — Lobes secondaires arrondis au sommet. 216 SÉANCE DU 26 JuIN 1885. x Oncuis JacquiNt Godr.; Orchis fusca var. Jacquini Coss. et Germ. Flore des environs de Paris, 2 édit. p. 678 (hybride de l'O. purpurea et de l'O. militaris). Casque de même forme que celui de l’Orchis purpurea, mais de coloration rouge violacée, strié et ponctué en dehors et en dedans; il n’y a jamais de vert à la base. Les divisions secondaires du lobe médian du labelle sont un peu moins larges que dans l'O. purpurea; le médiastin atteint au plus la longueur de la moitié des lobes latéraux. C’est donc, avec une légère modification, le labelle de l'O. purpurea et Le casque de l'O. militaris. J'ai trouvé cet hybride sous les 3 formes : 1° spathulata, 2 parallela, 3° convergens. XX OnrcHis pusra. — Hybride de l’Orchis Jacquini et de l'O. mili- taris. Plante ayant le port des espèces précédentes et intermédiaire. Le casque est celui de l'O. Jacquini. Le médiastin est plus court que les lobes latéraux, mais plus long que la moitié de leur longueur; les lobes latéraux sont plus larges que dans l'O. militaris, et moins larges que dans l'O. Jacquini. Cette plante comprend 2 formes : 1° spathulata, ® rotundiloba. Orchis Simia Lamk; Orchis tephrosanthos Villars. Plante de 2 à 4 décimètres de hauteur. Épis subglobuleux. Périanthe à divisions toutes conniventes en casque, gris cendré, uni en dehors, ponctué de rose en dedans; les divisions extérieures longuement acu- minées ; les divisions intérieures linéaires et plus courtes. Labelle blanc ou lavé de rose parsemé de houppes violacées, tripartite ; les deux lobes latéraux linéaires très étroits se terminant en pointe et à section ovale presque cylindrique; médiastin plus court et une fois plus large que les lobes latéraux ; lobes secondaires du lobe médian de même longueur et de même forme que les lobes latéraux, séparés par une longue dent subulée. Tous ces lobes sont arqués en avant. Éperon courbe dirigé en avant, plus court que la moitié de la longueur de l'ovaire; bractée très courte. Une seule forme. Jai observé plusieurs fois l'Orchis Simia à fleurs absolument blanches, mais toujours dans des endroits fort ombragés. XX OrcHis CHATINI (1). — Hybride de l’Orchis Simia et de l'Orchis Simio-militaris. (1) J'ai dédié cette plante à mon maître M. Chatin, directeur de l'École de phar- macie, comme témoignage de son heureuse influence pour l'élévation du niveau scien- tifique de nos études professionnelles. Je lui devais encore cette marque de déférence, parce que depuis longtemps il indiquait à ses élèves le polymorphisme des Orchis de la section militaris, y pressentant des hybrides et même des hybrides secondaires. CAMUS. — ORCHIS HYBRIDES. 215 Cette plante a le port de la précédente, avec laquelle elle a été confon- due, mais elle est plus robuste et les épis sont plus longs. Les lobes du labelle sont tous aussi arqués en avant; les lobes secondaires sem- blables aux lobes latéraux, mais spatulés et aussi larges que le médias- tin. La dent est moins longue; la section des lobes est une ellipse dont les foyers sont éloignés. Le casque est exactement semblable à celui de l'O. Simia. ORCHIS SIMIO-MILITARIS Gr. et Godr. Cette plante est intermédiaire entre l’Orchis militaris et l'O. Chatini. Elle diffère du premier par ses lobes latéraux plus longs que le mé- diastin (caractère qui lui est commun avec l’O. dubia), au lieu d’être d'égale grandeur; par ses lobes secondaires plus courts et à peine une fois plus larges que les lobes latéraux. Elle diffère de l'O. Chatini par le Jabelle à segments inégaux et par le casque, dont les divisions extérieures ne sont pas longuement acuminées, et dont les divisions intérieures sont environ de même longueur que les divisions extérieures. C’est, en un mot, le casque de l'O. militaris. J'ai récolté, le 24 mai 1885, toutes ces plantes sur les coteaux de Vaux et du Catillon, sur le Montrognon, commune de Champagne, près de l’Isle-Adam., Explication de In planche VIII de ce volume. 1. Labelle d'Orchis purpurea, forma convergens. 2. Id. id. spathulata. 5) Id. id. amediastina. 4. Hd. id. incisiloba. 5. Id. id. parallela. 6. Id. id. minima. 7 Id. id. latiloba. 8. Id. id. longidentata. 9. Id. id. confusa. 10. Id. id. albida. 11. Id. d’Orchis Jacquini, forma spathulata. 12. Id. id. convergens. 13. Id. id. parallela. 14. Id. d'Orchis dubia, forma rotundiloba. 15. Id. id. spathulata. 16. Id. id. id. segmentis brevioribus. 19. Id. d'Orchis militaris, forma typica. 17, 18, 20. Labelle d’Orchis militaris, forma spathulata. 21, 22. Labelle d’Orchis Simio-militaris. 23, 23'. Labelle d'Orchis Chatini. 24, 24’. Labelle d’Orchis Simia. P. Casque ouvert de l’Orchis purpurea. J. Casque ouvert des Orchis Jacquini et dubia. 218 SÉANCE DU 26 JuIN 1885. M. Casque ouvert des Orchis militaris et Simio-militaris. S. Casque ouvert des Orchis Simia et Chatini. a. Division intérieure du périanthe des diverses formes de l’Orchis purpurea. b. Division intérieure du périanthe de la forme éincisiloba de l’Orchis pur- purea. . Éperon de l’Orchis purpurea. . Coupe elliptique d’un segment de labelle de l’Orchis Chatini. . Coupe ovale d’un segment de labelle de l’Orchis Simia. . Casque des Orchis Chatini et Simia. + ® ee Q M. Costantin fait à la Société la communication suivante : RECHERCHES SUR LA SAGITTAIRE, par M. COSTAN'TIN. Tout le monde sait que la Sagittaire a des feuilles de formes diverses, les unes très allongées comme un ruban, les autres pointues et auricu- lées comme une flèche. Les premières sont submergées, les secondes aériennes; aussi quelques anciens naturalistes, comme Lamarck, avaient pensé que la forme rubanée est due au milieu aquatique et la forme sagittée au milieu aérien. La question est plus complexe que ne le pensaient ces anciens auteurs. D'abord une feuille en flèche est toujours sagittée; elle n’est pas ruba- née tant qu’elle est sous l’eau, pour devenir sagittée dès qu’elle arrive à l’air : la forme en flèche se différencie dans le bourgeon. Ensuite chaque espèce de feuille peut croître dans un milieu autre que celui où elle vit d'ordinaire. Jai pu observer ces feuilles en flèche submergées et des feuilles rubanées aériennes. Il est vrai qu’il y a alors, bien que la forme générale soit conservée, interversion dans l’aspect : la flèche, dans le premier cas, est très allongée, étroite, molle et mince, tandis que le ruban, dans le second, est court, épais et ferme. Le problème est donc moins simple qu’on ne l’avait supposé ; il néces- site un examen plus attentif que celui qui a été fait jusqu'ici. Aussi me suis-je proposé de reprendre la question de l'influence du milieu sur la Sagittaire. Dans cette intention, j'ai recueilli des individus de cette plante venant de localités très diverses et ayant poussé dans des condi- tions extrêmement différentes. J’ai d’abord examiné les variations de l’aspect extérieur : elles sont déjà très instructives, ainsi qu’on va pou- voir s’en assurer. Variations morphologiques externes. a. Individus aériens. — Je me suis d’abord procuré quelques indi- vidus développés à l’École botanique du Muséum ; le bassin dans lequel COSTANTIN. — RECHERCHES SUR LA SAGITTAIRE. 219 on les cultivait est très peu profond, de sorte que la plante est presque entièrement aérienne. On sait que Reinsch (1) a autrefois décrit trois sortes de feuilles dans la plante présente, les rubanées submergées, les cordées nageantes, et les sagittées émergées. Dans les exemplaires actuels, le nombre des formes est beaucoup plus grand, et toutes sont aériennes. Les feuilles rubanées se développent à l'air, mais restent courtes, et leur nombre est d’ailleurs peu élevé. Entre ces feuilles rubanées et les feuilles cordées, dont le limbe est oblique par rapport au pétiole, on observe une série de transitions : le limbe s’élargit d’abord à l'extrémité, de sorte que la feuille est spatulée ; cette spatule se creuse en cuillère; le pétiole devient oblique par rapport au limbe, et ce dernier prend enfin la forme cordée. b. Individus submergés peu profondément. — A l’époque où les échantillons précédents furent examinés, d'autres furent récoltés dans un bassin plus profond, de 50 centimètres environ. Les feuilles rubanées sont un peu plus nombreuses et une feuille nageante s’observe immé- diatement après : elle est intermédiaire, par sa forme, entre les feuilles cordées et les feuilles sagittées. Il n’y a donc pas, dans ce cas, tous les intermédiaires précédents entre les différents systèmes de feuilles ; il y a passage brusque d’une forme rubanée à une forme sagittée. La feuille sui- vante, qui n’est pas encore sortie de l’eau, est très nettement en flèche, quoique convolutée. c. Individus profondément submergés. — Enfin, dans d’autres cas, quand les individus se trouvent à une grande distance de la surface de l’eau, il peut arriver qu'on n’observe que des feuilles rubanées sur un même pied. J'ai pu compter ainsi, dans un exemplaire, quatorze feuilles rubanées de 50 à 60 centimètres de longueur. Si l’on enlève, dans ce cas, les feuilles externes jusqu’à la quatorzième, on voit sortir la quinzième encore rubanée de la gaîne de la précédente, où elle est presque complé- tement enfermée. On découvre ainsi successivement toutes les feuilles suivantes dans la gaine de celle qui précède immédiatement. Leurs dimensions et leurs formes sont les suivantes : 15° feuille rubanée 25" de long, 4m de large. 16° id. —— 10mm 2nm 17° id. sagittée gmm {1/2 18° id. — 1m 1/2 Ces deux dernières feuilles ont une forme sagittée très appréciable : elles sont donc parfaitement différenciées, quoique cachées, et attendent, (1) Flora (1860, n° 47, p. 740). 290 SÉANCE DU 26 JuIN 1885. pour apparaître, soit une nutrition plus vigoureuse, soit un abaissement du niveau des eaux. Enfin j'ai pu observer, soit dans la Marne, soit dans le canal près du pont de Charenton, des individus très profondément submergés; leur taille était très élevée el pouvait atteindre 1",50 (1); le nombre de leurs feuilles, qui étaient toutes rubanées, dépassait au moins une vingtaine. La plante ainsi constituée a été prise autrefois pour une Vallisnérie (Val- lisneria bulbosa Poiret): c’est la variété vallisnerifolia de MM. Cosson et Germain (2). M. Klinge (3), qui a étudié récemment d’une manière très approfondie toutes les variations de la Sagittaire commune, dont il dis- tingue jusqu’à huit variétés, oppose la variété vallisnerifolia à toutes les autres parce que, dans ce cas, la plante ne produit pas de fleurs. On voit donc que, par suite de la submersion dans les eaux très profondes, le nombre des feuilles rubanées augmente beaucoup, leur taille s'accroît énormément; les feuilles sagittées, si elles existent dans le bourgeon, ne se développent pas, et la plante ne produit ni fleurs, ni fruits. En somme, sous l'influence du changement de milieu, tout l'aspect extérieur de la plante est modifié. Il reste maintenant à examiner si ces transformations externes sont accompagnées de variations appréciables dans la structure anatomique. Variations de la structure anatomique. La connaissance de la structure normale des feuilles sagittées aériennes et des feuilles rubanées aquatiques est indispensable pour aborder l'étude de cette nouvelle question. Aussi vais-je d’abord décrire rapidement les différences anatomiques qui existent entre ces deux sortes de feuilles. a. Structure anatomique des feuilles sagittées aériennes et des feuilles rubanées aquatiques. — Les feuilles rubanées aquatiques sont pour ainsi dire réduites à leurs deux épidermes chlorophylliens sans siomates. Le mésophylle n’est représenté que par des cloisons unicellu- laires séparant de grandes lacunes. Les faisceaux qu’on observe dans les nervures sont très dégradés, presque sans vaisseaux. Les feuilles sagittées ont un épiderme sans chlorophylle et avec sto- mates sur les deux faces. Le mésophylle est très épais dans ces feuilles, et se divise en tissu palissadique et tissu lacuneux, qui sont tous les deux bien développés et contenant une masse considérable de chlorophylle. (1) Micheli en cite de 2 mètres (Monographiæ Phanerogamarum, vol. HT). (2) Flore des environs de Paris, p. 522. (3) Ueber Sagittaria (Sitzungsb. der Naturforscher Gesellsch. bei der Universität Dorpat, t. V, 1880). COSTANTIN. — RECHERCHES SUR LA SAGITTAIRE. 2921 L’amidon existe autour des faisceaux, qui sont beaucoup plus développés ; le système ligneux de ces derniers offre des vaisseaux lignifiés nom- breux, et le système libérien est beaucoup plus épais que chez les autres feuilles. Les structures de ces deux sortes de feuilles sont donc très différentes. Doit-on attribuer ces différences au changement de milieu? Pour résoudre cette question, il faut examiner la structure des feuilles rubanées aériennes, et celles des feuilles sagittées aquatiques. b. Structure anatomique des feuilles rubanées aériennes et des feuilles sagittées aquatiques. — Si les feuilles rubanées croissent à l'air, il se forme des stomates sur leur épiderme, et la quantité de chloro- phylle de cette assise diminue beaucoup. Le mésophylle s’épaissit consi- dérablement et une assise en palissade s’y différencie. La structure des faisceaux devient également plus complexe, plusieurs vaisseaux se ligni- fient, et une gaine sclérifiée apparaît autour des groupes libéro-ligneux. Ces feuilles rubanées se rapprochent donc, par lous leurs caractères, des feuilles sagittées aériennes. Cependant il est nécessaire de dire que la différenciation reste faible dans ces feuilles rubanées; malgré cela, on peut conclure que la production des stomates, l'apparition du tissu en palissade, des vaisseaux, l’accroissement des grains chlorophylliens, concordent avec le changement de milieu. Si l’on compare maintenant les feuilles sagittées aquatiques aux feuilles sagittées aériennes, on voit la chlorophylle apparaître dans l’épiderme, le mésophylle disparaitre presque complétement et les faisceaux se dé- grader. Il est cependant une différence signalée entre les feuilles ruba- nées aériennes et aquatiques qu'on ne retrouve plus; on observe encore un certain nombre de stomates sur la feuille sagittée submergée. L'étude du développement des feuilles sagittées est indispensable pour com- prendre cette anomalie. c. Développement des feuilles sagittées. — L'étude des feuilles ruba- nées aériennes a permis de conclure que c’est lorsque ces feuilles arrivent à l'air que les stomates apparaissent. Il n’en faudrait pas conclure que les stomates des feuilles sagittées apparaissent lorsqu'elles sortent de l’eau. On peut dire, pour ces feuilles sagittées, qu'il y a une sorte d’accé- léralion métagénésique aussi bien pour la forme externe que pour la structure. La forme sagittée peut apparaître dans le bourgeon alors que le contact de l’eau ne s’est pas produit; de même les stomates peuvent se différencier sur ces feuilles, alors qu'elles sont encore enfermées dans les gaines des feuilles précédentes, et alors qu’elles sont soustraites à l’action du milieu aquatique. D’après ce qui a été dit plus haut, l'apparition des feuilles sagiltées est 299 SÉANCE DU 26 JUIN 1885. retardée quand les eaux deviennent profondes; inversement, leur forma- tion est accélérée quand le niveau de l’eau s’abaisse. Les deux faits que je viens de citer permettent de comprendre pour- quoi il peut y avoir des stomates sur les feuilles sagittées submergées. La production de ces feuilles sagittées submergées est probablement due à une variation notable de la surface de niveau du liquide. Admettons cette hypothèse pour un instant. Les eaux sont basses, les feuilles sagittées se différencient dans le bourgeon, les stomates s’y forment. Sur ces entre- faites une crue arrive, la vitalité de la plante devient plus faible, et la feuille sagittée, ne pouvant arriver au-dessus de la surface de l’eau, s'adapte à la vie aquatique. Mais les stomates étaient formés, ils subsistent, quoiqu’ils n’aient pas de rôle à remplir dans ces nouvelles conditions. L'hypothèse que je viens d'émettre repose sur un fait curieux révélé par l’échantillon présentant une feuille sagittée submergée. D’ordinaire, quand une feuille sagittée s’est formée, il ne se produit plus que des feuilles sagittées. Chez l'individu précédent, il n’en est pas ainsi. Après la feuille sagittée submergée, il s’est développé deux feuilles spatulées également submergées; la troisième feuille suivante seulement a repris la forme de flèche et est devenue aérienne. Le fait précédent indique qu'il y a eu une modification brusque dans les conditions de développement de la plante, vraisemblablement une élévation du niveau de l’eau. Résumé. — L'examen de la structure anatomique complète l’étude purement externe faite en premier lieu. En somme, on voit donc que : 4° Quand les feuilles rubanées peuvent arriver à l’air, elles se modi- fient profondément : le tissu en palissade se forme, les grains de chloro- phylle se multiplient, les stomates apparaissent, etc. Dans ces conditions nouvelles, la transpiration peut s’opérer, l'action chlorophyllienne devient plus intense; il en résulte bientôt une modification dans la forme des feuilles, qui se traduit par la série des intermédiaires que l’on observe entre les feuilles simples rubanées et les feuilles cordées et sagittées. La plante possède alors une vitalité assez grande pour produire rapidement des feuilles différenciées dès le bourgeon, c’est-à-dire sagittées et pos- sédant des stomates. 2° Quand la plante croit dans l’eau, il est nécessaire qu’un plus grand nombre de feuilles rubanées se forment pour que les feuilles sagittées apparaissent. Ces feuilles sont différenciées également dès l’origine, elles traversent la couche liquide avec des stomates formés; ce fait explique qu'il puisse y avoir des feuilles submergées avec des stomates, si les condi- tions de développement viennent à être moditiées, si le niveau de l'air s'élève, par exemple. 3° Enfin, quand la plante croît à une grande profondeur, toutes ses GANDOGER. — EXCURSION BOTANIQUE AU GRAND SAINT-BERNARD. 223 fonctions ne s’opèrent plus avec assez d’activité pour pouvoir produire le développement des feuilles sagittées; elles n’apparaissent plus, et la plante ne fleurit pas. Le milieu aquatique empêche donc ou simplement retarde l’apparition des caractères héréditaires de la plante. M. Gandoger fait à la Société la communication suivante : EXCURSION BOTANIQUE AU GRAND SAINT-BERNARD (SUISSE), DU 6 AU 9 JUIN 1885, par M. Michel GANDOGER Désirant étudier de visu la flore vernale alpine et subalpine, ainsi que connaître plus exactement certains faits botaniques qui me sont né- cessaires pour la continuation de mon Flora Europæ, j'ai passé les mois de mai et de juin derniers en Suisse. Parmi les diverses excursions que j'ai faites, il m’a semblé intéressant d'entretenir la Société de mon ascension au grand Saint-Bernard, montagne célèbre dont la flore est pour ainsi dire classique. Je partis des bords du lac de Genève le 6 juin au matin par le bateau à vapeur, et j’arrivai au Bouveret (Valais) d'assez bonne heure pour me permettre, avant le départ du train, une petite herborisation sur les basses montagnes voisines, premiers contreforts des Alpes de Savoie et du Valais. Je récolte : Festuca gigantea Vüll. Phyteuma spicatum L. Brachypodium pinnatum P. B. Hieracium silvaticum Lamk. Carex silvatica Huds. Orchis maculata L. (à fleurs lilacées et à Sanicula europæa L. fleurs blanches). Ægopodium Podagraria L. Epipactis ovata Suw. Polystichum Filix-mas Bernh. Euphorbia Lathyris L. À une altitude qui ne dépasse pas 400 mètres, je vois avec un certain étonnement les plantes ci-après, propres à la région inférieure des mon- tagnes, c’est-à-dire exigeant habituellement une altitude au moins deux fois plus grande : Veronica urticæfolia Jacq. Spiræa Aruncus L. Luzula nivea DC. Orobus luteus L. Geranium silvaticum L. Ce sont les premiers avant-coureurs de la splendide végétation des hauts sommets que je vois devant moi à l’est : les Alpes de l’Engadine, l'Oberland bernois où domine la Jungfrau, le Moench, le Finsteraar- horn, etc. En une heure je franchis, en chemin de fer, la distance qui sépare le Bouveret de Martigny, non sans avoir sümiré les pics gigantesques 294 SÉANCE DU 26 JuiN 1885. des Diablerets (3251 mètr.), de la Dent du Midi (3285 mètr.), du Ca- togne (2650 mètr.), et une multitude de montagnes explorées jadis par Schleicher, Thomas, etc. À droite, les gorges célèbres du Trient, patrie du rare Vesicaria utriculata Pers. Martigny jouit d’un climat très chaud et qui contraste singulièrement avec les glaciers et les neiges des montagnes qui l'entourent. Sa végéta- tion se ressent donc de cette particularité. Toutefois mon objectif étant avant tout le grand Saint-Bernard, je n’herborise pas autour de la ville. Je me contente d’y cueillir rapidement : Artemisia valesiaca All. Kœæleria valesiaca Gaud. Sedum dasyphylium L. Erucastrum obtusangulum Rchb. Trisetum flavescens P. B. Sauf le courrier qui part tous les jours à sept heures du matin pour Orsières, village situé à moitié chemin entre Martigny et l’hospice du grand Saint-Bernard, il n’y a pas de service organisé. Il faut louer une voiture. C’est ce que je fais; elle doit me mener jusqu’à Bourg-Saint- Pierre, à trois heures et demie de marche de l’hospice, et m’y attendre pour le retour. C'est, du reste, à cel endroit que finit la route car- rossable. Me voilà donc pourvu d’un équipage aussi cher que mauvais, et en route pour la célèbre montagne. Le chemin suit cette admirable vallée de la Dranse entourée, à l'arrière-plan, d'énormes cônes neigeux, tandis que leurs premiers contreforts sont couverts de forêts de Sapins, de Hètres et de Mélèzes. La montée est continuelle et me permet, en met- tant pied à terre, de faire quelques bonnes récoltes. À Sembrancher (710 mètr. altit.), à Orsières (882 mètr.) et à Liddes (1338 mètr.), je cueille successivement : Festuca valesiaca Sut. Stellaria neglecta Weihe. Rumex scutatus L. Silene nutans L. Allium vineale L. Cerastium arvense L. Saxifraga Aizoon Jacq. Les flancs des collines sont couverts d’Hippophae rhamnoïides L. et de Berberis vulgaris, à l'ombre desquels croissent en abondance : Saponaria ocymoides, Dianthus silvestris, Sesleria cœærulea, etc. À Sembrancher et à Bovernier, les prairies sont à peu près uniquement composées par : Polygonum Bistorta, Lychnis Viscaria, Geranium silvaticum, Campa- nula rhomboidalis, et par une variété densiflore du Salvia pratensis, qui, vue de loin, a un faux air d’Aconitum Napellus. J'arrive très lard à Bourg-Saint-Pierre (altit. 1633 mèt.), terme de mon voyage en voiture. Malgré les grands jours, il fait sombre depuis long- temps. Seuls les gigantesques pics voisins, le mont Velan (3680 mètr.), le GANDOGER. — EXCURSION BOTANIQUE AU GRAND SAINT-BERNARD. 295 mont Dolent (3830 mètr.), et surtout le Grand-Combin (4317 mètr.), sont vaguement éclairés par le reflet de leurs glaciers et de leurs masses neigeuses. L’herborisation dans les hautes régions ne commence donc que le len- demain. Elle promet d’être fructueuse, car dès ma sortie du village de Saint-Pierre je traverse une des plus admirables prairies alpestres qu’on puisse rêver : Alchemilla hybrida Jloffm. Myosotis alpestris Hoffm. Lotus villosus Thuill. Luzula congesta Lej. Trifolium nivale Sieb. Pimpinella nigra var. pubescens. — montanum L. Carum Carvi L. (à fleurs roses et blanches), Hippocrepis comosa L. Rumex alpinus L. Ranunculus Preslii Gdgr (R. montanus | Artemisia Absinthium L. Presl, non aliorum). Geranium silvaticum L. — bulbosus var. lanuginosus. Cerastium arvense L. Trollius europæus L. Lychnis silvestris Hpe. Gentiana campestris L. Silene alpina Thomas. Pedicularis verticillata L. Plantago serpentina Lamk. Taraxacum erythrospermum Andrs. — lanceolata var. villosa. Biscutella lævigata L. Phyteuma orbiculare All. Poa alpina L. Chærophyllum elegans Gaud. Anthoxanthum odoratum L. var. La contrée est pittoresque : au bas de la route, à plusieurs centaines de pieds, mugit la Dranse grossie par la fonte des neiges; çà et là des cascades; de belles forêts d’Abies excelsa, de Larix europæa, montent jusqu’à 4800 mètres d'alitude ; dans le fond, au sud, la pyramide blanche du Velan et les énormes glaciers qui relient le massif du grand Saint- Bernard à celui du mont Blanc et à celui du mont Rosa, les géants des Alpes d'Europe. Continuant à monter par un chemin assez bon, je récolte successive- ment dans les bois, sous les rochers, etc., les plantes suivantes : Valeriana tripteris L. Sambucus racemosa L. Convallaria verticillata L. Juniperus nana W. Myosotis silvatica Hoffm. Sorbus aucuparia L. Homogyne alpina Cass. Saxifraga rotundifolia L. Anemone sulfurea L. — cuneifolia L. Oxalis Acetosella L. Sedum Anacampseros L. Carex ornithopoda W. Abies excelsa DC. Thlaspi alpestre L. Larix europæa DC. Biscutella lævigata L. Potentilla verna L. var. Le Primula villosa Jacq. est partout abondant. J'ai commencé à le rencontrer dans les fissures des rochers depuis 1650 mètres, et 1l m'ac- compaguera jusque dans la région glaciale; car presque sous la neige, à 2500 mètres, j'ai pu le récolter encore. Il remplace à cette époque de l'année, dans les Alpes, le Primula officinalis des plaines. Le P. sua- veolens Bert. s’y rencontre aussi, çà et là, sous les Mélèzes. T. XXXIL. (SÉANCES) 19 226 …- ,. SÉANCE DU 26 JUIN 1885. . La région véritablement alpine de la montagne commence à l'endroit appelé Cantine de Proz, situé à 1802 mètres d'altitude et à une heure et demie au-dessus du Bourg-Saint-Pierre. . Les bords du ruisseau qui traverse les paturages me donnent Saxi- fraga stellaris L., Cardamine amara L. var. alpina, Primula fari- nosa L., Ranunculus platanifolius L., Caltha palustris L. var., et Tussilago Farfara L. très abondant, plante qu’on ne s’attendrait guère à trouver à une telle altitude. Sous un rocher tout couvert de Lycopodium Selago L. et d’Alchemilla alpina L., je récolte : Viola biflora, L., Cystopteris fragilis Link, Daphne Mezereum L., Festuca alpina Sut., Saxifraga bryoides L. Les pelouses et les pâturages rocailleux nourrissent en abondance : Soldanella alpina L. Plantago serpentina Lamk. Silene acaulis L. Gentiana verna L. Arabis hirsuta L.? Calluna vulgaris Salisb. Taraxacum pyrenaicum Timb. Viola calcarata L. Geum montanum L. — — var. floribus luteis. — rivale L. — arenaria DC. Antennaria dioica Gærtn. — sCciaphila Aoch. Polygala alpina Perrier el Songeon. Carex præcox Jucgq. Plantago montana Lamk. Salix serpyllifolia Scop. La végétation arborescente disparaît à cet endroit. À l'ombre ou près des Abies et des Larix, se pressent en grand nombre : Alnusviridis DC., Convallaria verticillata, Juniperus nana Willd., Rhododendron ferru- gineum L., Gentiana acaulis L. et Luzula lutea DC. : ces deux der- nières sont du plus gracieux effet. La Cantine de Proz, où se termine le chemin, est située sur un pla- teau supérieur entouré de toutes parts de très hautes sommités atteignant un minimum de 3000 mètres d'altitude. Les premiers glaciers se mon- trent à gauche, surtout dans la direction du Velan et du Combin; le glacier de Proz descend même jusqu'au bord de la vallée : je l’aperçois tout sillonné par les avalanches, fréquentes en cette saison. Le temps est superbe, et l'atmosphère, très pure à cette altitude, laisse passer facile- ment les rayons du soleil, qui fondent les neiges et transforment les sen- liers en véritables torrents. Je remonte lentement le plateau en admirant le paysage grandiose qui m'entoure et les plantes alpines qui émaillent le sol. Un monticule bien exposé, et situé vers l'endroit appelé défilé de Marengo (env. 2000 mètr. d’altit.), renferme toute une légion d'espèces franchement alpines : Lotus alpinus Pers., Trifolium alpinum L., Cardamine alpina Willd., Chrys- anthemum alpinum L., Thesium alpinum Ehrh., Juniperus nana Willd., Polypodium Dryopteris et Asalea procumbens L. Le sentier, ici, franchit une étroite faille de la montagne où le torrent GANDOGER. — EXCURSION BOTANIQUE AU GRAND SAINT-BERNARD. 297 bouillonne avec fracas ; les rochers surplombent à pie, et les premiers bancs de neige encombrent le passage. Toute végétation a entièrement disparu; seul le Primula villosa Jacq. montre timidement ses corolles roses dans les fissures des rochers bien exposés au soleil. Rien n’a encore poussé; tout est mort, ou plutôt tout est encore enseveli sous une épaisse couche de neige. Le contraste est frappant : avant le défilé, une admirable végétation, le printemps, la vie; ici au contraire la mort, les neiges et les frimas d’une véritable Sibérie. Quelques pointes de rochers, dépouillées de la neige par le vent ou émergeant au-dessus de cette vallée blanche, présentent : Juncus trifidus L., Carex curvula AÏll., Avena versicolor VNill., Phyteuma humile All., des Mousses, des Lichens, entre autres le Lecidea geogra- phica, qui tapisse tous les rochers de la région alpine et glaciale. Les quatre plantes précédentes sont de l’année dernière, mais parfaitement reconnaissables. À partir de cet endroit, c’est-à-dire depuis 2100 mètres, toute herborisation est impossible à cause de la neige épaisse, en beau- coup d’endroits, de plusieurs mètres. Il ne me reste donc plus qu’à gravir les 372 mètres d'altitude qui me séparent encore de l’hospice, et dont je suis à près de deux heures et demie de marche. Mais quelle pénible ascension ! Le sentier, quoique parfaitement tracé par les voyageurs, est tellement encombré d’une neige amollie par le soleil, que j'y enfonce parfois à mi-corps. Aux rares endroits où le roc se montre à nu, le passage n'est plus qu’un torrent qu'il faut éviter pour reprendre le chemin sur le névé. Dans tous les cas, il n’y a aucun danger de s’égarer, car aux endroits difficiles les religieux du grand Saint- Bernard ont mis de longues perches, assez rapprochées les unes des autres pour guider sûrement le voyageur. A cette époque de l'année, le danger de l’ascension du Saint-Bernard consiste surtout dans les avalanches très redoutables à cet endroit, appelé trop justement pour cela la vallée des Morts (altit. 2200- 2450 mètr.). 11 est bon alors de longer la paroi ouest de la montagne, à peine recouverte de neige, à cause de sa déclivité considérable. A l’est, au contraire, le soleil n’y donnant que peu et très tard, les neiges y sont abondantes et les avalanches excessivement fréquentes, comme j'ai pu m’en convaincre. C’est là surtout que se produisent les catastrophes. Chacun sait que l’hospice du grand Saint-Bernard est situé au sommet du passage, à l'altitude de 2472 mètres. La flore riche et variée de cette montagne célèbre a été étudiée soigneusement par plusieurs botanistes suisses, entre autres par Murith et surtout par Tissière. Ce dernier, dans son Guide du botaniste au grand Saint-Bernard, énumère 630 espèces de plantes, ce qui forme un chiffre considérable. C’est la patrie classique des : Chærophyllum elegans Gaud., Carex macrostyla Gay, Pedicu- 298 SÉANCE DU 26 guiN 1885. laris atrorubens Schleich., Barbarea augustana Boiss., etc., plantes qui y sont assez communes, à ce qu’il paraît, mais que je n’ai pas eu la bonne fortune de récolter moi-même, vu l’époque de l’année. Je les possédais déjà; et, grâce à la générosité d’un religieux de l’hospice, j'ai pu en recevoir pour mon herbier d’autres et nombreux exemplaires. Toute herborisation étant impossible, je gravis avec uu guide le pic voisin de l’hospice, nommé mont Chenaletta. Nous sommes suivis par par l’un de ces chiens légendaires, animal admirable d'intelligence et de formes (1). Les pentes de neige de la montagne sont excessives, parfois même dangereuses. Tout en voulant contempler ie spectacle des Alpes couvertes de frimas, je suis témoin du curieux phénomène de la colo- ration en rouge de la neige par le Protococcus nivalis. J'ai rencontré celte Algue, par plaques assez étendues, vers 2800 mètres d’altitude. Vue de près, la neige est rougeâtre; mais à l’œil nu on ne distingue absolument rien; il faut se servir de la loupe pour reconnaitre cette Cryptogame. Les rochers verticaux et dépouillés de neige qui terminent le mont Chenaletta (altit. 2889 mètlr.) sont en grande partie tapissés de Lecidea geographica et d’une espèce de Pertusaria. Aucune Mousse, mais d’asez nombreuses fulgurites. Dans un étroit passage qui donne accès au sommet du pie, j'ai récolté : Carex curvula AÏl. et Cherleria sedoides L., de l’année précédente évidemment, mais bien conservés sous leur man- teau de neige. — Du sommet, vue grandiose sur la chaîne du mont Blanc, les Alpes du Piémont, le mont Rosa, le Cervin, etc. C’est la vue de ce panorama qui était surtout mon objectif dans cette dernière ascen- sion ; or, j'ai été servi à souhait par le temps et les circonstances. Dans ces solitudes glacées règne un silence absolu, interrompu parfois par le cri monotone et saccadé de la perdrix des neiges ou par le bruit lointain d’une avalanche. Disons, en terminant, que la fin de juillet et le mois d’août sont les époques (2) où la flore du grand Saint-Bernard est dans tout sont déve- loppement pour la région alpine et glaciale. Mais dès la fin de juin, aussi- tôt après la fonte des neiges, entre 2000 et 2400 mètres, les Saæifraga, les Gentiana, les Androsace, des Carex, des Graminées, se montrent en foule. Dans la région inférieure, entre 1700 et 2000 mètres, la végéta- (1) L'hospice entretient environ une douzaine de ces chiens célèbres ; ils s'y repro= duisent peu et vivent au maximum de six à sept ans ; de là leur rareté et le grand prix (souvent plus d'un millier de francs) qu'ils atteignent, (2) L'hospice du grand Saint-Bernard est la plus haute habitation d'hiver des Alpes. D'après les observations thermométriques, sa température moyenne n’est que de 0°,79R.; elle ne se retrouverait, dans la plaine, qu’au 75° degré de latitude nord, c'est-à-dire à peu près vers le Spitzberg. Cet àpre climat entretient un air si vif et favorise si peu la décomposition, que les cadavres des voyageurs morts dans les tourmentes de neige se des- LECLERC DU SABLON. — SYMÉTRIE FOLIAIRE CHEZ LES EUCALYPTUS. 229 tion printanière est magnifique en juin, et, par contre, le tapis végétal est presque insignifiant en été. C’est à chacun à choisir, selon son goût et ses études, l'époque qui lui paraît la plus convenable pour explorer cette montagne (1). À propos du Geranium silvaticum que M. Gandoger dit avoir été surpris de rencontrer aux environs de 400 mètres d'altitude, M. Malinvaud se rappelle avoir récolté naguère cette espèce près de Limoges, et il ajoute qu’on l'a signalée dans d’autres départements du Centre bien au-dessous de 400 mètres. M. Cosson fait remarquer que beaucoup de plantes alpines des- cendent parfois à de faibles altitudes, lorsqu'elles y rencontrent des stations très humides. Il rappelle à ce propos l'existence du Swertia perennis dans les marais de Silly-la-Poterie et du Tofieldia au bord du lac du Bourget. M. Leclerc du Sablon fait à la Société la communication sui- vante : SUR LA SYMÉTRIE FOLIAIRE CHEZ LES EUCALYPTUS ET QUELQUES AUTRES PLANTES, par M. LECLERC DU SABLON. Certaines espèces d’Eucalyptus présentent un des exemples les plus nets de dimorphisme que l’on puisse trouver parmi les Phanérogames. sèchent et restent des années sans devenir méconnaissables. Les écarts de température y sont cependant énormes. Le 8 juin dernier, j'y ai vu, au matin, le thermomètre descendre à — 5° centigrades. Vers deux heures de l'après-midi, il marquait à l'ombre + 11 degrés, et en plein soleil 66 degrés! On m'a assuré qu'on l'avait vu monter (on emploie le thermomètre à boules noires) à plus de 80 degrés pendant l'été. Etcependant, à 2500 mètres, les neiges et les glaces couvrent le sol pendant neuf mois, tandis que vers 2800 mètres elles ne fondent jamais. L'explication de cette anomalie apparente est trop connue pour qu’il soit utile de la donner ici ; elle sortirait, du reste, du cadre de mon sujet. (1) INote communiquée par M. Gandoger et ajoutée pendant l'impression. — Je crois devoir indiquer ici un petit nombre de Cryptogames cellulaires récoltées au grand Saint-Bernard et qui ont été obligeamment déterminées, les Mousses par M. Bescherelle, les Lichens par M. l’abbé Hue : 4° Dicranum Mühlenbeckii Br. et Sch., Rhacomitrium canescens Brid. var. ericoides, Philonotis fontana (L.), Pogonatum alpinum (L.), Pseudoleskea atrovirens (Dicks.) ? Hypnum Schreberi Willd., Hylocomium splendens (Hedw.), H. Oakesii Sull. — Toutes ces Mousses étaient stériles, à l'exception du Pogonatum alpinum. 2% Alectoria ochroleuca Ehrh., Cetraria islandica Ach., Cladonia rangiferina Hoffm., C. silvatica Hoffm., C. uncialis Hoffm., Peltigera malacea Fries, Platysma cuculla- tum Hofm., P. nivale Nyl. — Toutes ces Cryptogames ont été récoltées entre 1900 et 2500 mètres, sauf le Platysma nivale Nyl., cueilli au sommet du mont Chenaletta, vers 2900 mètres.] 230 SÉANCE DU 26 JUIN 1885. Pour l'Eucalyptus Globulus, la différence entre un individu âgé de deux ans etun autre âgé de dix ans estsi grande, qu’on pourrait croire à priori qu’on a affaire à deux espèces différentes. Chez l’individu jeune, en effet, es feuilles sont blanchâtres, molles, sessiles, opposées et généralement horizontales; plus tard, au contraire, elles deviennent vert sombre, co- riaces, pétiolées, alternes, et pendent de façon à ranger leur limbe dans un plan vertical. Chez un grand nombre d’autres espèces, on peut aussi constater des différences entre les feuilles d’un arbre très jeune et celles d’un arbre âgé; mais en général ces différences sont moindres que chez l'E. Globulus, et peuvent même ne porter que sur l'orientation du limbe. Pendant un séjour de quelques semaines que j’ai fait à Antibes, j'ai pu étudier ce dimorphisme sur quelques-unes des nombreuses espèces que M. Naudin a su réunir dans le jardin de la villa Thuret. | Dans l’étude des feuilles d’Eucalyptus, il y a à considérer la forme extérieure, la structure et l'orientation. Souvent, comme chez l’Eucaly- ptus Globulus, le dimorphisme porte sur ces trois points à la fois, les feuilles de l’arbre jeune étant sessiles, horizontales et à structure dyssymé- trique, tandis que celles d’un arbre âgé sont pétiolées, verticales et à structure symétrique. D’autres fois au contraire, comme nous le verrons tout à l’heure, les feuilles des deux sortes ne diffèrent que par un ou deux des caractères que je viens d'indiquer. Je me suis proposé d’étudier les relations qui peuvent exister entre les trois composantes du dimor- phisme des feuilles d'Eucalyptus : les différences de forme, de struc- ture et d'orientation. D'une façon générale, lorsque les deux sortes de feuilles diffèrent par leur forme externe, les premières, celles de l’arbre jeune, sont sessiles et larges ; les secondes, pétiolées et plus étroites ; lorsqu'elles diffèrent par leur structure, les premières sont à structure dyssymétrique et les se- condes à structure symétrique; et enfin, lorsqu'elles diffèrent par leur orientation, les premières sont horizontales et les secondes verticales. À ce propos, il est bon de dire un mot de la façon dont les feuilles d'Eucalyptus deviennent verticales. Lorsque les feuilles sont très jeunes, elles sont toujours dans une position normale, c’est-à-dire que leur limbe est perpendiculaire à un plan passant par le pétiole et l’axe de la tige. Ce n’est que dans le cours du développement, à un moment variable suivant l'espèce et l’âge de l'individu, que le pétiole de cer- taines feuilles se tord de façon à amener le limbe dans un plan pas- sant par laxe de la tige. Dans certaines espèces (E. radiata), le pétiole reste rigide, et alors l'orientation du limbe par rapport à l’hori- zon dépend de la position de la tige. Dans d’autres cas (E. Globulus), le pétiole est pendant et le limbe se trouve toujours dans un plan vertical. On sait donc que, dans tous les cas, les feuilles verticales sont de même LECLERC DU SABLON. — SYMÉTRIE FOLIAIRE CHEZ LES EUCALYPTUS. 931 nature que les autres, et qu’on doit les distinguer des phyllodes des Acacias, provenant de l’aplatissement du limbe. Je vais maintenant passer en revue quelques espèces d'Eucalyptus choisies dans les groupes les plus différents, en commençant rar celles qui, possédant deux formes de feuilles bien caractérisées, sont qualifiées de biformes par les botanistes descripteurs. Eucalyptus Globulus.— L'E. Globulus, dont j'ai déjà parlé, peut être considéré comme le type des espèces biformes. Je n’insisterai pas sur la description des deux sortes de feuilles, qui sont bien connues; j’indiquerai seulement comment s'opère la transition de la forme juvénile à la forme sénile. On peut quelquefois, sur un rameau de quelques décimètres, voir tous les passages entre les deux formes extrêmes. Les feuilles, d’abord embrassantes, deviennent simplement sessiles, puis elles ac- quièrent un pétiole de plus en plus long, en même temps que leur limbe s’allonge, se rétrécit et perd sa symétrie bilatérale. Remarquons à ce propos que la plupart des feuilles verticales d'Eu- calyptus, surtout celles qui sont pendantes, ne sont plus exlérieurement symétriques par rapport à un plan perpendiculaire à leur limbe ; elles sont falciformes. Comme dans ce cas les deux faces de la feuille sont d'aspect identique, il en résulte que, au point de vue de la morphologie externe, il existe un plan de symétrie parallèle au limbe. Au point de vue anatomique, il est bien connu que, pour l'E. Globulus, les feuilles sessiles sont à parenchyme hétérogène, c’est-à-dire présen- tant du tissu en palissade à leur face supérieure et du tissu lacuneux à leur face inférieure, tandis que dans les feuilles pétiolées le tissu en palissade est également développé sur les deux faces. Il arrive cependant que certaines feuilles sessiles et opposées ont une structure tout à fait symétrique, comme celle des feuilles pétiolées. C’est ce que l’on constate ordinairement sur les branches adventives poussant sur un arbre âgé, à la suite d’un blessure. On sait en effet que, lorsqu'on coupe une branche d’E. Globulus, les jeunes rameaux qui repoussent présentent tout à fait l'aspect d’une branche d'arbre très jeune. Les euilles de ces rameaux adventifs tiennent donc des feuilles juvéniles par leur forme et des feuilles sessiles par leur structure. Il est quelquefois possible de reconnaître, sans faire de coupe, si une feuille sessile a une structure homogène ou hétérogène. Dans ce dernier cas en effet, il arrive souvent que la base de la feuille se tord de façon à amener le limbe dans un plan horizontal. Lorsque le tissu en palissade est également développé sur les deux faces, la feuille a au contraire une tendance à se ranger dans un plan vertical; mais jamais, chez les feuilles sessiles, on n’observe de torsion ayant pour résultat de rendre le limbe vertical, 11 semble que c’est le rameau lui-même qui s’incurve pour de- 232 SÉANCE DU 20 JUIN 1885. venir horizontal et placer, par cela même, tous les limbes dans des plans verticaux. Cette disposition, qui se rencontre quelquefois chez l'E. Glo- bulus, devient frappante chez d’autres espèces où les feuilles sessiles ont normalement une structure symétrique. Eucalyptus pilularis. — L’E. pilularis est aussi une espèce dimorphe, mais à un bien moindre degré que la précédente. Les premières feuilles sont opposées, sessiles, allongées et symétriques par rapport à un plan per- pendiculaire à leur limbe; de plus, elles se tournent en général de façon à présenter leur face supérieure à la lumière. On doit donc s'attendre à trouver chez ces feuilles une structure dyssymétrique; le tissu en palis- sade n’est en effet développé qu’à la face supérieure. Les feuilles de la seconde sorte ont presque la même forme que les premières, mais elles sont pétiolées, alternes, légèrement recourbées en forme de faux, et leur limbe se range dans un plan vertical. En faisant l'anatomie de ces feuilles, on trouve du tissu en palissade sur les deux faces, mais plus peut-être à la face supérieure. Eucalyptus jugalis. — Un individu de quatre ou cinq ans porte des feuilles de deux espèces, présentant entre elles les différences extérieures que j'ai indiquées d’une façon générale. Il est intéressant de remarquer que le dimorphisme n'existe ici que dans la forme externe; les deux sortes de feuilles ont la même structure et offrent sur leurs deux faces du tissu en palissade. Pour les feuilles de la forme sénile on devait s’y attendre, puisque le pétiole se tord de façon à rendre le limbe vertical. Quant aux feuilles sessiles, elles restent dans un plan à peu près perpen- diculaire à la tige qui les porte; mais chaque fois que leurs dimensions le leur permettent, les tiges s’infléchissent, deviennent horizontales, etren- dent ainsi verticales les feuilles qu’elles portent, par le même mécanisme que nous avons déjà signalé chez l'E. Globulus. Sur l'individu que j'ai examiné, toutes les feuilles avaient la même structure, mais il est probable que les premières qui apparaissent après les cotylédons ont une structure dyssymétrique. Dans tous les cas en effet où j'ai pu observer des Eucalyptus germés depuis peu, j'ai constaté que toujours les deux ou trois premières paires de feuilles au moins étaient horizontales et présentaient du parenchyme Jacuneux sur leur face in- férieure. On pourrait dire à peu près la même chose de l'E. fallax que de VE. jugalis; on y constate deux sortes de feuilles, de forme extérieure différente, mais dont la structure interne est la même. Chez l'E. gomphocephala, il y a aussi deux sortes de feuilles : les unes horizontales, à structure dyssymétrique; les autres verticales, à structure symétrique. [1 faut remarquer que, dans ce cas, les feuilles de la pre- miére sorte ne sont pas sessiles, comme cela se voit généralement, mais LECLERC DU SABLON. — SYMÉTRIE FOLIAIRE CHEZ LES EUCALYPTUS. 233 pétiolées, moins longuement toutefois que les feuilles de la seconde sorte. Les Eucalyptus que nous avons examinés jusqu'ici présentent deux sortes de feuilles nettement différenciées. Passons maintenant à l'étude de quelques espèces uniformes, où nous allons encore retrouver quelques traces de dimorphisme. L'Eucalyptus calophylla, qu’on cite souvent comme type d’espèce uniforme, a de grandes feuilles luisantes de la même forme, mais plus petites que celles d’un Magnolia. Le pied que j'ai étudié à la villa Thuret paraissait âgé de quatre à cinq ans; les feuilles, douées d’un héliotro- pisme normal, tournaient leur face supérieure du côté de la lumière et avaient une structure dyssymétrique. Cependant, à la partie supérieure de l'arbre, on pouvait remarquer que le pétiole des feuilles les plus jeunes commençait à se tordre, pas assez toutefois pour amener le limbe dans un plan vertical; il y avait donc là une transition entre les feuilles horizontales et les feuilles tout à fait verticales qui existent pro- bablement sur un arbre plus âgé. La nature du parenchyme correspond d’ailleurs très bien à l'orientation du limbe : à la face inférieure des feuilles partiellement tordues, on trouve en effet du tissu en palissade moins développé que sur la face supérieure, qui reçoit plus de lumière. Si au changement d'orientation et de structure correspondait une varia- tion dans la forme extérieure, VE. calophylla serait dimorphe; mais comme les modifications qui surviennent dans les feuilles ne changent en rien le port et l'aspect général de larbre, on le place parmi les espèces uniformes. Sur des pieds d'E. botryoides et dE. robusta âgés de plusieurs années, je n’ai trouvé qu'une seule espèce de feuilles pétiolées, horizontales et à structure dyssymétrique. Ce sont donc des espèces uniformes, et il est bon d'ajouter, des espèces uniformes à feuilles horizontales; car nous allons voir qu’il y a des espèces uniformes à feuilles verticales. Chez l'E. megacarpa, par exemple, toutes les feuilles ont un pétiole tordu et un limbe vertical, avec du tissu en palissade sur les deux faces. Si l’on examine un individu très jeune, on voit queles premières feuilles qui viennent après les cotylédons sont déjà pétiolées et ont du tissu en palissade sur les deux faces du limbe vertical ou presque vertical. On peut donc dire que l'E. megacarpa est une espèce uniforme, et uniforme à feuilles verticales. L'E. verticalis et l'E. radiata sont aussi uniformes à feuilles verti- cales. Remarquons que chez la dernière de ces espèces la feuille est symétrique par rapport à un plan perpendiculaire à son limbe ; elle n’est pas falciforme comme la plupart des feuilles verticales; de plus, le pétiole est rigide et non pas pendant, comme cela arrive souvent. Il semble qu'il 234 SÉANCE DU 26 JUIN 18385. y ait une relation entre ces deux faits : lorsque les feuilles verticales sont falciformes, elles sont généralement pendantes; tandis que lorsqu'elles sont symétriques, leur pétiole estrigide. Il n’est d’ailleurs pas impossible de trouver des exceptions à cette règle. Chez les deux espèces dont il vient d’être question, je n’ai pas examiné les feuilles qui succèdent immédiatement aux cotylédons. Il n’est donc pas absolument certain que ce sont là des espèces tout à fait uniformes. Il pourrait en effet se faire que les premières feuilles fussent horizon- tales et à structure dyssymétrique C’est ce qui arrive chez plusieurs espèces, telles que l'E. occidentalis, VE. microtheca, VE. populifolia, VE. siderophæa, etc. Chez l'E. occi- dentalis, par exemple, toutes les feuilles sont pétiolées, mais les 6-8 pre- mières sont horizontales et n’ont de tissu en palissade que sur leur face supérieure; puis on voit le pétiolese tordre peu à peu, et vers la trentième feuille le limbe est tout à fait vertical et la structure est symétrique. On peut dire encore que c’est là une espèce uniforme, mais dans l’orienta- tion et la structure il y a quelques traces de dimorphisme. On voit donc qu’il est rare que les Eucalyptus soient tout à fait uni- formes et qu'ils peuvent l'être de deux façons : 4° en n’ayant que des feuilles horizontales et à structure dyssymétrique (E. botryoides) ; 2° en n'ayant que des feuilles verticales et à structure symétrique (E. megacarpa). Entre ces deux cas extrêmes, il y a de nombreux inter- médiaires où l’on voit les feuilles verticales succéder aux feuilles horizon- tales. Lorsque le passage d'une forme de feuille à l’autre se fait de très bonne heure, comme chez VE. occidentalis, on ne considère générale- ment que les feuilles verticales, et, lorsqu'il se fait tard ou incompléte- ment, comme chez VE. calophylla, on ne considère que les feuilles horizontales. Dans les deux cas on dit que l’espèce est uniforme. En langage descriptif, un Eucalyptus n’est dimorphe que lorsque les deux sortes de feuilles présentent à un certain degré les caractères différentiels que nous avons signalés chez l'E. Globulus. Mais on a vu que, outre ce dimorphisme relatif à la morphologie externe, il y à à considérer un dimorphisme anatomique et un dimorphisme physiolo- gique relatif à l'orientation du limbe. Ilarrive quelquefois, comme chez VE. Globulus, que les feuilles présentent en même temps ces trois dimor- phismes, les premières étant larges et sessiles, à structure dyssymétrique et horizontales, etles secondes longues et pétiolées, à structure symétrique et verticales. Mais souvent on ne trouve que deux ou même un seul de ces dimorphismes. Ainsi, chez l'E. jugalis, les feuilles ne diffèrent que par leur forme externe, et chez l’E. calophylla elles diffèrent par leur orientation et leur structure. On peut se demander quelles relations existent entre ces trois dimor- LECLERC DU SABLON. — SYMÉTRIE FOLIAIRE CHEZ LES EUCALYPTUS. 239 phismes. D’abord la différence de structure est-elle liée à la différence d'orientation des feuilles ? Cette question se rattache à un problème plus général qui se pose pour toutes les feuilles. On peut dire que chez les Eu- calyptus, comme chez les autres arbres, les feuilles que leur héliotro- pisme amène dans un plan horizontal ont une structure dyssymétrique, tandis que celles qui sont verticales ont une structure symétrique. Il reste encore à considérer un cas intéressant qui n'entre pas dans cette règle générale, c’est celui des feuilles sessiles qui ont une structure symétrique et dont le limbe reste à peu près perpendiculaire à l'axe qui le porte. Nous avons constaté que, dans ce cas, presque tous les rameaux étaient horizontaux, rendant ainsi vertical le limbe de leurs feuilles. Voyons maintenant s’il existe un rapport entre la forme extérieure des feuilles et leur structure. Nous avons vu que les feuilles sessiles, ordi- nairement à structure dyssymétrique, peuvent avoir du tissu en palis- sade sur leurs deux faces, et que la structure des feuilles pétiolées, ordinairement symétrique, peut devenir dyssymétrique. Il n’y à donc pas de rapport existant entre la forme et la structure. Remarquons cependant que les feuilles falciformes ont toujours une structure symé- trique. Si l’on compare l'orientation des feuilles à leur forme extérieure, on voit que les feuilles pétiolées peuvent être horizontales ou verticales par suite de la torsion de leurs pétioles, et que les feuilles sessiles peuvent devenir horizontales par suite de la torsion de leur base, mais générale- ment restent perpendiculaires à la tige qui les porte; lorsqu'elles sont verticales, c’est par suite de la position des tiges, et jamais par suite de leur propre torsion. À propos du dimorphisme des feuilles d'Eucalyptus, il est bon de dire quelques mots de la répartition des stomates sur ces feuilles. Lorsque les feuilles sont horizontales et ont une structure dyssymétrique, les stomates sont très abondants sur la face inférieure et rares sur la face supérieure. Sur les feuilles verticales, dont les deux faces présentent le même aspect que la face supérieure des feuilles horizontales, les sto- mates sont moyennement et également abondants sur les deux faces. Il semble qu’une feuille ait besoïn d’un certain nombre de stomates qui se localisent sur la face inférieure lorsque celle-ci est particulièrement favo- rable à leur fonctionnement, et se répandent uniformément sur toute la surface de la feuille lorsque cette surface est homogène, En étudiant les feuilles d’autres végétaux, la plupart exotiques, on peut retrouver quelques exemples des particularités que nous avons étudiées chez les Eucalyptus : chez le Callistemon rugulosum, par exemple, le limbe des feuilles est vertical par suite de la lenteur de tor- sion du pétiole très réduit. On constate que la structure est symétrique; 236 SÉANCE DU 26 JUIN 1885. il y a du tissu en palissade sur les deux faces. Il en est de même chez le Callistemon rigidum. Si l’on a affaire à un arbre âgé de plusieurs années, toutes les feuilles sont semblables; mais sur un plant très jeune on peut constater que les quatre ou cinq premières feuilles restent hori- zontales et ont une structure dyssymétrique. C’est exactement ce qui se passe chez certains Eucalyptus. On trouve aussi du tissu en palissade sur les deux faces des feuilles du Brachychiton populneus ; mais ici le pétiole n’est pas tordu comme dans le cas précédent : il manque simplement de rigidité, comme chez les feuilles pétiolées d’E. Globulus, et laisse pendre le limbe verticale- ment. On pourrait multiplier les exemples de la relation, bien connue d’ailleurs, qui existe entre la structure des feuilles et leur orientation; mais nulle part mieux que chez les Eucalyptus on ne trouve une varia- tions plus intéressante et plus instructive dans la forme, la structure et l'orientation des feuilles. En étudiant cette question chez un plus grand nombre d'espèces que je ne l'ai fait, et surtout en suivant la transfor- mation des feuilles chez une même espèce, on pourrait probablement trouver de bons caractères pour les espèces, et contribuer ainsi à classer définitivement ce genre si difficile. M. Poisson présente à la Société un exemplaire d’une Borraginée américaine, l’Amsinckia lycopsoides Lehm., récolté non loin de la Seine, entre Meulan et Mantes, par notre confrère M. Pierson, qui l'observe depuis deux ans dans les bois de la Garenne. Celte espèce a été vraisemblablement introduite avec des Blés américains. Jusqu'ici on ne connaissait aux environs de Paris que l’A. angus- lifolia, rencontré çà et là naturalisé, notamment dans l’île de Billancourt. Sur l'invitation du Président, le Secrétaire général donne à l’assemblée quelques détails sur la récente excursion de la Société dans les Ardennes. Cette session, dit-il, a été marquée d’une façon très agréable par la visite qu'ont bien voulu nous faire une dizaine de membres de la Société royale de botanique de Belgique, ayant à leur tête le sympathique direc- teur du Jardin botanique de Bruxelles, M. F. Crépin. Cet éminent con- frère, que nous avons été heureux de nommer président du Bureau spécial de la session, nous à gracieusement invités, au nom de la Société de Bruxelles, à assister aux fêtes que celle-ci se propose de donner en 1887, pour célébrer le vingt-cinquième anniversaire de sa fondation. SÉANCE DU 10 JUILLET 1885. 237 Il est superflu d'ajouter, étant données les relations si cordiales qui unis- sent les deux compagnies, que la nôtre à immédiatement accepté, dans la mesure des circonstances, la prévenante invitation de sa sœur de Bel- gique. Les herborisations, habilement organisées par notre zélé collègue M. Paul Petitet dirigées au milieu des beaux sites de ce pays pittoresque, nous ont fourni un bon aperçu de sa végétation. La Société a tenu trois séances, remplies par des communications variées de MM. Richon, Costantin, Bazot, Cardot, Boulay, Paul Petit, Crépin, etc. Nous pensons, en résumé, que la session de Charleville laissera les meilleurs souvenirs à ceux qui y ont pris part, et que le fascicule qui lui sera consacré, et que nous nous efforcerons de faire paraître dans le plus bref délai possible, intéressera tous nos collègues. Le Secrétaire général annonce ensuite qu’il vient de recevoir de M. Ch. Flahault, pour être mis à la disposition des membres pré- sents, des exemplaires de 41 espèces récoltées mercredi dernier dans les bois de la Colombière, à 3 kilomètres de Montpellier. On y remarque les espèces suivantes: Nigella damascena, Hirschfeldia adpressa, Psoralea bituminosa, Hippocrepis glauca, Achillea Ageralum, Anacyclus clavatus, Phagnalon sordidum, Buphthal- mum spinosum, Cony:a ambiqua, Tyrimnus leucographus, Cen- laurea melitensis, C. calcitrapo-aspera, C. collina, C. aspera, C. prœlermissa, Microlonchus Clusii, Sonchus tenerrimus, Scor- zonera hirsula, Leutzea conifera, Andryale sinuata, Siderstis romana, Phlomis Lychnitis, Ajuga Iva, Euphorbia segetalis, J'u- niperus Oxycedrus, Smilax aspera, Stipa Aristella, ete. Chacun s'empresse de prendre sa part de ce bouquet méditerranéen. SÉANCE DU 10 JUILLET 1885. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE. M. Mangin, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 26 juin, dont la rédaction est adoptée. M. le Président proclame membre de la Société : 938 SÉANCE DU 10 JUILLET 1885. M. ARECHAVALETA, professeur de botanique à l’université de Montevideo (Uruguay), présenté par MM. Bescherelle et Malinvaud. M. le Président annonce ensuite une nouvelle présentation. M. Van Tieghem fait à la Société, au nom de M. Bréal, la commu- nication suivante : FIXATION DES ZOOSPORES DU CHLAMYDOMONAS PULVISCULUS SOUS L'INFLUENCE DE LA LUMIÈRE, par M. BRÉAL. On sait depuis longtemps, et surtout depuis les travaux de Sachs, Strasburger, Stahl, pour ne parler que des plus récents, que les zoospores sont influencées par la lumière. J’ai eu occasion d’observer le Chlamydo- monas pulvisculus, une Algue verte microscopique très répandue, qui se trouve communément dans les eaux douces aérées contenant des ma- tières organiques. Quand on cultive cette Algue, on observe souvent dans l'eau qui recouvre la plante des stries vertes horizontales ou un peu incli- nées, formées par les zoospores de l’Algue. Une goutte de ce liquide vert examinée avec un grossissement de 400 diamètres laisse voir un grand nombre de corpuscules verts de forme ovoïde, munis en avant de deux cils vibratiles et animés d’un mouvement rapide dans tous les sens. J'ai imaginé un dispositif très simple qui permet de faire inscrire par ces zoospores elles-mêmes l’effet exercé par la radiation lumineuse. J'ai noirci extérieurement sur une flamme fuligineuse un tube d’essai, et avec une pointe j'ai tracé des caractères sur le noir de fumée. J'ai rempli le tube avec le liquide chargé de zoospores, et j’ai exposé au soleil. Après avoir ensuite vidé le tube, et essuyé le noir de fumée, j'ai retrouvé les traits que j'avais tracés à l'extérieur, très nettement reproduits en vert à l’intérieur du tube par l'accumulation des zoospores fixées sur la partie éclairée du verre. Ce dépôt de zoospores sur les portions éclairées du verre est suffisam- ment adhérent pour qu’on puisse rincer le vase sans les enlever. Quand on laisse le vase rempli d’eau, le dépôt se conserve longtemps avec sa couleur et sa netteté. J'ai des vases que je conserve depuis quatre se- maines, et sur lesquels les lettres tracées par les zoospores sont encore aussi nettes que le premier jour. On peut, en modifiant un peu l'expérience, étudier l'effet exercé sur les zoospores par les radiations de différentes couleurs. Il suffit de recouvrir extérieurement les tubes d'essai d’une peinture noire, en laissant le long BRÉAL. — FIXATION DES ZOOSPORES DES ALGUES. 239 des tubes une raie non noircie. On les remplit avec le liquide chargé de zoospores, et on les immerge partiellement dans des flacons contenant de l’eau diversement colorée. Je produisais le bleu avec le sulfate de cuivre ammoniacal, le vert avec un sel de chrome, le jaune avec le bi- chromate de potasse, le rouge avec le carmin. J’ai pu constater que, dans toutes ces dissolutions colorées, les zoospores venaient se fixer contre la partie éclairée du tube, et cela aussi bien dans la portion de la raie placée dans le liquide coloré que dans celle qui en émergeait. Le jaune seul faisait exception ; la ligne verte du tube due à la fixation des zoospores s'arrêtait exactement au point où le tube s’enfonçait dans la dissolution jaune. Dans d’autres tubes qu'on avait complétement noircis de façon à arrêter toute lumière, il ne s’est naturellement formé aucun dépôt. A la suite de cette communication, M. Van Tieghem met sous les yeux des membres de la Société deux tubes à inscription verte, tracée par les zoospores le 25 juin 1885, et où les caractères ont conservé toute leur netteté primitive. Cette longue durée du phé- nomène est un fait très intéressant pour la physiologie spéciale du Chlamydomonas pulvisculus ; elle montre en effet que cette espèce, après avoir fixé ses zoospores et les avoir enveloppées de cellulose, traverse une assez longue phase de repos avant de re- prendre sa croissance. Quelle est la durée de cette phase de repos? : La suite des expériences de M. Bréal nous l’apprendra. M. Duval, vice-secrétaire, donne lecture de la communication suivante adressée à la Société. NOTE SUR LE V/OLA PICTA Moggridge (V. ESTERELENSIS P. Chanay et P. Millière), par M. le D' X. GILLOT. La saison trop avancée ne nous à pas permis de rechercher, pendant la session d'Antibes, près du Trayas, une Violette intéressante trouvée dans cette localité, où elle a été considérée comme une espèce particu- lière et distincte, et baptisée de ce chef Viola esterelensis. Elle appar- tient à la section Hypocarpæa Godr. (F1. de Lorraine, 2° édit. I, p. 86), si riche en formes affines et d’une diagnose difficile. Elle a été signalée dans l’Esterel par M. Pierre Millière, de Cannes, entomologiste bien connu, au cours d’un article intitulé : « Lépidoptérologie, 5° fascicule », in Mém. de la Soc. des sc. nat. et histor., des lettres et des beaux-arts de Cannes, t, VIII (1878-79), p. 119; et en même temps par M. Pierre 240 SÉANCE DU 10 sUILLET 1885. Chanay, de Lyon, dans son Récit de quelques herborisations autour de Cannes et de Menton, in Ann. de la Soc. bot. de Lyon, 6° année (1877- 18), p. 184. La diagnose en a été reproduite dans le Bulletin de la Soc. bot. de France, t. XXVI (1879), Revue bibliogr. p. 156. Le Viola esterelensis (4) nourrit la chenille d’une nouvelle variété de l'Argynnis Niobe P L., décrite par M. Millière. C’est à cette circonstance qu'est due la découverte de cette Violette par ce sagace observateur, qui en a même donné une figure dans la planche VI du mémoire cité plus haut. « Je fais représenter, dit-il, la chenille de la Miobe sur une Violette » inédite : Viola esterelensis. On la rencontre abondamment dans un » vallon encaissé, humide et profond de l’Esterel, qui commence à la » station du Trayas, près de Cannes. L’habitat de cette jolie plante est » restreint : je n’ai pu la retrouver ailleurs qu’au Trayas. » M. Millière ajoute en note: « M. Pierre Chanay, botaniste lyonnais, m’en envoie une » description que je transcris littéralement. » Suit la description un peu écourtée et qui ne diffère pas de celle donnée par M. Chanay dans les Annales de la Soc. bot. de Lyon (loc. cit.), p. 184. Dans son article, M. Chanay précise la station du Viola esterelensis, dont la découverte toutefois appartient bien à M. P. Millière : « Sur des indications qui me » furent données par un entomologiste de Cannes, M. Millière, je partis » un jour, dit M. Chanay, à la recherche d’une Violette qu’il avait ren- » contrée dans une de ses chasses ; il me la disait rare et peut-être nou- » velle. On la trouve dans une étroite vallée rocheuse, couverte de » buissons de Bruyères et de Calycotomes aux rameaux épineux, et située » tout à côté de la station du Trayas.., au pied des rochers qui bordent » le torrent, sur la rive droite de celui-ci et à 500 mètres à peine de la » station du chemin de fer. » (P. Chanay, loc. cit. p. 184.) M. Millière cultive depuis plusieurs années cette Violette dans son jardin de la villa des Phalènes, à Cannes; elle s’y maintient sans modifi- cations, mais elle est, d’après lui, fort délicate à élever, et M. Pierre Chanay n’a pu la voir réussir à Lyon. Je n’ai pas été plus heureux dans une tentative de culture faite avec des pieds vivants et en bon état, dus à l’obligeante libéralité de M. Millière. Mais j'ai pu en examiner et en étudier à loisir un certain nombre de beaux spécimens à toutes les phases de leur développement et provenant du jardin de M. Millière. J'ai pu, d'autre part, grâce au bienveillant concours de MM. Bornet et Maiinvaud, consulter le bel ouvrage de M.T. Moggridge : Contributions to the Flora of Mentone, édité en 1864-65 et réédité en 1874. Un examen attentif de la planche LIV et du texte qui l’accompagne m'a convaincu que la Vio- (1) M. P. Millière écrit esterelensis et M. Chanay esterellensis. La première ortho- graphe me paraît la plus correcte et doit être exclusivement adoptée. X. GILLOT. —- NOTE SUR LE VIOLA ESTERELENSIS. 241 lette décrite et figurée par Moggridge sous le nom de Viola hirta L. var. picta ne diffère pas sensiblement du Viola esterelensis. Moggridge attribue à sa Violette des fleurs inodores, des feuilles d’un vert sombre et des sépales pubescents sur les bords, tandis que le Viola esterelensis a les fleurs légèrement odorantes, les feuilles d’un vert clair et les sépales glabres. Tous les autres caractères concordent, et ces légères variations ne suffisent pas à faire établir deux formes distinctes dans une espèce aussi polymorphe que la plupart de celles du genre Viola. Je les consi- dère donc comme une seule et même race de Violette propre à la zone maritime de la région niçoise, et la priorité de la découverte est acquise sans conteste au botaniste anglais. Je crois devoir en donner une description nouvelle et plus complète : Vioca picTa Moggridge, Contrib. to the flora of Mentone, n° 54 (sub Viola hirta L. var. picta). — V. esterelensis Chanay et Millière (Ann. Soc. bot. Lyon, VI, p. 184, et Mém. Soc. sc. nat. et hist. de Cannes, VITE, p. 119). Ic. : T. Moggridge, loc. cit., pl. LIV. — P. Millière, loc. cit., pl. VI. Souche courte, épaisse, rameuse. Tiges latérales courtes ou allongées en stolons courts et non radicants ; très exceptionnellement les stolons plus allongés sont faiblement radicants et florifères. — Feuilles ovales, cordiformes, à sinus peu ouvert, à lobes arrondis et presque parallèles, à sommet obtus, dentées-crénelées à dents profondes, larges et réqu- lières, d’un beau vert, légèrement pubescentes, à poils tuberculeux, à bords ciliés, hérissés. Feuilles estivales de même forme que les feuilles vernales, mais plus grandes, plus allongées au sommet, pubescentes. Pétioles canaliculés, bordés de deux rangs de poils, et légèrement pu- bescents du reste. Stipules linéaires, longuement acuminées, hispidules, à cils intermédiaires glanduleux égalant ou dépassant la largeur de la stipule. Pédoncules glabres, épaissis, sillonnés-anguleux et recourbés au sommet, munis vers le milieu de deux bractées alternes, distantes, linéaires-acuminées, ciliées glanduleuses. Fleurs grandes, légèrement odorantes, blanches, largement bordées de violet tendre sur les bords des pétales avec des stries de même couleur ; sur le pétale inférieur les stries, au nombre de sept, sont d’un violet plus foncé. Pétales étalés, presque égaux, obovales, élargis et arrondis au sommet, les supérieurs contigus à la base, puis brusquement écartés divergents, les latéraux munis d’un faisceau de poils à la gorge, l’inférieur à peine échancré. Éperon gros, obtus, légèrement comprimé, droil ou à peine recourbé au sommet, panaché de violet, dépassant de moitié les appendices des sé- pales. Sépales oblongs, obtus, glabres, non ciliés sur les bords. Fleurs estivales (fertiles) trois fois plus petites, pétalées mais à pétales paral- T. XXXIL (SÉANCES) 16 249 SÉANCE DU 10 JUILLET 1885. lèles ou connivents, presque égaux, l’inférieur un peu plus large et muni à sa base d’une légère bosse, vestige de l’éperon; tous uniformément striés el violacés au sommet. Style aigu, courbé. Anthères blanchâtres, larges, égalant leur appendice orangé et très obtus. Capsule grosse, globuleuse, déprimée au sommet, obscurément hexagone, pubescente- hérissée, à graines nombreuses (20-25), ovoides, blanches. — Fleurit fin février et mars. HaB. — Vallons frais des Alpes-Maritimes : environs d’Albenga (Mog- gridge). Le Trayas, près Cannes (Millière et Chanay). C’est bien à tort que M. Chanay a rapporté son Viola esterelensis au groupe du Viola odorata L. {1 en diffère par sa souche plus épaisse, à stolons courts, rarement et à peine radicants, ses feuilles plus aiguës, sa pubescence plus accusée, ses stipules linéaires, étroites, à cils longs éga- lant au moins le diamètre de la stipule, tandis que dans le V. odorata L. les stipules, très larges (les plus larges du genre), sont ovales-lancéolées, à cils courts, etc. Moggridge n’a guère été mieux inspiré en rapportant son Viola picta en variété au V. hirta L., dont il se distingue par ses stolons plus allongés et plus grêles, sa pubescence moinüre, ses fleurs un peu odo- rantes à contour général plus arrondi, ses feuilles plus acuminées, à crénelures plus profondes, et ses stipules également plus étroites et plus longuement ciliées. Enfin la couleur si remarquable et si constante de la corolle la différencie à première vue de celle de ces deux espèces. La plupart de ses caractères, notamment la forme des feuilles et celle des stipules, le rattachent au contraire très étroitement au Viola alba Pess., et je suis heureux de pouvoir citer, à l’appui de ce rapprochement, l’opi- nion si considérable de notre savant collègue M.E. Burnat, pour qui la flore des Alpes-Maritimes n’a plus guère de secrets. Lui aussi est dis- posé à identifier le V. picta Moggridge au V. esterelensis Chanay et Mill. et n’y voit également qu'une variété du V. alba Bess. Cette espèce offre, comme toutes celles du même groupe (1), de nombreuses variations sous le rapport de la coloration des feuilles, du parfum de la fleur, du dévelop- pement des stolons, etc. « Sur les bords du lac de Genève, on la trouve » dénuée de stolons en colonies nombreuses, sans aucune différence du » reste avec le V. alba Besser. » (E. Burnat in litt.) I n’est pas jusqu'à la coloration si particulière de la fleur qui ne justifie le rapprochement du Viola picta avec le V. alba. Dansles principales formes de cette dernière, V. scotophylla Jord., V. virescens Jord., la couleur de la fleur est variable et souvent plus ou moins panachée ou striée. Comme le V. alba (1) Cf. D° X. Gillot, Nofes sur quelques espèces du genre Viola, in Bull. Soc, dau- phinoise, XI (1884), p. 459-463. B. BALANSA. — GRAMINÉES NOUVELLES DE L'AMÉRIQUE DU SUD. 243 n'a pas été cité par Ardoino dans sa Flore des Alpes-Maritimes, il est probable qu’il est remplacé dans cette région par le V. picta, qui n’en peut pas être séparé spécifiquement, mais qui doit en être considéré comme une race régionale, et même assez rare. Ajoutons, pour être com- plet, que, dans ses notes, Mogeridge signale la difficulté de bien classer cette Violette, ainsi que d’autres formes méridionales des Viola odorataL. et V. hirta L., et qu'il a également bien vu et décrit les petites fleurs estivales pétalées ou apétalées des espèces de cette section, et qui sont en réalité les fleurs fertiles. M. Malinvaud, secrétaire général, donne lecture de la note sui- vante : GRAMINÉES NOUVELLES DE L'AMÉRIQUE DU SUD, par M. B. BALANSA. Lizania bonariensis Sp. nov. — Souche vivace. Tiges feuillées de 1°,90 de hauteur. Feuilles glabres, lisses, un peu scabres sur les bords ; ligule oblongue-lancéolée, souvent lacérée au sommet. Épillets à pédi- celles s’évasant à leur sommet. Fleurs mâles et femelles disposées pêle- mèle en une longue panicule terminale. — Épillets mâles : Glumes 0. Glumelles oblongues-lancéolées, plus ou moins scarieuses et scabres, l'inférieure T-nerviée, plus longue que la supérieure et se terminant au sommet en une pointe plus ou moins longue; la supérieure 3-nervite. Squamules 0. Étamines 6. — Épillets femelles : Glumes 0. Glumelles lancéolées; l’inférieure 5-7 nerviée, scabre, se prolongeant en une arête plus longue qu’elle; la supérieure lancéolée, trinerviée, scabre, acumi- née, plus courte que l’inférieure. Squamules 2, lancéolées, entières, glabres, égalant la moitié de la longueur du caryopse. Ovaire glabre, surmonté d’un style terminal simple, glabre, et pourvu au sommet de deux stigmates plumeux presque aussi longs que lui et sortant du sommet des glumelles. Caryopse renfermé dans les glumelles, mais libre, oblong, cylindrique, glabre, finement strié longitudinalement et surmonté par le style persistant. Spile....… Buenos-Aires, dans les marais. Luziola striata sp. nov. — Souche vivace, radicante. Tiges de 1-2 décim. de hauteur, dressées, grêles, glabres. Feuilles linéaires-lancéolées, atténuées à la base, glabres; ligule oblongue-lancéolée. Epillets sup- portés par un pédicelle assez court, s’évasant un peu au sommet, et dis- posés en courtes panicules unisexuelles, les mâles plus hautes que les femelles. — Épillets mâles : Glumes 0. Glumelles 2, lancéolées, scarieuses, 244 SÉANCE DU 10 JUILLET 1885. obseurément 5-7 nerviées, l’inférieure un peu plus cuurte que la supé- rieure. Étamines 7, linéaires, insérées au filet par leur base. — Fleurs femelles : Glumes 0. Glumelles 2, membraneuses, ovales-lancéolées, glabres, fortement 9-11 nerviées, presque égales. Squamules 0. Ovaire glabre, surmonté de deux styles distincts à leur base ; stigmates plumeux sortant vers le tiers inférieur des glumes. Caryopse libre mais renfermé lächement dans les glumes, ovale-arrondi, glabre, présentant longitudi- nalement 40 à 50 stries profondes et surmonté de la base persistante des styles ; péricarpe épais, coriace ; spile ponctiforme très peu apparent. Embryon....…. Rio JÉsuI Er PasrorEo, près de Caaguazu (Paraguay), dans les prairies marécageuses. — B. Bal. PI. du Paraguay, n° 181 et 2956. Piptochætium erfanthum Sp. nov. — Souche cespileuse émettant parfois de courts rhizomes. Tiges de 50 centim. de hauteur, glabres, lisses. Feuilles glabres ; ligule ovale tronquée. Épillets disposés en pani- cules, à pédicelles glabres. Glumes oblongues lancéolées, presque égales, deux fois plus longues que la fleur, membraneuses, obscurément 5-ner- viées, glabres. Glumelle inférieure à bords ne se recouvrant pas à la ma- turité du caryopse et surmontée d’une arête terminale un peu scabre, six fois plus longue qu’elle et ne se rompant à la base que par une légère traction ; cette même glumelle est coriace, oblongue, très finement striée- ponctuée, couverte dans toute son étendue de poils roux deux fois plus longs qu’elle, et se terminant en un calus velu, à cicatrice latérale lan- céolée ; —- glumelle supérieure oblongue-lancéolée, bicarénée, à carènes légèrement poilues et formant, en se réunissant au sommet, un petit mucron. Caryopse oblong, faiblement canaliculé, glabre, renfermé dans les glumelles, mais libre; spile linéaire égalant la longueur du caryopse. Cerro de MoNTEvipEO, dans les lieux pierreux. Ctenium polystachium Sp. nov. — Souche cespiteuse, émettant 2-3 tiges feuillées, pubérulentes, hautes de 1 mètre. Feuilles lancéolées, planes, pubérulentes, se terminant insensiblement en une longue pointe ; ligule courte, tronquée, glabre. Epis 3-6 digité-paniculés, souvent courbés au sommet. Épillets unilatéraux, imbriqués sur deux rangs, quadriflores ; les deux fleurs inférieures sessiles, neutres, réduites à leur glumelle infé- rieure, la troisième hermaphrodite sessile, la supérieure mâle pédicellée, pourvue à la base d’un pédicelle représentant la partie supérieure du rachis de l’épillet et terminé par une ou deux fleurs avortées. Glumes 9, scarieuses sur les bords, l’inférieure lancéolée, carénée, glabre, uniner- viée, à nervure scabre, hispide; la supérieure lancéolée, carénée, deux fois plus longue que linférieure, à sommet se terminant par une petite soie et pourvue latéralement de trois nervures scabres, dont la médiane M. GANDOGER. — EXCURSION BOTANIQUE A LA DÔLE. 245 se prolonge vers le milieu de la glume en une arête genouillée-divariquée à la base et dépassant un peu le sommet de cette glume.— Les glumelles représentant les deux fleurs inférieures sont tri-nerviées, à nervures latérales longuement ciliées, la médiane se prolongeant en une arête scabre trois fois plus longue que la glumelle. — Fleur hermaphrodite : glumelle inférieure carénée, ciliée seulement sur les bords, trinerviée, à nervure médiane se prolongeant en une arête trois fois plus longue qu’elle ; glumelle supérieure binerviée, bicarénée, à carènes scabres, hispides ; squamules 2, libres, ovales ; étamines 3; ovaire glabre sur- monté de deux styles dont les stigmates plumeux sortent vers la base de la fleur. — Fleur supérieure mâle, pédicellée, à glumes membraneuses, scabres mutiques, égales entre elles, l’inférieure trinerviée, concave, la supérieure binerviée ; élamines 2? Caryopse ovale-oblong, renfermé dans les glumelles, mais libre, à spile ponctiforme peu apparent; em- bryon atteignant les deux tiers du caryopse. Paraguay, à CaaGuazu, VALENZUELA, sur les collines incultes. — B. Balansa, PI. du Paraguay, n° 196, 2962, 4341. M. Costantin, vice-secrétaire, donne lecture de la communication suivante : EXCURSION BOTANIQUE A LA DOLE (JURA SUISSE), LE 30 MAT 1885, par M. Michel GANDOGER. Huit jours avant mon excursion au grand Saint-Bernard (Suisse) (1), j'exécutais l’ascension de la Dôle à l'effet d'y étudier la végétation vernale. Favorisée par un heureux concours de circonstances et surtout par un temps superbe, cette promenade botanique à été beaucoup plus fructueuse que ne l'aurait fait espérer la végétation fort en retard cette année. J'ai pu étudier sur le vif plusieurs espèces que je ne connaissais encore que d’après les herbiers, et vérifier ainsi certains faits botaniques très utiles pour mes études. Je vais exposer le récit de cette excursion d’après le parcours même que j’ai suivi. Parti de très bonne heure des bords du lac Léman (canton de Genève), où je résidais temporairement depuis près d’un mois, j’arrivais à Coppet (Vaud) pour y prendre le train. Nyon, gros village voisin, est le point de départ de la diligence pour Saint-Cergues, autre village situé au pied même de la Dôle. Je ne décrirai pasles endroits charmants que traversent les longs lacets de la nouvelle route. De magnifiques forêts de Hêtres, (4) Voyez plus haut, page 223. 946 SÉANCE DU 10 JUILLET 1885. dont les bords sont garnis de Coronilla Emerus L., forment le fond de la végétation arborescente des premiers contreforts du Jura vaudois. Puis, à mesure qu’on s'élève, l’Abies pectinata DG. commence à se montrer ; mais il ne forme véritablement des forêts que vers 1000 à 1100 mètres. Je n’herborise pas en gravissant cette longue côte de Saint-Cergues, car je réserve mes forces pour la montagne elle-même. Toutefois, aux environs du village (1000 mètres d’altitude), les premières plantes al- pestres apparaissent : Arabis alpina, Orobus vernus, Plantago mon- tana, Bellidiastrum Micheli, Valeriana montana, Rhamnus alpina, Dentaria pinnata, Ranunculus montanus, Gentiana verna, Sambucus racemosa, Rosa alpina, etc. C'est un début qui promet. — Du village, surtout de l’observatoire, vue grandiose sur le mont Blanc, le Salève, les Alpes de Savoie, du Valais, le lac de Genève, etc. Il est à peine dix heures du matin. Un guide m'’accompagne, et nous nous mettons en route pour la Dôle en nous enfonçant dans les sombres forèts d’Abies pectinata, sous lesquelles nous marcherons jusqu’à plus de 1500 mètres d’altitude. Immédiatement au-dessus de Saint-Cergues, outre les plantes ci-dessus mentionnées, je récolte : ° Yiburnum Lantana. Anthyllis Vulneraria (à pubescence appri- Sorbus Aria. mée). Festuca rubra. Poa nemoralis. Barkhausia taraxacifolia. Primula officinalis. Cratægus oxyacanthoides. Polygala amarella {avec une variété à fleurs Asperula odorata. . d'un rose violacé). Globularia ‘vulgaris. Cerastium arvense. Poa angustifolia. Taraxacum erythrospermum. Ranunculus Steveni. Tussilago Farfara. Chenopodium Bonus-Henricus. Poterium guestphalicum. et quelques autres. Ce ne sent, il est vrai, que des vulgarités pour la plupart, mais les bois renferment d’admirables plantes : Hypnum Philippeanum. — aduncum. Metzgeria pubescens. Morchella esculenta. Saxifraga rotundifolia. Petasites albus. Cystopteris fragilis. Pirola secunda. Lamium maculatum. Asplenium viride. Ranunculus lanuginosus. Myosotis silvatica. Orobus vernus. Dentaria pinnata. Oxalis Acetosella. Convallaria verticillata. Viola silvatica. Chrysosplenium alternifolium (deux formes la première à feuilles larges de 10-12 millim., et à fleurs petites ; la deuxième, du double au moins, plus grande dans toutes ses par- ties. Rosa alpina. Bellidiastrum Michelii. Vaccinium Myrtillus. Rubus idæus. Ribes alpinum. Acer Pseudoplatanus. Primula elatior. M. GANDOGER. — EXCURSION BOTANIQUE A LA DÔLE. 947 Cette dernière plante est excessivement abondante dans tous les bois jusque vers 1600 mètres; c'est par milliers de pieds qu'on peut la compter. En outre, le Fagus silvatica, et çà et là : Salix Caprea, Juni- perus communis, Lonicera Xylosteum, Sorbus Aria, Cratæqus oxya- cantha (forme velue et à très petites feuilles rappelant assez bien celles du C. trilobata Poir. de Sicile et d'Algérie), complètent l'ensemble de la végétation arborescente entre 1100 et 1400 mètres d'altitude. Les pelouses sont émaillées de Gentiana terna aux corolles d'un bleu d'azur, de Potentilla verna, de Cardamine pratensis, d'Alchemilla hy- brida, ete. C’est un mélange assez curieux de plantes subalpines et de plantes des plaines, comme le montre la liste suivante : \ Helleborus fœtidus. Polygala amarella (fleurs blanches). Gentiana lutea. Homogyne alpina. Thlaspi alpestre. Anthoxanthum odoratum. Poa alpina. — brevifolia. Luzula campestris. Euphorbia verrucosa. — Cyparissias. Veronica officinalis. Carex polyrrhiza. — glauca. Arabis hirsuta, Fragaria vesca. Ajuga reptans. Plantago capitellata. Hypnum triquetrum. — filicinum. Entre 1400 et 1500 mètres d’altitude, vers les chalets, s'étendent de riches pâturages ; la vallée, profondément creusée, est traversée par un ruisseau bordé de Caltha palustris et de Ranunculus aconitifolius. Ce dernier est abondant aussi sur les pelouses de la région supérieure. A cette époque de l’année, il forme, avec les Trollius europæus, Ranun- culus montanus, Sesleria cærulea, Plantago montana Lamk et Geum rivale, le fond de la végétation des prairies subalpines de la Dôle. Je fais une abondante provision de ces espèces intéressantes, auxquelles viennent s'ajouter : Daphne Mezereum. Cratægus oxyacantha (forma alpestris, mi- crophylla), etc. Juniperus alpina. Lonicera alpigena. Carex ornithopoda. Gentiana verna. A partir de cet endroit, l'ascension devient rude; les pentes dénudées de la montagne sont parfois excessivement raides et surplombent l’abime. Les premiers bancs de neige se montrent, et la végétation arborescente est de plus en plus clair-semée. Sous les Abies, les Sorbus Mougeoti Soy.-Will., Juniperus alpina Clus. et Acer platanoides L. (très peu avancés), j'ai la satisfaction de récolter les belles plantes suivantes : Cacalia Petasites. Mercurialis perennis. Carex glauca var. Gagea lutea. , Scilla bifolia. Centaurea montana (non fleuri). 248 SÉANCE DU 10 JUILLET 18385. Pulmonaria tuberosa Schrank? (plutôt voi- | Dentaria pinnata (jeune). sin du P. mollis Wolf). Soldanella alpina. Sesleria cærulea, Presque sous la neige abonde le Crocus albifiorus Sternb. Hpe ; le C. vernus AU. y est au contraire très rare : je ne lai guère vu qu'au sommet de la montagne, et encore sur un espace restreint. Les Crocus, Soldanella et Sesleria sont les premières plantes qui apparaissent, dans cette région, aussitôt après ou même pendant la fonte des neiges. Me voici bientôt parvenu à 1600 mètres. La végétation devient de plus en plus nulle, parce que la saison est trop peu avancée pour une semblable altitude. Je m'y attendais, du reste : la région alpine devait être à peu près dépouillée, tandis que la région alpestre offrait la riche végétation dont je viens de donner le bilan ci-dessus. Cependant, malgré la neige qui encombre encore la plus grande partie du sommet, j'ai la bonne for- tune de récolter : Cetraria islandica. " {Globularia cordifolia {non fleuri). Vaccinium Vitis-idæa. Saxifraga Aizoon (non fleuri). Timmia austriaca. Luzula maxima. Narcissus Pseudonarcissus. Anemone alpina. Asplenium viride. Draba aizoides. Le sommet de la Dôle forme un long plateau, étroit, doucement in- cliné du sud au nord, à pic du côté de l’est, mais à pente peu rapide à l'ouest. Quand on gravit la montagne par le versant suisse, le sentier suit le côté oriental très escarpé ; des pentes vertigineuses surplombent un profond abîme, dont le fond est un étroit vallon, rocailleux, dénudé, et qui était en partie couvert de neige lors de mon ascension. Au delà, de magnifiques forêts s’étendent jusque près du Léman. Sur le versant français on voit de vastes pâturages, auxquels succèdent des Hôtres et des Sapins. La Dôle a une altitude de 1680 mètres (1). Dans les fissures des rochers du point culminant abondent : Draba aizoides, Helianthemum alpestre (en bons fruits de l’année précédente), Globularia cordifolia et Saxi- fraga Aizoon Jacq. Les pelouses qui avoisinent le Signal — espèce de tour triangulaire qui a servi aux opérations trigonométriques — sont constellées de Crocus albiflorus, de Narcissus Pseudonarcissus, de Sesleria cærulea, et, çà et là, de Crocus vernus, beaucoup plus rare que l’albiflorus, ainsi que je l’ai déjà fait remarquer. La vue, du sommet de la Dôle, est incomparable : au nord, on dis- tingue les plaines du Jura et de la Franche-Comté, la Suisse du Nord, | (1) La côte rigoureuse de Ja Dôle (carte vaudoise) est de 1680",2; la côte de l’an- cienne carte fédérale Suisse porte 1678 mètres. L. MANGIN. — EXEMPLE DE CONCRESCENCE DES RACINES. 9249 Berne, etc. ; au sud, la chaine du mont Blane, dont l'imposante majesté formele great attraction du tableau, puis les Alpes de Savoie, le Léman, Genève, le canton de Vaud; enfin à l’est, des milliers de pics neigeux, véritable mer écumante où dominent les géants des montagnes d'Europe, le Cervin, le Combin, la Jungfrau, d’autres sommités de l’'Oberland ber- nois et du Valais. Ce spectacle, contemplé par un temps superbe et un beau soleil, est inoubliable. Bref, une excursion à la Dôle faite au printemps donne d’assez beaux résultats pour qu'elle tente plus d’un botaniste. Comme je lai fait re- marquer pour mon ascension au grand Saint-Bernard, la région mon- tagneuse et subalpine présente alors une admirable végétation ; beaucoup de plantes ont déjà disparu ou ne sont plus en bon état lorsque com- mencent les herborisations que J'appellerai classiques, parce qu'elles ont lieu régulièrement pendant l’été. On ne récolte alors que les plantes estivales, intéressantes sans doute, mais dont leurs devancières le sont tout autant, sinon davantage. Je n'ai pas souvenir qu'il ait été publié un bilan de la végétation printanière de la Dôle. En dressant ici l’inventaire des récoltes que j'y ai faites, j'ai donc cru devoir contribuer pour ma part à combler peut-être une lacune. M. Mangin fait à la Société la communication suivante : SUR UN NOUVEL EXEMPLE DE CONCRESCENCE DES RACINES, rar M. Louis MANGIN. Ces formations ont été rencontrées au milieu d’une touffe de Polytri- chum encore adhérentes à un tronçon de racine âgée à formations secon- daires, mais malheureusement dépourvues de tige et de feuille, de telle sorte que la détermination de l’espèce est encore incertaine. J'avais d’abord pensé les rapporter à l’Erica cinerea ; mais par la structure de la racine, il me semble qu’elles appartiennent plutôt aux Cupulifères, au Châtaignier probablement. En attendant que de nouvelles observations me permettent de préciser l'espèce à laquelle appartiennent ces forma- tions singulières et leur mode de développement, je dirai quelques mots de leur structure. Ces racines concrescentes forment une série de petits tubereules piri- formes fixés sur un tronc commun et dirigés en tous sens, de manière à figurer assez bien un fragment d’inflorescence de Chou-fleur. Chaque ren- flement est adhérent au support commun par la partie effilée, le bout arrondi et renflé constitue la partie terminale; leur longueur est de 5 à 4 millimètres et leur largeur est environ 2 à 3 millimètres. On aperçoit 950 SÉANCE DU 10 JUILLET 1885. nettement sur l’extrémité renflée trois ou quatre points noirs qui corres- pondent, comme le montre l'examen microscopique, aux sommets des diverses racines et rappellent beaucoup l’ostiole du périthèce de beau- coup de Sphériacées. L'examen sommaire de ces formations m'avait d’abord fait penser à une hypertrophie causée par des piqüres d'insectes ou par la présence d’un Champignon, mais l’examen des coupes transversales n'a pas vérifié cette hypothèse. En effet, sur une coupe transversale de ces renflements, on voit d’abord une couche à plusieurs assises de liège, dont les cellules sont incrustées de matières brunes qui rendent l'observation difficile. A l'intérieur se trouve un parenchyme cortical très développé entou- rant deux, trois et même quatre cylindres centraux de racines. Chaque cylindre central est composé ordinairement de cinq lames vasculaires alternant avec cinq îlots libériens, un endoderme à plissements très nets entoure chacun d’eux ; vers le sommet des renflements piriformes, les cinq lames vasculaires sont isolées au milieu du tissu conjonctif formant la moelle, mais vers la pointe, c’est-à-dire dans la partie qui rattache les tubercules à la racine, les lames vasculaires sont réunies par le pa- renchyme sclérifié et l’ensemble forme des étoiles à cinq branches. Le parenchyme cortical est nettement divisé en deux parties ; la plus interne est formée d’assises cellulaires concentriques à chaque cylindre central; la plus extérieure constitue des assises englobant les divers cylindres centraux et forme un parenchyme commun protégé par la couche subé- reuse. Par leur aspect ces coupes transversales rappellent tout à fait la structure des racines concrescentes du Lierre signalées par M. Frank dans un mémoire analysé par M. Fournier dans un précédent Bulletin bibliographique. Mais l’examen des coupes transversales montre que l’analogie n'est pas complète. En effet, les racines concrescentes du Lierre sont formées par des racines adventives, originairement indépendantes, nées côte à côte et qui se sont soudées par suite d’une prolifération de l’assise pilifère, tandis que, dans les formations que j’ai rencontrées, on s'aperçoit que les racines concrescentes sont formées par une seule racine et par ses différentes radicelles situées obliquement par rapport à son axe. Îl en résulte que les différents cylindres centraux, tout à fait isolés au sommet de chaque renflement, se fondent les uns dans les autres en un seul, à l’endroit où le renflement s'attache sur la racine normale. Je n’ai pas trouvé de coiffe au sommet de chaque racine ; mais, en dehors de la couche subéreuse, il existe, à l'endroit que devrait occuper la coiffe, un amas de cellules flétries et remplies de la même substance brune qui incruste les cellules de la couche subéreuse. Ce sont ces amas de cellules qui constituent les points noirs simulant sur chaque renfle- L. MANGIN. — EXEMPLE DE CONCRESCENCE DES RACINES. 251 ment l’ostiole d’un périthèce de Sphériacée, comme je l'ai indiqué plus haut. Dans une prochaine note j'espère indiquer l’origine et le développe- ment de ces racines concrescentes dont les exemples sont déjà si nom- breux, et je pourrai montrer si ces tubercules peuvent jouer dans la plante qui les possède un rôle analogue à celui des bulbes d'Orchidées. M. Van Tieghem demande à M. Mangin s'il a observé, dans le parenchyme externe de ces sortes de tubercules qu’il vient de dé- crire, des filaments de Champignons. Cette ramification avec branches concrescentes des racines est souvent le résultat de l’exci- tation produite dans les tissus par la présence d’un parasite. Dans les Cycas, les racines se dilatent par suite de la présence des Ana- bæna qui y vivent en symbiose. M. Frank est même arrivé, dans un travail très récent, à se convaincre que toutes les Cupulifères sont normalement habitées par des Champignons ; il a retrouvé ce fait sur des échantillons provenant de toutes les forêts de l'Europe. Il arrive même, dans certains cas, que les poils radicaux de ces racines disparaissent et que le mycélium du Champignon les rem- place. Il est à remarquer que les Aulnes et les Bouleaux n’offrent pas de symbiose semblable. M. Mangin répond qu'il n’a pas trouvé de traces de mycélium de Champignon dans ces tubercules. L'étude du développement peut seule montrer si la concrescence est causée par le développement d'un Champignon ; car les couches subéreuses qui se forment exfo- lient, dans les racines de Cupulifères, le réseau mycélien développé dans l'écorce de la jeune racine. SÉANCE DU 24% JUILLET 1885. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE. M. Mangin, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 10 juillet, dont la rédaction est adoptée. Par suite de la présentation faite dans la dernière séance, M. le Président proclame l’admission de : 9252 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. M. Jean BoURDETTE, ancien professeur, à Argelès (Hautes-Py- rénées), présenté par MM. les abbés Laffitte et Miégeville. M. le Président annonce ensuite une nouvelle présentation. Dons faits à la Société : G. Bonnier, Éléments de botanique. Brunaud, Contribution à la flore mycologique de l’'Ouest.— 1° Sphé- riacées.— % Gymnoascées. — 3° Urédinées. — 4° Ustilaginées, trouvées dans les environs de Saintes, etc. H. du Buysson, Flore des marais salés du département de l'Allier. Gandoger, Sur la propagation des plantes par les graines considérée au point de vue de l'école analytique. Guinier, Philosophie de la silviculture. J. Hervier, Recherches sur la flore de la Loire, 1° fascicule. Husnot, Muscologia gallica, 3° livraison. Leclere du Sablon, Recherches sur la structure et la déhiscence des anthères. Le Grand, Herborisations faites en 1884 par les membres de la section florale de la Société historique et scientifique du Cher. Malbranche et Letendre, Champignons récoltés en Normandie, troisième liste. J. Mordagne, Étude sur l'Adonis vernalis. J. Poisson, Étude sur le nouveau genre Hennecartia de la famille des Monimiacées. : — Sur le Linoloe (Bursera Delpechiana). A. Taxis, Recherches sur l’origine des micro-organismes. Christ, Sur le genre Rosa (trad. de l’allemand par M. Burnat). Beccari, Plantes à fourmis de l'archipel indo-malais et de la Nou- velle-Guinée. Hauck, Cenni sopra alcune Alghe dell” oceano Indiano. Marchesetti, Sur un nuovo caso di simbiosi. Recueil des Mémoires et des travaux publiés par la Société bota- nique du Grand-Duché du Luxembourg, 1883-1884. Schriften der Phys.-Ükonomisch. Gesellschaft zu Koenigsberg, 1884. 1" et 2° parties. 24 und 25 Bericht über die Thätigkeit des Offenbacher Vereins für Naturkunde. Boletim da Sociedade de Geographia de Lisboa, n° 12. M. le Secrétaire général donne lecture d’une lettre de M. Jules Bel, professeur à Saint-Sulpice (Tarn), qui annonce la découverte MIÉGEVILLE. — ARMOISES ALPINES DES PYRÉNÉES CENTRALES. 253 de l’Agrostis tenacissima naturalisé au bord du Tarn et dans le département de cesnom, sur les confins de la Haute-Garonne. M. Malinvaud ajoute que l’Agrostis tenacissima Jacq. (Vilfa tena- cissima Humb. et Bonpl., Sporobolus tenacissimus Beauv.), Gra- minée américaine observée dès 1853 en Catalogne, a été déjà signalé dans le sud-ouest de la France, notamment dans les envi- rons de Bayonne (1). M. Malinvaud, secrétaire général, donne ensuite lecture de la communication suivante : NOUVEL ESSAI DE RÉVISION DES ARMOISES ALPINES DES PYRÉNÉES CENTRALES, par M. l’abbé MIÉGEVILLE. Il y a déjà quelques années que j'avais fait mes adieux à la phanéro- gamie végétale pour me livrer exclusivement à l’élude de la bryologie. Mais un article de M. Vallot, Sur quelques plantes des Pyrénées, pu- blié en date du 13 février 1885 dans le Bulletin de la Société, et par- dessus tout l’intérêt de notre belle science, me mettent en demeure de faire un pas rétrograde et de m'entretenir pendant quelques instants de phanérogamie avec mes honorables confrères de Paris. M. Vallot prétend qu'il n’y a, dans la région alpine des Pyrénées, que deux espèces d’Artemisia, les A. rupestris et Mutellina Vill, L’hono- rable confrère voudra bien me permettre de lui rappeler que la plupart des botanistes anciens et actuels qui ont exploré les sommets les plus élevés de nos montagnes sont loin de partager son sentiment. Pour moi, en me rangeant à son avis, j'ose entreprendre d'élargir seulement tant soit peu le cadre dans lequel il étreint nos intéressantes Synan- thérées. | J'ai d’abord cherché à établir la diagnose différentielle de nos plantes, condition nécessaire de leur diagnose spécifique. Je me suis demandé dans lequel de leurs organes le botaniste descripteur pourrait se pro- mettre de trouver la base d’un type générique immanent et palpable. L'étude et l’observation m'ont démontré qu'il n’était ni dans les feuilles, ni dans les tiges, ni dans le rhizome, ces organes ne présentant aucun point de dissemblance vraiment caractéristique. Les auteurs classiques ont pris pour base de la distinction générique de nos Armoises alpines la pubescence et la glabréité du réceptacle ; (1) Notice sur la naturalisation à Bayonne d'une nouvelle plante exotique, par le D' Blanchet. Dax, 1882. 254 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. mais un organe si délicat et presque imperceptible ne m'a pas semblé pouvoir être mis au premier rang pour constituer un tel type. J'ai cru ne devoir lui donner qu’une place secondaire dans la formule de ma diagnose générique, adjugeant la première à la structure et à la forme des calathides, constantes dans les individus de la même espèce et plus saisissables qu’une touffe de très petits poils. Cela posé, catégorisons, décrivons nos Artemisia, et, conformément à l'usage des anciens maîtres, pour donner à nos dessins des touches plus nettes, traduisons nos diagnoses en latin. EXPLANATIO ARTEMISIARUM AD HANC THESIM PERTINENTIUM. Secuio 1. — Calathides munilæ periclinio non anguloso et receptaculo glabro. A.— Calathides magnæ, racemi longe spiciformes. ‘ Artemisia rupestris Vill. — Cala- thides magnæ, nutantes, superiores contiguæ etsessiles,inferiores remotæ, plus minusve pedunculatæ, intermediæ breviter pedunculatæ, subsessiles vel sessiles, componentes racemum erec- tum, spiciformem, unilateralem, basi laxum, mediam caulis partem occupan- tem, aut 1-2-racemos subsphæricos caulis apice stantes. Bracteæ inferiores, sæpe denticulatæ, aut pinnatifidæ. Pe- riclinium hemisphæricum, lavugino- sum, 12-25 flores ferens, foliolis vix inæqualibus, concavis, externis ovatis, internis ohovatis, omnibus margine ni- gris et Jate scariosis. Corolla flava,, tubo obconico. Antheræ apice appen- diculam acuminatam habentes. Rece- ptaculum glabrum. Achænia minima, pilis albis apice coronata. Folia radi- calia, petiolo lineari innixa et formantia rosulas steriles ; limbo tripartito, seg- mentis simplicibus aut multifidis; cau- lina inferne 2-3-fida vel pinnatifida, laciniis ovatis, subacutis; süuperne li- nearia, integra. Gaules violacei, sim- plices, basi arcuati, adscendentes, Radix lignosa, fusca, ramosa, ramulis radi- cantibus et edentibus foliorum rosulas. Planta 9-18 centim. longa, lanuginoso- alba, aromatica. Crescit julio, augusto et septembri. B.-— Calathides parvæ, racemi bre- viter subsphærici. Artemisia minima, var. Artemisi® rupesiris. — Calathides parvæ, majores mediam partem illarum Artemisiæ ru- pestris vix. æquiparantes, formantes racemum brevissimum, compactum, sphæricum vel subsphæricum. Aliquo- ties infra nascuntur 1-2-calathides subsessiles et racemo annexæ. Bracteæ inferiores multifidæ aut integræ; su- periores integræ. Periclinium hemi- sphæricum 10-15 flores continens, folio- lis ovato-ellipticis, obtusis, interioribus apice late scariosis et sæpe leviter con- tractis et mucronulatis. Corolla flava, tubo obconico. Achænia ohovata, non- nullis pilis albis superata. Receptaculum glabrum. Folia munita petiolo lineari, brevi et latissimo, raro angustiore et leviter elongato; radicalia simplicia vel 2-5-partita, segmentis simplicibus aut 2-3-fidis, laciniis cuneiformibus, obtusis, integris aut 2-3-fidis; caulina longe pedunculata, apice 3-fida, rarius simplicia, laciniis sicut in radicalibus. Caules simplices, basi vix paulisper arcuati, raro paululum violacei in parte inferiore, minime in superiore. Radix hgnosa, plus minusve repens, nigra, librosa, fibris crassis vel filiformibus et longissimis, emittens foliorum ro- sulas. Planta 2-10 centim. longa, albo- tomentosissima, aromatica. Crescit julio, augusto et septembri. MIÉGEVILLE. — ARMOISES ALPINES DES PYRÉNÉES CENTRALES. 255 Sectio 2. — Calathides munitæ periclinio anguloso et receptaculo pubescente. A. — Calathides longe pedunculatæ et racemi spiciformes. Artemisia Mutellina Vi. — thides parvæ, ereciæ, terminales sub- sessiles, intermediæ propius ac pro- pius accedentes et minus minusque pedunculatæ, inferiores longe pedun- culatæ, componentes racemum laxum, longiorem altera caulis parte, vel eam æquantem. Bracteæ inferiores foliis similes, superiores lineares integræ. Periclinium villosum, toliolis vix inæ- qualibus, concavis, obtusis, margine scariosis et linea nigrescente percursis. Corolla flava, munita tubo glanduloso. Antheræ apice ferentes acumen lanceo- latum. Achænia obovata, apice leviter albo-pilosa. Receptaculum pubescens. Folia petiolata petiolo angusto, basi dilatato, segmentis integris aut 2-4- fidis, laciniis lineari-obovatis ; folia su- periora latius petiolata, petiolo cunei- formi et palmatilido. Caules suberecti, rigidi et simplices. Radix brevis, ra- mosa, foliorum rosulas edens. Planta 1-2 decim. longa, obseure albo-sericea, aromatica. Crescit julio, augusto et septembri. Cala- | B. — Calathides sessiles et racemi globulosi. Arlemisia oligantha, var. A. Mutel- linæ. — Calathides 2-9, raro numero- siores, mediam partem illarum Arte- misiæ glacialis Vill. vix adæquantes, superiores sessiles et inferiores sub- sessiles, formantes racemum compa- ctum, globosum vel subglobulosum, 1-2 millim. longum. Aliquoties intra racemum videntur 1-2 calathides ses- siles et racemo contiguæ. Bracteæ multifidæ, superiores raro integræ, calathidibus longiores. Periclinium he- misphæricum, 3-10-flores coutinens, foliolis fere æqualibus, ellipticis, con- cavis, externis membrana nigrescenti cireumamictis, et internis albidubis. Corolla flava, apice ciliata, tubo-obco- nico. Achænia obovato-elongata, glabra. Receptaculum pilosum. Folia petiolo lineari, angusto munita; radicalia 3-5 partila, segmentis shuplicibus aut 2-3-fidis ; caulina multifida, lacinns acu- tiusculis, integris, aliquoties 2-fidis. Caules violacei, simplices, plus minus- ve flexuosi, areuati basi et apice. Radix lignosa, fibrosa, fibris crassis et lon- gissimis, nigro-fusea, pariens foliorum rosulas. Planta 3-10 centim. longa, villoso-sericea, argenteo-alba, aroma- tica. Crescit julio, augusto et septembri. Après avoir décrit nos quatre Armoises et précisé l’époque de leur évolution, je dois ajouter quelques mots sur le lieu de leur naissance, la date de leur découverte et leur genre de vie. L'A. rupestris Vill. abonde sur la plupart des pics les plus élevés des Pyrénées centrales. J'ai maintes fois constaté sa présence au elrqué de Gavarnie, aux ports d'Estaubé et de la Canaou, à la Meunia de lrémouse et aux crêtes de Camp-Long dans la vallée de Barèges, el au pic de la Carnaou qui domine le lac de Migouélou, dans la vallée d'Arun. | L'A. minima, ainsi nommé à cause de l’exiguité de sa taille, m'est tombé pour la première fois sous la main le 19 juillet 1860, au sommet des plus hautes tours de Gamp-Long, près d'une curieuse plate-forme qui 256 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. se déploie sur la cime d’un vaste rocher, et dont le milieu est traversé par une crevasse étroite d’une profondeur insondable. Il est très abon- dant dans les rochers qui servent de piédestal à la plate-forme. J'ai vu cette plante en très petite quantité, la même année, dans la Sède de Lieusaoubes, qui fait partie du cirque de Trémouse. L’A. Mutellina Vill. croît au port de la Canaou, au voisinage de l’A. rupestris Vill., mais il y est aussi rare que l'A. rupestris y est commun. Tandis que l'A. rupestris vit çà et là parmi les éboulis de rochers, qui disputent la gorge de la Canaou à une nappe assez étendue de neiges éternelles, l’A. Mutellina se cramponne plus haut aux rochers presque perpendiculaires qui encadrent la partie occidentale de cette gorge. On ne peut arriver jusqu’à lui qu'en Ôtant ses cothurnes, et qu’en s’aidant des pieds et des mains, comme font les ouvriers lorsqu'ils montent ou descendent le long des parois d’un puits. L’A. oligantha foisonne probablement sur les pics qui enserrent le vallon de Héas ; quant à moi, je ne lui connais que trois gîtes assez rap- prochés les uns des autres. Je l'ai récolté le 17 juillet 1860 près du pic des Aguilous, sur la crête rocheuse qui forme la ligne de délimitation des montagnes de la vallée d’Aure et des montagnes de la vallée de Baréges ; le 4 août 1860, sur les tours les plus élevées de Camp-Long, qui con- templent d’un côté les pâturages de Trémouse, et de l’autre les pâturages de Camp-Bieil. Je ne possède que deux échantillons de chacune de ces deux stations ; mais j'ai trouvé cette plante en grande quantité le 16 août de la même année au port d’Estaubé, versant espagnol, à 1 kilomètre d’un beau vallon appelé Tourmacal par les pâtres aragonais. Les rochers qui lui donnent naissance sont situés entre le mont Perdu etles pics de la Canaou, à 1 kilomètre de la cime du Gabiétou, non loin de l’endroit où je découvris, en septembre 1859, le Borderea pyrenaica, et le Saxifraga aizoiloides (1), que M. Bordère a l'espoir de retrouver. Nos Armoises recherchent les sites les plus élevés et les plus froids, les sites les plus visités par la foudre et la neige. Leurs grappes gracieuses se balancent parfois sous l’haleine des vents au-dessus des abimes les plus profonds ; elles ornent parfois les rochers les plus abrupts et les plus sau- vages. Les pentes rocheuses qui encadrent les glaciers sont leur domicile de prédilection. Le Ranunculus glaciulis, le Paparer pyrenaicum, l'Oxyria digyna, le Cherleria sedoides, ete., sont leurs plus proches voisins. Elles sont du nombre des plantes qui marquent les dernières limites de la végétation alpine dans les Pyrénées. Les Armoises alpestres ont des mœurs particulières qu’il est bon de (1) Saxifragu aizoidoides Miégev. distinct du $. aizoides L. Voyez le Bulletin, t. XII (1865), pages 12 et 59. MIÉGEVILLE. — ARMOISES ALPINES DES PYRÉNÉES CENTRALES. 257 connaître pour les mieux définir. Au lieu de se grouper en massifs com- pactes et bien peuplés, elles s’échelonnent de distance en distance, vivant solitaires ou ne formant que de petits ménages. Celles qui constituent une espèce où une variété répugnent à faire alliance avec celles qui repré- sentent une espèce ou une variété différente. Les À. rupestris, oligantha et minima, par exemple, se sont donné rendez-vous dans les rochers qui dominent et dans ceux qui supportent la plate-forme de Camp-Long, mais elles y occupent des stations différentes et assez éloignées les unes des autres. Les A. oligantha et minima conservent tellement, dans les petits groupes qu'elles forment, leurs éléments constitutifs et leur physionomie propre, que tous leurs congénères respectifs sont à peu près identiques. Il n’y a de polymorphe que l'A. rupestris, et encore faut-il remarquer que les formes si variées de cette espèce croissent souvent pêle-mêle avec le type, déparent souvent le type, représentent rarement une indivi- dualité, et que les calathides ont dans toutes les formes les mêmes pro- portions que dans le type, si ce n’est dans la forme minima, où elles sont une fois plus petites que celles de son aïeule. Le moment est venu de soumettre toutes ces plantes à une étude com- parative, et d’assigner à chacune son rang dans le catalogue de la nomen- clature. .Il est admis par tout le monde que les À, rupestris et Mutellina Vill. constituent deux espèces pyrénéennes bien légitimes; mais peut-on élever à la dignité d'espèces les À. oligantha et minima, ou faut-il les reléguer dans l’humble condition de variété ? Tel est le problème à résoudre. Commençons par l'A. oligantha. L’A. oligantha est-il d'abord iden- tique avec l'A. glacialis Vill.? Les botanisles expéditeurs de plantes pyrénéennes, qui l’envoient sous cette étiquette à leurs correspondants, n’ont qu'à lire notre premier Essai de révision pour se convaincre que l'Armoise de nos montagnes n’a presque rien de commun avec l'Armoise des Alpes. Faut-il confondre spécifiquement l’A. oligantha avec l'A. Mu- tellina Nil. HN y a des motifs qui militent pour l'affirmation; il y a des motifs de se prononcer pour la négative. Ces deux plantes ont des carac- tères communs qui tendent à les réunir, et des caractères propres qui tendent à les séparer. Leurs calathides, leurs périclines, la structure et la pubescence de leur réceptacle sont parfaitement identiques ; la disposi- tion de leurs calathides et la conformation de leurs grappes florifères n’offrent aucun point de similitude. L’A. oligantha se confond avec l'A. Mutellina par ses caractères différentiels, et s'en sépare par ses caractères spécifiques. Dès lors il est condamné par les lois de Ta nomenclature à ne voir le jour qu’à titre de sous-espèce ou à litre de variété de PA. JZu- tellina ; mais humble rang où il doit se fixer dans l'intérêt de la science T. XXXIL. (SÉANCES) 17 258 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. n'empêche pas qu’il ne puisse être une bonne espèce naturelle, d’après l'opinion généralement reçue, que « les véritables espèces sont noyées dans la multitude des mauvaises » (1). Nous voici arrivés à l’A. minima. L’A. minima s'éloigne par l’exiguïté de ses calathides de l’A. rupestris Vill. et de toutes les formes de cette espèce comprises dans notre diagnose; de l’A. Mutellina, par ses cala- thides, toujours sessiles et subsessiles, réunies en une grappe très courte; et par sa grappe blanchâtre et très velue, de l’A. oligantha, dont la grappe est brune et presque glabre. Dans l’ordre taxinomique, il est par rapport à l’A. rupestris Vill. ce qu'est l'A. oligantha par rapport à l'A. Mutellina Vill. Je sais bien qu’un botaniste quelconque, qui contemplerait vivants et sur pied les À. oligantha et minima, résisterait difficilement à la tenta- tion de les ériger en espèces. Néanmoins j’ai cru devoir rapporter comme variétés l’A. minima à l'A. rupestris Vill., et l'A. oligantha à l'A. Mu- tellina Vill., pour me conformer à la sage méthode des bryologues, qui se contentent d'enregistrer comme sous-espèce ou comme variété toute nouvelle découverte qui ne constitue pas une espèce incontestable. Je ne puis terminer celte note sans porter à la connaissance des bola- nistes les motifs qui m'avaient déterminé à donner des noms nouveaux aux Armoises de nos montagnes. Pourquoi en novembre 1871 ai-je publié sous le nom d’A. racemosa une Armoise pyrénéenne répandue partout sous le nom d’A. Villarsit G. G.? — 1° C’est parce que des botanistes très compétents, entre autres Grenier lui-même, doutaient de l'identité de notre plante avec celle de Villars. — 2° C’est parce qu'aucune de nos flores classiques ne signale dans la plante des Alpes les nombreuses variations auxquelles la plante des Pyrénées est soumise. — 3° C’est parce que la plante des Alpes dont je suis possesseur me paraissait se séparer de la plante des Pyrénées par ses organes constitutifs plus développés, et surtout par son facies plus sombre, qui lui a mérité le surnom de Génépi noir, tandis que la nôtre s’appellerait à bon droit Génépi blanc. Pourquoi encore, dans mon premier Essai de révision, ai-je tenté d'établir la non-existence de l’A. Mutellina Vill. dans nos Pyrénées ? C’est parce que, d’après nos flores classiques, l'A. Mutellina des Alpes porte souvent deux ou trois calathides au sommet d’un long pédoncule dressé, et qu’une particularité si caractéristique ne se produit jamais dans la plante des Pyrénées. Cette particularité me parut suffisante pour m’autoriser à comprendre dans ma première diagnose de l’A. oligantha toutes les Armoises alpines des Pyrénées, dont les calathides sont pourvues d’un (1) Les propres termes de Decaisne ct de Gubler. COSTANTIN. — INFLUENCE DU MILIEU SUR LES STOMATES. 299 péricline anguleux et pubescent. De là l’exclusion de l'A. Mutellina au profit de l’A. oligantha; de là, en d’autres termes, la confusion taxino- mique de l’une avec l’autre. Il était bien temps de réparer une telle inexactitude, de remettre l’A. Mutellina Vill. à son poste d'honneur, et de ne lui adjoindre l’A. oligantha qu'à titre de variété. M. Costantin fait à la Société la communication suivante : INFLUENCE DU MILIEU AQUATIQUE SUR LES STOMATES, par M. COSTANTIN. A la suite d’une communication que je fis au commencement de l’année sur la structure de l’épiderme des végétaux aquatiques, quelques obser- vations furent faites, principalement par M. Mer, qui semblaient devoir restreindre la portée des expériences que je signalais. Ces expériences avaient été faites par différents botanistes travaillant indépendamment les uns des autres; aussi pouvait-on penser que peut-être leur ensemble ne levait pas les contradictions que les anciens observateurs avaient autrefois signalées entre les faits et la théorie de la disparition des stomates par la submersion. Avant d'aborder l’exposé des faits nouveaux que j'ai pu observer sur cette question, il me semble indispensable d'examiner sur quels fonde- ments reposent les théories nouvelles de la formation des stomates expo- sées par M. Mer. I PARTIE CRITIQUE. — M. Mer s’est prononcé d’une manière assez claire sur le sujet actuel en disant que les stomates € sont en général doués d’une remarquable résistance au milieu ». Il faut donc s'adresser à d’autres causes pour trouver l’explication de l'apparition ou de la disparition de ces organites. M. Mer pense avoir trouvé ces causes, en laissant de côté l’'hérédité, dans la variation de l'intensité lumineuse et dans la variation de la nutrition. Les faits qu’il cite pour justifier l'influence de ces deux causes sont-ils convaincants ? 1° Influence de l'intensité lumineuse. -— Quand on cherche dans les mémoires de l’auteur sur combien de faits il s'appuie pour prouver l'in- fluence de l’ombre ou de la lumière directe sur la répartition des stomates, on en trouve trois (1). Deux d’entre eux [Syringa (2)et Myriophyllum) (3)] (1) Je ne parle pas de l'expérience sur le Haricot poussé à l'obscurité complète, car c'est une autre question, la chlorophylle n'existant plus dans ce cas; quant à l'expé- rience du Ranunculus aquatilis (voyez le Bulletin, 1880, p. 50), elle n'a pas été faite de manière à permettre la comparaison. u (2) Bull. Soc. bot. de Fr., t. XXX (1883), séances, p. 120. (3) Ibid. t. XXVIL (1880), p. 53. 260 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. conduisent à penser que le nombre des stomates augmente au soleil ; la troisième (Charme) (1) n’a pas donné de résultat. Je ferai d’abord remarquer combien il est aventureux de conclure sur une question plus délicate encore que celle de l’influence de l’eau ou de l'air, où tant d’actions contraires peuvent entrer en jeu, en s'appuyant sur un si petit nombre defaits; celte recherche demande beaucoup de soin et devra faire l’objet d’études spéciales et approfondies. M. Lewakoffski (2), qui a fait des recherches beaucoup plus complètes sur la question actuelle, n’est arrivé qu’à des résultats peu décisifs. Ce qui pourrait faire penser que M. Mer s’est peut-être trop hâté de conclure de ce qu’il avait observé sur les deux plantes précédentes, c’est que la structure générale des feuilles aériennes semble contredire ce ré- sultat. On sait que, les feuilles aériennes ont en général peu ou pas de stomates sur la face supérieure, qui est l’épiderme éclairé, et beaucoup sur la face inférieure, qui est l’épiderme peu éclairé. Ce résultat est d’au- tant plus singulier, que dans l’expérience sur le Syringa, la lumière a bien agi sur la face supérieure pour y augmenterlenombre des stomates; on sait d’ailleurs, en outre, par les recherches de Stahl, Johow, etc., que le même agent lumineux a une grande influence sur les lissus internes de la feuille, en particulier sur le tissu en palissade. 2° Influence de la nutrition. — M. Mer à eu vraisemblablement le sentiment de cette difficulté, quoiqu'il n’ait pas cité cette contradiction, car il a essayé d'expliquer à l’aide d’une autre cause la structure des feuilles aériennes. Selon l’auteur, c’est la nutrition qui rend compte de tout. Malheureusement le mot nutrition est très vague, et ce qui le prouve, c’est que l’auteur l’emploie dans deux sens très différents. Tantôt il entend par matières nutritives celles qui sont extraites du sol, tantôt celles qui proviennent de l’action chlorophyllienne (3), Afin de prouver qu'une variation de nutrilion par le changement de sol a une influence sur la répartition des stomates, M. Mer cite un seul fait dont il croit pouvoir tirer une conclusion. Il a observé deux Littorelles sur le bord du lac de Longemer, à un endroit où la berge est souvent décou- verte, l’une poussant dans le limon, l'autre dans le sable ; cette dernière possède des stomates, landis que la première n’en offre pas (4). Est-ce bien au changement de sol qu'il faut attribuer cette différence dans l'épiderme ? C'est la une affirmation qui semble bien hasardée, quand on a l'idée de la difficulté de ce genre de recherches. Il est à remarquer, en outre, que dans le cas actuel de la Littorelle, le sable est un sol stérile où la nutri- (1) Bull. Soc. bot. 1885, p. 126. (2) Mém. de l'Acud. de Kazan, 1879. (3) Bulletin Soc. bot. 1880, p. 194. (4) 1bid. 1880, p. 19, et IS83, p. I21. COSTANTIN. — INFLUENCE DU MILIEU SUR LES STOMATES. 261 tion est ralentie, el c’est ce ralentissement qui provoque la formation des stomates : cette cause agit sur les rameaux (1) poussant à l'air ou dans l’eau. [n’en est pas toujours ainsi, d’après le même auteur ; très souvent, au contraire, c'est lorsqu'il y à accumulation de matières nutritives que ces appareils se forment. C’est ainsi que l’auteur explique la formation de ces organites sur la face inférieure des feuilles aériennes : « parce » qu’elle renferme des matières nutritives en excès qui, s’accumulant » sur divers points, y provoquent la multiplication des cellules ; de là des » stomates » (2). On pourrait croire alors que l’épiderme supérieur, qui est « mieux nourri par Suite de son voisinage avec le parenchyme palissadiforme » (3), va produire des stomates ; il n’en est rien : « les » matières nutritives qui lui arrivent sont toutes employées; aussi n’en » reste-t-il point à l’état de dépôt » (+). Les hypothèses de l'auteur, n'ayant plus ici le caractère des suppositions scientifiques, ne peuvent pas être discutées. En somme, la question de l'influence de l'intensité lumineuse exige des recherches complémentaires, afin de lever les contradictions qui existent entre les deux expériences citées et la structure des feuilles aériennes ; quant au problème très complexe et très difficile de la nutrition, il deman- dera, pour être résolu, de très patientes études. C’est à M. Mer que re- viendra l’honneur d’avoir fait les premiers pas dans ces deux voies. M. Mer a fait plus encore, il a enregistré des faits qui plaident en faveur de l'influence du milieu, mais sans en faire ressortir nettement limpor- tance ; c’est ce que l’on constate quand on examine attentivement l'en- semble de ses nombreux mémoires, surtout les plus anciens, qui con- tiennent plus de faits et moins de théories. Si la Littorelle pousse à de grandes profondeurs, elle n’a pas de stomates ; si elle pousse à l'air, elle en a beaucoup; enfin, quand elle végète dans des régions découvertes une partie de l’année, elle offre un pelit nombre de stomates. Toujours l’auteur constate, chez les Callitriche, Myriophyllum, ete., qu'à l'air la plante prend ce qu’il appelle des « caractères aériens », c'est-à-dire que les stomates apparaissent ou deviennent plus nombreux. Par contre, chez « les individus voisins du rivage, l’organisation oscille autour d’un type intermédiaire. Les caractères aériens tendent à disparaître à mesure qu’augmente l'éloignement de la rive. » Malgré cela, M. Mer n'a pas donné de preuves nettes de l'influence immédiate du milieu , c’est ce que je vais faire maintenant. (1) Bull. Soc. bot. 1880, p. 194, et 1883, p. 121. (2) Jbid. t. XXX (1883), p. 121. (3) Ibid. 1883, p. 114. (4) Jbid. 1883, p. 122. 262 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. II. ExPOSÉ DES RÉSULTATS. — Je ne puis exposer ici, dans une courte note, tous les résultats de mes recherches; je vais simplement choisir trois exemples nets prouvant l’action immédiate du changement de milieu sur les feuilles de trois espèces, chacune d’elles offrant un mode diffé- rent de transformation. 4 Hippuris vulgaris. — Chez l'Hippuris vulgaris, l'aspect extérieur seul indique que c’est bien le changement de milieu qui produit le change- ment de structure. Quand cette plante est submergée entièrement, elle offre un port spécial, les feuilles sont extrêmement longues, minces, flexueuses. Dès que la tige sort de l’eau, età ce moment (car plus tard la tige, lourde, fait rentrer dans l’eau quelques feuilles aériennes), le changement est aussi brusque que complet ; ces feuilles nouvelles sont courtes, charnues et épaisses. Pendant que cette tige arrive à l’air, d’autres tiges restent sous l’eau; elles gardent entièrement le premier aspect. La variation de struc- ture de ces feuilles est également brusque et correspond au changement de milieu et d'aspect. En particulier, les variations de l’épiderme sont très appréciables ; tandis que cette membrane est constituée, dans les feuilles aériennes, par des cellules courtes régulières, avec de très nombreux stomates, elle n'offre plus ces derniers appareils dans les feuilles aqua- tiques, et les cellules sont extrêmement allongées, étroites et minces. Une autre expérience confirme ces premiers résultats prouvant l’in- fluence du milieu. J’ai cherché à savoir si la plante perdait rapidement ses caractères aériens ; je me suis procuré des échantillons ayant poussé presque complètement à l'air, ils y avaient fleuri et même fructifié. La plante et la terre où le rhizome s’était développé furent placés au fond d’un bassin de 60 centim. Après un séjour de trois semaines à un mois dans ce nouveau milieu, aspect de la plante est tout à fait changé. Les feuilles nouvelles qui se sont développées au sommet de la tige sont minces, longues et rubanées, et sans stomates. Il est vrai que les feuilles du bas de la tige ont gardé leur aspect aérien; elles sont courtes et épaisses : cela prouve qu’elles avaient terminé leur évolution quand elles furent immergées. Cet exemple montre donc d’une manière frappante que les feuilles développées à l’air se modifient quand elles achèvent leur croissance sous l’eau. En somme, les bourgeons submergés ont les caractères aquatiques; si l'extrémité de la tige arrive à l'air, les caractères aériens apparais- sent; si la tige aérienne est à son tour-plongée sous l’eau, l'aspect et la structure des parties submergées sont tout de suite reconnaissables. 2° Polygonum amphibium. — J'ai obtenu une preuve aussi nette de l'action du milieu sur les stomates à l’aide d'une expérience très simple faite sur le Polygonum amphibium. À la fin de février, je récoltai cette plante et je partageai le rhizome d’un méme individu en deux parties ; COSTANTIN. — INFLUENCE DU MILIEU SUR LES STOMATES, 263 ces deux pieds ainsi obtenus furent placés dans deux pots différents, con- tenant la même terre. L'un des pots fut plongé dans l’eau, l’autre resta à l’air. Toutes les conditions de développement sont donc les mêmes, l'individu, la durée, le sol, sont identiques ; il n’y a qu’une différence entre les deux pieds, l’un est dans l’eau, l’autre à l'air. Or les feuilles nageantes du pied aquatique n'avaient pas de stomates à la face inférieure. Les feuilles aériennes du second pied, qui a crû au sec, en ont au contraire en très grand nombre sur cette face. Cette expérience me paraît donc décisive pour prouver l'influence du milieu sur la répar- tition des stomates. J’ai cru devoir répéter cette expérience, qui avait été faite par M. Ha- berlandt (1), parce que M. Mer avait cru pouvoir en tirer juste l’inverse de ma conclusion. Le botaniste allemand avait transporté un pied aérien de cette plante dans l’eau. M. Mer avait conclu que le résultat du transport dans l’eau était un argument en faveur de l’action héréditaire. Cette objection ne peut plus subsister, l'expérience ayant été faite dans les con- ditions que je viens d'indiquer. Les deux pieds mis en expérience pro- viennent d’un même individu; si celui qui est à l’air avait été mis dans l’eau, il aurait pris les caractères du pied aquatique. On n’a donc pas plus de raison de parler de l’hérédité pour le pied aquatique que pour le pied aérien. Il faudrait dire hérédité aérienne et hérédité aquatique ; mais le rapprochement de ces mots est impossible, puisque hérédité c’est ce qui reste en dehors de l’action des agents extérieurs. L'interprétation de M. Mer doit donc disparaître. 3 Stratiotes aloides. — Si, dans l’exemple précédent, l’action du milieu se manifeste clairement sur deux pieds pris sur un même individu, chez le Stratiotes aloides le même résultat se constate nettement sur une même feuille. J'ai pu étudier cette espèce poussant dans un petit bassin du Muséum. Or, parmi les feuilles externes de cette plante, quelques-unes ne sont pas sorties de l’eau ; on peut voir à leur aspect extérieur que leur structure doit être en rapport avec le milieu aquatique, elles sont transparentes et n’ont pas de stomates. Dès que quelques-unes d’entre elles sortent de l’eau, on voit leur transparence disparaître à l'extrémité émergée, la coloration y est d’un vert plus foncé, et lés stomates y apparaissent, tandis qu’ils manquent sur l'extrémité submergée de la feuille voisine. Cette observation est très intéressante, car elle permet de comprendre pourquoi on n’a pas le droit de conclure à la disparition d’une membrane quand ses caractères anatomiques manquent. Cette objection a été faite dernièrement à une soutenance de thèse (2) à propos de l’endoderme ; de (1) Botan. Zeitung, 1870. (2) Objection faite par M. Paul Bert à la thèse de M. Morot. 264 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885, ce que les plissements de l’endoderme ne sont plus visibles on n’a pas le droit de conclure à la disparition de la membrane endodermique. De même ici on ne peut pas dire que si les caractères de l’épiderme dispa- raissent, il n’y a plus d’épiderme. [1 faudrait admettre, dans l'exemple présent, que l’épiderme existe sur un dixième de la surface de la feuille peu émergée du Stratiotes et manque sur les neuf dixièmes submergés. Dans la feuille précédente, la pointe seulement sort de l’eau ; lorsque la moitié de la feuille est émergée, la moitié aérienne est couverte de stomates, et la chlorophylle, abondante dans la région submergée, tend à y disparaitre. Je me suis bien assuré, dans ce cas, que le changement de structure correspondait bien au changement de milieu (1). Ce n’est donc pas à la varialion de l'influence de l'intensité lumineuse qu’on peut attri- buer la modification si brusque de structure de l’épiderme. J'ai pu obtenir des résultats aussi nets sur le Ranunculus aquatilis, la Sagittaire, les Scirpus lacustris, Potamogeton natans, Marsilia, Myriophyllum, etc. Je crois donc pouvoir conclure que le milieu «a une très grande influence sur la répartition des stomates. M. Franchet fait à la Société la communication suivante : LES PRIMULA DU YUN-NAN, par M. A. FRANCHIET. Parmi les genres les mieux représentés dans la flore des montagnes du Yun-nan, il faut compter le genre Primula, dont M. l’abbé Delavay vient d'envoyer au Muséum 20 espèces, presque toutes récoltées autour du lac de Tali. Cette richesse de formes accumulées sur un même point, el qui ne constitue sans doute qu’une part de ce qu’on trouvera plus tard, surprendra plus encore, quand je dirai que, parmi ces 20 espèces, 16 sont absolument inconnues; trois de celles déjà décrites appartiennent à la flore de l'Himalaya, et la quatrième peut être considérée, provisoire- ment, comme une variété remarquable du P. auriculata Lamk. La plupart des nouveaux Primula des hautes montagnes du Yun-nan sont singulièrement remarquables par la beauté de leurs fleurs, qui sur- passentmême, par l'éclat de leur coloris, toutes les espèces de l'Himalaya. Leurs formes générales n’appellent pas moins l’attention: c’est ainsi que l'un d'eux a ses fleurs écartées, disposées en épi lâche, subunilatéral, montrant ainsi,sous sa forme la plus typique, l’inflorescence des Primulu. (1) On trouve quelques stomates très rares à un centimètre au-dessous du niveau de l'eau, mais Févaporalion de l'eau du bassin peut faire varier le niveau dans ces hiuites. FRANCHET. — LES PRIMULA DU YUN-NAN. 265 Un autre, très élégant d'aspect, a ses feuilles presque pinnatifides, rap- pelant assez bien celles de certains Pedicularis. Mais la plus singulière espèce est peut-être le P. Delavayi, dont la grande fleur purpurine se développe, avant les feuilles, au centre d’une sorte de cornet formé de larges écailles membraneuses. . Il y a tout lieu d'espérer que M. l'abbé Delavay enverra au Muséum, en même temps que des échantillons, des graines de ces charmantes plantes, qui offrent autant d'intérêt à l’horticulteur qu’au botaniste. Ce zélé missionnaire, qui consacre à la science tout le temps que lui laisse son ministère, a déjà bien mérité de la botanique. Il y a lieu d'espérer que le Muséum recevra bientôt les quatre caisses qui contiennent, comme il le dit, le gros de ses récoltes faites dans le cours de l’année 1883 et de l’année 1884; en attendant, la poste a transmis près de 300 espèces préparées avec un soin merveilleux, et dont on peut dès maintenant considérer les deux tiers comme inconnues avant lui. Primula septemloba, Sp. nov. (Primulastrum). Tota pilis albis mollibus articulatis conspersa. Rhizoma gracile, horizontale. Folia longe petiolata, petiolo hirtello, limbo ambitu orbiculato, profunde cordato, in utraque facie, sed præsertim subtus ad nervos, sparse piloso, ad tertiam partem usque septem- lobata, lobis late ovatis, obtusis, utrinque ad basin Jobulo obtuso auctis et præterea circeumcirca acute denticulatis ; pedunculus gracilis, pilis patentibus præsertim superne vestitus; bracteæ involucri 4-5, lineari-lanceolatæ, obtusæ, puberulæ; pedicelli inæ- guales, bracteis subduplo longiores, pubescentes. Flores vix 2 cent. longi; calyx glaber, tubuloso-campanulatus, ad medium 5-fidus, lobis lanceolato-acutis ; corolla purpurea, calyce duplo longior, tubo sub fauce parum ampliato ; limbus concavus, lobis obovatis, apice emarginatis. Petiolus 10-15 cent. longus, limbo expanso usque ad 9 cent. lato; pedunculus (spe- ciminis unici) fere 30 cent. longus ; corollæ tubus 12-14 mill., limbo 8 mill. lato. Yun-nan, dans les bois, au pied du glacier de Li-kiang. — 9 juillet 188{. (Dela- vay, Primula, n° 12.) Le P. septemloba n’a de rapports qu'avec le P. mollis Hook., Bot. Mag. tab. 4798, et avec le P. geraniifolia Hook. Il diffère du premier par sa pubescence moins abondante, la forme de son calice et le mode de dé- coupure des feuilles ; il s'éloigne du second par ses feuilles à lobes moins nombreux, très obtus ; de tous les deux, par l’absence d’anneau au tube de la corolle. Le P. Kaufmanniana Regel a les lobes des feuilles plus nombreux, les pédicelles glabres. Ges quatre espèces sont très voisines entre elles et ne diffèrent guère que par la forme de leurs feuilles. Primula bullata, Sp. nov. (Aleuritia). Rhizoma elongatum, crassum, lignescens, elevato-cicatricosum, apice divisum et vestigiis foliorum anni præteriti dense obtectum. Folia petiolata e basi attenuata lan- ceolata, firma, subtus aureo-farinosa, elevato-reticulata, supra bullata, petiolo anguste alato, limbo margine duplicato-dentato vel crenato ; pedunculus scabridus foliis duplo longicr ; bracteæ lanceolatæ, acutæ, basi nec produclæ, nec gibbæ, simul ac pedicellus, calyx et corolla, aureo-farinosæ. Flores permulti, 15-20 millim. longi, laxe umbellau, 266 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. pedicellis inæqualibus; calyx glaber, tubuloso-campanulatus, breviter lobatus, lobis ovato-deltoideis obtusis vel abrupte mucronatis; corolla aurea, tubo ad faucem parum ampliato, calyce subduplo longiore, limbi concavi lobis rotundatis, anguste emargi- natis vel fissis. Capsula ovata, calyce duplo brevior. Folia cum petiolo limbum subæquante usque bipollicaria ; pedicelli 1-2 cent. longi; calyx 7-8 mill.; corollæ tubus 12-14 millim., limbo explanato 10-12 mill. Yun-nan, sur les rochers calcaires, au col du mont Hee-chan-men. — 21 avril 1884. (Delavay, n° 114,) Belle espèce, couverte sur presque toutes ses parties d’une poussière dorée, très persistante ; ses feuilles bullées, exactement lancéolées, à pé- tiole étroit, ses grosses souches, en font un type bien caractérisé qu’on peut placer, avec l'espèce suivante, dans le voisinage du P. petiolaris. Primula bracteata, Sp. nov. (Aleuritia). Rhizoma lignescens, elongatum, ramosum, cicatricosum, apice vestigiis foliorum anni præteriti dense vestitum. Planta tota pube pro parte glandulosa scabrida. Folia petio- lata, petiolo anguste alato, limbo rugoso, oblongo, obtuso, basi breviter attenuato, sub- tiliter repando-crenato ; pedunceulus foliis multo brevior ; involucri bracteæ inæquales, lanceolatæ vel lineares ; pedicelli dense puberuli, 5-10 umbellati, aliis bracteas superan- tibus, aliis vix æquantibus. Flores 15-18 mill. longi ; calyx dense pubescens, sub an- thesi tubuloso-campanulatus, breviter lobatus, lobis ovatis obtusis vel mucronulatis; corolla lutea, tubo calycem vix superante, limbo concavo, lobis obcordatis, emarginatis, Capsula globosa, glabra, tubo calycis sensim accreti demum arcte involuta. Petiolus 15-20 mill., limbo duplo vel triplo brevior; calyx fere 1 cent. longus ; corollæ Hmbus explanatus 15 mill. diam. Yun-nan, dans les fentes des rochers calcaires et ombragés, à Lan-kong. — Mars 1883. (Delavay, Primula, n° 2.) Voisin du P.bullata, il en diffère par l’absence de poussière farineuse, par la pubescence courte et en partie glanduleuse qui recouvre toute la plante et fait défaut dans le P. bullata, par la brièveté du pédon- cule. Les caractères de végétation et la forme des feuilles sont les mêmes dans les deux espèces, qui s’éloignent l’une et l’autre du P. petiolaris Royle, par leurs feuilles rugueuses, bordées de dents moins aiguës el moins profondes, par leur souche fruticuleuse, etc. Primula sonchifolia, Sp. nov. (Aleuritia). Rhizoma crassum, brevissimum, ad collum squamis late ovatis, membranaceis, subpollicaribus vestitum. Folia glabra, punctis elevatis conspersa, oblonga vel obovato- oblonga, apice rotundata, inferne in petiolum late alatum attenuata, margine dupli- cato-sinuata, nune juvenilia tantum acute et inæqualiter dentata, adultis subrunci- natis, lobis vel dentibus late triangularibus acutis, patentibus vel subrefractis argute eroso-denticulatis; pedunculus folia subæquans, crassus, apice simul ac pedicellus et calyx pube brevissima scabridus ; bracteæ brevissimæ, ovato-triangulares, basi nec pro- ductæ, nec gibbæ; pedicelli bracteis 4-6-plo longiores. Flores 20 mill. longi; calyx glaber, sæpius parce farinosus, nunc efarinosus, breviter campanulatus, vix ad tertiam partem superiorem lobatus, lobis ovatis, obtusis ; corolla violacea, tubo ad faucem am- pliato calyce duplo longiore, limbo parum concavo, lobis obovatis breviter emarginatis, denticulato-erosis; calyx fructifer ampliatus. Capsula globoso-depressa, calycis tubo arcte amplexa et illum non superans. Folia papyracea, adulta usque 15-20 cent. longa ; calyx floriferus 5 mill., fructiferus FRANCHET. — LES PRIMULA DU YUN-NAN. 267 fere 8 mill. longus; corollæ tubus ad medium constrictus, 12-15 mill. longus, limbo explanato 15-28 mill. diam. ; capsula fere 5 mill. longa et lata, Yun-nan, au sommet du mont Tsang-chan ; alt. 3500 à 4000 mètres. Il fleurit aussitôt après la fonte des neiges. — 20 juin 1884. (Delavay, n° 110.) Assez voisin du P. obtusifolia Royle, mais bien distinct par ses feuilles, qui sont presque roncinées et rappellent par leur forme générale celles du Sonchus asper. Primula serratifolia, Sp. nov. (4leuritia). Rhizoma breve, crassum. Planta tota glaberrima, efarinosa. Folia tenuiter papyracea, submembranacea, oblonga vel ovato-oblonga, vel obovata, in petiolum longum et alatum attenuata, margine argute denticulata vel erosa; peduneulus foliis longior; bracteæ lanceolatæ, acutæ, basi leviter gibbosæ. Flores 5-10 umbhellati, 15-20 mill. longi; pedicelli paulo inæquales, bracteis 2-3-plo longiores ; calyx pallidus tubuloso-campanu- latus, punctis elevatis scabridus, vix ad medium lobatus, lobis e basi triangulari acumi- natis; corolla flava, tubo ad faucem ampliato calycem paulo superante, limbo concavo, lobis obovatis haud profunde emarginatis. Folia nunc semipedalia vel ultra ; calyx 6-8 mill. longus ; corollæ tubus 12-15 mill.; limbus explanatus usque ad 25 mill. diam. Yun-nan, prairies très élevées et un peu humides de Tsang-chan, au-dessus de Tali. — 20 juin et 4 août 1884. (N° 111.) Par la forme de ses feuilles et par celle de son calice et de sa capsule, le P. serratifolia ne peut être rapproché que du P. obtusifolia, mais les dents du calice sont triangulaires acuminées et non pas ovales-obtuses ; les feuilles sont d’une consistance bien plus mince, bordées de dents très aiguës et non pas crénelées; leur pétiole est à peine dilaté à la base, et les fleurs sont jaunes. Primula secundiflora, Sp. nov. (Aleuritia). Rhizoma breve, crassum. Planta glabra. Folia papyracea, juveniiia subtus aureo-fari- nosa, mox efarinosa, oblonga vel ovato-oblonga, in petiolum late alatum attenuata, margine tenuiter et æqualiter serrulata ; pedunculi foliis duplo longiores; bracteæ involucri anguste lanceolatæ, acuminatæ, basi nec productæ, nec gibbæ. Flores 6-10 umbellati, circiter 25 millim. longi, graciliter pedicellati, pedicellis secundis, mox cernuis, bracteas 1-2-plo superantes; calyx atropurpureus, lineis quinque albidis cum lobis alternantibus percursus, ovato-campanulatus, ad medium usque 5-fidus, lobis deltoideo-lanceolatis, acutis ; corolla intense violacea, speciosa, tubo cylindrico calycem paulo excedente et abrupte in limbum infundibuliformem dilatato, lobis late obovatis, integris vel vix conspicue emarginatis. Folia 5-10 cent, longa; calyx 8-10 mill.; corollæ tubus vix 1 cent., limbo explanato 20 mill. diam. Yun-nan, glacier de Li-kiang, près des sources ; alt. 3500 à 4000 mètres. — 11 juillet 1884. (Delavay, Primula, n° 3.) Plante bien caractérisée par la disposition unilatérale des fleurs, par la forme et la coloration en brun pourpre de son calice ; elle peut prendre place à côté du P. sikkimensis Hook. L'intensilé du coloris de la corolle en fait l’une des plus belles espèces du genre. 9268 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. Primula calliantha, Sp. nov. (Aleuritia). Rhizoma abbreviatum, crassum, ad collum squamis membranaceis late ovatis vesti- tum. Folia ablonga vel obovato-oblonga, in petiolum breve distincte alatum attenuata, subtus luteo-farinosa, margine tenuiter dentato-crenulata ; pedunculus foliis subduplo longior, apice tantum, simul ac bracteæ et calyx (intus) luteo-farinosus ; bracteæ anguste lanceolato-acuminatæ, basi nec gibbosæ, nec productæ. Flores 5-10 umbellati, fere 25 mill. longi, pedicellis bracteas vix æquantibus ; calyx amplus, extus fusco-purpu- reus, anguste campanulatus, ultra medium quinque partitus, lobis lineari-oblongis, obtusis ; corolla speciosa intense purpureo-violacea, tubo cylindrico calycem vix vel non superante, limbo cupuliformi, lobis obovatis, apice bilobis eroso-dentatis. Folia, incluso petiolo, 5-8 cent. longa ; pedicelli 4-10 mill.; calvx 12-14 mill.; corollæ tubus 24-25 mill. longus, limbo 25 millim. fere diam. Yun-nan, sur la montagne Tsang-chan, près de Tali, sous les Sapins, dans les lieux très ombragés. — 96 juin 1883. (N° 112.) Espèce assez voisine du P. secundiflora, dont elle est d’ailleurs bien distincte par ses feuilles plus coriaces, dorées-farineuses en dessous, finement crénelées et non pas serrulées ; par son grand calice, ses pédi- celles plus courts et plus épais, sa corolle à lobes denticulés. Primula sikkimensis, Hook. fil. Bot. Mag. tab. 4597; Flor. of Brit. Ind. TT, 491. Yun-nan, au bas du glacier de Li-kiang, près des sources. — Juillet 1884. (Delavay, Primula, n° 4.) . Primula amethystina, Sp. nov. (Aleuritia). Rhizoma breve, haud crassum. Planta glaberrima, efarinosa. Folia firmiter papyracea, ovato-oblonga, in petiolum alatum brevem attenuata, e medio ad apicem subtilissime denticulata, dentibus callosis; peduneulus foliis 2-3-plo Jongior ; bracteæ parvæ ovato- lanceolatæ, acutæ, basi liberæ, nec gibbæ, nec productæ. Flores 3-6 umbellati, vix ultra 15 mill. longi; pedicelli bracteis 2-4-plo longiores ; calyx aperto-campanulatus, ad medium quinquelobus, lobis ovatis vel ovato-lanceolatis ; corolla amethystea, tubo calycem non excedente, limbo subinfundibuliformi, lobis integris vel vix emarginatis. Capsula ovata, calycem subæquans. Folia pollicaria vel paulo ultra ; calyx 4 mill.; corollæ apertæ diam. 12 mill. Yun-nan, dans les prairies humides du mont Tsan-chan, près dn sommet, au-dessus de Tali, à 4000 mètres environ. — 20 juin 1884. (Delavay, n° 108.) Feuilles assez semblables à celles du Bellis perennis ; fleurs du Pri- mula Kingii, à côté duquel le P. amethystina doit être placé. Il en dif- fère par ses feuilles plus courtes, à pétiole peu ou pas dilaté, parfois presque nul: par ses pédicelles glabres, ainsi que la corolle. Primula bella, Sp. nov. (Aleuritia). Planta humilis, gracilis, cæspitosa, glabra. Folia subtus albo-farinosa, longe petio- lata, petiolo angustissime alato, limbo ovato vel suborbiculato inferne nunc breviter nunc Jongius attenuato, cæterum profunde inciso-lobato, lobis angustis, linearibus, acutis vel mucronulatis; pedunculus foliis subtriplo longior, sæpius uniflorus, nunc floribus 2-3 subsessilibus; bracteæ lanceolatæ vel ovato-lanceolatæ, acutæ, integræ vel apice tridentatæ. Flores 15-18 mill., pedicello 4 mill. longo, farinaceo, bractea 2-3-plo breviore; calyx aperte campanulatus, ad medium vel paulo ultra lobatus, lobis FRANCHET. — LES PRIMULA DU YUN-NAN. 269 deltoideo-ovatis, acutis, nunc apice tridentatis; corolla magna, purpureo-violacea, speciosa, tubo cylindrico calycem parum superante, limbo late aperto, ad faucem pilis albidis densis obsito, quinquefñdo, lobis ovato-cuneatis ultra medium bilobulatis. Cap- sula oblonga, parva, calyce brevior. Folia 1-3 cent. longa, incluso petiolo limbum æquante vel etiam superante; calyx 6 mill.; corolla aperta diam. 20-925 mill. Yun-nan, au sommet du mont Tsang-chan. — 4 août 1884. Port du P. uniflora, mais bien différent par ses feuilles à incisions profondes et très étroites, sa corolle à gorge complètement fermée par des poils blanchâtres, par la forme de son calice et les lobes bifides de la corolle. Primula yunnanensis, Sp. nov. (Aleuritia). Rhizoma abbreviatum, crassiusculum. Planta parvula, glabra. Folia ovato-oblonga in petiolum brevem alatum attenuata, subtus sæpius farinosa, crebre crenulata, ere- nulis mucronulatis; pedunculus foliis 3-4-plo longior ; bracteæ lanceolatæ vel ovato- acutæ. Flores 2 cent. longi, solitarii, vel sæpius duo, subalternantes, pedicellati, pedi- cello calycem subæquanti; calyx aperte campanulatus, ad medium usque lJobatus, lobis deltoideo-lanceolatis, acutis ; corolla purpureo-violacea, tubo gracili calyce fere duplo longiore, ad faucem glabra ; limbus parum concavus, quinquefidus, lobis profunde bilobulatis, lobulis ovatis, integris. Capsula parva, ovata, calyce duplo brevior.i Folia 10-15 mill., incluso petiolo limbo breviori; calyx 6-7 mill.; corollæ tubus 12-15 mill., limbo explanato 20-95 mill. diam. Yun-nan, dans les fentes des rochers calcaires, au pied du glacier de Li-Kiang. — 9 juillet 1884. (Delavay, Primula, n° 20.) Très élégante espèce, assez voisine du P. uniflora, mais distincte par ses feuilles plus atténuées à la base, à pétiole non pubescent; par son calice à lobes lancéolés, aigus et non ovales-arrondis; par sa corolle à lobes bifides, mais non quadrilobés ; et enfin par ses fleurs pédicellées, à pédicelles naissant à une hauteur différente, et constituant, dans les individus biflores, une véritable inflorescence en grappe. Primula spicata, Sp. nov. (Aleurilia). Rhizoma breve, haud crassum. Folia papyracea, pallide virentia, utrinque breviter pubescentia, pilis albidis articulatis, petiolata; petiolus anguste alatus, limbo nunc longior, nunc brevior; limbus ovatus vel ovato-oblongus, obtusus, basi sæpius bre- viter attenuatus, duplicato-serratus ; pedunculus gracilis folia 2-3-plo superans, glaber, apice tantum brevissime puberulus. Inflorescentia elongata. Flores subunilateraliter spicati, sessiles, horizontales vel subpenduli, cum bractea antica brevi lanceolata ; calyx breviter campanulatus, farina albida parce conspersus, vix ad medium usque loba- tus, lobis triangularibus, acutis; corolla violacea, tubo brevi calycem vix excedente, in limbam quinquefidum late cupulatum abrupte dilatato, lobis ovatis, emarginatis, apice eroso-dentatis. Capsula globosa, calycem subæquans. Folia cum petiolo 4-8 cent. longa, vix ad 2 cent. lata vel angustiora; calÿyx Æ mill. longus et latus ; corollæ tubus 6-7 mill.; limbus explanatus usque ad 25 mill. Yun-nan, dans les prairies des hautes montagnes après la fonte des neiges, sur le mont Tsang-chan, au-dessus de Tali. —16 juin 1884. (Delavay, n° 101.) Espèce remarquable par la disposition de ses fleurs en épi unilatéral, caractère qui n’a été signalé jusqu'ici dans aucun autre Primula. Les 270 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. feuilles rappellent celles du P. Wattii, mais elles sont moins atténuées à la base et doublement crénelées ; les fleurs sont presque celles du P. uniflora. Primula Stuartii Wall. in Roxb. Flor. Ind. éd. Carey et Wall. II, p. 20. Yun-nan, sur le mont Che-tcho-tze, au-dessus du Ta-pin-tze. — 10 juin 1880. Forme à feuilles étroites, petites, au moins à l’époque de la floraison, dorées-farineuses en dessous ; pédoncules 3-4 fois plus longs que les feuilles; fleurs d’un pourpre violacé assez pâle. Primula glacialis, Sp. nov. (Aleurilia). Rhizoma crassum, elongatum. Folia papyracea, subtus albo-farinosa, oblongo-lan- ceolata, obtusa, inferne in petiolum anguste alatum longe attenuata, margine crebre dentata, dentibus obtusis; pedunculus folia non excedens ; bracteæ lanceolatæ, acutæ, nec gibbæ, nec productæ. Flores 3-5 umbellati, 15 mill. longi, pedicellis farinosis, bracteas subæquantibus ; calyx fere ad basin usque partitus, lobis lineari-lanccolatis, obtusis; corolla violacea, tubo sub fauce ampliato calycem non excedente; limbus pa- rum concavus, lobis ovato-oblongis, integerrimis. Capsula ovata, parva, calyce brevior. Folia pollicaria vel vix bipollicaria, adjecto petiolo sæpius iimbo longiore ; calyx 8-10 mill. ; corollæ tubus 10-12 mill.; limbus explanatus 15 mill. Yun-nan, glacier de Li-kiang, près des neiges, dans les fentes des rochers. — 11 juil- let 1884. (Delavay, Primula, n° 2.) Jolie espèce, bien caractérisée par son calice partagé jusqu'aux 4/5 en lobes très étroits, el par sa corolle dont les divisions sont relativement étroites et très entières. Elle est surtout voisine du P. nivalis et du Pr. Fedtschenkoi ; elle en diffère par son calice plus grand, plus pro- fondément lobé et par le pédoncule plus court que les feuilles. Primula dryadifolia, Sp. nov. (Aleuritia). Rhizoma gracile, elongatum, ramosum. Folia parva ovata, in petiolum alatum con- tracta, vel subcordata subtus albo-farinosa, vel nudata, margine crenulata ; pedun- culus puberulus foliis 2-3-plo longior ; bracteæ involucri 2-4, late ovatæ, apice nune tridentatæ, virides vel purpurascentes, granulis farinosis parce conspersæ. Flores 3- umbellati, subsessiles; calyx late campanulatus, sæpius atrorubens, vix ad medium lobatus, lobis ovatis, obtusis, integris vel apice subtiliter crenulatis; corolla violacea, tubo calycem vix æquante, limbo subplano, bifido, lobis eximie quadrilobulatis. Cap- sula ovato-oblonga, calycem subæquans. _ Petiolus circiter 10 mill., limbo vix ultra 10-15 mill, longo, 8-12 mill. lato ; bracteæ usque ad 10 mill. longæ ; calyx 8-10 mill.; corolla explanata nunc ultra 20 mill., nunc vix ad 15 mill. diam. Yun-nan, glacier de Li-kiang, à quatre journées au nord de Tali, près des neiges perpétuelles ; alt. 4000 mètres. — Juillet 1884. (Delavay, Primula, n° 4.) Cette Primevère a le port du Dryas octopetala ; ses feuilles et La forme de ses bractées la caractérisent très bien. Elle doit prendre place à côté du P. unifloru. FRANCHET. — LES PRIMULA DU YUN-NAN. 271 Primula pinnatifida, sp. nov. (Aleuritia). Rhizoma abbreviatum. Folia pilis albis mollibus, articulatis præsertim ad nervos et ad marginem vestita, longe petiolata, petiolo anguste alato, limbo ovato vel oblongo basi integra cuneato, cæterum inciso-lobato, lobis quadratis vel ovatis, inferioribus et supe- rioribus multo minoribus, nunc integris, intermediis varie lobulatis ; pedunculus foliis 2-3-plo longior, glaber, apice tantum farinulosus ; bracteæ lanceolatæ, acuminatæ, sæpius coloratæ. Flores circiter 15 mill. longi, sessiles, dense capitati, reflexi; calyx glaber, sæpius violascens, nunc parce aureo-farinosus, breviter campanulatus, ultra medium partilus, lobis ovatis, oblusis, sæpius apice denticulatis vel erosis ; corolla vio- lacea, tubo calyÿce triplo longiore, cylindrico ; limbus cyathiformis, lobis ovatis, integris, vel apice vix emarginatis. Folia cum petiolo limbo æquilongo 2-3-pollicaria, 1-2 cent. lata; calyx 3-4 mill. ; corollæ tubus 10-12 mill., limbo aperto 7-8 mill. diam. Yun-nan, glacier de Li-kiang, après la fonte des neiges; alt. 3580 mètres. — 11 juil- let 1884. (Delavay, Primula, n° 9.) Voisin du P. Wattii King, mais différent par ses feuilles incisées pin- natifides, et non pas seulement dentées, par sa corolle deux fois plus petite, à lobes entiers et non pas érodés. Les fleurs rappellent celles de l’'Erinus alpinus, mais elles sont plus grandes. Primula cernua, Sp. n0V. (Aleuritia). Valde affinis P. pinnatifidæ, cujus flores habet simul ac inforescentiam capitatam ; differt tantum foliis late ovatis, brevibus, indistincte petiolatis, marginibus vix conspicuc crenulatis, bracteis involucri ovatis, nec lanceolatis ; calycis lobis ovatis, mucronatis, nec apice rotundatis vel crenulatis. Yun-nan, dans les prairies calcaires des montagnes à Hece-gni-chan, au-dessus de Ho-kin, au N. de Tali. — 24 juillet 1883. Le P. pinnatifida et le P. cernua doivent prendre place à côté du P. capitata Hook. Bot. Mag. tab. 4550, et du P. erosa Wall; ils différent l’un et l’autre de ce dernier par leurs fleurs strictement sessiles, et la forme de leurs feuilles et de leur calice. Ces quatre plantes forment du reste, parmi les Primula, un petit groupe dont les espèces sont étroite- ment liées, mais qu’on ne saurait cependant réunir seus un nom collectif. Primula aurieulata Lamk, ZUl. n° 1931, var. polyphylla. Folia parva (3-4 cent. longa, 6-7 mill. lata), permulta rosulata, peliolo latissime dila- tato; reliqua ut in formis parvifloris typicis. | | Yun-nan, dans les prés humides à Lan-kong, près de Tali. — 17 septembre 1882 (Delavay, Primula, n° 5.) La connaissance des fruits de cette variété remarquable conduira peut- être à distinguer spécifiquement la plante. Primula denticulata Sm. Exot. bot. 11, 109, tab. 114. Yun-nan, les prairies au sommet du mont Hee-chan-men, au-dessus de Lan-kong, ? ‘ près de Tali. — 2 mars 1884. (Delavay, n° 115.) 272 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. Primula Delavayi, sp. nov. (subgen. Omphalogramma). Rhizoma crassum, subclavatum, fibris radicalibus numerosis. Planta parce pube- scens, pilis mollibus, albidis, articulatis. Folia longe demum longissime petiolata, tenuiter papyracea, punctis fuscis conspersa, præsertim ad margines et subtus ad nervos pube- scentia, late ovata vel suborbicularia, basi plus minus profunde vel late cordata, nunc tantum late emarginata, repando-dentata vel crenata. Flores ante folia prodeuntes ; pedunculus uniflorus, basi bractea destitutus, præsertim apice dense pubescens, fere tomentellus, squamis fuscis membranaccis, latissimis, apice truncatis, alternatim sese imbricantibus, laxe et ad medium usque involutus; calyx late campanulatus, profunde partitus, lobis lineari-lanceolatis vel oblongis, integris vel denticulatis, acutis vel ob- tusis, nune etiam apice trilobis ; corolla magna, intense purpurca, extus pilosula, infun- dibuliformis, tubo lato supra basin parum constricto demum sensim ampliato, fauce esquamalo sed pilis consperso, ad medium usque quinquefida, lobis oblongo-ovatis, cireumcirca incisis; stamina infra medium tubi inserta, antheris oblongo-linearibus filamenta æquantibus; stylus basi pilis longis fusco-articulatis conspersus, stigmate capitato. Capsula ovato-oblonga, calycem fere duplo superans, stylo persistente acumi- nata, in valvis 5-6 apice contortis demum ferc ad basin usque fissa. Semina pro genere magna, transverse ovata, dorso latiuscule alata, e latere compressa, lævia, facie ventrali incrassata affixa, sessilia cum hilo lineari, numerosissima, arcte imbricata ; placenta oblonga, basi conica incrassala. Petiolus 6-20 cent. longus, limbo usque 8 cent. longo et fere lato ; calycis lobi 12-15 mill. longi; corolla 4 cent., limbo explanato 3 cent. diam., tubo diam. 6-8 mill.; capsula 20-25 mill. longa, 1 cent. crassa; semina circiter 3 mill. longa. — Pedunculus fructiferus usque 30 cent. longus. Yun-nan, dans les lieux frais et un peu humides des terrains argileux, à une alti- tude de 3500 à 4900 mètres, sur le Tsang-chan, au-dessus de Tali. — Fleurs, le 19 août; feuilles développées le 19 du même mois. (Delavay, n° 116.) | Très intéressante espèce constituant, dans le genre Primula, un sous- genre nouveau qui peut être ainsi caractérisé : OMPHALOGRAMMA, subgen. nov. — Semina magna e latere compressa, facie ventrali plus minus incrassata et producta affixa, stricte ses- silia. Folia hysterantia. Flores solitari, pedunculo basi ebracteato. C'est la seule espèce du genre dont les fleurs se développent avant les feuilles et dont le pédoncule ou pédicelle soit dépourvu de bractée; les pédicelles prétendus radicaux du P. vulgaris en présentent toujours une à leur base, ainsi que M. Duby l’a fait observer depuis longtemps. La corolle du P. Delavayi ne manque pas de ressemblance avec celle du P. Elvesiana King, ex Watt. Journ. Linn. Soc. XX, 13, tab. 12, fig. À, de l'Himalaya; mais dans la plante du Yun-nan le tube de la coroile est plus large, les lobes incisés tout autour. En outre les fleurs du P. Elvesiuna sont figurées comme se développant avec ou après les feuilles, et la description ne dit rien des graines. À propos de la communication précédente, M. Cosson fait re- marquer que le fait de la localisation d'un grand nombre de Primu- lacées nouvelles, signalé par M. Franchet, est d’un grand intérêt en géographie botanique ; car on sait que la plupart des plantes de G. CAMUS. — NOUVELLE NOTE SUR LES ORCHIS HYBRIDES. 273 l'Himalaya connues jusqu’à ce jour ont une aire très étendue. Cette observation est d'autant plus importante que le genre Pri- mula est loin d’être un des plus riches en espèces. M. Franchet dit à ce sujet que la région du Yun-nan possède aussi en propre un grand nombre d’espèces nouvelles dans les genres Saxifrage, Gentiane, Pédiculaire et Cyananthus. M. Cosson ajoute que la végétation de la chaîne du Taurus, en Asie Mineure, présente des phénomènes analogues, et il pense qu’on ne peut en rendre compte sans remonter aux causes primordiales de la distribution des espèces. M. Bureau croit qu'on arriverait peut-être à une explication plausible du caractère particulier présenté par la flore du Yun-nan en supposant qu’antérieurement à l’époque historique, les mon- tagnes de ce pays étaient séparées, par la mer, du reste de l'Hi- malaya, et cette hypothèse est d’ailleurs rendue très vraisemblable par l'existence qui a été constatée de dépôts tertiaires dans ces régions. M. Camus fait à la Société la communication suivante : NOUVELLE NOTE SUR LES ORCHIS HYBRIDES DES GROUPES PURPUREA, ‘? MILITARIS ET SIMIA, par M. G@. CAMUS. Dans une première communication à la Société (1), j'ai fait connaître le résultat de mes recherches sur les Orchis purpureo-militaris et Si- mia, et sur quelques-uns de leurs hybrides dans les environs de Paris. Ma note de ce jour a pour but d’établir les relations qui existent entre mes travaux et ceux publiés par d’autres auteurs avant moi sur le même sujet. Notre confrère M. Timbal-Lagrave, dans un premier mémoire qui remonte à 1854, s’est occupé des hybrides d’Orchis, et y a décrit un O. Rivino-Simia, qui n’est pas, comme on pourrait le penser à priori, mon 0. Chatini. Je résume les différences dans le parallèle suivant : XX ORCHIS CHATINI X Orcuis RIVINO-SIMIA Timb. (hybride secondaire de Simia et de Simio- militaris). Plante plus grande et plus robuste Épi de même forme que celui de que l'O. Simia; épi dense et plus | l'O. Simia. long. . Périanthe rose cendré, jamais ver-| Périanthe pâle et verdâtre. dâtre. (1) Voyez plus haut, page 213. T. XXXIL. (SÉANCES) 18 274 SÉANCE DU 24 Lobes secondaires du lobe médian spatulés, de même forme, de même largeur que les lobes latéraux. Tous les lobes sont arqués en avant. Fleurs ayant le port exact de celles de l'O. Simia. JUILLET 1885. Lobes secondaires du lobe médian un peu plus larges que les lobes laté- raux et non arques. Labelle rappelant par sa forme lhy- bride de M. Weddell, l'A ceras anthro- pophoro-militaris. J'ai trouvé une seule fois l'hybride décrit par M. Timbal-Lagrave — c'était en 1883, près de l’Isle-Adam — et n'ai pas cru par suite devoir en parler. Chaque année au contraire, depuis 1877, j'ai récolté l'O. Chatini et lui ai toujours trouvé les caractères sur lesquels j’ai basé ma diagnose. Il est évident que l'O. Rivino-Simia et VO. Chatini sont deux plantes absolument distinctes ; la première n’a jamais été confondue avec l’O. Si- mia, tandis que l’O. Chatini ne pouvait être déterminé avec les dia- gnoses données jusqu’à ce jour. Dans l’O. Jacquini Godr. FI. de Lorraine (O0. purpurea var. Jac- quini Coss. et Germ. Flore des environs de Paris, 2° édit.), que je considère comme hybride de l'O. purpurea et de l'O. militaris, j'ai trouvé trois formes principales reliées entre elles par des intermédiaires tellement proches, qu'il est difficile de saisir le passage d’une forme à une autre. Il est bon de noter que les auteurs éminents de la Flore des environs de Paris admettent aussi l’existence de plusieurs formes, bien qu'ils n'aient donné qu’une figure dans leur Atlas. Voici la synonymie qu'il est possible d'établir : O. Jacquini forma parallela. — O0. stenoloba (Coss. et G. Atlas Are édit., pl. xxxn1). O. purpurea var. Jacquini (Coss. et G. Flore des environs de Paris, 2° édit.). — 0. fusco-Rivini Timb. O. Jacquini forma convergens. — 0. Rivino-fusca Timb. Je suis donc de l'avis de M. Timbal-Lagrave pour les noms des parents de ces hybrides ; ayant expliqué pourquoi je n’admettais pas les noms composés, je n'insiste pas davantage sur ce point de nomenclature. Quant à l'O. super-fusco-Rivini Timb., son créateur déclare qu’il se rapproche beaucoup de l’O. Rivini par le port, les fleurs espacées et la forme du labelle. Pour ma part, je n'ai pas hésité à regarder comme appartenant à l'O. militaris une plante ayant un labelle de forme semblable ; le casque est sans doute légèrement acuminé, et les deux plantes ne sont pas abso- lument identiques. Barla, dans ses Orchidées de Nice, donne une bonne figure de la plante que j'indique, et la place aussi dans le groupe de VO. militaris. | M. Kerner a publié sous le nom d’O. Beyrichii, et comme hybride du P. VUILLEMIN. — SUR LE PÉRICYCLE DES CARYOPHYLLÉES. 275 Simia et du militaris, un Orchis qui n’est ni le Simio-Rivini Timb., ni le Rivino-Simia du même auteur. En comparant les figures, on n’hé- site pas à conclure que l'O. Beyrichii est une plante distincte. Je le considère comme un hybride secondaire de l'O. Simia et d’un hybride du Simia et du militaris, entre lesquels il doit être placé morphologi- quement. Cette plante se rapproche beaucoup de l'O. Chatini, qui a pro- bablement les mêmes parents avec inversion de paternité. Voici résumées les différences qui existent entre ces deux hybrides secondaires : XX ORCHIS CHATINI. XX OncHIS BEYRICHI. Segments franchement spatulés, c'est- | Segments non spatulés. à-dire rétrécis à la base. Segments latéraux dépassant la pointe | Segments latéraux atteignant à peine de la dent, qui est longue. ou dépassant la dent, qui est courte. Segments latéraux arqués en avant. | Segments latéraux étalés. Epi long et dense comme dans l’Or-| Epi court, à fleurs disposées làche- chis militaris. ment comme dans l'O. Simia. L’inversion du rôle fécondant produit deux hybrides regardés comme ayant les mêmes parents : l’Orchis spuria Reichb. et l’Aceras anthro- pophoro-militaris Weddel. Ces deux plantes sont peut-être moins dis- tinctes l’une de l’autre que l'O. Beyrichii et l'O. Chatini, la longueur de la bractée étant leur seul caractère différentiel. M. Mangin, secrétaire, donne lecture de la communication sui- vante : SUR LE PÉRICYCLE DES CARYOPHYLLÉES, par M. P. VUILLEMIN. Le péricycle de la tige présente dans certaines familles, telles que les Caryophyllées, une structure assez constante pour recevoir une applica- tion taxinomique. Mais il faut au préalable fixer sa variabilité dans la famille, dans l'espèce, dans l'individu. Tel est l’objet de cette commu- nication. Le type général du péricycle de la tige chez les Caryohyllées a été in- diqué par M. Van Tieghem (1), puis par M. Morot (2). Il comprend géné- ralement deux zones : 4° en dehors, une zone scléreuse dont les éléments sout tantôt des fibres à cavité presque nulle, tantôt des cellules à parois (L)j Ph. Van Tieguem, Remarques sur l'anatomie des Cucurbitacées (Bulletin Soc. bot. de Fr. t. XXIX, 1883. | 2) L. Morot, Recherches sur le péricycle chez les Phanérogames (Annales sc. nat. 6° série, & XX). 276 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. lignifiées assez minces; 2° en dedans, une zone parenchymateuse dont l’assise externe est génératrice de liège, tandis que les couches profondes subissent plus ou moins un épaississement collenchymateux. ORGANISATION PRIMAIRE. — Les deux zones du péricycle ont une ori- gine commune. Elles naissent aux dépens du méristème primitif, comme une masse parenchymateuse uniforme au début. Les éléments primaires ainsi formés modifient leurs caractères histologiques d’une façon variable suivant les actions de milieu externe ou interne ‘qui président à leur différenciation. La sclérose est active dans les tiges aériennes à évolution rapide, spé- cialement dans les pédicelles floraux. Dans sa progression centripète elle envahit tout le péricyele de certains pédoncules (Stellaria grami- nea, etc.). Gette sclérose totale peut même s'étendre à l’ensemble des tiges aériennes (Agrostemma Githago). Bien plus, lépaississement sclé- reux de la région nodale ne reste plus limité au péricycle : il progresse régulièrement dans l'écorce en direction centrifuge. A la base du nœud, les fibres étroites du péricycle se distinguent aisément des cellules ligni- fiées de l'écorce; mais plus haut les fibres s’élargissent et se raccour- cissent au point de rendre toute démarcation impossible entre elles et le stéréome cortical. Des transitions entre ces deux cas extrêmes sont faciles à suivre de bas en haut sur un nœud du même Agrostemma. Il est par contre des tiges où la sclérose ne se produit pas. On en trouve un exemple dans la tige entière du Honckeneja peploides, plante charnue des sables littoraux. Seul le pédicelle floral offre un vestige de l’organi- sation typique : on y observe, dans l’assise externe du péricycle, quelques fibres, tantôt isolées, tantôt groupées en arcs de 3-6-7 cellules. Notons que l’endoderme, au contact de ce péricycle presque entièrement mou, présente jusque dans le pédicelle des plissements de la plus grande net- teté. D’autres plantes des stations humides n’ont une sclérose accusée que dans le pédicelle. Chez le Stellaria uliginosa, le péricycle de cette région comprend trois assises scléreuses et une seule assise d'éléments mous, qui peut elle-même être englobée dans la lignification. Par contre, la région moyenne de la tige est totalement dépourvue de fibres. Sous les nœuds seulement, au point où les angles commencent à s'émousser, quelques cellules lignifiées à parois peu épaisses sont disséminées dans l’assise la plus externe du péricycle. Un peu plus haut, à la base même du nœud, le péricycle est redevenu entièrement mou, tandis que la sclérose envahit dans tout son pourtour la zone interne de l’écorce, respectant seulement l’endoderme. Les plantes qui possèdent normalement une zone scléreuse, et c’est le plus grand nombre, n’en présentent aucune trace à certains niveaux : 1° L'absence de stéréome est la règle pour les tiges souterraines. P. VUILLEMIN. — SUR LE PÉRICYCLE DES CARYOPHYLLÉES. 277 2° Nous avons signalé cette absence dans presque toute la tige des Caryophyllées franchement aquatiques, et nous allons la retrouver dans les portions de plantes vulgaires développées sur un sol ou dans un air imprégné d’eau. Ainsi, dans la tige d’un Cerastium vulgatum croissant parmi de grands herbages au bord d’un ruisseau, le péricycle, à la base de la portion dressée, est entièrement mou avec épaississement collen- chymateux des membranes. L’assise externe seule est génératrice au liège. Dans la région couchée d’une tige ascendante, l’assise externe a des éléments larges entreméêlés de fibres tantôt isolées, tantôt réunies par 2-3 et à parois aussi épaisses que dans les régions aériennes, où elles forment un anneau puissant. La deuxième assise subit un cloisonnement tangentiel pour donner du liège. La première assise hérite de cette pro- priété aux niveaux où ses parois sont restées minces. Les assises sui- vantes, au nombre de 2 (rarement 1-3), sont légèrement épaissies, sans lignification. Le péricycle des portions dressées est formé de 3-4 assises lignifiées, à l'exception de la plus interne. Nous avons aussi noté, d’un individu à l’autre, une réduction de la sclérose, en comparant les por- tions correspondantes d'exemplaires développés dans des lieux secs ou dans des lieux humides (Stellaria graminea et autres Caryophyllées). 3° Il faut tenir compte aussi de la lente différenciation de certaines tiges aériennes chez qui la lignification est très tardive. Sur un Stellaria media croissant à l'ombre, rampant, diffus, les portions supérieures des tiges fleuries ont un péricycle entièrement mou, formé de deux assises d'éléments réguliers, sans méats. Parfois la deuxième ou une troisième assise subit au contact du liber un léger épaississement collenchymateux. L’endoderme des entrenœuds a des cellules régulières ; leurs membranes minces sont ornées de plissements typiques au voisinage de la face interne. Aux nœuds correspondants, le péricycle a les mêmes caractères que dans les entrenœuds ; mais l'écorce est plus épaisse et l'endoderme faiblement différencié : ses cellules amylacées dépourvues de plissements se dédoublent en bien des points et se continuent avec les autres assises corticales. Les nœuds du Stellaria graminea offrent une structure ana- logue, tandis qu’un anneau scléreux existe dans les entrenœuds. A Ja base des mêmes tiges, ou ultérieurement dans les portions supérieures, l’assise externe lignifie ses membranes en les épaississant peu. La deuxième rangée reste cellulosique ou finit par lignifier ses parois sans les épaissir. La troisième conserve sa nature collenchymateuse. Les pédi- celles floraux donnent lieu aux mêmes remarques. 4 Les nœuds présentent des particularités auxquelles est souvent liée une réduction ou une suppression de l'appareil scléreux. [ei nous distin- guerons deux cas : @. les feuilles ne sont pas engainantes et Ja tige se renfle en tubercule au-dessus de leur insertion; b. les feuilles forment 278 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. une gaine résistante qui cortique la tige dans une certaine étendue. Le premier cas est plus répandu chez les Alsinacées, le deuxième chez les Dianthacées. a. Le renflement est parfois peu accusé. Dans les tiges prismatiques de diverses Alsinacées, il se borne à effacer les angles et rend la coupe circulaire. L’écorce prend plus de part à cette modification que le péri- cycle. On observe seulement dans ce dernier une réduction du stéréome. Chez le Spergula arvensis, où le péricycle des entrenœuds est muni des deux zones classiques, les renflements tuberculeux sont de la plus grande netteté. Celui qui est situé à la base même de la tige est dépourvu de toute sclérose. Dans les autres nœuds, les cellules scléreuses du péri- cycle s’élargissent et amincissent leurs parois au-dessous du départ des feuilles. Au point où ces membres s’échappent, elles ont disparu sur le dos des faisceaux foliaires, tandis que, dans les régions intermédiaires, elles forment deux bandes très diffuses à parois minces. Les faisceaux foliaires n’entraînent pas de gaîne fibreuse. Au sein du tubercule lui- même, la sclérose se réduit encore, et vers le milieu de ce renflement le péricycle constitue une masse uniforme de parenchyme mou qui se con- fond avec celui de l’écorce. L’amidon envahit ce péricycle élargi. Chez d’autres plantes, telles que Agrostemma Githago, Alsine tenui- folia, le renflement du péricyele et sa fusion avec l’écorce s’accom- pagnent d’une sclérose générale des deux parenchymes. b. Quand les feuilles connées embrassent la base de l’entrenœud, le péricycle reste composé d'éléments réguliers à parois minces et cellulo- siques, tandis que ses assises externes se lignifient dans le reste de l’entrenœud (Saponaria officinalis). Ailleurs les phénomènes sont plus complexes. La gaîne foliaire du Dianthus Caryophyllus reçoit un anneau continu de stéréome péricy- clique. Au-dessous de l’individualisation des deux feuilles, cet anneau se segmente en quatre groupes : deux de ces groupes accompagnent les faisceaux foliaires et leurs ramifications ; les deux autres occupent les espaces intermédiaires. L’endoderme, grâce aux cristaux pulvérulents qui remplissent beaucoup de ses cellulés, est aisé à suivre comme un cercle continu encore plus haut que l’anneau scléreux. Les cellules de parenchyme qui s'étendent entre lui et l’épiderme ventral de la gaîne offrent les mêmes caractères que la zone molle du péricycle et nullement ceux de l'écorce. Les cercles continus d’endoderme et de péricycle de la gaine circonscrivant la tige rendent toute communication impossible entre les écorces de deux entrenœuds successifs. D'autre part, la zone interne du péricycle fortement collenchymateux se dilate beaucoup sous le nœud et s'étend jusqu’à l’épiderme à la base de l’entrenœud. A s’en rapporter aux apparences, il semblerait que la tige s’épanouit P. VUILLEMIN. — SUR LE PÉRICYCLE DES CARYOPHYLLÉES. 279 au nœud en une coupe sur laquelle s’inséreront les feuilles; l'entrenœud supérieur ne serait pas le prolongement direct de celui qui précède, mais bien une nouvelle tige ayant bourgeonné sur sa face terminale En s'appuyant sur des cas plus simples, on admettra que les paren- chymes cortical et péricyclique ont cessé d’être distincts dans la tige, lorsque cette distinction a perdu sa raison d’être par suite de la cortica- lion due à la gaine foliaire. L’endoderme et le péricyele de cette gaine elle-même résultent vraisemblablement d’une concrescence des systèmes homologues de deux feuilles distinctes, et cette fusion a pour origine l’association intime que la tige et les bases des feuilles ont contractée à ce niveau. On ne peut toutefois s'empêcher de reconnaître que, par suite de cette concrescence des péricycles et des endodermes et des phénomènes cor- rélatifs qui s’observent dans la portion de tige ineluse, cette gaine acquiert une valeur anatomique spéciale. De nature foliaire par son origine, elle revêt, par ses connexions et son développement commun avec la tige, certaines propriétés de ce membre, particulièrement la symétrie. Bien que dérivée defmembres parfaitement définis, ellene possède plus, actuel- lement, les caractères anatomiques si tranchés qui leur sont propres. 9° Un cas bien curieux de disparition de la sclérose nous est encore offert par le pédicelle floral du Sagina procumbens. Ce pédicelle, d’abord isodiamétrique dans toute son étendue, est recourbé dans la portion ter- minale avant l’anthèse. La portion penchée subit dans sa différenciation un arrêt analogue à celui des tiges de Ronce soumises à la nutation. Au moment de la floraison, cette portion se redresse en conservant une cer- taine torsion. Elle reste élargie et la sclérose y fait défaut. Le péricycle, qui comprend une assise scléreuse et une assise cellulosique dans la région primitivement dressée, reste, dans la région terminale, dépourvu de fibres comme celui des tubercules de Ronce, et ses cellules, disposées en 2-3 rangées, sont plus larges que celles de la région inférieure. Après cette organisation scléreuse ou concurremment avec elle, la zone interne épaissit ses membranes. Cette modification débute au con- tact du liber, qui offre un épaississement analogue et suit une progression centrifuge. Elle est plus abondante à la base des tiges qu’au sommet, dans les portions souterraines et aquatiques que dans celles qui vivent dans un milieu sec. Au sein du péricycle mou, on trouve rarement des cellules plus larges renfermant de volumineux cristaux d'oxalate de chaux en macles (Dianthus Caryophyllus). FORMATIONS sECONDAIRES. — Le péricycle ne prend aucune part à la production du cambium, comme cela est si fréquent dans certaines fa- milles, telles que les Composées. Parmi les productions secondaires, le liège est de beaucoup la plus 280 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. répandue, La plupart des espèces en possèdent. Pourtant certaines tiges en sont totalement dépourvues (Spergula arvensis), ou bien l’absence de liège dans le péricycle est compensée par sa présence dans la couche corticale externe (Spergularia rubra, Sperqularia media). C'est dans cette dernière espèce que M. Morot a signalé des faisceaux péricycliques. Il établit une relation immédiate entre le développement de ces faisceaux etla perte de la propriété de donner naissance au liège (loc. cit. p.281). Cette conclusion nous semble prématurée, car le second phénomène est plus répandu que le premier. Le liège, tissu tardif, ne naîtra pas dans les régions où une différen- ciation profonde et précoce a mis un terme à l’activité du péricycle. Les pédicelles en sont dépourvus. Dans les tiges aériennes, il fait souvent défant, ou bien on ne le trouve qu’au-dessous des nœuds, à un niveau où la différenciation est plus lente (Honckeneja peploides sans stéréome, Sagina procumbens avec anneau scléreux). Le liège est produit par l’assise la plus externe du péricycle, pourvu qu’elle n’ait pas acquis un degré d'organisation incompatible avec le regain d'activité nécessaire à sa formation. Lorsque les couches externes sont sclérosées, c’est la rangée périphérique de la zone parenchymateuse qui devient phellogène. Très répandu dans les tiges aériennes, où son développement est d’ailleurs généralement faible, le liège acquiert une puissance notable dans les portions rampantes ou souterraines. Son importance est sensi- blement en raison inverse de celle du stéréome, en sorte que M. Costan- tin a pu, d'une façon générale, opposer le liège des tiges souterraines à l’anneau scléreux des tiges aériennes (1). Quand une tige est successivement dressée et rampante, comme dans le Dianthus Caryophyllus, les deux zones peuvent être bien développées. Le liège s’épaissit énormément, et finit par exfolier le large anneau fibreux de la première année. Il peut arriver que le segment externe d’une cellule génératrice de liège lignifie de bonne heure ses parois, et l’on aura des fibres d’origine secondaire, occupant la même situation que celles de formation ancienne, mais s’en distinguant facilement, puisqu'elles appartiennent aux séries subéreuses avec lesquelles alternent les premières. Quand ces fibres ont leurs membranes épaisses (portion rampante de Stellaria graminea), elles sont d'ordinaire isolées ou réunies en petits groupes. D'autres fois, comme on peut l’observer dans les portions inférieures de la tige de Honckeneja peploides, toute l’assise formée par les segments externes des (1) J. Costantin, Étude comparée des tiges aériennes et des tiges souterraines de Dicotylédones (Ann. sc. nat. 6° série, 1883, t. XVI, p. 80). P. VUILLEMIN. — SUR LE PÉRICYCLE DES CARYOPHYLLÉES. 981 cellules phellogènes subérise uniformément ses membranes, sans appo- sition de nouvelles couches sur leurs parois; les autres segments issus de l’activité de cette zone restent cellulosiques. On a ainsi un anneau continu de cellules subérisées à coupe carrée, rappelant l’endoderme, mais facile à discerner par ses rapports. La subérisation peut s’étendre plus tard aux autres cellules du liège en progression centripète ; les nouvelles cellules ainsi modifiées restent aplaties. Les faisceaux surnuméraires du Sperqularia media sont encore un autre produit de l’activité secondaire du péricycle. Enfin, l’un des plus importants de ces produits, ce sont les racines latérales. Elles naissent aux nœuds des tiges rampantes ou souterraines ou de la base des tiges dressées. Les nœuds rhizogènes portent d'ordi- naire, sur chaque face, une paire de racines s’insérant au-dessus du départ des feuilles. Il n’est pas rare de trouver des racines surnumé- raires. Dans les Caryophyllées des lieux humides, il se différencie dans les couches profondes du péricycle un coussinet de petits vaisseaux formant un lacis serré. Ce tissu est l’homologue du réseau dictyogène de M. Mangin; il n’en diffère que par son étendue restreinte. Généralement distinct pour chaque racine, quoique s'étendant beaucoup de chaque côté de la surface d'insertion (Sagina procumbens), ce coussinet peut envoyer des anastomoses qui réunissent les divers coussinets de chaque face d’un même nœud (Honckeneja peploides). Dans un plus grand nombre de cas, les vaisseaux courts, quoique bien caractérisés, ne dé- passent pas les limites d'insertion du membre (Stellaria graminea, etc.). L’anatomie comparée indique donc la genèse du réseau dictyogène. Limité strictement à la zone génératrice de chaque racine, ce tissu s'étend de toutes parts, grâce à la nature indifférente qui rend Île péri- cycle susceptible des modes d’organisation les plus divers, et les extré- mités de coussinets voisins finissent par être confluentes. La production d’un vrai réseau dictyogène serait un simple phénomène de concrescence devenue très précoce. Conczusion. — Nous reconnaissons au péricycle des Caryophyllées un seul caractère constant, c’est de former entre l’endoderme et les faisceaux une couche épaisse de parenchyme. Le mode de différenciation histologique de cette couche a une valeur taxinomique beaucoup moindre. La lignification et l’épaississement collenchymateux des membranes sont liés à des actions de milieu interne ou externe facilement appréciables, et varient avec ces influences dans les diverses espèces de la famille, d’une région à l’autre dans une seule tige, dans les régions correspon- dantes de deux tiges qui ne se sont pas développées dans des conditions adéquates. Tantôt le péricycle conserve toutes ses parois minces et cellu- 289 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. a losiques, tantôt il se selérose ou prend les caractères du collenchyme dans toute son étendue. Plus souvent il est en partie scléreux, en partie collenchymateux. Quelle que soit sa consistance, il est bien distinet du parenchyme cortical. Exceptionnellement, et dans les régions nodales seulement, toute distinction histologique disparaît entre le péricyele et l'écorce. Dans les points où cette structure s’observe, la tige contracte des connexions intimes avec la feuille, en sorte que les systèmes de la feuille suppléent ceux qui font défaut dans la tige. Quant aux formations secondaires, elles n’ont aucune importance comme caractères de famille. Par contre, elles sont d’un grand secours pour la distinction des espèces et des genres. Le liège n’a qu’une valeur négative à cet égard, car la plupart des représentants de la famille sont susceptibles d’en posséder. Chez ces espèces, la naissance du liège est d’ailleurs liée directement aux lois bien connues de son développement. Nous voyons aussi, en comparant les divers ordres de tiges, les pédi- celles floraux, grâce à leur rapide organisation, offrir avec une grande constance les particularités histologiques les plus importantes, tandis que les portions souterraines, se rapprochant à cet égard des racines, conservent dans leur plus grande simplicité les caractères anatomiques essentiels (1). M. Malinvaud, secrétaire général, donne lecture des communi- cations suivantes : DESCRIPTION DE QUELQUES ESPÈCES NOUVELLES DE CHAMPIGNONS BASIDIOSPORÉS, par M. BOUDIER. 1. Inocyhe lencocephala B. (pl. IX, fig. 1). — Très jolie petite espèce d’un beau blanc, à chapeau squarreux à peine jaunâtre au sommet. Hau- teur : 2 centimètres à 2 centimètres et demi. Chapeau convexe, couvert dans toute son étendue de squames pileuses concolores et retroussées, à marge tomenteuse ; {ames libres, un peu ventrues, ayant environ 4 milli- mètres de largeur, d’abord blanches, puis prenant une teinte rose sale, (1) INote communiquée par l'auteur et ajoutée pendant l'impression. — Nous avons omis de rappeler, aux conclusions, la progression régulièrement centripète de la sclérose. Sile mode de différenciation (caractère histologique) est variable, il en est autrement de la marche de la différenciation, aussi bien que des relations des tissus différenciés (caractères anatomiques). La sclérose en effet, chaque fois qu’elle se produit, envahit les couches successives dans leur totalité, sans laisser quelques membranes minces, comme cela s’observe dans d’autres familles. Ce caractère anatomique n’est pas sans valeur au point de vue des affinités ; ainsi il éloigne les Linacées des Caryophyllées, tandis qu’il en rapproche les Frankéniacées. On multiplierait aisément les exemples de cette nature.] BOUDIER. — ESPÈCES NOUVELLES DE CHAMPIGNONS BASIDIOSPORÉS. 983 puis fauve pâle. Pédicule blanc comme le chapeau, assez court, de 1 à 2 centimètres de diamètre, plein, à peine épaissi à la base, qui est teintée de jaune, grossièrement fibrilleux et un peu floconneux dans toute son étendue. Spores polygonales à peine colorées, incolores ou presque inco- lores sous le microscope, fortement tuberculeuses, de 0"",009 à 11 de longueur sur 0"",006 à 8 de large. Cette petite espèce a l'aspect d’un Naucoria de la section des Eri- nacea, mais elle s’en distingue bien par ses spores semblables à celles de beaucoup d’Inocybe. Je l’ai trouvée en août 1880 et 1882, dans les bois sablonneux ombra- gés, mais secs, de la forêt de Montmorency, parmi de petites Mousses dans des endroits où abondait le Leucobryum glaucum. 2. Inocyhe maeulata B. (pl. IX, fig. 2). — Moyen, de 3 à 8 centi- mètres de hauteur. Chapeau charnu au centre, beaucoup moins vers les bords, campanulé, puis étalé, umboné, crevassé, couvert de fibrilles brunes apprimées, qui le font paraître d’un fauve fuligineux ; revêtu en outre, principalement vers le sommet, de squames pileuses appliquées et blanchâtres. Ces squames sont généralement distribuées en zones con- centriques qui descendent plus au moins vers la marge. Les lames sont presque libres, de couleur fauve un peu olivâtre, et ont environ 5 milli- mètres de large. Le pédicule est plein, cylindrique, à peine épaissi à la base, légèrement fibrilleux et de la couleur du chapeau, quoique plus pâle, surtout au sommet, qui est furfuracé. Les spores sont brunes, lisses, oblongues et souvent un peu cymbiformes, avec des gouttelettes effacées ou nébuleuses intérieurement : leur longueur est de 0"",010 à 0,013 sur 0,005 à 0"",006 de large. La chair est blanche ou peu colorée et l’odeur peu notable. Cette espèce est bien voisine de l’In. rimosa, mais elle s’en distingue par les spores un peu grandes et surtout par les squames blanches qui recouvrent le chapeau. Je l'ai trouvée en août 1881 dans la forêt de Montmorency. Je l'ai reçue la même année, en septembre, de M. Briard qui l’avait récoltée aux environs de Troyes. Depuis je l’ai récoltée en nombre dans les bois d’'Ecouen. Elle se plaît dans les sols argileux, le long des routes et des ornières. 3. Coprinus tigrinellus B. (pl. IX, fig. 3). — Charmante espèce de 2 à 3 centimètres de hauteur, blanche, à chapeau ponctué de noir, éparse ou cespiteuse. Chapeau oblong, puis un peu campanulé, devenant re- troussé sur les bords avec l’âge ; pubérulent, blanc de neige, làchement recouvert de petits flocons de filaments noirätres, principalement sur le sommet, devenant ensuite rosé, puis cendré vers la marge, toujours fine- 984 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. ment strié sur près de la moitié de sa hauteur. Lames étroites, libres, d’abord blanches, puis brunätres, avec l’arête noire par l’accumulation des spores. Pied grêle, cylindrique, blanc, fistuleux, lisse, ayant à la base un renflement bulbiforme, submarginé, velu, conservant quelque- fois quelques flocons noirâtres identiques à ceux du chapeau. Spores brunes vues en masse, fauves sous le microscope, ovales, à peine apicu- lées, remplies odinairement de gouttelettes plus ou moins fines. Elles ont Om®,011 de longueur sur 0",007 de largeur. Ne paraît pas rare en juillet et août, dans les ruisseaux fangeux des marais des bois, à la base des feuilles des Carex riparia et autres grandes espèces, plus rarement de celles des Jris Pseudacorus, presque à fleur d’eau ou à quelques centimètres seulement au-dessus. Montmo- rency et Ecouen, 1884 et 1885. Cette espèce a certains rapports, par ses spores fauves, avec les Psa- tyrella. Elle est très voisine du Coprinus Friesii, mais s'en éloigne par le chapeau recouvert à l’origine d’un tomentum brun (non coloré acei- dentellement), qui se déchire et reste adhérent au chapeau et à la base du pédicule sous forme de petits flocons noirâtres. 4. Tremella Grilletit B. (pl. IX, fig. 4). — Très petite, ne dépassant guère 3 à 4 dixièmes de millimètre de largeur, arrondie ou sublenticu- laire, de couleur lilas cendré pâle et subhyaline, réunie en groupes serrés formant des taches cendrées ou lilacées de 1 à 2 centimètres de largeur. Hyménium paraissant sous le microscope très finement mamelonné et pruineux par la présence des spores. Basides arrondis, longitudinale- ment septés, à 4 stérigmates flexueux et allongés. Spores hyalines oblongues un peu courbes, cbtuses et arrondies à l’extrémité, oblique- ment apiculées à la base, qui est un peu moins large, remplie de fines granulations avec une vacuole au milieu souvent placée près de la paroi. Leur longueur est de 0"",008 à 10 sur 0®",003 à 5 de largeur. Cette très petite espèce a été trouvée au mois de février 1885 dans la forêt de Montmorency, sur du bois pourri d’Aulne, par notre collègue et ami M. Grillet, compagnon habituel de mes courses, et auquel je me fais un plaisir de la dédier. Elle formait de petites plaques d’un gris violacé pâle et avait tout à fait l'apparence de certains Discomycètes du genre Ascophanus. 9. Rhizopogon Briardi B. (pl. IX, fig. 5). — De la grosseur d’une petite noix ou d’une noisette et ayant en moyenne 2 à 3 centimètres de diahètre. Arrondi, un peu aplati supérieurement et à peine difforme ; de couleur fauve, parsemé de taches brunâtres larges et assez visibles, qui paraissent formées d’une pellicule distincte; garni dans la moitié infé- rieure de filaments ramifiés supérieurement et se réunissant la partie BOUDIER. — ESPÈCES NOUVELLES DE CHAMPIGNONS BASIDIOSPORÉS. 285 inférieure en une base bien plus visible que dans les autres espèces du même genre. La chair est de couleur olivâtre plus ou moins foncée, garnie de cellules hyménifères petites et serrées, à peu près semblables à celles du Rhizopogon luteolus. Les spores sont oblongues, d’une couleur olive pâle, à peine colorées sous le microscope, avec 2 sporidioles bien visibles. Elles mesurent 0"",0075 à 0"",008 de longueur sur 0"",0035 à 0®",004 de largeur. L’odeur n’a d’abord rien d’anormal ; mais, au moment du ramollisse- ment de la chair, elle devient très agréable, rappelant d’une manière frap- pante celle de la Fraise, pour prendre à la fin une odeur de fruit fermenté plus désagréable. Cette espèce m’a été envoyée plusieurs fois en juillet, de la Champagne, principalement par notre zélé collègue M. le major Briard, auquel je me fais un plaisir de la dédier. Elle se distingue bien du R. luteolus par les taches extérieures, par ses spores à sporidioles mieux marquées; du R. rubescens par la couleur de sa chair plus foncée, ses vacuoles plus petites ; de toutes deux par sa base visible et par son odeur. Caractères qui l’éloignent aussi de À. provincialis, plus gros et tomenteux exté- rieurement. Explication des figures de la planche IX de ce volume. FIG. 1. — INOCYBE LEUCOCEPHALA Boud. 1 a. Coupe du même. 1 b. Spores grassies 820 fois. FIG. 2. — INOCYBE MACULATA Boud. 2 a. Coupe. 2 b. Spores grossies 820 fois. Fi. 3. — COPRINUS TIGRINELLUS Boud., poussant à la base des feuilles du Carex riparia. 3 a. Coupe d’un individu un peu grossi. 8 b. Spores grossies 820 fois. Fic, 4. — TREMELLA GRILLETIT Boud. — Aspect de l'espèce à la vue simple, 4 a. Quelques spécimens grossis 15 fois. 4 b. Spores grossies 820 fois. 4 c. Baside grossi 475 fois. Fic. 5. — Raizopocon BriARDI Boud. 5 a. Coupe de cette espèce. 5 b. Spores grossies 820 fois. 286 SÉANCE DU 24 JUILLET 1889. NOTE SUR LA FLORE DE L'AVEYRON, par M. J. IVOLAS. De tous les départements français, l'Aveyron est, sans contredit, un de ceux qui possèdent la flore la plus riche et la plus variée. Participant à la fois du climat du Nord et de celui du Midi, possédant des étendues plus ou moins considérables de tous les terrains de l’échelle géologique, ce département offre sur ses sommets élevés un certain nombre de plantes alpines ou subalpines, tandis que ses chaudes vallées voient s'épanouir une grande quantité d’espèces méridionales. L’inventaire de toutes ces richesses végétales a été dressé en 1877 par notre regretté confrère A. Bras. Son Catalogue des plantes vasculaires du département de l’Aveyron contient l’'énumération de 2043 espèces appartenant à 645 genres. La flore de cette région pourrait donner lieu à d’intéressantes études de géographie botanique dont nous nous efforçons depuis plusieurs années de réunir les éléments. Sans attendre le moment de publier ce travail, il nous paraît utile de signaler dès aujourd’hui un certain nombre d'espèces découvertes depuis peu d’années dans les limites de notre dé- partement et dont le Catalogue de A. Bras ne fait pas mention. L’énumé- ration de ces espèces formera ainsi un véritable Supplément au Cata- logue (1). Ce sont : 1. Thalictrum silvatieum Godr. Flore Lorraine (non Koch). — Mondalazac, buissons près du bois de Labarthe (abbé Revel, Essai de la Flore du Sud-Ouest). — Juin-Juillet. — RR. 2. Nigella arvensis L. — Champs de la Romière, à Villefranche, sur les limites du département (Fabre). — Juillet-Août. — RR. 3. Delphinium Ajacis L.— Environs de Villefranche, côte du Cal- vaire; domaine de Lestang ; commune de Juvignac, moissons, —- Rodez, au Grand-Vabre! — Juin-Juillet. — RR. 4. Aconitum vulgare DC. Syst. I, p. 371. — Aubrac, bord du ruis- Seau, au-dessus de la cascade! — Août- Septembre. — AC. montagne du puy du Lion, commune de Pannes (Cm) — Mai-Juin. — RR. 6. Malcolmia maritima R. Br. — Environs de Villefranche, entre la (1) M. Bras s’occupait de ce supplément à son Catalogue, quand la mort l’a surpris. Nous lui avions adressé, et avec nous les autres botanistes du département, un certain nombre de renseignements consignés dans les notes qu’il a laissées et dont nous devons la gracieuse communication à M. le D° Gallon, de Villefranche, son petit-fils. J. IVOLAS. — NOTE SUR LA FLORE DE L'AVEYRON. 287 Maladrerie et Mouteils, sur le ballast duchemnin de fer (Bras, mars 1877). — À d’autres époques, sur divers points de la voie ! loin de toute habita- tion. — Mars-Juin. T. Erophila majuseula Jord. Fragm. p. 11. — Villefranche, vallée du Lot, sur les murs de Vic (Bras). 8. Erophila hirtella Jord. Fragm. p. 10. — Villefranche, à As- prières (Giraudias). 9. Thlaspi arenarium Jord. in Schultz et Bill. — Villefranche, environs de Firmy, au puy de Volf, (fr. Saltel). — Mars-Juin. — RR. 10. Capsella graeilis Gren. Flor. massil. (Bull. Soc. bot. de Fr. IN, p. 1049). — Villefranche, dans une luzernière, près de l’hospice ! (Bras). 11. Cistus albidus L.— Saint-Affrique, dans les environs de Brus- ques, près Camarès (Loret). — Mai-Juin. — RR. 12. Helianthemum vineale Pers. — Millau, à Lenne, Saint-Satur- nin! — Rodez, à Gages, sous l’église, et sur le plateau calcaire entre Mondalazac et Salles-la-Source. — Mai-Juin. — AR. 13. Viola Foudrasi Jord. Fragm. p. 14; Bor. Flor. centr. 3° édit. p. 73. — Montbazens (Villefranche). 14. Viola hirto-alba Gren. Godr. — Villefranche, à Livinhac-le- Haut, dans les marais (fr. Saltel). 15. Viola scotophylla Jord. Observ. pl. critig. p. 7; Bor. Flor. Centr. 3 édit. p. 77; Loret et Barrandon, Flor. de Montpellier, p. T8 — Environs de Villefranche, bois du Quoiti (Bras). : 46. Silene bipartita Desf. — Villefranche, vallée de l'Aveyron, vers Lexos, dans les remblais de scories, en assez grande abondance. Cette plante n’est pas cultivée dans les jardins du voisinage (Br as). — Mui- Juin... | _ 17. Silene inaperta L. — Saint-Affrique, à Combret, près Saint- Sernin ! Coteaux de Cazèles, rive gauche de la Rance. — Juin-Août. AS. Aïlsine intrieata Martr.-Donos, Plantes critig. du Tarn: — Villefranche, à Bouillac, sur les murs. — Mai-Juillet. — R. 19. Mœnchia ereeta L. — Rodez, à Manhac; à Pruines, près Aer - cillac, lieux incultes! — Mai-Juin. — AC. 20. Geranium pusillum L.— Partout, sur les murs. — Mai-Octobre. — CC. 21. Medicago apiculata Willdenow. — Lieux cultivés, Rodez, pelit séminaire de Saint-Pierre! — Juin-Juillet. — Rh. 22, Medicago agrestis Ten. (ex Loret in litteris)(Medicago Gerard: mé 288 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. auct. part.). — Espalion, entre Saint-Geniez et Sainte-Eulalie, près du pont de Bel-Air (Revel). — Avril-Juin. — RR. 93. Trifolium hirtum All. — Saint-Affrique, bords des chemins, à Saint-Étienne, près Belmont (H. Coste). — Juillet. — RR. 24. Vicia lathyroides. — Saint-Affrique, environs de Brusques (Crémoux). — Mai-Juin. — RR. 25. Pisum Tuffetii Lesson Flor. Rochef. p. 110(Pisum granulatum Lloyd).— Villefranche, vallée du Lot, au-dessus du gouffre de l’Autoui, et au-dessus de Montbrun (fr. Saltel). — Mai-Juin. — RR. 26. Potentilla hirta L. — Saint-Affrique, rochers aux environs de Brusques (Loret). — Juin-Juillet. —R. 27. Rubus argenteus Mill. et V.— Villefranche, à Aubin (Chastaingt). 28. Rubus arduennensis Lej. — Villefranche, à Aubin (Chastaingt). 29. Rosa amblyphylla Ripart.— Villefranche, à Aubin (Chastaingt). 30. Rosa micrantha DC. — Villefranche, à Aubin (Chastaingt). 31. Alchemilla montana Willd. — Saint-Affrique, montagne du Merdelon, près Brusques (Crémoux). — Juin-Juillet. — RR. 32. Epilobtum Larambergianum Sch. — Villefranche, à Asprières (Giraudias), lieux frais. — Rodez, à Coursavy. 33. Œnothera stricta Ledebour; DC. Prodr. III, p. 48. — Plante du Chili, complètement naturalisée à Capdenac, rive gauche du Lot, et à Najac, autour de la mare (Bras). 34. Lythrum bibracteatum Salzm.— Rodez, à Sainte-Croix, près du village de Tournié, autour de l'étang de Camarade desséché l’été; étang du Mazuc. — Mai-Juin. — RR. 39. Sedum purpurascens Koch. — Rodez, à Manhac, dans les haies, et à Carcenac, sur les bords d’un ruisseau (Revel). — Août-Septembre. — AR. 36. Sedum anglicum Huds. — Rodez, à Marcillac, sur les murs de grès du trias ! (Bras). 31. Silaus virescens Boiss. — Villefranche, vallée du Lot; sur les corniches et au pied des rochers de Cornus (Bousquet). — Juin-Juillet. 38. Œnanthe media Griseb. Spicil. — Aubrac, endroits marécageux de la prairie ! — Juin-Juillet. — RR. 39. Bupleurum opacum Willk, et Lang. — Sur les pentes rocail- leuses, dans le vallon de Marcillac, près de la passerelle de Gradels. — Mai-Juin. — RK. J. IVOLAS. — NOTE SUR LA FLORE DE L'AVEYRON. 289 40. Bupleurum affine Sadler. — Millau, environ de Laissac, aux Bourines (A. Vayssier). — Juillet-Août. — RR. 41. Galium commutatum Jord. Plant. nouv.; Grenier et Godr. Flor. France, If, p.33. — Villefranche, vallée de l'Aveyron entre Lexos et Arnac, sur la lisière des cultures (Bras). — Juin. — AR. 42. Seahiosa maritima L. — Saint-Affrique, à Montlaur, sur un coteau aride (H. Coste). — Juillet-Août. — R. 43. Petasites fragrans Pres. — Villefranche, à Livinhac-le-Haut, Célié blanc (fr. Saltel). — Décembre. 44. Senecio aquatieus Huds. — Villefranche, au bord du Lot, à Panchot (Chastaingt). 45. Artemisia Verlotorum Lamot. (Mém. Assoc. franç. pour avan- cem. des sciences, session de Clermont-Ferrand, p. 16. — Villefranche, berges du ruisseau de la Bouloumie ! 46. Leucanthemum meridionale Legrand (Bull. Soc. bot. de Fr. XXVIIT, p. 56). — Firmy, au puy de Volf (fr. Saltel). 41. Achillea odorata L. — Millau, sur le plateau du puy de France! — Juin-Août. 48. Centaurea nigrescens VWilld. var. deecipiens. — Villefranche, à Livinhac-le-Haut (fr. Saltel). 49. Centaurea nemoralis Jord. (C. nigra Bor. Flor. Centr. non L.). — Villefranche, lisière du bois, au-dessous de la station de Naussac (Bras). — Juillet-Octobre. 50. Rhagadiolus stellatus DC. — Saint-Affrique, champs aux envi- rons de Brusques (Crémoux). — Juin-Juillet. — RR. 51. Scorzonera humilis L. — Espalion: Laguiole, Aubrac, prairies marécageuses ! — Villefranvhe : Najac, Rivezac, Rieupeyroux, Morlhon. — Rodez : Carcenac, vallon du Pas. 52. Picridium vulgare Desf, — Saint-Affrique : environs de Brus- ques (Loret). — Mai-Juin. -- KR. 53. Crepis setosa Hall. (Barkhausia setosa DC. Flor. franç. IN, p. 44). — Villefranche : Livinhac-le-Haut, bords du Lot et rochers de Gerte (fr. Saltel). 54. Hieracium farcillatum Jord. in Bor. Flor. centr.3° édit. p. 413. — Villefranche, bois à Livinhac-le-Haut (fr. Saltel). — Mai-Juin. — AC. 55. Hicracium Jaubertianum Loret et Timb.-Lagr, (Loret et Bar- randon Flor. Montp., p. 405). — Saint-Affrique, environs de Brusques T. XXXIL (SEANCES) 19 290 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. (Crémoux). — Villefranche, entre Villeneuve et le mas de Magnac. — Mai-Juin. — R. 56. Erica vagans L.— Millau : environs de Sauclières, pentes ro- cailleuses au-dessus du bois de Salbous! 51. Lithospermum fruticosum L. — Millau, entre Peyre et Soulo- bres, sur les coteaux calcaires! — Mai-Juin. — RR. 58. Myosotis fallacina Jord. in Bor. Flor. centr. 3° édit. p. 463. — Villefranche, pelouses rocailleuses au-dessous de Garriguet, environs de Morlhon (Bras). 59. Sibthorpia europæa L. — Espalion : environs d’Entraygues, à 1 kilom. et demi de Roquepaille, sur les murs humides d’une propriété appartenant à M" Meynial (Jordan de Puyfold). — Juin-Septembre. — RR. 60. Euphrasia campestris Jord. in Bor.Flor. centr. 3° édit. p. 492. — Villefranche, vallons de Calcomier, pelouses rocailleuses; à Bour- naze], sur les bords de l’étang ! Ôl. Mentha rotundifolio-nemorosa Schultz. — Villefranche, au Port d’Agrès, sur la rive droite du Lot (Chastaingt). 62. Mentha arvensi-Marrubiastrum Schultz. — Villefranche, au Port d’Agrès, rive droite du Lot (Chastaingt). 63. Lamium hirsutum Lamk Dict. IT, p. 410.— Rodez, à Conques, dans le voisinage des habitations ! Chastaingt). 64. Leonurus Marrubiastrum L, — Villefranche, près du hameau du Tournié, commune de Sainte-Croix, bords de l’étang du Mazuc et de celui de Camarade, desséchés l'été. — Juillet-Août. — RR. 65. Brunella Tournefortii Timb.-Laor. Bull. Soc. bot. de France, XUT, p. cuiv. — Rodez : Bonnecombe, le Rouquet (fr. Saltel), Marcillac ! — Villefranche : Rieupeyroux ; la Bastide-l'Évêque ; bois de Labaume ! Aubin ! Saint-Roch; Montbazens, Asprières, etc. 66. Globularia cordifolia L. — Millau : sur un rocher, dans la vallée de la Jonte, près de Peyreleau! vallée du Tarn, au Pas-de-Souci ! — Juin-Juillet. — RR. 67. Euphorbia helioscopia L. — Millau, jardins potagers ! — Mai- Août. — AR. 68. Ornithogalum divergens Bor. Flor. centr. 3° édit. P: 190. — Villefranche, bords du Lot à Livinhac-le-Haut (fr. Saltel). 69. Gladiolus communis L. (pro parte) Rchb. Icon. f. 711). — J. IVOLAS. — NOTE SUR LA FLORE DE L'AYEYRON. 291 Villefranche, moissons dans le plateau de la Rouquette (Bras). — Mil- lau, moissons, à Saint-Martin ! 10. Carex teretiuseula Good. — Villefranche, à Livinhac-le-Haut (fr. Saltel). T1. Carex Linkii Schk. — Saint-Affrique, environs de Brusques (Loret). — Avril-Mai. — R. 72. Carex brevicollis DC. — Villefranche, au puy de Volf, près Firmy (fr. Sallel). — Mars-Mai. — RRR. 13. Carex hordeistichos Vill. — Rodez, aux environs de l’ancienne gare (fr. Saltel) ! 14. Polypogon littorale Smith. — Plante observée pour la première fois en 1877, par M. Bras, entre Najac et Laguépie, dans les fossés du chemin de fer; s’y est maintenue depuis ! — Juin-Juillet, — RR. 15. Bromus Gussonii Parl. — Saint-Affrique, environs de Brusques (Crémoux). 16. Psilurus nardoïides Trin.— Saint-Affrique, environs de Brusques ; coteaux arides et lieux secs (Loret). — Mai-Juin. — RR. D'autre part, certaines espèces signalées par A. Bras ont échappé à toutes les recherches entreprises depuis la publication du Catalogue, soit qu’elles aient disparu, soit que l’auteur ait accepté avec trop de con- fiance et sans vérification les déterminations des collecteurs dont il re- cevait les notes, comme nous l’avons constaté pour quelques espèces. Sans entrer, pour le moment, dans des détails plus circonstanciés, citons simplement les espèces qui paraissent devoir être, jusqu'à nouvel ordre, retranchées de la flore aveyronnaise : Anemone silvestris L.; Ranun- culus muricatus L., R. sceleratus L.; Glaucium corniculatunn Curt.; Hypecoum pendulum L.; Fumaria capreolata L.; Thlaspi. allia- ceum L.; Hutchinsia procumbens Desv.; Fiola elatior F ries; Viscaria purpurea Wimm.; Buffonia perennis Pourr.; Alsine Villarsii M. et K.; Hypericum Richeri Vill.; Paliurus australis Rœm. et Schultz; Medi- cago Timeroyi Jord.; Glycyrrhiza glabra L.; Sedum Anacampseros L.; Daucus maritimus Lamk; Galium Bernardi Gren. et Godr.; Asler trinercvis Desf.; Inula britannica L.; Vaccinium uliginosum L.; Hot- tonia palustris L.; Cyclamen europæum L.; Echium plantagineun L.; Hyoscyamus albus L.; Phlomis Herba-venti L.: Vitex Agnus-eas- tus L.; Plumbago europæa L.; Camphorosma monspeliaca L.; Crozo- phora tinctoria Juss., Narcissus lœtus Salisb.; Naias major Roth; Chei- lunthes odora Sw. | . . : | Notre département, à peu près entiérement compris en dehors de la 292 SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. limite de l'Olivier (1), mérite encore, de la part des botanistes, une attention toute particulière par ses rapports avec la flore méditerra- néenne. Ses chaudes vallées, presque partout abritées par les hauts escar- pements jurassiques, donnent asile à bon nombre d’espèces méditerra- néennes qu’on s'étonne d’y rencontrer à côté de plantes subalpines. Nous nous contenterons pour le moment d’en donner une liste : Nigella damascena L.; Delphinium pubescens DC.; Malcolmia maritima KR. Br.; 1beris ciliata AÏl.; Viola nemausensis Jord.; Linum campanula- tum L.; Maloa paroviflora L.; Ruta angustifolia Pers.; Coriaria myr- tifolia L.: Pistacia Terebinthus L.; Rhus Coriaria L.; Anagyris fæ- tida L.; Medicago agrestis Ten.; Trifolium stellatum L.; Hippocrepis ciliata Willd.; Punica Granatum L.; Paronychia argentea Lamk; Scandix australis L.; Lonicera implexa Aït.; Valerianella echinata DC., V. discoidea Lois.; Conyza ambigua DC.; Pterotheca nemausen- sis Cass.; Achillea odorata L.; Cynara Cardunculus L.; Centaurea pullata L.; Carlina corymbosa L.; Hedypnois polymorpha DC.; Uro- spermum Dalechampii Desf., U. picroides Desf.; Taraxacum obovatum DC.; Picridium vulgare Desf.; Erica arborea L.; Jasminum frulti- cans L.; Cuscuta monogyna Vahl; Solanum villosum Lamk ; Lavandula Stæchas L., L.latifolia Vill.; Ajuga va Schreb.; Teucrium Polium L.; Plantago Psyllium L.; Osyris alba L.; Celtis australis L.; Euphorbia serrata L., E.Characias L.; Ficus Carica L.; Juniperus OxycedrusL., J. phœnicea L.; Aphyllanthes monspeliensis L.; Asparagus acutifo- lius L.; Narcissus dubius Gouan ; Ophrys Scolopax Cav., Juncus stria- tus Schousb., J. Duvalii Loret; Stipa juncea L.; Ægilops ovata L., Æ. triaristata Willd., Æ. triuncialis L. Dans une prochaine note, nous étudierons le mode de distribution des plantes aveyronnaises dans ses rapports avec la nature chimique du sol. M. Malinvaud dit que la communication dont il vient de donner lecture l’a d'autant plus intéressé qu’il a herborisé lui-même, il y a environ quinze ans, dans le département de l'Aveyron et résumé dans deux Notes (2) le résultat de ses recherches sur cette flore (1) L'Olivier ne remonte dans les vallées de la Lozère qu'en un seul point. On trouve, en effet, les dernières olivettes de la vallée d’Anduze sur le territoire du village de Saint-Étienne, près de Saint-Germain de Calberte. (2) Note sur une excursion botanique dans les départements du Lot et de l'Aveyron, et Note sur la végétation des environs de Millau (in Bulletin de la Société Linnéenne de Normandie, 1873-74). A. Bras, qui a publié son Catalogue en 1877, ne parait pas avoir eu connaissance de ces deux Notes, quoiqu'elles aient été analysées dans le Bul- letin par le D° Eng. Fournier (Revue bibliograph. t. XXI, 1874, pages 231-232). G. BONNIER. — VERBASCUM A FLEURS PROLIFÈRES. 293 locale. IT a signalé à cette époque, en même temps que le Brunella Tournefortii Timb. (B. hastæfolia Brot), qu'il se rappelle avoir vu très abondant aux environs de Saint-Cernin-sur-Rance, quelques- autres espèces ou variétés non mentionnées dans le Cataloque d'A. Bras : Fumaria agraria, Buffonia tenuifolia, Veronica Bas- lard, Lithospermum apulum, Avena sesquitertia, Bromus ambi- gens, etc. M. Cosson dépose sur le bureau les communications qu’il a faites à la Société dans la séance du 26 juin (1). M. G. Bonnier présente à la Société, de la part de M. Séguin, recteur honoraire, des échantillons de Verbascum à fleurs diver- sement prolifères, et il fait à ce propos les observations suivantes : Ces échantillons de Verbascum Chaixt, recueillis en Savoie par M. Séguin, présentent diverses particularités qui ont été observées par lui au point de vue de la morphologie extérieure, et que j'ai pu com- pléter au moyen de quelques observations anatomiques, grâce aux échan- tillons que M. Séguin a bien voulu me communiquer. Le même individu présente des fleurs normales et des fleurs offrant diverses proliférations. Parmi ces dernières, les plus intéressantes, comme toujours, sont celles où le nombre et la disposition des feuilles florales ne sont pas modifiés, mais où le changement d'aspect porte simplement sur la forme de chaque feuille florale ou sur la manière dont ces feuilles sont plus ou moins concrescentes. Les unes, comme M. Séguin l’a observé, ont toutes les parties séparées les unes des autres et disposées sur un axe allongé ; les sépales sont alors en général peu modifiés, les pétales parfois isolés les uns des autres comme dans une corolle dialypétale, les étamines à filets aplatis ou même transformées en feuilles, et les deux carpelles souvent distincts l’un de l’autre, ouverts et portant les ovules sur leurs bords. Ce qui est surtout remarquable, c’est pour ainsi dire la transformation inverse que j'ai observée sur toutes les fleurs d’une même branche, comme on peut le voir sur l'échantillon que je viens de communiquer à la Société. Chacune de ces fleurs a au contraire toutes ses parties concrescentes, de telle sorte qu’on a une fleur de Verbascum à ovaire infère et complètement adhérent ; comme en même temps la fleur se régularise, que la partie libre des sépales se rapetisse et que les étamines ne sont pas soudées à la partie libre des pétales, la fleur de Verbascum (1) Voyez à la page suivante. 294 | SÉANCE DU 24 JUILLET 1885. ressemble un peu à celle d’une Ombellifère, sauf, bien entendu, le grand nombre des ovules. Quelques coupes pratiquées dans une telle fleur mon- trent que, dans la partie commune des feuilles florales, les faisceaux vasculaires sont aussi soudés entre eux et ne sont pas plus distincts les uns des autres que dans la partie inférieure d’une fleur d'Ombellifère. On a done, pour ainsi dire, en ce cas, l'exemple inverse de celui offert par certains individus de Daucus Carota où j'avais observé des fleurs à ovaire libre (1). Dans les deux cas, on trouve tousles intermédiaires entre la fleur à carpelles complètement libres d’adhérence entre eux et avec les autres parties de la fleur et à carpelles tout à fait adhérents. M. le Président déclare close la session ordinaire de 1884-85. La Société se réunira de nouveau le 15 novembre prochain. ADDITIONS AU COMPTE RENDU DE LA SÉANCE DU 26 JUIN 1885 (2). M. E. Cosson, en offrant à la bibliothèque de la Société botanique la deuxième livraison des Jllustrationes Floræ Atlanticæ, appelle l’atten- tion sur le talent et la scrupuleuse exactitude avec lesquels les planches en ont été exécutées par M. Ch. Cuisin, qui, avec M. Barratte, conser- vateur des collections de M. Cosson, a, sous les yeux de l’auteur, refait toutes les analyses. — Dans les J{lustrationes, indépendamment des espèces rares ou nouvelles, ont été figurées toutes celles qui présentent des particularités de structure remarquables. M. Cosson offre aussi à la Société les huit premières feuilles tirées du Compendium Floræ Atlanticæ, dont les feuilles 6 et 7 donnent le tableau des genres de la famille des Crucifères. Il a dû modifier pro- fondément la classification adoptée par les auteurs pour les genres de cette vaste famille, largement représentée dans la flore des États barba- resques. Chez les Crucifères, comme dans la plupart des familles très naturelles, aucun caractère n’a une valeur absolue ; aussi, comme l'avait pressenti son ami regretté Weddell, at-il dû grouper les genres en tribus assez nombreuses pour qu’elles puissent être établies sur des ensembles de caractères suffisants pour les faire distinguer, alors même qu’elles offrent des types aberrants. La direction des sépales, la présence ou (1) Voyez le Bulletin, t. XXIX (1882), p. 355. (2) Voyez plus haut, page 208. E. COSSON. — CLASSIFICATION DES CRUCIFÈRES. 295 l’absence de gibbosité à leur base, la forme et la couleur des pétales, les filets des étamines munis ou non d’appendices ou de dents, constituent plutôt des caractères spécifiques que des différences génériques. Le nom- bre et la forme des glandes hypogynes, que M. Cosson considère comme de simples épanouissements glanduleux du réceptacle, n’ont qu’exception- nellement une valeur générique. La longueur ou la brièveté de la silique, qui pendant longtemps a étéle point de départ de la classification, n’a, dans un assez grand nombre de genres, qu’une valeur secondaire (Nas- turtium, Malcolmia, Farsetia, Draba, etc.), ces genres renfermant des espèces, les unes à fruit siliqueux, les autres à fruit siliculeux. Le pro- longement des valves en appendices basilaires ne peut pas non plus servir à l’établissement de groupes, même secondaires, car souvent dans un même genre (Matthiola, Sinapis), et quelquefois dans une même espèce (Matthiola oxyceras), les valves sont indifféremment appendiculées ou non appendiculées. Les caractères empruntés à la déhiscence des siliques présentent également de nombreuses exceptions, certains genres offrant des espèces à silique déhiscente dès la maturité, d’autres à silique déhis- cente tardivement, et d’autres à silique complètement indéhiscente. La présence à la face interne des valves de renflements transversaux entre les graines (valvæ intus septuliferæ) n’a pas l’importance qu’on lui avait attribuée, ce caractère pouvant se présenter ou non dans des genres voisins et même chez les espèces d’un même genre. La distinction des siliques en siliques continues ou biarticulées est commode dans la pratique, mais elle ne représente pas une différe réelle, la silique dite biarticulée ne différant de la silique continue qé&par la brièveté du corps de la silique relativement au bec. La compressn du fruit parallèlement ou perpendi- culairement à la fausse cloison, qui, dans les siliculeuses, fournit géné- ralement des différences constantes, est loin d’avoir la même valeur chez les siliqueuses. Dans un même genre (Raphanus, Cossonia), des espèces peuvent avoir leur fruit divisé en plusieurs articles, et d’autres présenter un fruit non articulé. Quelquefois, dans un même genre, les graines peu- vent être indifféremment disposées sur un seul rang ou sur deux rangs, ou être disposées sur deux rangs à la partie moyenne des siliques et sur un seul rang dans la partie inférieure et dans la partie supérieure (Ara- bis, Sisymbrium, Diplotaxis, Eruca, etc.). La direction des graines à plus d'importance, et généralement dans les siliqueuses celles du corps de la silique sont pendantes, tandis que celles du bec, quand elles exis- tent, sont ascendantes ou dressées ; dans les siliculeuses à silicule dite biarticulée et article supérieur monosperme, la graine de l’article supé- rieur (bec) est également dressée dans la plupart des cas, mais elle est quelquefois pendante (Kremeria). En face de toutes ces variations dans les caractères tirés de la silique, 296 ADDITION A LA SÉANCE DU 26 JuIN 1885. De Candolle a basé surtout sa classification sur la forme des cotylédons droits, repliés ou enroulés en spirale, et sur leur position relativement à la radicule, qui correspond, soit à leur face dorsale, soit à leur commis- sure; mais ces caractères sont loin d’avoir une valeur absolue. Les espèces du genre Erucaria offrent, les unes des cotylédons linéaires plans enroulés en spirale sur eux-mêmes, d’autres des cotylédons oblongs arqués à leur partie moyenne, ou droits plans ou concaves à leur face interne ; quelquefois, dans une même silique (Erucaria Tourneuxii), les graines de l’article inférieur présentent les cotylédons repliés en spi- rale sur eux-mêmes, tandis que ceux des graines de l’article supérieur sont droits et coneaves. Dans certaines espèces de Malcolmia et de Sisym- brium, etc., la radicule est souvent oblique et presque commissurale, tan- dis que le caractère de la tribu est de présenter une radicule dorsale. Les cotylédons condupliqués, c’est-à-dire pliés longitudinalement et embras- sant la radicule dorsale, offrent un caractère plus sûr; mais, cependant, les cotylédons concaves des genres Conringia et Ammosperma sont une transition évidente vers les cotylédons condupliqués. M. Cosson ajoute qu’il lui serait facile de citer nombre d’autres exem- ples de la variabilité des caractères sur lesquels repose la classification des Crucifères ; mais il a cru devoir restreindre cette communication aux exemples les plus frappants, son but étant seulement de démontrer qu'il était nécessaire de multiplier les tribus pour pouvoir leur assigner des caractères dont l’ensemble en permit la délimitation rationnelle. La délimitation des espèces a été aussi une œuvre laborieuse, et l’au- teur signale particulièrement la tribu des Brassiceæ, où souvent les espèces trop multipliées de genres à peine distincts sont étroitement reliées entre elles en une série presque continue et ne peuvent être dis- tinguées que dans leurs formes typiques. EXPLORATION DE LA KROUMIRIE CENTRALE, par M. E. COSSON. L'intérêt que la Société a bien voulu prendre aux recherches de la Mission botanique tunisienne de 1883 (1) me fait espérer qu’elle admettra dans notre Bulletin, malgré son étendue, le compte rendu détaillé de nos explorations, du 30 juin au 8 juillet, dans la Kroumirie, une des parties (1) La Mission se composait de M. E. Cosson, président ; de MM. Doûmet-Adanson, A. Letourneux, V. Reboud, membres; de MM. Barratte, Bonnet et Clément Duval, membres adjoints. — Je me fais un plaisir de rendre hommage au zèle avec lequel mes compagnons de voyage m'ont secondé dans mes recherches, ainsi que pour la pré- paration des échantillons, tâche rendue souvent difficile par la rapidité avec laquelle la saison déjà avancée nous forçait à réaliser un programme dont l'étendue ne permettait Pour ainsi dire aucun temps d'arrêt, E. COSSON. — EXPLORATION DE LA KROUMIRIE CENTRALE. 297 de la Régence jusqu'ici complètement inconnue au point de vue botanique, l'accès de celte contrée, avant l'établissement du protectorat français, ayant été fermé non seulement aux Européens, mais même aux représen- tants de l’autorité beylicale. Je détache ce compte rendu du Rapport d'ensemble encore manuscrit et dont un extrait a été adressé à M. le Ministre de l’Instruction pu- blique et des Beaux-Arts. Malgré les lacunes qu’il présente, en raison de la saison à laquelle nous avons parcouru le pays, de la faible durée de notre séjour, que nous avons dû abréger pour des circonstances indépen- dantes de notre volonté (la maladie d’un des membres de la mission et les nouvelles que nous recevions de l'épidémie cholérique en Orient, qui nous faisait craindre d’avoir à subir une quarantaine à notre retour en France), il mettra en reliefles caractères généraux de la flore du pays. Grâce à la sécurité dont on jouit maintenant en Kroumirie, et à la pro- tection des autorités militaires, qui nous ont donné le concours le plus bienveillant et ont mis à notre disposition les guides, les moyens de tran- sport et de campement, etc., nous avons pu en quelques jours réunir un ensemble de documents qu’un explorateur isolé n'aurait pu certainement obtenir qu’en plusieurs mois. Dans le trajet que nous venions de faire (1) dans les plaines au sud de Kerouan (où il n’avait pas plu depuis l’hiver), dès le 12 juin, la végétation était trop avancée pour qu’il fût possible de faire de véritables herborisa- tions; nous n’y trouvions en bon état que quelques espèces tardives, et nous devions surtout prendre des notes sur la flore en récoltant, à grand’peine, pour le contrôle de ces notes, les rares échantillons qui avaient échappé à la sécheresse générale. Tout botaniste comprendra que nous avions hàte de quitter ces localités dont le tapis végétal, pour me servir de l'expression familière par laquelle nous le caractérisions, n’était plus qu’à l’état de paillasson. Nous avions fait quelques explorations fructueuses à Aïn-Che- richira, à Kessera, à Souk-el-Djema, à El-Kef, dont les reliefs montueux nous avaient offert d’intéressantes constatalions ; mais, je le répèle, nous étions pressés de gagner la Kroumirie, où nous savions, par des rensei- gnements certains, que des pluies abondantes avaient maintenu une frai- cheur de la végétation qui était du meilleur augure. Le 28 juin, dans l’après-midi, nous avions dressé nos tentes à Souk-el- Arba (alt. 142,75, Ingén.), dans la vallée de la Medjerda, au voisinage de la gare du chemin de fer et des baraquements du camp français. Malgré la chaleur (33 degrés) rendue accablante par un léger siroco, nous avions terminé la journée par une exploration de la plaine, le long de l'Oued ‘Melleg et de la Medjerda, qui nous avait fourni la plupart des espèces (1) Voir, pour l'itinéraire parcouru, le Rapport sommaire adressé à M. le Ministre de l'Instruction publique sur la Mission botanique de 1883. 298 ADDITION A LA SÉANCE DU 26 JUIN 1885. de cette riche vallée, bien que la moisson des blés y füt déjà en grande partie faite. Le 29, à la pointe du jour, nous levons nos tentes, et nous sommes heureux de nous mettre en route pour combattre le froid dont nous avons souffert pendant la nuit, et dont les atteintes nous ont été d'autant plus pé- nibles que la veille la chaleur avait été très élevée. Dans le trajet que nous avons à faire dans la plaine de la Medjerda, pour gagner la route de Fernana, nous voyons partout le Cynara Cardunculus, dont le beau développement est l’indice de la profondeur et de la richesse du sol arable. Le Centaurea Schouwii y est une des espèces les plus généralement répandues avec les Echinops spinosus, Carlina lanata, Kentrophyllum lanatum, Centau- rea Calcitrapa, et les trois espèces de Scolymus (S. hispanicus, gran- diflorus et maculatus). En quittant la plaine de la Medjerda, nous rejoi- gnons la route carrossable de Fernana, récemment tracée, dont nous nous écartons souvent pour prendre les raccourcis que nous offrent les anciens sentiers arabes, et nous traversons des coteaux couverts de broussailles et des champs cultivés où paissent des bandes de chameaux et des troupeaux de taureaux et de vaches d’une race bien supérieure à celle que nous avons généralement rencontrée en Tunisie. Dans une dépression humide, au bord de la route, croît en abondance le Triticum repens var. glaucum, nouveau pour la flore. Nos guides nous montrent dans le lointain la eime d’un gigantesque Chêne-Liège {en arabe Fernan) qui a donné son nom à la localité. Cet arbre légendaire, sous lombrage duquel nous ne tardons pas à faire la grand’halte, ne mesure pas moins de 5",70 de tour. C’est là qu'avant l’occupation française se réunissaient, à jour fixe, les Kroumirs pour décider s'ils devaient, oui ou non, payer l'impôt réclamé par le bey. L’impôt ne devait être versé aux représentants de l’autorité beylicale que si toutes les feuilles de l’ärbre étaient immobiles, et il va sans dire que, l’accès de la Kroumirie étant fermé aux troupes du bey, toutes les dispo- sitions étaient prises pour qu’au moins une partie du feuillage ne fût pas immobile. Maintenant sont établies quelques cantines au voisinage du fameux Fernan, et dans les terrains défrichés qui les entourent nous recueillons les Corrigiola littoralis, Carduncellus multifidus (que nous n'avions pas encore observé), Carlina sulfurea, Centaurea Schoutwii, Heliotropium supinum, Thymelæa Passerina (rare en Tunisie), Polygo- num Bellardi, Phalaris truncata, Gastridium scabrum, etc. De Fernana au Camp-de-la-santé (Fedj El-Saha) nous quittons fréquem- ment la route carrossable pour pénétrer dans les broussailles, dont des Chênes-Liège rabougris, avec le Myrte, forment la plus grande partie, et où nous trouvons les Delphinium pentagynum et Teucrium resupinatum. Dans une vallée assez profonde, sur les bords d’un ruisseau couverts de Lauriers-Roses, des Frênes (Fraxinus australis) et des Peupliers (Popu- E. COSSON. —— EXPLORATION DE LA KROUMIRIE CENTRALE. 299 lus nigra) sont enlacés de Vignes sauvages; l'OEnanthe anomala, qui n'avait encore été observé en Tunisie qu’à une seule localité, s'offre à nous pour la première fois; le Juncus Fontanesii et l'Hordeum bulbosum y sont d’une extrême abondance. Un étroit sentier, tracé à travers les brous- sailles d’un coteau à pente assez raide, nous conduit au Camp-de-la-santé (Fedj El-Saha) où est établi le campement de quelques disciplinaires. Là nous installons nos tentes dans une forêt où le Chêne-Liège (Quercus Suber) et le Chéne-Zen (Quercus Mirbeckii) forment une véritable futaie. Nous faisons une rapide reconnaissance aux environs du camp, où nous avons la satisfaction de trouver la végétation en parfait état, et de con- staier l'analogie, que nous avions pressentie, de cette belle forêt avec celle des montagnes des environs de Bône, le Djebel Edough. La journée du 30 juin et la matinée du 1° juillet sont consacrées à une exploration attentive des environs du camp, sur une étendue approxima- tive de 4 kilomètres du sud au nord, et de 3 kilomètres de l’ouest à l’est, Nos herborisations, dirigées en tous sens, ont compris la forêt entre notre campement et le point culminant, une fontaine ferrugineuse, près et à est du camp, donnant naissance à un petit marécage, les broussailles à l’ouest de la forêt jusqu’à la route carrossable d’Aïn-Draham, les belles futaies du versant nord jusqu'à une fontaine que nous avons dénommée fontaine Nizey (1). Le nombre des espèces observées constituant plus que leur rareté l'intérêt d’une flore assez uniforme, pour éviter les répétitions qu’entrainerait l'exposé minutieux de nos explorations, nous nous borne- rons à décrire l’ensemble du pays, à donner quelques détails surles points les plus intéressants que nous avons explorés, et à grouper, dans la liste générale des plantes du massif montagneux de la Kroumirie centrale, la mention des espèces que nous avons constatées au Camp-de-la-santé. Le Chène-Liège sur le versant sud est l’essence dominante de la forêt, et la plupart de ces beaux arbres mesurent en circonférence 2 à 3 mètres. Le Chêne-Zen (Quercus Mirbeckii) ne s’y rencontre que par sujets isolés ; mais, sur la pente nord et surtout dans les parties les plus fraiches, il devient au contraire l'essence forestière dominante : la plupart des sujets y atteignent les proportions de nos plus grands arbres forestiers, et la cir- conférence de leur tronc est généralement de 2 à 3 mètres. L’Aulne (AI- nus glutinosa)et un Saule (Salix pedicellata) ne croissent guère qu'aux bords des ruisseaux ou dans les ravins humides. Les broussailles sont à peu près les mêmes sur les deux versants, et dans de larges espaces les Helianthemum halimifolium,Calycotome villosa, Cytisustriflorus (assez (1) Ce nom consacrera le souvenir des services rendus par M. le capitaine du génie Nizey, qui a pris une large part aux importants travaux exécutés dans le pays, et qui a capté dans deux bassins empiérrés les eaux de la source qui se perdaient dans un marécage. 300 ADDITION A LA SÉANCE DU 26 JUIN 1885. rare en Tunisie), Cratægus oxyacantha var. pubescens, le Myrte (Myrtus communis), Erica scoparia, E. arborea, Phillyrea media, Daphne Gnidium, les constituent presque exclusivement. L’Arbousier (Arbutus Unedo) est également assez abondant, et quelques sujets atteignent 4 à 5 mètres de hauteur. La Vigne (Vitis vinifera) et le Lierre (Hedera Helix) se rencontrent surtout dans les parties les plus fraîches de la forêt. Le Cerisier (Cerasus avium), qui en Algérie appar- tient à la Région Montagneuse moyenne et supérieure, n’est représenté que par quelques individus sur les bords du ravin creusé par les eaux de la fontaine Nizey. Dans les clairières des broussailles, les Lavandula Stæchas, Cistus salvifolius, Eryngium tricuspidatum et E. Bovei, forment généralement le fond de la végétation ; on y rencontre aussi, mais représentés seulement par des sujets rares ou espacés, les Genista aspa- lathoides, G. tricuspidata, G. ulicina (qui n'avait encore été observé que dans la province de Constantine). La riche végétation des environs des sources et des marécages auxquels elles donnent naissance offre la réunion des espèces du pays les plus intéressantes au point de vue de la géographie botanique; on y trouve associées nombre de plantes qui en Algérie sont caractéristiques dela Région Montagneuse, même supérieure, et d’autres qui n’y existent que dans les plaines marécageuses des envi- rons de Bône et de la Calle. La coexistence, à cette faible altitude (l’alti- tude du Camp-de-la-santé n’est que d'environ 635 mètr.), de plantes qui, en Algérie, sont propres à la Région Montagneuse, et d’un certain nombre d’autres qui n'existent que dans les plaines marécageuses de la Région Méditerranéenne de la province de Constantine, s'explique par les évapo- rations maritimes qui, dans le massif montagneux de la Kroumirie, soit sous la forme de brouillards, soit sous celle de pluies ou de neige, main- tiennent une fraicheur qui détermine la formation de sources assez abon- dantes, même sur les points élevés. Dans la forêt et dans les parties fraîches des broussailles, la grande Fougère de nos forêts de France (Pteris aqui- lina) est une des espèces les plus abondantes. Les Asphodèles (Aspho- delus microcarpus et À. cerasiferus ?) forment de volumineuses touffes dans l'humus profond ombragé par les Chênes-Liège aux environs du cam- pement. Parmi les nombreuses espèces que nous avons observées dans cette partie de la forêt nous ne citerons que celles qui sont nouvelles pour la flore ou caractéristiques de la végétation des bois du massif montagneux de la Kroumirie : Delphinium pentagynum. Medicago Soleirolii. Lepidium glastifolium. Ervum nigricans. Silene disticha. Agrimonia Eupatoria. — hispida. Poterium Duriæi. Geranium bohemicum. Elæoselinum meoides. Trifolium Bocconi. Margotia laserpitioides. E. COSSON. — EXPLORATION DE LA KROUMIRIE CENTRALE. 301 Galium ellipticum. Limodorum abortivum (très rare et nou- Plagius virgatus. veau pour la flore). Achillea ligustica. Luzula Forsteri. Galactites mutabilis. Agrostis alba var. Fontanesii. Centaurea tagana. Aira capillaris. Helminthia Duriæi. Holcus lanatus. Anarrhinum pedatum. Trisetum parviflorum. Clinopodium vulgare var. Festuca sicula. Stachys arvensis. Brachypodium silvaticum, etc. Teucrium Scorodonia. Dans les lieux herbeux humides, près de la fontaine ferrugineuse et dans le petit marécage où elle déverse ses eaux, se trouvent réunies un assez grand nombre d'espèces dont la plupart n’ont été vues en Algérie que dans les plaines marécageuses de la province de Constantine. Les plus intéressantes sont le Scirpus pubescens, qui en Algérie n’est connu qu'aux environs de la Calle et dont les autres localités sont le Portugal et la Corse, et l’Hypericum afrum, espèce algérienne qui n’existe que dans les marécages des plaines et de la région montagneuse inférieure de la province de Constantine. Parmi les autres espèces que nous avons ob- servées à cette même localité, nous mentionnerons seulement les plantes suivantes, dont la plupart n'existent aussi en Algérie que dans les parties marécageuses de la province de Constantine : Radiola linoides. Juncus foliosus. Lotus parviflorus. Carex remota. Galium palustre. — punctata. Bellis annua var. radicans. Heleocharis palustris. Laurentia Michelii. Danthonia decumbens. Microcala filiformis. Briza minor. Simethis bicolor. Glyceria fluitans var. plicata Juncus effusus, Athyrium Filix-fæœmina. — glaucus. Osmunda regalis, etc. — supinus. Les broussailles que nous avons traversées par un étroit sentier pour gagner la fontaine Nizey nous ont offert, indépendamment de la plupart des espèces qui existent dans la forêt même, un Silene (Silene scabrida Soy.-Willm. et Godr. ex parte) qui croit avec les Galium tunetanum, G. glomeratum, Pulicaria odora, Carduncellus multifidus, Centaurea tagana, C. Schouwii, Serratula mucronata, Tolpis umbellata, T. al- tissima, Anarrhinum pedatum, Brunella vulgaris, B. vulgaris var. alba, qui sont très répandus et parmi lesquels sont disséminés les Ne- peta acerosa, Festuca cærulescens et Monerma cylindrica. Au voisinage de la route d’Aïn-Draham, au-dessus de la fontaine Nizey et au milieu des broussailles, un Centaurea voisin du C. nicæensis All., probablement nouveau pour la science (C. kroumirensis), est d’une extrême abon- dance. Près de la fontaine, les Mæhringia trinervia, Sedum Cepæa, Umbilicus horizontalis, Asplenium Adiantum-nigrum var. Virgilis, 302 ADDITION À LA SÉANCE DU 26 JuIN 1885. A. Trichomanes, Grammitis leptophylla,ne sont pas moins communs que dans la forêt de l’Edough, près Bône, et sont groupés de la manière la plus élégante au pied des troncs de magnifiques Quercus Mirbeckii, couverts de Mousses, de Selaginella denticulata et de Polypodium vul- gare. Une pente fraîche nous offre les : Ranunculus spicatus, Ficaria calthæfolia, Lampsana virgata, Cyclamen africanum, Aceras intacta, Allium triquetrum, Luzula Forsteri, Carex olbiensis. Les terrains ma- récageux qui entourent la fontaine, où nous avons fait une longue halte, sont presque couverts par les Juncus foliosus et Scirpus Savii, qui y forment un véritable gazon. Les Juncus effusus, J. effusus var. conglo- meratus, J.glaucus, J. silvaticus var.anceps, Athyrium Filix-fæmina, Osmunda regalis, y sont les plantes dominantes, et nous y rencontrons la plupart des autres plantes déjà notées à la fontaine ferrugineuse. Nous n'avons guère à ajouter à la liste que nous en avons dressée que les Tri- folium strictum, Circæa lutetiana et ŒEnanthe anomala. Le 1° juillet, vers midi, nous quittons le Camp-de-la-santé pour gagner rapidement Aïn-Draham, en suivant tantôt la route carrossable tracée à travers les futaies de Quercus Suber et de Q. Mirbeckit, tantôt en pre- nant les raccourcis de l’ancien chemin muletier indigène rendu praticable par les travaux exécutés lors de la soumission récente du pays. Dans ce trajet, nous revoyons la plupart des plantes observées à Fedj El-Saha, et, dans une petite vallée herbeuse humide, sur les bords de la route, les Eryngium Barrelieri, Senecio delphinifolius et le Linaria apari- noides (variété à fleurs pourpres) sont d’une extrême abondance. A chaque pas, pour ainsi dire, des sites d’un pittoresque grandiose rappellent ceux des plus belles forêts de la France; par des éclaircies la vue embrasse une immense étendue de la magnifique forêt qui couvre les versants du relief montagneux dont le Djebel Bir est le point culminant. A environ 2 kilomètres d’Aïn-Draham, près d’un abreuvoir établi au bord de la route, dans un marécage traversé par les eaux abondantes d’un ruisseau, avec les Juncus foliosus, Bellis annua var. radicans, Glyceria fluitans var. plicata, et la plupart des plantes déjà observées dans les stations analogues du Camp-de-la-santé, nous trouvons pour la première fois lP'Anagallis crassifolia, qui, en Algérie, n'existe que dans les marais du littoral de la province de Constantine. Nous quittons bientôt la route carros- sable d’Ain-Draham et, par un sentier sinueux, nous descendons dans la vallée assez profonde entourée de reliefs montueux tous boisés, à l’excep- tion de celui sur le versant occidental duquel sont établies les con- structions légères du camp et du nouveau centre de population d’Aïn- Draham. Nous installons nos tentes au voisinage du lieu où se tient le marché, et à peine avons-nous mis pied à terre que nous avons la satis- faction de trouver, dans les pelouses rases du champ de manœuvres, le E. COSSON. — EXPLORATION DE LA KROUMIRIE CENTRALE. 303 Trifolium suffocatum que nous n’avions encore vu qu’à Kelibia, dans la presqu’ile du Cap Bon. 2 juillet. — Nous consacrons toute la matinée à l'exploration botanique de la vallée où est établi notre campement (altit. envir. 650 mètr.). Cette station est très favorable pour notre première herborisation dans une des parties les moins élevées de la Kroumirie centrale, car dans un espace restreint s’y trouvent réunis des broussailles, des lieux herbeux, des ravins humides ou aquatiques et des pâturages ras. Les broussailles sont composées surtout des Cistus salvifolius, C. monspeliensis, Rhamnus Alaternus, Calycotome villosa, Cytisus triflorus, Cratægus oxyacan- tha, Myrtus communis, Erica arborea, Daphne Gnidium, etc.; on y rencontre çà et là le Genista ferox et le Prunus insititia; le Pteris aquilina y est très abondant. Dans les clairières, les espèces sont trop nombreuses pour qu’il soit possible d'en donner la liste, et nous nous bornerons à mentionner les : Lepidium glastifolium. Trifolium nigrescens. Medicago Soleirolii. — isthmocarpum. — Echinus. — tomentosum. Trifolium Bocconi. — fragiferum. — striatum. — procumbens. — scabrum. Corrigiola littoralis. — pratense. Bellis annua. — glomeratum. Achillea ligustica. — strictum. Juncus capitatus, etc. Dans les ravins humides et au bord des ruisseaux croissent les: Ly- chnis læta, Trifolium resupinatum, T. micranthum, Peplis Portula, Eryngium Barrelieri, Œnanthe silaifolia, Asperula lwvigata, Cir- sium giganteum, ele. — Pour rendre visite au général Riu, commandant supérieur de la subdivision de la Kroumirie, dont l'habitation est con- struite au pied même du Djebel Bir, nous gravissons la pente en partie couverte de broussailles occupée par le camp et le nouveau centre de population, et nous notons dans ce rapide trajet les : Lavatera Olbia var. hirsuta, Lathyrus latifolius var. angustifolius, Galium tunetanuir, Cirsium giganteum, Centaurea ltagana, C. kroumirensis, C. Schou- wi, Serratula mucronala, Teucrium Scorodonia, etc. Le général nous fait le plus aimable accueil et nous engage à déplacer notre campement pour l’établir en pleine forêt, dans une clairière ombragée de magni- fiques Chènes-Liège, au lieu dit « le Camp-des-Kroumirs » (altit. env. 125 mèt.), au nord et près de son habitation, au voisinage de deux sources abondantes et de chemins muletiers établis par le génie mili- taire ct qui nous permettront de rayonner en tous sens. Le reste de la journée est rempli par l'installation de notre campement dans ce site pit- toresque si bien choisi comme centre de nos explorations. Une rapide 304 ADDITION A LA SÉANCE DU 26 JUIN 1885. reconnaissance dans les environs nous montre tout l'intérêt que nous offri- ront nos herborisations dans un pays qui, par sa flore à type européen, présente les plus grandes analogies avec le Camp-de-la-santé et forme un saisissant contraste avec la plupart des localités de la Tunisie que nous avions visitées. Ainsi les environs de notre campement et les maré- cages de la source voisine nous offrent les : Androsæmum officinale. Campanula alata. Geranium bohemicum. Scrofularia tenuipes. Ilex Aquifolium. Laurus nobilis. Sanicula europæa. Alnus glutinosa. Hedera Helix. Salix pedicellata. Lonicera implexa. Simethis bicolor. Galium ellipticum. Juncus foliosus. — palustre. Carex maxima. Nardosmia fragrans. Athyrium Filix-fæmina. Plagius virgatus. Osmunda regalis. Galactites mutabilis. Equisetum Telmateia. Cirsium giganteum. 3 juillet. — Dès cinq heures du matin nous faisons seller nos mulets pour faire l’ascension du Djebel Bir, devant nous rendre à onze heures au déjeuner auquel le général a bien voulu nous convier, afin de nous mettre en relations avec les officiers qu’il a chargés de faciliter nos excur- sions. L’ascension de la pente rocailleuse et rocheuse du mamelon terminé par un plateau étroit (altit. 1020 mètres, Ét.-maj.) qui est spé- cialement désigné sous le nom de Djebel Bir, est rendue facile par un sentier muletier récemment tracé, qui conduit jusqu’au plateau termi- al; les lacets décrits par ce sentier nous permettent de noter pas à pas les espèces de ce relief montagneux, et l’on en trouvera l’énumé- ration dans notre catalogue général. -— Au déjeuner, chez le géné- ral, nous avons le plaisir de voir la table ornée de deux magnifiques bouquets composés de la plupart des espèces, en pleine fleur, qui crois- sent aux environs du camp et dans les parties voisines de la forêt. —- Vers deux heures seulement nous pouvons quitter notre campement pour faire une excursion dans la partie nord-ouest de la forêt jusqu’à l’entrecroisement des routes de Tabarque et de la Calle, et visiter une source située à environ 2 kilomètres à l’est d’Ain Babouch. Les belles futaies de Chènes-Liège et de Chênes-Zen que nous traversons ne nous présentent guère que des espèces déjà observées aux environs de notre campement ; mais les bords du ravin arrosé par la source et les terrains humides qui entourent la source elle-même nous offrent la réunion des espèces les plus intéressantes de la flore, soit au point de vue de leur rareté, soit à celui de la géographie botanique : Ranunculus hederaceus var. cœnosus. Cardamine hirsula. — Philonotis var, intermedius. Lychnis læta. E. COSSON. — EXPLORATION DE LA KROUMIRIE CENTRALE. 305 Androsæmum officinale. Nardosmia fragrans. Geranium bohemicum. Lampsana macrocarpa. — lucidum. Laurentia Michelii. Trifolium micranthum. Anagallis crassifolia. Jsnardia palustris. Lamium flexuosum. Circæa lutetiana. Urtica dioica. Sedum Cepæa. Juncus foliosus. Sanicula europæa. Carex remota. Œnanthe anomala. — maxima. Chærophyllum temulum. Agrostis pallida. Anthrisceus silvestris. Athyrium Filix-fœmina. Galium ellipticum. Aspidium aculeatum var. angulare. — palustre. Osmunda regalis, etc. Asperula Iævigata. À peine avons-nous relevé la liste des plantes des environs de la source, qu'on nous apprend que le général est venu au-devant de nous et nous attend pour nous reconduire à notre campement. Nous nous empressons de le rejoindre, mais non sans faire toutefois une rapide her- borisation dans une dépression humide en partie cultivée en Maïs, située près des baraquements en planches établis à l’entrecroisement des deux routes ; nous y trouvons en abondance les : Ranunculus macrophyllus. OŒEnanthe silaifolia. Medicago orbicularis. Bellis annua, | — Echinus. Galactites mutabilis. Trifolium isthmocarpum. Campanula dichotomi. Eryagium Barrelieri. Linaria græca, etc. 4 juillet. — Nous quittons de bonne heure le campement pour une excursion dans la partie de la forêt située à l’est, parallèlement à celle que nous avons parcourue la veille, et continuant le relief montagneux du Djebel Bir. Dans un ravin dont le ruisseau est alimenté par une source, au-dessous du campement, mais sans nous y arrêter, nous constatons la présence du Veronica montana, qui est assez abondant dans le lit même du ruisseau. — L’étroit sentier que nous suivons à travers la forêt, où sur de nombreux points de jeunes Uhènes-Liège forment des massifs serrés, nous amène, après un trajet de 4 à 5 kilomètres, à un plateau herbeux où paissent quelques troupeaux. Là, près d’une rampe de ro- chers, une source assez abondante donne naissance dans une dépression du sol à un marécage où le Sphagnum subsecundum forme des îlots assez étendus, et dans lequel, avec la plupart des espèces déjà notées à la source avant Aïn Babouch, nous recueillons les Radiola linoides, Peplis Portula, Anagallis crassifolia, ainsi que les Juncus Tenageia et Potamogeton polygonifolius, nouveaux pour la flore. Sur les bords du marécage, l’{soetes Hystrix, que M. Letourneux y constate le premier, forme par places de véritables pelouses. Le temps que nous avons co sacré à l'exploration attentive du marécage et des pàturages quil envi- T. XXXIL. (SÉANCES) 20 306 ADDITION À LA SÉANCE DU 20 JuiN 1885. ronnent ne nous permet pas de poursuivre plus loin notre course vers le nord et d'arriver jusqu’à Aïn Cherchara, que nous nous étions proposé d'atteindre. Par un sentier à peine tracé à travers la forêt et par une pente rapide, nous descendons dans la vallée de Oued El-Kebir (Oued Tessala des cartes), où là présence de quelques champs cultivés nous promet de nouvelles espèces. Dans notre descente difficile, un ravin humide, ombragé de Salix pedicellata, nous offre en abondance le Campanula alata, et nous y découvrons le Cerastium atlanticum, qui w’avait encore été vu qu’en Algérie et qui est nouveau pour la flore. Un court trajet dans la vallée étroite de Oued El-Kebir, trajet que la cha- leur excessive rend très pénible, nous amène au pied de rochers élevés, couverts de Vignes sauvages, de Lentisques, de Lierre et de Rhamnus Alaternus, à la base desquels nous sommes heureux de trouver une source fraiche et abondante (Aïn Ahmra). Avant de dresser la liste des plantes qui croissent à cette charmante localité, où nous observons à la fois, dans un espace restreint, les plantes des marécages et celles des cultures, nous prenons quelques instants de repos à l'ombre de Figuiers, près d’un massif d'Opuntia, et dans le voisinage des gourbis d’une frac- tion de tribu kroumire. Des Lauriers-Rose, des Aunes, des Saules (Salix pedicellata), croissent sur les bords du ruisseau alimenté par la source; sur les rives de l’Oued, dans lequel se jette le ruisseau, l’Equisetum Tel- mateia est d'une extrême abondance, et l’on y rencontre par sujets isolés l'Œnanthe silaifolia. Dans les terrains cultivés ou laissés en friche, le Centaurea kroumirensis est associé au C. Schouwii et au Notobasis sy- riaca. La liste que nous dressons ayant surtout de l'intérêt au point de vue du nombre des espèces observées, nous ne pouvons que renvoyer à la liste des plantes de la Kroumirie centrale, dans laquelle elles sont toutes consignées. D'Aîn Ahmra jusqu’à la base du relief montagneux que nous devons remonter pour revenir à notre campement, nous suivons la vallée étroite où des Peupliers (Populus alba et nigra), des Ormes (Ulmus campestris), des Tamarix, sont les espèces arborescentes principales ; des Azeroliers (Cratæqus Aronia), dont un sujet atteint 1",87 de tour, sont espacés vers la partie inférieure du relief, où nous n’arrivons qu’à la tombée de la nuit, et que nous gravissons aussi vite que le permettent la raideur de la pente et les difficultés d’un trajet par un sentier à peine tracé à travers les broussailles. Nous sommes heureux, pour ne pas nous écarter de la direction que nous devons suivre, de pouvoir nous guider sur les lumières des quelques réverbères au pétrole qui éclairent Aïn- Draham. Cette course est la dernière que la mission, encore au complet, ait faite dans le massif central de la Kroumirie, car le lendemain matin M. Doümet-Adanson doit nous quitter et nous devons accompagner à Tabarque MM. Letourneux et Reboud qui de là regagneront l'Algérie. E. COSSON. — EXPLORATION DE LA KROUMIRIE CENTRALE. 307 Les herborisations que nous avons faites en commun aux environs d’Aïn-Draham ont compris : la vallée au-dessous et à l’ouest du camp, une partie de la pente sur laquelle est établi le camp et le nouveau centre de population d’Aïn-Draham, la partie rocailleuse et rocheuse de la mon- tagne au-dessus d’Aïn-Draham (Djebel Bir), la partie de la forêt du relief montagneux qui continue le Djebel Bir sur le côté droit de l'Oued El- Kebir, la forêt jusqu’au confluent des routes de La Calle et de Tabarque vers Aïn Babouch. Pour compléter les notions sur l’ensemble du pays dans une étendue d'environ 5 kilomètres du nord au sud, et de 3 ou 4 ki- lomètres de l’est à l’ouest, il nous reste à faire de nouvelles herborisations aux environs du camp et à dresser la liste déjà commencée des plantes de la pente déboisée où est établi Aïn-Draham, et à faire une excursion à environ 3 kilomètres au sud, à la source d’Aïn Draham, dite Fontaine du 18°. Le soin de réaliser cette partie du programme est laissé à MM. Cosson, Bonnet et Barratte, qui doivent revenir à Aïn-Draham, après les deux journées qu’ils doivent consacrer avec MM. Letourneux et Reboud à l'excursion de Tabarque. 5 juillet. — Dès quatre heures du matin nous sommes sur pied, un des membres de la mission, M. Doùmet-Adanson, devant se rendre à Souk-el-Arba pour y prendre le chemin de fer qui le ramènera à Tunis et MM. Letourneux et Reboud ayant à faire leurs préparatifs de départ pour, de Tabarque, où nous devons faire ensemble une dernière herbori- salion, regagner l'Algérie. Seul notre malade (M. Clément Duval), dont l’état, malgré un traitement énergique, ne s'est que légèrement amélioré, doit rester au campement pendant les deux journées que nous consacre- rons à l’excursion de Tabarque, dont la plage et l’ancien fort se dessinent dans le lointain à l’horizon. Nous prenons dans la forêt la direction que nous avions déjà suivie dans notre excursion vers Aïn Cherchara; aussi, dans cette première partie du trajet, ne trouvons-nous que des espèces déjà constatées. Pour rejoindre l’ancienne route de labarque, dite du Ravin des Ruines, nous descendons par une pente rapide dans Ja val- lée de l’Oued El-Kebir, où nous retrouvons à peu près la même végétation qu'aux environs de la fontaine d’Aïn Ahmra, que nous avions visitée la veille. Vers le point désigné sous le nom de Senguet-Hallouf, sur les bords de l’Oued, des Myrtes (Myrtus communis), des Lauriers-Rose (Nerium Oleander) en fleur, des Tamarix, des Üliviers (Olea europæa), des Ormes (Ulmus campestris), des Peupliers (Populus alba et nigra), des Viburnum Tinus arborescents, des Lauriers (Laurus nobilis), dont quelques-uns mesurent Î mètre de tour, des Gerisiers (Cerasus avium), des Phillyrea latifolia, forment des groupes pittoresques dans lesquels s’enlacent des Vignes sauvages, des Rosiers (Rosa semperrirens), des Smilax (Smilax aspera var. mauritanica). Le Centaureu Schour ii 208 ADDITION A LA SÉANCE DU 20 gJuIN 1885. est abondant dans les clairières, où.se rencontrent çà et là le Melissa officinalis. Dans la vallée qui, à peu de distance de Senguet-Hallouf, s’élargit etest couverte de moissons dont la récolte est en grande partie déjà faite, des Oliviers séculaires forment un magnifique massif. À peu près à mi-chemin d’Aïn-Draham à Tabarque, un de ces beaux Oliviers, un sujet isolé, à l'ombre duquel nous nous arrêtons quelques instants, présente un tronc de 8",60 de tour, et sa tête n’atteint pas moins de 54 mètres de circonférence; des Opuntia en massif, des champs de Maïs, tiennent une large place dans les cultures de cette riche vallée. Sur les bords de l'Oued, de nombreux Tamarix sont de véritables arbres. Vers le coteau couvert de broussailles, sur la rive gauche de l'Oued que nous longeons pour atteindre Tabarque, le Chamærops humilis est assez abondant. Là, dans des dépressions au milieu de champs en friche, nous recueillons les Lathyrus Ochrus, Eryngium Barrelieri, Heliotropium supinum, Euphorbia Chameæsyce. Vers une heure nous atteignons la nouvelle Tabarque, dont la plupart des maisons sont à peine achevées ou encore en construction, et, en attendant que l’on prépare le déjeuner, dans un terrain sablonneux inculte, nous notons les : Polycarpon alsinefolium, Tribulus terrestris, Panicum repens, etc., qui y croissent avec le Sca- biosa urceolata, extrêmement abondant sur ce point. Au voisinage des habitations, les Hyoscyamus albus, Datura Stramonium, Anchusa ila- lica, Chenopodium opulifolium, forment le fond de la végétation rudé- rale. M. le commandant Pottier, commandant supérieur, a eu l’obligeante attention de venir au-devant de nous pour nous dire qu’il nous a fait préparer des chambres dans les casemates du nouveau fort, mais nous ne prenons pas le temps d’aller visiter le domicile mis à notre disposition, pressés que nous sommes d'aborder Pilot rocheux de Tabarque, dont le sommet (alt. 100 m. El.-maj.) est couronné par l’ancien fort Bordj Kedim, que, de notre campement d’Ain-Draham, nous avions vu dans un horizon lointain et dont maintenant nous ne sommes plus séparés que par un bras de mer d’une centaine de mètres de largeur. Après avoir effectué, dans le canot du commandant du port, celte petite traversée, nous consacrons le reste de la journée à l’exploration de l’ilot que nous parcourons en tous sens, et où nous visitons en détail les ruines du vieux fort. Cette herbori- sation, faite à une saison trop avancée, n’ajoute à notre catalogue qu’une espèce nouvelle pour la flore, le Lotus drepanocarpus des côtes de l’est de l'Algérie, mais elle n’en offre pas moins un véritable intérêt, car l’ilot de Tabarque est le seul point qu’il nous ait été donné d’aborder en dehors du continent tunisien. Les plantes les plus intéressantes que nous ayons à y noter sont les Medicago Echinus, Trifolium maritimum, T. nigres- cens, T. resupinatum, Polycarpon peploides, Carduus pycnocephalus, Orobanche amethystea, O0. minor, Plantago macrorrhiza (très abon- E. COSSON. — EXPLORATION DE LA KROUMIRIE CENTRALE. 309 dant sur les rochers de la partie nord de l’ilot), Festuca rottbællioides, Monerma cylindrica, ete. Le Trifolium suffocatum, que nous avions déjà observé à Kelibia et à Aïn-Draham, est d’une extrême abondance entre les galets de l’empierrement du chemin qui conduit de la plage aux ruines de l’ancien fort. Sur les murs du fort, le Capparis spinosa forme des touffes volumineuses. Après nous être arrêtés quelques instants chez le commandant du port, qui habite d'anciennes constructions en face de Tabarque, et l'avoir remercié de l’obligeant empressement avec lequel il a mis son canot à notre disposition, nous regagnons Ja terre ferme et gravissons, à la nuit fermée, le coteau que couronne le nouveau fort. Les officiers nous y offrent la plus cordiale hospitalité, et, après un excellent diner, nous avons la véritable jouissance de prendre pour la première fois, depuis bien longtemps, dans un vrai lit, un repos bien gagné. 6 juillet. — Nous avons terminé de bonne heure la préparation des quelques plantes recueillies la veille ; aussi MM. Letourneux, Bonnet, Barratte et moi, désireux de pouvoir consacrer tout le temps nécessaire à une reconnaissance dans les dunes qui s'étendent à l'est sur une vaste étendue, nous empressons-nous de monter à mulet pour une course dont nous espérons des résultats intéressants. Les terrains marécageux compris entre les dunes en partie couvertes de broussailles et les lagunes formées par les cours d’eau de la vallée qui confluent vers la mer, sans s’y déverser en raison de la barre de sable qui en intercepte le cours, nous paraissent mériter une exploration attentive; aussi n’hésitons-nous pas, malgré l'insalubrité de cette localité, à nous porter à environ 2 kilomètres à l’est pour que nos recherches puissent embrasser une étendue suffisante. Les espèces qui constituent la plus grande partie des broussailles sont le Myrte (Myrtus communis) et le Phillyrea media ; sur les bords des marécages le Vitex Agnus-castus forme quelques groupes élégants au milieu de Tamarix et de touffes de Genista ferox presque arborescentes. Les seuls arbres qui s'élèvent çà et là dans les parties humides des broussailles sont des Frênes (Fraxinus australis) et des Ormes (Ulmus campestris). Le Rubus fruticosus var. discolor, le Rosa sempervirens et la Vigne sauvage, en s’enlaçant entre les branches des arbres et des buissons, forment souvent des lacis impénétrables. Le fond de la végétation des terrains marécageux se compose des : Urginea Scilla, Juncus mar ili- mus, J. acutus, Scirpus Holoschænus, Pteris aquilina, etc. ; le Cirsium giganteum y atteint plus de 2 mètres. Nous y observons, ainsi que sur les bords des lagunes, les : Ranunculus macrophyllus. Trifolium strictum. — Philonotis var. intermedius. — pratense. Lychnis læta Lathyrus hirsutus (nouveau pour la flore). iypericum af —- Nissolia (nouveau pour la florei. Hypericum afrum. 310 ADDITION A LA SÉANCE DU 20 JuiIN 1885. Epilobium hirsutum. Teucrium scordioides. — tetragonum var. grandiflorum. Osyris alba. Eryngium Barrelieri. Euphorbia pubescens. Galium palustre. Iris fœtidissima. Dipsacus silvestris. Urginea fugax (bulbes). Bellis annua var. radicans. Phalangium Liliago. Verbascum Blattaria. Carex vulpina. Linaria Elatine. — punctata. — græca. Corynephorus articulatus var. gracilis, etc. Un Euphorbia (E. algeriensis Boiss.) atteint 2 mètres de hauteur au milieu des buissons, mais les échantillons que nous pouvons en recueillir sont malheureusement trop avancés, les fruits s’étant déjà détachés. Les sables des dunes maritimes sont en partie couverts de broussailles épaisses composées des Helianthemum halimifolium, Pistacia Lentis- cus, Retama Rœtam, Calycotome villosa, Myrtus communis, Daphne Gnidium, Quercus coccifera, Chameærops humilis, etc., dans les- quelles s’enlace le Clematis Flammula; sur de vastes surfaces, au con- traire, la mobilité du sable exclut les végétaux ligneux. Dans les clairières des broussailles et dans les sables meubles croissent les : Silene nicæensis. Centaurea sphærocephala. Ononis variegata. Helminthia asplenioides. Medicago lævis. Andryala integrifolia var. nigricans. Eryngium maritimum. Stachys arenaria. Daucus crinitus. Euphorbia Paralias. Thapsia polygama (connu jusqu'ici seule- | — terracina. ment à Bône et à La Calle). — biumbellata. Crucianella maritima. Pancratium maritimum. Scabiosa urceolata. Cyperus schænoides. Diotis maritima. Festuca maritima, etc. Calendula suffruticosa. Pressés de revenir à Tabarque, d’où trois d’entre nous doivent rega- gner Aïn-Draham le même jour, nous avons le regret de ne pouvoir atteindre les pentes couvertes de broussailles verdoyantes qui, plus à l’est, se confondent avec les bois de la montagne occupée par les Mogod. Près de Tabarque nous traversons, sur un pont de construction récente, l’Oued El-Kebir, et à quelques pas de l’Oued, dans une dépression bordée de Ricins (Ricinus communis), M. Letourneux a la bonne fortune de terminer l’herborisation, la dernière de notre voyage en commun, par la découverte d’une plante nouvelle pour la flore, le Crypsis aculeata. Nous nous empressons de remonter au fort pour remercier le com- mandant supérieur de sa cordiale hospitalité, mais non sans noter lou- tefois les plantes rudérales qui couvrent le coteau et parmi lesquelles le Lavatera cretica est une des espèces les plus abondantes. Ce n’est pas sans tristesse que nous faisons nos adieux à mes vieux amis et compagnons de voyage, MM. Letourneux et Reboud, qui, par leur grande habitude des h E. COSSON. — EXPLORATION DE LA KROUMIRIE CENTRALE. 311 explorations botaniques, par leur zèle et leur ardeur parfois trop juvéniles, ont depuis plus de deux mois pris une large part aux recherches de la Mission.— Bien que pour le trajet de Tabarque à Aïn-Draham nous sui- vions directement la route en cours d'exécution tracée dans la forêt, et que nous ne fassions aucune halte botanique, à neuf heures du soir seu- lement nous arrivons à notre campement, où nous avons le chagrin de retrouver toujours dans le même état de faiblesse notre malade, dont nous avions dû momentanément nous éloigner. 7 juillet. — Craignant d’avoir à peine le temps, avant notre départ, fixé au 9, de mener à bonne fin la réalisation de notre programme, MM. Bonnet et Barratte se chargent de la préparation des récoltes, et de grand matin j'explore minutieusement les broussailles et les terrains vagues qui bordent le sentier tracé de notre campement à l'habitation du général, auquel je vais faire une visite d'adieu pour le remercier de la sollicitude qu’il a bien voulu nous témoigner et de l'intérêt qu’il a porté à nos recherches. Dans ce court trajet, je n'ai pas moins de 150 espèces à enregistrer, dont la plupart ont déjà été observées dans nos premières herborisations et parmi lesquelles je mentionnerai seulement les : Serratula mucronata. Helminthia Duriæi, Anagallis arvensis var. platyphylla. Phalaris cærulescens. Agrostis alba var. Fontanesii. Monerma cylindrica, ec. Saponaria Vacearia. Lathyrus inconspicuus. — odoratus (subspontané). Œnanthe anomala. Centaurea kroumirensis. — Schouwii. Vers trois heures, l’aumônier militaire d'Aïn-Draham, le père Patrice, vient nous trouver à notre campement pour nous guider dans la course que nous allons faire au sud d’Aïn-Draham, dans la forêt, jusqu'aux sources dites Fontaine du 18°. Nous n'avons à noler dans notre trajet jusqu'aux jardins établis par les soldats de la garnison, dans des terrains défrichés, en pleine forêt, aucune espèce nouvelle pour notre catalogue ; mais, au voisinage de ces jardins, dans l'humus profond du bois, nous trouvons l'Achillea liqustica, le Rumex tuberosus et quelques pieds de Nepeta acerosa. Vers les sources, à une altitude à peine supérieure à celle de notre campement, un Chêne-Liège à tronc bifurqué mesure 3,40 de tour ; parmi les Chênes-Zen (Quercus Mirbeckii) qui forment, sur de nombreux points, l’essence principale de la forêt, plusieurs sont couverts de Lierre et dépassent 2°,50 de tour. Les eaux des deux sources principales, dont la température est seulement de 14 degrés, confluent dans un marécage assez vaste où l'Osmunda regalis est la plante do- minante et dépasse souvent 1 mètre et demi. Entre les touffes de celle belle Fougère, si répandue dans les lieux humides de la Kroumirie, le Sphagnum subsecundum forme des ilots presque couverts d'Axagallis 312 ADDITION A LA SÉANCE DU 20 JuIN 1885. crassifolia ; l'Heleocharis multicaulis, nouveau pour la Tunisie, et qui, en Algérie, n'est connu qu'aux environs de La Calle, forme un véritable gazon dans une grande partie du marécage. Nous y observons aussi la plupart des espèces que nous avons déjà trouvées dans des localités ana- logues de la partie nord de la forêt, telles que les : Androsæmum officinale. Carex remota. Hypericum afrum. — maxima. Bellis annua var. radicans. — punctata. Campanula alata. Danthonia decumbens. Juncus silvaticus var. anceps. Athyrium Filix-fæmina, etc. Le long du ruisseau auquel donnent naissance les eaux à leur sortie du marécage sur le versant occidental du relief montagneux, des Aunes (Ainus glutinosa), des Saules (Saliæ pedicellata), forment de nom- breuses touffes entre lesquelles croissent çà et là des Cerisiers (Cerasus avium) et des Lauriers (Laurus nobilis). Nous suivons pendant quel- ques centaines de pas le cours du ruisseau, et sur les bords du ravin nous trouvons les : Viola silvestris, Mœhringia trinervia, Geranium bohe- micum, Ononis hispida, Magydaris tomentosa, Aspidium aculeatum var. angulare. etc., et nous avons la satisfaction d'y constater l’abondance du Festuca Drymeia var. grandis, une des plantes les plus rares de l’Algérie, où elle n’a été vue qu’au Djebel Edough et au Djebel Tababor. Après cette fructueuse herborisation, nous regagnons notre campement, où nous n’arrivons que quelques instants avant la nuit. 8 juillet. — Toute la matinée est consacrée à l’exploration attentive des environs du campement, et les notes que nous prenons viennent utilement compléter celles que nous avions déjà relevées sur la végétation de la forêt. — Dans l’après-midi, en descendant par un chemin muletier jusqu’à la source située au-dessous de notre campement, nous notons les dimen- sions des plus beaux Chênes-Zen (Quercus Mirbeckii), qui constituent la futaie; la plupart offrent 10 à 15 mètres de bille et une circonférence va- riant de 2 mètres à 3",50; l’un d’eux mesure même jusqu’à 4",15 de tour. Un Lierre de 1" ,10 de circonférence s’enroule autour d’un de ces beaux arbres, et ses rameaux, en s’enlaçant avec ceux du Chêne, forment des masses feuillées de l’aspect le plus élégant. Les eaux de la source, but de notre petite excursion, sont assez abondantes ; leur température est de 17 degrés, et elles ont creusé un ravin assez profond à l’origine duquel une construction a été récemment établie pour en dériver une partie. Nous ne manquons pas de recueillir le Veronica montana, que nous avions déjà vu à cette station et qui croit dans le lit même du ruisseau. Une magni- fique Mousse, le Fissidens serrulatus var. africanus recouvre la plupart des pierres que les eaux ont entraînées, Le Ranunculus ophioglossi- folius, nouveau pour la Tunisie, est assez rare sur les bords du ruisseau. E. COSSON. — EXPLORATION DE LA KROUMIRIE CENTRALE. 313 Dans l’humus profond du bois, où le Brassica Rapa est abondant, nous découvrons aussi le Biscutella radicata, qui, en Algérie, est assez ré- pandu dans les montagnes de la province de Constantine ; nous y retrou- vons aussi le Lamium fleæuosum et l’Aceras intacta. Si nous faisions l’énumération de toutes les espèces que nous offre ce charmant ravin, nous aurions à reproduire la liste des espèces qui croissent dans le marécage voisin de notre campement. Nous terminons cetle journée, la dernière de notre séjour en Kroumirie, par une nouvelle herborisation sur la pente où est établi Aïn-Draham, de l’habitation du général à la vallée. Nos re- cherches sur ce point, bien qu’elles n’ajoutent aucune espèce nouvelle à celles que nous avons déjà trouvées, nous ont fourni d’utiles indications consignées dans la liste suivante des plantes que ‘nous avons observées dans la partie centrale du massif montagneux de la Kroumirie. LISTE DES PLANTES OBSERVÉES DANS LA KROUMIRIE CENTRALE (1). * Ficaria ranunculoides Mænch var. cal- thæfolia. — Saha. * Nigella hispanica L. var. intermedia. Clematis Flammula L. — Drah., Drah. — Saha. vill., Drah. vall., Fern. — damascena L.— Ahmra. — cirrosa L.— Ahmra, Fern. Delphinium peregrinum L. var. halte- Ranunculus hederaceus L. var. cœno- ratum. — Fern. sus, — Bab. — pentagynum Desf. — Drah., Drah. — spicatus Desf. — Saha. vill., Saha, Fern. — palustris L. var. macrophyllus. — Renonculacées. + Drah., Drah. vill., Fern. Papayéracées. — — var. procerus. — Drah. camp., Saha mar. Papaver Rhœas L. — Drah. vill., Fern. — Philonotis Retz var. intermedius. — Glaucium corniculatum Curt. — Drah. camp., Fern. Bab., Drah. mar. — — var. trilobus (R. trilobus Desf.). — Drah. camp., Drah. vill. Fumariacées. — arvensis L. — Ahmra. — muricatus L. — Drah. vall. — ophioglossifolius Vill. — Drah. camp. mar. Fumaria capreolata L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha. — officinalis L. — Fern. * + (1) Dans cette liste nous avons fait précéder du signe * le nom des plantes nouvelles pour Ja Tunisie, et du signe ** le nom de celles qui, nouvelles pour la Tunisie, n’y ont encore été observées que dans la Kroumirie. Pour plus dé brièveté nous avons indiqué les localités par les abréviations suivantes : Ahmra, Aïn Ahmra, source dans la vallée au nord d’Aïn-Draham;, — Bab., Babouch, source, marécage et ravin aquatique à environ ? kilomètres avant Aïn Babouch, sur la route d'Ain-Draham à La Calle, au nord-ouest d'Aïn-Draham; — Bir, Djebel Bir, sommet rocailleux et rocheux, au-dessus d'Ain-Draham, partie culminante du massif central de la Kroumirie ; — Drah., forêt d'Aïn-Draham; — Drah. camp., lieu de notre campement, dit « le Camp des Kroumirs », dans la forêt d’Ain-Draham, près et au nord de l'habitation du général; — Drah. camp. mar., bords des sources et des ruis- seaux, marécages, ravins aquatiques dans la forêt d’Ain-Draham, au voisinage immé- 314 ADDITION A LA SÉANCE DU 20 JuIN 1885. Cistus monspeliensis L. — Drah. vall. Crucifères. Drah. vill. Helianthemum halimifolium Willd. — Nasturtium officinale R. Br. — Drah. Ahmra, Saha, Fern. mar., Drah. vall., Saha mar. — Tuberaria Mill. — Drah. vill., Bir, * Cardamine hirsuta L. — Bab. Saha, Fern. Capsella Bursa-pastoris Mœnch.— Bab, — guttatum Mill. — Drah. vill., Bir, Drah. camp. Saha. Biscutella Apula L. — Drah. vall., Bir,! « guttatum Mill. var. macrosepalum Saha. (H. macrosepalum Dun.).— Drah., #4 S radicata co et Dh Drah. same Drah. vall., Drah. vill., Bir., Sah.a isymbrium officinale Scop. — Drah., nid __ Bir. Saha. Drah. vill., Drah. vall., Saha, Fern. Fumana viscida Spach. Bir, Saha * Lepidium glastifolium Desf. — Drah., …, Drah. vall., Drah. vill., Drah. font. Violarices. Brassica Rapa L. — Bab., Drah. camp. | Viola silvestris Lmk.— Drah. Sinapis geniculata Desf. — Fern. — arvensis L. — Drah. vill., Fern. — alba L. — Drah. vill. Résédacées. Eruca sativa Lmk var. stenocarpa. — Drah. vill., Saha. Reseda alba L. — Fern. Raphanus Raphanistrum L. — Drah. — Luteola L. — Fern. vill., Fern. * — Landra Moretti. -- Drah. camp., Polygalées. Drah. vill. Rapistrum orientale DC. — Ahmra, Polygala vulgaris L. — Bir. Drah. vill., Saha. — Linnæanum Boiss. et Reut.— Ahmra, Drah. vall., Drah. vill., Fern. Caryophyllées. * Dianthus prolifer L. — Fern. Cistinées. Saponaria Vacecaria L. — Drah. vill. Cist lvifoli Silene inflata Sm. — Drah. vall., Bir. istus salvifolius L. —. Drah., Drah. — hispida Desf, — Drah. camp., Saha, vall., Drabh. vill., Bir, Saha, Fern. Fern. diat de notre campement, près et au nord de l'habitation du général; — Drah. mar., bords des sources et des ruisseaux, marécages, ravins aquatiques dans la forêt d’Ain- Draham, au nord d’Aïn-Draham; — Drah. font., sources d'Aïn-Draham dites « Fontaine du 18° », situées au sud d'Aïn-Draham, dont les eaux abondantes, à 14 degrés, donnent naissance à un marécage assez vaste et à un ruisseau qui alimente un abreuvoir con- struit près d'Aïn-Draham sur la route de Fernana ; le nom du centre de population d’Ain-Draham a été emprunté à celui de ces sources, les principales de la forêt ; — Drah. vall., vallée entourée de reliefs montueux boisés, au pied et à l’ouest du relief montagneux sur la pente duquel est construit Aïn-Draham, et dans laquelle se tient le marché; — Drah. vill., Aïn-Draham, chef-lieu du cercle de la Kroumirie, baraque- ments du camp français et constructions d'un centre de population en voie de forma- tion établis sur le versant occidental de la montagne dont le Djebel Bir est la partie culminante ; — Drah. nord, partie de la forêt au nord d’Aïn-Draham ; — fern., Fernana et trajet de Fernana à Fedj El-Saha ; — Ferr., fontaine ferrugineuse ‘sur le versant sud du relief montagneux de Fedj El-Saha, près des baraquements militaires; — Mar. sources, bords des ruisseaux, ravins aquatiques, marécages ou lieux humides ; — Niz., fontaine Nizey, source située sur le versant nord de la forêt de Fedj El-Saha, près de la route de Fernana à Aïn-Draham, dont les eaux ont été captées dans deux bassins et se déversent dans un marécage et dans un ravin ; sous cette désignation sont comprises la source et la partie voisine de la forêt ; — Saha, forêt de Fedj El-Saha (Camp-de-la-Santé) ; — Vall. N., vallée au nord d’Aïn-Draham, s'étendant entre Aïn- Draham et Tabarque. E. COSSON. — EXPLORATION Silene gallica L. — Bir, Saha. — — var. quinquevulnera (S. quin- quevulnera L.). — Drah., Drah. vall., Drah, vill., Bir. * — disticha Willd. — Drah. vall., Saha. — bipartita Desf. — Saha. ** — scabrida Soy.-Willm. et Godr. ex part. — Saha. Lychnis macrocarpa Boiss. — Drah. Drah. vall., Drah. vill. — læta Ait. — Mar. : Drah., Drah. vall., Saba. — Cœæli-rosa Desrouss, — Drah., Drah. vill., Saha, Fern. — — var. aspera. — Drah, vall., Saha, — Githago Lmk. — Saha. * Sagina apetala L. — Drah camp. Mœhringia trinervia Clairv. — Drah., Saha. Spergula arvensis L. — Drah. vall. Stellaria media Vill, — Drah., Drah. vill. — — var. major. — Drah. camp. Spergularia rubra Pers. — Fern. ** Cerastium atlanticum DR. — Drah. près Aïn Ahmra. — glomeratum Thuill. — Drah., Drah. vill., Saha. ** —_ triviale Link. — Drah. vill. (spon- tané ?). Linées. Linum gallicum L.-— Drah., Drah. vall., Bir, Saha, Fern. — Strictum L. — Fern. — Munbyanum Boiss. et Reut. var.? — Drah. vill., Bir, Saha, Fern. — angustifolium Huds. — Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. Radiola linoides Gmel. — Mar. : Drah. nord, Saha. * Malvacées. Malope malachoides L. — Drah. vill., Fern. Malva parviflora L. — Fern. Lavatera trimestris L. — Fern. — Olbia L. var. hispida (L. hispida Desf.).— Drah., Drah. vall,, Drah. vill,, Saha, Fern. Hypéricinées. Androsæmum officinale All. — Mar. : Drah. ** Hypericum australe Ten. (H. repens Desf.). — Drah., Drah. vall., Bir. — crispum L. — Fern. DE LA KROUMIRIE CENTRALE. 345 ** Hypericum afrum Lmk. — Mar, : Drah., Saha. — perforatum L. — Drah. vall., Bir, Fern. — tomentosum L. var. pubescens. — Fern. — dentatum Lois. — Saha. Ampélidées, Vitis vinifera L. — Saha, Fern. Géraniacées. Geranium molle L. — Drah. — columbinum L. — Saha. — bohemicum L. (G.lanuginosum Desf.). — Drah. camp., Drah. font., Saha. ** — Jucidum L. — Bab., Drah. camp. — Robertianum L. — Drah., Drah. vall., * + Fern. Erodium moschatum Willd, — Drah. vall. Rhamnées. Rhamnus Alaternus L. — Drah. nord, Drah. vall. Térébhinthacées. - Pistacia Lentiscus L. — Ahmra. Légumineuses. Anagyris fœtida L. — Ahmra. Genista ulicina Spach. — Saha. — tricuspidata Desf. — Ahmra, Drah. vill., Bir, Saha. + * * __ ferox Poir. — Ahmra, Drah. vall. * __ aspalathoides Lmk. — Saha. * Calycotome villosa Link. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Bir, Fern. Cytisus triflorus L'Hérit. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha. Ononis hispida Desf.— Bab., Drah. font., Saha. ‘ — alba Poir. — Drah. vill., Saha, Fern. Anthyllis Vulneraria L. — Bir, Saha. Medicago Soleirolii Duby. — Drah. vall., Drah. camp., Saba. — orbicularis All. — Ahmra, Bab., Drah. vill. __ denticulata Wild, — Drah., Drah. vall., Fern. — sphærocarpa Bert. — Bab., Drah. vall., Drah. vill, Fern. — ciliaris Willd. — Fern. __ Echinus DC. — Drah., Drah. vill. * * * 316 * * * * * * * Melilotus (échantillon imparfait). — Ahmra. Trifolium angustifolium L. — Drah., Drah. vill., Saha, Fern. — arvense L. — Drah. nord, Bir, Fern. — ligusticum Balb. — Drah. — lappaceum L. — Fern. — Bocconi Savi. — Drah. nord, Drah. vall., Saha, Fern. — striatum L. — Drah. camp., Drah. vall., Saha. — scabrum L. — Drah. vill., Drah. vall. pratense L. — Drah., Drah. vall., Drab. vill., Bir, Saha, Fern. stellatum L. — Saha. suffocatum L. — Drah. vall. glomeratum L.— Drah., Drah. vall., Drab. vill., Bir, Saha, Fern. strictum L. — Drah., Drah. Bir, Saha. repens L. — Mar. : Drah., Saha. nigrescens Viv. — Drah., Drah. vall., Drah. vill. isthmocarpum Brot. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Fern. subterraneum L. — Drah. vall. resupinatum L. — Bab., Drah. vall., Drah. vill., Fern. fragiferum L.— Ahmra, Bab., Drah. vall. tomentosum L. — Drah. vill., vall. — procumbens L.— Drah., Drah. vall., Drah. vill., Bir, Saha, Fern. — micranthum Viv. — Mar. : Drah., Drah. vall. Lotus rectus L. — Mar. : Drah. parviflorus Desf. — Mar. : Saha. hispidus Desf. — Drah. nord, Drah. vall. edulis L. — Saha, Fern. ornithopodioides L. — Saha. — major Scop. — Mar. : Drah. Tetragonolobus biflorus Ser. — Saha. Astragalus pentaglottis L. — Ahmra. vill., Drah. Scorpiurus sulcata L. — Drah. vall., Drah. vill., Drah. font. — subvillosa L. — Saha. Arthrolobium scorpioides DC. — Fern. Hippocrepis unisiliquosa L. — Drah. vil. Hedysarum coronarium L. — Ahmra, Drah. vill. Vicia sativa L. — Drah. vall., Saha. — nigricans M.-Bieb. — Saha. Lathyrus latifolius L. var. ensifolius. — Drah. nord, Drah. vill. +* * * LE) LE) + + ADDITION A LA SÉANCE DU 20 gJuIN 1885. Lathyrus inconspicuus L.— Drah. vill., Saha. — odoratus L.— Drah. vill. (subspont.). Rosacées, Prunus Insititia L.— Drah. nord, Drah. vall. Cerasus avium Mœnch. — Drah., Saha. Rubus fruticosus L. var. discolor. — Drah., Drah. vall., Drah. vill, Saha, Fern. Potentilla reptans L. — Saha, Agrimonia Eupatoria L. — Saha. Poterium Duriæi Spach. — Drah. vill,, Saha. — Magnolii Spach. — Fern. Rosa sempervirens L. — Drah., Fern. Cratægus oxyacantha L.— Drah., Drah. vall., Drah. vill. — -— var. pubescens. — Saha. — Aronia Bosc. — Drah. nord, Fern. Onagrariées. Epilobium tetragonum L.— Mar. : Saha. Isnardia palustris L. — Mar. : Bab. Circæa lutetiana L. — Mar. : Bab, Drah. camp., Saha. Lythrariées. Peplis Portula L. — Drah. nord, Drah. vall. Lythrum flexuosum Lag. — Drah., Drah. vill., Saha, Fern. Tamariscinées. Tamarix gallica L. — Ahmra. Myrtacées. Myrtus communis L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. Paronychiées. Corrigiola littoralis L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. Paronychia echinata Lmk. — Drah. camp., Drah. vall., Bir, Saha, Fern. — argentea Lmk. — Drah. vall., Fern. Crassulacées. Umbilicus horizontalis DC. — Drah., Drah. vall., Bir. Sedum Cepæa L. — Drah., Saha. — cæruleum Vahl, — Drah., Bir, Saha. * * *k + * * * L] * * + L2 * E. COSSON. — EXPLORATION DE LA KROUMIRIE CENTRALE. 317 ** Chærophyllum temulum L. — Bab, Cactées. Drah. camp. | Magydaris tomentosa Koch. — Drah. Opuntia Ficus-indica Haw. — Cult. font. Ahmra. Smyrnium Olusatrum L. — Drah. vall. Ombhellifères, Araliacées, Hedera Helix L. — Drah., Saha, Fern. Sanicula europæa L.— Mar.: Bab., Drah. camp. Eryngium triguetrum Vahl. — Fern. — Bovei Boiss. — Drah., Bir, Saha. — tricuspidatum L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Bir, Fern. — Barrelieri Boiss, — Bab., Drah. vall., entre Saha et Drah. Apium graveolens L. — Ahmra, Fern. Helosciadium nodiflorum Koch. — Mar. : Drah., Saha, Fern. Ptychotis verticillata Duby. — Fern. Ammi majus L. — Ahmra, Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. Carum mauritanicum Boiss. et Reut. — Drah., Drah. vall., Drah. vill, Bir, Saha. Pimpinella lutea Desf. — Saha. Bupleurum Odontites L. — Fern. — protractum Link. — Fern. Œnanthe anomala Coss. et DR.— Mar.: Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. — silaifolia M.-Bieb. — Bab., Drah. vill. Kundmannia sicula DC. — Ahmra, Drah. vill., Fern. Ferula sulcata Desf. — Drah. vill. Ridolfia segetum Moris. — Fern. Krubera leptophylla Hoffm. — Fern. Thapsia villosa L. — Drah. vill., Bir. Daucus muricatus L. — Ahmra. — maximus Desf. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. — setifolius Desf. — Saha. — crinitus Desf. — Drah. vill., Bir. — Jaserpitivides DC. (Laserpitium dau- coides Desf.). — Drah. vill., Drah., Bir, Fern. Margotia gummifera (Laserpitium gum- miferum Desf.). — Saha. Elæoselinum meoides Koch (Laserpi- tium meoides Desf.). — Bir, Saha. Torilis neglecta Rœm. et Schult. — Ahmra, Saha, Fern. — helvetica Gmel. ? — Drah. Drah. vill. — nodosa Gærtn. — Ahmra, Drab. vill., Fern. Anthriscus silvestris Hoffin. — Bab. vall., Rubiacées. Sherardia arvensis L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Bir, Saha. ** Asperula lævigata L. — Bab., Drah. camp., Drah. vall. Rubia peregrina L. — Drah. vill., Saha. *#* Galium palustre L. — Mar. : Drah., Drah. vall., Saha. * — ellipticum Willd, — Drah., Drah. vill., Saha. — tunetanum Lmk. — Drah., Drah. vill., Bir, Saha, Fern. — viscosum Vah](G. glomeratum Desf.). — Drah., Saha, Fern. — saccharatum All. — Drah. vall. — tricorne With. — Drah. vill. Valérianécs. Valerianclla microcarpa Lois. — Saha. — discoidea Lois. — Saha. Fedia cornuta Spach. — Drah. camp., Fern. Dipsacées. * Dipsacus silvestris Mill. — Ahmra. Scabiosa simplex Desf. — Drah. nord, Saha, Fern. — maritima L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. Composées. Nardosmia fragrans Rchb. (Cacalia al- liariæfolia Poir.!). — Mar. : Bab., Drah. camp. Bellis annua L. — Bab., Drah. camp... Drah. vall. *# __ — var. radicans. — Mar. : Drah., Saha. Caprifoliacées. Viburnum Tinus L. — Drah. nord, Lonicera implexa Ait. — Drah. camp. Drah. vill., Bir. 318 * *+* + ** + + * * ++ * Bellis silvestris Cyrill. — Bir, Saha. Evax pygmæa Pers. — Fern. — — var. asterisciflora (E. asterisci- flora Pers.). — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Bir., Saha. Inula graveolens Desf. — Ahmra. — viscosa Ait. — Ahmra. Palicaria odora Rchb. — Drah., Drah. vill., Bir, Fern. Pallenis spinosa Cass. — Ahmra. Anthemis pedunculata Desf. — Drah. vili. Anacyclus clavatus Pers. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Fern. Ormenis mixta DC. — Drah., Drah. vall., Saha, Fern. Achillea ligustica AI. — Ahmra, Drah. nord, Drah. vall., Bir, Drah. font., Saha. Pyrethrum Myconis Mœnch. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha. Chrysanthemum segetum L. — Bab., Fern. Lonas inodora Géærtn. — Drah. camp., Saha, Fern. Plagius grandiflorus L'Hérit. — Drah. vill., Fern. — virgatus DC. — Drah., Drah. vill., Saha. Filago germanica L. — Drah. camp, Saha. — spathulata Presl. — Fern. Logfia gallica Coss. et G. de St-P. — Drah., Drah. vill., Bir, Saha, Fern. Senecio delphinifolius Vahl. — Ahmra, entre Drah. et Saha, Fern. Calendula stellata Cav. (C. parviflora Rafin.). —- Saha. Echinops spinosus L. — Ahmra, Drah. vill. Carlina lanata L. — Fern. — corymbosa L. ? — Bir. — racemosa L. — Drah. nord, Fern. — gummifera Less. — Drah. vall., Drah. vill., Bir, Saha. Microlonchus Duriæi Spach. — Fern. Centaurea tagana Brot. — Drah., Drah. vill., Fern., Saha. — pullata L. — Fern. — kroumirensis Coss. sp. nov. — Drah. nord, Drah. vill., Saha. — Schouwii DC. — Ahmra, Drah. vill., Saha, Fern. — Calcitrapa L. — Vall. N., Drah. vall. — napifolia L. — Drah., Drah. vill, Saha, Fern. % + * * * ADDITION À LA SÉANCE DU 20 gJuiN 1885. Kentrophyllum lanatum DC. — Drah. vall., Drah. vill., Fern. Carduncellus multifidus Coss. et DR. (Carthamus multifidus Desf.). — Drah. vill., Bir, Saha, Fern. — cæruleus DC. — Fern. Silyÿbum Marianum Gærtn.— Bab., Drah. vall., Drah. vill., Fern. Galactites mutabilis DR. — Drah., Drah. vill., Saha. — tomentosa Mæœnch. — Drah. vall, Drah. vill. Cynara Cardunculus L. — Ahmra, Fern. Carduus macrocephalus Desf. — Drah. vill. — pycnocephalus L. — Ahmra, Drah. vall., Drah. vill., Fern. -— pteracanthus DR. — Fern. Cirsium giganteum Spr.-— Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. Notobasis syriaca Cass, — Ahmra. Rhaponticum acaule DC. — Bir. Serratula mucronata Desf. — Drah. vill., Bir, Saha, Fern. Scolymus grandiflorus Desf. — Ahmra, Bab., Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. Lampsana macrocarpa Coss. — Bab., Drah. font. — virgata Desf. Saha. Hyoseris radiata L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Bir, Saha. Cichorium Intybus L. var. divaricatum. — Ahmra, Drah. vall., Drah. vill., Fern. Tolpis umbellata Bert. — Saha. — altissima Pers. — Drah. camp., Drah. vall., Bir, Saha, Fern. Bypochæris radicata L. var. neapolitana (H.neapolitana DC.).— Drah. nord, Drah. vall., Bir, Saha, Fern. Seriola ætnensis L. — Drah. camp., Drah. vall., Drah. vill., Saha. Urospermum Dalechampii Desf. — Bir, Saha. Scorzonera undulata Vahl. camp., Bir, Saha. Helminthia echioides Gærtn. — Ahmra, Drah. vill., Saha, Fern. — Drah. vil, Bir, — Drah. — aculeata DC. — Fern. — Duriæi Sch. Bip. — Drah. vill., Bir, Saha. Picridium vulgare Desf. — Drah. vall., Drah. vill., Bir, Saha. Sonchus oleraceus L. — Bab., vall., Drah. vill. Drah. * + * La * ** LE ** Microcala filiformis Hoffms. et Link. — E. COSSON. —— EXPLORATION DE LA KROUMIRIE CENTRALE. Sonchus asper Vill. — Drah. vill. Andryala integrifolia L. — Drah., Drah. vill., Bir, Saha. — — var. tenuifolia L. (A. tenuifolia DC.). — Drah. vall., Fern. Lobéliacées. Laurentia Michelii A. DC. — Mar. : Drah., Saha. Campanulacées. Campanula dichotoma L.— Bab., Drah. camp., Saha, Fern. — alata Desf. — Mar. : vill. — Rapunculus L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha. Specularia falcata A. DC. — Drah. font., Saha. Drah., Drah. Éricacées. Arbutus Unedo L. — Drah., Saha, Fern. Erica arborca L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Bir, Saha, Fern. — scoparia L. — Drah. nord, Saha. Primulacées. Cyclamen africanum Boiss. et Reut. — Saha. Anagallis arvensis L. — Drah., Drah. vill,, Saha, Fern. — — var. platyphylla. — Drah. vill. — Jinifolia L. — Drah. vill. — crassifolia Thore. — Maï. Drah. nord, Drah. font. : Bab. Hicinées. Ilex Aquifolium L. — Drah. Oléacées. Fraxinus australis J. Gay. — Fern. Phillyrea latifolia L. — Saha. — media L. — Vall. N., Saha. Apocynées. Nerium Oleander L. — Ahmra, Drah,., Fern. Gentianées. Mar.: Saha. L) * * ** ** Scrofularia tenuipes Coss. * * + 319 Erythræa ramosissima Pers. — Ahiira, Drah. vill., Fern. — Centaurium Pers. var. suffrulicosa. — Drah. vall., Drah. vill., Bir, Saha, Fern. — Marilima Pers. — Drah. camp. Chlora grandiflora Viv. — Drah., Drah. vill., Saha. Convolvulacées. Convolvulus arvensis L, — Drah. vill. — siculus L. — Fern. Calystegia sepium R. Br. — Drah., Drah. vall., Saha. Cuscutacées, Cuscuta planiflora Ten. — Drah. vill., Bir. Borraginées. Heliotropium supinum L. — Fern. — europæum L. — Fern. Cerinthe aspera Roth. — Drah. nord, Saha. Echium plantagineum L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Fern. — italicum L.— Fern. Borrago officinalis L. — Fern, Anchusa italica Retz. — Ahmra. Myosotis hispida Schlecht. — Saha. Cynoglossum pictum Ait. — Ahmra. Solanées. Solanum nigrum L. — Fern. Scrofularinées. Verbascum Blattaria L. — Ahmra. — sinuatum L. — Fern. et DR. — Mar. : Bab., Drah. camp. — auriculata L. — Mar. : Drah. camp. Linaria spuria Willd. — Fern. — Elatine Mill. — Drah. vall. — græca Chav. — Ahmra, Drah. vall., Drah. vill. — aparinoides Chav. — Drah., Drah. vill., Bir, entre Drah. et Saha. — reflexa Desf. — Drah. vill. Anarrhinum pedatum Desf. — Saha, Fern. Antirrhinum Orontium L. var. grandi- forum. — Drah. camp., Fern. 320 Veronica Anagallis L. — Ahmra, Fern. **k __ montana L. — Mar. : Drah. camp. #** __ arvensis L. — Bab., Drah. camp., Saha. Eufragia viscosa Bth. — Mar. : Drah, Drah. vall., Fern. Trixago apula Stev. — Drah., Drah. vall., Bir, Saha, Fern. * Odontites (non fleuri). — Drah. camp., Bir, Saha. Orobanchacées. ** Orobanche Rapum Thuill. ? — Saha. * * * * * Li L] + — condensata Moris. — Bir. Acanthacées. Acanthus mollis L. — Ahmra, Drah. camp. Verhénacées. Verbena officinalis L. — Ahmra, Fern. Labhiées. Lavandula Stœæchas L. — Drah. vill. Saha, Fern. Mentha rotundifolir L. — Mar. : Ahmra, Bab., Drah. vall., Saha, Fern. — Pulegium L. — Drah., Drah. vill., Saha, Fern. Origanum hirtum Link. — Drah. vill., Fern. Micromeria græca Bth. — Vallée au N. d’Aïîn-Draham. Clinopodium vulgare L. var. plumosum. — Drah., Drah. viil., Saha. Melissa officinalis L. — Entre Senguet- Hallouf et Aïn Ahmra. Salvia Verbenaca L. — Fern. Nepeta acerosa Webb. — Drah. font., Saha. Brunella vulgaris L. — Drah. camp, Saha, Fern. — — var. alba. — Drah. vill., Bir, Saha, Fern. Stachys arvensis L. — Saha. — hirta L.— Drah. camp., Saha, Fern. Lamium flexuosum Ten.— Bab., Drah. camp. Phlomis biloba Desf. — Fern. Teucrium Scorodonia L. — Dräh., Drah. vill., Saha. — resupinatum Desf. — Entre Saha et Fern. Li ADDITION À LA SÉANCE DU 20 gJuIN 1885. Globulariéces. Globularia Alypum L. — Saha. Plantaginées. Plantago Lagopus L. — Fern. — lanceolata L. — Bab., Drah. camp, Drah. vall., Drah. vill. — serraria L. — Drah. camp., Drah. vall., Drah. vill., Bir, Saha, Fern. — Coronopus L. — Vallée au N. d’Aïn- Draham, Drah. vall. — Psyllium L. — Drah. vill. L Salsolacées. Chenopodium Vulvaria L. — Drah. vill., Fern. — album L. — Drah. vill., Fern. — murale L. — Fern. Polygonées. Rumex conglomeratus Murr. — Mar. : Drah., Saha, Fern. — pulcher L. — Drah. camp., Drah. vall., Drah. vill., Saha. — tuberosus L. — Drah. font. Bir. — Bucephalophorus L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Bir, Saha, Fern. Polygonum Convolvulus L. — Drah. vill. — Bellardi AI. ? — Fern. Laurinées. Laurus nobilis L. — Senguet-Hallouf, Drah. Thyméléacées. Daphne Gnidium L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha. Thymelæa Passerina Coss. et G. de St-P. — Saha, Fern, Euphorbiacées. Euphorbia exigua L. — Fern. — leplus L. — Bab., Saha. Mercurialis annua L. — Ahmra. Crozophora tinctoria A. de Juss. — Fern. Caïllitrichinées. Callitriche.... — Mar. : camp. Bab., Drah. E. COSSON. — EXPLORATION DE LA KROUMIRIE CENTRALE. 321 Urticées. ** Urtica dioica L. — Ahmra, Bab. Theligonum Cynocrambe L. — Ahmra, Drah., Saha. Ficus Carica L. — Cult. Ahmra. Uimacées. Ulmus campestris L. — Vallée au N. d’Ain-Draham. Cupulifères. * Quercus Mirbeckii DR. — Drah., Saha. — Ilex L.? (buissons rabougris). — Drah. vill. — Suber L. — Drah., Saha, Fern. Salicinées. *# Salix purpurea L. — Fern. — pedicellata Desf. — Mar. : Drah., Saha. Populus alba L. — Vallée au N. d’Aïin- Draham. * — nigra L. — Vallée au N. d’Ain-Dra- ham, Fern. Bétulinées. ** Alnus glutinosa Gærtn. — Mar. : Drah., Saha. Alismacées. Alisma Plantago L,. — Mar. : Ahmra, Drah., Saha. Liliacées. Scilla peruviana L. — Drah., Drah. vill, Saha. : Urginea Scilla Steinh. (Scilla maritima L.). — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. Oruithogalum arabicum L. — Bir, Drah. camp., Saha. — umbellatum L. — Drah. | * Allium nigrum L. — Vallée au N. d'Ain- Draham. * _— triquetrum L. — Saha. — roseum L. — Drah. vill, Saha. — Ampeloprasum L. — Drah. vil. — pallens L. — Drah., Drah. vill., Bir, Saha, Fern. : Asphodelus microcarpus Viv. — Dran., Drah. vall., Fern. T. XXXIL. ** Asphodelus cerasiferus J. Gay? — Drah., Saha. * Simethis bicolor Kth. — Drah., Bir, Saha. Asparaginées. Asparagus aculifolius L. — Saha. Ruscus Hypophyllum L. — Drah., Saha. Smilacinées, Smilax aspera L. var. mauritanica, - - Drah., Drah. vall., Saha. Diescorées. Tamus communis L. — Drah., Saha, Fern. Iridées. Trichonema Bulbocodium Ker. — Bir. ©rchidées. L 2 Serapias Lingua L.?-—- Mar. : Saha. Aceras intacta Rchb. f. — Drah. camp., Saha. Orchis patens Desf. — Bir. Limodorum abortivum L. — Saha. * + * + Potamées. ** Potamogeton polygonifolius Pourr. — Mar. : Drah., source dans la par- tie N. E. de k forêt. Aroïdées. Arisarum vulgare Targ. — Saha. * Arum italicum Mill, — Drah., Drah. vall., Fern. Typhacées. Typha.... — Ahmra. Joncées. + Luzula Forsteri DC. — Drah., Bir, Saha. Juncus glaucus Ehrh. — Mar. : Ahmra, Saha. — cffusus L. — Drah., Drah. vall., Saha. **# __ — var. conglomeratus (J. conglome- * * * ratus L.). — Mar. : Saha. — marilimus Lmk. — Fern. — mulliflorus Desf. — Almra, Drah. partie N. de la forêt, (SÉANCES) 21 322 ** Juncus supinus Mœnch. — Mar. : Drah. partie N. de la forèt, Drah. font., Saha. — silvaticus Reich. var. anceps (J. an- ceps Laharpe). — Mar. : Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha. — Fontanesii J. Gay. — Fern. * — capitatus Weig. — Drah. vall. — Tenageia Ehrh. — Mar.: Drah. partic N. de la forêt. — bufonius L. — Mar. : Bab., Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. — foliosus Desf. — Mar. : Drah., Drah. vall., Saha. Cypéracces. muricata L. var. divulsa. — Abhmra, Drah., Drah. vall., Saha. — remota L. — Mar. : Drah., Saha. — olbiensis Jord. — Fontaine Nizey. * — maxima Scop. — Mar. : Drah. — glauca Scop. var. serrulata (C. ser- rulata Biv.). — Bab., Bir, Saha. + Carex * —_ distans L. — Fern. — punctata Gaud. — Mar. : Drah,, Saha. Scirpus Savii Seb. ct Maur. — Mar. : Drah., Saha, Fern. — Holoschœænus L. — Drah. vall., Fern. — pubescens Lmk.— Saha: marécage de la fontaine ferrugineuse. Heleocharis palustris R. Br. — Mar. : Saha. ’ — multicaulis Dietr. — Mar. : Drah. font. Schœnus nigricans L. — Drah. vill., Saha. Cyperus longus L. var. badius (C. badius Desf.). — Ahmra, Bab., Drah. vall., Saha, Fern. Graminées. * Anthoxanthum odoratum L. Drah. vill., Bir, Saha. Phalaris brachystachys Link. — Drah. -— Drah., vill. — paradoxa L. — Drah. vill., Saha. — truncata Guss. — Fern. * — cærulescens Desf. — Ahmra, Drah. vill. Andropogon hirtus L. — Vallée au N. d’Aïn-Draham, l'ern. Lagurus ovatus L. — Ahmra. * Agroslis alba L. var. coarclata. — Drah. vill. * * * * Li * * * ADDITION A LA SÉANCE DU 20 juiN 1885. Agrostis alba L. var. Fontanesii. — Drah. vill., Saha. — verticillata Vill. — Mar. : Drah., Saha, Fern. — pallida DC. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Fern. — canina L.? — Mar.: Drah., Drah. vall., Saha. Apera interrupta P.-B. — Saha. Gastridium lendigerum Gaud. — Drah. vill., Saba. — muticum Guenth. — Drah., Drah. vall., Fern. Polypogon monspeliensis Desf. — Vallée au N. d’Aïn-Draham, Fern. Cynodon Dactylon Rich. — Bab., Drah. vall., Drah. vill., Saha. Aira caryophyllea L.— Drah.,Drah. vall., Drah. vill., Bir, Fern. — Capillaris Host — Drah., Drah. vill., Bir, Saha. Holcus lanatus L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. Danthonia decumbens DC. — Drah. vill., Drah. font.; Saha, marécage de la fontaine ferrugineuse. Gaudinia fragilis P.-B. — Drah., Drah. vill., Saha, Fern. | Avena sterilis L. — Drah., Saha, Fern. — barbata Brot. — Drah. vall., Drah. vill., Saha. Trisetum flavescens P.-B. — Saha, Fern. — paniceum Pers. — Fern. — parviflorum Pers. — Saha. Kæleria pubescens P.-B. — Fern. Phragmites communis Trin. — Drah. font. Ampelodesmos tenax Link. — Drah. vill., Bir, Saha. Cynosurus cristatus L. var. polybractea- tus. — Drah., Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. — elegans Desf. — Drah., Saha. — echinatus L. — Drah., Drah. vill., Saha. Melica minuta L. var. latifolia. — Drah. vill., Saha. Glyceria fluitans R. Br. var. plicata. — Mar. : Drah., Saha, Fern. Briza maxima L. — Drah., Drah. vall., Drah. vill , Bir, Saha, Fe:n. — minor L. — Mar. : Drah., Drah. vall., Saha, Fern. Poa annua L. — Drah., Drah. vill. — triviahs L. — Mar. : Drah., Saha. Dactylis glomerata L. -— Drah. vill., Bir, Saha, Fern, | +* LA LA * rigoureuse, malgré l'état imparfait d E. COSSON. — EXPLORATION Bromus sterilis L. ? — Drah., Saha. — madritensis L. — Drah. vall., Drah. vill., Saha, Fern. — rigidus Roth. — Saha. — tectorum L.? — Drah. vall., Drah. camp. — Mmollis L. — -Drah., Drah. vall, Drah. vill., Saha, Fern. — racemosus L. var. commutatus. — Drah., Drah. vill., Fern. ‘ Festuca drymeia Mert. et Koch var. grandis. — Drah. font. — Cærulescens Desf. — Drah. camp., Drah. vill. — arundinacea Schreb. -- Drah. vill. — sicula Pres. — Drah. vall., Bir, Saha. — Myuros L. var. sciuroides. — Drah. vill., Saha. — geniculata Willd. — Drah. vill. Brachypodium silvaticum Rœm. et Schult. — Drah., Saha. — pinnatum P.-B. — Drah. vill., Fern. — distachyum Rœm. et Schult. — Drah. vill., Saha. Lolium perenne L. — Drah. camp., Drah. vall., Drah. vill. Hordeum murinum L. — Drah. camp., Bir. — bulbosum L. — Fern. Ægilops ovata L. var. triaristala. — Ahmra, Drah. vill., Fern. Lepturus filiformis Trin. — Fern. Monerma cylindrica Coss. et DR. — Drah. vall., Drah. vill., Saha. Fougères. Polypodium vulgare L. — Drah., Saha. Gymnogramme leptophylla Desv.— Drah. Adiantum Capillus-Veneris L.— Ahmra. Pteris aquilina L. — Drah., Drab. vall., Drah. vill., Bir, Saha, Fern. Asplenium Trichomanes L. — Saha. — Adiantum-nigrum L.— Drah. font. — — var. Virgilii. — Bab., Drah. vall., Saha. DE LA KROUMIRIE CENTRALE. 323 ** Athyriun Filix-fæmina Roth. — Mar.: Drah., Saha. * Aspidium aculeatum Sw. var. angulare. — Drah. * Osmunda regalis L. — Mar. Saha. : Drah., Équisétacées. ** Equisetum Telmateia Ehrh. — Ahmra, Drah. camp. Lycopodiacées. Selaginella denticulata Link. — Drah., Saha. Isoétacées. * Isoetes Hystrix DR. — Bords d'un ma- récage dans la partie N. de la forêt d’Ain-Draham. Mousses (1). Fissidens serrulatus Brid. var. africanus Besch. — Drah. camp., das les ruisseaux, Niz. (stérile). Funaria hygrometrica L. — Bab. Webera Tozeri Grev. — Bab. Bryum Donianum Grev.— Saha (stérile). Philonotis calcarea Br. et Schimp. — Drah. mar. (stérile). Mnium punctatum Hedw. — Drah. bords des ruisseaux (stérile). — cuspidatum Hedw.-— Drah. mar. (sté- rile). — hornum L. — Drah. mar. (stérile). Leucodon sciuroides L. — Niz. Pterogonium gracile Sw. — Vallée entre Aïn-Draham et Tabarque. Homalothecium sericeum Sch. — Saha (stérile). Eurynchium Stokesii Sch.— Drah. (sté- rile). Hypaum cuspidatum L.— Drah. (stérile). Sphagnum subsecundum Nees. — Drah. mar. (1) Les Mousses que nous avons recueillies en Tunisie ont été déterminées par M. Bescherelle, qui a eu l'obligeance de vouloir bien les étudier avec une précision ans lequel se trouvaient souvent nos échantillons 324 ADDITION A LA SÉANCE DU 20 JUIN 1885, Cette liste, malgré ses lacunes (1), suffit pour donner une idée exacte des éléments qui constituent la flore du massif central de la Kroumirie, et pour démontrer l'extrême analogie de cette flore avec celle du Djebel Edough près Bone, qui offre la même altitude (1004 mètres [Ét.-maj.], l'altitude du Djebel Bir, point culminant de la Kroumirie centrale, est de 1020 mètres [Ët. maj.]) et sur lequel se produisent également des con- densations pluviales provenant des évaporations de la Méditerranée. La persistance de la neige, souvent pendant plusieurs semaines dans les mois d'hiver, la fréquence des brumes et des pluies, déterminent dans la Kroumirie la formation de sources, même à des altitudes déjà assez fortes, et, comme je crois devoir le répéter, y amènent l'association d’un certain nombre d'espèces propres, en Algérie, à la Région montagneuse infé- rieure et moyenne, avec de nombreuses espèces européennes et plusieurs plantes essentiellement palustres qui, en Algérie, sont confinées dans les plaines humides et les marais entre la Calle et Bone. En Kroumirie, comme dans les parties les plus fraîches des massifs montueux ou mon- tagneux peu élevés de l'Algérie, telles que le Djebel Edough etles Gorges de la Chiffa, l'humidité, compensant l'altitude, permet la présence de plantes qui, dans les montagnes plus hautes mais plus sèches, ne trouvent leurs conditions d'existence que sur les sommets où les vapeurs atmo- sphériques tendent à se condenser. (1) M. le D' Robert, médecin militaire attaché à l'hôpital d’Ain-Draham, en 1884 ct en 1885, a exploré avec soin le pays, et ses herborisalions, faites en toutes saisons, lui ont fourni un certain nombre d'espèces que nous n'avions pas rencontrées. Les découvertes faites en Kroumirie par ce zélé botaniste, qui nous a libéralement com- muniqué toutes ses récoltes, seront l’ohjet d’un supplément à notre catalogue, dans lequel manquent surtout les plantes du printemps et de l’automne. SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. 325 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE. M. le Président déclare ouverte la session ordinaire de 1885-86 et fait observer que, suivant l’article 3 du Règlement, le procès- verbal de la dernière séance de juillet a été soumis à l'approbation du Conseil (1). M. le Président, après avoir fait part à la Société du décès récent d’un de ses membres, M. Courcière, ancien inspecteur d'académie à Lyon, annonce la perte considérable que la science a faite en la personne de M. Edmond Boissier, et s'exprime en ces termes : M. Boissier (Pierre-Edmond) faisait partie de la Société botanique de France depuis le 10 novembre 1854; c'était donc un des plus anciens membres de notre Compagnie. I est mort le 25 septembre dernier, dans sa propriété de Valleyres (canton de Vaud), à l’âge de soixante-quinze ans, des suites d’une maladie d'estomac dont il avait contracté le germe dans le cours de ses nombreux et pénibles voyages. Nous ne saurions mieux faire, pour apprécier la carrière scientifique de notre éminent confrère, que d'emprunter les détails suivants, soit à la notice rédigée avec tant de compétence par M. Duchartre (2), soit à celle que M. Alphonse de Candolle à consacrée à la mémoire de son compatriote et aini, dans les Archives des sciences physiques et natu- relles de Genève (3). M. Boissier était né le 25 mai 1810, et appartenait à une famille venue de France lors de la révocation de l’édit de Nantes. Dès 1837 il entrepre- nait une série de voyages botaniques, qui ont valu à la science plusieurs ouvrages d’une haute importance. Son premier voyage en Espagne (1837) amena la connaissance d’un grand nombre d'espèces de plantes nouvelles, notamment celle d’une magnifique Conifère de la sierra Nevada, le Pinsapo (Pinus Pinsapo Boiss.). Les résultats de ces voyages ont été consignés dans les deux ouvrages suivants : 1° Elenchus plantarum novarum mi- nusque cognitarum quas in ilinere hispanico legit Boissier ; 2 Voyage botanique dans le midi de l'Espagne pendant l'année 1831. (1) Dans la séance tenue par le Conseil le 31 juillet. ue (2) Comptes rendus de l'Académie des sciences, . CL, n° 15. (3) Numéro du 15 octobre 1885. 326 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. Nous connaissons tous, Messieurs, la valeur de ce dernier ouvrage, qui forme un livre capital et que les botanistes auront toujours à consulter. M. Boissier explora ensuite, en 1842 et 1846, la Grèce, l’Anatolie, la Syrie et l'Espagne, accompagné de la jeune femme qu’il eut le malheur de perdre dans un autre voyage qu’il fit en Espagne, en 1849, avec Reuter, conservateur de son herbier et son ami dévoué. Les découvertes que M. Boissier fit dans le Levant ont fourni les élé- ments d’un ouvrage spécial, publié de 1842 à 1859, en 2 séries formant 3 volumes, savoir : {"° série: Diagnoses plantarum orientalium nova- rum; — 2° série : Diagnoses plantarum novarum præsertim orienta- lium. Indépendamment de ces travaux sur la Flore d'Orient, M. Boissier à rédigé la monographie de la famille des Plombaginées et celle du groupe des Euphorbiées qui a paru dans le Prodromus de M. De Candolle. Il conçut en même temps le projet de rédiger le résumé complet de la flore d'Orient. Le Flora: Orientalis, qu’il a achevé en 1884, el qui comprend cinq volumes, est le résultat de quarante années de voyages pénibles, de correspondances très actives, de dépenses et surtout d’études minutieuses sur les échantilions d’herbiers. Il embrasse le vaste ensemble de la flore du Levant, c’est-à-dire le sud-est de l’Europe, le nord-est de l’Afrique, et une grande partie de l'Asie. M. Boissier avait en outre eu l’intention de donner à cet ouvrage un Supplément, qui reste inachevé par suite de sa mort. Espérons que son gendre, M. William Barbey, notre confrère également, pourra tirer parti des matériaux amassés par son beau-père. Telle est l’œuvre de notre regretté confrère. Ce rapide aperçu suffira pour faire apprécier l’importance des services que Boissier a rendus à la botanique et pour justifier cette phrase de M. De Candolle : « Boissier » a été l'exemple rare d’un botaniste toujours actif comme voyageur, et » laborieux dans les études sédentaires. » Notre Société perd en lui un de ses membres les plus distingués et les plus anciens, et elle s’associera, je n’en doute pas, aux condoléances que j'ai adressées en son nom à la famille de notre honoré confrère, lorsque j'ai été informé de la perte cruelle qu’elle venait de faire. LISTE DES PUBLICATIONS D’EDMOND BOISSIER. Notice sur l’Abies Pinsapo. In-8°, 12 pages (Bibl. univ. de Genève, février 1838). Elenchus plantarum novarum minusque cognitarum quas in ilinere hispanico legit E. Boissier. In-8°, 94 pages. Genevæ, 1838. Voyage botanique dans le midi de l'Espagne pendant l'année 1837 : Vol. I, Narra- tion, géographie botanique et planches.— Vol. II, Énumération des plantes spontanées observées jusqu'à ce jour dans le royaume de Grenade. In-4°, Paris, 1839-45. BESCHERELLE. — EDMOND BOISSIER. 327 Descriplion de deux nouvelles espèces de Crucifères des Alpes du Piémont (Mém. Soc. phys. et d'hist. nat. de Genève, 1848, vol, XI, p. 451). Plantæ Aucherianæ orientales (Ann. sc. nat., série 2, vol. XVI, p. 347, et XVII, 45, 150, 381). Novorum generum Cruciferarum diagnosis, ete. (Ibid. XVI, p. 378). Plantes nouvelles recueillies par M. P. de Tchihatcheff en Asie Mineure (ibid. série 4, vol. IT, p. 243). Plumbaginaceæ, in De Candolle, Prodromus, vol. XII, pp. 617-696, in-8°, 1848. Diagnoses plantarum orientalium. In-8°. — Série 1, fase. 1-13, formant 2 volumes. Lipsiæ, 1842-54. — Série 2, fase. 1-6 (vol. 3), sous le titre: Diagnoses plantarum orien- talium novarum, additis nonnullis europæis et boreali-africanis. Lipsiæ et Parisiie, 1854-59. Centuria Euphorbiarum. In-8°, 40 pages. Lipsiæ et Parisiis, 1860. Euphorbieæ, in De Candolle, Prodromus, vol. XV, sect. 1, 188 pages, in-8°, 1862. Icones Euphorbiarum. Un vol. in-fol. 120 pl. Paris, 1866. Boissier et Buhse, Aufzæhlung der auf einer Reise durch Transcaucasien und Per- sien gesammelten Pflanzen. Un vol. in-4°, avec 11 planches ou cartes, Moscou, 1860. Note sur quelques nouveaux faits de géographie botanique (Archiv. des sc. phys. et nat. de Genève, 1866, vol. XXV, p. 265), article traduit en anglais dans Annals and Mag. of nat. Hist. XVII, p. 464. Flora Orientalis, 5 vol. in-8°. Genevæ et Basileæ, 1857-84. Plantarum orientalium novarum decas 1°, in-8. Genevæ, 1875. Boissier et Reuter, Diagnoses plantarum novarum hispanicarum præsertim in Cas- tella nova collectarum. In-8°, 74 pages. Genevæ, 1842. Boissier et Reuter, Pugillus plantarum novarum hispanicarum. In-8°, 134 pages. Genevæ, 1852. Boissier et Balansa, Description du genre Thurya (Ann. sc. nat. série 4, vol. VIT, p. 302). M. le Président annonce sept nouvelles présentations et proclame membre de la Société : M. MorpaGne (Jehan), pharmacien à Castelnaudarv (Aude), pré- senté par MM. A. Chatin et Grés. Conformément à un avis transmis par M. le Trésorier, MM. Ménier, de Nantes, et Guermonprez, de Lille, sont proclamés membres à vie. M. le Président informe l'assemblée que M. le Ministre de l'agri- culture a bien voulu accorder à la Société, comme les années pré- cédentes, une subvention de 1000 francs. M. le Président a écrit à M. le Ministre pour le remercier de cette libéralité. Dons faits à la Sociélé : M. Gandoger, Flora Europe, t. VI. | Gomont, Deux Algues nouvelles des environs de Paris. 328 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. E. Guinier, Forme des tiges des arbres dicotylédones et conifères. A. Lavallée, Arboretum Segrezianum, livr. VI. J. Lephay, Météorologie de la mission scientifique du cap Horn. Leclerc du Sablon, Recherches sur la dissémination des spores chez les Cryptogames vasculaires. L. Mangin, Cours élémentaire de botanique. Pailleux et Bois, le Potager d'un curieux. Émile Laurent, Sur la prétendue origine bactérienne de la diastase. — La turgescence chez le Phycomyces. De Vos, Flore complète de la Belgique. Ed. Morren, À la mémoire de Pierre Belon. — Description de l'Institut botanique de l’université de Liége. Aug. Favrat, Catalogue des Ronces du S. O. de la Suisse. W. Johannsen, Ueber den Eïinfluss hoher Sauerstoffspannung auf die Kohlensaureausscheidung einiger Keimpflanzen. J. Camus, Anomale et varieta nella flora del Modenese. -— ed. O. Penzig, Illustrazione del Ducale herbario estense. Th. Caruel, F. Parlatore, Flora italiana continuata, vol. VI, part. 2. Fries, Icones selectæ Hymenomycetum nondum delineatorum, vol. IT, fase. 7 à 10 (fin). Bulletin de l’Académie d'Hippone, 13 numéros. Report of the Commissions of Agriculture for the year 1884 (Washington). Boletim da Sociedude de geographia de Lisboa, 5° sér., n°* 1 et 2. Verhandlungen d. botan. Vereins d. Prov. Brandenburg, 1883-81. . De la part du Ministère de l’Instruction publique : Mission scientifique du Mexique. — Recherches historiques et archéo- logiques, 1"° partie, livr. I. | Mémoires de la Sociétédes lettres, des sciences, etc., de Saint-Dizier, t. IT (contenant la Flore de la Haute-Marne, par MM. Aubriot et Daguin). … Bulletin des Bibliothèques et des Archives, année 1885, n° 5. De la part du Ministère de la Marine : Flore forestière de la Cochinchine, par M. Pierre, 7° fascicule. De la part du Ministère du Commerce : Rapport du D' W. Burck sur son exploration dans le Padangshe Bovenlanden, à la recherche des espèces d'arbres qui produisent la gutta-percha. G CAMUS. — ORCHIDÉES DES ENVIRONS DE PARIS. 329 De la part de M. Genty : Le Naturaliste, numéro du 4‘ octobre 1885 (contenant un article intitulé : sur les Arenaria gothica et ciliata, par M. Genty). M. G. Camus présente à la Société un ouvrage intitulé : {cono- graphie des Orchidées des environs de Paris, et donne à ce sujet les détails suivants : À lune des herborisations de M. Chatin,'un de nos collègues, rappe- lant les difficultés éprouvées par les bolanistes qui abordent l'étude de la famille des Orchidées avec des échantillons d’herbier, exprimait le regret de ne pouvoir consulter, pour les Orchidées de notre contrée, un ouvrage analogue à celui que M. Barla a fait pour la flore de Nice. Ayant habité les environs de l’Isle-Adam, j'avais depuis longtemps fixé mes recherches sur les Orchidées, qui y sont richement représentées en espèces, variétés, formes et hybrides. J'avais réuni dans cette localité des documents inédits offrant quelque intérêt, et je résolus de créer l’Iconographie des Orchidées des environs de Paris. Dès ce jour, je me suis mis à l'œuvre, recherchant aux localités classiques les espèces dont je voulais faire l'analyse. J’ai dessiné et peint toutes ces plantes, d'après nature, immédiatement après chaque récolte; malheureusement, après avoir réuni tous les éléments nécessaires, j'ai dû reculer devant les pré- tentions exagérées des éditeurs. Il me coûtait cependant d'abandonner ce travail, fruit d’un long labeur, d'autant plus qu'ayant été favorisé dans mes recherches, j'y représentais des plantes inédites. Désirant que ces résultats ne fussent pas entière- ment perdus et que l'expérience acquise dans mes observations püt profiter à d'autres, j'ai entrepris l’œuvre laborieuse de former douze exemplaires de l’Iconographie en dessinant et peignant douze fois les quarante planches (de grandeur naturelle) qui la composent. Je ne re- gretterai ni mon temps ni mon travail, si j'atteins mon but, qui est de faciliter la connaissance exacte des espèces, variétés, formes et hybrides des Orchidées de notre flore. Afin de permettre aux bolanisles de consulter cette monographie, mal- gré son petit nombre d'exemplaires, j'ai fait hommage de l'un d’eux à l'École supérieure de pharmacie de Paris, et j'en offre un second à Ja Société botanique de France. J'ai l'honneur de placer sous les yeux de la Société deux exemplaires pour faire constater que les planches correspondant à la même espèce sont rigoureusement semblables dans l'un et dans l'autre. Le grand nombre des localités indiquées dans le texte descriptif qui accompagne l’atlas est une preuve de l’importance que j'ai attachée à bien faire connaître la géographie botanique de cette intéressante famille. 330 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. Voici les espèces représentées : 1. Aceras anthropophora R. Br. (deux Ophrys aranifera var. subfucifera Rich. formes). — — var. atrata Huds. 2, — X anthropophoro-militaris Weddell. — — var. pseudo-Speculum (Coss, 3. Loroglossum hircinum Rich. et G. S. P.). 4. Anacamptis pyramidalis Rich. 20. — arachnites Hoffm. (deux formes). 5. Orchis ustulata L. 21. — apifera Huds. 6. — purpurea Huds. (dix formes). 29, Herminium monorchis R. Br. — X Jacquini Godr. (trois formes). 23, Gymnadenia conopea R. Br. — X X dubia Camus (deux formes). |24. -- odoratissima Rich. 7. — militaris Coss. et G. (Flore Par. |25. Cœloglossum viride Hartm. 9e édit. page 679). — Deux formes. | 26. Platanthera bifolia Rich. $. — Simia Lamk. — montana Schm. — X Simio-militaris Gr. et Godr. 27. Limodorum abortivum Swartz. — XX Chatini G. Camus. 28. Cephalanthera grandiflora Bab. 9. — coriophora L. 29. — Xiphophvllum Reichb. f. 10. — Morio L. (trois formes). 30. — rubra Rich. 11. — mascula L. 31. Epipactis latifolia AIT. (2 formes). 12. — laxiflora Lamk. 32. — atrorubens Hoffm. 43. — palustris Jacq. 33. — palustris Crantz. — X alata Fleury. 34. Neottia Nidus-avis Rich. 14. — sambucina L. 39. Listera ovata R. Br. 15. — maculata L. (trois formes). 36. Spiranthes æstivalis. 16. — latifolia L. 37. — autumnalis Rich. 17. — incarnata L. 38. Goodyera repens R. Br. 18. Ophrys muscifera Huds. 39. Liparis Lœselii Rich. 19. — aranifera (Huds.) var. viridiflora 40. Malaxis paludosa Suw. Barla. M. Zeiller fait à la Société la communication suivante : SUR L’EXISTENCE DU TRICHOMANES SPECIOSUM DANS LES BASSES- PYRÉNÉES, par M. R. ZEILLER. Ceux de nos confrères qui ont pris part à la session extraordinaire de Bayonne en 1880, se rappellent sans doute la découverte qui fut faite, lors de l’excursion de la Rhune, d’une Fougère non encore signalée en France, le Trichomanes speciosum Willd.(1). Trouvée à l'abri d’une roche, au bord du ruisseau d’Olhette, sur les indications d’un amateur anglais, M. Norman, qui l’avait remarquée peu de temps auparavant comme bien distincte des types habituels du pays, elle fut immédiatement reconnue par l’une des personnes présentes, et cette intéressante localité fut aussitôt mise à contribution. Quelques semaines après, M. le D° Blan- chet retourna au vallon d’Olhette en compagnie de M. Norman, afin de rechercher de nouveau cette jolie Fougère ; mais, malgré une minutieuse (1) Bull. Soc. bot. de Fr. 1880, p. LxxxI. Rapport de M. l’abbé Boullu sur l’herbo- risation faite à la Rhune. ; R. ZEILLER. — LE TRICHOMANES SPECIOSUM DANS LES BASSES-PyR. 331 exploration, ces messieurs n’en retrouvèrent au point déjà visité qu’un pied minuscule qu’ils respectèrent, et ils constatérent son absence dans le reste du vallon, en amont comme en aval. Deux ou trois ans plus tard M. le pasteur W. Webster en découvrit à son tour un pied dans une petite grotte de grès rouge, à peu de distance de Sare, sur le versant de la Rhune opposé à Olhette; mais l'an dernier, y étant retourné de nouveau, il n’en put apercevoir aucune fronde. Etant allé moi-même au mois d’août dernier au vallon d’Olhette, où M. le D' Blanchet et son fils eurent l’obligeance de me conduire, nous explorämes avec le plus grand soin la localité découverte en 1880, et ne pûmes malheureusement que constater l’absence du Trichomanes. L'espèce semblait donc avoir disparu, temporairement au moins, de la région, quand j'eus la bonne fortune, le 31 août, d'en découvrir un nouveau gisement beaucoup plus riche que les précédents, à la base des escar- pements de grès rouge du mont Choldogogagua, à 350 mètres environ d'altitude, au-dessus du village de Biriaton, sur la rive droite de la Bidassoa: le Trichomanes speciosum y tapisse les parois humides d’une petite grotte en telle abondance, que j'aurais pu, si je n’avais craint de le détruire, en récolter plus d’une centaine de frondes. La longueur de ces frondes variait de 0",12 à 0",32 ; j'en dépose ici un exemplaire pour l’herbier de la Société. Je dois ajouter que, malgré une recherche atten- tive, je n’ai pu en trouver une seule fronde portant des fructifications. Il m'a semblé utile de signaler ce nouveau gisement du Trichomanes speciosum, afin d'appeler de nouveau sur cette espèce l'attention des botanistes qui peuvent avoir occasion d'explorer cette région des Basses- Pyrénées ; j'imagine qu’on devra la retrouver sur d’autres points du pays basque, particulièrement sur le grès rouge, formation à laquelle appar- tiennent les trois localités dont je viens de parler. A l’appui de la note précédente, M. Zeiller offre à la Société un exemplaire du Trichomanes speciosum récolté dans les Basses- Pyrénées. M. Rouy fait remarquer que le Trichomanes speciosum Willd. des Basses-Pyrénées a été surtout désigné jusqu'ici sous le nom de T. radicans Sw. M. Malinvaud, secrétaire général, lit ou résume les communica- tions suivantes : 332 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. LETTRE DE M. le marquis D’ABZAC DE LADOUZE A M. E. MALINVAUD. Monsieur le Secrétaire général et honoré confrère, Veuillez me permettre de communiquer à la Société, par votre bien- veillante entremise, quelques observations sur les plantes du Périgord, et quelques découvertes d'espèces nouvelles pour ce pays. Mes collègues me pardonneront, je l'espère, le désordre et le décousu presque impos- sibles à éviter dans un travail de ce genre. Orobus albus L.—- J'ai trouvé cette belle Papilionacée sur les hautes collines boisées qui dominent la Vézère, aux environs de Condat, asso- ciée à de magnifiques Epipactis rubiginosa Koch et au gracieux Anthe- ricum Liliago L. Le Convallaria maialis L., réputé très rare en nos contrées, et signalé seulement dans un petit bois près de Montignac, y croissait aussi et en abondance. Libanotis daucifolia Reich. —- Les rochers à pic, hauts de 300 pieds, sur lesquels est assise la ville de Domme en Sarladais, offrent une exposi- tion merveilleuse pour les plantes méridionales. Là le Figuier s’étale en espalier naturel, et l'Opuntia fleurit en liberté à des hauteurs inacces- sibles. Dans ce site privilégié, j'ai recueilli une Ombellifère appartenant évidemment au genre Libanotis, mais qui m’a paru différer sensible- ment du montana, tel que je l’ai vu maintes fois aux Pyrénées. Je Île rapporte avec doute au Libanotis daucifolia Reich. Cette même station renfermait un remarquable Campanula de la sec- tion rotundifolia, à tige hérissée, au port raide, à feuilles relativement larges, nombreuses et pressées, à fleurs très élégantes. Cet ensemble de caractères coïncide assez exactement avec la description du Campanula Baumgartenti Beck., de Grenier et Godron. En remontant le cours de la Dordogne, sur le territoire de la com- mune de Cazoulès, j'ai recueilli le Medicago denticulata Willd., nouveau pour le catalogue duranien, et constaté l'abondance, au milieu de la vallée, d’une plante dont j'avais découvert, il y a quelques années, le premier représentant: Crepis setosa Hall. Cette espèce a dû émigrer et se répandre avec les graines fourragères du Poitou. Les environs de Saint-Geniès me réservaient de meilleures et plus im- portantes trouvailles. Non loin de ce village, embelli par les ruines magni- fiques d’un vieux château, je cueillis, sur la route de Montignac à Sarlat, l'Apera interrupta P.B., bien distinct, au moins par son port et par son D'ABZAC DE LADOUZE. — PLANTES DU PÉRIGORD. 333 aspect extérieur, du Spica venti; puis, abandonnant la voie carrossable, je m'engageai dans un chemin solitaire et sauvage, qui mêne au château de Pellevesi. J’y avais fait un kilomètre à peine, quand, dans un pli de ter- rain bien ensoleillé, j’aperçus de nombreuses touffes d'Ægilops ovata L. Cette plante sociale, déjà connue dans la Gironde et le département du Lot, bien plus, récoltée à une faible distance de nos frontières, n’avait pas encore été rencontrée en Périgord, où nous possédons cependant son congénère, le friuncialis. Malgré son voisinage de nos limites, des Mou- lins n’osa point en doter sa Flore, sachant à quel point elle est capri- cieuse dans ses élections de domicile. « Elle existe en abondance, dit-il, » sur les deux rives de la Garonne, en amont de Bordeaux, et pourtant » elle n’a jamais été recueillie près de cette ville, » Le vallon de Pellevesi est une oasis pleine de fraicheur, arrosée par un Joli ruisseau courant entre deux chaînes de coteaux sombres et boisés. J’eus le plaisir d’y récolter, au milieu d’une prairie, le Crepis biennis L., plante inconnue jusqu'ici dans la Dordogne, et qui parait assez rare dans notre Sud-Ouest. Il y a un joli château à Pellevesi, et, près de la vieille forteresse féo- dale, aujourd’hui rajeunie, on remarquait tout récemment encore plu- sieurs Ormeaux d’une grosseur énorme, deux, entre autres, de 16 à 17 mètres de circonférence. Ces arbres magnifiques, déjà qualifiés de veteres dans les chartes du treizième siècle, n’offraient, lorsque je les vis, aucun signe de décrépitude; chacun d’eux était couronné d’une véritable forêt de branches secondaires d’un diamètre formidable. Hélas! depuis l’année dernière, l’une de ces merveilles végétales n'existe plus. Le géant, malgré sa force de résistance, a été broyé ou plutôt écartelé par le poids de sa ramure, et quelques brins de sa chevelure ont suffi pour démolir un coin du château. Muscari negleetum Gussone. — Nous avons, dans l'arrondissement de Bergerac, un Muscari très précoce et à gros fruit, à propos duquel Ch. des Moulins a écrit les lignes suivantes : « Cette plante m'a été envoyée » par M. l'abbé Revel sous le nom de Muscari Lelievrii Boreau, mais, » comme je tiens de M. l'abbé Lelièvre lui-même un exemplaire authen- » tique de la plante angevine qui lui a été dédiée, je ne crois pas devoir » attribuer le mème nom à celle de Bergerac. » J'ai reçu cette espèce litigieuse du Bergeraquois, et je l'ai retrouvée le printemps dernier à quelques lieues de Périgueux sen est point, en effet, le Muscari Lelievrii Bor., mais le neglectum Guss. L'année 1885 semble avoir été, au moins pour la partie centrale qu département de la Dordogne, singulièrement favorable au développe- ment des Orchidées. Non seulement le Limodorum abortirum Sw. elle 334 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1889. Cephalanthera rubra Rich., ordinairement clairsemés dans la commune que j'habite, y couvraient cette année de grandes étendues, mais plu- sieurs espèces depuis fort longtemps disparues s’y montraient de nou- veau, et d’autres y faisaient pour la première fois leur apparition : Ophrys myodes Jacq., Epipactis viridiflora Reich., Listera ovata R. Br., Orchis fusca Jacq. La rencontre de ce dernier surtout me causa une extrême sur- prise ; mais je fus bien plus étonné encore quand Je récoltai, peu de jours après, deux échantillons de port analogue, mais dont les caractères, sensiblement différents, ne se rapportaient à aucune des espèces men- tionnées dans les Flores. Voici la description de l’un d'eux : Racine bulbeuse, couronnée par des fibres charnues, grosses, plus ou moins allongées, horizontales. Feuilles d’un vert brillant, au nombre de 5, engainantes, larges, la plus inférieure courte, ovale, les autres ovales- oblongues ou oblongues lancéolées, obtuses, excepté la dernière, large- ment lancéolée-aiguë. Tige robuste de 3 décimètres et demi environ. Épi ovale, long de 1 décimètre, à fleurs nombreuses, mais bien séparées; 3 sépales extérieurs d’un brun cendré pâle, pointillés et maculés de pur- purin, ovales-oblongs, acuminés, connivents en voûte à la base, disjoints au sommet, où ils présentent trois pointes écartées mais subparallèles, les deux intérieurs linéaires, blanchâtres, mucronés. Labelle orbiculaire, lilacé, piqueté de papilles purpurines, pénicillées, saillantes, à trois lobes peu distincts, les latéraux obtus, à peine détachés, le médian grand, échancré, à lobes parallèles, avec une pointe dans l’échancrure. Éperon court, blanchâtre, obtus, souvent courbé en avant, plus court que la moi- tié de l’ovaire. Bractées membraneuses, ovales-acuminées, égalant rare- ment la moitié de l’ovaire, presque toujours trois fois plus courtes. Divi- sions du labelle sinuées-crénelées. — En pleine floraison le 15 mai. Le second différait du précédent par les divisions supérieures du péri- gone seulement ovales-aiguës ; par les lobes latéraux du labelle plus dis- tincts; par l'éperon coloré trois fois au moins plus court que l’ovaire ; enfin par ses bractées ovales-arrondies, obtuses, suberénelées, quatre fois ou quatre fois et demie plus courtes que l’ovaire, purpurines. Ces deux Orchis sont-ils des hybrides? Mais, des deux seules espèces voisines qui croissent en Périgord, le militaris L. n’a jamais été recueilli dans ma commune, et le fusca Jacq. s’y est montré cette année pour la première fois. Le Serapias Lingua L., d'ordinaire assez rare aux environs de Péri- gueux, y était cette année beaucoup plus abondant. Aussi ai-je pu obser- ver à loisir les variations très considérables de ce type, variations de couleur du rouge vif au rose pâle, variations plus importantes dans les D'ABZAC DE LADOUZE. — PLANTES DU PÉRIGORD. 33) dimensions relatives du labelle, tantôt court et un peu oblus, tantôt étroitement lancéolé-acuminé. Ce sépale avait parfois 20 millimètres de longueur sur 8 seulement de largeur. Le &ymuadenia conopea Br. de nos coteaux calcaires, où, malgré l’aridité des stations, il atteint fréquemment une taille élevée, ne res- semble guère aux exemplaires de cette espèce que j'ai récoltés en d’autres pays. Il semble se rapprocher beaucoup du G. odoratissima Rich., con- finé jusqu'ici au sud du département. Les feuilles sont assez étroites ; le labelle est un peu allongé ; l’éperon, moins grêle que celui du type, dé- passe l’ovaire, mais jamais du double, parfois il lui est à peu près égal. Cette espèce offre ici deux formes très distinctes : l’une à épi fort allongé, serré, à labelle aussi long que large, à odeur très agréable et pénétrante; l’autre à épi bien plus court, à feuilles plus amples, à bractées oblon- gues, lancéolées, surpassant les fleurs et rendant l'épi chevelu, à odeur forte, moins agréable que celle de la précédente et très différente. Rubus vestitus Weihe. — J'avoue ne pas avoir étudié à fond cet inex- tricable genre, où chaque individu pourrait constituer une espèce accep- table. Je me borne à recueillir les types remarquables et bien caractérisés. De ce nombre est assurément celui qui m’est tombé sous la main cette année même sur les berges herbeuses de l'Isle, près de Périgueux, et ré- pond exactement à la description du Rubus vestitus Weihe dans Boreau. C’est une magnifique plante dont les fleurs en grappes opuientes, d'un blanc pur et parfaitement doubles, ne dépareraient pas un jardin. Elle n’est pas mentionnée par des Moulins. Rosa gallica L. — Cette espèce est déjà inscrite au Catalogue dura- nien, toutefois les stations en sont rares ; il n'est donc pas inutile d'en signaler une nouvelle : Borie-Petit, commune de Champcevinel, où elle croit dans les prés et dans les bosquets, avec loutes les allures des plantes spontanées. De plus, elle a produit, depuis longtemps, une curieuse variation zébrée de bandes violacées sur un fond gris bleuâtre, non moins rustique et répandue que le type, el ressemblant par la couleur à certains Œillets. J'ai observé, sur le chemin de Périgueux, à quelques centaines de pas du château, une hybridation manifeste du Rosa arven- sis Huds. par le gallica. Les fleurs de l’arvensis se montraient fardées et barbouillées de rouge carmin. A la liste des espèces naturalisées en Périgord on pourrait peut-être ajouter dès maintenant l'Aster Novæ-Angliæ L. de le trouve à 600 ou 700 mètres de mon habitation, dans des stations arides et sauvages, où il végèle avec vigueur. | . By s ! AU U Je termine cette note déjà trop longue en signalant une anomalie végé tale que j'ai observée au printemps de 14884, à Pessac-sur-Dordogne 390 SÉANCE DU 183 NOVEMBRE 1885. (Gironde). Au milieu d’un beau massif de Tulipes d’un jaune flambé de rouge, j'en remarquai une offrant, à 2 ou 3 centimètres au-dessous du périgone, une bractée un peu plus étroite que les sépales, mais exacte- ment de la même nature et de la même couleur. Le fait était nouveau pour moi et, à ce titre, curieux; je le livre aux appréciations de mes savants collègues, sans grand espoir, vu leur riche butin d’observations tératologiques, de leur faire partager mon étonnement. Agréez, etc. NOTES SUR QUELQUES PLANTES D'ALGÉRIE RARES, NOUVELLES OU PEU CONNUES, par M. A. BATTANDIER. Les espèces marquées d’un astérisque n’avaient pas encore été signa- lées en Algérie. Ranuneulus palustris L. var. Macrophyllus (R. macrophyllus Desf. Flor. atl. subvar. procerus; R. procerus Moris). — Alger, rare. AG. dans l'intérieur : Dra-el-Mizan, etc. * Delphinium longipes Moris, Flora sardoa. — Entre le col de Ti- rourda et Beni-Mansour (legit Trabut). Papaver dubium L. — Parmi les nombreuses variétés que cette plante forme en Algérie, on en trouve une, sur les sables du bord de la mer entre Alger et le Corso, très semblable au P. Roubiæi Vig., publié par M. Loret dans les exsiccatas de la Société dauphinoise, n° 4024. Fumaria rupestris Boissier et Reuter, Pug. p. 4, var. maritima Nob. — Falaises et broussailles du bord de la mer : Cherchell, Aïn-Taya, Reghaïa, l’Alma, le Corso, etc. Annua, caulibus scandentibus vel procumbentibus, gracilibus; petiolis cirrosis; foliis F. capreolatæ L.; racemis abbreviatis, paucifloris, post anthesim laxis et tum pedunculis sublongioribus; pedicellis fructiferis ereclis vel rarius curvato-patulis, nunquam reflexis, clavatis, gracilibus, 4 mill, longis, nucula duplo longioribus ; bractea minima, 1,1 ! millim. longa, petaloidea, lineari-lanceolata; floribus albis apice atropurpureis, denique leviter purpurascentibus, angustis, elongatis ; sepalis lanceolatis, 2-3 millim. longis, subintegris aut basi parum dentatis, corollæ æquilalis vel angustioribus; corolla cum calcare 11-13 millim. longa; fructu in apice pedicelli substipitato, parvulo, ovoideo, acuto, in vivo levissimo, exsiccatione vix ruguloso, non aut vix foveolato. Facies F. pallidifloræ Jord., characteres F. rupestris Boiss. Reut , a quo tamen recedit bracleis minimis, fructu parvulo sublevi, non aut omnino inconspicue foveolato. BATTANDIER. — NOTES SUR QUELQUES PLANTES RARES D'ALGÉRIE. 337 “ Iberis amara L. — Plaines d’Alfa entre Makroun et Tarfalt, pro- vince d'Oran. (Legit Rivière, directeur du Jardin d'essais, avril 1885.) Relianthemum macrosepalum Dun. — Kara Mustapha. — Mai-juin. Lychnis Cæœli-Rosa Desv., forma petalis profunde bipartitis. — Dje- bel Aïzer, Tizi Djaboub (Djurdjura). Lavatera stenopetala Cosson et Durieu. -— Mouzaïa-les-Mines. L. arboren L. — Dernières falaises du cap Matifou. Linum Aristidis Spec. nov. Annuum, radice subramosa ; caule basi vix decumbente, dein erecto, rigido, 3-12 decim. allo, in speciminibus adultis glabro (juniora non vidi), simplici, superne dichotomo, corymboso-paniculato, ramis rectiusculis: fois late lineari-lanceolatis, acuminatis, læte virentibus, undique scaber- rimis ; bracleis ovato-lanceolatis, acuminatis, latis, margine dentato-sca- bris ; pedicellis plerumque calyce brevioribus; sepalis lanceolatis, longe acuminatis, margine glandulosis, subscariosis, trinerviis, nervo medio pro- minulo, substipitato; petalis calyce triplo longioribus, luteis, violaceo- striatis ; capsula parva, mucronata, calyce breviori. Valide affinis L. corymbifero Desf., a quo differt imprimis radice annua et capsula minori calyce valde superata. L. asperifolium Boiss. Reut. Pug., et L. bicolor Schousboe a planta nostra, foliis bracteisque multo angustioribus, ramis gracillimis, flexifractis, floribus albidis, statura minore, aliisque notis recedunt. Je dédie cette plante à M. Aristide Lelourneux, l'explorateur bien connu de la région méditerranéenne, qui m'a dit l'avoir déjà remarquée. — Je l'ai trouvée près de la route de Palestro à Bouira, sur l'embran- chement pour Dra-el-Mizan. L. corymbiferum Desf., forma villosa. — Marais de la Rassanta. Forme remarquable par la villosité laineuse qui couvre toutes ses parties herbacées. L. strictum L. var. laxiflorum Gren. Godr. FI. Fr. JL p: 281. — Deux plantes différentes sont confondues dans cette variété, à savoir : {° le L. corymbulosum Reichenbach, fig. 5169, Icones Floræ germ., el 2 Je L. strictum 8. alternum Persoon Synopsis, Reichb. fig. 51 10 b, L. sessiliflorum var. 8. Lamk, Encycl. méth. vol. I, P: 023. Reichen- blach dit avoir reçu cette plante de Montpellier ; je l'ai moi-même de Palavas en très beaux exemplaires. C'est elle qui est commune sur n0S rivages, et non le vrai L. corymbulosum Reich., qui à été distribué d Ila- lie dans les exsiceatas de la Société dauphinoise sous le n° 3647, par M. Groves. T. XAXII (SÉANCES) 22 338 .. . SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. ;Erodium medeense Nob. Bull. Soc. bot. de Fr. vol. XXX, p. 264. — Je dois à l’obligeance de M. Cosson de savoir que cette plante n’a rien de commun avec l’E. erectum Durieu. Je l'ai retrouvée à Ben-Chicao, autour des ruines d'un oppidum romain. Ses fruits peuvent dépasser 13 centi- mètres. * Lupinus linifolius Roth; Gren. Godr. FI. Fr. 1, p. 366 (note). — Bou-Ismaël (Cläuson). Ononis cenisia L. — Prairie des Aït Koufi, voisine des grands rochers qui couronnent le sommet de l’Aïzer, à gauche en montant. Genista sarotes Pomel, Nouveaux Matériaux pour la Flore atlan- tique, p. 114; G. numidica mihi olim, non Spach. — Oued Djer, Zac- car, Zurich, etc. * Astragahis depressus L. — Sommet de l'Aïzer (Djurdjura). Gette plante, nouvelle pour l'Algérie, avait déjà été trouvée dans les monta- gnes du Maroc par l’un des collecteurs de M. le D' Cosson. Vicia fulgens SpeC. nov. Annua vel biennis ; caule elato, scandente, profunde strialo, glabre- scente, stipulis foliisque læte virentibus, pilis brevissimis adpresse vestitis, exsiccatione sericeo-canescentibus; stipulis majuseulis, ciliatis, dimor- phis, una semilanceolata integra, altera e basi angustata palmatim biloba, lobis triangularibus; foliis 9-11 jugis, omnibus cirrosis, cirro ramoso, foliolis sæpe alternis, in foliis inferioribus late, in superioribus anguste oblongis, mucronatis; floribus numerosis, 15-40 et ultra, parvis, in racemo denso, longe pedunculato, folium æquante vel superante congeslis; calyce corolla tertia parte breviori, læte purpureo-violascente, puberulo, dentibus superioribus abbreviatis, conniventibus, triangulari-acuminatis, celeris setaceis, inferno longiore, omnibus longe patuleque hispidis; corolla 8-11 millim. longa, glabra, roseo-purpurascente, nitidissima ; vexillo recto, haud reflexo, venis atropurpureis striato, limbo ungue sub- longiori, apice emarginalo, alas superante; staminibus ut in Vicia Cracca L.; stylo a latere compresso, apice barbato ; legumine lineari- rhombeo, glabro, 20-25 millim. longo, 10 millim. lato, in stipitem tubo calycino æquilongum basi attenuato, maturitate badio-lutescente; semi- nibus magnis (6 millim. latis), compresso-globosis, velutino-fuscis, hilo lineari-oblongo, 4 millim. Jongo, peripheria quintuplo breviore. — Maio- julio. Cette belle plante a le port général du Vicia Cracca L. et les stipules du V. Monardi Boiss. et Reuter. Elle ne se rapproche d’ailleurs d’aucune des espèces de Vrcia de notre région. Je l’ai trouvée dans l’oued Che- retta, petit ruisseau tributaire de l’oued Boudouaou et coulant comme lui BATTANDIER. — NOTES SUR QUELQUES PLANTES RARES L'ALGÉRIE. 339 dans la vallée de l’Alma; elle s'y trouvait en compagnie du Digitaria paspaloides Dub., plante d’origine américaine. Potentilla recta L. — Bouira, bord des ravins. — Juillet. Poterium Durisi Spach. — Le Corso, bois de Chênes-liège. Cratægus monogyna Jacq. var friloba: C. triloba Poiret. — Ber- rouaghia. — Rare. Sedum stellatum L. — Reghaïa, marabout de l’Alma, sous les brous- sailles. Pistorina Salzmanni Boissier, Voy. Esp. tab. 63, b.; var. à fleurs purpurines. —- Azib des Aït Koufi, Tizi Djaboub (Djurdjura). Le Pistorinia Salzmanni et le P. intermedia Boissier et Reuter, Diagn. or. SIT, fase. 2, p. 60, pouvant l’un et l’autre être à fleurs jaunes ou à fleurs rouges, et ne différant que par la longueur du tube de la corolle, il me paraît convenable de rapporter au P. Salzmanni, plus ancien, le P. intermedia comme variété longiflora. Umbilicus gaditanus Boiss. Reut. Pug. p. 45, var. giganteus. — Plante de 2-13 décimètres, corolles roses en grappe serrée, très grandes. — Falaises et broussailles du bord de la mer à Alger, Aïn-Taya, le Corso, etc. Cette variété est très remarquable et très tranchée ; par contre, la plante que j'avais décrite en 1881, sous le nom de Cotyledon umbilicus var. amphitropa, ne me semble aujourd'hui qu'un lusus singularis de l'U, horizontalis Gussone. * U. ereetas DC. — Dahra (herbier Pomel). Myriophyllum alterniflorum DC. — Mares au Corso et à la Re- ghaïa. | Bupleurum Columnæ Guss. — C. B. glaueum Robert et Castagne. — C. B. Balansæ Boissier et Reuter, Diagn. ox. S IT, fasc. 2, P. # _ Commun dans les broussailles des environs d’Alger. Bou-Ismaël, ouei Djer, etc. Helosciadium erassipes Koch. — M jurdjura). — J'ai Danthon. — Bou-Adnan (Djurdjura). - Ja Ron ener ans l’herbier de M. Pomel, qui l'avait ares au Corso. — R. également trouvé cette plante d depuis longtemps récoltée à Terni. . } Ï des mares * Pulicaria vulgaris Gærtner. — Corso, Reghaïa, fond de sèches en été. 340 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. Pulicaria dentata DC. — Stations analogues à Chaïba. — Centuriée autrefois par Billot sous le nom de Cupularia Clausonis. Anacyclus linearilobus Boissier et Reuter, Pug. p. 57. — Sables maritimes. Corso, Reghaïa, l’Alma. * Anthemis Cupaniana Todaro. — Azrout Tidjeur (Djurdjura). Pyrethrum Clausonis Pomel (sub Coleostepho), loc. ‘cit. p. 59. — Fond des mares sèches l'été. Corso, Reghaia. G. — Cette curieuse plante, que j'ai centuriée cette année pour la Société d'échanges de Grenoble, simule entièrement le P. Myconis, sauf qu’elle a ses capitules un peu plus petits; elle est annuelle comme lui, et elle a, d’autre part, exacte- ment les achaines dimorphes du P. Kremerianum Cosson, Kremeria paludosa Durieu in Rev. de Duchartre, I, 364, figuré dans l'Atlas de Exploration scientifique de l’Algérie, tab. 59. J'ignore sur quels documents a pu se fonder Lange (Prodr. floræ his- panicæ, vol. IF, p. 105) pour faire du Kremeria paludosa de Durieu de Maisonneuve un synonyme du Pyrethrum hybridum de Gussone. Ce dernier, d’après la description de Gussone, comme d’après les échantillons des centuries de M. Todaro, n° 1371, n’est qu'une variété, très répan- due en Algérie sous ses deux formes, du P. Myconis Mœnch, et le P. Kremerianum en diffère par des caractères tellement tranchés, que l’on ne peut comprendre sur quoi peut reposer un tel rapprochement. Senecio vulgari-humilis, — J’ai trouvé en février dernier à Mai- son-Carrée, sur un très faible espace et en compagnie des parents, une foule d'échantillons évidemment hybrides, et présentant tous les inter- médiaires imaginables entre le S. vulgaris L. et le S. humilis Desf. var. leucanthemifolius. Clauson avait déjà signalé dans son herbier un fait semblable. Cirsium kirbense Pomel, loc. cit. P. 274. — Cette magnifique espèce avait d'abord été trouvée par M. Pomel au col de Kirba ou Kerba, près de Ténès; je l’ai retrouvée entre Dra-el-Mizan et les Aït Ismaël (Ka- bylie), et à Mouzaïa-les-Mines, où elle abonde. C’est un grand Cirsium, pouvant, dans fes bons terrains, dépasser 1",50. Ses feuilles, semblables à celles du C. echinatum L., décroissent régulièrement de la base au sommet de la plante, et lui donnent un aspect pyramidal très remarquable. L’inflorescence commence vers le milieu de la tige. A l’aisselle de chaque feuille se trouve un petit rameau plus court qu’elle, portant 2 ou 3 capi- tules sessiles gros comme de petits œufs de poule, et assez semblables encore à ceux du C. echinatum. Vers le haut, les ramuscules floraux disparaissent, et il n’y a plus qu'un capitule sessile à l’aisselle de chaque feuille florale. Pour ceux qui, avec Bentham et Hooker, font rentrer les BATTANDIER. — NOTES SUR QUELQUES PLANTES RARES D'ALGÉRIE. 341 Cirsium dans le genre Cnicus, je proposerais pour cette plante le nom de Cnicus Pomelianus, l'épithète de kirbense n’indiquant qu’une station de cette plante, qui paraît assez répandue en Algérie. * Serratula tiaetoria L. -- La Calle (herbier Pomel). * Centaurea Seridis L. — Nador de Medeah. Sonchus glaucescens Jordan. — Prairies sous le Nador de Medeah. Podospermum laciniatum DC. — Tableau des formes de cette plante observées en Algérie et que j'ai en herbier : A. genuinum : Podospermum laciniatum Gren. et Gour, F1. de Fr. a. Octangulare Willd. — Maison-Carrée, Teniet-el-Haad. — Sous-var. integrifolium ; P. subulatum DC., Duby. Scorzonera pinifolia Gouan. — Maison-Carrée, Bouçàada, etc, 8. intermedium ; P.intermedium DC. Prodr.; Scorzonera intermedia Gussone. — Maison-Carrée, Adelia, Tipaza, Djelfa, etc. 7. calcitrapæfolium ; P. calcitrapæfolium Koch, non DC. — Maison- Carrée, Kaddara, Teniet, etc. — sous-var. cornigerum Nob. (cornes très développées). — Palestro, Lavarande, forêt du Xéna, Marengo, etc. 3. Gussonii Cosson, Not. pl. crit. Esp. p. 16; P. Tenorii Gussone, DC. non Presl. — Maison-Carrée. — sous-var. integrifolium Nob. (feuilles du P. subulatum DC.). — Maison-Carrée. e. Tenorii Cosson loc. cit.; P. Tenorii Presl. — Palestro. B. decumbens ; Podospermum decumbens Gren. et Godr. FI. de Fr. «. angustifolium ; P. calcitrapæfolium DC. — Maison-Blanche, forêt du Xéna, etc. | 8. resedifolium Gren. Godr.— Bou-Medfa, Affreville, Lavarande, etc. Souvent avec une houppe laineuse au sommet des écailles, comme les P. Gussonii et Tenorii. Linarta virgata Desf. Flor. atl. var. calycina Nob. — A type differt caulibus decurmbentibus, robustis; racemis paucifloris; floribus capsu- lisque duplo majoribus et præsertim calyce valde accrescente, capsula matura duplo longiore. — Azib des Aït Koufi (Djurdjura). — C'est à cette variété qu’il eonvient de rapporter, comme sous-variélé, le L. virgata var. lutea Nob. Bull. Soc. bot. de Fr. 1884, p. 300. * Veronica didyma Tenore, Gren. Godr. Flore de France. — CC. aux environs d'Alger. 342 SÉANCE DU 13 NOVEMSRE 1885. * Orohanche Epithymum DC.— Tizi Djaboub (Djurdjura). Sur le Thy- mus Fontanesi Boiss. et Reut. — Les Orobanches algériennes sont encore assez mal connues; j'en signalerai une que j'ai trouvée sur le Galium tunetanum, et qui, bien que voisine de l'O. Galii Vauch., en diffère net- tement. J’ai eu des échantillons trop jeunes. — Nador de Medeah. Phelipæa Schultzii Walp. — Tous les spécimens de cette plante que j'ai vus d'Algérie sont à tige simple. Peut-être notre plante est-elle le P. stricta de Moris. Quand elle pousse sur les Ombellifères, elle a, en général les anthères glabres. Je l’ai trouvée à anthères ciliées sur le Calendula marginata var. foliosa du Bou-Zecza, où elle atteint des tailles de 8 décimètres et plus. * Acanthus spinulosus Host ; Reichenb. Zcon., 191, Mpcccxn! optima, non ibid., 192, mpccexirt. — La Bouzariah, ravin en face des carrières de Bab-el-Oued. Localité à peu près détruite par les défrichements. Thymus lanceolatus Desf. Flor. atl. — J'ai trouvé cette espèce tout à fait typique à Ben-Chicao, près de Medeah; mais elle ne varie pas moins que le Thymus ciliatus Benth., Thymbra ciliata Desf., dans lequel on a taillé un nombre considérable d'espèces bien typiques, mais réunies par une foule d’intermédiaires. C’est ainsi que le Thymus lan- ceolatus de Kabylie, bien qu’il ne se sépare du type par aucun caractère tranché, a un facies entièrement différent. On doit aussi, à mon avis, rap- porter à cette espèce un type très répandu en Algérie, et que j'ai toujours vu déterminé dans les herbiers sous le nom de T. numidicus Poiret, bien que ce dernier soit peut-être une forme du T. ciliatus Benth. Ce prétendu T. numidicus est très voisin du T. Zygis des auteurs italiens (exsicc. de M. Todaro, n° 188). Quant au T. Zygis des auteurs espagnols, c’est une plante entièrement différente, très bien figurée dans Barrelier sous le n° 777. Elle est du groupe du T. ciliatus. — Il est assurément bizarre que des plantes aussi différentes que les Thyms du groupe du ciliatus et ceux du groupe du lanceolatus aient été aussi souvent con- fondues. Cela tient à ce que les auteurs en ont parlé souvent d’après les descriptions seulement, et qu’ils ont attaché une importance exagérée aux cils de la base des feuilles. * Calamintha menthæfolia Host; Boreau; Grenier et Godron, FI. de Fr. — Oued-el-Kebir à Blidah. * €. officinalis Mœnch, Boreau; Grenier et Godron, Loc. cit. —L'’Alma. Je ne connais ces deux Calaments que des localités ci-dessus indi- quées, où ils sont abondants et bien typiques. * Plantago intermedia Gilib.;G.G. F1. Fr.— Djurdjura, chez les Aït Ali, lieux irrigués sous les grands rochers, à gauche en montant à l’Aïzer. DEFLERS. — FLORE DES MONTAGNES VOLCANIQUES D’ADEN. 343 “ Polygonum aviculare L. var. herniarioides ; P. herniarioides Spreng., Gren. Godr. FI. de Fr. — Drah-el-Mizan, Mustapha. — R, P. amphibium L. — Grandes mares où l’eau persiste toute l’année, au Corso et à la Reghaïa. — Munby cite cette plante comme commune à Alger: cependant aucun de ses contemporains, de ceux dont il a par- tagé les récoltes et qui ont partagé les siennes, Clauson, MM. Durando, Pomel, etc., ne connaissait ces stations. En dehors d'elles, il n'existe aux environs d'Alger qu’au lac de Mouzaïa. Ephedra nebrodensis Tineo. — Col des Aït Ouaban (Djurdjura). Romulena Linaresii Parl. — Commun au sommet de l’Aïzer dans la neige fondante. — Juillet. HERBORISATIONS DANS LES MONTAGNES VOLCANIQUES D'ADEN, par M. A. DEFLERS. Aux mois de mars et avril derniers, j'ai recueilli, dans les deux presqu'îiles montagneuses qui délimitent la baie d’Aden, une petite col- lection de plantes phanérogames dont la liste me semble présenter assez d'intérêt pour être communiquée à la Société. La saison la plus favorable nour les herborisations est un peu plus tardive et concorde en général avec le changement de la mousson (avrii- mai). Cette année, les pluies torrentielles qui sont tombées presque sans interruption du 12 au 14 mars, et avec plus d’abondance encore pendant la journée du 21, avaient activé beaucoup le développement de la végé- tation. Je dois sans doute à cette circonstance d’avoir pu obtenir un aussi grand nombre de spécimens fleuris et fructifiés, notamment ceux de plu- sieurs espèces très rares, qui n'avaient encore été décrites que d'après des exemplaires incomplets. On sait que la configuration géographique de la baie d’Aden résulte de l’exhaussement continu du littoral, à proximité de deux îles volcaniques autrefois séparées du continent par des passes peu profondes. L'oblitéra- tion des passes a déterminé la formation de deux cordons sablonneux, d’abord étroits, fréquemment détruits par les tempêtes, puis élargis et con- solidés par le progrès des atterrissements. Reliés aux plages nouvellement exondées sur la ligne des côtes, ces isthmes circonserivent un vaste bassin clos de toutes parts, sauf dans l'intervalle resté libre entre les promon- toires élevés qui représentent aujourd’hui les deux îles primitives. L'étude géologique et botanique de cet ensemble complexe est à peine ébauchée. Les relations des naturalistes voyageurs accordent tout au plus une brève mention au massif du gebel Hussan, qui occupe une sur- face considérable et constitue le pourtour occidental de la baie. Vu de la 344 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. rade, ce massif apparaît comme une longue suite de crêtes rocheuses couronnées de pics aigus. En réalité, ces crêtes appartiennent à deux groupes de hauteurs, que sépare une large dépression sablonneuse s’éten- dant de l’intérieur à l'extérieur de la baie, entre deux plages situées à l'opposé l’une de l’autre. Les rivages se relèvent partout en falaises abruptes, interrompues seulement par la double issue de la plaine cen- trale et par de petites grèves très encaissées au débouché des ravins. Quelques-uns de ces ravins, orientés dans la direction des vents géné- raux, sonten partie comblés par des dunes de faible élévation. Je n'ai pu, à mon grand regret, parcourir dans toute son étendue ce vaste terri- toire absolument désert, dont la flore toute spéciale mérite un examen pius approfondi. La presqu'’ile orientale, où s'élèvent la ville d’Aden proprement dite (Aden-camp)}, le faubourg maritime de Steamer-Point et le village somali de Màla, est elle-même peu connue en dehors de l'itinéraire assez res- treint des excursions qui peuvent se faire en peu d'heures aux environs de la zone habitée. A l’intérieur, la chaîne des montagnes de Cham-Cham domine de ses crêtes inaccessibles, hautes de plus de 500 mètres, un cirque très régulier de 2800 mètres de diamètre, échancré dans le quart nord-est de sa circonférence. Une série de vallées, séparées par les nom- breux contreforts irradiés du massif central, se déploie en éventail vers la côte sud-ouest. Toute cette région, absolument déserte, est revêtue d’une végétation assez abondante qui remonte jusqu’au faite même de la chaîne, en profitant des moindres anfractuosités des rochers. On voit ainsi des arbrisseaux, comme l’Adenium obesum, et même des arbres, comme le Sferculia arabica, suspendus à d’étroites saillies au flanc d’escarpements verticaux. Il est très difficile de pénétrer dans les vallées du sud, qui ne communiquent pas entre elles et viennent s'ouvrir au fond de petites baies, entre des promontoires très saillants, minés par les vagues. Dans l’ouest, un rameau détaché de la chaîne principale sépare la plaine de Mâla de la grande vallée de Goldmore, puis s’abaisse en se ramifiant, pour constituer le massif secondaire des collines de Steamer- Point. Le relief de la presqu'île est complété, dans le nord-est, par un dernier massif, le gebel Hadid (montagne de fer), longue chaîne sinueuse, allongée obliquement en travers de l'entrée de l’isthme et masquant en partie l’échancrure du cirque de Cham-Cham. Cette chaine, dont les crêtes sont couronnées de fortifications, est d’une aridité absolue. Le inassif cratériforme de Cham-Cham et ses dépendances, ainsi que le gebel Hadid, sont, comme on sait, constitués par un ensemble très varié de roches éruplives récentes, appartenant à la série des trachytes et à la série des basaltes, dans leur ordre régulier de succession, avec prédominance du groupe trachytique. Dans le nord-ouest, sur tout le DEFLERS. — FLORE DES MONTAGNES VOLCANIQUES D'ADEN. 345 littoral de Steamer-Point jusqu'aux docks de charbon de la compagnie des Messageries maritimes, l’exhaussement continu de la plage à mis au jour une bande de sédiments calcaires où se retrouvent, avec leurs cou- leurs, les coquilles de la faune malacologique actuelle de la baie (D). Le docteur Th. Anderson a donné en 1859 (2) un premier apercu de la végétation, dont il signale notamment le caractère désertique et les affinités avec la flore de l'Arabie Pétrée. Son mémoire contient le cata- logue et les diagnoses de 94 espèces, réparties entre 79 genres. Sous un climat sec et brülant, caractérisé par une moyenne pluviométrique annuelle inférieure à 110 millimètres et par une moyenne thermique de 28°,5 C. (3), il serait extraordinaire que la flore n’offrît pas, au plus haut degré, le caractère désertique. Quant aux ressemblances entre cette flore et celle de l'Arabie Pétrée, elles résultent surtout de la proportion élevée des espèces communes aux deux flores, dont le nombre est de 68, sur les 94 énumérées par Anderson. En réalité, les espèces dominantes, celles qui impriment à la végétation d’Aden son facies caractéristique (Diptery- gium glaucum, Cleome paradoxa, Capparis galeata, Reseda am- blyocarpa, Sterculia arabica, Cucumis Prophetarum, Vernonia atriplicifolia, Salvadora persica, Glossonema Boveanum, Boerharia elegans et B. verticillata, Jatropha spinosa, Euphorbia Schimperi), sont toutes, sauf deux, essentiellement tropicales, et n’appartiennent pas à la flore de l'Arabie Pétrée. Le Dactyloctenium ægyptiacum, qui remonte, il est vrai, jusqu’en Grèce, ne paraît pas avoir été observé, en Arabie, au nord de Djeddah. Dans l’énumération qui va suivre, je me suis attaché à préciser exac- tement les localités. La nomenclature est conforme à celle que M. Bois- sier a adoptée pour le Flora Orientalis. Le nom des espèces que le D' Anderson n’a pas signalées est précédé d’un astérisque. Farsctia longisiliqua Decaisne. — F. stylosa T. Anders, Sables, dans la vallée de Goldmore. Diplotaxis Harra Boiss. — D. pendula DC. Montée du Sémaphore, dans le cirque de Cham-Cham. Cleome paradoxa R. Br. | Plaine de Mäla. — Ravin du sud-ouest de la tour du Silence, dans le cirque de Cham-Cham. i ” ia, vol. V tu. — Vélain, Descr. geolog. of the geolog. Survey of India, vol. VIT, part , PA Dre ile d'Aden, de l'ile de la Réunion, des îles Saint-Paul et Amsterdam. (2) Th Anderson M. D. F. L.S. Bengal Medical Service: Florula Adenensis. À sys- tematic Account with Descriptions of the flowering plants hitherto found at Aden l of the Linnean Society, Supplement Lo vol. V of Botanv). i the Proceedings 7 Bota Fa Cantaie Hunter: An Account of the British Seltlement of Aden in Arabia, part. T. 346 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. Cleome pruinosa Anders. Plaine de Mâla. — Collines de Steamer-Point. * Cleome hispida Ehr. Plaine de Mäla, sur les éboulis au pied des contreforts de Gham-Cham. Cleome brachycarpa Vahl. Plaine de Mäla. Cleome papillosa Steud. Vallée de Goldmore. Dipteryginum glaucum Decsne. Sables aux environs du village de Scheikh Osman, au fond de la baie. Cadaba longifolia DC. Vallée de Goldmore. Cadaba glandulosa Forsk. Plaine de Màla, au pied des montagnes de Cham-Cham. * Mærua uniflora Vahl. Ravins du gebel Hassan. Capparis galentn Fresen. Rochers, sur le revers nord des montagnes de Cham-Cham, au-dessus de Màla ; vallée du Biggari; ravins du cirque de Cham-Cham, au-dessus des citernes. Commun dans tous les escarpements. Reseda amblyocarpa Fresen. Plaine de Mâla. — Extrêmement commun dans toutes les vallées et sur les éboulis inférieurs des montagnes. Polygala triflora L. Plaine de Mâla. Cirque de Cham-Cham, dans la vallée de Koosaf et dans les ravins à l’ouest de la tour du Silence. * Polygala irregularis Boiss. Plaine de Màla. * Gypsophila montana Balf. fils. Plaine de Màla, éboulis au pied des contreforts de Cham-Cham. Cometes abyssinica R. Br. Plaine de Màla. Cirque de Cham-Cham, dans les vallées de Biggari et de Koosaf. Orygia decumbens Forsk. Plaine de Màla.— Ravins, au pied de la colline du Télégraphe. Mollugo Cerviana Boiss. Ravins, au pied de la colline du Télégraphe. DEFLERS. — FLORE DES MONTAGNES VOLCANIQUES D’ADEN. 347 Abutilon denticulatum Hook. Vallée de Goldmore. Hibiscus Welshii F. Anders. Je crois devoir compléter ici la diagnose de cette espèce rarissime dont T. Anderson n'a pu $e procurer que des exemplaires défleuris. La figure qu'il en a donnée dans le Florula Adenensis est d’ailleurs très exacte, si ce n'est que les pédoncules sont généralement plus longs et articulés beaucoup plus près du sommet. Fruticosus, glanduloso-punctatus ; ramis virgatis; foliis petiolatis. orbiculatis, subreniformibus, palmatim 5-lobatis margine dentato-serra tis, utrinque glanduloso-punctatis, setis patulis nonnullis, ad nervos et petiolos sparsis, hirtis, demum glabrescentibus ; peduneulis axillaribus, solitariis unifloris, petiolo subduplo longioribus, prope apicem arti- culatis, clavato-incrassatis ; bracteolis 8-10, subulatis, parvis, parce hirsutis, margine ciliatis; calyce marcescente, 5-dentato, campanulato, 15-costato, ad costas glandulis nigris biseriatim punctato; petalis flavis, glandulis fuscis obsitis, basi rubro-maculatis, obovatis, cito deciduis, calyce 2-3-plo longioribus ; carpellis lanceolatis, hirtis, extus glanduloso- reticulatis ; seminibus pilis fulvis dense tomentosis. Vallée de Goldmore. — Collines de Steamer-Point. Dans les ravine- ments des talus d’éboulis. Hibiscus micranthus L. Très abondant au milieu des rochers du cirque de Cham-Cham, à la montée du Sémaphore. — Les fleurs, purpurines le matin, au moment de l’anthèse, deviennent blanches l'après-midi. Sterculia arabica T. Anders. Revers nord des montagnes de Cham-Cham, dans les ravins, au-dessus de la plaine de Mâla. — Talus d’éboulis, dans l'intérieur du cirque, au sud-ouest de la tour du Silence. Cet arbre, dont la tige peut atteindre, à Aden, 1",60 de circonférence et au delà, ne s’élève pas à plus de 4 à 5 mètres de hauteur. L’écorce, brune et lisse dans le jeune âge, est exfoliée de bonne heure en un rhy- tidome écailleux, rappelant celui du Platane et se détachant par plaques d’un gris jaunàtre. Le nombre des follicules n’est pas très constant et varie de quatre à six. Grewia populifolia Vahl. Ravins à l’ouest de la tour du Silence, dans le cirque de Cham-Cham. * Corchorus trilocularis L. Vallée de Koosaf, dans le cirque de Cham-Cham. 348 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. Corchorus Antichorus Rœusch, Plaine de Màla. * Fagonia parviflora Boiss. Plaine de Mâla, vallée de Goldmore, ravins, au sud-ouest de la tour du Silence, dans le cirque de Cham-Cham. Zygophyllum simplex L. Plaine de Mâla. — Colline de Steamer-Point. Zizyphus Jujuba Lamk. Ravins à l’ouest de la tour du Silence, dans le cirque de Cham-Cham. — Très rare. Moringa aptera Gærtn. Assez commun dans la vallée de Goldmore. * Crotalaria dubhia Balf. fils. Ravins du gebel Hussan. — Vallée de Koosaf dans le cirque de Cham- Cham. * Crotalaria lupinoïdes Hochst. Ravins du sud-ouest de la tour du Silence (cirque de Cham-Cham). * Crotalaria Schweinfurthi Sp. nov. Dumulosa, humilis, tota adpresse sericea, a basi ramosissima ; ramis erectis, inermibus ; foliis paucis sessilibus, exstipulatis, digitatim trifo- liolatis ; foliolis minutis æquilongis, obovato-cunealis ; floribus sessilibus solitariis, secus ramulos remotis; calycis canescentis laciniis lineari- lanceolatis, tubo 3-4-plo-longioribus ; corollæ vexillo albo, undulato, alis albis; carinæ ajbæ, apice purpurascentis, rostro falcato ; staminibus 2-adelphis!; ovario 2-3 ovulato, glabro ; stylo glabro, basi geniculato; legumine ovoideo, breviter stipitato, calyce subbreviore ; seminibus exa- rillatis subglobosis, lævibus. — %. Sesquipedalis vel humilior. Foliola 3-4 lin. longa, 1/2 lin. lata ; caly- cis laciniæ 2 lin. longæ; vexillum 1 à lin. longum ; legumen 2 lin. long. 3/4 lin. diam. latum. Floræ omnes fere partes æquales. Affinis C. microphyllæ Vahl, à qua differt foliis sessilibus, rostro fal- calo, ovario pauciovulato. Vallée de Goldmore. — Cirque de Cham-Cham, à l’entrée de la vallée de Koosaf, sur les éboulis. — Rare, * Indigofera semitrijuga Forsk, Promontoire de Marshag. * Indigofera paucifolia Del. Ravin du gebel Hussan. DEFLERS. — FLORE DES MONTAGNES VOLCANIQUES D'ADEN. 349 * Indigofera argentea L. Vallée de Goldmore. Tephrosia Apollinea DC. Plaine de Scheikh Osman. — Vallée de Goldmore. Tephrosia pogonostigma Boiss. Vallée de Koosaf (cirque de Cham-Cham). Taverniera glauca Edgew. Plaine de Mâla. — Vallée de Biggari (cirque de Cham-Cham). i * Cæsalpinia elata Schwartz. Près des huttes de pêcheurs, à l’entrée de la vallée de Goldmore. Cassia obovata Collad. Plaine de Mâla. * Cassia lanceolata Forsk. Plaine de Mäla. Acacia Edgeworthii T. Anders. Plaine de Mâla. Acacia eburnea Willd. Vallée de Goldmore. Acacia hamulosa Benth. Plaine de Màla. * Acacia lsæta R. Br. Ravins au sud-ouest de la tour du Silence, cirque de Cham-Cham. Kissenia spathulata R. Br. Commun dans la plaine de Mäla. Le fruit, couronné par cinq ailes membraneuses provenant des lobes du calice-accrescent, est enlevé par les vents et vient s’accumuler dans les dépressions sablonneuses, où l'on peut le recueillir en abondance. J’en avais rapporté au Caire un grand nombre, espérant obtenir des semis de cette rare Loasacée, qui est une des curiosités botaniques d’Aden. Mais les essais tentés au jardin bota- nique de l’École de médecine de Kasv-el-Aïn par M. le professeur Sickenberger n’ont pas donné de résultat. Cucumis Prophetarum L. Très commun dans la plaine de Màla. * Rhynchoearpa Courboni Naud. Cirque de Cham-Cham. — Vallée de Goldmore. Je dois faire ici quelques réserves sur l’exactilude de la détermination spécifique de cette plante, dont la végétation étaitencore trés peu avancée ‘390 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. au moment de mon départ d’Aden (9 avril). Je n’ai pu me procurer que des exemplaires à peine feuillés, sans fleurs ni fruits. Je les rapporte provisoirement, avec doule, au R. Courboni; mais ils présentent égale- ment de grandes analogies avec le R. Gijef, dont ils diffèrent toutefois par la pubescence des rameaux. * Trianthema pentandrum L. Plaine de Scheik hOsman. Ptychotis arabiea T. Anders. Région sud-est du cirque de Cham-Cham. Oldenlandia Schimperi Doiss. Plaine de Màla. — Vallée de Goldmore. Vernonia atriplicifolia Jaub. et Sp. Plaine de Màla. — Vallée de Koosaf (cirque de Cham-Cham). Iphionia scabra DC. Plaine de Mäla. Hochstetteria Schimperi DC. Plaine de Màla. Zollikoferia massavensis Boiss. Ravins au sud-ouest de la tour du Silence (cirque de Cham-Cham). Salvadora persica Garcin. Très commun dans la plaine de Màla et sur le revers nord des mon- tagnes de Cham-Cham. Cette plante, dont le nom arabe usité à Aden est Räk, est très recher- chée par les indigènes qui en mangent les baies et se servent des rameaux lignifiés pour se frotter les dents, qu’ils ont d’une blancheur éclatante. Ces usages locaux diffèrent notablement de ceux que Forskahl a pu obser- ver dans l’Yemen (Forsk. Flora ægyptiaco-arabica, page 32.) * Dobera glabra Juss. Dunes, au débouché des ravins, sur le revers sud-est du gebel Hussan. Adenium obesum Rœm. et Sp. Revers nord des montagnes de Cham-Cham, au-dessus de la plaine de Màla. Région sud-est du cirque. Rochers près de la montée du Séma- phore. Assez commun dans tous les escarpements. — Cette plante est très recherchée, à cause de sa forme bizarre et de ses belles fleurs roses, pour orner les petits jardins de Steamer-Point. Steinheilia radians Decsne. Plages sablonncuses au débouché des vallées du sud-ouest (massif de Cham-Cham). DEFLERS. — FLORE DES MONTAGNES VOLCANIQUES D'ADEN, 351 * Calotropis procera KR. Br. Plaine de Mäla. Il est remarquable que cette belle plante, si vulgaire dans toute la haute Egvpte et la Nubie, n'ait pas été aperçue par Anderson, bien qu'elle forme dans la plaine de Mäla des buissons de 2 mètres de hau- teur, visibles de la route qui conduit de Steamer-Point à Aden-camp. Peut-être l'espèce a-t-elle été récemment introduite, et provient-elle de graines apportées par les boutres arabes, dont le mouillage est précisé- ment en face de la plaine de Mâla. Glossonema Boveanum Decsne. Revers nord des montagnes de Cham-Cham : éboulis au-dessus de Ja plaine de Màla. Intérieur du cirque : vallée de Koosaf et ravins au sud- ouest de la tour du Silence. Collines de Steamer-Point. Vallée de Gold- more. — Très-commun partout. “ Boucerosia Forskahlei Decsne. Vallée de Goldmore. Convolvulus sericophyllius T. Anders. Éboulis, versant sud de la vallée de Koosaf (cirque de Cham-Cham). Convolvulus glomeratas DC. Plaine de Mäla. * Tournefortia subulata Hochst. Région sud-est du cirque de Gham-Cham. Heliotropium strigosum Willd. Plaine de Mäla. — Cirque de Cham-Cham. — Vallée de Goldmore. * Heliotropium pterocarpum Hochst. Plaine de Scheikh Osman. kycium europæum L. Ravins au sud-ouest du Silence (cirque de Cham-Cham). — Arabe : Aoussah. * Schweinfurthia pterosperna À. Braun. Plaine de Mâla. — Cirque de Cham-Cham. — Commun partout. Anticharis arabica Endi. Colline du Télégraphe. Campylanthus junceus Edgew. Plaine de Mäla. — Vallée de Koosaf (cirque de Cham-Cham). Blepharis edulis Pers. Cirque de Cham-Cham, entre la vallée de Koosaf et le commencement de [a montée du Sémaphore. 392 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 18385. Bouchea marrubiifolia Schauer. Plaine de Màla. * Orthosiphon Ehrenbergii Vatke. Plaine de Màla. — Collines de Steamer-Point, — Vallée de Koosaf (cirque de Cham-Cliam). Lavandola setifera T. Anders. Je complète la diagnose de cette espèce rare, qui n’est décrite que par- tiellement dans le Florula adenensis. Pedalis et procerior; caulibus virgatis, erectis 6-costato-striatis, sub- aphyllis, pilis albis reflexis parce obsitis, demum glabris ; foliis oblongis, in petiolum attenuatis, aliis integris rotundatis, aliis pinnatisectis, visci- dulis, hirtis ; spicis ovatis vel parum elongatis, solitariis, longe pedun- culatis ; bracteis alternis, unifloris, membranaceis, basi dilatatis, longe setaceis, infimis calyce æquantibus vel brevioribus, supremis illo sub- duplo longioribus ; calyeis oblongo-cylindrici, velutini, 15-nervii, denti- bus 5 fere æqualibus, triangularibus, ciliatis et apice breviter barbatis, tubo 3-4-plo-brevioribus ; corollæ velutinæ violaceæ, lubo duplo vel ses- quilongiore. — %. Plaine de Mäla. — — Éboulis au pied des contreforts de Cham-Cham. Statice axillaris Forsk. Plaine de Màla : éboulis. * Salsola Bottæ Nob. — Halothamnus Bottæ Jaub. et Spach. Cratère de Cham-Cham, dans la vallée de Koosaf et dans les ravins à l’ouest de la tour du Silence. — Rare. Mes spécimens diffèrent assez sensiblement, par leur port, de l’exem- plaire type que j'ai pu voir dans l’herbier du Muséum. Ils ont des ra- meaux beaucoup plus grêles et moins étalés. Néanmoins ils répondent parfaitement à la diagnose très détaillée donnée par Jaubert et Spach (Illustr. If, tab. 136). Les buissons que j'ai observés, sur les éboulis du cirque de Cham-Cham, avaient un peu plus de 1 pied et 4/2 de hauteur. * Atriplex farinosum Forsk. ‘ Plage à l’est de la plaine centrale du Gebel Hussan. Œrva javanica Juss. Plaine de Màla. Saltin papposa Moq. Cirque de Cham-Cham, dans les ravins à l’ouest de la tour du Silence. * Boerhavia verticillata Poir. Plaine de Mäla, sur les éboulis, au pied des contreforts de Cham-Cham. Intérieur du cirque, près de la montée du Sémaphore. DEFLERS. — FLORE DES MONTAGNES VOLCANIQUES D'ADEN. 353 Boerhavia elegans Choisy. | Plaine de Mäla, sur les éboulis, au pied des montagnes de Cham- Cham. Cirque de Cham-Cham, dans les vallées de Biggari et de Koosaf dans les ravins à l’ouest et au sud-ouest de la tour du Silence. — Très commun partout. Euphorbia Schimperi Presl. Plaine de Màla. — Vallée de Koosaf, — Commun partout. Eaphorbia arabica Hochst et Steud. Plaine de Mâla. Euphorbia cuneata Vahl. Vallée de Goldmore. Euphorbia systyla Edgew. Plaine de Màla. — Vallée de Biggari. * Euphorbia polyenemoides Hochst. Vallée de Koosaf, dans le cirque de Cham-Cham. * Euphorbia.... Species non sat nota. Vallée de Goldmore. Je n’ai pu obtenir d'échantillons fleuris et fructifiés de celte espèce frutescente, qui se rapproche, par le port, de l'Euphorbia dendroides L. Phyllanthus madeiraspatensis L. Vallée de Goldmore. Crozophora obliqua A. Juss. Cirque de Cham-Cham, dans la vallée de Biggari. Jatropha spinosa Vahl. Plaine de Màla. — Cirque de Cham-Gham. * Forskahlea viridis Elr. Vallée de Goldmore. Pancratium tortuosum Herb. Cirque de Cham-Cham. * Littonia minor Sp. NOV. Humilis ; caule simplici, erecto, strialo, glabro, ad medium foliato ; foliis sessilibus, late insertis, oblongo-lanceolatis, acutiusculis, interduin iter recurvis et quasi uncinatis, subpuberulis, glabris, læte ad verticillos distantes 4-5 verticillatis, supremis dense 2, interdum 3-4 ver- —) apice brev viridibus, infimis, stan sparsis ; floribus ebracteatis, terminalibus, sæpius ( ve ticillatis, erectis, longe pedunculatis ; perigoni canpanulati, albi, vel violacei, diu persistentis, phyllis æqualibus, à basi valde liberis nec cou- T. XXXIL (SÉANCES) 23 304 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1835. crescentibus, lanceolatis, e medio in unguem attenuatis ; ungue involuto, basi saccato, ad margines fimbriato et prope basin auriculis 2 nectari- feris, fuseis, auclo; staminibus 6, hypogynis, perigonii sublongioribus; filamentis subulatis, erectis; antheris ad medium, vel paulo infra medium affixis; loculis a latere dehiscentibus ; stylo indiviso, tenui, superne sub- incrassato, apice in stigmata recurva brevissime tricuspidato, erecto, an- theras superante ; ovàrio oblongo, sessili ; capsula.. — %. 3-5 pollicaris; folia 2-3 poll. long., 1 1/2 à 2 1/2 lin. lata, peduncul. 8-10 lin. long.; perigonii phylla 1-poll. long., 3 lin. lat. Répandu à profusion sur les éboulis trachytiques, au pied des derniers contreforts sud-est du gebel Hussan. Onglet | tubulaire. | Oreillettes.................. Sac (réservoir du nectar).... Cette espèce ressemble beaucoup, par le port, au Littonia Revoil Franch., dont j'ai pu voir les spécimens au Muséum, grâce à la bienveil- lante obligeance de M. Franchet. Elle s’en distingue par sa taille plus exiguë, la disposition nettement verticillée des feuilles inférieures, la couleur blanche violacée des fleurs, mais surtout par l'indépendance complète des pièces du périanthe, qui sont libres jusqu’à la base, et par l'intégrité du style, dont les pointes stigmatifères sont à peine visibles sans le secours de la loupe. Les pièces du périanthe présentent une dis- position remarquable que j'ai essayé de figurer par le croquis ci-contre : L’onglet s’enroule vers l’intérieur en forme de gouttière dont les bords sont frangés de fimbrilles entrecroisées. Vers la base, ces bords sont gar- nis de deux oreillettes presque semi-circulaires, de couleur brune, qui, sans doute, constituent des nectaires. Enfin l'onglet est prolongé, au- dessous de son insertion, par un sac où vient s’amasser le nectar. DEFLERS. — FLORE DES MONTAGNES VOLCANIQUES D’ADEN. 399 Le point d'insertion des anthères sur les filets n'est pas conslant : en général, les anthères sont affixées au milieu de la longueur du connectif : quelquefois, sensiblement au-dessous du milieu, vers le tiers inférieur ; plus rarement l'insertion est située au-dessus du milieu. La longueur du Style est aussi très variable : le plus souvent il dépasse les élamines : mais, sur certaines fleurs, il atteint à peine les deux tiers de la hauteur des filets. D'ailleurs ces différences me paraissent dépendre de simples particularités individuelles plutôt que d'un cas d'hétérostylie normale. * Uropetalum erythrsæum Boiss. Gebel Hussan : sables, Cyperus conglomeratus Rotth. Plaine de Mäla ; vallée de Goldmore : sables. Tricholæna Teneriffæ Parlat. Plaine de Màla. Pennisetum ciliare Link. Ravins dans le sud-est du cirque de Cham-Cham. * Andropogon foveolatus Del. Plaine de Mâla. Aristida Adscensionis L. Plaine de Màla : éboulis au pied des montagnes. * Aristida caloptila Boiss. Plaine de Màla : éboulis au pied des montagnes. Tetrapogon villosus Desf. Cirque de Cham-Cham : près de la montée du Sémaphore et dans les ravins au sud-ouest de la tour du Silence. Dactyloctenium sægyptiaceum Desf. Cirque de Cham-Cham, à la montée du Sémaphore. — Vallée de Gold- more. * Desf Andropogon laniger . Ravins du gebelÿHussan. Æluropus mueronatus AsCh. Plaine de Scheikh Osman. Ephedra foliata Boiss. et Ky. | Cirque de Cham-Cham : ravins à l’ouest de la tour du Silence. En résumé, la liste qui précède comprend 107 espèces, dont 36 environ ne paraissent pas encore avoir lé signalées dans la ‘localité. Parmi ces dernières, 2 sont nouvelles, et 2 autres, encore douteuses, n'ont pu, faute ? de spécimens fleuris et fructifiés, être déterminées en toute certitude. 396 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. Je dois adresser ici des remerciements tout particuliers à M. le D' G. Schweinfurth, qui m'a ouvert libéralement sa bibliothèque et les tré- sors de son incomparable herbier. C’est à lui que sont dues la plupart des déterminations, et il a bien voulu vérifier le petit nombre de celles que j'avais pu faire personnellement. Tous les spécimens d’espèces déjà décrites ont été comparés avec soin à des types bien déterminés et provenant souvent de contrées très di- verses. Quant aux espèces nouvelles, je me borne, dans ce premier travail sur la flore d'Aden, à en donner les diagnoses, sans y joindre de figures, me réservant de les dessiner, d’après des spécimens frais, au cours d’une exploration plus complète que je compte entreprendre au printemps pro- chain dans cette région peu connue de l’Arabie tropicale. M. Malinvaud signale le mérite du travail de M. Deflers. Il fait remarquer que ce zélé botaniste, explorateur actif d’une région intéressante encore peu connue et étudiant lui-même ses récoltes avec beaucoup de soin, montre qu’il possède également deux apti- tudes précieuses qui sont rarement réunies. Messieurs les Secrétaires donnent lecture des communications suivantes : RÉFUTATION DE L'OPINION DU D: EUGEL TOUCHANT LES QUALITÉS COMESTIBLES DE L'AMANITA MUSCARIA Fr., par M. F. SARRAZIN. Le journal le Soir a récemment publié, sous le titre de Conseils d'hygiène, un article dans lequel M. le D' G. Eugel dit, entre autres choses três correctes sur les caractères botaniques, criterium le plus sérieux à interroger pour choisir entre les bonnes espèces de Champi- gnons ct les mauvaises, quelques énormités qu’il est du devoir des myco- logues de ne pas laisser passer sans protestation. L'auteur dit d’abord : « Sous le rapport des effets produits par les Champignons, on doit admettre que le climat et la localité dans laquelle ils poussent jouent un certain rôle. » Voilà une erreur grave. N’en déplaise à M. Eugel, que je n'ai pas l'honneur de connaître et que je tiens pour un conseilier de très bonne foi, je me permettrai de le contredire en répélant, avec M. le D' L. Planchon (1) : Le climat, l'exposition, la na- ture du sol, n’ont absolument pas d'influence sur les qualités des Champi- gnons. Les Champignons toxiques en France le sont aussi en Allemagne. (1) Les Champignons comestibles et vénéneux au point de vue économique et médi- cal, par M. le D' L. Planchon. Montyellier, 1883. (Voyez Revue mycologique, tome VI, page 52.) SARRAZIN. — SUR L'AMANITA MUSCARIA. 397 Telle espèce préférera un sol à l’autre ; mais, Où qu'elle ait poussé, elle y conservera ses propriétés pernicieuses où bienfaisantes. — M. Eugel ajoute, pour compléter sa pensée touchant les influences dontil s'occupe : « Ainsi, en Russie, par exemple, on mange presque loutes les espèces de Champignons. » Cette autre énonciation est trompeuse. Il est bien vrai qu'en Russie on mange des Champignons considérés à bon droit chez nous comme sus- pects, même comme vénéneux : mais, chez les Russes, comme chez cer- tains autres peuples qui se nourrissent indistinctement de tous les Cham- pignons qu'ils rencontrent, cette innocuité est due à l’action des pro- cédés de préparation. On sait que le sel ou le vinaigre ont pour effet de débarrasser la plupart des Champignons de leur principe toxique (1). En Russie, les Champignons sont constamment conservés dans le sel, et cela suflit pour rendre la fausse Oronge inoffensive. Vadrot, dans sa thèse de Paris, qui remonte à l'année 1818, rapporte, au sujet de la consomma- tion de cette dernière espèce, que l’eau bouillante, le vinaigre et le muriate de soude sont les agents que les Russes emploient le plus fré- quemment. Dans les Cévennes, on consomme la fausse Oronge, mais après lavoir fait bouillir longtemps, et l’on a soin de rejeter l’eau qui a servi à cette préparation. Or le Champignon qui a subi une ébullition pro- longée n’est pas précisément ni agréable, ni nutrilif, Après avoir appelé l'attention des amateurs de Champignons, des mycophages surtout, sur l’importance qu'il y à à ce qu'ils ne négligent pas de connaître l’âge de l'espèce à utiliser par eux, M. Eugel donne un exemple, et c’est cet exemple lui-même, moins le fond de son conseil (2), que nous condamnons neltement. Il dit : « L'Amanita muscar ia n'esl pas vénéneuse quand elle est jeune, mais elle devient en vieillissant un poison des plus redoutables, » Le fait est inexact. L'auteur aurait pu tout au plus avancer que l’effet toxique était plus lent par l'emploi de jeunes (1) Les expériences de Gérard qui ont porté sur l'A. muscaria, notamment ques sur une macération de 500 grammes de Champignon pendant deux heures dans un litre contenant trois cuillerées de vinaigre ou deux cuillerées de sel, puis sur la mise en ébullition pendant un quart d'heure dans une eau qu’on rejette eneuite, son for remare quables, et méritent qu'on les utilise dans les années de disette, ras es ppt gnons deviennent, pour la contrée où ils se présentent, une ressouree sxeus re n ce dernier point de vue que le préfet dont M. Eugel critique, dans le jour pou a Soir, l'instruction populaire, a dù recommander « l’eau vinaigrée à n Gard ire jadis Cadet-Gassicourt, un des rapporteurs de l'examen du procédé de G : indicati i firait d’ dence pour occasion- épi dication, car il suffirait d’une impru ou PSE ApER mm vers itement conseillé par Gérard oint de vue, le tra ner de grands malheurs. » À un autre poin », um enlève M Champignon ses principes nutritifs et en fait un aliment filandreux, coriace, é ble ! sans sav 1e, enfin un manger détestable : : “(2 Les Champigi ï es, et même les plus connus, occasionnent des 2) Les Champignons réputés comestibl mnent des nes idents réels d'intoxication lorsque ces Champignons sont {rop avañces, me que la putréfaction commence à se montrer chez eux. 358 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. Champignons. Deux grammes de Champignons adultes ont fait mourir les moineaux en trente minutes, tandis que la même quantité du même Champignon très jeune a exigé cinquante-cinq minutes pour produire le même effet toxique. La dose du poison varie selon la force de résistance du sujet mis en expérience, et quelquefois par chaque individu. Je trouve cette indication dans les récentes études de M. le D' L. Planchon. « Il a fallu, dit cet estimable observateur, au moins 8 centigrammes de musea- rine pour tuer un chien de taille moyenne, et un peu plus encore pour tuer d’autres chiens. » Le stipe est la partie du Champignon dont l’action toxique est toujours plus considérable, les lames ensuite, et le chapeau est la portion relativement la moins chargée du principe vénéneux. J'ai acquis la certitude, et le fait est corroboré par la vérification à laquelle s’est livré M. Planchon, que l'Amanita muscaria desséché ne perd nul- lement le principe toxique qui existe dans le Champignon frais. Dégagée des faits contestables ou inexacts au point de vue de la saine doctrine mycologique que je viens d'indiquer, je me rangerai maintenant à la conclusion de l’article de M. le D' Eugel : « Avant de faire usage des Champignons, il faut bien connaître les caractères botaniques qui distin- guent les espèces, et rejeter tous ceux qui paraissent douteux. » Cette conclusion mérite d’être retenue. LETTRE DE M. Hi. LORET À M. E. MALINVAUD. Monsieur le Secrétaire général et cher confrère, Vous voulez bien me demander si la seconde édition de la Flore de PHérault paraîtra prochainement et si les différences avec la première seront très nombreuses. Cette nouvelle édition paraîtra en mars prochain. Je donnerai dans l’Avant-propos les explications suivantes, que vous pouvez communiquer à la Société si vous le jugez opportun. Quand j'arrivai à Montpellier, il ya vingt-six ans, avec le projet d’y passer à l’avenir tous mes hivers, M. Barrandon, que sa profession obli- geait à parcourir souvent l’arrondissement dont cette ville est le chef- lieu et qui depuis longtemps avait entrepris d’en faire la Flore, me montra quelques pages de son travail, en me demandant mon avis. Quelque temps après, il me pria de lui prêter mon concours, et je finis par ac- cepter son offre, à condition que, selon l’usage des botanistes français, nous substituerions à l’arrondissement, auquel il s'était borné, le dépar- tement tout entier. Je m’aperçus bientôt que, contrairement à mes prévisions, les plantes des Cévennes de l'Hérault manquaient presque toutes à nos herbiers LORET. — SUR LA SECONDE ÉDITION DE SA FLORE DE L'HÉRAULT. 359 publics. Nos anciens professeurs, en effet, bornaient presque toujours leurs herborisations au littoral et à la région de l’Olivier, et n’en sortaient suere que pour explorer l’Aigoual et l'Espérou, qui appartiennent au dé- partement du Gard. De là l'obligation où je me trouvai, pour réunir les matériaux d’une Flore départementale, d'aller, pendant près de dix ans, passer {ous mes étés dans les portions du Larzac et de l'Espinouse, qui appartiennent à l'Hérault. Les hivers des mêmes années furent consacrés par moi à explorer tous les herbiers de nos Facultés, et, après ces préli- minaires indispensables, deux hivers suffirent à la rédaction de la Flore, dont l’impression fut achevée vers la fin de 1875. Sur 800 exemplaires auxquels se borne l'édition, nous en gardàmes une vingtaine; le Conseil général, qui voulut bien prendre cette Flore sous son patronage et concourir à sa publication, en prit 80 exemplaires, et les 700 exemplaires restants furent vendus par nous à un libraire de Montpellier. Nous passàmes avec notre acquéreur un compromis qui nous autorisait à publier la deuxième édition quatre ans après la mise en vente de la première, c’est-à-dire au commencement de l’année 1880, ou même avant les quatre ans révolus, si l’édition s’épuisait avant la fin de ces quatre années. Voilà donc plus de six ans que ce droit nous appar- tient; mais nous n'avons pas voulu en user plus tôt, car le temps nous a toujours paru être l’élément indispensable des bons écrits. C'est dans les sciences d'observation surtout que deux süûretés valent mieux qu'une et qu’il y a imprudence pour un auteur à publier hâtivement ses élucubra- tions. Cette conviction, que nous devons principalement à la lecture des travaux souvent prématurés qui pullulent aujourd’hui, a toujours guidé notre plume,et, comme une première édition est toujours loin d'être parfaile, nous n’avons pas craint de prendre trop de temps pour épurer suffisamment la nôtre. C'est, selon nous, l'oubli de cette sage lenteur qui permet de dire, avec M. Alphonse de Candolle, que les Flores locales sont généralement aujourd’hui nos plus mauvais livres de botanique. L Dès l’apparition de notre premier travail, M. Barrandon ayant rédigé et signé un acte de renonciation à la deuxième édition, si jamais elle avait lieu, cette deuxième édition, conformément à nos conventions, ne por- tera qu’une seule signature. L … | fois à Mon plan est toujours le même, et l'étendue que j'ai donnée autrefois à mon introduction, dont on me permettra de recommander ici la lecture, me dispense d’entrer dans de longs détails. Toutefois certains passages de cette introduction, qui date de dix ans, réclament aujourd hui plus de développement et deux observations devenues nécessaires. Disons un mot d’abord sur la note qu’on lit au bas de la page XVI, note où il est ques- tion des genres de culture que le phylloxéra va introduire chez us et, par suite, de la transformation probable de notre flore. Les prévisions 300 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. que je formulai à cette époque ne se sont réalisées qu’en partie, car on ne pouvait espérer alors que des ceps d’Amérique remplaceraient avec tant de rapidité nos vignes indigènes. Une chose plus difficile encore à prévoir avant qu’on connût les pro- priétés physiques et antiphylloxériques des terres sablonneuses, c'est que tout notre cordon littoral allait se couvrir de vignobles, et que d'immenses défrichements dans le plus beau domaine des botanistes leur arrache- raient bientôt des larmes, en comblant de joie les viticulteurs. Déjà nos herborisations favorites des bords de la Méditerranée sont devenues moins fructueuses; les espèces spéciales que nous y recueillions autrefois avec bonheur sont aujourd’hui beaucoup plus rares, et l’on peut prévoir que, dans un avenir peu éloigné peut-être, quelques espèces seront impitoya- blement détruites au milieu de ces sables où la bêche ne leur avait jamais fait la guerre. Ce sera le cas de dire alors que, aux yeux des botanistes au moins, la propriété sera devenue une sorte de vol; car, tout en redou- tant les cultures trop soignées, nous n’avions jamais craint que, dans les sables maritimes, le fer du vigneron devint un jour pour nous plus enva- hissant et plus funeste que les vagues les plus furieuses. Je crois avoir introduit dans cette deuxième édition, que j’ai améliorée de mon mieux, tout ce qu’on a découvert de nouveau chez nous depuis dix ans (1) : pour ceux qui croiraient à quelque omission de ma part, je dois dire que j'ai négligé volontairement quelques espèces en très petit nombre, parce que je n'avais pas une confiance suffisante dans l’authen- ticité de certaines récoltes, ou que je ne croyais pas les espèces en ques- tion suffisamment naturalisées. J’ai ajouté à cette édition un assez grand nombre d’espèces, dont une partie est due à des botanistes du Gard, de l’Aude et du Tarn, qui, à ma prière, ont herborisé sur nos limites et m'ont adressé leurs plantes. Je voudrais m'abstenir de communiquer les espèces supplémentaires avant l’apparition de la Flore, ainsi qu'un certain nombre d'observations qui m'ont paru utiles. Je puis cependant nommer une plante des bords de l'Océan qui s’est aventurée à quelques kilomètres de Montpellier, sur un terrain anciennement salé, et qui a été découverte par M. l'abbé Lacassin. Je veux parler du WMatricaria inodora 8. salina (Chamæmelum inodorum 8. salinum Reichb. Je. fl. germ. XXE, t. 94, fig. 11; Chrysanthemum inodorum B. maritimum L., Sp., p. 1253). Notre plante a des carac- (1) J'ai augmenté cette seconde édition de 4 genres, 17 espèces, 2 hybrides, 17 va- riétés et de nombreuses observations. J'ai supprimé 7 espèces de la première édition, changé le nom de 38 espèces, tout cela, pour des raisons qui m'ont paru péremptoires et qui seront ratifiées, je l'espère, par les botanistes qui se tiennent au courant de la phytographie et dont l'opinion, par suite, fait autorité. {Note communiquée par l'auteur el ajoutée pendant l'impression.]| D. CLOS. — PLANTES DES ENVIRONS DE SORÈZE. 301 tères qui permettraient peut-être de l’élever au rang d'espèce; mais, à une époque où l’on publie tant d'espèces d'auteurs où la nature n’est pour rien, nous croirions nuire à Ja science en décidant prématurément cette question, qui réclame une étude expérimentale. Nous en faisons provisoirement, et jusqu’à ce que nous connaissions les résultats de la culture, une variété du Matricaria inodora, et nous préférons la nom- mer, avec Reichenbach, var. salina et non var. marilima, de peur qu'on ne confonde cette variété maritime du Matricaria inodora (Chrysan- themum inodorum B. maritimum L.) avec le Matricaria maritima L. des bords de l’Océan, que Koch, Boreau et d’autres bons auteurs consi - dèrent comme une espèce distincte. SUR LA VEGÉTATION D'UN COIN MÉRIDIONAL DU DÉPARTEMENT DU TARN (MONTAGNE NOIRE), par M. D. CLOS. Si l’on jette les yeux sur la carte botanique de France placée par de Candolle en tête du tome IL de la 3° édition de sa Flore française, On y voit une région teintée en rouge carmin et destinée, dit l’auteur, € à représenter l’espace occupé par cette classe de plantes que je nom- merai volontiers plantes méditerranéennes, parce qu'elles se retrouvent dans presque tous les pays qui entourent la Méditerranée » (Explic. de la carte). La petite ville de Sorèze (Tarn) y figure au versant nord, et le village de Villemagne (Aude) au versant sud. La ligne de démarcation de la région méditerranéenne y passe par le village de Lespinassière (canton de Peyriac-Minervois, Aude), à une assez grande distance à l'est de Sorèze. Cette dernière ville, à l'extrémité méridionale du département du Tarn, et occidentale de la montagne Noire, vers 19°4' de longitude et 43° 29° de latitude, n’est éloignée que de 4 kilomètres environ des limites des dé- partements de la Haute-Garonne et de l'Aude. Mais le botaniste qui, par- tant de Sorèze, veut trouver dans ce second département d'assez nom- breux représentants de la région méditerranéenne, doit traverser ui chainon de la montagne Noire, mi-partie dans le Tarn et dans l'Aude, en passant par le village des Cammazes (Tarn), par exemple ; et, ae de Villemagne, dans la direction des villages de Cenne-Monestiès, Ferrals, Saint-Papoul, Villespy, Carlipa, tous dans ] Aude, et au bas du versant méridional de la montagne, distants de 15 à 20 kilomètres de Sorèze, il pourra cueillir Aphyllanthes monspeliensis, Quereus coccifera. Th pt us vulgaris, Lavandula Stæchas, Coris monspeliensis, Clematis f qe mula, Daphne Gnidium, et quelques autres espèces lout aussi caracté- ristiques de cette région. | Grenier et Godron, suivis par Boissier (Flora Orientalis) et par 362 SÉANCE DU 13 NOVEMBRE 1885. MM. Willkomm et Lange (Prodr. flor. hisp.), assignent, entre autres, à cetterégion méditerranéenne deux espèces de Chicoracées, Urospermum Dalechampii, Picridium vulgare, au sujet desquelles j'ai l’honneur de soumettre à la Société les résultats d’une herborisation récente. 4° Urospermum Dalechampii Desf. vient communément à Toulouse, où je le fais cueillir chaque année en été, à mes élèves, notamment le long du canal dit de Brienne. On le retrouve, mais très rare, dans l'Aveyron (Bras) et dans le Tarn-et-Garonne (Lagrèze-Fossat). De Martrin- Donos le dit assez rare dans le Tarn (Florule, 399). Je l’y avais observé depuis longtemps, avec son faciès ordinaire, aux environs de Sorèze, spé- cialement dans la vallée dite de la Mandre, lorsque, vers le milieu d’oc- tobre dernier, explorant le versant sud de cette extrémité occidentale de la montagne Noire, qui, sous forme d’un mamelon haut de 250 à 300 mè- tres et de 560 mètres d'altitude, appelé Bernicaut, sépare Sorèze, au nord, du village de Durfort, au midi (localités distantes à peine de 3 kilo- mètres), je trouvai en fleur, vers le milieu de la pente abrupte qui sur- monte la seconde et parmi les rochers, de nombreux pieds d’un Urosper- mum rabougri que j'hésitai à rapporter à l’'U. Dalechampii. La plupart n'avaient qu’une hampe ou tige florale entièrement nue et indivise, d’une longueur comprise entre 3 et 10 centimètres. N'ayant vu ce type, ni signalé dans aucun des ouvrages descriptifs consultés par moi à cet égard, ni représenté dans les herbiers, je l’ai considéré comme varietas scaposa de l’espèce. 2° Picridium vulgare Desf. — La présence de cette espèce, bien autre- ment méridionale, exactement dans la même localité restreinte, en pieds interposés et en nombre à peu près égal à ceux de la précédente, me paraît d’autant plus intéressante au point de vue de la géographie bota- nique, qu’elle n’est inscrite ni dans la Florule du Tarn de Martrin-Donos, ni dans la Nouvelle Flore du Tarn de M. J. Bel, publiée en 1885, ni dans les Flores de deux des départements limitrophes, la Haute-Garonne (Flore toulousaine d’Arrondeau, Flore de Toulouse de M. Noulet) et le Tarn- et-Garonne (Flore de Lagrèze-Fossat) (1). Malgré l’écart que dévoile cette nouvelle station, c’est bien une plante de la région méditerra- néenne, tandis que l’Urospermum cité croît, comme l’a dit de Candolle (Flore française, t. TV, p. 62), dans les vignes et les prés des provinces méridionales. Ces deux Gomposées se trouvaient là en compagnie de Quercus Ilex, (1) J'avais cru pouvoir y joindre aussi l'Aveyron, d’après Bras, quand je vois le Picridium vulgare figurer dans une note complémentaire des plantes de ce département, publiée par M. Ivolas dans le dernier numéro paru en novembre 1885 de ce Bulletin {t. XXXIT, p. 289); et M. Timbal-Lagrave m'apprend aussi qu'il a cueilli cette espèce sur les coteaux d’Avignonnet (Haute-Garonne), non loin des limites du département de l’Aude. D. CLOS. — PLANTES DES ENVIRONS DE SORÈZE. 363 Euphorbia Characias, Fumana Spachii, Potentilla demissa Jord., Scilla autumnalis, Spiranthes autumnalis, etc., et, immédiatement au-dessous de cette zone, dans les haies du sentier qui, contournant la montagne, relie Sorèze à Durfort, on peut cueillir Asparagus acuti- folius, Rhamnus Alaternus, Jasminum fruticans, Bupleurum jun- ceum, escortés de Doronicum Pardalianches, Vinca minor, Campa- nula Trachelium, Arabis Turrita (1). Et si, après avoir dépassé ce dernier village, dès l'entrée de la vallée de Durfort, on traverse le Sor, on observera, le long d’un autre sentier rocailleux, Corydalis solida (au printemps), et un peu plus haut, à l’entrée de la forêt : Asphodelus albus, Lilium pyrenaicum, Scilla Lilio-Hyacinthus, Arum maculatum, Senecio spathulæfolius, Aquilegia vulgaris, Cephalanthera ensifolia, Lysimachia nemorum, Chrysosplenium oppositifolium ; et, vers le haut de la vallée, Senecio adonidifolius, Leucanthemum varians Martr.-Don., Helichrysum serotinum, Prenanthes purpurea, Antirrhinum Asarina, Digitalis purpurea, Erica scoparia, Hutchinsia petræa, Hesperis ma- tronalis, Nasturtium pyrenaicum, Asplenium septentrionale. Un botaniste de Sorèze, M. Barthès, a trouvé dans les environs de celte ville quelques pieds isolés de Galium saccharatum, Scandix australis, Veronica Cymbalaria, etles coteaux calcaires qui la séparent du bassin de Saint-Ferréol (un des réservoirs du canal du Midi) por- tent Catananche cœærulea, Stæhelina dubia, Teucrium montanum, T. Polium, Ononis Natrix, O. minutissima, Dorycnium suffruticosum, Helianthemum pulverulentum. On pourrait être étonné de rencontrer le long des murs extérieurs de Sorèze, longeant le ruisseau Orival, Roubieva multifida Moq. (2), Lina- ria genistæfolia, Caryolopha sempervirens. Mais le collége de Sorèze avait autrefois en ce lieu une école de botanique, d’où sont sorties les graines de ces espèces. Elles s’y maintiennent depuis de longues années ; le Roubieva seul a montré quelque tendance à s'étendre, mais à une courte distance, cette Chénopodée se comportant là comme à Montpel- lier, où, d’après MM. Loret et Barrandon, «elle ne s’éloigne pas du Port Juvénal » (Flore de Montpellier, p. 569). Je ne terminerai pas ces quelques notes sur les plantes de Sorèze sans dire un mot d’un type de Barbarea trouvé par moi dans la plaine non (1) Et au bas du versant qui esten face, Campanula persicifolia, avec sa variété erio- à calice laineux. . | a ne à été signalée là pour la première fois en 1847, par. Doumenjou (Herborisation sur la montagne Noire, pp. 17 et 264, sous le nom de Chenopos it multifidum L., et cet auteur se demande comment elle s’y est ratura isée, ne axant jamais vue au jardin botanique de Sorèze. Or elle figure dans un Catalogue manus( rit, de là main de mon père, le D’ J.-A. Clos, intitulé : Hortus gymnasii soriciniensis. anno 1804. Elle esi originaire du Pérou, du Brésil, de Buenos-Ayres. 364 SÉANCE DU 43 NOVEMBRE 1885. loin de cette ville, et que je n’ai pu d’abord rapporter à aucune des espèces, soit décrites ou figurées dans les ouvrages généraux de phyto- graphie, soit desséchées en herbier. Dans sa Nouvelle Flore du Tarn, M. J. Bel n’admet que trois espèces de ce genre: les Barbarea vulgaris, intermedia et patula. Gependant, dès 14862, dans ses Plantes critiques du Tarn, de Martrin-Donos faisait rentrer dans le B. intermedia une variété vicina aux siliques de 2-3 centimètres de longueur, surmontées d’un style épais. (p. 10). Deux ans après, il la rappelait dans sa Florule du Tarn, p. 45, mais sans l’élever au rang d'espèce, écrivant à la suite du B. præcox R. Br.: € Nous avons récolté une forme intermédiaire entre cette dernière espèce et le B. in- termedia Boreau, que nous avons distribuée à nos amis el correspondants sous le nom de B. vicina de Martr. Ses siliques n’ont que 2-3 centi- mètres de long, à style épais; elles sont courtes et épaisses comme celles du B. intermedia, et écartées de l’axe comme celles du B. præcox (1). » Dans son tout récent Essai sur la flore du Sud-Ouest, M. l'abbé Revel n’y voit aussi qu’une forme intermédiaire entre ces deux dernières, admet- tant comme autonomes les B. rivularis Martr., arcuata Rchb., inter- media Bor., precox R. Br. (pages 130-132). Après sérieux examen, je n’hésite pas à considérer comme une bonne espèce ce type qui n’est voisin d'aucune autre, et qu'il conviendrait peut- être d'appeler B. Martrinii; le nom de B. brachycarpa la désignerait à merveille, mais il a été appliqué par Boissier à une tout autre espèce, originaire d'Orient, et qui n’a pas les fruits plus courts qu’elle. Voici la diagnose de celle-ci : — Glabra; caule erecto, anguloso, striato; foliis cau- linis omnibus pinnatipartitis, lobis 4-5 jugis oblongis, integris, terminali majori elliptico-ovato dentato; ramis floralibus areuatis elongatis multi- foris; floribus ordinatim dispositis, parvis ; pedicellis subhorizontalibus, 9 millim. longis; siliquis patulis, 1-2 centim. longis; stylo brevissimo, stiymate capitato. Je suis heureux de pouvoir mettre sous les yeux de -mes confrères de la Société botanique des échantillons des deux Composées et de la Cru- cifére particulièrement signalées dans cette note. (1) Cette diagnose est suivie des indications: « R. montagne Noire, bords de la ri- sole de Lampy, près le Conquet ; Ambialet, Anglès, cn Redondet. — Mai-juin, Bisann. » SÉANCE DU 27 NOVEMBRE 1885. 365 SÉANCE DU 27 NOVEMBRE 1885. PRÉSIDENCE DE M. G. BONNIER, VICE-PRÉSIDENT. M. Costantin, vice-secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 13 novembre, dont la rédaction est adoptée. M. le Président, par suite des présentations faites dans la dernière séance, proclame membres de la Société : MM. Branc (Édouard), inspecteur adjoint des forêts à Tunis. présenté par MM. Deflers et Malinvaud. CALLAMAND, bibliothécaire des Facultés de Grenoble, pré- senté par MM. Bescherelle et Malinvaud. CosTE (l'abbé Hippolyte), professeur à l'institution Saint- Joseph, à Villefranche-de-Rouergue, présenté par MM. Loret et Malinvaud. FourrTau (René), étudiant, rue des Écoles, 19, à Paris, pré- senté par MM. Amblard et Malinvaud. François, instituteur communal à Porcheux, par Auneuil (Oise), présenté par MM. Malinvaud et Vendrvyès. Taierry, directeur du Jardin botanique de Saint-Pierre (Martinique), présenté par MM. Duval et Malinvaud. BELZUNG, agrégé des sciences naturelles, professeur au lycée Charlemagne, présenté par MM. Van Tieghem et Costantin. M. le Président annonce ensuite deux nouvelles présentations. M. Venance Payot, dans une lettre adressée à la Société, décrit les effets d’un terrible ouragan qui, s'étant abalu sur Chamonix le 12 novembre, a brisé des milliers de Sapins et de Mélèzes dans la forêt du Lavs. Notre confrère, en examinant les arbres renversés, a découvert deux faits Lératologiques dont il a été vivement frappé. Le premier est un Mélèze, du moins paraissant tel par le tronc et l'écorce, dont les branches sont celles d’un Sapin. Un peu plus loin, il a vu un second arbre hybride, du moins qu'il a considéré comme tel, représentant un Sapin dans sa partie inférieure jusqu’à Î mètre de hauteur et un Bouleau dans le reste de la tige et les branches. M. Malinvaud dit que les phénomènes signalés par M. Pavot sont 306 SÉANCE DU 27 NOVEMBRE 1885. des plus curieux, mais que, quelle que soit l’explication qu'on en donne, il est impossible d'admettre que le second soit le résultat d'une hybridation entre une Gymnosperme et une Angiosperme. M. Joseph Vallot partage sur ce point l'opinion de M. Malinvaud. Il rapporte qu’il a vu à Cauterets un vieux Sapin brisé à quelques mètres au-dessus du sol et devenu creux à sa partie supérieure ; dans le terreau qui s’y accumulait s'était développé un Sambucus racemosa dont la taille atteignait un mètre. Les faits observés par M. Payot étaient probablement dus à une cause analogue. M. G. Camus fait à la Société la communication suivante : SUR UNE VARIÉTÉ NOUVELLE DE POLYGALA CALCAREA, par M. @&. CAMUS. On saitque le Polygala calcarea de Schuliz se présente sous 4 formes : 1° Polygala calcarea à fleurs bleues (type). 2 — — à fleurs blanches, un peu plus rare que le type. 3 — — à fleurs blanches maculées de bleu (1). 4° — — à fleurs rouges. Je comprends ces 4 formes dans la variété pour laquelle je propose le nom de P. calcarea var. erecta par opposition à une seconde variété que je nomme P. calcarea var. prostrata. J'ai trouvé cette dernière variété à Champagne (Seine-et-Oise), sur le Montrognon, où elle est gazonnante et abondante, mais circonserite sur une pelouse rase, très aride, où ne poussent que le Thesium et le Ser- polet. Ses caractères sont d’avoir des racines subligneuses, des tiges tor- tueuses à la base et moins grandes que dans la variété erecta. Les feuilles radicales sont détruites de bonne heure, ce qui, joint à la nutation des types, donne à la plante un port particulier. Les fleurs sont roses, assez nombreuses et réunies en épis très serrés. M. Rouy fait à la Société la communication suivante : SUR L’AIRE GÉOGRAPHIQUE DE L'ABIES PINSAPO Boiss. EN ESPAGNE, par M. G. ROUY. A l'issue de notre dernière séance, j’entretins notre honorable président des doutes que j'avais relativement à la présence de l’Abies Pinsapo (1) Cette forme ne me parait pas être la transition de la première forme à la deuxième, mais être issue de leur croisement, car je ne l’ai jamais vue sans ses parents présumés. ROUY. — SUR L'AIRE DE L’ABIES PINSAPO. 367 sur la sierra Nevada, qu’il y avait cité d'après une communication faite à l'Académie des sciences par notre éminent collègue M. Duchartre, à l'occasion de la mort d’Edmond Boissier, dont le nom restera comme celui d’un des premiers botanistes du siècle. Toutefois, n'ayant que des doutes, je m’abstins alors de les signaler, me proposant d'en vérifier le bien fondé. Or, de mes recherches, il résulte que ni Boissier, ni MM. Will- komm et Lange n’ont mentionné le Pinsapo sur la sierra Nevada ; mais, comme on aurait pu l'y découvrir depuis la date de leurs publications, J'ai tenu à consulter également le Flora Forestal Española, magistral ouvrage publié en 1883, sous les auspices du gouvernement espagnol, par MM. M. Laguna, savant botaniste, inspecteur général du corps des ingé- nieurs de montagnes, et P. de Avila, ingénieur en chef du même corps. Je traduis ici le passage et l’annotation consacrés par ces auteurs à l'habitat du Pinsapo et à sa soi-disant présence sur la sierra Nevada : €... Le Pinsapo se rencontre spontané dans notre pays sur la sierra de Tolox ou de las Nieves et sur la sierra Bermeja (sierra de Estepona), dans la province de Malaga, et sur la sierra del Pinar (sierra de Graza- lema), dans la province de Cadiz; toutes trois font partie du massif oro- graphique désigné communément sous le nom de Serrania de Ronda, auquel appartient aussi la sierra de Alcaparain (district de Carratraca), sur le sommet de laquelle M. l'ingénieur Luis Heraso a vu une douzaine de Pinsapo mélés, comme sur la sierra de Estepona, à des Pinos negra- les (Pinus Laricio Poir.). » Nous n'avons point trouvé cet arbre et nous ne croyons pas qu'il existe sur la sierra Nevada, où il est indiqué dans quelques Flores (Henkel und Hochst. Syn. d. Nadehl, p. 166), ni encore bien moins dans les Pyré- nées, où l’a signalé Philippe (Flore des Pyrénées, IT, P 278). Dans les trois chaînes ci-dessus citées, dont la latitude est comprise entre 36° 20" et 36° 50/, le Pinsapo occupe une région dont les limites peuvent être fixées entre 4000 et 1800 mètres d'altitude... Sur la sierra de la Nieve ou de las Nieves, où se trouvent les principales agglomérations de Pin- sapo, on ne le rencontre qu'entre 1000 et 1500 mètres (1). » (1) L'indication du Pinsapo sur la sierra Nevada, mentionnée dans des livres publiés à l'étranger, provient sans aucun doute d’une confusion entre la sente ae ou de las Nieves (Ronda) avec la sierra Nevada (Granada) con sion ruse und an ger, mais qui serait impardonnable de la part d'un spagnol. mn. ee mprend pas comment sachant que Boissier, l’auteur de l'espèce, et qui a pa ; G k 15 sur la sierra Nevada, n’y a pas cité cet arbre, il se soit trouvé que qu'un pour | ini quer sur cette montagne. Nous-même, qui avons visité la sterra Nevada de Granada i il j ’au Mulhacen, nous n’y avons pas vu un seul i 7 et depuis Motril jusqu'au 9! » nous n°} is seu au Picacho de VANte Pilleurs, ni Amo, qui demeurait à Granada, où il a écrit ire insapo ; à’ meura | DE SON pe fanerogamica, ni aucun des ingénieurs de montagnes qui ont i i "v indiaué le Pinsano ar mn toutes les vallées eLtous les pics de cette sierra, ny ont indiqué le Pinsapo. parcou a pics Flora Forestal Española, part. 1, p. 3) 40.) 368 SÉANCE DU 27 NOVEMBRE 1885. Je crois donc devoir conclure de ce qui précède que l'indication de l'Abies Pinsapo sur la sierra Nevada doit être considérée comme des moins fondées, voire même absolument rejetée jusqu'à plus ample in- formé. Si j'insiste sur ce point, c’est que plusieurs journaux et rédacteurs de revues scientifiques ont donné, à l’occasion de la mort d’Edmond Boissier, la sierra Nevada pour patrie à l’Abies Pinsapo, et qu’il y a un certain intérêt à ne pas laisser s’accréditer, même dans le publie, l'erreur commise par quelques auteurs relativement à l’aire géographique d’un arbre tel que le Pinsapo, dont, du reste, une variété (baborensis) existe dans une partie restreinte de l’Algérie. J’ajouterai, pour mémoire, que j'ai pu constater de visu, dans mes excursions botaniques de 1884 en Andalousie, la parfaite exactitude des limites attribuées par MM. Laguna de Avila à l'aire de cette remarquable Conifère. M. Costantin donne lecture d’une Note de M. Vuillemin sur l’ano- malie du système sécréteur des Hydrocotyle (1). M. Bonnier fait la communication suivante : SUR LES ÉCHANGES GAZEUX ENTRE LES PLANTES VERTES ET L’'ATMOSPHÈRE DANS LES RADIATIONS BLEUES, VIOLETTES ET DANS LES BADIATIONS OBS- CURES ULTRA-VIOLETTES; par MM. G@. BONNIER et L. MANGIN. L'action chlorophyllienne, c’est-à-dire l'absorption d’acide carbonique, jointe à une émission d’oxygène, chez les plantes vertes, se produit exclu- sivement sous l’action de la lumière, et l’on sait, surtout depuis les tra- vaux de M. Timiriazelf, que ce sont seulement les radiations lumineuses absorbées par la chlorophylle qui agissent dans ce phénomène. Mais qu'entend-on par les mots radiations lumineuses, et que veut-on dire, lorsqu'on énonce que c'est seulement sous l’action de la lumière que se manifeste cet échange de gaz, inverse du phénomène respiratoire? Lorsqu'on parle de lumière dans le sens ordinaire de ce mot, on ne peut en donner qu’une définition subjective. Les radiations lumineuses sont celles qui ne sont pas absorbées par les tissus de l’œil et qui vien- nent impressionner la rétine; c’est l’ensemble des radiations comprises dans la partie du spectre qui est visible pour notre œil. Or cette partie visible n’est pas la même pour tout le monde. Tel individu verra les radia- lions jusqu’à un certain rayon de réfrangibilité déterminée, tel autre verra en outre des rayons plus réfrangibles, tel autre au contraire n’aperce- vra distinctement que des rayons qui se réfractent moins; autrement dit, les limites du spectre visible sont variables suivant les yeux. D'ailleurs il n’y à aueun rapport entre les propriétés des radiations qui (1) Voyez plus loin, à La fin du Compte rendu de la session de Charleville, p. €! BONNIER ET MANGIN. — L'ACTION CHLOROPHYLLIENNE. 369 sont transmissibles à travers l’œil et celles des radiations qui provoquent chez les tissus verts des plantes la décomposition de l'acide carbonique. Pour ces diverses raisons, la coïncidence complète des limites qui com- prennent les radiations agissant dans ces deux phénomènes semble impossible. Pourtant cette coïncidence paraît admise implicitement par la plupart des physiologistes, même dans les travaux les plus récents. Il faut d’abord remarquer que l'étude de la fonction chlorophyllienne offre des difficultés spéciales lorsqu'on fait agir les rayons très réfran- gibles. C’est qu’en effet, sous l'influence de ces radiations, la respiration devient relativement plus intense, et ce phénomène, inverse de l’action chlorophyllienne, au lieu de n'en masquer qu’une partie, l’annule com- plètement en apparence. En fait, dans la lumière bleue et violette, même pour les radiations correspondant à des bandes d'absorption de la chlorophylle, on constate chez les tissus verts une absorption d'oxygène et une émission d’acide carbonique. M. Timiriazeff avait déjà attribué à l’action inverse, la respiration, cette disparition de l'émission d'oxygène dans les rayons les plus réfrangibles, et cette supposition a été confirmée par les expériences de M. Engelmann. Mais, dans tous les cas, la me- sure directe de la fonction chlorophyllienne seule, sous l'influence de ces radiations, n’a jamais été faite, et l’existence même de cette fonction dans ces conditions n’a pas été mise en évidence d’une manière indis- cutable. Le principal obstacle à ce genre de recherches, c'est précisément le phénomène respiratoire qui vient ici, plus qu’en toute autre circonstance, troubler la fonction interne, de telle sorte que la résultante totale des échanges gazeux se produit dans un sens opposé à l'échange chloro- phyllien. Or, les lois de cette respiration, l’influence qu'exercent sur ce phénomène les conditions extérieures, n'étaient pas connues, et l'on ne pouvait soustraire de la résultante totale la composante respiratoire. Les recherches que nous avons publiées sur la respiration et sur la séparation des deux fonctions simultanées permettent maintenant d'abor- der le problème dont nous parlons. Nous indiquerons seulement dans cette note quelques résultats premiers qui prouvent l'existence de l ac- tion chlorophyllienne, non seulement sous l'influence des radiations très réfrangibles bleues et violettes, où l’on supposait qu'elle exisle, mais encore dans l'obscurité ultra-violette, où elle n'avait jamais été prévue. Voici sur quel principe sont fondées ces expériences : ? des gaz échangés dans la respi- , , co Nous avons démontré que le rapport % ations que reçoit le tissu ration est indépendant de Ja nature des radi * vivant, tandis qu'au contraire l'action chlorophyllienne dépend essentiel- lement de la nature de ces radiations. On peut conclure de là qu'en (SÉANCES) 24 T. XXXII. 310 SÉANCE DU 27 NOVEMBRE 1885. s'adressant à un tissu déterminé pour lequel le rapport %° est différent de l’unité, ce rapport, à un moment donné, devra rester le même, quelles que soient les radiations reçues par la plante, si la respiration existe seule. Au contraire, si l’action chlorophyllienne est surajoutée à la respi- ration, le rapport ©”, qui exprime alors la résultante des deux phéno- mènes, inverses l’un de l’autre, devra changer. On peut même calculer que, pour les espèces dont nous nous sommes servis, le rapport doit augmenter. Ainsi donc: si l’action chlorophyllienne n’existe pas, le rapport des gaz échangés doit être constant, quelles que soient les radiations; si l’action chlorophyllienne se manifeste, le rapport des gaz échangés doit augmenter. Nous avons constaté facilement cette augmen- tation du rapport avec des plantes éclairées par des radiations qui ont traversé une épaisse dissolution de bleu céleste, ne laissant passer que les rayons lumineux les plus réfrangibles, et par là nous avons mis en évidence que laction chlorophyllienne se manifeste d’une manière très sensible sous l'influence de ces radiations. Pour exécuter ces mêmes recherches avec les radiations obscures ultra-violettes, nous avons opéré, soit.avec des cuves faites avec les verres d’un violet obscur dont on se sert pour les études de la fluorescence, soit avec des verres argentés, qui, mieux encore que les précédents, ne laissent passer absolument que les rayons obscurs ultra-violets. Sauf que le récipient de verre ordinaire qui limite l’atmosphère entou- rant la plante était remplacé par un récipient analogue de verre argenté ou de verre violet non transparent à la lumière, la disposition de l’appa- reil était la même que celle qui nous a servi dans nos recherches sur l’action chlorophyllienne. La plante verte étant placée dans le récipient recouvert d’un voile noir épais, on mesurait les échanges respiratoires, puis, le voile noir supprimé, en exposant l’appareil à la lumière solaire; on mesurait ensuite le rapport des gaz échangés pendant celte seconde partie de l’expérience. On a ainsi obtenu, par exemple, les ré- sultats suivants pour la comparaison des rapports à l'obscurité ordinaire et à l'obscurité ultra-violette. Les expériences ont porté sur les Picea excelsa, Sarothamnus sco- parius, Pinus silvestris, Erica cinerea, Ilex Aquifolium, Nicotiana Tabacum, ete. Toutes ont donné de notables différences pour le rapport des gaz échangés à l’obsecurité ordinaire et à l’obscurité ultra-violette. C’est ainsi que pour l’Epicea (14 mars) le rapport °°, qui est 0,173 à l'obscurité ordinaire, devient égal à 1,05 sous l'influence des radiations ultra-violettes. On peut conclure de ce qui précède que : 1° L'action chlorophyllienne peut être mise en évidence, même lors- BESCHERELLE. — NOTICE NÉCROLOGIQUE SUR DUBY. 371 qu'elle esl en apparence complètement masquée par la respiration sous l'influence des radiations les plus réfrangibles. 2 L'action chlorophyllienne se manifeste encore sous l'influence des radiations obscures ultra-violettes. SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1883. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE. M. Mangin, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 27 novembre, dont la rédaction est adoptée. M. le Président fait part à l'assemblée de la perte considérable que la science vient de faire dans la personne de M. Duby, de Genève, et s’exprime en ces termes : M. Duby (J. Etienne), ancien pasteur et docteur ès sciences, était né à Genève le 15 février 1798 ; il est mort dans cette ville le 24 novembre 1885. Il appartenait à notre Société depuis près de trente ans. Fils d’un pas- teur et professeur de théologie, Duby suivit les premiers cours d'histoire naturelle donnés par Augustin Pyrame de Candolle, lorsque celui-ci revint de Montpellier à Genève en 1816. Immédiatement après, il commença des études de théologie ; mais, ayant pris goût à la botanique, il fréquentait souvent de Candolle, qu'il aidait volontiers dans l’arrangement de son herbier et dans les travaux du Jardin botanique. Tout en se consacrant à ses fonctions de pasteur d'une paroisse sub- urbaine considérable, Duby a publié d'importants travaux sur la bota- nique, notamment le Botanicon gallicum, dont la partie cryptogamique, qui lui est propre, montre les progrès que la science avait faits de 1806 à 1830. En ces derniers temps, Duby s'était adonné à l'étude des Mousses; il avait acheté l'herbier de Schwægrichen et possédait une collection con- sidérable. Il a publié, dans les Mémoires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève, de nombreuses et judicieuses observa- tions sur certaines Mousses critiques mal étudiées par les anciens auteurs ou mal connues. | Il a aussi donné dans ce recueil les descriptions d'un certain nombre d'espèces nouvelles de Mousses récoltées par F. Welwitsch dans les pos- sessions occidentales de l'Afrique, par le P. Llanos aux Philippines, pat 312 SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1885. le D' Robillard à l’île Maurice. Son dernier travail, communiqué le 5 fé- vrier 4880 à la Société de Genève, est une description des Mousses recueillies par M. Puiggari au Brésil, dans la province de Saint-Paul. Duby avait conservé très tard une vue excellente et une main ferme, qui lui permettaient de dessiner à la chambre claire et de graver lui- même les dessins des Mousses qu’il a décrites. Malheureusement Duby avait, en 1882, fait une chute dans laquelle il s'était cassé le col du fémur ; malgré son grand àge (quatre-vingt-quatre ans), la fracture s’était remise, et il a pu, jusque dans ces dernières années, se promener dans son jardin; mais, ainsi que me l’écrivait Mve Duby le 29 juin 1884, « soit l’ébranlement, soit l’âge, ses facultés » avaient baissé, et, quoiqu'il pût encore jouir d’une bonne conversation, » il ne pouvait plus travailler, et la moindre correspondance lui occasion- » nait une grande fatigue ». De Candolle lui avait dédié, sous le nom de Dubyæa, un genre de plantes de Ja famille des Lythrariacées, dont les espèces, toutes du Brésil, avaient été antérieurement groupées par Pohl dans le genre Diplusodon. Schimper, de son côté, lui avait consacré, sous le non de Dubyella (Supplementum Bryologiæ europææ), un genre de Mousses constilué par une seule espèce, trouvée soi-disant à Massa, près de Carrare, par Duby. Depuis il a été reconnu (1) que cette Mousse provenait de l’Amé- rique méridionale et n’était autre que l’Helicodontium tenuirostre Schgr. Mais si le nom de Duby ne figure plus dans la nomenclature botanique qu'à litre de synonyme, il n’en restera pas moins dans la science, car on consultera toujours le Botanicon gallicum, et les bryologues se reporte- ront sans cesse aux diagnoses qu’il a décrites et figurées dans les Mé- moires de la Société de physique et d'histoire naturelle de Genève. De mon côté, je me rappellerai toujours les excellentes relations que nous avons eues ensemble de 1870 à 1882, et je n'oublierai pas qu’il m'a fait l'honneur de me dédier un genre de Mousses de la Nouvelle-Calédonie. M. Alphonse de Candolle, qui a bien voulu nous adresser des rensei- gnements sur les débuts de notre regretté collègue, nous a fait parvenir la liste de ses publications, que nous donnons ci-après. LISTE DES PUBLICATIONS DE J. E. DUBY. Bolanicon gallicum (2° édition de l'ouvrage de De Candolle intitulé : Synopsis), 2 vol. in-8°, 1828-1830. Essai d'application à une tribu d’Algues de quelques principes de taxonomie, ou Mémoire sur le groupe des Céramiées (Mém. de la Soc. de physique et d'histoire nalu- relle de Geneve, 1832, vol. V, p. 321). Second mémoire sur le groupe des Céramiées (ibid. 1833, vol. VI, p. 1). (1) Schimper, Syn. Musc. 2° édit. page 591. BESCHERELLE. — NOTICE NÉCROLOGIQUE SUR DUBY. 313 Note sur une maladie des feuilles de la Vigne et sur une nouvelle espèce de Mucé- dinée (ibid. 1836, vol. VIH, p. 213). Notice sur quelques Cryptogames nouvelles des environs de Bahia (ibid, 1836, vol. VII, p. 405). Troisième mémoire sur le groupe des Céramiées, soit sur le mode de leur propaga- tion (ibid. 1839, vol. VIII, p. 27). Mémoire sur la feuille des Primulacées (ibid. 1843, vol. X, p. 395). Primulacées, dans le Prodromus de De Candolle, 1844, vol, VIII, p. 33-74. Mousses de Java (in Moritzi : Liste systématique des plantes recueillies par Zollinger pendant les années 1842-1844 à Java, 1846). Revue des principales publications relatives aux Cryptogames qui ont paru en 1851- 1852 (Archives des sciences physiques et naturelles de Genève, 1853, vol. XXII, p. 183). Esquisse des progrès de la cryptogamie pendant les trois dernières années (ibid. 1858). Note sur une espèce de Dothidea (Hypoxylée) et sur quelques questions de taxonomie (Mèm. de la Soc. de physique et d'histoire naturelle de Genève, 1859, vol. XV, p. 193. Sur la tribu des Hystérinées de la famille des Hypoxylées (ibid. 1861, vol. XVI, p. 15). Choix de Cryptogames exotiques nouvelles ou mal connues (ibid. 1868, vol. XIX, p. 201; 1871, vol. XXI, p. 215; 1872, vol. XXI, p. 425). Choix de Mousses exotiques (ibid. 1875-1880 ; vol. XXIV à XX VII). M. le Président, par suite des présentations faites dans la der- nière séance, proclame membres de la Société : MM. DE Layens, rue de Sèvres, 23, à Paris, présenté par MM. Bonnier et Leclerc du Sablon. ViALA, répétiteur à l’École nationale d'agriculture de Mont- pellier, présenté par MM. Durand et Flahault. M. le Président annonce ensuite deux nouvelles présentations. Dons faits à la Société : F. Debray, Étude sur les faisceaux fibro-vasculaires des Pipéracées. R. du Buysson, Étude sur le genre Amblystegium. W. Barbey, Floræ Sardoæ Compendium. - Cogniaux, Éléments de botanique. L. Errera, Sur l'existence du glycogène dans la levüre de bière. M. T. Masters, Notes on Restiaceæ. F. Arnold, Die Lichenen des Fränkischen Jura. Hackel, Die Cultivirten Sorghum-Formen and ihre Abstammung. Maximowiez, Collections botaniques de la Mongolie et du Tibet sep- tentrional recueillies récemment par des voyageurs russes, el Con- servées à Saint-Pélersbourg. Brenner, Bidrag till Kännedom of Finska vikens üvegetation Ho- glands Lafvar. E. Petit, Additamenta Catalogi plantar. corsicarum. 374 SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1885. Annales du Bureau central météorologique de France, 1882, t. IT, et 1883, t. I, III et IV. Bulletin de l'Académie d’Hippone, n° 21, fasc. 1. Par le Ministère de l’Instruction publique : Codex medicamentarius. — Pharmacopée française, 1884. Mémoires de l'Académie de Stanislas, 135° année (1884). Bulletin de la Société scientifique d’ Angers, 14° année (1884). Baillon, Histoire des plantes, t. VII. M. le Président donne lecture d’une lettre que lui a adressée M. Hébert, professeur de géologie à la Faculté des sciences de Paris, pour le prier d'inviter les membres de la Société botanique de France à prendre part à une souscription qui a pour but d’éle- ver un monument à la mémoire de l’éminent botaniste et géologue suisse, Oswald Heer, récemment décédé. M. Belzung fait à la Société la communication suivante : NOTE SUR LE DÉVELOPPEMENT DE L'AMIDON DANS LES PLANTULES GERMANT A L'OBSCURITÉ, par M. Ernest BELZUNG. On sait que, pendant la germination des graines, il se forme dans les jeunes plantes, surtout dans la tige, une certaine quantité d’amidon. Les recherches dont il s’agit ici sont relatives à des germinations faites à l'obscurité ; l’amidon apparaît aussi bien à l’obscurité qu’à la lumière. J'ai voulu rechercher si l’amidon formé dans ces conditions se déve- loppe suivant l’un des deux modes généraux indiqués par F. A. W. Schim- per (1) : le mode exogène, c’est-à-dire la formation des grains d’ami- don à la surface des leucites, ou le mode endogène, c’est-à-dire la for mation des grains d’amidon dans l’intérieur des leucites. Toutes les plantules que j'ai pu étudier jusqu’aujourd’hui présentent une grande uniformité dans le développement de l’amidon, quelle que soit d’ailleurs la nature de la réserve des graines : la formation est endogène. Suivons, par exemple, le développement de l’amidon dans le Lupin (Lupi- nus albus), après une dizaine de jours de germination; la plantule, à ce moment, a une longueur d'environ 5 ou 6 centimètres. Des coupes faites vers le milieu de l’axe montrent, dans le parenchyme cortical et central, une très notable quantité d’amidon, ce qui peut paraître surprenant, si l’on se rappelle que la réserve des cotylédons consiste essentiellement (1) F. A. W. Schimper, Bot. Zeit. 1880. BELZUNG. — DÉVELOPPEMENT DE L'AMIDON A L'OBSCURITÉ. 375 en aleurone, substance à laquelle s'ajoute une quantité négligeable d’amidon (cette dernière est même nulle dans les graines arrivées à ma- turité), et en outre, ainsi que l’a montré M. Van Tieghem, une très petite quantité de saccharose. Si nous étudions le méristème terminal de la jeune racine, voici ce que nous observerons dans les cellules : Toute la cavité, limitée par une membrane cellulosique mince, polyédrique, est remplie d’un protoplasma finement granuleux, renfermant lui-même un noyau très volumineux, pourvu d’un ou plusieurs nucléoles. Tout le contenu jaunit fortement par l’eau iodée. On ne tarde pas à voir se différencier dans ce protoplasma des granules plus gros que les granules protoplasmiques et qui en déri- vent vraisemblablement : ce sont les leucites amylogènes. 11 s’en forme, en moyenne, de dix à vingt par cellule. Au moyen de la solution aqueuse d’iode, il est facile de les distinguer, car en général, dès le début de leur différenciation, ils produisent de l’amidon : on voit ainsi la leucite bleuir partiellement par ce réactif. Il est rare qu’on puisse observer des leucites nettement différenciés, sans amidon dans leur intérieur. Une fois les leu- cites formés dans la cellule, ils ne se multiplient pas dans la suite du développement, l’amidon les envahissant très rapidement. Les granules amylacés se forment dans le leucite ennombre variable, rarement un seul, souvent trois, quatre, cinq et même davantage ; dans l’eau iodée, le leu- cite sphérique montre alors autant de points colorés en bleu dans sa masse albuminoïde, laquelle prend une teinte jaune par le même réactif. A par- tir de ce moment, le leucite et l’amidon grandissent simultanément et, au bout de quelques jours, arrivent au terme de leur croissance. Les plus grands leucites ont alors le tiers ou le quart de Ja taille du noyau de Ja cellule, et généralement ils sont groupés tout autour de lui dans le proto- plasma circumnucléaire ; quelques autres sont épars dans le protoplasma du reste de la cellule, Les grains d’amidon ont alors envahi complètement le leucite, dont il ne reste plus qu’une très mince couche périphérique, recouvrant les grains d’amidon. Généralement ces granules amylacés, libres dans le leucite, trop petits pour que la différenciation des couches ait pu s'opérer, restent sans ordre bien défini, mais quelquefois ils prennent une disposition rayonnée régulière; on l’observe déjà dans le Lupin, mais elle est surtout remar- quable dans les jeunes plantules de Haricot, dans le Phaseolus mullt- florus, par exemple, où les grains d’amidon coniques sont disposés radia- lement autour du centre du leucite, la pointe vers le centre ; quelquefois le centre du leucite est lui-même oceupé par un grain d'amidon, ete. À la fin de leur croissance, les granules amylacés peuvent se dissocier ou se fusionner. Dans le premier cas, à la suite de la rupture de | me loppe du leucite, ils se répandent dans la cellule ; alors il ne faut pas Îles 316 SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1885. considérer comme des grains d’amidon extrêmement petits, développés directement et isolément dans le protoplasma, sans l'intervention des leu- cites. Dans le deuxième cas, une fois le leucite complètement résorbé, les grains se soudent pour donner un grain en apparence unique, ce cas s’observe dans le Ricin, le Pin pignon, etc. La quantité d’amidon des jeunes plantules est variable, surtout suivant la nature des substances de réserve renfermées dans les cotylédons ou l’albumen des graines, el aussi, sans doute, suivant l'accélération propre de la croissance à l'obscurité. Mais il ne faudrait pas croire que les plan- tules les plus riches en amidon soient précisément celles dont les graines en présentent le plus dans leurs matières de réserve ; généralement même les graines amylacées renferment relativement très peu d’amidon dans leur jeune tige ou leur jeune racine : par exemple, le Pois, la Fève, la Gesse, la Vesce, etc. Cependant le Haricot en présente abondamment. Au contraire les graines pourvues surtout de matières albuminoïdes, les Lupins, par exemple, dont la réserve est presque exclusivement aleu- rique, forment une bien plus grande quantité d’amidon pendant la ger- mination. Enfin, les graines renfermant à la fois des albuminoïdes et des ma- tières grasses, le Ricin, le Pin pignon, par exemple, sont celles qui me semblent présenter la plus grande quantité d’amidon dans leurs plan- tules, bien que n’en ayant pas dans leurs réserves. Ainsi une coupe de tige de Ricin noircit rapidement dans l’eau iodée, son parenchyme étant gorgé de matière amylacée. L’amidon se localise de préférence dans l’endoderme, qui en est rem- pli, dans les couches voisines de l’écorce et dans la moelle; l'écorce extérieure en renferme beaucoup moins, et les leucites y sont restés plus petits. | Des recherches que j'ai pu faire jusqu'ici sur les plantules développées à l’obseurité, il résulte donc les faits suivants : 1° L’amidon se développe toujours dans l’intérieur de leucites, et y apparait très peu de temps après leur différenciation dans le protoplasma. 2° Quelle que soit la plantule, l'aspect, la forme plus ou moins nette- ment sphérique, la taille des leucites complètement développés sont sensiblement les mêmes. 3° Les leucites une fois différenciés ne se divisent pas; ils acquièrent rapidement une taille très limitée, qu’ils ne dépassent plus. 4 À plus forte raison, les granules d’amidon qui envahissent le leucite aux dépens de sa matière albuminoïde constitutive restent-ils tou- jours extrêmement petits; ils n’approchent jamais de la taille des grains anion de réserve des graines, quand ces derniers existent (Haricot, ois). BELZUNG. — DÉVELOPPEMENT DE L'AMIDON À L'OBSCURITÉ. 371 9° Les graines riches en amidon ne sont pas celles dont les plantules en renferment le plus. De plus les deux sortes de grains d’amidon ont un mode de développement différent. Il ne peut done pas être question ici d’un simple transport, dans la plantule, de la matière amylacée renfer- mée dans les cotylédons ou l’albumen. 6° L’amidon est abondant dans les plantules provenant des graines riches en albuminoïdes (Lupin) ou en albuminoïdes et matières grasses (Ricin). 7° J’ajouterai que, lorsqu'on expose à la lumière une plantule déve- loppée à l’obscurité, la matière verte se fixe d’abord sur les leucites amylogènes. Il se forme ainsi des sortes de chloroleucites, mais remplis d’amidon avant l'apparition de la chlorophylle. Il me reste maintenant, tout en étendant les observations pré- cédentes, à rechercher expérimentalement l’origine physiologique de cet amidon. Il est vraisemblable d'admettre que cette origine est une, que l’amidon est dû à la même cause, quelle que soit la nature de la réserve des graines. Quoi qu’il en soit, les résultats obtenus s’appli- queront sans doute aussi à l’amidon des chloroleucites, avec lesquels les leucites incolores de nos plantules ont les plus grandes analogies, pour ce qui est du développement de l’amidon dans leur intérieur. En effet, aussi bien dans les grains de chorophylle que dans les leucites incolores précédents, l’amidon grandit au détriment de la substance albuminoïde du leucite, jusqu’à résorption complète de cette dernière : il ne repré- sente donc pas simplement le dépôt, au sein du leucite, d’une substance venue de l’extérieur. Car pourquoi le leucite disparait-il au fur et à me- sure que l’amidon s’y produit, jusqu’à ne plus laisser aucune trace? On peut observer ce cas de résorption complète de leucite, non seulement dans les leucites incolores des jeunes plantules, mais encore fréquemment dans les grains de chlorophylle, par exemple dans le péricarpe des fruits, dans le tégument des ovules en voie de développement. Ainsi, dans le péricarpe de la fève, non seulement l’amidon envahit complètement le grain de chlorophylle, mais il forme, en définitive, à ses dépens, un grain deux ou trois fois plus gros que lui, semblable aux grains d'ami- don des cotylédons complètement développés. (Notons qu'à ce moment les grains de chlorophylle des feuilles ne renferment que quelques grains très fins de matière amylacée.) | | Il semble done que ce soit la substance albuminoïde du leucite qui, sous certaines actions, se dédouble pour donner naissance à d autres substances, en particulier aux petits granules d’amidon qu elle contient. Or, si l'on se rappelle que le développement du fruit, de même que celui de la plantule, sont accompagnés d'une forte absorption d Pret il y aurait peut-être lieu d'attribuer la formation de l'amidon dans lin- 3178 SÉANCE DU A1 DÉCEMBRE 1885. térieur des leucites, au moins dans les leucites incolores, à un dédou- blement de leur substance albuminoïde, sous l'influence de l'oxygène. C’est ce point que je me propose d’élucider expérimentalement. Il faudra rechercher ensuite le rôle du leucite dans le cas de forma- tion exogène du grain d’amidon (Phajus..…), car ce rôle, dans l’état actuel de la science, est passablement problématique. Comment expli- quer en effet qu'un leucite sphérique (Iris) ou en forme de baguette (Phajus), dont la taille ne change pas à partir d'une certaine phase du développement, puisse donner naissance à un grain d’amidon cinq, dix fois plus gros que lui? — Le grain d’amidon formé ainsi sur un leucite qui, en apparence du moins, ne se résorbe pas, est toujours un grain volumineux, généralement simple, à couches concentriques différenciées, qui n’a rien de comparable avec les granules de tout à l’heure, groupés dans l’intérieur de leucites incolores ou de grains de chlorophylle. Ce n’est pas que tous les gros grains d’amidon naissent à la surface des leucites. Ainsi, dans les cotylédons de certaines Légumineuses (Haricot, Fève....), l’amidon de réserve se développe dans les leucites ovales ou fusiformes, verdâtres. Chaque leucite renferme un ou plu- sieurs grains d’amidon, souvent en forme de petites baguettes à l’origine. L’amidon résorbe peu à peu le leucite; si ce dernier renferme plusieurs grains amylacés, ils ne tardent pas à se souder en un seul. Mais ulté- rieurement, alors qu’il semble n’y avoir plus trace du leucite primitif, le développement de l’amidon continue, les couches concentriques se diffé- rencient, et finalement se trouvent constitués les gros grains d’amidon de réserve des cotylédons, très différents de ceux que présentent les plan- tules des mêmes graines. On peut ainsi distinguer, dans l’ensemble, trois sortes d’amidon, qui ont peut-être une origine physiologique différente : 1° Amidon formé dans des leucites incolores ou verts, avec résorption de la substance des leucites, mais sans croissance ultérieure appréciable (plantules, feuilles). Ces grains sont toujours très petits. 2° Amidon formé dans des leucites incolores ou verts, avec résorption complète des leucites, mais avec croissance ultérieure (cotylédons de la Fève, du Haricot). 3° Amidon formé à la surface des leucites, sans résorption apparente des leucites (Phajus). Les deux dernières espèces comprennent généralement des grains de grande taille, avec couches concentriques différenciées. M. Bonnier demande à M. Belzung s’il a eu l’occasion d’étudier le mode de formation des leucites, et s’il a constaté que ces petits corps seraient permanents, comme on l’a dit, dans le protoplasma. SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1885. 379 M. Belzung répond que les leucites se forment au sein du prolo- plasma ; il est d’ailleurs difficile d'étudier leur genèse, parce qu'on peut les confondre avec les granulations du protoplasma. M. Van Tieghem fait remarquer qu’il existe une analogie entre le mode de formation de l’amidon aux dépens des leucites et Je mode de formation de la membrane cellulosique aux dépens de la membrane azotée. La membrane cellulosique se forme aux lieu et place de la membrane albuminoïde, comme l’amidon se substitue peu à peu à la substance des leucites ; et sila membrane azotte conserve son épaisseur en produisant le revêtement de cellulose, c'est parce qu’elle se reconstitue vers l’intérieur aux dépens du protoplasma, au fur et à mesure que certains de ses matériaux sont employés vers l’extérieur à former de la cellulose. M. Roze fait hommage à la Société, au nom de M. Richon et au sien, de la 1° livraison de leur ouvrage intitulé : Atlas des Cham- pignons comestibles et vénéneux de la France el des pays circon- voisins, et s'exprime en ces termes : Pendant les sessions mycologiques que la Société a tenues en 1876 et 1877, des expositions avaient mis sous les yeux du public des Champi- gnons en nature ou reproduits par le coloris. Nos confrères doivent se rappeler qu'ils y avaient remarqué un assez grand nombre d’aquarelles peintes par M. Richon et représentant une série d'espèces comestibles à côté d’une autre série d'espèces dangereuses. Depuis lors M. Richon avait ajouté beaucoup d’autres types à sa collection d’iconographies. C’est dans cette collection qu'ont été choisies les 210 espèces que M. Octave Doin, éditeur, fait tirer en couleur par les nouveaux procédés chromozincographiques, et ensuite retoucher au pinceau. M. Richon s’étant reposé sur moi du soin de préparer un texte explicatif destiné à accompagner les 72 planches de cet Atlas, j'ai pensé que les espèces dont il s'agissait de donner la description présentaient un assez grand intérêt en ce sens que certaines d’entre elles étaient de véritables espèces historiques et qu'elles étaient intimement liées au progrès de la myco- logie. J'ai donc rédigé mon texte de façon à présenter d'abord une histoire générale des Champignons supérieurs depuis l’antiquité jusqu à nos jours, en y ajoutant l'exposé de nos connaissances actuelles sur leur organisation et leurs propriétés alimentaires ou toxiques, et à faire Suis re cette histoire générale de l’histoire particulière de chacune des espèces ligurées dans la partie iconographique de l'ouvrage. Ce travail histo- 380 SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1885. rique se trouve complété par la citation des textes de l'antiquité et par la reproduction des premiers dessins de Champignons publiés par les pères de la mycologie. Quant au classement adopté pour les planches, il présente cette disposition particulière que celles réservées aux espèces comestibles se trouvent autant que possible placés en regard de celles où se trouvent figurés leurs types similaires suspects ou vénéneux : l'attention se trouvera de la sorte directement appelée sur ces espèces similaires, si redoutables souvent par les méprises funestes qu'elles occasionnent, Tel est, en quelques mots, le plan suivi pour la publi- cation de cet ouvrage, dont nous avons l’honneur, M. Richon et moi, d'offrir aujourd’hui la 4" livraison à la Société. M. Van Tieghem dépose sur le bureau, pour la bibliothèque de la Société, un exemplaire des Éléments de botanique dont il vient de publier le premier volume; il fait ensuite la communication suivanie : OBSERVATIONS SUR LA STRUCTURE DES CABOMBÉES, par M. Ph, VAN TIEGHEM. La tige et la feuille du Brasenia peltata et du Cabomba aquatica offrent dans leur appareil libéro-ligneux une disposition singulière, unique jusqu'ici dans le règne végétal. Il y a lieu de préciser cette structure et de la comparer à celle des Nymphéacées et des Nélumbées, plantes voi- sines des Cabombées, et qui leur sont de tout point comparables puis- qu’elles végètent dans le même milieu. Tel est le double objet de cette petite Note. L’épiderme de la tige du Brasenia n’a de remarquable que ses poils courts, simples et unicellulaires, dont les membranes gélifiées et con- fluentes produisent la couche gélatineuse qui enveloppe, comme on sail, cet organe. Un parenchyme amylacé, creusé d’un cercle de lacunes dans sa région externe, s’étend sans discontinuité depuis l’épiderme jusqu’au centre de la tige, où se trouvent plusieurs lacunes plus petites; en d’autres termes, il n’y a pas de cylindre central, pas de distinction à établir, par conséquent, entre une écorce et une moelle. Dans ce parenchyme s'éten- dent parallèlement d’un nœud à l’autre deux lames libéro-ligneuses, amincies au milieu, renflées aux bords, et ployées en gouttière de ma- nière à tourner leur face concave vers l'extérieur. Chacune de ces lames est entourée d’un endoderme propre et d’un péricycle particulier formé d’un seul rang de cellules. Chaque bord renflé est occupé par un faisceau libérien composé de larges tubes criblés à section polygonale, séparés par de petites cellules de parenchyme; le milieu aminci est in VAN TIEGHEM. — STRUCTURE DES CABOMBÉES. 381 occupé tout entier par un canal cylindrique, bordé d’un rang de cellules assez grandes; entre le canal et le faisceau libérien, on voit de chaque côté deux ou trois vaisseaux à membrane lignifiée et permanente. Le canal médian résulte, comme le démontre l'étude des parties jeunes, de la dissociation d’un paquet de vaisseaux étroits, annelés et spiralés, bientôt suivie de la résorption des parties minces des membranes de ces vaisseaux, dont il ne reste, épars çà et là, que les parties épaisses, anneaux ou fragments de spire. On est donc conduit à considérer chaque lame libéro-ligneuse, non pas comme un faisceau à deux libers, mais comme un ensemble de deux faisceaux orientés vers le centre, unis par leurs pointes ligneuses, par leurs péricyeles et par leurs endodermes, mais ayant chacun, en dehors du plus jeune bois qui leur est commun, un bois propre et un liber particulier. Il entre ainsi dans la composition de la tige du Brasenia quatre faisceaux libéro-ligneux à endoderme propre, disposés aux som- mets d’un rectangle et unis deux à deux par leur bois, suivant les petits côtés du rectangle, de manière à former deux lames concaves vers l'ex- térieur. C'est d’ailleurs ce que confirme l'étude anatomique des nœuds. A chaque nœud, en effet, le canal médian cesse el se trouve remplacé par le paquet de vaisseaux correspondants, qui persistent, comme on sait, dans cette région. En même temps les deux pointes ligneuses se séparent, et les quatre faisceaux libéro-ligneux sont distincts. Les deux qui pro- viennent du dédoublement de la lame située du côté de la feuille déta- chent alors chacun une branche; ces deux branches sont d'abord dis- tinctes, mais bientôt elles s'unissent, par leurs pointes ligneuses en regard, en un faisceau double qui passe dans la feuille, où le bois commun aux deux faisceaux ne tarde pas à être remplacé par un canal. L'autre branche de chacun de ces deux faisceaux s'unit au faisceau voisin de- meuré entier, en se tournant un peu, de manière que l'union ait lieu par la pointe du bois. Il en résulte, au-dessus du nœud, deux nouvelles lames libéro-ligneuses, concaves vers l'extérieur, qui traversent Lout l’en- tre-nœud supérieur, entièrement semblables de structure, mais perpen- diculaires aux deux lames de l’entre-nœud inférieur. Au nœud suivant, les choses se passent de même. Il en résulie que les feuilles se succèdent suivant 4/4. Ce croisement des lames à chaque nœud a évidemment pour effet de donner à la tige la solidité dont elle a besoin. Il entre ainsi dans chaque feuille une lame libéro-ligneuse transversa- lement disposée, concave vers le bas, creusée d’un canal dans son milieu aminci, toute pareille enfin à l’une des deux lames qui constituent l'entre-nœud inférieur, et provenant, comme celle-ci, de union de deux faisceaux. Le parenchyme qui entoure celte lame est creusé de lacunes, 382 SÉANCE DU A1 DÉCEMBRE 1885. larges en bas, de plus en plus étroites à mesure qu’on remonte sur la face supérieure du pétiole. Dans le pédicelle floral, la structure ordinaire reparaît. On y voiten effet trois faisceaux simples à endoderme propre, formant les sommets d’un triangle équilatéral et normalement orientés. Le Cabomba aquatica offre dans sa tige, sa feuille et son pédicelle floral exactement la même structure que le Brasenia peltata. Cette structure caractérise les Cabombées entre toutes les plantes pha- nérogames. Parmi les Cryptogames vasculaires, on trouve quelque chose d’analogue dans la tige de certaines Sélaginelles (Selaginella Kraussiana, S. Galeottii, etc.), avec cette différence que les bois confluents sont centripètes, et que, dans chacune des deux lames libéro-ligneuses, il y à confluence du liber en même temps que des bois. Toujours est-ilque cette disposition offre un intermédiaire intéressant entre l'indépendance com- plète des faisceaux et leur fusion complète en un massif libéro-ligneux axile, tel que le présentent beaucoup de plantes submergées. Comparons maintenant la structure des Nymphéacées et des Nélumbées à celle des Cabombées. Si l’on considère d’abord les Nymphéacées à cinq sépales, c’est-à-dire les genres Nuphar et Barclaya, on n’y trouve rien de semblable. Dans le rhizome, dans le pédicelle floral et dans le pétiole de ces plantes, tous les faisceaux libéro-ligneux sont en effet simples, libres et normalement orientés. [ls ont seulement la pointe interne de leur bois occupée, comme on sait, par une lacune de même provenance que celle des Ca- bombées. Les Nymphéacées à quatre sépales, c’est-à-dire les genres Nymphæa, Euryale et Victoria, n’ont aussi dans leur rhizome que des faisceaux li- béro-ligneux simples et normalement orientés. Le rhizome du Nymphæa rubra, par exemple, considéré entre ses tubercules, possède trois fais- ceaux simples avec endoderme propre, disposés en cercle dans un paren- chyme lacuneux général, c’est-à-dire précisément la structure du pédi- celle floral des Cabombées. Le pélicelle floral et le pétiole de ces plantes offrent au contraire des faisceaux (le deux sortes : les uns sont simples, normaux; les autres, alternes avec les premiers dans le pédicelle, dis- posés en majeure partie le long du plan de symétrie dans le pétiole, sont doubles, formés par l’union de deux faisceaux inversement orientés, ayant par conséquent deux libers, deux bois et une lacune médiane qui représente leurs jeunes bois fusionnés. Ces derniers sont donc tout à fait analogues aux faisceaux doubles des Cabombées; mais ils sont bien loin pourtant de leur être homologues : il y a en effet cette différence essentielle, que dans les Cabombées la confluence des bois s'établit entre faisceaux directs, mais opposés, du même cercle dans la tige, du même LECLERC DU SABLON. — FORMES SINGULIÈRES DE CUCURBITACÉES. 383 arc dans la feuille, tandis que chez les Nymphéacées à quatre sépales elle a lieu entre faisceaux inverses appartenant à des cercles ou à des ares différents. L’anatomie conduit donc à diviser les Nymphéacées en deux groupes : les Nuphariées et les Nymphéées, séparation déjà effectuée par M. Cas- pary en 1873, d’après les caractères floraux. Quant aux Nelumbo tous les faisceaux y sont simples, aussi bien dans Le pétiole et le pédicelle floral que dans le rhizome ; mais parmi ces faisceaux simples il y en a, comme on sait, de deux sortes : les uns directs, les autres inverses, disposés en courbes concentriques. S'il n’y a pas de faisceaux doubles comme dans le pétiole et le pédicelle floral des Nym- phéées, les deux éléments nécessaires pour la confection de pareils fais- ceaux n’en coexistent pas moins, et il en résulte bien une certaine ana- logie avec les Nymphéacées tétrasépales. Pour compléter celte comparaison anatomique, il faudrait maintenant la poursuivre sur un autre terrain, celui de l'appareil sécréteur, et notamn- ment des laticifères. C’est ce qui fera l’objet d’une communication pro- chaine. M. Leclerc du Sablon fait à la Société la communication sui- vante : SUR QUELQUES FORMES SINGULIÈRES DE CUCURBITACÉES, par M. LECLERC DU SABLON. Un pied de Lagenaria vulgaris, que j'ai observé pendant le mois de septembre dernier, portait quelques fleurs s’écartant du type normal ; je signalerai les anomalies qui m'ont paru les plus dignes d'intérêt. * 4° Certaines fleurs mâles indiquaient une tendance vers l'hermaphro- ditisme ; la partie inférieure du tube calycinal se renflait en un rudiment d’ovaire, et le bourrelet qui se trouve à la base des filets des étamines se développait en un commencement de stigmate. La figure 2 représente celle de ces fleurs qui m’a paru se rapprocher le plus de l'hermaphrodi- tisme complet, On voit en dessous du calyce un renflement sphérique, où, tout à fait comparable à un ovaire, et à la partie supérieure se trouve un stigmate bifide rudimentaire, sf, opposé à un pétale; les organes mâles de la fleur sont parfaitement développés : on peut voir sur la figure une des étamines, et. Une pareille fleur est cependant loin de pouvoir produire des graines, à cause de l'imperfection des organes femelles ; je n'ai en effet pas vu d’ovule bien développé, et les stigmales sont loin d’être semblables à ceux des fleurs femelles. Nous avons simplement 384 SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1885. affaire à une fleur monstrueuse, normale par ses organes mâles, incom- plète par ses organes femelles. 2 Une autre fleur portée par le même pied m'a paru présenter une modification peut-être plus profonde, mais d’une autre nature : c’était une fleur femelle représentée sans sa corolle par la figure 1. On voit au milieu du calyce, à la place occupée ordinairement par les stigmates, une Fic. 1. — Fleur gymnosperme.i— ov, partie normale de l'ovaire ; — €, calice; — pl, partie externe du placenta ; — 0, ovules. FiG. 2. — Coupe longitudinale d’une fleur mâle présentant des vestiges d’organes fe- melles. — ov, ovaire rudimentaire ; — sf, stigmate rudimentaire; — c, calice; — et étamine. grosse masse arrondie qui se replie sur elle-même et se termine par une sorte de renflement bilobé, présentant tous les caractères d’un stigmate. Sur un des côtés de cette masse, on voit de petits corps blancs qu’uà examen attentif nous montre être des ovules ; nous avons donc affaire en quelque sorte à une fleur gymnosperme de Cucurbitacée. En faisant l'étude microscopique des ovules, on voit qu’ils ont une structure normale et sont tout à fait semblables à ceux qui occupent dans l'ovaire la place ordinaire. Le sac embryonnaire est bien développé, mais la fécondation n’a pas eu lieu; d’ailleurs, comme au moment où la fleur a été cueillie, la corolle était déjà fanée, il y a lieu de croire que la fé- condation n'aurait jamais eu lieu. On peut voir sur la figure 1 que l’aspect de l’ovaire est le même que sur une fleur normale; mais, dans une sec- tion transversale, on s'aperçoit qu'il n’y a qu’un seul carpelle, qui ne porte pas d’ovule dans sa partie inférieure. Le placenta unique, ayant pris un développement hors de proportion DUFOUR. — INFLUENCE DE LA LUMIÈRE SUR LES STOMATES. 385 avec les dimensions de la cavité ovarienne, s’est frayé un passage en dehors de cette cavité, en affectant la forme qui vient d’être décrite. Les deux bords du carpelle, après s’être soudés, se sont repliés de façon à venir en contact avec la partie médiane du carpelle, et se sont ensuite réfléchis de part et d’autre du plan médian. C’est précisément cette partie réfléchie qui a glissé le long de la nervure médiane et est sortie de la cavité de l'ovaire. L'étude de cette anomalie apporte donc une confir- mation à la façon dont on interprète ordinairement la position des pla- centas chez les Cucurbitacées. On sait en effet que cette interprétation consiste à supposer que la placentation est axile, mais que le placenta de chaque carpelle est venu, comme dans le cas que nous venons d'étudier, se souder avec la nervure médiane ; les doubles cloisons qui rattachaient les placentas à l’axe au moment de la maturité étant en général résorbées, ces placentas paraissent pariétaux. M. Duchartre ne croit pas qu’il soit nécessaire, pour expliquer l'anomalie signalée par M. Leclerc du Sablon, d'admettre que le placenta soit sorti de l'ovaire. Il lui semble que le carpelle s’est développé beaucoup en longueur, mais sa partie inférieure est restée stérile, tandis que la région supérieure est devenue fertile. M. Leclerc du Sablon répond que, sans prétendre indiquer le mode de développement de la formation qu’il vient de décrire, il a voulu seulement montrer que les choses se passent comme si le placenta était sorti de la cavité ovarienne. M. Dufour fait à la Société la communication suivante : INFLUENCE DE LA LUMIÈRE SUR LE NOMBRE DES STOMATES DES FEUILLES, par M. Léon DUFOUR. L'étude du nombre des stomates des plantes a été faite principalement par M. Weiss (1). Il est arrivé, relativement à l'influence du milieu, à une conclusion toute négative : « Il m’est donc permis de conclure, dit-il, que le milieu dans lequel vivent les plantes et leurs diverses parties, lumière, sol, eau, n’ont aucune influence sur la formation de ces or- ganes. » Et en particulier, relativement au seul point dont ayons à nous occuper ici, l'influence de la lumière, il ajoute : @ J'ai fait germer des graines complètement à l'abri de la lumière, et le nombre, la taille des (4) Untersuchungen über die Grôssen und Zahlenverhältnisse der Spaltüfinungen (Jahrb. f. wiss. Bot. 1. IV, 1865-1866, p. 125). T. XXXII. (SÉANCES) 25 386 SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1885. stomates des plantes obtenues étaient les mêmes que pour les individus qui avaient grandi d’une façon normale. » M. E. Mer, qui s'est occupé de l'influence de divers milieux sur la structure des feuilles, cite au contraire quelques différences entre celles qui ont poussé dans un endroit ombragé et celles qui ont grandi en un lieu exposé au soleil (1). D’après lui, les feuilles du Lilas commun ont quelques stomates à la face supérieure, et un plus grand nombre au soleil qu’à l'ombre. Celles du Lilas Varin n’en ont pas sur la face supérieure à l’ombre, et en ont au soleil. Ces exemples sont trop peu nombreux pour légitimer une conclusion générale. J’ai étudié chez un grand nombre d'espèces la différence que présentait le nombre des stomates, suivant qu’une feuille avait grandi en pleine lumière ou s'était développée à l'ombre. S'il s'agissait d’un végétal herbacé, les échantillons comparés étaient pris dans des endroits exposés à des éclairements très différents; par exemple, dans une prairie très ensoleillée d'une part, d'autre part dans un bois, en un lieu fort ombragé. Pour une plante arborescente, je me suis très souvent borné à com- parer des feuilles qui appartenaient, les unes à un rameau situé vers l’ex- térieur de l'arbre, de préférence du côté sud; les autres, à un rameau situé à l’intérieur, et par suite beaucoup moins éclairé que le premier. Le nombre des slomates sur une surface déterminée de l’épiderme pouvant varier avec l’âge de l'organe examiné, il est indispensable d’éva- luer ce nombre pour des parties de différents âges. C’est ce que j’ai fait, en particulier pour le Pteris aquilina. Dans cette plante, le rhizome émet un pétiole primaire, qui porte des pétioles secondaires, lesquels portent eux-mêmes des pétioles tertiaires, et ce sont ces derniers qui supportent les parties limbaires. Je considère un pétiole secondaire situé à la base du pétiole primaire, et j'étudie successivement les Jimbes appartenant à des pétioles tertiaires situés respectivement vers la base, vers le milieu et vers l'extrémité de ce péliole secondaire. Je puis dire alors que j'ai examiné de ce pétiole les parties les plus âgées, les plus jeunes et celles d’un âge intermédiaire. J'en fais autant pour un pétiole secondaire situé vers le milieu du pétiole primaire, et enfin autant pour un pétiole secondaire situé à l'extrémité du pétiole primaire. De la sorte je connais le nombre des stomates des parties les plus différentes du végétal. Cette étude, je l'ai faite pour un pied de Fougère qui avait grandi dans Do sur la structure des feuilles (Bull. de la Soc. bot. de Fr. 1883, XXX, t- p. . DUFOUR. —— INFLUENCE DE LA LUMIÈRE SUR LES STOMATES. 381 un endroit très ombragé d’un bois, et pour un second pied qui vivait dans un endroit découvert. J’ai obtenu les résultats suivants : Soleil, Ombre. 1 Pétiole tertiaire...... 15 3 1° Pétiole secondaire. | 2% ,................... 19 10 SE 24 13 s 1*% Pétiole tertiaire...... 13 14 2 Pétiole secondaire. PA EE 16 9 Besse soso 21 18 1% Pétiole tertiaire...... 22 13 3° Pétiole secondaire. 2% ,................. . 19 10 3 ................... 27 20 Ces nombres sont des moyennes d’un grand nombre de mensurations ; ils représentent le nombre moyen de stomates qui existent dans le champ du microscope (objectif 6, oculaire 4 de Verick). Ces nombres permettent de conclure : Une feuille présente, sur une surface déterminée, plus de stomates au soleil qu'à l'ombre. Ils montrent de plus : 1° que, d’une façon générale, les parties les plus jeunes (3° pétiole secondaire comparé au 1*, 3° pétiole tertiaire comparé au 4) possèdent plus de stomates à surface égale que les parties les plus âgées ; 2° que les diverses régions d’une même feuille présentent des nombres de stomates très différents. De là la nécessité absolue d’exa- miner une feuille aux endroits les plus variés, et de ne comparer que des nombres qui correspondent à une même région. Sans cette précaution, on peut arriver aux résultats les plus contradictoires. Il est non moins indispensable d’étudier des feuilles de différents âges et de ne comparer que des feuilles de même âge. A ce point de vue, j'ai examiné spécialement le Mirabilis Wrightiana: quatre feuilles succes- sives m'ont fourni les chiffres suivants : Soleil. Ombre. 4e, la plus jeune.......... soonsossoses 41 36 2 ............ sosensoseccssesessees 37 39 Bose. sosoossssee 43 33 4 essor. sosssssssse 36 28 Les deux premières feuilles n'avaient pas atteint leurs dimensions définitives, et chez elles il y a à peu près égalité. Au contraire, chez les deux dernières, plus âgées, la différence est accentuée en faveur de la feuille ensoleillée. Sur 33 espèces que j'ai étudiées, et qui appartiennent aux familles les plus variées, 18 m’ont donné le résultat déjà mentionné. Si je dis qu'il y à autant de stomates au soleil qu’à l'ombre, non seulement quand j'ai trouvé des chiffres rigoureusement égaux, mais aussi quand leur rapport 288 SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1885. était peu différent de 1, inférieur à 1,2, j'ai rencontré 13 espèces qui ont montré cette égalité. Mais ceci n'infirme pas la proposition que j'ai énoncée. On conçoit en effet que les diverses plantes ne se modifient pas à un même degré sous l’inflnence d’une même eause modificatrice, et que telle différence d’éclairement, capable de produire chez une certaine plante une différence dans le nombre des stomates, puisse ne pas être suffisante pour telle autre plante. Je dois ajouter que deux espèces m'ont donné un résultat inverse: plus de stomates à l'ombre. Je n’ai pu reconnaître la cause de ce fait. Dans ce qui précède, je n’ai parlé que de l’épiderme inférieur. Mais la même loi s’applique à l’épiderme supérieur, quand il présente des sto- mates. Il yen a plus au soleil qu’à l'ombre. C’est ce que montrent les chiffres suivants : Face supérieure. Face inférieure. Soleil. Ombre. Rapport Sol. Soleil. Ombre. Rapp 5: Omb. : ° 0. Are feuille... 21 12 1,7 4l 36 1,1 Mirabilis 2% ,....... 18 9 2, 37 39 0,95 Wrightiana. ) 3° ....... 17 6 2,8 43 33 1,3 4 ....... 13 9 1,4 où 28 1,3 Hibiscus syriacus ......... 13 2 6,5 47 32 4,5 Si, de plus, je considère sur les deux faces le rapport du nombre des stomates au soleil à ce même nombre à l'ombre, je constate qu’il est plus grand pour la face supérieure que pour la face inférieure. Ce résultat était à prévoir, d’après les résultats précédents; car, si un éclairement intense a pour effet, ce que je crois avoir démontré, d'augmenter sur une surface déterminée de feuille le nombre des stomates, il fallait s’attendre à ce que celte augmentation fût plus considérable sur la face de la feuille qui est généralement soumise à un éclairement plus vif et à des varia- tions plus grandes de cet éclairement, Le cas est particulièrement net pour l’Hibiscus syriacus : tandis que sur la face inférieure nous en trouvons seulement au soleil une fois et demie de plus qu’à l'ombre, sur la face supérieure le premier nombre est sextuple du second. J'ai constaté des différences de même ordre dans le Tussilago Farfara. Chez le Ruta divaricata, il y a fort peu de stomates sur l’épiderme supérieur; un grand nombre de champs microscopiques n’en possèdent pas du tout. Mais ils sont encore incomparablement plus rares à l’ombre qu’au soleil. Ne pourrait-il pas arriver, comme cas extrême, qu’une feuille vivant en plein soleil portât des stomates sur son épiderme supérieur, tandis qu'une autre feuille abritée de la lumière directe n’en présentât pas? DUFOUR. — INFLUENCE DE LA LUMIÈRE SUR LES STOMATES. 389 De nombreuses recherches m’ont permis de constater que le plus sou- vent, quand il n'existe pas de stomates à l’épiderme supérieur dans un cas, il n’en existe pas non plus dans l’autre. Cependant je dois signaler un fait qui montre que peut-être on pourrait répondre par l’affirmative à la question posée plus haut. En étudiant des feuilles de Ruta graveolens, il m’a été impossible de rencontrer des stomates sur des feuilles qui croissaient à l’ombre; j’en ai trouvé au contraire quelques-uns, mais en petit nombre, sur des feuilles exposées au soleil. Les feuilles sur lesquelles j’ai constaté cette différence remarquable étaient adultes; je n’ai pu en discerner aucune sur de jeunes feuilles : elles n’étaient sans doute pas encore assez développées pour que l'influence d’un vif éclairement eût pu se faire sentir. Ces divers résultats que je viens d’énumérer, j'ai essayé de les vérifier expérimentalement. J’ai planté dans un même carré de jardin, à côté les uns des autres, des rhizomes qui avaient déjà émis à l’air un petit nombre de feuilles. Pour chaque espèce, un des individus fut recouvert d’une cloche laissée transparente, un autre d’une cloche enduite d’une couche épaisse de craie délayée dans de l’eau. Les plantes grandirent, de nou- velles feuilles poussèrent, et ce fut sur ces dernières que portèrent mes comparaisons. Dans le Circæea lutetiana en particulier, j'ai comparé quatre feuilles successives. Pour la plus jeune, qui était très petite, je l'ai divisée en deux portions, et j'ai comparé respectivement les nombres de stomates que j'ai trouvés dans la moitié la plus rapprochée de la pointe et dans la partie la plus rapprochée de la base. Pour les trois autres, je les ai divi- sées en trois parties : pointe, milieu, base. C’est ainsi que j'ai obtenu le tableau suivant pour l’épiderme inférieur : Soleil. Ombre. j Pointe.......... e 1. Très jeune feuille (1). } Base... 63 moy. 96 50 moy. 47 2. Feuille n’ayant pas en- { Pointe.......... 40 31 core atteint sa taille Milieu.......... 50 — 53 45 — 43 définitive. Base............ us N Pointe.......... 3 9 3. Feuille adulte ou pres- | Men... ....... 38 ( — 3% 31 { — 97 que adulte. Base... di 28 Pointe.......... 19 16 4. Feuille adulte. | Milieu.......... 28 _- 94 21 — 19 Base............ 26 49 } L’ inspection seule de ce tableau permet de constater les faits successifs que j'ai énumérés, savoir : que des feuilles d’âges différents peuvent pré- (1) Pour cette feuille, je me suis servi de l'oculaire 3 de Verick, et pour les’autres de oculaire 1. 390 SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1885. senter des nombres de stomates très différents eux-mêmes; qu'il en est de même pour les diverses parties d’une même feuille, d’où la nécessité, si l’on veut arriver à des résultats certains, de ne comparer que des feuilles de même âge et des régions identiques dans de telles feuilles ; — que le nombre des stomates sur une surface déterminée va en décrois- sant à mesure que la feuille s’approche de l’état adulte, parce que c’est seulement après la formation des stomates que les cellules épidermiques atteignent leurs dimensions définitives ; — qu’enfin, il y a par unité de surface plus de stomates sur une feuille qui a grandi au soleil que sur une feuille qui a crù à l’ombre. De plus, j'ai constaté chez le Circæa lutetiana un fait identique à celui que j'ai indiqué plus haut pour le Ruta graveolens. Dans la prépa- ration concernant la pointe de la quatrième feuille exposée au soleil, j'ai rencontré un petit nombre de stomates; je n’en ai trouvé ni dans les autres régions de la même feuille, ni sur la quatrième feuille située à l'ombre. Les autres feuilles plus jeunes ne m’en ont pas donné non plus. Je n'ai pas étudié les relations qui peuvent exister entre le nombre de stomates que présente une feuille et la transpiration de cette feuille; je me contente d'indiquer la coïncidence de ces deux faits, qu’à une vive lumière le nombre des stomates est plus considérable par unité de sur- face, la transpiration est plus abondante qu'à la lumière diffuse. M. Van Tieghem fait remarquer que M. Dufour n’a pas prouvé qu'il se forme des stomates dans les feuilles exposées à la lumière ; les résultats indiqués dans sa communication peuvent s’expliquer par les inégalités de croissance de l’épiderme des feuilles, selon qu'elles sont exposées à la lumière ou placées dans l'obscurité. M. Bonnier dit que les rapports du nombre des stomates de la. face inférieure et de la face supérieure de la même feuille à l'ombre et à l’obscurité sont, d’après les nombres donnés par M. Dufour, très différents. Il semble dès lors que les inégalités de croissance ne suffisent pas pour expliquer les variations signalées par M. Dufour, M. Duchartre pense qu’on pourrait montrer l'influence de la croissance en tenant compte, pour comparer le nombre des sto- males, de la grandeur et des dimensions des cellules épidermiques qui les séparent. M. Dufour n’a pas vu, il est vrai, des stomates se former à la lumière, mais il ne croit pas que les inégalités de croissance puissent expliquer les différences qu’il a constatées. Il se propose DOULIOT. — FAISCEAUX MÉDULLAIRES DU PHYTOLACCA DIOICA. 391 d’ailleurs de faire de nouvelles recherches sur cette question, et il en fera connaître à la Société les principaux résultats. M. Douliot fait à la Société la communication suivante : SUR LES FAISCEAUX MÉDULLAIRES DU PHYTOLACCA DIOICA, par M. DOULIOT. On sait que la tige de Phytolacca dioica possède dans la moelle un cercle irrégulier de 6-10 faisceaux libéro-ligneux qui, se détachant du cercle interne des faisceaux primaires à des niveaux différents, parcou- rent de 6-10 entre-nœuds avant de sortir obliquement de la tige pour pénétrer chacun dans la feuille correspondante. L'étude de ces faisceaux foliaires dans la portion qui parcourt la moelle m'a offert des particularités intéressantes que je crois devoir signaler. Au début, le faisceau foliaire inclus dans la moelle ne se distingue que par sa position d’un faisceau libéro-ligneux normal. Entre son bois etson liber, on trouve une couche génératrice, comme entre le bois et le liber d’un faisceau primaire de Phytolacca quelconque. Cette couche est pendant assez longtemps le siège de bipartilions qui donnent lieu à une formation de bois centrifuge et de liber centripète, de même que la couche qui sépare le bois et le liber primaire du cercle libéro-ligneux normal. Le méristème dont nous parlons, situé entre le bois et Le liber du fais- ceau médullaire, fournit un nombre croissant de vaisseaux de bois et de liber, et bientôt les cellules qui touchent à l’une et l’autre extrémité de ce méristème sont le siège d’une formation identique et fournissent aussi du bois et du liber du même côté que le méristème. La faculté de se divi- ser s’étend encore à un plus grand nombre de cellules. Celles-ci forment avec les premières un méristème en forme de croissant ayant sa partie renflée vers le centre de Ja tige et ses deux cornes vers l'extérieur. Ces deux cornes du méristème s’approchent de plus en plus lune de l'autre par les progrès de l’âge et finissent bientôt par se toucher. Dès lors on a un méristème circulaire fournissant du liber vers son centre et du bois en dehors de lui. D'ailleurs le bois formé est plus abondant vers le centre de la moelle que vers la périphérie; cette différence est très peu manifeste vers le milieu de la course du faisceau et un peu plus haut, là où il est le plus complètement enfoncé dans la moelle. Nous n’avons parlé jusqu'ici que des variations de forme du faisceau au point où il est le plus éloigné possible du cercle libéro-ligneux interne. En étudiant le faisceau à différents âges au même point, nous avons éli- 392 SÉANCE DU 41 DÉCEMBRE 1885. 22 miné les variations qu'il subit dans son parcours. Passons à l'étude de ces variations. Au départ, ce faisceau fait partie du cerele libéro-ligneux normal et ne se distingue pas des autres. Un peu plus haut, il se montre plus rap- proché du centre que ses voisins, tandis que sa place se montre occupée par du tissu du péricycle. La moelle est limitée par une couche de cellules plus petites que les cellules internes, qui borde tout le cercle de faisceaux libéro-ligneux. Cette couche circummédullaire s’enfonce vers l’intérieur de la moelle, dont elle sépare toujours le faisceau libéro-ligneux en question. Elle subit une inva- gination qui va en s’accentuant et finit par former un cercle qui enclôt toujours le faisceau libéro-ligneux. Ce cercle se détache un peu plus haut du cerele cireummédullaire, et le faisceau foliaire est dès lors ahsolument indépendant du cercle libéro-ligneux normal. Chaque faisceau médullaire a donc une gaîne comme la moelle elle-même. Cette gaine se rouvre à la partie supérieure du trajet du faisceau, et se soude de nouveau au cercle circummédullaire ; notre faisceau reprend sa place parmi ceux qu’il avait quittés plus bas et passe dans le pétiole d’une feuille, dont il devient le faisceau médian. En s’invaginant vers le centre de la moelle, le cercle circummédullaire enserre, comme dans une poche circulaire, non seulement un faisceau libéro-ligneux, mais encore une portion du péricycle de la tige. — C’est dans la portion du péricycle ainsi engainée que prennent naissance les formations libéro-ligneuses concentriques dont nous avons parlé. Au maximum de complication, on voit donc dans la moelle un cercle de bois composé de cinq faisceaux en moyenne, que séparent des rayons. Au mi- lieu de ce bois, autant de faisceaux libériens, et, tout au centre, du tissu péricyclique, qui parfois peut disparaître. M. G. Camus fait à Ja Société la communication suivante : SUR UNE HERBORISATION A CHAMBLY (OISE), par M. G. CAMUS. J'ai l'honneur de communiquer à la Société les résultats d’une herbo- risation que j'ai faite le 24 mai 1885 à Chambly (1) (Oise). Le terrain de l’herborisation est très limité; la ville est au fond d’une vallée, sur un ru (petit cours d’eau). Au nord et à l’est, s'étendent de vastes plaines bien cultivées, dans lesquelles le botaniste ne peut faire que maigre récolte [M. Graves cite seulement les Valerianella coronata DC , Setaria (1) Bourgade située à 40 kilomètres de Paris, sur la ligne de Paris à Beauvais, par Beaumont. CAMUS. — UNE HERBORISATION A CHAMBLY (OISE). 393 glauca P. B., Centaurea myacantha DC. près du cimetière]. A l’ouest, le parc du château de Petit-Musc vient encore restreindre le champ de recherches, pour lequel il ne reste que le sud-ouest. A cette orientation, se trouve la garenne de l’Épinette et, à 600 mètres plus loin, le bois de la Tour du Laye, qui est en partie sur l'Oise et sur Seine-et-Oise. C'est sur cette partie du département de l'Oise, non explorée par M. Graves, que je désire attirer l'attention de la Société. J'ai trouvé dans la garenne de l’Épinette : Polygala calcarea Schultz. Ophrys apifera Huds. Libanotis montana Allioni. — aranifera Huds. Fœniculum officinale Allioni. — muscifera Huds. Thesium humifusum DC. Cephalanthera grandiflora Babington. Orchis purpurea Huds, Epipactis atrorubens Hoffm. _— militaris L. En sortant de la garenne, à l'entrée du bois de la Tour du Laye, près de l’angle du parc de Petit-Muse, j'ai pu centurier, sans détruire la loca- lité, le Pirola rotundifolia, abondant mais localisé. J'ai cru qu'il y avait intérêt à relater cette petite herborisalion qui nous donne une nouvelle station de Pirole, à 40 kilomètres de Paris, parce que cette plante est assez difficile à trouver dans les environs immédiats de Paris sans risquer le désagrément d’un procès-verbal. Je dois ajouter que j'ai déjà signalé le Pirola rotundifolia dans le même bois, mais à un autre endroit, sur le territoire de Seine-et-Oise; une exploration plus complète nous fera connaître si ces deux localités sont réellement les seules. M. Malinvaud communique à la Société un travail de M. D. Clos, intitulé : Examen crilique de la durée assignée à quelques espèces de plantes (1). M. le Secrétaire général a reçu de M. François, instituteur communal à Porcheux (Oise), une lettre, qui renferme le passage suivant : ll existe iei, dans la propriété d’un bon vieillard de quatre-vingt- quatre ans, un Noyer qui a déjà, à plusieurs reprises, attiré mon atten- tion. Agé d'environ vingt ans (c’est le propriétaire lui-même qui a planté la noix, mais il ne s’en rappelle pas la provenance), ce Noyer n’a en hiver rien qui le distingue de ses congénères; mais, au printemps, il laisse bel (1) Par suite de l'abondance des matières, et avec le consentement de l'auteur, l'in- sertion de cet article a été ajournée; on le trouvera à la suite du Compte rendu de la première séance de janvier, dans le Bulletin de 1886. (Note du Secrétariat.) 394 SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1885. et bien ses voisins reprendre leur vêtement. Ils sont littéralement cou- verts de feuilles, et, malgré le contraste qu’il forme avec eux, il s’obstine à faire le mort. Il ne se décide à sortir de sa léthargie que du 25 au 30 juin. Ce n’est qu’à cette époque qu’on peut voir les bourgeons commencer à se développer et le Noyer se couvrir de feuilles à son tour. Il n’a plus à craindre les gelées alors, et il peut fleurir tout à son aise. Mais, s’il fleurit tard, il fructifie tard aussi; car le 2 novembre dernier, on voyait les fruits encore dans leur écale. L'arbre est d’une très belle venue et ne paraît nullement souffrant. Je ne sais trop à quoi attribuer cette parti- cularité que j'ai cru devoir vous signaler, pour le cas où vous jugeriez à propos d’en donner communication à la Société. M. Malinvaud communique à la Société le travail suivant : ADDITIONS A LA FLORE D'ALGÉRIE (GRAMINÉES), par M. EH. TRABUT. *(1) Paspalum distichum L.; Digitaria paspaloides Dub.; Panicum vaginatum Sw. — Plante des régions tropicales et subtropicales natu- ralisée dans le midi de l’Europe, se présentant à l'Alma avec les appa- rences d’une espèce spontanée; elle y occupe tout un ruisseau (oued Chereta), où elle devient par places l’herbe dominante. Cette Graminée n’a pas encore été signalée en Algérie, ce qui semblerait indiquer une introduction récente; mais, dans la même région, nous avons observé aussi d’autres Graminées très abondantes et non indiquées (Leersia hexandra, Phalaris arundinacea, etc.). — Fleurit en juillet. Leersia hexandra Sw. — Est plus répandu ici qu’on ne le croit géné- ralement. Sa floraison est tardive : août. — Maison-Carrée, fort de l'Eau, Alma, oued el Alleg, etc. Ayant transplanté cette Graminée dans un bassin, jai eu l’occasion de constater qu’elle présentait des mouvements de veille et de sommeil très manifestes sur les jeunes feuilles, qui s’enroulent par les bords le soir. Ce phénomène m'est apparu pour la première fois sur un pied de cette Graminée récemment planté : les jeunes pousses, pendant les premiers jours, paraissaient desséchées et souffrantes le soir, par suite de la posi- tion nocturne des feuilles. Cette observation sera complétée par l'étude du mécanisme du mouvement, dû très probablement à une inégalité intermittente, soit de croissance, soit de tension entre les deux faces. Phalaris minor Retz “var. integra Nob. — Aile de la carène non érodée. — Orléansville. gi Res espèces ou variétés marquées d’un astérisque sont {nouvelles pour la Flore gérie. L. TRABUT. -— ADDITIONS A LA FLORE D'ALGÉRIE (GRAMINÉES). 399 Phalaris bulbosa L. “var. hirtiglumis Nob. — Reghaïa. “ Phleum Gerardi All. — Cette Graminée, que l’on rencontre sur les points élevés des chaînes de l’Europe méridionale, n’était pas encore connue en Algérie ; nous l’avons trouvée en juin, fleurissant au contact des neiges fondantes, et très abondante dans les petites prairies élevées du massif de l’Aïzer (1900 à 2000 mètres). Alopecurus brachystachys M. B., Fl. taur.-cauc.; A. castellanus Boiss. et Reut.; À. pratensis var. ventricosus Coss. — A Medeah, une forme assez fortement aristée ressemble beaucoup à l'A. pratensis type, mais s’en distingue par ses longs stolons, ses glumelles tronquées, etc. Alopecurus macrostachyus Poir. — Il existe aux environs d’Alger une forme à petite panicule (var. microstachys), 15 millimètres, mais bien différente cependant de l’A. bulbosus L. par ses glumes étroites insensiblement atténuées. L’A. macrostachyus Poir. peut être regardé comme une espèce distincte, au moins dans notre région, où elle est toujours bien caractérisée. Alopecurus fulvus Sm. — Très difficile à séparer par des signes certains de l'A. geniculatus L. La glaucescence et la couleur vive des étamines lui donnent cependant sur le vivant un facies particulier. Il est probable que c’est cette forme qui a été indiquée par Desfontaines dans son Flora Atlantica sous le nom d’A. geniculatus, plante qui n’a pas été signalée depuis en Algérie. — Teniet el Haad, mares des Beni-Hayane. Agrostis alba L. — Très répandu en Algérie. Il présente de nom- breuses variétés ou formes ; nous avons observé les suivantes : a. genuina; f. coarctata et f. laxiuscula. — Alger, Medeah, etc. 8. aristata Boiss., FI. Grient. — Lac de la Mouzaïa, 1400 mètres. 7. scabriglumis Boiss., FI. Or.; À. scabriglumis Boiss. et Reut. — Maison-Carrée, Reghaïa, etc. — Sous-var. brachyantha Nob.. Épillets un tiers plus petits. — Nador de Medeah. Agrostis Reuteri Boiss., À. Mustaphæ Steudel. — Très commun en Algérie, se distingue facilement de l’A. alba. Stipa tortilis L.* var. pilosa Nob. — Feuilles mollement velues, ainsi que les graines. — Sables à Bouçaada. Stipa gigantea* var. planifolia Nob. — Feuilles non enroulées, larges, courtes. — Gabès (Rivière). Avena australis Parlat., A. pratensis L.— Tizi Djaboub (Djurdjura). Avena bromoides Gouan var. grandispiculata Hackel in litt. — Teniet el Haad. 396 SÉANCE DU 11 DÉCEMBRE 1885, Arrhenatherum elatius Mert. et Koch. — C’est la variété méridio- nale erianthum (A. erianthum Boiss. et Reut. Pug.) que nous avions toujours observée; cette année, à Ben-Chicao (1300 mètres), nous avons trouvé la forme à fleur supérieure glabre (A. elatius var. bulbosum). * Aira flexuosa L.— Cette Graminée, nouvelle pour la flore atlantique, croit dans la forêt de Cèdres des Aït-Ali, sur le versant nord de l’Aïzer (Djurdjura), où nous l’avons cueillie le 19 juin. Holeus mollis L. * var. friflorus Nob. — Le H. mollis, signalé en Algérie par Desfontaines, n’avait pas été retrouvé. M. Pomel a bien voulu nous communiquer un échantillon de ce type, mais remarquable par les épillets fous à trois fleurs. — Beni-Foughal (Kabylie). Dactylis glomerata L.— Il présente en Algérie les formes suivantes : a. genuina. — Teniet el Haad, etc. 8. australis Wk., D. hispanica Roth. — CCC. partout. y. Mmarilima Hackel Gr. Port. — Pointe Pescade. *4. Sibthorpuü Hackel ŒÆŒstr. bot. Zeit. 1878 ; Festuca dactyloides FI. Græc.— Panicule ovale compacte ; épillets 9-10 fleurs, glumelle scabre. — Cherchell. Ampelodesmos tenax Link. Var. 8. squarrosus Coss. FI. Alq.— Teniet el Haad, etc. — 7. microstachys Nob. (Arundo bicolor Poiret), Desf. Atl. I, 107, t. 33. — Glume inférieure 6-7 millim., 2 fleurs à glumelles de 10 millim. — Nador de Medeah. Hælerina pubescens P. B. * Var. uniflora Nob. — Panicule oblongue, cylindrique, dense; épil- lets uniflores. — Biskra (D' Perroud). * Var. schismoides Nob. — Panicule courte, làche, épillets 3-flores, glumes courtes, larges. — Biskra (D' Perroud). * * Kœleria crassipes Lange. — Zaccar. — Teniet el Haad. Melica ciliata L. — Très répandu. Nous avons observé les variétés : a. typica. — Alger, Palestro, Bouira, etc. 8. Magnolii. — Alger, Berouaghia, etc. y. nebrodensis. — Région montagneuse. * 9. brachyantha Hackel in litt. J'avais d’abord pris cette variété pour la var. 8. micrantha Boiss. FI. Or.; mais ayant communiqué des échantillons à M. Hackel, cet agrosto- graphe si autorisé m’a répondu que celte forme était nouvelle et différait du M. micrantha, surtout par ses glumes aiguës. — Aït-Ali (Djurdjura). Poa alpina L.— Commun sur les sommets du Djurdjura, Aïzer, 1800 à 2000 mètres, L. TRABUT. —- ADDITIONS A LA FLORE D'ALGÉRIE (GRAMINÉES). 397 Poa Djurdjursæ Trab. F1. Alg.— Très probablement une variété saxi- cole du précédent ; sa taille est plus petite et les glumelles le plus souvent glabres. — Très commun, rochers de l’Aïzer, 1800 à 2000 mètres. Bromus sterilis L. — Teniet el Haad, Ben-Chicao. Bromus Alopeeuros Poir. — AC. Alger, Bellefontaine, Bouira, etc. Bromus neglectus Parlat. — Maison-Carrée. Valpia longiseta Hackel; V. agrestis Duval-Jouve. Festuca longi- seta Brot. F1. lus.;,F. agrestis Lois. FI. qall. — Diffère du V. uniglumis par ses épillets ne se désarticulant pas du rachis, l'ovaire glabre, le chaume longuement nu sous la panicule. — Aïn Taya (Alger). Valpia Alopecuros Link. — Ben-Chicao. — C. Festuca ovina L. — Cette espèce, comprise dans le sens le plus large, présente en Algérie les formes suivantes, que nous avons toutes soumises au savant monographe des Festuca : 1° Subsp. Euovina : — a. var. duriuscula Hackel Monogr. Fest. — Commun dans le Djurdjura, depuis 1500 mètres. *— b. var. dubia Hack. in litt. — Forme se reliant par ses feuilles au F. ampla Hack. loc. cit. — Aïzer (1700 mètres). — Juin. 2 Subsp. Lævis Hack. (loc. cit.); F. duriuscula Tod F1. sic. n° 444. — Commun dans la région montagneuse. æ Subsp. FRIGIDA Hack. loc. cit. — var. Djurdjuræ Mack. in litt. et Battand. et Trab. Fl. Alq. — Fis- sures des rochers dans tout le massif du Djurdjura, au-dessus de 1700 m. Festuca atlantica Duv.-Jouve. — Très répandu dans la région mon tagneuse; présente quelques variations sensibles. * — sous-var. breviglumis Nob. — Glume un tiers plus petite. — Aït- Ali (Djurdjura). Nardurus unilateralis var. aristata Coss. — Berouaghia. Ægilops ovata L. — Je ne puis encore établir d’une manière précise le relevé des formes nombreuses englobées sous cette espèce prise dans le sens le plus large. L’Æ. triaristala n'est pas une variété plus tranchée que beaucoup d’autres, communes en Algérie et non décrites. Le nombre des arêtes varie de 5 à 2. Dans une variété (Æ. nigricans Jord.) la glume de l’épillet inférieur est pourvue de 5 subules. On trouve beaucoup de formes où celte glume est tantôt à 4, tantôt à 3 arêtes sur les mêmes pieds, les variétés à 3 arêtes passant à des formes souvent biaristées. Enfin à Berouaghia j'ai observé une colonie d'Ægilops dont les glumes étaient constamment biaristées; une arêle large présentait 5 nervures; l’autre, plus étroite, 3 seulement (Æ. Lorentii Hochst.?). 398 SÉANCE DU 18 DÉCEMBRE 1885. La longueur et la direction des arêtes varient de même. Des formes à arêtes très courtes passent à lÆgilops brachyathera Pomel. Le nombre d’épillets n’est pas constant: j'ai récolté des formes ayant toujours 2 épillets; d’autres sont remarquables par la longueur de l’axe portant 4 épillets (Æ. vagans Jord.?). La forme des épillets permet aussi de caractériser un certain nombre de variétés. On ne peut plus globuleux dans l’Æ. brachyathera Pomel, l’épillet devient oblong dans des variétés soit à 3, soit à 4 arêtes à l’épillet inférieur; il est à son dernier degré d’émaciation dans une très jolie forme observée à Cherchell, et qui se rapporte assez bien à l’Æ. microstachys Jord., mais en diffère par ses glumes constamment 3-aristées. Le degré de pubescence et de villosité des épillets et des feuilles est aussi variable. Un côté intéressant de l’étude de cette espèce polymorphe est dans la répartition de ses variétés ou espèces affines, que l’on ne crée pas en triant les échantillons ou par sélection dans une culture, mais que l’on rencontre dans des régions bien déterminées. Ainsi c’est dans la zone montagneuse que nous cueillons une variété à 2-3 arêtes et à épillet à peine renflé (Æ. ovata var. trispiculata Hackel; Æ. intermedia Steu- del?). En Kabylie, dans la région montagneuse inférieure, il existe aussi une forme à 2-3 arêtes, mais de grande taille et à épillets très ventrus et longuement aristés (Æ. ovata var. triaristata, subvar. subbiaristata). Quand plusieurs formes existent dans la même région, elles occupent un cantonnement différent ; c’est ainsi qu'à Berouaghia nous avons pu récol- ter un nombre de variétés très distinctes, croissant les unes à côté des autres sans s’intriquer. Æ. brachyathera Pomel, Mat. fl. atl. — Voisine de l_Æ. ovata, pro- bablement le terme extrême des formes à épillets globuleux, subules courtes (6-10 millim.) et axe court. — Berouaghia. * Æ. eylindrica Host Gram. — Aflou (Roux). SÉANCE DU 18 DÉCEMBRE 1885. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE. M. Mangin, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 11 décembre, dont la rédaction est adoptée. M. le Président, par suite des présentations faites dans la der- nière séance, proclame membres de la Société : ÉLECTIONS. 399 MM. GRANEL (Maurice), professeur agrégé à la Faculté de méde- cine de Montpellier, présenté par MM. Émile Planchon et Flahault. WasserzuG (Étienne-Bronislaw), préparateur au laboratoire de M. Pasteur, 45, rue d'Ulm, à Paris, présenté par MM. Bonnier et Leclerc du Sablon. M. le Président annonce ensuite deux nouvelles présentations. M. le Secrétaire général donne lecture de lettres de MM. Fran- çois et l'abbé Coste, qui remercient la Société de les avoir admis au nombre de ses membres. M. le Président fait hommage à la Société, au nom de M. Rothschild, éditeur, d’un ouvrage intitulé : Flore pittoresque de la France. Il est procédé, conformément aux Statuts, à l’élection du Prési- dent de la Société pour l’année 1886. M. Chatin, premier vice-président sortant, ayant obtenu 149 suffrages sur 175 votes exprimés, est proclamé Président. La Société nomme ensuite successivement : Premier vice-président : M. de Seynes. Vice-présidents : MM. Prillieux, Hérincq et Mer. Membres du Conseil : MM. Van Tieghem, Bonnier, Cosson, Bescherelle, Maugeret. Par suite de ce renouvellement et des anciennes nominations encore valables, le Bureau et le Conseil d’administration sont com- posés, pour l’année 1886, de la manière suivante : Président. M. A. CHATIN. Vice-présidents. MM. de Seynes, MM. Mer, Hériucq, Prillieux. Secrélaire général. M. Malinvaud. 400 SÉANCE DU 18 DÉCEMBRE 1885. Secrétaires. Vice-secrétaires. MM. Mangin, MM. Costantin, J. Vallot. Duval. Trésorier. Archiviste. M. A. Ramond. M. Bornel. Membres du Conseil. MM. Bescherelle, MM. Leclerc du Sablon, Bonnier, Maugeret, Buffet, Monod, E. Cosson, Petit, Duchartre, Poisson, Franchet, Van Tieghem. Avant de se séparer, l'assemblée, sur la proposition de M. Petit, vote des remerciements unanimes à M. Bescherelle, président sortant. Le Secrétaire général, gérant du Bulletin, E. MALINVAUD. 4680. — BOURLOTON. — Imprimeries réunics, À, rue Mignon, 9, Paris. Bulletmeécija Soc. Bot.de France. Tom XXXL PI coll. CL O0: 2e) la! un Sarcocephates eseutentis AfX. Lormalion de l'écorce secondaire Montp.imp Boehm a Fils. Tome XXXA PF] 1] Pull de la S'oc. Dot. de France. Gap, Lith. Jouglard £: Gurnrer. Del. CC LD re /' ; 72 4 COTCE adulte . 5. e cl a V4 ranice. Tr £ Bulletin de la Soc Bot.de PO = NES ce \ ai À Ci ri | { LD _ 9 Qi 277 DIN ù g \ NÈT AN cr =" Free rSS; F OR € n CAPE ET e- AS \ € TU à Je dat ss { nf . UE de ST FC F A tp imp Boehrn& pharliis esculentus AE M Sarcoc faatonrie Le la Î Laer. de La / “tell s PI Le D = à < M < a ju ÿ 2 PDO TE Si & : RETRACE gra? 3re- * © +. aa FE ou Î « 5 ER S E D in À RES Ÿ ° | bat: 154 at N L En to) . SE —- F - Fe w. en VS e L : : ta a DIT: ne AR ve Ed Ÿ è , e RAS 2 Le SH) 17%? . } ESSAIS TS DOPAGE LL S À Fe msn . S G < < RC ra = HI YÿE Ne ss TZ & 2 D S #2 Ÿ TX È — AA #2 = NOT 4 2 : < On < _ = LT ms + — :; = Lori : er PTE 0 2) ÿ - V4 pm ME TE 6 LEEDS PEN * V3: Le 2 Lars PA TS £ Cs , 23 CETTE X FOLIES L Sante QUE LES \ f » 4 at 7 4 D AT Te Let Z. L CRE » >, Le AN TE EN: FL NT" ps 3402" * < Lu L : » Un x © LE # 222? TT Le ss DEN SRE Re er DIRES SE 2 are La - = 2 LL O« 7 Z OT sers ns TT CN DRE, T k gere Men ÉrS TT dues . tin sue. Le NL RE Æ C:: PP ou Run BE Ta } ELEC Pa ee Ce a ares TS. Ve TE = — PURE eh RES NON } UE a Tr ETAT et t Z > ru = te : LA A ANA eue. PONS a vins MD hais RAR Don Lt M 7 D) : A : N D: T à _ e2 | < ere ua nesure L TC T, ETS 52 + fume CE ee ee RENE LS Aer ! De: Fes «rar CARRIERE LANCE Sat 9.4 ou DST en Bu NT (ea n SX as Z LR 4 GAS, — 4 Ver, = À es, _ c° _ 2 pe Eu, . CCE T7 nc TEL er? “à de Nas PEER D) Bull. de la Soc. bot. de France drnoud lité Tome xxxu.PI. 5 Bull. de la soc. bot.deFrance LE PENICILLIUM - FERMENT dans les Extraits pharmaceutiques T.XXXIL.pL.6. HERO, ART A { Bull. Soc. bot.de France. \inalalis. { al] zone du Convaill Ï h Structure du r Bull. de la Soc. bot de France. a ET CRT 6e /mp. Lemercier & CC Paris Gormont del MICROCHAÆTE _#Ë res e DIPLOSIPHOX Tome XXXIL. PL VII Qt Arnoud LA Bull.de ja Soc.bot de France. : Tome XXXI. PL VII N À A à AË PR MAN 41 NON RAR One Enr A JA FA 4 / RCI / ADO) // À A LENS LE je NN Up. %\ e L NN \ PAR \\ ANA PADVRN ‘ FRS [l s ( ? GAS 1% 2 SAIT I \ À | XX (. dubia. Zi 21 CAN CIS … ei 22 M X 0. Simo-militanis O PA N f À \ e WA \ Fi f A \ Ü j \ } s s 24 2w4 ORCHIS SIMIA J Re à : p.Becquet Dessiné et grave par E.C.Camus Imp.Becqu Bull. Soc. bot. de France. Tisseron lil Imp Becquet fr Pari Il ; 1. D nocybe leucocephala B U B. + il | l Coprinus hgrinellus maculata B 321 LS fremella Gnileti B [né 1D1 0: ) ] À. nizopoqon Briardi. Bull. de la Soc. bot.de France. P1.X. Tom. XXXII. Leptosphærites Lemoïnii_ChRichon. .Richon Del. 1885. IMP. BARBAT CHALONS SM I 1 PL XI. Tom. XXX Bull de la Soc. bot.de France. LM VE rh pri Richon. h it. 3 oides.( 10 | ŒÆ 1 | L MP.BARBAT,( Ch.Richon, Del. 1888. m.XXXI] 11 m 10 | XI! D 1 Bull. de la Soc. bot. de France ARE ET à, BARBAT CHALONS S M = Q Eu = ee — CD 4 [er Eu TT E EC _. le] ner [= + 4 F4 + O = 2, [æ) +7] 1) (ee) æo d [en [es O Le Q [a < Le) { À © re ee j Bullet. de la Soc. bot de France T XXXII PI XIII F COCCONEMA CISTULA (EN) NAVICULA CRASSINEÉHVIA (de BREB 600 1 F L'Petit ad nat del ImpCeny gros. Paris L'Honnet REVUE BIBLIOGRAPHIQUE (1885) On the Indian Species of Cyperus, with Remarks on some others that specially illustrate the Subdivisions of the Genus (Sur les Cyperus de l’Inde, avec des remarques sur quelques autres dont l'étude peut servir à fixer les subdivisions du genre); par M. C.-B. Clarke (Journal of the Linnean Society, vol. xx, n° 132-133; 202 pages, avec 4 planches, 30 avril 1884). Après avoir étudié pendant deux mois les Cyperus indiens de l’her- bier de Kew, M. C.-B. Clarke, sur le désir exprimé par M. J.-D. Hooker, s’est rendu dans l’Inde, dans le but d’y élaborer ce genre pour le Flora of British India; Y'herbier de Calcutta renferme en effet d'immenses matériaux qu’il n’était pas possible de négliger. L'auteur divise son mémoire en trois sections : I. Examen des organes de végétation et des différentes parties de la fleur, plus particulièrement applicable aux espèces de l'Inde. — IT. Discussion des espèces et des genres critiques. — [II. Disposition systématique et description des espèces de l'Inde (quelques-unes croissant en dehors), avec des observa- tions étendues sur l'établissement des sous-sections et des groupes. Au point de vue de la durée, les Cyperus peuvent être partagés en deux classes : les annuels, dont la racine est fibreuse ; les bisannuels ou les pérennants, pourvus d’un rhizome horizontal. L'auteur accepte ces deux divisions, malgré la difficulté qu’on éprouve d’y faire rentrer nette- ment quelques espèces, telles que le C. Haspan. Les caractères tirés des rhizomes, ainsi que de l'absence ou de la présence de stolons, paraissent à M. Clarke très propres à grouper un certain nombre d’espèces, rappro- chées d'ailleurs par d’autres caractères importants: les Corymbosi, les Exaltati, en y réunissant les Papyri, sont tout à fait dans ce cas. Les chaumes peuvent différer considérablement de hauteur et de gros- seur et fournir ainsi des caractères de groupe très importants. Ainsi les Exaltati ont toujours les chaumes très gros, bien que souvent fort courts ; les Aristali présentent constamment des chaumes grèles, bien que parfois très élevés. Quant à l’état lisse ou scabre de leurs angles, tantôt aigus, tantôt obtus, il n’y faut voir que des: particularités spéci- T. XXXIL (RBVUE) 1 9 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. fiques ; les feuilles sont dans le même cas, elles font presque complète- ment défaut ou sont réduites à des écailles dans un petit nombre d’es- pèces pouvant d’ailleurs appartenir à des sections très différentes. La dis- position des bractées peut quelquefois servir à caractériser des groupes d'espèces, mais leur degré de développement n’est le plus souvent qu'un état individuel. L’inflorescence des Cyperus est toujours une ombelle (is always an umbel) dont le développement varie excessivement, depuis l'ombelle très composée el très étalée, jusqu’à l’ombelle contractée, capituliforme. Dans une même espèce elle peut se montrer sous des aspects divers; aussi ne doit-on employer la forme de l’inflorescence qu'avec beaucoup de réserve, lorsqu'il s’agit de caractériser les sections. L'examen du rachis propre de l’épillet, ou rachillet, fournit des dis- tinctions importantes dont Kunth et M. Bæckeler se sont servis avec avantage pour l'établissement de groupes ou d’espèces; selon qu'il est allongé ou quadrangulaire, il peut caractériser des espèces d’ailleurs très voisines. Les écailles (the glumes) ont peut-être été étudiées avec plus d’attention qu’elles ne méritent, leur coloration, leur nervation, la présence ou l’ab- sence d’un mucron, ne fournissant souvent que des caractères illusoires à cause de leur variabilité. M. Clarke accorde pourtant que, dans la section Juncellus, la compression dorsale des écailles, coïncidant avec la compression des achaines, fournit un caractère d’une certaine impor- tance. Le nombre des étamines est ordinairement de 3, plus rarement de 1 ou de 2; il est assez rare que ce nombre varie dans une même espèce. La persistance des filets est caractéristique de certains types spécifiques, notamment du C. globosus All. Les anthères sont presque toujours simples, mutiques ou brièvement apiculées ; mais, dans quelques espèces (C. lævigatus, C. platyphyllus, etc.), elles peuvent être terminées par un petit appendice rougeàtre, lancéolé ou tronqué, servant à caractériser quelques sous-sections. Le style est bifide ou trifide, subindivis dans une seule espèce (C. ce- phalotes); ce caractère est invariable dans chaque espèce, section ou sous-genre des Cyperus, et c’est à bon droit que Kunth en a reconnu la valeur, en acceplant le sous-genre Pycrœus Pal. Beauv. Dans son récent travail sur les Cypéracées de l’herbier de Berlin, M. Bæœckeler a discrédité la constance de ce caractère, en admettant qu'une même espèce pouvait avoir des styles tantôt bifides, avec des achaines compri- més, tantôt trifides, avec des achaines trigones. D'après ce principe, il a constitué des espèces composées pour les C. alopecuroides Rottb., C. inundatus Roxb., C. pygmæus L., dont les C. dives Del,, procerus Rottb., a, REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 3 et l’Jsolepis Michelianus, ne seraient, d’après lui, que la forme à style trifide. Les observations de M. Clarke, faites avec toute l'attention pos- sible, l’autorisent à dire que l’opinion de M. Bæœckeler, sur ce point, n’est pas fondée et que les espèces citées plus haut diffèrent non-seulement par le nombre des divisions du style, mais aussi par plusieurs autres caractères importants. La forme, la dimension, les ornements de la surface de l’achaine, fournissent, selon M. Clarke, des caractères du premier ordre, et qui d’ailleurs ont été considérés comme tels par tous les-auteurs, sauf peut- être par M. Bœckeler. Pourtant, en ce qui concerne la surface, il faut se défier des stries transversales qui peuvent être un caractère trompeur dans quelques espèces. D’après M. Clarke, on doit attribuer beaucoup plus d'importance à la forme des cellules épidermiques, selon qu’elles sont carrées ou oblongues; il a cru même pouvoir établir une sous-sec- tion sur ces particularités de forme. Passant à la discussion des genres ou espèces critiques, l’auteur con- sidère le genre Anosporum Nees (Cyperus cephalotes Vahl) seulement comme un sous-genre des Cyperus, malgré que M. Bæœckeler l’en ait maintenu distinct dans sa monographie des Cypéracées, en y adjoignant même d’autres espèces, très différentes d’ailleurs du C. cephalotes. Quant au C. pygmæus et à l’Isolepis Micheliana, que l’auteur alle- mand considère comme une même espèce, M. Clarke persiste à y voir deux types végétaux bien distincts; les figures comparatives qu'il donne (fig.10 et 11)des achaines de ces deux plantes suffisent en effet à écarter toute idée de rapprochement. La même observation s'applique aux quatre espèces citées plus haut, qui diffèrent non-seulement par le nombre des divisions de leur style et la forme de leurs achaines, mais aussi par le rachillet et la forme de leurs écailles florales. Le genre Killingia ne peut être en réalité séparé des Cyperus qu'en : raison de ses épillets uniflores, à style constamment bifide ; l’auteur n°y verrait volontiers qu’un sous-genre, il le maintient toutefois provisoi- rement. M. Clarke partage les Cyperus en deux séries, selon que les glumes sont caduques (série A), ou persistantes (série B), c’est-à-dire selon qu’elles se détachent de l’axe avant ou après le rachis propre de l’épillet, La série A est formée de quatre sous-genres : Anosporum, dont le style est indivis et l’achaine stipité ; Pycrœus, à style bifide et dont l’achaine a les faces comprimées perpendiculairement au rachillet; Juncellus, à style bifide, avec l’achaine comprimé parallèlement au rachillet; Eucy- perus, à style trifide. La série B comprend les deux sous-genres, Dicli- 4 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. dium, dont le rachillet se sépare par articles, et Mariscus, dont le rachillet est continu. ; Presque toutes les espèces citées (au nombre de 164) sont accompa- gnées de descriptions très détaillées; les localités sont citées avec beau- coup de soin et de détail, ainsi que les numéros des collecteurs, ce dont on ne saurait trop savoir gré à l’auteur. Le chiffre de 164 espèces peut paraître considérable pour les Cyperus de l'Inde, d'autant mieux que l’auteur entend l'espèce d’une façon très large ; aussi M. Clarke ne l’obtient-il qu’en leur joignant un certain nombre d'espèces qui croissent dans d’autres régions, mais qu'il a cru devoir faire entrer dans son cadre pour corroborer sa classification : c’est ainsi qu’il énumère des Cyperus de l'Afrique, du Mexique, du Paraguay, de l'Australie, qu’on est en droit d’être surpris de trouver là. Il décrit au passage quelques espèces nouvelles de régions tout à fait étrangères à l'Inde, telles que : C. argentinus, de la république Argentine (Lorentz, n. 1075); C. paraguayensis, du Paraguay (Balansa, n° 419, 420). Les espèces nouvelles appartenant à la flore de l’Inde sont seulement au nombre de 5: C. sulcinux, du Bengale, de Bornéo et des Philippines ; C. Atkinsoni, de l'Inde; C. Kurzüi, des iles Andaman; C. turgidulus, de l’Inde, de Malacca et du Cambodge; C. benghalensis, du Bengale. Les figures À à 13 représentent les fruits et les organes de reproduc- tion; les figures 14 à 25 sont consacrées aux différentes formes de rhi- zomes ; les figures 28 à 34 donnent les rachillets; les figures 35 à 99 représentent les diverses formes des cellules épidermiques de l’achaine. ADR. FRANCHET. Contribations to the Flora of North Patagonia and the adjoining Territory (Contributions à la flore du nord de la Patagonie et du territoire adjacent) ; par M. John Ball (Journal ofthe Linnean Society, vol. xx, p. 203, août 1884). La collection qui fait le sujet de cette note a été rassemblée par M. G. Claraz, qui, durant plusieurs années passées sur le territoire de la république Argentine, et surtout à Bahia Blanca, a pu faire de fréquentes excursions dans le nord de la Patagonie. Malheureusement la plus grande partie des collections botaniques de M. Claraz, envoyées en Suisse il y a quelques années, a été perdue,et M. Ball a pu étudier seulement 250 espèces, dont 190 provenant du nord de la Patagonie et 60 de la province d'En- tre-rios ; presque toutes sont accompagnées des noms que leur donnent les Indiens. | . La pauvreté de la flore de la Patagonie est un fait qui a attiré J’altén- tion de tous les voyageurs, et elle est surtout frappante dans le nord de cetté REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 6) région où l'étendue continentale est cependant considérable. Dans le sud, cette infériorité dans la végétation paraît être moins accentuée, et le D: C. Berg a pu recueillir, dans le voisinage de Santa-Cruz (1), 60 espèces, parmi lesquelles un petit nombre de Cryptogames. Il a noté la rareté des plantes grasses dans ce district, lorsque M. Claraz avait élé à même d'en observer 24 spontanées (que M. J. Ball ne cite pas), plus 6 autres proba- blement introduites par l'homme, Les causes de cette étonnante pauvreté dans les productions végétales ne paraissent pas encore à M. J. Ball avoir été complètement indiquées. Le professeur Lorentz y voit le résultat de l’uniformité et de la mauvaise qualité du sol, joint à la rudesse du climat. Mais on peut objecter à M. Lorentz que le professeur Engler a prouvé que les sols arides étaient au contraire très favorables à la production d'espèces particulières, et Further fait remarquer que c'est ordinairement le sol des vallées, le plus riche en humus, qui présente la végétation la moins variée; quant au climat de la Patagonie, il ne faut pas oublier que la moyenne de la température ne s’écarte pas sensiblement de celle qu'on observe à 100 milles des côtes.du Portugal, sur les frontières de l'Espagne. Aussi, dans l'opinion de M. J. Ball, la véritable cause de la pauvreté exceptionnelle de la flore. patagonienne est tout autre; elle a été depuis longtemps indiquée, au moins en partie, par le célèbre Darwin, qui visita cette région en 1833. Discutant les raisons de l'absence de végétation arborescente dans les Pampas, il fait en effet remarquer qu’il ne suffit pas, pour l'expliquer, d’invoquer la force des vents qui peuvent balayer sans obstacle toutes ces immenses plaines, et le manque de cours d’eau s’écoulant vers la mer ; à l'appui de l'insuffisance de ces causes, Darwin fait observer que les arbres importés s’y développent rapidement, el que, d'autre part, nulle autre région du globe ne se prête peut-être davantage à l’acclimatement de certaines espèces herbacées. Aussi, pour le savant anglais, faut-il chercher la cause réelle de l’infériorité numérique de la flore patagonienne dans les phénomènes géologiques dont cette région a été le théâtre à une époque relativement très récente, le sol qui constitue les Pampas ayant été émergé seulement lorsque la force productive de nouveaux organismes élait déjà considérablement affaiblie. Si l’on compare la flore du nord de la Patagonie avec celle de la répu- blique Argentine, on y trouve que certaines familles bien représentées dans cette dernière région font totalement.défaut dans la première : c’est ainsi que les Malvacées manquent complètement en Patagonie, ainsi que les Convolvulacées et les Euphorbiacées (dans la république Argentine on (1) Il est très regrettable que les plantes récoltées en 1882, sur les bords de la rivière Santa-Cruz, par M. Lebrun, naturaliste du Muséum à bord du Volaye, n'aient point encore été publiées ; elles eussent sans doute apporté un appoint intéressant à la flore si peu connue de ces régions. 6 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. compte 51 Malvacées, 44 Convolvulacées, 76 Euphorbiacées). Il y a seu- lement 8 Papilionacées dans le nord de la Patagonie et 174 dans la répu- blique Argentine. Toutefois les Composées et les Graminées dominent sensiblement dans les deux pays. Parmi les 150 espèces du nord de la Patagonie énumérées par M. J. Ball, il est à remarquer que 16 espèces, au moins, paraissent intro- duites de l’ancien monde, ou même de l’Europe. Les espèces ou variétés suivantes sont données comme nouvelles: Polygala spinescens Gill. var. ? aspalathoïdes; Silene antirrhina L. var. pteroneura ; Margyricarpus Clarazii J. Ball; Chuquiraga Kingi J. Ball; Phacelia glandulosa Nutt. var. patagonica; Heliotropium anchusæfolium Poiret var. angus- tifolium,; H. curassavicum L. var. parviflorum ; Lantana Clarazii J. Ball; Sisyrinchium Clarazii Baker Mss; Stipa Clarazii J. Ball. M. J. Ball avait rédigé son travail lorsqu'il a eu connaissance de la publication officielle de l'expédition du Rio Negro, faite sous la direction du général Roca en 1879. La partie botanique a été rédigée par le pro- fesseur Lorentz et par M. G. Niederlein, botaniste de l'expédition. Ce catalogue énumère 324 espèces ou variétés de plantes phanérogames et 13 cryptogames vasculaires ; 20 espèces y sont données comme nouvelles et 66 n’ont pu recevoir qu’un nom de genre; 53 espèces sont certaine- ment identiques avec celles de M. Claraz. Ce chiffre serait certainement plus considérable, si un certain nombre des espèces de ce collecteur avaient pu être déterminées spécifiquement. A. FRANCHET. Four New Chinese Cæsalpinieæ (Quatre espèces nouvelles de Césalpiniées chinoises); par M. H. F. Hance (Journal of Botany, 1884, vol. xxI1, p. 365). Dans cet article, M. Hance décrit plusieurs Légumineuses nouvelles. Cæsalpinia (Guilandina) minax, sp. nov., découvert par le Rev. H. Graves sur les bords du North river, dans la province de Canton. C’est une très intéressante plante, bien distincte du C. Bonduc et du C. Bon- ducella, par ses stipules spiniformes, par ses larges bractées, ses fleurs blanches ou purpurines, par ses légumes à 7 graines cylindriques et brunes. Pterolobium subvestitum, de la province de Canton, où il a été observé en septembre 1883 par le Rev. E. Faber. Il paraît bien distinct du P. indi- cum Ach. Rich., par le nombre (8 à 9 paires) et la largeur des folioles, par le tomentum roux qui recouvre leur surface extérieure, par l’obliquité très accusée de leur base et leur consistance plus ferme. Gymnocladus Williamsii, des montagnes de Pékin, où W. Williams l'a observé dès 1865. C’est la troisième espèce du genre, qui se trouve ainsi moins représenté en Amérique que dans l'Asie. M. Baillon a décrit, REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 7 il y a quelques années, sous le nom de G. chinensis,la première espèce asiatique qu’il avait reçue du P. Hendes. Le G. Williamsii est beaucoup plus voisin du type américain, G. canadensis, que de son congénère asiatique. C’est un arbrisseau à raméaux et à feuilles pubérulents, celles- ci à 4 paires de folioles oblongues, -inégalement crénelées, terminées par une soie; les fleurs sont assez nombreuses, en grappes axillaires ; le calice est infundibuliforme,; à dents subulées, les pétales oblongs, tomenteux, peu saillants. M. Hance n’a pas vu les fruits de la plante. Gleditschia xylocarpa, des collines de Shang-haï, où la plante a été observée par M. Bullock. M. Hance n’a pas connu les fleurs de cette es- pèce, qu’il considère d’ailleurs comme très voisine du G. chinensis Lamk ; elle en diffère par la nervation plus serrée et plus proéminente des folioles, par la consistance plus dure des légumes plus grands, atténués aux deux extrémités et ne s’infléchissant pas entre les graines, qui ne font que peu ou pas saillie. A. FR. Descriptio novi generis Rubiacearum ; à Rev. B. Scortechini (Journal of Botany, 1884, vol. xxn, p. 369). Ce nouveau genre, Creaghia, appartient à la tribu des Cinchonées, sous-ordre des Hilliées. Voisin surtout du Calicophyllum DC. il s'en dis- tingue nettement : par sa corolle, dont les lobes, au nombre de 3 à 5, sont divisés jusqu’à la base, l’extérieur faisant complètement défaut ; par les filets staminaux insérés à la base de la corolle; par le limbe du calice, divisé en 4-5 segments, dont un seul s'accroît après l’anthèse en lame foliacée ; par son inflorescence axillaire ; enfin par son habitat. La seule espèce connue, C. fagræaopsis, est un arbre à port de Fa- græa observé sur les bords du fleuve Larut, dans la péninsule malaisienne. A. FR. Orchidaceas epiphyticas binas novas describit H. F. Hance (Journal of Botany, 1884, vol. xx, p. 364). Les deux espèces décrites, d’après des exemplaires vivants, par M. Hance, sont le Cleisostoma formosanum, découvert par C. Ford aux environs de Tamsui, très voisin du C. cerinum Hance, et l'Ornithochilus eublepharon Hance, trouvé dans la province de Canton également par M. C. Ford. Cette dernière espèce s’écarte un peu des caractères attribués par M. Bentham au genre Ornithochilus, par la forme du gynostème renflé en sac ; mais M. Hance estime qu’il n’y a pas matière à le séparer vénériquement. A. FR. 8 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. A new Species of Albuca from Aden (Nouvelle espèce d’Albuca d’Aden); par M. N. Ridley (Journal of Botany, 1884, vol. xxx, p. 370). Ce nouvel Albuca, que l’auteur nomme À. Yerburyi, du nom de celui qui Pa découvert aux environs d’Aden, appartient à la section Palla- stema, répandue dans toute l’Afrique tropicale; il est surtout voisin de VA. abyssinica Jacq. Ses feuilles sont hispides à la base, ses fleurs peu nombreuses (9 environ) et d’un beau jaune. A. FRANCHET. On Cyperus bulbosus Vahl. — The « Silandi arisi » ofs. Madras and Ceylon (Sur le Cyperus bulbosus Vahl, Ze « Silandi arisi » du sud de Madras et de Ceylan); par M. H. Trimen (Journal of Botany, 1884, vol. xxI1, p. 358). Dans sa récente révision des Cypéracées indiennes, M. Clarke a rap- porté le Cyperus bulbosus Vahl au C. jeminicus Rottb. M. Trimen con- teste cette synonymie, sans du reste être bien fixé lui-même sur l’identité du C. jeminicus, décrit et figuré en 1786 d’après des spécimens recueillis par Forskäl dans l’Arabie Heureuse. Il maintient le nom de C. bulbosus Vahl pour la plante très répandue dans l’île de Ceylan, où elle est con- nue sous le nom de Siandi arisi, et aussi sur la côte de Coromandel, dans le Beloutchistan, l’Abyssinie, l’Afrique centrale et jusqu’au cap Vert. La: préparation du Silandi arisi, pour l'alimentation à Ceylan, est assez simple. Les bulbilles sont séparés du sable à l’aide d’un tamis et ensuite grillés sur le feu. Après avoir été débarrassés des écailles noires qui les entourent, ils sont mangés, soit entiers, soit plus souvent après avoir été réduits en bouillie dans un mortier et préparés en gâteaux. Ces bulbes n’ont pas le parfum aromatique des tubercules du C. rotundus. A. Fr. Beitræge zur Kenntniss der Hautgewebe der Wurzeln (Contribution à l'étude de l'appareil tégumentaire des racines) ; par M. H. O. Juel. Une brochure in-8° de 18 pages avec 2 planches. Stockholm, 1884. | M. Juel étudie d’abord l’assise pilifère des racines à laquelle il a con- servé le nom d’épiderme ; il signale dans plusieurs plantes (Alisma Plan- tago, Triglochin maritimum) la particularité décrite par M. Warming sur l’Alisma ranunculoides, c'est-à-dire la disposition des cellules par files longitudinales où les cellules allongées et dépourvues de poils alter- nent avec les cellules courtes et pilifères. Sous l’épiderme on trouve souvent quelques assises de cellules différenciées, dont le rôle est de ren- forcer l’épiderme comme organe de protection. Cette couche, appelée couche épidermoïdale, manque chez beaucoup de Monocotylédones ; dans REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 9 un grand nombre de Dicotylédones où M. Juel l’a étudiée, elle se compose de cellules alternativement courtes et allongées. On voit quelquefois la couche épidermoïdale se continuer par un tissu subéreux qui la remplace parfois complètement. ‘ LECLERC DU SABLON. Ueber stockwerkartig aufgebaute Holzkorper (Sur les tissus ligneux à structure étagée); par M. Frank von Hohnel (extrait des Sitzungsberichte der Kais. Akademie der Wissenschaften, vol. LxxxIx), 18 pages in-8°. Vienne, 1884. Ce mémoire renferme l'étude anatomique du bois d’un certain nombre d'arbres exotiques appartenant principalement à la famille des Légumi- neuses, des Bignoniacées, des Simarubacées, des Ébénacées, etc. Le caractère commun des espèces étudiées est de présenter, sur une section jongitudinale, une apparence striée due à la présence de raies horizontales. Cet aspect provient de la disposition régulière des rayons médullaires qui forment autant de bandes horizontales parallèles. De plus, les trachéides, qui constituent la plus grande partie du bois, sont renflées à leur milieu et effilées à leurs deux extrémités; les renflements médians, qui seuls portent des ponctuations, sont rangés par files horizontales, et contribuent ainsi à donner au bois l’aspect strié qu’on remarque tout d’abord. L. pu S. Ueber Durchbrechangen der mechanischen Ringe zum Zwecke der Leitung der Assimilationsprodukte (Sur l'interruption de l'anneau mécanique pour laisser passer les pro- duits de l'assimilation); par M. A. Tschirch (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, 1884, vol. 11, Gencralversammlung, pp. 27- 32, pl. IX). Chez beaucoup de Monocotylédones et notamment chez les Graminées, les faisceaux libéro-ligneux sont séparés du tissu vert assimilateur par une gaîne de fibres lignifiées. M. Tschirch a étudié le mécanisme par lequel les produits de l’assimilation peuvent traverser cette gaine, pour arriver dans les faisceaux qui doivent les transporter dans les différentes parties de la plante. D’après lui, la gaîne de fibres subirait de temps à autre une solution de continuité suivant laquelle les fibres lignifiées et à parois épaisses sont remplacées par des cellules courtes, à parois minces et peu ou pas lignifiées. Il appelle cellules-filtres (Durchlasszellen) ces cellules destinées à être traversées par la sève élaborée. Lorsque cette sève atteint la gaine fibreuse en un point qu’elle ne peut ainsi traverser, elle est re- cueillie par des cellules spéciales (Sammelzellen, cellules-collecteurs), à parois minces, sans chlorophylle et parallèles aux faisceaux. Ces cellules conduisent les produits élaborés parallèlement au faisceau, jusqu'à la 10 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. rencontre des cellules-filtres ; alors les sucs traversent la gaîne de fibres pour passer dans les éléments conducteurs et continuer leur trajet d’une façon normale. . LECLERC DU SABLON. Die mechanischen Scheiden der Secretbehælter (Les gaines mécaniques des canaux sécréteurs); par M. Mœbius (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, 1884, vol. 1, Generalversamm- lung, pp. 25-27). Les canaux sécréteurs sont souvent entourés d’une gaîne de cellules lignifiées qui semblent empêcher toute communication entre les cellules sécrétantes et les autres tissus de la plante. M. Mœbius a étudié de quelle façon les matières nécessaires à l'élaboration du suc sécrété peuvent tra- verser cet étui ligneux; ses études ont surtout porté sur les canaux des feuilles de Pin et ceux des racines adventives de Philodendron. Chez le Pinus Laricio, par exemple, on voit que de temps à autre les fibres de la gaine protectrice sont remplacées par des cellules à parois minces qui se laissent facilement traverser par les sucs. Chez d’autres espèces (P. sil- vestris), les cellules à parois minces deviennent très nombreuses. Il est à remarquer que, chez les Philodendron, ces solutions de continuité de la gaine fibreuse ne sont pas réparties uniformément tout le long du canal sécréteur; on les trouve souvent localisées vers l’extrémité la plus jeune de la racine. L. pus. Die Fluorescenz der Chlorophylls in den Blættern (La fluorescence de la chlorophylle dans les feuilles) ; par M. J. Reinke (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, 1884, vol. n, fasc. 6, pp. 265-268). Pour observer la fluorescence de la chlorophylle, il faut, d’après M. Mueller, éclairer avec un spectre très lumineux une feuille verte placée dans une chambre obscure et observer à travers un prisme. Cette mé- thode, appliquée par M. Reinke, lui a donné les résultats suivants. La feuille du Ficus elastica a fourni une fluorescence très faible, tandis qu'une dissolution de chlorophylle s’est montrée fluorescente à un bien plus haut degré. En dissolvant de la chlorophylle dans de la paraffine qu’on laisse ensuite se solidifier, la fluorescence est la même que dans le cas de la feuille de Ficus. L'auteur explique ce résultat en remarquant que, dans le cas de la feuille de Ficus et de la dissolution dans de la paraffine, la chlorophylle se trouve unie à des matières plus ou moins solides, tandis que dans le troisième cas elle est à l’état liquide. M. Reinke termine par quelques réflexions sur l’état d'union plus ou moins intime où se trouve la chlorophylle avec le protoplasma des chro- REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. A1 matophores ; il pense que cette union est nécessaire pour que la décom- position de l’acide carbonique ait lieu. L. pu S. Zur Anatomie einiger Leguminosenhælzer (Sur l'anatomie de quelques Légumineuses ligneuses); par M. Th. Jænsch (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, 1884, vol. 11, fase. 6, pp. 268- 292, pl. V). De l'examen d’un grand nombre d’espèces, M. Jænsch croit pouvoir conclure que la famille des Légumineuses, définie par des caractères tirés de la morphologie externe, n'en reste pas moins homogène si l’on considère la structure intime de ses tissus. Le grand développement des tissus ligneux, la largeur des vaisseaux et la présence de rayons médul- laires courts et larges, lui paraissent être les caractères anatomiques les plus généraux des plantes qu’il a étudiées. Chez l'Herminiera Elaphro- æylon, qu'il décrit plus particulièrement, le bois se compose surtout de cellules allongées verticalement, régulières et présentant l'aspect de cellules en palissade; de temps à autre, on rencontre un faisceau de sclé- renchyme renfermant un ou plusieurs vaisseaux. Les rayons médullaires, très abondants, sont de deux sortes : les uns, très petits, se composent d’une seule file de cellules ; les autres, beaucoup plus grands, renferment de véritables vaisseaux et paraissent être en relation avec les lenticelles de l'écorce. L'auteur décrit ensuite successivement diverses espèces appartenant aux sous-familles des Papilionacées, des Césalpiniées, des Swartziacées, des Mimosées, et termine en rattachant la structure des espèces qu’il a examinées à trois types principaux : 1e Les éléments des tissus se disposent suivant une direction tangen- tielle ; la masse du bois est formée par du parenchyme ou des fibres. Ce premier type est le plus répandu. % Les éléments des tissus se disposent suivant une direction radiale ; la masse du bois est formée de fibres. © La fibre est toujours l'élément prédominant; mais le parenchyme est disposé régulièrement tout autour des vaisseaux. L. pu S. gtomata of Pandanaceæ (Stomates des Pandanées); par M.R. F. Solla (Proceedings of the Royal Society, vol. xxxvI [1884], pp. 180-181). Les stomates des feuilles de Pandanus, dont l’auteur a étudié un grand nombre d’espèces, peuvent rentrer dans trois types : 1° Le premier, qui est à la fois le plus commun et le plus simple, se rencontre chez le P. inermis ; les cellules qui contribuent à la formation du stomate sont seulement au nombre de deux. 2° Dans le cas du P. graminifolius, qui ne se rencontre que chez un petit nombre d'espèces, les cellules qui 49 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. concourent à la formation du stomate sont au nombre de huit; leurs parois sont épaissies et forment une légère prolubérance au-dessus du niveau de l’épiderme. 3 Dans le troisième type, celui du P. utilis, les stomates ressemblent à ceux des Aloe; l’épaississement des cellules for- matrices du stomate s'étend aux parties voisines de l’épiderme; il se forme aussi autour du stomate un bourrelet qui cache son contour. LECLERC DU SABLON. Ueber die Ablenkung der Wurzeln von ihrer normalen Wachsthumsrichtang durch Gase (Aerotropismus) [Sur la déviation que subit la direction normale des racines dans les gaz (aérotropisme)]; par M. Hans Molisch. Une brochure in-8° de 86 pages avec 1 planche. Vienne, 1884. Lorsqu'on soumet une racine à l’action d’un gaz, sur une de ses faces seulement, on constate une déviation dans la direction normale de cet organe. (est ce phénomène que M. Molisch à étudié et auquel il a donné le nom d’aérotropisme. Les gaz qu'il a employés avec le plus de succès sont : l’oxygène, l’acide carbonique, le chlore, l'acide chlorhydrique, le gaz d'éclairage, l’ammoniae, le chloroforme et l’éther. Les résultats obte- nus diffèrent non seulement avec la nature du gaz employé, mais encore et surtout avec la quantité du gaz. On constate ainsi que, toutes choses égales d’ailleurs, l’action du chlore est beaucoup plus forte que celle de l’acide carbonique qui est supérieure à son tour à celle de l'oxygène. Lorsqu'on fait agir une grande masse de gaz, on voit la racine se recour- ber du côté de la source et se diriger vers elle (aérotropisme positif); il est donc permis d’en conclure que l’action du gaz retarde la croissance. Au contraire, si la quantité de gaz employé est plus faible, on voit le phénomène contraire se produire, la racine s'éloigne de la source (aérotropisme négatif). Dans ce cas, la croissance est donc augmentée. L'auteur a constaté que les racines dont le sommet avait été coupé conservaient les mêmes propriétés par rapport à l’acide carbonique, au chlore et au gaz d'éclairage. L’aérotropisme n’intéresserait donc pas seulement le sommet de la racine, mais encore toute la région susceptible d'accroissement; il serait comparable au géotropisme. Comme application de ses recherches, M. Moliseh explique l’expérience suivante : Si l’on plonge dans l’eau une jeune racine de Maïs, on voit que son accroissement devient irrégulier, qu’elle se recourbe de différentes façons ou rase la surface; or si l’on fait croître une racine dans une atmo- sphère pauvre en oxygène, on voit les mêmes phénomènes se produire. On conçoit donc que la privation d'oxygène que subit la racine lorsqu'elle est plongée dans l’eau soit une des causes des mouvements observés. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 43 Cette sorte d’aversion des racines pour les milieux pauvres en oxygène aurait d’ailleurs son utilité en empêchant les arbres d’enfoncer leurs racines trop profondément dans le sol, dans une région où la respiration devient difficile. L. pu S$. Zur Kenntniss der geotropischen Reizbarkeît der Wur- zelspitze (Sur la sensibilité géotropique de l'extrémité des racines); par M. G. Firtsch (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, vol. 11, 1884, fase. 6, pages 248-255). Les expériences de M. Firtsch consistent à couper l'extrémité d’une racine et à comparer l'allongement et le pouvoir géotropique d’une racine ainsi mutilée à ceux d’une racine intacte. Une racine verticale mutilée s'allonge autant ou très peu moins qu’une racine normale, pourvu toute- fois que la partie supprimée n'excède pas une certaine longueur : { milli- mètre pour le Lupin. En opérant sur une racine placée horizontalement, on observe que l'allongement est augmenté et la courbure géotropique rendue nulle par le fait de la suppression de l'extrémité. L'auteur explique ce résultat en disant que l'énergie que la plante devait normalement dé- penser à recourber l’extrémité de sa racine, elle l’a employée à produire un allongement plus grand. M. Firtsch recherche ensuite quels sont les tissus qui, subissant plus particulièrement l’action de la pesanteur, sont la cause du géotropisme. En coupant des racines des Zea Mays, Helianthus annuus, Vicia Faba et Polygonum Fagopyrum à différentes distances du sommet, il a constaté que la courbure disparaît toujours lorsqu'on a enlevé les cellules génératrices de la coiffe, et seulement alors ; il en conclut que c'est dans ces cellules initiales que réside la cause immédiate du géotro- pisme des racines. L. pu S. Relation of heat to the sexes of flowers (/nfluence de la chaleur sur la fécondité des fleurs); par M. T. Meehan (Procee- dings of the Acad. of Natural Sciences of Philadelphia, 1884, pp. 116-117). M. Meehan a remarqué que les fleurs mâles pouvaient se développer à une température plus basse que les fleurs femelles; grâce à cette re- marque, il explique pourquoi le nombre d’ovules fécondés chez certains arbres, tels que le Corylus Avellana, varie beaucoup suivant les années. Lorsque la température a été douce pendant l’hiver, les fleurs mâles, et elles seulement, ont reçu une quantité de chaleur suffisante pour se dé- velopper, les ovules ne mürissent que plus tard, et par conséquent la fécondation ne peut avoir lieu. Au contraire, lorsque l'hiver est froid, le développement prématuré des fleurs mâles ne se produit pas, les étamines 14 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. arrivent à maturité en même temps que les ovules, et il peut y avoir fé- condation. On peut faire des observations analogues sur les Conifères. LECLERC DU SABLON. Recherches sur la germination des graines de Lin et des Amandes amères; par M. A. Jorissen (Annales agrono- miques, t. x, 1884, n° 10, pp. 468-475). 4 M. Jorissen avait déjà signalé la présence d’acide cyanhydrique dans l’eau provenant de la distillation des graines de Lin; il recherche main- tenant comment varie cette quantité d’acide pendant la germination. En opérant sur de très jeunes plantes développées à l'obscurité, il a constaté que toutes les parties de la plantule contiennent de l’acide cyanhydrique, et que la quantité d’acide augmente notablement pendant la germination. Les expériences de l’auteur se sont ensuite portées sur les amandes douces. On sait qu’à l’état de vie latente, ces graines ne peuvent fournir qu’une quantité très faible d’âcide cyanhydrique. En les faisant germer, M. Jorissen a remarqué qu’elles acquièrent peu à peu la propriété des amandes amères, et donnent par la distillation une quantité notable d'acide prussique. Pour se rendre compte de ces résultats, M. Jorissen admet que, pen- dant la germination des graines étudiées, il se forme de l’amygdaline aux dépens des matières protéiques. La production d’amygdaline lui paraît d'autant plus certaine, qu’en même temps que l’acide cyanhydrique, il a trouvé dans les graines germées les autres produits de la décomposition de l’amygdaline par l’émulsine : l’aldéhyde benzoïque et le glucose. L. pu S. Die grosse Wachsthumsperiode bei den Fruchttrægern von Phycomuyces (La grande période d'accroissement du pé- dicelle fructifère du Phycomyces); par M. Leo Errera (Botanische Zeitung, 1884, vol. xuu, n° 32-36, 1884 ; 18 pages, pl. VIT). On sait que chez le Phycomyces le pédicelle qui porte le sporange est très long. M. Errera a étudié la marche de sa croissance, qui peut se diviser en quatre périodes : 1° Dans la première, on voit un filament mycé- lien s'élever verticalement jusqu'à une hauteur de 12 à 14 millimètres. — 2 Un renflement se forme à l'extrémité du pédicelle, qui lui-même ne s’allonge pas: c’est la période de formation du sporange. — 3° Temps de repos pour le sporange comme pour le pédicelle. — 4° Le pédicelle s’al- longe très rapidement et atteint une longueur d'environ 6 centimètres. L’accroissement est localisé dans la partie qui avoisine le sporange; c’est en ce point, resté le moins résistant, que l’on voit le pédicelle se replier REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 45 sous Le poids du sporange. Les autres Mucorinées, telles que le Rhizopus ou le Pilobolus, manquent de cette dernière période d’accroissement rapide. L. pu S. Zur Kenntniss der anatomischen Anpassung der Pilz- fruchte an die Function der Sporenentleerung (Sur l'adaptation anatomique du fruit des Champignons à la projection des spores), par M. W. Zopf, 31 pages, 3 pl. in-8°. Halle, 1884. Les observations de M. Zopf ont porté sur plusieurs espèces de la famille des Sordariées choisies parmi les genres : Sordaria, Eusordaria, Bertia, Hansenia, Coprolepsa et Hypocopra. Les phénomènes qu'il a cherché à expliquer sont les suivants. On sait que le réceptacle asco- phore du Sordaria minuta, par exemple, est percé d’un orifice à sa par- tie supérieure. Si l’on examine ce réceptacle au moment de la maturité des spores, on voit un des asques situés au fond du réceptacle s’allonger en se dirigeant vers l’orifice, puis sortir partiellement par cet orifice; à ce moment, la partie de l’asque extérieure au réceptacle, et qui est préci- sément celle qui contient des spores, est projetée au dehors et séparée ainsi de la partie inférieure, qui reste dans le réceptacle. Quelques instants après, un second asque suit le même chemin que le premier, puis un troisième, et ainsi de suite ; tous les asques sont expulsés à intervalles réguliers. Après leur sortie du réceptacle, les spores restent réunies entre elles et aussi au sommet de l’asque. M. Zopf attribue la plus grande importance à celte réunion qui, pendant l’allongement de l’asque, maintient les spores à sa partie supérieure et permet leur expulsion en bloc. En suivant le développement, il a constaté que c’était le protoplasma intersporaire qui jouait le rôle de ciment entre ces différentes parties. La projection des spores peut s'effectuer aussi bien dans l’eau que dans l'air; c'est, d’après M. Zopf, à la tension de l’eau contenue dans l’asque qu’il faut attribuer la déchirure de ses parois et la projection de la partie supérieure. La partie destinée à être expulsée est d’ailleurs guidée vers l'ouverture du réceptacle par les paraphyses, qui, disposées à la façon des baguettes d’une nasse, ne lui laissent pas d’autre route possible. L. pus. Die Gruppe der Hymenolichenen; ein Beitrag zur Kenntniss basidiosporer Flechten (Le groupe des Hyméno- lichens ; contribution à la connaissance des Lichens basidiospores) ; par M. Fred. Johow (Pringsheim's Jahrbuecher fuer wissenschaft- liche Botanik, 1884, t. XV, 2°livr.); tirage à part en une brochure de 51 pages, avec 5 planches. 16 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. M. Mattirolo a montré le premier, en 1881, que des Champignons Hyménomycètes peuvententrer, comme les Ascomycètes, dans la consti- tution des Lichens ; ses observations avaient porté sur des échantillons desséchés dont la conservation, souvent médiocre, avait laissé dans l’obs- curité bien des points importants. M. Johow, frappé du peu de confiance que le travail de M. Mattirolo inspirait aux lichénographes, résolut de suivre sur le vivant le développement des Lichens Hyménomycètes; il entreprit dans ce but un voyage aux Antilles et au Venezuela. Le travail résultant de ses recherches peut être considéré comme une monographie des Hyménolichens. L'auteur distingue quatre genres, dont les différentes espèces n’ont été recueillies jusqu'ici que dans les régions tropicales. Le Champignon qui les constitue appartient à la famille des Téléphorés, et pour trois genres du moins, garde, malgré son parasitisme, l’aspect d’un Telephora; les gonidies appartiennent aux Chroococcus et aux Scytonema. Les spores, de couleur noirâtre, se forment à l’extrémité de stérigmates disposés par quatre au sommet de basides éparses au milieu d’un grand nombre de cellules hyméniales stériles. Le plus important et le mieux connu des genres d’Hyménolichens est le genre Cora, établi par Fries en 1825. Les Cora ont un thalle uni- latéral ressemblant singulièrement à celui de beaucoup de Telephora: il est lobé, zoné sur la face supérieure, à bords enroulés; les gonidies sont formées par des groupes de Chroococcus ; l’hyménium, interrompu, irrégu- lièrement fendillé, tapisse la face inférieure. M. Johow pense que quatre espèces doivent en être maintenues : les C. Pavonia Fries, C. glabrata Sprengel, C. gyrolophica Fries, C. Neesiana Kr.; il hésite pourtant à distinguer les deux dernières. — Le Rhipidonema Maitirolo a aussi un thalle unilatéral, mais formé d’un tissu lâche et lacuneux; il est vague- ment zoné, couvert de stries radiales; ses bords ne sont pas enroulés ; les gonidies, voisines de la face supérieure, appartiennent au genre Scy- tonema ; l'hyménium, creusé de sillons, tapisse la face inférieure. On n’en connaît qu'une espèce : le R. ligulatum Mattirolo. — Le Dictyonema se rapproche du Rhipidonema par son thalle, ses gonidies et son hymé- nium ; il n’en diffère guère que par sa couche subhyméniale formée de filaunents serrés et ramifiés. Ce genre ne présente encore qu’une seule espèce; cependant M. Johow n’a pu acquérir une certitude suffisante au sujet de la réunion du D. sericeum Fries et du Dict. membrana- ceum Agardh. L'auteur établit le nouveau genre Laudatea pour une plante des An- tilles décrite par M. J. Mueller sous le nom de Dictyonema laxum. Son thalle en gazon, hérissé de petites houppes formées par les faisceaux de filaments allongés de Scytonema qui constituent ses gonidies, lui donnent REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 17 un port tout différent de celui des espèces précédentes et paraissent à M. Johow fournir un caractère suffisant pour légitimer l’établissement d’un nouveau genre ; il croit devoir modifier le nom spécifique donné par M. J. Mueller, et le remplace par celui de L. cæspitosa Johow. CHARLES FLAHAULT. Der botanische Garten zu Buitenzorg auf Java (Le Jardin botanique de Buitenzorg à Java); par M. le comte H. de Solms-Lau- bach (Botanische Zeitung, 1884, n° 48-50, avec une planche). M. de Solms-Laubach a eu l’heureuse fortune de passer quelques semaines au milieu des merveilles du jardin botanique de Buitenzorg (Java), sous la direction et sous les auspices de M. M. Treub, le savant directeur de ce jardin. Les savants ont trop rarement le privilège d’ac- complir de pareilles excursions, pour que nous laissions échapper l'oc- casion de suivre pendant quelques instants M. de Solms-Laubach dans ses promenades scientifiques. La notice qu’il consacre à ce fameux éta- blissement a d’ailleurs une portée plus grande qu’une simple narration. L'auteur a compris que le gouvernement hollandais poursuivait un but élevé, et qu'en outre des intérêts matériels de sa fortune coloniale, il se préoccupait des intérêts sociaux des peuples qui lui sont soumis. Dans la création de pareilles inslitutions, l'esprit des fondateurs se préoccupe parfois du point de vue scientifique, mais le plus souvent le côté pratique paraît seul les intéresser ; le jardin de Buitenzorg a un caractère scientifique entre tous, ce qui ne l’empèche pas de répandre dans les colonies hollandaises une innombrable quantité de variétés de Café, de Cacao, d'arbres à caoutchouc et à gutta-percha. L'espèce la plus précieuse parmi ces derniers, le Dichopsis Gutta, a depuis longtemps disparu de Singapour, sa patrie, et ne parait plus représentée dans le monde que par deux beaux spécimens de Buitenzorg ; ils viennent de porter fruit pour la première fois : vingt-cinq des jeunes plantes qui en sont issues ont été offertes au gouvernement français pour être plantées à Saïgon. Le principal souci n’est naturellement pas ici celui de l’enseignement ; mais la connaissance scientifique des conditions de la culture coloniale, celle des maladies qui affectent les plantes, du régime forestier propre à chaque région, imposent, pour ainsi dire, la nécessité d’une direction sa- vante. On ne peut se figurer de prime abord les difficultés que rencontre le botaniste dans la plupart des régions tropicales, l'impossibilité même où il se trouve de dresser l’inventaire complet des richesses qui l'entourent. Dans les pays du nord, le voyageur dispose de nombreuses Flores locales ; cette ressource manque presque entièrement pour les pays chauds. Les T. XXXIL (REVUE) 2 48 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Flores générales ne donnent que des indications vagues ; il faut chercher à l’aventure ou se guider dans ses recherches sur des analogies de climat et de conditions extérieures ; les excursions sont difficiles, car la forêt ne descend guère au-dessous de 1000 mètres, et il faut consacrer toujours plus d’une journée à la moindre exploration. Ajoutons que, dans la saison des pluies, la seule favorable au botaniste, il pleut à torrents pendant une partie du jour; que l'extrême humidité du climat rouille et détruit tous les instruments, provoque la moisissure des collections, des vête- ments et des chaussures: On comprend dès lors quel doit être le but d’un jardin botanique sous les tropiques. Il ne s’agit pas de recueillir les innombrables espèces du pays, mais celles-là seules auxquelles l’indus- trie, la médecine, l’horticulture ou la science donnent un intérêt parti- culier. Aucun jardin du monde, celui même de Calcutta, ne répond au même degré que Buitenzorg à ces diverses exigences. L'institution est d’ailleurs complexe ; elle comprend le jardin botanique, le musée, l’école, le jardin d’essai, et enfin les jardins de montagne. Le jardin botanique est incomparable. Confinaut d’un côté au palais du youverneur, il n’est séparé par aucun enclos des jardins réservés au premier fonctionnaire de la colonie. Le Tji Liwong, rivière au cours irré- gulier, le limite au sud. La plus grande partie de sa surface est occupée par un plateau qui se termine en pentes rapides du côté du fleuve, dont les rives sont elles-mêmes bordées de terres marécageuses. Buitenzorg reçoit de grandes quantités de pluies; pour obvier aux dégâts qu’elles pourraient causer, le jardin est sillonné de petits canaux qui conduisent au fleuve l'excès d’eau. Un cheval est sans cesse occupé à trainer le rouleau sur les allées; sans cette précaution, le moindre sentier serait tous les jours transformé en torrent: grâce aux soins minutieux qu'on leur donne, la pluie n’a pas sitôt cessé qu’on peut les parcourir à pied sec. La principale allée du jardin, large comme nos grandes routes, est bordée de Canarium commune, qui fournissent d’épais ombrages ; les enfants indigènes se régalent de leurs fruits, comme de tous les fruits comestibles que produit le jardin et qui leur sont abandonnés. Des allées plus étroites séparent les quartiers consacrés à chaque famille; chacun d'eux constitue un vrai bois. Sur le versant de la vallée du Tji Liwong se trouvent les Légumineuses, les Rubiacées, les Bambous, les Myristica, les Palmiers dont les superbes couronnes s’étagent le long des pentes; sur Le plateau, les Lianes de toutes sortess’entrelacent au milieu des Areca, des Livistona, des Oreodoxa regia; un grand lac et un bassin circulaire alimentés par une eau courante donnent asile à l’'Euryale amazonica, à de nombreuses Nymphéacées, aux Azolla. Les arbres ne constituent pas seuls la flore tropicale ; les Solanées, les Scrofulariacées, les Acan- thacées et la plupart des familles monocotylédones ont aussi leurs quar- REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 19 tiers réservés. Les Aroïdées sont répandues un peu partout; les Mons- tera, Philodendron, Scindapsus, les Broméliarées et les Pandanées couvrent, jusqu’à la cime, les grands arbres qui bordent les allées, et aug- mentent encore la beauté de ces routes inimitables. Un coin du jardin, surnommé « la forêt », est abandonné à toutes les plantes qui exigentla vie sauvage ; c’est là que M. Treub puise les principaux éléments de ses remar- quables études biologiques, c’est là que prospèrent les Myrmecodia et les Hydnophyton, c’est là qu’il vient de découvrir le prothalle du Lyco- podium Phlegmaria. Mais de toutes les merveilles du jardin botanique, l’une des plus séduisantes est sans contredit le bois consacré aux Orchidées : l’ombre épaisse de leurs forêts leur est assurée ; les espèces épiphytes s’élèvent en grappes élégantes le long des troncs, tandis que les Phajus.et les Calanthe épanouissent à la surface du sol leurs fleurs délicates. Près des Orchidées se rencontrent encore les Fougères ; ces deux dernières familles n’ont pas pourtant à Buitenzorg tout leur éclat. C’est à Tjibodas qu’il faut les voir, dans un de ces jardins de forêt où notre sujet nous conduit. On en avait d’abord établi trois sur les pentes du volcan Gedé, à 1500, 1800 et 2300 mètres d'altitude; les deux derniers ont dû être abandonnés et retournent à l’état sauvage. Quant à Tibodas, il est seul affecté maintenant aux cultures qui exigent un climat plus frais que celui de Buitenzorg ; on y a construit pour le directeur une maison somptueuse devant laquelle s’étend une pelouse où l'Européen retrouve avec joie ses Roses, ses Héliotropes, ses Pélargoniums. Les Araucaria, Dammara, les Pins, les couvrent de leur ombre et se mêlent aux bosquets de Melaleuca, de Frenela et d’autres arbres de l'archipel Indien. La maison est adossée à la forêt vierge, dans laquelle le jardin a été pour ainsi dire découpé. On comprend qu’elle facilite singulièrement les excursions par le refuge qu'elle assure et le confort qu’elle offre au botaniste fatigué. Revenons à Buitenzorg. Le musée renferme l’herbier, une collection de fruits et de plantes dans l’alcool, une des bibliothèques les plus riches au point de vue des flores de l'extrême Orient, et les bureaux. Un direc- teur adjoint (M. Barck) a la charge de l’herbier et du musée. Il s’efforce avant tout de réunir toutes les plantes propres au domaine de l'archipel Indien, sans se préoccuper du tout de former un herbier général. Le grand jardin est exclusivement consacré aux applications pratiques ; on y cultive en graud les Cannes à sucre, les Caféiers, les Cocotiers, les Quinquinas, Elais, Theobroma et Myristica. En face de la diminution constante dans la production de la gutta-percha, au double point de vue de la qualité et de la quantité, on vient d’y organiser de nouvelles cul- tures pour les Sapotacées qui produisent cette matière, et pour les arbres à caoutchouc, tels que les Hovea, Manihot, Ficus, etc. 20 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. L'école, très comparable à nos écoles d'agriculture, est jointe au jardin d'essai. Les élèves indigènes, la plupart javanais, y sont entre- tenus gratuitement ; l’enseignement s’y fait exclusivement dans la langue malaise. L'esprit d'observation est en général poussé très loin chez ces peuples, aussi les élèves manifestent-ils le plus souvent un goût très prononcé et de sérieuses aptitudes pour les études auxquelles ils se livrent ; ils y consacrent leurs heures libres du dimanche, et l’on voit la plupart d’entre eux herboriser au milieu des richesses qui fourmillent autour d’eux. L'administration d’un jardin tel que celui-ci est naturellement bien différente de celle de nos jardins d’Europe. Elle exige un personnel diri- geant assez nombreux, en raison de la quantité d'ouvriers qu’il faut employer. On les choisit, autant que possible, parmi les indigènes, et, chose digne de remarque, c’est dans le but de leur donner le goût des travaux agricoles qu’on les prend surtout dans la population variée que forment les habitants indigènes de Java. Ils sont divisés par escouades, dont chacune a sa fonction. L’une d’elles est occupée uniquement à ramasser et à transporter les feuilles et le petit bois tombé, plusieurs buffles sont affectés à ce service ; une autre est chargée de la récolte des fruits et des graines. Un certain nombre d'ouvriers grimpent avec une merveilleuse adresse jusque dans la couronne des arbres les plus élevés pour les émonder et les débarrasser des Loranthacées qui les infestent. Une escouade s'occupe de recueillir les plantes destinées à l’Europe, parcourt la forêt où elle passe des jours et des semaines, pour revenir après chaque excursion, chargée de trésors au milieu desquels le bota- niste s’oublie. Quand on réfléchit qu’un chemin de fer conduit de Batavia à Buitenzorg et vous transporte au milieu des séductions de la nature tropicale, on comprend combien un pareil voyage est fait pour tenter ceux qui aiment à étudier les plantes chez elles. M. de Solms-Laubach ne cache pas son enthousiasme et souhaite que d’autres botanistes aillent, après lui, jouir et profiter de l’étude de tant de merveilles (1). Cu. FLAHAULT, (1) Depuis que cet article a été écrit, M. Treub a fait connaître par une circulaire que le gouvernement des Indes néerlandaises met à la disposition des botanistes quatre places dans le laboratoire du jardin de Buitenzorg. Les réactifs ordinaires, les flacons et les vases nécessaires au travail courant sont fournis aux botanistes. L'alcool, les flacons, le papier d’herbier pour les collections qu’on désire emporter sont à la charge des visiteurs. On se procure aisément à Java le papier et l'alcool; pour les tubes et les flacons, on fera bien d'en apporter une ample provision. — Le climat de Buitenzorg est agréable et pas malsain pour qui n’y reste que quelques mois. Sa température n'est pas très élevée (28° à 29° cent.). — Les frais de transport et de séjour pour six mois, si l’on ne se propose pas d'entreprendre de longues excursions, ne dépassent pas 5000 francs. — M. Treub, qui promet aux visiteurs son aide et ses conseils, donnera aussi tous les renseignements nécessaires aux botanistes qui s’adresseront à lui pour obtenir flice au laboratoire. ‘ REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 21 Historiska data rôrande var Kännedom om Moss- sporens Groning (Dates historiques relatives à la connaissance de la germination des Mousses); par M. $. O0. Lindberg. Brochure petit in-4° de 41 pages. Helsingfors, 1884. Le savant bryologue finlandais résume dans ce mémoire les idées émises depuis Linné au sujet des organes reproducteurs des Mousses. Linné n’a jamais eu la conception nette du rôle des organes sexués de ces plantes; il a successivement attribuë les deux sexes à l’anthéridie et à l’archégone. Les efforts de l'Anglais J. Hill et du Hollandais Meese jetérent peu de lumière sur la question. Hedwig, le premier, en 1782, reconnut que l’anthéridie est l'organe màle et que l’archégone est l'organe femelle ; la vérité fut dès lors établie, bien que souvent méconnue par ceux qu’intéressait la seule détermination des espèces. C. Agardh, en 1830, montra qu’il faut distinguer de certaines Conferves, véritables Algues, des formes considérées jusque-là comme telles, mais qui rentrent en réalité dans le cycle de végétation des Mousses; les Protonema des anciens auteurs sont le début de la génération sexuée des Mousses; Mirbel, Bischoff, Nægeli, Schimper mirent le fait hors de doute pour l’ensemble des Muscinées. [1 ne restait plus dès lors que des points secondaires à élucider ; nos contemporains MM. Hofmeister, Groenland, Berggren et l’auteur lui-même s’en occupèrent successivement avec succès, et lais- sèrent peu de chose à faire sur ce point important de morphologie des Cryptogames. CH. F. Cryptonemiaceen (Les Cryptonémiacées); par M. G. Berthold (Fauna und Flora des Golfes von Neapel und der angrenzenden Meeres-Abschnitte, herausgegeben von der zoologischen Station zu Neapel). Tirage à part en brochure in-4° de 27 pages avec 8 planches. Leipzig, 1884. Les Cryptonémiacées sont à peu près limitées par M. Berthold comme elles l'ont été par M. J. Agardh (Species Algarum, HT, p. 112 et suiv.); il y adjoint pourtant les Dudresnaya, dont la place ne lui paraît pas dou- teuse près des autres Cryptonémiacées ; il les éloigne au contraire des Spyridiées, Champiées et Rhodyméniées, que M. Agardh comprend avec les Dudresnaya dans ses Nématospermées. Sans pouvoir encore préciser les limites du groupe qu'il étudie, l’auteur croit devoir distinguer plu- sieurs tribus bien caractérisées, savoir : les Halyméniées, comprenant Halymenia, Cryptonemia, Grateloupia et peut-être Schizymenia ; les Némastomées, avec les genres Dudresnaya, Calosiphonia, Nemastoma et Gymnophlæa. Le genre Sebdenia constitue à lui seul une tribu; il en 929 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. est de même du genre Halarachnion, dont le type est l’Halymenia ligulata J. Agardh. Les modifications apportées par M. Berthold à la classification de ces plantes sont fondées sur une étude très approfondie du développement de la fructification sexuée. Chez aucune de ces Algues les tétraspores ne paraissent se présenter sur les individus pourvus des organes sexués. Dans quelques genres, on les rencontre plus fréquemment que ces der- niers ; ils n’ont pu être observés chez quelques autres. Ils se développent habituellement en croix; dans le Dudresnaya coccinea, le tétraspo- range a la forme d’une massue et les spores y sont superposées. Les pollinides naissent dans les cellules superficielles du thalle, à peine différenciées, et se présentent sur les mêmes individus que les cysto- carpes. a | Quant à l’appareil femelle, il a partout les mêmes caractères essentiels que chez le Polyides et le Dudresnaya, tels que les ont fait connaître MM. Thuret et Bornet. L'auteur adopte les dénominations proposées par M. Schmitz : il nomme carpogone la cellule qui porte le trichogyne ; le rameau qui supporte le carpogone est appelé rameau carpogène. Les cellules avec lesquelles les filaments connecteurs s’unissent, et qui dévelop- pent chacune un cystocarpe, conservent le nom de « cellules auxiliaires » que leur a donné M. Schmitz. Quant aux phénomènes de la fécondation, ils se manifestent partout à fort peu de chose près comme chez les Du- dresnaya et Polyides. La copulation n’a jamais lieu entre le rameau carpogène et les cellules auxiliaires. Le nombre des filaments connecteurs varie d'espèce à espèce ; il est considérable surtout chez les Halyméniées. Ces filaments sont rarement ramifiés; ils sont parfois cloisonnés. Les cystocarpes des Cryptonémiacées sont généralement nus; chez les Haly- méniées seulement, il y a une légère enveloppe qui disparaît du reste quand les filaments couvrants se développent. Chez l’Halymenia, les cel- lules ramifiées de ces filaments s’accroissent beaucoup pendant le déve- loppement du cystocarpe, sans toutefois se diviser; elles se divisent plusieurs fois chez les Grateloupia et se soudent en une enveloppe con- tinue. Partout ailleurs les filaments couvrants avortent de bonne heure. Quant au cystocarpe lui-même, il se présente sous une forme très simple chez les Gymnophlæa, Calosiphonia neapolitana, Halarachnion, Dudresnaya purpurifera. MM. Thuret et Bornet ont décrit la formation des spores dans le cystocarpe du Dudresnaya coccinea ; elles s’y grou- pent en deux séries ; chez les Nemastoma et Sebdenia, il y a un certain nombre de séries de spores autour du placenta; le nombre de ces bou- quets de spores contenus dans un même placenta est plus grand encore chez les Halyméniées, chez le Calosiphonia Finisterræ et le Gymno- phlæa pusilla. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 93 Les Cryptonémiacées indiquées par M. Berthold dans le golfe de Naples sont au nombre de 20. Deux sont nouvelles, le Gymnophlæa pusilla et le Calosiphonia neapolitana. CH. FLAHAULT. A Monograph of the Algæ of the Firth of Forth, illustrated with Herbarium Specimens of some of rarer Species (Monographie des Algues du « Firth of Forth »); par M. G. W. Traill, in-8° de 16 pages, avec 4 feuilles. Edimbourg, 1885. Sous un mince volume cette plaquette contient le résumé de beaucoup de recherches et d’observations. Pendant plusieurs années, l'auteur a méthodiquement exploré le golfe du Forth, entre Inchcolm et Granton vers l’intérieur, Fifeness et Dunbar, qui limitent son embouchure dans la mer du Nord. Pour chaque espèce d’Algue, il a noté les localités où elle croit, la station où elle se trouve, l’époque où elle fructifie; enfin, pour celles qui croissent sur d’autres Algues, il indique les plantes sur lesquelles il les a rencontrées. La détermination de certaines espèces douteuses a été vérifiée par MM. J. Agardh, Holmes, etc. M. Traill énumère 225 espèces recueillies dans cet espace restreint. Ce chiffre est remarquablement élevé, si l’on considère que le Phycologia britannica de Harvey comprend seulement 384 espèces pour toute la Grande-Bretagne, et que toute la Scandinavie, avec un développement de côtes bien plus considérable, ne produit, d’après M. Areschoug (4/gæ Scändinavicæ marinæ), que 175 espèces. — [1 existe d’autre part une infériorité numérique notable entre cette florule et celle de Brest, qui, pour une étendue de moitié moindre, a fourni 406 espèces (Crouan, Algues marines du Finistère), et celle de Cherbourg, où, sur une longueur de littoral bien moins grande encore, puisqu'elle ne dépasse pas 10 kilo- mètres, M. Le Jolis (Liste des Algues marines de Cherbourg) a signalé 350 espèces. Ajoutons que les espèces publiées en nature à la fin du volume sont au nombre de huit, mais ne sont pas les mêmes pour tous les exemplaires. Dans celui que nous avons sous les yeux se trouvent le Bryopsis plu- mosa, le Sphacelaria plumigera Holmes, les Callithamnion barba- tum, Arbuscula, strictum et l’'Odonthalia dentata. Cu. F. Crociera del « Corsaro » alle isole Madera e Canarie del capitano E. d’Albertis : ALGHE (Croisière du « Corsaire » à Madère et aux Canaries : ALGUES); par M. Ant. Piccone. Brochure in-8° de 60 pages, avec une planche. Gênes, 1884. Le capitaine d’Albertis, encouragé par le succès des explorations du Violante, a mis à la disposition de la science un nouveau voilier d’un tonnage plus fort et plus capable de tenir la grande mer. Le Corsaire 24 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. croisa entre l’ile d’Alboran, Cadix, Madère et les Canaries. Après avoir exposé l'historique de la flore algologique de cette région, M. Piccone donne le catalogue des 90 espèces recueillies par les savants du Corsaire, avec la synonymie adoptée pour chaque espèce par les auteurs qui l'ont précédé dans cette étude. Il ne cite qu’une seule Nostochinée. Les Chlorosporées, au nombre de 17, montrent que l'Atlantique présente, aux environs du détroit de Gibraltar, bien des rapports avec la Méditerranée. Les Phéosporées fournissent, sur ce point, des indications plus frappantes encore. L'auteur ne signale aucun des Fucus si communs dans l’Atlan- tique septentrional, mais un grand nombre de Sargasses et de Cystosira qui sont répandus sur tous les points de la Méditerranée. Quant aux Flo- ridées, les 46 espèces mentionnées manifestent clairement le caractère subtropical de l’ensemble de cette flore; les Galaæaura s’y montrent associés à de nombreuses Mélobésiées. CHARLES FLAHAULT. Recherches sur la structure des Renonculacées; par M. Paul Marié (Annales des sciences naturelles, 6° série, 1884, t. xx, pp. 9-179, avec 8 planches). M. Marié a entrepris l’étude anatomique des organes végétatifs adultes chez les plantes de la famille des Renonculacées. Le compte rendu détaillé de ces nombreuses recherches est accompagné de 80 figures représentant les coupes transversales faites dans la tige des diverses plantes étudiées. Un plus petit nombre de coupes sont relatives à la ra- cine et quelques-unes à la feuille. Les principaux résultats de ce travail sont les suivants : L’épiderme présente souvent des stomates à cellules beaucoup plus petites que les cellules voisines. L’écorce a des cellules qui offrent en général des méats plus ou moins grands entre les membranes. Dans la tige, l’endoderme est quelquefois spécial à chaque faisceau; il est souvent disposé de même dans les pétioles. Les nervures des feuilles ont toujours un endoderme à cellules molles. Le péricycle est ordinairement à une seule assise de cel- lules dans la racine ; il est très variable dans la tige et dans les pétioles. Les faisceaux libéro-ligneux sont toujours silués sur un seul cercle dans le rhizome. Dans les tiges aériennes, les faisceaux ressemblent à ceux de la tige des Monocotylédones. Les vaisseaux du bois affectent souvent une disposition en V, comme dans un faisceau d’Asparagus par exemple. Ces faisceaux peuvent être disposés sur un seul cercle ou sur plusieurs. Les faisceaux du pétiole présentent les mêmes variations. Les rayons médullaires et la moelle sont tantôt mous, tantôt sclérifiés. Au point de vue de la classification des genres dans la famille des Renonculacées, M. Marié fait un certain nombre de remarques dont voici les principales : REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 25 Les Clematis, auxquels on doit réunir les Atragene etles Naravelia, sont nettement caractérisés par la constitution du péricyele de leur tige. Les Thalictrum ont une structure assez spéciale, rappelant plus que chez les autres Renonculacées la disposition anatomique qu'on observe chez les Monocotylédones. . Les Cimicifuga et les Actæa ne forment qu’un seul genre pour M. Marié. Le genre Hepatica ne doit pas être séparé du genre Anemone, dont, au reste, les diverses espèces présentent une structure assez variable. M. Marié réunit de même,par des considérations anatomiques, les Ficaria, Oxygraphis, Trautvetteria, et peut-être les Zamadryas, au genre Ranunculus. Les Caltha sont placés aussi tout à côté. L’endoderme sinueux et la sclérification de la moelle autour des fais- ceaux seraient les principales particularités caractéristiques des Æelle- borus; le péricycle en anneau sclérifié continu serait le caractère principal des Aquilegia. La structure anatomique est très voisine chez les Delphinium et Aconitum. Le Pæonia constitue un type spécial. GASTON BONNIER. Recherches sur le mouvement de la sève ascendante ; par M. Julien Vesque (Annales des sciences naturelles, 6° série, 1884, t. x1x, pp. 159-199). Dans la première partie de ce travail, l’auteur étudie l'influence de la pression extérieure sur l’absorption de l’eau par les racines. Une plante cultivée dans une solution nutritive est placée dans un réci- pient ; la plante est mastiquée à la partie supérieure, et ce récipient com- munique par la partie inférieure avec un tube de caoutchouc plein de liquide, terminé [ui-même par une ampoule qu’on peut élever ou abaisser. . Les premières expériences sur ce sujet ont été faites avec le Laurier- Rose, les secondes avec la Fève. Les premières ont donné de meilleurs résultats qne les secondes. Voici les principales conclusions de l’auteur : 1° L’absorption de l’eau par les racines de Laurier-Rose dépend de la pression extérieure, el paraît augmenter proportionnellement à la différence entre la pression extérieure et la pression de l’air contenu dans le corps ligneux des racines. 2 La pression de l'air intérieur dépend de la transpiration et de l’osmose. 3 L’etfet de la pression extérieure sur le Laurier-Rose est assez sensible pour qu’un brusque changement de la pression barométrique doive porter un trouble notable dans l’absorption de l’eau par les racines. 96 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. La seconde partie du travail de M. Vesque relate quelques expériences faites sur le rôle des vaisseaux dans le mouvement de la sève ascendante ; ces expériences ont été entreprises pour répondre à une note de M. Jean Dufour, relative à la théorie de l’imbibition des parois. L'auteur s’est demandé si les vaisseaux et toutes les autres cavités du bois étant bou- chés, l’eau. continue à se mouvoir dans la tige. Pour cela il coupe sous l’eau deux rameaux dont l'un a été légèrement injecté de beurre de cacao, tandis que l’autre doit servir de témoin. Les deux rameaux sont ensuite placés côte à côte dans un même cristallisoir et exposés au soleil. L'auteur déduit de ces expériences que, lorsqu’on coupe sous l’eau des rameaux et qu’on bouche mécaniquement l’extrémité ouverte des vais- seaux en laissant en contact avec l’eau toutes les autres parties de la section, ces rameaux se fanent. Le travail se termine par quelques considérations sur les théories de M. Boehm et de M. Sachs, au sujet du mouvement de la sève dans le bois. GASTON BONNIER. Die Anatomie der Euphorbiaceen in ïührer Bezichung zum System derselben (L’'Anatomie des Euphorbiacées au point de vue de leur classification); par M. F. Pax (Engler’s Bota- nische Jahrbuecher fuer Systematik, 1884, v, pp. 384 à 421, avec deux planches). Les systèmes de classification des Euphorbiacées sont aussi nombreux que discordants ; l’auteur a cherché à résoudre à l’aide de l'anatomie comparée quelques-unes des difficultés que présente l’étude de cette famille, Dans quelle mesure de semblables recherches peuvent-elles être utiles et probantes? La réponse à cette question se trouve dans les travaux d'Engler sur les Aracées d’abord, puis sur les trois familles des Rutacées, des Simarubacées et des Burséracées ; car ce botaniste a obtenu à l’aide de l’anatomie des résultats très importants. A quels caractères anatomiques doit-on donner la première place ? M. Pax ne se prononce pas nettement sur ce point. Il résulte cependant de son travail qu’il tient peu compte des modifications de l'appareil fibreux ; on sait que ce tissu de soutien change d'organisation avec le milieu. Ge sont des caractères beaucoup plus stables qui lui permettent de donner les grandes divisions des Euphorbiacées : l’organisation des cellules laticifères et la présence du liber interne sont les deux plus importants. Grâce à cette méthode, l’auteur s’est convaineu que la classification de REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 97 M. Baiïllon est en contradiction avec la structure anatomique, tandis que le système de M. Mueller s’accorde avec elle. Les Phyllanthoïdées (Euphorbiaceæ biovulatæ auct.) ne possèdent ni laticifères, ni liber interne : elles comprennent les Calétiées, les Phyl- lanthées et les Bridéliées. Les Crotonoïdées (Euphorbiaceæ uniovulatæ auct.) possèdent des laticifères dans l’écorce, le liber et quelquefois dans la moelle; les faisceaux libéro-ligneux sont bicollatéraux, car il y existe un liber interne. Ce groupe comprend deux subdivisions : les Acalyphinées, qui possèdent des laticifères cloisonnés (Ricinocarpées, Acalyphées, Dalechampiées, Johannésiées) ; les Hippomanoïnées, qui présentent des laticifères véri- tables, c’est-à-dire sans cloisons (Hippomanées, Euphorbiées, Crotonées). J. COSTANTIN. Cryptica, eine neue Tuberaceengattung (Cryptica, genre nouveau de Tubéracées); par M. Hesse (Pringsheim's Jahrbuecher fuer wissenschaftliche Botanik, 1884, t. xv, pp. 198 à 208, avec 3 planches, VI à VIIT). M. Hesse a trouvé au mois de septembre, aux environs d'Eisenach et de Marburg, un Champignon hypogé appartenant à un genre nouveau qui se rapproche par l'ensemble de ses caractères des Hydnocystis ei des Genea, qui sont, ainsi qu’on sait, des genres de passage entre les Tubé- racées et les Pezizes. L'auteur désigne cette plante nouvelle sous le nom de Cryptica lutea, car elle est d’un beau jaune d’or dans sa partie supé- rieure, tandis que la région inférieure est rougeätre. Cette dernière partie est glabre et lisse, tandis que la première est floconneuse et creusée de sillons qui sont visibles jusque dans l’enfoncement qui existe au milieu de la région supérieure de ce Champignon. La structure interne de la plante actuelle se rapproche de celle du Genea sphærica, car ces deux espèces possèdent également des venæ lymphaticæ et huit spores dans les asques; elles diffèrent entre elles par la forme des asques, qui sont en forme de massue, avec un pied gélatineux chez le Cryptica lutea, au lieu d’être cylindriques, comme c’est le cas pour le Genea sphærica. La forme des asques rapprocherait donc plutôt l’espèce nouvelle des Hydnocystis, si l'existence de tubercules sur la spore ne les en éloignail. En compagnie de cette Tubéracée curieuse, l’auteur a récolté, dans les mêmes localités, l'Hymenogaster populetorum Tul., le Tuber puberu- lum Broome, le Genea sphærica Tul., l'Hydnobolitis crebriformis Tul. J. C. 28 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Zur Kenntniss der Gattung Cysfopus Lév. (Sur le genre Cystopus); par M. A. Zalewski (article original du Botanisches Cen- tralblaët, t. xv, p. 215-224). M. Zalewski insiste surtout sur la structure de la membrane de l’œuf. L’endospore est purement cellulosique et non composé, comme on l’a dit, de couches distinctes. L’exospore présente trois couches : l’interne est homogène et cuticularisée ; la couche moyenne est granuleuse et manque quelquefois ; enfin la couche externe, variant beaucoup dans son déve- loppement, est noirâtre et fortement cuticularisée. L'auteur décrit le Cystopus candidus Pers., parasite des Crucifères et des Capparidées; le C. sibericus Zalewski, sur une plante indéterminée appartenant aux Borraginées ; le C. Convolvulacearum Otth., sur Îles Convoloulus et les Batatas ; le C. Portulacæ DC., sur les Portulaca ; le C. Amarantacearum Zalewski, sur les Amarantacées (mais non l’A. Blitum); le C. Bliti Bivon, sur l'A. Blitum ; le C. cubicus Strauss, sur les Composées ; le C. Lepigoni de Bary, sur les Lepigonum. J. COSTANTIN. Instructions pour la formation et la conservation d’un herbier de Lichens; par M. O. J. Richard. Brochure in-8° de 44 pages Paris, Lechevalier. M. Richard, qui, en 1878, a pris un rang distingué parmi les lichéno- logues par son Catalogue des Lichens des Deux-Sèvres (1), a publié depuis cette époque plusieurs brochures sur les substratums des Lichens et sur leur autonomie. Dans le présent travail, il expose les résultats de sa longue expérience, et donne les moyens de l’imiter. Recherche, préparation et conservation des Lichens, telles sont les divisions de cette brochure. 4° Pour trouver des Lichens, il faut explorer les vieux murs, les vieux arbres, les rochers, les lieux arides exposés à l’air et au soleil. Voulez- vous que votre récolte soit fructueuse, évitez le temps trop sec, — il rend les Lichens cassants, — et la trop grande humidité, parce qu’alors la distinction des espèces est difficile. Enfin l’auteur indique comment on doit s’y prendre pour détacher les Lichens corticoles et saxicoles. 2 La seconde partie comprend la préparation provisoire : coller sur des bandes de carton les écorces minces, dessécher les Lichens foliacés et fruticuleux, diminuer les substratums trop volumineux et la préparation proprement dite. Pour celle-ci, la première chose à faire est de dresser un catalogue. M. Richard adopte la nomenclature de M. Nylander et la dis- position du Catalogue des plantes vasculaires de l’Europe centrale (1) Voyez le Bulletin, t, xxv (Revue), p. 142. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 29 par Lamotte (1847). Il faut ensuite fabriquer des supports pour empècher les lourds échantillons d’écraser les autres. Quant à ceux qui ont été récoltés sur la terre, l'argile ou le sable, ils exigent des soins particu- liers. Pour leur donner une certaine consistance, on peut employer la solution indiquée par Leighton (Lichen-Flora of Great Britain, préface), l’un des deux ciments dont l’auteur donne la composition, ou encore de petites boîtes de carton avec un couvercle résistant. Le premier moyen est à peu près rejeté par M. Richard, et cependant il nous a donné d'excellents résultats. L’un des ciments, dans la composition duquel entre le silicate de potasse, est dangereux à cause des réactions qu’il peut produire. Il s’agit enfin de tailler les étiquettes dont le modèle est figuré dans la brochure, et de les rédiger en ayant soin d’y mettre la date de la récolte. Ces préparatifs étant terminés et les Lichens placés sur leurs sup- ports, on range les échantillons par genres et espèces, puis on les intercale dans l’herbier. Les dimensions adoptées pour celui-ci par M. Richard son{celles du papier bulle, dont se. servent tous les botanistes. 11 conseille de placer un matelas de papier ou de carton entre les chemises, quand les échantillons sont gros ou irréguliers, afin d’avoir toujours une surface plane. Cette opération, pour être bien faite, doit être commencée par le dernier Lichen du dernier genre. Les épingles sont proscrites ; on colle le support par un point sur la feuille de papier. Enfin, quand on a réuni un certain nombre de feuillets avec leurs chemises et leurs matelas, on en forme un fascicule que l’on enferme entre deux cartons munis de cour- roies, après lavoir entouré de bandes de papier ou d’une étoffe gommée. Les Lichens seront ainsi préservés de la poussière. Un numéro placé sur chaque fascicule rend les recherches faciles. 3 Plusieurs insectes, lAnobium molle, des Psocus, rongent les Lichens. Leurs attaques sont d’autant plus à redouter, que parfois ils ont déposé leurs œufs dans le Lichen vivant. Les espèces dont les insectes sont le plus friands sont les Ramalina, Alectoria et Physcia, puis celles qui appartiennent aux genres Calicium, Trachylia, Sphinctrinum, Co- niocybe. Lé Lichen le plus attaqué dans l’herbier de M. Richard a été le Ramalina calicaris. I conseille, comme moyen de préservation, de trai- ter les Lichens par la solution de deutochlorure de mercure, et de ne se servir, dans toutes les préparations, que de colle empoisonnée, soit avec le même deutochlorure, si l’on se sert de gomme, soit avec de l’arsenic, si l’on emploie la colle de pâte. Nous ferons observer, à ce sujet, qu’en pas- sant les Lichens au deutochlorure de mercure, on s'expose à en changer les caractères. Dans une note, M. Richard fait remarquer que le masculin doit être préféré au féminin dans les noms des genres des Lichens à cause du mot Lichen, qui est masculin en latin. C’est l’enseignement el la pratique de 30 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. M. Nylander, qui, dès 1855, a adopté le masculin dans son Essai d’une nouvelle classification des Lichens (Cherbourg, 1855). Schærer, en 1850, dans son Enumeratio critica Lichéenum Europæorum, avait déjà employé le masculin. L'abbé HuE. Fungi Tridentini novi, vel nondum delineati, descripti et iconibus illustrati; par M. Jac. Bresadola, fase. [V-V. Tridenti, septembre 1884. Ces deux nouveaux fascicules portent de 58 à 96 le nombre des Cham- pignons du Tyrol italien décrits par M. Bresadola; comme dans les pré- cédents fascicules, les nouveautés abondent, et 29 planches en chromo- lithographies accompagnent les descriptions et les remarques critiques de l’auteur. 58. Lepiota Boudieri Bres., voisin des L. halveola Bres. et castanea Quél., dont les spores, apiculées un peu latéralement, paraissent avoir deux cornes. — 59. Armillaria megalopus Bres., voisin de l'A. caligata Viv., mais à chapeau non maculé et à odeur nauséeuse. — 60. Tricho- loma cnista Fr? Le Champignon décrit sous ce nom par l’auteur diffère de l'espèce Friésienne par ses lames sinuées-uncinées qui ne rougissent pas quand on les froisse. — 63. Leptonia Turci Bres. touche au L. sol- stitialis, mais la coloration rose que prend sa chair au contact de l'air le sépare facilement de ses congénères. — 66. Inocybe incarnata Bres., remarquable espèce dustirps Trinii, caractérisée par ses spores lisses et son odeur forte, agréable et persistante; croît sous les Conifères. — 68. Inocybe umbrina Bres. Lorsqu'il est jeune, il ressemble à l’I. carpta Scop., et dans sa vieillesse à l’1. asterospora Q.— 70. Inocybe fastigiata Scheff. Cette espèce ne présente pas les cystides si caractéristiques des Imocybe. — T1. Inocybe hirtella Bres., à spores lisses, rapprochées des 1. calospora Q. et mutica Fr. — 72. Inocybe commixta Bres. Res- semble absolument à la forme blanche du geophylla, mais a les spores anguleuses. — 73. Naucoria suavis Bres., très voisin du N. escaroides Fr., mais à odeur de poire. — 74. Psalliota villatica Brond., doit être séparé du P. campestris à cause de ses spores doubles de grandeur. — 717. Cortinarius variegatus Bres. et var. marginata Bres., espèce des Conifères proche des Phleymacium et des Inoloma. — 18. Hygropho- rus Schulzeri Bres., semblable aux petites formes du nitratus. — 80. Russula puellaris Fr. var. leprosa Bres., remarquable par son chapeau sauamuleux.— 81. Cantharellus polycephalus Bres., espèce muscicole, rameuse, blanche. — 83. Polyporus (Merisma) floriformis Quél., sur bois de Mélèze, voisin du P. candidus.— 84. Cyphella lactea Bres., sur chaumes et feuilles de Graminées; se sépare facilement des espèces voi- sines par la longueur de ses spores. — 85. Clavaria testaceo-flava Bres., REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 31 sous les Conifères ; intermédiaire entre les Cl. spinulosa et abietina. — 87. Tulostoma Giovanellæ Bres., comparable au T. Boissieri Kalchbr. Dans la planche qui représente l'espèce de M. Bresadola, les spores sont figurées insérées sur les hyphes de la glèbe par l'intermédiaire d’un court filament. — 90, Mitrula sphærocephala Bres., ressemble aux formes globuleuses du M. cucullata Fr. — 91. Spathularia Neesii Bres., synonyme de S. rufa Nees. — 93. Pezicula lilacina Bres., sur les rameaux de l’Alnus glutinosa, voisin du Mollisia lilacina Q. — 94. Mollisia hypogea Bres., sur les rhizomes d’Adenostyles albifrons. — 96. Helotium cæspitosulum Bres. état ascophore et conidifère (Cha- lara Aconiti Bres.), sur les tiges sèches d’Aconitum Napellus ; paraît voisin de l’Helotium carnosulum Rehm. N. PATOUILLARD. Champignons nouveaux ou pen communs récoltés en Normandie; par MM. Malbranche et Letendre ; 2° liste (extrait du Bulletin de la Société des amis des sciences naturelles de Rouen, année 1883, 1°" semestre. Tirage à part en brochure in-8° de 32 pages. Cette deuxième liste de Champignons de Normandie porte à plus de cinq cents espèces le nombre des Fonginées observées dans la Seine- Inférieure par ces deux mycologues. Ils n’ont pas fait figurer dans ce tra- vail les espèces ou formes si multipliées et si peu caractérisées des genres Phoma, Septoria, Diplodia, Phyllosticta et Hendersonia, con- sidérées comme des états imparfaits, conidies ou stylospores, de diverses espèces de Thécasporées. Des notes sont ajoutées à la suite des espèces rares ou critiques ; on y remarque aussi quelques nouveautés. Polyporus vaporarius var. irpicoides Sacc. € Poris maxime obli- quatis, lacerisque, quasi lrpicis. » — Epidochium albescens Sacc. et Malb., sur les Rumex morts; diffère de E. atrovirens par sa station, son volume et sa couleur d'un blanc fuligineux. — Peronospora gramini- cola Sacc., sur les feuilles du Setaria viridis. — Diaporthe Didymel- loides Sacc. et Malb., sur les tiges de Chèvrefeuille. — Leptosphæria in- culta Sacc. et Malb., surtiges mortes de Chenopodium album ; voisin du Lept. Euphorbiæ. — Lept. rubella Sacc. et Malb., sur tiges mortes; dif- fère des L. rubicunda Rh. et L. cruenta Sacc. par ses spores. droites, hyalines. — Ascochyta densiuscula Sacc. et Malb., sur le Sarothamnus scoparius. — Coniothyrium hortense Sacc. et Malb., sur tiges mortes de Pois, — C. sylvaticum S. et M., sur tiges d'Euphorbia siloatica. — C. sublineatum Sacc. et Malb., sur tiges de Sarothamnus scoparius. —_ Glæosporium pyrenoides Sacc. et Malb., sur Libanotis montana. — Prosthemiella Sacc. nov. gen. « Conceptacula innata dein erumpentia, » perithecio vero destituta. Conidia copiosissima cylindracea, deorsum crassiora, plura basi (Prosthemii ad instar) stellatim connata, hya- 32 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. » lina, septulata. — A. Prosthemio defectu perithecii, conidiis hyali- » nis, elc., facile dignoscitur. » — P. formosa Sacc. et Malb., sur les rameaux tombés du Hêtre. -— Trichosporium crispulum Sacc. et Malb., sur les tiges du Vaccinium Myrtillus.— Hadrotrichum microsporum Sacc. et Malb., sur les feuilles mourantes des Agrostis. — Collelotri- chum Volutella Sacc. et Malb., sur tiges mortes de Spirée. — Dendro- dochium albocinereum Sacc. et Malb., sur les racines pourrissantes des Rumex. N. PATOUILLARD. Fungi gallici:; par MM. Saccardo et Malbranche; série V (extrait des Atti del R. Istituto veneto di scienze, lettere ed arti, X, sér. VI, 1883). Tirage à part en brochure in-8° de 9 pages. Liste et description en langue latine d’un certain nombre de Pyréno- mycètes récoltés dans l’ouest de la France par MM. Malbranche, P. Bru- naud, ete. Nous y remarquons les nouveautés suivantes : 2153. Cœlosphæria anceps Sacc. et Malb., voisin du C. tristis, mais à périthèces beaucoup plus petits; sur rameaux de Tilleul. — 2158. Læs- tadia Malbrancheana Sacc., sur feuilles de Pirola secunda. — 2159. Sphærella brionnensis Sacc. et Malb., sur feuilles d’Angelica silvestris. — 2162. Diaporthe (Tetrastaga) santonensis Sacc., sur rameaux de Salix vitellina : a des affinités avec les D. salicella et D. spina. — 2163. Diaporthe (Euporthe) brachystoma Sacc. et Malb., sur tiges mortes de Dianthus barbatus. — 2166. Melasphæria xerophila Sacc. et Malb., sur Silene olites ; voisin du M. rupicola Sacc. — 2167. Sphærulina Boudieriana Sacc. et Malb., sur les feuilles mortes du Scabiosa silva- tica. — 2169. Zignoella sequanica Sacc. et Malb., sur Salix.— Propo- lis minulula Sacc. et Malb.,sur Solidago.— 2177. Glæosporium ligus- trinum Sacc., sur des feuilles de Ligustrum. —- 2178. Cercosporella Triboutiana Sacc. et Letendre, sur feuilles de Centaurea nigrescens.— 21179. Trinacrium torulosum Sacc. et Malb., parasite de Sph. Boudie- riana. — 2180. Atractium (Atractiella) Brunaudianum Sacc., sur du marc de café pourri. N. Par. Micromycetes Sclavonici novi; par MM. S. Schulzer von Mueg- genburg et P. À. Saccardo. — Brochure in-8° de 12 pages. Toulouse. Ce mémoire renferme les diagnoses de 84 espèces nouvelles de Cham- pignons inférieurs récoltés par M. Schulzer von Mueggenburg sur di- verses plantes phanérogames, aux environs de Vinkovce. On y remarque 25 Pyrénomycètes, 36 Sphæropsidées, 3 Mélanconiées et 20 Hyphomy- cètes. Toutes ces espèces ont été publiées en nature dans les Fungi Slav. de Schulzer. N. PAT. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 33 Contributions à la flore mycologique de l'Ouest; par M. Paul Brunaud. 1882-1884. Dans une série de cinq mémoires, l’auteur expose le résultat de ses explorations mycologiques dans les environs de Saintes et dans quelques autres localités de la Charente-Inférieure et de la Charente. Bien qu'il n'y ait l'indication d'aucune nouveauté, on y remarque quelques espèces rares ou récemment signalées en France. Les caractères généraux des familles et des genres, la synonymie et la description des espèces y sont indiquées avec quelques détails. 1. MyxomycÈTEs. — Enerthenema papillata Cooke. — Tubulina cylindrica DC. — Cribraria aurantiaca Sch.— Arcyria pomiformis rot etc. . PaycomycÈrTEs. -— Mucor murinus Pers.; — Cystopus Portulacæ de . ; — C. Bliti de By ; — C. spinulosus de By; — C. Lepigoni de By; etc. 3. BasipiomycÈTEs.-— Tremella Genistæ Lib. — T, nucleata Fr.; etc. 4. AscomycÈTEs. — Morchella conica Pers. ; — M. elata Fr.; — M. rimosipes DC. ; — M. semilibera DG. — Helvella Queletii Bres. — Fees digitaliformis Pers. — Mitrula paludosa ; etc. . PyréÉNouycÈèTEs. — Microsphæra divaricata Lév.; — M. penicil- late Lév. -— Eurotium r'epens de By; — Æ. lateritium Mont. — Meliola Camellie Sace.; etc. N. Par. Enumeration of the Peronosporeæ of the United States (Énumération des Péronosporées des Etats-Unis); par M. W. G. Farlow (Botanical Gazette, vol. VIIT, oct. et nov. 1853). Ce mémoire est un catalogue descriptif des espèces de Péronosporées observées aux États-Unis tant par l’auteur que par les autres botanistes américains. Aucun représentant du genre Pythium n’a encore été signalé dans cette région ; le genre Phytophthora y est représenté par le P. in- festans de By, commun dans les cultures de Pommes de terre et sur les feuilles de Tomates; 31 Peronospora y sont indiqués, ainsi que 4 Cysto- pus. Le plus grand nombre de ces espèces est commun aux deux conti- nents; nous y remarquons quelques nouveautés ou-espèces créées par l'auteur ; les diagnoses sont en langue anglaise. Peronospora Halstedii Farl., sur différentes Synanthérées; oospores sur Helianthus doronicoides : voisin du P. viticola de By. — P. Clayto- niæFarl., sur Claytonia virginica, caractérisé par ses conidies obovales, de couleur violette, et ses larges oospores prunes, à 6 pispore plus ou moins T. XXXIL. (REVUE) 3 34 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. rugueux; appartient à la section Effusæ. — Peron. Arthuri Farl., sur Œnothera biennis ; distinct des P. Epilobii Rabh. par ses conidies vio- lettes et non blanches. — P. sicyicola Trelease, sur Sicyos angulatus ; ressemble au P. viticola et Halstedii et appartient très probablement aux Zoosporiparæ; les oospores sont inconnues. -— P. Illinoensis Farl., sur Parietaria pensylvanica ; distinct de P. Parietariæ Roum. — P. Lo- phanthi Farl., sur Lophanthus scrofulariæfolius; on n’a pas vü les 00- spores de cette espèce qui a des relations avec le P. Calaminthæ Fekl. Ilest curieux de noter que la flore américaine est caractérisée par l'abondance des espèces dont les conidies germent en donnant des z00- spores. Remarquons également avec M. Farlow que, dans les cas où le Vitis riparia est mélangé à l’'Ampelopsis quinquefolia, ce dernier seul est attaqué par le Mildew. Le mémoire est terminé par une liste de plantes hospitalières des Péronosporées. N. PATOUILLARD. Notes on some Ustilagineæ of the United States (Notes sur quelques Ustilaginées des États-Unis); par M. W. G. Farlow (Bota- nical Gazette, août 1883). Tirage à part en brochure in-8° de 7 pages. Le genre Entyloma renferme un petit nombre d’espèces américaines que l’auteur divise en deux sections, selon que ces espèces produisent ou non des conidies sur leur stroma, comme l’a indiqué Schræter. — A. Es- pèces privées de conidies: Ent. microsporum de By, sur Ranunculus repens ; Ent. polysporum Peck., sur Ambrosia trifida; Ent. Linarie Schrt., sur Veronica peregrina. — B. Espèces pourvues de conidies : Ent. Compositarum Farl., sur Aster puniceus, et Ambrosia artemisiæ- folia, à conidies fusiformes; Ent. Besseyi Farl., sur Physalis à conidies filiformes; Ent. Menispermi Farl. et Trelease, sur Menispermum cana- dense, à conidies ovales-aiguës; Ent. Lobeliæ Farl., à conidies fusiformes, sur Lobelia inflata ; ? Ent. Ranunculi (Bon.) forma Thalictri, sur Thalictrum dioicum. Signalons encore, parmi le petit nombre d’autres Ustilaginées indiquées dans cette notice, une nouvelle espèce du curieux genre Doassansia ré- cemment établi par M. Max. Cornu, le D. Epilobii Farl., sur Epilobium alpinum, et dont voici la diagnose : « DoassansiA EpiLogit Farl. — Spores densely packed in globular or » lobulated masses which are 80-200 ,; in diameter. Spores irregularly » polyedral, approaching globular, 7,5-17 # in diameter, average » 10-12; external spores blackish-brown, thickwalled, outer surface » cuticularized ; internal spores lighter colored with thinner walls. » ° N. PAT. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 39 Notes on some species in the third and eleventh cen- turies of Ellis’s North American Fungi (Notes sur quelques- unes des espèces publiées dans la 3% et la 11° centurie des Champi- gnons de l'Amérique du Nord de Ellis); par M. W.G. Farlow (Pro- ceedings of the American Arademy of Arts and Sciences, mai 1883). La troisième centurie de l’exsiccata des Champignons américains d’El- lis, publiée en 1879, et la onzième, publiée en 1883, renferment surtout des Péronosporées etdes Urédinées. A leur sujet, M, Farlow fait remarquer les difficultés de nomenclature que présentent ces dernières plantes, en- core pour la plupart imparfaitement connues. Il donne également dans ce mémoire des observations critiques et les diagnoses en langue anglaise de quelques espèces nouvelles publiées dans l’exsiccata : — N° 239. Uromy- ces Spartinæ Farl., dont les urédospores et les téleutospores croissent sur Spartina stricta, et la forme Œcidium probablement sur Xanthium et Statice. — N° 240. Uromyces Peckianus Farl.; urédospores et téleuto- spores sur Brizopyrum spicatum. —N° 1067 et 1068. Uromyces Marti- ni Farl.; urédospores et téleutospores sur Melanthera hastata. — N° 260. Puccinia Proserpinacæ Farl. (forma P. Epilobii Vize ?) distincte de P. Epilobii DG. par ses téleutospores plus allongées. — N° 1052. Puccinia Lantanæ Farl. sur Lantana odorata ; a des rapports avec le P. vexans Farl. et est très souvent attaqué par Tubercularia persicina Ditm. — N° 300. Taphrina flava Farl. Cette espèce forme des taches d’un jaune brillant sur les feuilles de Betula alba, et est caractérisée par ses spores bactérioïdes, hyalines et très nombreuses dans chaque thèque. N. Par. Diatomées du midi de la France ; par M. H. Peragallo (Bull. de la Soc. d'hist. natur. de Toulouse, 4 trimestre, 1884). Le travail de M. H. Peragallo, capitaine d'artillerie, est partagé en deux parties. La première comprend des notions sommaires sur les Diato- mées, leur récolte, leur préparation et leur examen microscopique. L'auteur, à ce propos, traite la question du choix du microscope et des ob- jectifs ; ilentre dans des détails très étendus sur l’enploi du microscope, sur l'éclairage et sur les moyens mis en usage pour compter les stries ou les ponctuations des Diatomées. La deuxième partie contient l’énumération de 430 espèces de Diato- mées et de quelques variétés observées dans la Provence, le bas Langue- doc, la vallée de la Garonne et les Pyrénées. Les espèces contenues dans ce catalogue sont dues en grande partie aux propres recherches de l'au- teur, auxquelles sont venus se joindre quelques emprunts faits aux col- 30 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. lections de MM. Peragallo frères, Comère et Trutat, de Toulouse, et de M. Rataboul, de Moissac. Le catalogue des Diatomées du midi de la France fournira de nou- veaux et nombreux matériaux à la flore des Diatomées françaises. Pauz PETIT. Traité de Paléontologie pratique; gisement et description des animaux et des végétaux fossiles de la France; par M. Stanislas Meu- nier. Petit in-12, 815 vignettes et 2 cartes. Rothschild, Paris, 1884. Cet ouvrage comprend la Paléontologie animale et la Paléontologie vé- gétale. Après des généralités dans lesquelles l’auteur traite de la fossili- sation en général et rappelle les dernières recherches sur la formation de la houille, viennent trois parties. La première traite des animaux fossiles; nous n’avons pas à nous y arrêter. La deuxième a pour titre: Les végé- taux fossiles. Elle commence par un examen des parties des plantes qui se fossilisent ; puis vient une revue assez détaillée des types de végétaux fossiles, d’après la classification adoptée par Schimper dans son Traité de Paléontologie végétale, depuis les Algues, et en particulier les Diato- mées, jusqu'aux Légumineuses, qui terminent les Dicotylédones. Un cha- pitre spécial est consacré à la succession des flores fossiles. La troisième partie est intitulée : Indication de quelques gisements de fossiles. Les gisements de fossiles végétaux cités sont: pour le terrain carbonifère, Anzin (Nord), Mouzeil (Loire-Inférieure), Thann (Haut-Rhin); — pour le terrain permien, Lodève (Hérault) ; — pour le terrain triasique, Soultz-les- Bains(Bas-Rhin); — pour le terrain jurassique (étage du lias), Hettange (Moselle) ; — pour le terrain éocène, Sézanne (Marne), Aix en Provence (Bouches-du-Rhône); — pour le terrain miocène, Armissan (Aude) ; — pour le terrain pliocène, Meximieux (Ain). En. BurFAU. Wirkungen kuenstlicher Fræste (Effets des froids artificiels); par M. P. Sorauer (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, vol. II, 1884. Generalversammlung, p. xx11). L'auteur pense que la production des chancres sur les arbres a pour cause initiale l’action des gelées. Pour appuyer cette manière de voir, il a examiné l’action de froids artificiels sur des rameaux de divers arbres qu'il introduisait dans des cylindres de verre autour desquels il mettait un mélange réfrigérant. L'action du froid durait de 15 à 30 minutes ; la température variait entre — 4 et — 12 degrés; l'expérience se faisait au mois de juin. Au bout de quelques mois, en étudiant la structure des ra- meaux soumis à l'expérience, on voyait une différence entre le bois d'avant la gelée et le bois d’après la gelée: ce dernier avait une structure plus . REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 37 lâche, était composé de cellules plus larges et à parois plus minces; en outre il contenait beaucoup plus d’amidon et était moins transparent sur une coupe que Je bois d’avant la gelée. Dans celui-ci, les vaisseaux étaient souvent bouchés, soit par des thylles, soit par des matières gom- meuses. La différence pouvait être assez tranchée pour que l’on pût croire au développement d’une deuxième couche annuelle. Quand l’action du froid avait été plus intense, il s’élait produit dans l'écorce une fente pénétrant jusqu’au cambium; mais comme le moment où l'expérience avait été faite coïncidait avec l’époque de la plus grande activité du cambium, la fente avait été aussitôt comblée ; il restait cepen- dant une petite place morte, en forme de triangle, la pointe dirigée vers l'écorce, autour de laquelle se trouvait seulement du parenchyme ligneux pauvre en vaisseaux. C’est de cette façon que se forme sur le Spiræa opulifolia un chancre dont l’auteur a suivi le développement. Il a vu le parenchyme ligneux placé autour du petit triangle de tissu gelé s’accroître en forme de gerbe vers le dehors. Parallèlement avec l’altération de la formation ligneuse, se produisait une hypertrophie de l’écorce. L'hiver suivant, la gelée atta- quait ces places molles et les détruisait, et il se formait une plaie béante sur les bords de laquelle se reproduisaient des saillies tuméfiées. Fréquemment, dans les pousses qui ont été exposées au froid artificiel, on trouve de petites plaques d’écorce qui sont tuées par la gelée. Elles sont séparées du tissu vivant par une couche de liège. Un faisceau libé- rien alléré peut s'isoler du reste de l'écorce par une telle enveloppe de liège qui se développe aux dépens du parenchyme ambiant et atteint par- fois une assez grande épaisseur. Quand les circonstances sont favorables, autour du faisceau libérien isolé se forme un méristème qui produit, non plus des cellules subéreuses, mais des éléments libéro-ligneux; en d’au- tres termes, il se produit une zone cambiale normale, donnant naissance à des couches de bois qui enveloppent le noyau libérien altéré. C’est à cette cause que sont dus dans bien des cas, selon l’auteur, les nodules ligneux que lon trouve dans l'écorce de beaucoup d” arbres, el particulièrement dans le Hêtre. ÉDouARD PRILLIEUX. Gommose caulinaire et radicale dans les Aurantiacées, Amygdalées, le Figuier, Olivier, et noircissement du Noyer; par M. L. Savastano (Comptes rendus, séance du 4° dé- cembre 1884). Dans un précédent mémoire sur le Pourridié du Figuier, l’auteur avait démontré que la racine peut être attaquée par la gommose comme la tige. Il a poursuivi ses études sur la production maladive de la gomme dans les espèces suivantes: Citrus Aurantium, Limonum, vulgaris et 38 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. nobilis; Amygdalus persica et communis : Prunus Cerasus, domestica, insititia, Armeniaca et Mahaleb ; Olea europæa. | Il distingue une double genèse de la gommose : 4° la production mala- dive de gomme indépendante de toute lésion mécanique, et 2° la gom- mose qui se produit à la suite de blessures. Dans le premier cas, il se forme des foyers de gommification dans la zone cambiale et quelquefois dans l’étui médullaire et même la moelle jeune. La maladie a les mêmes caractères dans les tiges et dans les racines. En. PRILLIEUX. I fatti traumatici nella gommosi degli Agrumi ed Amig- dalee et nel nerume del Noce (/nfluence du traumatisme sur la production de la gommose des Orangers, Amygdalées, et du noircissement des Noyers); par M. L. Savastano (Annuario della R. Scuola sup. d'agricoltura in Portici, vol. IV, fase. 1v, p. 1-24). A la suite des blessures de toute nature (cassure, meurtrissure, déchi- rure, torsion, incision, elc.), on voit apparaître des lacunes remplies de gomme. Elles peuvent être limitées par du tissu cicatriciel, et dans ce cas la gommose ne fait pas de progrès. La gomme renfermée dans le tissu qui protège de l’infection les parties saines se dessèche et est pathologi- quement inerte. Mais quand la lésion atteint une vieille branche ou une grosse tige, il est rare qu’elle se cicatrise, et alors le mal gagne, et ilva un abondant écoulement de gomme. Dans les racines, après la gommose survient l’humification que cause l'humidité du sol. — Les fruits et les feuilles peuvent aussi être atteints de la gommose. Les Noyers peuvent être attaqués par une maladie fort analogue à la gommose et que l’on désigne du nom de noircissement. L'auteur regarde celte affection comme fort semblable aussi à la « maladie de l'encre » du Châtaignier. La marche du mal, ses caractères, sauf la coloration en noir, sont tellement semblables à ceux de la gommose, qu’on peut affirmer que chez le Noyer la maladie du noircissement remplace la gommose. Dans un travail publié en italien, l’auteur fait un examen détaillé des phénomènes traumatiques, et étudie les dommages qu’ils causent aux plantes, en se plaçant au point de vue de l’arboriculture. Ep. P. Hypertrophie des cônes à bourgeons (maladie de la loupe) des Caroubiers; par M. L. Savastano (Comptes rendus, séance du 12 janvier 1885). Les Caroubiers, comme les Oliviers, sont exposés à une maladie dési- gnée sous le nom de maladie de la loupe. Elle a pour siège ce que l’au- teur nomme les cônes à bourgeons, petits rameaux fructifères qui res- semblent aux bourses des Poiriers. Quand la maladie les atteint, au lieu REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 39 de produire des fruits, ils grossissent d’une façon fort extraordinaire et se transforment en loupes volumineuses, qui peuvent atteindre de 40 à 50 centimètres de tour. Dans ces loupes, les éléments anatomiques de la tige sont modifiés et disposés sans ordre : le bois n’y contient ni vaisseaux ni fibres, mais est formé de cellules grandes et irrégulières. Ce tissu est charnu, la lignification ne s’y fait pas ; il s’y accumule une grande quan- tité de tannin. La cause de cette singulière hypertrophie du « cône à bourgeons » du Caroubier n’est pas connue ; on ne peut l’attribuer ni à des influences météorologiques, ni à des parasites. En. P. Note sur quelques variations considérables observées chez les végétaux ; par M. A. Roujou, chargé de cours à la Fa- culté de Clermont (Journal d'histoire naturelle de Bordeaux et du Sud-Ouest, numéro du 30 novembre 1884). L'auteur, ayant remarqué des différences de taille considérables sur des individus d’Helianthus annuus et de Calendula arvensis croissant exactement dans le même terrain, erut pouvoir rapporter à l’origine et à l’état des graines ces variations singulières, et résolut de s’en assurer par la voie expérimentale. Choisissant, sur les pieds les moins développés d’Helianthus annuus, les graines les plus petites, qui se trouvaient gé- néralement dans la partie centrale, il obtint, au bout de deux ans, des Helianthus qui n'étaient pas plus grands que le Calendula arvensis. I] put réduire, à l’aide du même procédé, la taille du Maïs à 20 centi- mètres, et arriva à produire despieds de Calendula arvensis aussi petits que le Cicendia filiformis, parfois même des individus uniflores, En continuant l'expérience sur le Maïs, il s’aperçut qu'en même temps que la taille s’abaissait rapidement, le nombre des graines diminuait, et que le résultat ultime était la stérilité absolue. M. Roujou a étudié ensuite l'influence de conditions diverses sur les végétaux. Voici le résumé de ses observations : | 1° L’altitude diminue rapidement le développement des parties épigées. Pour certaines espèces, le volume des racines augmente dans les mêmes conditions. 2% Les terrains maigres et frès secs amoindrissent singulièrement la taille et le volume des plantes. « C’est ce phénomène, dit l’auteur, qui « a donné naissance à nombre d’espèces jordaniennes, lesquelles per- « sistent pendant quelques générations; mais, lorsqu'on les sème dans « des conditions complètement différentes, elles ne tardent pas à se mo- « difier, surtout sous le rapport de la taille, de la pubescence, etc. » 3 Un sol de granit médiocrement humide paraît augmenter la lon- gueur des racines. 40 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 4 Un sol tourbeux et humide accroit la taille de certains végétaux. 5 Les plantes des prairies transportées par hasard au milieu des bois y subissent des modifications profondes. 6° Dans les prairies broutées continuellement par les troupeaux, les plantes ont une tendance à devenir plus ou moins acaules ; certaines pa- raissent devenir vivaces ou tout au moins bisannuelles. La plupart de ces données ne sont pas nouvelles; mais il est opportun de les rappeler et de les appuyer sur des observations nombreuses, afin de montrer aux phytographes qui n’en tiennent pas compte le peu de valeur de leurs distinctions spécifiques. Nous espérons que M. Roujou continuera ses recherches ; le succès des premières doit l’y encourager, Son excellente méthode, s’il y persévère, le conduira, nous en sommes persuadé, à élucider des questions d'une haute importance en botanique descriptive. ERnesr MaLinvaun, Les Cycas du Jardin botanique de la marine à Ro- chefort ; par M. E. Peyremol, directeur du Jardin botanique de la marine à Rochefort (Journal d'histoire naturelle de Bordeaux et du Sud-Ouest, 31 décembre 1884). Le Jardin botanique de la marine à Rochefort avait reçu en 1883, au mois de mai, 18 Cycas provenant de l’île de Poulo-Condore (Cochinchine), et dont les deux plus grands étaient âgés d’environ cent ans. Ces deux vénérables représentants du siècle dernier, qu’on avait emballés et cousus dans des sacs de toile à voile, étaient restés plusieurs semaines étendus dans une allée de la serre, en attendant qu’on leur eût construit des fosses spéciales, et les soins attentifs dont ils furent ensuite l’objet étaient restés en apparence sans résultat, jusqu’au 24 juillet 1884, lorsqu'on vit, ce jour-là, poindre au sommet de l’un d’eux un petit bourgeon conique, revêtu d’une couche coionneuse vert grisàtre. « Quinze jours après, dit » l’auteur de la notice, ces bourgeons étaient devenus une splendide » couronne de 25 feuilles, mesurant jusqu’à 1 mètre 40 centimètres de » longueur et dont la nervure principale portait de chaque côté 50 » à 80 folioles opposées. » Le développement de l’autre Cycas a été plus lent. Ainsi que le fait remarquer l’auteur, « ces faits de longévité, de con- » servation de vie latente et d'énergie de végétation, connus depuis long- » temps, n’en sont pas moins fort remarquables et ne sont qu’un des côtés » étranges des belles plantes qui forment le groupe des Cycadées ». Linné en avait fait des Palmiers, dont elles ont le port, et L. de Jussieu des Fougères, à cause de leurs feuilles roulées en crosse. En 1807, CI. Richard en reprit l'étude et les plaça à côté des Conifères. On sait que leurs fruils, considérés comme tels par divers botanistes et par d’autres comme REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 41 une graine nue (1), ont été un sujet d’inépuisables controverses. Dans les pays où l’on rencontre ces végétaux, les indigènes voient un fruit dans la partie charnue extérieure des Cycas, un noyau dans la partie osseuse moyenne, et une graine dans le contenu de ce dernier. L'auteur de l’article que nous analysons ici ne paraît pas éloigné de se ranger lui- même à cette interprétation. Erx. M. Naturalisation du Bolfonia glastifolia L'Hérit., plante américaine, dans le Sud-Ouest ; par M. J. A. Guillaud (Jour- nal d'histoire naturelle de Bordeaux et du Sud-Ouest, 31 décembre 1884). L'auteur, au commencement de son article, rappelle « la grande faci- » lité de naturalisation que nombre de plantes de l'Amérique du Nord » trouvent dans l'Europe atlantique en général, et dans le sud-ouest de » la France en particulier, qui est comme leur première étape ». Au sur- plus, les deux continents rivalisent à cet égard de bons procédés, si l'on peut ainsi qualifier l'échange des mauvaises herbes qu’ils s’envoient réci- proquement., Tandis que l’Erigeron canadense foisonne dans nos champs cultivés et que l’Helodea du même pays infeste nos cours d’eau, l’ancien monde cède au nouveau, sans pour cela s’en appauvrir lui-même, ses plus vulgaires Seneçons, ses Chardons, le Cichorium Intybus, le Dau- cus Carota, et bon nombre d’autres espèces beaucoup plus rustiques qu’ornementales. La naturalisation aux environs de Bordeaux du Bol- tonia (2) glastifolia L'Hérit., originaire de la Pensylvanie et de l'Illinois, et qu'on n'avait pas encore signalé hors des jardins en Europe, est une nouveauté plus intéressante. « C’est — nous dit M. Guillaud (qui l'a ren- » contré à l'établissement agricole de Saint-Louis, commune de Villenave » d’Ornon) — une grande plante glauque, à port et à caractères exlé- » rieurs d'un Aster, parfaitement établie autour d’une petite mare, au » milieu des Roseaux et des Flüteaux, auxquels elle dispute la place avec » avantage... Elle s’est étendue aux divers coins de la propriété sur plus » de cent hectares... Comme elle ne fleurit qu'à l’automne, on ne la » connaît que sous le nom de Fleurs de vendange... ». Elle n’est pas cultivée dans les jardins des environs ; au dire des personnes de l'endroit, son apparition, qui remonterait à une vingtaine d'années, « tient du mi- racle ». Sans vouloir pénétrer ce mystère, nous souhaitons que la nou- velle venue réussisse à se propager et qu'elle s’associe, si elle ne peut (1) De là le nom créé pour la classe des Gymnospermes, comprenant les Cycadées et les Conifères. (2) Les Boltonia, genre de la famille des Composées (tribu des Astéroïdées), sont indigènes de l'Amérique septentrionale. On cullive, comme plantes d'agrément, les B. glastifolia et asteroides. 49 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. s’y substituer, à certaine autre Composée envahissante et d'aspect moins gracieux que nous tenons du même continent. ERN. MALINVAUD. Essai monographique sur les Buplerraun, sections Perfo- liata, Reticulata et Coriacea de la Flore française de Gr. Godr.; par M. Ed. Timbal-Lagrave. Fascicule nr et dernier (1). In-& de 9 pages. Toulouse, impr. Douladoure-Privat, 1884. La section Perfoliata comprend les Bupleurum rotundifolium et protractum. Le premier, assez commun dans les moissons calcaires et argilo-calcaires de la France, paraît être originaire de l'Orient (2), et au- rait été introduit en France avec les céréales à une époque plus ou moins reculée. Il en est probablement de même du Bupleurum protractum, plus répandu que le précédent dansles provinces méridionales. Les espèces françaises dans la section Reticulata (feuilles uninerviées, réticulées-veinées) sont : le Bupleurum longifolium L., qui habite les sommets élevés des Alpes, des Vosges et des montagnes de l'Auvergne; le B. angulosum L., propre aux Pyrénées, et le B. stellatum L., qui remplace le précédent dans le Dauphiné et les Alpes. Enfin la section Coriacea (caractérisée par ses feuilles coriaces, uniner- viées, réticulées-veineuses), ne renferme dans notre flore que le B. fru- ticosum, qui appartient à la région des Oliviers. Erw. M. Note sur l’Alyssum montanuam L., des Pyrénées; par M. Ed. Timbal-Lagrave (Revue de botanique, imprimée à Auch, t. IT). Tirage à part de 3 pages in-8, et 1 pl., 1884. On trouve dans le Breviarium de M. Jordan (If, p. 7)la description de plusieurs espèces affines détachées du groupe de lAlyssum monta- num L. M. Timbal s’est proposé de faire connaître trois nouvelles formes du même groupe qu’on rencontre dans les Pyrénées et les Corbières. Ce sont les Alyssum helianthemifolium Timb. et Jeanb., orbiculare Timb. et Jeanb., et marginatum Timb. et Jeanb. On peut les différencier notamment à l’aide des caractères tirés de la couleur et de la forme des graines. Celles-ci sont brunes, elliptiques, un peu atténuées au sommet et mucronées, dans VA. kelianthemifolium ; rouge-brique, rondes et mucronées, dans VA. orbiculare; enfin roussâtres, rondes et bordées d'une membrane scarieuse d’un blanc jaunâtre, dans l'A. marginatum. Les silicules et les graines sont figurées sur une planche dessinée par M. Bucquoy. Erw. M. (1) Voyez, pour l'analyse des deux premiers fascicules, la Revue bibliographique du Bulletin, t. XXIX (1882), page 78, et t. XXX (1883), page 234. (2) A. de Candolle, Géogr. botan. p. 667. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 43 Flora Europæ terrarumque adjacentium, sive Enumeratio plantarum per Europam atque tolam regionem mediterraneam, cum insulis atlanticis, sponte crescentium, novo fundamento instauranda : auctore Mich. Gandoger. (T. I à V, gr. in-8°, autograph. Paris, Savy, 1883-1885.) L'ouvrage, écrit en latin, sauf la préface en français, doit former 28 à 30 volumes gr. in-8°. L'auteur s’est engagé à donner par an trois volumes au minimum, et jusqu'ici il a tenu parole, car il en a paru cinq en dix- huit mois, et ils contiennent ensemble 2000 pages de texte. Le Flora Europæ pourrait ainsi être terminé en sept à huit années. Voici les genres nouveaux proposés par M. Gandoger dans les premiers volumes : Tome I, 440 pages, décembre 1883 (Ranunculaceæ-Fumariaceæ). — Genre Arctophthalmus (page 221), comprenant les Ranunculus ni- valis L., pygmœus Vahlenb., hyperboreus Rottb., et leurs subdivisions. Tome II, 443 pages, sept. 1884 (Crucifereæ). — Genre Altobellia (page 329), dédié au botaniste italien Altobelli, et formé avec les groupes des Sinapis virgata Presl, bætica Boiss. et subpinnatifida Lag. Tome II, 221 pages, oct. 1884 (Capparideæ-Droseraceæ). — On y trouve quatre genres nouveaux : 1° Codornia (page 55), dédié au bota- niste espagnol R. Codornin, et fondé sur lHelianthemum squamatum Pers.; 2 Wiesbauria (p. 70), ainsi nommé en l'honneur de lAutri- chien J. Wiesbaur, et créé pour les Viola uliginosa L. etpalustris L.; 3° Longiviola (p. 95), pour les Viola arborescens L. et suberosa Desf. ; 4 Lalypoga (p. 167), pour les Polygala sibirica L., saxatilis Desf. et supina Schreb. Tome IV, 398 pages, févr. 1885 (Alsineæ-Elatineæ).— Genre Borbasia (page 120), dédié à M. Borbas de Budapesth et limité aux Dianthi dentati Boissier, Flor. Or. (D. arboreus L., deltoides L., alpinus L., etc.). Tome V, 293 pages, avril 1885 (Lineæ-Terebinthaceæ). — Trois genres nouveaux : 1° Ragenium (page 138), pour les Geranium macror- rhizon L., argenteum L., tuberosum L., etc; 2 Baileya (1) (page 141), dédié au botaniste anglais Ch. Bailey, et qui renferme les Gerania ba- trachia Boiss., FI. Or. (G. sanguineum L., G. silvaticum L., G. pra- tense L.,etc.); 3° Paillotia (page 180), ainsi appelé en l’honneur de notre confrère J. Paillot, et séparant des autres Erodium ceux à feuilles entières, dentées ou seulement lobées (Erodium malacoides Willd., etc.). De plus, M. Gandoger a établi beaucoup de sections et divisions nou- (t) {1 existe déjà un genre Baileya établi par M. Asa Gray pour des Composées mexicaines du groupe des Anthémidées. (Conf. PI. Fendi. 1843, p. 105.) 44 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. velles, et traité ainsi monographiquement, à son point de vue, la plupart des genres compris dans les premiers volumes. L'ordre suivi est celui du Prodromus de de Gandolle et du Conspectus de M. Nyman. L'auteur embrasse dans son travail, avec toutes les plantes d'Europe dont il a eu connaissance, une grande partie de celles de l’Asie occidentale, de l'Afrique septentrionale, des îles atlantiques, de l'Amérique arctique, etc. Chaque volume se termine par une table alphabétique des noms des familles, des genres, des sections et des espèces. | En résumé, le nouvel ouvrage de M. Gandoger est un monument élevé à la botanique descriptive d’après les principes de l’école analytique. A l’aide de tableaux dichotomiques, chaque type linnéen est successivement décomposé en ses variétés et formes secondaires, dont chacune reçoit un nom spécifique. C’est le système de l’individualisation des micromor- phes conduit à ses conséquences logiques. Ce Flora Europæ, dit son auteur dans la préface, « est moins une » Flore qu'un grand répertoire, où sont consignées les nombreuses espèces » démembrées des anciens types. Les deux écoles, analytique et synthéti- » que, y trouveront leur avantage : la première, en embrassant d’un coup » d’œilles espèces nouvelles ; la seconde, en suivant pas à pas les divers » degrés de polymorphisme des plantes linnéennes. » ErN. MaLINvAUD. Le Palmier nain dans la péninsule de Setubal ; par M. Jules Daveau (extrait de la Revista scientifica publiée par la Société Atheneo do Porto, n° 2, février 1885). | Le Palmier nain (Chamærops humilis L.), seul représentant en Europe d'une famille essentiellement tropicale, manque à la France méridionale et à la Corse; il existait naguère près de Nice, où le dernier pied a été vu par M. Cosson en 1851. On le rencontre en Espagne, aux Baléares, en Sardaigne, en Sicile, dans beaucoup de petites îles italiennes, puis le long de la côte occidentale de la péninsule, notamment dans les Calabres, et il remonte sur la côte orientale jusqu’à Brindisi, mais on ne le retrouve plus en Grèce ni au delà. Il est très répandu en Algérie. En Portugal, où il est connu sous le nom de Palmeira das vassouras (Palmier à balais), le Chamærops humilis était signalé dans l’Algarve, seule localité indiquée par Brotero (in Flora Lusitanica) ; il s’y élève à une altitude de 425 mètres au-dessus du niveau de l'Océan. M. Daveau en a découvert, en 1881, une localité beaucoup plus septentrionale dans la vallée d’Alcube, située à environ 4 kilomètres de la ville de Setubal, par 38° 30’ de latitude N., et là même il n’en existe qu'un petit nombre de pieds, les uns au milieu des rochers, d’autres entourés par les fortes racines de gros arbres, dans tous les cas protégés contre les enva- hissements de la culture par des situations exceptionnelles, Il n’est pas REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 45 doufeux qu'avant les derniers défrichements de cette vallée, le Palmier nain y devait être plus abondant. On utilise diverses parties de ce végétal, notamment les feuilles, avec lesquelles on confectionne des articles de sparterie, des balais, des pail- lassons, des chapeaux, des cordes, etc. En Sicile, les chèvres vont cher- cher ce Palmier sur les rochers où il croît, et se nourrissent volontiers de son fruit, qui a la forme et le volume d’une petite prune avec un noyau recouvert d’une pulpe peu abondante, à saveur légèrement sucrée. Er. M. Les Euphorbiacées du Portugal, par M. Jules Daveau (extr. du Boletim da Sociedade Broteriana, n° 3); 36 pages in-8° et { planche. Coïmbre, 1885. Brotero, dans son Flora Lusitanica (1804), énumérait 23 espèces d’Euphorbiacées ; de nos jours, M. Lange attribue au Portugal 26 es- pèces de cette famille (1). D’après M. Daveau, il faudrait élever ce nombre à 39, appartenant à quatre genres, à savoir : 33 Éuphorbia, 1 Securinega, 1 Crozophora et 4 Mercurialis. — Sur ces 39 Euphor- biacées, 35 se retrouvent aussi en Espagne, 25 dans la France méridio- nale, 15 dans le Maroc, 15 en Algérie, et 4 sont spécialement portugaises (Euphorbia uliginosa Welw., E. transtagana Boiss., E. Broteri Dav., E. Welwitschii Boiss. et Reuter). La première partie de ce mémoire se termine par un intéressant tableau, résumant les données qu’on possède, pour chaque espèce, sur sa distribution dans les diverses provinces du Portugal, ainsi que sur les lerrains qu'elle préfère. On y voit que les Euphorbia Peplis L., uliginosa Welw., falcata form. genuina, tetraceras Lge, transtagana Boiss., bætica Boiss., terracina L., Paralias L., sont exclusivement sili- cicoles en Portugal, tandis que l’Euphorbia nicæensis y serait spéciale- ment calcicole, ete. De tels renseignements ont toujours leur valeur, même lorsqu'ils ont un caractère local, c’est-à-dire lorsqu'ils ne concordent pas absolument avec les observations relevées dans d’autres pays. L'Euphor- bia falcata, par exemple, n’est pas en France une espèce propre aux terrains siliceux. On sait d’ailleurs que les relations de certains végé- taux avec la composition du sol varient assez souvent d’une contrée à l’autre, et la recherche des causes de ces variations est un sujet d'étude du plus grand intérêt. M. Daveau donne ensuite une énumération systématique des 39 Eu- phorbiacées portugaises, en signalant, pour chacune d'elles, les princi- (t) Wilikomm ct J. Lange, Prodrom. flor. lisp. 46 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. paux auteurs à consulter, ses slations et localités en Portugal, enfin. son aire géographique. Des tableaux analytiques très soignés, dans lesquels est conservé l’ordre des groupes suivant leurs affinités naturelles, per- mettent d'arriver successivement au genre, à la section et à l'espèce. Les Euphorbia prostrata Aït., Clementei Boiss., madritensis Boïss., sont des plantes nouvelles pour la flore portugaise. L’Euphorbia Broteri Dav., minutieusement décrit, est l'E. Myrsinites Brot. (non L.), rap- porté jusqu'ici, à tort, suivant M. Daveau, à l'E. nicæensis AÏL. (1). Une planche représente celte espèce, ainsi que les graines de l'Euphorbia falcata var. lusitanica Daveau. ERN. MALINvAUD. Les Tulipes de l'Europe, par le D° Émile Levier (extr. du Bulletin de la Société des sciences naturelles de Neufchätel, t. XIV). 1 vol. in-8° de 416 pages, avec 10 planch. lithographiées. Neufchâtel, 1884 (2). M. Levier était particulièrement qualifié, après ses remarquables études sur les Tulipes italiennes (3), pour nous donner une monographie, qui est le document le plus complet que nous possédions aujourd’hui sur ce genre crilique. « Les représentants européens du genre Tulipe, dit l’auteur (page 24), » sont composés, presque à parts égales, d'espèces anciennes, origi- » naires des lieux où nous les voyons de nos jours, et d’espèces adven- » tices établies çà et là dans les champs cultivés du Midi, ne s'éloignant » guère des endroits habités par l’homme, où elles étaient inconnues il » ya un siècle ou deux... La Toscane, il y a deux cents ans, ne possé- » dait qu’une seule Tulipe (T. australis Link) ; aujourd’hui seize es- » pèces différentes pullulent dans ses champs, quelques-unes en telle » abondance, qu’elles entravent l’agriculture. » Les botanistes se sont préoccupés, dans ces dernières années, « du problème complexe et cu- rieux que faisait naître l’apparition de tant de formes nouvelles. » Sans revenir ici sur les explications proposées, dont nous avons déjà entretenu les lecteurs de ce Bulletin, ni sur la polémique qu’elles ont suscitée, nous croyons devoir signaler l’idée neuve que M. Levier a développée dans son intéressant mémoire, et qui en est la partie la plus originale. IL s'exprime ainsi, page 28 : « …. C’est l’an dernier (1883) que M. de » Martelli découvrit cette nouveauté (le Tulipa Martelliana Levier) dans » un champ... L'espèce, évidemment très distincte de nos autres Tu- » lipes à bulbes laineux, par son ovaire non rétréci au sommet et par (1) Voyez Gren. Godr. F1. de Fr. I, p. 87; Willk. et Lange, Prodr. fl. hisp. HI, p. 503; etc. - (2) Quelques tirages -à part, avec planches coloriées, sont en vente chez l’auteur (Borgo San-Frediano 16, Florence). Expédition franco contre un mandat postal de 8 fr. (3) Voyez le Bulletin, t. XXXI (1884), Revue, p. 19. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 47 » les proportions toutes différentes de ses divisions internes et externes, » rappelait singulièrement le Tulipa maleolens ; mais, par sa fleur et » surtout sa tache basale, elle constituait un cas de véritable mimicry du » T. Didieri de Sion et de Saint-Jean de Maurienne, qui n’a de rapports » intimes qu'avec le T. spathulata de Florence. De là à supposer un cas » d’hybridation entre les T. maleolens et spathulata, habitant tous deux » dans le voisinage, il n’y avait qu'un pas, et l’examen du pollen, très » mélangé de granules déformés, donna encore plus de vraisemblance » à ce soupçon, qui toutefois devra être contrôlé par une expérience » de croisement artificiel. — Il me parut dès lors du plus grand intérêt » d’examiner la conformation du pollen dans toute la série des Tulipes » européennes... Les Tulipes spontanées (ou anciennement indigènes) » n’ont jamais le pollen mélangé d’une grande quantité de granules » vides ou déformés; on en trouve des traces dans un tiers environ des » espèces ; chez toutes les autres, le pollen est parfait. La proportion se » renverse dans les espèces adventices modernes ; les deux tiers de ces » espèces ont le pollen très imparfait, tandis qu’il est régulièrement dé- » veloppé dans l’autre tiers. » Suit un tableau des 37 Tulipes euro- péennes connues jusqu’à ce jour, avec des indications sur le pollen de chaque espèce. Ces premières observations, qui seront sans doute continuées, ouvrent une voie nouvelle aux investigations. En abandonnant, pour la suivre, le champ stérile des hypothèses, le savant monographe des Tulipes arrivera sûrement à des résultats positifs, que les plus ingénieuses théories, dé- pourvues de la sanction expérimentale, sont impuissantes à donner. La partie descriptive du mémoire de M. Levier est écrite en latin ; elle débute par une clef analytique des espèces européennes du genre Tulipe ; celles-ci, au nombre de 37, sont ensuite complètement décrites et les habitats soigneusement indiqués. Nous remarquons, comme appartenant à la flore française les T. Clusiana DG., Oculus solis Saint-Am., præcox Ten. (dont T. Lortetii Jord. n’est peut-être qu’une variété), platystiq- ma Jord. (T. Didieri Gren. et Godr. F{. Fr., non Jord.), mauriana Jord. et Fourreau (Saint-Jean de Maurienne), Didieri Jord. (Savoie), planifolia Jord. (Saint-Jean de Maurienne), Billietiana Jord. (Saint- Jean de Maurienne), alpestris Jord. ét Fourr. (Savoie), silvestris L., australis Link (avec les variétés gallica Lois. et Celsiana DC.). M. Levier a créé les espèces suivantes : T. Martelliana, T. connivens, T. etrusca, T. orientalis, T. Passeriniana, T. Sommieri et T. lurida. Dix planches fort bien dessinées reproduisent, en grandeur naturelle, les détails de la fleur des espèces les moins connues. Erx. M. 48 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. NOUVELLES (15 mai 1885.) — Le D' Johannes August Christian Rœper, auteur de publications relatives à la flore de Mecklembourg, professeur de botanique à l’univer- sité de Rostock, est mort le 17 mars, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. — L'assemblée générale qui clôt chaque année le congrès des Sociétés savantes a eu lieu à la Sorbonne, le samedi 11 avril. M. Ed. Bornet, archiviste de la Société botanique, a été nommé chevalier de la Légion d'honneur. — MM. G. Poirault et L. Mangiu, nos collègues, ont été nommés offi- ciers d'académie. — MM. Edmond Boissier, le savant auteur du Flora Orientalis, membre de notre Société, et M. J. G. Agardh, l’éminent algologue suédois, ont été élus correspondants de l’Académie des sciences pour la section de botanique, dans les séances du 20 et du 27 avril. — M. Michel Gandoger est disposé à céder un échantillon de toutes les formes, variétés ou espèces décrites dans son Flora Europe (1), c’est-à-dire tout ou partie d’un herbier typique correspondant à ce grand ouvrage. — Une circulaire de M. Magnier, bibliothécaire de la ville de Saint- Quentin (Aisne), annonce diverses publications qui intéressent les bota- nistes. Ce sont : 1° Une collection de plantes sèches (Flora selecta exsic- cata), « qui est destinée à répandre dans les herbiers les plantes rares » d'Europe et à fournir des matériaux d’études pour les genres difficiles » et riches en formes litigieuses ». Quatre fascicules sont en vente : le premier coûte 27 francs, le second 47 francs, le troisième 52 francs et le quatrième 62, avec le bulletin publié sous le nom de : — 2° Scrinia floræ selectæ, dont le prix d'abonnement est de 2 francs 50 par année. — 3° Doubles de l’herbier Durieu de Maisonneuve. Environ 150 à 200 espè- ces, à 20 francs la centurie. — 4° Plante Gallie et Belgii. La 5° cen- turie est en vente au prix de 15 francs. — Pour tous renseignements sur ces collections et d’autres qui sont en préparation, s'adresser à M. Ch. Magnier, 13, rue de Bagatelle, à Saint-Quentin (Aisne). (1) Voyez plus haut, page 43. Le Directeur de la Revue, 2 ut nn cer ee D" En. BoRNET. Le Secrélaire général de la Société, gérant du Bulletin, E. MALINVAUD. BOURLOTON.— Imprimcries réunies, À, ruc Mignon, 2, Paris, REVUE BIBLIOGRAPHIQUE (1885) Ueber die systematische Stellung der Hefepilze (Sur la place des levüres dans la classification) ; par M. Rees (Sitzungs- berichte der phys. med. Societæt zu Erlangen, 12 mai 1884). M. Brefeld a montré, dans son travail sur les Ustilaginées (1), que les spores de ces plantes bourgeonnent comme des levüres. Il a observé depuis cette même propriété chez d’autres plantes (Gymnoascus, Exo- basidium, etc.). Les levüres n'existeraient donc plus comme groupe autonome. M. Rees, qui a trouvé autrefois les spores des Saccharomyces (2), croit encore aujourd’hui que l’indépendance de ce genre n’est pas atteinte. En effet, M. Brefeld ne dit pas si les levûres provenant des Ustilaginées sont capables de produire des fermentations, ni surtout si elles ont les spores caractéristiques des Saccharomyces; or c’est là l’essentiel. - L'état actuel de la question est le suivant. Certains Champignons ap- partenant à des groupes divers peuvent donner des spores qui bourgeon- nent comme des levüres ; ous ces Champignons possèdent des appareils végétatifs filamenteux-et d’autres spores. Il existe, en outre, des Champi- gnons réunis sous le nom de Saccharomyces, dont l'appareil végétatif se réduit aux cellules bourgeonnantes précédentes ; ces végétaux ont en plus un mode spécial de reproduction qui les sépare profondément des précédentes Cryptogames. J. COSTANTIN. Der Einfluss der Schwerkraft auf die Bewegungsrich- tung von Chlamydomonas und Euglena (Influence de la pesanteur sur la direction du mouvement des Chlamydomonas et des Euglena); par M. Schwarz (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, t. 11, 1884, p. 51). L'observation d’un fait curieux a amené M. Schwarz à entreprendre l'étude actuelle. Si des Euglena ou des Chlamydomonas sont abandonnés (1) Untersuchungen ueber Hefenpilze, 1885. (2) Botanische Untersuchungen ueber die Alkohoïgæhrungspilse, 1870. T. XXXIL. (REVUE) 90 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. à eux-mêmes dans un vase contenant du sable humide, ils se rassemblent au bout d’un certain temps à la partie supérieure de ce sable. L'auteur a répété cette expérience et a constaté que douze heures suffi- sent, la température variant de 20 à 24 degrés, pour amener les êtres chlorophylliens sur la face externe du sable. Le mouvement produit est bien une ascension de haut en bas et non une diffusion dans tous les sens, ainsi que l’auteur le montre en modifiant son expérience : il prend un vase à la paroi duquel adhère un peu de sable, et il voit que les Euglena se rassemblent uniquement vers la région la plus élevée. Dans l’eau, on observe la même ascension : seulement les corps mobiles, plus denses que l’eau, tombent au fond du vase au moindre ébranlement. Le mouvement ascendant se produit seulement quand les Euglena et les Chlamydomonas sont à l’état actif. L’action d’une température trop élevée ou trop basse, celle du chloroforme, empêchent le phénomène de se manifester. Si l’être est tombé à l’état de repos, il reste au fond du vase, absolument comme une spore de Lycopode, par exemple. Quelle cause produit le déplacement des êtres mobiles précédents? Ce n’est pas l'oxygène que les Chlamydomonas vont chercher à la surface du sable, car si l’on permet à ce gaz d'arriver des deux côtés du récipient où se trouvent les Algues, elles ne s'élèvent pas moins à la face supérieure. Selon M. Schwarz, c’est à l’action de la pesanteur qu’il faut attribuer les phénomènes indiqués précédemment. Afin de le prouver, il place le vase contenant le sable humide et les êtres mobiles sur un appareil à ro- tation, Il constate alors que, lorsque la vitesse de rotation est faible, les Euglena ou les Chlamydomonas se rassemblent vers la partie du vase dirigée vers l’axe de rotation ; l'effet de la force centrifuge est le même que celui de la pesanteur. Cette méthode révèle quelque chose de plus : c’est que lorsque la vitesse de rotation devient beaucoup plus grande (dans le cas des Euglena, quand l'accélération est égale à huit fois l’ac- tion due à la pesanteur), l'effet change de sens et les êtres mobiles se groupent vers l'extrémité opposée à l’axe de l’appareil, Il résulterait donc du travail de M. Schwarz que les zoospores sont sou- mises à l’action de la pesanteur comme à l’action de la lumière. On dit, dans ce dernier cas, qu'elles sont phototactiques ; par analogie, l’au- teur propose le nom de géotaxisme pour rappeler les phénomènes dont il a été question dans le cours de la présente note. J. COsTaNTIN. Ueber Stephanosphæra pluvialis Cohn (Sur le Stephano- sphæra pluvialis Cohn) ; par M. G. Hieronymus (Beitræge zur Biologie der Pflansen, t. v; 51 pages avec 2 planches). L'étude du Stephanosphæra pluvialis, un des plus jolis représentants de la famille des Volvocinées, a été déjà faite par MM. Cohn et Wichura; REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. b1 un point restait encore à élucider après leurs travaux, le rôle que rem- plissent des microgonidies. M. Hieronymus a suivi avec soin tout le développement de cette Algue. Il s’est assuré que ces microgonidies se conjuguent deux à deux, et sont par conséquent des gamètes semblables. Les deux zoospores biciliées se joignent par le rostre et se rapprochent l’une de l’autre parallèlement à leur grand axe, les points oculiformes étant en dehors. On observe après cette fusion une zoospore nouvelle à quatre cils, au centre de laquelle on distingue encore une ligne longitudinale qui est la dernière trace de sé- paration des deux gonidies primitives. Les cils tombent, et, une heure après le début du phénomène, la membrane cellulosique devient dis- tincte. L'auteur s’est convaincu que ces spores de repos résultent toujours de la fusion de deux gamètes et ne proviennent jamais des cellules végé- tatives, ainsi que MM. Cohn et Wichura l'avaient dit. Quoique la forme de ces zoospores qui se conjuguent soit toujours la même, M. Hieronymus les regarde cependant comme différenciées l’une par rapport à l’autre. Il énonce ce fait en disant : 1° que toutes les mi- crogonidies sont polarisées; 2° que toutes les microgonidies provenant d’une même cellule primordiale sont polarisées de la même manière. Cette hypothèse repose sur ce qu’il n’a jamais vu se conjuguer deux microgonidies provenant d’une même cellule primordiale. La production de ces microgonidies peut s’opérer suivant des modes assez différents. Souvent toutes les cellules végétatives d’une colonie se transforment en zoospores, d’autres fois plusieurs restent non transfor- mées ; il peut même arriver qu'une seule engendre ces gamètes. Le nom- bre des microgonidies qu'une cellule végétative peut former est égale- ment variable; on en voit naître 8,16, 32, suivant la vigueur des cellules primordiales. Les divisions répétées qui précèdent la formation de ces organes re- producteurs s’opèrent la nuit. Quand on fait une série d'observations, on peut constater, la veille au soir, qu'une première préparation du phéno- mène se manifeste, et qu’il se termine en général le lendemain, au lever du soleil. Cependant, si le ciel est couvert de nuages, la division peut se continuer jusque vers midi. L'absence de lumière a donc une influence appréciable sur la production de ces zoospores. En somme, on observe chez cette plante un mode de conjugaison que M. Pringsheim regarde comme le stade le plus inférieur de la fécon- dation, J. C. 52 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Untcrsuchungen aus dem Gesammitgebhiete der Myko- logie. — I. Folysphondylium violaceum und Dic- tyostelium mucoroides. — II. Conidiobolus ulricu- losus und ménos (Recherches sur l’ensemble de la Mycologie. — I. Polysphondylium violaceum et Dictyostelium mucoroides. — II. Conidiobolus utriculosus et minor); par M. Brefeld. Leipzig, in-4°, 18 pages et 5 planches. I. Polysphondylium. — M. Brefeld. a trouvé, il y a quelques années, un Myxomycète nouveau, le Dictyostelium mucoroides. Get auteur n’avait pas indiqué, dans l’étude qu'il publia alors, comment le pied, qui sem- blait cellulaire, résultait du plasmode. L’explication de cette organisation fut donnée par M. Van Tieghem, qui montra que le support de cette plante provenait de l’agrégation d’un grand nombre de petits plasmodes. Cette Cryptogame doit donc être séparée des Myxomycètes vrais pour être rangée parmi les Myxomycètes à plasmode agrégé. M. Brefeld a découvert un Champignon très voisin du précédent, dont l’organisation s’explique de même, le Polysphondylium violaceum, ainsi qu’il le désigne. Cette plante, qui vitsur le crottin de cheval, se distingue du Dictyostelium par sa ramification en verticille et par sa coloration. Elle est formée d’un long filament dressé terminé par un sporange et portant, à différentes hauteurs, des verticilles de pédicelles terminés par des sporanges plus petits. Les verticilles supérieurs ne possèdent que deux ou trois pédicelles, tandis que les inférieurs en présentent cinq et six. Le pied principal, ainsi que les branches latérales, sont comme cloi- sonnés, parce qu'ils résultent de la juxtaposition de petits plasmodes les uns à côté des autres. Le gros sporange terminal et les petits sporanges latéraux sont de simples agglomérations de spores, de sorte que, n’ayant pas d’enveloppe, ils se dissolvent au simple contact de l’eau. Les spores germent comme celles du Dictyostelium ; le protoplasma sort de l'enveloppe cellulosique et forme uneamibe possédant une vacuole et un noyau. Cette amibe croît et se divise. Les masses ainsi formées se rapprochent bientôt et forment un plasmode agrégé. Au centre de ce grand plasmode se dresse alors une masse centrale formée par l’accumu- lation des plasmodes qui grimpent les uns sur les autres. Dans ce pied, il se différencie une partie centrale rigide désormais immuable, et une partie externe constituée par des masses protoplasmiques indépendantes qui s'élèvent vers le haut et constituent successivement la partie supé- rieure du pied, les pédicelles verticillés et les sporanges. En résumé, la plante nouvelle se rapproche, par tous ses caractères, de ce que M. Brefeld appelle les Myxomycètes aplasmodiophorés, par opposition aux M. plasmodiophorés. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 53 IT. Conidiobolus. — Le genre nouveau Conidiobolus comprend des végétaux qui vivent sur les Trémellinées et appartiennent à la famille des Entomophthorées. Quand les spores du Conidiobolus germent dans l’eau, le tube germi- natif se renfle à l'extrémité en spore secondaire qui est bientôt lancée au loin. Cette spore secondaire germe immédiatement et donne une spore tertiaire plus petite et qui est lancée également, etc. Dans un milieu nutritif, les spores produisent un mycélium rameux, très développé et d’abord sans cloisons. Plus tard les cloisons apparais- sent vers la périphérie et le thalle se fragmente en un grand nombre de parties. C’est alors, quand la provision nutritive n’est pas encore tout à fait épuisée, que se dressent les filaments qui vont produire les spores. Ces filaments peuvent s’allonger beaucoup, s’ils sont éloignés de la sur- face du liquide; aussi, le protoplasma se retirant des parties inférieures, voit-on souvent des cloisons apparaitre. La projection de la spore s’opère par suite de la division en deux de la cloison qui la sépare du pied. Les Conidiobolus se distinguent donc des Empusa par le mode de projection de la conidie; en effet, chez cette dernière plante, la cellule du pied se déchire et entraine avec elle une matière mucilagineuse qui la fixe aux objets. Au bout de deux ou trois jours, la culture étant épuisée par la forma- tion des conidies, il se produit des zygospores. On voit apparaitre deux renflements à l’extrémité de deux branches ; ces deux sphères arrivent en contact, le protoplasma de la plus petite passe dans la plus grande. Des cloisons se forment d’abord sur les filaments primitifs, loin du point de fusion; puis bientôt la zygospore elle-même se trouve entourée de deux membranes. Ces zygospores ne sont donc pas aussi parfaites que celles des autres Zygomycètes; elles sont produites par la rencontre de deux renflements non cloisonnés, dont le contenu de l’un se déverse dans l’autre. L'étude de M. Brefeld ajoute donc un genre nouveau aux Entomophtho- rées. Cette famille comprend actuellement : 1° les genres Empusa, Lamia, Entomophthora, qui vivent sur les animaux (les spores durables du Tarichium ne sont pas connues) ; 2 les genres Completoria et Coni- diobolus, qui vivent en parasites sur les plantes. J. COSTANTIN. Ueber die Gattung Corynelia (Sur le genre Corynelia); par M. Winter (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, t. 11, 1884, p. 120). M. Saccardo a rangé dans son Sylloge Fungorum le genre Corynelia parmi les Pyrénomycètes douteux. M. Winter a eu l’occasion d'étudier les trois espèces du genre, C. tripos Cooke, C. uberata Fries et C. po- 54 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. culiformis Kunze. Selon lui, cette dernière espèce doit être exclue du genre, tandis que les deux premières sont de parenté très proche et doivent être rangées parmi les Pyrénomycètes typiques. Les deux premiers Corynelia vivent sur les Podocarpus : ils différent entre eux surtout par la forme de leurs spores. Celles du C. tripos sont comme étoilées, avec une partie centrale et quatre ou cinq rayons. Au contraire les spores du C. uberata sont rondes. Un autre-caractère per- met encore de distinguer ces deux espèces : les périthèces, en forme de * bouteille dans les deux cas, sont disposés en groupes arrondis dans la dernière, au lieu d’être ordonnés en série comme dans la première. J. COSTANTIN. Ein neues Beispiel des Vorkommens von Chromato- phoren bei den Phycochromaceen (Un nouvel exemple de la présence de chromatophores chez les Phycochromacées); par M. Lagerheim (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, t. u, 1884, p. 302). © M. Schmitz avait enseigné qu'il n’y a pas de chromatophores dans les Phycochromacées. M. Zopf et M. Tangl ont déjà affirmé leur existence dans le Phragmonema sordidum et le Plaxonema oscillans. M. Lager- heim est arrivé à la même conclusion en étudiant le Glaucocystis Nos- tochinearum. Dans les cellules jeunes de cette plante, les chromatophores apparaissent sous forme de bandes colorées en bleu; dans les cellules plus âgées et libres, ils se présentent à l’état de granules. En outre, l’em- ploi de réactifs (éosine) a conduit M. Lagerheim à penser que le noyau décrit par Rabenhorst dans la plante actuelle est simplement une vacuole. J. C. Zur Entwickelungsgeschichte der Gastromyceten (Sur le développement des Gastéromycètes) ; par M. Fischer (Botanische Zei- tung, 1884, n° 28, 29, 30, avec une planche). À l'exception des Nidulariées, les Gastéromycèles ont été peu étudiés au point de vue de leur développement. M. Fischer, par l'examen dé- taillé de la structure du Sphærobolus et du Mitremyces, ajoute de nou- veaux documents qui serviront lorsqu'on fera l’histoire de cette famille. I. Sphærobolus stellatus. — La sciure de bois est un sol assez sin- gulier sur lequel l’auteur a obtenu un très beau développement du Sphæro- bolus. Cette plante est formée de petits corps arrondis d’un rouge orangé, de 2 à 3 millimètres de diamètre. La section de ces jeunes sphères révèle une complication assez grande. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 55 Le sporange central est entouré de quatre couches d’inégale épais- seur. La plus externe et la plus épaisse est la couche mycéliale : elle est formée de filaments enchevêtrés, imprégnés d’oxalate de chaux dans la région externe qui constitue comme une sorte d’écorce. Les trois couches suivantes sont bien moins épaisses : la couche pseudo-parenchy- mateuse, qui touche à la première, s’en distingue par ses cellules plus larges ; la couche filamenteuse qu’on rencontre après est constituée par des filaments très apilatis dirigés tangentiellement à la sphère, ce qui la distingue de la couche collenchymateuse suivante formée d'éléments dis- posés radialement. La différenciation qui vient d’être décrite ne se pro- duit pas au-dessus du sommet du sporange, où il se forme un tissu faci- lement déchirable qui sert à la déhiscence. La déhiscence du Sphærobolus se produit en deux temps: au premier temps, le tissu du sommet se déchire et la sphère s'ouvre en un certain nombre de dents; au second temps, la couche filamenteuse et la couche collenchymateuse se séparent des assises externes et se retournent en- semble comme un doigt de gant. On observe donc alors deux sacs l’un sur l’autre : l’un dans sa position normale, l’autre retourné. Or ce dernier contenait le sporange à son intérieur ; par le relournement cet organe se trouve projeté au loin, à une grande hauteur, souvent à un mètre. L'ouverture du fruit est liée, selon M. Fischer, au développement de la couche collenchymateuse, qui se continue alors que les assises externes du péridium ne s’accroissent plus. Le retournement s’opérerait par suite de la variation de turgescence des couches collenchymateuses et filamen- teuses dont les cellules ont leurs grands axes perpendiculaires entre eux : en effet, place-t-on une coupe faite à travers ces deux couches dans l’al- cool, il y a contraction ; ajoute-t-on un peu d’eau, le mouvement inverse est obtenu. Le sporange offre également une structure particulière; la trame y est beaucoup plus étroite que dans les genres voisins; cette trame enferme des chambres qui sont complètement remplies de basides portant un nombre variable de basidiospores. On trouve également dans le sporange des corps que l’on peut confondre avec les spores ; les uns sont des cys- tides, les autres des gemmes, ainsi que l’auteur les appelle. Ces gemmes sont des corps fusiformes simples ou articulés provenant d’extrémités du mycélium qui se renflent et s’isolent. Ces sortes de bulbilles germent avec une très grande facilité, tandis que les spores véritables entrent moins facilement en germination. L'auteur cherche, en terminant, à déterminer les affinités du genre Sphærobolus avec les autres genres de Gastéromvycètes. Les Sphæro- bolus se rapprochent des Tulostoma par l'absence de cavité reproduc- trice, mais leurs affinités avec les Geaster sont plus grandes, car on 56 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. trouve dans ces derniers une complexité de structure qui rappelle beau- coup celle du Sphærobolus stellatus. IT. Mitremyces. — Les Mitremyces sont des Gastéromycèles d’Amé- rique ou d’Océanie, qui, lorsque l’état de maturité est dépassé, sont for- més de deux sacs emboîtés l’un dans l’autre, ouverts tous les deux à leur sommet. Le sac externe, porté à l’extrémité d’un pied, est désigné sous le nom d'enveloppe cartilagineuse, tandis que le sac interne est le sac sporifère. Quand le Champignon est jeune, l’enveloppe cartilagineuse est entourée d'une couche mycéliale comme dans les Sphærobolus. Ce genre présente donc, comme le précédent, de grandes affinités avec les Geaster. J. COSTANTIN. Beitræge zur Kenntniss der Chytridiaccen (Contributions à la connaissance des Chytridiacées); par M. Karl Fisch. Erlangen, -in-8°, 1884, 47 pages, avec une planche. Les études de M. Fisch ont porté sur trois genres : Reesia, Chytri- dium, Rhizidium, dont le premier est nouveau. Les cultures ont été faites sur le porte-objet préservé de la dessiccation, le jour par l’addi- tion fréquente d’eau, la nuit par le séjour sous une cloche humide. Le Reesia amæboïdes vit dans les cellules des Lemna minor et polyr- rhiza, qui contiennent alors un protoplasma hyalin se déplaçant comme une Amibe. Cet état végétalif est très transitoire; la masse protoplasmique de la Chytridinée s’arrondit, s’entoure d’une membrane mince qui se prolonge en col traversant la paroi de la cellule nourricière ; c’est par ce canal que s’échappent les zoospores qui se forment à l'intérieur de la sphère. Ces zoospores ont un seul cil comme celles des Chytridinées ; elles se conjuguent deux à deux, sinon elles périssent. Les zygospores à deux cils ainsi formées perdent bientôt leurs organes locomoteurs et s’entourent d’une membrane; quand elles viennent à rencontrer des Lemna, elles germent, percent la paroi des cellules de cette plante, y déversent leur protoplasma qui s’entoure bientôt d’une double mem brane ; un kyste est alors constitué. Quand ces kystes germent, ils engendrent des zoospores un peu plus petites que les précédentes, et qui ne se con- juguent pas comme elles. La régularité de l’alternance des zoosporanges et des kystes est altérée très souvent par l'apparition de zoosporanges donnant naissance à des z9ospores qui ne se conjuguent pas ; il ya donc disparition de la sexualité pendant une certaine période. Le genre Reesia se distingue donc des autres Chytridinées par l’exis- tence de gamètes se conjuguant deux à deux. L'état amiboïde le rap- proche du genre Olpidiopsis, tandis que la constitution des spores indique une certaine affinité avec le genre Chytridium. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 57 M. Fisch a étudié également plusieurs espèces de ce dernier genre. Le Chytridium Lemnæ se rencontre dans les cellules des Lentilles d'eau en voie de destruction ; le C. entaphytum s’observe dans les cellules de Spirogyra. Les Chytridium peuvent présenter, comme les Reesia, des zoosporanges et des kystes; durant l'été, les zoosporanges se succèdent pendant un grand nombre de générations; c’est à l'automne qu’il se forme des kystes. Les zoospores émises par les zoosporanges diffèrent de celles du Reesia, d'abord parce qu'elles sont asexuées, ensuite parce qu’elles sont un peu plus grandes. Le troisième genre (Rhizidium) examiné par l'auteur se distingue du précédent par une différenciation de l’ensemble du Champignon en une partie radiculaire ramifiée et une partie sphérique reproductrice; cette dernière peut former, soit des zoosporanges, soit des kystes. M. Fisch a trouvé deux formes de ce genre, l’une sur un Vaucheria, l'autre sur un Spirogyra. À la suite de l'examen des lrois genres dont il vient d'être question, l'auteur indique leurs affinités avec les autres genres de la même famille. Le genre Reesia, très dégradé, comme son état amiboïde le montre, se rattache à deux Séries distinctes : l’une est celle des genres Chytridium, Rhizidium et Cladochytrium ; l’autre est celle des genres Olpidiopsis, Woroninia et Rozella. La position du genre Polyphaqus est encore incertaine; s’il offre un exemple de sexualité, comme on l’a dit, il se rattache au Reesia par des intermédiaires inconnus; s’il est asexué, comme le pense l’auteur, il se joint aux Rhizidium. Quant à la position des Chytridiacées au milieu des autres groupes de Cryptogames, M. Fisch croit qu'on trouve un passage aux Ustilaginées par les deux genres Cladochytrium et Protomyces. Pleocystidium parasiticum. — A la fin de son mémoire, M. Fisch décrit une forme nouvelle qui ne présente d’affinité avec rien de connu. Ce sont des sphères protoplasmiques qu’on trouve dans les Spirogyres ; d'abord nues, elles s’entourent d’une membrane et émeltent des zoospores dont la sortie se fait par un canal qui perce la paroi de l’hôte. Les z00- spores de cette plante sont grosses et ressemblent à celles des Phycomy- cètes, mais elles n’ont pas de noyau ; elles ne possèdent qu'un cil, comme chez les Chytridiacées, mais il est placé de côté. L'auteur a donné à cette plante le nom de Pleocystidium parasiticum. J. C. Ueber die Pilzgattung Ascomyces (Sur le genre Ascomyces) ; par M. C Fisch (Botanische Zeitung, 1885, n° 3 et 4, avec une planche). Le genre Ascomyces, créé par Desmazières et Montagne, a été défini 58 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. d’une manière plus rigoureuse par M. Magnus. Selon ce dernier auteur, un Ascomyces est un Champignon unicellulaire, parasite dans les cel- lules épidermiques des végétaux, dont il brise la paroi pour se reproduire à l'extérieur par un asque. Il se distingue des genres voisins par l’absence de mycélium. M. Fisch a étudié une espèce nouvelle qu’il appelle Ascomyces endo- genus, se développant sur les vieilles feuilles de l’Alnus glutinosa. 11 \ forme des taches de 2 centimètres de diamètre ; la face inférieure de la feuille est jaune, la face supérieure est bombée. L'auteur sème les spores sur des feuilles d'Aulne abandonnées dans une boîte de botanique. Ces spores germent sur l'épiderme, en percent la paroi et pénètrent dans les cellules épidermiques, qui sont presque toutes atteintes. Le protoplasma du parasite se substitue peu à peu à celui du tsisu attaqué. La cellule nourricière se trouve bientôt trop petite, le Champignon soulève la cuticule et crève la paroi externe de l’épiderme, L'Ascomyces se renfle en massue à l'extérieur, de façon qu'il comprend alors deux parties: une partie interne ou pied, qui le fixe, et une partie externe à l’aide de laquelle il se reproduit. M. Fisch a pu suivre la formation des spores à l’intérieur des asques. Au début, le protoplasma est disposé en réseau. Il perd cette disposi- tion quand le noyau commence à se diviser. Ce dernier se divise suivant le mode ordinaire; on voil apparaitre successivement le fuseau, dont la plaque nucléaire se divise en deux, puis le tonnelet. M. Strasburger avait déjà prouvé que le noyau se divise chez un Myxomycète (Trichia fallax) suivant le mode normal; le travail de M. Fisch montre que la même loi est applicable à un Ascomycète. La plante décrite par l’auteur ne doit pas être confondue avec l’Exoas- cus flavus, qui pousse également sur l’Aulne en y produisant des taches jaunes. La coloration, dans ce dernier cas, est due à un contenu jaune des asques; elle tient, quand il s’agit de l’Ascomyces, à une décoloration du tissu chlorophyllien. La constitution de cet Exoascus est d’ailleurs très différente, il présente un mycélium articulé ; Sa situation à l’intérieur de la plante attaquée n’est pas non plus la même, car il reste entre la cuticule et les cellules de l’épiderme, dans la membrane de cette dernière assise. Malgré ces différences, les deux genres précédents sont très voisins; ils forment avec les Saccharomyces un petit groupe assez homogène, celui des Exoascées. Les Saccharomyces se rapprochent des Exoascus par l’existence d’un mycélium et par la formation d’asques. Le parasitisme existe pour les Ascomyces et pour les Exoascus, mais le mode d'adaptation à l'hôte est différent dans les deux genres. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 99 Les Exoascées de M. de Bary comprennent donc : a. Saccharomyces. Non parasites. b. Ascomyces. Germant à l'extérieur de la plante nourricière sans mycélium. 1. À. endogenus Fisch, sur l’Alnus glutinosa. 2. A. Tosquinetii West. (?) ex parte, d’après M. Magnus, sur l’AI- nus glutinosa. 3. À. polysporus Sorokine, sur l’Acer tataricum. c. Exoascus. Germant en dehors de l’hôte; mycélium. J. CosranTIN. Entwickelungsgeschichte von Doassansia Sagittariæ (Étude du développement du Doassansia Sagittariæ); par M. Fisch (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, 1884, t. 11, p. 405). Le genre Doassansia a été créé récemment par M. Cornu, après une étude approfondie du développement d’une plante qu’on appelait le Perisporium Alismatis. Cette nouvelle Ustilaginée, voisine des Tubur- cinia, est caractérisée par l'existence d’un fruit constitué par une agglo- mération de spores enfermées dans une enveloppe close. M. Fisch a trouvé une autre espèce de ce genre, le Doassansia Sagit- tariæ ; il en a suivi le développement en s’attachant principalement à préciser le mode d’infection et le mode de formation du fruit. Les spores que l’on trouve à l’intérieur des fruits de cette plante sont à parois épaisses; elles germent et donnent un promycélium formé de deux ou trois cellules dont la terminale produit un groupe de spores secondaires. L'auteur sème les sporidies sur la Sagittaire, soit sur des feuilles isolées, soit sur les feuilles d’une plante placée sous cloche. On voit bientôt ces sporidies germer à la surface de l’épiderme et péné- trer dans le tissu de la plante en s’introduisant dans la paroi qui sépare deux cellules de la membrane épidermique. Les filaments mycéliens pénètrent dans les chambres à air de Ja feuille, s’y enchevêtrent et forment une sorte de petit tubercule comparable à un slade jeune de Sclérote. Bientôt un certain nombre de cellules inté- rieures commencent à grossir et à se transformer en spores; cette trans- formation n’est pas simultanée pour toutes les cellules. A cet état, la masse des jeunes spores est entourée d'une enveloppe d’hyphes enchevé- trés qui sont restés minces. Les spores brunissent alors, leur membrane s’'épaissit, leur contenu devient réfringent; mais la membrane, véritable enveloppe du fruit, manque encore, quoique la couche mycéliale dont il vient d’être ques- tion soit toujours hien nette. Selon M. Fisch, c’est aux dépens des spores 60 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. externes que l’enveloppe se forme ; le protoplasma de ces cellules devient granuleux ; en même temps leur forme change, elles s’allongent dans le sens radial et forment une assise en palissade. Quelques cellules de cette assise se cloisonnent ; toutes perdent bientôt leur protoplasma el se remplissent d’air. En terminant, l’auteur indique quelles sont les espèces connues du genre Doussansia Cornu. 1° Le Doassansia Alismatis (Fries), sur l’Alisma Plantigo: — 2 le D. Sagittariæ (Fuckel), sur les Sagittaria sagittifolia et hetero- phylla: — 3% le D. Farlowii Cornu, sur les fruits de Potamogeton ; — #& le? D. Epilobii Farlow, sur les feuilles d’Epilobium alpinum. Cette dernière espèce est douteuse et pourrait être un Synchytrium. J. COSTANTIN. Die Meeresalgen Deutschlands und Oesterreichs (Les Algues marines d'Allemagne et d'Autriche), par M. F. Hauck. In-8° de 575 pages avec 583 dessins dans le texte et 5 planches en photo- gravure. Leipzig, 1885. Depuis la publication, par M. Kuetzing, du Phycologia germanica qui servit de base à l’œuvre de Rabenhorst, aucun travail d'ensemble n'a paru sur la flore marine des côtes allemandes et autrichiennes. La révo- Jution qui s’est opérée depuis un demi-siècle dans les études cryptoga- miques ne permettait pas de songer à publier une simple révision du Deutschlands Kryptogamen-Flora, qui a paru en 1846. Il fallait néces- sairement faire une édition entièrement nouvelle. M. Hauck a entrepris ce travail. Non content de soumettre à une critique attentive les documents relatifs au domaine qu’il étudie, il a cru qu’il fallait placer, entre les mains des débutants, un manuel qui leur permiît d’arriver à distinguer les espèces d’une manière cerlaine. Des diagnoses, souvent très détaillées, fournissent les éléments de comparaison des espèces voisines; une clef dichotomique conduisant aux genres termine l'ouvrage. Que l’auteur ait réussi à la rendre pratique pour tous les cas, il hésite lui-même à le croire; on ne saurait s'en étonner lorsqu'on connaît les difficultés qui s'opposent encore à l'étude méthodique d’un certain nombre de genres. Le livre de M. Hauck réalise, d'autre part, un grand progrès; profi- tant des avantages qu’assure à la librairie moderne les procédés d’hélio- gravure, il à pu illustrer sa flore d'excellentes figures, reproduites d'après les meilleurs auteurs et surtout d’après M. Kuetzing, Thuret et M. Bornet. Cinq planches originales en photogravure représentent de grandeur naturelle les diverses espèces de Melobesia, Lithothamnion et Lithophyllum. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 6! L'auteur a suivi, à quelques exceptions près, les classifications de M. J. Agardh et de MM. Thuret et Bornet; pour les Phéozoosporées et les Chlorozoosporées, il a employé une autre base de division. Les Chlorophycées sont divisées en deux ordres, les Oosporées et les Chlorozoosporées. Les Oosporëes comprennent la seule famille des Vau- chériacées et l’unique genre Vaucheria. L’ordre des Chlorozoosporées comprend dix familles : les Ulvacées, Confervacées, Anadyoménacées, Valoniacées (comprenant le Siphonocladus), Bryopsidées, Derbésiacées, Codiacées, Dasycladées, Acétabulariées et Palmellacées ; cette dernière est représentée dans les eaux de l’Adriatique par une seule espèce du genre Palmophyllum. La synonvmnie est généralement limitée à la mention des dénominations successivement admises par les auteurs qui ont écrit sur la flore de la Méditerranée. Adoptant sans restriction la loi de priorité, M. Hauck ne s’en est départi que dans les cas où il lui a été impossible de déterminer l'espèce à laquelle s’applique le nom donné par les anciens auteurs. La Flore de M. Hauck comprend la description de 675 espèces ou formes, dont 273 appartiennent aux côtes allemandes et 496 à l’Adria- tique. Elle renferme toutes les Algues connues de cette mer, car toutes les espèces signalées jusqu’à présent sur un point quelconque de ses ri- vages ont été observées aussi sur les côtes dalmates et autrichiennes. Du côté de la mer du Nord, le livre de M. Hauck s’applique seulement aux côtes allemandes; dans celte mer, la flore des Algues parait subir plus de variations locales qu'elle n’en présente du côté de la Méditerranée. L'auteur a cité toutes les plantes dont l'existence dans ces limites lui est devenue certaine, éliminant celles dont la présence, signalée une fois, n’a pu être constatée de nouveau, ou dont la mention dans certains ouvrages repose sur des données évidemment erronées. Si, par ce fait, le nombre des espèces a été réduit, il a été augmenté d’autre part par de récentes découvertes. [1 n’est question, d’ailleurs, que des Algues marines et de quelques rares espèces qui vivent indifféremment dans la mer et dans les eaux douces. Cu. FLaHauLr. Om Potatissjukan, dess historia och natur, samt skyddsmedlen deremot (La maladie des pommes de terre, son histoire, sa nature, et les moyens de la guérir); par M.J. Eriksson (Kongliga Lands- bruks-Akademiens Handlingar och Tidsskrift, 1884, n°5 et 6); tirage à part, in-8° de 68 pages avec douze tableaux. Stockholm, Nordstedt et fils, éditeurs. Le mémoire de M. Eriksson comprend trois chapitres. Du premier, consacré à l'histoire de la maladie des pommes de terre, nous retiendrons seulement que cette maladie envahit la Scandinavie dès 1840; que les 62 : SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. noms de Wahlberg, E. Fries, J. G. Agardh, sont associés aux premiers efforts tentés pour reconnaître la nature du mal. Après bien des tâtonne- ments, il fut mis hors de doute que la maladie doit être imputée au Phyto- phthora infestans. Cette Péronosporée est aujourd’hui trop connue pour qu’il soit utile d’insister sur ses caractères distinctifs. Qu'il nous suffise de rappeler que beaucoup de Solanum et quelques autres plantes de la même famille donnent asile au funeste Champignon. Il est généralement admis que la maladie se développe plutôt pendant les années pluvieuses que pendant les étés secs, qu’elle fait plus de ra- vages quand elle se répand dès le début de l'été que lorsqu'elle apparaît plus tard. Tous les faits tendent à établir que les températures élevées lui sont favorables, à la condition que l'atmosphère soit humide. L'auteur publie une série de cartes sur lesquelles une teinte indique les régions atteintes par le mal pendant les dix dernières années, et deux courbes indiquant pour ce même laps de temps la relation qui existe entre la quantité d’eau tombée pendant les mois d’été et le développement du Champignon. La comparaison de ces deux courbes est des plus in- structives ; elle démontre qu’on a exagéré l’importance de la pluie comme favorisant l'apparition et le développement du Phytophthora ; si parfois il y à correspondance entre les deux courbes, souvent aussi une récolte très saine succède à un élé particulièrement humide, et les provinces relati- vement pluvieuses ne sont pas plus atteintes que celles où il tombe le moins d’eau. Au contraire, si l’on compare les courbes dans leur ensemble, il est facile de constater que pendant une période de plusieurs années la maladie sévit avec beaucoup moins de vigueur quand la quantité d’eau s'accroît, et inversement que de grandes irrégularités se manifestent dans l'extension du mal, bien qu’on remarque beaucoup d’uniformité dans la quantité d’eau tombée. Peut-être ces conditions apparentes résultent-elles du moment où l'eau tombe; peut-être n'est-il pas indifférent que la saison soit pluvieuse au début, au milieu ou à la fin de la végétation. L'auteur cherche à ré- soudre ce problème par l’étude détaillée des faits. Il conclut qu’une com- paraison de la quantité d’eau tombée mois par mois avec l'extension du Phytophthora pendant le même temps n’apprend rien sur les relations supposées entre la maladie et la quantité d’eau tombée. Il faut donc ad- mettre que l’action malfaisante des années pluvieuses est moins grande qu'on ne l’a cru jusqu’à présent ; les brouillards et les rosées semblent avoir une importance plus marquée, en favorisant la dispersion des spores asexuces, D'autre part, l'observation du territoire envahi chaque année laisserait croire que la maladie des pommes de terre est soumise à une certaine périodicité, Développée seulement en quelques points épars de la Suède REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 63 pendant l’été de 1876, elle progresse jusqu’en 1879, atteint alors un maximum ; elle se manifeste à peine en 1880 et couvre peu à peu tout le pays en 1883. C’est donc avec raison que M. Eriksson appelle de nouvelles observations sur les causes qui favorisent l’apparition du Phytophthora. L'auteur étudie dans un troisième chapitre les moyens préventifs et les remèdes apportés contre le Phytophthora, les moyens d’obtenir des va- riétés réfractaires, les procédés de culture les plus favorables, et le parti que peut tirer l’agriculture des tubercules malades. CH. FLAHAULT. Die Lichenen des frænkischen Jura (Les Lichens du Jura de Franconie); par M. F. Arnold (Flora de 1884). Hoffmann, Funck, Nees et Laurer ont les premiers exploré le Jura de Franconie pour en rechercher les Lichens, mais ces botanistes ne l’ont visité qu’en partie, et les écrits qu’ils ont laissés ne donnent qu’une idée imparfaite de la flore de cette contrée. M. le D' Arnold a passé trente années à parcourir les montagnes et à en recueillir les richesses liché- nologiques. De 1858 à 1877, il a publié les résultats de ses recherches, mais sans ordre systématique, et ces fragments répandus dans 20 volumes du Flora feraient encore difficilement connaître les Lichens du Jura franconien. C’est pourquoi le savant lichénologue de Munich les a réunis, classés, et sa publication actuelle nous montre combien la Franconie est riche en Lichens. La partie que nous analysons commence aux Usnés pour finir aux Graphidés, et renferme 428 espèces, dont plusieurs, sur- tout parmi les Lécanorés et les Lécidés, sont rares ou nouvelles. Ces espèces se suivent sans indication de familles ni de genres, et sont clas- sées d’après les méthodes de Hepp, Kærber, Krempelhuber, Massalongo et Nylander. La synonymie y est rare, mais en revanche M. Arnold indi- que, non seulement pour chaque espèce, mais encore pour chaque variété et même pour chaque forme, les icones et les exsiccata qui s’y rappor- tent, Par le moyen de chiffres romains, l’auteur fait connaître sur quel substratum le Lichen a été trouvé. Les trois premiers numéros sont pour les terrains et les roches. Le quatrième appartient aux Lichens recueillis sur des tissus organisés, Lels que bois, écorces, corne, etc. Le cinquième est pour les substratums appelés anormaux, c’est-à-dire le fer, les os, le mortier des murs. Enfin le sixième est consacré aux Lichens parasites. Des chiffres arabes marquent les différentes subdivisions : espèces ter- restres, saxicoles, etc. ABBÉ HUE. . Lichenologische Beitræge (Contributions lichénologiques, xIx et xx}; par M. J. Mueller (Flora de 1884). L'auteur a donné dans cé volume du Flora trois études sur les Lichens : l’une sur le genre Pertusaria, la seconde sur les Lichens de Madagascar ; 64 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. la troisième a pour objet la révision de l’herbier d'Eschweiler. Comme cette dernière n’est pas terminée, elle sera analysée ultérieurement. I. — Le genre Pertusaria se divise en deux sections naturelles, fon- dées sur la forme des apothécies. La première, qui renferme 7 espèces du Brésil, a les apothécies en forme de petite coupe, comme les Lecanora, et, pour cette raison, M. Mueller l'a nommée Lecanorastrum. M. Th. Fries, dans son Genera Heterolichenum Europe, lui avait donné le nom de Pionospora (riwv, gras). C’est qu’en effet les thèques de ces Pertu- saria étant monosporées, la spore qu’elles renferment est très grosse. La seconde section reçoit le nom de Porospora, à cause de la forme de l'ouverture de l’apothécie. Dans ces Lichens, les spores s’échappent par un ou plusieurs petits pores. Cette section se subdivise en 14 para- graphes renfermant 77 espèces, tant exotiques qu’européennes. Les sub- divisions reposent sur la forme qu’affectent les verrues dans lesquelles se trouvent les apothécies, et sur celle des ostioles, qui peuvent être isolés ou confluents, et plus ou moins enfoncés dans la verrue. Les Pertusaria sont séparés des Lecanora principalement par des paraphyses ou plus nombreuses et plus pressées, ou plus longues et plus lâches, et par la membrane des spores, qui a une plus grande épaisseur. Enfin les apothécies, dans ces Lichens, ne sont pas isolées comme chez les Lecanora : il est des verrues qui en renferment jusqu’à 40, et l’on en trouve toujours au moins 2 ou 3. Les spores de toutes ces espèces sont simples, c’est-à-dire sans cloisons. Presque toujours elles sont incolores. Si parfois elles brunissent un peu, la membrane quiles enveloppe demeure toujours sans couleur. M. Mueller estime que la couleur des spores des Pertusariés ne peut fournir aucun caractère spécifique. On n’en peut pas tirer non plus de la grandeur des spores et de leur nombre dans chaque thèque, car on voit assez souvent, dans une même apothécie, une thèque à deux spores, et à côté plusieurs autres qui en renferment 4, 5 et même 8. Il faut remarquer que la gran- deur des spores est toujours en raison inverse de leur nombre. II. —- Le second article contient une liste de 62 Lichens récoltés dans l’île de Madagascar par Hildebrandt. Cette collection se compose surtout de Lichens à thalle fruticuleux ou foliacé. On y remarque un genre nouveau, le genre Pleurocybe, représenté par une seule espèce et voisin des Sphærophoron; sept espèces nouvelles appartenant aux genres Ri- casolia, Parmelia, Psoroma, Callopisma, Lecidea, Clathroporina et : Pyrenula ; enfin quelques variétés nouvelles de Parmelia et Physcia. Toutes ces nouveautés sont décrites. ABBÉ Hue. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 65 Catalogue annoté des Lichens du littoral de la baie de Bourgneuf (Loire-Inférieure); par M. l'abbé J. Dominique (extrait des Annales de la Société académique de la Loire-Inférieure, 1884); tirage à part en broch. in-8° de 39 pages. Ce catalogue renferme 140 espèces, en ne tenant compte ni des va- riétés ni des formes. Elles sont presque toutes saxicoles, car M. l’abhé ‘ Dominique a seulement exploré le rivage de la mer du Collet à Saint- Michel-Chef-Chef, c'est-à-dire la partie de la baie de Bourgneuf apparte- nant au département de la Loire-[nférieure. La classification suivie est celle de M. Nylander, excepté pour les deux genres Lecanora et Lecidea, dont l’arrangement est emprunté à Th. Fries. Ce qui augmente la valeur de cet opuscule, c’est que l’auteur a indiqué avec beaucoup de soin toutes les réactions. Il a suivi à cet effet les indi- cations données par M. Lamy de la Chapelle, d’après M. Nylander, dans son Catalogue des Lichens de la Haute-Vienne et du Mont-Dore ; seule- ment, à l’exemple de Leighton, il a substitué C à CaCI pour signifier le chlorure de chaux. En 1861, M. le professeur Nylander a exploré Pornic et ses environs, et y a recueilli 39 espèces de Lichens : 9 de ces espèces n’ont pu être retrouvées par M. l'abbé Dominique. ABBÉ Hue. Eugenias quattuor novas sinenses ostendit H. F. Hance (Jour- nal of Botany, vol. xxx [1885], p. 7). Les quatre espèces nouvelles signalées ici par M. Hance sont : 1. Eugenia (Syzygium) gracilenta, de la province de Canton. 2, Eugenia (Syzygium) tephrodes, de l’île d'Haï-nan, découverts l’un et l’autre par le Rév. B.-C. Henry, et intéressants par ce fait que leur af- finité est tout entière avec deux espèces qui se retrouvent à la Nouvelle- Calédonie, l'E. gracilenta ressemblant beaucoup à l'E. micrantha Thw. (Syzygium tenuiflorum Brongn.), et l'E. tephrodes ne différant guère du S. Pseudocaryophyllum Vieill. que par la réticulation des grandes feuilles moins saillante et la teinte rougeâtre que ces mêmes feuilles pren- nent par la dessiccation. 3. Eugenia (Syzygium) Henryi, de l’île d’Haï-nan, voisin de l'E. Championi Benth., dont il diffère par ses feuilles plus grandes, à veines moins distinctes, par son calice plus grand, moins atténué à la base. 4. Eugenia (Syzygium) myrsinifolia, de l'ile d'Haï-nan, qui doit être placé à côté de l'E. cuneata Wall., mais à feuilles deux fois plus petites, àcymes multiflores, fastigiées. Les fruits, ovoïdes, atteignant quatre lignes de diamètre, sont comestibles. A. FRANCHET. T, XXXIL. (REVUE) 9 00 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. A new Carex from Sumatra (Sur un nouveau Carex de Su- matra); par H. N. Ridley (Journal of Botany, vol. xxux, p. 35). Carex tartarea. — Cette nouvelle espèce, découverte par M. H. O0. Forbes dans la région du Parsoemah, ne manque pas d’affinité avec le C. baccans Nees. Il forme des touffes compactes ; ses feuilles radicales, très nombreuses, glauques et recourbées, atteignent 30 cent. de longeur. Les épis femelles émergent très nombreux des gaînes inférieures; les utri- cules fusiformes se terminent en bec brièvement bifide, scabre ; le style est court et trifide. A. FRANCHET. Loranthé speciem novam chinensem præbet H. F. Hance (Journal of Botany, vol. xxur, p. 38). Loranthus (Macrosolen, racemulosi) Fordii. — Ce Loranthus a été observé par M. G. Ford dans les parties centrales de la province de Can- ton. C’est une espèce voisine du L. sphærocarpus BI., et surtout de sa variété L. subumbellatus, très glabre dans toutes ses parties ; à feuilles opposées, oblongues ou lancéolées ; à pédoncules axillaires, solitaires, ou les supérieurs, rapprochés en grappe courte. La corolle paraît être rouge ; elle est longue de 4 à 5 lignes et formée de 6 pétales rapprochés infé- rieurement en tube, avec les lobes réfléchis. A. FR. A new Hong-kong Cyperacea (Sur une nouvelle Cypéracée de Hong-kong) ; par M. H. F. Hance (Journal of Botany, vol. xxint, p. 80). Cladium (Baumea) ensigerum. — Cette espèce, découverte à Hong- kong par M. C. Ford, est intéressante en ce qu’elle ajuute un nouvel élément aux relations existant entre les Cypéracées du sud de la Chine et celles de l'Australie ; c’est en effet avec le C. Preissii F. Muell. et le C. laxum Benth. que le C. ensigerum présente le plus d’affinité. Son rhi- zome rampant, ses feuilles nullement spongieuses, sa panicule étroite, le distinguent nettement du Baumea crassa Thw. de Ceylan. A, Fr, On the Flora of the Philippine islands and its probable Derivation (Sur la flore des îles Philippines et son origine pro- bable); par M. R. A. Rolfe (Journal of the Linnean Society, vol. xx1, n° 135 [décembre 1884], pp. 283-316, 1 tab.). L'auteur établit d’abord la composition du groupe des Philippines et sa position géographique; il rappelle que M. Wallace, dans son livre, Geographical Distribution of Animals, a fait connaître des particu- larités très intéressantes concernant la faune de ces îles. C’est ainsi que sur 9 genres et 21 espèces de mammifères terrestres qu'on y a signalés, les neuf dixièmes leur appartiennent en propre. Le nombre des oiseaux REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 67 s'élève à 288, répartis en 117 genres ; sur ce chiffre, 6 genres d'espèces terrestres et les deux tiers du nombre total n’ont pas été indiqués ailleurs, et un dixième des oiseaux d’eau ne vivent pas en dehors de ces îles. M. Wallace a fait remarquer que les éléments de la flore étaient trop in- suffisamment connus pour autoriser des comparaisons. Depuis quelque temps néanmoins beaucoup de documents nouveaux ont été fournis sur la flore de cette région, soit par la publication du Novissima Appendix à la Flore de Blanco, soit par le Sinopsis de Familias y Generos de plantas leñosas de Filipinas de don Seb. Vidal, conservateur des forêts des Philippines. L’herbier de Kew a aussi reçu de M. Vidal une collec- tion de 900 espèces. Après avoir fourni des détails précis sur la littérature botanique des Philippines, M. Rolfe donne le tableau, par familles, des genres et des es- pèces indigènes et endémiques : le total des espèces indigènes, en y com- prenant les Cryptogames vasculaires, est de 3949; celui des genres est de 1058; le chiffre des espèces endémiques, Phanérogames et Cryptogames vasculaires, s'élève à 947. Les familles les plus nombreuses en espèces sont : les Fougères (467), les Orchidées (460), les Légumineuses (197), les Cypéracées (166), les Rubiacées (140). L’auteur développe ensuite longuement l’exposé des relations multiples de la flore des Philippines, avec nombreuses citations d'espèces à l’appui ; la prépondérance de la végétation malaisienne s’y montre d’une façon évi- dente, et les recherches qui seront faites dans l’avenir ne feront que l’ac- centuer davantage. C’est pour ainsi dire par exception que l’on y trouve des espèces communes avec la Chine, Formose et l'Himalaya d’une part; de l’autre, avec l'Australie et les autres grandes îles polynésiennes. M. Rolfe termine son intéressant mémoire de géographie botanique par l’énumération d’un certain nombre de types nouveaux pour la flore des Philippines appartenant aux genres Ilex (4 espèces), Carionia (Lesp.), Viburnum (1 esp.), Vernonia (1 esp.), Voacanga (L esp.), Scutellaria (1 esp.), Myrica (1 esp.). Il décrit un nouveau genre de Ru- biacées, Villaria, en mémoire du P. Fernandez Vilar, qui a dépensé beaucoup de temps et de travail pour donner une deuxième édition de la Flore des Philippines du P. Blanco. Villaria, gen. nov. —-Calycis tubus infundibularis ; limbus 5-dentatus. Corolla hypocraterimorpha, fauce villosissima; limbi lobi 5, patentes, breves, stricte contorti. Stamina 5, fauci corollæ inserta, filamentis bre- vissimis; antheræ subsessiles, dorso affixæ, lineares, utrinque acutæ, inclusæ. Discus annularis, parvus. Ovarium 1-loculare. Stylus basi gra- cilis, apice fusiformis, villosissimus, vertice integro. Ovula 4-8 in utraque placenta, horizontalia ; placentis 2 parietalibus. Fructus ignotus. Species uma : V. philippinensis (tab. x, fig. 1-8). A. Fr. 68 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Further Contributions to the Flora of Central Madagascar (Nouvelles Contributions à la flore du centre de Madagascar); par M. J. G. Baker (Journal of the Linnean Society, vol. xx1, n° 135 [dé- cembre 18841, pp. 317-353). Au mois de décembre 1883, le Musée de Kew a reçu les collections bo- taniques formées dans l’intérieur de Madagascar par son correspondant, le Rév. Rich. Baron. Ce sont les principales polypétales dicotylédones de cette collection que M. Baker se propose de faire connaître dans son mé- moire. Les espèces nouvelles sont au nombre de 79, appartenant aux genres Clematis (3 esp.); Thylachium (2 esp.); Polyalthia (1 esp.); Oncoba (L esp.); Pittosporum (1 esp.); Polygala({ esp.) ; Sphærosepalum, gen. nov. (1 esp.) ; Symphonia (1 esp.); Rhodolæna (1 esp.) ; Psorospermum (4 esp.); Hibiscus (1 esp.) ; Dombeya (3 esp.); Grewia (2 esp.); Ery- throxylon (1 esp.); Rhodoclada, gen. nov. (1 esp.); Oxalis (1 esp.); Toddalia (1 esp.); Ochna (2 esp.); Gomphia (3 esp.); Olax (À esp.); Pyrenacantha (esp); Desmostachys (2 esp.); Elwodendron (4 esp.); Salacia (2 esp.) ; Tina (1 esp.); Dodonæa (1 esp.), D. madagascarien- sis Radl., déjà rapporté, par Hildebrandt, d’Andrangaloaaka et distribué sous le n° 3604; Rourea (1 esp.) ; Neobaronia, nov. gen. (1 esp.); Dal- bergia (1 esp.); Cadia (1 esp.);, Mimosa (2 esp.); Weinmannia (2 esp.); Kitchingia (1 esp.); Myriophyllum (1 esp.) ; Weihea (1 esp.) ; Eugenia (l esp.); Homalium (1 esp.); Veprecella (1 esp.); Phornothamnus, gen. nov. (1 esp.); Memecylon (1 esp.); Medinilla (3 esp.); Ammania (L esp.); Epilobium (1 esp.); Modecca (1 esp.); Melothria (1 esp.); Begonia (1 esp.); Rhipsalis (1 esp.) ; Telephium (1 esp.) ; Hydrocotyle (2 esp.); Pimpinella (1 esp.); Phellolophium, gen. nov. (4 esp.); Cu- phocarpus (1 esp.) ; Gastonia (1 esp.); Panax (4 esp.) ; Melanophylla, gen. nov. (2 esp.). M, Baker décrit 6 genres nouveaux : Sphærosepalum, genus novum Guttiferarum. — C’est un genre assez anormal parmi les Guttifères à cause de ses feuilles alternes et accom- pagnées de stipules. Il paraît se rapprocher des Ternstræmiacées et ne pas manquer d’affinité avec le Caraipa, mais ses fruits et ses graines sont inconnus. Rhodoclada, genus novum Linacearum. — Ce genre peut être regardé comme très distinct parmi les Linacées, à cause de ses étamines légère- ment périgynes, son ovaire biloculaire renfermant plusieurs ovules dans chaque loge, son style simple. Le Rhodocladu est un arbre de Madagascar à feuilles coriaces, alternes, à fleurs formant une ample panicule. Il paraît surtout très voisin de l’As- REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 69 teropeia, dont on ne connaît cependant pas le fruit ; ses fleurs ressem- blent beaucoup à celles d’un Eryithroæylon, etses feuilles sont tout à fait celles d’un Rhopala à feuilles simples. Neobaronia, genus novum Dalbergiearum. — M. Baker (Journ. Linn. Soc. xx, p. 249) a considéré cette curieuse plante comme un Exocarpus douteux, et dans le manuscrit de Bojer il portait le nom de Xylophylla ensifolia. Les nouveaux matériaux envoyés par M. Baron ont permis à M. Baker de prendre une connaissance exacte de ses caractères; il pro- pose de supprimer le nom de Baronia, donné par lui dans le Journal of Botany, 1882, p. 67, à une espèce qu’il faudra probablement réunir aux Rhus, et il attribue à l'arbre dont il est question dans cet article la dé- nomination de Neobaronia, pour éviter toute confusion. Le Neobaronia est un arbre appelé par les indigènes Harabara : il fournit un bois très estimé. Ses rameaux, modifiés en cladodes raides, oblancéolés, trois fois composés (triplo compositis), sont aphylles. Les _Îleurs sont petites et portées par de courts pédicelles insérés sur les dents des phyllodes. Aux fleurs papilionacées, purpurines, succède un fruit coriace, indéhiscent, long de 4 à 5 centim., atténué aux deux extré- mités et renfermant { ou 2 graines. Phornothamnus, genus novum tribus Oxysporearum, ordinis Melasto- macearum. — Petit sous-arbrisseau à port de Loiseleuria procumbens et ressemblant aussi à une Microliciée du Brésil avec plusieurs caractères des Veprecella ou du Rousseauxia. M. Humblot, voyageur français, n° 93, l’a rapporté en fleur; il a été envoyé en fruit par le R. Baron. Phellolophium, genus novumn tribus Seselinearum, ordinis Umbellife- rarum. — Ce genre ne diffère des Seseli et du Fæniculum que par ses côtes épaisses, ses vallécules étroites et profondes, et par son calice nul. C'est une grande herbe à port d’Angelica, dont Les graines sont très aro- matiques. Les indigènes l’appellent Tsileondroaha et s’en servent comme remède contre le mal de dents. Melanophylla, genus novum Cornacearum. — Arbre ou arbrisseau à feuilles alternes dépourvues de stipules, et ressemblant beaucoup d’ailleurs à un Psychotria. L’ovaire à 2 ou 3 loges renfermant chacune une graine suspendue ; 2 ou 3 styles; 5 pétales imbriqués, caducs; 5 étamines épi- gynes. Les fleurs sont petites, en grappe paniculée. A. FRANCHET. Botanical Contributions, 1884-85. — I. À Revision of some Bor- ragineous Genera.-- IT. Note on some American species of Utricu- laria.— VI. New Genera of Arizona, California and their Mexi- can Borders, and two additional Asclepiadaceæ. — IV. Gamope- talæ Miscellaneæ; par M. Asa Gray (Proceedings of the American Academy of Arts and Sciences, vol. xx, pp. 257-310). Janvier 1885. 70 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. I. — Après quelques généralités sur les raisons qui l’ont amené à modifier la circonscription de plusieurs genres de Borraginées, dans un sens tout à fait différent de ce qui avait été accepté dans le Genera plan- tarum de MM. Bentham et Hooker, etde ce qu’il avait proposé lui-même dans un précédent travail (Proc. Amer. Acad. x, 55), M. Asa Gray fait l'exposé systématique, mais seulement en ce qui concerne les espèces américaines, des genres Omphalodes Tourn., Krynitzkia Fisch. et Mey., Plagiobothrys Fisch. et Mey.et Echidiocarya Asa Gray. Le genre Omphalodes forme deux groupes : Euomphalodes, dont les nucules plus ou moins comprimées ne sont point carénées à leur face inférieure, et dont le péricarpe et son expansion aliforme sont assez minces. Toutes les espèces de ce groupe sont de l’ancien monde, sauf l'O. aliena Gray et l'O. cardiophylla Gray, qui ont l’un et l’autre le port de l'O. verna L. Le deuxième groupe, Eritrichium (Eritrichium Schrad.), est formé des espèces dont les nucules sont carénées du côté interne, et dont le péricarpe et les expansions dentiformes sont cartilagi- neuses. Ce groupe est représenté dans les deux mondes; l'E. nanum Schrad. (0. nana Asa Gray) lui appartient. Le genre Krynitzkia, dans cette nouvelle révision, ne renferme pas moins de 47 espèces, rien que pour l'Amérique du Nord. L’auteur le partage en 5 groupes : Amblynotus, comprenant non seulement les Am- blynotus DC., mais encoreles Antiphytum, ainsi que plusieurs Myosotis ou Eritrichium, offrantle caractère commun d’avoir des nucules cartila- gineuses on crustacées, ovales, arrondies sur le dos et fixées seulement par la base, ou un peu plus haut, à un gynobase convexe ou pyramidal- déprimé. Le groupe 2, Myosotidea, ‘a des nucules peu dures, souvent ca- rénées sur l’une ou l’autre face, rugueuses, opaques et fixées par une courte aréole interne à un gynobase déprimé ou peu élevé. Le groupe 3, Eukrynitzkia, diffère du précédent surtout par ses nucules Jamais ru- gueuses, à dos toujours convexe, et fixées à un gynobase élevé presque jusqu’au milieu de leur hauteur. Le groupe 4, Pterygium, est formé des espèces à nucules entourées d’une aile (sauf l’une d’elles, qui est aptère) et fixées jusqu’au sommet à un gynobase subulé. Enfin le groupe 5, Pseudo- krynitzkia, est caractérisé par des nucules triquètres ou trigones, à an- gles aigus, ordinairement fixées à un gynobase subulé. M. Asa Gray fait connaître dans son exposé systématique 9 espèces nouvelles du genre Krynitzkia. Le genre Plagiobothrys, dont les caractères ont été fort étendus, ne renferme pas moins de 14 espèces, dont 3 sont décrites pour la première fois ; il forme deux sections, selon que le gynobase est oblong-pyramidal, avec Jes fosseltes nuculifères allongées (ambiqui), ou sub globuleux avec les fossettes nuculifères orbicnlaires. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 71 Le genre Echidiocarya est maintenu avec une seule espèce, E. arizo- nica, et tel que MM. Bentham et Hooker l’ont accepté dans le Genera plantarum. L'E, californica et VE. ursina sont ramenés aux Plagio- bothrys. IT. — Cette note a été suggérée à M. Asa Gray par l'examen des dessins coloriés préparés par le major John le Conte pour illustrer ses Observations sur les espèces du genre Utricularia de l'Amérique du Nord, publiées en 1824 dans le vol. 1 des Annals of the Lycæum of Natural History (New-York, pp. 12-79). A l’époque où, grâce à l’obligeance de M. Martindale, M. Asa Gray eut connaissance de ces dessins, dont les Annals of the Lycæum n'avaient donné qu’une reproduction assez informe en ce qui touchait les fleurs, l'U. personata le Conte était considéré comme synonyme de l’U. cor- nuta Mich. Dans la Flore du Brésil, Benjamin a rapporté l’U. cornuta, non pas à l’U. personata, mais à l’U. juncea Nahl, de la Guyane. D’après les collections de Wright, cette dernière espèce existant à Cuba conjointement avec l’U. cornuta, c’est de l'U. juncea que l’U. personata est en réalité un synonyme; sa dispersion géographique s’étend donc depuis le nord de la Caroline et le Texas jusqu’à Cuba et au Brésil. Quant aux autres espèces, au nombre de 9, figurées par le Conte, M. Asa Gray les rapproche presque toutes de types antérieurement connus. IT. — Les genres nouveaux de l’Arizona etde la frontière du Mexique, proposés par M. Asa Gray, sont au nombre de 6 : Veatchia, gen. nov. Anacardiacearum, proposé pour le Rhus Veatchiana Kellogg. — Lyono- thamnus, gen. nov. Rosacearum ?, créé pour une plante à laquelle on ne pourra assigner une place définitive, soit parmi les Rosacées, soit dans les Saxifragées, tant qu’on n’en connaîtra pas le fruit: l’auteur est disposé à la rapprocher des Vauguelinia jou des Lindleya, quoique les feuilles soient opposées et sans stipules; si c’est une Saxifragée, elle peut être associée au Jamesia. — Pringleophytum, gen. nov. Acanth. Justiciearum, voisin de l’Holographis Nees, dont il diffère surtout par sa corolle à limbe bipartite, la lèvre supérieure bifide, l’inférieure plus grande, trifide, à lobes obovés, l'intermédiaire émarginé; découvert dans la Sonora, par M. Pringle, en 1884. — Phaulothamnus, nov. gen. Phy- tolaccearum, de la même région ctdu même collecteur que le précédent. C’est un petit arbrisseau à rameaux épineux, à feuilles petites, spatulées, très entières; 2 stigmates filiformes; fruit indéhiscent. — Himanto- “stemma, nov. gen. Asclepiadacearum, remarquable par sa couronne staminale divisée en 15 lobes étroitement linéaires, dont 10 plus allon- gés, alternant par paires avec les anthères, les 5 plus courts subulés, op- 79 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. posés aux anthères et plus longs qu’elles. L'espèce unique, H. Pringlei, provient aussi de la Sonora. — Rothrockia, nov. gen. Asclepiadacearum. Ce genre, qu’on ne saurait éloigner des Endrotropis, des Roullinia et des Enslenia, est assez nettement caractérisé par son stigmate, dont le sommet est prolongé en colonne terminée par 3 crêtes. La plante pro- vient du sud de l’Arizona. A l'exposé de ces 6 genres M. Asa Gray ajoute la description de 2 nou- velles Asclépiadées de l’Arizona : Lachnostoma arizonicum et Acerates bifida Rushy. IV. — Sous le titre de Gamopetalæ Miscellaneæ, Y'auteur faitconnaître un grand nombre de végétaux californiens nouveaux, appartenant aux Composées, aux Ericacées (Cassiope et une 2° espèce de Schweinitzia), aux Polémoniacées (parmi lesquelles 3 espèces de Nama), aux Solanées, aux Scrofularinées, aux Acanthacées et aux Labiées. A. FRANCHET. Incrementa Floræ phsænogamæ rossicæ congregavit E. R. a Trautvetter. Fase. ur et 1v (Acta horti Petropolitani, tom. 1x, fase. 1). Saint-Pétersbourg, 1884, in-8°. Ces deux parties terminent l'important travail de M. de Trautvetter, et il est à souhaiter que la flore de chacun des États de l’Europe donne lieu à un semblable catalogue. Le chiffre des numéros cités comme con- stituant les Zncrementa de la Flore de Russie, depuis Ledebour, s’élève à 6106, ce qui ne veut pas dire que ce chiffre soit celui des espèces acquises depuis la publication du Flora rossica, ear M. de Trautvetter a parfois signalé la même plante avec des numéros différents. Dix espèces sont décrites comme nouvelles par M. de Trautvetter. Ce sont: Thesium laxiflorum, du Caucase (Brotherus) ; Allium Cristophi, de la Turcomanie ; Hypecoum trilobum, de la Turcomanie ; Sisymbrium adspersum, de la Turcomanie ; Sisymbrium pilosissimum, de la Tur- comanie ; 1satis trachycarpa, de la Turcomanie ; Astragalus Cristophi, de la Turcomanie ; Astragalus Maximowiczü, de la Turcomanie ; Py- rethrum tenuissimum, de la région caucasienne ; Chenopodium bryo- niæfolium Bunge, de la Mandshurie. La synonymie et la littérature botanique sont souvent données avec un grand luxe de citations, et, sous ce rapport, on peut remarquer tout par- ticulièrement les Cuscuta ; les citations concernant le C. europæa occu- pent près de 4 pages d’un texte serré. A. Fr. Descriptiones plantarum novarum et minus cognitarum. Fasc. 1x. Auctore E. Regel (Acta horti Petropolitani, tom. vs,’ fase. 111). Saint-Pétersbourg, 1884. In-8°, cum tab. 21. M. E. Regel fait connaître d’abord quelques espèces cultivées dans les REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 73 jardins de Saint-Pétersbourg : Aconitum Lycoctonum L. var. micran- tha, Hoya (Dregea E. Mey.) gonoloboides Regel, Pennisetum giganteum Regel, et en décrit plusieurs autres figurées dans le Gartenflora. I s’é- tend ensuite assez longuement sur les végétaux nouveaux du Turkestan : Merendera hissarica; — Colchicum Kesselringii et C. Alberti; — Tulipa lanata, T. linifolia, T. Ostrowskiana ; — Fritillaria (Rhi- nopetalum) bucharica : — Bellevalia atroviolacea: — Scilla Raew- skiana; — Allium Héæltzeri, A. oviflorum, A. darwasicum, À. bucharicum, A. Trautvetterianum, À. Winklerianum, A. Rosenben- chianum, A. elatum, A. altissimum. — Il donne le conspectus de la section Henningia des Eremurus, avec 3 espèces nouvelles : E. Al- berti, E. bucharicus, E. Suworowi ; — Iris Rosenbachiana, I. mari- coides, 1. Winkleri, I. darwasica, I. Leichtlini; — Helicophyllum Alberti;— Polygonum baldschuanicum ; — Fraxinus raibocarpa : — Ostrowskia, gen. nov. Campanulacearum; 0. magnifica ; — Gentiana Weschniakowi ; — Anemone Tschernæwii, À. eranthioides ; — Leontice darwasica ; — Corydallis macrocentra, C. nudicaulis : — Exochorda Alberti; — Glycyrrhiza bucharica. L'une des plantes les plus remarquables, parmi celles que fait con- naître M. E. Regel, est l’Ostrowskia magnifica, genre voisin des Cam - panula, mais dont les lobes de la corolle, ceux du calice et les étamines sont au nombre de 5 à 9 (plus souvent 7); l'ovaire est également à 5-7-9 loges et le style divisé en autant de branches stigmatifères; la capsule, déprimée-turbinée, a ses pores en nombre double de ceux des différentes parties de la fleur. La seule espèce connue est une plante herbacée robuste, à feuilles verticillées comme celles de plusieurs Adenophora. La fleur, qui paraît être la plus grande de toute la famille, atteint jusqu'à 8 cent.; elle est d’un lilas bleuâtre et solitaire au sommet des rameaux. Cette plante paraît tout à fait mériter d’être cultivée. A. Fr. Kleinere Mittheilungen ueber Pflanzen des Berliner botan. Gartens und Museum (Courtes Notes sur les plantes du Jardin et du Muséum de Berlin); par M. Ign. Urban (Jahrbuch des Kæniglichen botanischen Gartens und des botanischen Museums zu Berlin, vol. 11, pp. 234-252, 1 tab.). L'une de ces notes concerne un Geranium cultivé dans le Jardin de Berlin sous le faux nom de G. columbinum. M. Urban étudie à son sujet le G. trilophum Boiss., auquel il donne pour synonymes G. omphalo- deum Lang et G. favosum Boiss. (non Hochstt.), et le G. mascatense Boiss.; G. favosum Hochstt.: le premier habite la Perse et la Nubie, le second l’Arabie et l'Abyssinie. L'auteur donne une longue description et une bonne figure des graines de ces espèces. 74 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Il signale ensuite plusieurs Oxalis, et s'étend assez longuement sur une espèce, O. crassipes, antérieurement décrite par lui dans Hildebrandt's Lebensverhæltnisse der Oxalisarten (Téna, 1884), p. 28, in observ. M. Urban reproduit la description du Trematosperma cordatum Urban (Berichte der deutschen bot. Gesellschaft, 1883, vol. 1, livr. 4), curieux arbrisseau de la région des Somalis, appartenant à la famille des Phyto- crénées, très voisin des Cardiopteris, mais devant néanmoins être con- servé comme genre. La plante est figurée avec tous ses détails organo- graphiques. Le Cyclocarpa Afzel. et Urban est un genre nouveau de Légumi- neuses, qui doit prendre place entre l'Herminiera et l'Æschynomene. Il diffère de l’un et de l’autre par son étendard obovale-cunéiforme, son ovaire tout à fait sessile, et surtout par son fruit contourné en anneau ou formant 1 à 1 1/2 tours de spire, linéaire, comprimé, à bords continus, à sutures scabres-spinuleuses, la suture ventrale persistant après la chute des articles; ceux-ci, subdeltoïdes, s'ouvrent à la suture dorsale. La seule espèce connue est le C. stellaris Afzel. mss., signalée par M. Baker (Flor. of trop. Afr. n, p. 151) comme pouvant rentrer dans le genre Æschynomene. C’est une herbe de Sierra-Leone, annuelle et très glabre ; les feuilles sont formées de 4-8 petites folioles ; les fleurs, subombellées au nombre de 1-4, sont sessiles ou subsessiles à l’aisselle des feuilles, petites et d’un jaune pâle. Le Coreopsis coronata Hook. et le C. Drummondii Torr. et Gray, espèces appartenant à 2 groupes très différents considérés comme des genres par plusieurs auteurs, ont donné naissance à un hybride dans le Jardin de Berlin, C. coronata >< Drummondii Urb. A. FRANCHET. Beitræge zur Flora des suedlichen Japan und der Liu- kiu Inseln (Documents concernant la flore du sud du Japon et les îles Liu-kiu); par M. A. Engler(Botanische Jahrbuecher, vol. 1v, 4° livraison [1883], et vol. vi, 1'° livraison [1885]). Dans le courant de l’année 1882, M. Engler a reçu de M. Doderlein une collection de Cryptogames vasculaires et de Phanérogames récoltés dans le sud du Japon et dans l’île Amami-osima, de l'archipel Liu-kiu. Cette collection renfermait des espèces fort intéressantes, les unes tout à fait nouvelles, les autres non encore mentionnées dans la flore japonaise et méritant d’être signalées au point de vue de la géographie botanique. La détermination des plantes envoyées par M. Doderlein a été faite par plusieurs botanistes. Les Archegoniateæ (Cryptogames vasculaires) ont été étudiées par M. Chr. Luerssen, qui signale dans ce groupe plusieurs espèces nouvelles : Asplenium (Diplazium) Doderleinii, voisin de l'Aspl. vestitum Hook.; Polypodium Engleri, du groupe du P. hasta- REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 79 tum ; Polypodium Tachiroanum, espèce douteuse comme genre et qui rappelle le P. Korthalsii Mett., de Sumatra; Cystopteris japonica, dé- couvert sur plusieurs points de l’île de Kiusiu, par le botaniste japonais Tachiro. Toutes ces espèces sont longuement décrites en allemand. Parmi les Phanérogames, deux espèces seulement sont données comme nouvelles: Scleria Doderleiniana Bœk., plante de Liu-kiu, qui présente beaucoup d’affinités avec le Scl. hirsuta, et Cinnamomum Doderleinii Engler, également de Liu-kiu. Parmi les espèces intéressantes non encore signalées au Japon, on peut citer : Agathis Dammara Lamb. (Kiusiu et Liu-kiu), des Philip- pines et des îles de la Sonde; Spinifex squarrosus L. (Kiusiu); Calanthe veratrifolia Rob. Br. (Liu-kiu), de l'archipel Indien et de l'Australie ; Microtis unifolia Rehb. fil. (Kiusiu et Satzuma), d'Australie et de Java ; Bischoffia javanica B\. 6. oblongifolia Muell. (Liu-kiu), des Philip- pines ; Lotus australis Andr. (Liu-kiu), d'Australie ; Sideroxylon ferru- gineum Hook. et Arn. (Kiusiu), de la Malaisie et du sud de la Chine. M. Engler termine l'énumération de ces plantes par quelques considé- rations sur leur distribution géographique. A. FR. Amaryllideæ sinico-japonicæ, auctore C. J. Maximowicz (Bota- nische Jahrbuecher, vol. vi, 1"° livraison [1885]). La famille des Amaryllidées est représentée dans la flore sinico-japo- naise par {3 espèces, parmi lesquelles 2 Narcissus, N. Tazetta L. var. chinensis et N. Jonquilla, qui sont seulement naturalisés. M. Maximowiez décrit 3 nouvelles espèces, l’une qu’il rattache avec doute au genre Un- gernia Bunge, U. Oldhami, et qui paraît être le Lycoris Sewer zowii Benth. et Hook. Gen. Plant. ir, 728 (non Regel); les deux autres sont des Lycoris : L. squamigera Maxim., voisin du L. aurea, mais à éta- mines incluses, et L. sanguinea Maxim., remarquable par son périgone d’un rouge de sang un peu cocciné. A. FR. Bulletin mensuel de la Société Linnéenne de Paris. N°5 56-59 (p. 441 à 472). Une nouvelle Cucurbitacée anormale, par M. H. Baillon. — La plante qui fait l’objet de cette note a été rapportée par Boivin d’une localité africaine inconnue. Le comte Jaubert la plaça dans l’herbier du Muséum parmi les Euphorbiacées, elle en fut retirée et rapprochée des Cucurbi- tacées par M. Baillon. Toutefois, probablement à cause de son port anor- mal, le monographe des Cucurbitacées, M. Cogniaux, ne erut pas devoir l’'admettre dans cette famille. La plante en effet n’est ni grimpante, ni couchée; elle se compose d’un axe trapu, rugueux, chargé de cicatrices de feuilles et portant au sommet un bouquet de feuilles assez semblables 76 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. à celles de certains Cucumis. À l’aisselle des feuilles il existe des écailles bractéiformes déchiquetées et des axes secondaires grêles, rigides, qui se terminent en une petite tête tronquée ; ces axes sont des bases pédoncu- laires dont les fleurs sont détachées. Un nouvel examen de l’une des deux seules fleurs existant, et qui sont des fleurs femelles, a porté M. Baillon à maintenir sa première détermination, la plante est bien une Cucurbi- tacée, et probablement elle doit rentrer dans un curieux genre de cette famille, encore peu connu et décrit par M. Balfour, pour une plante des Comores, sous le nom de Dendrosicyos. M. Baillon propose de donner à la plante de Boivin le nom de D. Jaubertiana, en ajoutant que peut- être n'est-elle qu’une forme du D. socotrana Balf. Cyrtandracées nouvelles de la Chine, par M. A. Franchet. — La Chine paraît être très riche en types spéciaux de Cyrtandracées appar- tenant plus particulièrement aux Chirita, aux Didymocarpus, aux Bæa. Au nombre d'espèces déjà assez considérable que M. Hance a fait con- naître, M. Franchet en ajoute trois autres, d’après des plantes du Koueï- tcheou, récoltées par Mf Faurie, évêque de cette province, et par M. Mihière, provicaire du Kouang-si, et qui ont été envoyées au Muséum par M. l'abbé Perny et par M. Simon. Ces trois espèces sont : Bæa ru- fescens ; Chirita (Euchirita) Fauriei, belle espèce à grandes fleurs blanches, qui n’a d’analogie qu'avec le Ch. eburnea Hance; Didissandra Mihieri, plante remarquable dont les corolles, presque de la dimension de celles du Digitalis purpurea, sont les plus grandes de toutes les espèces connues du genre. La fleur femelle de l’Alsomitra brasiliensis, par M. H. Baillon. — C’est sans doute faute d’avoir fait l’analyse de cette plante qu’elle a été jus- qu'ici rapportée sans observation aux Alsomitra. Dans toutes les espèces de ce genre, appartenant à l’ancien monde, chaque loge de l'ovaire con- tient de nombreux ovules ; dans la plante brésilienne on ne trouve dans chaque loge que deux ovules collatéraux, descendants. Cette particula- rité est suffisante pour faire de l’Alsomitra brasiliensis, sinon un genre, au moins une section du genre Alsomitra, pour laquelle M. Baillon propose la désignation anagrammatique de Siolmatra. Sur le genre Tribeles, par M. H. Baillon. — Le Tribeles australis Philippi, qui parait avoir pour synonyme Chalepoa magellanica Hook. (Icon. tab. 1022), peut être considéré comme intermédiaire aux Pitto- sporées et aux Saxifragées, les étamines ont leurs anthères basifixes et sont sensiblement hypogynes, mais malgré cela la plante ne peut être séparée &es Saxifragées : dans le bouton les placentas du Tribeles sont pariélaux et ne se touchent pas encore, particularité caractéristique de cette dernière famille. Philippi avait laissé incertaine la place de son genre Tribeles, et M, Hooker considérait son Chalepoa comme une Pitto- REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 77 sporée ; il ne paraît pas d’ailleurs avoir eu l’idée de le comparer avec la plante de Philippi. Liste des plantes de Madagascar (suite), par M. H. Baillon. — Cette liste comprend la fin de la famille des Légumineuses et s’étend jusqu'aux Saxifragacées-Cunoniées, selon l’ordre adopté dans l’Histoire des plantes. M. H. Baillon fait connaître plusieurs espèces nouvelles : Crotalaria Bernieri, de Lingvatou (Bernier, 2° envoi, n° 189, et Boivin, n° 2700); Crotalaria Pervillei, d’'Ambongo (Pervillé, n° 600); Crotalaria Hilde- brandii, de Betsileo (Hildebrandt, n° 3882). Parmi les Lauracées, il signale : Potameia Chapelieri, du nord de Madagascar (Chapelier) ; — Cryptocarya Pervillei (Pervillé, n° 233 ; Boivin, n° 2252; Humblot, n° 228 ; Hildebrandt, n° 2998); — Ravensara Lastellir (de Lastelle), R.? floribunda (Chapelier), R.? Tapak (Poivre) ; — Mespilodaphne Bernieri (Bernier, 1° envoi, n° 69 ; Boivin, n°1731); — Ocotea? Humblotii, Humblot, n° 536). Les Myristicacées nouvelles sont : Myristica Vouri (Poivre, hb. Juss.), M. Chapelieri (Chapelier). Dans les Ménispermacées, M. Baillon fait connaître un genre nouveau : Strychnopsis, plante ligneuse, probablement dressée, à grandes feuilles alternes trinervées à la base ; les fleurs sont dioïques, et les mâles seule- ment sont connues : 9 sépales trisériées, pétaloïdes, imbriqués; 6 pétales beaucoup plus courts que le calice ; 3 étamines à filets réunis en colonne centrale presque jusqu’au sommet. Une seule espèce : S. Thouarsii (Chapelier). — Rameya macrocarpa (Pervillé, n° 314), R.? calopicrosia (Ghapelier, Boivin); -— Chasmanthera uviformis, de Nossi-bé (Boivin); -— Cyclea madagascariensis (Chapelier). Les Capparidées fournissent aussi quelques espèces nouvelles : Cap- paris Antanossarum (Grandidier, n° 26), C. Richardi (Richard, n° 66; Boivin, n* 2357 et 2559), C.? Grandidieri (Grandidier, n° 30); — Thylachium Grandidieri (Grandidier, n° 21); — Cadaba madagas- cariensis (Grandidier, n° 32); — Cratæva Greveana (Grévé, n° 180; Grandidier, n° 37), C.? suarescensis (Richard, n° 167). Parmi les Crassulacées : Kalanchoe Hildebrandtii (Hildebrandt, n° 3664); K. multiceps (Hildebrandt, n° 3576). Les Saxifragacées, dans lesquelles M. Baillon fait rentrer les Pittospo- rées à titre de section, renferment quelques nouveautés : Piüttosporum Humblotianum (Humblot, n° 413); — Weinmannia Lantziana (Lantz). —- Les Brexia reprennent leur nom générique antérieur : Venana, qu leur avait été donné par Lamarck. A. FRANCHET. La 78 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Catalogue des plantes recueillies aux environs de Tche- fou par A. Fauvel, déterminées par M. A. Franchet (Mémoires de la Société nationale des sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg, t. xx1v (1884), pp. 193-276). Dans sa Florule du Tche-fou, M. O. Debeaux énumérait seulement 258 plantes phanérogames ou cryptogames vasculaires ; ce chiffre a été depuis élevé d’une trentaine d'espèces, signalées surtout par M. Maximowicz et par M. Hance. Dans ce nouveau Catalogue le nombre des espèces atteint 539, qui doit être bien voisin du chiffre réel, en raison du peu d’étendue du territoire exploré. Comme on doit le supposer, la flore du Tche-fou emprunte en partie ses éléments à celle de la Sibérie orientale et du Japon ; mais elle est surtout formée de plantes du littoral qui se retrouvent sur toutes les côtes de la Chine et du Japon. Parmi les espèces intéres- santes et observées jusqu'ici seulement au Japon, on peut citer : Silene firma Sieb. et Zuce. ; Vitis inconstans Miq.; Lithospermum Zollingeri Alph. DC.; Humulus japonicus Sieb. et Zucc.; Allium Grayi Regel; Carex picta Boott; C. lanceolata Boott; Aspidium subtripinnatun Miq. (A. Forbesii Hance). Deux espèces nouvelles sont signalées : Guldenstwdtia Guilloni et Angelica gracilis. F. FRANCHET. Recherches chimiques et physiologiques sur la Bruyère commune (Calluna vulgaris Salish.); par MM. P. Fliche et L. Grandeau (Annales de la science agronomique). Nancy, 1885, in-8° de 18 pages. Dans leurs précédentes recherches sur le Pin maritime, le Châtaignier, le Pin noir d'Autriche et diverses Papilionacées ligneuses, les auteurs de ce mémoire avaient montré que, les conditions de climat étant identiques, la présence d’une grande quantité de calcaire dansle sol exerce une influence considérable sur la composition des cendres des végétaux qualifiés de silicicoles, ou mieux de calcifuges; que cette influence est fâcheuse, et qu’elle explique pourquoi ces plantes sont exclues des terrains calcaires. MM. Fliche et Grandeau ont fait ici le complément de leurs travaux précédents. Tandis qu'ils avaient recherché quelle influence avait sur une même espèce, sous un même climat, la substitution d’un sol riche en carbonate de chaux à un sol renfermant une très faible quantité de ce sel, ils ont voulu celte fois examiner si, la plante restant sur un sol très pauvre en calcaire, la composition chimique de ses cendres et, par suite, la vigueur de sa végétation seraient influencées par un changement de climat et par l’état physique très différent des sols observés, La plante choisie, le Galluna vulgaris, se prêtait aisément à cette REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 1) étude, par la facilité avec laquelle elle s’accommode à tous les climats de l'Europe; car on la trouve depuis les parties les plus chaudes de l'Espagne et de la France méridionale, jusqu'à la Russie septentrionale, et jusqu’à l'altitude de 2500 mètres, dans les Alpes et les Pyrénées. L’altitude des cinq localités où ont été prélevés simultanément les ‘échantillons de sol et de plantes destinés aux analyses varie depuis le niveau de la mer jusqu’à 1300 mètres. Les terrains analysés, tous sili- ceux, sont : un stéaschiste quartzeux, des sables meubles, du granit mélangé d’une grande quantité de débris organiques, et des sables d’al- luvion. L’eau contenue dans ces différents sols variait depuis moins de 6 pour 100 jusqu’à 31 pour 100. On voit donc que ces terrains sont très différents, physiquement et chimiquement, et qu'ils n'ont de commun que leur extrême pauvreté en carbonate de chaux (0,05-0,62 pour 100). L'analyse des cendres des échantillons de Bruyère recueillis dans ces diverses localités, où la plante était en bon état de végétation, montre une grande constance dans leur composition chimique, malgré la diver- sité des sols. Les principales conclusions tirées par les auteurs de ce travail sont les suivantes : Le Cailuna vulgaris est une espèce calcifuge ; — il est indifférent aux propriétés physiques et à la composition chimique du sol, pourvu que celui-ci ne renferme pas un excès de chaux; — il est indifférent aux variations de climat et d’altitude. L'analyse montre aussi que la Bruyère demande fort peu de chose au sol pour se constituer ; c’est ce qui explique son abondance sur les terres les plus pauvres, qu’elle envahit avec d'autant plus de facilité que beau- coup d’autres plantes, moins frugales, n’y trouveraient pas une nourriture suffisante. J. VALLOT. Sur l'anatomie des pédoncules comparée à celle des axes ordi- naires et à celle des pétioles; par M. E. Laborie (Comptes rendus, séance du 15 décembre 1884). En comparant la structure des pédoncules floraux à celle des tiges ordinaires, M. Laborie a trouvé que les principaux caractères différen= tiels des premiers de ces organes étaient : un grand développement de l'écorce, une augmentation fréquente du diamètre des fibres, une réduc- tion très marquée du nombre et du calibre des gros vaisseaux, une dimi- nution d’étendue de la moelle. L'auteur signale encore quelques diffé- rences moins constantes ou accessoires entre les tiges ordinaires et les pédoncules, par exemple la disparition, dans le pédoncule, du suber (Lonicera alpigena), des fibres libériennes (Citrus Aurantium), des faisceaux inverses de l'écorce (Galycanthus). En passant de l'étude des tiges à celle du pétiole, M. Laborie observe que ce dernier organe se SU SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. distingue surtout des pédoncules par le grand nombre et le calibre con- sidérable des vaisseaux de son bois. LECLERC DU SABLON. Ueber die Methoden in der botanischen Systematik, insbesondere die anatomische Methode (Sur les méthodes en botanique systématique, et principalement sur la méthode ana- tomique) ; par M. Ludwig Radlkofer. Une brochure in-4° de 64 pages. Munich, 1883. Dans ce discours prononcé devant l’Académie des sciences de Munich, l’auteur passe en revue les différents progrès qui ont été accomplis dans l'art de classer les plantes. Il montre les premiers botanistes prédéces- seurs de Tournefort et de Linué, attachant une importance capitale à l’ha- bitat des plantes, à leur physionomie générale. L'absence complète de règles de nomenclature rendait leurs classifications très confuses. Une ère nouvelle s’ouvrit pour la systématique lorsque la forme des organes reproducteurs fut prise comme critérium principal; on put alors, avec une certaine approximation, définir les familles dites naturelles. Mais une classification fondée sur une seule partie de la plante doit laisser encore bien des incertitudes et renfermer bien des erreurs. Les botanistes modernes, en étudiant le corps entier de la plante, non pas seulement dans sa forme extérieure, mais dans sa. structure intime, non sur des échantillons desséchés et incomplets, mais sur des plantes vivantes, font faire chaque jour de nouveaux progrès à l’art de classer les végétaux. C'est dans cette dernière méthode, la méthode anatomique, que l’auteur voit le moyen le plus sûr d’arriver à une classification vraiment naturelle, si tant est qu’une pareille classification puisse jamais être réalisée. L. pu S$. Synopsis der drei Naturreïche ; zweiter Theil, Boranix; zweiter Band, specielle Bolanik (Synopsis des trois règnes de la nature : seconde partie, BOTANIQUE ; tome, Botanique spéciale); par M. A. B. Frank. Un volume in-8° de 1002 pages. Hannover, 1885. Dans un premier volume, M. Frank s'était occupé de la botanique générale et de l’histoire spéciale des Cryptogames ; il consacre exclusi- vement le second volume à l'étude détaillée des familles de Phanéro- games. L'ouvrage est disposé de façon à pouvoir servir de Flore pour la détermination des genres et quelquefois des espèces, et en même temps de manuel où l’on peut puiser tous les renseignements relatifs à l’histoire d’une famille. À cet effet, la première partie du volume est consacrée à une clef ana- lytique des genres principaux. C’est le système de Linné qui a été adopté REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 81 comme conduisant le plus facilement à la détermination. Il faut remar- quer que la clef est disposée sous forme de tableau synoptique, permet- tant d’embrasser d’un coup d’œil l’ensemble des caractères différentiels de tout un groupe, au lieu de consister en. une série de questions, renvoyant à des numéros qu’il faut quelquefois aller chercher très loin. Dans la seconde partie, l’auteur passe en revue les familles. Pour chacune d’elles il commence par des généralités, et arrive ensuite à l’exa- men détaillé de chaque genre : les caractères morphologiques, les usages, les différentes particularités relatives à la culture, l'habitat, etc., sont alors indiqués avec assez de détails. Pour les genres les plus difficiles, tels que les genres Mentha, Stachys, Salvia, etc., parmi les Labiées, on trouve même une clef conduisant à la détermination des principales espèces. Le nombre des familles étudiées est de 216 : ce sont les Caly- ciflores qui sont décrites les premières, puis les Thalamiflores, et enfin les Gamopétales ; ensuite viennent les Monocotylédones, et finalement les Gymnospermes, qui forment un groupe équivalent à toutes les autres Phanérogames. Le principal intérêt de l'ouvrage de M. Frank réside dans les figures très nombreuses et très bien exécutées dont il est accompagné; on n’y trouve pas moins de 641 planches gravées sur bois et renfermant plu- sieurs figures chacune. Les principaux caractères des familles et ceux de bon nombre de genres sont figurés d’une façon très complète. Une innovation de l’ouvrage de M. Frank est de renfermer un grand nombre de figures schématiques destinées à faciliter les études des commençants sans toutefois leur donner des idées fausses sur la nature réelle des choses. LECLERC DU SABLON. Note on Ranunoulus Lingua Linn. (Note sur le Ranunculus Lingua) ; par M. Freeman C. Roper (Journal of the Linnean Society, vol. xx1, pp. 380-384, avec 2 planches, 1885). Le Ranunculus Lingua, outre les feuilles aériennes, possède des feuilles aquatiques que beaucoup de botanistes ne mentionnent pas ou qu’ils décrivent mal. L'auteur énumère les différences qui existent entre ces deux sortes de feuilles. Gelles qui sont dans l'air sont sessiles, lan- céolées et portent souvent des poils; les autres sont pétiolées, cordées, toujours glabres, beaucoup plus larges que les premières et ne sont pas effilées à leur extrémité. Il est à remarquer, de plus, que les feuilles sub- mergées possèdent de nombreux stomates, moins nombreux cependant et moins grands que ceux des feuilles aériennes. L. pu $. T. XXXIL. (REVUE) 6 82 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Sull anatomia e fisiologia del frutto nell Anons reti- cutata L., e nell Asimina triloba Dun. (Sur l'anatomie et la physiologie du fruit de l'Anona reticulata et de l’Asimina triloba); par M. Gaetano Licopoli. In-folio de 12 pages, avec une planche. Les fruits qu’étudie l’auteur sont des baies. Celui de l’Asimina est formé de 4-5 carpelles libres, tandis que celui de l’'Anona comprend un grand nombre de carpelles soudés sur un réceptacle charnu. Les arbres qui les portent, originaires des parties les plus méridionales de l'Amé- rique du Nord, ont pu être acclimatés dans le sud de l'Italie. Le trait caractéristique de la structure de ces fruits est la présence, dans le péri- carpe, de cellules dont les parois cuticularisées peuvent résister aux agents chimiques les plus énergiques ; ces cellules renferment une matière d'aspect gras et de consistance gélatineuse qui persiste pendant toute la vie de la plante sans subir de transformation. L’auteur a appelé ces cellules, cellules spéciales. Dans le parenchyme mou du péricarpe, M. Licopoli a reconnu l’exis- tence d’un grand nombre de substances organiques telles que le tannin, le sucre, des matières grasses et des corps aromatiques. L’amidon se trouve en grande quantité pendant que le fruit se développe. Mais, à me- sure que la maturité approche, on en trouve de moins en moins, tandis que la quantité de glucose augmente rapidement. L’albumen renferme une substance grasse, différente de celle que contiennent les cellules spéciales, lesquelles d’ailleurs se rencontrent dans l’albumen comme dans le péricarpe. L’albumen est entouré d’une membrane qui, d’après l’auteur, provient du nucelle. Le testa et le tegmen, très faciles à séparer, proviendraient, le premier de la primine, le second de la secondine. De pareilles transformations ont été rarement observées. LECLERC DU SABLON, Uchber einige abweichende Birnbildungen (Sur quelques Poires à structure anomale);, par M. Friedrich Hildebrand (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, 1885, t. 1, pp. 1-3, avec une planche), Les anomalies observées par M. Hildebrand tendent à démontrer que la partie charnue de la Poire est due à l’épaississement des feuilles cali- cinales. Dans un premier cas, il décrit une Poire de grandeur naturelle qui montre, entre les dents écartées de son calice, le sommet d'une seconde Poire concentrique terminée elle-même par un second calice. Dans un autre cas plus anomal, la première Poire a des dimensions plus faibles, les feuilles de son calice sont plus grandes, et la seconde Poire qu'elle porte à son sommet est très allongée et a presque l’apparente REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 83 d'une tige. Enfin, sur la même branche, M. Hildebrand a vu un fruit réduit à un renflement de deux des sépales qui étaient presque semblables à des feuilles ordinaires; au centre des cinq sépales se trouvait un bour- geon destiné à continuer la tige. L. pu S. Beschaffenheit und biologische Bedeutung des Arillus einiger Leguminosen, insbesondere des Besenginsters [Saro- thamnus scoparius] (Structure et rôle biologique des arilles de quelques Léqumineuses, et en particulier de celui du Sarothamnus scoparius) ; par M. E. Bachmann (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, 1885, t. ur, pp. 25-29, avec une planche). Dans le voisinage du hile, la graine du Sarothamnus scoparius pré- sente une production à laquelle M. Bachmann donne indifféremment le nom d'arille ou de caroncule. Cette production a la forme d’un anneau, ouvert du côté du micropyle; elle est composée de cellules à parois épaisses renfermant de l’huile et des matières protéiques; la dépression qu’elle présente en son milieu est tapissée de cellules à parois minces. En suivant le développement à partir de la fécondation, on voit le funicule se renfler dans le voisinage du hile: c’est le commencement de l’arille ; puis la partie centrale du renflement se résorbe, la cavité de l’anneau se forme, etle funicule n’est plus rattaché à l’arille que par quelques cellules. L’arille aurait donc pour usage, d’après l’auteur, de rendre plus faible l’adhérence de la graine au funicule, et par conséquent plus facile la dis- sémination des graines. À l’égard de l'origine, M. Bachmann insiste sur ce point que l’arille est formé par la base du funicule et nullement aux dépens des téguments de la graine. Les mêmes observations s'appliquent au Cytisus austriacus. Quant aux parties de la graine des Vicia et des Lathyrus auxquelles on donne le nom d’arille, elles ont une structure toute différente de la production étudiée chez le Sarothamnus, mais elles jouent le même rôle dans la dissémination des graines. L. pu S$, Morphologie der Gattung ÆBarhinia (Morphologie du genre Bauhinia); par M. I. Urban (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, 1885, t. 1, pp. 81-101, avec une planche). Dans l'étude du genre Bauhinia, dont il a examiné un grand nombre d'espèces, M. Urban attache beaucoup d'importance aux caractères tirés des poils et des piquants situés à la base des stipules. Ces productions intra-stipulaires, comme il les appelle, sont généralement cellulaires. Ce n’est que dans des cas très rares qu’elles renferment des vaisseaux. Ensuite M. Urban passe successivement en revue l’inflorescence et les différentes parties de la fleur; c’est principalement l'androcée qui à 84 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. présenté des variations intéressantes. On peut distinguer sept cas principaux : 4° Les dix élamines sont fertiles. Ex. : B. tomentosa. 2% L'étamine du verticille interne la plus rapprochée de l’axe (l’éta- mine postérieure) est stérile, mais porte une anthère vide. Ex. : B. pe- tiolata. 3 Les cinq étamines du verticille interne sont stériles. Ex. : B. Pau- letia. 4 Toutes les étamines du verticille interne et les deux étamines postérieures du verticille externe sont stériles. Ex.: B. purpurea. 9° Toutes les étamines du verticille interne manquent complétement, les trois étamines antérieures du verticille externe sont seules fertiles. Ex.: B. anguina. 6° Toutes les étamines sont réduites à l’état de slaminodes, sauf la plus antérieure du verticille externe. Ex. : B. dipetala. 7 Tout le verticille externe est stérile ; les. deux étamines antérieures du verticille interne sont seules fertiles. Ex. : section Tylosema. LECLERC DU SABLON. Ein reducirtes Organ bei Casnmpanula persicifolia und einigen anderen Campanula-Arten (Sur un organe réduit du Campanula persicifolia ef de quelques autres espèces de Cam- panula); par M. Heinricher (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, 1885, t. x, pp. 4-12, avec une planche). Sur l’épiderme de la face supérieure du C. persicifolia, M. Heinricher a remarqué un singulier épaississement de la paroi externe, composé de matière plus ou moins cutinisée. Cette production ne se rencontre pas dans les cellules très jeunes. En suivant son développement, on voit qu’elle est formée par une portion de la paroi externe qui, dans une plus ou moins grande partie de son épaisseur, prend un aspect strié, D'après l’auteur, cet organe serait comparable à un poil avorté ; aussi est-ce sur- tout chez les individus glabres qu’on les observe. L. pus. Uchber Fruchte, Keimung und Jugendzustande einiger Palmen (Sur le fruit, la germination et l’état jeune de quelques Palmiers); par M. E. Pfitzer (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, 1885, t. 1, pp. 32-52, avec une planche). Les travaux de M. Pfitzer ont porté sur un grand nombre d’espèces de Palmiers, réparties surtout dans le groupe des Phœnicées, des Cory- phées et des Lépidocaryées. La plantule, très petite par rapport au reste de la graine, n’est séparée des téguments que par une légère couche REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 8) d’albumen. Pendant la première année de la vie du végétal, le développe- ment est très lent, il ne se forme souvent que deux ou trois feuilles pen- dant toute cette période. C’est surtout sur la configuration des premières feuilles que M. Pfitzer a fait de nombreuses observations. On sait en effet que les premières feuilles d’un Palmier sont très différentes de celles de l’arbre adulte : c’est ainsi que les premières feuilles du Dattier sont simples, tandis que les suivantes sont pennées. De l'examen de ces formes juvéniles chez un grand nombre d’espèces, l’auteur conclut qu'il n'existe aucun rapport constant entre la forme des feuilles et la classifi- cation des Palmiers. Parmi les Chamædorées, par exemple, certains genres ont leurs premières feuilles bilobées, tandis que d’autres les ont pennées. L. puS$. Supplément à la Flore des environs de Grand-Jouan: par M. Marie-Joseph Saint-Gal. 29 pages in-18°. Nantes, 1885. Ce petit Supplément fait suite à la Flore des environs de Grand-Jouan publiée en 1874 par M. Saint-Gal, professeur de botanique à l'École d'agriculture de Grand-Jouan. On y remarque : Silene annulata Thore, Spergularia segetalis Pers. (nouveau pour la Bretagne), Polycarpon tetraphyllum, Trigonella ornithopodioides, Peucedanum lancifolium Lange (voisin du P. palustre), Caucalis daucoides (non encore signalé au nord de la Loire dans l'Ouest), Allium paniculatum L., Aceras anthropophora R. Br., etc. ERNEST MALINVAUD. Florule du Roussillon: Cypéracées des Pyrénées-Orien- tales ; par M. E. Bucquoy (26° Bulletin de la Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales). 1T pages in-12. Perpignan, 1884. Cette énumération comprend : 9 Cyperus, 1 Schœnus, 1 Cladium, 4 Rhynchospora, 11 Heleocharis et Scirpus, 5 Eriophorum, 1 Elyna, 68 Carex ; ensemble, 103 espèces. On remarque le nombre relativement élevé des Cyperus, dont l'un, C. distachyos AÏl., est nouveau pour le département. D'après l’auteur, les Scirpus Rothi Hoppe, Savii Seb. et Maur., pauciflorus Light., alpinus Schl., seraient aussi des plantes non précé- demment signalées dans les Pyrénées-Orientales. Le Scirpus alpinus, nouveau pour la France, aurait été trouvé en 1838, dans la vallée d'Eyne, par Aimé Masson, et cette récolte pyrénéenne est de beaucoup antérieure à celle du même Scirpus par de la Perraudière, au mont Viso, près de Briançon. Ce serait donc au botaniste roussillonnais que reviendrait l'honneur de la découverte de celle nouvelle espèce française ; nous l’ac- cordons à notre honorable collègue, en ajoutant toutelois qu'une décou- 86 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. verte n’est un fait acquis et n’assure la priorité à son auteur qu’à dater du jour où il la fait connaître. M. Bucquoy considère comme douteuse dans les Pyrénées-Orientales l'existence de deux Eriophorum, E. alpinum et Scheuchzeri, sur les cinq espèces de ce genre qu’il mentionne. Parmi les Carex, l’un d’eux, C. macrostylon, découvert par M. Tim- bal-Lagrave dans le Llaurenti, est nouveau pour le département. ErN. MALINvAUD. Neue Thymi aus Sintenis Iter trojanum (Nouveaux Thyms rapportés du voyage de M. Sintenis en Troade); par M. le D' Lad. Gelakovsky (Flora, 1884, pp. 533-538). Ces nouveaux Thyms, au nombre de 4, rapportés de la Troade en 1883, par M. Sintenis, sont longuement décrits par M. Celakovskÿ, qui leur à imposé les noms suivants : 4° Thymus pulvinatus (nomine « Th. hirsutus M. Bieb. » editus) ; 2° Th. humillimus (legit Sintenis nomine « Th. hirsutus M. B. forma alpina »); 3° Th. imbricatus (« Th. Serpyllum var. squarro- sus Benth. »Aschers.); 4° 7h. Sintenisii (edit. nomine « Th. heterotrichus Griseb. »). Les premiers noms sous lesquels on avait publié ces Thyms indiquent suffisamment leurs affinités. Erx. M. Phytographische Notizen inshesondere aus dem Mittel- meergebiete (Notices sur diverses plantes, principalement de la région méditerranéenne), par M. J. Freyn(Flora, 1884, pp. 671-686). M. Freyn décrit trois espèces nouvelles : 4° Viola adriatica n. sp. vel subsp. (e sect. Nomimium), réc. en Croatie ; — 2 4 elampyrum catalau- nicum (synon. M. nemorosum Willk. et Lange Prodr. fl. hisp. I, p. 606), réc. en Catalogne à 900 m. d’altit. par M. Vayreda ; — 3° Euphra- sia Willkommii (qui serait E. minima Willk. Prodr. fl. hisp. II, p.619) de la sierra Nevada. L'auteur présente aussi des observations sur trois plantes : le Nepeta nuda Jacq., dont il distingue les N. violacea Vill. et pannonica Jacq., qui en seraient des synonymes d’après M. Boissier ; — le Romulea grandi- flora Tin., au sujet duquel M. Freyn rappelle, en les commentant, les intéressantes remarques de M. Battandier sur le dimorphisme de la fleur du R. Bulbocodium ; — enfin le Gagea Spathacea Schult., dont il fait connaître la distribution en Hongrie. Erx. M. Flora der Nebroden (Flore des monts Nébrodes de Sicile); par M. P. Gabriel Strobl (Flora, 1884, pages 921, 538, 621, 629). Ces articles continuent une publication commencée dans les années REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 87 précédentes du Flora, et qui est un catalogue raisonné, avec de nom- breuses observations critiques, de la riche flore des monts Nébrodes. La partie de ce travail publiée par le Flora en 1884 comprend les ordres et familles suivantes : Diandræ Sachs (Oléacées-Jasminées) ; — Contortæ Sachs (Apocynacées, Asclépiadées, Gentianées); — Tubifloræ Sachs (Con- volvulacées, Cuscutées, Solanées, Aspérifoliées) ; — Labiatifloræ Sachs (Labiées). Er. M. Æsterreichische botanische Zeitschrift, œsterr. botanisches Wochenblatt (Revue autrichienne de botanique), sous la direction de M. Alex. Skofitz, 34° année (1884). Vienne,1884. Verlag von C. Ge- rold’s Sohn. Ce volume contient les travaux suivants de botanique descriptive et systématique (plantes vasculaires d'Europe): BLocxi (Br.), pp. 51, 120, 212, 249, 359, 427. — Contribution à la flore de la Galicie et de la Bukovine. Borgas (D° Vinc. von), p. 59. — De la végétation des bois de Conifères du comitat d’Eisenburg. Braun (Heinrich), p. 422. — Melampirum moravicum, n. sp. L'auteur, après avoir décrit cette espèce, la distingue comme il suit du M. nemorosum : « Facile a Melampiro nemoroso L., quacum specie solum affinitas, » præter staluram alienissimam, calyeis angulis obtusis, dentibusque non » acuminatis, foliis brevibus, floribus densius confertis numerosisque » distingui potest. Quærendum est utrum hæc eximia planta speciem » propriam an solum varielatem Melampiri nemorosi L. constituat. » CELAKOVSKY (D' Ladisl.), p. 43. — Sur le Cleome ornithopodioides Boiss. et espèces affines. — L'auteur décrit dans ce groupe deux espèces nouvelles: Cleome aurea et C. cypria, rapportées de Turquie, la pre- mière par M. Breuer en 1883 (ex peninsula Athos), la seconde par MM. Sintenis et Rigo (in insula Cypro, in vineis prope Galata, 15 juin 1880). — Pp. 206, 237. — Sur les Polygala supina Schreb. et andrachnoïides Willd. — P. 318.— Sur le Stipa Tirsa Stev. ENTLEUTNER (D' A.-F.), pp. 14, 62. — Flore de Meran. FeuLner (Carl.), p. 176. — Schedæ ad Floram exsiccatam austro-hunga- ricam a Museo botanico Universitatis vindobonensis editam. HERMANN (Gabriel), p. 247. — Nouveaux faits relatifs à la flore hon- groise. 88 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Hirc (Dragutin), pp. 82, 284. — Études sur la flore de Croatie. Hozusy (J.-L.), p. 81. — Sur deux nouveaux Rubus (R. coriaceus et R. tomentosus X Vestii Hol.). JanxA (Victor V.), p. 273. — Éclaircissements sur deux plantes espa- gnoles (Carex asturica Boiss., Hordeum Winkleri Hackel). Kmer (Andreas), p. 15. — Rosa reversa W. Kit., Rosa Simkoviesüi, Rosa Holikensis. — P.395. — Une localité nouvelle de R. reversa. Mur (Joseph), p. 86. — Contribution à la flore du Tirol septentrional. PoLak (Karl), p. 155. — Hieracium crepidiflorum, n. sp. PREISSMANN (E.), pp. 385, 430. — Études sur la flore de la Carinthie. SaBranskY (Heinrich), p. 131. — Plantes des environs de Presbourg. SoLLa (D' R.-F.), p. 19. — Souvenirs botaniques d’un voyage en Italie. SrroBL (Gabriel), pp. 24, 63, 101, 135, ete. — Flore de l’Etna. UccerirscH (Joseph), p. 219. — Notices botaniques (Phyteuma fistulo- sum Reichb., Achillea Clavennæ var. megapetala, Centaurea coria- cea W. K. var. Plemeli). Unrcuys (K.), p. 169. — Observations sur la flore de Fiume. VELONOVSKY (D' J.), p. 489. — Contribution à l'étude des Roses de la Bohême (R. trachyphylla Rau, Jundzilliana Bess., decora Kern., du- metorum X Jundzilliana, alpina X glauca Uechtr., glauca Vill., corifolia Fries, dumetorum Thuill., fomentosa Sm., cinerea Rap., squarrosa Rau, aciphylla Rau, dumalis Bechst., insignis Gren., gal- lica X canina, tomentella Lem. — P.423.— Sur, quelques plantes de Bulgarie (deux espèces nouvelles, Verbascum glanduligerum, voisin de V. Steveni Boiss., et Jasione glabra, que l’auteur distingue des J. Heldreichii et montana). WIiEDERMANN (Léopold), pp. 88, 125. — Contribution à la flore de la Basse-Autriche (Rappoltenkirch). WiesBAUR (J.-B.), pp. 12, 42, 92, 198, 170. — Les Rosiers de Travnik en Bosnie (Rosa Brandisii Kell. ms. avec sa description ; Rosa alpina var. travnikensis Keiler ; R. resinosa Sternb.; R. tomentosa Sm. et variétés; R. floribunda Steven; R. micranthoides Kell.; R. sepium Thuill. ; R. Sabini Woods. var. tarabovacensis Kell. et sa descrip- tion; R. canina et variétés, dont une nouvelle, var. brachypetala Keller; R. aciphylla Rau; R. spuria Puget; Rosa sphæroida Rip. var. subtomentella Kell. et sa description ; R. dumalis Bechst. et ses variétés, R. venosa Sw.; R. urbica, R. dumetorum, etleurs variétés. Remarques nombreuses sur ces divers Rosa. ERN. MaLiINvAUD. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 89 Bubus nouveaux, avec un Essai sur la classification du genre ; par par M. M. Gandoger (extrait des Mémoires de la Société d'émulation du Doubs, séance du 10 nov. 1883). In-8° de 145 pages. Paris, Londres et Berlin, 1884. L'auteur a soin de rappeler dans la préface ses idées bien connues sur l'espèce dans le règne végétal. Il mentionne ensuite les botanistes qui ont essayé de classer les espèces du genre Rubus, et propose les sections suivantes : I. CHamæ8aTos Dumort. — Rubi herbacei auct.(R. saxatilis, arcticus, Chamæmorus, etc.). IT. Barinea Dumort. — Jdæobatus Focke. Rubus idœus. [E. Barorypus Dumort. — Eubatus Focke. Rubi fruticosi veri. A. Phalacrocladeæ Gandog. — Rameaux floraux glabres. B. Trichocladeæ Gandog. — Rameaux floraux plus ou moins velus ou hérissés. C. Adenocladeæ. — Rameaux floraux plus ou moins glanduleux. L'auteur décrit 133 Rubus, presque tous européens. Il donne (pp. 99 et suiv.) un Conspectus Ruborum totius Europæ hucusque descriptorum, offrant l’énumération méthodique de 980 Rubus et de 20 espèces dou- teuses. | On trouve à la fin de l’ouvrage une table alphabétique des Rubus européens. Erx. M. Cas tératologiques offerts par le Primule sinensis Lindl.; par M. Morière, doyen de la Faculté des sciences de Caen (Bul- letin de la Société Linnéenne de Normandie, 3° série, 8° volume, 1883-1884, pp. 411-421, avec 2 planches). En examinant les variétés de Primula sinensis cultivées au Jardin des plantes de Caen, M. Morière fut frappé de l’état complet de virescence de l’un des pieds. « Non seulement les divers verticilles de la fleur étaient » complétement verts, mais ils étaient constitués tous par des feuilles » plus ou moins découpées, offrant une grande analogie avec les feuilles » de la plante, et démontrant avec la plus grande évidence que sépales, » pétales, étamines et carpelles ont pour origine une feuille plus ou moins » modifiée selon les fonctions que ces organes sont destinés à remplir. » Ce phénomène avait été déjà observé, mais l’examen attentif des fleurs anomales a permis à l’auteur d'apporter de nouveaux éclaircissements sur une question controversée, celle de la formation du placenta dans les Primulacées. D’après M. Celakowsky, ce placenta est axile, mais sa zone superficielle est appendiculaire et ovulifère, M. Van Tieghem pense au 90 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. contraire que l’axe n’entre pas dans la formation du placenta, qui reste entièrement, appendiculaire (1); l’analyse qu’a faite M. Morière du Pri- mula sinensis virescent le porte à admettre la seconde opinion, L'article est accompagné de deux belles planches. ERN. MALINvAUD. Balletin de la Société Linnéenne de Normandie, 5° série, 8° volume. Année 1883-84. Caen, chez le Blanc-Hardel, 1884. 1 vol. in-8°. Nous signalerons dans ce volume les travaux suivants : Pages 50-158. Catalogue des plantes phanérogames et cryplogames semi-vasculaires croissant spontanément à Alençon ou dans un rayon de 20 kilomètres, par M. Duterte. — Ce Catalogue, dressé avec soin, mentionne 1070 espèces, toutes récoltées par l’auteur, notamment : Ranunculus ololeucos, R. Lenormandi, R. Chærophyllos ; Corydallis claviculata; Fumaria Vaillantii, F. Boreæi, F. Bastardi; Drosera intermedia ; Polygala calcarea; Lythrum Hyssopifolia; Umbilicus pendulinus : Tordylium maximum ; Œnanthe crocata; Carum verti- cillatum : Petroselinum segetum : Sison amomum; Sium latifolium ; Heliosciadium nodiflorum var.ochreatum DC.; Valerianella eriocarpa ; Petasites fragrans ; Inula Helenium; Filago iodolepis Bréb.; Vahlen- bergia hederacea; Menyanthes trifoliata; Villarsia nymphoides : Gen- tiana amarella, G. cruciata; Cicendia pusilla var. Candollii Bast. ; Linaria ochroleuca : Eufragia viscosa; Veronica montana, V. di- dyma, V. persica ; Orobanche cœrulea; Stachys alpina; Galeopsis dubia: Pinguicula lusitanica; Rumex maritimus, R. palustris; Daphne Laureola; Salix repens; Alisma ranunculoides et repens : Allium ursinum ; Narthecium ossifragum ; Iris fœtidissima ; Orchis incarnala, O. viridis; Cephalanthera grandiflora; Epipactis palus- tris ; Potamogeton rufescens ; Lemna trisulca, L. polyrrhiza, L. gibba: Luzula muxima; Scirpus maritimus; Carex maxima, C. Pseudocy- perus, C. strigosa, C. lævigata, C. Hornschuchiana, C. tomentosa, C. pulicaris : Melica nebrodensis: Gaudinia fragilis: Asplenium lan- ceolatum : Botrychium Lunaria, Lycopodium clavatum, divers Chara et Nitella. P. 358-313. Herborisations aux environs de Cherbourg, par M. Cor- bière. — Ce travail est divisé en quatre parties : 4° Observations sur le Polypogon monspeliensis var. paniceus Bréb. (qui ne serait qu’une forme naine du type), et sur les Lepturus incurvatus et filiformis de la (4) Van Tieghem, Traité de Botanique, p. 851. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. g1 Flore de Normandie de Brébisson : le premier serait une forme du second à épis incurvés et tiges couchées, le véritable Lepturus incur- vatus Trin. ne se trouvant pas en Normandie. — 2% Liste de plantes vasculaires nouvelles pour la région (Helodea canadensis, Carex ni- tida, etc.) ou rares (Trifolium suffocatum, etc.). — 3° Mousses nou- velles pour les environs de Cherbourg. — 4° Hépatiques. P. 403-M0. Note sur le Potamogeton Zizii Mert. et Koch, par M. Corbière. — Cette espèce, dont l’auteur a fait une étude minutieuse, est nouvelle pour la Normandie. P. 422-436. Coup d’œil sur la végétation dans la Hague. Compte rendu de l’excursion faite par la Société Linnéenne de Normandie le 9 juillet 1884, par M. Corbière. — Au commencement de ce compte rendu, l’auteur se livre à de judicieuses considérations sur les plantes calcifuges et calcicoles, mais c’est probablement par erreur qu’il men- tionne parmi « les plus typiques de celles-ci » le Galium cruciatum et le Melilotus arvensis. Erx. M. Société dauphinoïise pour l'échange des plantes, 12° Bul- letin, 1885. Grenoble, 43 pages in-8 et une planche. Nous avons appelé l’attention l’an dernier sur les exsiccata publiés par la Société dauphinoise (1). La distribution de cette année comprend 313 espèces, n° 4435 à 4807, parmi lesquelles les rariores suivants : Moricandia arvensis, Cardamine latifolia, Alyssum spinosum, Ge- ranium macrorrhizum, Hippocrepis glauca, Geum heterocarpum, Endressia pyrenaica, Santolina viridis, Artemisia austriaca, Sene- cio pyrenaicus, Anchusa undulata, Polygonum pulchellum, Epipo- gium Gmelini, etc.; — des plantes d'Algérie etde Tunisie (envoyées par MM. Meyer, Battandier, Deheaux et Cosson), d'Italie (Groves, Piccone), d'Allemagne (Roth), de Suisse (Ayasse, Barbey). Voici les auteurs et les sujets des annotations : Ch. Arnaud, Cen- taurea trichacantha DC.; — Battandier, Calendula marginata Willd. var. foliosa Battand.; — Billiet, Thlaspi virens Jord., Carlina orophila Lamotte ; — l'abbé Boullu, divers Rosa, Myriophyllum alterniflorum, Artemisia austriaca var. Jacquiniana Bess.; — Burnat, Linaria vul- gari-striata Boullu, Aquilegia Reuteri Boiss., Fritillaria caussolensis . Goaty’et Pons; — Callay, Salix cinereo-viminalis Wimm. ; — Doassans, Aster pyrenœus DC. ; — Franchet, Medicago aurantiaca Godr., Andro- pogon provincialis Lamk, Isoetes velata Al. Braun ; — Giraudias, Viola Foucaudi Savat.; — Groves, sur quelques Hieracium de Vallombrosa (Toscane); -—labbé Marçais, Galeopsis Ladanum var. campestris Timb.; (1) Bulletin de 1884, Revue bibliogr. p. 106. 92 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. — Miciol, Orthotrichum phyllanthum Br. et Sch.; — Moutin, Rosa pomifera Herm.;,— Ozanon, Rosa ramosissima Rau, etc.; — A. Richard, Salix daphnoides-incana Wimm.; — Timbal-Lagrave, divers Hiera- cium, Festuca consobrina Timb.; — J. B. Verlot, Oxytropis Jacquini Bunge. ERN. MALINvAUD. Notes sur quelques plantes du Sud-Ouest; par MM. Edm. Bonnet et J.-A. Richter (Journal d'histoire naturelle de Bordeaux et du Sud-Ouest, 31 mars 1885). | Le Raphanus microcarpus Lge (ap. Willk. et Lge Prodr. IT, p. 750), décrit avec soin par les auteurs, ne leur paraît être qu’un état abortif du R. Raphanistrum. — Après avoir observé dans la nature et cultivé pen- dant plusieurs années les Libanotis athamantoides DC. et bayonensis Griseb., ils sont arrivés à les réunir, comme variété à fruits glabres, au L. montana. — Ils ont rencontré aux environs de Saint-Jean Pied- de-Port le Valeriana hispidula Boiss., espèce rarissime, qu’on doit pla- cer à côté des V. officinalis L. et excelsa Poir.; MM. Willkomm et Lange l'ont rapproché à tort du V. globulariæfolia Ram. — Le Cirsium fili- pendulum Lge ne serait, d’après les auteurs, qu’une variété du C. angli- cum. — Îls admettent l’origine hybride de l'Erica Watsoni Benth., disséminé dans les environs de Saint-Jean Pied-de-Port, au milieu des E. ciliaris et Tetralix, ses parents présumés. — Par contre, ils regar- dent comme une espèce légitime le Serapias intermedia de Forest, jadis nommé sans preuves suffisantes S. linguo-longipetala. — Le Potamo- geton microcarpus Boiss. et Reut., observé près de Saint-Jean de Luz, ne serail qu’une variété naine du P. natans L. — Enfin MM. Bonnet et Richter indiquent la synonymie et les affinités du Carex Reichenbachii (Edm. Bonnet, FI. par. 420), et font connaître une localité nouvelle de l’Avena albinervis Boiss., forme australe de l’A. sulcata Gay. Erx. M. Note sur le Kanthieum spinosum L.; par M. J. Lamic (Jour- nal d'histoire naturelle de Bordeaux et du Sud-Ouest, numéro du 28 février 1885). Le Xanthium spinosum n’est pas indigène en Europe. Signalé pour la première fois, à la fin du xvur* siècle, en Portugal, d’où Tournefort en apporta des graines au Jardin des plantes de Montpellier (1), il s'est pro- pagé, depuis cette époque, un peu partout en France, dans les décombres, près des habitations, le long des routes, des cours d’eau, etc. Il est sur- (4) Magnol, Hortus monspeliensis, 1697, p. 208. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 93 tout commun dans le Midi et le Sud-Ouest; on le rencontre en Italie, en Grèce, dans la Russie méridionale, etc. ; son introduction dans le nord de l'Afrique, particulièrement en Algérie, est beaucoup plus récente. L'origine américaine de cette plante est celle qui paraît la plus pro- bable (1). Le Xanthium spinosum, très répandu au Brésil et dans toutes les contrées tropicales de l'Amérique, y est considéré par les botanistes des États-Unis (notamment M. Asa Gray) comme parfaitement spontané. Er. M. Note sur le Panicum vaginatum Kunth; par M. J. Lamic (Journal d'histoire naturelle de Bordeaux et du Sud-Ouest, 30 avril 1885). Cette Graminée fut rencontrée pour la première fois en 1824, par Ch. Desmoulins, dans le fossé bordant la nouvelle route de Paris, aux portes de Bordeaux. On s’était servi, pour la construction de la chaussée, de sable provenant du lest de navires arrivés récemment des Etats-Unis, et M. Gay ayant établi que la nouvelle plante était le Paspalum Digita- ria Poir. (Digitaria paspalodes Michx, Panicum vaginatum Kunth, ete.), spontané dans la Caroline et la Virginie, l’origine de cette introduction se trouva ainsi expliquée. Plante vivace, à végétation vigoureuse et formant des tapis serrés, re- cherchant de préférence les terrains humides, mais s'accommodant de tous les sols, même du sable pur, dans lequel ses longs rhizomes s’éten- dent facilement, le Panicum vaginatum, après avoir envahi toute la zone maritime du Sud-Ouest, est passé depuis quelques années de la vallée de la Garonne dans celle du Lot. Il a été observé dans le département des Deux-Sèvres et ne tardera pas sans doute à l’être dans la vallée de la Loire. Rien ne paraît devoir arrêter sa marche, au midi comme au nord. Les Pyrénées n'existent pas pour cette espèce conquérante, elle a pénétré en Espagne et s’y est avancée déjà jusqu'en Galice. Er. M. Les Botanistes lyonnais : 1. Claret de Ia Tourrette: sa vie, ses travaux, ses recherches sur les Lichens du Lyonnais, d’après ses ouvrages et les notes inédites de son herbier ; par M. le D' Ant. Magnin. 4 vol. gr. in-8°, de 236 pages, avec 2 planches d’autographes. Paris, chez £.-B. Baillière; Lyon, chez H. Georg, 1885. L'étude approfondie des Lichens du Lyonnais, que M. Magnin poursuit avec zèle depuis plusieurs années déjà, l’a conduit à rechercher ce qui avait été écrit sur ces végétaux par les anciens botanistes de la région, et (1) A. de Candolle Géographie botanique, u, p. 729. 94 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. à examiner les collections importantes que plusieurs d’entre eux ont laissées. Il se propose de publier, sous le titre d'Études historiques et lichénologiques, les résultats de ce travail de révision, et il a consacré la première de ces Études à Claret de la Tourrette, dont l’herbier est conservé au Jardin botanique de Lyon. Il a divisé son sujet en trois parties : 1° un aperçu de la vie et des tra- vaux scientifiques de la Tourrette ; 2° l’examen de ses publications liché- nologiques ; 3° un commentaire sur les Lichens de son herbier. Claret de la Tourrette (Marc-Antoine-Louis), est né à Lyon en 1729. « Après y avoir rempli pendant vingt ans, nous dit M. Magnin, la charge » de conseiller à la Cour des monnaies, il s’adonna entièrement à l'étude » des productions naturelles de la région. La zoologie et la minéralogie ‘» l’attirèrent d’abord, mais la botanique devint ensuite, jusqu’à sa mort, » l'objet de ses recherches favorites. » En 1763, il fonda le Jardin bota- nique de l'École vétérinaire de Lyon, et en 1766 il établit dans laterre de la Tourrette (située à trois lieues de Lyon, au-dessus de l’Arbresle) une pépinière, où il réunit un grand nombre d'arbres et arbustes étrangers. En même temps il cultivait plus de trois mille espèces dans un jardin qu'il possédait en ville sur le coteau de Fourvières. Pour enrichir ses col- lections, il voyagea dans divers pays de l’Europe, et fit de nombreuses courses d’exploration dans la région lyonnaise, dans le Forez, le Bugey, le Jura, etc. Il visita la Grande-Chartreuse en 1768, en compagnie de J. J. Rousseau. La Tourrette, mort en 1793, est l’auteur d’un Voyage au mont Pilat, comprenant un Botanicon pilatense (1710), et d’un Chloris lugdunensis (1785) inséré dans le premier volume du Systema plantarum Europe de Gilibert, Il avait conçu le plan et rassemblé les matériaux d’une Flore lyonnaise qu’il n’a pas publiée. Dombey lui a dédié le genre Tour- rettia, adopté par de Jussieu dans le Genera plantarum (1). Le chapitre troisième a pour objet : «Correspondance de la Tour- » rette avec Linné, de Jussieu, Villars et principalement Hoffmann. » Dans le suivant, intitulé « Importance des renseignements fournis par l'herbier de la Tourrette », M. Magnin montre, avec des exemples à l’appui, que l’examen des échantillons de cet herbier est indispensable « pour déterminer les espèces modernes auxquelles se rapportent celles » créées par ce botaniste », ainsi que « pour rectifier certaines assimi- » lations erronées, et aussi pour établir la synonymie exacte de beau- » coup d'espèces indiquées sous les dénominations vagues, trop générales, » employées à cette époque. » (4) Page 139, — Le Tourrettia lappacea Willd. est une Bignoniacée annuelle du Pérou, REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 99 Les publications lichénologiques de la Tourrette, analysées dans la deuxième partie, sont au nombre de quatre : 1° Botanicon pilatense (1770), se bornant, pour les Lichens, à l'indication de 11 espèces ; — 2 Chloris lugdunensis (1785), où l’on trouve l’énumération de 101 espèces distinctes et 54 variétés ou formes de ces végétaux ; — 3° Démons- trations élémentaires de botanique (1"° édition, 1766, en collaboration avec l'abbé Rozier), ne mentionnant que 68 Lichens, dont trois non cités dans le Chloris ; — 4 Enumeratio Lichenum tractus lugdunensis, extrait du manuscrit de la deuxième édition que la Tourrette avait pré- parée de son Chloris et dont les autres parties n’ont pu être retrouvées. L’'Enumeratio, qui occupe dix pages du 3° volume de l'Histoire des plantes d'Europe de Gilibert (1806), contient 180 espèces et 146 variétés, soit un total de 326 formes de Lichens. Nous regrettons de ne pouvoir suivre l’auteur dans les détails très cir- constanciés, et se prêtant peu à l’analyse, du « Commentaire sur les Lichens de l’herbier de la Tourrette et les espèces citées dans l'Enume- ratio Lichenum ». Tel est le titre de la troisième partie de l’ouvrage, qui est la plus développée et le fruit d’un travail très minutieux. M. Magnin a étudié plus de 1500 échantillons, déchiffré et reproduit le texte des étiquettes et des observations les plus intéressantes qui les accompagnent ; il a de plus ajouté ses propres remarques, comparant, pour chaque espèce, les renseignements fournis par les échantillons et les notes avec ceux contenus dans les publications de la Tourrette, et donnant la déter- mination moderne qui complète ou rectifie souvent les noms écrits sur les étiquettes, Un appendice renferme des éclaircissements sur les points suivants : la famille Claret de Fleurieu, — orthographe véritable de la Tourrette, — addition à la biographie de ce botaniste, — relations de la Tourrette avec Villars et Hoffmann, avec Rousseau et Voltaire, — travaux littéraires et scientifiques et mémoires inédits de la Tourrette. L'ouvrage que nous venons de résumer, spécialement destiné aux lichénologues, se recommande également aux érudits et à tous ceux qui s'intéressent à l’histoire de la botanique dans notre pays ; au point de vue de la forme, la bonne disposition des malières et le style très clair de l’auteur le rendront aussi agréable à lire qu’utile à consulter. "EN. MALINVAUD. Scrinia floræ selectæ, fascicule IV (1885). Saint-Quentin, chez M. Charles Magnier, directeur, Les exsiccata publiés naguère par Schultz et C. Billot ont rendu en leur temps de grands services et sont aujourd’hui à peu près Introu- 96 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. vables. M. Charles Magnier, directeur du Jardin botanique et bibliothé caire de la ville de Saint-Quentin, a entrepris, sous le titre de Flora selecta exsiccata (1), une publication analogue à celles que nous venons de rappeler, et qui fournit aux botanistes possesseurs d’un herbier et désireux d’en combler les vides un moyen commode et peu coûteux de l’augmenter rapidement. Les nombreux amateurs que la Société dauphi- noise, en vertu de ses statuts et du chiffre limité de ses membres, ne peut admettre à ses distributions, peuvent s'adresser en toute confiance à M. Ch. Magnier, dont les centuries, préparées avec beaucoup de soin et munies d'étiquettes imprimées, sont destinées à prendre place parmi les collections faisant autorité. Le zèle avec lequel notre collègue s'occupe de ses publications lui a valu à bon droit, l’an dernier, une flatteuse récompense (2). Le nouveau fascicule des Scrinia contient, comme les précédents, la liste des plantes distribuées dans l’année, suivie de notes relatives aux espèces nouvelles ou critiques. Nous y relevons les articles suivants : de M. Timbal-Lagrave, Rhamnus Alaternus s.-v. obovata Timb. et Fages ; — F. Gérard, Rosa Gabrielis Gér.; — Ch. Ozanon, Rosa Jundzilliana ; — Miciol, Peucedanum lancifolium Lge et Hymenophyllum unilate- rale Bory; — J. Daveau, Armeria berlengensis Dav. — G. Rouy, Evax Cavanillesii, Nepeta lusitanica, etc. ; — P.Genty, Deschampsia juncea ; — enfin diverses notes de M. Magnier lui-même, Sideritis Boissieri Magn., Jsoetes velata ct tenuissima, etc. ERN. MaLiINvauD. NOUVELLES (15 juin 1885.) — Sous le titre : Herbarium Africæ gallicæ, M. Magnier entreprend la publication d’un exsiccata de plantes d'Algérie. Le premier fascicule, contenant 50 plantes, au prix de 12 francs, sera prêt vers la fin de l’année. L'éditeur fait appel à la collaboration des botanistes qui résident en Algérie ou en Tunisie. (1) On trouvera, aux Nouvelles de la Revue (plus haut, page 48, et ci-dessus, page 96), de plus amples détails sur les publications de M. Magnier. Voyez aussi, sur le même sujet, la Revue de 1882, page 23, et de 1883, page 104. (2) Un encouragement, prélevé sur le prix de la Fons-Mélicocq, a été accordé en 1884 à M. Ch. Magnier, par l’Académie des sciences. Le Directeur de la Revue, | . Lo, Dr Ep. BoRNET Le Secrétaire général de la Société, gérant du Bulletin, E. MaALiINvAUD. BOURLOTON.— linprineries réunies, A, rue Mignon, 2, Paris. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE (1885) Sur le glycogène chez les Basidiomycètes: par M. Leo Errera (Mémoires de l’Académie royale de Belgique, 1885, t. xxxvn, 90 pages). Le procédé microchimique à l’aide duquel M. Errera révèle l’exis- tence du glycogène est fondé sur l’action que ce corps exerce sur l’iode. On sait qu’il se produit, quand ces deux corps sont en présence, un com- posé brun rougeâtre qui se décolore quand on le chauffe vers 50 ou 60 degrés, et reprend sa teinte primitive en se refroidissant. La coloration à froid par l’iode et la décoloration à chaud doivent avoir été observées successivement pour qu’on puisse conclure à la présence du glycogène. L’auteur s’est assuré dans plusieurs cas que les méthodes chimiques ordinaires (méthode de Brucke, etc.) permettent d'isoler la matière glycogénique, lorsque sa présence est indiquée par le procédé micro- chimique. M. Errera a étudié 46 espèces appartenant à six familles d'Hyméno- mycètes et à cinq familles de Gastéromycètes ; chez 31 d’entre elles, il a observé d’une manière certaine la présence du glycogène. IT à suivi, pour quelques espèces, et principalement pour le Phallus, les variations dans la répartition de la substance précédente pendant le développement de l'individu. Selon l’auteur, le glycogène s’accumule dans le pied des Champignons, au voisinage du sol, et cette matière serait le premier pro- duit bien défini de l’assimilation du carbone. 11 s’accumule également à proximité des spores et de tous les tissus destinés à un accroissement considérable ; il disparaît à mesure que la croissance s’achève et que les spores mürissent. En somme, par son rôle comme par ses propriétés, le glycogène rem- place l’amidon chez les Champignons. J. COSTANTIN. Zur Anatomie von Wacrocyslis luxurians (Anatomie du Macrocystis luxurians); par M. H. Will (Botanische Zeitung, 1884, n* 51-52, avec une planche). La tige du Macrocystis luxurians présente une structure très remar- T. XXXIH. (REVUE) 7 98 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. quable, car on y trouve des tubes criblés, éléments regardés pendant longtemps comme propres aux végétaux élevés. La complexité de son organisation se manifeste en outre, dans les tiges jeunes, par un certain nombre d’autres caractères. On y observe un épiderme en voie de division, un cercle de canaux gommeux ramifiés, et un anneau de cellules épaissies entre la moelle et l'écorce. Ces derniers éléments sont des fibres allongées à parois épaisses, divisées en un cer- tain nombre de loges par un nombre variable de cloisons minces, plus jeunes par conséquent que l’enveloppe générale de ces fibres. Dans les tiges plus âgées, la structure se modifie : l’anneau de cellules fibreuses est remplacé par de nombreux tubes criblés à parois épaisses, entremêlés d'hyphes.qui sont en connexion avec les éléments analogues qui constituent la moelle. Comme ces tubes criblés sont en général com- plétement entourés par les hyphes, les cribles s’observent presque toujours sur les parois transversales; cependant, si deux tubes criblés viennent à se toucher, un crible latéral existe au point de contact; les pertuis qui traversent la membrane sont alors beaucoup plus petits que les pores des cribles transversaux. J. COSTANTIN. Siebhyphen bei den Algen (Tubes criblés chez les Alques); par M. N. Wille (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, 1885, t. 11, p. 29). Les communications qui s’établissent entre les matières protoplas- miques de deux cellules voisines sont depuis quelques années l’objet de recherches très nombreuses. MM. Tangl, Hillhouse, Gardiner, Russow, Schaarschmidt, Terletzki, Berthold, Goroschankin, etc., ont montré qu’elles existent dans les tissus les plus divers d’un très grand nombre de plantes. Les Algues présentent les mêmes phénomènes; dans les Floridées comme dans les Phéophycées, on observe l’existence de cribles à travers la membrane de certaines cellules. Ce fait, signalé par M. H. Will chez les Macrocystis, vient d’être observé en même temps par M. N. Wille dans trois espèces de Laminaria (L. Cloustoni, L. digitata et L. sac- charina). J. C. Protoplasmic continuity in the Fucaceæ (Continuité du protoplasma des Fucacées) ; par M. T. Hick (Journ. of Botany, 1885, t. xx, p. 97, avec une planche). M. Hick, qui a déjà étudié la continuité du protoplasma dans les Flo- ridées, a observé des faits identiques dans trois espèces de Fucacées (Ascophyllum nodosum, Fucus resiculosus et F. serratus). Afin de mettre en évidence les relations qui existent entre les masses REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 99 protoplasmiques de deux cellules voisines, l’auteur emploie plusieurs méthodes qui ont loujours un double but, colorer le protoplasma et gonfler la membrane. Dans une première méthode, il plonge successive- ment les coupes dans le vert de méthyle acétique, dans l’eau, dans l'alun carminé, puis encore dans l’eau, etenfin dans l’ammoniaque. Un procédé plus parfait consiste à faire agir un mélange d'acide sulfurique (une partie) et d’eau (trois parties) pendant une douzaine d'heures, laver, colorer par la safranine, et monter la préparation dans un mélange d'am- moniaque et de glycérine. Grâce à ces réactifs, M. Hick est arrivé à constater l'existence de parois criblées, soit dans le tissu central, soit dans le tissu cortical; il a vu et figuré le protoplasma contracté passant sous forme de fils déliés à travers les canalicules du crible (1). J. C. Om Frohviden og dens Udvekling hos Byg (Développement et constitution de l'endosperme de l’Orge); par M. W. Johannsen (Meddelelser fra Carlsberg Laboratoriet, t. 1, pp. 103-130, avec 3 planches). Copenhague, 1884. M. Johannsen a étudié le développement de l’albumen de l'Orge et de ses téguments depuis la fécondation jusqu’à la maturité. L’ovule adhère par toute sa longueur aux parois de l'ovaire; ses deux téguments, très minces, ne se composent que de deux assises de cellules, et encore le tégu- ment externe (la primine) se résorbe-t-il peu après la fécondation. Les premières phases du développement s’accomplissent conformément aux lois qui ont été données par M. Strasburger ; il faut cependant remarquer chez l’Orge la rapide multiplication des cellules antipodes même avant la fécondation. La division du noyau de l’albumen s'effectue de la façon ordinaire. Lorsque cette division est complétement terminée, on voit apparaitre, dans l’albumen, de l’amidon qu'on ne trouvait auparavant que dans les parois de l'ovaire. C’est dans la région périphérique de lalbumen que lamidon commence à apparaître et toujours dans le protoplasma ; sa production se propage ensuite jusqu'au centre. Les trois assises cellulaires de la péri- phérie de l’alhumen ne contiennent jamais d’amidon, on y trouve surtout des grains d'aleurone. Dans les cellules amylacées on rencontre aussi des matières protéiques el huileuses. Il faut remarquer que, dans aucun cas, le réseau protoplasmique caractéristique d’une cellule vivante ne dispa- rait dans les cellules de l’albumen; on peut toujours le voir en mettant (1) L'auteur indique également des cas de communication par une large ouverture d'une cellule à l’autre, mais la membrane avait peut-être été enlevée ou dissoute par les réactifs. 100 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. les préparations dans le baume de Canada, dont l'indice de réfraction est le même que celui de l’amidon. L’albumen peut se présenter sous plusieurs aspects. Quelquefois il est blanc et pulvérulent: on dit que le grain est tendre. D’autres fois il est cassant et jaunâtre : on dit que le grain est dur ou glacé. Dans certains cas intermédiaires, la périphérie de l’albumen est glacée, tandis que le centre est tendre. M. Johannsen attribue ces différences d'aspect à la présence d'espaces remplis d'air dans les albumens tendres, et à l’absence de ces lacunes chez les grains durs. LECLERC DU SABLON. Observations on a Singular Mode of Development on the Lady-Fern [Athyrium Filix-f[œmina] (Observations sur un mode particulier de développement de la Fougère femelle) ; par M. C. T. Druery (Journal of the Linnean Society, avrii 1885, n° 136, vol. xxt1, pp. 354-360 [deux notes]). Sur la face inférieure des feuilles de l'Athyrium Filix-fæmina var. clarissima, à la place occupée normalement par les sporanges, M. Druery a remarqué des bulbilles piriformes qui lui ont paru présenter un intérêt particulier ; 1] les a semées, et a observé les faits suivants. La bulbille émet un certain nombre de poils radicaux et développe à l’une de ses extrémités une lame foliacée en tout comparable à un prothalle ordinaire. Des archégones et des anthéridies apparaissent sur ce prothalle, arrivent à maturilé; la fécondation à lieu, et une nouvelle Fougère, semblable à celle qui a produit les bulbilles, prend naissance. On voit donc que, dans ce cas particulier, le cycle normal de l’évolu- tion de la Fougère a été abrégé. Le sporange, au lieu de se différencier en spores destinées à produire la génération sexuée, s’est développé di- rectement en prothalle. L. Du S$. On Apospory in Ferns (Sur l’aposporie chez les Fougères); par M. F. 0. Bower (Journal of the Linnean Society, avril 1885, n° 136, vol. xx1, pp. 360-368, avec deux planches). Les observations de M. Druery consignées dans l'article précédent ont été reprises par M. Bower, avec plus de détails et à l’aide d’instruments plus perfectionnés. Ce dernier auteur a constaté ainsi que les bulbilles situées à la face inférieure des feuilles de Fougères ne sont autre chose que des sporanges arrêtés dans leur développement et dont le tissu non différencié en spores est resté à l’état de parenchyme homogène. M. Bower décrit en outre un nouveau mode de reproduction découvert par M. G. B. Wollaston, chez le Polystichum angulare var. pulcherri- mum. On voit quelquefois l'extrémité de certaines folioles se développer en une lame foliacée semblable à un prothalle. Dans cette lame naissent REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 401 des archégones et des anthéridies, mais on n’a pas vu ces organes s’ou- vrir. M. Bower attribue ce dernier fait non à l’imperfection des organes, mais à l'absence d’eau. En supposant que la fécondation puisse se produire pour donner nais- sance à une Fougère asexuée, le cycle de l’évolution se trouverait encore plus abrégé que dans le cas étudié par M. Druery, attendu que la plante feuillée donne directement naissance au thalle sans passer par le spo- range ni par les spores. Dans l’un comme dans l’autre cas, la plante ne passe pas par l’état de spore. M. Bower donne à la suppression de ce stade le nom d’aposporie, par opposition à l’apogamie, découverte par Farlow, qui est caractérisée par la suppression de la reproduction sexuée, le prothalle produisant di- rectement la plante feuillée. M. Bower compare ensuite ces deux modi- fications du cycle normal à deux autres modes exceptionnels de reproduc- tion qui allongent le cyele au lieu de le raccourcir: je veux parler, d'une part des bulbilles qui, nées sur la plante feuillée, reproduisent cette même plante, d'autre part de la reproduction des prothalles par voie végétalive. L. pu S. Expériences sur la grande période et les oscillations de la transpiration durant la vie végétative ; par M. Ju- lien Vesque (Annales agronomiques, 1884, L. x, pp. 113-125). M. Vesque rend compte d’une série d'expériences destinées à montrer les variations de la réserve transpiraloire chez les végétaux. Il à semé des graines de Pois et de Haricot, et mesuré, depuis la germination jus- qu’à la floraison, la quantité d’eau transpirée par les plantes obtenues, aussi bien pendant le jour que pendant la nuit. D'autres analyses indi- quaient en outre la quantité d’eau et de matières solides entrant dans la composition du corps de la plante aux différentes périodes de sa végéta- tion. Les conclusions de ces expériences se résument ainsi: 1° À mesure que la plante vieillit, la quantité d’eau qu'elle contient va en augmen- tant. 2 La quantité d’eau transpirée pendant vingt-quatre heures va en augmentant et passe par un maximum correspondant au quinzième jour après la germination. Le travail de M. Vesque conduit encore à cette con- clusion, que la transpiration nocturne, d’abord inférieure à la transpira- tion diurne, devient de plus en plus grande et finit par être supérieure à la transpiration diurne. Les observations ont été faites aux mois de mai et juin, le jour étant compté de six heures du matin à six heures du soir. L. puS. 102 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Sur les variations de la respiration avec le développe- ment; par MM. G. Bonnier et L. Mangin (Comptes rendus, séance du 20 avril 1885). 9 A 0 absorbé, pour une même plante à différents états de développement, MM. Bonnier et Mangin ont trouvé que ce rapport variait. Pour le Fusain du Japon, par exemple, il était égal à 1 le # avril 1884; le 20 novembre, il n’était plus que de 0,76 ; le 18 janvier 1885, il était égal à 0,80, et enfin, le 16 avril de la même année, il revenait à l’unité. Des résultats analogues ont été obtenus pour le Lierre, le Genêt et même pour les Coni- fères, chez lesquels le rapport reste inférieur à 1 pendant l'été. Les auteurs ont en outre vérifié que la loi, précédemment établie En mesurant le rapport de l'acide carbonique émis à l’oxygène 2 4 par eux, que le rapport est indépendant de la température, se main- 0 0 tient dans les différents états du développement ; mais ce rapport —, constant pour unétat donné de la plante, varie pendant le développement de la plante ; il passe en hiver par un minimum. LECLERC DU SABLON. Recherches sur la saccharogénie dans la Betterave;: par M. Aimé Girard (Comptes rendus, séance du 10 novembre 1884). Poursuivant les recherches qu’il avait commencées en 1883, M. Girard en a vérifié et précisé les résultats. Il à analysé, le matin et le soir, le saccharose contenu dans le limbe de feuilles de Betterave, en ayant soin de prendre, dans ces deux circonstances, des échantillons comparables. Les analyses montrent que la quantité de saccharose est bien plus forte le soir que le matin. On est donc en droit de conclure que le saccharose se forme pendant la journée dans le limbe de la feuille, et qu’il émigre ensuite dans la racine pour constituer une réserve. L. pu S$. Note sur la division des noyaux dans le Tradescantia vérginica ; par M. E. Bernimoulin. Une brochure in-8° de 10 pages avec 2 planches. Gand, 1884, L'auteur a étudié la division du noyau dans les cellules mères des grains de pollen, les cellules épidermiques et les cellules des poils sta- minaux du Tradescantia virginica. I a retrouvé les principales phases décrites par les auteurs qui l'ont précédé dans cette voie. Dans les cel- lules mères des grains de pollen, par exemple, le noyau a d’abord un aspect granuleux et renferme un grand nombre de bâtonnets chroma- tiques; puis ces bâtonnets se fusionnent de façon à former un ou plusieurs * REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 105 filaments pelotonnés. Ensuite le contour du noyau s’efface, le filament chromatique se déroule, se répand dans le protoplasma de la cellule, vient se disposer en une plaque nucléaire, se divise en un certain nombre de segments qui se recourbent et se séparent en deux groupes, pour former Îes noyaux filles. M. Bernimoulin ne parle pas de la division lon- gitudinale des segments du filament chromatique, sur laquelle d’autres auteurs ont insisté (1). L. pu S. Nouvelles Recherches sur le noyau cellulaire et les phéno- mènes de la division communs aux végétaux et aux animaux; par M. Léon Guignard (Annales des sciences naturelles, Bor., 6° série, 1885, 1. xx, pp. 310-372, avec 4 planches). Dans ce nouveau mémoire, M. Guignard continue l'exposé de ses recherches sur la structure et la division du noyau ; il se propose d’élu- cider quelques points sur lesquels les botanistes ont gardé le silence ou ne sont pas d'accord. Le noyau du sac embryonnaire des Lilium, autant par ses dimensions relativement considérables que par la netteté des phénomènes qu’il présente, lui paraît lexemple le mieux approprié à l'étude de la division. A Pétat de repos, la partie figurée du noyau se compose d’un nucléole et d’un filament formé de granulations chroma- tiques disposées en chapelet. Ces deux éléments jouent des rôles diffé- rents et peuvent être différenciés au moyen de réactifs : en employant simultanément la fuchsine et le vert de méthyle, le nucléole se colore en rouge, tandis que le filament prend une teinte verte. La membrane nucléaire, dont l'existence n'avait pas encore été bien établie pour les végétaux, est souvent bien nette dans le Lis. Elle est formée d’une assise de granulations et ne présente aucun pore. Suivons maintenant avec M. Guignard les différentes phases de la di- vision du noyau, en insistant sur les points qui n'étaient pas encore bien établis. 1° Le premier phénomène est le pelotonnement du filament, dont les replis se contractent en s’épaississant; la membrane nucléaire devient plus visible, et, tant qu’elle existe, on n’aperçoit entre les replis du fila- ment aucune substance figurée, à l'exception des nucléoles, qui peuvent déjà disparaître s’ils sont petits et nombreux. On ne voit encore se pro- duire aucune différenciation dans le protoplasma qui entoure le noyau. d% On constate ensuite la segmentation transversale du filament. Dans le sac embryonnaire du Lilium, les tronçons sont au nombre de douze. (4) Voy. Guignard, Recherches sur la structure et la division du noyau cellu- laire, etc., dont l'analyse se trouve à la page 29 du tome xxx1 de cette Revue, ainsi que l'article suivant. 104 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Aussitôt après, les granulations chromatiques se dédoublent, de sorte que chaque segment se trouve formé d’une double rangée de granulations. Celte division commence quelquefois à se produire dans la première période. En même temps ou quelquefois plus tard, la portion du proto- plasma (hyaloplasme) qui relie les granulations se divise longitudina- lement. 3 La membrane nucléaire se résorbe et laisse pénétrer dans le noyau le protoplasma de la cellule. Avant la disparition de la membrane, on voyait déjà des stries protoplasmiques rayonnant sur deux pôles opposés du noyau. Lorsque la membrane s’est résorbée, et seulement alors, se forme le tonnelet de fils achromatiques que M. Guignard a vus continus d'un pôle à l’autre. Dans le sac embryonnaire du Lilium, il y a douze fils, dont chacun est en rapport avec un des douze segments du filament chromatique. D'après M. Gnignard, ces fils proviennent du protoplasma cellulaire qui vient d’envahir le noyau. En même temps que se forme le tonnelet, les stries protoplasmiques qui entouraient le noyau se réunis- sent aux pôles du tonnelet et forment les asters; les douze segments chromaliques disposés en rayons dans le plan de l’équateur constituent la plaque nucléaire. 4° Les segments chromaliques se divisent longitudinalement, puis chaque moitié se sépare el glisse jusqu’au pôle correspondant, le long du fil achromatique. C’est à ce moment que commence la période régressive de la division du noyau, c’est-à-dire celle à partir de laquelle on va voir se produire, pour la formation des deux noyaux filles, une série de phé- nomènes inverses de ceux que nous venons d'étudier. La division longi- tudinale des segments est en quelque sorte un fait impair qui sépare les deux grandes phases de la division du noyau. » Les bàtonnets chromatiques arrivent aux pôles, se recourbent, et forment une figure étoilée qu’on appelle l'étoile du noyau fille. Les stries rayonnantes des asters deviennent plus nombreuses, et il se produit, aux dépens du protoplasma cellulaire, des fils connectifs entre les deux noyaux. 6® Les bätonnets se contractent, s’incurvent en sens divers, et soudent leurs bouts libres de facon à former un filament unique et continu qui constitue le peloton des noyaux filles. Puis les replis du peloton s'écar- tent, la membrane nucléaire se forme, et les nucléoles apparaissent au contact du filament, dont ils se séparent plus tard. A partir de ce moment, les deux noyaux filles sont complétement formés. Les recherches de M. Guignard ont surtout porté sur le noyau du sac embryounaire de plusieurs espèces de Lilium, sur ceux de l’albumen du Lilium Martagon, du Clemalis recta, du Nothoscordium fragrans, du Bellevalia romana, et sur les cellules mères des grains de pollen du REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 105 Lilium chatcedonicum, de l'Allium ursinum, du Listera ovata, etc. Le fait principal qui en résulte est la similitude du processus de la divi- sion indirecte du noyau dans les cellules d’origine animale et végétale ; s'il parait exister encore, chez les animaux, quelques exceptions aux règles qui ont été posées, il n’en est plus de même chez les végétaux. LECLERC DU SABLON. Ueber den Einfluss des Lichtes auf die Entwickelung des Assimilationsgewebe (Jnfluence de la lumière sur le déve- loppement du tissu assimilateur); par M. S. Grosglik (Botanisches Centratblatt, t. xx, n° 19, pp. 374-378, avec une planche). Dans cette note, qui n’est qu’une partie d’un travail plus étendu qu'il compte publier en polonais, l’auteur étudie l'influence de la lumière sur la différenciation du tissu des feuilles, en parenchyme en palissade, et en parenchyme lacuneux. [Il choisit pour exemple les feuilles primordiales de l’Eucalyptus Globulus, qui sont horizontales, et qui ont, lorsqu'elles sont complétement développées, des cellules en palissade à leur face supérieure et du tissu lacuneux à leur face inférieure; tandis que les feuilles de la forme adulte sont dirigées dans un plan vertical et présen- tent du tissu en palissade sur leurs deux faces. On peut distinguer trois phases principales dans le développement de ces feuilles : 1° La feuille très jeune ne possède entre ses deux épidermes, outre les faisceaux en voie de formation, qu’un tissu homogène formé de cellules isodiamétriques, que l’auteur appelle mésophylle primitif. 2 Puis les feuilles étant encore verticales, il se développe, aux dépens du mésophylle et au contact des deux épidermes, une couche de cellules en palissade. D'après M. Grosglik, ces feuilles ont alors la structure dé- finitive des feuilles de la forme adulte. | 3 La feuille devenant horizontale, la face supérieure reçoit plus de lumière que la face inférieure, et la dyssymétrie apparaît dans la structure. Le tissu en palissade de la face inférieure se transforme peu à peu en tissu lacuneux, et l’on arrive ainsi à la structure définitive. L'auteur cite quelques expériences confirmant ses idées sur l'influence de la lumière. 4° I maintint dans la position horizontale une feuille prise au premier stade du développement. Dans ces conditions, il ne se développe du tissu en palissade que sur une seule face et non sur les deux faces, comme cela a lieu normalement (voy. stade 2). 2% En opérant sur une feuille arrivée au second stade où, on vient de le voir, le parenchyme en palissade est développé sur les deux faces, et 106 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. en maintenant cette feuille verticale et également éclairée sur ses deux faces, M. Grosglik a constaté que le développement se trouve arrêté et que le parenchyme lacuneux n'apparaît pas à la face inférieure. La conclusion de ce travail est qu'il existe dans les feuilles un tissu non encore différencié, le mésophylle primitif, et que c’est aux dépens de ce tissu que se développe, soit du lissu en palissade, soit du tissu lacu- neux, suivant les conditions d'éclairage. La lumière favorise la forma- tion du tissu en palissade et l'ombre celle du tissu lacuneux. LECLERC DU SABLON. The Algæ of the Arctic Sea (Les Alques de l’océan Arctique); a Survey of the Species, together with an Exposition of the general cha- racters and the developmentof the Flora ; par M. Fr. R. Kjellman (Kon- gliska svenska Vetenskaps-Akademiens Handlingar, 1. xx, n°5); tirage à part en un volume in-4° de 331 pages, avec 31 planches litho- graphiées. Stockholm, Nordstedt et fils, 1883-85. Les recherches dont nous ne pouvons donner ici qu’un trop court ré- sumé sont le résultat de treize aunées d'observations, commencées au moment où M. Kjellman prit part pour la première fois aux explorations dirigées par M. Nordenskjüld dans les mers polaires. Dans ses voyages il a visité les côtes du Spitzberg, de la Nouvelle-Zemble, les embouchures de l'Obi et de l’Yénisséi, et tout le nord de l’Asie. A plusieurs reprises il a exploré les rivages les plus septentrionaux de la Norvége. Enfin le musée botanique de Copenhague lui a fourni, sur la flore algologique du Groenland, des documents précieux recueillis par des hommes com- pétents. - Si l’on envisage l’océan Arctique au point de vue de la distribution géographique des Algues, on est conduit à modifier les limites que les géographes attribuent à cel océan d’après des considérations cosmogra- phiques. Les actions elimatériques s’exercent en effet en sens inverse sur deux points de cette région. Le grand courant chaud du golfe du Mexique, venant se perdre au nord de la Norvège, élève la température de l'eau et rapproche du pôle les isothermes ; inversement, le courant froid qui descend le long des rivages orientaux du Groenland amène de ce côté un abaissement de température qui fait passer le même isotherme par 90° de lat. au sud du Groenland et par 71° environ au nord de la Norvège. Le domaine de l’océan Arctique ainsi considéré, comprend : 1° la mer polaire norvégienne, qui baigne la côte de la Norvége depuis le cercle polaire jusqu’à Vardô, et s'étend au nord jusqu’au 72° parallèle ; 2° la mer du Groenland, s’étendant depuis la côte orientale de cette terre jusqu'aux côtes occidentales du Spitzherg; 3° la mer de Barentz, limitée REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. | 107 au nord par une ligne droite-allant du Varangerfjord au détroit de Matotschkin, dans la Nouvelle-Zemble ; 4 la mer de Kara; 5° la mer du Spitzberg, comprenant la mer siluée au nord des deux précédentes ; 6° Ja mer de Sibérie, s'étendant de la mer de Kara au détroit de Behring ; 1° la mer arctique américaine, et 8° la baie de Baffin. Les côtes septentrionales de la Norvége, et avec elles sans doute les rives méridionales de la mer de Baffin, sont de toutes les régions polaires celles qui offrent la plus brillante végétation marine. Partout ailleurs les individus sont peu nombreux ; on y rencontre même de vastes étendues de côtes qui paraissent complétement dépourvues d’Algues. D'une façon générale, on peut y distinguer trois zones de végétation : les zones littorale, sublittorale et profonde. Suivant le point que l’on considère, la flore de chacune d'elles diffère singulièrement. La zone lit- torale norvégienne le cède à peine aux points les plus favorisés du nord de l'Atlantique ; il parait en être de même du sud du Groenland. Partout ailleurs la zone littorale est extrêmement pauvre en espèces, représentées elles-mêmes par un très petit nombre d'individus : c’est le cas pour les côtes du Spitzberg, de la Nouvelle-Zemble, plus encore pour la mer de Kara et les côtes sibériennes. Quant aux zones sublittorale et profonde, les difficultés des recherches et la nécessité de subordonner les études bota- niques à l'exploration géographique ne permettent encore aucune géné- ralisation ; on connaît tout au plus les espèces qui y vivent. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’elles semblent ordinairement plus favorisées que la zone littorale ; les dragages accomplis par l’auteur sur les côtes septen- trionales de Norvège, au large du Spitzherg et de la Nouvelle-Zemble, ainsi que par les expéditions anglaises dans la baie de Baffin, paraissent favorables à cette présomption. De toutes les familles d’Algues, les Laminariées, les Fucacées et les Corallinées sont les plus nombreuses en espèces et les plus développées. Les Laminariées surtout impriment un tel caractère à la végétation, qu'on pourrait donner à l’ensemble des mers polaires le nom de mer des Laminaires. Les Fucacées n’en caractérisent que les parties les moins froides, les moins polaires : les rivages du Groenland, du nord de la Norvége et de la mer Blanche. Les Corallinées, et surtout les Lithotham- nion, prédominent dans la zone sublittorale. De l’analyse détaillée de la fore de chaque zone dans les diverses mers polaires que l’auteur expose minutieusement, résulte une impression de grande monotonie, l’image de vastes surfaces tapissées de Laminaires, de Fucus ou de Corallinées, au milieu desquelles sont disséminées çà et là quelques Floridées aux teintes sombres, ou des Chlorosporées d’un vert foncé. Il ne faudrait pas croire pourtant que les espèces arctiques sont de petite taille ; nous pour- rions citer plus de 50.espèces communes à l'Atlantique et au domaine 108 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. polaire, qui atteignent dans l'extrême Nord leurs plus grandes dimen- sions. Ayant ainsi étudié les conditions générales de la flore marine polaire, M. Kjellman aborde l'examen des causes de la répartition des Algues dans les mers froides. Il ne doute pas qu’il faille considérer bien des facteurs encore trop peu connus ; mais il pense que dès à présent l’état général des glaces, la configuration des côtes, les marées et les courants, la nature du fond, la salure de l’eau, La température de Pair et de l’eau, la répar- tition de la lumière, peuvent donner de précieuses indications. L'influence des glaces parait tout à fait défavorable à la végétation des mers polaires : les glaces fixées aux rives rendent impossible le développement des Algues ou en diminuent tellement la période végétative, qu’elles ne peu- vent accomplir leur évolution; les glaces flottantes arracheut les plantes, ou rendent le fond impropre à toute végélation. — La configuration des côtes présente les avantages et les inconvénients qu’elle offre partout ailleurs ; disons pourtant que les baies profondes sont à peu près protégées contre l’action funeste des glaces flottantes. — Les marées et les courants exercent une action décisive sur la végétation des mers polaires ; en met- tant continuellement en mouvement les glaces flottantes, ils rendent toute végétation impossible. — La salure de l’eau a une importance capi- tale : l’extrème pauvreté de la mer de Sibérie doit être attribuée à la quantité énorme d’eau douce qui lui vient des fleuves sibériens ; en beau- coup de points la salure y est si faible, qu'on peut affirmer que l’eau douce y entre dans la proportion de deux tiers ; partout ailleurs, la salure atteint à peu près le degré moyen des mers tempérées. — La température de l'eau exerce aussi une influence considérable : il y a un lien étroit entre les températures de la surface et la richesse de la flore; les localités les plus favorisées par la température ont la flore la plus remarquable. 11 en est probablement de même de la température de l'air, qui contribue d’ailleurs à déterminer celle de l’eau. — La diminution de la lumière a une action importante en limitant la période végétative. La flore étudiée par M. Kjellman comprend 104 Floridées, 92 Phéo- sporées, 54 Chlorosporées et 9 Cyanophycées. Plus de la moitié de ces espèces se retrouvent sur nos côtes atlantiques françaises; bon nombre ont été observées dans les eaux du Pacifique, ce qui confirme l'opinion de M. 0. Drude, d’après laquelle la flore de toutes les mers constitue une seule région botanique (1). Parmi les familles les plus nombreuses en espèces, nous signalerons les Céramiées, les Corallinées et les Rhodo- mélées parmi les Floridées ; les Laminariées, les Ectocarpées et les Fu- cacées parmi les Algues brunes ; les Ulvacées et les Confervacées pour (1) Voyez Bulletin, t. xxx1, Revue bibliographique, p. 73. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 109 les Algues vertes. 38 espèces réparties entre 19 familles et 26 genres n’ont jamais été trouvées en dehors du domaine polaire; beaucoup d’entre elles sont décrites pour la première fois ou distinguées d'espèces voisines avec lesquelles on les confondait jusqu'ici; 21 d’entre elles appartiennent exclusivement aux provinces les moins froides, à la mer polaire norvé- gienne, à la mer de Barentz et à la mer Blanche. Le genre Hæmescharia (Squamariées) est le seul genre qu'on ne connaisse pas en dehors du domaine polaire. Tout confirme enfin que du côté des rivages américains, le cap Cod forme réellement la limite de la région polaire au point de vue biologique, comme l'ont affirmé Sars et M. Farlow. Au point de vue de l’origine de la flore marine polaire, l’auteur croit pouvoir conclure de ses observations qu’elle a eu son centre de déve- loppement dans les régions polaires, et qu'elle avait pendant la période glaciaire une extension plus grande qu'aujourd'hui. I y a eu depuis une immigration plus ou moins grande d'espèces méridionales, assez impor- tante en certains points pour avoir fait perdre à la flore primitive son caractère polaire. La comparaison générale de la flore marine polaire avec la flore du nord de l’Atlantique, et notamment avec celle de Cher- bourg, montre que les mers de l'extrême Nord sont relativement pauvres en Floridées, plus riches au contraire en Chlorophycées et surtout en Algues brunes. La seconde partie du livre de M. Kjellman est consacrée à la description des espèces et des formes. On comprend que nous ne puissions entrer dans aucun détail sur les 250 pages qui composent cette partie descriptive. Elle prend pour plusieurs genres, tels que Lithothamnion, Rhodomela, Alaria, Laminaria, Monostroma, la valeur d'une monographie locale qui sera nécessairement consultée par tous ceux qui s’occuperont de ces groupes. Le genre nouveau Hæmescharia se place parmi les Squamariées, à côté des Cruoria. L'H. polyqyna a été tronvé fixé sur les roches, dans la mer de Sibérie. M. Kjellman croit devoir séparer les Lithoderma des Ralfsiées, et en faire le type d’une famille, les Lithodermatées. Il considère le L. fati- scens Areschoug, comme circompolaire, et signale au nord de la Norvége une nouvelle espèce de ce genre, le L. lignicola. Parmi les Ghlorosporées, je signalerai une nouvelle Protococcoïdée pa- rasite, le Chlorochytrium inclusum, qui vit dans la fronde des Sarco- bhyllis edulis et arctica. CH. FLAHAULT. 110 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Die mikroskopische Pflanzenwelt des Suesswassers (Les plantes microscopiques des eaux douces); par M. O0. Kirchner (Die mikroskopische Pflansen-und Thierwelt des Suesswassers, bear- beitet von O. Kirchner und O. Blochmann; Theil 1); volume in-4#, cartonné, de 56 pages, avec 4 planches lithographiées. Brunswick, Hærig frères éditeurs, 1885. Le livre que nous analysons est destiné aux étudiants; il nous paraît s'adresser également aux hommes instruils, au grand public allemand, qui reste moins étranger qu’on ne l’est généralement en France aux progrès des sciences biologiques. C'est une œuvre de vulgarisation, dans laqnelle l’auteur se propose de montrer que l'étude des infiniment petits récom- pense largement ceux qui ne craignent pas d'affronter les difficultés qu’elle présente. On trouve des Algues partout, et à peu près en toute saison; mais il faut savoir les recueillir, en suivre le développement, attendre le moment favorable à leur étude et ne pas le laisser passer. M. Kirchner ne néglige aucun des renseignements pratiques nécessaires à ceux qui veulent se consacrer à l'observation des organismes d’eau douce et conserver les matériaux de leurs études. Il décrit tous les genres d’Algues connus dans les eaux douces de l’Allemagne. Chaque groupe est caractérisé par quel- ques phrases courtes, résumant les traits essentiels de sa structure et de son évolution. Une note bibliographique indiquant les ouvrages spéciaux à consulter accompagne chaque tête de chapitre; 166 figures représen- tent les types de presque tous les genres ; enfin des clefs dichotomiques conduisent aux familles et aux genres, dont les principales espèces sont brièvement décrites. CH. FLAHAULT. Ueber eine im Lebamoore als Wasserbluethe auftre- tende Rivularie (Sur une Rivulariée apparaissant comme Fleur d'eau dans les marais de la Leba); par M. F. Cohn (Bericht ueber die Thwtigkeit der botanischen Section der schlesischen Gesellschaft im Jahre 1884, p. 273-275). En 1878, M. Cohn a donné le nom provisoire de Rirularia fluitans à une Rivulariée qui était apparue, sous forme de Fleur d'eau, dans les marais du Lauenbourg. Les colonies étaient très jeunes ; cependant quel- ques spores étaient en voie deformation, et l’on put reconnaître que cette Rivulariée appartenait au genre Glæotrichia (1). La détermination spé- cifique de la plante était impossible. L'année dernière (1884), M. Cohn a reçu de nouveau, des mêmes marais de la Leba, des fleurs d’eau formées (1) Voyez le Bulletin, 1884, te XXXI, p. 70. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 41 par une Rivulaire plus âgée. Il n'hésite pas à la regarder comme un état de son Rivuiaria fluitans, et il la croit identique au Glæotrichia pyq- mæa Rabenhorst (Algen, n° 355), que MM. Thuret et Bornet ne distin- guent pas du Gl. Pisum. Cu. FL. Ueber einen neuen Polyporus aus Niederæsterreich : (Sur un nouveau Polypore de la Basse-Autriche); par M. Richard (extr. de l’'Œsterreichische botanische Zeitschrift, n° 3, mars 1885). Voici la diagnose de ce nouveau Polypore qui a été trouvé aux environs de Vienne par M. Kerner et par l’auteur : Pozyporus LACCATUS Kalchbr. (non Pers. Mycol. Europ. t. 11, page 54, qui est P. lucidus Fr.) : « Pileus durissimus convexus dimidiato- » sessilis horizontalis, supra concentrice furcatus irregulariter undulato- » tuberculatus glaber incrustatus cupreus, rarius in speciminibus ve- » tustis fuscus, valde laccato-nitens, intus rubidus densissime suberoso- » fibratus lentus, margine sterili integro nitidissimo rubido. Hymenium » latum pseudo-parenchymate inter poros rubido, poris tenuibus ore mi- » nimo ambitu orbiculari pulchre ochraceo. Sporæ minimæ glabræ ovatæ » vel subrotundæ hyalinæ. » Pileus diametro 10-20°", in parte inferiore 5-8, exteriore 1 1/2-2°" » crassus. Sporæ 3-54 longæ vel 2-44 diametro. » Dans les forêts près de Vienne (1882, A. Kerner); dans un jardin, sur les Pruniers et les Cerisiers, en compagnie du P.igniarius L. (jan- vier 1882). Cette espèce a de l’affinité avec Le P. australis Fr. N. ParoritLann. Notes on some Species of Gymnosporangium and Chrysomyza of the United States: par M. W. Farlow (extrait des Proceedings of the American Academy of Arts and Sciences, février 1885). L’auteur cherche, par une série de cultures appropriées, à découvrir les relations qui existent entre les Gymnosporangium des Juniperus et des Cupressus américains, et les Ræstelia des Pomacées du même pays. Les semis ont été opérés avec les Gymnosporangium fuscum var. glo- bosum, G. macropus, G. clavipes, G. biseptatum et G. Ellisit, sur des pousses et feuilles de Pommiers, de Cratæqus oxyacantha, C. Dougla- si, Amelanchier canadensis, Pirus cultivés, Nesæa verticillata et Pirus arbutifolia. Des spermogonies se sont montrées sur Cratæqus oxyacantha, C. Douglasii et C. tomentosa après les semis de Gymno- Sporangium fuscum var. globosum, G. macropus el G. claripes; sur Cratæqus tomentosa et Amelanchier après les semis du G. biseptatum. Le G. Ellisii n’a pas donné de résultats. 119 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. De ces expériences et de diverses considérations, l’auteur pense qu'il est possible de conclure que : L L'Œcidium du Gymnosporangium biseptalum est probablement Ræstelia botryapites. 2 L’'Œcidium du G. globosum (qui paraît distinet du G. fuscum) semble être Ræstelia aurantiaca. 3° L'Œcidium du G. macropus paraît être un Ræstelia croissant spécialement sur Prunier et Amelanchier. M. Farlow termine sa note sur les Gymnosporangium en disant que ses expériences ne lui semblent pas suffisamment concluantes, et indiquent seulement la voie à suivre dans de semblables recherches. Dans la deuxième partie de son mémoire, l’auteur signale dans les montagnes Blanches un Peridermium croissant sur Abies nigra et res- semblant au P. abietinum (A. et S.), espèce que l’on associe en Europe avec les Chrysomyxa Rhododendri et Ledi. Les explorations de l’auteur et celles de M. Faxon ont amené la découverte, en juin, du Chryso- myxa Ledi sur le Ledum latifolium dans les mêmes régions. Au mois de Juillet, les feuilles du même Ledum ne présentaient plus de Chrysomyxa, mais deux Uredo, croissant : l'un à la face supérieure, et qui est l’Uredo ledicola Peck, l’autre hypophylle, qui paraît distinet du premier. Œcidium pseudo-columnare Kuehn (Hedwigia, nov. 1884) semble être analogue au Peridermium balsameum Peck provenant des montagnes Blanches. M. Seymour a trouvé sur l'Abies canadensis un Cæoma voisin du C. Abietis pectinatæ Reess, et que M. Farlow propose de nommer C. Abietis canadensis. Le professeur J. Macoun a récolté le: Melam- psora sparsa Winter sur l’Arctostaphylos alpina, dans l’île d’Anticosti. N. PATOUILLARD. Notes on a Fungus parasitic on species of Potamo- geton ; par M. G. W. Farlow. Dans cette note, l’auteur propose de rectifier la dénomination de Dous- sansia Farlowii donnée par M. Cornu à une Ustilaginée parasite sur le Potamogeton Vaseyi. H. Hoffmann, dans les Jcones analyticæ Fungo- run (p. 69, tab. 16, fig. 3), a décrit et figuré sous le nom de Sclerotium occullum, mais sans en reconnaître la nature, une plante parasite sur Potamogeton lucens, qui parait être le Champignon étudié par M. Cornu. Pour se conformer aux lois de la nomenclature, M. Farlow désigne le Doassansia Farlowii Cornu sous le nom de D. occulta (H. Hoffn.) Cornu. N. PAT. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 113 Sylloge Fangorum omnium hucusque cognitorum ; par M. P. A. Saccardo (Sphéropsidées et Mélanconiées, vol. ur. Padoue, décembre 1884). Le Sylloge des Sphéropsidées et des Mélanconiées forme le 3° volume de l'œuvre remarquable de M. Saccardo ; il comprend 860 pages, dans lesquelles sont renfermées les diagnoses de 4212 Champignons. Les Sphéropsidées de M. Saccardo correspondent sensiblement au groupe de même nom de Léveillé; elles renferment les Sphæropsideæ, Phyllosticteæ et Cystisporaceæ de Fries. L'auteur les divise en quatre familles : les Sphærioideæ, les Nectrioideæ, les Leptostromaceæ et les Excipulacee. Les Sphærioideæ sont caractérisés par un périthèce membraneux, car- bonacé ou subcoriace, noir, globuleux, conique ou lenticulaire, immergé ou superñciel; ils comptent 3290 formes, divisées en sections d’après la forme ou la couleur des spores : Hyalosporæ, 31 genres; Phæospore, 9 genres ; Phæodidymeæ, 5 genres, Hyalodidymeæ, T genres ; Phragmo- sporæ, 9 genres ; Dictyosporæ, 4 genres ; et Scolecosporæ, 12 genres. Les Nectrioideæ ont un périthèce charnu ou céracé, blanc, jaune ou orangé, globuleux, rarement hystérioïide ou cupulé; des spores de formes variables, toutes hyalines. Ce sont pour la plupart des états im- parfaits d'Hvpocréacées. Ils comprennent 14 genres répartis en deux sous-cohortes : les Zythieæ et les Patellineæ. Les Leptostromaceæ ont le périthèce plus ou moins distinctement di- midié, astome, ostiolé ou s’ouvrant par des fentes comme les Hysterium, membraneux ou carbonacé, noir. 13 genres dans 4 sections : Hyalo- Sporæ, Phæosporæ, Phragmosporæ et Scolecosporæ. Les Excipulaceæ ont le périthèce cupuliforme ou hystérioïde, d’abord subsphéroïde, puis largement ouvert, membraneux ou carbonacé, noir, glabre ou pileux. 22 genres distribués dans quatre sections analogues à celles de la famille précédente. Le groupe des Melanconieæ Sacc. répond aux Mélanconiées Berk. (Outl. Brit. Fung.p. 323), légèrement modifié; il correspond aux Stilbo- Sporeæ, Coryneaceæ et Cystisporaceæ de Fries. 36 genres divisés en 6 sections d’après la couleur et la forme des spores. A la suite de la diagnose de chaque famille ou de chaque section, l’au- teur à placé une clef analytique des genres de la famille ou de la section ; à la fin de chaque grand groupe se trouve un répertoire des plantes ser- vant de substratum aux espèces décrites dans le groupe. Le volume se termine par un Jadex des genres et des sections et par un Index alpha- bétique des espèces et des synonymes. Dans le nombre très considérable des formes décrites, l’auteur a cru T. XXXII. (REVUE) 8 114 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. devoir maintenir comme espèces des formes incomplètes dont l’état asco- phore est connu. Ainsi le n° 1964, Diplodia populina Fuck., est la pycnide de l'Otthia populina;le n° 1966, Diplodia Carp ini Sacc., celle du Cucur- bitaria Carpini ; le n°1967, Diplodia Coryli Fuck., celle de lOtthia Coryli, etc. On remarque également quelques genres nouveaux, établis pour des formes pyenidiennes : par exemple, le genre Macrodiplodia Sacc. comprend deux espèces qui sont des pycnides de Massaria. Enfin cer- tains genres Friesiens ont été fractionnés en plusieurs nouveaux genres d’après des caractères tirés de la forme du périthèce, de la présence ou de l'absence de poils à sa surface, de la couleur des spores, etc. Ainsi le genre Diplodia de Fries a donné : Diplodia, Macrodiplodia, Chætodi- plodia, Diplodiella et Botryodiplodia dans les Phéosporées, etle genre Diplodina dans les Hyalosporées. Bien que d’une utilité incontestable pour l’étude, ce troisième volume du Sylloge a moins d'importance que les précédents, car les plantes qui y sont décrites constituent toutes des formes imparfaites que les progrès de la science feront disparaître en permettant de les rattacher aux espèces dont elles dérivent. N. PATOUILLARD. Sul genere Pestaloizzia; saggio monographico (Sur le genre Pestalozzia ; essai monographique); par M. P. Voglino (extrait des Atti della Società Veneto-Trentina di scienze naturali, vol. 1x, fasci- cule 2). Broch. in-8° de 40 pages et 3 planches lithogr. Ce mémoire renferme les descriptions de 89 espèces de Pestalozzia, dont 53 existent en Europe, 35 dans l'Amérique du Nord, 6 dans l’Amé- rique du Sud, 4 en Asie, 3 en Afrique, 2 en Australie et 1 à la Nouvelle- Calédonie. Nous y remarquons 3 espèces nouvelles qui ne sont pas signa- lées dans le Sylloge de M. Saccardo : ce sont P. Montellica Sacc. etVogl., sur des feuilles de Chêne en Italie; P. affinis Sacc. et V., sur l’écorce de la Vigne et du Noyer, aux environs de Malmedy (Libert. exsic. n° 346), et P. abietina Vogl. (P. conigena Lév.), sur les cônes de l'Abies excelsa, près de Parme, dans la Carniole et le Massachusetts (Amér. septentr.). Le genre est divisé en trois sous-genres : 4° Eu-Pestalozzia Sacc. (conidies colorées portant au moins deux soies) ; 2 Monochætia Sacc. (conidies colorées ne portant qu'une soie), et 3° Pestalozzina Sacc. (conidies hyalines). Enfin les trois planches terminant le mémoire représentent 40 espèces, dessinées par M. N. Berlese. N. PAT. Revue bryologique, publiée par M. Husnot; année 1884, n° 4-6. Nous avons rendu compte (t. xxx1, Revue, p. 24-25) des trois pre- miers numéros de la Revue bryoloyique pour 1884. Les n°’ 4,5 et 6 renferment des articles très intéressants de M. Phili- REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 415 bert sur l'importance qu'il faut attacher aux caractères tirés de l’organi- sation du péristome, et notamment de la conformation des dents externes, pour la classification des genres et la détermination de leurs affinités naturelles ou de la parenté originelle des diverses espèces. La ressemblance du sporogone, et particulièrement celle du péri- stome, indique, à son avis, une parenté plus ancienne et d’une manière plus sûre ; mais lorsque cet indice fait défaut, il faut bien avoir recours aux ressemblances du système végétatif. Il est probable d’ailleurs, ajoute l’auteur, que ces formes à péristome nul ou mal développé sont dérivées avec le temps de formes plus parfaites dont elles ont conservé les autres caractères. Ce principe posé, l’auteur trace ainsi l’exquisse d’une classification naturelle des Mousses. Mettant à part les Sphagnum et les Andreæa, qui ont, les premiers un système végétatif, et les seconds un sporogone d’une nature spéciale, et laissant de côté les Polytrichacées ainsi que les Tétraphidées, qui rentrent dans le groupe des Mousses Nématodontées de M. Mitten, M. Philibert ne s'occupe que des Mousses Arthrodontées, c'est-à-dire à péristome externe constitué par des dents articulées. Deux types extrêmes et opposés se présentent dans ce groupe, celui des Dicranum et celui des Hypnum. Dans les Dicranum, le péristome se compose de deux couches de plaques ou articles aplatis ; la couche ex- térieure est formée d’une seule rangée de plaques minces ; on rencontre dans la couche intérieure deux rangées d'articles trapézoïdes. Le type des Hypnum est en quelque sorte inverse : la couche externe est formée de deux rangées de plaques, tandis que la couche interne ne comporte qu’une seule rangée d'articles épais et fortement lamellifères. D'où une première division en Mousses Aplolépidées et Diplolépidées, suivant que le péristome a une simple rangée de plaques (Asxiç, écaille) à l’extérieur ou que cette rangée est double. Les Aplolépidées sont composées de plusieurs types, selon que les pla- ques externes sont striées verticalement et fortement trabéculées (type des Dicranum), ou qu’elles sont lisses et sans trabécules (type des Grimmia), ou que les seize dents normales sont divisées en trente-deux, dont les deux couches ne représentent qu’une seule série d'articles allongés (type des Barbula). Les Diplolépidées comprennent trois types. Le type principal est celui qu’on trouve dans la plupart des Pleurocarpes et dans de nombreuses familles d’Acrocarpes (Bryacées, Mniacées, Bartramiées, Timmiées, Méésées, Aulacomniées). Un second type est celui des Orthotrichum, auquel se rattachent les Splachnacées. Un troisième type enfin est celui des Funaria. Quant aux Encalyptées, qui ne peuvent se rattacher à 416 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. aucun de ces types, elles pourraient être considérées comme le point central d’où les autres formes de Mousses auraient divergé. Dans le n° 6 de la Revue, M. Philibert étudie la structure du péristome des Splachnum, et arrive à cette conclusion, que ce péristome est au fond conformé comme celui des Tetraplodon, Tayloria, Dissodon, c’est- à-dire comine celui des Orthotrichum ; toute la différence consisterait en ce que certains éléments de sa structure, qui se détruisent ordinairement dans les autres Mousses avant la maturité, sont ici persistants. Le n° 4 de la Revue bryologique renferme, indépendamment des arti- cles de M. Philibert que nous venons d'analyser d'une manière très som- maire : 1° une note de M. Cardot sur quelques variétés nouvelles de Sphagnum , trouvées surtout dans la Campine anversoise ; 2° la des- cription d’un nouveau Fissidens, le F. subimmarginatus Phil., trouvé près d’Aix en Provence, par M. Philihert. Le n° 6 contient : 1° une note de M. J. Cardot sur l’Andreæa com- mutata Limp., qui ne serait qu’une forme de l’A. falcata Sch., laquelle n’est considérée par un certain nombre de bryologues que comme une variété de l'A. rupestris; 2 la description d’une nouvelle espèce de Mousse du genre Plychodium, le P. erectum Culm., trouvée stérile en Suisse, au sommet du Leistkamm, par l’auteur, M. P. Culmann, et celle du Blindia trichodes Lindb., Mousse déjà observée en Angleterre et en Allemagne, et que M. Philibert a trouvée dans les montagnes de la Corse, près de la Foce de Vizzavona, vers 1100 mètres d'altitude. Eu. BESCHERELLE. Revue bryologique, publiée par M. Husnot ; année 1885, n°° 1 à 4. Le n° 1 renferme : 1° une Clé analytique des Mousses pleurocarpes de la flore française à l'état stérile, dressée par M. l'abbé V. Berthoumieu; 2° une notice de MM. Renauld et Cardot sur une nouvelle espèce de Poly- trichum, le P. ohioense, qui diffère de toutes ses congénères par la forme des cellules marginales des lamelles. Le n° 2 contient : {° Ia liste des Mousses du Paraguay, distribuées en 1884 par M. Balansa : on y trouve l'indication de vingt-six espèces nou- velles, dont la description sera donnée ultérieurement ; 2° la description d’une nouvelle espèce du genre Rhacomitrium, le R. mollissimum Phil. trouvée par son auteur dans le val d’Anniviers en Valais; 3° une Table analytique des Mousses pleurocarpes d'Europe, dressée par. M. N. C. Kindberg ; 4 une note de M. P. Renauld sur les Ptychomitrium pusillum Br. et Sch., Polytrichum strictum Banks, et Brachythecium salicinum Bryol. Eur. Dans le n° 3, on trouve la description, par M. S. 0. Lindberg, des Hépatiques ci-après : Scalia Hookeri (Lyell); Fossombronia incurva REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 417 Lindb., F. Dumortieri (H. G.) Lindb., F. cristata Lindb.; — 2 une notice de MM. Renauld et Cardot sur divers Sphagnum de l'Amérique septentrionale, dont deux espèces nouvelles : les Sphagnum affine et Fitzgeraldi, le premier, intermédiaire entre les Sph. cymbifolium et Austini, le second très voisin du Sph. Pylaiei. Le n° 4, qui vient de nous parvenir, renferme: 1° Une note de M. l'abbé Boulay sur deux Mousses de l’herbier de la Faculté des sciences de Montpellier, le Phascum carniolicum W. et M., trouvé par Bentham à Gramont, près de Montpellier, et le Fissidens polyphyllus, recueilli par Grateloup, en 1810, à Cambo (Basses-Pyrénées). L'examen de cette dernière espèce à donné à M. Boulay l’occasion de constater que le F. polyphyllus ne diffère pas spécifiquement du F. serrulatus, dont il ne constituerait qu’une variété boréale. — % Une note de M. Venturi sur le genre Pottia, qu’il envisage sous le rapport des spores, dont l'aspect extérieur peut fournir de bons caractères pour la détermination des espèces. À l’aide de ces caractères, M. Venturi rattache au P. Star- keana la variété conica du Pottia minutula, et la variété leucodonta du P. lanceolata. Quant au P. mutica, qui a été considéré par Juratzka et M. Braithwaite comme un simple synonyme du P. Starkeana, et par Juratzka d’abord, du P. minutula, M. Venturi expose les raisons qui le portent à admettre son maintien au rang d'espèce distincte, — 3 Une notice de M. Renauld sur les Mousses ci-après des Pyrénées : Hypnum Vallis-Clausæ Brid., Thuidium decipiens de Not., Rhynchostegium murale var. subalpinum, Brachythecium olympicum Jur. — 4° Une note de M. l'abbé Berthoumieu, relative à la découverte qu'il a faite au mont Dore des Barbula icmadophila Sch., Andreæa alpina Turn., et Pseudoleskea tectorum Sch. Ex. B. Trochobryum, novum genus Seligeriacearum :; par MM. J. Breidler et G. Beck (in Verhandlungen der K. K. zooloq. botan. Gesellschaft, 1885, Band xxx1v, page 105). La diagnose de ce nouveau genre de Mousses, qui à déjà été reproduite dans la Rerue bryologique de 1884, p. 60, est la suivante : « Plantæ humiles, Seligeriæ generis speciebus affinitate proximæ. Folia » e basi brevi laxe areolata, costa percurrente longe subulata. Capsula in » seta crassa, subsphærica, pachyderma, collo brevi indistincto suffulta, » sicea depressa, deoperculata, subdisciformis vel plano-infundibulifor- » mis. Peristomii dentes 16, æquidistantes, hygroscopici, latiusculi, sine » linea divisurali. Operculum columellæ adnatum, apiculatum. Calyptra » cucullata. » Ce genre, dont le nom est tiré de la forme de la capsule (r20y5:), est établi pour une petite espèce de Séligériacée, le Trochobryum carnioli- 418 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. cum, trouvée par M. P.-S. Robic en mai 1882, sur des roches calcaires humides, dans les gorges de Dobliza-Graben (Ulrichsberg), en Garniole. Elle se fait remarquer, d'après la planche qui accompagne la descrip- tion, par ses feuilles très longuement subulées, et elle diffère de toutes les espèces du genre Seligeria par son péristome extrêmement hygros- copique, formé d'une membrane épaisse’; par la capsule, qui se déprime, après la dispersion des spores, en un entonnoir d’abord aplani puis dis- ciforme ; enfin par l’opercule soudé à la columelle persistante. Eu. BESCHERELLE. Epatiche raccolte alla Terra del Fuoco dal Dott. C. Spegaz- zini nell’anno 1889, illustrate dal Dott. C. Massalongo (in Nuovo Gior- nale botanico italiano, xvu, n° 3, p. 201-277; avec 17 planches). Les Hépatiques de la Terre de Feu avaient déjà été l’objet des études de W. Hooker (Musci exotici), de J.-D. Hooker et T. Taylor (Flora an- tarctica), G. Montagne, W. Sullivant, Angstrôm et de M. Mitten. Mais tout n’était pas dit. Les missions astronomiques envoyées en 1882 au cap Horn par l'Italie d’un côté, et par la France de l’autre, serviront à augmen- ter nos connaissances sur les Hépatiques de cette région. La France s’est laissé devancer par l'Italie dans le compte rendu de sa mission au point de vue botanique, et les travaux préparés à ce sujet par les savants français pourront bien ne servir qu’à augmenter le nombre déjà si considérable des synonymes. Espérons cependant qu'il n'en sera pas ainsi, et qu’une vive impulsion sera donnée à la publication des résultats botaniques obtenus par la mission française. Le travail de M. Massalongo s'applique à 103 espèces d’Hépatiques ré- coltées par M. Spegazzini. Avant lui on ne connaissait de cette région que 95 espèces, dont il n’a rapporté d'échantillons que pour 46 espèces. C’est donc un appoint de 57 espèces qu’on lui redoit (103— 46) ; le nombre des Hépatiques de la Terre de Feu se trouve ainsi porté de 95 à 152. Les genres qui dominent comme nombre d’espèces sont les Gottschea (7), Plagiochila (6), Jungermannia (8), Lophocolea (14), Chiloscyphus (7), Cephalozia (5), Lepidozia (10), Lejeunia (6), Riccardia (5). | Les Frullania sont représentés par 4 espèces, — les Blepharidophyl- lum, Adelanthus, Isotachys, Polyotus, Metzgeria et Marchantia, par 3 espèces, — les Leioscyphus, Bazzania, Radula et Leperoma, par 2; — les Acolea, Scapania, Pigafettoa, Gymnanthe, Porella, Trichocolea, Schisma, Symphyogyna et Anthoceros, par une seule espèce. | Un seul genre est nouveau, c’est le‘genre Pigafettoa (qui serait mieux écrit Pigafettæa), dédié à Pigafetta de Vicence, un des premiers explo- rateurs du pays. L'auteur le place dans la tribu des Jungermanniées, après le genre Cephalozia, et il le caractérise ainsi : REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 419 « PIGAFETTOA. — Perichætium oligophyllum subunijugum, terminale » vel ob innovationes subforales pseudolaterale; foliis perichætii cau- » linis subconformibus; colesula subobovata macrostoma superne tri-qua- » driloba, lobis irregulariter inciso-dentatis suberistatisve. Calyptra piri- » formis, basin versus pislillidiis (3-5) sterilibus obsita. Folia caulina » subtransverse subsuccuba, bifida, areolatione e cellulis pachydermis » conflata; amphigastria foliis minora bidentata. » Se rapproche du genre Hygrobiella R. Spr.; mais ce dernier genre diffère du Pigafettoa par la colésule microstome, non lobée supérieure- ment, et par les feuilles à cellules leptodermiques. La seule espèce connue est le P. crenulata Mass. Les 17 planches qui accompagnent le travail de M. Massalongo représentent, figurées au trait, 38 espèces ou variétés nouvelles. Ex. B. Muscologia gallica, par M. Husnot. Nous avons rendu compte l’année dernière (1) de cette publication, qui doit former 10 livraisons de 32 pages, et dont la première a paru dans le commencement de 1884. Depuis, M. Husnot a publié deux nouvelles livraisons; la dernière s'arrête au Desmatodon flavicans. Les planches qui accompagnent le texte sont mieux dessinées et les contours plus nettement accusés que dans la première livraison. Il est regrettable que l’auteur n’ait pas cru devoir indiquer les familles auxquelles se rapportent les espèces qu’il décrit à la suite les unes des autres, dans l’ordre du Synopsis de Schimper, avec cette différence que les Phascacées sont intercalées parmi les Acrocarpes. Ex. B. Bryologia fuegiana; par M. Ch. Mueller (Flora 1885, n° 21-23). M. Ch. Mueller, ayant eu à examiner les Mousses récoltées à la Terre de Feu par M. Spegazzini, en 1882, s’est trouvé naturellement amené à étudier la flore bryologique de cette région ; c’est le résultat de cette étude qu’il publie sous le titre de Br'yologia fuegiana. Ce travail comprend les récoltes de Commerson (1767), de Menzies (1787), de sir J. Dalton Hooker, et de Lechler. L'auteur y a ajouté celles de MM. le D' Savatier( Voyage de la « Magicienne »), Hariot (Mission française du cap Horn) et Spegazzini. Les espèces qui y sont énu- mérées sont au nombre de 152, dont 52 nouvelles. Parmi ces dernières, 4 ont été recueillies par M. le D' Savatier, 9 par M. Hariot et 39 par M. Spegazzini. Les Mousses nouvelles de M. Spegazzini et quelques-unes de M. Hariot sont seules l’objet d’une diagnose. Sans entrer dans le (1) Voyez Revue bibliographique, t. XXX1, p. 22. 490 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. détail des espèces, nous croyons devoir donner ci-après la liste des nouveautés. Ge sont : Sphagnum falcatulum Besch. et S. bicolor Besch.; — Funaria fue- giana C. M.;, — Leptotheca Spegazzinii G. M.; — Polytrichum trachy- notum CG. M., P. Spegazzinii C. M.; — Mielichhoferia Spegazzinti C. M.;, — Bryum Spegazzinii C. M., B. minusculum C. M.,B. gemmatum C. M., 8. arenæ C. M., B. sphagnadelphus C. M., B. philonoteum C. M.; — Blindia humilis C. M., B. austro-crispula GC. M., B. leptotricho- carpa G. M., B. auriculata C. M., B. lygodipoda C. M; — Dicranum Saddleanum Besch., D. leucopterum C. M., D. Harioti C. M., D. au- strale Besch., D. (Campylopus) flavissimum C. M., D. (Campylopus) orthocomum Besch., D. (Campylopus) lanigerum Besch., D. (Campy- lopus) perincanum C. M., D. (Campylopus) Spegazzinii G. M.; — Bar- tramia (Plicatella) aureola, comosa et Hariotiana Besch.; — Pottia Spegazzinii C. M.;— Barbula patagonica CG. M., B. chrysopila C.M., B. conotricha C. M.; — Macromitrium Harioti et Saddleanum Besch.; — Orthotrichum (Ulota) pygmæothecium, inclinatum, incanum et crenato-erosum CG. M.; — Grimmia subnigrita, depressa, sublampro- carpa et pachyphylla C. M.; — Ptychomnium cygnisetum C. M.; — Hyp- num (Drapenocladus) laculosum G. M.; Brachythecium paradoxum, longidens et sericeo-nitens G. M.; Hypnum (Cupressina) Spegazzinii C. M.,et H. (Limbella) confluens C. M. ÉM. BESCHERELLE. Der Pilz-Grind der Weïinreben (Broussins de Champignons, tumeurs ligneuses des Vignes causées par un Champignon); par M. von Thuemen [Laborator. der K.K. chem.-physiol. Versuchs- station fuer Wein- und Obstbau zu Klosterneuburg bei Wien, n° 5, avril 1864]. Klosterneuburg. Verlag d. K. K. Versuchsstation. L'auteur étudie sur des échantillons qu’il a reçus de Roumanie la nature et les causes des tumeurs ligneuses ou broussins de la Vigne (1). Il décrit les caractères extérieurs des broussins qui se développent sur les tiges. Ils peuvent atteindre des proportions énormes. L'auteur a vu, sur une Vigne d’une cinquantaine d'années, une de ces masses qui occupait presque sans interruption une longueur de 48 centimètres. Ces broussins sont formés de petits tubercules à peu près régulièrement hé- misphériques, de grosseurs diverses et serrés les uns contre les autres. L'étude anatomique montre que ces corps se forment dans la zone d’ac- croissement de l’année précédente, sauf de rares exceptions, et qu’ils ont à peu près l’organisation du bois de blessure. On n’y observe pas de (1) Je pense que l'on peut traduire en français le mot Grind par le nom broussin, qui a été employé par Dunal pour désigner la même altération des tiges des Vignes (altération qu’il attribuait à tort à l'Erineum) REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 491 mycélium de Champignon, mais M. von Thuemen a trouvé constam- ment des spores de Fusisporium à la surface de ces tumeurs. L'auteur rapporte les diverses opinions émises sur la cause des broussins de la Vigne, et expose sa manière de voir personnelle, qu’il résume dans les conclusions suivantes : 1° On doit considérer la maladie des broussins à Champignons (Pilz- Grind) de la Vigne, qui très vraisemblablement est identique à la maladie ordinaire des broussins, comme causée par les froids de printemps, la trop grande humidité du sol, et en partie aussi par la mauvaise qualité d'un terrain impropre à la culture de la Vigne, mais surtout par l’inva- sion d’un Champignon appartenant au genre Fusisporium, dont on n’a pu, il est vrai, trouver jusqu'ici la forme végétalive, mais que l’on peut cependant, en raison de la présence constante de ses spores qui accom- pagnent toujours les déformations caractéristiques, considérer sans le moindre doute comme prenant une part essentielle à l'extension du mal, 2 Comme moyen préservatif, l'assainissement du sol et le drainage des terrains trop humides auront certainement toujours de bons résultats. En outre on évitera de cultiver des cépages trop précoces. L’amputation des ceps infectés, au-dessous des broussins et immédiatement au-dessus du sol, devra aussi être recommandée. Enfin on ne saurait trop conseiller aux vignerons d’être prodigues de soins et d'attention pour donner à leurs Vignes une culture rationnelle. ÉD. PRILLIEUX. Rapport sur la maladie des Oliviers dans l'Hérault; par M. Prillieux (Bulletin du Ministère de l’agriculture, 4 année, n° 3, pp. 239 et suiv.). Dans ce rapport destiné à renseigner les cultivateurs de l'Hérault sur la nature d’un mal qui leur a causé de grands dommages, l’auteur fait remarquer que le Noir ou Morfée a le plus souvent un double caractère, et qu’en même temps que les arbres se couvrent d’un revêtement noi- râtre, ils sont aussi atteints du miellat et sont couverts de Kermès (Cher- mes Oleæ Bern.). Il indique les formes diverses sous lesquelles se présente le petit Champignon (Fumago) qui forme le revêtement noir des feuilles et que M. Tulasne a étudié d’une façon complète, et il montre combien il se multiplie facilement par gemme, chaque cellule végétative suffisant pour reproduire le petit être. Puis il fait voir que l’enduit visqueux et sucré du miellat fixe les cellules détachées que le vent emporte, et leur fournit en outre un terrain où elles peuvent croître avec une grande rapidité etune grande vigueur. L’enduit sucré est produit par les Kermès, qui piquent les feuilles. Ces insectes nuisent donc doublement, en piquant l'arbre et l’épuisant, et secondement en favorisant le développement du Fumago. 1499 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. On peut trouver, bien que rarement, des Oliviers altaqués par le Kermès et que le Noir n’a pas envahis. Ils sont chétifs, affaiblis, mais ne cessent pas de donner des fruits; tandis que, quand le Fumago se développe, les fruits ne se forment pas ou tombent. Les grands froids font disparaître souvent le Noir; ils tuent les Kermès, qui ne résistent pas à une température de — 9° à — 10°. Parmi les divers moyens proposés pour combattre le Noir, celui dont les praticiens les plus distingués ont obtenu les meilleurs résultats con- siste à tailler énergiquement les Oliviers atteints du mal, à couper les grosses branches pour renouveler les arbres : on détruit ainsi déjà une partie des parasites et l’on aère largement l’intérieur de l'arbre; puis on opère des aspersions d’eau de chaux et des badigeonnages à la chaux sur les Oliviers élagués. On doit en outre chercher à rendre aux arbres de la vigueur en leur donnant tous les soins qu’exige une bonne culture. Ep. PRILLIEUX. Sur la nature et la production de la miellée; par M. Boudier (Association française pour l’avancement des sciences, Congrès de Blois, 1884, séance du 6 sept.). Tir. à p. de 8 pages in-8. La production abondante d’un liquide sucré sur les feuilles s’observe surtout par les fortes chaleurs durant les mois d’été, sous un épais cou- vert de verdure. On peut voir, dans les endroits où un rayon de soleil filtre à travers le feuillage, des millions de petites gouttelettes d’une grande finesse qui tombent sans interruption. Toutes les fois qu'on ob- serve ce phénomène, on trouve en abondance des Pucerons sous les feuilles du couvert. Quand la température est élevée et le temps sec, la pluie sirupeuse se concentre en tombant et forme des gouttes de sirop plus ou moins grosses, qui peuvent se solidifier. En examinant au microscope les feuilles qui commencent à se couvrir de miellée et où les gouttelettes sucrées sont très fines, on voit que ces gouttelettes sont aussi nombreuses sur les parties des feuilles privées de stomates que sur celles qui en possèdent. Si l’on observe à la loupe une branche dont les feuilles sont couvertes de Pucerons, on peut voir ceux-ci rejeter par leur extrémité abdominale une petite gouttelette incolore, réfractant fortement la lumière et tout à fait pareille à celles de la miellée des feuilles qui sont au-dessous. En introduisant dans une éprou- vette bien sèche une grappe de Faux-Ébénier dont le pédoncule était couvert de Pucerons, M. Boudier a pu recueillir en deux jours une assez grande quantité de gouttelettes excrétées par ces insectes pour en faire un sirop qui à présenté les mêmes phénomènes de fermentation que le miellat lui-même. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 193 I a trouvé dans le miellat récolté en plaques ou en larmes et provenant du Puceron du Faux-Ébénier : Sucre de canne.................,.,.............. 97,25 pour 100. Sucre interverti.....,....................... .... 16,25 Dextrine, matières mucilagineuses, albumineuses, ete. 26,50 100,00 Ïl n’a pas reconnu de mannite. La proportion du sucre de canne et du sucre interverti diffère un peu de celle que M. Boussingault a déterminée pour le miellat du Tilleul. Le miellat contient souvent des Mucédinées; il est possible qu'en se développant, elles transforment une partie du sucre de canne en sucre interverti. Quand le temps est humide, il se développe sur les feuilles couvertes de miellée diverses Cryptogames, appartenant principalement au genre Cladosporium et connues collectivement sous le nom de Fumago. ÉD. P. Weitere Mittheilungen ueber den Krebs der Apfel- bæume (Nouvelles Observations sur le chancre des Pommiers); par M. R. Gœthe, avec 4 planches (Deutscher Garten Monatsschrift… herausgegeb. v. D' Bolle). Berlin, 1880, Heft 2 Dans un précédent travail, l’auteur avait exprimé l'opinion que le froid était la cause directe de tous les vrais chancres qui sont caracté- risés par la présence d’un petit rameau ou d’un bourgeon au centre de la plaie dont les bords sont concentriques. Depuis il a pu constater la pré- sence de chancres sur des arbres qui n’avaient pas été exposés au froid. En plaçant dans un lieu humide des pousses de Pommier portant de ces chancres, il vit au bout de peu de jours se développer sur plusieurs points des plaies, surtout auprès des bourgeons, de petits amas d’un blanc de neige bien visibles à l'œil nu et où le microscope permit de reconnaître un stroma de Ghampignon, dont les cellules superficielles se couvrirent de spores cylindriques faiblement courbées et divisées en quatre à six tronçons, qui se rapportaient bien au Fusidium de Will- komm. Des branches de Pommier d’autre provenance produisirent en outre de petits périthèces globuleux d’un beau rouge, distincts à l'œil nu, et se rapportant au genre Nectria. M. Gœthe put s'assurer que ce parasite du chancre du Pommier est bien le Nectria ditissima, qui, d'après les observations de M. R. Hartig, est aussi l’une des causes du chancre du Hêtre. M. Gæthe est parvenu à produire des chancres sur le Pommier en semant, soit sur des entailles faites dans l’écorce, soit même directement à lassurface des rameaux, ou des conidies de Fusidium ou des asco- spores de Nectria. Il décrit en détaille mode de pénétration du mycélium 494 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. dans l'écorce, les rayons médullaires, les vaisseaux et la moelle, et la formation du chancre. Dans les rameaux intacts, c’est souvent par les lenticelles que pénètrent les tubes de germination des spores. Les expé- riences d'infection réussissent aussi bien en plein air, sur des arbres de jardin, que dans le laboratoire. Elles permettent d'établir avec une süreté complète que toute lésion de l’écorce due à une cause quelconque fournit un point favorable à la pénétration du Champignon et devient le centre d’un foyer chancreux. — Certaines variétés de Pommiers sont plus facilement attaquées que d’autres ; la structure plus molle et plus làche de l'écorce en est la cause. — L’humidité de l'air favorise la production des chancres en permettant la formation et la germination des conidies et des ascospores. Le moyen de combattre le chancre du Pommier produit par le Nectria ditissima consiste à enlever avec soin toutes les places chancreuses en attaquant jusqu’au bois vif, et recouvrantensuite la plaie avec du goudron de houille un peu chauffé. Sur 305 chancres ainsi traités, M. Gœthe a obteny la cicatrisation et la guérison complète de 251, et il pense que les insuccès sont dus à ce que l’entaille n’avait pas été poussée assez loin, dans certains cas, dans le sens longitudinal ; les chancres s’étendant plus en longueur qu’en largeur. En outre, l’opération avait été faite à la fin d'avril ; il conviendrait de la faire plus tôt, avant l’éveil de la végétation. Le Poirier porte aussi quelquefois des chancres produits également par le Nectria ditissima. M. Gœthe a constaté la présence de ce Champi- gnon sur les chancres de Poirier, et il a aussi produit des chancres sur les rameaux des Poiriers en y semant des conidies de Nectria. En infectant artificiellement des rameaux de Fagus silvatica et d’Acer Pseudoplatanus, il a démontré en outre directement que le chancre du Hêtre étudié par Hartig est de même nature que celui du Pommier et du Poirier, et, inversement, il a produit des chancres sur les Pom- miers et les’ Poiriers avec des ascospores de Nectria recueillies sur un chancre de Hêtre. Éd. PRILLIEUX. Die Blutlaus, ïhre Schædlichkeït, Erkennung und Ver- tilgung (L Puceron lanigère, ses ravages ; moyens de le recon- naître et de le combattre); par M. R. Gœthe. Brochure in-8°, avec 13 figures et une planche; 2° edit. Paul Parey, Berlin, 1885. Dans cette brochure, publiée par ordre du Ministère de l’agriculture, des domaines et des forêts de Prusse, l’auteur décrit d’abord l’évolution du Puceron lanigère, qui a la plus grande analogie avec celle du Phyllo- xera de la Vigne. L'insecte se reproduit d’abord au printemps, par par- thénogenèse, en ne donnant que des insectes aptères; puis apparaissent des nymphes qui se transforment en insectes ailés. Ces ailés pondent des REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 195 œufs d’où sortent des màles et des femelles. Après avoir été fécondée, la femelle pond un gros œuf d'hiver au pied des arbres. M. Gœthe retrace ensuite les altérations et dommages bien connus que le Puceron lanigère cause aux Pommiers, et enfin il indique les diverses substances qui ont été proposées pour détruire le dangereux insecte. Il recommande particulièrement le liquide employé par M. Nessler, qui est formé de 50 grammes de savon noir, 100 gram. d’alcool amylique, 200 gram. d’'esprit-de-vin et de 600 gram. d’eau ; ainsi qu’un autre dont la recette est la suivante : on dissout { kilogramme de savon gras dans 5 litres d’eau chaude, et à ce liquide on ajoute une décoction faite de 250 grammes de copeaux de Quassia bouillis dans 5 litres d’eau, puis on ajoute de l’eau de façon à porter le tout à 20 litres. Comme le traitement ne peut être efficace que s’il est général et si des réinvasions du voisinage ne se peuvent faire, M. Gœthe demande que la destruction des Pucerons soit rendue obligatoire pour lous, et que des règlements de police permettent de l’effectuer d'office aux frais des propriétaires négligents. Én. P. Le Puceron lanigère, sa nature; les moyens de le dé- couvrir et de le combattre; par MM. Muehlberg et Kraft. Avec une planche en couleur (traduit en français par M. Ducommun). Berne, Wyss ; Paris, librairie agricole de la Maison rustique, 1885. Ce petit traité est publié par ordre du gouvernement suisse, en vue d'arrêter les progrès rapides de l’invasion du Puceron lanigère. L’un des auteurs, M. Kraft, qui parcourt depuis fort longtemps toutes les parties de la Suisse pour y faire des conférences de pomiculture, n’y avait jamais observé le dangereux insecte avant 1880, et il paraît établi que son appa- rition ne remonte qu’à quelques années seulement : elle est due sans doute à ce que, après les fortes gelées de l'hiver de 1879 à 1880, qui ont fait périr tant d'arbres fruitiers, on a fait venir de jeunes plants de contrées infectées de France et d'Allemagne. Le traité est divisé en plusieurs parties, rédigées chacune par un seul des deux auteurs. La première est due à M. Muehlberg; il y expose en détail la description de l’insecte et ses mœurs. Il ne partage pas l’opi- nion exprimée par M. Gœthe touchant la production d’un véritable œuf d'hiver, tout en admettant bien que la femelle fécondée ponde à l’arrière- Saison un gros œuf unique. Il pense, avec M. Keller, de Zurich, que cet œuf éclôt dès l’automne,et que c’est la larve qui hiverne. Les animaux des diverses générations peuvent résister au froid et passer l’hiver dans les crevasses des écorces. Dans la deuxième partie, M. Kraft décrit les dommages que le Puceron anigère cause aux arbres, et indique les mesures qu'il convient de 196 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. prendre contre l'infection. Il propose d’organiser des visites de désin- fection. Dans la troisième partie, M. Muehlberg examine les très nombreux mé- langes à l’aide desquels on a proposé de détruire le Puceron lanigère. Il recommande l'emploi, soit du procédé Nessler (approuvé aussi par M. Gœthe, voy. ci-dessus), soit surtout de cette recette modifiée de la façon suivante : « On prend 30 grammes de tabac que l’on mélange avec » 50 grammes d'alcool amylique et 2 décilitres d’esprit-de-vin ; on laisse » infuser pendant quelque temps, et ensuite on ajoute 40 grammes de » savon mou, puis de l’eau de pluie jusqu’à concurrence d’un litre. » Enfin, dans la quatrième partie se trouve la récapitulation des rensei- gnements parvenus au département fédéral de l’agriculture au sujet de l'extension du Puceron lanigère en Suisse. La planche chromolithographiée jointe à ce traité fait très bien con- naître l’insecte et les tumeurs qu’il produit sur les branches des Pom- miers. ÉD. PRILLIEUX. Plasmodiophora Alni; par M. H. Mœller (Berichte der deutschen botan. Gesellschaft, 1885, Band 1, Heft 3). On admet, d’après les observations de M. Woronine, qui ont été con- firmées par M. Frank, que les tubérosités qui apparaissent si souvent sur les racines des Aunes sont produites par un Champignon qui a été décrit sous le nom de Schinzia Alni. M. Mæller a examiné de nouveau ces pro- ductions, et y a trouvé un organisme très différent du Schinzia Alni, mais tout à fait analogue au Plasmodiophora Brassicæ qui produit les hernies du Chou, et qui a été le sujet d’un beau mémoire de M. Woronine. M. Mæller compare le Plasmodiophora de l’Aune, dontil donne des figures (intercalées dans le texte), à celui du Chou, qu’a très bien dessiné M. Woronine ; mais, comme il n’a examiné que des échan- tillons conservés dans l'alcool, il n’a pu observer la germination des spores qu'a décrite et figurée M. Woronine. M. Moœller ne décide pas si l'organisme qu’il nomme Plasmodiophora Alni doit être considéré comme identique au Schinzia Alni, mais il paraît croire que c’est par suite d'observations incomplètes que l’on a considéré les spores du parasite des racines de l’Aune comme dues au gonflement terminal d’un filament de Champignon. Én. P. Bemerkungen zu dem Aufsatze von Herrn H. Moœller ueber Plasmodiophora Alni (Observations au sujet de la communication de M. Mæller sur le Plasmodiophora Alni); par M. Woronine (Ber. d. deutsch. bot. Gesellsch., 1885, Heft 5). La découverte qu’a faite M. Mæller d’un organisme analogue au Plas- REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 127 modiophora Brassicæ confirme l’opinion qu'avait à ce sujet M. Woronine depuis plusieurs années. II cite un travail de M. Gravis, publié dans les Comptes rendus de la Société royale de botanique de Belgique (séance du 10 janvier 1880), où il est dit que M. Woronine croit à la présence d’au moins deux organismes dans les excroissances des racines de l’Aune : l’un serait un organisme plus ou moins proche du Plasmodiophora, l'autre un Champignon (Schinzia). Il résulte, pour M. Woronine, du travail de M. Mœller, que certainement une sorte de Plasmodiophora est parasite des excroissances des racines de l’Aune ; reste à savoir s’il est le seul parasite qui cause ces renfle- ments, ou s’il n’est pas accompagné d’un Champignon filamenteux. De nouvelles recherches sont nécessaires. Ép. P. Les organismes problématiques des anciennes mers ; par M. le marquis de Saporta. [n-folio, 13 pl. lithogr. et plusieurs figures dans le texte. Paris, Masson, 1884. Cet ouvrage fait suite à celui publié par l’auteur en 1883, sous le titre : À propos des Alques fossiles, dont on trouvera l'analyse dans le Bulle- tin de la Société botanique, 1883, t. xxx, Revue bibliographique, p.31; il est conçu dans le même esprit et exécuté dans le même format et avec la même perfection typographique. Ce nouveau volume répond à une communication faite par M. Nathorst à la Société géologique de France, dans la séance du 21 mai 1883. Dans l'introduction, M. de Saporta prend acte de la déclaration du savant suédois, que des types tels que le Delesseria Reichii Schimp. et l’Halymenites Arnaudi Sap. sont incontes- tablement des Algues. Il lui semble aussi que la discussion ne saurait se prolonger à l'égard du Laminarites Lagrangei, des Taonurus et des Arthrophycus, et il réserve le nom d’organismes problématiques pour des types dont on ne connaît pas le contour entier, tels que les Bilobites, Eophyton, Vexillum, Fræna, Panescorsea, dont l’étude for- mera le sujet du présent ouvrage. Dans le chapitre premier, qui a pour titre : La fossilisation en demi- relief chez les végétaux, l’auteur établit la réalité de ce mode de conser- vation. Le fail existe, dit-il, quelle que soit l'explication qu’on en puisse donner, et il croit juste celle qu’il a proposée dans ses travaux précé- dents. 11 cite, comme exemple de végétaux conservés en demi-relief, des fragments de rhizome de Nymphæa parvula Sap., des parties semblables .Provenant des Anæctomeria nana Sap., Brongniartii Sap., Renaulti Sap., des feuilles de Nymphæa Dumasii Sap., des rameaux de Brachy- Phyllum nepos Sap. et de B. gracile Brongt. Chacun de ces échantillons est décrit en détail. Dans le chapitre 2, M. de Saporta décrit les Gyrolithes, curieux fos- 198 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. siles de la craie glauconieuse et de l'étage landénien de Belgique. Ce sont des cylindres enroulés en spirale et présentant, sous une membrane superficielle lisse, une zone de ramifications entrecroisées. L'auteur les rapporte, comme la plupart des organismes problématiques dont il traite, aux Algues Siphonées. A la suite des Gyrolithes, il décrit le Siphoden- dron Girardoti, type voisin et nouveau. Le chapitre 3 est consacré aux Vexillées. Après avoir examiné le Vexillum Desglandi, M. de Saporta rapporte au genre Vexillum, sous le nom de V. Morierei, le fossile qu’il avait désigné, dans son Évolution des Cryptogames, sous le nom d’Eophyton Morierei, et il décrit une espèce nouvelle : Vexillum Rouvillei. Dans le chapitre 4, intitulé : Types divers d'organismes marins pri- mitifs, l’auteur examine successivement le genre Panescorsea, avec trois espèces : P. Segondi Sap., P. lugdunensis Sap., P. primordialis Sap.; le genre Goniophycus, avec l'espèce G. implexus Sap., etle genre Frœna, avec une seule espèce aussi : F. Sainthilairei Marie Rouault. Le chapitre 5 traite des Bilobites. M. de Saporta expose successive- ment les raisons qui l’empêchent de voir dans ces fossiles des traces d’Invertébrés : 1° Les stries ou costules qui couvrent la superficie des Bilobites présentent des diversités de détails et une indépendance in- compatibles avec cette supposition. 2° Ces costules entraient dans la com- position d’un tissu ; car il y en a de superficielles et de plus profondes : on peut en voir jusqu'à trois rangées superposées. 9° Les Bilobites s’en- trelacent et s’anastomosent ; 4° elles s’infléchissent en se superposant. 9° La saillie de leurs parois latérales va parfois jusqu’au surplomb. 6° Elles peuvent se montrer à l’état de fragments, de tronçons épars, accumulés en désordre. 7° Elles portent de nombreuses cicatrices ombiliquées. Vient ensuite la description des espèces suivantes : Bilobites furcifera Sap. (Cruziana furcifera d'Orb.), B. pseudo-furcifera Sap. (Cru- ziana furcifera Trom., non d'Orb.), B. monspeliensis Sap., B. Gold- fussi Sap. (Cruziana Goldfussi Trom. et Lebesc.), B. Vilanovæ Sap. et Marion. L'auteur dit en concluant : « Les Gyrolithes, les Tuonurus, les Lami- narites, Panescorsea, Arthrophycus, Vexillum, Fræna, finalement les Bilobites, probablement encore les Éophytées, représentent non seule- ment de vrais organismes marins, mais encore des végétaux d’un ordre inférieur et de la classe des Algues, dont les affinités seules restent à déterminer. » S'appuyant sur la structure des Gyrolithes, il pense que les autres genres cités pourraient présenter une organisation analogue, et qu’il aurait ainsi existé au sein des anciennes mers, surtout à l’origine, toute une catégorie d’Algues primordiales se rattachant aux types infé- rieurs de la classe, particulièrement aux Siphonées. E. BUREAU. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 1929 Nouvelle classification naturelle des Discomycètes char- nus, connus généralement sous le nom de Pezizes; par M. Boudier (Bull. de la Soc. mycologique, n° 1, mai 1885). M. Boudier avait déjà fait connaître dans le Grevillea (t. VIII, p. 45) l'importance que l’on doit attacher à la déhiscence des thèques dans la classification des Discomycètes. Les résultats que cet auteur a tirés de l'application de ce caractère nouveau à un arrangement systématique de cette classe de Champignons sont exposés dans le mémoire dont il est ici question. [Il a constaté, en effet, que les thèques des Discomycètes charnus ne présentent que deux sortes de déhiscence : les unes s’ouvrent par une sorte d’opercule apiculaire, les autres par une perforation de la membrane, à leur extrémité (foramen). De là deux divisions bien tranchées, les Operculés et les Inoperculés, dans lesquelles M. Boudier a distribué les espèces qu’il a pu étudier à ce point de vue, et qu'il a classées méthodiquement en genres, groupes, familles et tribus, d’après des caractères secondaires Lirés des réceptacles, de la forme des thèques, des paraphyses et des spores, etc. Comme on pourrait se demander tout d’abord s’il est aisé de s’assurer qu’un Discomycète est operculé ou non, M. Boudier commence par donner quelques conseils pour faciliter cette recherche. Il expose ensuite les caractères généraux qui peuvent déjà, à première vue ou après un examen sommaire, faire présumer celte distinction, et ajoute quelques explications fort instructives. En somme, les Discomycètes terrestres, de consistance molle ou céracée, font partie des Operculés ; au contraire ceux qui sont épixyles ou épiphytes, de consistance plus élastique, et qui se rapprochent des Pyrénomycètes, sont classés dans les Inoperculés. On a de la sorte deux directions évolutives : l’une qui commence aux Ascoboles pour finir aux Morilles, que M. Boudier appelle des Pezizes composées; l’autre qui a son point de départ aux Mollisiés pour aboutir aux Géoglossés. Afin de mieux faire comprendre l'intérêt qui s'attache à celte nouvelle classifi- cation, nous donnons ici un résumé synoptique des divisions principales. $ I. — OPERCULÉS. 1° tribu : Mirrés (deux familles : Morchellés et Helvellés). 2° tribu : CupuLés (deux familles : Rhizinés et Pezizsés). 3 tribu : LenricuLés (trois familles : Ciliariés, Humariés et Asco- bolés). ; $ II. — INOPERCULES. 4° tribu : CLAVULÉS (deux familles : Géoglossés et Léotiés). 5° tribu : Carnosés (deux familles : Ombrophilés et Calloriés). 6° tribu : GarTauLés (trois familles : Hélotiés, Dasyscyphés et Urcéolés). T. XXXIL. (REVUE) 9 130 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. M. Boudier répartit dans chacune de ces familles les genres déjà admis pour la plupart ou ceux de création nouvelle qu'il propose; il en donne les diagnoses, et cite pour exemples les espèces les plus caracté- ristiques. On ne peut que souhaiter que l’auteur, dont on connaît la compétence en ces matières, complète ce premier travail en y intercalant la description analytique de toutes les espèces, et en y comprenant éga- lement la classification systématique des Cénangiés, Stictidés, Phacidiés et autres Discomycètes voisins des Pyrénomycètes. E. Roze. Die Lebensverhæltnisse der Oxalisarten (Les espèces du genre Oxalis et les rapports que présentent leurs modes de vie); par M. Hildebrand. 1 vol. in-4°, avec 5 planches lithographiques. Fischer, Iéna, 1884. M. Hildebrand vient de publier une étude très étendue des diverses espèces d'Oxalis. L'auteur ne s’est pas placé au point de vue de leur simple description à l’état adulte, mais il décrit le développement mor- phologique de chaque espèce, et s'occupe aussi de l'anatomie et de la physiologie spéciales de ces plantes. Les Oxalis sont en général de délicates petites plantes souvent citées à cause de leurs feuilles, dont les folioles occupent pendant le jour et pendant la nuit des positions très différentes, ou aussi à cause de la manière dont les graines sont projetées à distance au moment de la maturité du fruit. Les espèces de ce genre habitent les deux conti- nents ; elles sont surtout abondantes dans les régions chaudes de l’Amé- rique et dans l’Afrique australe. La belle publication que M. Hildebrand vient de consacrer au genre Oxalis, et qui est illustrée.de plus de 130 figures, se divise en deux parties : 1° la partie spéciale ; 2° la partie générale. Dans la première, l’auteur décrit le développement, souvent très remarquable, l’anatomie et la morphologie spéciale des divers Oxalis ; il y en a plus de 50 espèces. Dans la seconde partie de ce travail, l’auteur étudie d’abord le mode de vie général des diverses espèces. Signalons seulement les curieux modes de formation des bulbes et des tubercules caulinaires ou radicaux si bizarres et si variés dans leurs formes, l'étude très intéressante de la germination chez les diverses espèces et la formation des rhizomes. Le chapitre suivant est consacré à la morphologie, l'anatomie et la biologie. C'est un examen très complet de toutes les parties végétatives de ces plantes. La description des diverses écailles des bulbes et les remarques faites sur leur rôle sont surtout à citer. Puis vient la description des feuilles végétatives, à formes souvent étranges, ainsi que leur anatomie détaillée, comprenant le développement des stomates, etc. ; la fleur, le fruit et les graines sont examinés aussi d’une manière approfondie. Enfin REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 13 le travail se termine par une remarquable étude de la résistance des Oxalis contre les influences extérieures. On voit dans quelles limites étendues la vie peut se conserver chez ces plantes, et les influences de la température, de la sécheresse, etc., sont indiquées avec soin. En somme, le travail de M. Hildebrand n’est pas une monographie des Oxalis, à la manière dont l’entendaient Jacquin ou Zuccarini, et comme on fait encore des monographies aujourd’hui. L'auteur ne s’est pas contenté de décrire avec minulie les sommités florifères desséchées en herbier et à l'état adulte; il a voulu donner une idée précise de la vie de ces plantes, et il a su en même temps ne rien omettre d’important dans la description du développement des espèces. G. Bonnirr. Ueber die chemische Zusammensetzung des Bluethen- staubes der Haselstaude (Sur la composition du pollen des fleurs de Noisetier); par M. le D° A. de Planta (Landwirthschaftlichen Versuchsstationen, 1884, 6° série, p. 97 à 114). On a peu étudié la composition chimique des grains de pollen. M. de Planta a entrepris des recherches sur ce sujet. Il commence par une étude très détaillée du pollen de Corylus Avellana, dont la récolte en grande quantité est facile à faire. Après avoir décrit la forme et la structure d’un grain de pollen du Noisetier, l’auteur rend compte de la quantité d’eau, d’azote et de cendres que renferme ce pollen. Le pollen de Noisetier cueilli au printemps contient environ 9 pour 100 d'eau. La quantité d’azote a été obtenue en traitant le pollen par la chaux iodée. L’ammoniaque était recueillie dans une quantité déterminée d’acide sulfurique titré, puis dosée par l’eau de baryte. Ce pollen contient environ 5 pour 100 d'azote. Réduit en cendres sur un creuset de platine, il donne environ 4 pour 100 d’azote. Voici d’ailleurs l'évaluation approxi- mative de la composition de la subtance desséchée du pollen : Matières azotées........................ 31,03 Matières dépourvues d’azote.......... .... 64,36 Cendres......s..es.s...s............... 4,01 100,00 Quant à la nature des substances qui renferment de l'azote, M. de Planta a pu déterminer les corps suivants : la globuline, les peptones, l’hypoxanthine, des amides. Ce qui est plus net et peut être aussi plus intéressant, c’est la présence de saccharose qu’il a constatée. On traite le pollen par l'alcool bouillant, on évapore l'extrait après l'avoir neutra- lisé, puis on épuise le résidu par l'eau; on filtre, et l’on obtient ainsi une solution qui ne réduit pas la liqueur eupro-potassique. Geci prouve que 132 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. le pollen ne contient pas de glucose. Voici d'autre part comment on peut révéler la présence du sucre de canne : En chauffant du pollen avec de l'alcool au bain-marie, puis en filtrant et en laissant refroidir, on voit apparaître dans le liquide une substance qu'on élimine par un second filtrage. Le liquide, soumis alors à une évaporation lente, au-dessus de l'acide sulfurique, abandonne un dépôt cristallin presque uniquement composé de sucre. Ce sucre cristallise en tables transparentes identiques à celles du sucre de canne. On peut vérifier aussi par l’action de la disso- lution sur la lumière polarisée que ce sucre est identique au sucre de canne. Ainsi le sucre qui se trouve en réserve dans le pollen et qui doit contribuer en partie au premier développement du tube pollinique est du sucre non directement assimilable. Le sucre de canne existe en forte proportion dans le pollen, car M. de Planta en a trouvé entre 7 et 8 pour 100. Le sucre n’est pas la seule matière hydrocarbonée placée en réserve dans la cellule pollinique. On y trouve de l’amidon dont la pré- sence est révélée par un simple examen microchimique. M. de Planta estime à plus de 5 p. 100 la proportion d’amidon contenue dans le pollen. Les autres matières dosées ou mises en évidence par l’auteur sont : 1° des matières colorantes, dont on pourrait distinguer deux sortes dans le pollen du Noisctier, l’une facilement soluble dans l’eau, l’autre diffici- lement; 2° la cuticule, dont le pollen renfermerait environ 3 pour 100; 3° des corps cireux dont M. de Planta n’a pas encore fait une étude définitive; 4° des acides gras représentant environ 4 pour 100 du poids du pollen; 5° de la cholestérine; 6° une substance amère résineuse. M. de Planta a l'intention de poursuivre des études analogues à celles-ci sur le pollen de Pin; la comparaison des deux séries de recherches sera intéressante à faire. G. BoNNIER. Traité de botanique agricole et industrielle; par M. J. Vesque. Chez M. J.-B. Baillière. Un volume in-8° de 222 pages et 558 figures. Paris, 1885. Ce Traité est destiné à appeler l’attention des agriculteurs sur la con- naissance des propriétés des plantes et de leurs exigences au point de vue de la culture. L'auteur ne s’adresse pas aux commençants, et l’intro- duction placée en tête de l'ouvrage, lisible seulement par des personnes au courant des idées de M. Vesque, comprend quelques principes de taxinomie. Dans cette introduction, l’agriculteur ou l'industriel appren- dront à connaître l'adaptation et « l’épharmonisme »; la phyllotaxie et l'exposé synthétique des angles de divergence accompagné de nombreuses formules ; enfin les diagrammes et les divers modes d’inflorescence. A cette introduction succède la série des familles limitées aux Phané- rogames. L’auteur ne traite pas des Cryptogames. La famille des Conifères, REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 133 dans les Gymnospermes, est longuement développée, et, après l'examen des genres et des espèces les plus importantes, l’auteur fait connaître le mode d'extraction et les propriétés des résines fournies par ces plantes. Dans la classe des Monocotylédones, les Palmiers et les Graminées sollicitent d’abord l'attention : les premiers de ces végétaux, par leurs produits nombreux et maintenant abondants en Europe; les derniers, par leur importance du premier ordre en agriculture. Aussi, en ce qui concerne les Graminées, l’auteur a-t-il multiplié les détails en faisant de nombreux emprunts à l’ouvrage de M. Jessen (1). On trouve d’abord une description des espèces agricoles et industrielles avec leurs avantages et leurs produits, puis plusieurs tableaux dont les agriculteurs peuvent tirer un grand profit : la distribution des Graminées fourragères sur les différents terrains, une clef dichotomique pour la détermination des Graminées d’après les caractères extérieurs, la détermination des se- mences de Graminées, enfin la distinction des semis de céréales et celle des Graminées en feuilles. Parmi les Apétales, signalons les développements consacrés aux Amen- tacées, aux Urticacées Lextiles (Ramie, Chanvre) et aux Euphorbiacées, avec les espèces qui fournissent le caoutchouc, le tapioca, etc. Parmi les Dialypétales, citons les Crucifères, où sont énumérées les dif- férentes espèces et variétés de Choux et de Navets ; les Malvacées et leurs genres textiles les plus importants. À propos des fibres textiles, l’auteur donne d’utiles renseignements sur la distinction des diverses espèces de fibres, soit par leurs dimensions mesurées au microscope, soit par la ma- nière dont elles se comportent vis-à-vis des réactifs. Citons encore les Légumineuses, importantes au point de vue alimen- taire ou agricole, et les Rosacées, où l’auteur donne, à propos des princi- paux fruits, la liste des variétés établies par M. Decaisne. Quelques tableaux de détermination pratique pour les Amandiers et les Pêchers accompagnent cette énumération. Enfin, parmi les Gamopétales, M. Vesque à spécialement insisté sur les Rubiacées, si importantes dans les régions tropicales, et il donne de nombreux renseignements sur les Quinquinas, le Café, l’Ipécacuanha ; il passe aussi en revue les Composées, avec leurs nombreuses espèces alimentaires ou médicinales; les Solanées, avec la Pomme de terre, l’Aubergine, la Tomate et le Topinambour ; les Labiées, ete. En même temps que ces renseignements pratiques, les lecteurs trouve- ront aussi dans ce Traité quelques questions de botanique pure ébau- chées par l’auteur, et notamment la signification morphologique de la vrille des Ampélidées, la signification de l’androcée des Crucifères et des Fumariacées. Louis MANGix. (1) Deutschlands Græser und Gelreidearten. 134 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Cours de botanique. I. Anatomie et physiologie végétales. IT. Les familles végétales; par M. Cauvet. J.-B. Baillière et fils. Paris, 1885, Les Éléments de botanique de M. Cauvet ont déjà été présentés aux lecteurs de la Revue par notre regretté confrère M. Fournier. Dans cette nouvelle édition, M. Cauvet a apporté quelques changements inté- ressants à signaler. Dans la première partie, la physiologie de la nutri- tion est présentée avec beaucoup de développements, surtout en ce qui concerne l'absorption et la circulation. L'auteur a ajouté une étude personnelle des phénomènes chimiques internes, fondée sur de nom- breuses réactions hypothétiques. Les descriptions et l'anatomie des or- ganes sont développées d'après les traités les plus récents. Quelques notions de géographie botanique et de paléontologie terminent celte partie. L'auteur est partisan de la doctrine de l’évolution, et il expose lon- guement, avec de nombreux exemples, comment il conçoit les transmula- tions des espèces végétales à travers les diverses périodes géologiques. La seconde partie de l’ouvrage de M. Cauvet traite des familles végé- tales. Dans une introduction sur la véritable signification des mots espèce, genre et famille, M. Cauvet admet que les deux causes qui modi- fient les individus, l’hérédité et l’influence du milieu, pourront avec le temps non-seulement donner des variétés et des races, mais même des espèces nouvelles. Néanmoins, M. Cauvet conserve la définition de l'espèce telle que la donnent les partisans de la création. Après une revue des diverses classifications proposées jusqu'ici, l’auteur adopte, pour l'examen des familles, l’ordre suivi par Adr. de Jussieu et Ach. Richard. Cet examen, quoique très concis, est complet : aux caractères anato- miques M. Cauvet a ajouté de nombreux détails sur l'habitat et l'usage des formes les plus remarquables. Un appendice présentant un résumé des nombreux et remarquables travaux publiés récemment sur la con- stitution et le développement de la cellule, sur les phénomènes qui pré- cèdent et qui suivent la fécondation, termine cette seconde partie. En somme, l'ouvrage de M. Cauvet, au courant des progrès de la science, est un livre assez complet sur les familles végétales. L. ManNain. Flore de la Gironde ; par M. A. Clavaud. 2° fasc., pages 225-348, planches 9 à 12. Paris, G. Masson ; Bordeaux, Féret et fils, 1884. La Flore de la Gironde, de M. A. Clavaud, a été, il y a deux ans, dans ce Bulletin (1), l'objet d’une première analyse et d’appréciations assez (1) Voyez le Bulletin, Rev. bibliogr. du tome XXVEIH (- ge 2: Séances, page 284. ? q om (1881), page 230, et tome XXIX, REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 435 étendues, qui nous permettent d’abréger ce que nous en dirons aujour- d’hui. Le vaste groupe des Papilionacées, que renferme en entier le nou- veau fascicule, y est précédé de quatre petites familles, réduites chacune à un seul genre dans la Gironde : Célastrinées (Evonymus), Ilicinées (Ilex), Rhamnées (Rhamnus) et Térébinthacées (Rhus). On trouve à la dernière page de la nouvelle livraison le commencement de la famille des Amygdalées. L'auteur n’a rien négligé pour aplanir aux débutants les difficultés de la détermination des espèces dans la grande famille des Papilionacées. Indépendamment d’un tableau systématique des tribus et des genres, per- mettant d’embrasser d’un coup d'œil les rapports de ces groupes et leurs caractères constitutifs, des clefs dichotomiques très soignées conduisent aisément au nom du genre et à celui de l'espèce. Les descriptions spéci- fiques, généralement fort détaillées, sont rendues encore plus précises par l'indication fréquemment donnée, en centimètres ou millimètres, de la grandeur moyenne des principaux organes, fleur, fruit et graines : ces mesures sont, dans beaucoup de cas, un élément précieux de compa- raison. Parmi les espèces non ubiquistes signalées comme plus ou moins communes dans la Gironde, nous citerons : Lupinus reticulatus ; Tri- folium angustifolium, T. resupinatum, T. Perreymondi; Lotus angustissimus, L. hispidus ; Astragalus baionensis ; Vicia lathyroides, V. bithynica ; Lathyrus angulatus, L. niger; Coronilla scorpioides ; Ornithopus ebracteatus, O. compressus, O. roseus, ete. — Le Lathyrus niger, que nous venons de mentionner, est l'Orobus niger de divers floristes. M. Clavaud, ainsi que l'avaient fait Grenier et Godron (1), a réuni les Orobus, dont il se borne à faire une section, aux Lathyrus ; il a aussi rattaché les Faba, Ervum et Cracca au grand genre Vicia. On n’a pas à craindre, de la part d’un auteur aussi méthodique, l'abus des innovations dans la nomenclature ; nous relevons çà et là quelques noms de variétés et seulement deux nouveaux termes slirpiques, celui de Vicia unguiculata, qui comprend les V. villosa Roth et atropur- purea Desf., et celui de Pisum commune, englobant les P. arvense L., salioum L. et Tuffetii Less. Quatre planches dessinées par l’auteur d’après nature font nettement saisir les caractères différentiels des formes critiques dans les genres Vicia, Lotus, Medicago, Ononis, Ulex et Melilotus. En somme, le mérite soutenu de l’ouvrage justifie l'intérêt qu'avait fait naître le premier fascicule, et l’impatience avec laquelle on attendait le deuxième ne sera pas moins vive pour le suivant. ERNEST MALINvAUD. (1) Flore de France, 1, 485 136 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Essai de la Flore du Sud-Ouest, où Recherches botaniques faites dans cette région; par M. l'abbé Revel. 1"° partie, des Renonculacées aux Composées exclusivement. 1 vol. in-8° de 431 pages et 1 planche. F. Savy, 1885. — Prix : 5 francs. «M. l'abbé Joseph Revel, directeur de l'institution de Saint-Joseph à » Villefranche, se livre depuis longtemps, avec un zèle toujours soutenu, » à l'étude des plantes, etil peut être considéré comme un des botanistes » aveyronnais des plus distingués. Séduit par les idées nouvelles en ce » qui concerne les espèces, et appartenant ainsi à l’école jordanienne, sans » toutefois en accepter toutes les exagérations, il s’est surtout attaché » à l'étude des plantes critiques, apportant dans ses recherches, au milieu » de l'immense chaos des formes nouvelles, un esprit de minutieuse et » sagace observation. Il est l'inventeur du Ranunculus radians, espèce » admise dans les Flores récentes... » Nous adhérons volontiers aujourd’hui au jugement exprimé, en 1877, dans les lignes qui précèdent, empruntées au Catalogue des plantes vasculaires du département de l'Aveyron de notre excellent et regretté collègue le D' Bras. Le volume que nous analysons débute par un Avant- propos dont les dernières lignes contiennent un juste hommage rendu à la mémoire d'Antoine Bras. Dans une Introduction qui a 82 pages, l’auteur trace d’abord les limites de la vaste région que ses recherches ont embras- sée; les départements de la Dordogne, du Lot et de l'Aveyron y sont intégralement renfermés, ainsi que la Corrèze (moins une lisière au nord), la plus grande partie du Cantal et de la Lozère, une fraction du Tarn, environ la moitié du Tarn-et-Garonne et du Lot-et-Garonne, et la Gironde tout entière (1). Vient ensuite une énumération des ouvrages publiés sur les plantes de ces contrées ; on pourrait y ajouter le Catalogue des plantes vasculaires du département de la Corrèze, par M. Rupin, ainsi que divers articles insérés dans le Bulletin de ia Société botanique de France el quelques autres publications plus ou moins importantes. De la page 9 à la page 21, l’auteur expose les idées qui lui sont propres sur l'espèce en histoire naturelle ; puis, passant en (1) M. Revel à herborisé plus particulièrement dans les départements de la Dor- dogne, de la Gironde et de l’Aveyron. Il a publié : 1° en 1865, dans les Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, t. XXV, 2° livraison, un premier mémoire intitulé : Recherches botaniques faites dans le sud-ouest de la France (voyez Bull. Soc. bot. de Fr. t. XIT, Revue bibliogr. p. 258) ; 2° dans les Comptes rendus du Congrès scientifique tenu à Rodez en 1874 (40° session, t. [, p. 221), une étude sous le titre de Notes et observations sur quelques plantes rares, litigieuses, nouvelles ou peu connues, du sud- ouest de la France. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 4137 revue, dans une rapide narration, les localités qu’il a visitées depuis Royan et le cap Féret jusqu’au sommet du Cantal, et signalant au fur et à mesure les espèces remarquables qu’il y a rencontrées, il donne sous une forme attrayante un aperçu substantiel de la végétation du Sud-Ouest. Le catalogue méthodique qui suit l'introduction s'arrête aux Composées et mentionne 779 espèces, des Renonculacées aux Dipsacées. L'auteur a soin de prévenir (page 82) qu'il n’a « admis le nom d’au- eune plante sans l’avoir auparavant vue et soigneusement examinée ». Il n’a pas fait d'emprunts aux anciens catalogues pour enrichir le sien, qui est, à proprement parler, une contribution originale à la flore du Sud-Ouest. La plupart des espèces critiques, particulièrement dans les genres Thalictrum, Ranunculus, Barbarea, Arabis, Thlaspi, Biscu- tella, Viola, etc., sont l’objet de notes précieuses, fruits d'observations personnelles ou de minutieuses recherches dans les auteurs anciens et modernes, tant au point de vue de la synonymie que de la diagnose et de l’exacte détermination des formes douteuses. M. l’abbé Revel, partisan déclaré des principes de l’école analytique, admet un assez grand nombre d’espèces jordaniennes, mais seulement après s’être formé pour chacune d’elles une opinion raisonnée à la suile d'une étude approfondie, et les conclusions auxquelles s’arrête un obser- vateur aussi soigneux méritent dans tous les cas qu’on les examine avec une sérieuse attention. S’il a cru devoir adopter plusieurs des espèces nouvelles, issues du démembrement des anciens types, par contre il s’est abstenu d’en créer lui-même dans ce premier volume : car ses Batrachium radians et lutarium ont été décrits pour la première fois, en 1853 et en 1864, dans les Annales de la Société Linnéenne de Bordeaux ; son Viola megantha n’est qu'un changement de nom du V. grandiflora Villars (qui n’est pas la plante ainsi appelée par Linné), et l'on trouve la diagnose de son Biscutella sclerocarpa dans les Notes et observations, insérées au tome [° des Actes du Congrès scientifique de Rodez (1874). La seule nouveauté au point de vue de la nomenclature est un Viola curvidens, ainsi appelé provisoirement, en attendant une étude plus com- plète, et signalé en note à la suite du Viola permixta Jord. (page 183). Ce Viola, récolté à la fin de juillet, serait surtout caractérisé par ses feuilles estivales à dents cuspidées et recourbées en dedans. L'examen de sa forme printanière non encore observée est, pour cette plante, comme le reconnaît l’auteur, un élément nécessaire d’information. La planche qui accompagne le volume représente le Batrachium luta- rium Revel. Nous espérons que l’auteur complètera prochainement cette intéressante publication, ERN. MALINVAUD. 138 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Étude sur des planches inédites de la Flore des Pyré- nées de Lapeyrouse ; par M. Timbal-Lagrave (Compte rendu de la séance du 25 juin 1885 de l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, dans le Journal de Toulouse, 9 juillet 1885, et le Journal d'hist. nat. de Bordeaux et du Sud-Ouest, 31 juillet). On sait que Lapeyrouse voulait publier une Flore des Pyrénées in-folio, illustrée de 200 dessins représentant plusieurs plantes nouvelles ou peu connues, et dont la première décade seulement à paru. A la mort de l’auteur, le reste de cette collection fut dispersé, et l’on ne peut guère espérer d'en réunir aujourd’hui les éléments au complet. Toutefois, il y a plus de vingt ans, une personne « étrangère à la botanique, mais amie des arts et des fleurs », M" Gineste, retrouva 55 planches de cet ouvrage, et les confia à M. Timbal-Lagrave, qui leur consacra une pre- mière étude publiée dans notre Bulletin (1). M" Gineste, ayant continué ses recherches, a communiqué, dans ces derniers temps, à M. Timbal plusieurs autres planches inédites de la Flore de Lapeyrouse, et notre savant confrère, avec sa compétence bien connue sur cette matière, a soumis à l’Académie de Toulouse le résultat de ses observations sur 44 de ces planches. Il conclut de cet examen : 1° que certaines espèces indiquées par Lapeyrouse, doivent être effacées de la flore des Pyré- nées (Anemone silvestris, Phyteuma pauciflora, etc.); — 2° d'autres, au contraire, négligées par les botanistes modernes, mériteraient d’être conservées (Picris tuberosa Lap., Ranunculus dealbatus Lap., Hiera- cium ambiguum Lap., etc.); — 3° quelques espèces de Lapeyrouse, qu'on n’a pu retrouver, seraient des formes hybrides, dont les parents appartiendraient parfois à des genres voisins. Ainsi l’Hieracium ala- tum Lap. (2) résulterait du croisement de l’Hieracium neo-Cerinthe avec le Crepis paludosa, etc. ERN. MALINVAUD. Ilustrationes Floræ Atlanticæ, seu Icones plantarum novarum, rariorum vel minus cognitarum in Algeria necnon in regno Tunetano et imperio Maroccano nascentium, in Compendio Floræ Atlantice descriptarum ; auctore E. Cosson. Fasciculus secundus (3) ; tab. 26- 50 à Ch. Cuisin et A. Riocreux ad naturam delineatæ (avec un texte de 36 pages in-4°). Parisiis, e Reipublicæ typographeo, Aug. 1884. Comme dans le premier fascicule, les planches de celui-ci sont accom- (1) Voyez, dans le Bulletin, session extraor. à Toulouse, juillet 1864 (page xxx, t. XI), Observations sur 55 planches inéd. de La Flore des Pyrénées de Lapeyrouse. (2) Histoire abrégée des plantes des Pyrénées, p. 478. (3) Voyez l'analyse du premier fascicule dans le Bulletin, Revue bibliographique du tome XXX (1883), page 49. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 139 pagnées d'un texte qui renferme, outre l’explication des figures pour chaque espèce représentée, sa description crdinairement très développée, avec la synonymie, l’indication des localités et presque toujours des observations. Voici les espèces figurées: 26. Moricandia Tourneuxii Coss. — 27. Henophyton Deserti Coss. et DR. — 98. Diplotaxis siifolia Kunze var. bipinnatifida (variété qui paraît n’exister qu’au Maroc). — 29. Sina- pis procumbens Poir. — 30. Sinapis indurata Coss. et S. pubescens L. — 31. Sinapis Aristidis Coss. (espèce dédiée à M. Aristide Letour- neux). — 32. Reboudia erucarioides Coss. et DR. (Erucaria Reboudii Coss. mss. olim). — 33. Erucaria Ægiceras J. Gay et E. aleppica Gærtn. — 34, Enarthrocarpus clavatus Delile. — 35. Hemicrambe fruticulosa Webb (trouvé seulement dans le Maroc). — 36. Cossonia africana DR. — 37. Cossonia platycarpa Coss. (connu seulement au Maroc). — 38. Fursetia linearis Decaisne. — 39. Alyssum cochleatum Coss. et DR. — 40. Alyssum psilocurpum Boiss. — 41. Alyssum ma- crocalyx Coss. et DR. — 42. Alyssum granatense Boiss. et Reut. — 43. Koniga marginata Webb. — 44. Draba hederæfolia Coss. (espèce particulière au Maroc). — 45. Lepidium humifusum Req. — 46. Lepidium acanthocladum Coss. et DR. (voisin du L. glastifolium Desf.). — 47. Clypeola cyclodontea Delile. — 48. Vella glabrescens Coss. (espèce voisine du V. Pseudocytisus L., plante d’Espagne, dont elle diffère par sa glabrescence, ses fleurs el ses silicules plus petites, ete.). — 49. Savignya longistyla Boiss. et Reut. — 50. Biscutella radicata Coss. et DR. Erx. M. Rapport à M. le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts sur la mission botanique (!) chargée en 1883 de lexploration du nord de la Tunisie: par M. E. Cosson. Paris, 1884, Imprimerie nationale. 31 pages in-8°. Ce Rapport contient, après un exposé préliminaire, le compte rendu de l'itinéraire suivi par la mission dans le nord de la Régence, du 3 mai au 13 juillet 1883, et se termine par des considérations générales sur la distribution des plantes en Tunisie et sur leurs principales affinités de géographie botanique. La flore de ce pays, dont on ne connaissait que 300 espèces à la fin du siècle dernier et 1400 avant les recherches de la mission de 1883, en comprend aujourd’hui environ 1780. Sur les 380 dont elle s’est accrue, cinq seulement sont nouvelles pour la science : Scabiosa farinosa, Centaurea kroumirensis, Onopordon Espine, Aristida Aristidis, À. tunetana. (1) Voyez dans ce volume, à la suite du compte rendu de la seconde séance de juillet, l'Exploration de la Kroumirie centrale par M. Cosson. 440 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. M. Cosson fait remarquer qu’on ne retrouve pas dans la régence de Tunis les régions botaniques (1° méditerranéenne; 2° des hauts-plateaux ; 3 saharienne), si nettement tranchées en Algérie, parce que les grandes chaines de montagnes parallèles à la côte, qui dans ce dernier pays limi- tent ces régions, ne se prolongent pas en Tunisie, où les reliefs monta- gneux, d’une altitude beaucoup moindre et irrégulièrement distribués, ne forment plus un réseau continu. Cependant les espèces constatées dans le nord de la Régence, de Bizerte à El-Djem, à l’exception d’une cinquan- taine seulement, sont également connues en Algérie. Par contre, la pré- sence en Tunisie d’un plus grand nombre de plantes italiennes et sici- liennes est la confirmation d’une loi formulée par M. Cosson, et d’après laquelle « dans la partie occidentale de la région méditerranéenne du » continent africain les influences selon la longitude jouent un rôle très » important dans la distribution des végétaux ». ERN. MALINVAUD. Forêts, bois et broussailles des principales localités du nord de la Tunisie explorées en 1883 par la mission botanique; par M. E. Cosson. Paris, 1884, [mprimerie nationale. 42 pages in-8°. Ce mémoire est divisé en quatre chapitres: 1° Note sur les arbres forestiers; 2 Note sur les végétaux ligneux ou frutescents formant les broussailles; 3 Listes des végétaux ligneux ou frutescents de chaque localité ; 4 Note sur la composition et l’état actuel des boisements. Parmi les arbres, au nombre de 34, relevés en Tunisie par M. Cosson, les principaux pour la contrée sont: les Pinus halepensis, Ceratonia Sili- qua, Olea europæa, Ricinus communis, Quercus Mirbeckii, Q. Suber, Fraxinus australis, Ulmus campestris, Populus alba et nigra, Alnus glutinosa, Juniperus Oxycedrus et macrocarpa, Callitris quadri- valvis, Pinus maritima. L’Ilex Aquifolium et le Cerasus avium n’ont été signalés que dans les massifs montagneux de la Kroumirie. D’autres essences n’atteignent que rarement des proportions arborescentes : Ta- marix gallica, Zizyphus Lotus, Pistacia Lentiscus, Rhus pentaphylla, Cratægus Aronia, Myrtus communis, Arbutus Unedo, Erica arborea, Salix pedicellata, Juniperus phœnicea.— L'existence du Tamarix africana est douteuse en Tunisie; il en est de même du Quercus llex ; le Sambucus nigra et le Ficus Carica ne paraissent pas y être sponta- nés; enfin l’Acer monspessulanus, le Laurus nobilis et le Celtis aus- tralis sont rares dans la Régence. Environ 100 espèces ligneuses ou frutescentes forment les broussailles en Tunisie. Nous remarquons parmi les plus répandues : Clematis Flam- mula; Cistus villosus, C. crispus, C. salvifolius, C. monspeliensis, C. Clusii; Helianthemum halimifolium, H. sessiliflorum: Fumana REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 141 viscida ; Rhammus oleoides ; Calycotome villosa ; Rubus fruticosus var. discolor; Cratæqus oxyacantha; Erica multiflora: Phillyrea me- dia; Nerium Oleander ; Periploca angustifolia ; Echiochilon frutico- sum; Lycium mediterraneum; Thymus capitatus ; Rosmarinus offici- nalis; Globularia Alypum; Suœæda fruticosa; Thymelea hirsuta; Daphne Gnidium. Erx. M. Notizie intorno a certe piante raccolte a Castelporziano in quel di Roma, nel settembre del 1884. Memoria del socio ordinario N. Terracciano (Atti del r. Istituto d’incoraggiamento alle scienze natur., etc., vol. [V, n° 3, 1885). 5 pages in-4° et 2 planches. L'auteur a récolté dans la Campagne romaine, à Castelporziano, 2 Pirus, 1 Berteroa et 1 Clematis, qui lui ont paru s'éloigner, par des caractères assez tranchés, des types spécifiques correspondants. Il nomme et décrit ces variétés nouvelles de la manière suivante : « Pirus amygdaliformis Vill. var. verrucosa. — Folis subovato- oblongis, v. ovato-lanceolatis, acutis, margine serrulato-crenulatis basi integris ac anguslatis, superne glabris, subtus junioribus cum petiolis pubescentibus, serioribus glabris, petiolis longioribus quam in specie ; fructibus ferrugineis majoribus, turbinatis, crebre verruculosis, laciniis calycinis triangularibus, glabratis, suberecto-patentibus terminatis ; semi- nibus apiculatis. » Pirus cuneifolia Guss. var. rotundata.— Fol. ovatis v. ovato-oblon- gis, obtusis, basi rotundatis, margine crebre serrulato-crenulatis, superne glabris ac nitescentibus, junioribus subtus adpresso pubescentibus, serio- ribus glabris, petiolis brevioribus quam in specie ; fructibus ferrugineis majoribus, utrinque umbilicatis, laciniis calycinis glabratis, patentibus ac deflexis coronatis; seminibus subobovatis, obtusis, turgidis altero margine fere plano vel convexiusculo. » Berteroa obliqua DC. var. macrorrhiza. — Stellate pubescens ac dense cæspitosa, radice grossa, longe ac late diffusa ; foliis obovatis cuneatisve, inferioribus remote denticulatis sæpe grandibus, superioribus integris. » Clematis FlammulaL. var. serotina. — Caule late ac alte scandente, foliorum foliolis magnitudine variis sed semper potius parvis ovatis obo- vatisve, oblusis, integerrimis, raro bifidis trifidisve et sæpe longe petio- latis ; floribus albis majoribus, perigonii segmentis obovato-oblongis, obtusis. » Ce mémoire est accompagné de deux planches en noir bien dessinées. Erx. M. 142 SUCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. De la naturalisation des plantes: par M. J. Lamic (Journal d'histoire naturelle de Bordeaux et du Sud-Ouest, 30 juin 1885). D’après M. A. de Candolle, « une plante naturalisée est celle qui, » n’existant pas auparavant dans un pays, s’y trouve ensuite avec tous les » caractères des plantes spontanées indigènes, c’est-à-dire croissant et se » multipliant sans le secours de l’homme, se manifestant avec plus ou » moins d’abondance et de régularité dans les stations qui lui conviennent, » et ayant traversé des séries d’années pendant lesquelles le climat a offert » des circonstances exceptionnelles » (1). L'auteur dont nous analysons l’article admet l’exactitude de cette défi- nition ; mais, contrairement à l'opinion de l’illustre botaniste génevois (2), il comprend parmi les plantes naturalisées celles qui, une fois introduites, se reproduisent abondamment par voie asexuée, telles que l’Helodea canadensis, espèce dioïque, dont l’un des sexes est resté en Amérique, ou telles que le Robinia Pseu dacacia. qui se propage surtout au moyen de ses racines {raçantes sur lesquelles se développent de nombreux bour- geons. Par contre, M. Lamic n’étend pas aux plantes cultivées, comme l’a fait M. Ch. Naudin (3), la qualification de naturalisées. Il fait ensuite saisir la différence qui existe entre la naturalisation et l’acclimatation, deux termes qu’on emploie souvent à tort dans le même sens. Ces notions de géographie botanique et quelques autres se rattachant au même sujet sont très clairement exposées dans le mémoire de M. J. Lamic, auquel nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer le lecteur. ErN. MALINVAUD. Philosophie de la silviculture; par M. E. Guinier (extr. de la revue {a Forêt) ; tirage à part de 20 pages in-8°. Toulouse, 1885. D'après l’auteur ‘(pages 4 et 5): « La philosophie d’une science est » l’ensemble des idées générales propres à cette science... Il en est de » même pour les arts en ce qui concerne leur partie théorique... tout » art forme aussi un corps de doctrine et a ses principes généraux, d’où » découlent logiquement les règles qui en régissent l'application. . . . . » La silviculture s’appüie surtout sur la constatation de phénomènes (1) Alph. de Candolle, Géographie botanique raisonnée, p. 608. (2) « Je n’appellerai pas naturalisée une espèce qui, une fois plantée dans un terrain, » s'y conserve indéfiniment et s'y propage par les racines, sans donner de graines, » ou du moins sans donner des graines qui répandent l'espèce dans le voisinage. Le » liobinia Pseudacacia, les Rhus, l'Ailantus..…., sont ordinairement dans ce cas. Ce » sont des individus naturalisés plutôt que des espèces ». (Alph. de Candolle, loc. cit.) (3) Ch. Naudin, Réflexions au sujet de la naturalisation des plantes, in Revue hor- Licole, 1883, p. 282. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 143 » naturels qui sont du ressort de la physiologie végétale, c’est-à-dire » d’une science d'observation. L’adaptation des principes de cette science » aux besoins de l’homme est du ressort du raisonnement, et la méthode » philosophique de la culture des bois n’est donc pas une fiction. » Après avoir développé ces points préliminaires, l’auteur examine di- verses questions relatives à l’état actuel de l’art forestier; nous ne pou- vons que signaler ici ce mémoire, dont le sujel est en dehors du cadre de nos études, à ceux qu’il peut intéresser. « Erx. M. Éléments de botanique; par M. Gaston Bonnier, agrégé des sciences physiques, docteur ès sciences naturelles, maître de confé- rences à l'École Normale suptrieure. Ouvrage rédigé conformément aux nouveaux programmes du 27 février 1885 pour la classe de cin- quième, et à l’usage de la seconde année de l’enseignement spécial. Paris, Paul Dupont, 1885. Un vol. in-12, avec 403 figures dans le texte. L'introduction des sciences naturelles dans l’enseignement secondaire appelait la publication de livres élémentaires appropriés aux nouveaux programmes, et dont il faut bien reconnaître que, dans cet ordre de con- naissances et jusqu'à ces dernières années, notre littérature classique était assez dépourvue. L'ouvrage ci-dessus continue la série pédagogique inaugurée par les Éléments d'histoire naturelle du même auteur et ne peut manquer d’avoir le même succès (1). Il est divisé en deux parties : La première est consacrée aux « organes de la plante et leurs fonctions » : racine, tige, feuilles, fleur, fruit, graines, développement de la plante. La seconde partie, où sont exposés les grandes divisions du Règne végé- tal et les caractères généraux des principales familles, se termine par quelques notions de géographie botanique. On trouve à la fin de tous les chapitres un utile résumé des notions les plus importantes. Ce livre se recommande, comme ceux auxquels il fait suite, par son plan méthodique, les nombreuses figures plaçant à chaque instant les objets décrits sous les yeux de l'élève, enfin le style simple et précis qui convient à ce genre d'ouvrages. Er. M. (1) Eléments d'histoire naturelle : 1° PIERRES ET TERRAINS, un vol. in-12, avec 91 figures dans le texte; — 2° ANIMAUX, un vol. in-12, avec 144 figures ; — 3° VÉGÉ- TAUX, un vol. in-12, avec 170 figures. Ces trois ouvrages, recommandés par le Ministère de l'instruction publique, ont eu déjà un grand nombre d'éditions. 144 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. NOUVELLES (15 septembre 1885.) — Le Ministre de l’agriculture a conféré la décoration du mérite agri- cole à M. Bois, membre de notre Société, qui vient de publier, avec M. Paillieux, un ouvrage intitulé : le Potager d’un curieux (librairie agricole, Paris, rue Jacob, 26). — Parmi les personnes qui ont reçu les palmes académiques, à l’oc- casion du 14 juillet, nous avons remarqué le nom de notre confrère M. J. Costantin. — M. W. Krieger, instituteur à Kœænigstein-sur-l’Elbe (Saxe), a com- mencé la publication d’une collection de Champignons desséchés, qui a pour titre : Fungi saxonici exsiccati. Le 1" fascicule, comprenant 50 numéros, est en vente. Deux fascicules paraîtront chaque année, au prix de 10 francs l’un. — On s’abonne chez l’auteur à l'adresse indiquée ci- dessus. — Les journaux annoncent que le doyen de la Faculté de médecine de Bordeaux, au nom de cet établissement, est autorisé à accepter, aux clauses et condilions énoncées dans le testament olographe du 24 sep- tembre 1880, le legs fait par le sieur Godard (Jean-Baptiste-Camille), et consistant : 4° en un titre de rente 3 pour 100 sur l’État français, pour les arrérages être employés à la fondation de prix annuels ; 2 en une somme de 100,000 francs pour la fondation d’un Jardin botanique. — La lichénologie vient de perdre un de ses plus fervents adeptes et l’un de ses maîtres les plus connus. Le professeur G. W. Kæœrber, né à Hirschberg (Prusse) le 10 janvier 1817, est décédé à Breslau le 27 juillet dernier. : — Nous avons reçu le 1° numéro pour 1885 des Annales des sciences naturelles de Bordeaux et du Sud-Ouest, recueil scientifique fondé en 1882 et dont le gérant esi M. Guillaud, professeur à la Faculté de méde- cine et de pharmacie de Bordeaux. L'abonnement est de 30 francs pour la France, 35 francs pour l'étranger. Les éditeurs sont : à Bordeaux, Féret et fils, à Paris, G. Masson. Le Directeur de la Revue, . . . , Dr Ep. BORNET, Le Secrétaire général de la Société, gérant du Bulletin, E. MALINVAUD. BOURLOTON.— lmprimeries réunies, A, rue Mignon, 2, Paris. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE (1885) Recherches sur le péricycle ou couche périphérique du cylindre central chez les Phanérogames: par M. Louis Morot (Annales des sciences naturelles, Bor. 6° série, t. xx, pp. 215- 309, avec 6 planches). Dans ce travail qui porte sur un grand nombre d'espèces prises dans les familles de Phanérogames les plus différentes, l’auteur a surtout cherché à préciser et à généraliser la notion de péricycle introduite dans la science par M. Van Tieghem. Pour arriver à cette notion, rappelons que la section transversale d’une lige ou d’une racine se compose de deux parties con- centriques : l'écorce et le cylindre central, ces deux parties étant séparées par une assise de cellules spéciales, l’'endoderme, qui appartient à l'écorce ; le cylindre central est lui-même constitué par du parenchyme plus ou moins homogène dans lequel sont plongés les faisceaux du bois et du liber, qui sont séparés de l’endoderme par une ou plusieurs assises de cellules. Ce parenchyme du cylindre central peut se diviser en trois parties d’une façon toute conventionnelle, il est vrai : la partie renferimée dans un cercle intérieur aux faisceaux constitue la moelle; les rayons médullaires primaires seront formés par les cellules comprises entre les faisceaux, et enfin tout ce qui est situé entre l’endoderme et un cercle extérieur à tous les faisceaux sera compris sous la désignation de péricycle. C’est le péricycle ainsi défini que M. Morot à étudié chez les Phanéro- games. Il a montré que son existence est générale dans toutes les par- ties de la plante, aussi bien dans la tige que dans la feuille et la racine. Dans la racine, le péricyele forme une couche généralement continue; c’est seulement chez les Graminées et les Cypéracées qu’il est interrompu vis-à-vis des faisceaux ligneux, dont les vaisseaux les plus externes se trouvent en contact immédiat avec l’endoderme; c’est seulement dansles radicelles de quelques plantes aquatiques qu’on ne trouve pas de traces de péricycle. Réduit le plus souvent à une seule assise de cellules, le péricycle de la racine forme pourtant parfois une couche plus ou moins épaisse. Dans l’un comme dans l’autre cas, les éléments peuvent demeu- rer parenchymateux, ou au contraire se sclérifier avec l’âge. On peut T. XXXII. (REVUE) 10 1460 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. trouver des canaux sécréteurs dans le péricycle de la racine, mais il est à remarquer qu’on n’y voit jamais de fibres de soutien. Dans la tige, le péricycle présente la même constance que dans la racine, et son importance parait plus grande encore, car 1] renferme très souvent de nombreuses fibres qui constituent la principale partie de sou- tien de la tige. De la tige le péricycle passe dans la feuille, mais là il forme rarement un anneau complet autour de l’ensemble des faisceaux ; le plus souvent, ou bien il entoure séparément chacun d’eux, ou bien il constitue un arc plus ou moins développé sur les faces inférieures et latérales des pétioles. Après avoir bien délimité le péricycle, M. Morot a montré qu’il est le siège de nombreuses formations secondaires et même tertiaires, qu'on croyait autrefois se produire dans l'écorce. C’est ainsi que le péricycle produit le méristème secondaire où se différencient les faisceaux libéro- ligneux surnuméraires qui caractérisent certaines Liliacées, telles que l’Aloe, V’Yucca et le Dracæna. Il en est de même des formations secon- daires anormales qu'on peut observer chez les Stylidiées, les Chénopo- diacées, les Nyctaginées et certaines Gnétacées. Cette communauté d’ori- gine constitue un lien entre ces formations, qui paraissent, par cela même, moins exceptionnelles. C’est aussi du péricycle que dérivent des forma- tions moins importantes telles que des faisceaux libéro-ligneux intercalés entre les faisceaux primaires, ou le tissu conjonctif qui prolonge vers l'extérieur les rayons médullaires dans le cas où les faisceaux restent isolés. M. Morot attribue aussi au péricyele les faisceaux de fibres situés à la face externe des faisceaux du liber, et qu’on regardait comme appar- tenant au liber. Ge qui ressort surtout du travail de M. Morot, c’est la constance du péricycle, l'importance de celte couche qu’on regardait quelquefois comme formée seulement d’une assise de cellules, et l'existence dans ce même péricycle de formations secondaires qu’on croyait dériver d’autres parties de la plante. LECLERC DU SABLON. Recherches sur l'influence qu'exerce le milieu sur la structure des racines ; par M. J. Costantin (Annales des sciences naturelles, Bor. 7° série, 1885, t. 1, pp. 135-182, avec 4 planches). Dans ce mémoire, M. Costantin poursuit la série de ses recherches sur l'influence qu’exerce le milieu sur la structure des végétaux. Les mé- thodes qu'il a employées pour l'étude de la racine sont les mêmes que celles qui lui ont fourni pour la tige les résultats que l’on connaît. La plupart des auteurs qui se sont occupés de celte question ont comparé simplement la structure d’une racine souterraine ordinaire à celle d’une racine croissant normalement dans Pair ou dans l’eau. Les deux termes REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 147 de la comparaison appartenant ainsi à des espèces souvent très différentes, il était difficile de démêler les différences provenant de l'influence du milieu de celles qui tenaient à la différence des espèces. Pour séparer les causes qui influent sur la structure des racines, M. Costantin a eu recours à la méthode expérimentale : il a fait dévelop- per dans des milieux différents des racines appartenant à la même espèce et parfois au même individu ; il a pu ainsi étudier isolément l'influence du milieu aérien et du milieu aquatique, ainsi que celle de l’éclaire- ment. Une seconde partie de son travail est consacrée à l'étude compara- tive des racines souterraines avec les racines aériennes ou aquatiques de la mênie espèce chez les plantes qui présentent naturellement des racines dans deux milieux différents. Les résultats de cette seconde étude étant complètement concordants avec ceux fournis par l'expérience, M. Cos- tantin s’est cru en droit de poser ses conclusions, qui, on va le voir, sont tout à fait comparables à celles qu’il avait déjà fait connaître pour la tige. Dans une racine qui s’est développée dans Pair, l'écorce est relative- ment plus mince, et par conséquent le cylindre central plus épais que dans une racine souterraine. On remarque de plus que les fibres qui entourent les canaux sécréteurs, celles qui constituent les faisceaux fibreux de l’écorce, ainsi que les cellules lignifiées qui forment généralement un anneau dans le tissu cortical, ont leurs parois plus épaisses chez les racines aériennes, que les cellules de l’endoderme sont plus dures et plus imperméables, et enfin que le péricycle se lignifie souvent ainsi que le tissu fondamental du cylindre central. Le nombre des vaisseaux lignifiés et l'épaisseur de la moelle augmentent chez les racines aériennes. Ce dernier point est surtout intéressant à noter, car on a souvent donné l’absence de moelle comme caractère de la racine. M. Costantin montre qu’on doit attribuer la réduction, et même quelquefois l'absence complète de la moelle, plus au milieu souterrain où se développe l'organe qu'à sa nature radicuiaire. Quant au milieu aquatique, son influence consiste surtout à augmenter les lacunes de la moelle et de l'écorce. En comparant les racines aquati- ques aux racines aériennes, on remarque que le système de soutien et la moelle sont bien moins développés chez les premières. Enfin le système vasculaire est considérablement réduit par le milieu aquatique. M. Costantin a montré en dernier lieu que l’obscurité où se développent ordinairement les racines contribue à augmenter l’épaisseur de l'écorce et à diminuer la production des tissus ligneux. Les différences signalées par l’auteur sont rendues frappantes par un grand nombre de figures très bien exécutées, qui mettent en regard la structure de deux racines développées dans des milieux différents, identi- ques d’ailleurs. Ces figures dessinées à la chambre claire donnent une idée exacte de la valeur absolue de l'influence du milieu. 148 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. En somme, M. Costantin a montré que la racine est susceptible d’éprouver des variations de structure très étendues, et que si, dans la nature, elle présente une grande uniformité, cela tient à ce qu’elle se développe presque toujours dans les mêmes conditions de milieu. LECLERC DU SABLON. Ueber Sexualitæt (Sur la sexualité) ; par M. H. Hoffmann (Bota- nische Zeitung, 1885, n°° 10-11). On ignore complètement les causes qui, chez les espèces dioïques, dé- terminent le sexe de différents individus issus de graines semblables. M. Hoffmann rend compte d’une série d’expériences très curieuses, qui tendent à jeter un certain jour sur cette question. Il a constaté que, toutes choses égales d’ailleurs, la proportion des individus mäles et femelles provenant d’un semis dépend de la densité des graines dans ce semis. Lorsque les graines sont bien serrées les unes contre les autres, le nombre des mâles est beaucoup plus considérable que dans le cas contraire. Les principales espèces sur lesquelles ont porté les expériences de l’auteur sont: les Lychnis diurna, Lychnis vespertina, Mercurialis annua, Rumex Acetosella, Spinacia oleracea, Cannabis sativa. En prenant la moyenne d’un certain nombre d’expériences, on trouve qu’en culture serrée on obtient 283 individus mäles pour 100 femelles, et 76 seu- lement si les graines sont écartées les unes des autres. L. pus. Ueber die Bedeutung der Circulation und der Rotation der Protoplasma fuer den Stofftransport in der Pflanze (Sur le rôle de la circulation et de la rotation du proto- plasma dans le transport des matières dans les plantes); par M. Hugo de Vries (Botanische Zeitung, 1885, n° 1 et 2). C’est un fait hors de toute contestation que des matières sucrées ou d'autre nature circulent dans l’intérieur de la plante. On admet généra- lement que c’est à l’osmose qu’il faut attribuer le transport de ces ma- tières d’une partie de la plante dans une autre. M. de Vries s’est demandé si l’osmose était une explication suffisante des faits observés. En mesu- rant la vitesse de diffusion de diverses substances, il a vu que les matières qui, pendant une nuit d’été, parcourent le pétiole d’une feuille de Courge ne pourraient faire ce chemin pendant un temps aussi court si l’osmose était la seule cause de leur déplacement. C’est aux mouvements du protoplasma que M. de Vries attribue le transport rapide des matières dans l’intérieur de la plante. Le pédoncule fructifère du Phycomyces nitens est un des meilleurs exemples à étudier pour constater l'utilité des niouvements du protoplasma. On y voit en effet REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 149 comment les matières nécessaires à la formation des spores sont ame- nées par un courant rapide dirigé sur le sporange en voie de forma- tion. Chez les plantes plus élevées en organisation, les tubes du liber se prêtent très bien à l'étude des mouvements du protoplasma; la vitesse du courant y est de plusieurs millimètres par minute. Les principales plantes sur lesquelles ont porté les observations de M. de Vries sont les Trades- cantia, le Cucurbita Pepo, l'Helodea canadensis, l'Hydrocharis Morsus- ranæ et le Limnocharis Humboldtii, etc. L. pu $. Die Bildung den Hafthballen an der Ranken einiger Arten der GSattung Ampelopsis (Formation des disques adhésifs des vrilles de quelques espèces du genre Ampelopsis) ; par M. August von Lengerken (Botanische Zeitung, 1885, no° 22-26). Dans ce mémoire l’auteur a repris l’étude anatomique des vrilles d’Am- pelopsis, et notamment des modifications qu’entraine dans cette structure la formation des disques adhésifs qui aident la plante à se fixer aux corps étrangers. Il commence par diviser les espèces d’Ampelopsis en deux catégories : chez les unes (4. Veitchii), il peut se former des disques adhésifs, tandis que chez les autres (4. hederacea), les vrilles s’enrou- lent seulement autour d’un support, comme chez beaucoup d’autres plantes grimpantes. Dans tous les cas, la structure de la vrille est à peu près celle d’une tige. On y observe d’abord la structure primaire, puis un mé- ristème secondaire prend naissance, et son fonctionnement présente, d’après l’auteur, une particularité remarquable : au lieu de former comme d'ordinaire une couche de liber à l’extérieur et du bois à l’intérieur, elle ne produit que du bois, et le liber secondaire fait défaut. Les principales conclusions du travail de M. von Lengerken sont les suivantes : Le contact de l'extrémité d’une vrille contre un corps étranger pro- voque un développement particulier de l’épiderme et des assises sous- épidermiques. Les cellules épidermiques s’allongent beaucoup radialement et peuvent même se diviser : le cylindre central est peu modifié par la formation des ventouses ; le parenchyme de la moelle et des rayons mé- dullaires se lignifie seulement après la fixation de la vrille. Lorsque les vrilles n’arrivent pas au contact de corps étrangers, elles se dessèchent et meurent, On peut toujours, dans les espèces où les ventouses peuvent se produire, trouver dans la vrille non encore fixée des indices de cette formation. Il est d'ailleurs intéressant de remarquer qu'après la produc- tion de ventouses le pouvoir d’enroulement des vrilles semble être dimi- nué. On voit la comme une sorte de balancement des deux procédés de fixation que possède la plante. C’est généralement sur la face convexe de l'extrémité de la vrille que se forment les ventouses et en même temps que les cellules de l’'épiderme et des assises sous-épidermiques se déve- 150 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. loppent. Sous l'influence du contact il se produit une certaine quantité de mucilage, qui contribue à rendre plus grande l’adhérence de la vrille et du support. LECLERC DU SABLON. Bulletin mensuel de la Société Linnéenne de Paris. n° 60-64 (pp. 473-512). Sur le genre Philastrea, par M. Pierre (p. 474). — Ce nouveau genre de la famille des Méliacées doit prendre place entre le Munronia et le Naregamia. I se distingue du premier, par des sépales ni accrescents, ni dilatés ; par des pétales herbacés; par le disque réduit à un coussinet hypogyne, lorsqu'il existe ; par son tube staminal terminé par dix dents poilues, alternant avec autant d’étamines plus courtes qu’elles; enfin par son sligmate à cinq dents courtes. Il diffère des Naregamia, par ses pétales adnés au tube staminal ; par ses étamines qui sont au nombre de dix, et par son ovaire à cinq loges. Une seule espèce du Cambodge : P. pauciflora. C’est une petite plante herbacée à feuilles ovales, créne- lées, couvertes de poils raides ; les fleurs sont axillaires et pédonculées. (Herb. Pierre, n° 568.) Liste des plantes de Madagascar (suite), par M. H. Baillon (p. 475). — L'auteur continue l’exposé de la famille des Saxifragées et l’énuméra- tion des espèces du genre Weinmannia : W. Humblotii (Humblot, n° 613) et W. Hildebrandtii, sp. nov. (Hildebrandt, n° 3695). Les Dico- ryphe sont au nombre de 8, dont deux espèces inédites : D. laurina (Humblot, n° 615) et D. macrophylla (Humblot, n° 540). M. Baillon décrit (p. 477) le nouveau genre Franchetia, de la tribu des Codieæ, et qui, par certains caractères, se rapproche des Cornee : «Calyx superus brevis, sepalis 4 obtusis. Petala 4, longiora, valvata. Sta- mina 4, epigyna, alternipetala; filamentis brevibus ; antheris introrsis, loculis 2, rimosis, inferne liberis. Ovula in loculis solitaria descendentia anatropa. Fructus.:.? » Une seule espèce : F. sphærantha. C’est un arbre à rameaux subopposés ; à feuilles ovales-elliptiques, à inflorescences latérales où suboppositifoliées, formant un petit capitule (4 cent. diam.) pédonculé. (Hildebrandt, n° 3309.) Les Piper de Madagascar sont représentés dans l’herbier du Muséum de Paris par 8 espèces; les Peperomia, par 11 espèces, dont une nou- velle : P. Commersonii. Dans la famille des Urticacées (p. 479), M. Baillon fait connaître un nouvel Urera : U. Humblotii; un Elato- stema: E. Humblotii (Humblot, n° 253); parmi les Nyetaginées (p.484), le Boerhavia Commersonti, du nord de Madagascar. La famille des Malvacées (p. 485) est très riche en types particu- liers à Madagascar. Ainsi M. Baillon signale 5 Sterculia nouveaux : REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 151 S. Humblotiana (Humblot, n° 340); S. comorensis (Richard, n° 293) ; S. Richardiana (Richard, n° 319); $S. ergthrosiphon (Grevé, n° 216); S.? Chapelieri (Chapelier). — Les Dombeya sont représentés par 45 espèces, dont 27 sont inédites : D. longipes (Lantz, n° 7); D. antsiana- kensis (Humblot, n° 425); D. ficulnea (Chapelier); D. Perrillei (Per- villé, n° 808); D. longicuspis (Hïildebrandt, n° 3566); D. Coria (Cha- pelier; Bernier, n° 170; Humblot, n° 51); D. manaharica Humblot, n° 244); D. rubifolia (Bernier, n° 348 ; Boivin, n° 2602); D. Grereana (Grandidier, n° 40; Grevé, n° 137); De parviflora Boivin herb. (Boiv., n° 1862, 2150 ; Pervillé, n° 261 ; Hildebrandt, n° 3095); D.loucoubensis (Hild. n° 3122); D. Humblotii (Humbl. n° 1); D. Chapelieri (Chape- lier) ; D. Hildebrandtii (Hild. n° 2076); D. stipulacea (de Lastelle) ; D. Breont (Bréon, n° 48): D. Valou (Chapelier); D. rottleroides (Hild. n° 2894); D. longifolia (Chapelier) ; D. Bojeriana (Bojer); D. quazumeæ- folia (Bernier, n° 340); D. Lantziana (Lantz); D. oboralis (Humblot, n° 45); D. lucida (Hild., n° 9575); D. pseudo-Populus (Bernier, n° 339); D. Bernieri (Bern. n° 338). —- Melhania corchorifolia, sp. nov. (Gran- didier, n° 45). -— Buettneria Grandidieri, sp. nov. (Grandid. n° 44; Grevé, n° 258); B. Voulily (Grevé); B. longicuspis (Grevé, n° 72); B. lo- bata (Hildebrandt, n° 3170). — Rulingia? macrantha, sp. nov. (Bojer). — Sida Vescoana, sp. nov. (Vesco, n°3); S. macrophylla Hils. et Boj. herb. (Boiv. n° 2591); S. Greveana (ürevé, n° 22). — Abutilon Chape- lieri (CGhapelier). — Hibiscus palmatilobus (Grandidier, n° 49); A. car- diophyllus (Boivin, n°1852); H. Bernieri (Bernier, n° 290); H. Boivini (Boivin, n° 2582); H. lasiococcus (Chapelier); Æ. Bojerianus (Bojer) ; H. Thespesianus (Boivin, n° 2584) ; H. laurinus (Humblot, n° 241). Constitution du genre Dombeya, par M. H. Baillon (page 481). — À propos des nombreuses espèces de Dombeya de la flore de Madagascar, et surtout d’une curieuse plante malgache, le Dombeya crassipes, M. Baillon a été amené à rechercher les limites du genre. Il conclut que le Melhania decanthera DCG., le M. laurifolia Boj., ainsi que les Tro- chelia Richardi et Boivini, doivent y rentrer, sans compter les Asfra- pœa, Assonia, etc., depuis longtemps réintégrés. Il propose comme sections : Dombeyella(Melhania decanthera), cymes làches pauciflores ; étamines fertiles, solitaires ou géminées. — Melhaniella (M. lauri- folia), eymes làches, pauciflores ; étamines fertiles solitaires. — Dom- beyantha (D. longicuspis et D. Coria), eymes lâches pauciflores ; 15-25 étamines fertiles; loges ovariennes 6-8-ovulées. — Trochetiella (Tro- chetia Richardi, Boivini et Dombeya pseudo-Populus), cymes pluri- flores: étamines fertiles 10-25 ; loges ovariennes biovulées; calyce et ovaire à poils écailleux. — Trochetiantha (D. macrantha), fleurs soli- taires ; 35 étamines fertiles ; loges ovariennes 14-ovulées. — Trochetina 152 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. (Dombeya crassipes), cymes pauciflores; étamines fertiles géminées; ovules binés; pédicelles claviformes au-dessus de l'articulation. L'auteur, pour le moment, ne tient pas compte des formes intermé- diaires qu’on peut observer parmi les Trochetia et Dombeya malgaches. Plantes à qutta-percha, par M. Pierre (page 497). — On sait l’impor- tance qui s’attache en ce moment à la connaissance des arbres qui pro- duisent la gutta-percha. M. Pierre, très versé dans la question, recherche quelles sont les espèces de Palaquium, de Payena, de Mimusops et de Siderocarpus qui peuvent donner un produit tout à fait supérieur. Il pense qu'on ne peut douter que les meilleures gutta ne soient produites par cinq Palaquium, qu’il est assez difficile de distinguer, à cause de l'insuffisance des matériaux qu’on trouve dans les herbiers. Ces cinq Palaquium sont : 1° P. Gutta H. Baïllon (/sonandra Gutta Hook.; Dichopsis Gutta Benth.). — 2° P. malaccense, sp. nov., de la péninsule malaisienne, près de Lahat-Perak (M"° Errington de la Croix, n° 65, 66, 67), vulg. Gutta terbow mera : c’est une des meilleures espèces à propager. — 3° P. formosum, sp. nov., de Sumatra (Saint-Paul Lias; M" E,. de la Croix, n° 77). — 4° P. princeps, sp. nov., de Bornéo (de Vriese).— 5° P. borneense, sp. nov. de Bornéo, ou l’arbre, très abondant autrefois, est devenu rare. Enfin aux espèces précédentes on pourrait joindre le P. oblongifolium (Isonandra Gutta var. oblongifolia de Vriese), plante de Bornéo qui vient d’être introduite dans le Jardin de Buitenzorg. Mimusops (page 505). — Plusieurs espèces de ce genre fournissent un produit similaire à la gutta-percha : ce sont surtout M. petiolaris, maxima, coriacea, Kauki, elata, Vieillardi, etc. ; toutefois le carac- tère glutineux de ce produit, sur lequel aucune expérience sérieuse n’a été' faite, n’a pas permis jusqu'ici de se faire une idée de sa valeur indus- trielle. Mais il n’en est pas de même du M. Balata, arbre des Guyanes, dont, pour la Guyane anglaise seule, l'importation s’est élevée en 4881 à plus de 47000 livres. Ce Mimusops Balata n’est point celui de Gærtner, mais bien l’Achras Balata d'Aublet ; il a pour synonymes Mimusops bi- dentata DC.; Sapota Muelleri BI. M. Pierre rapporte comme variétés à cette espèce plusieurs Mimusops envoyés par M. Mélinon. A. FRANCHET. Reliquiæ Rutenbergianæ, VI (Botanik); par M. Guillaume Vatke (Separatabdruck aus den Abhandlungen der naturhistorischen Ve- reins zu Bremen, Band 1x, Febr, 1885). Dans ce nouveau fascicule consacré aux plantes rapportées de Mada- gascar par Rutenberg, M. Vatke fait connaître un certain nombre d’espèces REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 153 nouvelles, dont plusieurs lui ont été signalées, sans description, par M. le prof. H. Baïllon. Ce sont : Dichetanthera Rutenbergiana H. Baill.; Genipa Rutenbergiana H. Baill.; Psychotria furcellata H. Baill.; — parmi les Composées : Centauropsis Rutenbergiana Natke; Grangea madagascariensis Vatke; Wedelia pratensis Valke; — une Campanula- cée: Wahlenbergia Rutenbergiana Vatke ; — plusieurs Apocynées et Asclépiadées : Mascarenhasia Rutenbergiana Vatke ; M.? brevituba Vatke; Pachypodium Rutenbergianum Vatke; Vincetoxicum Rutenber- gianum ; — deux Gentianées : Sebæa Rutenbergiana Vatke ; Pleurogyne lubahniana Vatke ; — une Convolvulacée: Evoloulus Rutenbergianus Vatke ; — plusieurs Acanthacées : Brillantaisia Rutenbergiana Vatke ; Calophanes Buchenavii Vatke ; C. Clarkei Natke ; Isoglossa Rutenber- giana Vaike; Hypoestes Bakeri NVatke ; — parmi les Labiées : Orthosi- phon Hildebrandtii Vatke ; Plectranthus Rutenbergianus Natke; Micro- meria Rutenbergiana NVatke ; — une Liliacée : Chlorophytum Rutenber- gianum Vatke. A. FR. Further Contributions to the Flora of Madagascar, second and final Part (1) (Nouvelles Contributions à la Flore de Madagascar, deuxième et dernière partie); par M. J. G. Baker (Jour- nal of the Linnean Society, vol. xxt, April 1885, pp. 407-455). Dans ce nouveau fascicule, M. Baker fait connaître le reste des plantes nouvelles envoyées par M. Baron à la fin de l’année 1883. Les spécimens types de toutes ces espèces sont déposés dans l’herbier de Kew ; il y en a aussi un grand nombre au British Museum. Une collection considérable, provenant du N. E. de l’île a été récemment envoyée en Europe par M. Humblot, et d’autre part on a distribué une grande quantité d’espèces des provinces centrales, récoltées par le regrettable Hildebrandt ; la con- naissance de la flore de Madagascar va donc avancer rapidement. Le D' Hildebrandt et M. Baron ayant exploré les mêmes territoires, les plantes qu’ils ont ramassées sont souvent identiques ; mais la plupart du temps celles de M. Humblot sont très différentes. Parmi les Monopétales, M. Baker décrit: Schismatoclada concinna et S. viburnoides ; — Danais (1 esp.); — Pentas (1 esp.); — Olden- landia latifolia (Baron, Hildebrandt, n° 3941); — Mussænda (2 esp.) ; — Tarenna (1 esp.) ; — Plectronia (2 esp.); — Ixora (1 esp.); — Psy- chotria (2 esp.) ; — Geophila (1 esp.); — Holocarpa, genus novum Rubiacearum (1 esp.); — Vernonia (4 esp.); — Apodocephala, genus novum Compositarum (4 esp.); — Helichrysum (2 esp.); — Melanthera (2esp.); — Senecio(1 esp.); — Ardisia (5 esp.); — Oncostemun (3 esp.); (1) Voyez le Bulletin, t. xxx, Revue bibliogr. p. 68. 194 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. — Diospyros (4 esp.) ; — Holarrhena (1 esp.); — Buddleia (L'esp.); — Gertnera (2 esp.); — Ipomæa (1 esp.): — Solanum (1 esp.) ; — Sopu- bia (4 esp.); — Utricularia (1 esp.); — Didymocarpus (1 esp.); — Colea (4 esp.); — Thunbergia (4 esp.); — Justicia (2 esp.); — Iso- glossa (3 esp.); — Hypoestes (4 esp.); — Orthosiphon (2 esp.) ; — Plectranthus (4 esp.); — Lippia (1 esp.); — Vitex (1 esp.); — Clero- dendron (1 esp.). Les espèces nouvelles du groupe des Monochlamydées (Incomplètes de M. Baker) sont les suivantes : Hydrostachys (1 esp.); — Piper (1 esp.); — Peperomia (4 esp.); — Viscum (1 esp.); — Euphorbia (1 esp.) ; — Uapaca (2 esp.); — Bridelia (4 esp.) ; — Acalypha ( esp.); — Ma- caranga (2 esp.); — Chætacme (1 esp.); — Ficus (6 esp.); — Urera (Lesp.); — Pilea (2 esp.); Podocarpus ( esp.). Parmi les Monocotylédones : Pandanus (4 esp.); — Dracæna (1 esp.); — Dioscorea (1 esp.) : — Heleocharis (1 esp.); — Cladium (2 esp.); — Carex (1 esp.); — Oplismenus (1 esp.); — Echinolæna (4 esp.) ; — Pennisetum (1 esp.): — Pæcilostachys (1 esp.) ; — Eragrostis (1 esp.). Parmi les Fougères : Alsophila (1 esp.); — Lycopodium (1 esp.). Le genre Holocarpa, tribu des Anthospermées, est caractérisé par des fleurs hermaphrodites, ordinairement pentamères ; le tube de la corolle est villeux à la gorge ; le fruit, à 3-5 loges, est indéhiscent. Il est sur- tout voisin du genre Ofiophora. Une seule espèce : H. veronicoïdes, herbe vivace, à feuilles ovales-oblongues, subsessiles, accompagnées de stipules foliacées ; fleurs disposées en cymes serrées terminales, briève- ment pédonculées. (D Lyall ; M. Baron, n° 736 ; D" Hildebrandt, n° 3848.) Apodocephala, de la tribu des Eupatoriées. C’est un genre voisin des Ageralum etdes Carelia, et qui paraît surtout caractérisé par ses achaines linéaires, anguleux, couronnés par une cupule peu apparente et dé- pourvus d’ailleurs d’aigrette ; les corolles sont toutes égales et leur tube couvert de glandes; les anthères sont appendiculées par leur connectif dilaté, deltoïde. Une seule espèce : A. pauciflora. C'est un arbrisseau rameux, à feuilles alternes oblongues; à capitules petits, très nombreux, agglomérés et formant une ample panicule. (Baron, n° 3254.) À. FRANCHET. Kärlväxter, insamlade under den svenska expeditionen till Grônland 1883 (Plantes recueillies pendant l'expédition suédoise au Groenland en 4883); par M. Aug. Berlin (Üfversigt af Kong. Vetenskaps-Akademiens Fürhandlingar, 1884, n° 7, pp. 17-90; Stockholm). Communiqué le 10 septembre 1884. Ces plantes ont été recueillies par M. O. Dikson, qui faisait partie, REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 159 pendant l'été de 1883, de l’expédition envoyée au Groenland, sous la direction du professeur Nordenskiüld, et qui avait plus spécialement pour but les études géographiques. La collection se compose surtout de plantes vivant dans l’eau ou ne craignant ni la neige, ni la glace; une partie a été conservée dans l'alcool, ainsi qu’une petite série de Mousses et de Champignons et quelques morceaux de tiges d’arbrisseaux. M. Berlin commence par donner la position géographique exacte en longitude et en latitude de chacune des localités visitées par l’expédi- tion. Le point le plus extrême, atteint le 26-27 juin, est Ivsugigsok, par 16° 21’. La liste des plantes qu’il énumère, s'élève au chiffre de 377 espèces ou variétés. Les Hieracium, les Carex à deux stigmates, les Ca- lamagrostis et les Poa ont été examinés par M. $S. Almquist; les Salir, par M. A. N. Lundstrôm. Parmi les espèces les plus intéressantes rapportées par M. Dikson, on peut citer : Arabis Hoibællii Horn. ; Draba crassifolia Graham; Viola Muehlenbergiana Ging. var. minor Hook.; Linnæa borealis, dans le sud du Groenland ; Cerastium arcti- cum Lange; Walhlbergella triflora Rob. Br.; Pinguicula vulgaris L.; Corallorhiza innata Rob. Br.; Carex nardina et C. scirpoidea Mich. ; Aspidium fragrans Sw.; Woodsia glabella Rob. Br.; Isoetes echino- spora Dur.; Selaginella spinulosa AI. Br. Plusieurs espèces ou variétés nouvelles sont signalées : Ranunculus acer var. Lindblomianus A. Berl., et subspecies Nathorsti A. Berl. ; Hieracium nigrescens Wild., nov. subsp. livido-rubens S. Amsq., et nov. subsp. hyparcticum S. Almq.; Hieracium dorrense Fries, nov. subsp. groenlandicum S. Almgq., et les variétés ivigtutense et amitso- kense: Campanula groenlandica À. Berlin, belle espèce du groupe des C. Scheuchzeri Nil. et Langsdorffiana Fisch., à feuilles radicales cor- diformes arrondies, les caulinaires ovales, à tige terminée par une seule fleur dressée, largement campanulée ; Rhododendron lapponicum L. var. viride, à feuilles complétement vertes en dessous; Salix ivigtutiana Lundst, sp. nov.; Betula intermedia (odorata?) X glandulosa ; Carex atrata L. var. heterostachya ; C. lagopina var. subtenuiflora : Glyceria Langeana nov. sp.; Lycopodium Selago, forma alpestris. Dans le total des espèces énumérées, on peut remarquer que les Cypé- racées entrent pour le chiffre de 37, dont 30 Carex; les Graminées sont au nombre de 50 : ces deux familles constituent ainsi à elles seules plus du quart de Ja flore de la région explorée. 1] est également intéressant de constater combien les espèces les plus vulgaires'de nos régions peuvent s’avancer dans une région presque constamment envahie par les glaces : Ranunculus acer, 61° 12; Chelidonium majus, d.; Cardamine praten- sis, 60°; Capsella Bursa-pastoris, 61° 19’ ; Thlaspi arrense et Stellaria media, id.; Sagina procumbens, 60° 43! ; Sperqula arrensis, 61° 12"; 456 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Erodium cicutarium, Medicago Lupulina et Trifolium repens, id.; le Lathyrus maritimus remonte jusqu’à Kangerdluarsuk, par 60° 53; Vicia Cracca, 60 53’ ; V. sativa, 60°; Ervum hirsutum, 61° 12’; Comarum palustre, 65° 35’ ; Potentilla anserina, 60° 43"; Epilobium pa- lustre, id.; Myriophyllum spicatum, 68° 21"; M. alterniflorum, 61° 12"; Callitriche hamulata, 60° 7!; Galium Aparine, 61° 12’; Senecio vul- garis, id.; Anthemis arvensis, id.; Achillea Millefolium, 60°; Matri- caria inodora, 61° 12 ; Artemisia vulgaris, 61° 12'; Cirsium arvense, id.; Centaurea Jacea, id.; Sonchus oleraceus, id.; Taraxacum offici- nale, 65° 35’; Lycopsis arvensis, 61° 12’ ; Verbascum Thapsus, id.; Eu- phrasia officinalis, 68° 25’; Lamium purpureum et L. ampleæicaule, 61°12’; Utricularia minor, 68° 21’; Pinguicula vulgaris, id.; Rumex Acetosa, 61° 12’; R. Acetosella, 68° 21"; Polygonum Convolvulus, 61° 142; Cannabis sativa, id.; Eriophorum angustifolium, 68° 21'; Antho- æanthum odoratum, 60° 43'; Alopecurus fulvus, id.; Agrostis canina, 68° 42’ ; Festuca ovina, 68°21' ; Poa pratensis, 68° 25’; Poa annua, 61° 12 ; Polystichum Filix-mas, 61° 12’; Cystopteris fragilis, 68° 21". L’Isoetes echinospora a été observé jusqu’à Sofiehamm, par 68° 21! lat. Toutes ces indications, données avec exactitude, sont du plus grand intérêt pour la géographie botanique, et il est à souhaiter que tous les botanistes voyageurs les fournissent avec autant de soin. A. FRANCHET. Monographie der Gattung Clematis (Monographie du genre Clematis); par M. Otto Kuntze (Verhandlungen d. botan. Vereins der Prov. Brandenburg, xxvi, pp. 83-202). In-8°. Berlin, 1885. M. Kuntze partage le genre Clematis en deux groupes principaux, selon que les tiges sont grimpantes (a. Scandentes), ou non grimpantes (b. Escandentes). Le premier groupe forme deux sections : Scandentes eperulatæ, quand les rameaux florifères sont dépourvus à la base d’écailles persistantes; Scandentes perulatæ, lorsqu'ils en sont pourvus. Les caractères servant aux divisions d'ordres inférieurs sont empruntés aux styles, qui sont filiformes ou très raccourcis et épais; aux filets staminaux, qui sont glabres ou poilus ; aux étamines, qui peuvent être mutiques, ou mucronées par le prolongement du connectif. Dans ce travail, les espèces sont entendues dans un sens très large ; aussi l’auteur a-t-il dû joindre à beaucoup d’entre elles une série de sous-espèces que presque tous les botanistes avant lui avaient consi- dérées comme suffisamment distinctes; plusieurs de ces sous-espèces ont en outre une ou plusieurs variétés, ou formes, auxquelles M. Kuntze donne aussi des noms. Il en résulte que certaines des espèces admises par lui comme téte de ligne ont jusqu'à vingt ou trente divisions ou sub- REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 157 divisions, ce qui sera peut-être considéré par quelques personnes comme une grande charge pour la mémoire. Le nombre des espèces principales admises par l’auteur est de 66, sans compter les hybrides ; celui des sous-espèces s'élève à 171. Les 6 hybrides reconnus comme étant de premier ordre sont : C. florida X Viticella Guasco ; C. florida X integrifolia Durand; C. integrifolia X Viticella Loudon,; C. integrifolia X Viorna O0. Ktze; GC. integri- folia X recta Lemoine; C. recta X Viticella Jackm. Il est presque superflu d'ajouter qu’autour de ces hybrides de premier ordre, viennent se grouper une multitude d’hybrides secondaires, de la valeur desquels on peut se faire une idée en parcourant les catalogues des horticulteurs. En raison même des principes qui l’ont guidé dans son travail, M. O. Kuntze a fait connaître beaucoup de sous-espèces nouvelles, mais il n’a signé qu’un très petit nombre d'espèces princeps. Ce sont: C. commu- tata, de l'Afrique tropicale (Welw., n° 1215 a); C. pseudograndiflora, de l’Afrique tropicale (Welw., n° 1218 et 1219); C. aphylla, de la Nou- velle-Zélande (herb. de Kew) ; C. substipulata, de l'Inde ; C. perulata, du Brésil (Gaudichaud, n° 1162); C. stipulata, de Mexico; C. pseudo- Atragene, de l'Amérique sept. ; C. Oliveri, d’Abyssinie ; C. pseudo-orien- talis, de Perse (Aucher-Eloy, n° 4025, 4026); C. Welwitschii Hiern msc., d'Angola (Welw., n° 1217); C. Mechoviana, de l'Afrique équato- riale occidentale (Mechow et Teusz, n° 410); C. tibetana, du Thibet. L'auteur termine sa Monographie par quelques considérations sur la distribution géographique des Clematis, et il résume l’aire d’extension de certaines espèces dont la dispersion est très large. L'existence à l’état fossile de plusieurs Clematis dans les schistes tertiaires de Radoboj, en Croatie, et d'Œninger, lui suggère quelques observations et aussi quel- ques restrictions. A. Fr. Note on certain Passifloreæ from western tropical America (Observations sur quelques. Passiflorées de l'Amérique tropicale occidentale); par M. Maxwell T. Masters (Journal of Bo- tany, 1885, vol. xxut, pp. 113-116). Ces observations concernent une petite collection de Passiflores faite par M. Lehmann dans un voyage à travers différentes régions de l’Amé- rique centrale et dans la Nouvelle-Grenade. M. Maxwell T. Masters décrit deux nouvelles espèces de Passiflora, appartenant l’une et l’autre à la section des Decaloba : l'une, P. lancearia (Lehmann, n° 1955), a les feuilles de la variété subintegra du P. mollis, mais ses fleurs sont très différentes ; l’autre, P. Lehmanni (Lehmann, n° 2524), a aussi été re- cueillie, en feuilles seulement, par M. André (n° 1713). Les beaux spéci- mens en fleur rapportés par M. Lehmann ont permis de décrire cette 158 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. belle plante, dont il avait déjà été question dans le Journal of the Linn. Soc. xx, p. 43. A. FRANCHET. A new Dendrobivum from Siam (Sur un nouveau Dendro- bium de Siam) ; par M. Ridley (Journ. of Botany, vol. xxnt, p. 123). Cette espèce, que M. H.-N. Ridley nomme Dendrobium atractodes, à été introduite de Siam par M. Th. Christy. Elle est voisine du D. aureum Lindl., mais elle en diffère par ses fleurs dont le labelle est d’un jaune- paille, plus obscur vers la base, avec deux macules pourpres. La forme des pseudobulbes est remarquable : ils sont rétrécis aux deux extrémités, fusiformes avec le milieu très renflé; les plus longs ont 20 centimètres, sur 15 millimètres de largeur. A. FR. A new genus of Myrtaceæ (Un nouveau genre de Myrtacées) ; par M. B. Scortechini (Journ. of Botany, vol. xxinr, p. 158). Pseuno-EuGENIA nov. gen. — Calycis tubus turbinatus, limbi segmen- tis 4, parvulis, rotundatis ; petala 4, orbicularia, unguiculata. Stamina 8, inordinate inserta, 4 oppositipetala, 4 oppositisepala, filamentis brevibus. Glandulæ nullæ. Ovarium biloculare; stylis brevibus. Ovula 2-3, seriatim disposita, in quaque serie 4-5. Fructus Eugenie. Genre intermédiaire entre Myrrhinium et Eugenia ; il se rapproche de ce dernier par presque tous ses caractères, mais il a les étamines dé- finies du premier. Le P. perakiana Scort. est un arbre de 30 à 40 picds, de Malacca, à feuilles opposées, ponctuées ; son inflorescence forme de petites panicules trichotomes ; les fruits, drupacés, sont turbinés, assez petits (15 mill. diam.) et d’un beau rouge. A. FR. New Australian Orchids (Nouvelles Orchidées australiennes); par M. R.-D. Fitzgerald (Journal of Botany, vol. xxx, pp. 133-138). Les nouvelles Orchidées décrites proviennent toutes de la Nouvelle- Galles du Sud et appartiennent à trois genres : Prasophyllum, Diuris et Pterostylis. L'auteur signale 9 espèces du premier genre : P. viride, P. densum, P. eriochilum, P. ansatum, P. longisepalum, P. atte- nualum, P. laminatum, P. reflexum, P. filiforme. Les deux autres genres n’ont chacun qu'une espèce : Diuris tricolor et Pterostylis cla- vigera. A. FR. Notes on the Flora of Ceylon (Notes sur la Flore de Ceylan); par M. H. Trimen (Journal of Botany, vol. xxu, pp. 138-274). La dernière partie de l'Énumération des plantes de Ceylan, de Thwaites, a été publiée en 1864; elle contenait, en appendice, une série de 3859 numéros se rapportant aux collections de plantes de l’île si largement REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 19 distribuées par lui. De nouvelles recherches ont amené la découverte d’un grand nombre d'espèces, soit tout à fait nouvelles, soit inconnues jusqu'ici à Ceylan, ce qui permet de porter de 3860 à 4024 le chiffre des plantes, Phanérogames et Cryptogames vasculaires, constituant la flore de l’île. M. Trimen donne la liste de ces plantes, parmi lesquelles 6 sont natu- ralisées. Un certain nombre d’entre elles donnent lieu à des observations. Les plus intéressantes concernent le Tinospora crispa Miers (Menisper- mum L.); le Calophyllum elatum Bedd.? (Tombu-kata des indigènes), qui produit le bois de Poon des Indes occidentales, et dont les graines fournissent beaucoup d'huile à Ceylan; le Balsamodendron Berryi Arn.; Acacia planifrons Roxb.; Blepharispermum petiolare DG.; Lobelia excelsa Lesch. var. trichandra Wight (sp. propr.); Podostemon algæ- forme Bedd.; Phænix pusilla Gærtn.; Pandanus Kaida Kurz. Quelques espèces européennes se retrouvent à Ceylan, plusieurs sans doute comme plantes naturalisées : Cerastium glomeratum Thuill.; Suæwda marilima Dumort.; Heleocharis mullicaulis Sm.; Ophioglossum lusitanicum L. (Pages 203-209.) M. Trimen décrit un certain nombre d'espèces ou de variétés nouvelles : Alsodeia decora Trim.; Vatica obscura Trim.; Sho- rea Dyerii Thw. mss.; Shorea brevipetiolaris Thw. mss.; Doona oblonga Thw. mss.; Vateria nervosa Thw. mss.; Triumfetta conspicua Trim.; Eugenia phillyreoides Trim.; Eugenia Haeckeliana Trim.; Sonerilu Guneratnei Trim.; Hedyotis rhinophylla Thw. mss. (pp. 238-245) ; Wrightia flavido-rosea Trim.; Tylophora flava Trim.; Christisonia Thwaitesii Trim.; Scutellaria spicata Trim.; Phyllanthus Uakgalensis Thw. mss.; Ficus Trimeni King mss., F. caudiculata Trim., Dendro- bium albidum Thw. mss.; Bulbophyllum crassifolium Thw. mss.; Cleisostoma Thwaïitesianum Trim.; Disperis zeylanica Trim.; Curcuma oligantha Trim. (pp. 266-274); Amomum Benthamianum Trim.; Phæœnix zeylanica Trim.; Calamus nivalis Thw. mss., Calamus ovoi- deus Thw. mss.; Cryptocoryne Beckettii Thw. mss.; Lagenandra insi- gnis Trim.; Eriocaulon fluviatile; Panicum reticulatum Trim. ; Panicum blephariphyllum Trim. ; Dimeria laxiuscula Thw. mss. ; Teinostachyum maculatum Trim.; Trichomanes Wallii Thw. mss. A. Fr. A new Habenaria from Brazil (Un nouvel Habenaria du Brésil); par M. H.-N. Ridley (Journ. of Botany, vol. xxx, p. 170). Le British Museum a reçu ce nouvel Habenaria de M. Cosmo Melvill, à qui M. Ridley se fait un plaisir de le dédier. L'Habenaria Melvillii est remarquable par ses feuilles étroitement ovales, pétiolées, par sa tige florifère qui atteint à peine 5 cent., par ses grandes fleurs (Lou 2) vio- lettes et blanches, dont le long éperon dépasse 10 cent. A. FR. 460 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Supplementary List of Philippine Plants (Liste supplémen- taire des plantes des Philippines); par M. R.-A. Rolfe (Journal of Botany, 1885, vol. xxu, p. 209). Dans la troisième édition, qui vient d’être publiée, du « Flora de Filipinas » de Blanco, un « Novissima Appendix » a pour objet de faire connaître tous les végétaux dont se compose la flore de ces iles, jusqu’à la date de la publication de l’ouvrage. Dans cet Appendice on trouve réunis des renseignements très circonstanciés sur tout ce qui peut intéresser dans les plantes des Philippines. Ce travail laisse cependant à désirer sous un certain rapport, comme M. Ridley l'a fait observer dans le Jour- nal de la Société Linnéenne, xx1, p. 288. Ainsi, dans certains groupes sur lesquels rien n’avait été publié en ce qui concernait la flore des Phi- lippines, les auteurs ont cru pouvoir proposer des assimilations, croyant reconnaître leurs plantes d'après des descriptions d'espèces de l’Inde ou de l’archipel Malais. Mais il s’est trouvé que beaucoup de ces assimi- lations étaient erronées, comme il arrive lorsqu'on travaille sans avoir à sa disposition des matériaux suffisants. D’autre part, et ceci n’est pas le moindre inconvénient, l'élément endémique, si intéressant à connaître dans une flore de telle importance, a été négligé, ou tout au moins sin- gulièrement diminué. M. Ridley donne ensuite une liste de 186 espèces omises dans l’Appendice dont il est question plus haut, et dont il a trouvé les matériaux dans les collections de M. Vidal, de Cumming, de Callery et de Lobb. A. FRANCHET. A Monograph of the genus Gefhyltés ; par M. J.-G. Baker (Journal of Botany, 1885, xxur, pp. 225-228). Le genre Gethyllis est très pauvrement représenté dans les herbiers de Londres et pas beaucoup mieux dans celui de Thunberg. La difficulté qu’on éprouve à les étudier provient de ce que, d’une part les pétales sont très caducs, et, d'autre part, de ce que les feuilles ne paraissent pas en même temps que les fleurs. Aussi les dessins des espèces de ce genre faits par Masson, et que M. Baker a pu étudier au British Museum, sont- ils des matériaux très importants pour la connaissance du genre. Ils ont été retrouvés très à propos pour permettre à l’auteur de conduire rapide- ment son travail sur les Amaryllidées, destiné à la continuation du « Flora capensis » de Harvey et Sonder, par M. Thiselton Dyer. M. Baker admet 9 espèces de Gethyllis, toutes du Gap. Il les partage en deux groupes presque égaux en espèces, selon que les fleurs ont six étamines, ou des étamines nombreuses (9 à 25); la longueur du style, par rapport au périanthe, la forme des feuilles et leur état glabre ou velu, lui fournissent des caractères secondaires. Il fait connaître une seule REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 161 espèce nouvelle : G. Britteniana Baker, à étamines nombreuses, à feuilles linéaires glabres, et qui diffère du G. afra L. par ses étamines disposées en six faisceaux. Deux planches, faites d’après les dessins de Masson, accompagnent celte monographie. Les espèces figurées sont : G. Britteniana Baker, G. latifolia Masson et G. verticillata Rob. Br. A. Fr. Rabenherst®s Kryptogamen-Flora von Deutschland. ‘Pizze (Flore cryptogumique d'Allemagne de Rabenhorst. Cuamri- GNONS); par M. Winter (2° partie du 1* volume, livraisons 14 à 19. Leipzig, 1884-1885). On sait que treize livraisons de l’ouvrage actuel ont déjà été publiées, et forment un tome assez gros, s’arrêtant aux Pasidiomycètes. La seconde partie, qui comprend déjà sept livraisons, contient le commencement des Ascomycètes. On y trouve les Gymnoascées et une partie des Pyrénomy- cètes (Périsporiacées, Hypocréacées et Sphériacées). D'après le plan général adopté pour tout l'ouvrage, l'exposé de chaque famille est précédé de gravures intercalées dans le texte, représentant une espèce de chaque genre ; une clef des genres se trouve souvent en tête de l'exposé de chacune des familles. Dans la partie actuellement publiée, M. Winter s’éloigne de ses de- vanciers en plusieurs points. Chez les Périsporiacées, 1l donne une nou- velle délimitation aux genres Asterina, Meliola et Capnodium ; le genre Zopfiella est créé aux dépens du genre Cephalotheca. Chez les Hypocréacées, on constate au contraire une concentration des genres. Quant aux Sphériacées, l’auteur a cru devoir en remanier la classifica- tion, le mode de groupement adopté par M. Saccardo lui paraissant trop artificiel. Les Chétomiées et les Sordariées sont séparées des Sphériacées proprement dites et forment deux groupes distincts. Les Sphériacées, dans le sens étroit du mot, sont divisées en quatre sections d'après la nature du stroma. Les trois premières, dont deux sont terminées, com- prennent les familles suivantes : Première section : Trichosphérinées, Mélanommées, Cératostomées, Amphisphériées, Lophiostomées. — Deuxième section : Cucurbitariées. — Troisième section : Sphérillidées, Pléosporées, Massariées, Clypéo- sphériées, Gnomoniées. J. COSTANTIN. Kryptogamen Flora von Schlesien. 111. PILZE (Flore crypto- gamique de Silésie. ui. CHAMPIGNONS); par M. Schræter (ouvrage publié sous la direction de M. Cohn. 1" livraison. Breslau, 1885). On sait que cet important ouvrage comprend déjà deux volumes. Le premier contient les Cryptogames vasculaires (par Stenzel), les Mousses T. XXXI. (REVUE) {1 162 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. (par Limpricht) et les Characées (par A. Braun); le deuxième comprend les Algues (par Kirchner), les Lichens (par Stein). La première livrai- son, qui vient de paraître, est le commencement, attendu depuis long- temps, de la partie consacrée aux Champignons ; elle comprendra sept ou huit livraisons qui paraîtront prochainement. Dans le fascicule actuel, M. Schræter développe, dans une introduction extrêmement étendue, un certain nombre de questions intéressantes. On y trouve d’abord une histoire complète des connaissances mycologiques en Silésie et une étude de la répartition des Champignons dans ce pays. À ce dernier point de vue, l’auteur divise la contrée en trois régions: celle des hautes montagnes, celle des collines, celle des terres basses près des fleuves. La végétation fongique des montagnes, à partir et au-dessus de 1100 mètres, est très restreinte (Peronospora Potentillæ, Hydnum Hollii, Polyporus perennis, etc.). C’est dans la région des collines, et surtout dans la partie boisée des hautes montagnes, que la flore crypto- gamique devient extrêmement riche ; les Champignons y trouvent le voi- sinage des vieux arbres et l'humidité, deux conditions très importantes. Quoique la troisième région soit moins riche que la précédente, elle présente cependant au moins 1500 espèces, car c’est surtout celle-là qui a été étudiée. La troisième partie de l'introduction contient un résumé abrégé et complet de toutes les questions qui ont rapport à la morpho- logie des Champignons. Pour la classification générale de ce groupe, M. Schræter suit à peu près celle de M. de Bary. Il le divise en : I. Myxomycères ; II. Scui- ZOMYCÈTES, comprenant les Coccobactériées, Eubactériées et Desmo- bactériées ; IT. EumycÈTEs, comprenant les Chytridiées, Zygomycètes (Mucorinées et Entomophthorées), Oomycètes, Protomycètes, Ustilagi- nées, Urédinées, Auriculariées, Basidiomycètes (Trémellinées, Dacryo- mycètes, Hyménomycètes, Phalloïdées, Gastéromycètes), Ascomycètes (Discomycètes, Tubérinées, Élaphomycètes et Pyrénomycètes). Enfin une partie complémentaire comprend les groupes dont les fructifications sont mparfaitement connues, et qui sont répartis en Hyphomycètes, Tuber- culariées et Sphéropsidées. La partie consacrée à la systématique dans la livraison actuelle com- prend une partie des Myxomycètes, que l’auteur divise en Acrasiées Van Tieghem (Guttulinacées et Dictyostéliacées), Myxogastres Fries (compre- nant 35 genres) et Phytomyæinées. Une clef des genres est placée en tête de la famille des Myxogastres. Après la description de chaque espèce, on trouve l’indication de l’habitat et de la localité où elle se rencontre, quand elle est rare. J. COSTANTIN. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 163 Zwei Parasiten der Birke, Polyporus betulinus Bull. und Polyporus lævigatus Fr.(Deux parasites du Bouleau, Polyporus betulinus Bull. et Polyporus lævigatus Fr.); par M. Mayr (Botanisches Centralblatt, t. x1x, n°* 1 et 2, avec 2 planches). Quand le mycélium d’un Champignon qui vit sur un arbre attaque l’aubier et les régions vivantes de la partie ligneuse, il mérite le nom de parasite et peut causer de grands dégâts. C'est ce qui arrive pour le Poly- porus betulinus et le Polyporus lævigatus, qui attaquent les Bouleaux. Si l’action néfaste de ces deux Cryptogames se fait moins sentir en Alle- magne qu’en Russie, cela tient à ce qu’on abat ces arbres beaucoup plus tôt dans le premier pays que dans le second. M. Mayr, pour justifier l'opinion précédente, qui n’est pas celle de la plupart des forestiers, suit le mycélium dans l'intérieur du bois, décrit ses ravages et ses transformations progressives au fur et à mesure que les matières de réserve et les matières plasmiques de l'arbre sont digérées par les deux parasites. Au cours de ses recherches, l’auteur est arrivé à se convaincre que c’est par les cicatrices résultant de la chute des branches que les Cham- pignons pénètrent à l'intérieur de l’arbre. Afin de suivre expérimen- talement le mode d'infection, M. Mayr a perforé un arbre sain et a déposé au fond du petit puits ainsi fait, le 14 août, quelques copeaux d’un arbre attaqué ; l’orifice du puits fut fermé avec un bouchon de gou- dron. Le 24 novembre, l'infection s’étendait déjà à 2 centimètres du point de départ. | On trouve également dans le mémoire actuel la description des organes reproducteurs du Polyporus betulinus et du Polyporus lœvigatus. Ge dernier appartient au groupe des Résupinés ; il est étalé sur le bois et sans pied. Tous les deux sortent de l'arbre par les fissures de l'écorce : soit par les lenticelles, soit par les fentes dues à l’Eccoptogaster Scolytus. J. C. Ueber gclungene Cultur-Versuche des Hausschwamms, Merulius lacrygmans aus Sporen (Essais heureux de la culture par spores du Champignon des maisons, Merulius lacry- mans); par M. Poleck (article original du Botanisches Centralblatt, XXII, n° 5, 6, 1). Les dégâts causés pendant ces dernières années par le Merulius lacrymans ont été considérables à Breslau ; aussi différentes recherches ont déjà été entreprises par plusieurs botanistes pour combattre ce fléau qui attaque les boiseries des édifices publics ou privés. En faisant le 16% SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. dénombrement des maisons atteintes par le Champignon, on constate qu’elles ont toujours été bâties depuis une dizaine d'années; or, depuis cette époque, on emploie beaucoup le bois coupé au mois d'avril alors que la plante est pleine de sève, tandis que les anciens monuments étaient construits à l’aide de planches provenant d’arbres abattus en hiver. Cette remarque a guidé M. Poleck dans le travail actuel qu’il a entrepris sur la question précédente. L'auteur a comparé la composition des cendres d'arbres abattus en hiver et au printemps à celle des cendres du Merulius lui-même. L'étude du résidu de calcination du Champignon apprend qu'il y a beaucoup d'acide phosphorique dans le mycélium et dans le sporange (1). Or cet élément, qui semble très important, existe en bien plus grande quantité dans le bois de printemps que dans celui d'hiver. Le Merulius lacrymans trouvant un substratum moins riche sur le dernier, il peut donc paraitre naturel qu’il s’y développe moins facilement. Le raisonnement précédent, établi par la première partie des recher- ches de l’auteur, se trouve confirmé par la seconde partie de son étude. M. Poleck a en effet constaté expérimentalement que le Merulius lacry- mans se développe presque exclusivement sur le bois du printemps. Deux sections de bois, dont l’analyse avait été faite, l’une venant d’un arbre abattu au printemps et l’autre d’un tronc coupé en hiver, furent placées dans deux flacons avec un peu d’eau et ensemencées avec les spores du Champignon précédent. Le tout fut placé à l'obscurité. Au bout de plusieurs mois, les deux sections ligneuses furent examinées : sur le bois d’hiver, la culture du Cryptogame avait complètement échoué; sur le bois de printemps, au contraire, on pouvait trouver encore quelques spores en train de germer, et tous les éléments vasculaires étaient tra- versés par un mycélium passant à travers les aréoles dont ils sont ornés. J. COSTANTIN. Hysterangium rubricalum., eine neue Hymenogas= trcen Species (Hysterangium rubricatum, espèce nouvelle d'Hy- ménogastrées); par M. R. Hesse (Pringshein’s Jahrbuecher fuer wissenschaftliche Botanik, 1. xv, pp. 631-641, avec une planche). Les fruits de l’Hymenoyaster rubricatum sont intermédiaires, quant à la taille, entre ceux des Hysterangium clathroides et H. stoloniferum. Ces organes reproducteurs, qui sont blancs étant jeunes, arrivent à ma- turité en juillet et août, et deviennent alors d’un rouge sale; leur coupe présente une gleba colorée en rouge par les spores avec des veines bleues (1) I y a, en outre, beaucoup plus de sulfate de potasse et de chlorure de potassium dans le sporange que dans le mycélium. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 465 brillantes; leur odeur est aigre, piquante; leur grosseur, celle d'une petite noix. Ils sont ordinairement groupés au nombre de douze et plus sur un même mycélium, ce qui n'arrive jamais pour l’H. clathroides, dont les fruits sont, au plus, associés quatre par quatre. M. Hesse a rencontré cette espèce nouvelle en très grande abondance aux environs d'Altmorschen, dans la province de Hesse; on peut en ramasser une centaine d'individus en quelques heures dans les bois de Hêtres, cachés sous les feuilles, dans l’humus et quelquefois plus profon- dément enfoncés dans le sol. Le péridium des fruits est formé d’un enche- vêtrement de filaments rouges imprégnés de cristaux d’oxalate de chaux, qui donnent au corps reproducteur, quand il est jeune, un aspect soyeux. La gleba est creusée de chambres irrégulières, présentant un hyménium composé de basides portant généralement deux spores. Les spores sont elliptiques (14 à 13 y de long et 5 k de large) et colorées en rouge quand elles sont agglomérées. J. C. Uebher die auf Wurzelsymbiose beruhende Ernæhrung gewisser Bæume durch unterirdische Pilze (Sur la nutrition de quelques arbres à l’aide de Champignons souterrains en symbiose avec leurs racines); par M. Frank (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, 1885, pp. 128-145, avec une planche). D’après les recherches de M. Frank, si l’on examine une radicelle d’une Cupulifère quelconque, on la trouve formée de deux parties dont l'origine est très différente. La partie centrale est la radicelle véritable, où l’on distingue plérome, périblème dermatogène et coiffe; la partie externe est constituée par un lacis de filaments d'un Champignon for- mant un manteau plus ou moins épais qui recouvre complètement l'organe précédent. Les deux éléments ainsi associés sont intimement soudés entre eux, car non seulement les filaments de la Cryptogame pénètrent dans les membranes des cellules radiculaires et y forment un réseau, mais leur développement est parallèle à celui de la racine. L'ensemble des deux corps ainsi réunis forme un tout qui n’est ni une radicelle ni un Champignon, mais une symbiose de deux êtres différents qui se rendent des services réciproquement, et que M. Frank appelle mycorhiza. En effet, les filaments externes de la Cryptogame se transfor- ment en organes pilifères qui puisent dans le sol les sucs qui servent aussi bien au mycélium qu’à la racine, car cette dernière ne produit plus de poils radicaux. En revanche, l'arbre fournit probablement au Champignon les éléments nutritifs utiles, car ils vivent souvent plusieurs années en association sans qu'une des parties du mycorhiza semble se 166 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. développer au détriment de l’autre. La disparition des poils radicaux et la réduction de la coiffe sont les seules modifications qui résultent toujours du rapprochement des deux êtres. L'étude de M. Frank met en évidence un autre fait inattendu : c’est que la Cryptogame se rencontre sur toutes les racines de CGupulifères, quel que soit le terrain dans lequel elles poussent (diluvium, grauwacke, etc.), quel que soit le pays dont elles proviennent (île Rugen, Sarrebruck, toutes les forêts de la Prusse, de l'Italie, etc.). Il semble même à l’auteur que le fait précédent est une preuve nouvelle de la parfaite homogénéité du groupe des Cupulifères, car la symbiose dont il vient d’être question s'observe sur toutes les racines de cette famille, tandis qu’elle n’existe chez aucune Bétulacée. On constate cependant quelquefois l'existence d’un mycélium sur les racines de plusieurs espèces de Salicinées et de Conifères (1), mais jamais, dans ce cas, l'association n’est aussi constante ni aussi universellement observable. Elle n’existe pas chez toutes les espèces de la famille et, pour une même espèce, elle fait souvent défaut. Une question reste à élucider après le travail de M. Frank. On ignore à quelle Cryptogane appartient le mycélium qui recouvre les racines des Cupulifères. Ce Champignon a été très bien observé et décrit par M. Gibelli (2), mais cet auteur s’est trompé en l'identifiant au Champignon qui croit sur les racines pourries des Châtaigniers (Diplopodia casta- nea Sacc.). La description donnée par M. Hartig (3) du Rosellinia quer- cina, qui produirait une maladie des Chênes, ne s'accorde non plus, en aucune façon, avec l'exposé précédent. Le fait important que M. Frank a donc voulu mettre en lumière dans le travail actuel, c’est qu’une racine et un mycélium de Champignon peu- vent vivre pendant plusieurs années en consortium, presque comme l’Algue et le Champignon d’un Lichen. Depuis la publication de la communication précédente, M. Woronin (4) a réclamé la priorité de la découverte des mycorhizes pour M. Kamienski, qui a publié en 1882 un mémoire intitulé : « Les organes végétatifs du Monotropa Hypopitys » (Mém. de la Soc. nat. des sc. nat. et math. de Cherbourg, L XXIV), dans lequel cet auteur a exposé un cas de sym- biose analogue à celui décrit par M. Frank. Pendant la séance du 20 juillet 1885 de la Société botanique alle- (1) M. Rees a déjà établi le lien qui existe entre les racines de Pin et le mycélium d'Elaphomyces (Sitz. d. physik. med. Soc. zu Erlangen, 10 mai 1880). (2; Nuovi Studi sulla malattia del Castagno detta dell’inchiostro (Bologne, 1883). (3) Untersuchungen aus dem forstbolanischen Institut zu Muenchen (1, 1880, p. 1). (4) Ueber die Pilzwursel von B. Frank (Berichte d. deutsch. bot. Gesellsch. 1885, page 203). REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 167 mande, M. Rees s’est occupé également de la même question (1). Il ré- sulte de ses recherches, poursuivies depuis 1889 (2) sur la symbiose de l'Elaphomyces et des racines de Conifères, qu’il y a identité entre les résultats obtenus par M. Frank et les siens quant à l’organisation, au développement et à la diffusion géographique de ce mycorhiza. J. COSTANTIN. Die Pilzthiere oder Schleimpilze (Les Champignons-animaux ou Champignons mucilagineux) ; par M. Zopf (extrait de l’Encyklo- pædie der Naturwissenschaft), in-8°, 174 pages. Breslau, 1885. Ce livre fait partie du Traité encyclopédique de botanique publié sous la direction de M. Schenk. Dans ce travail, M. Zopf a groupé les arguments qui permettent d'établir qu'il y a un lien étroit entre les Monadinées et les Mycétozoaires. Sous le nom de Monadinées, l’auteur comprend les Vampyrellées, les Pseudosporées, les Plasmodiophorées. La principale raison conduisant à rapprocher ces deux groupes d’êtres est fondée sur ce que, selon M. Zopf, leur développement est le même dans ce qu’il présente d’essentiel ; de plus leur place dans le système de classification des êtres vivants est intermédiaire entre les animaux et les végétaux. Certains Mycétozoaires, qui ont des affinités avec les Rhizopodes et les Monadinées, se rapprochent à plusieurs points de vue des Chytridiacées. L'auteur a donc entrepris une révision d'ensemble de tous ces êtres au point de vue, soit morphologique, soit physiologique, soit systématique. 4° Dans la première partie, M. Zopf s'occupe du développement de ces Champignons-animaux ; il y distingue deux périodes, la période végéta- tive et la période reproductrice. La période végétative comprend trois états : l’état de zoospore, l’état d’amibe et l’état de plasmode. C’est sur- tout dans l’examen de ce troisième état que les difficultés de l’assimila- tion des Monadinées et des Mycétozoaires sont grandes; aussi l’auteur est-il amené à modifier la notion de plasmode : c’est ainsi qu’un plas- mode ne résulterait plus seulement de la fusion d’amibes, mais simple- ment du grossissement de ces mêmes éléments; chez le Myxastrum même, l’auteur croit devoir affirmer qu'il ÿ a un plasmode parce qu’il se divise en amibes. 2e La seconde partie du livre est consacrée à la physiologie des deux groupes d'êtres précédents. L'action des agents physiques et chimiques, la formation des corps calcaires et pigmentaires, la production des kystes de tailles diverses, y sont examinées tour à tour. (1) Ueber Elaphomyces und sonstige Wurzelpilze (Berichte d. deutsch. bot. Gesellsch. 1885, p. 293). (2) Loc. cit GK SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 3 Enfin, dans la dernière partie, M. Zopf cherche à classer tous les êtres qu’il vient d'étudier. Les Monadinées se divisent ainsi : — ° Vampyrellées (Vampyrellidium, Spirophora, Haplococcus, Lepto- MONADINÉES phrys, Vampyrella). AZOOSPORÉES. ° Bursullinées (Bursulla). ° Monocystacées (Myxastrum, Enteromyxa). C2 t© 1° Pseudosporées (Colpodella, Pseudospora, Prolomonas, Diplophy- ce salis). NADINÉES sans) , …. ” m0 ADI % (Gymnococcacées (Gymnococcus, Aphelidium, Pseudosporidium, ZO0SPORÉES. Protomyxa). 3° Plasmodiophorées (Plasmodiophora, Tetramyxa). L'auteur appelle Eumycétozoaires les autres Mycétozoaires, qui com- prennent : 1° les Sporophorées (Acrasiées de M. Van Tieghem ; 2° les Endosporées ; 3° les Exosporées. Pour ce deuxième groupe M. Zopf n’a pas suivi la classification de M. Rostafinski; on sait que ce dernier auteur s’était surtout appuyé sur la coloration des spores. Dans le travail actuel, M Zopf se sert surtout du capillitium pour classer les Endosporées. J. COSTANTIN. Rhizomyxa, nuovo Ficomicete (Rhizomyxa, nouveau genre de Phycomycètes); par M. Borzi. In-8°, 53 pages, avec 2 planches. Messine. Le Rhizomyxa hypogæa, Cryptogame nouvelle trouvée par M. Borzi, vit en parasite dans les poils radicaux et dans les cellules du point végé- tatif des racines d’un grand nombre de plantes (Capsella Bursa-pastoris, Stellaria media, etc.) de la flore de Messine. A l’état végétatif, ce Cham- pignon est constitué par un plasmode contenant une vingtaine de noyaux présentant des vacuoles qui remplissent toute la cellule attaquée. Cet être curieux se reproduit par zoospores, par spores et par œuf. Quand les zoospores vont se former, les vacuoles disparaissent du plas- mode, qui s’entoure d’une membrane de cellulose ; la paroi de la cellule de la plante attaquée est percée à l’aide d’un prolongement papilliforme. Ce prolongement se déchire, et les zoospores sortent et se meuvent dans le liquide à l’aide d’un cil unique. La zoospore perd son cil quand elle rencontre un poil radical, auquel elle se fixe ; elle s’entoure d’une fine membrane et déverse son protoplasma dans la cellule pilifère. Cette masse plasmique s’y meut pendant quelque temps comme une amibe. La formation des spores rappelle ce qui se produit chez les Woronina: le plasma se divise en petites masses qui s’entourent chacune d'une enve- loppe cellulosique ; le tout peut rester enfermé dans un sore et constituer un kystosore. D’autres fois ces spores deviennent des zoosporanges pro- duisant une ou deux zoospores. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 169 Un plasmode, non différencié à l’origine, produit l'œuf. Il prend une forme elliptique et se sépare en deux fragments qui constituent bientôt deux cellules. Une première, plus grosse, devient l’oogone ; une seconde, plus petite, devient l’anthéridie. L’oogone se divise en oosphère et péri- plasma ; l’anthéridie, pendant ce temps, envoie sur l'oogone un prolonge- ment cylindrique qui perce la membrane, et la fécondation s’opère. L'être nouveau ainsi décrit se rapproche beaucoup des Ancylistées el des Chytridiacées. J, C. Ueber zwei neue Chytridiaceen (Sur deux Chytridiacées nou- velles); par M. Fisch (Sitzungsberichte der phys. med. Societæt zu Erlangen, 16 juin 1884, p. 101). M. Fisch a eu l’occasion d'étudier au commencement de l’été une Chy- tridiacée nouvelle qui, par son organisation, justifie l’opinion de l’auteur relativement aux affinités des trois genres Reesia, Chytridium et Rhizi- dium. La plante nouvelle fut rencontrée sur des filaments d’un Mesocar- pus indéterminable; elle est constituée par des sortes de bouteilles brunâtres envoyant un filament mycélien, peu ramifié, à l’intérieur de la cellule nourricière. Ces petits corps, qui sont des zoosporauges, altei- gnent à peine, en longueur, la moitié de la cellule du Mesocarpus ; ils produisent un petit nombre de zoospores (huit environ), à un seul cil, qui se copulent deux à deux. La zygospore ainsi produite se fixe sur la cellule du Mesocarpus, y déverse son contenu, qui grandit et produit un kyste à double membrane. Les zoosporanges s'ouvrent par un couvercle: or ce mode de déhiseence appartient au genre Euchytridium de Braun; aussi la nouvelle Cryptogame porte le nom d’Euchytridium Mesocarpi. L’Euchytridium actuel se rapproche donc du Reesia par la copulation des Z00spores; mais la structure du zoosporange, celle du kyste, la germi- nation de ce dernier, le rattachent aux Chytridiées. La deuxième espèce trouvée par l’auteur est un Reesia développé dans une cellule de Cladophora. TI se distingue du R. amæboides par la structure du kyste et le mode de déhiscence du sporange. J. C. Nowakotcskia, eine neue Chytridiee (Nowakowskia, Chytri- diée nouvelle); par M. A. Borzi (article original du Botanisches Cen- tralblatt, 1885, t. xx11, p. 23, avec une planche). C’est à M. Nowakowski, l’auteur d'importants travaux sur les Chytridi- nées, que M. Borzi a dédié la plante nouvelle qu’il décrit. Le Nowa- kowskia Hormothecæ est formé d’une sphère hyaline qui émet un nombre variable de filaments nourriciers (2-3-5), lesquels pénètrent dans les z00- spores de l’Hormotheca sicula, plante étudiée par M. Borzi dans un pré- cédent mémoire. L’aspect de la plante rappelle donc celui du Polypha- 470 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. qus Euglenæ, mais la formation des zoospores s'opère suivant un mode encore inconnu dans les Chytridinées. Au moment de la reproduction, le protoplasma de la sphère se contracte et se divise en un certain nombre de zoospores ; toutela paroi de ce zoosporange se résorbe alors, et la masse totale des zoospores, mise en liberté, se meut pendant un certain temps comme une colonie de Volvox. Bientôt les zoospores, à un cilet en forme de biscuit, s’isolent, germent, et en grossissant reproduisent la sphère, qui produit un peu plus tard des filaments nour- riciers. J. COSTANTIN. Beitræge zur Kenntniss der Chromatophoren (Contribu- tions à la connaissance des chromatophores); par M. F. Schmitz (Jahrbuecher fuer wissenschaftliche Botanik, t. xv, p. 1 à 177, avec une planche). Un certain nombre d’observations faites par M. Schmitz sur les chro- matophores et le paramylon des Euglènes ont été contredites par M. Klebs (1) et M. Pfitzer (2); c’est pour répondre à ces objections que l’auteur a entrepris le mémoire actuel, où il cherche à fournir la preuve que ses opinions subsistent dans ce qu’elles ont d’essentiel et que les idées de ses adversaires manquent de fondement. C’est ainsi que M. Schmitz est amené à décrire les chromatophores étoilés de l’Eu- glena viridis, E. geniculata, etc., les chromatophores discoïdes de l'Euglena granulata. Cette révision met en lumière la grande variété de forme que ces éléments figurés présentent chez ces divers êtres. La production des grains de paramylon, selon M. Schmitz, ne s’opé- rerait pas suivant le mode décrit par M. Klebs. D’après ce dernier au- teur, les grains de paramylon naissent indépendamment des chromato- phores. Un certain nombre de faits que l’on trouve dans le mémoire de M. Schmitz semblent plaider en faveur de cette opinion de M. Klebs. En effet, chez les Phacus, le paramylon adulte se trouve entre les chroma- tophores et la membrane de l'être. Toutefois, quand ils sont jeunes, les corps annulaires de paramylon sont fixés sur les chromatophores; c’est seulement plus tard qu’ils s’en détachent et semblent en être indépen- dants. Chez l'Euglena Acus, le paramylon, qui a la forme de bâtonnet, est d’abord entouré complétement de chlorophylle, plus tard il s’isole dans le liquide plasmique. M. Schmitz croit donc pouvoir conclure que le paramylon dépend génétiquement des chromatophores. Enfin, chez les Bacillariacées d’eau douce, les pyrénoïdes ne sont pas, comme le pense M. Pfitzer, entre la paroi et l’endochrome, mais bien (1) Ueber die Organisation einiger Flagellatengruppen, 1883. (2) Berichte d. deutsch. bot. Gesellsch. 1. REVUE PIBLIOGRAPHIQUE. 171 dans lPendochrome. Les pyrénoïdes, en effet, d'après M. Schmitz, sont composés d'une substance identique à celle des chromatophores et d’un principe différent. La quantité de ce dernier élément qui entre dans la composition de ces corps est variable ; c’est pourquoi les pyrénoïdes sont tantôt plus distinctement, tantôt moins nettement séparés de la masse générale du chromatophore. Enfin, la dernière partie du mémoire est consacrée à une discussion des diverses hypothèses et observations connues sur la structure intime des chromatophores. Ils seraient en réseau. J. C. Note sur les strobiles du Walchia piniformis ; par . M. Jules Bergeron (Bulletin de la Société géologique de France, 3° sér., t. XII, p. 593-098, pl. XXVII-XXVUI, séance du 5 mai 1884). L'auteur passe en revue les figures de strobiles qui ont été données dans divers ouvrages comme appartenant au Walchia piniformis. L'at- tribution d’un certain nombre de ces cônes est assurément erronée, et aucun d’ailleurs n’est cité comme tenant au rameau qni le portait. Un échantillon trouvé à Lodève par M. Bergeron montre plusieurs strobiles dont chacun termine un des rameaux latéraux de la base d’une même branche. Ces strobiles sont d’âges fort différents : les uns, très jeunes, sont presque sessiles; d’autres, plus développés, sont portés par des rameaux plus longs; un d’entre eux, qui a dépassé l’époque de la maturité, a perdu ses parties appendiculaires et n’est plus représenté que par son axe. D’après cette persistance de l'axe et la forme très aiguë des bractées, l’auteur pense qu’il s’agit de cônes femelles. Avec l'échantillon principal, M. Bergeron figure et décrit plusieurs autres cônes de la même espèce, dont l’un termine un rameau à feuilles plus longues et plus touffues. T1 représente également un fragment de branche dont les rameaux latéraux sont terminés chacun par un bourgeon foliaire. Ep. Bureav. Note sur les Fougères du terrain houiller du nord de la France; par M. R. Zeiller (Bulletin de la Société géologique de France, & sér.,t. x, p. 189-204, séance du 17 décembre 1883, livrai- son mensuelle publiée en février 1884). L’auteur présente à la Société la note sur les fructifications de quelques espèces de Fougères publiée par lui dans les Annales des sciences natu- relles, 6° série, Botan., t. xvi, p. 177-209, pl. 1x-x11, dans laquelle il fait connaître les genres nouveaux Crossotheca, Dactylotheca, Renaul- tia, Myriotheca, appartenant aux Marattiacées, et Grand'Eurya aux Botryoptéridées ; il a aussi rapporté, d’après l’examen des fructifications, le genre Oligocarpia aux Gleichéniacées, et le Sphenopteris delicatula Sternb. aux Hyménophyllées. 479 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Mais les espèces de Fougères fructifiées ne représentent qu'une bien petite fraction de la flore ptéridologique du bassin houiller du nord de la France, et l’on reste dans l'incertitude sur la place que doivent occuper dans la classification le plus grand nombre des Fougères du terrain houiller moyen. M. Zeiller a pu constater près de 60 espèces diffé- rentes parmi les échantillons que l’École nationale des mines a reçus à diverses reprises du Nord et du Pas-de-Calais, et dont la plus grande partie a été donnée par M. l'inspecteur général du Souich. Suit l’énumération. Pour chaque espèce l’auteur indique le gisement, le degré d’abondance, etc. : SPHÉNOPTÉRIDÉES : Sphenopteris obtusiloba Brongt, Sph. nevropte- roides, Sph. Shillingi Andræ, Sph. polyphylla Lindl. et Hutt., Sph. trifoliolata Artis (sp.), Sph. nummularia Gutb. (ces 6 espèces forment un groupe d'apparence assez homogène), Sph. Hæninghausi Brongt, Sph. Laurenti Andræ, Sph. mixta Schimp., Sph. (Renauldia) chæro- phylloides Brongt (sp.), Sph. stipulata Gutb., Sph. (Hymenophyllites) delicatula Sternb., Sph. (Hymenophyllites) Bronni Gutb., Sph.(Hyme- nophyllites ?) herbacea Boulay, Sph. trichomanoides Brongt, Sph. (Olicarpia) formosa Gutb., Sph. (Grand'Eurya?) coralloides Guth., Sph. (Grand'Eurya) Essinghi Andræ, Sph. (Crossotheca) Crepini ZLeiller, Sph. lanceolata Gutb., Sph. macilenta Lindl. et Hutt., Sph. spinosa Gœpp.; — Diplotmema acutilobum Sternb. (sp.), Dipl. fur- catum Brongt (sp.) ; — Myriotheca Desaillyi Zeiller; — Calymmato- theca asteroides Lesq. (sp.). NÉVROPTÉRIDÉES : Nevropteris Scheuchzeri Hoffm., N. acuminata Schloth. (sp.), N. gigantea Sternb., N. fleæuosa Sternb., N. tenuifolia Schloth. (sp.), N. heterophylla Brongt, N. rarinervis Bunb.; — Diclyo- pteris sub-Brongniarti Gr. Eury, Dict. Muensteri Eichw. ODONTOPTÉRIDÉES : Odontopteris sphenopteroides Lesq., O. obliqua; — Mariopteris nervosa Brongt (sp.), M. muricata Schloth. (sp.), M. latifolia Brongt (sp.). ALÉTHOPTÉRIDÉES : Alethopteris Grandini Brongt (sp.), À. Serli Brongt (sp.), 4. lonchitica Schloth. (sp.), À. Mantelli Brongt (sp.), A. gracillima Boulay, A. Davreuxi Brongt (sp.) ; — Lonchopteris Tu- gosa Brongt, L. Bricei Brongt, L. Eschweileriana Andræ. PÉCOPTÉRIDÉES : Pecopteris (Asterotheca) abbreviata Brongt, P. (As- terotheca) crenulata Brongt, P. integra Andræ (sp.), P. (Dactylotheca) dentata Brongt, P. pennæformis Brongt, P. aspera Brongt. Genre APHLELIA : Aphlelia crispa Gutb. (sp.). Troncs DE FoucÈREs : Megaphytum Souichi Zeiller, M. giganteun Goldenb. Il ressort de cette liste que les Sphénoptéridées tiennent la première REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 173 place dans la flore houillère du Nord et du Pas-de-Calais, au point de vue de la variété des formes spécifiques ; il semble toutefois qu’au point de vue du nombre des individus, elles ne devaient occuper qu’un rang secondaire : parmi les empreintes, ce sont les Névroptéridées et les Alé- thoptéridées qui paraissent être de beaueoup les plus nombreuses. En. Bureau. Sur des traces d’Insectes simulant des empreintes végé- tales ; par M. Zeiller (Bulletin de la Société géologique de France, 3° sér., t. XI1, p. 676-680, pl. xxx, séance du 23 juin 1884). Ces traces, observées par M. Zeiller à Villers-sur-mer, sur un plateau formé à mi-côte des falaises par le glissement des marnes oxfordiennes, occupaient le fond d’une petite mare d’eau douce à demi desséchée. « Elles étaient produites par un animal qui avait creusé des galeries de » 0,015 de diamètre, à une profondeur de 0",005 au-dessous de la sur- » face et parallèlement à elle, et qui avait relevé l’argile sous forme de demi-cylindres surbaissés, munis sur toute leur longueur de mame- lons saillants affectant parfois une disposition spiralée assez régulière ; dans d’autres cas, les mamelons étaient groupés en deux séries longi- tudinales parallèles, séparées par un sillon médian. Ce qui donnait le plus nettement à ces traces l’aspect d'empreintes végétales, c'était leur ramification assez fréquente, une série de galerics se détachant à angles aigus, tantôt à droite, tantôt à gauche, de celle qui semblait former l’axe du système, et ces rameaux courant à peu près parallèle- ment les uns aux autres, se rapprochant parfois, mais sans s’anaslo- moser jamais. » M. Zeiller a reconnu que ces traces sont produites par des Courtillières (Gryllotalpa vulgaris). Il est difficile de méconnaître l’analogie de telles pistes avec certaines empreintes de Conifères du genre Brachyphyllum, lesquels sont du reste des végétaux incontestables; mais si des traces analogues à celles de Villers devenaient fossiles et si la cavité intérieure n’était pas remplie par un dépôt de nature différente qui pût déceler l'existence d’une galerie, il ne subsisterait plus que la bande en demi- relief couverte de mamelons saillants, et l’on aurait sans doute alors quelque peine à en reconnaître la véritable nature. NO SV SO WOYS YO Y% Es. B. Excursions cryptogamiques (CHAmPiGNons) ; par MM. André Le Breton et A. Malbranche (extrait du Bulletin de la Sociélé des amis des sciences naturelles de Rouen, 1884, 1* trimestre). Brochure in-8° de 21 pages. Ce travail est une liste raisonnée des principales espèces de Champi- 174 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. gnons récoltées à Grand’Couronne le 21 février, à Saint-Jacques les 14 mars et 8 avril, et à la forêt de Roumare le 8 mai 1884. MM. Le Bre- ton et Malbranche indiquent deux nouveautés : Metasphæria Lieuryana et Mollisia Lycopodii, dont nous donnons les diagnoses plus loin, et un assez grand nombre d’espèces curieuses, parmi lesquelles il est bon d’at- tirer plus spécialement l’attention sur les suivantes : Corticium Marchandii Pat.; — Venturia ilicifolia Cooke ; — Dia- porthe cryptica Nits., Euphorbiæ Cooke, insignis Fckl; — Lepto- sphæria Crepini de Not.; — Cenococcum geophilum Fr.; — Genea verrucosa Witt.; — Coronellaria caricinella Karst.; — Erinella Erio- phori Q.; — Orbilia oculifuga Q.; — Niptera Euphrasiæ Fekl ; — Desmaziella acicola Lib.; — Heteropatella lacera Fekl; — Durella macrospora Fckl ; — Trichosporium crispulum Sacc. et Malbr., etc. Metasphæria Lieuryana Malbr. et Le Bret. sp. nov. — « Peritheciis » globoso-convexis, epidermide pustulatim inflata nigrificata tectis, sæpe » in macula decolorata insidentibus, glabris, ostiolo minuto papillato. » Ascis cylindraceis, sessilibus (?) 135 X 8-9. Sporis monostichis, oblongo- ovalibus, apicibus rotundatis, 3-septatis, hyalinis, 17 X 6. Paraphysibus non visis. Socia Venturiæ ilicifoliæ Cooke. — Species perito scrutatori » mycologo rothomagensi J.-B. Lieury merito dicata. » Ad folia emortua, pagina inferiore, Îlicis Aquifolii. Grand Cou- ronne, prope Rouen, 21 Februario 1884. » Mollisia Lycopodii Le Bret. et Malbr. sp. nov. — « Cupulis sparsis, » minutissimis, sessilibus, primo urceolatis, demum undulato-applanatis, » ceraceis, micantibus furfuraceis, fusco-cinereis, basi obscurioribus, » margine pallidiore vel omnino alba, leviter fimbriata, disco cinereo- » fuscescente, siccis nigricantibus. Ascis claviformibus, ad basim atte- » nuatis, apice obtusis etiamque truncatis, subsessilibus, obturaculo mi- » nuto, Jodo dilute cærulescentibus, 49-58 X 4-6. Sporidiis distichis, » interdum parte superiore submonostichis conglobatis, cylindraceis, vulgo » unico apice acicularibus, rectis curvulisve, hyalinis, 8-9 X 1,5-2,5. » Paraphysibus filiformibus, hyalinis, haud facile conspicuis. Ut punctu- » lum nigrum phomatoideum, Jove arido, videtur. Pezizæ cinereæ Auct. » proxima. » Ad spicas emortuas putrescentesque Lycopodii clavati L. Mensibus » Martio et Aprili, 1884. In ericetis nemorosis ; Saint-Jacques (Darnetal), » prope Rouen. » N. PATOUILLARD. Y ÿ Champignons nouveaux ou peu communs récoltés en Normandie (3° liste); par MM. Malbranche et Letendre (extrait du Bulletin de la Société des amis des sciences naturelles de Rouen, 1884, 2° semestre). Brochure in-8° de 30 pages. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 175 Comme les deux précédentes, cette 3° liste est remarquable par le grand nombre d'observations délicates, touchant la description et l'ana- lyse micrographique des espèces étudiées et par l'abondance des espèces rares où nouvelles, non seulement pour la Normandie, mais aussi pour la France entière. Neus nous bornerons à signaler au hasard : Polyporus Eupatort Karst., sur des tiges mortes d’Eupatoire; espèce voisine du Pol. isabellinus. — Hydnum ochraceum Pers. v. tener Sacc., sur des sarments desséchés d’un Rubus ; —H. luteocarneum Secr. — Radulum fructicum Karst., sur Cornus sanguinea. — Corticium Typhæ Fckl form. Cirsii Sacc. — Xerocarpus Corni Karst., sur Cornus sanquinea : — X. Letendrei Karst., sur rameaux morts d’Ulex europœus. — Pistil- laria granulata Pat., P. aculeata Pat., P. cardiospora Q. — Typhula Brunaudii Q. -— Chætomium delicatulum Roumeg. sp. nov. (1), sur de la poudre de Scille gâtée. — Metasphæria rothomagensis Roumeg. sp. nov. (2), voisin des rustica et rubella, sur tiges sèches de Lythrum Salicaria et sur Polygonum. — Helotium aureolum Sacc., varia- tion de l’Hel. citrinulum Karst., sur Pteris. — Mollisia pteridina Karst.; Mollisia exelsior Karst., entre les pétioles engaînants des Typha morts, bien distinct du Pez. Typharum. — Trichopeziza Bernardiana Sacc. et Let., très petite espèce jaune carné, sur tiges mortes de Cirsium palustre. — Stilbum Kervillei Q., en touffes sur le diptère Leria cæsia Meig. — Trinacrium torulosum Sace. sp. n. « Conidia 3-radiata, radiis septatis toruloso-constrictis », sur feuilles mortes de Scabiosa succisa. Etc., etc. N. Par. Contributions à la Flore mycologique de lOuest; par M. Paul Brunaud. ASCOMYcÈTES, PYRÉNOMYCÈTES (extrait des Annales des sc. nat., la Rochelle, 1884). Brochure in-8° de 219 pages. AscomycÈTEs. GymnoascÉéEs. Brochure in-8° de 6 pages. UréDinéEs (extrait des Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, xxxIx° vol. 1885). Brochure in-8° de 60 pages. USTILAGINÉES (extrait des Actes dela Soc. Linn. de Bordeaux, xxxix° vol. 1885). Brochure in-8° de 8 pages. Dans ces quatre publications, l’auteur continue l'étude et la description des Champignons trouvés dans les environs de Saintes et de quelques autres localités de la Charente-Inférieure et de la Charente. Un nombre considérable d'espèces y sont signalées et décrites avec une grande exactitude, N. PAT. (1) Rev. mycol. 1885, p. 22, tab. L, fig. 8. (2) Ibid. 1885, p. 23, tab. L, fig. 6. 176 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Icones selectæ Hymenomrycetum Fenniæ nondum deli- neatorum ; par M. P.-A. Karsten. Fascicule I. Helsinglors, 1885. Le 1* fascicule de cette publication comprend 15 pages de texte et 9 planches en chromolithographie, grand in-4°. Trente espèces y sont décrites et figurées ; elles sont choisies à peu près exclusivement parmi celles créées par l’auteur dans ses diverses publications sur la Mycologie des environs de Mustiala (Finlande). Indiquons sommairement les plus remarquables : Lepiota lignicola Karst., qui a le port de Pholiota squarrosa. — Mycena coprinoides Karst., voisin de Myc. stylobates. — Pleurotus limpidoides Karst., qui ressemble au P. limpidus. — Co- prinus inamænus Karst., espèce fétide et à stipe prolifère. — Typhula caricina Karst., voisin du T. graminum. — Tricholoma raphanicum Karst., qui se rapproche du T. album: — T. microcephalum Karst., voisin du Trich. melaleucum et qui a le port du Collybia protracta. — Camarophyllus bicolor Karst., espèce voisine de l’Hygrophorus pra- tensis. — Roumeguerites elatus Karst., espèce d'un nouveau genre qui paraît répondre au Pholiota de Fries. — Zyphula falcata Karst., des tiges sèches d’Epilobium angustifolium. — Clitocybe ambiqua Karst., qui est intermédiaire entre les Clitocybe et les Omphalia, et qui ressemble à un Collybia. Etc., etc. N. ParouiLLanp. Contribuzione alla conoscenza dell Algologia romana (Contribution à la connaissance de l’Algologie romaine) ; par M. E. Martel (Annale dell’ Istituto botanico di Roma, 1885, 1, fase. 2); tirage à part en brochure grand in-8° de 21 pages. L'auteur fait le relevé des documents qu’on possède sur la flore des Algues d’eau douce de Rome et de la Campagne romaine, en suivant l’ordre adopté par M. Kirchner dans sa Flore des Algues de Silésie. Parmi les Floridées, M. Martel ne cite que l’Hildebrandtia rivularis. Par contre, il signale 55 Chlorosporées, parmi lesquelles se trouve un nou- veau genre de Palmellacées, le Chlorothecium Borzi, appartenant aux Sciadiées, mais qui se distingue de tous les autres genres de ce petit groupe par ses cellules dimorphes. Les unes, de première génération et purement végétatives, sont ovoïdes ; les autres, destinées à produire cha- cune une, deux ou quatre zoospores, sont arrondies et agglomérées en groupes palmelloïdes. La région étudiée par l’auteur posséderait encore 39 Nostochinées et 10 Chroococcacées. CHARLES FLAHAULT. Ueber Phæothamnion, eine neue Gattung der Suess- wasseralgen (Sur le Phisothamnion, genre nouveau d'Alque d’eau douce); par M. G. Lagerheim (Bihang till Konglika Svenska Ve- tenskaps-Akademiens Handlingar, 1884, 1x,n° 19) ; tirage à part in-8° de 14 pages avec une planche. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 177 Le Phæothamnion confervicolum, dont M. Lagerheim donne la des- cription, vit sur d’autres Algues d’eau douce sous forme de bouquets ramifiés d’un brun verdàtre. C’est à côté des Chétophorées et des Chroo- lépidées qu'il range ce nouveau genre, type de la sous-famille des Phéo- thamniées. Cette sous-famille se distingue des deux autres par la présence de la phycoxanthine; elle s'éloigne en outre des Chétophorées par ses zoospores biciliées qui s’échappent de la cellule mère par une ouverture arrondie, régulièrement découpée dans la membrane ; elle se sépare des Chroolépidées par le nombre de ses zoospores : le Phæothamnion n’en forme pas plus de deux dans chaque sporange. C’est peut-être à ce petit groupe qu'il faudrait, suivant l’auteur, rapporter le Microthamnion cladophoroides Reinsch et le genre Rhizocladia Reinsch. Cu. F. Om Chlorochytrium Cohnii Wright och dess fôrhällande till närstäende arter (Sur le Chlorochytrium Cohnii Wright, et ses rapports avec les espèces voisines); par M. G. Lagerheim (Üfversigt af Kongliska Vetenskaps-Akademiens Fürhandlingar, 1884, n° 7, Stockholm, pp. 91-97, avec une planche). Depuis que M. Cohn et ses élèves ont fait connaître les Algues endo- phytes appartenant au groupe des Protococcées, les observations se sont multipliées sur ces végétaux. M. Lagerheim a trouvé le Chlorochytrium Cohnii sur les côtes méridionales de la Suède, et ajoute quelques obser- vations à ce que nous savions de celte espèce. La forme de la plante adulte est variable, ses dimensions oscillent entre 9 et 40h; elle est attachée à son hôte par un petit prolongement papilleux de sa membrane. La formation des zoospores, fort nombreuses, est due à une division du contenu cellulaire. Les zoospores s’échappent par une ouverture arrondie qui se forme, constamment, à la base de la cellule mère; elles sont piri- formes, biciliées, vertes dans leur partie postérieure, incolores du côté du bec, avec un point oculiforme latéral et un pyrénoïde. L'auteur a ren- contré beaucoup de zoospores à quatre cils, et admet qu'ils sont peut-être le résultat d’une copulation. Dans tous les cas, les zoospores peuvent se développer sans copulation préalable ; l’auteur n°y a pas observé le noyau signalé par M. Wright, mais seulement un pyrénoïde. Cu. F. Bidrag till Kinnedomen om vara odlade Vaxters Sjuk- domar (Contributions à la connaissance des maladies de nos plantes cultivées); par M. J. Eriksson (Meddelanden frän Kongliska Landtbruks-Akademiens experimentalfält, n° 1); tirage à part en brochure in-8° de 83 pages, avec 9 planches en chromolithographie. L'agriculture et l’horticulture se préoccupent de plus en plus des T. XXXI (REVUE) 12 478 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. échecs que leur font subir les maladies des plantes; celles-ci semblent se multiplier, et la plupart des efforts sont insuffisants à en arrêter Îles pro- grès. Pour porter remède à cette situation, il faut connaître les causes des maladies et faire l’analyse exacte des conditions physico-chimiques qu les provoquent ou les favorisent, ainsi que des organismes qui en repré- sentent les agents essentiels ; le doute n’est plus possible sur ce point. On s’est beaucoup occupé depuis quelques années, surtout en Allemagne, de savoir si les plantes cultivées sont prédisposées à subir l'influence des parasites et si cette prédisposition est active ou passive. Ce sont là des problèmes auxquels il est probable qu’on ne répondra pas avant longtemps. Sans aborder des recherches aussi abstraites, la science doit s’efforcer de déterminer rigoureusement la nature, les symptômes et les causes de chaque maladie, pour lui appliquer un remède efficace. Si ce double but, si modeste qu’il paraisse, est bien rarement atteint, cela dépend surtout de l'indifférence que montrent les cultivateurs pour les travaux scientifiques. Ici, plus peut-être que partout ailleurs, il faut que l'expérience pratique s’unisse à l’étude scientifique. Exposer ce que l’une et l’autre apprennent sur les maladies des végétaux cultivés en Suède, est le but que s’est proposé M. Eriksson. Ce premier fascicule, illustré de planches coloriées utiles pour le savant et pour le praticien, comprend l’étude de huit maladies. L’Anguillule des racines (Heterodera radicicola) est l’objet d’une étude très attentive. On sait que cet animal attaque à peu près indiffé- remment une foule de végétaux dicotylédones et monocotylédones, sur les racines desquels il forme de petites galles plus ou moins allongées ; les plantes atteintes en sont complètement épuisées. Ce parasite s’est montré tout récemment en Laponie, où il a fait des ravages assez grands pour détruire complètement des cultures d’Orge. L'auteur étudie ensuite le Scolicotrichum Graminis, qui atteint fré- quemment les Graminées fourragères de Suède ; le Phragmidium sub- corticium et l’Asteroma radiosum, qui affaiblissent les Rosiers ; divers Champignons à physionomie d’'Oidiwm communs sur les plantes de serre ou d'appartement; le Fusicladium dendriticum des Pommiers, le F. pirinum et le F. Cerasi; le Morthiera et le Cercospora Myrti. Cette espèce, décrite ici pour la première fois, forme sur les feuilles du Myrte des taches rousses, dues au développement, au-dessous de l’épi- derme, de faisceaux de filaments fauves ; les filaments conidifères sortent par les slomates ; les conidies, longues de 60 à 100 y sur 2 à 4u de largeur, sont recourbées, atténuées au sommel, jaunes, et formées de 3 à 6 cellules. Cu. FLAHAULT. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 179 Le Potager d’un curieux, histoire, culture et usages de 100 plantes comestibles peu connues ou inconnues; par MM. A. Pailleux et D. Bois. Un volume in-8° broché de 294 pages. Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, Paris. Il est bien rare qu’il puisse être question d'introduire dans l’alimenta- tion de l’homme des plantes qui lui aient échappé jusque-là. La nécessité a imposé aux peuples pauvres l’usage de presque toutes les plantes man- geables, alors même que le raffinement du goût ne leur en eût pas con- seillé l'emploi; mais, sans chercher à trouver des nouveautés en matière de culture alimentaire, on peut songer à adapter à l'usage de telle ou telle civilisation des plantes utilisées ailleurs. L’histoire de la culture potagère prouve assez l'opportunité des efforts qui tendent à accroître le nombre des légumes usités chez nous ; réduit à ses ressources naturelles, notre pays serait à peu près complètement dépourvu de légumes ; les plus précieux nous feraient défaut. Les auteurs de ce livre se sont pro- posé de nous faire connaître les plantes alimentaires peu cultivées en France, et de faire valoir, comme elles le méritent, les espèces qui n’y sont pas cultivées et qui pourraient l'être. Les résultats que MM. Pailleux et Bois livrent au public sont le fruit de dix années de recherches poursuivies sous le climat de Paris. Malgré les difficultés résultant pour beaucoup d'espèces de la rigueur de nos hivers, ils n’ont négligé ni les plantes du Japon et de la Chine, ni même les espèces de l’archipel Malais. Comme ils devaient s’y attendre, leurs efforts n’ont pas toujours été couronnés de succès; le soin scrupuleux avec lequel ils ont consigné les circonstances qui ont favorisé leurs ten- tatives ou qui les ont entravées, en mettant les amateurs à l'abri des mêmes échecs, leur donnera tous les avantages de l’expérience acquise. D'ailleurs bien des cultures qui échouent dans le nord de la France réussiraient sans doute entre la Loire et la Méditerranée, et nous souhai- tons, avec les auteurs, que ces expériences se poursuivent sous un climat plus favorable que celui de Paris. Parmi les plantes qui ont fait l’objet des efforts des auteurs, signalons seulement la Capucine tubéreuse, le Crambé, le Gombo des Égyptiens (Hibiseus esculentus), le Brassica sinensis, l'Oxalis crenata, V'Ara- chide, le Soya, l’Igname ; la Morelle &es îles Fidji, dont les cannibales font, paraît-il, le condiment obligé des repas de chair humaine, et qui pourrait être considérée chez nous cumme un succédané de la Tomate ; les Physalis, la Bardane du Japon, la Claytone, le Pourpier à grandes fleurs, le Safran, les Balisiers, les Maranta, les Gingembres, etc. Ajoutons que des notes bibliographiques étendues permettent aux 180 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. lecteurs de recourir, quand il y a lieu, aux sources de renseignements originaux. CH. FLAHAULT. Ohbservationes phycologieæ ; particula quinta : De Laminariaceis nonnullis (continuatio) ; par M. J.-E. Areschoug (Acta regiæ Societatis scientiarum Upsalensis, ser. 111, 1884); tir. à part, in-4° de 16 pages. L'auteur publie la suite de l’étude des Laminariées qui faisait l’objet du précédent fascicule ; il donne la diagnose des genres Egregia, Nereo- cystis, Pelagophycus, Eisenia, Lessonia, Pterygophora, Ecklonia, Arthrothamnus, et des onze espèces qu’ils comprennent. Il termine par quelques observations sur la foliaison et la défoliaison des Lnminariées. Le Nereocystis Luetkeana et le Pelagophycus giganteus sont annuels; la plante meurt et disparaît tout entière dans l’année de sa naissance. Chez les espèces vivaces des côtes scandinaves, les frondes nouvelles commencent à se montrer en janvier, et atteignent leur complet déve- loppement vers le mois d'avril. Dans le Laminaria flexicaulis, la fronde ancienne devient sporifère au moment où la nouvelle apparaît, et meurt au milieu de l’été quand la jeune fronde est devenue grande. Les phéno- mènes sont les mêmes pour les espèces à frondes multiples : chez l’Ala- ria esculenta pourtant, toutes les frondes disparaissent à l’automne avant qu'aucune autre se soit montrée ; mais la tige demeure vivante et produit des frondes nouvelles au printemps. Cu. F. Formes des tiges des arbres Dicotylédones et Conifères ; par M. E. Guinier. Brochure in-8° de 30 pages, avec 7 planches. Gap, imprimerie Jouglard, 1885. S1 la forme de la tige des arbres a pour le forestier une importance capitale, il s'ensuit que le silviculteur doit accorder le plus grand intérêl à tous les documents qui peuvent l’éclairer sur les phénomènes si complexes de l’accroissement des plantes. M. Guinier, considérant la tige des arbres comme un solide de révolu- tion, s’est appliqué à en déterminer la courbe génératrice, à tracer le profil de la tige. Dans le diagramme, l’axe de l’arbre devient l’axe des abscisses ; les mesures de la circonférence de la tige fournissent les ordon- nées ; il faut nécessairement, pour rendre le diagramme plus lisible, exa- gérer l'échelle des diamètres par rapport aux longueurs. Le rapport adopté par l’auteur est exprimé par la fraction 4. On trouve ainsi que la tige des Sapins et des Épicéas végétant dans les conditions ordinaires à la forme d’une cloche très allongée, évasée à la base et terminée par un cône; entre 1500 et 1600 mètres, la forme de la tige de ces arbres devient celle d’un cône évasé à la base; vers la limite de la végétation forestière, l'arbre prend la forme d’un entonnoir très évasé, ou mieux REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 181 d’un chapeau chinois. Autant qu’il est permis d’en juger par des obser- vations à vue d’œil, le profil de la tige et celui de la tête feuillée seraient aussi liés par certaines relations. L’étude du profil devait nécessairement conduire M. Guinier à observer la formation des couches successives à l’intérieur de l’arbre. Une couche quelconque n’a pas la même épaisseur à tous les niveaux ; elle présente au sommet de la tige une épaisseur maximum qui se maintient uniforme sur une certaine longueur, décroît successivement de haut en bas, et rede- vient invariable dans la partie inférieure de la tige. Il en résulte que la pousse terminale de l’arbre présente, à sa base, un demi-diamètre’ supé- rieur à l'épaisseur de la couche ligneuse formée sur la tige pendant la même année; l’épaisseur de l'accroissement de la pousse terminale est donc indépendante de l'épaisseur de la couche contemporaine sur le reste de la tige. L'observation des sections successives d’une tige par des plans perpen- diculaires à l’axe permet naturellement de tracer le schéma de la section longitudinale de cette tige. Ce genre de recherches permet encore d’éta- blir quelques faits intéressants; nous nous bornerons à en signaler deux : 1° Les aires des sections de la couche d’accroissement augmentent, en général, du sommet à la base; pourtant, lorsque la décroissance d’épais- seur de cette couche est très accentuée, les aires des sections augmen- tent à partir du sommet, pour diminuer ensuite etaugmenter de nouveau dans la partie nue de la tige où les épaisseurs de la couche deviennent à peu près invariables. 2 L’épaisseur de toute couche d’accroissement est, dans une certaine mesure, dépendante de la couche précédente: les couches épaisses, comme les couches minces, sont disposées par séries correspondant souvent à des périodes de soixante ans ou plus encore. Ce fait prouve suffisamment que l'histoire des vicissitudes climatériques annuelles n’est pas écrite dans le corps de l'arbre, comme on l’a dit quelquefois. Cu. F. Cenni sopra alcune Alghe dell'oceano Indiano (Sur quel- ques Alques de l'océan Indien); par M. F. Hauck. Brochure in-8° de 4 pages, avec 3 planches en lithographie. — Le Dictyota Atomaria a été recueilli à Bombay entre 2 et 4 mètres de profondeur. C’est une plante haute de 15 à 45 centimètres; sa fronde dichotome, fixée par un pied élargi, a des segments linéaires larges de 1 à 4 centimètres, arrondis au sommet, dentés sur les bords, à dents aiguës, susceptibles de former par prolifération un nouveau rameau pétiolé. Les tétrasporanges, sphériques, forment sur les deux faces de la fronde des groupes irréguliers, le plus souvent allongés. Les anthéridies se rencontrent sur d’autres individus, où elles forment des taches blan- 182 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. châtres allongées ou ovales, ne dépassant pas 1 millimètre de largeur. M. Hauck a déjà fait connaître (Hedwigia, 1882, n° 9) la Floridée à laquelle il a donné le nom de Marchesettia spongioïdes, en raison de la ressemblance remarquable qu’elle présente avec une Éponge ; il la range parmi les Areschougiées. On connaît maintenant cette plante à Singa- pore, à la Nouvelle-Calédonie et à Madagascar. Les tétrasporanges et les eystocarpes se développent au sommet de rameaux périphériques. Les cystocarpes appartiennent à l’un des types les plus complexes; leur nucléus sporifère a pour centre une grande cellule placentaire. L’au- teur représente en outre un exemplaire du Spongiocladia vaucheriæ- formis Areschoug, remarquable par ses grandes dimensions. CH. FLAHAULT. Compte rendu des principales herborisations faites en 1884 aux environs de Bourges par les membres de la Société florale, sous la direction de M. Legrand, agent voyer en chef du département du Cher (Mémoires de la Société historique, littéraire et scientifique du Cher, nov. 1884); tirage à part de 20 pages in-8°. Ce Compte rendu comprend une série de rapports rédigés par MM. H. Duchaussoy et Albert Mornet, dans l'ordre suivant : En mars et avril, promenade autour de Bourges. — Le 19 mars, le Tulipa silvestris commence à fleurir dans les vignes de la Grange-Miton. — 10 avril, Erucastrum Pollichii et Draba muralis sur la route de Lazenay. Le lendemain, au Vernillet, Viola rupestris, Carex humilis, Sesleria cærulea, Ranunculus gramineus, Anthyllis montana, Ophrys aranifera, etc. 1 mai, herborisation de Bourges à Montifaut et au bois Martin, près de Soye.— Iris fœtidissima en feuilles, Carex montana, Orobus tube- rosus, Lithospermum purpureo-cæruleum, Spiræa obovata, Myagrum perfoliatum, Erysimum orientale, Hutchinsia petræa. 8 mai, de Mehun à Saint-Eloy de Gy. — Medicago Gerardi, Ajuga Chameæpitys, Myosurus minimus, etc. 22 juin, excursion à Levet et Coudron. — Dans les moissons, Tur- genia latifolia, Carum Bulbocastanum, Bupleurum rotundifolium. — Dans le bois de Soulangy, Ornithogalum pyrenaicum, Orobus niger, Hypopitys multiflora, Aceras hircina, Ranunculus nemorosus, Ophrys apifera. — À l'extrémité des bois de Bouard, Cephalanthera rubra, Orchis pyramidalis, Carduncellus mitissimus, Trifolium rubens, Scor- zonera glastifolia, Linum salsoloides, Cytisus supinus, Thalictrum collinum, Polygala calcarea, Helianthemum pulverulentum. — Près du bois de Fleuret, Rubia peregrina, Torilis nodosa, Valerianella REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 483 eriocarpæ et Morisonii, Micropus erectus, Centaurea lugdunensis, Onobrychis collina, Stachys heraclea; — dans le bois même, Gera- nium sanguineum, Trifolium montanum, Phalangium ramosum. 29 juin, forêt du Rein-du-Bois, commune d’Allouis. — Dans des champs sablonneux et siliceux, Helianthemum quttatum, Lotus an- gustissimus, Juncus capitatus, Lythrum Hyssopifolia, Lobelia urens, Carum verticillatum, etc. — Dans le vallon, Arnica montana, Eu- phorbia pilosa. — Sur les bords de l'étang de la Folie, Pinguicula lu- sitanica, Anagallis tenella, Scirpus cæspitosus, Phalangium Liliago. — Plus loin, dans un valion, Juncus squarrosus, Carex pulicaris, Viola lancifolia (en fruit), Astrocarpus purpurascens. 26 août, excursion au bois de Charon, commune de Marmagne. — Dans les champs, Petroselinum segetum, Linaria prœtermissa, Odontites chrysantha, Serratula tinctoria.— Dansles bois, Erica vagans, Peuce- danum Cervaria et gallicum : — dans des pâtures, Sison Amomum, etc. Ces quelques citations suffisent à donner un aperçu des principaux caractères de la flore du Berry. On y rencontre parfois des filons siliceux en pleine contrée calcaire, ou l’on passe sans transition d’un terrain à l'autre, en constatant dans la végétation un changement non moins rapide. Par exemple, une herborisation convenablement dirigée dans la forêt de Rein-du-Bois et ses environs permettra, en un seul jour, de faire une ample moisson de plantes de la Sologne, c’est-à-dire des terrains siliceux, suivie d’une abondante récolte d'espèces des terrains calcaires. EN. MazINvaup. Flore des marais salés du département de PaAllier; par M. Henri du Buysson. Broch. de 8 pages in-8. Moulins, s. d. (1). « MM. Bourgougnon et Migout, dit l’auteur (page 1), furent les pre- » miers à découvir l'existence d'eaux saumâtres à Fourilles, près de » Chantelle-le-Château. Il y a près de trois ans, ils rencontrèrent sur » les bords du Boublon, dans un pré marécageux, une Graminée (Gly- » ceria distans) qui ne croît que dans les terrains avoisinant le bord de » la mer. Ils goûtèrent l’eau, lui trouvèrent une saveur assez fortement » salée, et M. Migout, professeur de sciences au lycée de Moulins, recon- » nut qu'elle était chargée d’une assez forte proportion de chlorure de » sodium. » | | Le Glyceria distans Wablenb., commun sur le littoral de l’Océan et de (1) L'omission de la date d’une publication est toujours regrettable, particulièrement lorsque l’auteur, comme il le dit lui-même, « vient établir exactement certaines dates » qui fixeront la part revenant à chacun dans cette découverte ». En lisant dans cette note : « l’année dernière, — le 24 mai dernier, — le 6 juin, etc. », nous ne pouvons que présumer qu'il s’agit de 1884. 13% SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. la Méditerranée, se retrouve, dans l’intérieur des terres, au voisinage des salines de la Lorraine, en Auvergne, et sur quelques autres points où le sol est imprégné de sel marin. A côté de cette Graminée, on peut récolter dans les marais de Fourilles : Scirpus Tabernæmontani, Triglochin palustre, Carex divisa, Scirpus marilimus var. compactus, Chara fœtida, etc. « L'année dernière, continue l’auteur (page 2), mon frère, qui s'occupe » de bryologie, trouva à Vauvernier, près Jenzat, dans un pré maréca- » geux, une espèce de Mousse (Pottia Heymii) qui n’est encore indi- » quée que dans les marais salés de l’Est et aux bords de l'Océan. » Dans ce pré, et uon loin de la source minérale connue dans le pays sous le nom d'Eau de Jenzat, M. Henri du Buysson a récolté le 24 mai, en pleine floraison, le Glaux maritima, Primulacée essentiellement mari- time, signalée depuis longtemps en Auvergne dans de semblables cir- constances près de Saint-Nectaire, Or l’eau qu’on voyait sourdre dans le marais de Vauvernier, à travers les herbes et les jones, était fortement saumâtre et contenait 58r,5 de chlorure de sodium par litre. A côté du Glaux se trouvaient Trifolium maritimum, Plantago Coronopus var. latifolia (1), etc. ERN. MALINVAUD. Recherches sur la flore de la Loire; par M. l'abbé Joseph Hervier. 1°" fascicule; avec la préface, 68 pages gr. in-8° et 2 photo- gravures, Saint-Étienne, 1885, Chevalier ; Paris, F. Savy. La Statistique botanique du Forez (2), publiée en 1873 par M. A. Le- grand (avec un Supplément en 1876), est aujourd’hui et restera peul- être longtemps encore l'ouvrage le plus important à consulter pour l’en- semble de cette flore locale. M. Joseph Hervier, fixé à Saint-Étienne, a entrepris d'explorer les parties du département de la Loire qui sont, comme il le dit dans sa préface, « presque vierges de recherches », et en même temps il fait une étude particulière des formes représentant les groupes liligieux dans sa circonscription. Les matériaux qu’il a déjà réunis en poursuivant celte double tâche ont permis à notre confrère de faire paraître un premier fascicule. On n’y trouve pas moins de 104 espèces ou variétés nouvelles pour la flore forézienne, notamment : Alsine verna, Geranium lucidum, Trifolium maritimum (plaine du Forez, près Mont- rond), Epilobium rosmarinifolium, Carduus vivariensis, C. nigre- scens, Physalis Alkekengi, Melampyrum laciniatum (nouveau pour la (1) Des échantillons de ces trois plantes, récoltées en cet endroit par M. Bourgougnon, ont élé présentés, au nom de notre collègue, à la Société, dans la séance du 11 juillet 1884 (voy. le Bulletin, t. xxx1, p. 295-296). (2) Voyez l'analyse de cet ouvrage dans le Bulletin : t. xx (1873), Revue bibliogr. p. 193,et (le Supplément) 1. xxu1 (1876), Revue p. 224. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 185 France) (1), Stachys alpina, Endymion nutans, Orchis alata (avec une longue note), ete. On remarque aussi une intéressante série de Ranun- culus annotés par M. Freyn (de Prague), les Hieracium déterminés par M. Arvet-Touvet, et les Graminées communiquées à M. Hackel. Enfin l’auteur, aussi consciencieux que modeste, prévient qu’il a soumis la plus grande partie de ses récoltes à l'examen de M. J. Lange, de Copenhague. Le concours de ces savants botanistes suffirait à donner une grande valeur au travail de M. Hervier. L’une des photogravures, en noir, représente l’androcée et le fruit de divers Ranunculus dessinés par M. Freyn; la seconde, en couleur, montre deux exemplaires de l'Hieracium pallescens W. K. var. atri- plicifolia Arvet-Touvet et Hervier. Nous souhaitons à notre confrère de pouvoir utiliser prochainement les éléments d’un second fascicule aussi bien rempli que le premier. Ern. M. Flore de la Haute-Marne. Catalogue des plantes vasculaires spon- tanées, subspontanées et de culture générale de ce département; par M. L. Aubriot, professeur au collège de Saint-Dizier, et M. A. Daguin, officier d'académie (Mémoires de la Société des lettres, des sciences, etc., de Saint-Dizier, 1884). 536 pages in-8°. Ce Catalogue est précédé d’une assez longue introduction divisée en trois chapitres, qui ont pour titres : 1° /mportance de la botanique, spé- cialement pour notre pays; 2 Les études botaniques dans le départe- ment de la Haute-Marne : 3° Description de ce département au point de vue de la botanique. Dans ce dernier chapitre, les auteurs ont réuni d'utiles renseignements sur l’orographie, le climat, la géologie et l'hydro- logie de la Haute-Marne. Le sol est formé de terrains assez variés appar- tenant aux époques secondaire, quaternaire et moderne; on y rencontre le grès bigarré, le muschelkalk, les marnes irisées, différentes assises du lias, de l’oolithe et du crétacé inférieur. Les forêts occupent plus du tiers de la surface totale du département. « Les essences dominantes, disent les auteurs, sont le Chêne, le Hêtre et » le Charme. Viennent au second rang, l’Érable, l’Alisier, le Merisier, (1) Melampyrum laciniatum Kosh et Zinger, in Bull. Soc. natur. Moscou, 1881, page 313, tab. 3: « Fol. elongato-lanceolatis ; bracteis ovatis basi subcordatis, in petio- » lum attenuatis, 5-9 partitis, laciniis lateralibus terminali subæquantibus; corolla » calyce glabro duplo longiore. : » À M. pratensi L. differt bracteis multo latioribus, profunde partitis, earumque la- » ciniis lanceolatis longioribus. — An planta hybrida : M. pratense-nemorosum. » Suivant M. Lange, cette plante tient le milieu entre le M. nemorosum et le M. pra- tense var. latifolium, et en est peut-être un hybride. Elle a été trouvée à l'Etrat, près de Saint-Étienne. 186 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. » le Tremble, le Tilleul, le Sorbier, et le Noisetier. Le Châtaignier est » rare, l’'Orme a presque disparu. Le Bouleau ne végète guère que dans » la partie orientale. Dans les vallées, on rencontre souvent le Peuplier » suisse, quelquefois le Peuplier d'Italie; l'Aune, le Saule et l’Osier sont » communs. » Les espèces cataloguées avec des numéros d’ordre sont au nombre de 4492, parmi lesquelles un assez grand nombre sont manifestement accidentelles (Moricandia arvensis, Bunias orientalis) ou cultivées (Reseda odorata, Cissus quinquefolia, Tagetes, Lilac, ete.). Ge mé- lange, qu’on peut éviter en mentionnant au moyen de notes et sans nu- méros d'ordre les plantes non indigènes, jette une certaine confusion sur le tableau de la flore spontanée. Les auteurs, dans une pensée louable et quoiqu’on puisse différer d’avis sur l'opportunité, ont pris la peine d’indiquer longuement, pour beaucoup d'espèces, leurs propriétés médicinales présumées. On apprend, par exemple, que le vulgaire Lotus corniculatus est une plante « anodine, » émolliente, détersive, vulnéraire, apéritive » (la première épithète élait peut-être suffisante), ou que l’Inula Helenium a été usité comme « toni- » que, stomachique, diaphorétique, antiasthmatique, antipsorique », etc. À tort ou à raison, cette ancienne thérapeutique, basée sur une foi ro- buste dans les vertus des simples, n’est guère plus en faveur aujourd’hui que chez les bonnes gens des villages. Parmi les espèces non ubiquistes communes dans la Haute-Marne, et par suite caractérisant le mieux cette flore locale, nous citerons : Anemone ranunculôides, Arabis arenosa, Camelina silvestris, Poly- gala calcarea, Gypsophila vaccaria, Sorbus Aria et torminalis, Epilo- bium parviflorum et angustifolium, Carum Carvi et Bulbocastanum, Ægopodium Podagraria, Inula salicina, Carduus crispus, Mono- tropa Hypopitys, Gentiana germanica et ciliata, Veronica Teucrium et prostrata, Daphne Mezereum, Euphorbia platyphylla, Phalangium ramosum, Convallaria Polygonatum, Ophrys aranifera et Arachnites, Luzula albida, Carex maxima et digitata, Alopecurus utriculatus, Festuca gigantea, Bromus secalinus et racemosus, Polypodium Rober- tianum, Cystopteris fragilis, etc. Les auteurs ont joint à leur travail une Carte des principaux ter- rains de la Haute-Marne, dressée avec beaucoup de soin par M. Ernest Royer, membre de la Société géologique de France. Un tel document est une précieuse annexe au point de vue des études de géographie bota- nique. « Si ce premier catalogue des espèces vasculaires haut-marnaises n’est » pas absolument définitif, — comme il est dit dans le Rapport qui lui » fait suite, — du moins c’est un jalon important qui servira de point REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 187 » de départ et de guide aux futurs botanistes, pour aller plus loin et » compléter l’œuvre de leurs devanciers. » ERN. MALINvAUD. Observations sur les Arenaria gothica Fries et ci- diata 1. de la chaîne jurassique: par M. P. A. Gentv (Le Naturaliste, 1* octobre 1885). L'auteur tire de ses recherches les conclusions suivantes : «€ 1° La seule station jurassique véritablement authentique (ou du moins admise comme telle par tous les botanistes) qui puisse être actuel- lement attribuée à l’Arenaria gothica est celle signalée par Grenier sur les bords du lac de Joux (canton de Vaud, Suisse). » 2° Toutes les autres stations jurassiques attribuées à l’A. gothica sont très douteuses, particulièrement celle du Colombier de Gex et du Recu- let, où l’Arenaria ciliata L. paraît exister seul. » 3° L’Arenaria ciliata L., considéré comme douteux pour la flore jurassique, lui appartient indubitablement. » 4° L’Arenaria gothica Fries doit, jusqu’à nouvel ordre, être exclu de la flore de France. » (1) Er. M. Recherches sur les plantes naturalisées dans le sud- ouest de la France, par M. Joseph Lamic, chargé du cours d’histoire naturelle à l'École de médecine de Toulouse [Annales des sciences naturelles de Bordeaux et du Sud-Ouest (2), 1" série, 4 année, Mémoire n° 1, publié le 1° août 1885]. Broch. in-8° de 122 pages. Bordeaux, Féret et fils; Paris, G. Masson. — Prix de ce mémoire : 6 francs. Ayant déjà rendu compte (3) des parties de ce travail qui ont paru sous (1) Grenier ne mentionne pas l’Arenaria gothica dans la Flore de France (1848) et ven parle, dans sa Flore de la chaîne jurassique (1865), page 122, que sous une forme dubitative à la suite de l’A. ciliata : « La plante des bords du lac de Joux, dit-il en » observation, me semble très voisine de l'A. gothica Fries, si ce n’est elle. Mais il est » difficile, dans des espèces aussi voisines, de trancher semblable question sur quelques » exemplaires desséchés. » Dans ses derniers écrits seulement (1869, 1875), Grenier est plus affirmatif. Nous inclinons à croire, malgré la grande autorité de Fries, que son A. gothica, forme intermédiaire aux À. serpyllifolia et ciliata, ne mérite pas d'être élevé au rang d'espèce. (2) Les Annales des sciences naturelles de Bordeaux et du Sud-Ouest paraissent temporairement par mémoires distincts et qu'on peut se procurer séparément, de façon à former chaque année un volume de 500 pages de texte à peu près, accompagné de planches. Les travaux botaniques précédemment insérés dans ce recueil sont : en 1882 (mém. n° 2), Étude sur le Danais fragrans Comm. par M. R. Bourdon ; — en {883 (mém. n° 3), Sur l’organogénie florale et les affinités du Theligonum Cynocrambe L., par M. J.-G. Guillaud ; — en 1884 (mém. n° 2), Cataiogue des Champignons observés et récoltés dans le Sud-Ouest en 1883 et 1884, par MM. Guillaud, Forquignon et Merlet. (3) Voy. Rev. bibliogr. du Bulletin, 1884, p. 201, et plus haut (1885), pp. 92, 93 et 142. 188 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. forme d'articles dans le Journal d'histoire naturelle de Bordeaux et du Sud-Ouest, nous nous bornerons ici à en résumer les conclusions. Le nombre total des Phanérogames du sud-ouest de la France étant évalué à 2500 environ, celui des espèces naturalisées sur lesquelles ont porté les investigations de M. Lamic s’élève à plus de 80 et représente ainsi un trentième à peu près de la flore totale de cette région (1). « C’est à la douceur de son climat, dit l’auteur (page 112), à sa grande » humidité, qu’on attribue le grand nombre d'espèces endémiques propres » au Sud-Ouest, ce qui fait considérer le littoral du golfe de Gascogne, » des Asturies à l'embouchure de la Gironde, comme un centre de végé- » tation pour la flore atlantique. Ce climat doux, cette humidité constante, » font, dit Grisebach (in Végétation du globe), que les plantes y ont » une plus grande période de végétation ; plus au midi, la sécheresse des » étés, plus au nord le froid des hivers, diminuent cetle période. Ce sont » ces mêmes causes qui favorisent la multiplication des espèces exotiques » et font de notre région, particulièrement de sa partie maritime, un lieu » de naturalisation par excellence. » L'origine exotique d’une plante introduite n’est pas toujours immédia- tement reconnue. Le Sagittaria obtusa Willd., espèce de l'Amérique du Nord, dont le sexe mâle seul est répandu le long des rives de la Garonne et de la Dordogne jusqu'au point où se fait sentir le flot, fut remarqué pour la première fois en 1821 par Ch. Desmoulins, qui pensa que c’était simplement une forme monstrueuse et stérile du Sagittaria sagittifolia, et cette manière de voir adoptée par M. Duby (in Botanicon) ne souleva aucune contradiction pendant quarante ans. Lors de la session de la Société botanique de France à Bordeaux en 1859, le S. obtusa, ayant attiré l’attention de plusieurs botanistes, devint l’objet de nouvelles re- cherches qui amenèrent enfin le redressement de son état civil. Une autre cause de méprise, même de doute légitime sur l’origine étrangère de certaines plantes, est dans l’ancienneté de leur existence et le défaut de documents se rapportant à leur introduction. On n’hésite pas à regarder partout comme parfaitement spontanés le vulgaire Coquelicot, le Bleuet et le Miroir de Vénus, quoiqu'il soit probable que ces plantes ont été introduites en Europe par la culture des céréales, sinon plus ré- cemment, lors de l'invasion des barbares, qui les auraient apportées du plateau central de l'Asie, leur première patrie. M. Lamic pense aussi que plusieurs espèces plus ou moins répandues dans le Sud-Ouest n’y seraient pas aborigènes et proviendraient de contrées plus méridionales, (1) Parmi ces 80 espèces, on en compte, dit l’auteur (p. 113), 16 de la famille des Synanthérées, 7 Graminées, 6 Crucifères, 6 OEnothéracées, 5 Dianthées, 4 Panilionacées, et ! ou 2 de diverses autres familles. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE, 189 notamment : Pistacia Terebinthus, Coriaria myrtifolia, Convolvulus lineatus, C. Cantabrica, ete. (4). Le tableau, dressé par l’auteur, des espèces d’origine extra-européenne naturalisées dans le Sud-Ouest montre qu’elles sont presque toutes amé- ricaines et viennent surtout de l'Amérique du Nord; ce fait s'explique aisément par la situation respective et les anciennes relations des deux pays. Quant aux espèces naturalistes originaires de diverses contrées de l'Europe (naturalisation à petite distance), la plupart appartiennent à la région méditerranéenne et beaucoup font partie de la flore française méridionale. L'auteur examine, à la fin de son mémoire, le rôle joué par les courants marins dans la dissémination des espèces, et il rappelle à ce sujet les expériences faites par Ch. Martins et Darwin sur la résistance des graines à l’eau de mer. Il en résulte que le temps pendant lequel celles-ci peu- vent supporter l'immersion dans l’eau salée, sans que leurs propriétés germinatives soient altérées, est extrêmement variable suivant les espèces : certaines graines, placées dans ces conditions, perdent leur vitalité en très peu de jours ; d’autres résistent pendant quelques semaines; un petit nombre peuvent encore germer après une immersion de trois mois. Quelles que soient les réserves que semblent commander ces observa- tions, il est certain que de nombreuses graines de végétaux exotiques, transportées par le Gulf-stream, sont fréquemment ramassées par Îles douaniers et les pêcheurs sur les côtes du golfe de Gascogne, et que cet apport est la cause d'introduction la plus probable pour un certain nombre de plantes américaines (Euphorbia polygonifolia, Hibiscus moscheutos, elc.). Le style de M. Lamic est élégant et facile. On trouvera dans son mé- moire, relativement aux lois qui président à la dispersion des végétaux, l’exposé substantiel d'un grand nombre de faits généralement peu ou mal connus, formant un répertoire des plus utiles à consulter sur cette im- portante question de géographie botanique. ERN. MaLiNvauD. Flore complète de la Belgique : Espèces indigènes et plantes cultivées sans abri; par M. André de Vos. 1 vol. de 740 pages in-18. Mons, Hector Manceaux, 1885. « Jusqu'à ce jour les Flores belges ne se sont occupées que de la végé- » tation indigène. De tels ouvrages ne conviennent guère qu'aux bota- » nistes; ils ne satisfont pas la curiosité des amateurs qui désirent sur- (1) Le Convolvulus Cantabrica est une des plantes les plus répandues, dans le dépar- tement du Lot, sur les plateaux calcaires connus sous le nom de causses, dont le sol aride et rocailleux ne parait guère propice aux naturalisations. 190 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. » tout connaître les noms des jolies fleurs de leurs parterres, et qui » aiment à se renseigner sur les espèces ligneuses introduites dans nos » bosquets et nos parcs, sur les meilleures essences d’arbres répandues » dans nos forêts. Le vulgaire tient aussi à ne pas ignorer le nom, l’his- » toire, les usages, le rendement des céréales et des plantes fourragères » cultivées dans les champs, et il éprouve autant de plaisir à prendre » connaissance de ces détails qu'à goûter les légumes variés de son » jardin et les fruits savoureux de son verger. Les plantes de grande cul- » ture, les végétaux employés dans les arts et dans l’industrie, méritent » d’être connus au même titre. Enfin, comme les gens du monde tiennent » particulièrement à se renseigner sur les propriétés des plantes en usage » dans la médecine, il est juste de donner satisfaction sur ce point à » leur légitime curiosité. Telle est, à grands traits, l’esquisse de l’ouvrage » que nous présentons à l’appréciation de nos lecteurs et que nous au- » tions voulu éditer sous le titre de : Flore rurale, horticole, agricole. » silvicole et médicale de la Belgique. » M. de Vos, à la suite de ces explications données au commencement de la préface, reconnaît avoir pris pour guide la Flore élémentaire des jardins et des champs de Le Maout et Decaisne; il a préféré toutefois à la classification suivie par ces auteurs celle qu’a adoptée M. Van Tieghem dans son Traité de bota- nique. Il donne la description de 128 familles, comprenant 900 genres et plus de 3000 espèces, dont la moitié à peine appartient à la végétation indigène. — Le nom scientifique généralement admis, suivi d’une courte synonymie avec le nom exact des auteurs, est accompagné des noms français et flamand de la plante ; la durée du végétal et l’époque de la floraison sont indiquées, et quelquefois même la date moyenne de la feuillaison, de la maturité des fruits et de la défoliation. On trouve men- tionnés, pour les végétaux étrangers, l’année ou le siècle de leur décou- verte ou de leur introduction, ainsi que le nom du botaniste collecteur qui les a observés et celui de l’horticulteur qui les a répandus dans le commerce. Enfin, après chaque famille et chaque genre, le nombre des espèces connues est signalé, et leur distribution sur toute la surface du globe exactement résumée. Au moyen d’un synopsis général placé au commencement et de clefs analytiques particulières répandues dans le corps de l'ouvrage, on peut arriver au nom d’une espèce donnée. L’exécution typographique très soignée et une rédaction concise, que resserrent encore de nombreuses abréviations, ont permis à l’auteur de condenser sous un format très portatif une masse considérable de renseignements variés, qui font de ce livre une œuvre de vulgarisation scientifique profitable à toutes les classes de lecteurs. ERN. MALINvAUD. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 191 Additamenta Catalogi plantar. vasc. indig. corsicarum, edit. de Marsilly; auctore E. Petit (Botanisk Tidsskrift, Bind x1v, Heft 4); tirage à part de 5 pages in-8°. L’auteur donne une liste d'espèces manquant au Catalogue bien connu de M. de Marsilly et qu’il a récoltées en Corse durant un séjour de deux années (1883-84) qu'il a fait dans cette ile. Il décrit un Bryonia nouveau pour la flore française et le rapporte avec doute au B. syriaca Boiss. Il signale aussi cinq variétés nouvelles qu’il caractérise comme il suit : Arabis thaliana L. var pusilla E. Petit. — Caule stricto, non ramoso, paucifolio ; fol. radic. ovatis longius petiolatis. Tota planta minuta. Spergula arvensis L. var. gracilis E. Petit. — Tota planta gracilior, caulis a basi ramosus, ramis prostratis adscendentibusque superne glan- duloso-pilosis ; cyma pauciflora; sepala acuta, anguste membranaceo- marginata, apice sæpe colorata, capsulam fere æquantia. Folia sæpe internodiis longiora. Vicia cordata Waulf. var. littoralis E. Petit. — Caule procumbenti ; foliol. infer. obcordatis, super. lanceolato-linearibus, apice rotundatis, pene emarginatis, mucrone prominente. Tota planta minula; folia magis hirsula et ciliata. Vicia cordata var. biloba E. Petit. — Foliolis apice bilobis, lobis fol. sup. porrectis, triangularibus, mucrone emarginatura incluso, lobos non excedente. Andryala integrifolia var. longipes E. Petit. — Caulis basi sublignes- cens (perennans), a basi ramosus, pedalis ; ramis paucifol., superne longo spatio nudis, monocephalis; fol. inf. petiolatis, obovato-spathul., parce et remote dentatis, integris. Tota planta dense, sed breviter stellato- pubesc. et parce tomentosa. Er. M. NOUVELLES (15 novembre 1885.) — Nous avons appris avec un très vif regret la mort de M. Pierre- Edmond Boissier, décédé le 25 septembre dernier à Valleyres, près de Genève, dans sa soixante-seizième année. [l était né à Genève le 25 mai 1810, d’une famille venue de France, lors de la révocation de l'édit de Nantes. M. Boissier tenait doublement à la botanique française : il était membre de notre Société et correspondant de l’Académie des sciences de l’Institut de France pour la section de botanique. Tous ceux qui ont eu à s'occuper des plantes d'Espagne et d'Orient connaissent les ouvrages considérables qui ont pour titres : Voyage botanique dans le midi de 192 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. l'Espagne et Flora Orientalis. L'étude de la végétation de ces deux extrémités de la région méditerranéenne a été l’objet principal, mais non l'unique objet des travaux de M. Boissier. C’est à lui en effet qu’est due la monographie des Euphorbiées qui a paru dans le Prodromus de MM. de Candolle. À ceux qui l'ont connu nous n’apprendrons rien en ajoutant que M. Boissier était un homme excellent, d’une bonté rare et d’une aménité parfaite. — De plus longs détails ne pouvant trouver place ici, nous renverrons nos lecteurs à la très intéressante notice biographique que M. Alphonse de Candolle vient de publier dans le n° 10 des Archives des sciences physiques et naturelles, octobre 1885, 3° période, t. xIV, p. 368 (Bibliothèque universelle de Genève). — Notre confrère M. A. Burle, à Gap, rue Villars, 7, met en vente des plantes des environs de Gap (Hautes-Alpes) au prix de 95 francs le cent. On ne peut en prendre moins de cent. — M. Burle enverra la liste de ses doubles aux personnes qui lui en feront la demande. Nous recevons communication de l'avis suivant : À céder, pour cause de départ et dans de bonnes conditions : un-her- bier d’environ 8000 espèces de Phanérogames et de Cryptogames de tous pays. La flore du sud-ouest de la France est plus spécialement repré- sentée dans cette collection, renfermée dans 50 cartons très volumineux. La cession serait accompagnée, si l'acquéreur le désire, d’un travail manuscrit sur Ja flore du Sud-Ouest, couronné par la Société des sciences de Pau. — Pour tous renseignements, s'adresser à M. le D" Blanchet, à Bayonne (Basses -P yrénées). | Le Directeur de la Revue, Û + e_ ; Dr Ep. BORNET. Le Secrétaire général de la Société, gérant du Bulletin, E. MALINVAUD. BOURLOTON. — Imprineries réunies, A, rue Mignon, 2, Paris. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE (1885) A new Chinese Pogonia (Un nouveau Pogonia chinois); par M. H.-F. Hance (Journal of Botany, 1885, vol. xxmni, p. 247). Pogonia (Nervilia) Fordii. — Cette intéressante espèce, découverte par M. C. Ford dans les montagnes de Lo-fau, province de Canton, rappelle assez bien le P. flabelliformis Lindil., dont Blume à donné une belle figure (F1. Jav. IV, t. 56); elle en diffère par l'extrême villosité du lobe moyen de son labelle, par la forme ovale, largement cordée de la feuille, et par la nervation. A l’occasion de la publication du Pogonia Fordii, M. Hance rappelle que M. Ford a découvert récemment à Hong-kong, sur le mont Parker, un Vrydagzynea qui n’est probablement pas différent du V. nuda BI. de Java. A. FRANCHET. A Synopsis of the Cape species of Hniphoñia (Synopsis des espèces de Kniphofia du Cap); par M. J.-G. Baker (Journal of Botany, 1885, vol. xx1r1, p. 275-281). Le genre Kniphofia Mœnch, plus connu sous le nom de Tritoma Ker, est formé d'espèces qui croissent surtout sur le continent africain austral, depuis la Cafrerie jusqu’au Cap; quelques espèces se trouvent aussi dans l’Abyssinie, dans les montagnes de l’Équateur et à Madagascar. M. Baker ne s'occupe que de celles de l’Afrique australe, au nombre de dix-huit. Il les divise en trois groupes, selon que les pédicelles sont très courts, ou longs de 1 à + pouce, ou atteignant à peine 4 ou { de pouce ; la longueur et la forme du périanthe, qui peut être cylindrique ou infundibuliforme, lui fournissent des caractères d'ordre inférieur, ainsi que la largeur des feuilles et la longueur des étamines. M. Baker décrit 4 espèces nouvelles : K. Buchanani, de Natal, remarquable par ses fleurs sessiles longues de 5 millim. à peine; K. infundibularis, des provinces du Sud ; K. ensifolia, du Transvaal, à larges feuilles ensi- formes et à fleurs jaunes longues de près de 3 cent.; K. natalensis, de Natal; K. pauciflora, de Natal, espèce presque dépourvue de tige, à fleurs en grappe lâche, jaunes et longues de 2 cent. environ. A. Fr. T. XXXIL. (REVUE) 13 194 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. New Chinese Plants (Nouvelles plantes de Chine); par M. W.Bott. Hemsley (Journal of Botany, 1885, xxu1, p. 286). Les 4 plantes décrites ici ont été envoyées à Kew, par M. Ford, du Jar- din botanique de Hong-kong, et font partie d’une collection qui présente un grand intérêt. Ce sont : Ceropegia trichantha Wemsl.; Aristolochia (Diplolobus) Fordiana MHemsl.; À. Westlandi Hemsl.; Podocarpus insignis Hemsl., remarquable espèce à feuilles opposées, coriaces, par- courues sur l’une et l’autre face, de chaque côté de la carène, par une bande blanchâtre ; les épis mâles sont très grêles et probablement pen- dants, longs de 2 à 2 & pouces. A. FRANCHET. Ein Beitrag zur Kenntniss von der Verbreitung der Chromatophoren und Zellkerne beï den Schizophyceen (Essai sur la connaissance et la répartition des chromatophores et des noyaux chez les Phycochromacées) ; par M. Hansgirg (Berichte der deutschen botanischen Gesellschaft, 1885, t. xx, p. 14). M. Hansgirg a trouvé sur des rochers humides une nouvelle Phyco- chromacée, qui sera publiée dans les eæsiccata de MM. Wittrock et Nordstedt. C’est une Algue unicellulaire correspondant au Palmodacty- lon chez les Chlorophycées, à l'Hydrurus chez les Phéophycées, qu'il appelle Chroodactylon Wolleanum. Cette Algue forme des masses hémi- sphériques gélatineuses ; elle est constituée par des cellules cylindriques allongées, soit isolées, soit réunies deux à deux, disposées en forme d'arbre et entourées d’une gaine gélatineuse. Cette disposition ramifiée distingue cette plante des Glæothece et des Aphanothece. L'espèce nou- velle est en outre remarquable par sa structure, car ses cellules possèdent des noyaux et des chromatophores étoilés avec pyrénoïdes. La présence de pyrénoïdes et de chromatophores dans cette Algue est intéressante à signaler, M. Schmitz ayant cru pouvoir dire qu’il n’y avait jamais de chromatophores chez les Phycochromacées (1), L'auteur croit également avoir trouvé une connexion génétique entre le Porphyridium cruentum Ag. et le Lyngbya antliaria Juerg.; il en fournira plus tard les preuves. Le Porphyridium devrait donc être rangé parmi les Phycochromacées. J. COSTANTIN. Ueber den Polymorphismus der Algen (Sur le polymorphisme des Alques); par M. Hansgirg (article original du Botanisches Cen- tralblatt, 1885, t. xxu1, n° 8 à 13, avec 3 planches). (1) Voyez également les résultats signalés par M. Zopf et par M. Lagerheim (Ein neues Beispiel des Vorkommens von Chromatophoren bei den Phycochromaceen, in Berichte der deutschen bot. Gesellschaft, I) sur cette question. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 495 Corradori, Agardh, Kuetzing, ont eu les premiers l’idée des métamor- phoses que présentent les Algues, mais leur opinion reposait plutôt sur des vues théoriques que sur des preuves véritables. Des faits plus précis, mis en évidence dans ces dernières années par un grand nombre d’obser- vateurs, tendent à prouver que les Algues sont douées d’un polymor- phisme inattendu. M. Zopf, en particulier, a beaucoup contribué par ses recherches à préciser la question pour les Schizophycées. Dans le tra- vail actuel, M. Hansgirg, qui étudie depuis cinq ans les Algues de la Bohême, apporte de très nombreux documents nouveaux à l'appui de la thèse précédente, qui s’applique aussi bien aux Algues bleues qu'aux Algues vertes. L'auteur, ne pouvant fournir dans une note toutes les preuves des faits qu’il avance, s’est surtout attaché à exposer les métamorphoses du Scy- tonema Hofmanni. Dans la nature, le plus souvent, on ne rencontre pas les intermédiaires qui existent entre les diverses formes d’une même espèce ; au contraire, dans les serres peu soignées, où l’atmosphère est toujours humide, on trouve des Algues bleues et vertes sur les murs, sur les vitres, sur la terre humide, qui se présentent à divers états de développement. On peut alors se convaincre que souvent les espèces de genres les plus différents représentent les divers états de lPévolution d’un seul et même être. C’est ainsi que le Scytonema Hofmanni (Ag.) Thur. var. 8. Julianum Menegh., d’où dérivent le Scytonema fecundum ZLopf et le S. Hansgir- gianum Richter, peut présenter plusieurs séries d’états très différents qui se rapportent à quatre types distincts : 1° Formes de Stigonema. — M. Hansgirg a reçu de M. Eichler des feuilles de Ficus barbata des serres de Berlin, sur lequel se trouvait le Stigonema sordidum Lopf ; à l’aide de ces matériaux, l'auteur du présent mémoire a pu établir les connexions génétiques qui existent entre cette plante et le Scytonema précédent. % Formes de Lyngbya. — L'étude complète de toutes les transforma- tions du Lyngbya calcicola Kuelz., qui dérive aussi du Scytonema Hofmanni, présente également un grand intérêt, Quand le Lyngbya est exposé à une très vive lumière sur les vitres des serres, une coloration rouge s’y produit, etle L. calcicola passe au L. roseola Richter. Dans les endroits chauds, humides et éclairés, on voit sortir des gaines du L. calcicola des hormogonies minces. qui sont des Oscillaires, qui en possèdent les mouvements caractéristiques, et qui peuvent être rapportées à différentes espèces : Oscillaria leptotrichoides Hansg., O. violacea Wallr., O. scandens, O. sancta v. caldariorum Hauck. L'auteur a éga- lement constaté la transformation du Lyngbya en Hypheothrix fene- 496 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. stralis Kuetz., en Glaucothrix gracillima Zopfet en Lyngbya Wel- witschii Grunow. 3 Formes unicellulaires. — M. Zopf avait déjà observé la transforma- tion du Stigonema sordidum en une sorte de Chroococcus. M. Hansgirg, qui a retrouvé les mêmes stades de transformation sur les feuilles du Ficus barbata, a appelé la plante nouvelle Chroococcus Zopfii Hansg. L'auteur du présent mémoire a multiplié d’une manière tout à fait extraordinaire le nombre des exemples de transformations analogues à la précédente, c’est-à-dire de passages à l’état de zooglæa, selon l’expres- sion de M. Zopf. En effet, M. Hansgirg a constaté que les espèces sui- vantes dérivent, soit directement, soit indirectement, du Scytonema Hofmanni : Chroococcus cohærens Næg., Ch. bituminosus Bory, Ch. varius À. Br., — Glæothece decipiens A. Br., G. tepidariorum A. Br. Lagerh., G. inconspicua À. Br., — Glæocapsa muralis Kuetz., G. gra- nosa Kuetz., G. caldariorum Rabenh., G. atrovirens Kuetz., G. Paro- liniana var. B. grumosa Bréb., G. violacea (Corda) Rabenh., — Glæocystis Paroliniana Menegh., — Aphanocapsa Nœægelii Richter, A. nebulosa À. Br., À. biformis (A. Br.) Richter, — Aphanothece cal- dariorum Richter, À. nidulans Richter, — Porphyridium Wittrockii Richter, — Rhodococcus caldariorum Hansg. 4 Formes de Nostoc. — Enfin, les Nostoc calcicola Bréb., N. tepida- riorum À. Br., N. parietinum Rabh., N. Wolinyanum Richter, sont également des formes dérivées des différents états précédents. Les métamorphoses presque indéfinies du Scytonema Hofmanni ont été retrouvées avec un certain nombre de modifications chez un grand nombre d’autres Schizophycées. M. Hansgirg se contente, dans le mé- moire actuel, de donner la liste souvent très longue des différentes formes dans lesquelles elles peuvent se transformer. Les noms qui corres- pondent au terme le plus élevé de chacune de ces séries sont les suivants : Scytonema Myochrous Ag., Calothrix rufescens Kuetz., C. salina Kuetz., C. thermalis Schwabe, C. cæspitosa Kuetz., C. sabu- licola À. Br., Stigonema Borneti Zopf, Tolypothrix Wimmeri Hilse, Hapalosiphon pumilus (Kuetz.), H. laminosus (Cohn), Aphanizomenon Flos-aquæ Allman. Comme les Algues bleues, les Algues vertes peuvent présenter des mé- tamorphoses multiples; la série des transformations que l’auteur dit avoir observées dans l'Ulothrix flaccida est en effet très longue. Cette plante, qui est répandue partouten Bohême, a été étudiée sur place pen- dant plusieurs mois par M. Hansgirg, sur les arbres, sur les murs, dans les endroits secs, sur les pierres inondées. Il a constaté, dans le labora- toire, que cette Algue se développe aussi bien à l’air que dans Peau, en modifiant un peu la disposition de ses chromatophores. L'auteur a d’abord REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 197 constaté l’existence, au milieu des filaments adultes, de filaments plus grêles et plus jeunes dont il a fait la variété minor. M. Hansgirg signale d’autres modifications plus importantes. Sous l’in- fluence de causes encore indéterminées, l’Ulothrix se décompose en articles formés d’une ou de plusieurs cellules ; on reconnait sous cet état le Stichococcus bacillaris Næg. Quand la membrane des articles disso- ciés se gélifie de façon à constituer à l’extrémité de chaque cellule deux prolongements en cæcum, on a une forme qui a été décrite sous le nom de Dactylococcus bicaudatus A. Br. D’autres formes peuvent encore dériver de l’Ulothrix flaccida : Dac- tylothece Braunii Lagerh., Pleurococcus vulgaris Grev., PI. pulcher Kirchner, PI. miniatus Kuetz., PI. aureo-viridis, Rabenh., Protococcus viridis Ag., P. grumosus Richter, P. cinnamomeus Menegh., Glæo- cystis fenestralis Kuetz., Gl. vesiculosa Næg., Palmella heterospora Rabenh., P. botryoides Kuetz. Comme pour les Algues bleues, M. Hansgirg donne, sans entrer dans plus de détails, la liste des différents états de onze autres Chlorophycées dont les stades les plus élevés sont les suivants : Prasiola crispa Kuetz., Ulothrix æqualis Kuetz., Stigeoclonium tenue Kuetz., Draparnaldia plumosa Vauch., Cladophora crispata Roth, Trentepohlia aurea Mart., T. uncinata Gobi, T. lagenifera Hild., Chætophora pisiformis Roth, Botrydium granulatum Grev., Limnodictyon Rœmerianum Kuetz. En résumé, le mémoire de M. Hansgirg (dont il a retardé d’une année la publication afin de répéter ses observations) confirme et étend les premiers résultats indiqués par M. Zopf. Ce travail conduit à cette con- clusion, que la classification actuelle des Algues bleues et vertes est à refaire sur de nouvelles bases. Pour donner un groupement naturel de ces végétaux, il faudra désormais tenir compte de toutes leurs métamor- phoses, et ce but ne pourra être atteint que par l'étude complète et sans lacunes du développement des Cyanophycées et des Chlorophycées. L’ac- cumulation de faits analogues à ceux qu’on trouve dans le mémoire de M. Hansgirg, à la condition qu’ils soient bien établis, seraient un tra- vail très utile à cette branche de la science. J. COSTANTIN. Ueber eine neue epiphytische Floridee (Sur une Floridée épiphyte nouvelle); par M. Mœbius (Berichte der deutschen bota- nischen Gesellschaft, 1885, t. 111, p. 11, avec une planche). La Floridée nouvelle trouvée par M. Mœbius se rencontre dans les tétrasporanges d’une autre Floridée, le Centroceras clavulatum ; aussi l’auteur lui a-t-il donné le nom d’Episporium Centroceratis. C’est tou- jours à l’intérieur des tétrasporanges d’échantillons de Centroceras pro- venant de l'Australie occidentale que s’est rencontré le genre nouveau 198 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. décrit par l’auteur; lorsque les tétrasporanges manquent (comme dans les échantillons venant de l’Ascension et de la Nouvelle-Guinée) l’Epispo- rium n'existe pas. Quand l’Episporium prend domicile dans les tétrasporanges du Cen- troceras, la cellule mère de ce dernier organe ne se divise pas; elle est d’abord surmontée par quelques cellules de l'individu parasite, puis bientôt enveloppée complètement par lui. Des individus distincts d'Epi- sporium produisent, soit des tétraspores, soit des organes femelles avec leur trichogyne, soit des organes mâles, mais jamais deux ou trois de ces appareils à la fois; les trois sortes d'individus reproducteurs peuvent d’ailleurs se trouver sur un même pied de Centroceras. SJ. CosTANTIN. Florule mycologique des environs de Bruxelles; par M" E. Bommer et M. Rousseau. — Un volume in-8° de 355 pages. Gand, 1885. Ce travail est une très longue liste raisonnée de tous les Champignons observés dans le Brabant par les auteurs ; quelques espèces leur ont été communiquées par MM. Errera et Marchal ; enfin M"t* Bommer et Rous- seau ont compris dans leur catalogue les espèces observées jadis par Kickx dans le rayon dé leurs recherches. Des tableaux analytiques précèdent chaque famille et permettent d’ar- river à la détermination du genre. La classification adoptée est celle de Fries pour les Hyménomycètes et celle du Sylloge de M. Saccardo pour les Pyrénomycètes. A la fin du travail est réunie sous le nom d’Impar- faits toute une série de formes incomplètes se rattachant pour la plupart aux Ascomycètes. Parmi les nouveautés décrites, nous indiquerons les caractères des espèces suivantes : Cyphella dumetorum, D. Sp. — Subcupuliforme, membraneuse, appliquée latéralement, sessile, blanche, tomenteuse extérieurement, à bords souvent lobés; diamètre 3 mill. Hyménium pruineux, veiné. Spores granuleuses, obtuses au sommet, subaiguës à l’autre extrémité, 12-15 X 3-5. — Densément groupé sur les sarments de Ronce et les tiges desséchées d’Urtica dioica. — Juillet-octobre. Peziza subaurantia, Nn. Sp. — Cupule orange, sessile, d’abord hémi- sphérique, puis étalée, devenant irrégulière et flexueuse (1-2 cent.), cou- verte d’une pruine blanche à l’extérieur. Asques cylindriques. Spores globuleuses, lisses, 1-pluriguttulées, 12-13 X 12-13. Paraphyses fili- formes, largement recourbées au sommet et remplies d’une granulation orange. Espèce cespiteuse croissant parmi les Mousses, au bord des chemins ombragés. Peziza erminea, N. Sp. — Cupule sessile, d’abord globuleuse, puis hémisphérique, légèrement rétrécie à la base, densément villeuse, à poils REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 199 dépassant le disque concave. Asques cylindriques. Spores elliptiques, 2-nucléées, à épispore verruqueux, 25-27 X 13-15. Paraphyses linéaires, septées. Toute Ja plante d’un blanc pur. — Au pied des Hêtres, parmi les Mousses. Peziza pudica, N. Sp. — Cupule stipitée, blanche, villeuse extérieu- rement; disque concave, blanc. Stipe villeux, assez épais. Asques cylin- driques ; paraphyses linéaires. Spores fusiformes. Cette espèce se colore légèrement en rouge lorsqu'on la froisse. — Sur les feuilles et les ra- eines de Holcus mollis. Juillet. Ascobolus Marchalii, n. Sp. — Grande espèce stipitée, croissant sur le fumier de vache. Voisine des A. lignatilis À. et S. et À. Crouani Boud., elle en diffère par sa taille plus grande et son habitat; elle se rapproche aussi de À. marginatus Pat., mais cette dernière est glabre extérieurement. L'ouvrage se termine par un supplément indiquant des espèces trou- vées sur divers points de la Belgique, et parmi lesquelles il faut signaler Russula flavo-virens, nouvelle espèce du groupe des Fragiles; Boletus armillatus, n: sp., des sapinières, remarquable par le cercle orangé rou- geâtre qu’on observe au sommet du stipe; Octavinia mutabilis, n. sp., des bois de Hêtres : odeur de cacao, etc. N. PATOUILLARD. Note sur la compression de quelques combustibles fos- siles ; par M. Zeiller (Bulletin de la Société géologique de France, 8 série, t. x11, pp. 680-685, séance du 23 juin 1884, publiée en no- vembre 1884). Les expériences de l’auteur ont eu pour but de vérifier un des résultats énoncés par M. Spring dans un mémoire publié dans les Annales de chimie et de physique, 5° série, t. xxtr, p. 201, à savoir, que, sous une pression de 6000 atmosphères, la tourbe se change en un bloc noir, bril- lant, dur, ayant tout l'aspect physique de la houille, lequel, chauffé en vase clos, donne un coke gris ne différant en rien du coke obtenu au moyen de la houille ; résultat d’où M. Spring conclut qu'une élévation de température est inutile pour changer la tourbe en houille, et que les ma- tières végélales ont bien pu se transformer d’abord en tourbe par la fer- mentation, et se changer ensuite en houille sous l’action de la pression seule, sans élévation de température. M. Zeiller a opéré dans des appareils construits par la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. Il a soumis successivement à une pression de 6000 kilogrammes par centimètre carré l'acide ulmique naturel de la couche de Papierkohle de la mine de Tovarkova (Russie centrale), et de la tourbe de la vallée de la Somme. Ces matières n’ont pas été notable- ment modifiées dans leur composition chimique par la compression. Le 200 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. cylindre résultant de cette opération, après avoir été carbonisé, a donné un charbon léger, ne ressemblant pas à du coke, et brûlant comme de l’amadou lorsqu'on l’allumait par une extrémité. La composition chimique des houilles ligniteuses de Tovarkova, qui ressemblent beaucoup plus à des lignites qu’à de la houille proprement dite, n’a pas non plus été modifiée par la compression. L'auteur conclut de ces faits qu’il est impossible de voir dans la pres- sion seule, quelque considérable qu’elle puisse être, l’agent auquel il faut attribuer la formation de nos couches de combustible minéral. En. Bureau. Note sur la flore et sur le niveau relatif des couches houillères de Ia Grand’Combe (Gard); par M. R. Zeiller (Bulletin de la Société géologique de France, 8° série, t. xIm, pp. 131-140, pl. vir-1x, séance du 15 décembre 1884, publiée en mars 1885). Les travaux d'exploitation de la Compagnie de la Grand’Combe portent sur deux groupes séparés par une faille. Cette faille correspond, à la sur- face du sol, à deux vallons situés dans le prolongement l’un de l'autre : le Vallat de la Grand'Combe et le Vallat du Pontil. Sur la rive nord-est du Vallat de la Grand’Combe, s’élève la montagne Sainte-Barbe, conte- nant le système de couches de houille le plus anciennement exploité. Sur la rive sud-ouest s'élève la montagne de Champelauson, contenant deux systèmes de couches : le système supérieur, ou système de Champclauson, et le système inférieur, ou système de Trescol. Après avoir résumé toutes les hypothèses qui ont été émises sur l’an- cienneté relative de chacun de ces trois systèmes, M. Zeiller donne le catalogue raisonné de leur flore. Il a été trouvé dans le système de Champ- clauson 40 espèces, et dans celui de Trescol 39 espèces différentes. Il n’en a été observé que 24 dans le système de la montagne Sainte-Barbe. Cette infériorité tient en partie à ce que l’exploitation des couches de ce der- nier système est aujourd'hui beaucoup moins active. « Prise dans son ensemble, dit l’auteur, la flore houillère de la Grand”- Combe indique nettement le terrain houiller supérieur. » Le système de Champclauson, avec Dictyopteris Schuetzei, Odontopteris Reichiana, Tæniopteris jejunata, Callipteridium gigas, Pecopteris hemitelioides, P. Candollei, P. arguta, Sphenophyllum Thirioni, peut être attribué à un niveau élevé de ce terrain et classé dans l'étage des Fougères. Le système de Trescol renferme quelques Fougères d’âge relativement ancien, comme Pecopteris Lamuriana et P. dentata ; les P. arborescens et P. oreopteridia y sont beaucoup plus abondants. On y trouve plusieurs REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 201 Sigillaires à écorce cannelée : Sigillaria oculata, S.Candollei, S. tessel- lata; les Cordaites forment un des traits dominants de la flore. On peut admettre que ce système correspond à l'étage des Cordaïtées et peut-être en partie à l'étage des Cévennes, tels que les a définis M. Grand’Eury. Le système de la montagne Sainte-Barbe est encore plus ancien : on n'ya observé ni Dictyopteris, ni Odontopteris, ni Alethopteris, ni Callipte- ridium. Parmi les Pecopteris cyathéoïdes, le P. arborescens y a seul été rencontré, le Sphenopteris chærophylloides, le Sphenophyllum saxi- fragæfolium, le Sigillaria monostigma, qu’on y a reconnus, rappellent le terrain houiller moyen : l’auteur est porté à placer ce système « tout à fait à la base de l’étage des Cévennes, sinon même dans l'étage de Rive-de-Gier, c’est-à-dire au début de la période supérieure ». Les planches représentent : Sphenophyllum Thirioni Leill., S. verti- cillatum Schloth. (sp.), Pecopteris oreopteridia Schloth. (sp.), Tœænio- pteris jejunata Gr. Eury et Sigillaria quadrangula Schloth. (sp.). Er. B. Recherches sur la structure géologique du bassin pri- maire de la basse Loire; par M. Ed. Bureau (Bulletin de la Société géologique de France, 3° série, t. x11, pp. 165-179, séance du 3 décembre 1883, publiée en février 1884). Dans ce travail, nous ne mentionnerons que la partie relative au terrain houiller, la seule qui intéresse les botanistes. Le terrain houiller de la basse Loire appartient au sous-étage désigné sous le nom de grauwacke supérieure ou grauwacke de Culm, lequel fait partie de l’étage houiller inférieur. Dans la région étudiée par l’auteur, ce sous-étage présente trois niveaux. 4° Autour d'Ancenis sont des schistes avec empreintes de coquilles bivalves lisses et de rares débris végétaux appartenant à des Calama- riées. 2% Au nord d’Ancenis, et par-dessus les schistes, s'étend une grauwacke tantôt verte, tantôt rouge lie de vin, avec plantes fossiles nombreuses, mais assez mal conservées : Stigmaria abondants, Bornia transitionis Rœm., Lepidodendron Veltheimianum et Fougères du genre Diplo- imema Stur. | 3° La grauwacke est surmontée par les couches contenant la houille exploitée dans les concessions de Mouzeil, Montrelais, etc. Les psammnites et schistes de ce niveau contiennent des empreintes de végétaux d’une belle conservation. L'auteur y indique : Cordaites, Bornia transitionis Rœm., Calamites, Asterophyllites, Sphenophyllum longifolium Gæpp.?, Sigillaria minima Ad. Brongn., Stigmaria ficoides Ad. Brongn., Stig- 909 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. maria inæqualis Gœpp., Knorria imbricata Sternb., Lomatophloios crassicaule Corda, Lepidophloios laricinum Sternb., Lepidophyllum, Lepidodendron Veltheimianum Ung., et 4 ou 5 autres espèces ; Ulo- dendron, Diplotmema dissectum Stur (Sphenopteris dissecta Ad. Brongn.), D. elegans Stur (Sphenopteris elegans Ad. Brongn.), D. sub- geniculatum Stur, D. Schænknechti Stur, D. dicksonioides Stur, Calymmotheca Strangeri Stur, C. tenuifolia Stur (Calymmotheca Linkii Stur, Sphenopteris tenuifolia Ad. Brongn.), C. Dubuissonis Stur (Sphenopteris Dubuissonis Ad. Brongn.), C. tridactylites Stur (Sphenopteris tridactylites Ad. Brongn.), C. divaricata Stur, C. mo- ravica Stur (Rhodea moravica Stur), Archæopteris Virletit Stur (Sphenopteris Virletii Ad. Brongn.), À. Lyra Stur, Prepecopteris as- pera Grand’Eury (Pecopteris aspera Ad. Brongn.), Neuropteris ante- cedens Stur. L'auteur pense que cette flore houillère appartient à la partie la plus élevée de la grauwacke supérieure. En. BUREAU. Note à l'appui de son mémoire sur les organismes pro- blématiques des anciennes mers ; par M. de Saporta (Bul- letin de la Société géologique de France, 3° série, t. xi1t, pp. 176-189, séance du 26 janvier 1885, publiée en avril 1885). Le mémoire de M. de Saporta a été analysé dans la Revue bibliogra- phique, t. xxxli, p. 127. Dans la présente note, l’auteur se propose d’insister sur les points qui lui semblent désormais acquis, ainsi que sur les termes mêmes de la question relative aux organismes problématiques. Il s’agit, dit-il, de s’entendre sur les conditions en dehors desquelles l'hypothèse qui attribue ces vestiges à des corps organisés, ou celle quien fait des traces physiologiques, devient indiscutable. Il lui paraît impossible que des moules susceptibles de se détacher et montrant leurs deux faces comme les Taonurus du niveau d’Alcoy, que des corps présentant des parties lacérées ou détachées, comme les Glossophycus Camillæ et Codites neocomiensis, que des réseaux à mailles gigantesques, tels que le Laminarites Lagrangei, que des fos- siles dont les parties ramifiées se croisent et se recouvrent, tels que les Arthrophycus, soient de simples vestiges de progression. Ces organismes étant hors de cause, il s'attache à ceux au sujet des- quels il est concevable qu’on ait émis des doutes, tels que les Vexillum, Panescorsea, Fræna, Bilobites, Gyrolithes, et il résume ses observa- tions sur chacun d’eux, après avoir parlé d’abord de la fossilisation en demi-relief et avoir cité de nombreux exemples de ce mode de conser- vation. | Er. B. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 203 Remarques sur le Laminarites Lagrangei Sap. et Mar.; par M. G. de Saporta (Bulletin de la Société géologique de France, t. x, pp. 418-420, séance du 9 avril 1885, publiée en juil- let 1885). M. Hébert, dans la séance du 1° décembre 1884, ayant fait mention de l’opinion de M. Daubrée, d’après laquelle le Laminarites Lagrangei serait assimilable aux rides qui se produisent sous les eaux peu rapides et peu profondes que plisse le souffle du vent, M. de Saporta insiste sur les caractères principaux de ce fossile, qu’il regarde comme une Algue. Les bandelettes qui le constituent sont d’une couleur différente de celle de la roche et placées à la face inférieure des assises, Elles forment des mailles qui ont jusqu'à 2 mètres d'ouverture. Généralement on voit deux ensembles de lanières superposées et se croisant à angles droits. Ces deux ensembles demeurent distincts : ils ne s’effacent pas à leur point de con- tact ; le plus récent n’a pas traversé le plus ancien et le plus inférieur Comment des rides ou des ruissellements qui sillonneraient une plaque auraient-ils pu produire de semblables effets ? Er. B. Recherches sur la structure et la déhiscence des an- thères ; par M. Leclerc du Sablon (extrait des Annales des sciences naturelles, Bor., 1° série, 1885, t. I, pp. 97 à 134, avec 4 planches). Ce travail a pour but d’étudier les différents modes de déhiscence des anthères, de déterminer quels sont les tissus qui produisent cette déhis- cence, et de rechercher comment la structure de ces tissus explique leurs propriétés spéciales. M. Leclerc du Sablon examine d’abord les causes de la déhiscence. L'auteur montre qu’on peut, comme pour les fruits (1), provoquer à volonté l’ouverture ou la fermeture d’une anthère, en la mettant succes- sivement dans l’air sec et dans l’eau. L’anthère qui s'ouvre dans l’air sec se referme si on la met dans l’eau, et se rouvre de nouveau si on la remet dans l’air sec. Pour rendre cette expérience plus sensible, M. Leclerc du Sablon fait une coupe transversale dans l’ensemble de l’anthère et l'exa- mine au microscope. Dans l’eau, cette coupe présente la forme de celle de l’anthère fermée ; si on la laisse se dessécher, on voit les bords se recourber peu à peu et l’on a la forme d’une section d’anthère ouverte. Cette forme est constante pour une même espèce et peut varier beaucoup d’une espèce à l’autre. En général, les bords des valves de l’anthère sont (1) Voyez Leclerc du Sablon, Recherches sur la déhiscence des fruits à péricarpe sec (Ann. sc. nat. BoT. 6° série, t. XVIII). 904 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. recourbés vers l'extérieur; mais parfois ils se replient vers l’intérieur (Antirrhinum, Hedysarum). L'auteur fait remarquer que la pression qui pourrait être exercée par le pollen sur les parois de l’anthère ne saurait être regardée comme la cause de la déhiscence, puisque l’anthère peut encore s'ouvrir et se fermer lorsqu'elle est complètement vide. Cependant on ne peut pas, comme pour les fruits, faire s’ouvrir et se fermer indéfiniment une anthère, très longtemps après sa maturité, car les tissus de l’anthère s’altèrent assez facilement ; mais si des anthères ont été conservées dans l'alcool, elles peuvent s’ouvrir et se fermer indéfiniment. Comme l'ouverture de l’anthère se produit après la mort des cellules, et comme elle peut être répétée à volonté, on doit conclure qu’elle est la conséquence directe d’une propriété physique des tissus de ses parois et qu’elle n’est pas liée à la vie de la plante. M. Leclerc du Sablon rappelle que les parois de l’anthère se compo- sent en général de deux couches, l’épiderme, et au-dessous la « couche fibreuse », formée d’une ou plusieurs assises de cellules ; les parois des cellules de cette couche sont minces, non lignifiées et portent des orne- ments en relief lignifiés, de formes très différentes. L'auteur se demande à laquelle de ces deux couches il faut attribuer le recourbement des valves, ou encore si les deux couches jouent un rôle dans la déhiscence. M. Leclerc du Sablon, après avoir rappelé les opinions de MM. Duchartre, Chatin et Schinz, démontre que l’épiderme ne joue aucun rôle dans la déhiscence. On peut en effet enlever facilement avec un canif l’épiderme de certaines anthères (Nicotiana, Digitalis); on constate alors qu’une anthère sans épiderme se conduit exactement de la même façon qu’une anthère intacte. C’est donc dans la couche fibreuse qu’il faut chercher la cause de l’ouverture des anthères. Les cellules de cette couche ayant les parois composées d’une partie lignifiée et d’une partie cellulosique diversement entremêlées, M. Leclerc du Sablon montre que les parties lignifiées sont celles qui se contractent le moins. Reste à savoir si l’iné- galité de contraction qui se manifeste par la sécheresse peut produire une déformation des cellules de la couche fibreuse capable de provoquer la déhiscence. Pour répondre à ces questions, l’auteur emploie deux méthodes : 1° Il examine une cellule donnée avant et après la dessiccation, et il fait des mesures précises pour voir quelles sont les parties de la paroi qui se sont le plus contractées : cette méthode n’a pu être employée chez les anthères que dans quelques cas (Jris, Datura). 2 11 étudie la dis- position des parties lignifiées dans l’ensemble de la couche fibreuse, en déduit la forme que doit prendre une valve, et voit ensuite si cette orme coïncide avec celle que présente la valve après la déhiscence. Cette REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 205 seconde méthode est appliquée par M. Leclerc du Sablon aux anthères de structures très différentes, et les résultats obtenus, tous concordants, con- firment complètement l’explication donnée de la cause de la déhiscence. Parmi les anthères à déhiscence longitudinale, voici celles qui sont successivement passées en revue : 1° Cas d'une couche fibreuse se composant d'une seule assise de cel- lules. — Citons le Malva silvestris, dont les cellules fibreuses présentent des ornements qui se réunissent au centre de la paroi interne, se prolon- gent le long des parois latérales et se terminent au contact de la face externe, qui est tout entière sans lignification. En ce cas, il est bien évi- dent que la face externe, uniquement formée de cellulose, se contractera moins que la face interne, qui porte des bandes lignifiées en forme d'étoile ; les valves devront donc se recourber vers l'extérieur. D’autres cas analogues s’observent chez les Aquilegia, Lathyrus, Geranium, Erodium. Dans d’autres cas, les ornements sont en forme d’U (Lychnis dioica, Helianthus). M. Leclerc du Sablon passe ensuite en revue les divers autres types d’anthères qui se rapportent à cette première caté- gorie. [l cite les Nigella, Delphinium, Borago, Calycanthus, Iris ger- manica, Antirrhinum, Erythræa, dont les bords seuls des valves se recourbent vers l’extérieur et dont l’anthère entière s’enroule en spirale, particularités que l’auteur explique clairement par la structure de l’an- thère ; les Rhinanthus, Mahonia, dont la déhiscence par clapets est aussi expliquée par la structure ; les Alopecurus, pris comme type de l’anthère des Graminées, dont la forme en X, après la déhiscence, est étudiée en détail ; les Taæus, etc. 2 Cas d’une couche fibreuse composée de plusieurs assises de cel- lules. — En ce cas, la disposition des ornements est un peu plus com- pliquée que dans le cas précédent. Les espèces étudiées sont les Digitalis purpurea, Nicotiana Tabacum, Datura Stramonium, Atropa Bella- dona, Iris Pseudacorus, etc. Dans cette dernière espèce, les valves de l'anthère ne se recourbent pas sensiblement pendant la déhiscence; les bords libres s’écartent seulement l’un de l’autre. Ce mode singulier de déhiscence s’explique aussi par la structure. Au sujet de la déhiscence poricide, M. Leclerc du Sablon montre que dans la majorité des cas, les pores se forment par le même procédé que les fentes longitudinales ; ce sont, pour ainsi dire, des fentes localisées au sommet de la loge : dans le cas de la Bruyère, le pore est dû simple- ment à la résorption de certains tissus. À propos de la comparaison qu’on a faite entre la structure des anthères à déhiscence longitudinale et celles à déhiscence poricide, l’auteur insiste sur ce point que c’est la forme des cellules fibreuses qui détermine la déhiscence, et non la présence de ces cellules. Parmi les anthères à déhiscence poricide, les espèces suivantes 206 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. sont successivement examinées. Chez les Richardia et Dianella, on trouve des cellules fibreuses sur toute la longueur de l’anthère ; chez les Sola- num, Zea, on trouve des cellules fibreuses localisées au sommet de l’anthère ; chez le Cassia eremophila, les cellules sont en partie ligni- fiées et sans ornements ; il n’y a pas de cellules fibreuses proprement dites. ha L'auteur conclut de l’ensemble de ces recherches qu’il existe toujours, !:: entre la structure d’une anthère et son mode de déhiscence, un rapport constant qui permet de déduire, d’après l’examen de ses tissus, la forme de l’anthère ouverte. Ce rapport repose sur le fait général suivant : Toutes choses égales d’ailleurs, les parois cellulaires formées de cellu- lose pure se contractent plus, sous l’action de la dessiccation, que les parois lignifiées. Au sujet spécial de la structure des parois de l’anthère, M. Leclerc du Sablon conclut que : C’est la couche sous-épidermique, appelée couche fibreuse, qui, grâce aux ornements de ses cellules, joue le rôle actif dans le phénomène de la déhiscence, tandis que l’épiderme reste absolument passif et suit simple- ment les mouvements des couches sous-jacentes. GASTON BONNIER. Études sur les Lycopodiacées ([. Le prothalle du Lycopodium cernuum L.);, par M. Treub (extrait des Annales du Jardin bota- nique de Buitenzorg [Java], 1885, vol. 1v, pp. 107-138, avec 8 pl.). On sait quelle est l'insuffisance des connaissances acquises sur le pro- thalle des Lycopodes. M. Treub rappelle qu’on peut à peine citer quel- ques auteurs ayant donné, seulement sur ce point, des indications rédi- gées dans de courtes notices. Rappelons seulement les conclusions auxquelles M. Fankhauser a été amené en étudiant le prothalle du Lyco- podium annotinum : « Le prothalle des Lycopodiées est souterrain et dépourvu de chloro- phylle. » Ce prothalle produit à la fois des archégones et des anthéridies. » Les Lycopodiées sont des Isosporées se rattachant aux Ophio- glossées. » M. Treub a obtenu, après de nombreuses tentatives infructueuses, un semis de Lycopodium cernuum, qui a produit des prothalles. Le prothalle adulte de ce Lycopode dépasse rarement 2 millimètres. Il se compose d’une partie cylindrique placée verticalement, et d’une touffe de petits lobes bombés et sinués qui surmontent cette partie cylin- drique. La partie inférieure, plongée dans le sol, est d’un vert jaunâtre; la moitié supérieure, au contraire, présente beaucoup de grains de chlo- rophylle dans ses cellules, surtout les lobes, qui sont d’un vert foncé. Les REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 207 anthéridies et les archégones de ce prothalle monoïque sont placés vers le haut de la partie cylindrique et forment une sorte d’anneau au voisi- nage de la touffe de lobes. M. Treub décrit ensuite les diverses phases de l’évolution de la plante, depuis la spore jusqu’au prothalle adulte. La spore tétraédrique, à base convexe, s'ouvre par trois fentes ; il reste une papille qui se cloisonne ; il se forme ainsi deux cellules, l’une antérieure, l’autre postérieure. La cellule postérieure ne se segmente plus, la cellule antérieure grandit et se cloisonne obliquement. La nouvelle cellule terminale se divise avec segmentation oblique inverse, et ainsi de suite. En outre, chaque segment est ordinairement divisé, par une cloison parallèle à la surface, en une cellule centrale et une cellule périphérique. Le prothalle forme à ce moment un corps ovoide se composant d’une dizaine de cellules environ. L’accroissement terminal change alors de nature; la cellule terminale cesse de produire deux séries de segments ; elle s’allonge, se divise par une cloison transversale, et ainsi de suite. Il se forme donc une file de cellules qui plus tard s’épaissit et se segmente, de telle sorte qu’au tubercule primaire se superpose une partie cylindrique qui devient bientôt une couronne de lobes. Sauf quelques anthéridies qui se développent accidentellement sur les prothalles très jeunes, ces organes se trouvent tout près de l'insertion des lobes. Ces anthéridies, par leur forme et leur développement, se rappro- chent beaucoup de celles des Ophioglossées et des Marattiées. Les archégones se trouvent au même endroit que les anthéridies et sur les mêmes prothalles; leur évolution ne présente rien de bien spécial. Quant à l’embryon qui se développe sur ce prothalle et que M. Treub a aussi observé avec soin, l’auteur fait remarquer combien il ressemble au prothalle lui-même. La racine primaire ne se produit pas, les faisceaux libéro-ligneux manquent presque totalement dans les tissus de cet em- bryon, et comme le prothalle du Lycopodium cernuum est plus différencié que ne le sont les prothalles des autres Cryptogames vasculaires, la res- semblance est par là rendue encore plus frappante. G. B. Recherches sur la dissémination des spores chez les Cryptogames vasculaires; par M. Leclerc du. Sablon (extrait des Annales des sciences naturelles, Botanique, 7° série, 1885, t. 11, .pp. 5-26, avec une planche). L’auteur s’est proposé d'expliquer par quel mécanisme le sporange des Cryptogames vasculaires s'ouvre pour mettre les spores en liberté, et comment aussi, dans certains cas, ces spores peuvent encore être disper- sées par des mouvements Spéciaux. 4° Fougères. — M. Leclerc du Sablon prend pour type le sporange du 208 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Polystichum Filix-mas. On sait que ce sporange est bordé par un cercle incomplet de cellules spéciales; c’est à l'endroit où le cercle est inter- rompu que commence à se produire la rupture des parois ; puis la fente se poursuit à travers le sporange ; l'anneau se redresse peu à peu, il dé- passe la position rectiligne et acquiert une courbure inverse, de telle façon que ses deux extrémités arrivent à se toucher. Il y a alors un moment d’arrêt, suivi d’une brusque détente qui ramène l’anneau à sa posilion primitive, et cela d’un seul coup; ce retour brusque projette à distance les spores qui étaient restées adhérentes en dedans de l’anneau. M. Le- clerc du Sablon, après avoir donné une explication détaillée de toutes les phases de ce phénomène, compare, à ce point de vue, les sporanges des Polystichum à ceux des Trichomanes, des Schizæa, puis il étudie les sporanges des Osmondées, des Marattiées et des Ophioglossées. Les spo- ranges, dans ce dernier groupe, s’éloignent, par leur structure et leur déhiscence, de ceux des autres Filicinées. 2 Equisétacées. — Chez les Équisétacées, l’auteur étudie non seule- ment la structure des sporanges, dont le mode d’ouverture résulte de la disposition de cellules spiralées dans leurs parois, mais aussi les spores elles-mêmes. On sait en effet que lorsque le sporange est ouvert, les spores, mises en liberté, se dispersent par de petits mouvements sac- cadés; ces mouvements, comme le montre M. Leclere du Sablon, tiennent à la structure des parois des spores. La membrane des spores se divise en plusieurs couches, et l’on aperçoit à la surface de la spore quatre lignes spiralées qui divisent en quatre bandes la couche externe de la membrane. Quand le sporange s’ouvre, les bandes sont, comme on sait, libres d’adhérence entre elles, mais elles restent attachées par une de leurs extrémités à l’un des pôles de la spore. L'auteur montre que c’est à l’inégale lignification dans l'épaisseur même de ces bandes qu’est dû leur brusque déroulement dans l’air sec. 3° Lycopodiacées. — La déhiscence du sporange des Lycopodiacées tient à ce que les parois externes des cellules épidermiques sont com- posées de cellulose pure, tandis que les parois internes et latérales sont lignifiées ; la face externe des cellules se contractera donc davantage dans l'air sec. Les genres étudiés sont les Selaginella, Psilotum, 1soetes et Tmesipteris. L'auteur termine en faisant remarquer que, dans tous les cas étudiés, les conditions de milieu qui provoquent l’ouverture des sporanges sont toujours les mêmes: c’est la sécheresse de l'air qui est la cause extérieure déterminante. G. BoNNIER. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 209 Ueber das tægliche Wachsthum der Fruechte (Sur l’accrois- sement journalier des fruits); par M. Kraus (Sitz. Hall. Naturf. Gesellschaft, 1883). L'influence de la lumière sur l’accroissement n’a pas été déterminée dans tous les cas. M. Kraus, dans un récent travail sur la marche de l’accroissement des fruits et des appareils sporifères de grands Champi- gnons, à suivi avec beaucoup de soin les effets de cette influence. Les observations de l’auteur ont surtout porté sur les fruits de Courge, Tomate, Poirier, Haricot, Euphorbe, et sur les appareils sporifères des Bolets et des Lycoperdons. Il résulte des mesures comparatives faites par M. Kraus que, dans ses observations, la marche de l'accroissement est à peu près indépendante de la température, entre des limites déterminées. Ce premier résultat permet de formuler des conclusions relativement à la comparaison des accroissements diurne et nocturne successifs. D'une manière générale, l’auteur met en évidence de la façon la plus complète que l’accroissement des fruits est toujours plus énergique pen- dant la nuit que pendant le jour. Citons quelques exemples : Une pomme en voie de maturation produit 80 pour 100 de son accroissement pendant la nuit. Un fruit de Laurier-cerise a produit seulement 10 pour 10) de son accroissement pendant le jour et 90 pendant la nuit. G. B. L'état actuel de nos connaissances sur la fonction chlo- rophyllienne; par M. C. Timiriazeff (extrait du Bulletin du Con- grès international de botanique et d'horticulture, à Saint-Péters- bourg, 1884). Cette conférence, faite par le savant physiologiste de Moscou, contient l'exposé de toutes les recherches faites par M. Timiriazeff depuis 1867 jusqu’à 1884, et renferme le compte rendu de plusieurs travaux de l’au- teur, les uns inédits, les autres publiés seulement, jusqu’à ce jour, en langue russe. Après un court historique de la question, où les travaux de Senebier, Dutrochet, Sachs, Boussingault, Pfeffer, Draper, sont rapidement cités, M. Timiriazeff montre que ses premières recherches lui ont prouvé que le maximum de décomposition de l’acide carbonique par les parties vertes des végétaux vivants se trouve être dans les rayons rouges, et non dans les rayons jaunes, comme cela était admis jusqu'alors. Il rappelle com- ment il a fait voir qu’il n’y a aucun rapport entre l'éclat de la lumière et la décomposition de l'acide carbonique. C’est ainsi que l'auteur a été amené à critiquer les résultats obtenus par Draper, el ses critiques s’appli- T. XXXIL. (REVUE) 14 910 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. quent aux recherches plus récentes de M. Pfeffer, de M. N. Mueller et de M. Reinke. M. Timiriazeff démontre d’abord que le spectre employé est impur si la fente au travers de laquelle passent les rayons n’est pas très étroite. Or, en expérimentant avec un spectre impur, on trouve forcément le maximum de tous les phénomènes qu’on observe dans la région jaune, parce que la lumière qui s’y trouve n’est, en réalité, que de la lumière blanche légèrement teintée de jaune. On se trouve donc en présence de deux difficultés : si l’on rétrécit trop la fente afin d’avoir un spectre pur, on affaiblit la lumière au point de rendre l’expérience impraticable; si au contraire on ouvre considérablement la fente, l'expérience devient inutile, car les conclusions qu’on pourrait en déduire n’ont aucune valeur, étant donnée l’impureté du spectre. M. Timiriazeff, après avoir exposé la loi de l'absorption de la lumière par la chlorophylle, fait connaitre un appareil qui lui permet d’analyser avec précision de très petites quantités de gaz pour déterminer la propor- tion d'oxygène dégagée par l’action chlorophyllienne. C’est de cette ma- nière que le physiologiste russe a pu mettre en évidence la relation qui existe entre l’absorption de la lumière par la chlorophylle et la décompo- sition de l'acide carbonique. Signalons, en passant, les critiques adressées par M. Timiriazeff à l’in- génieuse méthode des Bactéries employée par M. Engelmann, à laquelle il reproche d’être trop indirecte. Un corps coloré, dit M. Timiriazeff, exposé à la lumière dans un liquide incolore, s’échauffe précisément dans les rayons qu’il absorbe, et devient ainsi un centre de courants de con- vexion qui attirent, pour ainsi dire, les corpuscules flottants dans le liquide et, par conséquent, les Bactéries qui pullulent tout autour. Les expériences faites avec un spectre pur et avec l'appareil de M. Ti- miriazeff, reprises en 1883 et 1884, ont confirmé les résultats publiés antérieurement par l’auteur. C’est aux bandes d'absorption de la chloro- phylle que correspondent les maxima de l’action chlorophyllienne. Après avoir établi que c’est dans les "propriétés optiques de la chlorophylle que réside le rôle de cette substance, l’auteur se demande si ces radiations, et en particulier les radiations rouges, que la chlorophylle transforme en travail chimique, ne se distinguent pas des autres radiations par quelques propriétés spéciales. Rappelant les travaux de M. Langley et de M. Abney, qui déterminent la position du maximum calorifique dans le spectre, M. Timiriazeff fait remarquer que ce maximum coïncide d’une manière parfaite avec le milieu de la bande d'absorption de la chlorophylle. Le rôle de la chlorophylle dans le phénomène de la décomposition de l'acide carbonique peut donc être résumé ainsi : elle absorbe les radia- tions qui possèdent la plus grande énergie, et transmet cette énergie à REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 211 l'acide carbonique, qui, seul, n’éprouverait pas de décomposition, parce qu'il est, pour ainsi dire, transparent à ces radiations énergiques. G. Bonnier. L'action chlorophyllienne séparée de la respiration: par MM. Bonnier et Mangin (Comptes rendus, séance du 28 mai 1885). On sait que, chez les plantes vertes exposées à la lumière du soleil, la respiration se complique d’un phénomène inverse : l’action chlorophyl- lienne, qui consiste en une émission d'oxygène, et une absorption d’acide carbonique. MM. Bonnier et Mangin ont réussi à séparer ces deux phé- nomènes, dont on n'avait étudié jusqu'ici que la résultante ; ils ont opéré par trois méthodes différentes. 1° On suppose que les lois de la respiration sont les mêmes à la lumière qu’à l'obscurité, et l’on met en expérience deux plantes aussi semblables que possible, l’une à la lumière, l’autre à l'obscurité. La première donne le 2 rapport T correspondant à la résultante de la respiration et de l’action chlorophyllienne; la seconde donne le même rapport pour la seule res- piration. De ces deux données, on déduit par un calcul simple le rapport 2 T correspondant à l’action chlorophyllienne seule. 2 La seconde méthode repose sur ce fait que certains anesthésiques, tels que l’éther ou le chloroforme, en dose convenable, suppriment l’action chlorophyllienne sans altérer la respiration. On opérera done sur deux plantes semblables : la première, dans une atmosphère normale, donnera la résultante des deux actions; la seconde, dans une atmosphère contenant de l’éther, laissera la respiration seule se manifester. Comme dans la méthode précédente, on pourra déduire de ces deux expériences la connaissance de l’action chlorophyllienne. 3° Dans deux appareils, I et IT, on place deux plantes semblables. Dans l'appareil I, la plante est dans l’air ordinaire; dans l’appareil II, on ajoute une petite quantité d’une solution de baryte concentrée. Les deux appareils sont ensuite exposés à la lumière. Dans l’appareil IT, une partie de l’acide carbonique sera absorbée par la baryte; l’action chlorophyl- lienne ne pourra donc pas s’exercer sur une aussi grande quantité d'acide carbonique que dans l’appareil [. Il ÿ aura donc dans l'appareil I décom- position plus grande d’acide carbonique et, par conséquent, plus d'oxy- gène que dans l'appareil II. L'analyse donnera cet excès, O. Mais cet excès O correspond seulement à l'acide carbonique CG absorbé par la baryte, qu’on mesurera en traitant par l’acide chlorhydrique. On a aussi 912 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. la quantité d'oxygène O qui est dégagée pendant que la quantité C d'acide carbonique est décomposée. On a donc le rapport a correspondant à l'action chlorophyllienne. Les résultats obtenus par ces trois méthodes sont concordants et per- mettent aux auteurs de conclure que, dans les conditions où ils ont opéré, le volume d’oxygène dégagé par l’action chlorophyllienne seule est supérieur à celui que renferme l'acide carbonique décomposé. LECLERC DU SABLON. Sur l'émission d'acide carbonique et l'absorption d’oxy- gène des feuilles maintenues à l'obscurité; par MM. Dehé- rain et Maquenne (Comptes rendus, séance du 11 mai 1885). Les nombres trouvés par MM. Bonnier et Mangin pour le rapport de l'acide carbonique émis à l’oxygène absorbé par la plante étant différents de ceux qui avaient été donnés par MM. Dehérain et Moissan, MM. Dehé- rain et Maquenne ont repris la question de la respiration des plantes à l'obscurité. Les résultats que leur ont fournis ces nouvelles recherches dif- fèrent encore de ceux de MM. Bonnier et Mangin : ainsi, pour le Fusain, ils 2 CO . . trouvent pour le rapport ÿ ‘ne valeur variable, suivant la saison, de 0,96 à 1,20. Les analyses qui ont donné ces nombres ne portent pas seu- lement sur l’atmosphère extérieure aux plantes qui respirent, mais encore sur les gaz dissous dans l’intérieur de la plante et qu’on extrait en faisant le vide. MM. Bonnier et Mangin ont négligé cette atmosphère interne; c’est à cette cause, d’après MM. Dehérain et Maquenne, qu'il faut attri- buer la divergence des résultats obtenus. L. pu S. Sur la respiration des végétaux; par MM. Bonnier et Mangin (Comptes rendus, séance du 15 juin 1885). Pour répondre à la note de MM. Dehérain et Maquenne, qui vient d’être analysée, MM. Bonnier et Mangin ont recommencé leurs expériences sur la respiration {des plantes à l’obscurité. Ils ont employé successivement la méthode qu’ils ont détaillée dans leurs précédents mémoires et celle indiquée par MM. Dehérain et Maquenne; dans les deux cas, ils ont CO? trouvé, pour le rapport ——, des nombres identiques et concordant avec ceux qu’ils avaient déjà mentionnés. Ce n’est donc pas à la différence des méthodes qu’on doit attribuer la différence des résultats obtenus par ces divers observateurs, c’est peut-être aux analyses. Afin de répondre à cette dernière objection, MM. Bonnier et Mangin ont REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 913 NN CO? op déterminé le rapport —=— sans faire d’analyses. Pour obtenir ce résultat, 0 ces physiologistes ont adapté un manomètre au récipient qui renfermait les plantes en expérience, et mesuré les variations de pression ; les nom- bres ainsi obtenus concordent avec ceux fournis par les autres méthodes. L. pu S. Sur la respiration des feuilles à l'obscurité. Acide carbo- nique retenu par les feuilles; par MM. Dehérain et Maquenne (Comptes rendus, séance du 2 novembre 1885). Dans cette nouvelle note, les auteurs ont vérifié les résultats énoncés par eux et contestés par MM. Bonnier et Mangin. Ils ont en premier lieu opéré par la méthode du vide; en extrayant avec la pompe à mercure les gaz contenus dans les lacunes de la plante, ils ont retrouvé, pour le Fusain, les nombres qu’ils avaient déjà donnés. Une seconde méthode, dite méthode de compensation, consiste à faire plusieurs analyses succes- sives. La première porte sur une partie de l’atmosphère modifiée par la respiration de la plante ; on fait ensuite entrer de l’air dans l’appareil, et, au bout d’un certain temps, on fait une seconde analyse; puis on fait encore entrer de l’air et l’on fait une troisième analyse, et ainsi de suite. 2 Les valeurs trouvées pour le rapport T de l'acide carbonique émis à l'oxygène absorbé sont différentes : dans la première analyse, cette valeur est la même que celle donnée par MM. Bonnier et Mangin ; puis elle aug- mente, et finit par atteindre le nombre précédemment donné par MM. De- hérain et Maquenne. L. pus. Variations de la respiration avec le développement chez les végétaux ; par MM. Bonnier et Mangin (Comptes rendus, séance du 9 novembre 1885). En étudiant la respiration des végétaux aux différentes époques de l’année, MM. Bonnier et Mangin ont trouvé que le rapport de l’acide car- bonique émis à l’oxygène absorbé variait avec l’état du développement de la plante. D’expériences faites sur de nombreuses espèces, et notamment sur le Fusain, le Genêt et le Tabac, on peut conclure que, pour les plantes annuelles, le rapport passe par un minimum dans la période ger- minative, puis par un maximum au milieu de l’évolution de la plante; pour les plantes vivaces, le rapport passe par un maximum au printemps et par un minimum en automne. En employant la méthode du vide, c’est-à-dire en extrayant les gaz contenus dans la plante, MM. Bonnier et Mangin ont vérifié leurs résul- 914 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. tats, et constaté que l’atmosphère des feuilles n’introduit aucune cause d’erreur sensible dans les expériences. LECLERC DU SABLON. Observations on the Continuity of Protoplasma (Obser- vations sur la continuité du protoplasma) ; par M. Spencer Le Mar- chand Moore (Journal of the Linnean Society, 1885, vol. xx1, pp. 595- 620, avec 3 planches). Dans la première partie de son travail, l’auteur complète les obser- vations de ses prédécesseurs, et notamment de MM. Tangl et Gardiner, sur la continuité du protoplasma dans l’albumen des différentes espèces de Strychnos (S. Nux-vomica, S. Ignatia, S. potatorum, S. spinosa). Il est arrivé à colorer, par un réactif du protoplasma, les filaments protoplasmiques qui relient les protoplasma de deux cellules voisines. M. Gardiner avait déjà indiqué un certain bleu d’aniline (le bleu d'Hoff- mann) comme réactif de ces filaments. Cette question a son intérêt, car plusieurs auteurs avaient cru que les filaments en question étaient seule- ment formés par la couche périphérique du protoplasma et ne contenaient pas de protoplasma proprement dit. La plus grande partie du mémoire de M. Moore est consacrée à l'étude des Floridées. Il y a très longtemps que MM. Nægeli, Kuetzing, Zanardini et d’autres auteurs avaient signalé dans les membranes cellulaires des perforations qui permettent au protoplasma de deux cellules voisines de communiquer directement. MM. Schmitz et Gardiner, d’après des observations plus précises, étaient arrivés à cette conclusion que, excepté chez les Corallinées, la continuité du protoplasma n’est pas directe; d’après ces auteurs, les filaments protoplasmiques ont à traverser une mince membrane qui sépare les deux cellules. M. Moore croit au con- traire que la communication se fait toujours directement chez les cellules jeunes. Souvent même, comme chez le Chondrus, le Polyides et le Furcellaria, cet état est persistant. Dans d’autres cas (Ceramium ru- brum, etc.), la continuité directe ne persiste que dans certaines parties du thalle, tandis que dans d’autres on voit se former la membrane dont parle M. Gardiner. Le nombre des espèces étudiées par l’auteur est con- sidérable, et, à part quelques résultats nouveaux, l’ensemble des faits observés confirme les conclusions posées par les auteurs qui s'étaient déjà occupés de la continuité du protoplasma. L. pus. Ueber die Entwicklung der Œlbehæ#lter in den Blættern von Hypericum und Hufa (Sur le développement des réser- voirs oléifères dans les feuilles d'Hypericum et de Ruta); par M. Her- pr Kienast. Une brochure de 50 pages avec 5 planches. Elbing, 85. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 915 L'auteur est arrivé, pour les deux groupes étudiés, aux mêmes résul- tats qui avaient été obtenus par d’autres botanistes avec d’autres plantes. Il observe d’abord une seule cellule oléifère, puis cette cellule se seg- mente un certain nombre de fois. Les cellules sécrétantes ainsi formées s'écartent ensuite les unes des autres par suite du dédoublement des parois communes, et forment ainsi le réservoir oléifère, M. Kienast trouve impropre le nom de glande appliqué aux organes qu'il a étudiés ; il pré- fère les appeler réservoirs oléifères, parce qu’ils sont complètement isolés, ne communiquant ni avec l’extérieur, ni avec le système vasculaire de la plante. L. pu S. On the Occurrence of articulated Laticiferous Vessels in ÆMevea (Sur l'existence de vaisseaux laticifires articulés chez l’Hevea) ; par M. D. H. Scoti (Journal of the Linnean Society, 1885, vol. xx1, p. 906-575). Les vaisseaux laticifères des Euphorbiacées consistent généralement en longs tubes, d’origine unicellulaire. Dans un précédent mémoire, M. Scott avait déjà montré qu’il en est autrement chez le Manihot;: que dans cette plante les laticifères sont à l’origine formés de files de cel- lules dont les parois transversales se résorbent. En étudiant de jeunes individus appartenant à diverses espèces du genre Hevea (H. Spruceana, H. brasiliensis), cet auteur a remarqué la même particularité. Quelques jours après la germination, les parois transversales qui séparent les cel- lules laticifères superposées se résorbent au moins partiellement, et les vaisseaux à latex ressemblent alors à ceux des autres Euphorbiacées. D’après l'existence et la nature des laticifères, M. Scott propose la classification suivante des Euphorhiacées : 4° Pas de laticifères : Phyllanthoïdées. % Laticifères : Crotonoïdées. A. Laticifères unicellulaires : Hippomanoïnées. B. Laticifères pluricellulaires : Acalyphinées. L. pu S$. On the Contrivances for ensuring self-fertilisation in some tropical Orchids (Sur les dispositions qui assurent l’auto- fécondation chez quelques Orchidées tropicales); par M. Henry O. Forbes (Journal of the Linnean Society, 1885, vol. xx1, pp. 538- 900, avec 2 planches). Dans un récent séjour à Java, l’auteur a eu l’occasion d'observer de nombreuses espèces d’Orchidées ; il a constaté que, pour un certain nombre d’espèces, le Cymbidium stapelioides, le Dendrobium crume- 216 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. natum, etc., la fécondation a rarement lieu, et que, par conséquent, le nombre des capsules développées est très faible. En revanche, chez bon nombre d’autres espèces, la fécondation a toujours lieu ; elle est directe, et il ne semble pas possible qu’il en soit autrement, étant donnée la dispo- sition des différents organes de la fleur. La plus grande partie du mé- moire de M. Forbes est consacrée à la description du mécanisme de la fécondation directe chez un certain nombre d’espèces, telles que le Phajus Blumei, le P. amboinensis, le P. albescens, le Spathoglottis plicata, l'Arundina speciosa. Le Phajus Blumei, par exemple, possède deux sortes de fleurs chez lesquelles la fécondation s’opère de façons difié- rentes. Dans le cas le plus fréquent, les anthères, après leur ouverture, se mettent à tourner verticalement d’un angle d’environ 160 degrés, de façon à arriver au contact de la cavité stigmatique qui renferme un liquide visqueux en grande abondance. Toute la pollinie se trouve ainsi impré- gnée de liquide; les grains de pollen germent sur place, et les tubes pol- liniques peuvent pénétrer jusque dans l’ovaire. Dans les cas observés par M. Forbes, les insectes ne paraissent jouer aucun rôle. Dans une espèce appartenant à un genre voisin du Chrysoglossum, il y a même des fleurs cléistogames. En somme, le travail de M. Forbes augmente le nombre des espèces d’Orchidées chez lesquelles on a observé la féconda- tion directe, et montre que l’organisation de la fleur dans cette famille ne nécessite en rien la fécondation croisée et l'intervention des insectes. LECLERC DU SABLON. lantes à Fourmis de Parchipel Indo-Malais et de la Nouvelle-Guinée; par M. Odoardo Beccari (Archives italiennes de Biologie, 1885, t. vi, fasc. 3; compte rendu de M. Levier). Une brochure de 40 pages. On sait depuis longtemps que quelques Rubiacées épiphytes apparte- nant aux genres Myrmecodia et Hydnophytum forment avec certaines espèces de Fourmis une association des plus curieuses. Tous les pieds des plantes en question portent, en des points déterminés, des renflements de formes variées habités par des Fourmis qui se nourrissent, au moins partiellement, des sucs sécrétés par leur hôte. La plante ne paraît pas souffrir de cette sorte de parasitisme ; il semble même que son dévelop- pement soit impossible sans l'intervention des Fourmis. L'adaptation est si complète entre ces deux êtres, que Rumphius croyait que le renflement habité par les Fourmis était une simple fourmilière qui produisait la plante par génération spontanée. De nombreux exemples de cette sorte de symbiose ont été signalés pour des plantes appartenant à diverses familles : Myricinées, Euphorbiacées, Verbénacées, Palmiers, Rubiacées, Légumineuses et Araliacées. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 917 Le cas de l’Acacia cornigera est particulièrement intéressant. Des Fourmis d’une espèce particulière (Pseudomyrma bicolor) nichent dans les fortes épines bifurquées du tronc et des branches; après les avoir perforées près de la pointe, elles en vident l’intérieur, et trouvent ensuite des provisions de matières sucrées et alimentaires en quelque sorte iné- puisables dans les appareils glandulaires des jeunes feuilles bipinnées. En retour, les Fourmis constituent à la plante, comme s'exprime M. Belt, une armée permanente, toujours sur le qui-vive, pour la défendre contre les attaques des animaux herbivores et des insectes rongeurs de feuilles. M. Belt, qui cultiva l’Acacia cornigera dans un jardin où le Pseudo- myrma bicolor n'existait pas, rapporte que les jeunes plantes succombè- rent bientôt aux attaques des Fourmis coupe-feuilles, tandis qu’il trouva le feuillage de l’Acacia toujours intact dans les forêts où le Pseudo- myrma existait. M. Odoardo Beccari a rassemblé, sur les faits concernant les plantes à Fourmis, les données éparses dans les ouvrages anciens et modernes, et les complète dans son mémoire par une série d’observations personnelles recueillies pendant ses voyages dans l’archipel Indo-Malais et la Nouvelle- Guinée, de 1865 à 1878. L'auteur s’attache surtout au côté philosophique de la question, et cherche quelle a pu être l’origine de cette association si étroite entre une plante et un animal. L’explication qu’il propose s’ap- puie sur le principe de l’hérédité et de la variabilité des espèces. Consi- dérons en particulier le cas du Myrmecodia, Rubiacée épidendre. Lors- qu’une graine de cette plante germe sur l'écorce d’un arbre, on voit apparaître un léger renflement sur l'axe hypocotylé. Ce premier renfle- ment, indépendant de l’action des Fourmis, se serait formé, d’après l’au- teur, pour constituer un réservoir d’eau et alimenter la plante pendant la saison sèche; mais, sans l'intervention des Fourmis, il ne pourrait prendre un développement suffisant et remplir d’une façon efficace le rôle qui lui est attribué. C’est alors que les Fourmis, voyant dans la jeune plante une provision toute faite de liquide nutritif, s'introduisent dans la partie renflée; l’excitation qu'elles communiquent à la plante provoque une production cellulaire anormale comparable aux galles, et la quantité de suc nutritif se trouve par là même augmentée. Cette modification d’un individu isolé se transmet partiellement aux descendants, qui sont eux-mêmes traités de la même façon ; et c’est ainsi qu’au bout d’un nombre suffisant de générations, le renflement habité par les Fourmis est devenu un des caractères de la plante. Cette explication où les causes finales jouent un rôle important n'a pas été acceptée par M. Treub, qüi a eu l’occasion d'étudier les plantes à Fourmis. Cet auteur pense que les Fourmis sont complètement étrangères à la formation de l'organe qu’elles habitent. L. pu $. 918 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Second Mémoire sur les canaux sécréteurs des plantes; par M. Ph. Van Tieghem (Annales des sciences naturelles, Bot., 7° série, 1885, t. 1, pp. 5-96). Dans ce second travail, qui comprend l’étude de l’appareil sécréteur dans les familles des Composées, Dipsacées, Ombellifères, Araliées, Pittosporées, Clusiacées, Ternstræœmiacées, Hypéricinées, Myoporées, Myrcinées, Rutacées, Samydées, Diptérocarpées, Sterculiacées, Bixacées, Liquidambarées et Simarubées, M. Van Tieghem complète les résultats publiés par lui en 1872 sur les canaux sécréteurs. En étudiant la dispo- sition exacte des canaux par rapport aux différentes parties de la tige, de la racine et de la feuille, l’auteur n’a pas perdu de vue le parti qu’on pourrait tirer de cette disposition pour la recherche des affinités des plantes ; parmi les caractères que l'anatomie peut fournir aux classifica- teurs, ceux tirés de l'appareil sécréteur lui paraissent être les plus pré- cieux, autant par la précocité de leur apparition qu’en raison de leur indépendance par rapport aux conditions extérieures. Examinons à présent les résultats obtenus par M. Van Tieghem pour les familles les plus importantes. Dans la famille des Composées, les Radiées et les Labiatiflores forment un premier groupe caractérisé par la présence de canaux oléifères localisés dans l’endoderme. Chez les Liguliflores, la disposition est un peu plus compliquée : d’abord, au lieu de canaux oléi- fères, on trouve un réseau laticifère, et puis ce réseau change de posi- tion quand on passe de la tige à la racine ; dans la racine, il occupe le bord interne du liber en dedans des tubes criblés, tandis que dans la tige et la feuille il se trouve dans le péricycle, en dehors des tubes criblés. Les Tubuliflores participent à la fois des Radiées et des Liguliflores: des premières, elles tiennent des canaux oléifères situés dans l’endoderme, et, des secondes, des cellules sécrétrices isolées qui occupent, dans la tige et dans la racine, la même position que le réseau des Liguliflores. Les Dipsacées se rapprochent des Tubuliflores par les longues cellules isolées, à la fois laiteuses et résineuses, qui se trouvent dans le péricycle de la tige et des feuilles de plusieurs genres. Pour les Ombellifères et les Araliacées, M. Van Tieghem avait montré, dans son premier mémoire, que les canaux sécréteurs sont localisés, pendant la période primaire, dans le péricycle, vis-à-vis des faisceaux du bois et du liber, mais il n’avait pas étudié la tige, s’en rapportant pour cetle partie à un travail de M. Trécul. En reprenant la question, il a vu que, outre les canaux signalés dans l’écorce et la moelle par M. Trécul, on retrouvait, dans la tige et dans les feuilles, le système péricyclique de la racine. Dans certains cas même, tels que celui de l’Hydrocotyle, c’est le système signalé par M. Van Tieghem qui existe seul. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 219 Les Pittosporées présentent dans leur péricycle un système de canaux sécréteurs exactement semblable à celui des Ombellifères et des Araliées. Un caractère aussi spécial, applicable à ces trois familles à l'exclusion de toutes les autres, a paru suffisant à M. Van Tieghem pour réunir ces trois familles dans un même groupe. Les seules objections que l’organogra- phie peut faire à cette réforme de la classification sont que les Pittospo- rées ont l'ovaire supère au lieu de l'avoir infère, qu’il y a deux rangées d’ovules au lieu d’un seul ovule dans leur ovaire, et que leur fruit est une capsule ou une baie au lieu d’être une drupe ou un diachaine. Le premier de ces caractères a seul quelque importance, et M. Van Tieghem montre que dans bien des circonstances les botanistes descripteurs en ont fait très peu de cas. L'étude des canaux sécréteurs dans les différentes familles a inspiré à M. Van Tieghem quelques autres modifications aux classifications géné- ralement adoptées. C’est ainsi que le genre Ancistrocladus, dont les affi- nités avaient échappé aux botanistes, se trouve rattaché aux Pittosporées, dont il possède l'appareil sécréteur. Les Helwingia et les Curtisia ont dû être reportés des Araliées aux Cornées ; les Mastixia, des Araliées aux Diptérocarpées; le Lophira, des Diptérocarpées aux Ternstræmiacées; les Dictyloma, des Simarubées aux Rutacées, etc. Les Quiina ont dû être séparés des Clusiacées, tandis que les Kielmeyera, Caraipa, Haplocla- thra, Pœciloneuron, Marila et Mahurea, retirés des Ternstræmiacées, prennent place dans cette famille. Les Ailanthus el Brucea sont fixés définitivement dans la famille des Simarubées. Les Liquidambarées, dont les affinités étaient assez obscures, se ratta- chent, par l’appareil sécréteur de leur tige et de leurs feuilles, aux Sima- rubées et aux Diptérocarpées. Ces trois familles ont pour caractère commun de posséder des canaux sécréteurs dans leur bois primaire; ce sont là les seules Angiospermes qui présentent cette particularité. En somme, le mémoire de M. Van Tieghem complète la connaissance de l’appareil sécréteur chez presque toutes les familles qui en sont pour- vues, et montre, par des aperçus nouveaux sur les affinités des familles, tout le parti qu’on pourra désormais tirer pour la classification des carac- tères anatomiques des végétaux. LECLERC DU SABLON. Zur Untersuchungen von pathogenen Organismen (Re- cherches sur les organismes pathogènes); par M. Robert Koch (Mittheilungen aus dem Kaiserlichen Gesundheitsamte). Brochure in-folio de 419 pages, avec 44 planches. Berlin, 1884. Après avoir indiqué l’existence, dans certains cas pathologiques, d'or- ganismes pathogènes dans différentes parties du corps d'animaux ma- lades, l’auteur considère brièvement la reproduction de ces organismes 290 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. dans les milieux vivants et leur passage possible d’un animal à l’autre. Il arrive ensuite à l’étude plus importante de leurs conditions d'existence, conditions qui ne peuvent être étudiées complètement qu’à l’aide de cul- tures pures appropriées à chacun d’eux. M. Koch développe longuement, à ce propos, un procédé de culture trouvé par lui et employé aujourd’hui couramment pour les recherches sur les micro-organismes. Ce procédé, dont l’exposition est le but principal du mémoire, repose sur l’observation suivante : Si l’on coupe en deux une pomme de terre cuite à l’eau, et, après lavoir laissée pendant quelques heures exposée à l’air, si on la met sous une cloche dans une atmosphère maintenue humide, on ne tarde pas à voir apparaître à sa surface, dès le lendemain ou dès le second jour, de petites éminences ou des taches de formes et de couleurs différentes. Examinées au microscope, ces taches se montrent composées de micro- organismes distincts, formant des colonies parfaitement isolées les unes des autres, et ne renfermant qu’une espèce unique, soit de Micrococcus, soit de Bacille, soit encore de Champignons d’ordre plus ou moins élevé. Le développement de ces organismes est dû à l'exposition préalable de la pomme de terre à l'air libre ; en effet, toute production est arrêtée si l’on prend le soin de couper la pomme de terre encore chaude avec un cou- teau flambé qui empêche le transport des spores restant à sa surface exté- rieure, et si l’on a la précaution de la placer avec un peu d’eau pure sous une cloche que l’on a aussi stérilisée. La séparation des colonies ainsi formées subsiste jusqu’à ce que le déve- loppement croissant de deux d’entre elles les ait rapprochées assez poui que leurs filaments mycéliens viennent à se toucher et à s’entreméler. À partir de ce moment, toute distinction nette devient impossible; tout se passe comme si l’on avait affaire à un liquide de culture, dans lequel où ne peut éviter le mélange des espèces, qui peuvent s’y développer à un in: stant donné. On peut pousser plus loin l'isolement des différentes colonies en transportant, sur une pomme de terre fraîchement préparée avec toutes les précautions usilées en pareil cas pour l’ensemencement des li: quides de culture stérilisés, une partie de l’une des colonies venues spon- tanément sur la première pomme de terre. Avec un peu d’habitude, 0) arrive à n’introduire aucun germe étranger à celui que l’on veut étudier, et l’on obtient ainsi des pommes de terre où ne se développe qu’une seule espèce connue, parfaitement distincte, et en aussi grande quantité qu'o! peut le désirer. C’est ainsi que M. Koch obtint des colonies très étendues. formées uniquement par le Bacille bien connu qui se développe à la sur face des infusions de foin, le Bacillus subtilis. Un essai heureux de cul: ture d’une Bactérie pathogène, la Bactérie du charbon, lui donna ut instant l’espoir de cultiver de même toutes les autres Bactéries pathogène: REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 291 alors connues. Malheureusement tous les essais de culture sur des pommes de terres échouèrent avec d’autres Bactéries. Mais le principe des cultures dans un milieu artificiel solide était trouvé. Il était naturel de chercher des milieux différents de la pomme de terre employée dans les premiers essais. Après de très nombreuses tentatives, M. Koch parvint à former un milieu de culture très avantageux en mélant au liquide nutritif une cer- taine quantité de gélatine. Pour cela, on prend de la gélatine à laquelle on ajoute de l’eau distillée et qu’on dissout au bain-marie. On y verse le liquide approprié à l’organisme que l’on a en vue, et les liquides ainsi mélangés sont amenés, par la concentration, à être dans le mélange définitif dans un rapport connu. C’est ainsi que, pour avoir à la fin une proportion de 1 1/2 à 3 pour 100 de gélatine, ce qui est la proportion la plus avantageuse, il faut préparer une dissolution de gélatine à 5 pour 100 ; le premier liquide de l'extrait de viande, par exemple, doit renfer- mer une quantité d'extrait double de celui qui devra être contenu dans le second mélange, autrement dit 2 pour 100, si l’on veut avoir une propor- tion de 1 pour 100. Le mélange étant fait, on neutralise la gélatine, qui est toujours légèrement acide, par un peu de sel alcalin, un phosphate ou carbonate de soude, par exemple. On fait bouillir et l’on filtre. On verse le tout dans un vase préalablement stérilisé par ébullition prolongée, sous pression, à 150 degrés. On ferme avec du coton flambé, et l’on fait bouillir de nouveau, pendant très peu de temps cette fois, et à 100 degrés. Les spores que le liquide peut renfermer ne sont, à la vérité, pas détruites, mais une ébullition prolongée et à plus haute température empêcherait la gélatine refroidie de « faire prise ». On laisse refroidir, et l’on donne le temps aux spores de germer pendant deux à trois jours. Il s’est formé, à cette époque, de petits points blanchâtres qui grossiraient beaucoup si l’on abandonnait la gélatine à elle-même, et qui rendraient toute la masse absolument fluide et trouble. Ces points blanchâtres sont des colonies de Bactéries : une courte ébullition les détruit aussitôt, sans qu’ils aient pu, comme ils l’auraient fait certainement dans un liquide, se répandre dans tous les sens et perdre la culture. Cette opération, répétée aussi souvent qu’on le croit nécessaire, à deux jours d'intervalle chaque fois, finit par donner une gélatine absolument stérilisée et qui pourra désormais se con- server indéfiniment. Avant d’ensemencer la gélatine avec l’organisme à étudier, on la chauffe au bain-marie à 30 degrés pour la rendre fluide; on l’ensemence alors avec toutes les précautions de propreté parfaite usitées en pareil cas, et on la verse, soit sur des plaques de verre, soit dans des verres de montre, suivant la manière dont on veut l’observer. Le tout est placé dans un espace clos maintenu humide, à une température qui ne doit pas de beau- 299 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. coup dépasser 28 degrés. Au bout de deux à trois jours, en général, les colonies de Bactéries apparaissent à la surface de la gélatine, comme nous les aurions vues apparaître à la surface de la pomme de terre; et, dans le cas même où des germes se seraient introduits pendant l’opéra- tion, il y a bien des chances pour que, disséminés dans la masse pendant que la gélatine était fluide, ils soient cantonnés en des points isolés de la préparation. On comprend du reste que, suivant les cas, le liquide nutritif ajouté à la gélatine varie considérablement de nature. Il peut être alcalin, ou acide. C'est de l'extrait de viande, du bouillon, du moût de raisin, etc. On ne prendra pas le même liquide pour les Bactéries et les Champignons. Car ce procédé de culture convient admirablement à l’étude des Champignons qui s’obtiennent avec une facilité remarquable, isolés et dépourvus de toute autre espèce voisine ou de Moisissures étrangères, dont la présence vient très souvent gêner les observations. Pour les Champignons, une décoction de fruits convient très bien comme milieu nutritif mêlé à la gélatine. Ce qu’il y a de très remarquable, c’est la forme extérieure et l’aspect que prend la colonie suivant les espèces. Chaque espèce particulière se distingue presque à l’œil nu par la manière dont elle s'étend à la surface de la gélatine. Pour ne citer que deux exemples, le Bacillus subtilis, qui liquéfie la gélatine, est mobile dans le liquide du centre, et les fila- ments s’écartent normalement à la périphérie, de manière à former comme des rayons qui divergent dans la gélatine environnante restée solide et qu’ils vont liquéfier. Le Bacille du charbon, au contraire, est immobile et forme des filaments enchevêtrés. Ces colonies, une fois arrivées à leur complet développement, conserveront pendant des mois entiers leur aspect extérieur et leurs propriétés physiologiques. La con- servation de ces propriétés pendant plusieurs générations dans un même milieu conduit M. Koch à admettre, pour les Bactéries qui se montrent si constamment identiques à elles-mêmes, la distinction en espèces ou, si l’on veut, en variétés. Ce procédé de culture est, par suite, un moyen d'établir sûrement la spécification de ces organismes microscopiques si souvent polymorphes. E. WAsSERZUG. Beitræge zur Kenntniss der Anatomie und Systematik der Glæolichenen (Contributions à la connaissance de l’anato- mie et de la classification des Glæolichens); par M. J. Forssell (Nova Acta regiæ Societatis scientiarum Upsaliensis, 3° série, 1885); tirage à part en brochure in-4° de 118 pages. L'auteur se propose d'employer les matériaux actuellement acquis à la science à la préparation d’une histoire détaillée et complète de chaque REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 293 espèce de Lichen. 1° Discuter l'anatomie et surtout la structure du thalle des Lichens ; 2° caractériser d’une façon précise les genres et fixer leur place dans les diverses familles; 3° rassembler toutes les espèces citées par les auteurs et les réunir au genre auquel elles appartiennent réellement ; 4° établir la synonymie de chaque espèce et son aire géo- graphique : tels sont les grands traits du plan dont M. Forssell nous promet la réalisation et qu’il applique dès maintenant aux Glæolichens. Homolichens, Glæolichens, Lichens homéomères, Collémacés, Phyco- lichens, Lichens gélatineux, sont autant de termes de même valeur ou à peu près. Leurs gonidies sont toujours des Algues phycochromacées ; leur thalle n’est pas différencié, etleur masse devient plus ou moins muci- lagineuse en absorbant de l’eau. Dès 1871, M. Th. Fries caractérisait les Glæolichens par leurs gonidies vert bleuâtre, entourées d’une membrane gélatineuse épaisse, se reproduisant par une division dichotomique ré- pétée. Presque toutes les classifications ont, sous différentes formes, pris en considération ces caractères des gonidies ; la valeur que les différents auteurs leur ont accordée est pourtant très différente. Des Champignons très voisins peuvent s’associer à des Algues fort dif- férentes, et, réciproquement, des Algues très diverses peuvent s’unir à des Champignons très voisins. On imagine toute la série des alliances qui peuvent se former de la sorte, et l'on comprend la difficulté qui en résulte pour la connaissance des affinités des Lichens ; on ne saurait songer non plus àétablir « la filiation » dans un groupe formé de la com- binaison de deux êtres qui ont chacun leur histoire. Pour ces motifs, la classification naturelle des Glæolichens constitue un problème fort com- plexe, qui a été résolu de façons très diverses. M. Forssell place en première ligne les caractères tirés des organes de reproduction du Champignon, en seconde ligne ceux que fournissent les gonidies. C’est ainsi que les Glæolichens constituent l’une des huit classes des Ascolichens. Les Chroococcacées, considérées dans leur rôle de gonidies des Ascolichens, peuvent former, suivant l’expres- sion de l’auteur, une symbiose indifférente : les cellules de l’Algue ne subissent alors aucune modification en devenant gonidies; mais les gonidies peuvent aussi subir des transformations plus ou moins pro- fondes qui en compliquent l’étude. De plus, s’il faut en croire M. Zopf, plusieurs formes considérées jusqu’à présent comme indépendantes appartiendraient à une même espèce, ce qui augmenterait encore les difficultés du problème. Quoi qu’il en soit de ces points litigieux, on sait que les Chroococcacées constituent également les gonidies de quelques Basidiolichens (Cora), qui ne rentrent pas dans le cadre actuel des études de M. Forssell. Dans les Sticta, Pannaria, Peltigera, Verru- caria, il arrive qu’on trouve accidentellement diverses Chroococcacées à 294 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. titre de gonidies, à côté de gonidies normales vertes; ce ne sont pas là des Glœæolichens. L’étude des hyphes montre immédiatement que leur immersion dans la masse mucilagineuse formée par la fusion des membranes des goni- dies est leur seul caractère commun. Elles sont parfois remarquablement peu développées (Cryptothele, Pyrenopsis). Leur union avec les gonidies est aussi fort variable; c’est chez les Glæolichens seulement qu’on a observé des suçoirs mettant les hyphes en communication directe avec les gonidies. Le Champignon produit presque toujours des organes repro- ducteurs, tandis que l’Algue donne rarement des spores. Les spores du Champignon paraissent toujours endogènes; les apothécies sont tantôt ouvertes, tanlôt fermées. Les caractères fournis par le Champignon man- quent tous de précision et de fixité, si bien qu’il est presque impos- sible de les appliquer à la classification. Il faut donc fonder celle-ci sur l’Algue ; et puisque les gonidies présentent des variations qui pourraient induire en erreur, c’est le genre d’Algue lui-même qui servira de point de départ. Mais cette base de classification n’a de valeur que si l’on admet la vie commune de l’Algue et du Champignon. On a constaté la présence de trois types d’Algues Chroococcacées dans les Glæolichens. Ils deviennent le caractère principal d’autant de fa- milles. Les Pyrénopsidées, où les gonidies sont formées par des Glæo- capsa, comprennent les genres Phylliscidium, Synalissa, Pyrenopsis et Cryptothele. Les Omphalariées ont des Xanthocapsa pour gonidies, avec les genres Omphalaria, Peccania, Anema, Psorotichia, Enchylium et Collemopsidium. Enfin les Phylliscées, dont les gonidies sont des Chroo- coccus, sont représentées par les deux genres Phylliscum et Collemo- psidium. L’auteur donne la diagnose de chacune des familles et des genres ainsi distribués ; il discute les limites de chaque genre, dresse le prodrome des différentes espèces dont il établit la synonymie, et termine par un aperçu sur la distribution géographique des Glæolichens. CH. FLAHAULT. Uchber die Laminarien Norwegens (Sur les Laminariées de Norvége); par M. Foslie (Christiania Videnskabs-Selsk. Forhandl., décembre 1884); tirage à part en brochure in-8 de 112 pages, et 10 planches doubles lithographiées. Il est peu de plantes cryptogames qui présentent des variations aussi profondes que les diverses espèces de Laminaires, lorsqu'on les observe dans des stations différentes. M. Foslie, frappé du polymorphisme remar- quable de l'appareil végétatif de ces plantes, et convaincu qu’on a sou- vent attaché trop d'importance à des différences tout accidentelles, a entrepris de suivre le développement et d'observer le cycle entier de REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 9295 l’évolution des Laminaires qui croissent sur les côtes norvégiennes. C’était, selon lui, le seul moyen d’arriver à déterminer ce qu'il faut penser de la valeur des formes variées qu’on y observe. Les organes de fixation sont de trois sortes : les rhizoïdes du premier genre sont disposés en séries verlicales, régulières en général, et se rami- fient régulièrement; d’autres rhizoïdes sont moins épais, plus ou moins horizontaux, disposés sans ordre et irrégulièrement ramifiés; d’autres, enfin, sont très fins et bien plus irréguliers encore que les précédents. Ces organes varient beaucoup pour une même espèce, suivant la nature du fond sur lequel croissent les plantes. La tige des Laminaires a été souvent décrite; l’auteur confirme ce qu'on en sait el y ajoute quelques détails sur l'anatomie comparée de cet organe. Il a observé, en outre, le développement de la fronde, la foliaison et la défoliaison régulières qui ont été constatées chez plusieurs espèces (4). Quant aux phénomènes de la reproduction, il n’est pas facile de les observer sur les plantes des eaux profondes, et M. Foslie en a tiré peu de parti pour la distinction des formes. Ces observations, poursuivies à travers toutes les saisons, ont conduit l’auteur à grouper les Laminaires de Norvége autrement qu’on ne l'avait fait jusque-là. Dans cette révision systématique, il applique, en matière de priorité, les lois de la nomenclature. C’est ainsi que, d’après l’examen d'échantillons originaux, il donne le nom de Laminaria hyperborea au L. Cloustoni Edmondston, que Gunner avait, dès 1772, appelé Fucus hyperboreus. 11 décrit le L. Gunneri, espèce nouvelle des côtes de la Laponie norvégienne; le L. nigripes J. Agardbh, le L. digitata Edmondston, avec 7 formes; mais il en sépare, sous le nom de L. intermedia, une plante considérée par plusieurs auteurs comme une simple forme de la précédente. Autour du L. saccharina Lamx se rangent 6 formes, dont plusieurs ont été signalées comme espèces. Il est douteux que le L. Phyllitis se rencontre sur les côtes de Norvége; au moins tous les échantillons étudiés sous ce nom par M. Foslie appartiennent au L. sac- charina f. Agardhii. L'auteur limite donc à 6 le nombre des espèces de Laminaires de la région qu’il a étudiée. Le L. Gunneri se distingue de toutes les autres espèces par sa fronde coriace, presque noire, jamais translucide, et par ses lacunes irrégulièrement distribuées à la périphérie de la tige; c’est d’ailleurs une plante de faibles dimensions, dépassant, à peine 50 centimètres de hauteur : elle se place à côté du L. nigripes J. Agardh. CH. FLAHAULT. (1) Voyez plus haut, page 180. T. XXXIL. (REVUE) 15 296 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Phycologia mediterranea. Parte 1° : FLORIDEÆ ; par M. Fr. Ar- dissone. Un vol. gr. in-8° de x-516 pages. Varese, 1883. Les Algæ maris Mediterranei et Adriatici de M. J. Agardh ont paru en 1842; depuis ce temps des documents nombreux se sont accumulés, des flores ou des catalogues locaux (1) ont été dressés, et le moment était venu de grouper ces matériaux épars en un ouvrage unique. L’achève- ment d’un travail de cette nature est une œuvre de longue haleine. Depuis 1863, date de la publication de ses Alghe di Sicilia, M. Ardissone n’a cessé de s’en occuper. Entre 1869 et 1878 il a fait paraître une série de monographies comprenant toutes les Floridées italiennes. Le livre que nous avons sous les yeux est une édition considérablement étendue, rema- niée et améliorée des monographies précédentes. Outre les Floridées, cette partie du Phycologia mediterranea renferme les Dictyotées. La manière dont l’auteur a rempli la tâche qu’il s’était proposée fait sou- haiter qu’il ne tarde pas à livrer au publie le complément de sa Flore. Après une introduction géographique de quelques pages, une esquisse historique des progrès de l’algologie et une liste étendue des publications relatives aux Algues de la Méditerranée (p. 9-28), arrivent les descriptions des Floridées, dont la structure, et particulièrement celle du fruit, est exposée dans un chapitre spécial (p. 31-50) d’après les découvertes les plus récentes. La classification suivie est celle de M. J. Agardh, modifiée, lorsqu'il était nécessaire, sur quelques points de détail. Pour la nomen- clature, l’auteur s’est conformé aux règles adoptées par le Congrès de Paris. — Il n’admet comme espèces que celles auxquelles il a reconnu des caractères fixes et précis. La rigueur avec laquelle il élimine ou n'accepte qu’à titre de variétés les formes peu ou mal caractérisées l’a conduit à ne distinguer que 275 espèces de Floridées. Mais de cette ten- dance synthétique, il résulte des descriptions claires, qu’apprécient les botanistes qui ont l’occasion de les utiliser. L'examen détaillé du Phycologia mediterranea nous entraînerait trop loin; nous nous bornerons à relever quelques données relatives à la géo- graphie botanique. — Dans l’état actuel de nos connaissances, 300 espèces d’Algues, c’est-à-dire à peu près la moitié des espèces trouvées dans là Méditerranée, paraissent propres à cette mer. On sait que la Méditerranée est divisée en deux bassins communiquant par le détroit qui sépare la Sicile de la Tunisie. Ces deux bassins présentent des différences pro- fondes au point de vue des espèces qui les habitent, et il est probable (1) Rappelons en particulier la Flore d’Algérie de Montagne ; la liste des Algues de Marseille publiée par MM. Derbès et Solier dans le Catal. de Casthgne; les Algues “ puples par MM. Falkenberg, Berthold, de Solms-Laubach; celles de Zanardini, de . Hauck. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 997 que des recherches plus complètes dans le bassin oriental accuseront davantage ces différences. Dans chaque partie, chaque subdivision a ses espèces particulières. Onze ne sont connues que dans l’Adriatique ; les côtes de la Ligurie en ont plusieurs; d’autres ne dépassent pas les limites de la mer Ionienne. ; Ajoutons, pour terminer, que des tableaux dichotomiques, des dia- gnoses latines courtes et substantielles (le reste de l’ouvrage est en ita- lien), donnent au livre que nous analysons des qualités de commodité pratique qui ne sont pas à dédaigner. CHARLES FLAHAULT. Sulla malsania del Noccinolo € di qualsiasi altre piante cagionate delle basse temperature (Sur la maladie du Noisetier et de quelques autres plantes causée par les basses tempé- ratures) ; par M. Orazio Comes (extrait du journal la Sicilia agri- cola, 3° année). Palerme, 1885. La maladie qui attaque les Noisetiers à Avellino se manifeste en gé- néral par des symptômes de langueur et d’épuisement ; les pousses au printemps sont faibles, les feuilles petites et pâles. Quand surviennent les chaleurs de l’été,'elles deviennent chlorotiques et tombent prématuré- ment ; les parties terminales des branches se dessèchent, et beaucoup de fruits tombent avant la maturité. Si le printemps est humide, ces sym- ptômes morbides se manifestent avec une plus grande intensité. Dans les rameaux les plus malades de la plante, le bois est altéré,; 1l prend une couleur rosée qui passe au brun. Cette Leinte se montre d’abord sur un secteur, ou bien occupe une zone circulaire, et gagne ensuite toute la section transversale. Sur une coupe longitudinale on voit que les lignes brunes s’avancent de haut en bas et tendent à gagner la souche. L’écorce est brune et crevassée. Les racines aussi sont profondément altérées. A la suite du dépérissement, la souche émet une grande quantité de rejets et de nouvelles racines. La maladie des Noisetiers se montre particulièrement intense dans les terres grasses à l’exposition du midi, dans les vallées et les lieux abrités. Tous les pieds malades examinés par M. Comes offraient ce caractère commun et constant que les zones ligneuses formées depuis 1880 s’y montraient beaucoup plus faibles que celles qui avaient été produites antérieurement; d’où il ressort que c’est en 1880 que les Noisetiers furent atteints du mal qui les fait languir. Sur des pousses d’une tren- taine d'années l’auteur a constaté une période antérieure de langueur analogue de 1860 à 1863. Les plantes avaient ensuite repris leur vigueur de 1864 à 1869; puis une autre période d’affaiblissement s’était montrée de 1870 à 1874, suivie d’une reprise de forte végétation de 1875 à 1879. L’affaiblissement actuel, le plus grand de tous, paraît sur le point de 298 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. cesser. Toutes ces périodes de langueur ont suivi des hivers rigoureux; elles sont dues aux altérations produites dans les tiges par le gel et le dégel. Celles qui se sont produites durant l’hiver si rigoureux de 1879- 1880 ont été les plus graves de toutes. En. PRILLIEUX. Die Bekæmpfung der Pilzkrankheïten unserer Cultur- gewæchse (La lutte contre les maladies des plantes de nos cul- tures) ; par M. Félix von Thuemen. Vienne, 1886. G. P. Faesy. L'auteur s’est proposé d'exposer clairement et d’une façon intelligible pour tous, dans ce livre particulièrement destiné aux agriculteurs, aux jardiniers et aux forestiers, les caractères des maladies des plantes cul- tivées qui sont produites par des Champignons parasites. Il n’insiste pas sur les détails d'organisation et de structure des petits êtres que l'on ne peut étudier qu’à l’aide du microscope, tout en faisant connaître les points principaux de leur mode de vie, de leur développement et de leur propagation, mais il indique pour chacun d’eux tout ce qu’on a tenté de faire pour les combattre. Les maladies, avec les parasites qui les causent, sont classées d’après les plantes qui en sont atteintes et étudiées successi- vement dans les quatre parties dont est composé le livre : 4° Maladies des plantes agricoles ; 2° Maladies des plantes des vergers et des jardins; 3° Maladies des Vignes ; 4 Maladies des arbres forestiers. On ne peut qu’indiquer ici les titres des articles divers dont se composent ces quatre parties. I. — Maladies des plantes agricoles produites par des Champignons. La Rouille des céréales ((Puccinia Graminis Pers.). La Rouille de la paille ou Rouille linéaire (Puccinia straminis Fuckel). La Rouille couronnée de l’Avoine (Puccinia coronata Corda). La Carie et le Charbon des céréales (Ustilaginei). L'Ergot (Sclerotium Clavus DC., Claviceps purpurea Tul.). Le Blanc des Graminées (Erysiphe Graminis Lév.). Le Chancre du Trèfle (Peziza ciborioides Fries). La Maladie de la Pomme de terre (Phytophthora infestans de Bary) Les Taches des feuilles de la Betterave (Cercospora beticola Saccardo). La Maladie des feuilles du cœur de la Betterave (Peronospor& Schachtii Fuckel). Le Blanc du Houblon (Sphærotheca Castagnei Lév.). La Moisissure des Cardères (Peronospora Dipsaci Tul.). La Rouille du Soleil (Puccinia Helianthi Schweinitz). Il. — Maladies des plantes des vergers et des jardins produites par des Champignons. Les Prunes en pochettes (Exoascus Pruni Fuckel). REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 299 … Le Brunissement des Cerises (Acrosporium Cerasi Rabenhorst). Le Brunissement des feuilles du Cerisier (Septoria erythrostoma Thuemen). La Rouille grillagée des Poiriers (Ræstelia cancellata Reb.). La Gommose des Tomates (Bacterium gummis Gom.). La Hernie du Choux (Plasmodiophora Brassicæ Woronin). Les Taches des Haricots verts (Glæosporium Lindemuthianum Sacc.). Le Blanc des plantes de jardin (Oidium erysiphoides Fries). Le Blanc des Rosiers (Sphærotheca pannosa Lév.). L’Asteroma du Rosier (Actinonema Rosæ Fries). III. — Maladies des Vignes produites par des Champignons. La Maladie de la Vigne (Oidium Tuckeri Berk.). Le Mildew ou faux Oidium de la Vigne (Peronospora viticola By). L’Anthracnose de la Vigne (Glæosporium ampelophagum Saccardo). Le Blanc des racines des Vignes (Fibrillaria xylotricha Persoon). Le Pourridié de la Vigne (Dematophora necatrix R. Hartig). Les Exostoses à Champignon de la Vigne (Fusisporium Biasolettia- num Saccardo). IV. — Maladies des arbres forestiers produites par des Champignons. La Rouille vésiculaire du Pin (Peridermium Pini Lév. et Perider- mium oblongisporium Fuckel). La Maladie tordeuse du Pin (Cæoma pinitorquum Al. Braun). La Pourriture rouge du Pin (Trametes Pini Fries). La Mort des racines du Chêne (Rosellinia quercina R. Hartig). Le Chancre des arbres feuillus (Nectria cinnabarina Fries). La Rouille du Saule (Melampsora species). Appendice. Le Champignon des charpentes (Merulius lacrymans Fr.). En. PRILLIEUX. Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, vol. XXXvIII (1884). Ce volume nous est parvenu seulement à la fin de décembre. Nous y trouvons à signaler : P. Brunaun, pp. 47-84. — Deux contributions à la flore mycologique de l'Ouest : Phycomycètes et Myxomycètes des environs de Saintes, etc. 230 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. A. Cravaun, pp. 461-583. — Flore de la Gironde (suite). Calyciflores, {'° partie. — Pp. 584-608. — Note sur les formes spontanées ou subspontanées du genre Prunus observées dans le département de la Gironde. [L’au- teur n’admet qu’un stirpe ou espèce linnéenne, le Prunus communis Bab., présentant des formes nombreuses qu’il décrit séparément. Il a soin de déclarer que ce travail est « provisoire », et qu’il se propose de continuer l'an prochain ses recherches sur ce genre critique.] Les procès-verbaux placés à la fin du volume contiennent un assez grand nombre de communications botaniques, notamment : A. CLavauDn. — Sur les espèces de Vicia de la section Cracca. [Elles sont rattachées à deux stirpes : 1° Vicia Cracca (V. Cracca, Gerardi, tenuifolia); ® V. unguiculata (V.varia, villosa, atropurpurea).]—Sur la place qu’occupent les Characées dans la série végétale. [« Elles forment un type distinct et autonome, venant après les Algues et avant les Musci- nées, et constituent la forme la plus rudimentaire des végétaux cormo- phytes. »] — Sur le pollen des Callitriche. — Sur un Rubus hybride supposé inédit[ X Rubus axillaris, voisin du R. papulosus Mueller; l’un des parents paraît être R. rusticanus Merc., l’autre est inconnu.] — Le Medicago littoralis à Soulac (Gironde). — Sur la prétendue parthéno- genèse du Chara crinita. — Nouvelles observations sur l’Elatine Bro- choni. — Sur un travail de M. Carrière, relatif à la circulation de la sève. Brocnon. — Le Gui sur un Chêne blanc et sur un Salix cinerea. DELOYNES. — Observations sur les Orthotrichum anomalum Hedw. et saxatile Wood. — Comptes rendus d’herborisations, etc. MorELay. — Le Stratiotes aloides aux environs de la Coubre. DurAND-DÉGRANGE. — Le Limodorum abortioum aux environs de Fronsac. ERN. MALINvAUD. Guide du botaniste et du géologue dans la région de Cauterets; par M. Joseph Vallot. Un fort vol. in-12. Paris, 1886, chez Jacques Lechevalier. — Prix : 3 fr. 50. Ainsi que le fait remarquer l’auteur au début de son introduction con- sacrée aux Renseignements généraux, « ce petit Guide, quoique rédigé » plus spécialement au point de vue botanique, est destiné également aux » géologues et aux ascensionnistes. Ces derniers y trouveront l'indication » d’un certain nombre d’excursions intéressantes qui n’ont pas encore été » mentionnées, ainsi que plusieurs routes nouvelles ». L'ouvrage est divisé en deux parties. Dans la première (pp. 14-151), l’au- teur passe en revue les diverses courses qu'il a faites, et trace pour cha- cune un programme détaillé comprenant l'itinéraire, des observations gé0- REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 231 logiques et des listes de plantes. Les excursions sont groupées par vallées, dans l’ordre suivant : ENVIRONS DE CAUTERETS. — La Raillère; — le Mamelon Vert; le Pare, Pauze; — les Lacets, la Glacière; — route de Pierrefitte. MONTAGNES DE Riou. — Col de Riou, pic de Viscos. Massir Du MONNÉ. — Cabaliros ; — pic de Catarrabe ; — Monné. VALLÉE D’ILHÉOU. — Lac d’'Ihéou; — Péguère. VALLÉE DE GAUBE. — Lac de Gaube, Vignemale; — Chabarrou, Grande-Fache. VALLÉE DE MARCADAU. — Marcadau, Balaïtous. VALLÉE DE LuTOuR. — Lacs d’Estom-Soubiran, — pic d’Ardiden; — Gavarnie. M. J. Vallot est un ascensionniste émérite, d’une hardiesse et d’une agilité peu communes. Grâce à cette heureuse aptitude, il a gravi plu- sieurs fois les plus hauts sommets, et l’étude qu'il a faite de leur végéta- tion, ainsi que de la flore des environs de Cauterets, lui a permis de men- tionner dans ses listes environ 250 espèces qui n’avaient pas encore été signalées dans cette partie des Pyrénées. Ainsi, au point de vue pure- ment botanique, et sans nous occuper ici des descriptions géologiques, pour lesquelles notre collègue n’est pas moins compétent, cet ouvrage a la valeur d’une contribution importante à la connaissance des plantes pyré- néennes. La deuxième partie, intitulée Flore de Cauterets (pages 152-330), comprend le catalogue systématique des espèces classées, et aussi déter- minées le plus souvent, d’après la Flore de France de Grenier et Godron. On trouve à la fin du volume une analyse qui conduit au nom de la fa- mille, et en tête de chaque famille un tableau analogue pour les genres ; les grands genres sont subdivisés en groupes d'espèces réunies par un caractère commun, et chacune de celles-ci est distinguée de ses congé- nères par un ou deux caractères faciles à constater. Par ces habiles dis- positions, on arrive à déterminer très rapidement, comme il convient en voyage, n'importe quelle plante vasculaire du domaine de cette flore (1). Les localités sont énumérées par vallées et divisées en régions suivant l'altitude, comme il suit : 1° Région des vallées. inférieures, 500 à 1000 mètres; — 2° Région subalpine, 1000 à 1700 mètres ; — 3° Région alpine inférieure, 1700 à 2200 mètres; — 4 Région alpine supérieure, 2200 à 2600 mètres; — 5° Région glaciale, 2600 à 3300 mètres. Beaucoup de ceux, en grand nombre tous les ans, que la saison d’eaux (1) Les lichénologues devront consulter l'important mémoire publié par M. Edouard Lamy de la Chapelle, dans le Bulletin Soc. bot. de Fr. 1883, sous ce titre : Exposition systématique des Lichens de Cauterets, de Lourdes et de leurs environs. 939 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. amène à Cauterets, saisis d’admiration en présence de la nature gran- diose de cette belle contrée, éprouvent le désir d’en examiner de près les éléments constitutifs, phénomènes géologiques et productions végétales ; ils auront désormais pour cette étude, dans l’ouvrage de M. Vallot (dont le prix peu élevé facilite l’acquisition), un Guide sûr et précieux. La variété, et à certains égards la nouveauté des documents qu’il contient en font une œuvre originale, en même temps que profitable à la vulga- risation scientifique. Le succès non douteux de cet utile petit livre sera la juste récompense de ses mérites. ErN. MaLiNvaur. Leguminosæ europeæ analytice elaboratæ ; par M. Victor de Janka (Termésjetrajzi Fuzetek, tomes vins et 1x). Budapest, 1884-85. Cette monographie, comme les précédentes publiées par le même auteur, consiste en un système d'analyse au moyen de clefs dichotomiques qui conduisent au nom spécifique d’une plante européenne dont on con- naît la famille. Voici le premier tableau, qu’il est intéressant de repro- duire : Stamina omnia inter se libera (1)............................. 1 Stamina monadelpha vel diadelpha................,............ 5 5. Legumen demum in articula secedens, vel legumen uniarticula- tum nucamentaceum, lateribus lacunoso-reticulatum suturaque ventrali fere semper Æ cristato-echinatum............,....... HEDYSAREÆ. Legumen haud articulatim deciduum neque foveolatum vel cris- tatum.....................44 esse 6 6. Folia nunc simplicia solitaria, digitata vel fasciculata, nunc pin- nato-3-foliolata, i. e. pinnato-unijuga, rarissime (in Ononidis et Anthyllidis speciebus paucis) plurijuga, sed tunc stamina mona- delpha; nunc folia omnino nulla....... csssosossesseosssee 7 Folia pinnato-2-plurijuga, rarissime (in Psoraleæ speciebus et As- tragalo gyzensi) pinnato-unijuga, sed tunc stamina diadelpha... 9 7. Stipulæ nullæ vel a petiolo liberæ......... sus. sonores 8 Stipulæ petiolo adnatæ..............,......................... TRIFOLIEÆ. 8. Folia simplicia vel digitatim composita...... soso use GENISTEÆ. Folia pinnatim 3-plurifoliolata......................,.......... LOTEÆ. 9. Cirri nulli; folia paripinnata vel styli hirtelli aut barbati in spe- ciebus frutescentibus v. fruticulesis solum oceurrentes, in reli- quis imberbes..........,...,.., ............,.............. ASTRAGALEÆ. Species pleræque cirriferæ vel petioli cirri loco setula innocua terminati, omnes herbaceæ; folia fere semper pari-pinnata sty- lusque Æ pilosus v. barbatus.....,......... oser cross VICIEÆ. À la suite de ce premier tableau, une clef dichotomique est consacrée aux Génistées européennes, une seconde aux Trifoliées et Lotées, une troisième aux Hedysarées, une quatrième aux Astragalées, enfin une dernière aux Viciées. Er. MaziNvauD. (1) Les genres présentant ce caractère sont : Ceratonia, Cercis, Gœbelia, Thermopsis et Anagyris. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 933 Botanique populaire illustrée. — Flore pittoresque de la France: Anatomie, physiologie, classification, description des plantes indigènes et cultivées, au point de vue de l’agriculture, de l’hor- ticulture et de la silviculture ; publiée sous la direction de J. Rothschild, avec le concours de MM. Gustave Heuzé, Bouquet de la Grye, Stanislas Meunier, J. Pizzetta, B. Verlot. - Un fort volume in-4, orné de 1000 gravures, avec atlas de 82 planches en chromo et une carte agricole. Paris, J. Rothschild, éditeur. — Broché, 35 francs. Sans qu'il soit dans les habitudes de la Revue de rendre compte des ouvrages de vulgarisation, il nous semble opportun d'accorder à ce beau livre la faveur d’une exception qui confirme la règle, € La botanique, dit l’éditeur dans son Avertissement, est la science de tous les temps et de tous les lieux. Partout on trouve des plantes et dans toutes les saisons ; le botaniste ne peut faire un pas dans la cam- pagne sans se voir entouré d'objets qui le charment, qui sollicitent ses regards et réclament son attention. L'hiver même, il en jouit encore lorsque, assis au coin du feu, il revoitfdans son herbierles plantes qu’il a cueillies pendant la belle saison. Elles sont, il est vrai, desséchées et sans vie, mais elles lui rappellent ses promenades champêtres et les doux ‘ instants qu'il a passés à les observer lorsqu'elles étaient brillantes de fraicheur. » « Nous nous sommes proposé, dit l’éditeur à la page suivante, d'offrir aux instituteurs, à la jeunesse, aux gens du monde, aux cultivateurs, aux jardiniers et aux forestiers, une Flore française accessible à ceux qui ne savent pas encore, mais qui ont le désir d'apprendre. Ceux-là trouve- ront dans notre ouvrage une introduction à des études plus complètes, de même qu’un résumé de ce que l’observation et la science nous ont appris sur les propriétés et sur l'utilité des plantes de notre pays. » Rien n’a été négligé pour atteindre le but ainsi défini. L'introduction com- prend des éléments d'anatomie et de physiologie végétales, un aperçu des classifications botaniques, des instructions sur la manière de former un herbier, et un vocabulaire des termes techniques. Une clef analytique procédant par dichotomies successives permet d’arriver au nom de la famille à laquelle appartient une plante quelconque. Vient ensuite la description des familles, des genres et des espèces, classés suivant la méthode de de Candolle. Enfin l'ouvrage se termine par une série de monographies rédigées par des spécialistes, et qui présentent l’histoire végétale de la France au point de vue agricole, horticole, silvicole et paléontologique. L'originalité de cette publication consiste surtout dans son atlas, dont on ne se lasse pas d’admirer les planches coloriées, for- mant un véritable genera avec la représentation de 500 espèces typiques 934 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. très soigneusement figurées. À toutes les pages de la Flore, des vignettes en noir sont intercalées dans le texte. Dans un livre si bien illustré, on peut dire que l’art enseigne les éléments de la science, dont il a su dis- simuler les détails arides sous l'attrait d’une iconographie aussi gra- cieuse que fidèle. Er. MALINvauD. Note rectificative. — D’après une communication que nous devons à l’obligeance de M. H. du Buysson, la Flore des marais salés du dé- partement de l'Allier, dont nous avons rendu compte plus haut, à la page 183 de la Revue, est extraite des Annales de la Société d'horticul- ture de l'Allier, 1° trimestre de 1885. (Ern. M.) NOUVELLES. (15 janvier 1886.) — M. le pasteur Jean-Étienne Duby s’est éteint à Genève le 24 no- vembre dernier, à l’âge de quatre-vingt-huit ans. M. Duby est l’auteur . bien connu du Botanicon gallicum, ce livre commode, où sont décrites à la fois les Phanérogames et les Cryptogames, qui a servi de manuel aux botanistes français jusqu’à la publication de la Flore de Grenier et Godron. On doit en outre à M. Duby divers travaux sur les Algues et les Mousses, ainsi qu’un mémoire sur les Primulacées. — Le 22 décembre, dix-huit mois après son frère, est mort M. Edmond- Louis-René Tulasne, l’éminent auteur de travaux de premier ordre sur diverses parties de la botanique, et en particulier sur les Champignons. M. Tulasne est mort à Hyères (Var), où il s’était retiré il y a une ving- taine d'années, après avoir donné son herbier au Muséum et abandonné ses études scientifiques. Il était né à Azay-le-Rideau (Indre-et-Loire) le 12 septembre 1815. En 1854, il fut élu membre de l’Académie des sciences à la place d’Adrien de Jussieu. Ses recherches sur les Nidulariées, les Tubéracées, les Trémellinées, les Ustilaginées, l’Ergot des Graminées, ses observations sur l'appareil reproducteur des Lichens, ete., sont clas- siques. Il a donné dans les Annales des sciences naturelles des descrip- tions d’espèces appartenant à plusieurs familles de Phanérogames ; un Synopsis monographique des Podostémacées ; des études d’embryogénie végétale, et a couronné son œuvre par la publication du magnifique ouvrage qui a pour titre : Selecta Fungorum Carpologia, « nobilium fratrum nobile opus », selon l’expression de de Martius. REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 935 — Les journaux anglais annoncent que sir J. D. Hooker s’est démis des fonctions de directeur des jardins royaux de Kew. Il a pour succes- seur M. W. T. Thiselton Dyer. — Nous avons reçu le Catalogue des livres de botanique composant la bibliothèque de feu Eugène Fournier. Ce Catalogue, dressé par M. Bois et précédé d’une Notice de M. Cosson, comprend 993 numéros. Il est surtout riche en brochures et tirages à part. La vente aura lieu les 1%, 2, 8 et 4 février, rue des Bons-Enfants, 28, — L'Académie des sciences a tenu, le lundi 22 décembre, sa séance publique annuelle. Une moitié du prix Barbier a été attribuée à MM. Heckel et Schlagdenhauffen; le prix Desmazières a été décerné à M. Leclerc du Sablon, et le prix Montagne à M. Patouillard. — En 1884 (page 204 de la Revue), nous avions annoncé le 6° cata- logue de plantes des Alpes du Tyrol mises en distribution par M. Treffer, à Luttach, par Sand (Tyrol). Le 7° catalogue vient de paraître. — L’herbier d’un de nos confrères bien connu, décédé il y a quelques années, M. Personnat, est à vendre. Il se compose de trente-cinq forts paquets, et comprend notamment une belle série de plantes alpines. L'état de cette collection ne laisse rien à désirer. Le prix demandé est de 800 fr. — S’adresser à M"° Lafont, rue Royale, 13, à Versailles. — Notre confrère M. Odon Debeaux vient d’être promu au grade d’officier de la Légion d’honneur. — Après une longue interruption, M. de Heldreich reprend la publica- tion de son Herbarium grœæcum normale. Les botanistes qui connaissent les centuries déjà parues apprendront cette nouvelle avec plaisir. Le prix de la centurie est de 30 francs. L'ancienne série s’étant arrêtée au n° 812, la première livraison de la nouvelle série ne contiendra que 88 numéros (813-900), dont le prix sera de 26 francs. Adresser les demandes à M. le docteur E. de Haläcsy, VII, Schankgasse, n° 1, à Vienne (Autriche). — Par arrêté du 13 janvier 1886, M. Gaston Bonnier a été nommé directeur du nouveau laboratoire de recherches botaniques qui vient d’être créé à l’École des hautes études. Le Directeur de la Revue, Dr Ep. BORNET. Le Secrétaire général de la Société, gérant du Bulletin, E. MALINVAUD. BOURLOTON. — Imprimeries réunies, A, rue Mignon, 2, Paris. TABLE DES ARTICLES ANALYSÉS DANS LA REVUE BIBLIOGRAPHIQUE DU TOME XXXII. ANATOMIE ET PHANÉROGAMES. Cours de botanique; M. Cauvet.......... Éléments de botanique ; M. G. Bonnier..…. Traité de botanique agricole et indus- trielle ; M. J. Vesque................ . Observations sur la continuité du proto- plasma ; M. Le Marchand Moore...... Sur la division des noyaux dans le Tra- descantia virginica; E. Bernimoulin... Nouvelles Recherches sur le noyau cellu- laire, etc.; M. L. Guignard........... Fluorescence de la chorophylle dans les feuilles ; M. J. Reinke......... ... Contributions à la connaissance des chro- matophores ; M. F. Schmitz........... Contribution à l’étude de l’appareil tégu- mentaire des racines; M. H. O. Juel... Formes des tiges des arbres Dicotylédones et Conifères ; M. E. Guinier........... Recherches sur le péricycle ou couche pé- riphérique du cylindre central chez les Phanérogames ; M. L. Morot........... Sur les tissus ligneux à structure étagée; M. F. von Hohnel.......... RPLITEEEE Second Mémoire sur les canaux sécré- teurs des plantes; M. Van Tieghem... Sur l'interruption de l'anneau mécanique pour laisser passer les produits de l'assi- milation; M. A. Tschirch....... es... Les gaines mécaniques des canaux sécré- teurs; M. Mœæbius................... Sur l'anatomie des pédoncules ; M. E. La- borie. ............................. Stomates des Pandanées ; M.R.F. ‘Solla. Recherches sur Ja structure et la déhis- cence des anthères; M. Leclerc du Sablon. Structure et rôle biologique des arilles de quelques Légumineuses, et en parti- culier de celui du Sarothamnus scopa- rius ; M. E. Bachmann............... Recherches sur la structure des Renoncula- cées; M. P. Marié.................... Sur l'anatomie et la physiologie du fruit de l’Anona reticulata et de l’Asimina triloba; M. G. Licopoli..........,... 204 24 82 MORPHOLOGIE. Structure des disques adhésifs des vrilles de quelques espèces d’Ampelopsis ; M.A. von Lengerken.............,........ Sur quelques Poires à structure anomale ; M. G. Hildebrand........,........... Sur l'anatomie de quelques Légumineuses ligneuses; M. Th. Jænsch............ Sur un organe réduit du Campanula per- sicifolia et de quelques autres espèces de Campanula; M. Heinricher........... Cas tératologiques offerts par le Primula sinensis Lindl.; M. Morière........... Sur l'existence de vaisseaux laticifères articulés chez l’Hevea; M. D. H. Scott. L'anatomie des Euphorbiacées au point de vue de leur classification ; M. F. Pax... Sur le fruit, la germination et l’état jeune de quelques Palmiers ; M. E. Pfitzer... Sur les dispositions qui assurent l’auto- fécondation chez quelques Orchidées tropicales ; M. H. O. Forbes........... Développement et constitution de l'endo- sperme de l’Orge; M. W. Johannsen.. CRYPTOGAMES. Observations sur un mode particulier de développement de la Fougère femelle (Athyrium Filix-fæmina); M. C. T. Druery........................... . Sur l’aposporie dans les Fougères ; ; MF. O0. Bower.................,,...... . Études sur les Lycopodiacées. I. Prothalle du Lycopodium cernuum L.; M. Treub. Continuité du protoplasma des Fucacées ; M. T.Hick.......................... Tubes criblés chez les Algues; M. NN. Wille...,................sssesse Anatomie du Macrocystis luxurians ; H. M. Will...........,..........r Un nouvel exemple de la présence de chro- matophores chez les Phycochromacées; M. G. Lagerheim...,............... . Les chromatophores et les noyaux chez les Phycochromacées ; M. Hansgirg...- 149 194 TABLE DES ARTICLES ANALYSÉS. PHYSIOLOGIE. PHANÉROGAMES. L'état actuel de nus c'innaissances sur la fonction chloropvllienne ; M. C. Timi- Sur les variations de la respiration avec le développement, MM. G. Bonnier et L. Mangin........,................. Variation de la respiration avec le déve- loppement chez les végétaux; MM. Bon- nier et Mangin...................... L'action chlorophyllienne séparée de la respiration ; MM. Bonnier et Mangin... Sur l'émission d’acide carbonique et l’ab- sorption d'oxygène des feuilles mainte- nues à l’obscurité; MM. Dchérain et Maquenne ..............,........... Sur la respiration des végétaux ; MM. Bon- nier et Mangin...................... Sur la respiration des feuilles à l’obscu- rité; MM. Dehérain et Maquenne..... Influence de la lumière sur le développe- ment du tissu assimilateur; M.S. Grosglik. Recherches sur le mouvement de la sève ascendante ; M. J. Vesque............. Rôle de la circulation et de la rotation du protoplasma dans le transport des ma- tières dans les plantes, M. Hugo de Vries. Recherches sur l'influence qu’exerce le milieu sur la structure des racines; M. J. Costantin...................... Sur la déviation que subit la direction nor- male des racines dans les gaz (aérotro- pisme); M. H. Molisch.............., Sur la sensibilité géotropique de l’extré- mité des racines ; M. G@. Firtsch....... Effets des froids artificiels ; M. P. Sorauer. Expériences sur la grande période et les 213 212 213 105 25 148 148 12 13 36 oscillations de la transpiration durant la vie végétative ; M. J. Vesque.......... Sur la sexualité ; M. H. M. Hoffinann.... Influence de la chaleur sur la fécondité des fleurs; M. T. Mechan ....... esse. Sur l’accroissement journalier des fruits ; Recherches sur la germination des graines de Lin et des amandes amères ; M. A. Jorissen ....................,....... Recherches chimiques et physiologiques sur la Bruyère commune (Calluna vulga- ris); MM. P. Fliche et L. Grandeau.... Recherches sur la saccharogénie dans la Betterave; M. A. Girard.............. Sur la composition du pollen des fleurs de Noisetier; M. A. de Planta............ CRYPTOGAMES. Recherches sur la dissémination des spores chez les Cryptogames vasculaires; M. Le- clerc du Sablon...................... Sur la nutrition de quelques arbres à l’aide de Champignons souterrains en sym- biose avec leurs racines; M. Frank.... Sur le glycogène chez les Basidiomycètes ; M. Leo Errera....................... La grande période d’accroissement du pé- dicelle fructifère du Phycomyces; M. L. Sur l'adaptation anatomique du fruit des Champignons à la projection des spores ; M. W. Zopf...........,,...,,,....... Influence de la pesanteur sur la direction du mouvement des Chlamydomonas et des Euglena; M. F. Schwarz.......... Recherches sur les organismes patho- gènes; M. R. Koch....... esse .. BOTANIQUE DESCRIPTIVE. PHANÉROGAMES. Flore pittoresque de la France; éditée par M. J. Rothschild........ ms... Sur les méthodes en botanique systématique et principalement sur la méthode anato- mique ; M. L. Radikofer......... Synopsis des trois Règnes de la nature ; Botanique, tome 11. Botanique spéciale ; M. A. B. Frank...................... Bulletin mensuel de la Société Linnéenne ss Bulletin de la Sociéié Linnéenne de Nor- mandie (1883-84) .. ..... susrsresses Société dauphinoise pour l'échange des plantes, 12° bulletin, 1885.. ...v..... 233 91 Scrinia floræ selectæ, fasc.1v, 1885; M. Ch. Magnier.......................... Œsterreichische botanische Zeitschrift. .. Reliquiæ Rutenbergianæ; M. G. Vatke... Descriptiones plantarum novarum el minus cognitarum, fasc. 1x ; M. E. Regel..... Flora Europæ terrarumque adjacentium; M.M. Gandoger..................... Courtes Notes sur quelques plantes du Jar- dinet du Muséum de Berlin; M. I. Urban. Note sur quelques variations considérables observées chez les végétaux; M. A. Roujou De la naturalisation des plantes; M. J. Lamic........,.........,..,.,..,... C. Roper........................,... Monographie du genre Clematis; M. O. Kuntze............... PERTE EEE EET 237 102 207 165 97 14 15 49 219 156 238 Note sur l’Alyssum montanum L. des Pyré- nées; M. E. Timbal-Lagrave........... Observations sur les Arenaria gothica Fr. et ciliata L.; M. P. À. Genty.......... Observations sur quelques Passiflorées de l'Amérique tropicale occidentale ; M. M. T. Masters.......................... Les espèces du genre Oxalis et les rapports que présentent leurs modes de vie; M. Hildebrand...................... Un nouveau genre de Myrtacées ; "M. B. Scortechini......................... Quatre espèces nouvelles d’Eugenia chi- noises; M. H. F. Hance.............. Rubus nouveaux, avec un Essai de classifi- cation du genre; M. M. Gandoger..... Leguminosæ europeæ analytice elaboratæ;: M. V. de Janka.................... .. Quatre espèces nouvelles de Césalpiniées chinoises ; M. H. F. Hance............ Morphologie du genre Bauhinia ; M. I. Ur- ban........ DERRE ETES EEE EEE on... Essai monographique sur les Bupleu- rum, etc., de la Flore française de Gre- nier et Godron ; M. E. Timbal-Lagrave. Descriptio novi generis Rubiacearum ; M. B. Scortechini.......,........... Description d’une nouvelle espèce chinoise de Loranthus; M. H. F. Hance........ Naturalisation du Boltonia glastifolia L'Hé- rit. dans le Sud-Ouest; M. J. A. Guillaud. Note sur le Xanthium spinosum L.; M. J. Lamic...............,..... ........ Nouveaux Thyms rapportés du voyage de M. Sintenis en Troade; M. L. Celakowsky. Les Cycas du Jardin botanique de la ma- rine à Rochefort ; M. E. Peyremol.... Les Tulipes de l'Europe ; M. E. Levier... Nouv. espèce d'Albuca d’Aden; M.N.Ri- dley................................ Synopsis des espèces de Kniphofia du Cap; M. J. G. Baker...................... Amaryllideæ sinico-japonicæ; M. C. J. Ma- XIMOWICZ. ss... Monographie du genre Gethyllis : M. J.G. Baker ...............,..........., . Nouvelles Orchidées australiennes ; M. R. D. Fitzgerald....,.......,.........,.. Deux nouvelles Orchidées épiphytes; M. H. Un nouveau Pogonia chinois; M. K. Hance. Sur un nouveau Dendrobium de Siam ; M. H.N. Ridley................... ‘. Un nouvel Habenaria du Brésil ; M. H. N. Ridley............. ................ Florule du Roussillon : Cypéracées des Py- rénées-Orientales; M. E. Bucquoy.. Sur les Cyperus de l'Inde, etc.; M. C. B. Clarke ..........,....., sonssoonsouue Sur le Cyperus bulbosus Vahl (Sfandi arisi); M. H. Trimen............... Sur une nouvelle Cypéracée de Hongkong : ; M. H. F. Hance............ sos. .. 157 130 158 65 89 83 66 TABLE DES ARTICLES ANALYSÉS. Sur un nouveau Carex de Sumatra ; M. H. Note sur le Panicum vaginatum Kunth ; M. J. Lamic.....................,., . Flore des marais salés du département de l'Allier; M. H. du Buysson......... … Comptes rendus des principales herborisa- tions faites en 1884 aux environs de Bourges par les membres de la Société florale......................... co. Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, vol. XXXVIII (1884)................... Recherches sur la flore de la Loire ; M. J. Hervier........,.................... Supplément à la Flore des environs de Grand-Jouan; M. M.-J. Saint-Gal..... Notes sur quelques plantes du Sud-Ouest ; MM. E. Bonnet et J. A. Richter........ Recherches sur les plantes naturalisées dans le sud-ouest de la France; M. J. Recherches sur la flore du Sud-Ouest ; M. l’abbé Revel............. Flore de la Haute-Marne ; MM. A Daguin et L. Aubriot.. Étude sur des planches inédites de la Flore des Pyrénées de Lapeyrouse; M. E. Timbal-Lagrave...................... Notices sur diverses plantes, principalement de larég. méditerranéenne; M.J. Freyn.. Additions au Catalogue des plantes vascu- laires de la Corse publié par M. de . Marsilly; M.E. Petit...... PRESS Flore complète de la Belgique; M. A. de ....... Notizie intorno a certe piante raccolte a Castelporziano in quel di Roma ; M. N. Terraciano..................,...... . Flore des monts Nébrodes de Sicile; M.P. G. Strobl....... ....,...,......... Les Euphorbiacées du Portugal : M. J. Da- VEAU. soso see . Le Palmier nain dans la péninsule de Setu- bal; M. J. Daveau ......,............ Plantes recueillies pendant ‘T'expédition suéduise au Groenland en 1883 ; M. A. Berlin.............,....,...... c... Incrementa Floræ phenogamæ rossiC® ; E. E. R. de Trautwetter............ Illustrationes Floræ Atlanticæ ; M. E. Cosson (2° fasc.).......,............ . Rapport sur la mission botanique chargée en 1883 de l’exploration du nord de la Tunisie ; M. E. Cosson................ Forêts, bois et broussailles, etc., du nord de la Tunisie, etc.; M. E. Cosson...... Nouvelles plantes de Chine; M. W. B. Hemsley.......................... .. Catalogue des plantes recueillies aux envi- rons de Tché-fou par A. Fauvel; M. A. Franchet...............,.,... Documents concernant la flore du ‘sud ‘du 136 86 141 139 194 TABLE DES ARTICLES ANALYSÉS. Japon et lesiles Liu-kiu; M. A. Engler. Liste supplémentaire des plantes des îles Philippines; M. A. Rolfe....,.... ... Sur la flore des îles Philippines et son ori- gine probable ; M. R. A. Rolf.......... Nouvelles Contributions à la Flore de Ma- dagascar ; M. J. G. Baker.......,...... Nouvelles Contributions à la Flore de Ma- dagascar (fin) ; M. J. G. Baker,,...... Notes sur la Flore de Ceylan; M.H. Tri- MEN... vues sue . Contributions à la Flore de l'Amérique du Nord; M. Asa Gray.... ....,........ Contributions à la Flore du nord de la Pa- tagonie ; M. J. Ball.................. CRYPTOGAMES. Revue bryologique ; M. Husnot (1884, ns 46).......,..................... Revue bryologique ; M. Husnot (1885, n° {-4)...............,,,.,,.448. Muscologia gallica; M. Husnot.......... Bryologia fuegiana ; M. Ch. Mueller..…. Hépatiques récoltées à la Terre de Feu par M. C. Spegazzini ; M. C. Massalongo..…. Trochobryum, novum genus Saligeriacea- rum ; MM. J. Breidler et G. Beck..... Sylloge Fungorum; M. P. A. Saccardo, Vol. I.........,.,,,.,..0ss.se Recherches mycologiques ; M. Brefeld.…. Icones selectæ Hymenomycetum Fenniæ nondum delineatorum ; M. P. A. Karsten. Sur un nouveau Polyporus de la Basse- Autriche ; M. Richard................ Deux parasites du Bouleau, Polyporus be- tulinus Bull. et lœvigatus Fr.; par M. Mayr.........occcssocssessse. Essais heureux de la culture par spores du Merulius lacrymans; M. Polack.. Hysterangium rubricatum, espèce nouvelle d’Hyménogastrés ; M. R. Hesse....... Sur le développement des Gastéromycètes ; M. Fischer. ,..............,......... Notes sur quelques espèces de Gymnospo- rangium et de Chrysomyxa des États- Unis ; M. W. G. Farlow............... Sur le genre Ascomyces; M. C. Fisch..... Nouvelle Classification naturelle des Disco- mycètes charnus, connus généralement sous le nom de Pezizes; M. Boudier.…. Cryptica, nouveau genre de Tubéracées.. Sur la place à donner aux levûres dans la classification; M. Rees Micromycetes Sclavonici novi; MM. Schul- zer et Saccardo...........e..ssssss. Sur le genre Pestaloszia; essai monogra- phique ; M. P. Voglino.............. Sur le genre Corynelia; M. Winter..... . Sur le genre Cystopus Lév.; M. A. Zalewski. Notes sur un Champignon parasite sur un Potamogeton; M. W. G. Farlow...... . Étude du développement du Doassansia Sa- gittariæ ; M. Fisch. ........... su. 74 160 66 68 153 116 119 118 113 114 112 591 Notes sur quelques Ustilaginées des États- Unis; M. W. G. Farlow............... Énumération des Péronosporées des États- Unis; M. W. G. Farlow............... Contributions à la connaissance des Chy- tridiacées ; M. K. Fisch.............. Sur deux Chytridiacées nouv.; M. Fisch. Novakowskia, Chytridiée nouvelle; M. A. Borzi CREER Plasmodiophore Alni; M. H. Moeller.. Observations au sujet de la communic: ition de M. H. Moeller sur le Plasmodiophora Alni; M. Woronine......,............ Les Champignons- -animaux ou Champi- gnons mucilagineux ; M. Zopf...... . Fungi gallici ; MM. Saccardo et Malbranche Champignons nouveaux ou peu communs récoltés en Normandie ; MM. Malbranche et Letendre........,....,.... usure . Champignons nouveaux ou peu communs récoltés en Normandie (3° liste) ; MM. Malbranche et Letendre...... ... Excursions cryptogamiques. Champignons ; MM. A. Le Breton et Malbranche...... Contributions à la Flore mycologique de l'Ouest; M. P. Brunaud............... Contributions à la Flore mycologique de l'Ouest ; M. P. Brunaud............... Florule mycologique des environs de Bru- xelles; M"° Bommer et Rousseau.... Flore cryptogamique d'Allemagne de Ra- benhorst. Champignons ; M. Winter... Flore cryptogamique de Silésie. Champi- gnons ; M. Schræter................. Fungi Tridentini novi, etc.; M. J. Bresadola Notes sur quelques-unes des espèces pu- bliées dans les 3° et 11° centuries de Champignons de l'Amérique du Nord de Ellis; par M. W. G. Farlow........... Le groupe des Hyménolichens ; M.J. Johow Anatomie et classification des Glæoli- chens; M. J. Forsell..........,...... Catalogue annoté des Lichens du littoral de la baie de Bourgneuf (Loire-Inférieure) ; M. l'abbé Dominique................. Contributions lichénologiques ; M. J. Muel- ler Les Lichens du Jura de Franconie ; Arnold . Les Plantes -microscopiques des eaux douces ; M. O. Kirchner........,,.,.. Sur le polymorphisme des Algues; M. Hans- nm nn ss gir Les Cryptonémiacées; M. G. Berthold. Sur une Floridée épiphyte nouvelle : M. Mæbius......................,.., Dser valiones phycologicæ, particula quin- : De Laminariaceis nonnullis ; M. J. L. ‘Areschoug. Sur les Laminariées de Norvége ; M. Fos- He ss ecrrssssesss esse esnsorsere 240 TABLE DES ARTICLES ANALYSÉS. Sur le Phæothamnion, genre nouveau Les Algues de l’océan Arctique....... 106 d’Algue d’eau douce; M. G. von Lager- Monographie des Algues du Firth of Forth; heim....... ARR EEE EEE CET EE EEE 176| M.G. W. Traill............,........, 23 Diatomées du midi ‘de la France; M. H. Les Algues marines d’Allemagne et d’Au- Peragallo.............,............. 35] triche; M. F. Hauck................. 60 Sur le Stephanosphæra pluvialis Cohn; Phycologia medilerranea ; M. F. Ardis- M. G. Hieronymus.................. 50 SONB. «essor enessssesreue . 226 Sur le Chlorochytrium Cohni Wright et Contribution à la connaissance de l'algo- ses rapports avec les espèces voisines; logie romaine; M. E. Martel..... .... 176 M. G. von Lagerheim................ 177 | Croisière du « Corsaro » à Madère et aux Sur une Rivulaire apparue comme Fleur Canaries (Algues); M. Ant. Piccone.... 23 d’eau dans les marais de la Leba; Sur quelques Algues de l'océan Indien; M. Cohn......... snnrreoesssssessees 4101 M.F. Hauck............ ........... 181 PALÉONTOLOGIE. Traité de Paléontologie pratique; M.S. Remarques sur le Laminarites Lagrangii Meunier............................ 36| Sap. et Mar.; M. G. de Saporta....... 203 Sur les strobiles du Walchia piniformis ; Note sur la flore et le niveau relatif des M. J. Bergeron...................... 171| couches houillères de la Grand'Combe Note sur les Fougères du terrain houiller (Gard); M. Zeiller........ .......... 200 du nord de la France ; M. R. Zeiller.. 171 | Recherches sur la structure géologique Les Organismes problématiques des an- du bassin primaire de la Basse-Loire ; ciennes mers; M. de Saporta......... 127| M. Éd. Bureau....................... 201 Notes à l’appui de son Mémoire sur les Sur des traces d'insectes simulant des em- organismes problématiques des ancien- preintes végétales; M. R. Zeiller...... 173 nes mers ; M. G. de Saporta....... ... 202 | Note sur la compression de quelques com- bustibles fossiles; M. Zeiller.......... 199 MALADIES DES PLANTES. Contributions à la connaissance des ma- Hypertrophie des cônes à bourgeons des ladies de nos plantes cultivées; M. J. Caroubiers; M. L. Savastano.......... 38 Eriksson ............,............... 177 | La Maladie des Pommes de terre; M. J. Gommose caulinaire et radicale dans les Au- Eriksson. ............ .............. 61 rantiacées, Amygdalées, le Figuier, etc.; Rapport sur la maladie des Oliviers dans M. L. Savastano..................... 37| l'Hérault ; M. E. Prillieux............. 121 Influence du traumatisme sur la production Sur la nature et la production de la miel- de la gommose, etc.; M. L. Savastano.. 38 lée ; M. Boudier ...........,........ . 122 Nouvelles Observations sur le chancre des Le Puceron lanigère, ses ravages, etc.; Pommiers ; M. R. Gœthe............. 1231 M. R. Gæœthe........................ 124 Broussins de Champignons, tumeurs des Le Puceron lauigère, sa nature, etc.; Vignes causées par un Champignon ; MM. Muehlberg et Kraft.............. 125 M. F. von Thuemen.............:.... 120 | La Maladie du Noisetier, O0. Comes...... 221 La lutte contre les maladies des plantes de nos cultures; M. F. von Thuemen..... 228 MÉLANGES. Le Potager d’un curieux ; MM. A. Pailleux de la germination des Mousses; M. S. 0. Qt D. BOiS....seeers esse ere 179] Lindberg ........................... 21 Le Jardin de Buitenzorg à Java; M. H.de Instructions pour la formation et la conser- Solms Laubach...,...............,.. 17 vation d’un herbier de Lichens; M. 0.J. Philosophie de la silviculture ; M. E. Gui- Richard... ss... 28 LA 0 RP 142 | Les Botanistes lyonnais : 1. Claret de la Plantes de Fourmis de Parchipel Indo- Tourrette ; M. A. Magnin............-. 93 Malais et de la Nouvelle-Guinée; M. O0. Guide du botaniste et du géologue dans la Beccari.,.............,............. 216] région de Cauterets; M. Joseph Vallot. 230 Dates historiques relatives à la connaissance NOUVELLES.......,............ ..... … 48, 96, 144, 191, 234 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES CONTENUES DANS LE TOME TRENTE-DEUXIÈME. (Deuxième série. — TOME VIL.) N. B. — Les noms de genre ou d'espèce rangés par ordre alphabétique sont les noms latins des plantes. Ainsi, pour trouver Bruyère, cherchez Calluna, etc. Les chiffres arabes se rapportent aux Comptes rendus des séances de la Société; les chiffres ro- mains, à la Session extraordinaire; les chiffres arabes entre crochets [], à la Revue bibliogra- phique. A Abies pectinata. Sapin dépourvu de branches, 142. — Pinsapo (L’aire géographique en Espagne de Pl), 366 ABZAC DE LADOUZE (marquis d’). Lettre sur des plantes nouvelles ou rares pour le Périgord, 332. Acacia cornigera [217]. Académie des sciences de Paris (Prix décernés par l’) [235]. Additamenta Catalogi plantar. vasc. indig. corsicarum, edit. de Mar- silly [191]. Aden (Arabie) (Herboris. dans les montagnes volcaniques d’), 343. — (Nouvelle espèce d'Albuca d’) [8]. Ægilops ovata et var.en Algérie, 397. Aérotropisme [12]. Afrique (Plantes d’), 106 [8] [23] 163] [68] [193]. AGARDH (J.-G.) nommé correspondant de l’Académie des sciences de Paris [48]. Agrostis tenacissima Jacq. découvert dans la Haute-Garonne, 253. Albuca Yerburyi Ridley sp. nov. [8]. Alençon (Plantes des envir. d”) [90]. Algérie (Flore d’). Sur deux Amaryl- lidées nouvelles pour la flore de l'Algérie, 143. — Sur quelques T. XXXII. plantes d’Algérie rares, nouvelles ou peu connues, 336. — Additions à la flore d’Algérie (Graminées), 394. -— Acanthus spinulosus Host, 342. — Ægilops brachyathera Pomel, cylindrica Host et ovata L., 397, 398. — Agrostis alba L. et var. et Reuteri Boiss., 395.— Aira flexuosa L., 396. — Alopecurus brachysta- chys M. B., fulvus Sm. et macros- tachyus Poir., 395.—A mpelodesmos tenax Link et var., 396. — Anacy- clus linearilobus Boiss. et Reut., 340. — Anthemis Cupaniana To- daro, 340. — Arrhenatherum ela- tius Mert. et Koch,396.— Astraga- lus depressus L., 338. — Avena australis Parl. et bromoides Gouan var. grandispiculata Hackel, 395. — Bromus Alopecuros Poir., neglec- tus Parl. et sterilis L., 397. — Bu- pleurum Balansæ Boiss. et Reut., Columnæ Guss. et glaucum Robert et Castagne, 339. — Calamintha menthæfolia Host et officinalis Mœnch, 342. — Carregnoa humi- lis J. Gay, 143. — Centaurea Seri- dis L., 341. — Cirsium kirbense Pomel, 340.— Cratægus monogyna Jacq. var. triloba, 339. — Dac- tylis glomerata L. et forma, 396. — Delphinium longipes Moris, 16 249 336. — Ephedra nebrodensis Ti- neo, 343. — Erodium medeense Batt., 338.— Festuca atlantica D. Jouve et ovina L. et subsp., 397. — Fumaria rupestris Boiss. et Reut., 336. — Galium verticil- latum Danthon, 339. — Genista sarotes Pomel, 338. — Helianthe- mum macrosepalum Dun., 337. — Helosciadium crassipes Koch, 339. — Holcus mollis L. var. triflo- rus Batt., 396. — Iberis amara L., 337.— Kœleria crassipes Lange et pubescens P. B. et var., 396. — Lavatera arborea L. et stenope- tala Goss. et Dur., 337. — Leersia hexandra Sw., 394. — Linaria virgata Desf., 341.— Linum Aris- tidis Batt. sp. nov., corymbiferum Desf. forma villosa et strictum L. var. laxiflorum G. et G., 337.—Lu- pinus linifolius Roth, 338.— Lych- nis Cœli-Rosa Desv., 331.— Melica ciliata L. et var., 390. — Myrio- phyllum alterniflorum DC., 339. — Narcissus elegans Spach var. in- lermedius J. Gay, 144.— Nardurus unilateralis var. aristatus Coss., 397. — Ononis cenisia L., 338. — Orobanche Epithymum DC., 342. — Papaver dubium L., 336.— Pas- palum distichum L., 394. — Pha- laris bulbosa L. et minor Retz var. integra Batt., 394, 395. — Phelipæa Schultzii Walp., 342. — Phleum Gerardi AÏl., 395. — Pistorina Salzmanni Boiss., 339. — Plan- tago intermedia Gilib., 342. — Poa alpina L. et Djurdjuræ Trab., 396, 397. — Podospermum laciniatum DC. et var., 341. — Polygonum amphibium L. et aviculare L. var. herniarioides, 343. — Potentilla recta L., 339. — Poterium Duriwi Spach, 339. — Pulicaria dentata DC. et vulgaris Gærtn., 339, 340. — Pyrethrum Clausonis Pomel, 340. — Ranunculus palustris L. var. macrophyllus, 336. — Romu- lea Linaresii Parl., 342. — Sedum stellatum L., 339, — Senecio vul- SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. gari-humilis, 340. — Serratula tinctoria L., 341.— Sonchus glau- cescens Jord., 341. — Stipa gigan- tea var. planifolia Batt. et tortilis L. var. pilosa Bait., 395. — Thy- mus lanceolatus Desf., 342.— Um- bilicus erectus DC. et gaditanus Boiss. et Reut., 339. — Veronica didyma Ten., 341.— Vicia fulgens Batt. sp. nov., 338. — Vulpia Alo- pecuros Link et longiseta Hackel, 397. — Voy. Cosson. Algologie romaine (Contribution à la connaissance de l) [176]. Algues, 119 [21] [23] [49] [50] [54] [98] [110] [176] [177] [180] [194] [197] [222] [224] [226]. — marines d'Allemagne et d’Autriche [60]. — de la Campagne romaine [176]. — récoltées dans les marais du Haut-Butté (Ardennes), LXXXIV. — de Madagascar, 16. — de l’océan Arctique [106].— de l'océan Indien [181]. — nouvelles des environs de Paris, 208. — (Tubes criblés des) [981]. — Voy. Bornet. Allemagne (Algues d’) [60] [63]. — (Flore cryptogamique d’) [161]. — (Lichens d’) [60]. Allier (Flore des marais salés de l) [183]. Allium Cristophi Trautv. sp. nov. [72]. — fallax Don., 53. Alopecurus arundinaceus Poir. nou- veau pour la flore de France, LXXIL. Alpes-Maritimes (Viola des), 239. Alsine cerastifolia Fenzl, 49. Alsomitra brasiliensis (Fleur femelle de l) [761]. Alsophila Bakeri Leiller sp. nov., gi- gantea Wall. et latebrosa Wall., 12, 73. Altobellia (Crucifères) Gandog. nov. gen. [43]. Alyssum montanum L. (Sur l) des Pyrénées [42]. Amandes amères (Germination des) [14]. Amanita muscaria Fr. (Qualités co- mestibles de l’), 356. Amaryllideæ sinico-japonicæ |15]. TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. Amaryilidées (Deux) nouvelles d’Al- gérie, 143. Amérique (Plantes d’) [4] [33-35] [41] [697 [111] [118] [119] [157] [159] [180] — australe (Mousses nouvelles de l”), LIV.— du Sud (Graminées nouvelles de l”}, 243. Amidon dans les plantules germant à l’obscurité, 374. ‘ Ampelopsis (Disques adhésifs des vrilles des) [149]. Amsinckia lycopsoides entre Mantes et Meulan (Seine-et-Oise), 236. Amygdalées (Gommnose des) [37] [38]. Anäbæna laxa Al. Braun, 120. Anagallis phœænicea et cœrulea (Ca- ractère distinctif des), 123. Anatomie végétale [11] [15] [80] [82] [134] [222]. — des Euphorbiacées [26] — du Macrocystis luxurians [97]. —des pédoncules [79].— de la Sagittaire, 220. — de la tige des Strychnos, 92. Androsace rotundifolia Hardw. var. axillaris et dissecta, et strigillosa var. mutica et spinulifera, 10, 11. Andryala integrifolia var. longipes E. Petit [191]. Anemone cœlestina Franchet sp. nov., 4. — narcissiflora L., 47. —nemo- rosa (Développement et structure des rhizomes d’), 167. Angelica gracilis Franchet sp. nov. [78]. Angiopteris erecta Hoffm. var. cuspi- data Blume, 78. Anguillule des racines [178]. Anneau mécanique (Sur l'interruption de l”) pour laisser passer les pro- duits de l'assimilation [9]. Annonces, voy. Nouvelles. Anomalies, voy. Monstruosités. Anona reticulata (Fruit de l”) [82]. Anthères (Structure et déhiscence des) [203]. _ Antrophyum angustatum Brack, 78. Apodocephala (Gomposées - Eupato- riées) Baker nov. gen. de Mada- gascar [153]. — pauciflora [154]. Aposporie des Fougères [100]. Arabie (Plantes d’), 343 [8]. 245 Arabis ciliata Koch, 48.— Thaliana L. var. pusilla E. Petit [191]. Arctique (Algues de l'océan) [106]. Arctophthaimus (Renonculacées-Fu- mariacées) Gandog. nov. gen. [43]. Ardennes (Mousses des), x11. — fran- çaises (Herborisations dans les), x1x. ARDISSONE (Fr.). Phycologia mediter- ranea, parte 1° Florideæ [226]. Arenaria gothica Fries et ciliata L. de la chaîne jurassique [187]. ARESCHOUG ( J.-E. ). Observationes phycologicæ [180]. Arilles (Structure des) des Légumi- neuses [83]. Aristida Aristidis et tunetana Coss. sp. nov. [139]. Aristolochia (Diplolobus) Fordiana et Westlandi Hemsl. sp. nov.[194]. Arizona (Genres nouveaux de l’) [69]. ARNOLD (F.). Les Lichens du Jura de Franconie [63]. Artemisia. Révision des Armoises alpines des Pyrénées centrales, 253. — Mutellina Nil, 51, 255. — oli- gantha var. A. Mutellinæ, 255. — rupestris Vil. et var. minima, 254. + Asa GRAY. Contribution à la flore de l'Amérique du Nord [69]. Asclépiadées nouv. de l’Arizona [69]. Ascobolus Marchalii Bomm. et Rouss. sp. nov. [199]. Ascomyces (Sur le genre) [57].—en- dogenus C. Fisch. sp. nov. [58]. Asie (Plantes d’), 3, 26, 343 [1] [40] [66] [74] [75] [78] [158]. — Mi- neure (Plantes d’) [86]. Asimina triloba (Fruit de l) [82]. Aspidium acanthophyllum Franchet sp. nov., 28. — (Pleocnemia) mem- branaceum Hook., 75. Asplenium decussatum Wall., drepa- nophyllum Baker, elongatum Sw., normale Don., et tenerum Forst., 74, 75. — (Diplazium) Doderleinii Luerssen sp. nov. [74]. — yunna- mense Franchet sp. nov., 28. Astragalus (Surle genre), 191.— Cri- stophi et Maximowiczi Trautv. sp. nov. [72]. Athyrium Filix-fæœmina (Un mode de 244 développement de P) [100]. AuBrioT (L.) et DAGuIN (A.). Flore de la Haute-Marne [185]. Aulne (Champignon parasite de |) [126]. Aulosira (Sur le genre), 119. — èm- plexa Bornet et Flahault sp. nov., 121. — laxa Kirchner, 120. Aurantiacées (Gommose des Orangers) [37] [38]. Australie (Orchidées nouv. d’) [158]. Aulofécondation d’Orchidées tropica- les [215]. Autriche (Algues d’)[60].—(Polyporus nouveau de la Basse-) [111]. — Champignons du Trentin [30]. Auxospores du Cocconema Cistula Ehr., XLVII. Aveyron (Flore de l’}), 286. B BACHMANN (E.). Structure et rôle bio- logique des arilles de quelques Légumineuses, en particulier du Sarothamnus scoparius [83]. Bœa rufescens Franchet sp. nov. [76]. Baileya (Linées-Térébinthacées) Gan- dog. nov. gen. [43]. BAILLON (H.). Une nouvelle Cucurbi- tacée anormale [75]. — La fleur fe- melle de l’Alsomitra brasiliensis [76]. — Sur le genre Tribeles [76]. — Liste des plantes de Madagascar [77] [150]. — Constitution du genre Dombeya [151]. BAKER (J.-G.). Nouvelles contributions à la flore de Madagascar [68] [153]. — Monographie du genre Gethyllis [160] — Synopsis des espèces de Kniphofia du Cap [193]. BALANSA (B.). Graminées nouvelles de l'Amérique du Sud, 243. BALL (J.). Contributions à la flore du nord de la Patagonie et du terri- toire adjacent [4]. Barbarea Martrinii Clos, 364. BARBICHE (abbé). Muscinées récol- tées pendant l’herhorisation de la Société dans les bois de Ja Have- tière (Ardennes), LXXV. — Une pro- v— SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. menade aux environs de Charleville, xcui. —— Note sur une excursion dans les fortifications de Mézières, XCV- Barbula Arenæ LIX. Barbula Savatieri Besch. sp. nov., LIX. Barringtonia intermedia Miers (Sur le), 180. Basidiomycètes (Le glycogène des) [97]. Basses-Pyrénées (Trichomanes spe- ciosum dans les), 330. BATTANDIER (A.). Sur deux Amarfili- dées nouvelles pour la flore de l’AI- gérie, 143. — Notes sur quelques plantes d’Algérie rares, nouvelles ou peu connues, 336. Bauhinia (Morphologie du genre) [83]. BazoT (L.). Souvenir d'herborisations dans les Ardennes françaises, XIX. — Obs., XLvVII. BECCARI (0.). Plantes à Fourmis de l'archipel [ndo-Malais et de la Nou- velle-Guinée [216]. BECK (G.). Voy. Breidler. Begonia socotrana D. Hook. (Sur le), 58. BEL (J.) a découvert l'A grostis tena- cissima Jacq. dans la Haute-Ga- ronne, 253. Belgique (Flore complète de) [189]. — (Champignons de) [198]. — (So- ciété royale de botanique de) à la session extraordinaire de Charle- ville, 1. BezzunG (E.). Sur le développement de l’amidon dans les plantules germant à l'obscurité, 374. — Obs., 379. BERGERON (J.). Note sur les strobiles du Walchia piniformis [171]. BERLIN (Aug.}. Plantes recueillies pen- dant l’expédition suédoise au Groen- land en 1883 [154]. BERNIMOULIN (E.). Note sur la division des noyaux dans le Tradescantia virginica |102]. Berteroa obliqua DC. var. macror- rhiza Terracc. [141]. Besch. sp. nov. TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 245 BERTHOLD (G.). Les Cryptonémiacées [21]. BESCHERELLE (Em.). Allocution, 1. — Notice nécrologique sur Edm. Bois- sier, 325. — sur J.-E. Duby, 371.— Discours d'ouverture à la session de Charleville, v. — Mousses de l’Amé- rique australe, LIV. — Rapport sur lherborisation faite par la Société à Laifour et Revin (Ardennes), LXxv' — Don, 2 — Obs., 91, 156. Betterave (Saccharogénie dans la) [102]. Betula pubescens Ehrh., 53. Biographies : Edmond Boissier, 325. — J.-E. Duby, 371. — Claret de la Tourrette [93]. Blindia churuccana Besch. sp. nov., LVL. Boerhavia Commersoni Baillon sp. nov. [150]. Bois (D.). Voy. Pailleux. BoissiER (Edm.) nommé correspon- dant de l’Académie des sciences de Paris [48]. — Lettre sur les Melica ciliata et nebrodensis, 126. — Sa mort, 325 [191]. — Notice nécrolo- gique, 325. — Liste de ses travaux, 326. Boltonia glastifolia L'Hérit. (Natura- lisation en France du) [41]. Bouuer (Mme E.) et ROUSSEAU (Mme M.). Florule mycologique des environs de Bruxelles [198]. BonneT (Edm.) et RICHTER (J.-A.). Note sur quelques plantes du Sud- Ouest [92]. BoNNiER (G.). Remarques sur le dé- veloppement et la structure des rhizomes de l’Anemone nemorosa, 167. — présente des Verbascum à fleurs prolifères, 293. — Obs., 54, 55, 185, 378, 390. — Élé- ments de botanique [143]. — et MAnGIN (L.). Sur la respiration des plantes aux différentes sai- sons, 475. — Note sur l’action chlorophyllienne, 204. — Sur les échanges gazeux entre les plantes vertes et l'atmosphère dans les ra- diations bleues, violettes et dans les radiations obscures ultra-vio- lettes, 368. — Sur les variations de la respiration avec le développe- ment [102]. — L'action chloro- phyllienne séparée de la respiration [211]. — Sur la respiration des vé- gétaux [212]. — Variations de la respiration avec le développement chez les végétaux [213]. Borbasia (Alsinées-Elatinées) Gan- dog. nov. gen. [43]. BorNET (Ed.) nommé chevalier de la Légion d'honneur, 156 [48]. — Algues de Madagascar récoltées par Ch. Thiébaut, 16. — et FLAHAULT (Ch.). Sur le genre Aulosira, 119, Borraginées américaines (Révision de quelques genres de) [70]. Borzi (A.). Rhizomyxa, nouveau genre de Phycomycètes [168]. — Nowakowskia, Chytridinée nouvelle [169]. Botanique (Cours de) [134]. — (Élé- ments de) [143]. — populaire illus- trée [233]. — (Revue autrichienne de) [87].— spéciale (Synopsis des trois règnes de la nature) [80]. — (Traité de) agricole et industrielle [132]. Botaniste (Guide du) dans [a région de Cauterets (Hautes-Pyrénées) [230]. Boupier. Description de quelques es- pèces nouvelles de Champignons ba- sidiosporés, 282. — Sur la nature et la production de la miellée [122]. — Nouvelle classification naturelle des Discomycètes charnus, connus généralement sous le nom de Pe- zizes [129]. BouiLLé (R. de). Lettre sur le Draba pyrenaica L., 194. BouLay (abbé). De l'influence chi- mique du sol sur la distribution des espèces végétales, xLIL. — Observa- tions sur l’article précédent, XLV.— Note sur uue excursion faite aux escarpements de Robersart, sur la Semoy (Ardennes), XCVH. Bouleau (Parasites du) [163]. BouquET DE LA GRYE. Voy. Rothschild. Bourges (Herbor. aux env. de) [182]. 246 Bower (F.-0.). Sur l’aposporie chez les Fougères [100]. Branches (Sapin dépourvu de), 142. BRÉaL. Fixation des zoospores du Chlamydomonas pulvisculus sous l'influence de la lumière, 238. BRereLb. Recherches sur l’ensemble de la Mycologie [52]. BretpLer (J.) et BECK (G.). Trocho- bryum, nouveau genre de Séligé- riacées [117]. BREsADOLA (J.). Fungi Tridentini novi [30]. Brésil (Habenaria nouveau du) [159]. BRETON (Le). Voyez Le Breton. Breutelia aureola Besch. sp. nov. brachycoma Besch. sp. nov. et Ha- riotiana Besch., LXVI, LXVII, Brillantaisia Rutenbergiana Vatke sp. nov. [153]. Brousmicue. Lettre sur la flore du Tonkin, 182. Broussins de Champignons [120]. BrunauD (P.). Contrib. à la flore my- cologique de l’Ouest[33][175][229]. Bruxelles (Florule mycologique de) [198]. Bryologia fuegiana [119]. Bryologie, voy. Mousses. Bryonia syriaca Boiss. nouveau pour la France [191]. Bucquoy (Eug.). Florule du Roussil- lon : Cypéracées [85]. Buettneria Grandidieri Baillon sp. nov. [151]. Bulletin de la Société Linnéenne de Normandie [90]. — mensuel de Ja Société Linnéenne de Paris [75] [1501]. Bupleurum (Monographie des), sec- tions Perfoliata, Reticulata et Co- riacea de la flore française [42]. BUREAU (Ed.) présente un ouvrage de MM. de Saporta et Marion, 187. — Obs., 16, 273. — Recherches sur la structure géologique du bassin primaire de la basse Loire [201]. Bureau et Conseil de la Société pour 1886, 399. BUYSsoN (H. du). Flore des marais salés du dép. de l'Allier [183]. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. C Cabombées (Structure des), 380. Cactées (Valeur morphologique des cellules annelées et spiralées des), 103. Cadaba madagascariensis Baillon sp. nov. [77]. Cœæsalpinia (Guilandina) minax Hance sp. nov. [6]. Californie (Genres nouveaux de) [69]. CALLAY (A.). Rapport sur l’herborisa- tion faite par la Société aux envi- rons des Hautes-Rivières et de Lin- champs (Ardennes), LXXXVII. Callitriche hamulata Kütz., 50. Calluna vulgaris Salisb. Recherches chimiques et physiologiques sur la Bruyère commune [78]. Calophanes Buchenavii et Clarkei Vatke sp. nov. [153]. Calosiphonia neapolitana Berthold sp. nov. [23]. Campagne romaine (Plantes récoltées à Castelporziano dans la) [141]. Campanula persicifolia (Sur un or- gane réduit du) [84]. Campylopus crassissimus Besch. sp. nov., flavissimus C. Muell., laniger Besch., orthocomus et saddleanus Besch. sp. nov., LVI, LVII, LVI. Camus (G.) présente des échantillons de Scilla bifolia à fleurs polymor- phes, 119. — avec quelques obser- vations, son ouvrage intitulé : Ico- nographie des Orchidées des en- virons de Paris, 329. — Notes sur les Orchis militaris L., purpurea Huds., Simia Lamk, leurs variétés et leurs hybrides dans la flore part sienne, 213, 273. — Sur une variété nouvelle de Polygala calcarea, 366. — Une herborisation à Chambly (Oise), 392. Canaries (Algues des) [23]. | Canaux à gomme des Sterculiacées, 11. — sécréteurs (Les gaines mé- caniques des) [10]. — sécréteurs des plantes [218]. D IR ES TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 247 Cap (Kniphofia du) [193]. — (Gethyl- lis du) [160]. Capparis Antanossarum, Grandidieri et Richardi Baïllon sp. nov. [77]. CARDOT (J.). Les Mousses des Arden- nes, xI11. — Note sur des Sphagnum et sur l’Andreæa commutata [116]. Carex capillaris L., Davalliana Sm. et rupestris Al, 53. — macros- tylon découvert dans les Pyrénées- Orientales [86]. — tartarea Ridley sp. nov. [66]. Caroubiers (Maladie des) [38]. Carregnoa humilis J. Gay, Amaryl- lidée nouvelle pour l’Algérie, 143. — dubia Perez, 145. Caryophyllées (Péricycle des), 275. Catalogue des plantes phanérogames et cryptogames des environs d’Alen- çon [90]. — des plantes de l’Avey- ron, 286. — des plantes vasculaires de Corse [191]. — des plantes vas- culaives de la Haute-Marne [185|. — des Lichens de la Loire-Inférieure [65]. — des plantes des environs de Tche-Fou [78]. Cauterets (Hautes-Pyrénées) (Guide du botaniste et du géologue dans la région de) [230]. — (Plantes ano- males de), 67. — (Plantes rares ou critiques de), 47. Cauver. Cours de botanique [134]. CELAKOvSKY (Dr Lad.). Nouveaux Thyms rapportés du voyage de M. Sintenis en Troade (Asie Mi- neure) [861]. Cellules annelées et spiralées (Valeur morphologique des) des Cactées, 103. Centaurea kroumirensis Coss. sp. nov. [1391]. Centauropsis Rutenbergiana Vaike sp. nov. [153]. Cerasus Laurocerasus (Chute des feuilles sur le), 55. Ceropegia trichantha Hemsl. sp. nov. [194]. Césalpiniées nouvelles de Chine [6]. Ceylan (Flore de) [158]. — et de Ma- dras (Le Cyperus bulbosus Vahl de) [8]. Chætonema irregulare Nowak., 208. Chaleur (Influence de la) sur la fécon- dité des fleurs [13]. Chamærops humilis L. Le Palmier nain dans la péninsule de Setubal (Portugal) [44]. Chambly (Oise) (Herborisation à), 392. Champignons, 45, 146, 184, 251, 356, 379, vur, XL [14] [15] [27] [28] [30-35] [491 [52-59] (971 1111] [113] [120][1291[161-170][173-176][198]. — de l'Amérique du Nord [35]. — nouveaux de Normandie [31] [174]. — animaux [167]. — basidiosporés nouv., 282. — parasites [112] [126] [163] [228]. — souterrains [165]. Chancre des Pommiers [123]. Charleville (Ardennes) (Session extra- ordinaire de la Société en 1885 à), I-CIV. — (Séances à), V, XLII, LI — (Promenade aux environs de), XCHE. Chasmanthera uviformis Baillon sp. nov. [77]. CHATIN (Ad.) nommé Président de la Société pour 1886, 399. Chenopodium bryoniæfolium Bunge sp. nov. [72]. Cher (Flore du) [182]. Cherbourg (Plantes de) [90]. Chimie végétale [78]. Chine (Plantes de) 3, 264 [6] [7] [65] [66] [75] [76] [78] [193] [194]. Chirita (Euchirita) Fauriei Fran- chet sp. nov. (Cyrtandracée) [76]. Chlamydomonas (Mouvement des) [49]. — pulvisculus (Fixation des zoospores du) sous l'influence de la lumière, 238. Chlorochytrium Cohnii Wright et ses espèces voisines [177]. — inclusum Kjellman sp. nov. [109]. Chlorophylle (Fluorescence de la) dans les feuilles [10]. Chlorophyllienne (Action), 204 [211]. — (Fonction) [209]. Chlorophytum RutenbergianumVaike sp. nov. [153]. Chlorothecium (Palmellacées) Borzi nov. gen. [1761]. Chromatophores (Contrib. à l'étude 248 des) [170].— (Répartition des) chez les Phycochromacées [54] [194]. Chroococcus Zopfii Hansg. sp. nov. [196]. Chroodactylon Wolleanum Hansg. sp. nov. [194]. Chrysomyxa des Etats-Unis [111]. Chrysosplenium Davidianum Dene, 6. — Delavayi et yunnanense Franchet sp. nov., 7. Chuquiraga Kingii Ball sp. nov. [61]. Chute des feuilles, 55. Chytridiacées (Contrib. à Ja connais- sance des) [56[. — nouvelles [169]. Chytridium (Etude du genre) [56]. Cinnamomum Doderleinii Engler sp. nov. [75]. CiNTRACT (D.). Rapport sur l’excursion de la Société à Givet et Charlemont (Arden.), LXXxIX.— Sur deux excur- sions préparatoires (Mont-Olympe, Dames de Meuse, Fumay), xc. Circæa alpina L., 8. Cirsium glabrum DC. et rivulare Link, 52. — Kirbense Pomel, 340. Cladium ensigerum Hance sp. nov. [66]. CLARET DE LA TOURRETTE [93]. CLARKE (C.-B.). Cyperus de l’Inde, avec des remarques sur quelques autres dont l'étude peut servir à fixer les subdivisions du genre [1]. CLAVAUD (A.). Flore de la Gironde [134] [230]. Cleisostoma formosanum Hance sp. nov. [7]. Clemalis (Monographie du genre) [156]. — aphylla, commutata, Me- choviana, Oliveri, perulata, pseu- do-Atragene, pseudo-grandiflora, pseudo-orientalis, stipulata, sub- slipulala, tibetana et Welwitschii Kuntze sp. nov. [157]. — Flam- mula L. var. serotina Terrac. [141]. Cleome aurea et cypria Celakovsky sp. nov. [87]. CLos (D.). D’un nouveau caractère dis- unctif des Anagallis phœnicea et cœruleu, 123. — Sur la végétation d'un coin méridional du départe- ment du Tarn (montagne Noire), SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 361. — Examen critique de la durée assignée à quelques espèces, 393. — Lettre sur l’archégone et le fruit des Muscinées, 151. Cocarpas (Edm.). Le Penicillium-fer- ment dans les extraits pharmaceu- tiques, 146. Cocconema Cistula Ehr. (Auxospores du), XVLHI. Cochinchine (Plantes de) [40]. Codornia Gandog. nov. gen. [43]. Con (F.). Sur une Rivulariée appa- raissant comme Fleur d'eau dans les marais de la Leba [110]. — Voy. Schræter. Combustibles fossiles [199]. Comes (0.). Sur la maladie du Noise- tier, etc., causée par les basses tem- pératures [227]. Commissions annuelles, 20. Concrescence des racines, 249. Conidiobolus minor et utriculosus [521. Conifères (Tiges des arbres) [180]. Constantinea? Thiebauti Bornet sp. nov., 18. Contributions à la flore mycologique de l’Ouest [33] [175] [229]. — à la flore de Madagascar [153]. Convallaria maialis (Zone d’accrois- sement du), 195. Coprinus ligrinellus Boud. sp. nov., 285. CoRBiÈRE. Herboris. aux environs de Cherbourg (Manche) [90].— Note sur le Potamogeton Zizii Mert. et Koch [91].— Compte rendu de l’excursion faite par la Société Linnéenne de Normandie dans la Hague [91]. Coreopsis coronata X Drumondii Urb. [74]. Corse (Plantes vasculaires de la) [191]. Corylus Davidi Baillon var. cineras- cens, 21. Corynelia (Sur le genre) [53]. Cosson (E.). Observations sur la clas- sification des Crucifères, 294.— Ex- ploration de la Kroumirie centrale, 296. — Don, 208. — Obs., 38, 229, 272, 213. — Illustrationes Floræ Atlanticæ, fase. 2[138].— Rapport TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. à M. le Ministre de l’Instr. publ. sur la mission botanique chargée en 1883 de l'exploration du nord de la Tunisie [139]. — Forêts, bois et broussailles des principales localités du nord de la Tunisie explorées en 1883 par la mission botanique [140]. COSTANTIN (J.). Observations critiques sur l’épiderme des feuilles des végé- taux aquatiques, 83. — Obs. sur l'article précédent, 90, 91, 100. — Recherches sur la Sagittaire, 218. — Influence du milieu aquatique sur les stomates, 259. — Sur la struc- ture des feuilles du Nymphæa ru- bra et du Nuphar luteum, XV. — Rapport sur l’herborisation faite par la Société aux environs de Vendresse et à la forêt Mazarin (Ardennes), LXXXV. — Obs., 175. — Rech. sur l'influence qu’exerce le milieu sur la structure des racines [146]. — et Durour (L.). Contributions à l’étude de la tige des Lécythidées, 115. — et MonoT (L.). Sur l’origine des faisceaux libéro-ligneux surnumé- raires dans la tige des Cycadées, 173. Couches houillères de la Grand’Combe (Gard) [200]. — ligneuses (Phéno- mènes de soudure des), 80. COURCIÈRE. Sa mort, 925. Cratæva Greveana et? suarescensis Baillon sp. nov. [77]. Creaghia (Cinchonées) Scortechini, nov. gen. de Malaisie [7]. — fra- græaopsis [7]. CRÉPIN (F.) nommé Président de la Session de Charleville, iv. — Allo- cution, vil. — Sur l’inégalité de va- leur des espècesditeslinnéennes, LIT. Crotalaria Bernieri, Hildebrandtii et Perviliei Baillon sp. nov. [77].— Schweinfurthi Def. sp. nov. 348. Crucifères (Observations sur la classi- fication des), 294. Cryptica, genre nouveau de Tubéra- cées [27]. — Cryptica lutea [27]. Cryptocarya Pervillei Baillon sp. nov. [77]. Cryptogames vasculaires (Spores chez les) [207]. 249 Cryplonémiacées (Les) [21]. Clenium polystachium Bal. sp. nov., 244. Cucurbitacées (Formes singulières de), 383. — anormale (Nouvelle) [75]. Culture (Modifications des plantes par la), 101. Cyananthus barbatus Franchet sp. nov., 9. Cyathea Brunonis Wall., 72. Cycadées (Tige des), 173. Cycas de Cochinchine à Rochefort [40]. Cyclea madagascariensis Baillon sp. nov. [77]. Cyclocarpa (Légumineuses) Afzel. et Urban nov. gen. [74]. — stellaris Afz. [74]. Cypéracée nouvelle de Hong-kong [66]. — des Pyrénées-Orientales [85]. Cyperus de l'Inde [1]. — argentinus Atkinsoni, benghalensis, Kurzii, paraguayensis, sulcinur et turgi- dulus Clarke sp. nov. [4]. — bul- bosus Vahl (Sur le) [8]. Cyphella dumetorum Bomm. et Rouss. sp. nov. [198]. Cypripedium plectrochilum Franchet sp. nov., 21. Cyrtandracées nouvelles de la Chine [76]. Cystopteris japonica Luerssen sp. nov. [75]. Cystopus (Sur le genre) [28]. Cytisus decumbens Walp., 50. D DaGuiN (A.). Voy. Aubriot. Davallia contigua Swartz et Emer- soni Hook. et Grev., 74. Daveau (J.). Le Palmier main dans la péninsule de Setubal (Portugal) [44]. — Euphorbiacées du Portugal [45]. DEFLERS (A.). Herborisations dans les montagnes volcaniques d’Aden, 343. DERÉRAIN et MAQUENNE. Sur l’émis- sion d’acide carbonique et l’absorp- tion d'oxygène des feuilles mainte- nues à l’obscurité [212]. — Sur la 250 respiration des feuilles à l’obscu- rité [213]. DELAvVAY (abbé). Voy. Franchet. Dendrobium atractodes Ridley sp. nov. [158]. Dendrosicyos Jaubertiana Baillon sp. nov. (Cucurbitacée) [76]. Dentaria repens Franchet sp. nov., 5. Descriptiones plantarum novarum et minus cognitarum [72]. Diatomées récoltées aux environs de Vendresse (Ardennes), LXXXVIL. — du midi dela France [35]. Dichætanthera Rutenbergiana Baïl- lon sp. nov. [153]. Dichodontium Paludella Besch. sp. nov., LV. Dicoryphe laurina et macrophylla Baïll. sp. nov. [150]. Dicotylédones (Tiges des arbres) [180]. Dicranum australe Besch., Harioti C. Muell. et rigens Besch. sp. nov., LV, LVL. Dictyostelium mucoroides [52]. Dictyota Atomaria Hauck sp. nov. [181]. Didissandra Mihieri Franchet sp. nov. (Cyrtandracée) [76]. Didymochlæna lunulata Desv., 75. Dioscorea Batatas. Influence de la sécheresse sur la structure de lI- gname de Chine, 156. Discomycètes charnus (Classification naturelle des) [129]. Diuris tricolor Fitzgerald sp. nov. [158]. Division (Phénomènes de la) communs aux végétaux et aux animaux [103]. Doassansia Epilobii Farl. sp. nov. [34]. — Sagittariæ (Développement du) [59]. — occulta Farl, [112]. Dôle (Excursion à la), 245. Dombeya (27 espèces inédites et con- stitution du genre) [151]. DOMINIQUE (abbé). Catalogue annoté des Lichens du littoral de la baie de Bourgneuf(Loire-Inférieure) [65]. Dons, 2,3, 44, 45, 66, 155, 156, 186, 187, 202, 207, 208, 259, 294, 327, 328, 373, 374, 319, 380, 399, XLII, Dordogne (Plantes de la), 332. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. DouioT. Sur les faisceaux médul- laires du Phytolacca dioica, 391. Doundakès d’Afrique (Quinquina afri- cain et de Rio Nunez), 106. Draba elata?, 5. — incana L., 49. — pyrenaica L., 48, 194. DRuERY (C.-T.). Observations sur un mode particulier de développement de la Fougère femelle [100]. Du Buysson. Voy. Buysson. Dury (pasteur J.-E.). Sa mort, 371 [234]. — Notice nécrologique, 371. — Liste de ses travaux, 372. DUCHARTRE (P.). Observations sur le Begonia socotrana D. Hook, 58. — Influence de la sécheresse sur la végétation et la structure de PI- gname de Chine, 156. — Non, 156. — Obs., 33, 55, 70, 91, 153, 175, 185, 390. Durour (L.). Influence de la lumière sur le nombre des stomates des feuilles, 385. — Obs., 119, 390. — Voy. Costantin. DurerTE. Catalogue des plantes pha- nérogames et cryptogames semi- vasculaires croissant spontanément à Alençon et aux environs [90]. E Echidiocarya (Révis. du genre) [71]. Écorce (Formation secondaire de l}, . 95, 99. Ecosse (Algues d”) [23]. Elatères des Hépatiques, 30. Elatostema Humblotii Bailfon sp. . nov. [150]. Elections pour 1886, 399. Endosperme de l’Orge [99]. ENGLER (A.). Documents concernant la flore du sud du Japon et des îles . Liu-kiu [74]. Épiderme des feuilles des végétaux aquatiques, 83. Episporium Centroceratis Moœæbius . sp. nov. [197]. Équisétacées (Spores des) [207]. Equisetum variegatum Schleich., 54. Eremurus Alberti, bucharicus et Su- worowi Regel sp. nov. [73]. LD. TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 251 ERIKSSON (J.). La maladie des Pommes de terre, son histoire, sa nature et les moyens de la guérir [61]. — Contrib. à la connaissance des mala- dies de nos plantes cultivées [177]. ERRERA (L.). La grande période d’ac- croissement du pédicelle fructifère du Phycomyces [14]. — Sur le gly- cogène chez les Basidiomycètes [97]. Espagne (Plantes d’), 145. — (L’aire de l’Abies Pinsapo en), 366. Espèces dites linnéennes (Sur l'inéga- lité de valeur des), LI. — végétales . (Influence du sol sur les), XL. Etats-Unis (Péronosporées des) [33]. — (Plantes des) [111]. — (Ustilagi- nées des) [34]. Eucalyptus (Symétrie foliaire des), 229. Eucez (D'). Voy. Sarrazin. Eugenia (Syzygium) gracilenta, Hen- ryi, myrsinifolia et tephrodes Hance sp. nov. [65]. Euglena (Mouvement des) [49]. Euphorbiacées (Anatomie des) [26]. — du Portugal [45]. Euphrasia Willkommii Freyn sp. nov. [86]. Europe (Les Tulipes de l) [46]. Evolvulus Rutenbergianus Vatke sp. nov. [153]. Excursions, voy. Herborisations. F FarLow (W.-G.). Énumération des Pé- ronosporées des Etats-Unis [33]. — Notes sur quelques Ustilaginées des États-Unis [34]. — Notes sur quel- ques espèces de Champignons de l'Amérique du Nord [35]. — Notes sur quelques espèces de Gymnospo- rangium et Chrysomyxa des Etats- Unis [111]. — Note sur un Champi- gnon parasite sur un Potamogeton [112]. FauveEL (A.). Voy. Franchet. Festuca Eskia, 55. — pilosa Hall, 93, 55. Feu (Hépatiques et Mousses de la Terre de) [118-1191]. Feuilles (Sur les) aériennes du Ra- nunculus Lingua [81]. — (Chute des), 55. — (Émis. d’acide carbo- nique et absorpt. d'oxygène des) maintenues à l'obscurité [212]. — (Epiderme des) des végétaux aqua- tiques, 83. — (Fluorescence de la chlorophylle dans les) [101]. — (Ré- servoirs oléifères des) d’Hypericum et de Ruta [214]. — (Respiration des) à l’obscurité [213]. — (Sto- mates des), 385. — (Structure des) des Nymphæa rubra et Nuphar luteum, XV. — (Symétrie des) des Eucalyptus et autres plantes, 229, Ficus. Gommose du Figuier [37]. Finlande (Plantes de) [176]. Firrscx (G.). Sensibilité géotropique de l’extrémité des racines [13]. Fisc (K.). Contributions à la connais- sance des Chytridiacées [56]. — Sur le genre Ascomyces [57]. — Étude du développement du Doassansia Sagittariæ [59]. — Sur deux Chy- tridiacées nouvelles [169]. Fischer. Sur le développement des Gastéromycètes [54]. Fissidens subimmarginatus Phil. sp. nov. [116]. FirzGERALD (R.-D.). Nouvelles Orchi- dées australiennes [158]. FLAHAULT (Ch.). Membre à vie, 101. — Lettre et envois de plantes ré- coltées par lui, 185, 201, 206, 237. — Voy. Bornet. Fleurs (Fécondité des) [13]. — fe- melles de lAlsomitra brasiliensis [76]. — Fleurs d’eau [110]. FLICHE (P.).et GRANDEAU (L.). Pe- cherches chimiques et physiologi- ques sur la Bruyère commune [78]. Flore d’Algérie, voy. Algérie. — cryp- togamique d'Allemagne, voy. Win- ter. — des marais salés de l'Allier, voy. du Buysson. — de l’Amérique du Nord, voy. Asa Gray. — de l'Aveyron, 286. — de Belgique, voy. de Vos. — mycologique des environs de Bruxelles, voy. Bommer. — de Ceylan, voy. Trimen. — d’Eu- rope, voy. Gandoger. — de France, 252 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. voy. France. — mycologique de l’ouest de la France, voy. Bru- naud. — pittoresque de la France, voy. Rothschild. — du sud-ouest de la France, voy. abbé Revel. — fos- sile du Gard, voy. Zeiller. — de la Gironde, voy. Clavaud. — des envi- rons de Grand-Jouan (Loire-Infé- rieure), voy. Saint-Gal. — de la Haute-Marne, voy. Aubriot. — gla- ciale des Hautes-Pyrénées, 153. — du Japon, voy. Engler. — de la Loire, voy. abbé Hervier. — de Madagascar, voy. Paillon, Baker, Vatke. — des monts Nébrodes (Si- cile), voy. Strobl. — de Paris, voy. Paris. — de la Patagonie, voy. Ball. — desîles Philippines, voy. Rolfe. — des Pyrénées, voy. Lapeyrouse. — du Roussillon, voy. Bucquoy. — de Russie, voy. Trautvetter. — crypto- gamique de Silésie, voy. Schræter. — du Tonkin, 182. Floridées [226]. — épiphyte nouvelle [197]. Fœniculum officinale AIl., 51. Fonginées récoltées au bois de la Havetière (Ardennes), LXxv. Forges (H.-0.). Sur les dispositions qui assurent l’autofécondation chez quelques Orchidées tropicales [215]. Forêts, bois et broussailles du nord de la Tunisie [140]. ForssELL (J.). Contributions à la con- naissance de l’anatomie et de la classification des Glæolichens [222]. FosLie. Sur les Laminariées de Nor- vège [224]. Fossiles, 21. — Voy. Bergeron, Bu- reau, Meunier, de Saporta, Zeiller. Fougères, 330. —. (Aposporie des) [100]. — recueillies dans la pénin- sule Malaise, 70. — (Spores des) [207]. — femelle (Développement de la) [100]. — fossiles [171]. Fourmis (Plantes à) [216]. France (Flore de). Deuxième note sur le Melica ciliata L., 34. — Obser- vations sur les Melica ciliata L., nebrodensis Parl. et transsilva- nica Schur, 37, 38, 42, 43, 64, 65, 130, 132.— Note sur le Pistillaria bulbosa sp. nov., 45. — Plantes rares ou critiques de Cauterets (Hautes-Pyrénées), 47. — Observa- tions sur diverses plantes critiques, 54.— Le Leucoium Hernandezii Camb., plante française, 57. — Plantes anomales de Cauterets, 67. — Observations sur des Rosa, 68, 102, 125. — Lettres sur les Me- lica ciliata et nebrodensis, 126, 127. — Flore glaciale des Hautes- Pyrénées, 133. — Trois Labiées de la Flore de France, 150. — Helicobasidium , nouveau genre d'Hyménomycètes, 171. — Sur le Puccinia Thlaspidis Vuillemin sp. nov., 184. — Lettre et envois de plantes vivantes récoltées aux en- virons de Montpellier, 185, 201, 206, 237. — Lettre et observations sur le Druba pyrenaica L:., 194. — Deux Algues nouvelles des environs de Paris, 208. — Note sur les Or- chis militaris L., purpurea Huds., Simia Lamk, leurs variétés et leurs hybrides dans la flore parisienne, 213, 273.— L’Amsinckia lycopsoi- des Lehm. récolté entre Meulan et Mantes (Seine-et-Oise), 236. — Sur le Viola picta Moggridge, 239. — Agrostis tenacissima Jacq. dans la Haute-Garonne, 253. — Essai de révision des Armoises alpines des Pyrénées centrales, 253. — Espèces nouvelles de Champignons basi- diosporés, 282. — Sur la flore de l’Aveyron, 286. — Iconographie des Orchidées des environs de Paris, 329. — Trichomanes speciosum Willd. dans les Basses-Pyrénées, 330. — Espèces nouvelles pour le Périgord, 332. — Sur quelques plantes de la flore de l'Hérault, 358. — Sur la végétation d’un coin mé- ridional du département du Tarn (montagne Noire), 361. — Variété nouv. du Pulygala calcarea, 366. — Herborisation à Chambly (Oise), 392. — Session extraordinaire à Char- leville (Ardennes), 1-c1V.— Sphéria- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 953 cées nouvelles, virr. — Les Mousses des Ardennes, xII. — Souvenirs d’herborisations dans les Ardennes françaises, xiX. — La flore de la Haute-Vienne comparée à celle des Ardennes, LXIX. — Herborisations de la Société pendant la session de Charleville, LXxHI-CI. — Muscinées et Fonginées récoltées à la Have- tière et à Belair, Lxxv. — Algues récoltées dans les marais du Haut- Butté, LXXXIV. — Diatomées ré- coliées aux environs de Vendresse, LXXXVIIL — Excursions prépara- toires au mont Olympe, Dames de Meuse, Fumay, xc. — Une prome- nade aux environs de Charleville, XCHI. — Une excursion dans les for- tifications de Mézières, xcv. — Une excursion aux escarpements de Ro- bersart, xcviI. — Lichens récoltés dans la session de Charleville, c. — Voy. Aubriot, Bonnet, Brunaud, Buc- quoy, du Buysson, Clavaud, Corbière, abbé Dominique, Duterte, Genty, Guillaud, abbé Hervier, Husnot, Lamic, Le Breton, Legrand, Levier, Malbranche, Malinvaud, Peragallo, Petit, abbé Revel, Rothschild, Sac- cardo, Saint-Gal, Timbal-Lagrave, Vallot. FRANCHET (A.). Plantes du Yun-nan récoltées par l'abbé Delavay, 3, 26. — Sur l'origine spontanée du Saxi- fraga FortuneiHook., 153.— Pri- mula du Yun-nan, 264. — Monogra- phie du genre Epimedium, XLVII.— Obs., 273. — Cyrtandracées nou- velles de la Chine [76]. — Catal. des plantes recueillies aux environs de Tche-fou par A. Fauvel [78]. Franchetia Baillon nov. gen. de Madagascar [150]. — sphærantha [150]. François. Lettre sur un Noyer à crois- sance tardive, 393. Franconie (Lichens du Jura de) [63]. FRaNk (A.-B.). Synopsis des trois Rè- gnes de la nature : Botanique [80]. — Sur la nutrition de quelques ar- bres à l’aide de Champignons sou- terrains en symbiose avec leurs ra- cines [165]. FRANK VON HONEL. Voy. Hohnel. FREYN (J.). Notices sur diverses plan- tes, principalement de la région méditerranéenne [86]. Froids artificiels (Effets des) [36]. Fruits (Accroissement journalier des) [209]. — (Anatomie et physiologie du) de l’Anona reticulata L. et de ‘lAsimina triloba Dun. [82]. — (Anatomie du) des Champignons [15].— de Palmiers [84].— de Stipa perçant la peau des moutons russes, 15. Frullania dilatata (Développement du sporogone du), 187. Fucacées (Protoplasma des) [98]. Fumaria rupestris Boiss. et Reut. var. marilima Battand., 336. Fungi gallici [32]. — Tridentini novi [30]. Fungorum (Sylloge) [113]. G Galium cometerrhizon Lap. et deco- lorans G. G., 51. Gamopetalæ Miscellaneæ [69]. GANDOGER (M.). Membre à vie, 101.— Ce qu'il faut penser des modifica- tions produites dans les plantes par la culture, 101. — Obs. sur des Rosa, 125. — Obs. sur les Melica ciliata et nebrodensis, 132. — Sur l’'Hyoscyamus Faleslez Coss. et le Guiraoa arvensis Coss., 145.— Sur le genre Astragalus, 191.— Excur- sion botanique au Grand Saint-Ber- nard, 223.— Excurs. bot. à la Dôle (Jura suisse), 245.— Flora Europæ terrarumque adjacentium [43]. — Rubus nouveaux, avec un essai sur la classification du genre [89]. Gard (Narcisses du), 185. Gastéromycètes (Développement des) [54]. Genipa Rutenbergiana Baiïllon sp. nov. [153]. GENTY (P.). Observations sur les Are- 954 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. naria gothica Fries et ciliata L. de la chaine jurassique [187]. Geranium nodosum L., 49. Germination des graines de Lin et des Amandes amères [14]. — des Mous- ses [21]. — des Palmiers [84]. Gethyllis (Monographie du genre) [160]. — Britteniana Baker sp. nov. [161]. GILLOT (X.). Note sur le Viola picta Moggridge (V. esterelensis P. Chä- nay et P. Millière), 239. GiRARO (A.). Recherches sur la sac- charogénie dans la Betterave [102]. Gironde (Flore de la) [134] [230]. Givet et Charlemont (Ardennes) (Her- borisations de la Société à), LXXxIX. Gleditschia xylocarpa Hance sp. nov. [7]. Gleichenia dichotoma Willd. et vulca- nica Blume, 71-72. Glæolichens (Anatomie et classifica- tion des) [222]. Glyceria Langeana Berlin sp. nov. [155]. Glycogène des Basidiomycètes [97]. Gnaphalium norvegicum Gunn., 52. GŒTHE (R.). Nouvelles observations sur le chancre des Pommiers [123]. — Le Puceron lanigère, ses rava- ges; moyens de le reconnaître et de le combattre [124]. Gommose caulinaire et radicale [37]. — (Production de la) [38]. GOMONT (M.-A.). Sur deux Algues nou- velles des environs de Paris, 208. Graines (Germination des) [14]. Graminées d’Algérie, 394. — nou- velles de l’Amérique du Sud, 243. Grand-Jouan (Loire-Inférieure) (Flore des environs de) [85]. Grande-Bretagne (Algues de la), 23. GRANDEAU (L.). Voy. Fliche. Grangea madagascariensis [153]. GRAY. Voy. Asa. Grimmia (Eugrimmia) austro-leuco- Phæa Besch. sp. nov., Lx. Groenland (Plantes du) [154]. GROSGLIK (S.). Influence de la lumière Vatke sur le développement du tissu assi- milateur [105]. GUERMONPREZ (de). Membre à vie, 327. GuiGnarD (L.). Nouvelles recherches sur le noyau cellulaire et les phé- nomènes de la division communs aux végétaux et aux animaux [103]. GuizzauD (J.-A.). Naturalisation du Boltonia glastifolia L’Hérit., dans le sud-ouest de la France [41]. Guinée (Plantes à Fourmis de la Nou- velle-) [216]. GuINIER (E.). Sur les phénomènes de soudure des couches ligneuses qui se rencontrent dans leur accrois- sement en sens inverse, 63, 80. — Philosophie de la silviculture [142]. — Formes des tiges des arbres Di- cotylédones et Conifères [180]. Guiraoa arvensis Coss. (Sur le), 145. Guldenstaedtia Delavayi Franchet sp. nov., 5. — Guilloni Franchet sp. nov. [78]. Gatta-percha (Plantes à) [152]. Gymnadenia conopea Br. en Périgord, 339. Gymnocladus Williamsii Hance sp. nov. [6]. Gymnophlæa pusilla Berthold sp. nov. [23]. l | Gymnosporangium des États - Unis [1141]. H Habenaria Melvillii Ridley sp. nov. [159]. HackeL. Lettre sur les Melica ciliata et nebrodensis, 127. Hæmescharia (Squamariées) Kjellman nov. gen. [109]. — polygyna [109]. HANCE (F.). Quatre espèces nouvelles de Césalpiniées chinoises [6].— Or- chidaceas epiphyticas binas novas [7]. — Eugenias quatuor novas sinenses ostendit [65]. — Loranthi speciem novam Chinensem [66]. — Sur une nouvelle Cypéracée de Hong-Kong [66].— Un nouveau P0- gonia chinois [193]. HANSGIRG. Essai sur la connaissance TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. et la répartition des chromatopho- res et des noyaux chez les Phyco- chromacées [194].— Sur le poly- morphisme des Algues [194]. Hauck (F.). Les Algues marines d’Al- Jemagne et d'Autriche [60]. — Sur quelques Algues de l’océan Indien [181]. Haut-Butté (Ardennes) (Herborisations dans les marais de), LXxX. — (Al- gues récoltées au), LXXXIV. Haute-Garonne (Plante de la), 252. Haute-Marne (Flore de la) [185]. Hautes-Pyrénées (Flore des). Voyez Vallot. Hautes-Rivières (Ardennes) (Herbori- sation aux environs des), LXXXVIL. Havetière (Ardennes) (Herborisation dans les bois de la), LXXI11. —(Mus- cinées et Fonginées récoltées à la), LXXV. HégerrT. Lettre à propos d’une sous- cription pour élever un monument à Oswald Heer, 374. HECKEL (Ed.). Sur quelques faits re- marquables et nouveaux dans la formation secondaire de l'écorce, 95. — Lettre sur la formation de l'écorce, 99. — Origine botanique des Doundakés d’Afrique, 106. — Sur le Barringtonia intermedia Miers, 180. HEINRICHER. Sur un organe réduit du Campanula persicifolia et quel- ques autres espèces de Campanula [84]. Helianthemum italicum Pers. glabratum, 19. Helicobasidium (Hyménomycètes) Pa- touillard nov. gen., 171. — purpu- reum, 172. Heliotropium anchusæfolium Poir. var. angustifolium et curassavicum L. var. parviflorum [6]. Hemiphragma heterophyllum Wall., 27. HemsLey (W.-B.). Nouvelles plantes de Chine [194]. Hennecartia, genre nouveau de Moni- miacées, 38. — omphalandra, 41. Hépatiques récoltées à la Terre de var. 255 Feu [118].—(Sporogone et élatères des), 30. HÉRaIL (J.). Anatomie de la tige des Strychnos, 92. Hérault (Flore de l’), 358. Herbier de Lichens (Formation et conservation d’un) [28]. Herborisation au Grand Saint-Ber- nard (Suisse), 223. — à la Dôle (Jura suisse), 245.— dans les mon- tagnes volcaniques d’Aden (Arabie), 343. — à Chambly (Oise), 392. — (Souvenirs d’) dans les Ardennes françaises, xIX. — de la Société dans les bois de la Havetière (Ar- dennes), LXXII. — à Laifour et Revin, LXXVI. — aux environs de Monthermé, LXXX.— aux environs de Vendresse, LXXXV. — aux en- virons des Hautes-Rivières, LXXXVIL. — à Givet, LxxXxIX. — au Mont- Olympe, Dames de Meuse et Fumay, XC. — aux environs de Charleville, XCIII. — aux fortifications de Mé- zières, XCV. — aux escarpements de Robersart, XCvII. — cryptoga- miques [173]. — aux environs de Bourges (Cher) [182]. HERVIER (abbé J.). Recherches sur la flore de la Loire [184]. HESSE (R.). Cryptica, genre nouveau de Tubéracées [27]. — Hysteran- gium rubricatum, espèce nouvelle d'Hyménogastrées [164]. HEUZÉ (G.). Voy. Rothschild. Hevea (Vaisseaux laticifères articulés chez P) [215]. Hibiscus Welshii F. Anders., 347. Hick (T.). Continuité du protoplasma des Fucacées [98]. Hieracium crepidiflorum Polak sp. nov. [88]. HieroNymus (G.). Sur le Slephano- sphæra pluvialis Cohn [50]. HiLpEBRAND (F.). Sur quelques Poires à structure anomale [82]. — Les espèces du genre Oxalis et les rap- ports que présentent leurs modes de vie [130]. Himantostemma (Asclépiadées) Asa Gray nov.gen.{[71].—Pringlei [72]. 200 HoFFMANN. Sur la sexualité [148]. HonnEL (Frank von). Sur les tissus ligneux à structure étagée [9]. Holocarpa (Rubiacées) Baker nov. gen. [153]. — veronicoides [154]. Hong-kong (Cypéracée de) [66]. HuE (abbé). Lichens récoltés dans les dernières herborisations de la ses- sion de Charleville (Ardennes), c.— Obs., 155. Husxor (Th.). Revue bryologique ; année 1884 [114]. — année 1885 [116]. — Muscologia gallica[1191. Hy (abbé). Observations sur le fruit des Muscinées, 152. Hybrides, 185, 365 [157]. — Coreop- sis coronata X Drummondii Ur- ban [74]. — X Orchis Beyrichüi, 275.— Jacquini et dubia, 214, 274. — X Rivino-Simia Timb., 273. — Simio-militaris, 214. — X Chati- ni,214, 273, 279. Hydrocotyle (Anomalie du système sécréteur des), CI, Hymenocleiston magellanicum Duby et var. edenensis Besch., LXV. Hyménogastrée nouvelle [164]. Hyménolichens (Le groupe des) [15]. Hyméngmycète nouveau, 171. — de Finlande [176]. Hyoscyamus Faleslez Coss., 145. Hypecoum trilobum Trautv. sp. nov. [72]. Hypericum (Réservoirs oléifères des feuilles d’) [214]. —quadrangulum ettetrapterum,50.— linearifolium dans les Ardennes, XXxXv. Hypertrophie des cônes à bourgeons des Caroubiers [38]. Hypoestes Bakeri Vatke sp. nov.[153]. Hysterangium rubricatum, espèce nouvelle d'Hyménogastrées [164]. I Icones selectæ Hymenomycetum Fen- niæ nondum delineatorum [176]. Illustrationes floræ Atlantice, seu icones plantarum, etc., in Algeria nec non in regno Tunetano et im- perio Maroccano nascentium | 138]. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Incrementa Floræ phænogamæ ros- sicæ [72]. Inde (Cyperus de l) [1]. Indien (Algues de l’océan) [181]. Indo-Malais (Plantes à Fourmis de l'archipel) [216]. Influence chimique du sol sur la distri- bution des espèces végétales, XLI. — qu’exerce le milieu sur la struc- ture des racines [146]. Inocybe leucocephala et maculala Boud. sp. nov., 282, 283. Insectes (Traces d’) simulant des em- preintes végétales [173]. Isatis trachycarpa Trautv. sp. nov. [721]. Isoglossa Rutenbergiana Vatke sp. nov. [153]. Italie (Plantes d’), 150 [30] [86] [141] [176]. Ivoras (J.). Note sur la flore de PA- veyron, 286. J JÆNScu (Th.). Sur l'anatomie de quel- ques Légumineuses ligneuses [11]. Janka (V. de). Leguminosæ europeæ analytice elaboratæ [232]. Japon et des îles Liu-kiu (Flore du) [74] [75]. Jardin botanique de Berlin [73]. — de Buitenzorg (Java) [17]. Jasione glabra Velonosvski sp. nov. [88]. Java (Le Jardin botanique de Buiten- zorg à) [17]. JOHANNSEN (W.). De l'influence de l'oxygène à haute pression sur la respiration de quelques plantes en voie de germination, 202. — Don, 202. — Développement et consti- tution de l’endosperme de l'Orge [99]. Jonow (F.). Le groupe des Hyménoli- chens; contrib. à la connaissance des Lichens basidiospores [15]. JORISSEN (A.). Recherches sur la ger- mination des graines de Lin et des Amandes amères [14]. JuEz (H.-0.). Contribution à l’étude TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 257 de l’appareil tégumentaire des ra- cines [8]. Jura de Franconie (Lichens du) [63]. — suisse (excursion botanique à la Dôle), 245. Jurassique (Les Arenariadela chaîne) [187]. K Kalanchoe Hildebrantii et multiceps Baillon sp. nov. [77]. | KaRSTEN (P.-A.). Icones selecitæ Hyme- nomycetum Fenniæ nondum deli- neatorum [176]. KIENAST (H.). Sur le développement des réservoirs oléifères dans les feuilles d’Hypericum et de Ruta [214]. KiRCHNER (0.). Les plantes microsco- piques des eaux douces [110]. Kissenia spathulata R. Br., 349. KJELLMAN (F.-R.). Les Algues de l’o- céan Arctique [106]. Kniphofia du Cap [193].—Buchanani, ensifolia, infundibularis, natalen- sis et pauciflora Baker sp. nov. (1931. Kocx (R.). Recherches sur les orga- nismes pathogènes [219]. KœrBER (G.-W.). Sa mort [144]. Krarr. Voy. Muehlberg. Kraus. Sur l'accroissement journalier des fruits [209]. Kroumirie centrale (Exploration de la), 296. — (Plantes de Ja), 313. | Krynitzkia Fisch (Révis. des especes américaines du genre) [70]. KunTzE (0.). Monographie du genre Clematis [156]. L Labiées (Trois) de la flore française, 150. | | LABORIE (E.). Anatomie des pédoncules comparée à celle des axes ordinai- res et à celle des pétioles [79]. LagourDETTE. Membre à vie, 196. Laccopteris (Affinités du genre), 21. T. XXXIT. LAGERHEIM (G.). Un nouvel exemple de la présence de chromatophores chez les Phycochromacées [54]. — Sur le Phæothamnion, genre nouveau d’Algue d’eau douce [176]. — Sur le Chlorochytrium Cohnii Wright, etses rapports avec les es- pèces voisines [177]. Laifour et Revin (Ardennes) (Herbori- sation de la Société à), LXXvI. Lalypoga Gandog. nov. gen. [43]. LaMIc (J.). Note surle Xanthium spi- nosum [92]. — Sur le Panicum vaginatum Kunth |93].— De la na- . turalisation des plantes [142]. — Rech. sur les plantes naturalisées dans le sud-ouest de la France [187]. Laminaria Gunneri Foslie sp. nov. [225]. Laminariées (Étude des) [180]. —de Norvège [224]. Laminarites Lagrangei Sap. et Mar. (foss.) (Sur le) [203]. Lamium corsicum en Italie, 150. Lantana Clarazii J. Ball sp. nov. [6]. LAPEYROUSE (Planches inédites de la Flore des Pyrénées de) [138]. Laudatea (Lichens) J. Mueller nov. gen. [16]. Lavandula setifera T. Anders., 352. LE BRETON (A.) et MALBRANCHE (A.). Excursions cryptogamiques [173]. Lecidea lamprospora Nyl., 155. LECLERC DU SABLON. Membre à vie, 101. — Sur le sporogone des Hépa- tiques et le rôle des élatères, 30. — Sur un cas de la chute des feuilles, 55.— Sur le développement du sporogone du Frullania dila- tata, 187. — Sur la symétrie fo- liaire chez les Eucalyplus et quel- ques autres plantes, 229. — Sur quelques formes singulières de Cu- curbitacées, 383.— Obs., 33, 34, 82. — Rech. sur la structure et la déhiscence des anthères [203]. — Sur la dissémination des spores chez les Cryptogames vasculaires [207]. Lécythidées (Tige des), 115. Leersia hexandra Sw. (Sommeil du), 394. 17 258 LE GRAND (A.). Lettre sur des feuilles anomales de Poirier, 99. Légumineuses (Arilles de quelques) [83]. — ligneuses (Anatomie de quelques) [11]. Leguminosæ europeæ analytice ela- boratæ [232]. LENGERKEN (A. de). Formation des disques adhésifs des vrilles de quelques espèces du genre Ampe- lopsis [149]. Leptodontium matucanense Besch. sp. nov., LVIII. | Leptosphærites Lemoinii Ch. Richon (foss.) sp. nov., VIII, IX. LETENDRE. Voy. Malbranche. Lettres de MM. le marquis d’Abzac de Ladouze, Boissier, le comte de Bouillé, Brousmiche, Clos, Flahault, François, Hackel, Hébert, Heckel, Le Grand, Loret, de Noter, Payot, de Saporta, voy. ces noms. Leucoium Hernandezii Camb., plante française, 57. Levier (D' Em.). Les Tulipes de l’Eu- rope, 46. Levûres (Place des) dans la classifi- cation des Champignons [49]. Libanotis daucifolia Reich. en Péri- gord, 332. Lichénologiques (Contributions) [63]. Lichens, 155 [63] [93] [222]. — ba- sidiospores [15]. — (Formation et conservation d’un herbier de) [28]. — du Jura de Franconie [63]. — de la Loire-Inférieure [65]. — récoltés pendant la session de Charleville (Ardennes), C. Licopozi (G.). Sur l'anatomie et la physiologie du fruit de l’Anona re- ticulata L. et de l’'Asimina triloba Dun. [82]. Lin (Germination des graines de) [14]. LinpBerG (S.-0.). Dates historiques relatives à la connaissance de la germination des Mousses [21]. Lindsaya obtusa J. Sm., 74. Linum Aristidis Battand. spec. nov., 331. — strictum var. laxiflorum G. G., 337. Liste des plantes communes aux ter- SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. rains calcaires et de transition des Ardennes françaises, xXvV. — des plantes observées dans la Kroumirie centrale, 313. — des plantes de Madagascar [77] [150]. — supplé- mentaire des plantes des îles Philip- pines [160]. Littoderma lignicola Kjellman sp. nov. [109]. Litionia minor Deflers sp. nov., 353. Loire (Flore de la) [184]. — Inférieure (Lichens du littoral de la baie de Bourgneuf) [65]. — Plantes de Grand-Jouan [85]. Longivolia Gandog. nov. gen. [43]. Lophiotricha (Sphériacées) Ch. Ri- chon nov. gen., x1. — Viburni, xI. Loranthus Fordii Hance sp. nov. [66]. LoreT (H.). Lettre sur la 2° édition de sa Flore de l'Hérault, 358. Lumière (Influence de la) sur le dé- veloppement du tissu assimilateur [105]. Luziola striata Balansa sp. nov., 243. Luzula pediformis DC. et spadicea DC., 53. Lychnis coronaria Lamk, 49. Lycopodiacées (Études sur les) [206]. — (Spores des) [208]. Lycopodium (Le prothalle des) [206]. Lycoris sanguinea et squamigera Maxim. sp. nov. [75]. Lyngbia (Formes de) [195]. Lyonothamnus (Rosacées ?) Asa Gray nov. gen. de l’Arizona [71]. M Macrocystis luxurians (Anatomie du) [97]. Macromitrium (Eumacromitrium ) Harioti et saddleanum Besch., LxI. Madagascar (Flore du centre de) [68]. — (Lichens de) [63]. — (Plantes de), 16 [63] [68] [77] [150-153]. Madère (Algues de) [23]. MAGNEN (abbé) envoie des Narcis- ses, notamment le Narcissus sub- albidus Lois., 185. TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 259 MAGNIER (Ch.). Scrinia floræ selectæ, fasc. 1v [95]. MAGniN (D' A.). Les botanistes lyon- nais. Claret de la Tourrette [93]. Maladies de nos plantes cultivées [177] [228]. — des Amygdalées [37] [38]. — de l’Aulne [126]. — des Auran- tiacées [37]. — du Bouleau [163]. — des Caroubiers [38]. — du Fi- guier [37]. — de la Miellée [122]. — du Noisetier [227]. — du Noyer [37] [38]. — de l’Olivier [37] [121]. — des Orangers [38]. — de la Pomme de terre [61]. — des Pom- miers [123]. — le Puceron lanigère [124] [125]. — de la Vigne [120]. Malaisie (Fougères de), 70. — (Rubia- cée nouvelle de) [7]. MALBRANCHE (A.) et LETENDRE. Cham- pignons nouveaux ou peu communs récoltés en Normandie [31] [174].— Voy. Le Breton et Saccardo. MALFAIT (P.). Rapport sur l’herbori- sation faite par la Société dans les bois de la Havetière (Ardennes), LXXIIL. Mauinvaup (E.). Observations sur les Melica ciliata et nebrodensis, 38, 42, 44, 65, 127, 131. — annonce que des membres de la Société bo- tanique de Bruxelles prendront part à la Session de Charleville (Arden- nes), 186. — présente des Narcisses de la part de M. l'abbé Magnen, 185. — donne quelques détails sur la Session de Charleville, 236. — Observations sur quelques plantes de l'Aveyron, 292.— sur l'influence du sol dans la végétation, XLV. — sur la flore de la Haute-Vienne comparée à celle des Ardennes, LXIX. — Obs., 70, 143, 156, 185, 201, 299, 253, 356, 365, XLI, LI. Mandragora caulescens Clarke ?, 26. ManGin (L.). Observations sur la zone d’accroissement, 200. — Sur un nouvel exemple de concrescence des racines, 249. — Obs., 106, 251. — Voy. Bonnier. | MAQuENNE. Voy. Dehérain. MarcHaL (Elie). Don, XLII. Marchesettia spongioides Hauck sp. nov. [182]. Margyricarpus Clarazii J. Ball sp. nov. [6]. MARIÉ (P.). Recherches sur la struc- ture des Renonculacées [24]. MaRION. Voy. de Saporta. Marne (Flore de la Haute-) [185]. Maroc (Flore du). Voy. Ilustrationes floræ atlanticæ [138]. MarSiLLY (de). Voy. Petit. MaRTEL (E.). Contribution à la con- naissance de l’Algologie romaine [176]. Mascarenhasia? brevituba et Ruten- bergiana Vatke sp. nov. [153]. MASSALONGO (C.). Hépatiques récol- tées à la Terre de Feu par le Dr Spegazzini [118]. Masters (Maxwell T.). Observations sur quelques Passiflorées de l’Amé- rique tropicale occidentale [157]. Matonia pectinata Br., 73. MaxIMOWICZ (G.-J.). Amaryllideæ si- nico-japonicæ [75]. Mayr. Deux parasites du Bouleau, Polyporus betulinus Bull. et lœvi- gatus Fr. [163]. Medicago minima Lamk, 50. Méditerranéennes (Algues) [226]. MEEHAN (T.). Influence de la chaleur sur la fécondité des fleurs [13]. Melampyrum catalaunicum Freyn sp. nov. [86]. — laciniatum Kosh et Zinger nouveau pour la France [185]. — moravicum H. Braun sp. nov. [87]. Mélanconiées [113]. Melanophylla (Cornacées) Baker nov. gen. de Madagascar [69]. Melhania corchorifolia Baillon sp. nov. [151]. Melica ciliata L., nebrodensis Parlat. et transsilvanica Schur. (Observa- tions sur les), 34, 37, 38, 42, 43, 64, 65, 126, 133. MÉNIER (Ch ). Membre à vie, 327. MER (Em.). Observations sur la struc- ture des feuilles des plantes aqua- tiques, 88, 91. — Sur le sommeil diurne des feuilles, 142. — Sur un 260 Sapin de vingt-cinq ans dépourvu de branches, 142. — Obs., 69. Merulius lacrymans (Culture du) [163]. Mespilodaphne Bernieri Baillon sp. nov. [77]. Metasphæria Lieuryana Malbr. et Le Bret. sp. nov. [174]. MEUNIER (St.). Traité de paléontologie pratique [36]. — Voy. Rothschild. Mexique (Genres nouveaux du) [69]. Mézières (Ardennes) (Herborisation aux fortifications de), XCv. Microchæete Bornet et Thuret, 211. — diplosiphon Gomont sp. nov., 212. Micromeria Rutenbergiana Vatke sp. nov. [153]. Micromycetes Sclavonici novi[32]. MItÉGEvILLE (abbé). Nouvel essai de révision des Armoises alpines des Pyrénées centrales, 253. Miellée (Nature et production de la) [122]. Mimusops (Sur le genre) [152]. Ministre de l’Agriculture. Subvention de 1000 francs, 327. —, du Com- merce. Don, 328. — de l’Instruc- tion publique. Souscription de 1000 francs, 207. Dons, 2, 66, 207, 328, 314. — de la Marine. Don, 328. Mitremyces (Gastéromycètes) [56]. Moemius. Les gaines mécaniques des canaux sécréteurs [10]. — Sur une Floridée épiphyte nouvelle [197]. MoeLLer (H.). Plasmodiophora Alni [126]. — Voy. Woronine. Mouscx (H.). Sur la déviation que subit la direction normale des ra- cines dans les gaz (aérotropisme) [12]. Moillisia Lycopodii Le Bret. et Malbr. sp. nov. [174]. Monimiacée nouvelle, 38. Monographie des Algues du Firth of Forth (Écosse) [23]. — du genre Bupleurum [42]. — du genre Cle- matis [156]. — du genre Gethyllis [160]. — du genre Pestalozzia [114]. Monstruosités et Anomalies, 55, 67, SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. 99, 119, 142, 293, 335, 365, 393, ci [82] [891]. Monthermé et tourbière du Haut- Butté (Ardennes) (Herborisation de la Société aux environs de), LXXX. Moore (Spencer Le Marchand). Ob- servations sur Îla continuité du protoplasma [214]. MorGaN (de). Voy. Zeiller. MORIÈRE (J.). Cas tératologiques of- ferts parle Primula sinensis Lindi. [89]. Morina Delavayi Franchet sp. n., 8. Morinda citrifolia L., 113. — longi- flora G. Don, 114. MoroT (L.). Recherches sur le péri- cycle ou couche périphérique du cylindre central chez les Phanéro- games [145]. — Voy. Costantin. Morphologie végétale, 103, 218 [83]. MouGin (Dr). Note sur la zone d’ac- croissement du Convallaria maia- lis, 195. Mousses, 151, 152, Lxxv [1141-19]. — des Ardennes, XI. — (Germination des) [21]. — nouvelles de l’Amé- rique australe, LIv. MUEHLBERG et KRAFT. Le Puceron lani- gère, sa nature; les moyens de le découvrir et de le combattre [125]. MUELLER (Ch.). Bryologia fuegiana [149]. MUELLER (J.). Contributions lichéno- logiques [63]. Muscarineglectum Guss. en Périgord, 333. Muscinées (Archégone et fruit des), 151,152. — récoltées pendant l’her- borisation de la Société au bois de la Havetière (Ardennes), LXXY. Muscologia gallica [119]. Mycologie (Recherches sur l’ensemble de la) [52]. — Voy. Champignons. Myristica Chapelieri et Vouri Baillon sp. nov. [77]. Myrtacées (Nouveau genre de) [158]. N - Narcissus elegans Spach. var. inter- medius J. Gay, en Algérie, p. 144. TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. Narcissus subalbidus Lois. et Gar- cisianus Magnen, 185. Nardostachys Jatamansi DC., 8. Naturalisation en France du Boltonia glastifolia L'Hérit. [41]. — des plantes [142] [187]. Nébrodes (Flore des monts) [86]. Nécrologie, 325, 371 [48] [144] [191] [234]. Neobaronia (Dalbergiées) Baker nov. gen. de Madagascar [691]. Nephrodium calcaratum Hook., gra- cilescens Hook. et sakayense Zeil- ler sp. nov., 75, 76. Noisetier (Maladie du) [227].— (Pollen des fleurs du) [131]. Normandie (Plantes de) [90].— (Cham- pignons nouveaux de) [31][174]. Norvège (Laminariées de) [224]. Nostoc (Formes de) [196]. NoTER (R. de). Lettre sur une Ama- ryllidée nouvelle d’Algérie, 143. Nouvelles [48] [96] [144] [191] [234]. Nowakowskia Hormothecæ Borzi, Chytridiée nouvelle [169]. Noyaux cellulaires [103]. — (Division des) du Tradescantia virginica [102]. — (Répartition des) chez les Phycochromacées [194]. Noyer (Anomalie d’un), 393. — (Noir- cissement du) [37] [38]. -Nuphar luteum (Structure des feuilles du), xv. Nutrition de quelques arbres à l’aide de Champignons souterrains [165]. Nymphœa rubra (Structure des feuilles du), xv. 0 Océanie (Plantes d’), 70 [5] [17] [66] [158] [160] [216]. Ocotea? Humblotii Baiïllon sp. nov. [77]. Œsterreichische botanische Zeits- chrift, 34° année [87]. Olivier (Gommose de l”) [37]. — (Ma- fadie de l”) [121]. Olympe, Dames de Meuse, Fumay (Ardennes). Excursions dans ces lo- calités, xC. 261 Omphalodes Tourn. (Révision des espèces américaines du genre)[70]. Omphalogramma (Primula) Franchet subg. nov. du Yun-nan, 272. Onopordon Espinæ Coss. sp. nov. [139]. Ophiobolus meliolæoides Ch. Richon sp. nov., x. Orchidaceas epiphyticas binas novas describit Hance [7]. Orchidées nouvelles d'Australie [158]. — des environs de Paris, 329, — tropicales (Autofécondation chez des) 1215]. Orchis militaris L., purpurea Huds., Simia Lamk, leurs variétés et leurs hybrides dans la flore parisienne, 213,273. — dubia etChatini Camus, hybrides, 216. — Simio-militaris, 217. — O. Chatini comparé aux O. Rivino-Simia Timb. et Beyrichii Kern., 273. Organe réduit du Campanula persi- cifolia et autres [84]. Organismes pathogènes [219]. — pro- blématiques des anciennes mers [127] [202]. Orge (Endosperme de l) [99]. Origine spontanée du Saxifraga For- tunei Hook., 153. Orne (Plantes de 1”) [90]. Ornithochilus eublepharon Hance sp. nov. [7]. Orobus albus L. en Périgord, 332. Orthosiphon Hildebrandtii Vatke sp. nov. [153]. Orthotrichum nov., LXIT. Ostrowskia (Campanulacées) Regel nov. gen. [73]. — magnifica [73]. Ouest (Flore mycologique de fl”) [33] [175] [229]. Oæalis (Les espèces du genre) [130]. Oxygène (Influence de [’) sur la res- piration des plantes, 202. Oxytropis montana DC., 50. Lebruni Besch. sp. P Pachypodium Rutenbergianum Vatke sp. nov. [153]. 262 PAILLEUX (A.) et Bots (D.). Le Potager d’un curieux [179]. Paillotia (Géraniacées) Gandog. nov. gen. [43]. Paléontologie française [36]. Palaquium borneense, formosum, ma- laccense et princeps Pierre sp. nov. [1521]. Palmiers (Fruit, germination et état jeune de quelques) [84]. Pandanées (Stomates des) [11]. Panicum vaginatum Kunth (Sur le) [93]. Paris (Flore de). Deux Algues nou- velles des environs de Paris, 208. — Sur les Orchis militaris L., purpu- rea Huds., Simia Lamk, leurs va- riétés et leurs hybrides dans la flore parisienne, 213, 273. — Orchidées nouvelles des environs de Paris, 329. — Amsinckia lycopsoides Lehm., 236. — Chœtonema irregulare No- wakowsky, 208.— Microchæte diplo- siphon Gomont sp. nov., 212.» Parnassia Wightiana Wall. et var. microblephara, 8. Paspalum distichum L. en Algérie, 394. Passiflora lancearia et Lehmanni M. T. Masters sp. nov. [157]. Passiflorées de l’Amériqne tropicale occidentale [157]. Patagonie (Flore de la) [4]. ParTouILLARD (N.). Note sur le Pistil- laria bulbosa sp. nov., 45. — Note sur un nouveau genre d’hyméno- mycètes (Helicobasidium), 171. Pax (F.). L’anatomie des Euphorbia- cées au point de vue de leur classi- fication [26]. Payor (V.). Lettre sur des faits té- ratologiques observés sur un Sapin et un Mélèze, 365. Pédicelle fructifère (Accroissement du) des Phycomyces [14]. Pédoncules (Anatomie des) [79]. Pellæa nitidula Baker, 28. Penicillium-ferment dans les extraits pharmaceutiques, 146. Peperomia Commersonii Baillon sp. nov. [150]. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. PERAGALLO (H.). Diatomées du midi de la France [35]. Péricycle des Caryophyllées, 275. — chez les Phanérogames [145]. Périgord (Plantes nouvelles pour le), 332. Péronosporées des États-Unis [33]. Pertusaria (Etude sur les) [64]. Pesanteur (Influence de la) sur la di- rection du mouvement des Chla- mydomonas et des Euglena [49]. Pestalozzia (Monographie du genre) [114]. PerTiT (E.). Additamenta Catalogi plantarum vasc. indig. corsica- rum edit. de Marsilly [191]. Perir (P.). Note sur le développement des auxospores chez le Cocconema Cistula Ehr., xLvIII. — Algues ré- coltées dans les marais du Haut- Butté (Ardennes), LXXXIV. — Dia- tomées récoltées aux environs de Vendresse, LxxXxVII. — Obs., 100, LXXII. PEYREMOL (E.). Les Cycas du Jardin botanique de la marine à Roche- fort (Charente-Inférieure) [401]. Peziza. Discomycètes charnus connus sous le nom de Pezizes [129].—ermi- nea,pudica et subaurantia Bomm. et Rouss. [198]. PriTzER (E.). Sur le fruit, la germi- nation et l’état jeune de quelques Palmiers [84]. Phacelia glandulosa Nutt. var. pa- tagonica J. Ball sp. nov. [6]. Phæothamnion (Algues) Lagerh. nov. gen. [176]. — confervicolum [177]. Phanérogames (Sur le péricyele chez les) [145]. Pharmaceutiques (Le Penicillum-fer- ment dans les extraits), 146. Phaulothamnus (Phytolaccées) Asa Gray nov. gen. de l’Arizona [71]. Phellolophium (Ombellifères) Baker nov. gen. de Madagascar [69]. Philastrea (Méliacées) Pierre nov. gen. [150]. — pauciflora [150]. PHILIBERT. Articles sur les Mousses [115-116]. Philippines (Flore des îles) [66] [160]. TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 263 Philosophie de la silviculture [142]. Phleum Gerardi AI. en Algérie, 395. Phlomis fruticosa L. en France, 150. Phornothamnus (Oxysporées-Mélasto- macées) Baker nov. gen. de Mada- gascar [69]. Phycochromacées (Chromatophores et noyaux chez les) [54] [194]. Phycologia mediterranea [226]. Phycologicæ (Observationes) [180]. Phycomyces (Accroissement du pédi- celle fructifère du) [14]. Phycomycète nouveau [168]. Physiologie végétale [78] [82]. Phytolacca dioica (Faisceaux médul- laires du), 391. PICCONE (A.). Croisière du « Corsaire » à Madère et aux Canaries : Algues [23]. Picridium vulgare dans le Tarn, 362. Picris pyrenaica L., 52. Pierre. Surle genre Philastrea [150]. — Plantes à gutta-percha [152]. — Mimusops [152]. PIERSON a récolté l’Amsinckia lyco- psoides aux environs de Mantes (Seine-et-Oise), 236. Pigafettoa (Jungermanniées) Masal. nov. gen. de la Terre de Feu [118]. Piptochætium erianthum Balansa sp. nov., 244. | Pirus amygdaliformis Vill. var. ver- rucosa Terracc.,et cuneifolia Guss. var. rotundata Terracc.[141]. Pistillaria bulbosa sp. nov. (Sur le), 45. Pisum commune Clavaud, 136. Pittosporum Humblotianum Baïllon sp. nov. [77]. PizzerTa (J.). Voy. Rothschild. Plagiobothrys Fisch. et Mey. (Révision du genre) [70]. Planches inédites de la Flore des Pyré- nées de Lapeyrouse [138]. P£ANTA (A. de). Sur la composition du pollen des fleurs de Noisetier [131]. Plantes anomales de Cauterets (Hautes- Pyrénées), 67. — ( Modifications des) par la culture, 101. — (Natu- ralisation des) [142]. — nouvelles d'Algérie, 336; -— (Le protoplasma dans le transport des matières des) [148]. — rares ou critiques de Cau- terets, 47. — récoltées dans la Campagne romaine [141]. — (Res- piration des), 175. — (Respiration des) en voie de germination, 202. — du sud-ouest de la France [92] [136] [187]. — aquatiques (Épider- me des feuilles des), 82. — à Four- mis [216]. — à gutta-percha [152]. — microscopiques des eaux douces [110]. — vertes (Échanges gazeux entre les) et l’atmosphère, 368. Plantules germant à l’obscurité (L’a- midon dans les), 374. Plasmodiophora de l’Aulne [126]. Plectranthus Rutenbergianus Vatke sp. nov. [153]. Pleocystidium parasiticum Fisch. [57]. Pleurocybe (Lichens) J. Mueller nov. gen. [64]. Pleurogyne lubahniana Vatke sp. nov. [153]. Poa cæsia Sm. et {axa Hænke, 53. Podocarpus insignis Hemsl. [194]. Pogonia Fordii Hance sp. nov.[193]. Poires à structure anomale [82]. Poisson (J.). Sur le genre nouveau Hennecartia de la famille des Mo- nimiacées, 38. — Obs., 236. PorEcx. Essais heureux de la culture par spores du Champignon des mai- sons, Merulius lacrymans [163]. Pollen des fleurs du Noisetier [131]. Polygala calcarea (Variété nouvelle de), 366. — depressa Wend., 49. — spinescens Gill. var.? aspalathoi- des J. Ball [6]. Polymorphisme des Algues [194]. Polypodium Dipteris et fuscatum Blume, Æhasyanum Hook., macro- chasmum Baker, Morgani Zeiller sp. nov., obliquatum et subpinna- tifidum Blume, 76-78. — Engleri et Tachiroanum Luerssen sp. nov. [74]. — glaucopsis et yunnanense Franchet sp. nov., 29.— rhœæticum L., 53. Polyporus nouveau de la Basse-Autri- che [111]. — betulinus Bull. et læ 26% vigatus Fr. parasites du Bouleau, [163]. — laccatus Kalchbr. sp. nov. [111]. Polysphondylium violaceum [52]. Pommiers (Maladies des) [123]. Portugal (Plantes de) [44] [45]. Potager d’un curieux [179]. Potameia Chapelieri Ballon sp. nov. [77]. Potamogeton (Champignon parasite sur un) [112]. — Zizii Mert. et Koch [91]. Potentilla minima Hall., 50. Poterium muricatum Spach, 50. Prasophyllum ansatum , attenua- tum, densum, eriochilum, fili- forme, laminatum , longisepalum, reflexum et viride Fitzgerald sp. nov. [158]. PRiLciEux (Ed.). Sur les fruits de Stipa qui percent la peau des Mou- tons russes, 15. — Rapport sur la maladie des Oliviers dans l'Hérault [121]. Primula du Yun-nan, 264. — ame- thystina, bella, bracteata, bullata, calliantha,cernua,Delavayi, drya- difolia, glacialis, pinnatifida, se- cundiflora, septemloba, serratifo- lia, sonchifolia, spicata et yunna- nensis Franchet sp. nov., 265-272. — auriculata Lamk et Stuarti Wall., 258-271. — sinensis Lindl. (Cas tératologique d’un) [89]. Pringleophytum ( Acanthacées-Justi- ciées) Asa Gray nov. gen. [71]. Promenade aux environs de Charle- ville (Ardennes), XCIII. Prosthemiella (Champignons) Sace. nov. gen. [31]. Prothalle du Lycopodium cernuum 1. [206]. Protoplasma (Circulation et rotation du) [148]. — (Continuité du) [214]. — des Fucacées [98]. Pseudo-Eugenia (Myrtacées) Scorte- chini nov. gen. [158]. Psychotria furcellata Baillon sp. nov. [153]. Pierolobium subvestitum .Hance sp. nov. [6]. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Pterostylis clavigera Fitzgerald sp. nov. [158]. Ptychodium erectum Culm. sp. nov. [116]. Ptychomnium subaciculare Besch. sp. nov., LXVII. Puccinia Thlaspidis Vuillemin sp. nov. (Sur le), 184. Puceron lanigère [124] [125]. Pyrénées (Flore des) [138]. — (Le Tri- chomanes speciosum Willd. dans les Basses-), 330. — centrales (Ar- moises alpines des), 253. — (Flore glaciale des Hautes-), 133.— Orien- tales (Cypéracées des) [85]. — Flore de Cauterets [231]. Pyrénées (Hautes-) (Plantes des), 47, 67, 133 [231]. Pyrethrum Clausonis Pomel, 340. — tenuissimum Trautv. sp. nov. [72]. Q Quinquina africain, 106. R Racines (Appareil tégumentaire des) [8]. — (Champignons souterrains en symbiose avec les) des arbres [165]. — (Concrescence des), 249.— (Déviation de la direction normale des) dans les gaz [12]. — (Maladie des) [178]. — (Sensibilité géotro- pique de l'extrémité des) [13]. — (Action du milieu sur la structure des) [146]. RADLKOFER (L.). Sur les méthodes en botanique systématique, et princi- palement sur la méthode anato- mique [30]. Ragenium (Géraniacées) Gandog. nov. gen. [43]. Rameya? calopicrosia et macrocarpa Baillon sp. nov. [77]. Ranunculus alpestris L., nemorosus DC. etmontanus Willd. var. Gouani, 67, 68, — yunnanensis Franchet sp. nov., 5. — Lingua Linn. (Sur le) [81]. — montanus Willd., et TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. variétés, platanifolius L. et pyre- nœus L., 47,48. Rapports sur les excursions de la So- ciété pendant Ja session de Charle- ville (Ardennes), LXXIH-CI. — sur l'exploration botanique du nord de Ja Tunisie [139]. Ravensara ? floribunda, Lastellii et ? Tapak Ballon sp. nov. [77]. REEs. Sur la place des levûres dans la classification [49]. Reesia (Chytridiacées) GC. Fisch nov. gen. [56]. — amæboides [56]. REGEL (E.). Descriptiones plantarum novarum et minus cognitarum [72]. Région méditerranéenne (Plantes de la) [86]. REINKE (J.). La fluorescence de Ja chlorophylle dans les feuilles [10]. Reliquiæ Rutenbergianæ [152]. Renonculacées (Structure des) [24]. Respiration (Action chlorophyllienne séparée de la) [211]. — des feuilles à l'obscurité [213]. — des plantes aux différentes saisons, 175. — de quelques plantes en voie de germi- nation, 202. — (Variations de la) avec le développement [102] [213]. — des végétaux [212]. REVEL (abbé). Essai de la flore du sud- ouest de la France [136]. Revue autrichienne de botanique [87]. — bryologique [114] [116]. Rhacomitrium mollissimum. Phil. [116]. | Rhizidium (Étude sur le genre) [56]. Rhizomes d’Anemone nemorosa, 167. Rhizomyxa, nouveau genre de Phy- comycètes [168]. Rhizopogon Briardi Boud. sp. nov., 284. Rhodoclada (Linacées) Baker nov. gen. de Madagascar [68]. Rhododendron campylogynum Fran- chet sp. nov., capitatum Maxim.,et cephalanthum Franchet sp.nov., 9, 10. RicHarD. Sur un nouveau Polypore de la Basse-Autriche [111]. RicHaRp (0.-J.). Instructions pour la 265 formation et la conservation d'un herbier de Lichens [28]. RicHON (Ch.). Note sur quélques Sphé- riacées nouvelles, vil. — et ROZE (E.). Fonginées récoltées dans l’ex- cursion faite par la Société à la Havetière et aux roches de Belair (Ardennes), LXXV. — Voy. Roze. RICHTER (J.-A.). Voy. Bonnet. RipLEY (N.). Nouvelle espèce d’Albuca d’Aden (Arabie) [8].— Sur un nou- veau Carex de Sumatra [66]. — Sur un nouveau Dendrobium de Siam [158]. — Un nouvel Habenaria du Brésil [159]. Rivulariée apparaissant comme Fleur d’eau dans les marais de la Leba [110]. Robersart (Ardennes) (Herborisation aux escarpements de), XLVIL. RŒPER (A.-Ch.). Sa mort [48]. ROLFE (R.-A.). Sur la flore des îles Philippines et son origine probable [66]. — Liste supplémentaire des plantes des iles Philippines [160]. Rome (Algues de) [176]. RoPER (Freeman C.). Note sur le Ra- nunculus Lingua Linn. [81]. Rosa, 101, 102, 125. — gallica L. en Périgord, 335. — pimpinellifolia 1. var. adenophora G.G., 69. — po- mifera Herm., 50. Rothrockia (Asclépiadées) Asa Gray nov. gen. de lArizona [72]. RoTHscHiLD (J.). Botanique populaire illustrée. Flore pittoresque de la France, avec le concours de MM. G. Heuzé, Bouquet de la Grye, S. Meu- nier, J. Pizzeita, B. Verlot, 399 [233]. Rousou (A.). Note sur quelques varia- tions considérables observées chez les végétaux [39]. Rousseau (Mme M.). Voy. Bommer. Roussillon (Florule du) [85]. Rouy (G.). Deuxième note sur le Me- lica ciliata L., 34. — Observations sur le Melica nebrodensis, 43, 64, 130.— sur diverses plantes critiques de la France, 54, 131. — Le Leu- coium Hernandezii Camb., plante 266 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. française, 57. — Observations sur des Rosa, 102,125. — Un mot sur trois Labiées de la flore française, 150. — Sur l’aire géographique de l’Abies Pinsapo Boiss. en Espagne, 366. — Obs., 44, 65, 145, 146, 185, 331. RozE (E.). Obs., 379. — et RICHON (Ch.). Don de leur ouvrage : Atlas des Champignons comestibles et vénéneux de la France et des pays circonvoisins, 3179. — Voy. Richon. Rubiacée nouvelle [7]. Rubus nouveaux [89]. — coriaceus et tomentosus X Vestii Hol. [88]. — vestitus Weiïh. en Périgord, 335. Rulingia ? macrantha Baillon sp. nov. [151]. Rumex amplexicaulis Lap. et Friesii G.G., 52. Russie (Flore de) [72]. Ruta (Réservoirs oléifères des feuilles de) [214]. S SACCARDO (P.-A.). Sylloge Fungorum omnium hucusque cognitorum [113]. — et MALBRANCHE. Fungi gal- lici, série v [32]. — Voy. Schulzer. Saccharogénie dans la Betterave [102]. Sagittaria. Recherches sur la Sagit- taire, 218. * Saint-Bernard (Excursion au Grand), 223. SAINT-GAL (M.-J.). Supplément à la flore des environs de Grand-Jouan (Loire-Inférieure) [85]. Salix ivigtutiana Lundst sp. nov. [155]. Sambucus racemosa L., 51. SAPORTA (G. de). Lettre, v. — Les or- ganismes problématiques des an- ciennes mers [127][202]. — Remar- ques sur le Laminarites Lagrangei Sap. et Mar. [203]. — et Marion. Don, 187. Sarcocephalus. Écorces de Quinquina nienin, 106. — esculentus Afz., Sarothamnus scoparius (Arille du) [83]. SARRAZIN (F.). Réfutation de l'opinion du D' Eugel touchant les qualités comestibles de l'Amanita musca- ria Fr., 356. SAVASTANO (L.). Gommose caulinaire et radicale dans les Aurantiacées, Amygdalées, le Figuier, l’Olivier, et noircissement du Noyer [37]. — Influence du traumatisme sur la production de la gommose des Oran- gers, Amygdalées, et du noircisse- ment des Noyers [38]. — Hypertro- phie des cônes à bourgeons (maladie de la loupe) des Caroubiers [38]. Saxifraga Delavayi Franchet sp. nov., 6. — Fortunei Hook. (Ori- gine spontanée du), 153. — mixla Lap., 50. Scabiosa farinosa Coss. sp. nov. 11391]. Schlotheimia gracillima Besch. sp. nov., LXI. ScHmiTz (F.). Contributions à la con- naissance des chromatophores[170]. SCHROETER. Flore cryptogamique de Silésie : 111. Champignons [161]. SCHULZER VON MUEGGENBURG (S.) et SaccarDoO (P.-A.). Micromycetes Sclavonici novi [32]. ScHWaARZ. Influence de la pesanteur sur la direction du mouvement des Chlamydomonas et des Euglena [49]. Scilla bifolia à fleurs polymorphes, 119. Scirpus alpinus nouveau pour la France [85]. —— compressus Pers., 93. Sclavonie (Micromycètes nouveaux de) [32]. Scleria Doderleiniana Bœk. sp. nov. [75]. Scolopendrium Delavayi Franchèt sp. nov., 28. | ScorTECHINI (Rév. B.). Descriptio novt generis Rubiacearum [7]. — Un nouveau genre de Myrtacées [158]. ScoTr (D.-H.). Vaisseaux laticifères articulés chez l’Hevea [215]. TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. Scrinia flore selectæ, fase. 1v [95]. Sebæa Rutenbergiana Vatke sp. nov. [153]. Sécheresse (Influence de la) sur la vé- gélation de l’Igname de Chine, 156. Sécréteurs (Canaux) des plantes [218]. SÉGUIN présente des échantillons de Verbascum à fleurs proliféres, 293. Selaginella Morgani Zeiller sp. nov., 78. . Senecio pyrenaicus G. G., 51. Sensibilité géotropique de l'extrémité des racines [13]. Serapias Lingua L. en Périgord, 334. Session extraordinaire de la Société en 1885 à Charleville (Ardennes), I-CIV. — (Fixation de la), 126. — (Membres qui ont assisté à la), 11. — (Membres de la Société botanique de Belgique qui ont assisté à la), 11. — (Autres personnes qui ont pris part à Ja), 11, 111. — (Réunion pré- paratoire de la), 11. — (Bureau de la), IV. — (Programme de la), 1v. — (Séances de Ja), V, XLIT, LI. — (Herborisations de la), voy. Herbo- risations. — (Lichens récoltés pen- dant les herborisations de la), c. Sève ascendante (Mouvement de la) [25]. Sexualité (Sur la) [148]. Siam (Dendrobium nouveau de) [158]. Sicile (Flore de) [86]. Sida Vescoana Baillon sp. nov.[151]. Siderilis montana L. en France, 150. Silandi arisi de Ceylan. Silene antirrhina L. var. pleroneura [6]. Silésie (Flore cryptogamique de)[161]. Silviculture (Philosophie de la) [142]. SINTENIS. Voy. Celakovsky. SIRODOT (J.). Don, 3. Sisymbrium adspersum et pilosissis- mum Trautv. sp. nov. [72]. Sisyrinchium Clarazii Baker Mss. sp. nov. [6]. SKoriTz (A.). Revue autrichienne de botanique [87]. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Sta- tuts, v. — Liste des publications reçues en échange du Bulletin, vi. 267 — Liste des membres, IX. — par pays et départements, XXII, — dé- cédés, XXVI. — rayés pour défaut de cotisations, XXVIL — Banquet offert aux botanistes de Belgique à la session de Charleville, xLI. Société de botanique de Berlin fondée en 1883. Échange avec la Société, 156. — dauphinoise pour l'échange des plantes; 12° Bulletin [91]. — historique du Cher (section florale de la). Herborisations faites en 1884 aux environs de Bourges (Cher) [182]. — Linnéenne de Bordeaux. Actes [229]. — Linnéenne de Nor- mandie. Bulletin, 3° série, 8° vol. [90]. — Linnéenne de Paris. Bulle- tin mensuel [75] [150]. Solanum. Maladie des Pommes de terre [61]. SoLLA (R.-F.). Stomates des Panda- nées [11]. SoLus-LAUBACH (H. de). Le Jardin bo- tanique de Buitenzorg à Java [17]. SORAUER (P.). Effets des froids artifi- ciels [36]. SPEGAZZINI (D' C.). Voy. Massalongo. SPENCER LEMARCHAND MOORE. Voyez Moore. Spergula arvensis L. var. gracilis E. Petit [191]. Sphærobolus stellatus (Développement du) [54]. Sphærosepalum (Guttifères) Baker nov. gen. de Madagascar [68]. Sphagnum bicolor et falcatulum Besch., LXVII, LXVI. Sphériacées nouvelles, viir. Sphéropsidées [113]. Spores (Adaptation anatomique du fruit des Champignons à la projec- tion des) [15]. — du Champignon des maisons, Merulius lacrymans [163]. — (Dissémination des) chez les Cryptogames vasculaires [207]. Sporogone du Frullania dilatata, 187. — des Hépatiques, 30. STANISLAS MEUNIER. Voy. Meunier. Stephanosphæra pluvialis Cohn (Dé- veloppement du) [50]. Sterculia arabica Anders., 347. — 268 Chapelieri, comorensis, erythrosi- phon, Humblotiana et Richardiana Baillon sp. nov. [151]. Sterculiacées (Canaux à gomme des), 11. Stigonema (Formes de) [195]. Stipa (Fruits de) perçant la peau des moutons russes, 15. — Clarazii J. Ball sp. nov. [6]. Stomates (Influence du milieu aqua- tique sur les), 259. — (Influence de la lumière sur les) des feuilles, 385. — des Pandanées [11]. Strobiles du Walchia piniformis [171]. STROBL (P.-G.). Flore des monts Né- brodes de Sicile [86]. Structure des Cabombées, 380.— géo- logique du bassin primaire de Ja basse Loire [201]. — des Renoncu- lacées [24]. Strychnopsis (Ménispermacées) Bail- lon nov.'gen. de Madagascar [77]. — Thouarsii [77]. Strychnos (Anatomie de la tige des), 92. Sud-ouest de la France (Flore du) [92] [136] [187]. Suisse (Plantes de), 223, 245. Sumatra (Carex nouveau de) [66]. Swertia chinensis Bunge, %6. Sylloge Fungorum omnium [113]. Synopsis des trois Règnes de la nature ; botanique spéciale [80]. T Table des articles énumérés dans la Revue bibliographique [236]. Tarn (Végétation d’un coin méridional du), 361. TARRADE (A.). Membre à vies 66. Tche-fou (Plantes de) [78]. TERRACCIANO (N.). Note sur quelques plantes récoltées à Castelporziano dans Ja Campagne romaine [141]. Terre de Feu (Hépatiques de la) [118]. — (Mousses de la) [119]. Tetraplodon fuegianus Besch. sp. nov., LXIV. Thalictrum alpinum 1, 4, 41. SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. Thamnium decumbens Besch. sp. nov., LXVII. Thesium laxiflorum Trautv. sp. nov. [72]. THIÉBAUT (Ch.). Voy. Bornet. THUEMEN (F. de). Broussins de Cham- pignons, tumeurs ligneuses des Vi- gnes causées par un Champignon [120].— La lutte contre les maladies des plantes de nos cultures [298]. Thylachium Grandidieri Baïllon sp. nov. [77]. Thymus lanceolatus Desf., 342. — Nouveaux Thyms de Troade [86]. — humillimus, imbricatus, pulvi- natus et Sintenisii Celakovsky sp. nov. [86]. Tige des arbres Dicotylédones et Co- nifères [180]. — des Cycadées, 173. — des Lécythidées, 115. — (Ana- tomie de la) des Strychnos, 92. TImBAL-LAGRAVE (Ed.). Essai mono- graphique sur les Bupleurum, sec- tions Perfoliata, Reticulata et Co- riacea de la Flore française de G.G. [42]. — Note sur l’Alyssum monta- num JL. des Pyrénées [42]. — Etude sur des planches inédites de la Flore des Pyrénées de Lapeyrouse [138]. TimimiAZErF (C.). L'état actuel de nos connaissances sur la fonction chlo- rophyllienne [209]. Tissu assimilateur (Développement du) [105]. — lJigneux à structure étagée [9]. Tolpis barbata Willd., 52. Tonkin (Flore du), 182. Torilis helvetica Gmel., 51. TRaBuT (L.). Additions à la flore d’Al- gérie (Graminées), 394. Tradescantia virginica (Division des noyaux dans le) [102]. TRAILL (G.-W.). Monographie des Al- gues du Firth of Forth (Écosse) (231. Transpiration durant la vie végétative [101]. TRAUTVETTER (E.-R. de). Incrementa Floræ phænogamæ rossicæ [72]. Tremeila Grilletii Boud. sp. nov., 284. Trentin (Champignons du) [30]. TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. TReuB. Le prothalle du Lycopodium cernuum L. [206]. Tribeles (Sur le genre) [76]. — aus- tralis Philippi [76]. Trichomanes speciosum Willd. dans les Basses-Pyrénées, 330. — obscu- rum Blume et pluma Hook., 73. TRIMEN (H.). Sur le Cyperus bulbosus Vahl, le « Silandi arisi » du sud de Madras et de Ceylan [8]. — Notes sur Ja flore de Ceylan [158]. Trinacrium torulosum Sacc. sp. nov. [175]. Trisetum agrostideum Fr., 53. Troade (Asie Mineure) (Thymus nou- veaux de) [86]. Trochobryum, genre nouveau de Sé- ligériacées [117]. TscHiRCH (A.). Sur l'interruption de l'anneau mécanique pour laisser passer les produits de l'assimilation [9]. Tubéracée nouvelle [27]. Tubes criblés des Algues [98]. TULASNE (Ed.-L.-R.). Sa mort [234]. Tulipa. Les Tulipes de l'Europe [46]. — Martelliana Levier sp. nov. [46]. Tunisie (Flore de), 296 [138]. — (Ex- ploration botanique en) [139][140]. —- Illustrationes flore Atlanticæ [138]. Tyrol italien (Champignons nouveaux du) [30]. U Ulota Savatieri Besch. sp. nov., LxIT. Umbilicus gaditanus var. giganteus Battand., 339. Ungernia Oldhami Maxim. sp. nov. 75]. Ur (J.). Courtes notes sur les plantes du Jardin et du Muséum de Berlin [73].-- Morphologie du genre Bauhinia |83]. Urera Humblotii [150]. Urospermum Dalechampii Desf. var. scaposa Clos, 362. Ustilaginées des États-Unis [34]. Baillon sp. nov. 269 Utricularia (Sur quelques espèces d’) d'Amérique [69]. V Vaisseaux laticifères articulés chez l’'Hevea [215]. Valeriana hispidula Boiss. trouvée aux environs de Saint-Jean-Pied-de- Port (Basses-Pyrénées) [921]. VALLOT (J.). Plantes rares ou critiques de Cauterets (Hautes-Pyrénées), 47. — Observations sur les Festuca Eskia et pilosa, 55.— Plantes ano- males de Cauterets, 67. — Observa- tions sur des Rosa, 125. — Flore glaciale des Hautes-Pyrénées, 133. — Observations sur Je Draba pyre- naica L., 194. — Obs., 69, 70, 366.— Guide du botaniste et du géologue dans la région de Caute- rets [230]. VAN TIEGHEM (Ph.). Sur les canaux à gomme des Sterculiacées, 11. — Valeur morphologique des cellules annelées et spiralées des Cactées, 103. — Observations sur la struc- ture des Cabombées, 380. — Don, 380. — Obs., 106, 119, 239, 251, 379, 390. — Second mémoire sur les canaux sécréteurs des plantes [218]. Variations considérables chez les végétaux [39]. VATKE (G.). Reliquiæ Rutenbergianæ [152]. Veatchia (Anacardiacées) Asa Gray nov. gen. de l’Arizona [71]. Végétation de la montagne (Tarn), 361. Végétaux (Respiration des) [212][213]. — (Variations considérables obser- vées chez les) [39]. Vendresse et forêt Mazarin (Ardennes) (Herborisations de la Société aux en- virons de), LXXXV. — (Diatomées récoltées à), LXXXVII. Verbascum Chaixii à fleurs prolifères, 293. — glanduligerum Velanovsky sp. nov. [88]. observées Noire 970 SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE. VERLOT (B.). Voy. Rothschild. VEsQuE (J.). Recherches sur le mou- vement de la sève ascendante [25]. — Expériences sur la grande pé- riode et les oscillations de la tran- spiration durant la vie végétative [101]. — Traité de botanique agri- cole et industrielle [132]. Vicia fulgens Battand. sp. nov., 338. — unguiculata Clavaud [135]. — cordata Walf. var. biloba et litto- ralis E. Petit [191]. Vie végétative (Transpiration durant la) [101]. Villaria (Rubiacées) Rolfe nov. gen. des îles Philippines [67]. — philip- pinensis [67]. Vincetoxicum RutenbergianumVatke sp. nov. [153]. Viola adriatica Freyn sp. nov. [86]. — picta Moggridge (V. esterelen- sis Chan. et Mill.), 239, 241. Vitis. Maladie de la Vigne causée par les Broussins de Champignons [120]. VoGLiNo (P.). Sur le genre Pestaloz- zia; essai monographique [114]. Vos (A. de). Flore complète de la Bel- gique : espèces indigènes et plantes cultivées sans abri [189]. VRIES (H. de). Sur le rôle de la cireu- lation et de la rotation du proto- plasma dans le transport des ma- tières dans les plantes [148]. Vrilles des Ampelopsis [149]. VuiLLEMIN (P.). Puccinia Thlaspidis sp. nov., 184. — Sur le péricycle des Caryophyllées, 275.— Rapport sur Jherborisation faite par la So- ciété aux environs de Monthermé et à la tourbière du Haut-Butté (Ardennes), LXXx. — Sur l’anoma- lie du système sécréteur des Hydro- cotyle, ci. W Wadhlenbergia Rutenbergiana Vatke sp. nov. [153]. Walchia piniformis (Strobiles du) [171]. Wedelia pratensis Vatke sp. nov. [153]. Weinmannia Hildebrandtii Baillon sp. nov. [150]. — Lantziana Baillon sp. nov. [77]. Wiesbauria Gandog. nov. gen. [43]. WiLL (H.). Anatomie du Macrocystis luxurians [97]. WiLLE (N.). Tubes criblés chez les Algues [98]. WiNTER. Sur le genre Corynelia [53]. — Flore cryptogamique d’Allema- gne de Rabenhorst : Champignons [161]. | WoRoONINE. Observations au sujet de la communication de M. Mœæller sur le Plasmodiophora Alni [126]. X Xanthium spinosum L. (Sur le) [92]. Y Yun-nan (Plantes du) récoltées par M. l’abbé Delavay, 3, 26. — (Pri- mula du), 264. Z ZALEwWSKI (A.). Sur le genre Cystopus [28]. ZEILLER (R.). Sur les affinités du genre Laccopteris, 21. — Fougères re- cueillies dans la péninsule Malaise par M. de Morgan, 70.— Sur l’exis- tence du Trichomanes speciosum dans les Basses-Pyrénées, 33. — Note sur les Fougères du terrain houiller du nord de la France [171]. — Sur des traces d’Insectes simu- lant des empreintes végétales [173]. — Note sur la compression de quel- ques combustibles fossiles [199]. — Note sur la flore et sur le niveau relatif des couches houillères de la Grand’ Combe (Gard) [200]. Zizania bonariensis Balansa sp. nov., 243. Es TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 971 nl Zone d’accroissement du Convallaria mique du fruit des Champignons à maialis, 195. la projection des spores [15]. — Les Zoospores du Chlamydomonas pulvis- Champignons-animaux ou Champi- culus, 238. gnons mucilagineux [167]. Zopr (W.). Sur l'adaptation anato- | Zygodon Hyadesi Besch. sp. nov., Lx. FIN DU TOME TRENTE-DEUXIÈME. AVIS AU RELIEUR. Planches. — La planche I de ce volume (encartée dans le n° 5 des Séances) doit prendre place en regard de la page 96 des Séances ; la planche II (encar- tée dans le n° 3) en regard de la page 80; la planche IIl (encartée dans le n° 5) en regard de la page 112; la planche IV en regard de la page 122; la planche V en regard de la page 147; la planche VI en regard de la page 200; la planche VIT en regard de la page 212; la planche VIII en regard de la page 217; la planche IX en regard de la page 285 ; les planches X, XI et XII en regard de la page x11 de la Session extraordinaire; la page xi1 en regard de la page LI. N. B — Par erreur, la planche I est désignée dans le texte sous le nom de planche IT, et la figure 4 de cette planche sous celui de fig. 7. Classement du texte. — Comptes rendus des séances, 400 pages. — Session extraordinaire, 104 pages. — Revue bibliographique et Table, 272 pages. Le Secrétariat, tout en apportant le plus grand soin à la correction des épreuves du Bulletin, ne saurait être responsable des fautes échappées aux auteurs, et il ne se charge pas d’en faire le relevé ; mais celles qui lui sont signalées en temps utile peuvent être l’objet de notes rectificatives ou d’errata insérés à la fin du volume. 6022. — BOURLOTON. — Imprimeries réunies, A, rue Mignon, %, Paris SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE SESSION EXTRAORDINAIRE TENUE A CHARLEVILLE EN JUIN 1885. Le dimanche 14 juin 1885, la Société botanique de France et la Société royale de botanique de Belgique se réunissaient à Charle- ville, où elles s'étaient donné rendez-vous (1), pour explorer de concert la pittoresque vallée de la Meuse en aval de Charleville et divers points de l’Ardenne française. Notre éminent collègue M. A. Chatin, directeur de l’École supérieure de pharmacie, était arrivé la veille avec un grand nombre de ses élèves, désireux de prendre part aux herborisations projetées ; de sorte que, dans la journée du 14 juin, environ 150 botanistes, portant en bandoulière la classique boîte de fer-blanc, sillonnaient les rues de la ville et leur imprimaient une animation inaccoutumée. La Société a tenu trois séances à Charleville, les 44, 17 et 20 juin; elle a visité successivement : la forêt de la Havetière et les roches de Belair, la vallée de la Meuse et les hauteurs qui la domi- nent à Laifour et Revin, le plateau et les tourbières du Haut-Butté (492 mètres d'altitude); puis les terrains jurassiques des environs de Vendresse, la vallée de la Semoy, près des Hautes-Rivières et de Linchamps, enfin Givet et Charlemont, sur l'extrême limite du ter- ritoire français. (4) Voyez plus haut, séance du 8 mai, page 186. T. XXXIL. 4 Il SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1880. Les membres de la Société qui ont pris part aux travaux de la Session sont : MM. Barbiche (l’abbé). MM. Cintract. MM. Legrelle. Bazot. Costantin. Malinvaud. Bescherelle. Crépin. Petit. Boulay (l’abbé). Drevault. Richon. Callay. Grés. Roze. Cardot. Hue (Pabbé). Vuillemin. Chatin (A.). Larcher (Ad.). En outre de M. F. Crépin et de M. Jules Cardot, qui appartien- nent à la fois aux Sociétés botaniques de France et de Belgique, cette dernière compagnie était représentée par les membres sui- vants : MM. Coomans (L.), pharmacien à Bruxelles. DENS (G.), substitut du procureur du Roi à Nivelles. GILSON, professeur à Virton. | MarcHAL (E.), conservateur au Jardin botanique de l’État à Bruxelles. Miner, instituteur à Montignies-sur-Sambre. PIERROT (Ph.), homme de lettres à Montmédy. PIETQUIN (F.), receveur des hospices, à Nivelles. VAN DEN BROECK, botaniste à Anvers. VANPÉ (J.-B.), professeur à Bruxelles. Parmi les personnes étrangères aux deux Sociétés et qui ont assisté aux séances ou suivi les herborisations, nous citerons : MM. Besrez, professeur à l’École normale de Charleville. Capix (Léon), de Charleville. CAILLET, élève en pharmacie à Charleville. CouAILLIER, élève en pharmacie à Charleville. DELAHAUT, élève en pharmacie à Mézières. DESBAN, membre de la Société d’horticulture des Ardennes. DHALEINE (J.), instituteur à Hargnies. FLAMaANT et NEVEUX, instituteurs adjoints à Hargnies. GUILLAUME, pharmacien à Monthermé. HANOTEL, pharmacien à Charleville. LABOUVERIE, pharmacien. LAGaRD, industriel à Charleville. LANGLOIS, pharmacien à Épernay. MAILFAIT, pharmacien à Charleville. RICHARD, pharmacien à Charleville. ROYER (Joseph), secrétaire de la mairie de Charleville. THIRIET, professeur au collège de Sedan. Les élèves en pharmacie dont les noms suivent ont pris part, RÉUNION PRÉPARATOIRE DU 14 JuIN 1885. HI sous la direction de M. le professeur A. Chatin, aux herborisations des 14, 15 et 16 juin : MM. ARCILLE. MM. FAMELART. MM. MoNmaRsoNs. ARDISSON. FOUQUET. MoNNEHAY. BALZER. GALLAS. MOTEL. BAUDRAN. GARNIER (Joseph). NALPOWICK. BEAUSSE. GARNIER (Pierre). Nopor. BÉLIÈRES. GASCARD. PAJoT. BENOIT. GESLIN. PERRIN. BERTHON. GOFFAUX. PERSONNE (Alph.). Brzrau. GoupiL (Henri). PLAÎT. Box. GRas. PORTHÉ. BoNzé. GRIMBERT, prépara- RAYNAL. Bourrer. teur à l’École de REEB. BouLaNn. pharmacie. REISZ. BOULANGER. His. REMY. BOURGOUGNON. Houpry. RENARD, pharmacien. BRETON (Paul). HOURQUET. RoussEAU (Célestin). BREVILLE. HOUSSAYE. ROUSSEAU (Louis). BRUN. HUBERT. RULLAND (Eugène). CARREAU. HuPIER. RULLIER. CHENAL. JORAM. SABATIER. CHOAY. JOUPITRE. SICRE. COLLARD. LANGLOIS. SIFFLET. CORNET. LAVERGNE. SIGNEUX. Cousix. LECLERC. SIMON (Eug.-Nicolas). DARRASSE. LECUYER. SIMON (Eug.-Pierre). DENIS. LEFEBVRE. SIMON (Henry). DEPARDIEU. LEFLON. SOULIER. DEROUEN. LEMOINE. ToUcHARD. DESCOURAUX LOISEAU. VassaL(G.),deReims DESLANDRE. MAQUART. VAUTHIER. DIoN. MARIE. VÉE. Dumonr. MAUGEARD. VUILLEMEY. ESCHENBRENNER. Mazau. WIRION. Euvranr. MÉe. Réunion préparatoire da 14 juin 1885. Les membres de la Société arrivés à Charleville se réunissent à dix heures du matin, sous la présidence de M. Bescherelle, dans la salle du foyer du théâtre, mise obligeamment à leur disposition par M. le Maire. : Après lecture du chapitre V du Règlement, relatif à la tenue des IV SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. réunions extraordinaires, le Bureau spécial qui doit être nommé par les membres présents, suivant l’article 11 des Statuts, pour la durée de la Session, est constitué comme il suit : Président : M. F. Crépin, membre de l’Académie royale de Belgique, directeur du Jardin botanique de l’État à Bruxelles. Vice-présidents : MM. Bazor, ancien professeur de l’Université, officier de l'instruction publique. L'abbé BouLay, docteur ès sciences, professeur à l'Université catholique de Lille. CALLAY, pharmacien honoraire au Chesne. Élie MARCHAL, conservateur au Jardin botanique de l'État à Bruxelles. Secrétaires : MM. J. Carpor, de Stenay. J. COSTANTIN, aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle de Paris. L'abbé Hue, professeur. MaAïLFaIT, pharmacien à Charleville. M. le Président donne ensuite lecture du projet suivant de pro- gramme de la session, qui est présenté par M. Paul Petit, au nom du comité d'organisation : DIMANCHE 14 JuIN. — Séance d'ouverture à 11 heures du matin. — A 3 heures, promenade à la Havetière et aux roches de Belair. — Le soir, banquet offert par la Société botanique de France à la Société bota- nique de Belgique, à 7 heures, au Grand-Hôtel. Lunni 15. — Départ par le chemin de fer à 6 heures 35 minutes du matin pour la station de Laifour. — Excursion aux Dames-de-Meuse et à Revin. MarDi 16.— Départ à 6 h. 35 min. du matin, par le chemin de fer, pour la station de Château-Regnault-Monthermé. — Excursion au Hault- Butté (tourbières). — Retour par le train passant à Château-Regnault à 9 h. 2 min. du soir. MERCREDI 17. — Séance à 10 heures, au foyer du théâtre, — Repos ou promenade l'après-midi, à la convenance de chacun. SÉANCE DU 14 JuIN 1885 Y JEUDI 18.— Départ en voitures, à 7 heures du matin, du Grand-Hôtel — Excursion à Vendresse et dans la forêt Mazarin. VENDREDI 19. — Départ en voitures, à 7 heures du matin, du Grand- Hôtel. — Excursion aux Hautes-Rivières et à Linchamps. SAMEDI 20. — Départ à 6 h. 35 min. du matin par le chemin de fer. — Excursion à Givet et Charlemont. — Séance de clôture. Après quelques observations de détail, ce programme est adopté. SÉANCE DU 14 JUIN 1895. La séance d'ouverture à lieu à l'issue de la réunion préparatoire et dans la même salle, qui est bientôt remplie par une nombreuse assistance formée, outre les membres des Sociétés belge et fran- çaise, d'étudiants en pharmacie et de personnes de Charleville. M. Bescherelle, président du Bureau permanent, prend place au fauteuil; il est assisté de M. Chatin, membre de l’Institut, premier vice-président de la Société, de M. Malinvaud, secrétaire général, et de M. Costantin, vice-secrétaire. M. le Président donne lecture d’une lettre que lui a adressée M. de Saporta en qualité de Président de la section de botanique de l’Association pour l’avancement des sciences. M. de Saporta annonce que cette Association tiendra à Grenoble, au mois d'août prochain, sa session annuelle, et que des courses dans les Alpes, notamment l'ascension du grand Saint-Bernard, seront organisées à ce moment-là; il invite les membres de la Société botanique à venir prendre part à ces fructueuses herborisations. M. le Président, avant de procéder à l’installation du Bureau spécial de la Session, prononce le discours suivant : DISCOURS DE M. Émile BESCHERELLE. La Société botanique de France a, depuis 1853, tenu vingt-six sessions départementales. Si l’on jette les yeux sur la carte de France, on s aper- çoit que les départements où elles ont eu lieu sont presque tous situés VI SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. dans les Alpes, les Vosges, les Pyrénées ou les Cévennes. Ce n’est pour ainsi dire que par exception qu’ellesont eu pour sièges Bordeaux, Nantes, Angers, Autun et Dijon. On en comprend aisément la raison. On est toujours attiré vers Les pays montagneux par le pittoresque du paysage et la perspective d’amples et précieuses récoltes ; d’un autre côté, les excur- sions se faisant à l’époque des vacances, on est sûr qu’elles seront suivies par un plus grand nombre d'amateurs. Mais nos sessions départemen- tales n’ont pas été instituées pour faire en quelque sorte concurrence au Club alpin; elles ont été établies pour permettre à chacun de comparer les différentes flores locales et les formes que revêtent les espèces dans des conditions variées d'habitat, de latitude et d’altitude. Elles ont aussi pour but, comme le disait avec tant d'esprit notre regretté président Germain de Saint-Pierre, de retremper la confraternité scientifique, les traditions de l’esprit gaulois, de la gaieté de bon aloi et de la science vraiment libérale. C’est pour cette raison que la Société a choisi Gharle- ville comme centre de ses excursions en 1885. Nous étions assurés d’y rencontrer, avec ceux de nos amis qui suivent ordinairement nos loin- taines herborisations, les botanistes distingués qui, habitant le nord de la France, n’ont pas souvent l’occasion de se trouver avec leurs confrères des autres départements. Nous pensions avoir aussi la bonne fortune d’herboriser en compagnie de nos collègues de la Belgique et de profiter de la profonde connaissance qu’ils ont de la flore du massif de l’Ar- denne. Notre espoir n’a pas élé déçu, et nous sommes heureux de leur souhaiter en ce moment une cordiale bienvenue. Tout se prépare donc pour que notre session de Charleville ne soit pas inférieure à celles dont le siège avait été déterminé par l'attrait des hauts sommets et par la richesse de la végétation. Notre réunion aura de plus cet avantage sur ses devancières, que toutes les branches de la Botanique auront ici des représentants autorisés et que nous aurons avec nous, pendant quelques jours aû moins, le savant éminent à qui la bota- nique rurale est redevable de tant de services, et qui, depuis plus de trente ans, a formé plusieurs générations de botanistes. Mais j'oublie, messieurs, que ma présidence n’est qu’éphémère, que mon rôle doit se borner à ouvrir la session de 1885 et installer le Bu- reau spécial que nous venons de nommer. Je déclare donc ouverte cette session. Mais avant de quitter le fauteuil, je tiens à remercier M. le maire et la municipalité de Charleville, au nom du Bureau permanent, du bienveillant appui qu’ils nous ont prêté pour la tenue de nos séances, et à témoigner notre sincère gratitude à notre collègue M. Petit, qui a préparé notre session avec un dévouement remar- quable, ainsi qu'à MM. Bazot, Callay et Mailfait, qui ont, avec lui, orga- nisé nos excursions et assuré notre ravitaillement. SÉANCE DU 14 JuiN 1885. VII J'ai l'honneur de prier MM. les membres du Bureau spécial de vouloir bien prendre possession de leurs places. M. Crépin, se rendant à l'invitation qui lui est adressée, occupe le fauteuil; MM. les Vice-Présidents et Secrétaires du Bureau spécial prennent place à ses côtés. M. le Président de la Session prononce les paroles suivantes : DISCOURS DE M. CRÉPIN. MESSIEURS, L’honneur que vous venez de me faire en me choisissant pour présider votre session me prend au dépourvu; je ne m'attendais aucunement à m’asseoir à une place qui serait plus justement, plus dignement occupée par l’un ou l’autre membre de votre savante compagnie. Malgré mon incompétence, j'accepte néanmoins avec infiniment de reconnaissance la charge si flatteuse, si honorable, de diriger vos travaux, en pensant que vous avez voulu m'appeler pour personnifier en quelque sorte en moi la Société botanique de Belgique, l’humble émule de votre puissante asso- ciation. Merci donc, messieurs, en mon nom, et merci surtout au nom de la Société belge. Permettez-moi de saisir cette occasion pour inviter officiellement la Société française aux fêtes qui seront données en 1887 par notre Société pour célébrer son vingt-cinquième anniversaire. Nous souhaitons ardem- ment que la Société botanique de France soit représentée à ces fêtes jubilaires par une très nombreuse députation. M. le Président donne lecture d’une lettre du président de la Socièté d’horticulture de Charleville, qui exprime son vif regret d’être empêché par une affaire de famille d'assister à la séance d'ouverture de la Session. M. le D' Ch. Richon fait à la Société la communication sui- vante : VIII SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. NOTICE SUR QUELQUES SPHÉRIACÉES NOUVELLES, par M. Ch. RICHON. I. LEPTOSPHÆRITES LEMOINIT Ch. Richon, espèce fossile. Les couches d'argile à lignite situées au-dessus du calcaire lacustre des environs de Reims renferment des empreintes végétales et des végé- taux d’une conservation remarquable. Depuis quelques années, notre col- lègue M. le D' Lemoine explore ces couches d’argile avec succès. Je cite- rai, parmi les nombreux et précieux spécimens qu’il a trouvés, une feuille de Vigne qu'ilnomme Vitis Balbiani, voisine de Vitis sezannensis, et un fragment de Monocotylédonée envahi à sa surface par un Champignon de la famille des Sphériacées. Le Vitis Balbiani a été l'objet d’un travail fait par notre savant collègue et présenté en 1884 au Comité central de vigilance contre le Phylloxera du département de la Marne, sous ce titre : « La Vigne en Champagne pendant les temps géologiques. » Quant au végétal attaqué par une Sphériacée, il a bien voulu me le communiquer en me priant de l’étudier et de déterminer à quel genre et à quelle espèce appartient le petit parasite fossiie. J'ai examiné avec le plus grand soin ce spécimen d’une rareté excep- tionnelle, et je me fais un plaisir de communiquer à la Société botanique le résultat heureux de mes observations. Il s'agissait d’abord de savoir si le fragment de Monocotylédonée (?) était récent ou d’une époque géologique, et ensuite si le. Champignon parasite était contemporain du support. Pour fixer mon opinion à ce sujet, d’une part j'ai comparé notre échan- tillon aux nombreux échantillons fossiles des morceaux d'argile à lignite de la collection du D' Lemoine, récoltés en même temps et dans les mêmes localités; cet examen comparatif m’a laissé convaincu de la na- ture fossile de la plante vasculaire en question; d’autre part, j'ai acquis la preuve de la simultanéité d'âge du Champignon qui la recouvre, lors- qu'en soulevant avec soin les lamelles d’argile sous lesquelles se prolon- geait la feuille fossile, j’ai vu les parties nouvellement découvertes enva- hies de même par les Sphéries. Le doute dès lors n’était plus possible. Le morceau d'argile qui recélait sous ses lamelles le tissu du végétal formait un carré irrégulier de 4 à5 centimètres de large sur un demi-cen- timètre d'épaisseur. La portion de feuille découverte représentait les deux tiers de la surface et semblait n’être qu’un fragment restreint de la plante; ce fragment était mince, noirâtre et sillonné de lignes longitu- dinales. La surface était couverte de petits points noirs, saillants, épars; vus à la loupe, ces points formaient des mamelons hémisphériques, mu- CH. RICHON. — SPHÉRIACÉES NOUVELLES. IX nis au sommet d’un ostiole assez large: l'échantillon en contenait de 30 à 40. L'aspect extérieur de la Sphériacée me rappelait celui de l'Hypo- æylon multiforme où d’un Leptospheria (Sace.). Je mis un des péri- thèces sous la lentille du microscope, après l'avoir trituré dans une goutte d’eau sur le porte-objet, et je vis avec étonnement des spores de Lepto- sphæria parfaitement conservées, les unes brunes, les autres à peine colorées, fusiformes, munies de trois cloisons et légèrement courbes, de 0%*,025 de longueur. Je répétai plusieurs fois l’expérience et toujours dans les mêmes conditions. Une fois cependant je brisai un périthèce dont la substance interne ne me paraissait pas colorée comme les autres, et ma surprise redoubla en voyant sous la lentille, avec un grossisse- ment de 700 diamètres, une masse de spermaties, les unes libres et les autres disposées en chapelet, incolores, cylindriques, très courtes, me- surant environ 0®",0022. J'avais affaire à une spermogonie en tout sem- blable, pour la forme extérieure, aux périthèces examinés quelques minutes auparavant. Immédiatement j'ai pris le dessin de ces différents états de l’espèce fossile et une description, qui ont servi à faire celte notice. Quant aux thèques et aux paraphyses, j’en ai vainement cherché les traces: ces organes, d'ordinaire très fugaces, avaient disparu ; mais Îles autres caractères du genre Leptosphæria restaient si nettement et si exactement accusés, quant à la disposition et à la forme des périthèces, ainsi qu’à celle des spores triseptées, courbes et colorées, que je n’hé- sitai nullement à placer l’espèce nouvelle parmi les Leptosphæria, ou plu- tôt Leptosphærites en qualité de plante fossile, et, pour rendre hommage à notre collègue M. le D' Lemoine qui a bien voulu me confier l’échan- tillon trouvé par lui dans les terrains tertiaires des environs de Reims, je l’ai nommée Leptospheærites Lemoinii. Ce Champignon fossile, lun des plus anciens habitants du globe, offre aux naturalistes un double intérêt, soit au point de vue de l'existence possible d’une Sphériacée en parfait état de conservation après un nombre inappréciable de siècles écoulés, soit au point de vue de la vitalité inconnue jusqu'alors des dif- férents organes de reproduction, spores et spermaties. Leptosphærites Lemoinii Ch. Richon. Fungus ascophorus.— Peritheciis simplicibus, atris, lævibus, nitidulis, sparsis, semi- emergentibus, hemisphæricis, ostiolo crasso, pertuso instructis ; nucleo fulvo; ascis et paraphysibus non visis ; sporis fusoideis, curvulis, triseptatis loculo penultimo protubérante, fuscis, long. 0"",025. Fungus spermogonium.— Spermogoniis, magnitudine et forma peritheciorum, sperma- tia minutissima, simplicia, allantoidea in series concatenata includentibus. — Hæc species habitat in culmis vel foliis cujusdam Monocotyledoneæ fossilis in speciminibus argillæ lignitiferæ detectis a el. doctore Lemoine cui libentissime dicavi. — Anno 1884. SESSION EXTRAORDINAIRE À CHARLEVILLE, JUIN 1885. II. OPHIOBOLUS MELIOLÆOIDES Ch. Richon. Depuis le mois d'avril 1874, j’ai conservé dans mon herbier une feuille de plante de la Nouvelle-Calédonie, non déterminée, couverte à sa face inférieure de taches velues évidemment dues à la présence d’un Champignon. Ceite feuille, munie d’une étiquette ainsi conçue : « N° 18 de la col- lection de M. Vieillard, récolté à Wagap, » m'avait été donnée par notre regretté confrère le D' Roussel. Son grand âge et sa santé ne lui permet- tant pas alors de faire les recherches nécessaires pour la détermination de l’espèce, il me chargea de ce soin. Quelques jours après, je lui adressai une description sommaire accom- pagnée d’un dessin représentant, sur la feuille envahie, le parasite et ses organes reproducteurs vus sous plusieurs grossissements. Je les sou- mets aujourd’hui à la Société botanique, tels que je les ai faits à celte époque. L’Ophiobolus qui naît à la face inférieure de la feuille exotique ré- coltée à Wagap est un Champignon dont l’aspect extérieur peut être comparé à celui des Meliola amphitricha et Araliæ Mont., Pyrénomy- cètes d’un autre climat, et à celui du Nectria turbinata de Fuck., plante, indigène. En effet, on peut voir, à l’œil nu et à la loupe, qu’il forme, comme ces curieuses Sphéries, de petites taches brunes, arrondies, velues, de 2 à 4 millimètres de largeur, composées de touffes de poils, les uns rigides et cloisonnés, les autres rampants, le tout enveloppant à la base des groupes de 10 à 20 Sphéries ovoïdes. Mais si l’on poursuit l'examen au microscope, l’aspect diffère complètement et la comparaison devient inutile; car, tandis que les Meliola ont des thèques larges contenant de 2-4 spores brunes, elliptiques, murales, et le Nectria turbi- nata des spores brunes, biloculaires, notre espèce au contraire se pré- sente avec des thèques cylindriques de 0"",1 et des spores incolores, filiformes, de 0"",09; caractères qui la rangent forcément dans le genre Rhaphidospora de Fück. ou Ophiobolus de Kickx. En tenant compte de ces traits de ressemblance de notre Champignon partagés entre les Me- liola et les Ophiobolus, je suis tenté de le désigner sous le nom d’Ophio- bolus meliolæoides, si déjà (?) la description n’en a pas été faite par les auteurs. Voici la caractéristique de l’espèce : Ophiohbolus meliolæoides Ch. Richon. Peritheciis gregariis, superficialibus, ovoideis vel turbinatis, subtomentosis, dilute fuscis apice nigricante; pilis dematiaceis, septatis, plerumque rectis, perithecia ad basin arcte cingentibus et maculas 2-4 mill. diametro metientes, hirtas, nigro-fuscas, orbiculares, sparses in pagina inferiori foliorum efformantibus ; ascis cylindraceis vel CH. RICHON. — SPHÉRIACÉES NOUVELLES. XI cylindraceo-subelavatis, 8-sporis, 0"",1; sporis filiformibus ascos longitudine fere æquantibus, 0%%,09, dilute flavescentibus; paraphysibus filiformibus, continuis. — Habitat in pagina inferiori cujusdam plantæ Novæ-Caledoniæ, Specimen e collectione Vieillard excerptum et mihi liberaliter a doctore Roussel communicatum. — Anno 1874. N. B.— Maintenant, après avoir consulté le récent et précieux ouvrage de Saccardo sur les Pyrénomycètes publiés jusqu’à ce jour, j'ai lieu de croire que l’Ophiobolus meliolæoides est une nouvelle espèce, et c’est comme telle que j’en fais hommage à la Société. IT. Lopniorricua Vigurni Ch. Richon. Le Lophiotricha Viburni est une espèce que je considère comme nou- velle et qui constitue, selon moi, le type d’un nouveau genre que je pro- poserai d’appeler LopxiorricxA. Le caractère principal de ce genre est tiré de la présence de poils hispides sur les périthèces, caractère qui manque complètement chez les Lophiostomacées à spores hyalines, uni- septées (Saccardo), famille à laquelle appartient notre Sphérie. J'ai trouvé, en mars 1885, les échantillons qui m'ont servi de sujet d’étude, à la base des rameaux morts de Viburnum Lantana encore adhérents aux souches couvertes de mousse. En raison de cette station, j'ai cru devoir donner à l’espèce le nom de Zophiotricha Viburni. Cette Sphériacée forme, sur la portion de rameau envahie, des taches brunes et velues semblables à celles produites par un Helminthosporium ou par un Rosellinia aquila. A l’aide d’une bonne loupe, on distingue au milieu du tomentum la partie extérieure des périthèces et les ostioles comprimés en crêtes hérissés, la plupart de poils bruns, raides et diver- gents. Les poils dressés sont cloisonnés; ceux qui constituent le tomen- tum sont rampants, tortueux et sans cloisons. Si l’on pratique une coupe transversale assez profonde, on voit que les périthèces, dont la moitié inférieure est plongée dans le bois, sont réellement sphériques; ils ren- ferment des thèques allongées-claviformes (longueur0"",11),octospores et entourées de paraphyses filiformes, continues. Les spores sont fusoïdes, uniseptées, légèrement resserrées à la cloison, distiques, incolores, mu- nies de plusieurs gouttelettes ; chaque loge est conique-allongée et peut se détacher séparément. Voici la caractéristique du genre, puis celle de l'espèce : LOPHIOTRICHA Ch. Richon (étym. Acpos, crista ; Opië, sela, ob cristam setosam). Perithecia simplicia, innato-superficialia, carbonacea, nigra, strigoso-pilosa, villo concolori ad basin ut plurimum cincta ; ostiolo compresso, cristato, setulis rectis obsito. Asci elongati, paraphysati, octospori. Sporidia disticha, fusoidea, elongato-bilocularia, ad septum leniter constricta hyalina. XII SESSION EXTRAORDINAIRE À CHARLEVILLE, JUIN 1885. Lophiotricha Viburni Ch. Richon. Peritheciis gregariis, irregulariter dispositis, basi ligno immersis, parte semilibera undique pilis strigosis, nigro-fuscis, septatis, rectis obsita, ad basin subiculo fusco, superficiali, laxe adhærenti cincta; ostiolo compresso, cristato, luculenter pilis ornato; ascis cylindracco-clavatis, breve stipitatis, octosporis; paraphysibus filiformibus, con- tinuis ; sporidiis distichis, fusiformibus biconicoelongatis, uniseptatis, ad septum lenitcr constrictis, pluriguttulatis, hyalinis. — Habitat ad ramos emortuos Viburni Lantanæ truncis muscosis productos. Circa pagum Soulanges, prope Saint-Amand-sur-Fion. — Anno 1884 (Richon). Explication des figures des planches X, XI, XII de ce volume. PLANCHE x. — Leptosphærites Lemoinii. 1. Leptosphærites sur feuilles de Monocotylédonée (?) placée entre les lamelles d’argile à lignite (grandeur naturelle). 2. Portion de feuille fossile, disposition des Sphéries à la surface. 3. Périthèces, dont l’un brisé, à nucléus brun-fauve, et spermogonies de même forme. . Spores brunes, en fuseau, triseptées, un peu courbes, 0"",025. . Spermaties incolores, primitivement en chapelet. ot E& PLANCHE XI. — Ophiobolus meliolæoides. 1. Feuille de plante exotique de la Nouvelle-Calédonie, couverte à la face infé- rieure de petites taches brunes, rondes, velues, formées par les groupes d’'Ophiobolus. 2. Tache vue à la loupe composée de faisceaux, de poils bruns, entourant à leur base un groupe de 10 à 20 Sphéries. 3. Périthèces d'Ophiobolus plus grossis, de forme ovale, légèrement tomenteux, brun pâle, à sommet plus foncé. 4. Faisceau de filaments bruns, dressés, cloisonnés. 9. Thèques (0"*,1) l’une entière, l’autre brisée; paraphyse. 6. Spores incolores filiformes, continues (0"®,09). PLANCHE XII. — Lophiotricha Viburni. 1. Rameau de Viburnum Lantana mort, maculé à sa base par la présence des périthèces hispides et du tomentum d’un groupe de Lophiotricha. 2. Groupe de Lophiotricha grossis, ostioles et partie saillante des périthèces hérissés de poils noirs, rigides, au milieu d’un lacis de filaments bruns, rampant sur le support. 3. Coupe transversale permettant de voir les périthèces entiers et de forme sphérique ; la moitié des périthèces est incrustée dans le bois. . Poils dressés, bruns, septés. . Poils rampants, sinueux, enchevêtrés, sans cloisons. . Groupe de thèques et de paraphyses. - Thèque isolée contenant 8 spores distiques, entourée de paraphyses fili- formes, continues. 8. Spores fusiformes, uniseptées, un peu resserrées vers la cloison médiane; loges coniques-allongées, munies de gouttelettes. ous CARDOT. — LES MOUSSES DES ARDENNES. XIII M. Cardot fait à la Société la communication suivante : LES MOUSSES DES ARDENNES, par M. 3. CARDOT. Messieurs, je vous demande la permission de vous dire quelques mots sur la flore bryologique de la région que vous allez visiter. fl semblera peut-être qu’il est fort présomptueux à un simple amateur comme moi de prendre la parole à ce sujet, quand il se trouve dans cette assemblée deux de nos brvologues les plus éminents, M. l'abbé Boulay et l'honorable président de la Société botanique de France, M. Bescherelle. Les nom- breuses excursions que j’ai faites dans cette région, qui est presque mon pays, et la connaissance assez complète que j'ai de sa flore bryologique seront mon excuse. Je crois inutile de vous décrire l'aspect du pays, puisque vous allez le parcourir ces jours-ci. Disons seulement qu’il est constitué presque exclu- sivement par des schistes. Ce terrain commence immédiatement au nord de Charleville, au mont Olympe et dans la forêt de la Havetière, et s'étend jusqu’à Givet, où il cède la place au calcaire carbonifère. On trouve aussi sur quelques points des quartzites et des calschistes. Les flancs des vallées, formés presque partout d’escarpements rocheux plus ou moins abrupts, aux expositions les plus diverses, ombragés ou découverts, secs ou humides, souvent même arrosés par de petits tor- rents, présentent au bryologue un champ d'exploration fort varié et fort intéressant. En raison de la nature du terrain, ce sont évidemment les espèces saxicoles qui prédomineront dans les récoltes. Les espèces cor- ticicoles sont peu nombreuses, ce qui tient surtout au mode d’aménage- ment des forêts, constituées presque entièrement par des Chênes et coupées à blanc tous les vingt ans environ pour l'exploitation de l'écorce, d’où il résulte qu'il y a peu de vieilles futaies. Sur les plateaux, on trouve des Bruyères et de vastes marais tourbeux avec la flore habituelle de ce genre de station. Les rochers plus ou moins humides ou ombragés, et exposés au nord, sont les plus riches; leurs flancs, leurs fissures, leurs excavations, four- niront au bryologue une foule d’espèces intéressantes. Citons-en quelques- unes au hasard : Plagiothecium undulatum. Bryum alpinum. — denticulatum. Webera cruda. — silvaticum. Bartramia ithyphylla. — Schimperi. Amphoridium Mougeotir. Heterocladium heteropterum. Schistostega osmundacea. Pterygophyllum lucens. Dicranum mayjus. XIV SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. Campylopus flexuosus. Grimmia atrata. Fissidens osmundoides. Sarcoscyphus sphacelatus. Dicranoweisia Bruntoni. Mastigobryum trilobatum. Rhabdoweisia fugax. Plagiochila spinulosa, etc, etc. Rhacomitrium protensum. Sur les rochers secs, on trouvera aussi quelques bonnes espèces, entre autres : Grimmia trichophylla. Ptychomitrium polyphyllum. — commutata. Andreæa rupestris var. falcata. — montana. Scapania compacta, etc. Coscinodon pulvinatus. Au bord des rivières, des ruisseaux et des petits torrents et sur les rochers arrosés, on peut récolter : Brachythecium plumosum. Cinclidotus fontinaloides. Hyocomium flagellare. Rhacomitrium aciculare. Hypnum ochraceum. — fasciculare. Fontinalis squamosa. Alicularia compressa. Dichodontium pellucidum. Scapania undulata. Barbula Brebissoni. Sarcoscyphus emarginatus. Cinclidotus riparius. Jungermannia riparia, etc. Les Sphaignes abondent dans tous les endroits humides, et jusque sur les rochers, lorsque ceux-ci sont arrosés par des suintements. Lorsque le schiste est plus ou moins pénétré de calcaire, la présence du carbonate de chaux se révèle immédiatement par l’apparition de cer- taines espèces calcicoles, telles que : Barbula commutata. Bartramia Œderi. — tortuosa. Orthothecium intricatum. Trichostomum rigidulum. Eurhynchium crassinervium. — mutabile. Jungermannia Muelleri. Dans les bruyères tourbeuses et les marais des plateaux, on trouvera, au milieu d'innombrables formes de Sphaignes : Hypnum fluitans. Dicranum Bonjeanii. — stramineum. Dicranella cerviculata. Polytrichum gracile. Sporledera palustris. — strictum. Jungermannia setacea. Atrichum tenellum. — inflata. Splachum ampullaceum. Sphagnæcetis communis, etc. Je pense que ces quelques listes, tout incomplètes qu’elles sont, suffiront pour donner une idée sommaire de la flore bryologique arden- naise. CARDOT. — LES MOUSSES DES ARDENNES. XV Si l’on applique à cette flore les principes développés par M. l'abbé Boulay dans son beau travail sur la distribution géographique des Mousses en France (1), on voit tout de suite qu’elle appartient à la zone moyenne de la région silvatique : elle présente en effet la plupart des espèces carac- téristiques de cette zone. Mais on y trouve aussi plusieurs espèces appar- tenant à la zone supérieure ou subalpine, telles que : Rhacomitrium fasciculare, Fissidens osmundoides, Andreæa rupestris var. falcata, ou même à la région alpine, comme le Grimmia atrata, dont la pré- sence, entre Revin et Fumay, à une altitude de 130 mètres seulement, presque au bord de la Meuse, constitue un fait bien singulier de bryogéo- graphie, car dans les Alpes et les Pyrénées, cette espèce ne descend guère au-dessous de 2000 mètres. Et à côté de ces espèces montagnardes, on récolte, non sans surprise, des espèces méridionales ou occidentales, telles que : Barbula Brebissoni, Coscinodon pulvinatus, Didymodon flexifolius, etc. On peut donc dire, avec M. l’abbé Boulay (2), que dans le massif ardennais, les associations d’espèces les plus étranges et les plus imprévues semblent devenues la loi commune. Quant aux calcaires de Givet, ils présentent une végétation bien diffé- rente, et qui est fort analogue à celle des coteaux jurassiques de la partie méridionale du département. J’en citerai quelques espèces : Hypnum rugosum. Barbula commutata. — chrysophyllum. — tortuosa. Encalypta streptocarpa. — inclinata. — vulgaris. — squarrosa. Orthotrichum saxatile. Trichostomum crispulum. Grimmia orbicularis. Leptotrichum flexicaule. Barbula ambigua. Fissidens decipiens. — gracilis. Cette flore n’appartient plus à la zone moyenne, mais à la zone infé- rieure de la région silvatique. M. Costantin fait à la Société la communication suivante : OBSERVATIONS SUR LA STRUCTURE DES FEUILLES DU NYMPHÆA RUBRA ET DU NUPHAR LUTEUM, par M. 3. COSTANTINX. J'ai eu l’occasion, ces derniers temps, d'étudier la structure des feuilles du Nymphea rubra et du Nuphar luteum; la complexité de leur organisation est très remarquable et montre combien il est néces- (1) Études sur la distribution géographique des Mousses en france, au point ae vue des principes et des faits, par M. l'abbé Boulay. 1 vol. in-8°, 260 pages. 7, Savy. (2) Loc. cit., p. 172. XVI SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. saire d'examiner toutes les faces du problème avant de se prononcer sur la question de l'influence du milieu. 4° Nymphæa rubra. — On cultive dans les serres du Muséum le Nymphæa rubra, qui possède deux sortes de feuilles très différentes. Les feuilles périphériques de la touffe sont submergées ; les feuilles centrales sont au contraire nageantes. À cette différence de station correspon- dent des différences dans l’organisation, qui se traduisent à l'extérieur par un aspect particulier des deux sortes de feuilles. Les feuilles aqua- tiques sont beaucoup plus minces, d’un vert plus clair, transparentes ; leur forme est sagittée, et, amincies au bout quand elles sont jeunes, elles s’élargissent et s’arrondissent en vieillissant; on a tout de suite l’idée de la structure particulière qu’elles présentent à la facilité avec laquelle elles se fripent et ondulent sous l’eau. Les feuilles nageantes ont un tout autre aspect : elles sont plus fermes, plus rigides, d’un vert plus sombre ; leur contour général est plus arrondi que dans les précédentes, leurs auricules moins écartées, leurs nervures plus marquées, et enfin elles sont dentelées quand elles sont vieilles : tout semble indiquer que la structure y est beaucoup plus différenciée. L'examen de l’épiderme confirme les prévisions précédentes. La face inférieure, dans les deux cas, présente la même organisation, elle ne possède pas de stomates. La structure de la face supérieure est au contraire différente chez les feuilles submergées et chez les feuilles vageantes. [1 n’y a pas de stomates dans le premier cas, il y en a en très grand nombre dans le second. Il pourrait donc sembler naturel, après un examen superficiel, d’ad- mettre que les feuilles nageantes sont des feuilles semblables aux feuilles submergées qui, en arrivant au contact de Pair, ont changé d’aspect et se sont différenciées dans leur structure. Il suffit, pour s'assurer que les transformations ne se passent pas ainsi, de suivre le développement des jeunes feuilles centrales qui sont encore enroulées sous l'eau. Elles se développent avec une extrême rapidité et viennent s’étaler à la surface de Peau presque sans avoir subi l’action de ce milieu. D’ailleurs jamais elles n’ont, quand elles sont sous l’eau, l’aspect des feuilles submergées externes ; leur consistance ferme, leur coloration foncée, les rapprochent des feuilles nageantes. La structure de leur épiderme supérieur justifie cette première assertion, car on y observe de très nombreux stomates. Ces petits appareils se sont formés lorsqüe la feuille était très jeune, encore convolutée et en dehors de l’action du milieu aquatique. Nuphar luteum. — Un résultat semblable a été vérifié par M. Rein- hardt (1) sur le Nuphar luteum. Cet auteur a en effet constaté que les (1) Einige Miltheilungen über die Entwickelung der Spalloeffnungen bei den Pflan- zen (voyez l'analyse du Bolanischer Jahresbericht, 1879). COSTANTIN. — FEUILLES DES NYMPHÆA RUBRAE T NUPHAR LUTEUM. XVII feuilles non encore déroulées de cette plante ont des stomates à la face supérieure. L'examen de pieds divers de cette même espèce ayant poussé dans des conditions diverses permet d'envisager la structure des Nymphéacées à d’autres points de vue. Le premier pied croît à l'École de botanique du Muséum, dans un petit bassin très peu profond, de sorte que les feuilles sortent presque immé- diatement de l’eau ; la plante est très vigoureuse, et il n’y a pas de feuilles submergées. Les feuilles, qui sont restées à l’air, sont dressées presque verticalement, elles vivent très bien dans ces conditions nouvelles ; mais leur structure est toujours la même, c’est-à-dire qu’elles n’ont de sto- males qu’à la face supérieure. Ces feuilles destinées à être nageantes gardent donc leur structure, malgré le milieu aérien. Ce fait, en somme, vient corroborer le précédent résultat : il prouve que la structure de ces feuilles se différencie indépendamment du milieu aérien ou aquatique; la feuille prend dans le bourgeon une organisation qui ne se modifie plus, ni dans l’eau, ni à l'air. Un second pied de la même plante pousse à la même époque dans un bassin plus profond; il n'offre que des feuilles submergées. Toutes ces feuilles sont claires, transparentes, minces et ondulées ; leur aspect rappelle exactement celui des feuilles externes du Nymphæa rubra. La structure de l’épiderme est également semblable ; on n’y observe pas de stomates à la face supérieure. Ce cas diffère donc du précédent par ce fait que, dans les Nymphæa, les deux sortes de feuilles se trouvent sur un individu, tandis qu’on les observe sur deux individus distincts dans le Nuphar. Or, pour cette dernière plante, les stations sont très différentes : un pied est presque aérien et l’autre assez profondément submergé. Les feuilles du pied aqua- tique ont subi l’action du milieu, aussi les stomates ne s’observent pas sur la face supérieure. Si l’activité vitale devient plus grande, peut-être si le rhizome est plus âgé, le Nuphar luteum, comme le Nymphæa rubra, peut être capable de produire des feuilles nageantes dont la structure esl différenciée dès le bourgeon. On a alors deux sortes de feuilles, dont les premières seule- ment ont subi l’action du milieu. Enfin, si la plante pousse au voisinage de l'air, il n’existe plus que des feuilles différenciées dès l’origine. L'étude précédente montre donc que l'épiderme peut subir l’action du milieu aquatique, au moins quand la plante est jeune et que les feuilles différenciées pour être nageantes ne sont pas encore formées. Quant à ces dernières, il résulte du mémoire de M. Trécul (1) sur cette (1) Structure et développement du Nuphar luteun (Ann. des sc. nat. 3° séri e, 1t4 LV, p. 305). B T. XXXII XVII SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. plante, que les stomates apparaissent sur la feuille convolutée alors qu’elle est recouverte comme d’un « enduit mucilagineux » qui « provient de la désorganisation des poils de la partie inférieure ». Ce mucilage protège évidemment l’épiderme contre l’eau, au moment où cette feuille se déroule; cet organe peut traverser de grandes épaisseurs de liquide sans subir de modification. L'organisation interne présente-t-elle des variations analogues à celles qui viennent d’être signalées pour l’épiderme ? Structure interne. — Le tissu en palissade des feuilles nageantes ou aériennes est toujours plus développé que celui des feuilles submergées, aussi bien pour le Nuphar luteum que pour le Nymphæa rubra. Ainsi, chez le Nuphar, l'épaisseur du tissu palissadique de la feuille nageante est sept fois plus grande que celle de la même région de la feuille sub- mergée. Cette très grande différence tient à ce que l’assise en question est simple dans ce dernier cas et plusieurs fois dédoublée dans le premier; elle tient, en outre, à ce que, dans les feuilles submergées, les cellules sont arrondies au lieu d’être allongées comme dans les feuilles nageantes. Le parenchyme lacuneux des feuilles submergées du Nymphæa rubra est représenté par des cloisons formées de deux épaisseurs de cellules, et l’épiderme inférieur se trouve presque partout en contact avec les lacunes. Ce dernier caractère se retrouve également dans les feuilles nageantes, car cette face reste au contact de l’eau, mais l’ensemble du tissu lacuneux est beaucoup plus développé. Cette dernière observation peut être faite également sur le Nuphar, et il en résulte une grande dif- férence entre l’épaisseur de la feuille nageante (45 divisions micromé- triques) et celle de la feuille submergée (12 divisions micrométriques). La comparaison des pétioles aériens aux pétioles aquatiques des feuilles du Nuphar luteum conduit également à d’autres résultats intéressants. On voit à la périphérie des premiers une gaîne collenchymateuse qui manque aux seconds. En outre, les faisceaux sont plus différenciés dans le premier cas ; les vaisseaux sont lignifiés dans les pétioles aériens et non imprégnés de lignine dans les pétioles aquatiques. Enfin, si, en section transversale, les lacunes sont plus développées dans les pétioles aériens, il n’en résulte pas que le volume total de ces masses d’air y soit plus grand que dans les pétioles des feuilles toujours submergées, car ceux-ci sont incomparablement plus allongés. L'action du milieu se manifeste donc ici sur les feuilles nageantes par l'agrandissement des lacunes ; il est cependant indispensable de remar- quer que, comme on l’a vu plus haut pour l’épiderme, l’organisation in- terne de ces feuilles destinées à flotter à la surface de l’eau peut être diffé- renciée avant leur arrivée à l'air. Dans le limbe des feuilles convolutées, le tissu palissadique est différencié en partie ; dans le pétiole des feuilles BAZOT. — SOUVENIRS D'HERBORISATIONS DANS LES ARDENNES. XIX nageantes, on peut observer une gaîne de collenchyme et quelques vais- seaux lignifiés dans les faisceaux. En somme, il résulte de l’étude du Nuphar luteum que l'action du milieu se manifeste sur les feuilles qui se développentf alors que la plante est jeune. Quand le rhizome est plus vieux, ou quand la plante est plus près du voisinage de la surface de l’eau, la structure des feuilles se différencie de bonne heure et demeure, par cela même, indépendante en partie des milieux aquatique et aérien. M. Bazot fait à la Société Ia communication suivante : SOUVENIRS D’HERBORISATIONS DANS LES ARDENNES FRANÇAISES, par M. L. BAZOT. La Société botanique de France a décidé de tenir à Charleville sa session extraordinaire de 1885. Qu'il me soit permis de dire que les Ardennes françaises étaient un champ d’explorations et d’études très heureusement choisi pour deux raisons principales. D’abord cette région était authentiquement moins bien connue au point de vue botanique que la plupart des autres contrées de la France. Cer- tainement les botanistes, les explorateurs, ne lui ont pas manqué. Elle offre assez d'intérêt pour que, sans compter les botanistes belges, qui ont bien pu la regarder comme une annexe ou une dépendance du massif ardennais bien plus développé chez eux, les botanistes du département et ceux de la France n’aient cessé de la visiter avec plaisir, de l’explorer, et ne s’y soient trouvés de plus en plus nombreux dans ces dernières années. Mais, à ma connaissance du moins, les résultats de leurs herborisations n’ont pas été concentrés dans un travail d’ensemble dont les éléments épars n’eussent peut-être pas été difficiles à réunir. Certes MM. Callay, du Chesne, Crépin, directeur du jardin botanique de l État belge, Jules Cardot, de Stenay, membres de la Société botanique de France, et M. Pierrot, de Montmédy, en réunissant leurs découvertes, leurs travaux et les contributions qu’eussent été heureux de leur apporter nombre d’explorateurs que je regrette de ne pouvoir citer, pouvaient donner de la flore phanérogame des Ardennes tout au moins un Catalogue dont l'intérêt eût égalé celui de mainte Flore départementale ou régionale. L'inventaire le plus récent de la flore française que je connaisse est la Flore de France de Grenier et Godron (1848-1856). Or, tandis que les végétaux les plus remarquables y sont assignés a leurs diverses habitations françaises connues, on a le regret de constater que les Ardennes n’y sont pas, ou y sont à peine indiquées : grave lacune assurément, dans un ou- vrage de cette autorité et de cette importance. xx SESSION EXTRAORDINAIRE À CHARLEVILLE, JUIN 1885. Une seconde raison qui justifie surabondamment le choix de la Société, c’est la détermination du rôle que peuvent remplir les Ardennes françaises au point de vue de la géographie botanique de la France et de la Bel- gique, dont les flores sont bien connues. Ma compétence, bien bornée dans ceite limite même, ne me permet de parler que des plantes phanéro- games. La flore de cette pointe avancée que pousse la France en Belgique avec une altitude notable, et celle des terrains ardoisiers situés à l’est et à l’ouest de cette pointe, établissent, comme on peut le penser de prime abord, une transition entre la flore française et la flore belge. [Lest nécessaire de jeter un coup d’æil sur le pays que vont parcourir les membres de la Société pendant cette session de Charleville. Le chemin de fer d'Hirson à Mézières et à Sedan divise le département des Ardennes en deux parties très inégales. Au sud de cette ligne sont les terrains jurassiques et crétacés. Au nord, sauf une bande étroite bor- dant parfois le chemin de fer, sont les terrains de transition. La vallée de la Meuse, de Charleville à Givet, traverse ces derniers terrains, consistant surtout en quartzites et en schistes ardoisiers. Sur divers points se montrent des couches plus ou moins calcaires qui se tra- hissent pour les botanistes par quelques plantes calcicoles. Ce massif ardoisier, coupé, raviné en tous sens, formerait un chaos boisé inextri- cable, si le bassin de la Meuse n’en constituait le fil conducteur et l'unité. Je crois que les géologues s’accordent à reconnaître que la Meuse le tra- verse par une suite de fractures antérieures au cours d’eau. Nulle part, en effet, on ne rencontre dans cette trouée les couches puissantes d’allu- vions et les élargissements de la vallée si prononcés en amont de Charle- ville et de Sedan, tandis qu’en plusieurs endroits, à Chàâteau-Regnault, Monthermé, Laifour, Revin, Haybes, on constate des ruptures neltes et abruptes des roches, que la Meuse n’a pu évidemment former par voie d’érosion, et où elle a passé sans la moindre trace d’hésitation ou d'arrêt. Ce qui fait le caractère propre de la beauté du pays, c’est avant tout la belle vallée de la Meuse, généralement très resserrée, aux nombreux dé- tours, dont les boucles de Mézières, de Charleville, de Revin, présentent de si singuliers spécimens, ne perdant guère son aspect sévère et sauvage et qui n’en à pas moins frayé la grande route du travail et de la civilisa- tion ; ensuite les œuvres de l’homme, les modestes conquêtes de la eul- ture, les établissements industriels de bien longtemps antérieurs au chemin de fer, répandus jusque dans les vallées latérales ; puis le chemin de fer lui-même, dot les hardiesses de construction sont bien en har- monie avec celte sévère nature, tantôt suivant fidèlement la Meuse, se pliant à ses détours, tantôt évitant ses boucles trop fréquentes en s’enga- geant dans de nombreux tunnels, et en passant le fleuve sur des ponts hardis, hauts comme des cathédrales, quoiqu'’ils soient comme déprimés BAZOT. — SOUVENIRS D’'HERBORISATIONS DANS LES ARDENNES. XXI par les escarpements qui les dominent; enfin, les travaux récents de ca- nalisation de la Meuse, permettant d'éviter les rapides dangereux pour la navigation. Le climat est excessif, les jeunes Chênes gèlent quelquefois à la fin de mai ; le pays est âpre, rebelle à l’exploitation ; les industries demandent généralement un travail pénible. Ce sont l'exploitation des carrières d’ar- doise, de grès pour pavés, de quartzites pour l'empierrement des routes, assez souvent aux dépens du pittoresque ; la coupe des bois sur des pentes souvent escarpées, presque inabordables, et l’écorçage des Chênes. Ces industries primitives et indigènes ne suffisaient pas. La fonte et la transformation du fer, favorisées par la Meuse, le voisinage des houilles de la Belgique et des minerais de la Moselle; l’industrie du cuivre, qui demande ses minerais au Pérou ; des fabriques de brosses, de crayons, ont centuplé le travail produit. De ce pays pauvre, ne produisant qu’une minime partie des matières premières qui y sont exploitées, des initia- tives intelligentes, le travail et la sagesse des populations, ont fait un des plus riches de la France, dont les produits s’exportent dans toutes les contrées de l’Europe, même dans les cinq parties du monde. Les belles sources profondes et abondantes qui s’observent souvent dans les terrains calcaires manquent à cette partie du département des Ardennes. En revanche et comme conséquence, l’eau abonde à la surface du sol. Elle provient de marais qui occupent souvent de grandes surfaces sur les plateaux et qui existent généralement dans les dépressions de ces plateaux et à l’origine supérieure des vallées. Cette eau commence par des égouttements, qui finissent assez vite par former des ruisseaux et des rivières qui ont un débit nécessairement inégal, et qui, par suite de la pente rapide des vallées, affectent souvent des allures de torrents : tels sont les cours d’eau qui descendent des Mazures, de Rocroï à Revin ; des Butteaux à Linchamps et à la Meuse. Cette diffusion de l’eau est éminem- ment favorable à une certaine végétation, et le pays offre des stations botaniques variées. Les plus intéressantes sont celles des hauts plateaux. Leur altitude n’est pas telle qu’elle puisse nous offrir des plantes spéciales, mais cette altitude combinée avec la latitude vaut à ces endroits quelques plantes du nord de l’Europe. De plus ils sont en large communication avec la Belgique, la Hollande, et il y a lieu de croire que quelques plantes occi- dentales de France leur arrivent par cette voie détournée plus que par l'Ile-de-France et le département du Nord. Ces plateaux froids et humides sont souvent dégarnis de bois; on y trouve de fréquentes tourbières, dont la végétation étrange et primitive intéresse toujours, malgré sa monotonie, le botaniste, généralement plus habitué à la végétation des terrains secs et calcaires. XXII SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. Leur aspect et leur végétation sont sensiblement différents sur les deux rives de la Meuse. Sur la rive droite, aux Butteaux, les marécages tourbeux avec Sphagnum et Oxycoccos dominent. Sur la rive gauche, le plateau de Rocroi est, en plusieurs points, moins mouillé, plus argileux. La partie non encore transformée en prés (rièzes de Rocroi) est cou- verte d’Erica Tetralix doni, à la fin de juillet, les fleurs teignent d’un rose tendre la vaste plaine et lui donnent un aspect caractéristique et inoubliable, rappelant celui des Hautes fanges de Spa. Si nous descendons de ces plateaux, nous marchons dans des bois de Chênes exploités principalement pour leur écorce, et que par conséquent on laisse peu vieillir. D’autres arbres, des Bouleaux surtout, rompent çà et là la monotonie. Le tapis sous bois est souvent formé, sur de grands espaces, par des Myrtilles (Vaccinium Myrtillus), dont les fruits se vendent au marché de Charleville sous le nom de Framboises, tandis que ceux du Framboisier, dont le nom est ainsi usurpé, prennent celui \'Ambres. Les bois ne s’interrompent que lorsque la déclivité du sol s’adoucit, pour donner place à quelques prés, humides et tourbeux souvent, irri- gués par les ruisseaux que les sentiers côtoient. Aux plantes de ces prés se joignent des espèces communes descendues des tourbières supérieures et qui se trouvent encore abondamment au débouché des vallées et de leurs ruisseaux dans la vallée principale, sur de petits deltas, quelque- fois fangeux, formés par leurs alluvions, et aussi aux bords de petits étangs qui retiennent l’eau destinée à activer l’usine voisine. Au pied des rochers escarpés qui, presque toujours, commandent le confluent des vallons latéraux et de la vallée principale, le long des cours d’eau, sont des réduits pleins d'ombre et de fraîcheur, stations privilé- giées des Fougères. Les éboulis, les débris mouvants, moins frais, souvent même brûlés par le soleil, ont aussi leur flore spéciale. Les cultures sont peu variées. A part les rares et meilleures terres consacrées au Froment, on ne rencontre guère que des champs de Seigle et d’Avoine ; on est surpris de voir le Sarrasin si peu cultivé sur ce sol. Les plantes des champs sont celles des terrains siliceux. Ici le Seigle n’est pas semé seulement en pleine campagne. Dans l’année de la coupe des bois ou dans l’année qui suit, on le sème sur les endroits les plus riches et les mieux exposés. Ces champs improvisés sur des hauteurs escar- pées font un magique effet, au milieu des bois d’un vert foncé qui les entourent, avec leur verdure pâle et glauque et les molles ondulations qu’y produisent les courants d’air presque incessants dans ces lieux, où la température du jour est si inégale entre les fonds des vallées et les sommets nus des hauteurs. Quant à la plate-forme de la vallée de la Meuse, aux bords de la rivière, BAZOT. — SOUVENIRS D’HERBORISATIONS DANS LES ARDENNES. XXIII des routes et du chemin de fer, outre les plantes les plus communes du massif, on y trouve la population végétale cosmopolite qui se rencontre sur toutes les grandes voies que suivent les eaux, les hommes, les pro- duits de la culture et de l’industrie. On ne peut guère parler des Ardennes françaises et de la Meuse sans penser à la Semoy, son gracieux affluent. Si vos moments sont comptés, et que cependant vous vouliez emporter une idée de la vallée de la Semoy et des allures de cette rivière, prenez le chemin de fer de Givet, descendez à la station de Braux, montez la route d'Haulmé (de belles routes de montagne dans ce genre abondent dans les Ardennes : de Revin aux Mazures, à Rocroi, d'Haybes à Hargnies); reposez-vous, ayant Haulmé à vos pieds, sur les pelouses boisées à gauche du chemin. Descendez à Haulmé où vous franchirez la Semoy par une passerelle va- cillante, et rejoignez le chemin de fer à Monthermé ou à Deville par Tour- navaux, Phades et la Val-Dieu. Telle on voit la Semoy à Haulmé, telle je l'ai vue à Bouillon, à 40 kilomètres en amont ; déroulant ses méandres à travers les montagnes boisées qui semblent à chaque instant devoir barrer son cours, presque aussi large que la Meuse, d’un débit uniforme, pro- menant sa nappe peu profonde d’eau transparente sur un lit de rochers ou de cailloux d’un brun doré. Le cadre est à peu près celui de la Meuse : plus grand, plus fortement sévère à celle-ci, plus mollement gracieux, plus pastoral à la Semoy. De Tournavaux à la Val-Dieu, vous longez et dominez le défilé de Phades, où la rivière devient bruyante en accélérant son cours sur un plan incliné de rochers parsemé de blocs. Ce défilé est dominé à droite par le Roc de la Tour, consistant en rochers escarpés au pied desquels est un chaos de pierres détachées rappelant certains endroits des Alpes. Les excursions de la Société botanique ne se borneront pas aux terrains de transition des Ardennes. Une journée sera consacrée aux terrains cal- caires avoisinant au sud la ligne de Charleville à Sedan. Le contraste de la végétation de ces calcaires avec celle des terrains ardoisiers est frap- pant. 11 semble qu’après deux visites successives à ces deux pays si voi- sins et si différents par leurs flores, la loi de l’influence de la composition chimique du sol sur la végétation est l'évidence même. Sur les terrains de transition, pour ne parler quedes plantes les plus répandues, abondent le Genêt à balais, les Bruyères, les Vaccinium, certains Carex, des Graminées, des Fougères spéciales, les Sphagnum avec leurs Oxycoccos, leurs Drosera ; rien de tel sur les calcaires. En revanche, ils brillent par leurs Lins, de nombreuses espèces de Papilionacées, Ombellifères, Labiées, Liliacées, Orchidées, que l’on chercherait en vain en dehors d’eux. | | : Je me suis posé cette question. La végétation des terrains de transition XXIY SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. des Ardennes, en particulier de la presqu'île française de Charleville à Givet, établit-elle une transition entre la flore du nord-est de la France et celle de la Belgique ? La réponse négative ne me semble pas douteuse à priori, en présence de cette simple observation. Cette péninsule et ces terrains sont presque exclusivement siliceux et ne se rattachent à la France que par de vastes étendues de terrains calcaires. Elle offre donc un obstacle aux plantes silicicoles particulières, et les plantes du nord-est de la France sont en communication largement ouverte avec la Belgique par le nord et le littoral de la France, et à l’est par l'Allemagne. Une remarque à l’appui, c’est que les plantes de cette partie de la France qui sont dans le département des Ardennes ont une aire d’expansion dépassant beaucoup la Belgique à l’est et au nord, même à l’ouest. Une seule plante des Ardennes fait exception, je l'indique plus loin et insiste sur ce cas intéressant. En résumé : comme on devait s’y attendre, la flore des terrains de transition des Ardennes françaises est celle des terrains siliceux, et fait partie de la flore des Ardennes belges, celle-ci étant plus riche de quelques espèces septentrionales dues à la latitude plus élevée et à ce que, pour ces terrains de transition, la voie d'expansion des plantes est plutôt dirigée de l’est à l’ouest et du nord au sud que du sud au nord. Les plantes calcicoles des deux pays ne peuvent être en communication par les terrains de transition ardennais. La communication entre les plantes de la France et de la Belgique s’est établie par le nord de la France et par l'Allemagne à l’est. Avant de terminer cette note par les listes des plantes des environs de Charleville, il ne me semble pas sans intérêt, à propos de géographie botanique, de rapprocher la flore d’une partie du centre de la France que je connais, le Morvan, de celle des terrains de transition des Ardennes. La silice domine dans le sol de ces deux pays; leur flore diffère peu, malgré un écart dans les latitudes de près de 3 degrés. L'état physique du sol superficiel est assez différent. Au Morvan, ce sol est produit par la désagrégation de roches granitiques, et il est généralement maigre, grave- leux; aux Ardennes, la désagrégation des quartzites, des roches phylla- diennes en particules très fines donne plutôt lieu à un sol päteux, peu graveleux, et se rapprochant de largile. Voici la liste des plantes qui sont au Morvan, et que je n’ai pas vues aux Ardennes françaises. Comme toutes ou presque toutes ces plantes sont en Belgique, on peut, il me semble, en conclure, comme je l'ai fait, que la flore des Ardennes françaises est une dépendance de la flore belge, mais moins riche que celle-ci : BAZOT — SOUVENIRS D’HERBORISATIONS DANS LES ARDENNES. XxXV Aconitum Napellus L. Linaria striata DC. (Calcicole, elle est Helodes palustris Spach. dans les Ardennes calcaires à Impatiens Noli-tangere L. Boulzicourt, Dom-le-Ménil, mais Lythrum Hyssopifolia L. je ne l’ai pas vue dans les ter- Scleranthus perennis L. rains de transition.) Iecebrum verticillatum L. Castanea vulgaris Lamk. Sedum Cepæa L. Endymion nutans Dum. — annuum L. Spiranthes autumnalis Rich. Anthemis nobilis L. Cyperus flavescens L. Senecio artemisiæfolius Pers. — fuscus L. Centaurea nigra L. Carex pseudo-Cyperus L. Erica cinerea L. Digitaria sanguinalis Scop. Anagallis tenella L. — filiformis Kæl. Cicendia pusilla Griseb. Leersia oryzoides Sw. Microcala filiformis Link. Panicum Crux-galli L. Voici les quelques plantes constatées aux Ardennes, qui ne sont pas au Morvan : Thesium pratense Ehr. Scirpus cespitosus L. Myrica Gale L. Acorus Calamus L. Maianthemum bifolium DC. Botrychium Lunaria Sw. Dans les listes suivantes : 1° Je ne donne que les plantes les plus inté- ressantes. 2° Je désigne, pour abréger, par le mot schistes les terrains de transition, par le mot calcaires les terrains jurassiques au sud de la ligne d’Hirson à Charleville et Sedan, et les terrains calcaires de Givet. 3° D’après Godron, et sous les réserves et observations auxquelles peuvent donner lieu ces désignations, j'indique les plantes calcicoles et silicicoles de cet auteur. 4° J’indique quelques localités voisines de la Belgique, que j'ai rapidement traversées ou parcourues. 4. Plantes communes aux terrains de transition et aux terrains calcaires. CLemaris ViraLga L. — (Calcicole.) Schistes : Aiglemont, Nouzon, Joigny, Laifour, Revin. — Ardennes calcaires. THALICTRUM FLAVUM L.— Bords de la Meuse à Charleville. ANEMONE RANUNCULOIDES L. — Bois d'Élan; Laifour. — Dans les bois d’Élan (terrain frais, gras), la majorité des individus étaient bi- flores. Myosurus minimus L. — (Silicicole.) Calcaires sablonneux : Warcq, Belval, Sormonne.— Vu une fois à Belair, près de Charleville. Ranuncuzus NEMorosus DC. — Assez répandu dans les Ardennes schisteuses et calcaires : Nouzon, Boulzicourt, Charleville, etc. XXVI SESSION EXTRAORDINAIRE À CHARLEYILLE, JUIN 1885. CorYDALLIS sOLIDA Sm.— Ardennes, schistes et calcaires : Belair (Char- leville) ; Joigny; Deville; Aiglemont. C. LUTEA DC. — Belair, Revin. — Toujours près des habitations. TurRiTis GLABRA L. — Aiglemont, Mouzon, Neufmanil, Levrézy, Chooz. ARABIS ARENOSA Scop. — Schistes : Nouzon, Joigny, Levrézy, Deville, Laifour. — Calcaires : Chooz, Charlemont, Givet. — Murs à Bouil- lon (Belgique). CARDAMINE AMarA L. — (Silicicole.) Schistes : de Nouzon à Gespunsart. — Calcaires : abonde le long du ruisseau d’Élan à Boutancourt et Flize, bords de la Sormonne à la gare de Belval. SISYMBRIUM SUPINUM L. — (Calcicole.) Gravier de la Meuse, à Charleville. Voie du chemin de fer de Charleville à Laifour. ERYSIMUM CHEIRANTHOIDES L. — Mézières, Deville, Laifour, Haybes. — Belgique : Namur, Rochefort. ErucasrTRuM PoLzicmi Schimp. et Spenn. — Graviers de la Meuse à Charleville ; voie du chemin de fer, Boulzicourt, Nouzon, Deville, Laifour. DipLoTAxIS VIMINEA DC. — Chemin de fer, Boulzicourt, Nouzon. LEPIDIUM GRAMINIFOLIUM L. — Charleville : rive droite de la Meuse. REsEDA LUTEA L.— (Calcicole.) Calcaires et schistes : vallée de la Meuse, de Charleville à Givet. GERANIUM PYRENAICUM L. — Charleville, Mézières, Aiglemont, Belval. G. ROTUNDIFOLIUM L. — Maubert-Fontaine, Charlemont. Oxazis AcETOSELLA L.— Schistes et calcaires : entre Rogissart (France) et Pussemange (Belgique), dans un bois sec, rocailleux (tous les individus avaient les fleurs rosées, couleur lie de vin). O. srricTA L. — Schistes : Levrézy, de la Val-Dieu à Phades, Laifour, Nouzon. — Calcaires, au Fort de Saint-Marceau.— Belgique : Liége, Spa. IMPATIENS NOLI-TANGERE L. — Belgique : Spa. Ucex EUROPÆUS L. — Schistes : Charleville. — Calcaires : Guignicourt, -entre Poix et Launois. GENISTA TINCTORIA L. — Calcaires : Boulzicourt, Belval. — Schistes, peu fréquent : environs de Charleville ; Hautes-Rivières, Régniovez. G. saGiTraLiIs L. — Calcaires et schistes. G. piLosa L. — (Calcicole.) Schistes : Revin, Hargnies, Haybes. N'est pas rare au Morvan. L'espèce est-elle bien exclusivement calcicole ? BAZOT. — SOUVENIRS D’HERBORISATIONS DANS LES ARDENNES. XXVII ANTHYLLIS VULNERARIA L. — (Calcicole.) Calcaires : CG. — Schistes : Revin, non loin du Genista pilosa. — Voie du chemin de fer de Charleville à Braux. TRIFOLIUM STRIATUM L. — Schistes : Charleville, rive droite de la Meuse, vis-à-vis du Lycée, Belair, le Waridon ; Montcy-Notre-Dame, champs en friches. T. HYBRIDUM L. — Fréquemment cultivé dans les calcaires frais sablon- neux : Mohon, Boulzicourt, Sormonne. — Schistes : çà et là dans les bois : la Havetière, Levrézy, du Tremblois à Rocroi. T. AUREUM Poll. — Schistes, bois, çà et là, mais peu commun : la Havetière, Laifour, Naux, les Butteaux, Deville (vallon des Forges de {a Commune). T. FILIFORME L. — Route de Charleville à Monthermé, à l'embranchement de la route de Sécheval : côtés de la route. PRuNuS paDus L.— Bois humides aux environs de Warcq, loin des ha- bitations. ALCHEMILLA VULGARIS L. — Schistes : C. à Charleville, Nouzon, Neuf- manil, etc. — Calcaires : très rare ; bois de Poix, d'Élan. HeLoscrapium REPENS Koch. — (Silicicole.) Bords de l’étang de Se- meuse, près Mézières, en caleaire. Æc6opopiuM PopaGrariA L. — C. dans les haies des villages. — Schistes et calcaires. Conium MACULATUM L. — Charleville (Belair); Hautes-Rivières, Revin. — Belgique : Bouillon. ADoxa MoscATELLINA L. — Calcaires : Fagnon, Aiglemont, Boulzicourt. — Schistes : Laifour, Monthermé, Deville, les Mazures. SAMBUCUS RACEMOSA L. — (Calcaires, schistes : Charleville, Nouzon. — Belgique : Bouillon, Spa. ASPERULA ODORATA L. — Calcaires, commun dans les bois : Boulzicourt, Poix. — Schistes : peu commun ; bois de Meillier-Fontaine. CENTRANTHUS LATIFOLIUS Dufr. — Charleville, Revin. Drpsacus pizosus L.— (Calcicole.) Calcaires : Boutancourt. — Schistes : Deville, Revin. PETASITES OFFICINALIS Mœnch. — Schistes et calcaires : vallées de la Meuse, de la Vence, de la Chiers, de la Semoy, de la Sormonne ; Monthermé, Aiglemont, Lonny, de Revin à Rocroy, Phades. — Bel- gique : Bouillon, Spa, Rochefort. INULA BRITANNICA L. — La Meuse à Mézières, Charleville. XXVIIL SESSION EXTRAORDINAIRE À CHARLEVILLE, JUIN 1885. CHRYSANTHEMUM SEGETUM L. —- Schistes et calcaires : peu répandu, Belair, Mohon, Nouzon. — Belgique : Spa. GNAPHALIUM pioicuM L. — Schistes : Bruyères froides et humides : Har- gnies, Haut-Butté, Rocroi, Rimogne. — Vu rarement sur pelouses calcaires sèches : Boulzicourt, de Charleville à Aiglemont. SENECIO Fucusir Gmel. — (Silicicole.) Schistes et calcaires : Charleville, Nouzon, Naux, Phades, Sécheval, Haybes, Rocroy, Hargnies, Revin, les Butteaux, Linchamps. — Belgique : Bouillon, Namur, Roche- fort, Spa. EciNoPps SPHÆROCEPHALUS L. — Rochers sous Belair. SERRATULA TINCTORIA L. — Haybes. Bois d'Hargnies à Givet, Chooz. LACTUCA SALIGNA L. — Fumay. CHONDRILLA JUNCEA L. — Charleville. CamPANULA CERVICARIA L. — Bois d'Haybes à Hargnies. C. PERSICIFOLIA L. — Schistes, commun. — Calcaires : Aiglemont. PinoLa RoruNDiIFOLIA L. — Calcaires : Poix, Boulzicourt, Élan, Charle- ville. — Se trouve en société avec P. minor dans les bois d’Aigle- mont, Saint-Laurent. P. minor L. — Calcaires : Aiglemont, Saiut-Laurent, Étion. — Schistes : bois de la Havetière, Sorel, des Mazures à Laifour, de Nouzon et Levrézy à Meillier-Fontaine. UTRICULARIA INTERMEDIA Hayn. — Fossé tourbeux entre Rocroy et Mau- bert-Fontaine. VINCETOXICUM OFFICINALE Mœnch. — Calcaires : Boulzicourt, Givet. — Schistes : moins commun, Charleville, Nouzon, Neufmanil. GENTIANA PNEUMONANTHE L. — Schistes : route de Sécheval à Charle- ville, Rocroy, Rimogne, Regniowez, les Butteaux, Linchamps. Hyoscyamus NIGER L. — Mézières, Haybes, Chooz. GRATIOLA OFFICINALIS L. — Etang de Semeuse, près Mézières. — Bel- gique : bords de la Semoy, à Bouillon. LiNaniA CYMBALARIA Mill. — Charleville. VERONICA ACINIFOLIA L. — Calcaires sablonneux frais : Warcq, Belval, Sormonne. — Schistes : Laifour. Lycopsis ARVENSIS L. — Schistes et calcaires sablonneux : Mézières, Sedan. — Belgique : Bouillon. Myosoris siLVATICA Hoffm, — Dames-de-Meuse, Guignicourt. — Bel- gique : Bouillon. BAZOT. — SOUVENIRS D'HERBORISATIONS DANS LES ARDENNES. XXIX LATHRÆA SQUAMARIA L. — Schistes : Levrézy, Laifour. LEoNURUS CarpracA L. — Calcaires : Lonny, Bogny. — Schistes : Lin- champs, Regniowez. STACIIYS PALUSTRI-SILVATICA Schied. — Étang de Semeuse. PLANTAGO CoronoPus L. — Charleville, décombres. P. ARENARIA Wald. et Kit. — Charleville, décombres. GHENOPODIUM GLAUCUM L. — Regniowez. RUMEX ScuTATUS L. — Givet, Laifour, talus du chemin de fer, Bouillon. EUPHORBIA AMYGDALOIDES L. — (Calcicole.) Calcaires et schistes : très répandu au Morvan. La Havetière, Nouzon, Neufmanil, Gespun- sart, Laifour, Revin, Haybes, Fumay, Hargnies, Givet, Rocroy. — Belgique : Bouillon. PARIETARIA DIFFUSA Mert. et Koch, GB. fallax. — Charleville, au bas de Belair. SALIX UNDULATA Erh. — La Meuse, à Mézières. S. RUBRA Hudson. — La Meuse, à Flize, Mézières, Warcq. S. REPENS, L. 4. argentea Koch. — Sécheval, Regniowez, rièzes de Rocroy. CoLcaicum AUTUMNALE L. — Calvaires et schistes : vu fleuri au prin- temps à Mohon, Saint-Laurent. ORNITHOGALUM PYRENAICUM L. — (Calcicole.) Caleaires : Poix, Boulzi- court, Aiglemont. — Schistes, assez répandu : Nouzon, Neufmanil, la Val-Dieu. ALLIuM uRsiNuM L. — Schistes : Levrézy, Laifour, Haulmé. — Cal- caires. PHaLanGium Lizraco Schreb. — Nouzon, le Petit-Chooz, Givet. Paris quanriroia L. — Calcaires et schistes; vu plusieurs fois à Boul- zicourt avec 5 feuilles très distinctes et égales. PoLYGONATUM VULGARE Desf. — Clairières des bois sèches et pierreuses. — Charleville, Boulzicourt, Élan. Bien moins commun que le sui- vant. P. mucrirLorum All. — Calcaires et schistes. P. venricizcaTum All. — Répandu dans toutes les Ardennes schisteuses. — Belgique : Bouillon, Spa. MaranTuemum piro1ium DC. — Schistes, assez répandu. Tamus communis L. — Calcaires : Boulzicourt, Aiglemont. — Schistes : bois de Nouzon à Neufmanil. XXX SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. Narcissus PsEuponarcissus, L. 8. bicolor. — Bois : de Charleville à Nouzon, de la Val-Dieu à Thilay, des Mazures à Revin. Orcuis Morio L. — Schistes et calcaires. O. incarnaTA L. — Schistes : Vieux-Moulins. O. mirociA L. — Schistes et calcaires : moins commun que le suivant. O. monTaANA Schm. — Schistes et calcaires. O. viriis Crantz. — Calcaires : Charlemont, Belval. — Schistes : Ro- croy, de Nouzon à Gespunsart. Acorus CaLAmus L. — La Semoy: Phades, Tournavaux, Bouillon. — La Meuse : Château-Regnault, Deville, Laifour, Haybes, Fumay, Givet. TypHA LATIFOLIA L. — Rethel, Boulzicourt, Mohon, Stenay. La Meuse jusqu’à Namur. T. ANGUSTIFOLIA L. — Mohon, Regniowez. SPARGANIUM RAMOSUM Huds. — Assez C. en calcaire, moins sur schistes. S. SIMPLEX Huds. — Plus rare que le précédent. HeLEOcHARIS ACICULARIS R. Br. — Rimogne, Semeuse. H. ovaTA R. Br. — Rimogne. SCIRPUS MARITIMUS L. — Schistes et calcaires, peu commun : Hargnies, la Meuse à Montey. CAREx POLYRRHIZA Wallr. — Charleville, Aiglemont, Sormonne, Tour- navaux. CG. Maxima Scop. — Poix, Nouzon, Levrézy, Haybes, Hargnies. C. vesicariA L. — Mohon, Belval, Sormonne, Étion. Se voit peu dans les schistes. CALAMAGROSTIS LANCEOLATA Roth. — Charleville (bois de la Havetière). Bromus TEcTORUM L. — Charleville, Montcy, Nouzon, Levrézy, Fumay. — Belgique : Bouillon. CETERACH OFFICINARUM DC. — La Val-Dieu, le Petit-Chooz. Pozyponium Dryopreris L. — Des Butteaux à Linchamps, de Thilay aux Hautes-Rivières. — Belgique : Pussemange. ASPIDIUM ACULEATUM Dill. — Calcaires : Poix, Aiglemont. — Schistes : entre Charleville et Nouzon. Levrézy, les Butteaux, Linchamps. CYSToPTERIS FRAGILIS Bernh. — Monthermé, Revin, de Phades à Thilay, des Butteaux à Linchamps. — Belgique : Bouillon. ASPLENIUM ADIANTUM-NIGRUM L. — Schistes : Charleville, Nouzon, Joi- gny, des Butteaux à Linchamps. BAZOT. SOUVENIRS D'HERBORISATIONS DANS LES ARDENNES. XXXI BoTRyYcHIUM LuNarIA Sw.— Schistes : les Butteaux. — Calcaires : en- virons de Carignan (?). 2. Plantes non ou rarement observées aux Ardennes hors des terrains calcaires. ANEMONE SILVESTRIS L. — Butz, bord de la forêt, rive gauche de la vallée. RanuncuLus Paiconoris Ehr. — Mohon, Semeuse, Sormonne. Elle est à Montcy et peut se trouver dans des champs humides du terrain ardoisier. AQUILEGIA VULGARIS L. — (Calcicole.) C. dans les bois des terrains cal- caires. — Schistes : rare. La Havetière, Neufmanil, Hargnies. — Belgique : Pussemange. ACTÆA SPICATA L. — Boulzicourt, Guignicourt. FUMARIA MICRANTHA Lag. — Mézières. CHEtRANTHUS CHEïRI L. — Charleville, Mézières, Charlemont. — Bel- gique : Bouillon. | ARABIS BRASSICÆFORMIS Wallr. — (Calcicole.) Le Petit-Chooz. DiPLoTaxIS TENUIFOLIA DG.— Mézières, Charlemont. — Belgique : Bouil- lon, Namur, Liège. NESLIA PANICULATA Desv. — (Calcicole.) Boulzicourt. IsaTis TINCTORIA L. — Voie du chemin de fer entre Charleville et Nouzon. SENEBIERA CORONOPUS Poir. — Charleville. — Schistes : Deville. — R. HELIANTHEMUM PULVERULENTUM DC. — Charlemont, Chooz. PoLyGALaA cALCAREA Sch. — (Calcicole,) — Calcaire. — C. P. ausrriaca Crantz. — (Calcicole.) Boulzicourt. DranNTHus CARTHUSIANORUM L. — Charlemont, Chooz. — Belgique : Na- mur. SaponaRIA vAccariA L. — Mézières, Charleville, Évigny. STELLARIA GLAUCA With. — Belval, Warcq, Mohon. SPERGULARIA SEGETALIS Fenzl. — Champs frais, calcaires sablonneux.— Belval, Sormonne (fréquent). CERASTIUM BRACHYPETALUM Desp. — Murs à Mézières ; de Charleville à Nouzon (au bas d’Aiglemont). Linum Leon Schultz. — (Calcicole.) Butz, Boulzicourt. ALTHæÆA mirsuTA Schultz. — (Calcicole.) Mont Olympe (Charleville). XXXII SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. GERANIUM SANGUINEUM L. — Charlemont, Chooz. ANTHYLLIS VULNERARIA L. — (Calcicole). Calcaires. C. — Schistes : se rencontre çà et là; chemin de fer de Nouzon à Braux, Revin. MEpicaco MACULATA Willd. — Flize, Charleville, Aiglemont. M. minima Lamk. — Givet, Chooz. Meuicorus ALBA Lamk. — Assez répandu, surtout le long des chemins de fer. TRIFOLIUM MONTANUM L. — Boulzicourt, Guignicourt. COTONEASTER VULGARIS Lindl. — Chooz. ŒNOTHERA BIENNIS L. — Mohon. — Belgique : Rochefort. Hippuris vuLGaris L. — Mézières, Semeuse. SEDUM SEXANGULARE L. — (Calcicole.) Mézières, Charleville. SEMPERVIVUM TECTORUM L. — Charlemont, Chooz. RiBES ALPINUM L. — Saint-Laurent, Aiglemont. FaLcariA Rivini Host. — (Calcicole.) Lonnv. PIMPINELLA MAGNA L. — Boulzicourt. (Non observé sur schistes.) BUPLEURUM FALCATUM L. — (Calcicole.) Boulzicourt, Charlemont, Ghooz. FŒNICULUM OFFICINALE All. — Charlemont. LIBANOTIS MONTANA Alt. — Charlemont. — Belgique : Namur. PEUCEDANUM CARVIFOLIUM Vill. — Mézières. P. CERVARIA Lap. — (Calcicole.) Charlemont. Corus mas L. — (Calcicole.) Commun sur calcaires. — Schistes : bois de la Havetière entre Charleville et Nouzon. GLOBULARIA VULGARIS L. — (Calcicole.) Boulzicourt, Chooz, Charle- mont. LiNosyris vuLcaris Cass. — Charlemont. INULA SALICINA L. — (Calcicole.) Boulzicourt. ARTEMISIA CAMPHORATA Vill. — (Calcicole.) Chooz, Givet, Gharlemont. — Belgique : Namur, Rochefort. CIRSIUM OLERACEUM Scop. -— Calcaires : Poix, Launois, Guignicourt. — Schistes : Naux, bords de la Semoy. Crepis FŒriba L. — (Calcicole.) Commun en calcaires. — Schistes : Laifour, Fumay, Deville. C. PuLCHRA L. — (Calcicoie.) Murs à Mézières. TRAGOPOGON PRATENSIS L. — Poix, Nouvion-sur-Meuse, Boulzicourt. BAZOT. — SOUVENIRS D'HERBORISATIONS DANS LES ARDENNES. XXXIII TRAGOPOGON ORIENTALIS L. — Prairie de Mézières, Charleville. CAMPANULA GLOMERATA L. — (Calcicole.) Boulzicourt, Dom-le-Ménil. C. RapuncuLus L. — (Calcicole.) Calcaires, C. — Schistes : Levrézy. — Belgique : Bouillon. GENTIANA GERMANICA Willd. — (Calcicole.) Boulzicourt, Élan. PULMONARIA OFFICINALIS L. — Bois de Saint-Marceau. Myosoris nispina Schlecht. — Mézières, Saint-Laurent, Aiglemont. ATROoPA BELLADONA L.— Bois de Boulzicourt, Élan. LINARIA STRIATA DC. — (Calcicole.) Ardennes calcaires. (Abonde au Morvan sur granite.) DiciTaLiS LUTEA L. — Calcaires, C. Boulzicourt, Charlemont, le long du chemin de fer au-dessous d’Aiglemont. Rochers de Joigny. OROBANCHE CÆRULEA Vill. — Aiglemont. SALVIA PRATENSIS L. — Calcaires, CG. — Boulzicourt, Flize, Dom-le- Ménil. AJUGA GENEVENSIS L. — Boulzicourt, Sapogne, Élan, Poix, Dom- le-Ménil. Teucrium Scornium L. — Étang de Semeuse. Dapuxe MezereuM L. — Boulzicourt, Sapogne, Élan. PASSERINA ANNUA Spr. — (Calcicole.) Boulzicourt. EuPHORBIA PLATYPHYLLOS L. — Poix, Chooz, Givet. Buxus SEMPERVIRENS L. — Charlemont. PHALANGIUM RAMOSUM Lamk. — (Calcicole.) Boulzicourt, Guignicourt. CEPHALANTHERA GRANDIFLORA Bab. — Guignicourt (abondant). EpipacTis ATRO-RUBENS Hoffm. — Boulzicourt (abondant). Orcis miLiTARIS L. — Boulzicourt. O. pureurea Huds. — Boulzicourt, Butz, Élan. OPHRYs MUSCIFERA Huds. — Fontaine entre Butz et Boulzicourt. O. aracaniTes Reich. — Dom-le-Ménil. Juncus compressus Jacq. — La Meuse à Semeuse, Mézières, Charleville. — La Semoy à Bouillon. ErtopnortM LATIFOLIUM Hopp. — Fontaine entre Boulzicourt et Butz. Scimpus comPressus Pers. — Aiglemont, Charleville, Poix, Boulzicourt. CAREx PANICULATA L. — Guignicourt, Boutancourt. C T. XXXIL. XXXIV SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. CAREX oRNiITHoPoDA Willd. — Habite surtout les friches, les clairières, les bordures des bois, tandis que le C. digitata L. est plus en plein bois. — Boulzicourt, Élan, Sapogne, Balaives, Butz. SESLERIA CÆRULEA Ard. — Charlemont. AVENA PUBESCENS L. — Mézières, Charleville, Aiglemont, Saint-Lau- rent, Boulzicourt. MELICA NEBRODENSIS Parl. — Charlemont. — Belgique : grotte de Han. FEsTucA RiGIDA Kunth. — Boulzicourt. SERRAFALCUS COMMUTATUS Godr. — Boulzicourt, Mohon, Charleville, Belval. EcyMus EuROPÆUS L. —- Boulzicourt. Pozyronium Dryoprenis L. 8.calcareum Godr. (P. Robertianum Hoffm.). — Abonde dans les débris de carrière de Dom-le-Ménil à Flize. EquiseTuM TELMATEIA Ehr. — Poix, bois frais très argileux. 3. Plantes des terrains de transition. RANUNCULUS HEDERACEUS L. — Très rare. Haybes, de Rimogne à Revin. R. PLATANIFOLIUS L. — La Val-Dieu, Roc de la Tour, vallon des Forges de la Commune (Deville), Haybes, des Mazures à Laifour. GARDAMINE SILVATICA Link. — Hautes-Rivières, Revin, Haybes. C. IMPATIENS L. — Aiglemont, Deville, Laifour, Revin, Haybes. Éboulis, talus du chemin de fer. — Belgique, Namur. TeespaLiA ÎBErIS DC. — (Silicicole.) Assez commun. Cons-la-Granville, de Nouzon à Pussemange, Haulmé, Thilay, Braux, Meillier-Fon- taine, etc. LunaRIA REDIVIVA L. — Vallée de la Semoy à Bouillon (Belgique). VioLa PALUSTRIS L. — (Silicicole.) Tous les pâturages tourbeux, hu- mides. Dames-de-Meuse, Sécheval, les Mazures, Deville, Rimogne, Rocroy, etc. — Belgique : Spa. V. caniNA L. — (Silicicole.) Charleville (Belair). La Val-Dieu, Mon- thermé, etc. DROSERA ROTUNDIFOLIA L. — Lieux tourbeux humides avec Sphagnum des deux rives de la Meuse. — C. D. INTERMEDIA Hayne. — Végète plutôt aux bords des marais, sur le sol. — Les Mazures, Regniowez, Maubert-Fontaine, rièzes de Ro- croy. — Je ne lai pas observée sur la rive droite de la Meuse. PARNASSIA PALUSTRIS L. — Très rare. Vieux-Moulins (très peu). BAZOT. — SOUVENIRS D'HERBORISATIONS DANS LES ARDENNES. XXXV PoLyGaLa DEPRESssA Wend. — (Silicicole.) — Commun. Mœncuia ERECTA Baumg. — (Silicicole.) Charleville (la Culbute), de Meillier-Fontaine à Braux, Château-Regnault (les Quatre-Fils-Aimon), Rimogne, de Mouzon à Gespunsart. RADIOLA LINOIDES Gmel. — (Silicicole.) AC., surtout à la lisière occiden- tale du massif. Route de Charleville à Sécheval, Levrézy, Meillier- Fontaine, Bourg-Fidèle, Rimogne, entre la Val-Dieu et Thilay, etc. HYPERICUM QUADRANGULUM L. — Bois de la Havetière, la Val-Dieu, etc. — Bois de Mohon à Saint-Marceau. HYPERICUM LINEARIFOLIUM Vahl. — Revin, Monthermé. Selon un juge compétent, M. Crépin (de Bruxelles), cette plante est la plus intéressante que la Société"botanique pourra constater dans sa ses- sion des Ardennes. Elle a été, à notre connaissance, signalée pour la pre- mière fois à Monthermé et à Revin par M. Callay, du Chesne. Quoique les renseignements que je possède sur son expansion remon- tent à une date assez ancienne (1856), et que peut-être il en existe de plus récents, je les donne ici, pensant qu'ils intéresseront quelques botanistes. Le Catalogue des plantes vasculaires de l'Europe centrale de Martia: Lamotte ne la mentionne pas en Allemagne et lui donne pour habitation « la France occidentale ». Grenier et Godron lui assignent comme habitation en France : « Co- teaux arides et surtout schisteux des provinces de l’Ouest, depuis Bayonne jusqu’à Vire. » La Flore du centre de la France, de Boreau, la mentionne dans l'Ouest, la Vienne, la Corrèze et en Saône-et-Loire. Enfin Lecoq (Études sur la géographie botanique de l’Europe) dit : « C’est une espèce de l'Ouest dont l’aire est très restreinte. On la trouve » au sud, en Portugal; de là elle s’avance au nord, jusqu’en Normandie » et en Angleterre. Elle à sa limite orientale sur le plateau central de » la France. » Latitudes extrêmes où elle habite : Nord 40°-51e. » Longitudes extrêmes : occidentale, 11° — orientale, 0°. » | Sa présence à Monthermé étend donc présentement son expansion à 2°24' environ de longitude E. | L'Hypericum linearifolium esl probablement la seule plante des Ar- dennes dont l'aire d'expansion ne dépasse pas la Belgique à l’est. GEeranum zucioum L. — Rochers vis-à-vis de la station de Joigny, sur la rive gauche de la Meuse. XXXVI SESSION EXTRAORDINAIRE À CHARLEVILLE, JUIN 1885. SAROTHAMNUS scoparIuS Koch. — (Silicicole.) Schistes, C. — Çà et là, hors des schistes, assez fréquent le long du chemin de fer, de Saulces à Charleville. GENISTA ANGLICA L. — Hauts plateaux des deux rives de la Meuse. Rièzes de Rocroy, Vieux-Moulins, Hargnies, Fumay, Regniowez, etc. — Belgique : Spa. Onnrrnopus PERPUSILLUS L. — (Silicicole.) — Commun. OroBuS TUBEROSUS L. — Commun. POTENTILLA ARGENTEA L. — (Silicicole.) Charleville, Saint-Laurent, Deville. EPILOBIUM COLLINUM Gmell. — (Silicicole.) De Monthermé aux But- teaux. E. LANCEOLATUM Seb. et Maur. — C. dans les débris de schistes. Char- leville, Nouzon, Revin, etc. E. RoSEUM Schreb. — Rare. — Schistes : Charleville (le Moulinet), Monthermé, Revin, Fumay. — Calcaires : Nouzon. EPILOBIUM PALUSTRE L. — (Silicicole.) Les Mazures, Revin, Vieux-Mou- lins. — Belgique : Spa. CIRCÆA INTERMEDIA Ehrh. — Entre Tournaveaux et Phades, rive gauche de la Semoy. Dames-de-Meuse. MonTiaA MINOR Gmel. — (Silicicole.) Meillier-Fontaine. CORRIGIOLA LITTORALIS L. — (Silicicole.) Champs frais. Haulmé, Thilay. SEDUM ELEGANS Lej. — (Silicicole.) Très rare : Givet, Charleville (le Waridon). S. REFLEXUM L. — Très commun. — Belgique : Bouillon, Spa. SAXIFRAGA GRANULATA L. — Route de Charleville à Monthermé, à l’en- trée du bois de la Havetière. S. SPONHEMICA Gmel. — Ardoisière au-dessous de Monthermé, rive gauche de la Meuse. — Belgique : Bouillon. CHRYSOSPLENIUM OPPOSITIFOLIUM L. — (Silicicole.) — AC. C. ALTERNIFOLIUM L. — (Silicicole.) Moins répandu que l’oppositi- folium. Les deux sont dans le bois entre Mohon et Saint-Marceau. HYDROCOTYLE vULGARIS L. — Sur les deux rives de la Meuse : Mon- thermé, les Mazures, Rimogne, les Butteaux, etc. CARUM VERTICILLATUM Koch. — Rive gauche de la Meuse : Rimogne, le Tremblois, Rocroy. BAZOT. — SOUVENIRS D'HERBORISATIONS DANS LES ARDENNES. XXXVII SELINUM CARVIFOLIA L. — Les deux rives de la Meuse : Rocroy, les But- teaux, Meillier-Fontaine, etc. — Belgique : Spa. GALIUM SAXATILE L. — (Silicicole.) Tous les bois. G. SILVATICUM L. — Charleville, Nouzon, Neufmanil, Naux, Thilay. GNAPHALIUM LUTEO-ALBUM L. — (Silicicole.) Levrézy. ARNICA MONTANA L. — (Silicicole.) Chemin de Charleville à Sécheval. Regniowez, de Revin aux Mazures, Rocroy (avec Erica Tetralix et Gnaphalium dioicum), les Butteaux. SENECIO VISCOSUS L. — Schistes : Nouzon, Braux, Laifour, ete. — Calcaires : grèves à Semeuse. S. Fucusir Gmel. — (Silicicole.) Toutes les Ardennes schisteuses. — Belgique : Bouillon, Namur, Rochefort, Spa. CENTAUREA MONTANA L. — Très répandu. Meillier-Fontaine, Tourna- vaux, Rocroy, Revin, Haybes, Fumay, Hargnies, Givet. — Belgique : Bouillon. ARNOSERIS PUSILLA Gærtn. — (Silicicole.) Nouzon, Levrézv, Hautes- Rivières. HypocaÆris MACULATA L. — (Silicicole.) Vieux-Moulins. SCORZONERA PLANTAGINEA Schleich. — Marais sur schistes, C. — Cal- caires : Poix, Raillicourt (en un pré tourbeux avec Nardus stricta.) Crgpis pALUDOSA Mœnch.— Meillier-Fontaine (5 kilomètres de Charle- ville), avec Equisetum siloaticum. JASIONE MoNTANA L. — C. La forme velue domine. WAHLENBERGIA HEDERACEA Reich. — Haies d'Hargnies. — Belgique : Spa (à fleurs quelquefois blanches). Vaccnium Myrrizzus L. — (Silicicole.) Schistes. Tous les bois. V. Viris-10ÆA L. — (Silicicole.) De Nouzon à Neufmanil, plateau humide au-dessus du bois à droite, à 1 kilomètre de la route : vu une seule fois. — Marais des Butteaux; versant de la Meuse. — Ces deux espèces sont aux plateaux de Spa, ainsi que V. uliginosum L. moins abondant. Oxvcoccus PALUSTRIS Pers. — (Silicicole.) Abondant au marais des But- teaux. Entre les Butteaux et Linchamps. — Belgique : Spa. Erica Terrauix L. — Abonde sur le plateau de Rocroy. Rimogne. S'ap- proche à 5 kilomètres de Charleville, route de Sécheval. — Abonde à Spa. | LyYSIMACHIA NEMORUM L. — Ardennes schisteuses, C. — Belgique : Spa. XXXVIII SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. Cenruncuzus miNimus L. — (Silicicole.) Charleville, Nouzon, Revin, Fumay. GENTIANA PNEUMONANTHE L. — Rimogne, Rocroy, Regniowez, de Charle- ville à Sécheval, les Butteaux, Linchamps. MENYANTHES TRIFOLIATA Li — De Charleville à Sécheval. La Semoy à Phades. Vieux-Moulins. Hargnies. MyosorTis vERsicoLoR Roth. — (Silicicole.) Charleville, Montey, Nouzon, Braux, Revin, Rocroïi. — Calcaire sablonneux : Warcq, Belval. M. srricTA Link. — Mur d’un cimetière au bas d’Aiglemont. DiciTazis PURPUREA L. — (Silicicole.) C. Belgique : Bouillon, Spa. — Entre Charleville et Nouzon, Nouzon et Levrézy, D. purpurea et D. lutea croissent ensemble, PEDICULARIS SILVATICA L. — CC. sur les schistes. P. PALUSTRIS L. — Meillier-Fontaine, Nouzon, Gespunsart, Pussemange (Belgique), Vieux-Moulins, Rimogne. OROBANCHE Rapum Thuill. — Accompagne très souvent le Sarothamnus SCoparius. STACHYS ARVENSIS L. — (Silicicole.) Terrains cultivés frais. Charleville. SCUTELLARIA MINOR L. — (Silicicole.) AC. LiTTORELLA LACUSTRIS L. — (Silicicole.) Étang entre Rimogne et Harcy. Pozyconux Bisrorra L. — (Silicicole.) AC. Sécheval, Tournavaux, Lai- four, les Butteaux. — Belgique : Bouillon, Spa. P. DUMETORUM L. — Montcy, Revin. THESIUM PRATENSE Ehrt. — Vieux-Moulins. EUPHORBIA STRICTA L. — R. Laifour. Myrica GALE L. — Vallée des Butteaux à Linchamps, abondant surtout à la partie supérieure. (Le marais des Romarins, marqué sur la carte de l’État-major, doit probablement son nom à la présence remarquable de cet arbrisseau aromatique. BETULA PUBESCENS Ehrh. — Çà et là, dans les bois humides et tourbeux. Marais de la route de Charleville à Sécheval, Rimogne, Levrézy, Naux sur la Semoy. SALIX ARGENTEA Smith. — Marais de la route de Charleville à Sécheval, Regniowez, rièzes de Rocroy. POTAMOGETON FLUITANS Roth. — Vieux-Moulins. P. POLYGONIFOLIUS Pourr. — Vieux-Moulins. BAZOT. — SOUVENIRS D'HERBORISATIONS DANS LES ARDENNES. XXXIX JUNGUS SQUARROSUS L. — (Silicicole.) Commun dans les prés maréca- geux. — Spa. J. uLicinosus Mey. — (Silicicole.) Lieux humides. —C. Spa. J. TENAGEIA L. — (Silicicole.) Meillier-Fontaine. Route de Charleville à Sécheval. Plateau de Rocroy. J. sizvaricus Reichard. — AC. Nouzon, Meiller-Fontaine, Regniowez. — Spa. LuzuLA MAxIMA DC. — AC. L. ALBIDA DC. — Schistes, AC. Bois de Saint-Marceau. POLYGONATUM VERTICILLATUM AÏl. — Est, sans être abondant, dans presque tous les bois des Ardennes schisteuses : Charleville, Nou- zon, Monthermé, Dames-de-Meuse, Revin, Fumay, les Butteaux, Rimogne, Rocroy, etc. — Bouillon, Spa. MAIANTHEMUM BIFOLIUM DC. — Aussi répandu que la plante précé- dente. RayNcHosporA ALBA Vahl. — (Silicicole.) Rimogne, Deville (vallon des Forges de la Commune), les Butteaux. HeceocuARis OVATA R. Br. — Étang entre Harcy et Rimogne. E. acicuLaRis R. Br. — Même localité. Scirpus cEsPiTOsts L. — (Silicicole.) Les Butteaux, vallon des Forges de la Commune (Deville), marais des Romarins. S. serTAcEUS L. — Cà et là, dans toutes les Ardennes schisteuses. ERIOPHORUM VAGINATUM L. — De Revin aux Mazures et à Rocroy, Deville (vallon des Forges de la Commune), les Butteaux. E. anGusTiFoLiuM Roth., &. GENUINUM. — AC. — — B.concesrum Mert. et K. — Rimogne, Vieux-Moulins. Carex puLicaris L. — Meillier-Fontaine, Deville, Haybes, Hargnies. C. EzoncarTA L. — Charleville (vallon de la Culbute), vallon de Meillier- Fontaine à Nouzon. C. canescens L. — Route de Charleville à Sécheval, la Culbute, la Val- Dieu, Laifour, Revin, Rocroy. . VULGARIS Fries. — C. . Hornscaucrana Hopp. — Meillier-Fontaine, prés de la vallée de la Meuse sous Aiglemont. C. Lævicara Smith. — Charleville, Nouzon, Monthermé, Deville, Re- vin, etc. e XL SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. CAREX AMPULLACEA Good. — AC. — Spa. AiRA FLExUOSA L. — (Silicicole.) Dans tous les bois. A. CARYOPHYLLEA L. — (Silicicole.) Schistes et calcaires sablonneux. Mézières, Saint-Laurent, Aiglemont, bois de la Havetière, Meillier- Fontaine, Nouzon, Linehamps. A. præcox L. — (Silicicole). Charleville, Braux, Levrézy, Laifour, Ro- croy, Deville. Hozcus mozzis L. — (Silicicole). C. sur schistes. — Calcaires : Mohon. DANTHONIA DECUMBENS DC. — (Silicicole.) — CC. Fesruca scruroipes Roth. — (Silicicole.) Environs de Charleville, la Culbute. — Calcaires : Boulzicourt. F. Ppseuno-Myuros S. W. — (Silicicole.) Schistes, Levrézy, Braux, Nouzon. F. TENUIFOLIA Sibth. — Ardennes schisteuses. CC. — Belgique : Bouil- lon, Spa. F. siLvATICA Villl — De Nouzon à Meillier-Fontaine, entrée du bois à gauche. Entre Nouzon et Gespunsart (traverse), Phades (rive gauche de la Semoy), Naux (abondant), Revin.— Belgique : Bouillon. Poa suDETICA Hænk.— Revin, vallée de Misère, bois de Rocroy, d'Haybes à Hargnies ; abonde dans les bois d’Hargnies à Givet. Narpus STRICTA L. — (Silicicole.) Toutes les Ardennes schisteuses. — En calcaire, entre Villers le Tourneur et Raillicourt, près du chemin de fer. Acorus CALAMUS L. — La Semoy à Bouillon, Tournavaux, Phades. La Meuse à Château-Regnault, Deville, Laifour, Revin, Haybes, Fumay, Givet. Osmunpa REGALIS L. — (Silicicole). Dames-de-Meuse sur le plateau tourbeux, de Revin aux Mazures, Deville (vallon des Forges de la Commune), des Butteaux à Revin et à Linchamps, marais des Ro- marins. POLYPODIUM PHEGOPTERIS L. — De Nouzon à Gespunsart (traverse), Monthermé, Deville, Laifour, Revin, Fumay, des Butteaux à Lin- champs. PozysricaumM OREOPTERIS DC. — (Silicicole.) Deville, Dames-de-Meuse, Revin, Fumay, vallon des Forges de la Commune, Naux, Linchamps. P. DILATATUM Sw. — AC. Monthermé, les Mazures, etc. ASPLENIUM ADIANTUM-NIGRUM L. — Charleville, Nouzon, Joigny, des Butteaux à Linchamps. BAZOT. — SOUVENIRS D'HERBORISATIONS DANS LES ARDENNES. XLI ASPLENIUM SEPTENTRIONALE Hoffm. — (Silicicole.) Charleville, Nouzon, Fumay, des Butteaux à Linchamps. — Belgique : Spa. BLECHNUM SpicanT Smith. — Charleville, Monthermé, Laifour, Rimogne, des Butieaux à Linchamps, Revin, etc. Se rencontre presque tou- Jours aux affleurements de quartz. Fréquemment associé, aux Ar- dennes comme au Morvan, au Dicranum glaucum. PTERIS AQUILINA. L. — (Silicicole.) -- CC. EQuisETuM sizvaTicum L.— Vallon des Forges de la Commune. Ruisseau au bas de Meillier-Fontaine, marais des Mazures à Laifour. — Spa, Hautes-Fanges de la Géronstère. LycoPopium cLAvATUM L. — (Silicicole.) Charleville, Monthermé, Lai- four, Revin, Rocroy, de Revin aux Mazures. — Belgique : Spa. L. INUNDATUM L. — (Silicicole.) Les Butteaux. Plusieurs plantes mentionnées dans le travail de notre honoré collègue M. Callay, Herborisations dans les Ardennes (1), manquent à ces listes. J'en regrette surtout trois, que trouveront, je l’espère bien, les botanistes qui parcourront et exploreront ce beau pays : Lycopopium SELAGO. — Les Butteaux. TRIENTALIS EUROPÆA. — Les Butteaux. ISNARDIA PALUSTRIS. — Rièzes de Rocroy. Avant de lever la séance, M. le Président donne la parole à M. Malinvaud, pour expliquer les dispositions prises en vue des prochaines, herborisations. La première aura lieu dans l’après- midi de ce jour aux environs de Charleville, et ceux qui désirent la suivre sont priés de se réunir sur la place Ducale, à deux heures précises. Le dimanche 44 juin, à sept heures du soir, un banquet était offert, au Grand-Hôtel, par les membres de la Société botanique de France, sous la présidence de M. Chatin, aux botanistes de Bel- gique. Ces agapes fraternelles, animées par les gais propos et les toasts chaleureusement applaudis, ont manifesté la cordialité des rapports qui unissent les membres des deux Sociétés. (1) Voy. Guide du Botaniste de M. Verlot. XLII SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. SÉANCE DU 17 JUIN 1885. PRÉSIDENCE DE M. F. CRÉPIN. La séance est ouverte à dix heures du matin, dans la salle du foyer du théâtre de Charleville. M. Costantin, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 14 juin, dont la rédaction est adoptée. M. le Président annonce une nouvelle présentation. M. Malinvaud, secrétaire général, dépose sur le bureau, pour être offert à la Société au nom de l’auteur, un ouvrage intitulé : Champignons coprophiles de la Belgique, par M. Elie Marchal. M. l'abbé Boulay fait à la Société la communication suivante : DE L'INFLUENCE CHIMIQUE DU SOL SUR LA DISTRIBUTION DES ESPÈCES VÉGÉTALES, par M. l'abbé BOULAY. Dans le cours d’herborisations comme celles qui nous occupent durant cette Session, l'intérêt et surtout le mérite ne consistent pas moins à saisir et à faire mieux connaître les lois de la distribution des espèces végétales qu'à recueillir des plantes rares ou exceptionnelles dans une localité quelconque. Ce serait abuser du temps dont nous disposons, de vouloir exposer ou même rappeler ici l’ensemble des principes acquis à la science sur ce sujet; mon désir est plutôt d’attirer votre attention sur un simple détail. Pour tous les botanistes qui ont longtemps herborisé, qui ont cherché à se rendre compte dans la nature des causes qui agissent sur la dispersion des plantes, l’influence des éléments chimiques ou miné- ralogiques du sol ne saurait être douteuse. On est amené dès lors à se demander comment il se fait que d’autres botanistes, certainement sa- gaces, et surtout très érudits, nient ou contestent cette influence. Rappelons, avant d’aller plus loin, que, par rapport à une substance minérale contenue dans le sol, les plantes peuvent être divisées en plantes exclusives, préférentes, indifférentes. Les substances dont le rôle est prépondérant à cet égard, ou mieux, dont on s’est le plus occupé, sont le carbonate de chaux et la silice, d’où les plantes qui recherchent l’un ou l’autre élément seront dites calci- coles ou silicicoles. BOULAY. — INFLUENCE CHIM. DU SOL SUR LA DISTR. DES ESPÈCES. XLIII Éliminons les plantes indifférentes, il nous reste : 1° des plantes exclu- sives calcicoles ou silicicoles; 2° des plantes préférentes calcicoles ou silicicoles. Ces distinctions sont déjà anciennes. Plus récemment on a cherché, surtout en Allemagne, à simplifier la question. En se basant sur certaines observations, on est porté à croire que le carbonate de chaux, le calcaire, joue le rôle principal, qui est double, tantôt attractif, tantôt répulsif, selon les espèces. De là d’autres catégories, celles des plantes calcicoles ou calcifuges, avec des degrés variés de répulsion ou d’attraction. Dans cette manière de voir, les plantes silicicoles ne sont autre chose que des plantes calcifuges qui, par horreur du calcaire, se réfugient sur le substratum inerte de la silice. Ces distinctions, bien qu’elles ne soient pas les seules, vont pouvoir nous suffire. Dans l'application des principes qui viennent d’être rappelés en quelques mots, tout se ramène, au fond, à constater rigoureusement la loi ou le degré de constance qui existe entre telle espèce et telle nature chimique du sol. En théorie, cela paraît fort simple ; mais, de fait, maints observateurs, d’ailleurs habiles, n’ont pas su écarter des causes d’erreurs qui obscurcissent à première vue les données du problème; il est dès lors tout naturel qu’ils soient arrivés à des résultats négatifs. La première de ces causes d’erreur réside dans la présence en quelque sorte latente et dissimulée dans le sol d’éléments que l’on n’y soupçonne pas au premier abord. Certaines espèces sont tellement sensibles à l'in- fluence du calcaire en particulier, que la présence d’un mince filon de cette substance dans un terrain d’ailleurs entièrement siliceux suffira pour les attirer. Un observateur superficiel qui aura négligé d'analyser le sol ou même le sous-sol, conclura, de la présence d’espèces dites calei- coles sur un terrain de ce genre, au mal fondé de ces distinctions. Les faits semblables ne sont pas rares dans les Ardennes (1). Les roches du terrain houiller, composées surtout de grès et d’argile, sont de nature siliceuse et portent de fait une végétation silicicole; mais il s’y mêle çà et là quelques rares espèces calcicoles qui correspondent à la minime proportion de carbonate de chaux que l’on rencontre principale- ment dans les fissures des roches de ce terrain Dans certaines régions, particulièrement sur divers points du Plateau central, les roches porphyriques el même granitiques subissent une dé- composition rapide ; la chaux qui entre dans la constitution des feldspaths , dans le rapport d'une excursion aux escarpements de démonstratifs au fond, quoique dissimulés à première vue, calcaire sur certaines espèces. (1) On trouvera plus loin Robersart, des exemples très de cette attraction exercée par le XLIV SESSION EXTRAORDINAIRE À CHARLEVILLE, JUIN 1885. se combine, à la suite de cette désagrégation, avec l’acide carbonique de l'air et forme des quantités de calcaire suffisantes pour retenir quelques plantes appropriées. On comprend dès lors facilement que de semblables mélanges dérou- tent des observateurs qui n’ont pas eu l’occasion d'explorer avec soin d’autres contrées où la végétation est plus pure ou exempte de ces com- plications trompeuses. Les eaux concourent fréquemment à produire d’autres mélanges et, par suite, d’autres perturbations apparentes. Il arrive souvent, dans les Alpes et les Pyrénées, ou même sur de simples collines, que des rochers cal- caires occupent la région supérieure des montagnes ou d’un massif quel- conque, tandis que la base est formée de granites, de grès ou de roches argilo-siliceuses. Dans ces conditions, la flore est plus ou moins calci- cole, même sur les roches siliceuses, par suite de l’entrainement du calcaire sur ces dernières, dû à l’action des eaux courantes ou d’infil- tration. Enfin beaucoup de terrains, principalement ceux de formation ter- tiaire, sont mixtes : les grès et les sables siliceux y contiennent fréquem- ment des proportions notables de calcaire; les argiles y sont remplacées par des marnes de composition variable. Ces terrains, d’ordinaire très fertiles, occupent habituellement des ré- gions basses; c’est là que sont bâties les grandes villes, séjour habituel de botanistes, qui, dans leurs courses de chaque jour, voyant des espèces dites calcicoles coudoyer à chaque instant des espèces silicicoles, se figu- rent, avec une cerlaine apparence de raison, pouvoir tenir pour fausse la théorie que je défends ici. On élimine ces causes d’erreur en prenant son point de départ ou ses termes de comparaison sur des terrains bien caractérisés. Si, de plus, on a soin d'étudier des localités relativement rapprochées, situées sous un même degré de latitude, dans des conditions semblables d’exposition et de propriétés physiques, les différences dans la flore, quand elles arrivent à prendre un certain degré de constance, seront justement attribuées à l’action chimique du sol. Or il n’est pas douteux que, dans ces conditions physiques aussi semblables que possible, la flore des rocailles granitiques, par exemple, ne diffère sensiblement de la flore qui se développe sur les rocailles du calcaire jurassique. Il en est de même pour la flore des argiles comparée à celle des marnes, de celle des grès et sables siliceux de tout âge à l’égard des sables et cailloutis calcaires. Un grand nombre de faits considérés comme contradictoires ne le sont qu’en apparence ; mieux compris, loin d’ébranler la théorie de l’influence chimique du sol, ils la confirment d’une façon remarquable. Je tiens aussi, pour finir, à faire observer que cette influence a le carac- BOULAY. — INFLUENCE CHIM. DU SOL SUR LA DISTR. DES ESPÈCES. XLV tère d'une loi générale et dépasse de beaucoup la portée d’une action locale vraie sur un point, incertaine ailleurs. Dans le midi de la France, le Cistus salvifolius est silicicole, comme le Sarothamnus scoparius l'est dans l'Est, le Nord et l'Ouest. Je n’ai vu nulle part, sur des terrains siliceux purs, des espèces répandues telles que les Bupleurum falca- tum, Teucrium montanum et Chamædrys, etc. Ce qui est vrai des Phanérogames, parmi lesquelles les espèces indif- férentes sont, je l'avoue, relativement nombreuses, l’est plus encore des Cryptogames et spécialement des Muscinées, au sujet desquelles j'ai ras- semblé des données beaucoup plus étendues et plus précises. Après avoir déterminé, pour les cinq ou six cents espèces de Mousses françaises, la part qui me semble devoir être attribuée à l'influence chimique du sol dans le fait complexe de leur distribution géographique, j'ai eu le plaisir de voir que MM. Juratzka pour l'empire d'Autriche, Kiær pour les envi- rons de Christiania, et Brotherus dans le Caucase, sont arrivés à des résultats identiques, à peu de chose près, jusque dans les moindres détails. Je crois donc qu’il faut se garder de nier la part très réelle qui revient à l’influence chimique du sol sur la distribution des espèces, mais plutôt étendre, préciser les observations acquises sur ce point, et démêler, s’il est possible, les causes et les effets, ou du moins les conditions variées d’une action non douteuse. M. Malinvaud demande à M. l’abbé Boulay quelle part il fait à l’état physique du sol dans son appréciation des causes qui influent sur la végétation. M. l'abbé Boulay répond qu’il faut absolument tenir compte des propriétés physiques du terrain sur lequel croissent les végétaux. C’est pour celte raison qu’il acomparé précédemment les plantes qui se rencontrent sur des substratums de même consistance. Ce sont les propriétés physiques du sol combinées avec l’action de l'eau et du milieu atmosphérique qui déterminent les stations des plantes. Mais l’influence chimique domine ces distinctions. C’est ainsi que la station générale des eaux courantes dans une même région pré- sente une flore différente, selon que ces eaux contiennent du cal- caire, du sel marin, ou sont privées de ces éléments minéralo- giques. M. Malinvaud dit qu’il ne croit pas que les espèces partloul el loujours calcicoles ou calcifuges soient très nombreuses. Certaines plantes, calcicoles dans une contrée, pourront être ailleurs indiffé- XLVI SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. rentes ou calcifuges (1). Mais l'influence de la nature chimique des terrains sur la distribution des végétaux est incontestable, il im- porte d’en préciser les conditions et l’étendue, sur lesquelles Îles avis sont partagés; l’accord se fera à mesure que les faits seront mieux connus, et, à cet égard, les études de M. l’abbé Boulay sur la distribution des Muscinées sont du plus grand intérêt pour tous ceux qui s'occupent de géographie botanique. M. Malinvaud rap- pelle que certaines altérations ou variétés remarquables paraissent étroitement liées à la présence d’un élément spécial dans la compo- sition du sol. Ce n’est, par exemple, que sur les rochers de serpen- tine des environs de Magnac-Bourg et de la Roche-l’Abeille qu’on rencontre, dans la Haute-Vienne, des formes très singulières du Cerastium glutinosum (C. petræum F. Schultz) et du Sanguisorba officinalis, ou de curieuses modifications de l’Asplenium A ian- tum-nigrum (2), etc., depuis longtemps signalées par M. Edouard Lamy de La Chapelle. M. l'abbé Boulay rappelle que, de même, sur les bords du Rhin, près d’Aix-la-Chapelle, plusieurs espèces affectent, sur les décom- bres d'anciennes mines de zinc, des formes assez tranchées; de là les noms de Viola calaminaris, Thlaspi calaminare, etc. M. l'abbé Boulay, insistant sur un fait particulier, pense que la plupart des contradictions si fréquentes dans les ouvrages publiés sur le même sujet tiennent à des observations superficielles, incomplètes. Les Sphaignes ont été données comme indifférentes ; or elles sont bien calcifuges, mais parfois dans des conditions très curieuses. Les marais profonds qui se développent entre Etaples et Verton, dans le Pas-de-Calais, présentent une flore calcicole le long du canal et des principales rigoles qui traversent ou longent ces marais. Les eaux qui les alimentent, provenant des collines crayeuses du con- tour du bassin, contiennent en effet du calcaire, mais, en filtrant à travers la tourbe et les herbages, elles déposent cette substance à l’état d’incrustation el arrivent pures ou presque pures au centre du marais. Aussi, çà et là seulement, on rencontre des touffes de Sphai- gnes avec le Drosera rotundifolia ! (1) Voyez dans le Bulletin, t. XXVI, p. 338, Quelques observations sur les relations entre la distribution des Phanérogames et la nature chimique du sol, par M. G. Bon- nier. (2) Voyez, au sujet de l’Asplenium Adiantum-nigrum var. obtusum, etc., le Bulletin, t. XXX, p. 76. SÉANCE DU 17 JUIN 1885. XLVII M. Bazot demande à M. Boulay si l’analyse de l’eau des marais a été faite. M. Boulay répond qu’elle a été faite récemment par un de ses collègues, M. l’abbé Bourgeat, pour les tourbières du haut Jura, où des contrastes de végétation, analogues à celui qui vient d’être signalé, se rencontrent fréquemment. Dans cette région, d’après les observations de M. Bourgeat (1), les tourbières sont loin de reposer toujours, comme l'avait cru Ch. Martins, sur une couche d'argile provenant du glaciaire alpin, elles se rencontrent plus souvent peut-être, soit sur des dépôts glaciaires locaux contenant du calcaire, soit directement sur des marnes néocomiennes ou oxfordiennes. Or, dans ces tourbières, les Sphaignes, de même que les Bruyères, les Myrtilles, etc., ne se montrent pas partout, mais seulement vers le centre et lorsque la tourbe possède une épaisseur convenable. De même l’analyse chimique, par l'emploi de méthodes très exactes, a montré que l’eau puisée près du fond donne, par les réactifs, un précipité abondant, tandis que, prise près des Sphai- gnes, sur la tourbe, elle se comporte comme l’eau distillée, et enfin la tourbe triturée avec de l’eau pure rend du carbonate de chaux. M. Boulay exprime, en terminant, le regret de n’avoir pu, dans le cours d’une simple conversation, loin des documents bibliogra- phiques nécessaires, citer avec l’exactitude convenable les travaux récents qui ont fait progresser l'étude de cette question, particu- lièrement les recherches de M. Fliche et de M. Vallot. M. Malinvaud donne quelques détails sur la méthode expérimen- tale suivie par M. J. Vallot, dont M. l'abbé Boulay vient de rappeler les travaux, et il ne doute pas que les observations persévérantes de ce jeune savant n’apportent un jour des éclaircissements utiles sur cette question si controversée. M. Costantin, secrétaire, donne lecture d'une communication de M. A. Franchet, intitulée : Monographie du genre Epimedium (2). (1) Observations sur les tourbières du Jura. Poligny, 1885. | ; (2) Par suite de l'abondance des matières et avec le consentement de l'auteur, l'im- pression de ce travail a été ajournée; il sera inséré dans le premier numéro du Bulle- tin des séances de 1886. — (Note du Secrétariat.) XLVIIL SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. M. Paul Petit fait à la Société la communication suivante : NOTE SUR LE DÉVELOPPEMENT DES AUXOSPORES CHEZ LE COCCONEMA CISTULA Ebhr., par M. Paul PETIT. Les phases de la reproduction chez les Diatomées sont encore fort peu connues. On doit attribuer Ja cause de cette lacune dans l'étude de ce groupe d’Algues si intéressantes, d’une part à la rareté des maté- riaux d'observation, et, d’autre part, à la difficulté que l’on rencontre lorsqu'on veut cultiver les matériaux d’étude qu’on a été assez heureux pour rencontrer dans la nature. Car, disons-le tout de suite, il est impos- sible de suivre pendant longtemps le développement des Diatomées que l'on cultive, sans voir ces dernières s’altérer rapidement. Il est cependant hors de doute que les cas de reproduction doivent être fréquents ; malheureusement nous ne connaissons ni l’époque exacte à laquelle le phénomène se produit pour chaque espèce, ni les causes cli- matériques qui le font naître. Nous sommes donc réduits à attendre que le hasard favorise nos recherches. Les observateurs sont loin d’être d’accord sur la production des fausses spores, auxquelles M. le docteur Pfitzer (Bau und Entwick. d. Diat. Bonn, 1871, p. 23) a donné le nom d’auxospores, pour caractériser la propriété qu’elles possèdent d'acquérir un certain accroissement. Afin qu'on puisse arriver à posséder par la suite des données exactes sur cette partie de la physiologie des Diatomées, il est urgent que chacun fasse connaître le résultat de ses recherches. De cette façon, les observations des uns se complèteront par celles des autres. C’est dans l'intention de jeter un peu de jour sur cette partie obscure de l’histoire des Diatomées, que j'ai l'honneur de présenter à la Sociélé le résultat de mes observations sur les auxospores du Cocconema Cis- tula Ehr. En 1877, au mois de février, j'ai rencontré, sur les bords de l'étang de Saint-Cucufa (près Rueil, Seine-et-Oise), une grande quantité de Cocco- nema Cistula en état de production d’auxospores. J’espérais toujours pouvoir compléter mes observations sur des matériaux nouveaux, mais il ne m'a pas été possible d’en retrouver, et cependant, tous les ans à pareille époque, je surveillais la même localité. À mon grand regret, je me vois forcé de présenter des observations incomplètes, mais qui présentent cependant un certain intérêt. Chez le Cocconema Cistula Ehr. (fig. 1), comme chez toutes les Cym- bellées, le chromatophore, sous forme d’une seule lame, recouvre les deux valves et l’un des côtés de la zone d’emboitement, comme le montre P. PETIT. — AUXOSPORES DU COCCONEMA CISTULA. XLIX le schéma (fig. 13), qui représente une coupe perpendiculaire au grand axe du frustule et passant par le centre. Lorsque le moment de la pro- duction des auxospores est arrivé, deux frustules se rapprochent et se mettent en opposition par leur côté le moins cintré. Il se produit, aussi- tôt après, une abondante sécrétion d’une matière gélatineuse, incolore et transparente, qui forme autour des deux frustules une large enveloppe ovoïde, complètement fermée. Cette matière gélatineuse pourrait peut- être bien provenir de l'accroissement fort grand de l’enveloppe gélati- neuse qui entoure d’ordinaire toutes les Diatomées. Dès que l’enveloppe gélatineuse a pris tout son accroissement, on voit, dans chacun des frustules, les chromatophores s’agglomérer vers le centre (fig. 2) en se retirant des extrémités. Bientôt le plasma, concentré au milieu du frustule, sous forme d’une masse ellipsoïde, augmente de volume et oblige les deux valves du frustule à s'écarter (fig. 3); ce que l'on constate facilement en faisant rouler les frustules dans la prépara- tion. Les masses plasmatiques sortent alors des frustules par les côtés les moins cintrés, qui se sont entr'ouverts, et viennent se placer l’une contre "l’autre et parallèlement aux valves des deux frustules vides (fig. 4), sans qu'il y ait jamais de fusion entre les deux masses. Ce fait enlève donc toute idée de conjugaison; c’est un simple rajeunissement de la cellule, une reproduction asexuée. Les deux masses plasmatiques constituent les auxospores ; elles ren- ferment les noyaux; elles sont nues et ont une teinte brun foncé dans toute leur étendue (fig. 5). Le volume des auxospores s’accroit rapidement, surtout dans le sens de la longueur (fig. 6 et 7); il atteint en peu de temps le double de la longueur des cellules mères (fig. 8). Dès que l'accroissement a pris fin, on voit apparaitre une membrane sur les auxospores ; le plasma coloré se retire légèrement des extrémités (fig. 9) et, bientôt après, ce dernier prend la forme caractéristique du chromatophore des Cymbellées. Aussitôt que le plasma coloré à acquis sa forme définitive, on voit les auxospores, d’abord subcylindriques et droites, s’arquer plus ou moins fortement (fig. 9 et 10). En même temps les extrémités s’atténuent et la membrane ne tarde pas à se plisser vers les deux pointes du frustule, tout en restant lisse au centre (fig. 11), et l’on voit alors apparaître les premières traces de la ligne médiane (fig. 12) . À ce moment, l’enveloppe du jeune frustule est plus fortement marquée ; c’est le commencement de la silification, c’est-à-dire du dépôt de la silice dans la cellulose de la membrane primitive. | Là s’arrêtent mes observations ; il m’a été impossible de suivre plus loin le développement du frustule, qui alors se trouve étre deux fois plus grand que la cellule mère. On sait du reste que, aussitôt après la formation complète des frustules, D T. XXXIL. L SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. l'enveloppe gélatineuse se résorbe, et que les frustules, devenus libres, se multiplient par division, et commencent un nouveau cycle qui, par une décroissance continue et obligatoire, ramène les frustules à la forme et à là dimension de ceux qui ont produit les auxospores. J'ai aussi rencontré, mais dans un état avancé, les auxospores du Navi- cula crassinervia (de Bréb.) dansune récolte faite au mois de juillet 1880, dans la mare des Planets, près de Saint-Léger. Les auxospores étaient plus où moins développées : les unes (fig. 14) commençaient seulement à s’accroître; d’autres (fig. 15) laissaient voir, vers les extrémités, un plissement analogue à celui du Cocconema Cistula. Chez le Navicula crassinervia, chaque cellule mère produit une auxospore qui se place parallèlement à son grand axe. La marche du phénomène est en tout semblable à celle du Cocconema. Là encore, les deux auxospores placées l’une contre l’autre restent toujours indépen- dantes, sans qu’il y ait jamais de fusion entre elles. Mes observations viennent confirmer en tous points celles que M. le doc- teur Schmitz a faites sur le Cocconema Cistula Ehr. (Bot. Zeit. 1872, . p. 217, et Ueber die Auxosporenbildung d. Diat. Halle, 1877), et, con- trairement aux théories émises par MM. Thwaites, Carter, W. Smith et Lüders, nous sommes obligé de conclure que les auxospores des Cym- bellées ne sont pas le résultat d'une conjugaison ou fusion de gamètes, quoiqu’elles en aient l'apparence ; elles sont dues à un simple rajeunis- sement de la cellule. M. Thwaites (Ann. and Mag. nat. Hist. vol. XX, sér. 1,1847),M. Carter (Ann. and Mag.nat. Hist. vol. X VIT, sér. 2, 1856), et plus tard W. Smith (Synopsis, IT, p. 12; pl. C, fig. 219, 221; E, fig. 345), admettent une conjugaison que leurs figures sont loin de dé- montrer ; leurs théories sont donc basées sur de simples hypothèses. D'après M. Lüders (Bot. Zeit. 1862, n° 7, 8, 9), il y aurait différen- ciation des plasmas à l’intérieur de chaque frustule, et les deux parties du plasma de l’un des frustules se fondraient avec les deux parties de l’autre, aussitôt après leur sortie au dehors des valves. Si les choses se passaient comme le veut M. Lüders, les deux auxo- spores, résultant d’une véritable conjugaison, se trouveraient placées perpendiculairement au grand axe des frustules-parents, ce qui n’est pas. Au contraire les auxospores sont parallèles aux frustules. Les figures données par M. Lüders (1. c., pl. IT, a, b, €, d, e) sont très imparfaites et ne laissent pas soupçonner la marche du développement qu’il décrit. Les figures, dessinées sur les Diatomées vivantes, aideront, je l'espère, à saisir la marche du développement des auxospores du Cocconema Cis- tula, et démontreront clairement l’absence de conjugaison chez ce genre ; ce qui se produit sans doute aussi chez les autres Cymbellées. P. PETIT. — AUXOSPORES DU COCCONEMA CISTULA. LI Explieation des figures de la planche XIII de ce volume. F16. 1. — Frustule de Cocconema Cistula. FiG. 2. — Frustules réunis et entourés d’une masse gélatineuse, avec le plasma aggloméré au centre. F16. 3. — Frustule vu de côté, laissant voir les valves écartées par la dilata- tion du plasma. F1G. 4. — Sortie du plasma pour constituer les auxospores. Fic. 5, 6, 7, 8. — Divers développements des auxospores. F1G. 9. — Les chromatophores prennent leur forme naturelle ; les auxospores deviennent arquées. FiG. 10. — Auxospores fortement arquées. FiG. 11. — Auxospor es avec membrane plissée, Fic. 12. — Auxospore (fortement grossie, 800/1) laissant voir le plissement de la membrane et les commencements de la ligne médiane. FiG. 13. — Coupe d’un frustule perpendiculairement au grand axe (schéma). FiG. 14. — Navicula crassinervia (de Bréb.) avec deux auxospores, vu de face. Fic. 15. — Navicula crassinervia (de Bréb.) avec auxospore plissée (vu de côté); la deuxième auxospore est masquée. SÉANCE DU 20 JUIN 1885. PRÉSIDENCE DE M. BESCHERELLE. La Société se réunit, à huit heures du soir, dans un des salons du Grand-Hôtel. M. Malinvaud présente les excuses de M. F. Crépin, que d’impé- rieux devoirs ont rappelé à Bruxelles. M. l'abbé Hue, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de la séance du 17 juin, dont la rédaction est adoptée. Par suite de la présentation faite dans la précédente séance, M. le Président proclame l’admission de : M. Grés (Louis), préparateur à l’École supérieure de phar- macie, 6, avenue de l'Observatoire, à Paris, présenté par MM. A. Chatin et Malinvaud. M. Malinvaud, secrétaire général, communique à la Société, au nom de M. Crépin, le travail suivant : LII SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. SUR L'INÉGALITÉ DE VALEUR DES ESPÈCES DITES LINNÉENNES, par M. François CRÉPIN. Les études que nous poursuivons depuis un assez grand nombre d’années sur le genre Rosa nous ont fait reconnaître que les types spé- cifiques de premier ordre, que l’on désigne aussi sous le nom d'espèces linnéennes, n’ont pas tous une égale valeur : les uns sont moins bien caractérisés que les autres. Cette inégalité de valeur, qui existe probablement dans tous les groupes génériques, est un fait important qui n’a pas échappé jusqu'ici à la clair- voyance des observateurs ; maintes fois il a été plus ou moins clairement exposé. Nous pensons qu'il n’ést pas inutile d’attirer de nouveau sur lui l'attention des monographes; car il doit, tôt ou tard, provoquer une réforme capitale dans les travaux de botanique descriptive. En 1882 (1), nous avions déjà traité brièvement ce sujet intéressant, que M. Christ a repris dans un mémoire consacré au genre Rosa (2). Pour discuter cette question, nous prendrons nos exemples dans le groupe générique qui fait l’objet de nos études spéciales. Une seule section du genre Rosa peut, à la rigueur, suflire à notre démonstration. Choisissons la section des Synstylées, qui est parfaite- ment naturelle, basée non seulement sur le caractère de styles agglu- tinés en colonne saillante égalant les étamines, mais encore sur une série d’autres caractères fort importants. Cette section se compose de dix espèces très distincies les unes des autres et que l’on peut considérer comme méritant la qualification de linnéennes. Ce sont les : Rosa microcarpa Lindl. Rosa moschata Mill. — sempervirens L. multiflora Thunb. — arvensis Huds. — Luciæ Franch. et Roch. | — anemonæflora Fort. — Davidi Crép. — setigera Michz. — phæœnicia Boiss. Ces dix types spécifiques procèdent vraisemblablement d’un ancêtre commun dont le temps et les circonstances ont modifié les descendants au point d’en avoir fait des espèces de premier ordre. Mais ces dix espèces représentent-elles dix branches, dix descendants, chacun d’égale valeur (1) Prinuliæ Monographiæ Rosarum, fasc. VE, pp. 850-856. (2) Allgemeine Ergebnisse aus der systematischen Arbeit am Genus Rosa, 1884 (trad. par M. Émile Burnat, 1885). F. CRÉPIN. — INÉGALITÉ DE VALEUR DES ESPÈCES LINNÉENNES. Lili et de même âge, ou bien sont-elles d'âge différent et d'inégale va- leur ? En invoquant des extinctions, on peut les supposer arrivées toutes au même stade ; ou bien, s'il n’y a pas eu d’extinctions, on peut admettre que nous sommes en présence de sept branches, dont cinq sont restées simples par suite d’un défaut de plasticité, et dont les deux autres se sont divisées en deux ou trois ramifications. Dans l’un comme dans l’autre Cas, nous constatons que les R. microcarpa, R. Davidi, R. phœnicia, R. ane- moncæflora et R. setigera se distinguent les uns des autres par des carac- tères plus importants que ceux qui séparent entre eux les R. multiflora et R. Lucie, et les R. moschata, R. sempervirens et R. arvensis. Quoi qu'il en soit de la genèse de ces dix types spécifiques, ceux-ci ne peuvent pas tous être rangés sur la même ligne; les R. microcarpa, R. Davidi, R. phœænicia, R. anemoneæflora et R. setigera représentent chacun une branche primaire, tandis que les cinq autres espèces ne représentent que deux branches primaires. On voit donc, par ce qui précède, qu’il peut exister une inégalité de valeur dans les espèces linnéennes. Dans nos ouvrages descriptifs, tels qu’ils sont rédigés généralement, on ne peut guère reconnaître quelle est la valeur relative des formes dési- gnées sous le nom d’espèces. Si, dans une monographie du genre Rosa, on classe les dix Synstylées sur le même rang à la suite les unes des autres, on peut s’imaginer qu’elles sont toutes séparées les unes des autres par des caractères d’égale valeur; ce qui n’est point. Quel sera le moyen à employer pour exprimer clairement leur valeur relative? Admettra-t-on des espèces de premier, de deuxième et même de troisième ordre? Ce moyen, qui est assez pratique, à déjà été employé, mais il ne suffit pas pour se rendre un compte exact des rapports existant entre les espèces et pour juger de leurs degrés généalogiques. A notre avis, le seul moyen de classer naturellement les espèces dans un genre et de leur accorder la place et la valeur auxquelles elles ont droit, c’est de dresser l’arbre généalogique du genre; de déterminer, au moyen de subdivisions taxinomiques, les divers stades auxquels les formes sont arrivées. La structure taxinomique du genre deviendra dès lors plus compliquée; mais cette complication, nécessitée par les progrès de la science, est seule capable de faire bien saisir l’âge, le stade des divers groupes de formes qui constituent le genre. | Tous les efforts du monographe doivent avoir pour but de découvrir les ramifications de l'arbre généalogique du genre, c’est-à-dire les subdivi- sions naturelles de celui-ci. Trop souvent les subdivisions établies dans les genres sont des coupes artificielles qui ne répondent aucunement aux embranchements généalo- LIV SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. giques auxquels appartiennent les espèces. C'est ainsi que les mono- graphes du genre Rosa ont généralement reculé devant l’établissement de sections monotypes, croyant sans doute qu’une bonne section ne peut être constituée que par plusieurs espèces. Cette idée préconçue les a souvent conduits à constituer des sections composées d’éléments hétéro- gènes qui ont dénaturé complètement l’ordre naturel du genre. Dans le genre Rosa, il existe incontestablement des sections naturelles monotypes : telles sont les Microphyllées (R. microphylla Roxb.), Bank- siées (R. Banksiæ R. Br.), Gallicanées (R. gallica L.), Séricées (R. se- ricea Lindi.), Minutifoliées (R. minutifolia Engelm.), Sinicées (R. lœævi- gata Mich.). Chacune de ces sections monotypes, par le nombre et l'importance de leurs caractères, ont la valeur des sections pléiotypes. Comme celles-ci, elles constituent des branches principales de l'arbre généalogique du genre; seulement ces branches, au lieu d’être ramifiées, sont restées simples par suite d'extinction ou par défaut de plasticité. Dans un travail que nous préparons sur la classification du genre Rosa, nous montrerons qu'il en est des sections de genres comme des espèces dites linnéennes, c’est-à-dire qu’elles présentent également des inégalités de valeur, et que ces inégalités sont dues aux mêmes causes. M. Bescherelle communique à la Société le travail suivant : MOUSSES NOUVELLES DE L'AMÉRIQUE AUSTRALE, par M. Émile BESCHERELLE. M. le D' Savatier, médecin à bord de la frégate {a Magicienne, a récolté, de 1876 à 1879, tant à Taïti que dans les terres voisines du détroit de Magellan, un certain nombre d'espèces de Mousses dont quel- ques-unes sont nouvelles; nous croyons devoir décrire dès à présent celles qui ont été recueillies, soit au sud de la Patagonie, à Port-Galant et Punta- Arenas, soit dans les îles qui avoisinent les canaux latéraux de la Patagonie occidentale, à Port-Eden (île Wellington), à Churucca (Terre de la Déso- lation), à la baie d'Otway (ile de Tres Montes), soit enfin au Pérou, à Matucana, entre Lima et les Andes, et à Chicla, localité située au-dessus de Matucana, à 3500 mètres d'altitude. [1 nous a semblé que les espèces nouvelles récoltées pendant le séjour de la mission du cap Horn à l’île Hoste, par M. le D° Hyades, médecin à bord de la Romanche, par M. le D' Hahn et par M. Hariot, prendraient naturellement place à côté de celles de M. le D' Savatier, quoiqu’elles doivent faire l’objet d’un travail spécial ultérieur. BESCHERELLE. — MOUSSES NOUVELLES DE L'AMÉRIQUE AUSTRALE. LV C’est donc l’ensemble des Mousses nouvelles recueillies au sud et à l'ouest de la Patagonie que nous présentons ci-après, en attendant que nous puissions décrire celles que M. le D° Savatier a rapportées de Taïti. Dichodontium Paludella Besch. (sp. nov.). Dioicum. Planta feminea gracilis, simplex, 2-3 cent. alta cum innova- tione singula sub flore producta, habitu Paludellæ squarrosæ similis. Folia brevia, basi dilatata vaginata concava inter folia conspicua, ovato- lanceolata, obtuse acuminata, margine e medio dentata valde recurvata ; costa gracilis sub acumine evanida, cellulis basilaribus elongate qua- dratis, Superioribus ovatis chlorophyllosis. Cætera ignota. Détroit de Magellan, Terre de la Désolation : Churucca (D” Savatier). Cette petite Mousse offre le port des petites formes du Paludella squar- rosa, et se rapproche, par ses organes végétalifs, du D. squarrosum. Elle s’est trouvée associée en petit nombre aux touffes de Breutelia aureola. Dicranum (0ncophorus) australe Besch.(in.Flora 1885, p. 409). € Planta pulcherrima, cespites elatos laxos aureos splendentes præbens; » caulibus intricatis laxifoliis pluries divisis, foliis longis apice ramuli in » cuspidem penicillatam strictiusculam congestis, pedunculis pro alti- y tudine Musci brevibus purpureis, capsulaque parva curvato-oblonga. » (GC. Müll. L. c.) Terre de la Désolation : Churucca (Savatier, 1877-1879). Détroit de Magellan, baie de l’isthme (D' Savatier), n° 217. Terre de Feu : île Horn (Hariot, n° 158) ; Shall bay, île Clarence (id., n° 31); île Hoste, baie Orange (Hyades, Hahn, n°° 450, 474). Dieranum (Oncophorus) Harioti C. Müll., in Bryologia Fuegiana (in Flora 1885, p. 408). Inter D. majus et D. robustum ludens. Caulis elongatus, crassus, ramosus. Folia caulina viridi-nigricantia, vernicosa, nitenlia, sicca in uno latere dejecta, secunda robusta, e basi brevi late ovalia, concava, convoluta, lanceolato-subulata, margine denticulata vel subintegra; costa angusta, haud canaliculata, excurrente dorso lævi, cellulis elongatis luteo- © ? D . . L - fuscis parietibus vix conspicuis areolata; cellulis alaribus planis sæpe destructis. Gætera ignota. Terre de Feu : île Hoste, baie Orange (Hariot), n° 175. Stérile. La rouleur noirâtre de cette Mousse indique suffisamment qu’elle a vécu accidentellement dans l’eau. | LVI SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. Dicranum (Oncophorus) rigens Besch. (sp. nov.). D. imponenti simile. Cespites 1-3 unciales, rufescentes, tomentosi haud nitentes. Caules intricati, dumosi, breviter ramosi. Folia erecto-patentia rigidissima e basi angusta, lanceolala, concava, in cuspidem longam inte- gerrimam continua, cellulis minutis ovalibus et rotundis in subula con- spicuis; costa lata dorso lævis. Folia perichætialia intima erecta, vaginan- tia in cylindrum congesta, longe cuspidata, exteriora medio erecto-patentia patentiave. Capsula pedicello 3-4 cent. longo gracili flexuoso rubello anguste ovato-cylindrica, arcuata, lævis, operculo rostrato aciculari, annulo lato persistente. Peristomii dentes rufescentes, supra basin divisi, liberi vel apice coadnati granulosi sordide grisei, dense trabeculati. Patagonie occidentale, île Wellington : Port-Eden (Savatier, n° 1850, e part.). Diffère du Dicranum imponens par ses feuilles étalées, roussâtres, sans brillant, plus longuement cuspidées, à nervure continue. Campylopas laniger. Besch. (in Flora, L. c. p. 410). « Cespites humiles vix pollicares flavo-virides inferne fusco-tomentosi » densi. Caulis brevis, gracilis, subsimplex, strictus. Folia caulina brevia » erecto-patula, e basi oblongata, alis duabus ventricose tumidis laxe reti- » culatis fuscis teneris ornata, in laminam acuminato-subulatam strictam » apertam attenuata integerrima, e cellulis densis subconflatis pallidis » longiusculis superne oblongis areolata, nervo lato pallido indistincto » percursa. Cætera ignota. » (C. Müll. L. c.) Terre de Feu : île Hoste, au sud de la baie Orange (Hahn, n° 130); sud de la presqu'île Hardy (Hyades, n° 905). Île Hermite (Hariot, n° 154). Se rapproche, par le port, du Dicranum fragilifolium Ldbg. Campylopus flavissimus C. Müll. (in Flora, 1. c. p. 409). « Dicrano elongato simile flavissimus, caulibus dense aggregatis gra- » cilescentibus striusculis penicillato-cuspidatis. Folia elongata e basi » latiore oblonga cellulis alaribus nonnullis teneris albidis marcescentibus » ornata, in acumen subulatum involutum apice planiusculum subinteger- » rimum attenuata, nervo latissimo percursa, e cellulis oblongis densis » incrassatis membranam firmam glabram subsplendentem sistentibus » areolata. » (CG. Müll., /. c.) Détroit de Magellan, Terre de la Désolation : Churucca (D' Savatier, n* 1897 et 1904). Associé à Breutelia aureola Nob. Stérile. BESCHERELLE. — MOUSSES NOUVELLES DE L'AMÉRIQUE AUSTRALE. LVII Campylopus orthocomus Besch. (C. Müll., in Flora, 1. c. p. 409). € Planta bipollicaris, cespites latos altos atro-virescentes sistens. Caulis » subcompressus inferne laxifolius (parce tomentosus), superne in api » cem erectum strictum penicillato-foliosum cuspidatum attenuatus parce » divisus. » (C. Müll., loc. cit.) Folia caulina patentia, longa (8-9 mill.), e basi oblonga, semi-convoluta, sensim in cuspidem robustam obtusiusculam attenuata, parce denticulata, lævia ; costa lata e tribus seriebus cellularum composita, quarum mediæ duplo majores chlorophyllosæ; cellulis alaribus vix conspicuis teneris fugacibus quadratis crasse limitatis fuscidulis, cæteris ovatis ; folia coma- lia erecta in penicillo congesta fere duplo longiora (13-15 mil]. longa), longissime cuspidata, acutiora, caulinia latiora, e basi albida oblongata, margine semi-convoluta, magis dentata, dorso papillosa. Cætera ignota. Terre de Feu : île Hermite (Hariot, n° 139), baie Saint-Martin (Hahn). Île Hoste (D° Hyades, n° 920). Associé à Symphyogyna rhizobola. Cette espèce ressemble par le port à quelques espèces du genre Dicranum (division Orthodicranum), mais elle en diffère au premier abord par la nervure très large des feuilles. Campylopus saddieanus Besch. (sp. nov.). Cespites dense compacti, robusti, tomentosi, 8-10 cent. alti, atro-viri- des. Caulis apice breviter divisus. Folia ovato-elliptica, basi brevi exau- riculata, concava, erecto-appressa, juniora tantum viridia, cætera nigri- cantia, apice sensim in pilum brevem denticulatum continua; cellulis basilaribus elongata quadratis hyalinis ad margines angustioribus, folii medio triformibus : ad costam rotundatis, ad marginem ovatis oblique dis- positis, intermediis parallelogrammis ; cellulis superioribus usque ad pili basin irregulariter quadratis conspicuis; costa lala e tribus stratis cel- lularum composita, strato antico e cellulis majoribus hyalinis formato. Cætera desunt. Dicranum (Orthodicranum) saddleanum C. Müll. (in Flora 1885, p. 407). Terre de Feu : île Saddle, Wollaston (Hariot, n° 166). M. Ch. Müller, à qui j'avais envoyé cette Mousse sous le nom de Cam- pylopus Saddleanus, l’a publiée dans le Flora (1. c.) sous le nom de Dicranum (Orthodicranum) saddleanum Besch. Elle offre, il est vrai, le port du Dicranum elongatum, mais elle diffère totalement des Dicranum par ses feuilles pilifères, à nervure beaucoup plus large et semblables à celles des Campylopus. Je crois donc, malgré la notoriété qui s attache aux déterminations du savant bryologue de Halle, devoir maintenir la Mousse dont il s’agit dans le genre Campylopus. LVIII SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. Campylopus cerassissimus Besch. (sp. nov.). Cespites compacti, biunciales, intense rufi, superne lutescentes. Caules lycopodiacei, fasciculati, in ramis crassissimis uncialibus obtuse acumi- natis dense foliosis divisi. Folia undique æqualia, erecta, brevia, late ova- to-lanceolata, exauriculata, sensim acuminala, in pilum brevem erectum integrum hyalinum constricta, margine superne convoluta, limbo basi angusto e cellulis quadratis elongatis hyalinis, supra basin oblique ovatis ad margines pluribus elongate quadratis, supernis ovatis areolala; costa latissima inferne folii longitudinis 3/4 occupante, strato antico laxe reti- culato. Cætera desunt. Patagonie occidentale : Puerto Bueno (Savatier, n° 1887). Mousse remarquable, qui se distingue de toutes ses congénères par un port beaucoup plus robuste, rappelant celui du Lycopodium inundatum, et par ses tiges épaisses, obtusément acuminées. Elle se rapproche du C. saddleanus Nob. par son port et par la forme des feuilles ; mais elle en diffère par les cellules basilaires des feuilles beaucoup plus étroites et par les cellules marginales, qui, au lieu d’être obliques, ovales, chlorophyl- leuses, sont rectangulaires, allongées et hyalines. Blindia Churucecana Besch. (sp. nov.). Monoica, dense cespitosa, humilis, rufescens. Folia caulina -conferta falcata haud crispula, basi latiore fere subito lanceolata, acuminata in subulam longam falcatam apice noduloso-denticulatam protracta, margine e medio convoluta; cellulis alaribus quadratis subventricosis erosis fuscis, ab aliis basilaribus valde distinctis, cæteris longe rectangularibus angustis; costa in parte folii angustiore parum conspieua. Folia perichætialia longe convoluta subito in aristam attenuata. Capsula in pedicello 15-20 mill, longo purpureo tortili erecta, ovoidea vel breviter cylindrica, ætate nigra. Peristomii dentes 16 liberi, basi aurei apice, grisei punctulati anguste tra- beculati. Gætera desunt. Détroit de Magellan, Terre de la Désolation : Churucca (D' Savatier). Cette Mousse ressemble par le port au Blindia tenuifolia Hook., mais elle en diffère au premier abord par la forme des feuilles périchétiales, par le pédicelle plus long du double, et par la capsule ovoide non tur- binée. Leptodontium matucanense Besch. (sp. nov.). Habitu L. acutifolio simile, sed caulibus gracilioribus uncialibus luteo- nigrescentibus, foliis longius acutis, margine medio dentibus numerosis BESCHERELLE. — MOUSSES NOUVELLES DE L'AMÉRIQUE AUSTRALE. LIX hyalinis longioribus ornato, cellulis conspicue papillosis, costa dorso magis papillosa differt. Pérou : Matucana (entre Lima et les Andes). Associé à Barbula Sava- tieri, n° 1210. Stérile (D' Savatier). Barbulaæ Aren Besch. (sp. nov.). Dioica. Planta laxe cespitosa, vix 1 cent. alta, rufa, subsimplex. Folia madida erecto-patentia, siccitate subcontorta, e basi breviter ovato-lan- ceolata, marginibus luteis sublimbatis parallelis papillosis hic illie sinuo- sis, comalia majora, omnia late acuminata; costa latiuscula rufa infra acumen laxe et obscure reticulatum serratum evanida; cellulis inferio- ribus elongatis hyalinis ad marginem angustioribus luteis, cæteris grosse quadratis circuitu crasso fusco granulosis. Folia perichætialia comalibus similia. Archegonia longistyla paraphysibus luteis longis articulis supe- rioribus crassis subelavatis cincta. Capsula pedicello purpureo unciali lortuoso cylindrica, badia, breviter annulata. Operculum? Peristomii dentes rubelli arcte in tubum longum contorti ad instar gen. Syntri- chiæ; columella longe exserta sæpe persistente. Calyptra? Patagonie, détroit de Magellan : Punta-Arenas, 7 mai 1883 (Hariot, n° 37). Espèce très voisine du B. serrulata Hook. et Grev., mais sa tige est plus forte et plus courte que ne le comportent les échantillons rapportés de la Nouvelle-Zélande; en outre les feuilles sont plus étroites, non réflé- chies à la marge, et à apicule plus court; les dents péristomiales sont soudées en un tube très long. Barbula Savatieri Besch. (sp. nov.). B. alpinæ similis sed folia angustiora revoluta sinuosa, magis papillosa, costa rubiginosa, dorso papillosa, in acumen acutum breve rufulum læve continua. Pérou, Matucana (D' Savatier, n° 1210). Cette espèce est voisine du Barbula alpina d'Europe par le port, la forme des feuilles et Le péristome, mais elle s’en éloigne cependant par des feuilles plus étroites, révolutées à la marge et papilleuses ; la nervure rousse se termine par un mucron roussâtre, court et aigu. Un échantillon de cette Mousse présente une particularité assez rare chez les Barbula. Deux archégones ont été fécondés dans le même périchèse : l’un avait pris son développement normal et produit une capsule régulièrement constituée, l'autre s'était arrêté au milieu de sa croissance ; le pédicelle avait percé latéralement l'épigone, qui était resté LX SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. adhérent à la base, et la capsule, non abritée par la coiffe, ne présentait qu’un rudiment de la capsule complètement avortée. Grimmia (Eugrimmia) austro-leucophæa Besch. (sp. nov.). Dioica. Cespites densi, humiles, atro-virides. Caulis basi divisus 5-6 mill. longus, fragilis. Folia erecto-patentia, late ovato- vel obovato-lanceo- lata, plicata, concava, inferiora pilo brevi, superiora carinata latiora in pilum basi latum longissimum hyalinum integerrimum exeuntia, mar- gine subplano; costa crassa fuscescente in pilo medio conspicua, cellulis basilaribus elongatis longe rectangularibus hyalinis, cæteris quadralis punctatis circuitu fuscescenti crasso. Perichætii folia (juniora) lanceolata comalibus angustiora, archegoniis numerosis longistylis. Cætera ignota. Terre de Feu, île Horn (Hariot, n° 157). Assez semblable au G. leucophæa d'Europe, mais plus petit, d’un vert noirâtre et différent par les feuilles à poil lisse; s’éloigne du G. humilis du détroit de Magellan par l’inflorescence et par l'absence complète de denticulation aux poils des feuilles, lesquelles n’offrent pas de cellules carrées à la base. Zygodon Hyadesi Besch. (sp. nov.). Monoicus, laxe cespitosus, inferne rufo-tomentosus, pallide viridis. Caulis erectus innovationibus 4-2 semi-uncialibus dichotomus. Folia laxa erecto-patentia vel recurva, basi brevi decurrentia, inferiora minora, flexuosa, madida recurva, late oblongo-ovata, apice late acuminata 1-2 dentibus hyalinis acutis utroque margine e basi grosse papilloso prædita, e cellulis rhombeis papillosis dense areolata, cellulis basilaribus rectan- gularibus pellucidis, ad margines brevioribus; costa superne dorso papil- losa, infra apicem evanida. Inflorescentia mascula gemmacea, minuta, in ramo laterali infra perichætium producto terminalis; folia interna caulinis similia quoad texturam papillosam et serraturam, sed valde breviora. Folia perichætialia minora et angustiora lanceolata longius acuminata eroso-denticulata cellulis hexagonis lævibus areolata. Capsula pedicello 15-20 mill. longo tortili rubello tenuissimo cylindrica, sulcata. Peristomii dentes nulli?, ciliis brevissimis fugacissimis. Calyptra apice fusca rugulosa. Terre de Feu (D° Hyades); Patagonie occidentale, île Wellington : Port-Eden (D' Savatier). Se rapproche par le port du Zygodon denticulatus des Andes de Quito (Spruce, n° 114) et du Z. recurvifolius Sch., de Bolivie (Mandon, n° 1629), mais en diffère par les feuilles très fortement papilleuses sur les bords dès la base, et munies vers le sommet de 2 dents aiguës hya- BESCHERELLE. — MOUSSES NOUVELLES DE L'AMÉRIQUE AUSTRALE. LXI lines. Nous la dédions avec plaisir à M. le D" Hyades, médecin attaché à la mission du cap Horn. Schlotheimia gracillima Besch. (sp. nov.). Species pulchra, pygmæa, fusco-aurea. Caulis repens, ramis numerosis gracillimis 2-3 mill. longis erecto-patentibus simplicibus superne decre- scentibus. Folia ramea minutissima oblongo-ovata, sicca eleganter squar- rosissima, madiditate immutata, decurrentia, apice late acuminata, sub- dentata, margine papillosa, cellulis magnis luteis prominentibus areolata ; costa apice evanida dorso superne papillosa. Folia perichætialia caulinis vix majora, erecta, longius acuminata, serrata, cellulis ovatis. Arche- gonia pauca paraphysibus longioribus luteis cincta. Cætera ignota. Patagonie occidentale, île Wellington : Port Eden, 24 janvier 1879 (D' Savatier, n° 1838, e p.). Associé à diverses Hépatiques. Cette Mousse, par sa petitesse, sa couleur et la disposition squarreuse de ses feuilles, ne saurait être confondue avec aucune autre espèce. Elle se rapproche du Schlotheimia squarrosa de la Réunion, mais en diffère sous bien des rapports. Macromitrium (Eumacromitrium) Marioti Besch. (C. Müll., Flora 1885, p. 417). Cespites densi nigrescentes subvernicosi biunciales, ramis erectis cylin- dricis fragilibus, summitatibus acutis lutescentibus valde ramosis. Folia caulina minuta, madida erecto-patentia, sicca torquescentia, Jigulato- lanceolata, e basi angusta ovata, duplicata, uno latere ad medium usque revoluta, apice fere abrupte in cuspidem latam attenuala, margine crenato- erosa; costa infra cuspidis basin evanida; cellulis lævibus quadrato- ovatis minutis chlorophyllosis, inferioribus ellipticis. Cætera desunt. Terre de Feu : Shall bay, île Clarence (Hariot, n° 54); île Horn (id., n°5 401 et 156). Stérile. Macromitrium (Eumacromilrium) saddleanum Besch. (GC. Müil., in Flora 1885, p. 411). Planta speciosa, 2-3 uncialis, laxe cespitosa, dichotoma vel fasti- giata, ramis parallelis iterum divisis ramosa, inferne rufescens, sumino virens. Folia decurrentia, minuta, sicca appressa, plicata, superiora torquescentia, humore erecla, € basi anguste ovato-lanceolata, sensim acute acuminata, integerrima vel apice erosula, margine uno latere revoluta; costa ante acumen evanida ; cellulis lævibus quadralis majus- culis, basilaribus ovatis ellipticisve paulo longioribus, omnibus hyalinis. Cætera ignota. Terre de Feu : île Saddle (Hariot, n° 160). Stérile. Ile Hoste (Hyades). LXII SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. Orthotrichum Lebruni Besch. (sp. nov.). Monoicum. Cespites plus minus densi, pallide rufescentes. Caules fasciculati, parce divisi, unciales vel minores. Folia madida erecto- patentia patentiave, sicca arcte appressa, ovato-lanceolata, obtusiuscule acuminata, margine e basi revoluta, papillosa ; cellulis quadratis viridibus inferioribus rectangularibus hyalinis sæpe interrupte limitatis ad mar- gines quadratis pellucidis. Folia perichætialia paulo longiora capsulæ orificium attingentia. Capsula emersa, leptodermica, apice plicata, ovato- cylindrica ; operculo conice apiculato. Peristomii dentes externi 16 lacu- nosi apice divisi luteoli punctulati, cilia 16 hyalina breviora e cellulis duabus sæpe formata. Calyptra plicata fuscescens pilis numerosis longio- ribus hirta, pistillidio longo terminata. Inflorescentia mascula infra peri- chætium oriunda. Patagonie australe : Porto Gallegos, Chico (Lebrun). Semblable par le port aux formes silicicoles de l’Orthotrichum leiocar- pum d'Europe, mais différent au premier abord par la capsule plus allon- gée et plissée dans la partie supérieure, par les cils du péristome hyalin non rongés sur les bords, et par la coiffe couverte de nombreux poils. Ulota Savatieri Besch. (sp. nov.). Monoica. Cespites densi lutescentes. Caulis ramulis gracilibus divisus. Folia caulina sicca incumbentia subcontorla, erecto-patentia, basi brevi obovata, dilatata, subilo angustata, lanceolata, margine rugoso-papillosa, plana, costa cucullata sinuosa ante apicem evanida; cellulis grossis chlo- rophyllosis papillosis quadrato-rotundis, inferioribus ad costam anguste elongatis flavo-aurantiacis, ad margines pluribus hyalinis rectangularibus. Folia perichætialia latiora et longiora, ovato-lanceolata, papillosa, juniora in gemma elongata albicante congesta. Capsula in pedicello 7-8 mill. longo rubello tortili ovata, brevicollis, stricta ; vaginula pilosa ; operculo recti-rostrato. Peristomii dentes 8 bigeminati punctulati, ciliis 8 brevio- ribus filiformibus. Calyptra intense badia pilosissima. Patagonie occidentale, île Wellington : Port-Eden (D' Savatier, 24 fé- vrier 1877). Cette nouvelle espèce est assez voisine de l’Ulota magellanica Mont.; elle s’en éloigne cependant au premier abord par ses feuilles crispulées, non tournées du même côté par l'humidité; elle en diffère en outre par les feuilles et la nervure fortement papilleuses, par la coiffe très velue, par le col capsulaire plus court, l’opercule et le pédicelle plus longs, et par les cils du péristome filiformes plus courts que les dents. Le genre Ulota est un de ceux qui sont le mieux représentés au-des- BESCHERELLE. — MOUSSES NOUVELLES DE L'AMÉRIQUE AUSTRALE. LXIII sous du détroit de Magellan; en dehors de l'espèce ci-dessus indiquée, on en compte jusqu'ici 14, ce qui porte à 15 le nombre des espèces connues. Montagne a décrit, dans ses Centuries (IV, n° 10) et dans le Compte rendu du voyage de l’Astrolabe et de la Zélée au pôle Sud, l’Ulota ma- gellanica, la première espèce connue au delà de la Patagonie. MM. Wil- son et J. D. Hooker ont publié, dans le Flora antarctica, l'Orthotrichum (Ulota) luteolum (sp. nov.) et indiqué, comme se trouvant à l'ile Her- mite, l’Orthotrichum (Ulota) phyllanthum. M. Mitten (Journ. Linn. Soc. 1859), examinant à nouveau les récoltes de J. D. Hooker, a été amené à reconnaître que les échantillons d’Orth. luteolum se rappor- tent à plusieurs espèces distinctes, et, abandonnant ce dernier nom qui ne répondait à aucun type, il créa à ses dépens les Orth. glabellum, O. eremitense, O. fulvellum, O. fuegianum. Il ajouta à cette liste l'O. macrocalycinum, trouvé par Lyall à Port-Famine, l'O. Darwini, récolté à la Terre de Feu par Ch. Darwin, ce qui porta à 8 le nombre des espèces connues dans la région. À la suite du voyage de la frégate Eugénie, M. Angstrôm a publié (1872) deux nouvelles espèces recueil- lies à Port-Famine par M. le professeur N. J. Andersson, les Or- thotrichum marginatum et Anderssonii, et M. Ch. Müller a décrit dans le Flora de 1885, n° 21, les Orth. pygmeæothecium, inclinatum incanum et crenato-erosum. De notre côté, nous avons été conduit, après un examen très minutieux des espèces conservées au Muséum d'histoire naturelle de Paris, ou rapportées par M. le D' Savatier et par M. Hariot, à en créer une nouvelle qui ne nous paraît pas rentrer dans le cadre des espèces déjà connues. Tous les Ulota de la région ont de grandes affinités au premier abord ; ils semblent tous ne former qu’une espèce et ne comporter que de légères variations, soit dans la contraction des feuilles par la dessiccation, soit dans la forme et l’aréolation marginale des feuilles, la longueur du pédicelle et la pilosité des coiffes. Aussi, pour nous reconnaître dans ce dédale, nous avons cru devoir établir le tableau synoptique ci-dessous, qui permettra, nous l’espérons du moins, d'arriver à nommer aussi exactement que possible les échantillons d'Ulota de la Terre de Feu et des terres situées au sud ou aux environs du détroit de Magellan. 1° COIFFE NUE. Péristome externe composé de 16 dents géminées. révolutées .. .........,.. U. crenato-erosa. Feuilles à marge crénelée-rongée, | planes .....:............. U. glabella. Feuilles à bords lisses, diaphanes au sommet....... sosessoocese U. incana. LXIV SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. Péristome externe composé de 8 dents bigéminées. Feuilles à marge lisse........................................ U. macrocalycina. Feuilles à marge rongée papilleuse............................. U. eremitense. 2 COoIFFE VELUE. Péristome composé de 16 dents géminées, simple ou avec 16 cils interposés. 16 cils interposés; feuilles rongées............................ U. magellanica. Capsule cylindrique, dressée... U. pygmæothecia. Cils nuls, feuilles très entières. Capsule ovale, inclinée........ U. inclinata. Péristome externe composé de 8 dents bigéminées. { Capsule très lisse ; vaginule nue.......... U. Anderssonii. { Capsule fortement striée; vaginule poilue.. U. Savatieri. Vaginule nue........................... U. fuegiana. Vaginule pilifère........................ U. Darwini. Feuilles papilleuses. Feuilles rongées.... Péristome inconnu. Feuilles papilleuses propagulifères, crispées, non marginées...... U. phyllanthu. Feuilles lisses, lâchement imbriquées, à marge hyaline à la base.. U. marginata. Tetraplodon fuegianus Besch. (sp. n0t.). Monoicus. Cespites tumescentes, 1-2 unciales, tomento fulvo intricati. Caulis elatus gracilis mollis. Folia fulvella, late ovato-lanceolata, concava, apice subcucullata, mollia, integerrima, in cuspidem longam flexuosam sensim attenuata ; costa continua infra cellulam apicalem tantum eva- nescente ; cellulis elongatis laxis luteolis parce chlorophyllosis, basilaribus latioribus et brevioribus. Folia comalia majora, longius cuspidata. Folia perichætialia minuta, rotunda cochleariformia, subito acuminata ecostata. Inflorescentia ut in Tetraplodonte mnioidi. Capsula in pedicello 3-4 cent. longo purpureo ætate atro-rubente erecta, obovata, anguste apophysata, sicca medio, constricta ; operculo mamillato-umbonato. Peristomii dentes 8 bigeminati, longe infra os oriundi, rufi, siccitate radiati vel erecti, humore incurvi. Calyptra campanulata longa (2-3 mill.) glabra, ætate nigricans, basi lacerata, pistillidio fugaci. Détroit de Magellan (Le Guillou), Voyage de l’Astrolabe et de la Zélée, 1837; Patagonie occidentale, île Wellington: Port-Eden (D' Savatier), n° 1850, 24 janvier 1879. Terre de Feu: île Hoste, baie Orange (Hariot), n° 466. Espèce très voisine du Tetraplodon mnioides d'Europe, dont elle diffère au premier abord par la coiffe très longue, campanulée, assez semblable BESCHERELLE. — MOUSSES NOUVELLES DE L'AMÉRIQUE AUSTRALE. LXV à celle des Schlotheimia, et par le réseau foliaire composé de cellules rectangulaires et plus longues. Hymenocleiston magellanicum Duby (in Mém. Soc. phys. et hist. nat. de Genève, 1815); Dissodon plagiopus Angst. in Ofversigt of K. Vetensk. Akad. Fôrh. 1872, n° 4?). Cespites fusci, densi. Caulis vix uncialis, mollis innovans. Folia plus minus longe ovalia, imbricata, concava, apice rotunda cucullata, inte- gerrima; costa crassa ante apicem evanescente; cellulis basilaribus longe parallelogrammis, cæteris magnis laxis quadratis vel 5-6-gonis, parie- tibus crassis coloratis, apicalibus concentrice dispositis subquadratis. Capsula (imperfecta) in pedicello circiter 5 mill. longo purpureo horizon- talis, parvula, ovato-globosa, nigrescente-purpurea, anguste apophysata. Peristomium imperfecle notum. Operculumn ignotum. .Calyptra minuta, badia, mitræformis, apice truncata, pistillidio persistente, basi in laciniis latis (4-6) replicatis fimbriata. Archegonia longistylia, paraphysibus bre- vissimis sæpe curvatis. Patagonie australe, détroit de Magellan (Hombron), Voyage de l’Astro- labe et de la Zélée, 1837 (Herb. mus. Par.); Port-Famine (Andersson), Voyage de la frégate Eugénie, 1851-1853 (fide C. Müller). Cette Sphagnacée n’a encore été trouvée que dans un état imparfait ; elle a été décrite pour la première fois par M. Duby, dans les Mémoires de la Société de physique et d’histoirenaturelle de Genève, 1875, d’après un échantillon récolté par Hombron. La figure qu’en donne l’auteur ne rend pas complètement la plante. Le caractère générique tiré par M. Duby du péristome (capsula peristomio membranaceo circulari demum dilace- rato clausa) ne provient sans doute que d’un état anormal de la plante ; car d’après les échantillons conservés au Muséum de Paris, et qui ont été nommés par Schimper Splachnum magellanicum, la capsule ne serait pas fermée par un diaphragme membraneux, mais elle offrirait un péri- stome à dents bigéminées, courtes, d’un gris sale et faiblement trabé- culées. Malheureusement les capsules paraissent être envahies de bonne heure par un tomentum très ramifié qui les empêche de se développer normalement; c’est pourquoi on trouve plus de capsules avortées que de capsules formées. Var. edenensis. Caulis uncialis vel ob innovationes biuncialis. Folia duplo majora. Capsula in pedicello circiter 1 cent. longo erecta, longius ovata; peristomio ignoto. Operculum umbonatum. Patagonie occidentale, île Wellington : Port-Eden, 24 janvier 1879 (D' Savatier, n° 1850, e p.). T. XXXII. E LXVI SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. Comme dans l’espèce type, cette variété arrive difficilement à son dé- veloppement normal. Les tiges sont étouffées par celles du Tetraplodon fuegianus, au milieu desquelles elles se trouvent clairsemées et qu’on reconnaît facilement à leur forme cylindrique et à leur couleur foncée. Breutelina brachycoma Besch. (sp. nov.); B. comosa Besch. olim, non Mitten), (pro mem. in Flora 1885, p. 413). Planta mascula (tantum nota), elegans, aurescens, inferne ferruginea, tomentosa, 5-6 cent. alta, simplex vel ramis brevibus patentibus remote ramosa, sub flore 12-20 ramulos brevissimes (1-3 mill.) emittens. Folia caulina basi erecta vaginantia elongata quadrata, superne dilatata, dein lanceolato-subulata, patentia serrata, dorso papillosa, plicata, margine e basi ad medium revoluta; folia ramulea minuta angustissime ovato- lanceolata, longe cuspidata. Flos masculus terminalis, discoideñs, maxi- mus, polyphyllus, foliis ïinternis latissimis e basi arcte vaginantibus e medio patulis serratis plicatis. Antheridia numerosa paraphysibus elongatis subclavatis copiosis cincta. Patagonie occidentale, île Wellington: Port-Eden, janvier 1879 (D' Sa- vatier, n° 1849). Stérile. Très jolie’ espèce qui paraît se rapprocher du B. dumosa Mitt., à en uger du moins par la description qu’en donne l’auteur. Breutelia aureola Besch. (sp. nov.) in Flora 1885, p. 413, pro mem. Dioica. Planta (sterilis) flavissima, sericea, 4-5 cent. elata, robustula, ramis semi-uncialibus vel majoribus crassis erectis ramosa, valde tomen- tosa. Folia ovato-lanceolata, falcatula, subhomomalla, laxe conferta, sieca plicata, e basi brevi angusta vix dilatata, margine ad medium usque revoluta, serrata, dorso papillosa ; costa longa cum cuspidis apice eva- nescente; cellulis angustissimis elongatis. Mousse assez voisine, par le port, du B. crassa H. et T. de la Tasmanie ; mais les feuilles de cette dernière sont moins plissées, ont la pointe plus courte, la marge plus fortement dentée en scie et plus longuement révo- lutée. Détroit de Magellan, Terre de la Désolation : Churucca, janv. 4879 (Savatier, n° 220, 1906). Associé à Caltha dioniæfolia. Patagonie occidentale, île Wellington: Port-Eden (id.). | L’herbier du Muséum d'histoire naturelle de Paris contient un échan- tillon stérile récolté dans le détroit de Magellan par Commerson, qui parait se rapporter à notre espèce. L’étiquette porte de la main de BESCHERELLE. —— MOUSSES NOUVELLES DE L’AMÉRIQUE AUSTRALE. LXVI] Schwægrichen et avec sa signature : « Mnii species videtur ; ob defec- tum fructus definiri nequit. » Breutelia Hariotiana Besch. (in Flora 1885, p- 413). Planta sterilis (tantum nota),7-10 cent. longa, lycopodioides, tomen- tosa, inferne nigrescens, apice pallide flavo-viridis viridisve, ramulis brevioribus crassis in apice productis ramosa. Folia ovato-lanceolata, basi brevi erecta angusta dilatata vaginantia fusca, cellulis elongatis angustis, sexplicata, margine plana, apice uno latere replicata, longe acuminata, magis serrato-dentata, papillosa ; folia comalia erecta in penicillo rigido congesta; costa haud excedente nec mucronata, cum apice evanida. Détroit de Magellan, Terre de la Désolation : Churucca (Savatier, no 210). Terre de Feu: île Hermite (Hariot, n° 443 e p..). Stérile. Très voisine du B. carinata Mitt. (Lechler, PI. Chil. n° 813); mais, en l'absence de capsules, il est difficile de se prononcer sur l'identité des deux espèces. Stereophyllum fuegianum Besch. (Brachythecium longidens C. M. in Flora 1885). Terre de Feu: île Hermite (Hariot, n° 130, et Hahn). Thamnium decumbens Besch. (sp. nov.). T. rigido Mitt. affine, sed robustius, ramis crassioribus obscure fuscescentibus decumbentibus obtusatis vel sæpe in flagellum denudatum attenuatis ; foliis rameis concavis a medio dentatis, apice rotundis, acute serratis, costa breviore lævi. Terre de Feu, détroitde Magellan : baie de l’isthme (Savatier, février 1877, ne 234). Stérile. Ptychomninam subaciculare Besch. (sp. nov.). Habitu P. aciculari Oceaniæ simile, foliis tamen a medio recurvatis angustioribus, apice obtusiuscule acuminatis, dentatis haud acute serra- tis, margine tantum medio parce revoluto, capsula crassiore, operculo longiore differt {Hypnum densifolium Aub., mss. in herb. Montagne). Ile de Juan-Fernandez (Bertero, n° 1560 et 1576; ibid. Ed. Jardin) ; Chili (Gay); Patagonie occidentale, île Wellington : Port-Eden, associé à Celidium auriculatum (D' Savatier, n° 1858). Sphagnum falcatulam Besch. (in Flora 1885, pro mem.). Dioicum. Cespites laxi glauci vel glauco-fuscescentes. Caulis filiforinis fuseus, cortice duplici strato cellularum majorum sine poris et fibris LXVIIL SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. formato, flageila longissima simplicia emittens, ramulis 4, quorum 2 sub- pendulis ramosus. Folia caulina patula, linguæformia, apice rotundata, bidentata, e basi subauriculata ad medium cellulis hyalinis longis epo- rosis sine fibris reticulata, ultra medium fibrosis, parce porosis; cel- lulis parenchymaticis latis parcissime chlorophyllosis, marginalibus ad summum usque productis linearibus numerosis. Folia ramulina sicca margine flexuosa, erecto-patentia, subsecunda, falcatula, ovato-lanceo- lata, cuspidata, anguste marginata, inferiora cellulis basi efibrosis, superiora undique fibrosis et porosis; omnia cellulis apicalibus longio- ribus inanibus. Terre de Feu: île Hoste, baie Orange (Hariot, n° 174); sud de la presqu'île Hardy (Dr Hyades, n° 903 ; Hahn). Parmi les espèces du groupe des Sphagna cuspidata, c’est du Sph. Mougeotii d'Europe que notre Mousse se rapproche le plus; mais elle en diffère notamment par un port plus robuste, par les rameaux plus rapprochés, par les feuilles caulinaires plus étroites à la base et garnies de cellules fibrilleuses dans la partie supérieure, etc. Sphagnum bicolor Besch. (in Flora 1885, pro mem.). Plantæ robustæ semipedales. Cespites rigidi ob ramulos nunc pallide glaucos nunc fuscescentes bicolorati. Caulis ligneus cortice e 4-stratis cellularum hyalinarum efformato obtectus, cellulæ corticales porosæ haud fibrosæ. Ramuli 5, quorum 2 patentes vel erecti fuscescentes turgidi obtuse acuminati, 3 penduli longiores cauli adpressi acutissimi, strato corticali simplici, cellulis maximis æqualibus. Folia caulina lingulato- spathulata, apice rotundata tuberosa, laxissime areolata, cellulis supra medium tantum porosis, fibris vix conspicuis. Folia ramulorum stricta, ovala, profunde concava, apice late cucullata, extus squamosa, cellulis hyalinis brevibus porosis et fibrosis. Détroit de Magellan: Patagonie, au-dessus de Port-Gallant, dé- cembre 1767 (Commerson, herb. Mus. Par.); Patagonie occidentale, île Wellington : Port-Eden, janvier 4879 (D° Savatier, n° 1850). Terre de Feu: île Hoste, presqu'île Hardy, près des Mares (D' Hyades, n° 08 ; Hahn) ; île Wollaston, île Grévy (Hariot, n° 81). Cette Mousse se fait remarquer entre toutes ses congénères par les rameaux bicolores, les uns roussâtres et dressés ou étalés, les autres pendants et d’un blanc laïileux. Elle se rapproche du Sph. cymbifolium par le port et par la forme des feuilles caulinaires; elle en diffère cepen- dant par l'absence de fibres spiralées dans les cellules corticales et la présence de fibrilles dans les cellules des feuilles caulinaires. Elle a un MALINVAUD. — FLORE DE LA H.-V. COMPARÉE A CELLE DES ARD. LXIX peu le port des grandes formes du Sph. rigidum, mais la forme des feuilles caulinaires l’en éloigne suffisamment. On ne saurait non plus la confondre avec le Sph. perichætiale, qui offre des feuilles caulinaires de moitié plus courtes et complètement privées de fibrilles et de pores. À la fin de la séance, une conversation s’engage au sujet de la distribution des espèces dans la région des Ardennes. M. Malinvaud présente à ce propos les remarques suivantes : Les données de géographie botanique qu’on peut réunir dans un petit nombre d’herborisations, même les plus fructueuses, sont toujours assez restreintes. Les comptes rendus de nos excursions ne sauraient faire concurrence ni suppléer aux catalogues locaux, qui sont des œuvres de longue haleine incombant à des botanistes fixés dans Je pays dont ils étudient la flore ou l’ayant parcouru complétement et à diverses époques. La tâche de nos rapporteurs, plus modeste et bien ‘définie, se borne à dresser l'inventaire des espèces récoltées et à esquisser le tableau de la végétation que la Société avait sous les yeux. Nous retrouvons d’ailleurs presque toujours, dans nos sessions départementales, d’obligeants con- frères qui veulent bien guider nos pas, comme vient de Îe faire avec tant de complaisance M. Paul Petit, et nous faire part de leurs observations sur les plantes du pays exploré. Ainsi s’est formée et s’accroît tous les ans dans notre Bulletin une série de documents précieux pour l’étude approfondie de la flore française, qui est l’un des principaux objets des travaux de notre association. Notre honoré confrère M. Bazot nous a fait, dans l’avant-dernière séance, une substantielle communication de cet ordre sur la végétation de l’Ardenne française qu’il a incidemment com- parée à celle du Morvan. Ce rapprochement m'en suggère un autre avec une contrée plus éloignée où j'ai naguère herborisé, et dont la flore sili- cicole présente de nombreux rapports avec celle des terrains schisteux que nous venons de visiter. | | Le département de la Haute-Vienne, compris en grande Partie dans la région qu’on appelait jadis le haut Limousin, est situé à l'extrémité occidentale du vaste massif de terrain ancien connu sous le nom de Pla- teau central, qui sépare en France le nord du midi. Le sol y est surtout formé de roches cristallines, granitoïdes et gneissiques, dures et com pactes, que l’eau ne pénètre pas comme les calcaires et les craies ; aussi on y voit de nombreux étangs et ruisseaux, et les prairies, largement arrosées, conservent, même en été, une fraîcheur et une verdure admni- LXX SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. rables. Les hauteurs sont assez souvent dénudées ou couvertes de brandes et de bruyères dont l'aspect est monotone et triste. Toutefois le pays, dans son ensemble, est fort accidenté ; la plupart des vallées sont riantes et pittoresques, et celle de la Vienne en particulier offre des sites d’une grande beauté. Le gneiss, à divers états, constitue le plus grande partie du sol dans les vallées. On rencontre à Sussac des couches de calcaire cristallin saccharoïde, alternant avec celles du gneiss, et à la Roche- l’Abeille un banc de serpentine assez étendu (1). A partir de 350 mètres, s'élèvent des plateaux de granite à gros grains, dont les sommets culmi- nants atteignent 700 à 150 mètres (2). Les autres terrains ont une alti- tude moyenne de 300 mètres, et la vallée de la Vienne les traverse tous de l’est à l’ouest, avec une pente totale de 383 mètres. Cette rivière pé- nètre dans la Haute-Vienne, sur la limite du département de la Corrèze, à une altitude de 540 mètres, et en sort à celle de 157 mètres entre Saint- Junien et Chabanais. La Haute-Vienne, à peu près aussi voisine de l’équateur que du pôle, devrait jouir, grâce à sa latitude, d’une température moyenne assez élevée, si les effets de cette condition favorable n'étaient neutralisés par diverses causes, qui sont, indépendamment de l’élévation au-dessus du niveau des océans et de la nature du sol que nous venons d’indiquer, l’éloignement de la mer et l'exposition des vallées, tournées pour la plupart vers le nord-ouest ou vers le nord. Aussi ce département est l’un des moins chauds de la France, et il est comparable au massif schisteux des Ardennes, au triple point de vue du climat, de l'altitude et de l’absence ou de la rareté de l'élément calcaire dans la composition du sol. On n'est donc pas surpris de retrouver dans la flore des deux pays, indépendam- ment des plantes ubiquistes et indifférentes, un fonds commun d’espèces ordinairement silicicoles : par exemple, Corydalis solida, Cardamine impatiens, Teesdalia Iberis, Viola palustris, Drosera rotundifolia et intermedia, Polygala depressa, Mæœnchia erecta, Genista anglica, Ornithopus perpusillus, Trifolium striatum, Orobus tuberosus, les deux Chrysosplenium, Sambucus racemosa, Galium saxatile, Arnica montana, Arnoseris pusilla, Vaccinium Myrtillus, Lysimachia nemo- rum, Menyanthes trifoliata, Digitalis purpurea, Orobanche Rapum (sur Sarothamnus scoparius), Scutellaria minor, Polygonum Bistorta, Juncus squarrosus, Luzula maxima, Heleocharis ovata, Carex puli- (1) On pourrait mentionner d’autres roches de moindre importance ou localisées : des bancs de diorite et d’amphibolite, une enclave de porphyre près de Limoges, et la pegmatite, dont le feldspath est décomposé dans le kaolin ou terre à porcelaine. Il existe aussi, çà et là, des lambeaux de terrains sédimentaires, notamment un dépôt de marnes d'une grande fertilité dans l’arrondissement de Bellac. (2) Les cimes les plus élevées des monts du Limousin sont dans la Corrèze, où le mont Besson, près de Meymac, atteint 984 mètres. MALINVAUD. — FLORE DE LA H.-V. COMPARÉE A CELLE DES ARD. LXXI caris, C. canescens, C. lævigata, Osmunda regalis, Polystichum dila- tatum, Cystopteris fragilis, Asplenium septentrionale, Lycopodium inundatum, L. clavatum, ete., etc. Quelques espèces, très répandues dans la Haute-Vienne, paraissent être rares dans les Ardennes : Ranunculus hederaceus, Parnassia palustris, Isnardia palustris, Montia minor, Sedum elegans, Carum verlicillatum, Walhenbergia hederacea, etc. D'autres, au contraire, sont beaucoup plus abondantes dans ce dernier pays que dans le premier : Ranunculus nemorosus, Chrysosplenium alternifolium, Maianthemum bifolium, Polypodium Phegopteris, Polystichum Oreo- pteris, etc. Le Ranunculus aconitifolius du Plateau central de la France est remplacé dans le Nord par le R. platanifolius, variété remarquable du précédent. Parmi les plantes signalées par M. Bazot comme « non ou rarement » observées aux Ardennes hors des terrains calcaires » (1), un certain nombre sont évidemment silicicoles dans le haut Limousin, notamment : Ranunculus Philonotis, Aquilegia vulgaris, Medicago maculata, Pimpinella magna, Linaria striata, Carex paniculata, etc. Gette remarque n’infirme en rien les observations de notre honoré collègue ; il est seulement permis d’en conclure que certaines espèces peuvent se montrer surtout ou même exclusivement calcicoles dans une région et silicicoles dans une autre. Réciproquement, dans la série de celles qui habitent les terrains de transition des Ardennes, j'en pourrais citer quel- ques-unes que j'ai observées ailleurs sur un terrain calcaire. Après avoir montré les rapports des deux flores, nous dirons un mot des différences. Elles s’expliquent d'abord par la situation géographique. On ne peut s'attendre à rencontrer dans un département du Centre des plantes du Nord ou du Nord-Ouest, telles que Saxifraga sponhemica, Luzula albida, elc., de même que, vraisemblablement, on ne récoltera jamais dans les Ardennes : Corydalis claviculata, Adenocarpus com- plicatus, Euphorbia hyberna, Erythronium Dens-canis, Scilla verna et Lilio-Hyacinthus, et nombre d’autres plantes du Midi et de l'Ouest, ou ne dépassant pas le Plateau central. D'autre part, le sol calcaire qu'on rencontre sur divers points du département des Ardennes nourrit un grand nombre d'espèces qu’on chercherait vainement, sauf les cas acci- dentels, dans le haut Limousin. Tels sont : Neslia paniculata, Polygala calcarea, Linum Leonii, Althæa hirsuta,Bupleurum falcatum, Cornus mas, Digitalis lutea, etc. Par contre, les bancs de serpentine des envi- rons de la Roche-l’Abeille, dans la Haute-Vienne, offrent un petit nombre (1) Voyez plus haut, page XXXI- LXXII SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. de plantes spéciales : Sagina Lamyi Schultz, Cerastium petræum Schultz, etc., que nous avons précédemment mentionnées. M. Bazot a cité 25 espèces existant au Morvan et qu’il n’a jamais vues dans les Ardennes françaises (1). Deux de ces espèces, l’Aconitum Na- pellus et le Sedum annuum, ne croissent pas, à ma connaissance, dans le département de la Haute-Vienne; quatre y sont plus ou moins rares, Lythrum Hyssopifolia, Scleranthus perennis, Cyperus fuscus, Carex pseudo-Cyperus ; toutes les autres y sont communes. Sur les 6 plantes ardennaises ne se trouvant pas au Morvan d’après le même observateur, 3 sont très rares dans le haut Limousin (Maianthemum bifolium, Scir- pus cespitosus, Botrychium Lunaria) ; les 3 autres (Thesium pratense, Myrica Gale, Acorus Calamus) n’y ont pas été constatées. En somme, la distribution des espèces dans un pays est subordonnée à un ensemble de causes dont chacune doit être considérée dans ses relations avec les autres, et non pas isolément. Les faits généraux aujour- d’hui acquis sur ces intéressantes questions de géographie botanique con- duisent à des conséquences pratiques du genre de celles-ci. Supposons qu’il existe un département français dont la flore locale n’aurait encore été l’objet d’aucune publication, tandis que ceux qui l’entourent auraient été déjà suffisamment explorés au point de vue botanique. Si l’on pos- sède une bonne description physique de ce département, avec des don- nées précises sur les terrains dont il est formé, sur l’hydrographie et la configuration du sol, les conditions d’altitude, de climat, etc., il serait possible, dans l’état actuel de nos connaissances relativement à ce qui existe dans des conditions similaires, de dresser à priori un inven- taire exact, à quelques unités près, de ses espèces phanérogames. MM. Paul Petit, Cintract et Larcher présentent quelques obser- vations sur le même sujet. M. Malinvaud met à la disposition des personnes présentes de nombreux échantillons d’Alopecurus arundinaceus Poir. que lui a adressés le frère Héribaud, de Clermont-Ferrand, etil donne quel- ques détails sur cette Graminée nouvelle pour la flore française (2). M. le Président prononce la clôture de la session extraordinaire de Charleville, et la séance est levée à dix heures et demie. (1) Voyez plus haut, page xxv. (2) Voyez le Bulletin, t. XXVIIL (1881), p. 241. RAPPORTS SUR LES EXCURSIONS DE LA SOCIÉTÉ RAPPORT DE M. Paul MALLFAIT SUR L'HERBORISATION FAITE, LE DIMANCHE 14 JUIN, DANS LES BOIS DE LA HAVETIÈRE. La Société botanique avait décidé qu'après la séance d'ouverture tenue à Charleville le dimanche 14 juin dans la matinée, elle utiliserait l’après- midi à faire une petite excursion, ou plutôt une simple promenade aux environs de la ville, afin d’y prendre un premier aperçu de la flore parti- culière du massif ardoisier des Ardennes. Vers trois heures de l’après-midi, une troupe nombreuse, formée de membres des Sociétés botaniques de France et de Belgique, des élèves de l'École de pharmacie sous la conduite de M. Chatin, et d’un certain nombre d'amateurs de Charleville, se mettait en route par une chaleur accablante, se dirigeant vers le bord de la Meuse et le faubourg de Belair. Au sortir de la ville apparaissent de toutes parts, fortement tourmen- tées el redressées, les roches schisteuses, premières assises de ce massif compacte qui commence à Charleville pour finir aux environs de Givet, sur le terrain anthraxifère. Le long de la Meuse, sur les premières roches d’ardoise que nous ren- controns, nous apercevons le Silene nutans, qui abonde en cet endroit. Nous montons au faubourg de Belair, et, passant devant le petit cime- tière, nous pénétrons tout de suite dans le bois de la Havetière, commen- cement de cette vieille forêt des Ardennes, pays des sombres légendes et des antiques souvenirs, que nous allons traverser dans toutes nos excur- sions et qui s'étend encore, presque sans interruption, depuis Charle- ville jusqu’en Belgique, aux environs de Liège et de Spa. Nous nous trouvons là au milieu d’une flore particulière silicicole, qui rappelle beaucoup celle de la forêt de Montmorency. LXXIV SESSION EXTRAORDINAIRE À CHARLEVILLE, JUIN 18859. Nous cueillons, dans les moissons qui longent la route, l’Alchemilla arvensis, puis dans la forêt : Senecio Fuchsii (en boutons). Pirola minor. Vaccinium Myrtillus. Maianthemum bifolium. Phyteuma spicatum (à fleurs blanches). Orchis maculata (blanc marbré de rose). Rhamnus Frangula. Rubus (divers). Epilobium montanum. — collinum. — lanceolatum. Luzula albida. et sur les pentes boisées qui descendent vers le ruisseau de la Culbute, des traînées de Lycopodium clavatum, cachées au milieu des Mousses et des Bruyères. Nous descendons ensuite dans le profond vallon où coule le ruisseau, et nous suivons celui-ci jusqu’à la sortie du bois ; mais ce fond humide, marécageux et trop boisé ne nous fournit qu’une récolte assez médiocre. Citons cependant : Valeriana dioica. Epilobium spicatum. Digitalis parviflora (en boutons). — purpurea. Polystichum spinulosum var. dilatatum. — Filix-mas. Chrysosplenium oppositifolium. — alternifolium (tout le long des ruisselets qui se déversent dans le ruisseau de la Culbute). Alchemilla vulgaris. Lysimachia nemorum. Nous atteignons la lisière de la forêt à la Maison de la Culbute, auberge ou restaurant, rendez-vous habituel des habitants de Charleville en quête de villégiature. Nous prenons à cette maison hospitalière un repos bien gagné avec la chaleur accablante que nous avons à supporter. Nous nous remettons en route pour redescendre la vallée jusqu’au hameau du Waridon, où le ruisseau de la Culbute se jette dans la Meuse. Dans les moissons qui bordent le sentier, nous récoltons : Spergula pentandra et Papaver Argemone. Autour de l’étang du Waridon, nous trouvons : Pedicularis silvatica et Adoxa Moschatellina. Sur les rochers d’ardoise qui surplombent l’étang et bordent la route qui nous ramène à Charleville le long de la Meuse, nous rencontrons : Asclepias Vincetoxicum. Silene nutans. Arabis sagittata. Corydalis bulbosa (en fruit). Echinops sphærocephalus (à fleurs blanches, en quantité considérable dans le bois qui couvre ces roches, et paraissant spontané). et au bord de la Meuse, sur la berge sagitiftolia. Allium Schœænoprasum. Asplenium septentrionale. — Adiantum-nigrum. Corydalis lutea ( paraissant échappé des jar- dins, mais qui cependant a été trouvé en pleine forêt dans les excursions suivantes). Linaria Cymbalaria (subspontané). : Heleocharis palustris, Sagittaria BARBICHE. — MUSCINÉES RÉCOLTÉES LE 14 JUIN. LXXV À sept heures, toute la troupe des botanistes était de retour sur la place Ducale, et se séparait en se donnant rendez-vous pour l’excursion du lendemain dans la vallée de la Meuse. MUSCINÉES RÉCOLTÉES PENDANT L'HERBORISATION DU 44 JUIN, par M. l'abbé BARBICHE (1). La forêt de la Havetière, qui était le but de l’excursion, est située à 2 kilomètres de la ville ; elle repose, du moins dans sa partie méridionale, la seule que nous ayons pu explorer ou du moins parcourir à la hâte, sur un sol schisteux. En fait de Muscinées, M. l’abbé Boulay nous a fait rernarquer, au bord du ruisselet, le Riccia fluitans, formant un élégant tapis en compagnie de Peilia epiphylla, Mnium punctatum, Hypnum filicinum et rivulare, ce dernier représenté par diverses formes. Toutes ces plantes se trou- vaient à l’état stérile. Une fois sortis du bois, nous nous engageons bientôt dans les ruelles des jardins. Dès lors nos découvertes se réduisent à quelques plantes échappées des cultures et en voie de se naturaliser, soit dans les haies, comme le Fragaria magna, soit sur les rochers schisteux qui surplom- bent le chemin de halage, telles que Centranthus ruber DC. Cependant M. l’abbé Boulay nous fait recueillir dans les interstices des mêmes roches le Pterogonium gracile non fructifié. De là à Charleville nous ne voyons plus rien à signaler. FONGINÉES RÉCOLTÉES par MM. RICHON et ROZE, LE 14 JUIN 1885, DANS L'EXCURSION FAITE PAR LA SOCIÉTÉ BOTANIQUE A LA HAVETIÈRE ET AUX ROCHES DE BELAIR (Note fournie par M. le docteur Cu. RiCHox). Sphærella caulicola Karst. (Saccardo t. I, p. 521), var. (Ch. R.) — Sur tige morte de Scabiosa Succisa. — Ditfère du type par ses spores chlorino-hyalines. — C. Physalospora minutula (Saccardo, t. I, p. 437). — Sur tige desséchée d'Euphorbia silvatica. — KR. Ceniangium Erice (Fuckel, Symb., p. 271).— Sur tige morte de Cal- luna vulgaris. —- RR. (1) Par suite d’un malentendu, M. Barbiche avait complaisamment rédigé une note assez étendue sur l’ensemble des résultats de l’herborisation du 14 juin. Nous avons dû supprimer la partie qui faisait double emploi avec le rapport de M. Mailfait, et citer seu- lement les passages relatifs aux Muscinées qui s'ajoutent aux Phanérogames précédem- ment énumérées. [Note du Secrétariat.] LXXVI SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. Amerosporium congregatum (Saccardo, t. IIT, p. 681). — Sur tige d'Euphorbia silvatica. — R. Coniothecium betulinum (Corda, tab. 1, fig. 19). — Sur branches mortes de Bouleau. — CC. Coniothyrium silvaticum (Saccardo, t. LIT, p. 316). — Sur tige des- séchée d’Euphorbia silvatica. — AR. Œcidium Rhamni Pers.; Tubularium Bonorden (Kickx, p. 42). — Sur feuilles vivantes de Rhamnus cathartica. — CC. Uredo Ulmariæ (Mart.Fuckel, Symb., p. 48); stylospore de Triphrag- midium Ulmariæ. — Sur feuilles vivantes de Spiræa Ulmaria. — CC. Taphrina populina (Fries, Kickx, t. IT, p. 474). —- Sur feuilles vivantes de Populus nigra et Populus Tremula. RAPPORT DE M. Émile BESCHERELLE SUR L'HERBORISATION FAITE PAR LA SOCIÉTÉ LE 15 JUIN : LAIFOUR ET REVIN. Comme l’indiquait le programme arrêté la veille, les botanistes qui ont assisté à la session se sont rendus à la halte de Laifour par le train par- tant à 6 h. 35 min. du matin de Charleville pour Givet. On se proposait d'explorer, d’une part les rochers boisés des Dames de Meuse, qui, s’éle- vant verticalement sur la rive gauche de la Meuse, sont du plus saisis- sant effet au point de vue du pittoresque, et d’autre part les environs de Revin, dont les rochers schisteux, constamment arrosés par les eaux de source, donnent asile à des espèces de Mousses très intéressantes. La pluie, qui nous avait accompagnés depuis Charleville, ayant redoublé à notre arrivée à Laifour, on fut obligé de se réfugier un peu parteut, et, lorsque le temps vint à s’éclaireir, la plus grande partie avait déjà, avec M. le professeur Chatin et les élèves de l’École supérieure de pharmacie de Paris, traversé la rivière en bateau. On se trouva ainsi dès le début de la course divisé en deux groupes séparés par la Meuse. Je ne sais si ceux qui ont herborisé sur la droite ont fait de bonnes récoltes, mais en tout cas ceux qui sont restés sur la rive gauche, et parmi lesquels se trou- vaient quelques-uns de nos collègues de Belgique et les bryologues, n’ont pas eu à se repentir d’avoir suivi ponctuellement le programme. M. Cardot, qui, à raison de sa grande connaissance des Mousses de la région, s’était chargé de rendre compte de cette course, n’ayant pu, par suite de circonstances particulières, faire son rapport, je viens utiliser les notes qu’il a fait remettre au Secrétariat, en les complétant par les indications que m’a fournies M. l'abbé Boulay, si compétent en pareille matière. Les rochers dits des Dames de Meuse ne sont pas faciles à explorer ; ils BESCHERELLE. — HERBORISATION DU 45 JUIN : LAIFOUR, REVIN. LXXVII sont perpendiculaires à l’horizon, et leur base, qui plonge dans la rivière, est formée de débris d’ardoise recouverts çà et là par de la terre. De sorte que, quand il pleut, on ne peut arriver à une certaine hauteur qu'avec les plus grandes difficultés ; on en descend plus facilement, comme nous le verrons tout à l’heure. Une des premières Mousses qui aient attiré notre attention est le rare Schistostega osmundacea ; il croissait là en abondance, lapissant le dessous des blocs de schistes en encorbellement qui longent la rivière. Chacun en fit une ample provision, ainsi que du Rhabdoweïsia fugax en bel état de fructification, et des Amphoridium Mougeotii et Dichodon- tium pellucidum, tous deux formant de grandes et profondes touffes, malheureusement stériles. Le long des rochers mouillés, on récolte : Barbula Brebissonii. Rhacomitrium aciculare. Cinclidotus riparius. — protensum. — fontinaloides. Rhynchostegium murale. Heureux et satisfait de ces récoltes, chacun songea à regagner le sen- tier; on y arriva tant bien que mal, sauf l’un de nous, qui, plus habitué aux pavés de bois des boulevards de Paris qu’aux éboulis de schistes rendus glissants par une pluie abondante et continue, a pirouetté sur lui-même et a opéré la descente sur le dos jusqu’à la rivière, où une main amie l’a secouru avant sa chute dans la Meuse. Tous en ont ri, et lui le premier, quoique honteux d’être couvert de boue des pieds à la tête dès le début de la journée. Nous suivons ensuite la Meuse, et nous arrivons à un ruisseau qui descend en cascade du rocher. M. l’abbé Boulay, pour qui la région n’a rien d’inconnu, nous fait récolter sous bois, en remontant le ruisseau : Dicranowcisia Bruntoni. Heterocladium heteropterum (stér.). Dicranum majus. Plagiothecium undulatum (stér.). — undulatum. Sphagaum subsecundum var. contortum ct Mnium stellare (stér.). var. auriculatum. — punctatum. — cymbifolium var. congestum. Pterygophyllum lucens (stér.). — acutifolium. et sur les pierres inondées : Hyocomium flagellare (stérile). L'heure s’avançant, il fallut retourner à la station pour ne pas manquer le train qui devait nous transporter à Revin. Le long du sentier nous ramassons encore : Barbula cylindrica. | Hypaum arcuatum. A Laifour, nous retrouvons nos compagnons de la rive droite, et l’un d'eux, M. l'abbé Barbiche, nous communique des échantillons de Caly- LXXVIII SESSION EXTRAORDINAIRE À CHARLEVILLE, JUIN 1885. pogeia arquta qu'il avait récoltés. On a trouvé aussi, près du tunnel : Ptychomitrium polyphyllum. En arrivant à Revin, les plus pressés se rendirent à l’hôtel du Grand- Saint-Nicolas pour retenir leurs places; un certain nombre plus zélés nous suivirent par le faubourg de la Bouverie aux rochers de Faux ou de Saint-Nicolas, où nous récoltons : 4° Dans les anfractuosités du rocher schisteux coupé à pic pour laisser passage à la route de Rocroy : Rhabdoweisia fugax. Rhacomitrium protensum. Dicranoweisia Bruntoni. Webera nutans. Dicranella cerviculata var. Philonotis cespitosa. — heteromalla var. interrupta. Bartramia pomiformis (touffes profondes). 2 Sur les talus mouillés par les suitements des sources le long du bois, diverses espèces ou formes de Sphaignes. M. Cardot fait observer, au sujet du Sphagnum molle Sull. que nous avons trouvé en 1869 dans cette localité, que cette espèce était une forme robuste du Sphagnum acutifolium, et que le Sphagnum molle devait être rayé jusqu’à nouvel ordre de notre flore. Après un examen minutieux de cette dernière Mousse, que Schimper avait prise pour le S. molle et qu’il a donnée comme telle dans la deuxième édition de son Synopsis, nous reconnaissons qu'elle diffère du S. molle au moins par la forme et le tissu de ses feuilles caulinaires; elle n’en constitue pas moins une forme toute particulière, sur laquelle nous reviendrons à l’occasion. À midi, nous rentrons à Revin. Le déjeuner, quoi qu’on dise, est une chose qu'il ne faut pas négliger, surtout en voyage, quand on est sur pied depuis six heures du matin. On avait commandé soixante couverts, mais au départ de Charleville on était quatre-vingt-dix ! Une dépêche télégra- phique envoyée le matin n’étant pas parvenue à l’hôtelier, celui-ci fut un peu décontenancé en voyant trente convives de plus. Impossible de trou- ver une autre auberge dans le pays ayant des victuailles toutes préparées. Une table supplémentaire fut vite installée sous l'œil du très sympathique maire de la localité, M. Henri Faure, qui tint à nous faire lui-même les honneurs du repas, qu’il présida avec beaucoup d’entrain, arrosant sa présidence d’un excellent vin de Nuits, lequel nous fit accepter les dé- fectuosités de l'installation. Je passe le toast de M. le maire et ceux de MM. Crépin, Chatin, Bazot, etc. Après le déjeuner, on se sépare de nouveau. M. Chatin se dirige avec ses élèves sur le bois de Fumay ; les autres traversent le chemin de fer et font une excursion au mont Malgré-tout (450 mètres), dont l’ascen- BESCHERELLE. — HERBORISATION DU 15 JUIN : LAIFOUR, REVIN. LXXIX sion, autrefois si pénible par des sentiers défoncés et souvent abrupts, est facilitée aujourd’hui par la construction récente d’une large voie car - rossable. L’exploration de cette montagne assez dénudée avait été faite plu- sieurs fois par MM. Boulay, Cardot et par nous-même. Nous y avons re- trouvé les Rhabdoweisia fugax. Dicranella heteromalla var. interrupta, Dicranoweisia Bruntoni. Rhacomitrium protensum. que nous avions déjà récoltés aux rochers de Faux dans la matinée; mais nous avons recueilli en outre : Andreæa rupestris var. falcata. Rhacomitrium canescens var. ericoides. Grimmia montana. Hedwigia ciliata. Rhacomitrium lanuginosum. Bryum alpinum (stérile). — heterostichum. Quant aux Diphyscium foliosum var. et Coscinodon pulvinatus que M. Cardot y avait rencontrés précédemment, nous ne savons s'ils ont été trouvés par l’un de nous. Je crois devoir ajouter, pour compléter cette liste, que les plantes sui- vantes ont été récoltées par les botanistes qui s’occupent plus spécia- lement de Phanérogames, savoir : aux Dames de Meuse, Cardamine impatiens, Blechnum Spicant ; aux rochers de Faux, Polypodium Phægopteris, et au Malgré-tout, Hypericum linearifolium, Orobanche Rapum, Jasione montana. A quatre heures et demie nous reprenions le train de Charleville. Si nos récoltes n’ont pas été nombreuses, on s’est rendu comple au moins de visu de la flore de ce côté de l’Ardenne, et une partie du but de cette session départementale se trouvait avoir été remplie. [M. Callay nous communique la liste suivante des espèces qu’il a récoltées ou observées dans l’herborisation du 15 juin : 49 A Laifour, en allant aux Dames de Meuse : Hesperis malronalis, prairie sur les bords de la Meuse (échappé des jardins); — Scabiosa pratensis Jord. (S. lucida Remy non Villars), C. prairies de la Meuse; — Cardamine silvatica Carex stellulata, C. remota, C. canescens, Arenaria trinervia, Stellaria nemorum, Luzula albida, L. maxima, Cystopteris fragilis. | 2 A Revin, Corydalis lutea (sur les murs qui encaissent la Meuse près de la Forge de Saint-Nicolas), Epilobium collinum, E. lanceolatum. | 3 À Malgré-tout, Hypericum linearifolium, Genista pilosa, Mespilus ger- manica.| LXXX SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. RAPPORT DE M. P. VUILLEMIEN SUR L’HERBORISATION FAIÎTE PAR LA SOCIÉTÉ LE 16 JUIN : ENVIRONS DE MONTHERMÉ ET TOURBIÈRE DU HAUT- BUTTÉ. La journée du mardi fut consacrée à l’exploration des environs de Monthermé. Les rocuailles de la Rova et le bois que traverse la route de Hargnies offrirent quelques espèces marquantes; mais le principal intérêt de l’excursion se concentra sur les tourbières du Haut-Butté, non loin de la frontière belge. Des voitures parlies du Grand-Hôtel à six heures conduisent direrte- ment la plupart des membres de la Société jusqu’au bois des Cerceaux. Quelques autres, accompagnés des élèves de l’Ecole de pharmacie, se rendent à Monthermé par le train de 6 heures 35 minutes, et de là en tramway au hameau de la Val-Dieu. Au bord de la voie du tramway croissaient : Bromus tectorum. Erucastrum Pollichii. Vulpia Pseudomyuros. tandis qu’un vieux mur était couvert de Ceterach officinarum Willd. On a noté aussi à la Val-Dieu : Danthonia decumbens. Oxalis stricta. Aira cespitosa. La montée de la Rova, dominée par des roches schisteuses presque verticales, s’effectue sans difficulté par un petit sentier. À côté du Galium saxatile L. (que nous retrouverons en énorme quantité dans cette pro- menade, aussi bien dans les bois qu’au sommet des plateaux et jusqu'aux abords des tourbières) et de Vulpia sciuroides. Hypericum humifusum. Ornithopus perpusillus. Jasione montana. qui couvrent en abondance les friches et les bords du chemin, cette loca- lité a offert : Arabis arenosa. Hypericum linearifolium. Epilobium collinum. Cette dernière et rare espèce, signalée par Grenier et Godron sur les co- teaux arides et surtout schisteux des provinces de l’Ouest, avait été déjà trouvée la veille dans les schistes du mont Malgré-tout. Au-dessus de la Rova, on rejoint la route, qui, après avoir traversé une prairie dans une étendue d’environ 800 mètres, pénètre dans le bois des Cerceaux. La végétation y est assez monotone : VUILLEMIN. — HERBORISATION DU Â6 JUIN : HAUT-BUTTÉ. LYXXxXI Pteris aquilina. Salix aurita. Lomaria Spicant. Lysimachia nemorum, Luzula albida. Vaccinium Myrtillus. Carex silvatica. Hypericum pulchrum. Maianthemum bifolium. — montanum, etc. L'Ulota Bruchi Brid. croit sur les troncs de Chêne. Le fossé qui borde la route, d’abord rempli de Stellaria uliginosa Mur. attire bien- tôt l'attention des eryptogamistes par la présence de : Sphagaum cymbifolium Ehrh. Sphagnum subsecundum viride Boul. — — Squarrosulum Nees. — — squarrosulum Grav. — subsecundum N. et H. — recurvum P. B. — — turgidum GC. Müll. Sur les talus on recueille : Brachythecium albicans B. S. | Philonotis cespitosa Wils. Un bel exemplaire de Polystichum Oreopteris DC. a été observé près du fossé parmi les Polytrics. Au delà de la ferme des Voieries, la pente devient douce et la route longe une clairière où, parmi les Bruyères et les Genèêts, on rencontre : Polygala vulgaris. Pedicularis silvatica. — depressa. Les bords du chemin sont couverts de Polygala depressa Wend., dont la teinte varie du bleu pâle âu rose ou au verdâtre ; Orobus tuberosus L., Luzula albida DC. À quelques centaines de mètres des Bas-Butteaux, on laisse à gauche une maison isolée. En face, on cueille dans des haies plusieurs exem- plaires bien fleuris de Polygonatum verticillatum Al. La même plante existe en abondance, avec le Ranunculus platanifolius L., dans un bas- fond humide, à gauche de la route. Nous sommes vers dix heures et demie au hameau des Hauts-Butteaux, où le déjeuner est commandé. En attendant l'heure du repas, plusieurs membres de la Société parcourent une prairie un peu lourbeuse qui s'étend à quelques pas de l'auberge. En s’y rendant, on remarque près de Ja route le Viola lepida Jord. La prairie renferme : Nardus stricta. Polygonum Bistorta. Carex pulicaris. Arnica montana. Platanthera chlorantha. Scorzonera humilis. Viola palustris. On passe la plus grande partie de l'après-midi à explorer deux tour- bières situées sur la ligne de faîte, à une altitude de 480 mètres environ. Elles s'étendent de part et d’autre de la route de Hargnies. La tourbière T. XXXII. F LXXXII SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. occidentale ou du Haut-Butté est la plus voisine du village des Hauts- Butteaux, dont on aperçoit de loin l’église bâtie sur la hauteur ; elle donne naissance au ruisseau des Manises, qui coule directement vers l’ouest pour se jeter dans la Meuse. La tourbière de l’est est celle des Vieux- Moulins. Le ruisseau de la Houille, qui s’en échappe, se dirige presque constamment vers le nord, et, après avoir servi de frontière sur une grande partie de son parcours, Joint la Meuse à Givet. Aux abords de la lourbière du Haut-Butté, on rencontre le Tetraphis pellucida Hedw. sur de vieilles souches; Ulota Bruchii Brid. et Ulota crispula Sch. sur des troncs de Chêne, et de plus : Polytrichum strictum Henz. Carex pilulifera. — commune L. — lævigata. — — perigoniale Sch. — leporina Carex ampullacea. Eriophorum vaginatum. — panicea. — angustifolium. — remota. Scirpus cespitosus. — cespitosa. Heleocharis palustris. — Œderi. Juncus squarrosus. — flava. Genista anglica. — stellulata. Polygala depressa. — pulicaris. Antennaria dioica, etc. Dans la tourbière proprement dite, les Mousses deviennent encore plus variées, principalement les Sphagnacées : 1 Sphagnum papillosum Lindb. Sphagnum subsecundum var. obesum Wils. — — confertum Lindb. — acutifotum Ehrh. — — abbreviatum Grav. — — Gerstenbergeri Warn. — rigidum Sch. — — deflexzum Sch. — — squarrosum Russ. — — pseudo-Schimperi Warn. — — compactum Sch. — — purpureum Sch. — molluscum Bruch. — recurvum P. B. (plusieurs formes). — subsecundum N. et H. — cuspidatum Ehrh. — — contortum Sch. — — falcatum Russ. — — fluitans Grav. Vers les bords de la tourbière, des bouses de vaches de l’année précé- dente sont couvertes de Splachnum ampullaceum L. en fleur et en fruits à divers degrés de développement. On trouve également : Hypnum stramineum L. Dicranum Bonjeanii De Not. — fluitans L. Dicranella cerviculata Sch. Polytrichum formosum Hedw. — rufescens Sch. Aulacomnium palustre Schwægr. Leucobryum glaucum Hpe. Webera nutans Hedw. Les Hépatiques sont représentées par : Jungermannia inflata Huds. Jungermannia setacea W. — bicuspidata L. Sphagnæcetis communis Vees. — connivens Dicks. Calypogeia Trichomanis Cord. (forme grêle). VUILLEMIN. — HERBORISATION DU 16 JUIN. : HAUT-BUTTÉ LXXXIII Le Lycopodium clavatum L. préfère les stations relativement arides ; le Lycopodium inundatum L. est moins commun, il a été observé en un seul point. En fait de Phanérogames, le Vaccinium Vitis-idæa L. est en fleur, mais rare; nous citerons encore comme espèces très copieuses : Platanthera chlorantha. Vaccinium Oxycoccos. Orchis incarnata. Drosera rotundifolia. Polygonum Bistorta. On retrouve en pleine tourbière les Convallaria maialis L., Maian- themum bifolium DC., Genista anglica L., Orobus tuberosus L. La tourbière des Vieux-Moulins est précédée d’une prairie humide, mais à sol résistant, où l’on rencontre plusieurs plantes intéressantes : Botrychium Lunaria. ‘{Thesium pratense. Orchis conopea. Hypochæris maculata. — Morio. Gentiana Pneumonanthe. Narcissus Pseudonarcissus. Cette dernière espèce était représentée seulement par des échantillons grêles et dépourvus de fleurs. L’étude anatomique a levé les doutes qu’aurait pu laisser une détermination basée sur des exemplaires aussi incomplets. La tourbière même fournit en fait de Muscinées la plupart des espèces du Haut-Butté, et en plus le Polytrichum gracile. Les Carex lævi- gata Sm., Menyanthes trifoliata L., Comarum palustre L., Potamo- geton polygonifolius Pourr., y sont particulièrement abondants. Au reste, presque toute la flore de la tourbière explorée précédemment s’y retrouve. Aux Vieux-Moulins, quelques excursionnistes se détachent pour aller, dans la direction de la ferme Jacob, à la recherche du Trientalis euro- pœa L. Cette rare espèce, qui existait encore il ÿ a cinq ans au voisinage de la frontière belge, n’a pu être découverte; elle semble avoir disparu de la localité. Elle se trouve encore dans la haute Ardenne belge, aux envi- rons de Spa. : L’exploration de la forêt voisine est plus fructueuse, car on en rap- porte : i Myrica Gale. Osmunda regalis. | Polystichum spinulosum. Mespilus germanica. — — var. dilatatum G. G. Vers six heures, les voitures reprennent la route de Monthermé. On peut alors jouir du paysage que le brouillard avait dérobé le matin. Dans toute l'étendue qui sépare le Haut-Butté de la Rova, le coup d'œil. LXXXIV SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. est monotone : la ligne de faîte est constituée par un vaste plateau à sur- face ondulée, où les forêts sont entrecoupées de tourbières et de maigres pâturages. Cette uniformité rend plus saisissant le point de vue de la Rova. A gauche, on aperçoit l’entrée étroite et encaissée de la vallée de la Semoy, aux flancs richement boisés, tandis que, vers le sud, la Meuse serpente entre des parois abruptes et entrecoupées d’arêtes rocheuses. La croupe qui borde la rivière du côté de l’est est d’un effet merveilleux : le plongement très oblique des strates schisteuses détermine une série de dents aiguës, qui se profilent sur le ciel et que l’on connaît sous le nom des Quatre fils Aymon. Plusieurs botanistes quittent les voitures à la Rova pour suivre le sen- tier et récolter les plantes signalées plus haut dans cette localité et à la Val-Dieu. A sept heures et demie, toute la Société se trouvait réunie à Château- Regnault. Le diner était servi sur une terrasse dominant la Meuse, à quelques pas du point où l’on voyait, naguère encore, la table de Maugis l’enchanteur. En face, la vue se reposait sur les pentes rocheuses du Haut-Roma, derrière lesquelles le soleil venait de disparaître. La nuit était profonde quand les voitures se remirent en marche pour Charleville, et le retour ne fut pas effectué avant minuit. ALGUES RÉCOLTÉES DANS LES MARAIS DU HAUT-BUTTÉ, par M. Paul PETIT. I. — Dans les fossés du marais on trouve : Chroococcus turgidus Nœgl. Spirogyra varians K{z (conjugué). Conferva tenerrima Ktz. Staurospermum gracillimum Hass. (conju- Microspora fugacissima Ag. gué). IL. — Sur les Sphagnum se rencontrent les Desmidiées suivantes : Hyalotheca dissiliens (Smith) Bréb. Staurastrum tricorne Ralfs. Micrasterias furcata Ag. — teliferum Halfs. Euastrum oblongum Grev. Tetmemorus granulatus Bréb. — ansatum Ehr. Penium Brebissonii Menegh. — binale Turp. — interruptum Bréb. Cosmarium Thwaitesii Ralfs. — Digitus Ehr. — pachydermum Lund. Docidium Baculum Bréb. Xanthidium Brebissonii Ralfs. Closterium rostratum Ehr. — armatum Bréb. — striolatum Ehr. Arthrodesmus Incus Bréb. IT. — Diatomées trouvées sur les Sphagnum dans les marais du Haut-Butté : COSTANTIN. — HERBORISATION DU 48 JUIN : VENDRESSE. LXXXV Cymbella cuspidata Ktz. Navicula bicapitata Lagerst. — Ehrenbergii Ktz. — Stomatophora Grun. — — Var. major (Grun. in V. H.). — Iridis Ehr. Encyonema prostratum Raifs. — Amphigomphus Ehr. — gracile Rabhen. Surirella oblonga Ehr. Navicula major Kfz. : Eunotia pectinalis Ralfs. var. undulata. — nobilis Æhr. — flexuosa Ktz. — viridis Âtz. et ses variétés. — incisa Greg. — Brebissonii Ktz. Tabellaria flocculosa Kt3. — gibba Ehr. — fenestrata Ktz. L'Eunotia incisa n'avait été indiqué jusqu'ici qu'en Laponie et en Ecosse; cette espèce est très abondante dans les marais du Haut-Butté. RAPPORT DE M. J. COSTAN/TIN SUR L'HERBORISATION FAITE PAR LA SOCIÉTÉ LE 18 JUIN : ENVIRONS DE VENDRESSE ET FORÊT MAZARIN. L’excursion de Vendresse, dirigée par M. Callay, avait un autre but que les courses des jours précédents; il s'agissait d’explorer un terrain plat et calcaire après avoir parcouru une région montagneuse et siliceuse. Nous partons en voiture de Charleville à six heures, malgré une pluie violente. Notre courage est bientôt récompensé, car le ciel ne tarde pas à s’éclaircir, et nous voyons bientôt les plaines de la Meuse se développer au loin. A Flize, nous quittons la route de Sedan, heureux d’abandonner ce chemin qui nous rappelle de si tristes souvenirs. Nous descendons de voiture à Boutancourt, où nous apercevons au bas de la côte, dans l'élargissement d’un petit cours d’eau en avant d’un moulin, des myriades de pieds d'Hippuris vulgaris qui forment comme un gazon au-dessus d’un petit lac. Le village d'Elan apparaît sur un fond de forêt qui l’encadre complètement. L’étroit vallon où il se trouve, do- miné par des bois de tous les côtés, semble séparé du reste du monde ; assurément les religieux qui fondèrent l’abbaye dont nous apercevons les ruines ne pouvaient guère trouver un endroit plus calme et plus reliré. Une fontaine, dite de Saint-Roger, se trouve au delà du village, autour de laquelle nous récoltons : Asperula odorata. Aquilegia vulgaris. Polygala austriaca. Éqtisenin ares Bunium Bulbocastanum. Alchemilla vulgaris. Convallaria multiflora. Linum catharticum. Anemone Pulsatilla. ? ] : ; s les champs. et l’Iberis amara partout dans | [1 nous faut maintenant rejoindre la route de Vendresse que nous avons abandonnée à Boutancourt; aussi prenons-nous le chemin de Sapogne, où nous remarquons : LXXXVI SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. Atropa Belladona. Sorbus terminalis. Sorbus Aria. — latifolia. Helleborus fœtidus. Tamus communis. Calamintha Acinos. Carex silvatica. Vincetoxicum officinale. Arrivés sur la hauteur, nous reprenons la voiture. La forêt Mazarin est traversée au galop; bientôt, à la sortie de ce bois, nous découvrons dans la direction du Chêne-Populeux d’autres coteaux boisés sur tout l'horizon : ce sont les contre-forts de l’Argonne. Enfin, nous arrivons à Vendresse, où, grâce à M. Petit, un copieux déjeuner nous attend. Après le repas, nous nous remettons immédiatement en route en sui- vant le canal des Ardennes jusqu’à Malmy; chemin faisant, les espèces suivantes se présentent à nous : Cynoglossum officinale. Silaus pratensis. Trifolium elegans. Salix triandra. Avena flavescens. Crepis biennis. Libanotis montana. Nous sommes sur la route de Connage à Chemery; il s’agit maintenant d’escalader les collines calcaires qui la dominent. Nous remarquons pen- dant notre ascension : Teucrium Chamæpitys. Caucalis daucoides. Hypericum pulchrum. Acer Pseudoplatanus. Althæa hirsuta. Ornithogalum pyrenaicum. Stachys alpina. Malheureusement une douloureuse surprise nous attend sur la hauteur : le bois que nous devions explorer a été entouré d’un grillage infran- chissable; nous sommes obligés de quitter la place sans avoir ramassé l’Anemone silvestris, l’'Odontites lutea, le Limodorum abortivum, et plusieurs autres plantes que M. Callay nous avait annoncées. En rentrant à Vendresse, MM. Larcher et Petit, qui étaient allés ex- plorer la Cassine, nous rapportent le Carum Carvi et le Trifolium ele- gans. Il est déjà six heures, nous avons à faire au retour près de trois heures de voiture ; aussi repartons-nous rapidement, nous arrêtant seulement à la côte de Sapogne pour ramasser de très nombreux Ophrys arachnites. Le jour commence à baisser; cependant, en redescendant vers Boutan- court, nous pouvons encore jouir d’une vue magnifique : à notre gauche, les bois d’'Élan et la forêt Mazarin forment une masse sombre et pro- fonde; devant nous, les plaines de la Meuse, où les vapeurs du soir commencent à descendre, sont illuminées par le soleil couchant ; enfin, tout à fait à l'extrémité de l’horizon, les hauteurs des Ardennes s’étagen t CALLAY. — HERBORISATION DU 49 JUIN : HAUTES-RIVIÈRES. LXXXVII et se fondent dans la brume, Il nous était difficile de contempler un plus beau spectacle pour clore dignement la journée. DIATOMÉES RÉCOLTÉES AUX ENVIRONS DE VENDRESSE, par M. Paul PETIT. Pendant que nos collègues amateurs de Phanérogames gagnaient les coteaux secs sous la conduite de M. Callay, nous nous dirigions, M. Larcher et moi, vers les prairies marécageuses qui séparent Vendresse du joli château de la Cassine. Les fossés, bien garnis de plantes aqua- tiques, nous ont bientôt fourni une ample récolte de Diatomées ; nous ne citerons que les espèces les plus intéressantes : Cocconeis Placentula Ehr. Navicula cuspidata Ktz. Cymbella gastroides Kt3. — ambigua Ehr. Amphora ovalis Xtz. — limosa Xfz. Gomphonema acuminatum EÉhr. — producta W. Sm. — angustatum X{z. — amphirhynchus Ehr. — constrictum Ehr. Stauroneis Phœænicenteron Ehr. — CCC. — dichotomum Xtz. Hantzschia amphioxys Grun. — Mustela Ehr. Cymatopleura Solea (Bréb.) W. Sm. Navicula viridis Ktz. — elliptica (Bréb.) W. Sm. — — var. commutata Grun. — CCC, Surirella angustata Kt3. (une forme remar- — Brebissonii Ktz. quable). — stauroptera Grun. — splendida Ehr. — mesolepta Ehr. var. stauromiformis. Synedra (Ulna) danica Kts. — appendiculata (Ag.) Grun. — Ulna Ehr. var. æqualis. — radiosa Kt2. Meridion circulare Ag. — sphærophora Ktz. Gallionella crenulata Grun. — lævissima (Ktz.) Grun. RAPPORT DE M. CALLAY SUR L’HERBORISATION DU 19 JUIN : ENVIRONS DES HAUTES-RIVIÈRES ET DE LINCHAMPS. Itinéraire. — Partis de Charleville à six heures et demie pour Nou- zon, nous montons immédiatement en voiture pour les Hautes-Rivières, en passant par les bois de Virus (où nous récoltons le Sambucus race- mosa), de la Grande-Wehe et des Hazelles. Nous remontons en voiture et nous arrivons aux Hautes-Rivières vers dix heures et demie. En descen- dant, nous jouissons d’une vue splendide des bords de la Semoy, les jolis villages de Failloué, Sorendal et des Hautes-Rivières sont à notre droite. Nous descendons à l'hôtel Barrois, où un excellent déjeuner nous attend. Après le déjeuner nous allons aux forges de Linchamps, à 4 ki- lomètres; puis retour aux Hautes-Rivières, | où nous reprenons notre voiture, en passant (devant la Roche aux Brêles, Allium Schenoprasum) par Nohan, Naux, Thilay. Avant Thilay, nous nous arrêtons à la Roche humide du Moulin, où nous récoltons plusieurs Fougères ; plus loin, à LXXXVIII SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. Tournavaux, nous quittons notre voiture pour monter à la Fontaine des Morts, où se trouvent les Circæa intermedia et Galium constrictum. Nous redescendons aux forges de Phades, nous traversons la Semoy sur un pont de claies, pour reprendre notre voiture qui nous attend vis-à-vis des forges. Retour à Charleville par la gare de Monthermé, en passant à la Val-Dieu ; nous arrivons à Charleville vers dix heures du soir. La course de Nouzon aux Hautes-Rivières est d'environ 13 kilomètres, le point le plus élevé de notre département est de 504 mètres, à la Croix- Scaille, à 8 kilomètres des Hautes-Rivières. Liste des plantes récoltées : Arabis arenosa. Hieracium argillaceum Jord.(Godr.F1.Lor.); Cardamine silvatica. voisin d’H. pubens Fries. — Lin- Teesdalia nudicaulis. champs. Viola tricolor (plusieurs formes). Phyteuma spicatum. — palustris. Pirola minor. — Reichenbachiana (fruits). Odontites rubra. Drosera rotundifolia. Veronica Chamædrys L. var. petiolata G. Spergularia rubra. et G. Spergula arvensis, — serpyllifolia. Stellaria uliginosa. Convallaria verticillata. Hypericum intermedium Bell. (en bou- |Allium Schœnoprasum. — Les Hautes- tons). Rivières, sur la roche dite Roche — tetrapterum Fries (non fleuri). aux Brêles (baignée par la Semoy). Vicia Bobartii Forst. Luzula albida. Ornithopus compressus. — silvatica. Potentilla argentea. Carex lævigata. Alchemilla vulgaris. — pilulifera. — arvensis. Agrostis Spica-venti. Epilobium montanum. Aira caryophyllea. — collinum (Tournavaux). — flexuosa. Circæa intermedia (1) (Fontaine des |— præcox. Morts). Poa nemoralis. Montia rivularis. — — var. firmula G. Chrysosplenium oppositifolium. Polypodium Phegopteris. Sambucus racemosa (bois en montant aux | — Dryopteris. Hautes-Rivières). Aspidium aculeatum. Valeriana sambucifolia Mik. Polystichum Oreopteris. Galium constrictum Chaub. (Fontaine des | Cystopteris fragilis. Morts). Asplenium Filix-fæmina. Arnoseris pusilla. — — var. complicatum Hornem. (avec Hypochæris radicata. Ë le type, sur la roche humide du mou- — — var. minor Sch. lin, près de Thilay). Leontodon autumnalis. Blechnum Spicant. Crepis paludosa. Scolopendrium officinale. (1) Le Circæwa intermedia n'a pas été rencontré, le 19 juin, à la Fontaine des Morts, peut-être n’était-il pas encore fleuri; mais nous maintenons cette rare espèce sur notre liste, afin d'en mentionner une localité où elle a été récoltée à diverses époques. CINTRACT. — IERBORISATION DU 20 JUIN : GIVET, CHARLEMONT. LXXXIX RAPPORT DE M. CINTRACT SUR L'EXCURSION FAITE PAR LA SOCIÉTÉ, LE 20 JUIN, A GIVET ET CHARLEMONT. C'est le dernier jour de la Session. Le programme porte: « Excursion à Givet et à Charlemont; départ à 6 h. 35 du matin, séance de clôture. » Nos rangs s’éclaircissent; mais les vaillants ne se comptent pas. Malgré la pluie, nous partons à l’heure indiquée, heureux de voir défiler encore une fois sous nos yeux les ravissants paysages que nous ne nous lassons pas d’admirer. À notre arrivée à Givet, nous trouvons trois fervents botanistes : M. Dhaleine, instituteur à Hargnies, et MM. Flamant et Neveux, insti- tuteurs adjoints. Nous traversons la ville, les deux villes, pour parler plus exactement, Givet Saint-Hilaire et Givet Notre-Dame, l’une sur la rive gauche, l’autre sur la rive droite de la Meuse. Notre objectif est le mont d’Haur, qui les domine au sud-est et dont le sommet dépasse d’une vingtaine de mètres l'altitude du fort de Charlemont situé au sud-ouest, de l’autre côté de la rivière. De nombreuses carrières sont creusées dans les flancs du mont d’Haur pour en extraire une pierre noire veinée de blanc, connue dans les Ardennes sous le nom de pierre de Givet. Sur les rochers qui bordent le chemin, M. l’abbé Hue fait d'abondantes récoltes de Lichens dont il doit établir la liste (1). Les phanérogamistes le devancent, mais une pluie violente les arrête bientôt. Il faut renoncer à aller plus loin. Le mieux est de rentrer en ville et de déjeuner, nous verrons après. A part les Lichens, et quelques plantes qu'il est sans intérêt de citer ici, nous rapportons: Ophrys apifera et Bunium Bulbocastanum. Cette dernière plante constituait la végétation presque exclusive d'un champ d’Avoine isolé, comme si elle était cultivée. Nul de nous ne la connaissait aussi envahissante. Après le déjeuner, de gros nuages noirs ne nons présagent rien de bon. Néanmoins nous nous mettons en route pour Charlemont. Les deux jeunes botanistes qui nous accompagnent remplissent leurs boites de plantes pour l'étude, mais les parapluies ne tardent pas à s’ouvrir pour remplir leur rôle protecteur. Intrépide marcheur, M. l'abbé Hue se détache du groupe pour aller à travers champs explorer des rochers isolés que nous apercevons à une distance de 500 mètres environ. Il nous rejoint au moment où nous (1) Voyez plus loin, page C. XC SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. franchissons la porte la plus extérieure de la citadelle: son ardeur a été récompensée. Nous voici sur l’esplanade, devant la petite église de Charlemont, sans nous douter que nos allées et venues sur certaines parties du glacis avaient été suivies de loin par un œil inquisiteur. Un de nous est inter- pellé par un adjoint du génie qui lui demande de justifier de l’autorisation que nous avions dû obtenir pour nous permettre la liberté grande que nous avions prise. « Une autorisation? Nous n’en avons pas, nous ignorions qu’elle fût nécessaire : là où des poteaux défendaient l'accès du glacis, nous avons été respectueux de la consigne; nous avons dû penser que partout ailleurs l'accès était permis. — Non, monsieur, on ne doit pas marcher sur les terrains militaires. — Nous regrettons, monsieur, d’avoir commis un aussi grave méfait sans le savoir; c’est notre seule excuse, nous vous prions de l’agréer. » ‘ Ainsi finit l’entretien. Le caractère pacifique de nos boîtes nous valut sans doute l’indulgence du représentant de l’autorité militaire. Et nous allons contempler le magnifique coup d’œil dont on jouit sur la vallée de la Meuse et sur les plaines de la Belgique. Nous descendons vers Givet, récoltant sur les rochers qui forment la base de la citadelle: Seseli Libanotis. Dianthus Carthusianorum var. congestus. Melica nebrodensis. Artemisia camphorata (non fleuri). Lactuca perennis. Nous nous dirigeons ensuite vers le chemin de fer, jugeant qu’il est préférable de tenir la séance de clôture à Charleville plutôt qu’à Givet. NOTE SUR DEUX EXCURSIONS PRÉPARATOIRES (MONT OLYMPE; DAMES DE MEUSE, FUMAY), par M. CINTRACT. La session extraordinaire devait s’ouvrir le 14 juin. Dès l’après-midi du 12, quelques membres de la Société se trouvaient réunis à Charle- ville: les uns, M. Paul Petit et notre Secrétaire général, pour s'occuper des dernières mesures d'organisation; les autres, M. Larcher, M. Roze et celui qui écrit ces lignes, dans l’espoir de faire quelques promenades préparatoires aussi agréables que fructueuses. Ces promenades commencèrent le jour même. Nous sortons de Charleville par le pont qui débouche au pied du mont Olympe. M. Petit, qui veut bien nous diriger, nous fait remarquer que nous nous trouvons sur des schistes siluriens recouverts çà et là de petits lambeaux de terrain triasique. Le mont Olympe forme une presqu’ile qu’enveloppe la Meuse et dont CINTRACT. — NOTE SUR DEUX EXCURSIONS PRÉPARATOIRES. XCI un canal, creusé dans la largeur de l’isthme, a fait une île, Après avoir traversé le pont de Montey-Notre-Dame, nous nous retrouvons sur la rive gauche de la rivière, que nous remontons pendant 400 à 500 mètres. Puis nous gravissons, à notre droite, des hauteurs d’où l’on Jouit d’une vue magnifique. Nous redescendons par le Waridon, nous retrouvons la Meuse et nous rentrons à Charleville. Pendant le cours de cette charmante promenade, favorisée par le temps, nous n’apercevons que des plantes de la flore parisienne qu’il est inutile de citer. Mentionnons seulement, sur les rochers qui bordent la Meuse au-dessous de Belair, quelques pieds presque desséchés de l’Asplenium septentrionale. Le lendemain, samedi 13, M. Petit nous conduit à Laifour et à Fumay. Laiïfour est la station où l’on doit descendre pour jouir de la vue des Dames de Meuse, beautés farouches qui ne veulent pas être admirées de trop près. Sur la rive gauche, leur abord n’est pas facile; elles plongent dans la rivière par des pentes raides et abruptes, et l’on n’aperçoit pas leurs têtes altières. C’est de la rive droite, à une distance respectueuse, qu’elles veulent être contemplées. Après avoir traversé le village de Laifour, où nous récoltons l'Ægo- podium Podagraria L., nous trouvons un bateau qui nous porte sur la rive droite. M. Petit s'entend avec le passeur pour que celui-ci se tienne prêt, avec quelques aides, le lundi suivant, car les excursionnistes seront très nombreux. Puis nous nous dirigeons vers le point d’où les Dames de Meuse doivent nous apparaître dans leur beauté austère. Nous récoltons en marchant : Cardamine impatiens (très abondant sur Euphorbia dulcis. les perrés de la rivière). Cardamine silvatica. . Le chemin que nous suivons est dominé, à notre droite, par les con- treforts du plateau des Ardennes, d’où se détachent des rochers gigan- tesques offrant des escarpements à pic d’une centaine de mètres. Au pied de ces escarpements, nous trouvons: Lamium maculatum. Polypodium Phegopteris. — rhæticum. Melandrium silvestre. Digitalis purpurea. Lomaria Spicant. Stachys alpina. et à côté, Asplenium Filix fœmina Bernh. On pourrait confondre ces . , deux Fougères, mais les sporanges de la dernière sont recouverts d’un indusium. XCIT SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. Voici les Dames de Meuse. On appelle ainsi trois accumulations de rochers énormes qui s’élèvent presque verticalement à une hauteur de 270 mètres au-dessus de la rivière. Ces masses imposantes sont couvertes d’arbres vigoureux. Par plusieurs fissures chaotiques s’échappent des cascades dont les filets d'argent tranchent sur le vert sombre de la végétation. C’est un paysage grandiose d’un aspect saisissant. Après un dernier regard d’admiration, nous revenons vers Laifour. Avant de repasser la rivière, nous allons visiter, à quelques centaines de mètres en amont, une cascade d’un aspect très pittoresque, d’où tombe une eau ferrugineuse extrêmement froide. Nour remontons en chemin de fer. Les paysages pittoresques et variés qui passent. sous nos yeux captivent toute notre attention. Voici Fumay. Nous touchons à l'heure fortunée où nous espérons nous enrichir d'une des raretés de la flore française: Saxifraga sponhemica Gmel., et pour nous donner les forces nécessaires pour mener à bonne fin cette fructueuse recherche, nous commençons par faire honneur à un excellent déjeuner. Ainsi réconfortés, d’un pas alerte nous traversons la ville. Arrivés au pont, nous descendons sur un petit chemin. A notre droite, la Meuse coule large et majestueuse; à notre gauche, s’élève une haute muraille couverte d’une abondante végétation, où nous remarquons çà et là l’Asplenium septentrionale. M. Petit nous devance. Soudain sa voix retentit comme une fanfare : voici le Saxifraga désiré (1)! Nous le voyons en haut d’un mur formé surtout de schiste ardoisier; sa floraison est avancée ; par une sorte d’ironie, les pieds que nous pouvons atteindre sont presque tous desséchés, et ceux qui restent verts couvrent le sommet de la muraille. Moins fiers toutefois que le renard de la Fable, nous ne les trouvons pas trop verts, et, nous rappelant que l’union fait le succès, l’un de nous se hisse sur les épaules d’un confrère et parvient, avec sa canne, à faire tomber les beaux exemplaires qui semblaient nous défier ; nous voici tous à l’œuvre pour ne rien laisser perdre de cette manne du botaniste. (1) 3. Koch (Synop. F1. germ. éd. 3, p. 236) indique la synonymie suivante pour cette espèce : Saxifraga sponhemica (Gmel. F1. bad. II, p. 224,1. IX) — S. palmala Lej. FL. Spa, p. 191, et S. confusa Lej. Rev. p. 80; — S. flavescens Sternb. Rev. suppl. (est modi- ficatio floribus ochroleucis ; — S. hypnoides B. DC. IV, 31. Le même auteur ajoute : « A S. cespitosa L. (S. decipiente Ehrh.) differt quidem foliorum laciniis acuminatis, sed vereor ne sit mera hujus varietas. » M. Nyman, dans son Conspectus floræ europææ, p. 270, limite, comme il suit, l'aire de distribution de cette plante : Brit. (Hibern. r.). — Germ. occ., mer.-occ. — Gall. or. (Jura). — Belg. Le nom de sponhemica est tiré de Burgsponheim, localité du Palatinat. BARBICHE. — UNE PROMENADE AUX ENVIRONS DE CHARLEVILLE. XCIII La boîte de notre Secrétaire général est déjà pleine. La plante est tellement abondante, qu’on peut, sans scrupules et sans remords, penser à ses amis. Notre joie et notre animation font croire à quelques habitants que nous leur ravissons une plante à vertus miraculeuses. Ils nous interrogent et nous leur enlevons à cet égard toute illusion, par amour de la vérité d’abord, et puis afin que la localité ne soit pas détruite. Un peu plus loin, un tertre à gauche nous offre de beaux pieds de Cystopteris fragilis. Nous arrivons à la route. Sur le coteau qui s’élève à gauche on peut récolter : Arabis arenosa. Luzula albida. Alchemilla vulgaris. En quelques minutes, après avoir franchi un petit ruisseau, nous sommes en Belgique, où nous ne restons que le temps de nous désal- térer. En revenant, nous nous arrêtons quelques instants devant les amon- cellements considérables formés par les débris des ardoisières célèbres qui s'étendent à nos pieds sur les deux bords de la Meuse. Puis nous nous dirigeons vers la station. Sur de hauts rochers qui bordent le côté droit de la route, en sortant de Fumay, nous récoltons, en parfait état, de belles touffes d’Asplenium septentrionale. Rentrés à Charleville, nous remercions cordialement M. Petit des joies qu’il nous a procurées comme touristes et comme botanistes. Sa tâche n’est pas terminée. Il faut qu’il assure des gîtes aux 80 élèves de l’Ecole de pharmacie de Paris, attendus le jour même avec leur bien- veillant et paternel directeur, M. Chalin, notre savant confrère. A l’arrivée du train, M. Petit peut indiquer aux différents groupes qui se forment en bon ordre les hôtels où ils recevront bon accueil. UNE PROMENADE AUX ENVIRONS DE CHARLEVILLE, par M. l’abbé BARBICHE. Le mercredi 17 juin était un jour de repos que nous avait octroyé le programme. Nous convinmes avec M. Hanotel, sympathique pharmacien de Charleville, et M. Callay, le botaniste expérimenté du Chesne, d’en profiter pour visiter les environs. Au moment de nous mettre en route, l'infatigable M. Van den Broeck se joignit à nous, et nous voilà partis à quatre, en dépit du sol encore détrempé par la pluie du matin et malgré la perspective de prochaines ondées. XCIV SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. La Meuse une fois franchie, nous tournons à droite, ayant d’un côté, au-dessous de nous, ce fleuve et son chemin de halage, et de l’autre des talus herbeux qui s’élèvent à notre gauche. De toutes parts nos yeux ne rencontrent que plantes vulgaires, sauf Medicago falcato-sativa, Bro- mus erectus et Trifolium striatum défleuri. Arrivés sur le plateau, nous prenons un sentier à gauche, nous diri- geant vers un bois montueux que nous apercevons au loin entre le chemin de fer de Givet et le village de Saint-Laurent. Avant de l’atteindre, nous lraversons des terrains vagues et des prai- ries, sans pouvoir mettre la main sur rien de bien intéressant, à moins que l’on ne compte comme tel Festuca arundinacea, assez fréquent dans les fossés humides qui sillonnent ce parcours. Parvenus à une plateforme sablonneuse qui s’étend, en le dominant, le long d’un large fossé, nous recueillons quelques Mousses, parmi les- quelles, outre les ubiquistes, nous reconnaissons les Hypnum albicans et glareosum à l’état stérile. De là notre excellent guide, pour nous faciliter l’exploration détaillée de cet ancien lit de la Meuse, aujourd’hui plus ou moins transformé en marécages, nous fait passer sur l’autre rive. M. Callay attire bientôt notre attention sur toute une série de Salixæ, parmi lesquels il distingue le Seringeana, et plus loin, dans un petit ruisselet, à l’endroit même où son filet d’eau va se perdre sous l’aqueduc, il nous fait admirer une belle traînée d’Helodea canadensis. Mais notre curiosité de bryophiles est surtout provoquée par un long tapis vert s’étendant en face de nous au pied de la chaussée empierrée. M. Van den Broeck et moi ne luttons pas longtemps contre la tentation. Le saut périlleux du fossé est bientôt fait, et, après plusieurs tentatives de culbute, heureusement mal réussies, nous touchons au but. Audaces for- tuna juvat. Quantité de Mousses intéressantes décorent ces moellons schisteux et récompensent notre courage. Ce sont, à l’état stérile : Tri- chostomum flexicaule, Barbula Brebissoni, B. latifolia, Encalypta Streplocarpa, Hypnum stellatum, H. molluscum; et, splendidement fructifiés : Encalypta vulgaris, Bryum pseudotriquetrum, Leskea poly- carpa type, avec sa variété paludosa et sa forme falcata. Tout en devisant de notre récolte, nous arrivons à la lisière du bois. Une ravine se dessine à notre droite et appelle tout d’abord nos recher- ches, mais une haie vive en défend l'accès. En une de ses gigantesques enjambées, notre intrépide confrère en a vite raison, et il nous rapporte tout triomphant trois Mousses : Hypnum depressum, filicinum et ser- pens, la dernière seule fertile. En poursuivant notre marche le long du bois, nous observons çà et là Ranunculus nemorosus parfaitement caractérisé, avec de rares touffes d’'Aspidium aculeatum. BARBICHE, — DANS LES FORTIFICATIONS DE MÉZIÈRES. XCY Sous la futaie même, le sol nous apparait de loin tout couvert de Mer- curialis perennis et nous invite à y pénétrer. Mais, les indices d’une pluie imminente aidant, nous ne croyons pas prudent de pousser plus loin nos investigations, et nous allons à pas pressés vers la maisonnette du garde-barrière, que nous apercevons à quelques hectomètres, au bord de la voie ferrée. Chemin faisant, nous remarquons à droite, entre les pierres schisteuses d’un mur construit en pente assez douce, un Sedum à facies particulier, nous rappelant le Sedum elegans. Un peu plus loin, dans les interstices d’un rocher schisteux qui sur- plombe le chemin de fer, un second Sedum frappe nos regards. Malheu- reusement il n'est représenté que par peu d'exemplaires associés à l’As- plenium Adiantum-nigrum. Un rapide examen comparatif de ces deux Sedum nous révèle dans ce dernier la variété aureum Wirtgen du Sedum elegans Lej., bien dis- tincte du type : par les feuilles supérieures de ses rejets stériles rappro- chées en forme de cône renversé plutôt qu’en forme de boule dense ; par ses feuilles vert sombre passant rapidement au rouge pourpre, surtout celles de la tige fleuries, qui sont déjà flétries pour la plupart au moment de la floraison ; enfin par ses cymes d’un jaune doré très vif, contractées en tête serrée à la fin de la floraison. Quant au premier Sedum récolté, c'était bien un groupe assez nom- breux d'échantillons intermédiaires passant insensiblement au type ele- gans Lej. et ruinant ainsi à nos yeux l’autonomie spécifique des Sedum aureum Wirtgen et trevirense Rosbach. Cette double constatation faite à l'abri de la cabane protectrice, nous profitons bientôt d’une éclaircie pour regagner la ville. NOTE SUR UNE EXCURSION DANS LES FORTIFICATIONS DE MÉZIÈRES À LA DATE DU 18 JUIN 1835, par M. l’abbé BARBICHE. On sait que les remparts, dans les places fortes, offrent souvent des sta- tions favorables pour certaines séries de plantes plus ou moins intéres- santes. Témoin les expressions mænia Argentorati, munimenta argen- tinensia, qui reviennent si fréquemment dans le Synopsis de Schimper, comme localités de Mousses rares. | Donc, désireux de nous rendre compte de la population botanique des fortifications de Mézières, maintenant déclassées el négligées, nous nous dirigeàmes, M. l’abbé Boulay et moi, le 18 juin, vers cette petite ville. La matinée avait été pluvieuse, et nous nous empressions de mettre à profit la première éclaircie pour réaliser notre projet. el un Le trajet de Charleville à Mézières n'est pas long ; il se borne à la tra- XCVI SESSION EXTRAORDINAIRE À CHARLEVILLE, JUIN 1885. versée de la Meuse. Au sortir du pont, nous nous engageons à droite dans un chemin d’enceinte qui semble faire le contour extérieur de la ville. Mais, avant de nous éloigner du pied des murs pour atteindre le niveau élevé des parapets, nous fouillons avec soin les parties basses et humides. Bien nous en prend. Nous constatons à une certaine hauteur, dans les interstices des pierres, Linaria Cymbalaria ; un peu au-dessus du sol, en écartant l'herbe : Cinclidotus fontinaloides. Hypnum murale. Barbula Brecbissoni. — rusciforme. — sinuosa. Anomodon viticulosus (forme très réduite). Leskea polycarpa (type). Mnium rostratum. Hypnum serpens. Voulant ensuite regagner notre chemin, nous passons près d’un petit mur couvert de terre. Nous y observons les Phanérogames rudérales Diplotaxis tenuifolia et Bromus tectorum; deux Lichens, Leptogium lacerum et Collema cheileum, ainsi qu’un Champignon, Tulasnodea mammosa (Tulostoma brumale DC.). Ces diverses plantes croissaient en pelite quantité au milieu d’un tapis formé de : Barbula convoluta (fertile. Phascum cuspidatum, — commutata. Thyidium abietinum. — vinealis. Hypnum albicans (et de quelques autres Encalypta vulgaris (fertile). Mousses ubiquistes). Weisia viridula. Rien de remarquable ne s’offrant plus à nous, nous continuons notre marche, qui devient dès lors une véritable promenade à l'ombre de grands arbres et à travers de sèches prairies. Dans ces dernières nos yeux n’aper- çoivent que des Graminées et des plantes fourragères plus ou moins vul- gaires, au milieu desquelles nous distinguons Medicago falcato-sativa, Anthyllis Vulneraria, Hordeum secalinum. Nous arrivons ainsi en face d’une autre porte de Mézières qui s’ouvre à l’ouest sur le faubourg Saint-Julien. La vue d’un vieux mur tout vert attire nos pas de ce côté: c'était le Barbula rigida (bien fructifié) qui en avait envahi toute la paroi. Nous nous disposions à rentrer en ville, lorsque apparaît à notre droite un fossé profond, bien digne d’un dernier coup d’œil. Un escalier qui disparaît sous le pont-levis nous met bientôt en communication avec ce nouveau champ d'observation. Les parties sèches du fossé nous présen- tent : Cylindrothecium concinnum et Hypnum glareosum ; les endroits humides, particulièrement le long des murailles, sont habités par : Hypnum splendens. Hypnum squarrosum. — piliferum. | — aduncum var. integrifolium Boul. — prælongum (forme rigide). BOULAY. — UNE EXCURSION AUX ESCARPEMENTS DE ROBERSART. XCVII et Anomodon viticulosus (forme très réduite). Enfin, entre les moellons encore en place d’un mur à demi écroulé, nous recueillons des pieds de Cheiranthus Cheiri en fruit, entourés de touffes nombreuses d’Ortho- trichum cupulatum et affine, types. Cela fait, nous pénétrons décidément dans la ville, croyant ainsi mettre fin à nos trouvailles, lorsqu’en considérant le portail de l’église nous avons encore à constater de loin, dans les angles de la façade, la présence de plusieurs pieds de Diplotaxis tenuifolia. Que dis-je? Nos découvertes bryologiques ne devaient cesser qu’à l’hôtel même du Lion d'or. Car, au retour, les Marronniers d'Inde des boulevards de Charleville nous offraient Barbula lævipila associé à Orthotrichum diaphanum, et les blocs cal- caires entassés dans le jardinet de l'hôtel nous réservaient dans leurs mille petites cavités Encalypta streptocarpa. C’est ainsi que, grâce à l’inappréciable société d’un botaniste éminent et doué à un rare degré de l’esprit d'investigation, j'avais vu transformé à mon profit le mot connu : Nulla dies sine linea en celui-ci : Nullus locus sine linea. NOTE DE M. l'abbé BOULAY SUR UNE EXCURSION FAITE AUX ESCAR- PEMENTS DE ROBERSART, SUR LA SEMOY, LE 19 JUIN 1885. Le programme portant, pour le vendredi 19, Hautes-Rivières comme but d’excursion, je voulus en profiter pour revoir (1) près de ce village les escarpements rocheux de Robersart, sur la rive gauche de la Semoy. M. l'abbé Barbiche voulut bien m’accompagner dans cette course un peu fatigante, mais très rémunératrice. Le chemin de fer nous ayant déposés vers sept heures du matin à Monthermé, nous prenons, près des usines de la Val-Dieu, la route de Thilay. Le Holcus mollis L. abonde dans les clairières sablonneuses au bord du bois que nous longeons ; plus loin, la roche aux Corpias, si connue des géologues ardennais, nous offre d'am- ples coussinets du Bryum alpinum, L. très beau, mais stérile. A 1 kilo- mètre au delà de Thilay, sous un pont de l’ancienne roule de Nohan, nous recueillons une Mousse rare dans la région, l’Hypnum ochraceum Turn. De là un sentier nous conduit rapidement au sommet de l'escar- pement que nous avons en vue. Chemin faisant, nous emportons de véri- tables bottes d'Hypericum linearifolium Vahl, très abondant dans les terres remuées d'anciennes carrières. . | Sur la crête, près de la croix, à une altitude d'environ 350 mètres, nous avons en face de nous les méandres de la Semoy profondément encaissée (1) En octobre 1883, M. Cardot et moi, nous avions déjà visité cette localité et re- cueilli les principales espèces qui s'y trouvent. ; T. XXXIL XCVIII SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. dans les failles du terrain silurien, et, à une faible distance de 2 ou 3 kilo- mètres, le village des Hautes-Rivières, où nous devons retrouver nos confrères pour le déjeuner. Avant de les rejoindre, un léger détour dans les escarpements que nous avions tout à l’heure sous nos pieds nous permet de recueillir à l’inten- tion des botanistes qui ont herborisé en voiture : Actæa spicata. Polypodium Dryopteris. Arabis arenosa. — Phegopteris. Chrysosplenium oppositifolium. Aspidium aculeatum (et ses variétés). Sambucus racemosa. Polystichum Filix-mas. Convallaria verticillata. — spinulosum. Luzula maxima. Cystopteris fragilis. — albida. Scolopendrium officinale. Festuca silvatica. Blechnum Spicant. Dans les prairies, près de la Semoy : Menyanthes trifoliataL., Polygo- num Bistorta L. L’Oxalis stricta L. infeste les champs que nous ren- controns plus loin; le Sedum Telephium est fréquent dans les lieux pier- reux des lisières sous des formes diverses, mais peu tranchées. Sur le coteau, en descendant aux Hautes-Rivières, nous voyons : Epilobium collinum. Lycopodium clavatum. Thlaspi perfoliatum. Dans une anfractuosité humide, taillée dans le roc, on trouve encore : Mnium stellare Hedw. Philonotis fontana Brid. Bryum piriforme Hedw. Ces récoltes n'étant qu’une ébauche de notre excursion, nous revenons après déjeuner à notre escarpement de Robersart, dans le but de l’ex- plorer attentivement, principalement au point de vue bryologique. À la lisière de la prairie et du bois, avant d'arriver au point où la Semoy, venant battre le pied de l’escarpement, barre le passage aux pié- tons, nous recueillons sur une bande rocheuse : Hypnum alopecurum L. Barbula cylindrica Sch. — riparium L. Schistotega osmundacea W. M. (fert.). — crassinervium Tayl. Dicranum pellucidum Hedw. — filicinum L. Cinclidotus fontinaloides P. B. Climacium dendroides W. M. Rhacomitrium aciculare Brid. Bartramia Œderi Schw. Zygodon Mougeotii Br. G. — pomiformis Hedw. Fissidens decipiens De N. — ithyphylla Brid. Weisia viridula Hedw. Mnium stellare Hedw. (fert.). Gymnostomum calcareum Nees. — punctatum L, Plagiochila asplenioides M. Bryum roseum Schreb. — interrupta W. — crudum Schreb. Lejeunea serpillifolia Lib. — Capillare L. Jungermannia ventricosa Dicks. Barbula tortuosa W. H. BOULAY. — UNE EXCURSION AUX ESCARPEMENTS DE ROBERSART, XCIX Jungermannia Muelleri N. et Et. (affectant | Calypogeia repanda N. des formes diverses). Fegatella conica Cord. Calypogeia Trichomanis Card. Preissia commutata N. E. , Jusque-là c’est facile, il n’y avait qu’à prendre à hauteur de la main toutes ces belles plantes groupées comme à plaisir sur un espace de quel- ques mètres carrés. Maintenant il faut escalader des rochers tout à fait abrupts, s’accrocher pour avancer aux touffes d’herbes, se glisser dans des fouillis denses où l’essartage n’a jamais été pratiqué. Entre les masses rocheuses, des couloirs à pente de 35 degrés sont occupés par des rocailles mouvantes, où, n'étant que deux, nous manquons du spectacle amusant que naguère nous avions à Revin, de voir dégringoler quelque confrère au pied peu montagnard, sans danger pour sa personne, cela va sans dire. C’est à ce prix que nous complétons nos récoltes par l’adjonction des espèces suivantes : Hypnum Schreberi Willd. Neckera complanata Br. G. — splendens Hedw. Trichostomum mutabile Br. E. (fert.). — denticulatum L. Fissidens decipiens DN. (fert.). — prælongum LZ. Jungermannia albicans Beck. — algirianum Brid. — trichophylla L. Isothecium myurum Brid. (fert.). Lejeunea calcarea L. — intricatum N. B. Metzgeria furcata N. et G. Anomodon viticulosus H.? (fert.). — pubescens Radd. Neckera crispa Hedw. Reboulia hemisphærica Radd. (fert.). Les Jungermannia Muelleri et Plagiochila interrupta sont particu- lièrement remarquables par leur abondance dans les anfractuosités de ces rochers. Au moment où nous allions les quitter, M. l’abbé Barbiche recueillit encore sur un tertre rocailleux une espèce que nous n’attendions pas, le Sesleria cœrulea Ard. Ce qui rend l'exploration de cette localité particulièrement intéressante, outre le plaisir de trouver sur un espace restreint un grand nombre de plantes relativement rares et curieuses, c’est l’occasion d’y constater d’une façon palpable l’influence de la nature chimique du sol sur la dis- tribution des espèces végétales. Au premier abord, on est stupéfait de voir apparaître en quantité, sur les schistes siluriens de nature argilo-siliceuse, des espèces telles que : Gymnostomum calcareum N. Plagiochila interrupta M. Jungermannia Muelleri N. Lejeunea calcarea Lib. Reboulia hemisphærica Radd. Hypnum crassinervium Tayl. — algirianum Brid. Isothecium intricatum Brid. Bartramia Œderi Schw. Barbula tortuosa W. M. Trichostomum mutabile Br. G. et parmi les Phanérogames, Sesleria cærulea Ard., toutes ces espèces étant considérées avec raison comme calcicoles. Pour trouver la raison de © SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. ce fait étrange, il suffira de démolir les assises feuilletées de la zone moyenne de l’escarpement de Robersart, on verra bientôt que les plaques de schistes ont été en quelque sorte concassées perpendiculairement au plan de stratification ou de schistosité, et que les fissures ainsi produites ont été postérieurement remplies et ressoudées par du carbonate de chaux spathique. Actuellement les eaux pluviales et d'infiltration viennent dis- soudre et entraîner ce calcaire sur le flanc de la colline jusqu’à la Semoy. Or, chose remarquable, on ne voit les espèces calcicoles ci-dessus que dans l’espace où le calcaire se trouve en place ou entraîné par les eaux; elles manquent totalement sur les assises supérieures de l’escarpement où le calcaire fait défaut ; elles manquent non moins totalement, et pour le même motif, dans tout le reste de la région des Ardennes où l'élément nécessaire à leur existence ne se rencontre pas. Il est vraiment digne d'attention qu’il suffise de quelques kilogrammes de calcaire disséminé dans une roche siliceuse pour y faire apparaître aussitôt et en quantité une douzaine d’espèces spéciales. Ces mêmes espèces se rencontrent, et sans doute dans les mêmes conditions, sur d’autres points de la vallée de la Semoy, Bohan, Membre, Alle, Frahan, etc., où elles ont été signa- lées par MM. Gravet et Delogne. Il est rare de trouver un exemple de corrélation plus frappante entre la nature du sol et la végétation qui s’y développe. LICHENS RÉCOLTÉS DANS LES DERNIÈRES HERBORISATIONS DE LA SESSION DE CHARLEVILLE, par M. l'abbé HUE. HAUTES-RIVIÈRES. — Scuisres. Synalissa symphorea Nyl. Leptogium lacerum Fr. — — fimbriatum Hoffm. — — pulvinatum Ack. Bæomyces rufus DC. Stereocaulon pileatum Ach. Cladonia pyxidata Fr, — acuminata Ach. — corymbosa Nyl. Parmelia conspersa Ach. — isidiotyla Nyl. Peltigera canina Ho/fm. — polydactyla Hoffm. Umbilicaria pustulata Hoffm. Urceolaria scruposa Ach. Lecidea coarctata Nyl. — ochracea Nyl. | — pelidna Ach. — acuminata Nyl, — latypiza Nyl. — pungens Flk. . — contigua Fr. — Cornucopioides Fr, — platycarpa Ach. ü macilenta Hoffm. f. clavata Ach. — lavata Ach. adina rangiferina Nyl. — myriocarpa Nyl. — silvatica Nyl. ! mo HUE. —— LICHENS RÉCOLTÉS DANS LES ARDENNES. GIVET. — CALCAIRES. Cladonia endiviæfolia Fr. 4° Mont d’Haur. Lecanora irrubata Nyl. — pungens Flk. — vitellina Ach. Parmelia conspersa Ach. — galactina Ach. — verruculifera Nyl. — dispersa Fk. — prolixa var. Delisei Dub. — cæsiocinerea Nyl. Peltigera rufescens Hoffm. — atra Ach. Physcia parietina DN. Pannaria nigra Nyl. f. triseptata Nyl. Lecanora crassa. — saxicola et var, diffracta. — murorum Ac. Lecidea decipiens Ach. — vesicularis Ach. — aromatica Ach. — lurida Ach. — geographica Scheær. CI — candicans Dicks. — circinata Ack. — subcircinata Nyl. — pyracea Nyl. Verrucaria nigrescens Pers. — rupestris Schrad. — integra Nyl. 2 Charlemont. Lecanora variabilis Pers. — galactina Ach. — calcarea Somm. var. contorta Nyl. Urceolaria bryophila Nyl. Lecidea Metzleri Krb. Verrucaria rupestris Schrad. Collema pulposum Ach. — melænum Ach. — cheileum Ach. Peltigera horizontalis Hoffm. Lecanora callopisma Ack. — sympagea Ach. M. Nylander a bien voulu vérifier les déterminations de ces Lichens. SUR L'ANOMALIE DU, SYSTÈME SÉCRÉTEUR DES HYDROCOTYLE, par M. P. VUILLEMIN (!). Les Ombellifères ont été de tout temps considérées comme une famille si naturelle, qu’il est fort important, au point de vue de la valeur laxi- nomique des caractères anatomiques, de déceler, dans leur structure intime, la même fixité que dans leurs caractères morphologiques. Depuis longtemps cette concordance était établie en ce qui concerne Ja course des faisceaux, l'insertion des feuilles et des bourgeons, y compris ceux qui donnent des branches florifères. Les travaux de M. Van Tieghem, précisant les recherches antérieures de M. Trécul, permettent d'étendre cette conclusion au système sécréteur. : La tige et la feuille des Ombellifères présentent constamment des canaux oléifères, non seulement dans le péricycle, comme la racine, mais (1) Cette communication a été lue dans la séance du 27 novembre 1885. Elle est in- sérée ici pour achever de remplir la dernière feuille de la Session (Note du Secrétariat.) cIl SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. aussi dans le parenchyme cortical ou médullaire. La seule exception constatée par M. Van Tieghem concerne l’Hydrocotyle vulgaris. Comme leur aspect général éloigne sensiblement les Hydrocotyle des autres Ombellifères, on pouvait se demander si cette particularité de structure ne trahissait pas une divergence réelle, ou s’il ne s’agissait pas plutôt d’une simplification liée à l’exiguïté de la plante, et exagérée encore par son habitat aquatique. Les faits suivants semblent favorables à cette dernière interprétation. Nous avons constaté l’anomalie dans l’Hydrocotyle triloba, qui a le port et la structure générale de l'H. vulgaris, avec-une taille moindre encore. Nous l'avons retrouvée dans une toute petite espèce différant beaucoup de ses congénères, l’Hydrocotyle solandra. La tige de cette plante est bien, comme disait Lamarck « une souche ligneuse ». Son écorce en effet, tout en conservant des membranes assez minces, les lignifie et se colore par la phloroglucine. Le bois des faisceaux conflue en une masse à con- tour polygonal. Enfin on trouve dans la région profonde du péricycle, en face des faisceaux, des îlots de cellules scléreuses également sensibles à la phloroglucine. En dehors de ces îlots, le péricycle forme une gaine continue de tissu mou dans lequel sont plongés les canaux oléifères, seuls représentants de l’appareil sécréteur de cette tige. L’H. solandra ne s'éloigne pas moins de l’H. vulgaris par sa feuille. Le limbe cunéiforme s’atténue en pétiole. Celui-ci, profondément excavé en gouttière, aboutit à une gaîne volumineuse. Dans la région moyenne, le pétiole présente trois faisceaux accompagnés de canaux exclusivement péricycliques. Tout autre est la structure de l’Hydrocotyle bonariensis, qui ressemble à l’H. vulgaris, à part sa taille gigantesque. Le limbe de ses feuilles atteint communément 0",06 de diamètre. Son inflorescence est formée d’ombelles irrégulièrement composées. Sur une tige florale de moyen développement, on compte huit faisceaux dont chacun est entouré d’un endoderme spécial à cellules minces pour- vues de plissements petits, mais très nets, ce qui facilite beaucoup l’étude. Leur netteté est à son maximum au milieu de la région dorsale et dimi- nue vers la face interne, en sorte qu’il reste 2-3 cellules où ils ne sont plus distincts. Pourtant la continuité de ces éléments et la nature tran- chée du parenchyme qui les entoure ne laissent aucun doute sur leur homologie. La coupe du bois présente la figure d’un fer à cheval dans les gros faisceaux, celle d’un arc dans les plus petits. Le liber tapisse toute la face extérieure de ce fer à cheval. La concavité en est occupée par un parenchyme à petits éléments, mais non libérien (il est dépourvu de Lissu cribreux). Ce parenchyme continue le péricycle, et, comme ce dernier, VUILLEMIN. — SYSTÈME SÉCRÉTEUR DES HYDROCOTYLE. CHI subit dans les faisceaux volumineux un épaississement* collenchymateux. Le péricycle circonscrivant le liber présente au milieu de la face dorsale 3-4 assises collenchymateuses ; il devient moins large sur les côtés ; ses éléments, déjà minces latéralement, ne sont plus épaissis sur la face interne, si ce n’est dans la concavité du bois, comme nous l'avons in- diqué ci-dessus. Tout près des extrémités de l'arc libéro-ligneux il se forme de chaque côté un canal sécréteur aux dépens des éléments les plus extérieurs du péricyele, en sorte que les cellules de bordure confi- nent à l’endoderme. Les faisceaux les moins volumineux peuvent être accompagnés d’un canal péricyclique unilatéral. Outre ce système du péricycle, il se forme un canal plus volumineux dans l'écorce sur la partie dorsale médiane de chaque faisceau, et plus rarement deux canaux ; ce canal reste accolé à l’endoderme ou s’en sépare par quelques assises de cellules L’écorce et la moelle se confondent sans démarcation anatomique, puisqu'il n’y a pas de cylindre central, mais des cylindres partiels bien définis par leur endoderme et leur péricycle spéciaux. A s’en tenir à l’étude de la tige, l’H. bonariensis diffère essentielle- ment de l’H. vulgaris, puisque chaque faisceau y est accompagné d’un canal différencié dans l’écorce au contact de l’endoderme. L'examen de la feuille, en nous montrant une structure intermédiaire, va nous faire saisir la nature de cette anomalie. Dans larégion moyenne du pétiole, les faisceaux forment : 4° un cercle périphérique comprenant sept faisceaux isolés; 2° un groupe interne. Chaque faisceau du groupe externe est accompagné d’un canal cor- tical ; celui-ci s’éloigne d’autant plus de Pendoderme, que l’on considère un faisceau plus voisin de la région dorsale. Dans cette région, les canaux sont séparés du péricycle par 4-6 assises el confinent presque au collen- chyme hypodermique, qui d’ailleurs envahit ici cinq assises, tandis que sur la face ventrale il se réduit à trois, comme dans la tige; dans la ré- gion ventrale, les canaux corticaux sont séparés du péricycle par 2-3 assises, de l’épiderme par 6-7. Les deux faisceaux dorsaux sont plus volumineux et possèdent chacun 4-5 canaux péricycliques, tandis que les cinq autres en ont chacun une paire disposée comme dans la tige. Il n'y a d’ailleurs qu’un canal cortical correspondant à chacun des deux fais- ceaux dorsaux. Le péricycle et l’endoderme sont disposés comme leurs homologues de la tige ; les plissements sont rarement nels, pourtant évi- ins points. Lay ans de canaux oléifères dans le parenchyme voisin du groupe fasciculaire central, comme à proximité des faisceaux externes. ; Ce groupe comprend trois faisceaux : un ventral plus pr et deux dorsaux de grande taille. Ces derniers sont d’ailleurs un peu inégaux, en CIV ‘SESSION EXTRAORDINAIRE A CHARLEVILLE, JUIN 1885. sorte que la symétrie foliaire est imparfaite. Les canaux reflètent cette asymétrie, Ils sont au nombre de sept dans la région moyenne et se ra- mifient au voisinage du limbe. Il y en a deux sur le plan de symétrie : un gros sur la face dorsale, un petit du côté ventral, un de chaque côté du petit faisceau ventral, un sur le dos d’un des latéraux, et deux sur le dos de l’autre. Le petit faisceau ventral s’isole le premier; il n’entraîne que son canal médian, qui se bifurque bientôt. Les canaux voisins réparent ce dernier ; puis tous se ramifient abondamment pour fournir aux nervures du limbe. Si nous comparons l’Hydrocotyle bonariensis au type général des Ombellifères, nous retrouvons dans la feuille, outre le cercle normal de faisceaux accompagnés de canaux péricycliques et corticaux, un groupe de trois faisceaux possédant uniquement des canaux péricycliques, et que l’on peut envisager comme un groupe surnuméraire. Ces faisceaux sur- numéraires manqueraient à la tige. Nous reportant d'autre part au type décrit cher l'Hydrocotyle vulgaris, nous voyons que le cercle normal de l’H. bonariensis a disparu, entrai- nant dans sa régression le système sécréteur cortical, et que les faisceaux surnuméraires ont seuls persisté en s’écartant davantage les uns des autres. La tige est également dépourvue de tout autre système con- ducteur. L'absence de canaux sécréteurs dans le tissu fondamental des Hydro- cotyle paraît. donc liée à une réduction extrême de tout l'appareil des faisceaux, réduction caractérisée par la suppression du système normal, auquel se substitue un système surnuméraire, que nous avons vu, dans un Hydrocotyle de grande taille, superposé au premier. Le Secrétaire général, gérant du Bulletin, E. MALINVAUD. : BOURLOTON. — Imprimeries réunies, A, rue Mignon, Q, Paris.